6 instruments peu connus du grand public que vous pourriez apprendre à jouer

Piano, violon, flûte, guitare, on les connait, tous ces instruments très demandés dans les conservatoires et les écoles de musique. Et si aujourd’hui, nous ouvrions plutôt nos portes à des instruments moins populaires, tout simplement méconnus du grand public ? Que vous souhaitiez débuter sans avoir jamais fait de musique ou ajouter l’apprentissage d’un instrument à vos autres compétences de musicien, l’un d’eux pourrait bien vous faire chavirer.

Des notes cristallines de la harpe aux vibrations planantes du vibraphone, les sensations provoquées par ces instruments assez peu joués en France leur confèrent un caractère réellement unique. Démarquez-vous des violonistes et des pianistes ! En choisissant un instrument plus rare, vous étonnerez plus facilement vos auditeurs, et vous bénéficierez d’une concurrence réduite propice à l’épanouissement dans des groupes et orchestres.

1. La harpe – l’élégance céleste au bout des doigts

Instrument mythique et pourtant discret, la harpe fascine depuis des millénaires. En France, on la croise parfois dans les orchestres ou les films d’époque, mais rarement entre les mains des élèves des écoles de musique. Et pourtant ! Derrière son imposante stature se cache un instrument d’une finesse inouïe, capable de caresser ou d’électriser les émotions.

Sa sonorité cristalline évoque tantôt la transparence d’une goutte d’eau, tantôt la majesté d’un rêve suspendu. Loin de se limiter à la musique classique, la harpe a trouvé sa place dans la pop, le jazz et même les musiques celtiques modernes. De nombreux artistes contemporains la réinventent, prouvant qu’elle n’a rien de vieillot.

Contrairement à ce que l’on pense, il n’est pas nécessaire de débuter avec une harpe de concert. Pour un cours de harpe à Paris à domicile, les modèles celtiques ou électroniques sont plus légers, abordables, et parfaits durant les premières années d’apprentissage. La position, la coordination main droite-main gauche et la concentration qu’elle exige favorisent un sentiment rare d’immersion sensorielle : celui d’être enveloppé par la musique que l’on crée.

2. Le clavecin – la machine à remonter le temps

À mi-chemin entre œuvre d’art et machine sonore, le clavecin a longtemps régné sur les salons baroques avant d’être éclipsé par le piano. Aujourd’hui encore, son allure de mobilier précieux et son timbre délicatement métallique intriguent autant qu’ils intimident. Instrument à cordes pincées muni d’un ou plusieurs claviers, il produit le son non pas en frappant les cordes mais en les pinçant grâce à un petit sautereau muni d’un plectre, ce qui lui donne cette attaque nette et brillante si caractéristique.

Le clavecin reste très présent dans l’univers de la musique ancienne, au cœur des ensembles baroques, mais il a aussi retrouvé une place dans certaines créations contemporaines où son grain un peu rétro devient une vraie signature sonore. Sa sonorité, à la fois précise et fragile, évoque le cliquetis élégant d’une horlogerie fine : pas de grands effets de volume comme au piano, mais une dentelle rythmique et harmonique qui donne envie de savourer chaque note.

Pour un pianiste curieux, passer au clavecin, c’est comme changer de langue sans changer d’alphabet. Les touches sont plus légères, la mécanique plus directe, et l’on travaille davantage l’articulation, l’ornementation, la précision du geste que la puissance sonore. Pour un débutant complet, il peut devenir un merveilleux compagnon pour apprivoiser le clavier autrement, dans un univers où la rigueur du rythme rencontre la poésie des danses anciennes.

3. La contrebasse – la voix grave oubliée

Géante discrète des orchestres et des caveaux de jazz, la contrebasse est souvent reléguée au rôle de pilier invisible, soutenant les solistes sans jamais réclamer la lumière. Pourtant, sa silhouette massive et ses cordes épaisses vibrent d’une puissance tellurique qui fait trembler le sol autant que l’âme. À mi-chemin entre le violoncelle et la basse électrique, elle excelle dans le classique, le jazz ou les musiques du monde, où son grondement profond ancre l’harmonie tout en dialoguant avec les autres voix.

On la pince pour un groove jazzy, on l’arque pour une complainte lyrique, et ses vibrations se ressentent dans tout le corps — un ressenti viscéral qui rapproche l’instrumentiste de la musique comme d’une force primitive. En France, elle reste peu choisie dans les conservatoires, laissant place à une communauté soudée et des opportunités immédiates dans les big bands ou les formations acoustiques.

Que vous soyez déjà chordiste ou novice absolu, la contrebasse offre un apprentissage addictif. Les premiers pizzicati graves procurent une satisfaction immédiate, tandis que sa taille imposante enseigne l’équilibre et la posture sans chichis.

4. Le basson – l’âme clownesque de l’orchestre

Le basson cache sous son apparence rustique un tempérament de caméléon sonore. Bois sombre, anche double et anche capricieuse : cet instrument à anche double produit un timbre à la fois grave, nasillard et profondément expressif, capable de passer du rire espiègle à la méditation la plus sombre en un souffle. Pilier des orchestres symphoniques, il anime les traits virtuoses comme les harmonies feutrées, et se glisse même dans les bandes originales de films pour ses accents théâtraux inimitables.

Pourquoi si peu d’adeptes en France ? Sa technique exigeante — embouchure fine, contrôle du souffle, agilité des doigts sur ses innombrables clés — décourage les timides, mais récompense les audacieux d’une voix unique qui tranche dans la masse des vents. Pourtant, son répertoire foisonnant, de Mozart à Stravinsky, en fait un choix rare et précieux pour qui veut se démarquer dans un ensemble ou explorer la musique par ses nuances les plus subtiles.

5. Le vibraphone – vibrations planantes et jazz céleste

Cet instrument à l’allure de xylophone métallique, doté de barres résonantes et d’un pédalier expressif, exhale une douceur flottante qui évoque les étoiles filantes ou les rêves éveillés. Inventé dans les années 1920 pour le jazz, il s’est imposé par son moteur rotatif qui module les vibrations, créant des effets planants uniques, entre percussion mélodique et halo harmonique. Moins courant que la batterie ou le piano dans les écoles de musique françaises, il brille pourtant dans le jazz, la pop expérimentale et même les musiques de film.

Son charme ? Une accessibilité immédiate : les premières notes déjà chantent, et sa sonorité invite à l’improvisation instinctive, que l’on soit batteur en reconversion ou débutant curieux des percussions. Loin de l’image élitiste, le vibraphone démocratise le groove aérien. On y module l’intensité par le souffle ou le vibrato, et son toucher velouté récompense les âmes contemplatives d’une poésie sonore addictive.

6. Le cor anglais – la douceur veloutée des ombres

Frère aîné du hautbois, le cor anglais se distingue par sa courbure élégante et son pavillon évasé, offrant un timbre plus grave, plus rond, presque comme un murmure chargé de nostalgie. Cet instrument à anche double, souvent confondu avec son cadet plus aigu, excelle dans les solos orchestraux où sa voix de velours sombre peint des paysages intimes, des plaines mélancoliques aux adagios romantiques.

Peu fréquent dans les conservatoires français, il reste une perle rare, prisée pour sa subtilité dans les symphonies de Dvořák ou les bandes originales de films où il incarne l’émotion contenue.

Son mystère tient à une technique raffinée :

  • embouchure souple ;
  • contrôle aérien du souffle ;
  • palette expressive qui va du chant lyrique au soupir douloureux.

Pour le hautboïste aguerri, c’est un prolongement naturel vers des graves envoûtants ; pour le néophyte, une initiation zen aux vents, avec des premiers sons qui enveloppent déjà comme une caresse automnale. Sa rareté en fait un atout précieux dans les orchestres de chambre ou les ensembles contemporains, où il dialogue avec une grâce inégalée.

Choisir le cor anglais, c’est embrasser la beauté des silences habités : un instrument pour les âmes sensibles, qui transforme chaque note en confidence, loin des éclats des solistes vedettes.

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