Aucune ville ne conserve durablement le statut de la moins sûre du monde. Les classements varient selon les critères : taux de criminalité, perception des habitants, données policières, situation géopolitique ou accidents de la vie courante. Certains territoires, régulièrement cités, échappent à la logique, affichant une fréquentation touristique élevée malgré les alertes.
Des écarts notables apparaissent entre les chiffres officiels et la réalité quotidienne. L’indice de sécurité, loin d’être universel, soulève des questions sur la fiabilité des sources et l’influence des contextes locaux. Les voyageurs attentifs scrutent désormais ces classements avec une vigilance accrue.
Comment sont évaluées la sécurité et la dangerosité des villes à travers le monde ?
L’évaluation de la sécurité urbaine ne repose plus sur une seule source, encore moins sur une statistique figée. L’indice de sécurité, aujourd’hui incontournable, orchestre le classement mondial des villes selon leur niveau de criminalité perçue ou réelle. Au cœur de cette mécanique, Numbeo s’érige en référence. Cette plateforme, née en 2009, exploite le crowdsourcing : habitants et voyageurs partagent leur vécu, leurs alertes, leurs ressentis. Le résultat ? Un panorama mouvant, souvent surprenant, où la réalité de la rue s’invite dans les chiffres.
Numbeo s’appuie sur une échelle de 0 à 100 pour l’indice de criminalité. Sous 20, la criminalité reste très faible. Au-delà de 60, la vigilance s’impose. L’indice de sécurité, lui, s’envole quand la ville inspire confiance. Ces notes, ajustées deux fois par an, tiennent compte des soubresauts locaux, des crises, des accalmies soudaines.
La méthode va bien au-delà des données policières. Numbeo intègre la fréquence des crimes violents, la prévalence des délits contre les personnes et les biens, le sentiment d’insécurité dans l’espace public, le degré de confiance envers la police, la probabilité d’être victime d’un vol. D’autres acteurs, comme Forbes Advisor, enrichissent l’analyse en recoupant indices officiels et retours d’expérience.
Voici les deux principaux outils utilisés pour établir ces classements :
- Numbeo : classement basé sur la participation des internautes, actualisé deux fois par an, et fondé sur une échelle de 0 à 100
- Forbes Advisor : méthode comparative, recoupement avec les statistiques officielles et données locales
La variété des sources et l’hétérogénéité des méthodes expliquent les écarts parfois frappants entre deux classements pour une même ville. Il suffit d’un contexte local particulier, d’un événement soudain ou d’une mobilisation citoyenne pour faire basculer la perception, et donc la position dans le classement. La sécurité urbaine mondiale reste une photographie partielle, forcément sujette à interprétation.
Facteurs de risque : comprendre ce qui rend une ville dangereuse pour les voyageurs
Se rendre dans une ville dangereuse implique de composer avec toute une série de risques, qui varient d’un continent à l’autre, d’un quartier à l’autre. Les crimes violents, homicides, agressions, vols à main armée, dominent souvent l’actualité dans certaines grandes villes d’Afrique du Sud ou du Brésil. À Johannesburg, Recife ou Salvador, la nuit venue, l’atmosphère se tend et la prudence devient une seconde nature. Les habitants le savent : une rue tranquille en plein jour peut se transformer en point névralgique du risque dès la tombée du soir.
Le taux de criminalité moyen, relevé par Numbeo, agrège différents paramètres : cambriolages, vols de véhicules, attaques, mais aussi le sentiment d’insécurité généralisé. Cette perception, aussi subjective qu’essentielle, façonne l’image d’une ville dans l’esprit des voyageurs. Aux États-Unis, par exemple, Détroit et Saint-Louis enregistrent régulièrement un niveau élevé de criminalité violente. En France, Marseille, Nantes et Paris affichent des indices qui dépassent largement la moyenne européenne, un constat qui ne passe plus inaperçu.
Mais d’où vient ce risque accru ? Plusieurs facteurs s’entremêlent : inégalités marquées, présence de gangs, circulation d’armes à feu, défaillance des services publics, urbanisme mal maîtrisé. Les quartiers périphériques, souvent moins surveillés, cristallisent les tensions. Chacun adapte alors ses comportements, restreint ses déplacements, modifie ses habitudes. Le palmarès des villes jugées dangereuses ne résulte donc pas seulement de statistiques froides, mais d’une addition de réalités vécues et de ressentis collectifs.
Classements internationaux : quelles sont aujourd’hui les villes les moins sûres selon les indices de sécurité ?
Pour établir le classement mondial des villes les moins sûres, Numbeo s’appuie sur un indice de criminalité mis à jour deux fois l’an depuis 2009. Dès que la barre des 60 est franchie, la ville bascule dans la catégorie à haut risque. Caracas caracole en tête, avec un indice de criminalité de 83,44 et un score de sécurité qui chute à 16,56. La capitale vénézuélienne incarne ce que l’insécurité a de plus tangible : agressions, homicides, vols à répétition rythment la vie quotidienne.
En Europe, Preston, au Royaume-Uni, surprend avec un indice de criminalité de 81,01. C’est la ville la plus risquée du continent selon Numbeo. Côté français, Marseille domine le classement avec un indice de 64,51, devant Nantes (61,78) et Paris (56,85). Ces grandes villes concentrent une part significative du sentiment d’insécurité européen.
Ce panorama ne se limite pas aux zones à risque. Certaines villes affichent une stabilité remarquable : Abou Dabi, Zurich ou Berne, en Suisse, figurent parmi les exemples les plus sûrs, loin du tumulte de Caracas ou Preston. Berne, avec un indice de criminalité de 17,97, illustre ce contraste. Du côté de l’Asie, Singapour et Tokyo, souvent mentionnées par Forbes Advisor, continuent d’être des références en matière de sécurité urbaine.
Fiabilité des données et conseils pour voyager en toute prudence
La publication d’un classement mondial des villes les moins sûres par Numbeo ne fait pas l’unanimité. Le site, lancé en 2009, mise sur le crowdsourcing : chacun peut transmettre sa vision de la sécurité locale. Cette approche ouverte présente des limites. David Weinberger, expert reconnu, pointe du doigt l’absence de contrôle réel sur l’identité ou la localisation des contributeurs. Les médias comme TF1info et Le Figaro, tout en relayant ces classements, rappellent que les chiffres avancés s’appuient sur des déclarations et non sur des rapports officiels de police.
Il convient donc de prendre ces indices comme une photographie du ressenti des habitants. L’écart entre ce que l’on vit et ce que l’on perçoit peut être conséquent. Les grands médias internationaux, Forbes, BBC, The Washington Post, citent souvent Numbeo, tout en soulignant l’intérêt de recouper avec des sources locales et les statistiques des forces de l’ordre.
Les voyageurs comme les professionnels du tourisme ont tout intérêt à adopter quelques précautions. Avant le départ, renseignez-vous sur les quartiers à éviter et sur les habitudes locales, surtout une fois la nuit tombée. Utilisez les transports officiels, gardez vos effets personnels à portée de main et limitez les trajets à pied dans les zones à risque. Visiter une ville jugée dangereuse n’interdit pas l’aventure, à condition d’anticiper, de consulter les alertes locales et d’ajuster son comportement sur place. L’écoute des habitants et des autorités peut transformer une destination incertaine en expérience maîtrisée.
Dans ce grand théâtre urbain planétaire, la prudence n’est pas une entrave, mais la première clé pour se laisser surprendre sans se mettre en danger.


