Auteur Sujet: Salah Hamouri  (Lu 3835 fois)

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Salah Hamouri
« le: 24 février 2011 à 11:21:26 »
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Salah Hamouri


Salah Hamouri est un jeune homme franco-palestinien détenu dans les prisons israéliennes depuis 2005. Il est accusé d'appartenir à l'organisation résistante FPLP (une formation palestinienne laïque et marxisante) et d'avoir voulu assassiner le rabbin ultra-orthodoxe Ovadia Yossef (fameux auteur des lignes que voici : "Puissent-ils disparaître de la Terre. Puisse Dieu envoyer un fléau aux Palestiniens, ces enfants d’Ismaël, ces vils ennemis d’Israël."). Puisqu'il n'est pas membre de cette organisation, un "délit d'intention" a été constitué par un tribunal militaire. Aucune preuve tangible n'a pu être avancée, Salah Hamouri ayant été interpellé tandis qu'il passait en voiture, avec un ami, dans la rue du rabbin. "Les enquêteurs n'ont trouvé aucune arme et aucun élément susceptible de prouver qu'ils étaient décidés à passer à l'acte." a fait savoir une avocate israélienne des droits humains.

Le gouvernement français a été sollicité à ce sujet à de nombreuses reprises. Nicolas Sarkozy a refusé de recevoir la famille du détenu.
Ce qui est d'abord à noter dans cette affaire n'est pas le chef d'inculpation en lui-même, mais le traitement politique de ce citoyen français.

Un autre bi-national (cette fois franco-israélien), Gilad Shalit, est retenu depuis 2006 par le Hamas, dans le bande de Gaza. Il a été capturé dans l'exercice de ses fonctions de soldat. Et si l'on peut toujours déplorer la captivité d'un individu, elle est à remettre dans un contexte militaire précis : celui d'un caporal participant à une politique d'occupation.
Nicolas Sarkozy a appelé à sa libération. Le caporal a été fait citoyen d'honneur de la ville de Paris en 2008 (la même demande pour Hamouri fut rejetée), de Rome, de Miami et de la Nouvelle-Orléans. Le pape Benoît XVI a reçu la famille. En 2010, Nicolas Sarkozy a fait lire un communiqué d'un ambassadeur français à Jérusalem, dénonçant son statut "d'otage". En 2011, Michèle Alliot-Marie, recevant le père de Shalit, a parlé de "crime de guerre".

Sans remonter jusqu'à Clotilde Reiss, cette journaliste française arrêtée en Iran en 2009 (accusée d'espionnage) qui fit bouger toute la classe politique, il est intéressant de suivre le traitement politique réservé à Florence Cassez, - française condamnée par la justice mexicaine, en 2009, pour enlèvement et séquestration (et arrêtée elle-aussi en 2005). Nicolas Sarkozy a reçu les parents de Cassez et vient d'annoncer qu'il dédiait l'année du Mexique à cette détenue. "Nous n'abandonnerons pas Florence Cassez." a, de son côté, expliqué la ministre Alliot-Marie, tout en affichant son refus de prendre part à ladite année du Mexique.

En janvier, cette même ministre déclarait, au sujet d'Hamouri : "Il n’appartient pas aux autorités françaises d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un État souverain."

Il y a quelques semaines, la mère de Salah Hamouri s'est adressée à elle, par une lettre ouverte : "Je ne vous supplie pas de me recevoir. J’ai ma dignité, vous avez des responsabilités éminentes. Je suis fidèle à la mienne. L’êtes-vous aux vôtres ? Malheureusement : non."

On se souvient que l'acteur François Cluzet, sur un plateau de télévision, avait déclaré : "Il est franco-palestinien et il est en prison depuis quatre ans en Israël pour délit d'opinion, simplement parce qu'il a dit qu'il était contre la colonisation. Personne n'en parle !" Le Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme avait alors saisi le CSA, et Jean-François Copé, en face de lui, avait répondu qu'il ne connaissait pas ce dossier...

http://maxleroy.blogspot.com/2011/02/salah-hamouri.html

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #1 le: 20 mars 2011 à 11:06:49 »
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"Salah n'a commis aucun crime mais il doit s'excuser..." Alain Juppé

Le 15 mars 2011, Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères répondait au courrier de Patrick Braouezec, Député de Seine-Saint-Denis. Il reconnaît dans la même lettre que Salah Hamouri « n’a commis aucun crime » mais qu’il ne peut bénéficier d’une remise de peine car il n’est « pas disposé à formuler des regrets ». Qu’est-ce qu’un innocent peut donc regretter ? Si ce n’est d’être méprisé et abandonné par les autorités de son pays qui prônent « le respect de l’indépendance de la justice d’Israël », rendue par un Tribunal militaire d’occupation…

Paris, le 15.03.2011

Monsieur le Député,

Vous avez appelé l’attention de mon prédécesseur sur la situation de notre compatriote, Monsieur Salah HAMOURI, détenu en Israël depuis plus de cinq ans.
Vous demandez à ce que les autorités françaises mettent tout en œuvre afin d’obtenir la libération de Monsieur HAMOURI.

Je tiens à vous assurer que mes services, à Paris comme en Israël, sont pleinement mobilisés par ce dossier, et continueront à appeler l’attention des autorités israéliennes pour que Monsieur HAMOURI puisse obtenir une mesure de clémence ou de réduction de peine. De nombreuses démarches on déjà été entreprises en ce sens, y compris au plus haut niveau politique.

En effet, mes prédécesseurs sont intervenus auprès des autorités israéliennes, ainsi que le Président de la République lui-même, à l’occasion de sa visite d’Etat dans ce pays en juin 2008. Puis, dans un courrier adressé au Premier ministre israélien, le 8 juillet 2009, soit quelques jours avant la réunion de la commission chargée d’examiner la possibilité d’une libération anticipée, le Président de la République a invité les autorités israéliennes compétentes à un acte de clémence. Il a notamment fait valoir que Monsieur HAMOURI, qui n’a commis aucun crime et s’est investi dans les études en prison, ne représentait aucun danger pour Israël. Cette demande a toutefois été expressément rejetée par le Premier ministre israélien par courrier daté du 6 août 2009.
Sur le plan procédural, ayant purgé plus des deux tiers de sa peine (près de six années sur sept auxquelles il a été condamné), Monsieur HAMOURI remplit les conditions matérielles pour bénéficier d’une procédure de réduction de peine.

Toutefois, il convient de rappeler que, à ce jour, l’intéressé n’a formé aucune demande de remise de peine, n’étant pas disposé à formuler des regrets, condition nécessaire au regard du droit israélien. Le ministère des Affaires étrangères et européennes ne manquerait pas de soutenir l’intéressé dans cette démarche s’il en exprimait effectivement la volonté.

Par ailleurs, depuis son incarcération en 2005, la situation de Monsieur HAMOURI a fait l’objet d’un suivi constant de la part des autorités consulaires. Des représentants français ont assisté à toutes les audiences de la procédure judiciaire. Et, dans le cadre de la protection consulaire, Monsieur HAMOURI fait l’objet, depuis mars 2005, de visites régulières de la part des agents consulaires, la dernière ayant été effectuée le 1er décembre 2010 par notre consul à Haïfa.

Enfin, des contacts réguliers sont entretenus avec son avocat et sa famille. Ainsi, Madame Denise HAMOURI, mère de l’intéressé, s’est successivement entretenue à Jérusalem le 17 février 2008 avec mon prédécesseur, le 16 juin 2008 avec la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, et le 10 juillet 2009 avec Madame CERISIER-BEN-GUIGA, Sénatrice des Français établis hors de France.

Madame HAMOURI a aussi été reçue à la présidence de la République, le 25 juin 2009 par le conseiller technique chargé de l’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient, puis le 28 juin 2010 par le conseiller diplomatique.

Soyez assuré que mes services demeurent totalement investis et vigilants quant à la situation de notre compatriote et continueront à lui apporter toute l’assistance nécessaire dans le cadre de leurs attributions en matière de protection consulaire, et dans le respect de l’indépendance de la justice d’Israël.

Je vous prie de croire, Monsieur le Député, à l’assurance de ma considération distinguée.

Alain JUPPE

http://www.salah-hamouri.fr/node/248


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Re : Salah Hamouri
« Réponse #2 le: 20 mars 2011 à 18:20:12 »
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Toutefois, il convient de rappeler que, à ce jour, l’intéressé n’a formé aucune demande de remise de peine, n’étant pas disposé à formuler des regrets, condition nécessaire au regard du droit israélien.
C'est juste grand.  8|
Effectivement.  :X:
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"Puissent-ils disparaître de la Terre. Puisse Dieu envoyer un fléau aux Palestiniens, ces enfants d’Ismaël, ces vils ennemis d’Israël."
D'aucun pensent ça des juifs, mais puisqu'il fait bon ton de ne s'indigner seulement qu'en ce dernier cas...  :nono:
Comme s'il existait une haire raciste moins pire qu'une autre. :aille:

De manière annexe "Dieu" a bien envoyé un fléau au palestiniens: la détestable politique qui les persécute.

Je ne comprend pas comment l'on peut en arriver à souhaiter la mort de tout un peuple.
« Modifié: 20 mars 2011 à 18:23:54 par Lady Marwina »
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #3 le: 20 mars 2011 à 18:29:55 »
Citation de: Juppé
"Il n’appartient pas aux autorités françaises d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un État souverain."

Quand cet Etat souverain viole les droits de l'homme, si. Justement!  :grrr:
Quelle vertu, quel bonheur peut exister dans un pays où une classe d'individus peut dévorer la substance de plusieurs millions d'hommes?
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Re : Salah Hamouri
« Réponse #4 le: 18 octobre 2011 à 12:20:10 »
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Derrière le charabia du Quai d’Orsay : un danger !

Interrogé, vendredi dernier, sur la libération de Salah suite à celle réalisée aujourd’hui de Guilad Shalit, le porte-parole du Quai d’Orsay a usé d’un charabia inaudible qu’il nous faut décrypter pour alerter.

Evoquant l’échange de prisonniers, il a dit vouloir que Salah sorte rapidement. Or la seconde phase sortie des prisonniers palestiniens aura lieu dans deux mois, soit le 18 décembre. La libération de Salah doit avoir lieu le 28 novembre !

De plus si Salah devait se trouver sur la seconde liste, il y a un risque majeur : que les autorités israéliennes mettent à côté de son nom : « expulsion à l’étranger ».

Il n’y a aucune raison d’accepter que Salah ne sorte pas le 28 novembre. C’est écrit sur son « jugement » et la « loi Shalit » ne doit plus avoir cours puisque celui-ci est enfin libre.

Nous ne demandons plus rien d’autre aux autorités françaises : qu’elles agissent fermement pour que Salah Hamouri sorte le 28 novembre. Attention au « Coup de Jarnac » !

Exigeons sa libération le 28 novembre 2011 !

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #5 le: 19 octobre 2011 à 10:35:06 »
Il ne faut pas en vouloir à Gérard Longuet.

Il n'était pas au courant !
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Re : Salah Hamouri
« Réponse #6 le: 19 octobre 2011 à 11:39:15 »
Comme je ne sais pas si c'est la Défense ou les Affaires Etrangères qui s'occupent de ce genre de dossier, je ne vais pas blâmer le fait qu'il puisse ne pas y avoir de dossier Hamouri à la défense. Par contre, qu'en tant que ministre, Gérard Longuet ne soit pas au courant de l'existence même de Salah Hamouri, ça c'est extrêmement grave à mon sens...

Parce que c'est l'impression que l'article me donne.. Que non seulement il n'y a pas de dossier à la défense, mais que M. Longuet n'a jamais entendu parler de Salah Hamouri... :gene: :gene: :gene: :gene:

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #7 le: 19 octobre 2011 à 11:56:39 »
Sarko a souvent exhorter ses ministres à s'exprimer sur tous les sujets, même (surtout) sur les dossiers qui sortent de leur "compétence."
En principe, les consulats etc c'est Juppé.
Longuet est certainement au courant du cas de Hamouri, son passé FN l'empêche d'en parler ?

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #8 le: 19 octobre 2011 à 12:43:35 »
ces gens sont désespérants :pasdrole:

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #9 le: 28 novembre 2011 à 11:20:28 »
c'est aujourd'hui que salah devrait sortir, je l’espère vraiment...emprisonné pour rien à 20 ans il est temps qu'il sorte... :pausecaffé:

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #10 le: 28 novembre 2011 à 20:53:23 »
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Jour sombre : Salah toujours en prison…


Il est 19 heures à Paris, et donc 20 heures à Jérusalem, et nous ne pouvons pas vous annoncer la très attendue bonne nouvelle : Salah est enfin libre !

Salah est toujours en prison. C’est un jour sombre. Pour Salah, pour sa famille et pour nous tous. C’est un jour sombre pour la France aussi.

Salah devait être libéré, c’était écrit noir sur blanc dans une note officielle du CICR, au terme de 6 ans, 8 mois et 15 jours après son arrestation, c'est-à-dire aujourd’hui 28 novembre.

L’administration pénitentiaire israélienne en a, de manière totalement arbitraire, décidé autrement. Estimant que désormais – du fait de la libération de 1.027 prisonniers palestiniens en échange de Guilad Shalit – les prisons n’étaient plus « surpeuplées » (sic), les prisonniers restants pouvaient rester au-delà des peines décidées et annoncées en années administratives (345 jours). Et donc ils pouvaient désormais purger des peines en années civiles (365 jours), ce qui équivaut pour Salah à une prolongation annoncée jusqu’au 12 mars 2012 de son incarcération ! Ni plus ni moins.

Tout cela n’est possible que parce que les autorités israéliennes ont l’arbitraire comme loi. Mais aussi parce que – car personne ne peut imaginer les choses autrement – les autorités françaises n’ont pas « tapé du poing sur la table » pour défendre notre compatriote, le faire sortir et faire respecter le droit israélien par les… israéliens.

Désormais que faut-il faire ? Accepter cette prolongation ? Accepter qu’à l’injustice soit ajouté à l’arbitraire ? Impossible d’accepter pour le Comité de soutien qui regroupe des dizaines de milliers de personnes.

Nous demandons encore une fois solennellement aux autorités françaises d’agir pour que Salah sorte « au plus vite ». Il n’aurait pas du faire un jour de prison.

Nous prendrons d’ici peu des initiatives auxquelles nous vous confierons et pour lesquelles toutes les idées que vous pourriez avoir seront utiles. N’hésitez pas. Notre combat rassembleur n’est donc pas terminé. Il faut sortir Salah des griffes de ses geôliers. Le gouvernement doit intervenir énergiquement.

Liberté plus que jamais pour Salah Hamouri car nous sommes à J+1….


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Re : Salah Hamouri
« Réponse #11 le: 29 novembre 2011 à 14:46:48 »
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Un message de Denise Hamouri


Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Alors que mon fils, Salah, devait sortir le 28 novembre, les autorités israéliennes en ont décidé autrement, de manière totalement arbitraire.

Bien sûr vous imaginez la déception énorme qui est celle de Salah et aussi celle de sa famille.

Mais je voudrais vous dire, en notre nom à tous, un « grand merci ». Un grand merci car depuis tellement longtemps vous vous êtes mobilisés en faveur de Salah et de la liberté – la sienne et celle de la Palestine.

Sans vous, qui êtes des dizaines de milliers, on ne parlerait même pas du tout de Salah et on n’aurait même pas fait attention à son sort pourtant injuste et terrible.

Merci vraiment car si Salah n’est pas sorti hier ce n’est pas par manque d’efforts de votre part mais bien malgré ces efforts. Vous n’avez rien à vous reprocher, au contraire vous pouvez être fiers de vous. On voit mieux, du coup, l’épaisseur du mur à percer et le poids et la détermination des forces adverses.

Aujourd’hui on me demande : « Mais que faire pour Salah ? »

Je vous répondrais : continuer à exiger sa libération et à élargir encore et encore le cercle des amis qui peuvent nous rejoindre dans cette cause qui dépasse le cas de Salah. Il sait, mon fils, tout ce que vous faîtes et il vous en est gré. Sachez-le.

Les autorités françaises nous ont contactés et ont contacté Salah en proposant de le placer dans la liste des prochains prisonniers palestiniens qui doivent sortir, théoriquement, à la mi-décembre.

Salah comme nous-mêmes, mon mari et moi, avons tous considéré que si cela devait se faire, il est impensable que l’on demande quoi que ce soit à Salah. Pas d’excuses, pas d’écrits d’aucune sorte, pas de signature, pas d’éloignement de sa terre natale. Sans conditions en un mot.

Nous en sommes-là. Nous n’avons aucune garantie que cela se fera. Mais nous refusons toute idée de discussion quant à sa sortie éventuelle. Cela a assez duré. Il ne s’est pas excusé hier pour « adoucir » sa peine, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va le faire.

Je tenais à vous informer de cette situation. Verrons-nous notre fils à Noël ? Rien n’est fait, rien n’est certain. Nous avons encore besoin de vous !

Merci infiniment pour ce que vous avez déjà fait avec son Comité de soutien.

Denise Hamouri, Jérusalem, le 29 novembre 2011.


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Re : Salah Hamouri
« Réponse #12 le: 14 décembre 2011 à 19:32:14 »
Salah Hamouri libéré dimanchehttp://www.citysmiley.com/smiley/heureux/vil2_applaudir.gif

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #13 le: 15 décembre 2011 à 14:00:26 »
 :super:
Eh bien, c'est pas trop tôt! ...
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #14 le: 18 décembre 2011 à 22:26:59 »
Salah Hamouri est libre... enfin :mrgreen:

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #15 le: 22 décembre 2011 à 15:00:31 »
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Israël-Palestine : Salah Hamouri : "Je n'ai pas été défendu comme un vrai citoyen français"

Sept ans. Il aura fallu presque sept ans pour que le jeune Franco-Palestinien Salah Hamouri recouvre la liberté. Une peine purgée dans sa quasi-totalité pour que le président Nicolas Sarkozy intervienne en sa faveur, à l'occasion de la seconde vague de libération de 550 prisonniers palestiniens obtenue par le Hamas, en échange de la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit. Pourtant, sept années durant, Salah Hamouri, accusé d'avoir participé à un complot visant à assassiner le rabbin ultraorthodoxe Ovadia Yossef, n'a cessé de clamer son innocence. D'autant que l'acte d'accusation du jeune homme de 26 ans repose sur un complot "loin de la réalisation" et avec "des éléments essentiels manquants". Dans une interview au Point.fr, le Franco-Palestinien explique pourquoi Paris a fait véritablement preuve d'un "deux poids deux mesures" entre son cas et celui du soldat Gilad Shalit.

Le Point.fr : Salah Hamouri, quand avez-vous appris votre libération ?

Salah Hamouri : J'ai été transféré de ma prison mercredi dernier à six heures du matin vers un autre centre pénitentiaire du nord d'Israël, où j'ai passé une nuit. Cela a recommencé le jeudi, à 6 h 30, où j'ai été transféré dans une autre prison, au nord, où j'ai cette fois passé sept heures. C'est là que la Croix-Rouge m'a annoncé que mon nom figurait sur la liste de la seconde vague de prisonniers palestiniens libérés. J'ai été ensuite à nouveau déplacé dans une prison, dans le Sud cette fois. J'y ai passé les trois derniers jours, totalement isolé, avant ma libération dimanche à 22 heures.

Comment avez-vous réagi à cette annonce ?


Recouvrer la liberté est tout simplement extraordinaire. C'est comme une renaissance pour moi. Mais je n'arrive même pas à l'exprimer avec des mots. La liberté était ce qu'il y avait de plus cher à mes yeux.

Vous attendiez-vous à être libéré ?

Ayant fini ma peine, je devais normalement être libéré le 28 novembre. Mais les autorités israéliennes en ont décidé autrement. Ils ont annulé une loi administrative qui retirait une semaine à chaque année de condamnation (cette loi autorisait la justice militaire israélienne à convertir au cours d'une même peine les années civiles - 365 - en années administratives - 345 jours. Dès lors, le Franco-Palestinien devait passer 140 jours supplémentaires en prison, et ne pas sortir avant mars 2012, NDLR). Après la première vague de libération de prisonniers, cette mesure permettait ainsi à la justice de remplir ses quotas de prisonniers palestiniens en nous maintenant en prison.

Le président Sarkozy est intervenu en votre faveur auprès du rabbin Ovadia Yossef. Avez-vous davantage d'informations à ce sujet ?

Je continue de croire que ma libération a été obtenue grâce aux efforts depuis sept ans de mon comité de soutien en France, présidé par Jean-Claude Lefort (député honoraire communiste, NDLR). C'est ce soutien qui a accentué la pression sur le gouvernement français afin qu'il utilise à son tour ses moyens de pression sur le gouvernement israélien pour obtenir ma libération. Celle-ci est la conséquence directe du travail acharné de mon comité de soutien.

Comment considérez-vous l'action du gouvernement français qui a demandé votre libération au bout de sept ans ?


L'intervention du gouvernement français n'est arrivée que trop tardivement. J'aurais voulu être libéré il y a des années. Or, pendant tout ce temps, les demandes de libération formulées par Paris n'étaient que trop timides. Je n'ai pas été défendu comme un vrai citoyen français.

Estimez-vous avoir été traité de la même façon que le soldat franco-israélien Gilat Shalit ?


Il est clair que, pendant toutes ces années de détention, il y avait une différence entre moi, un civil, et Gilad Shalit, un soldat. Malheureusement, la France n'a pas réagi sur les bases du droit international.

Receviez-vous en prison des informations sur la mobilisation en votre faveur ?

Mes amis et mes parents m'en informaient. Cela a été quelque chose de magnifique pour moi, et cela m'a soutenu psychologiquement. Cela m'a donné d'autant plus de foi et de croyance. La nécessité d'une amitié profonde entre tous les peuples.

Vous avez donc entendu parler du soutien de François Cluzet, et de la polémique qu'il a suscitée...

Cet acteur a réalisé un geste tout bonnement héroïque, qui m'a énormément touché. Je l'ai d'ailleurs contacté et remercié depuis ma cellule. En s'exprimant au 13 heures de France 2 à mon sujet, François Cluzet a fait un choix d'autant plus admirable qu'il a subi par la suite beaucoup de pressions diverses... C'est pourtant ce que l'on appelle la liberté d'expression.

Comment avez-vous été traité en prison ?

Comme tous les prisonniers palestiniens, nous vivions dans des conditions difficiles, à huit par cellule. Les Israéliens nous mettaient constamment sous pression, de toutes les façons possibles. On nous empêchait par exemple de recevoir des livres, d'étudier, ou parfois de recevoir des visites.

Pourquoi avez-vous mené une grève de la faim en septembre ?

Je n'étais pas seul. Nous étions 234 prisonniers politiques à protester contre l'aggravation de nos conditions de détention depuis l'enlèvement du soldat Shalit. Cela m'a valu une semaine d'isolement, sans possibilité de voir ni ma famille, ni mon avocat, ni même le consul de France. Mais au bout du compte, l'administration israélienne s'est résignée à accepter nos revendications, même si elles n'ont pas été appliquées à ce jour.

Vous avez été accusé d'avoir participé à un complot visant à assassiner le rabbin ultraorthodoxe Ovadia Yossef
.

Les Israéliens continuent de parler de délit d'intention. Ma seule réponse, c'est que, pendant ce temps, 11 000 Palestiniens, dont 350 enfants, ont été arrêtés. C'est très grave. Du point de vue israélien, tout le peuple palestinien est condamné d'avance.

On vous accuse d'être un militant politique proche du Front de libération de la Palestine...

Je suis tout d'abord membre du peuple palestinien. Ce peuple, vivant sous l'occupation, est donc nécessairement politisé. J'ai toujours été militant pour les libertés de mon peuple. Ce droit à la liberté est reconnu au niveau international. Tous les peuples, les Français, les Vietnamiens et autres y ont droit. Je ne pense pas qu'il eût été acceptable en France de condamner la résistance du peuple français à l'occupation durant la Seconde Guerre mondiale. Par conséquent, je trouve inacceptable de condamner notre lutte. Notre peuple ne doit pas être exclu de l'histoire.

Maintenant que vous êtes libre, qu'allez-vous faire ?

Je vais rester quelques jours auprès de ma famille. Je vais ensuite essayer de me rendre en France pour remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour moi. Je suis français, ne l'oubliez pas.

Pendant votre incarcération, les Palestiniens ont connu deux bouleversements majeurs. La demande de Mahmoud Abbas d'adhésion d'un État palestinien à l'ONU ainsi que les deux vagues de libération de détenus palestiniens obtenues par le Hamas en échange de la libération de Gilad Shalit. Comment les avez-vous accueillies ?

Il existe bien évidemment une contradiction entre les deux méthodes. Je considère néanmoins les deux comme très importantes. Celle du Hamas m'a libéré, et celle de Mahmoud Abbas, je l'espère, permettra de libérer mon peuple.

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #16 le: 23 décembre 2011 à 13:24:07 »
article de l'Huma :

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Palestine
Salah Hamouri : « Votre solidarité a été le pont de l’espoir pour moi »
Mots clés : palestine-Israël, salah hamouri, palestine, entretien, prisonnier palestinen,

Exclusif. Le jeune Franco-Palestinien raconte son arrestation, ses conditions de détention, la volonté israélienne de briser les prisonniers politiques palestiniens. Il remercie tous ceux qui l’ont soutenu durant son emprisonnement et parle de l’avenir. Le sien et celui du peuple palestinien.

Salah Hamouri est libre. Dimanche soir, il a retrouvé les siens, à Jérusalem-Est, toujours occupée. Le jeune Franco-Palestinien savoure ces instants de bonheur après presque sept ans passés dans les geôles israéliennes. Le combat pour sa libération n’a pas été simple. Et si les grands médias la mettent au crédit de l’intervention française, ils oublient que Nicolas Sarkozy n’a jamais voulu recevoir les parents de Salah et que son nom même n’a été prononcé officiellement que très récemment. À l’Humanité, nous nous enorgueillissons d’avoir apporté notre contribution, avec d’autres, à ce que Salah Hamouri ne soit pas oublié. Parce que, sans cette campagne, il serait certainement encore emprisonné. C’est avec plaisir que nous enlevons son portrait de nos pages.

Comment s’est passée ?votre arrestation??

Salah Hamouri. Je devais rencontrer des amis à Ramallah. C’était le 13?mars 2005. Je suis donc parti de Jérusalem mais j’ai été arrêté au check-point de Kalandia. Les soldats israéliens m’ont bandé les yeux et menotté. De là ils m’ont amené à un premier centre sans que je sache lequel, puis à un second où je suis resté trois mois, à l’isolement total. Je subissais des interrogatoires tous les jours. C’était très difficile. Vous savez, les Israéliens essaient de casser notre volonté, notre détermination. Ils utilisent tous les moyens possibles pour faire pression. Sur nous et sur nos familles. Par exemple, mon père venait d’être opéré une semaine auparavant. Ils l’ont embarqué pour l’interroger, et moi, ils me l’ont montré sans qu’il s’en doute. Tout ça pour me casser. Parfois ils me laissaient plus de deux jours sans dormir. Bref, tous les moyens des services de renseignements. On nous laisse menottés, les mains dans le dos, on nous menace, on menace de détruire nos maisons… Je suis resté presque trois ans et demi emprisonné avant d’être officiellement condamné. Pendant tout ce temps, on m’a traîné à plusieurs reprises devant un tribunal militaire israélien totalement illégal puisqu’il se trouve dans les territoires occupés. Ces tribunaux militaires ne sont pas reconnus par le droit international.

Comment s’est passée l’audience à l’issue de laquelle vous avez finalement été condamné??

Salah Hamouri. Mon avocate, Léa Tsemel, a tout tenté. Mais les Israéliens m’ont toujours menacé d’une condamnation à quatorze ans de prison. Alors, mon défenseur a essayé d’obtenir la condamnation la plus faible possible, c’est-à-dire une peine de prison la plus courte possible. Pour cela, il fallait plaider coupable, bien que je sois innocent de tout ce qu’on me reprochait. J’ai finalement écopé de sept ans de prison.

Quelles étaient vos conditions de détention??

Salah Hamouri. Après trois mois d’interrogatoire, j’ai été transféré à la prison de Beer Sheva, dans le Sud. Je suis resté là-bas presque vingt-deux mois. Puis j’ai été transféré dans un autre établissement dans le Nord. Dix mois après, ils m’ont encore fait changer de prison. Puis il y a eu la condamnation à sept ans de prison. Ils m’ont ensuite amené à la prison de Gilboa où j’ai passé presque trois ans. Il y a deux mois et demi, ils m’ont sorti de là pour tenter de briser la grève des prisonniers qui demandaient de meilleures conditions de détention. Mes conditions de détention étaient les mêmes que pour les autres prisonniers palestiniens. Les Israéliens essaient toujours de maintenir une certaine tension, de faire pression sur nous pour briser toute résistance. Plusieurs prisonniers politiques ont été isolés pendant des années. Certains se voyaient interdits de toute visite, y compris familiale. Depuis deux ans, nous n’avions plus l’autorisation de recevoir des livres. Les Israéliens prennent toujours un prétexte sécuritaire pour appliquer leur politique de pression sur les prisonniers. Il faut savoir que les prisonniers palestiniens qui sont de la bande de Gaza n’ont reçu qu’une seule visite depuis six ans. Ils ne peuvent même pas recevoir un seul coup de téléphone, de personne. Ni de leur femme ni de leurs enfants. Beaucoup de prisonniers de Cisjordanie ont été soumis au même régime. Avec toujours le même prétexte sécuritaire. Il faut aussi parler de l’isolement. Une mesure inhumaine qui, là encore, vise à casser le moral des prisonniers, à briser leur capacité de résistance. Ils sont isolés dans des sections spéciales. Ils sont dans des cellules où ils ne peuvent avoir aucun contact avec les autres prisonniers et évidemment pas avec leurs familles. Certains sont restés comme ça six à sept ans, totalement seuls. L’interdiction de faire entrer des livres dans la prison relève de la même volonté de tenter de miner notre moral. Les Israéliens savent bien qu’au XXIe siècle il faut non plus viser le corps de l’être humain mais son esprit. C’est cet esprit politique des Palestiniens que les Israéliens veulent détruire. C’est pourquoi ils nous ont empêchés de recevoir des livres pendant deux ans. Ils ont également bloqué l’accès à de nombreuses chaînes d’information à la télévision. C’était vraiment une guerre totale déclarée par l’administration israélienne au niveau culturel contre les prisonniers politiques palestiniens. Cette administration israélienne était représentée dans les prisons par la police.

Comment en êtes-vous arrivés à une grève de la faim??

Salah Hamouri. Pendant toutes ces années, nous avons essayé de discuter avec l’administration des prisons pour la convaincre de respecter nos droits qui sont inscrits dans la quatrième convention de Genève. Nous avons essayé à plusieurs reprises d’améliorer nos conditions de détention, nos conditions de vie carcérale. On a évidemment demandé de mettre fin à l’isolement des prisonniers politiques, et notamment à celui d’Ahmed Saadat, le secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Malheureusement, les Israéliens ont toujours refusé de discuter avec nous et ont opposé une fin de non-recevoir à toutes nos demandes. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une grève de la faim le 27?septembre jusqu’au 17?octobre. Nous l’avons observée pendant vingt jours. Pendant ce temps-là, l’administration pénitentiaire israélienne a tout tenté pour briser notre mouvement, utilisant tous les moyens de pression qu’elle avait à sa disposition. Mais, heureusement, nous étions bien préparés. Nous avions la volonté de gagner et de ne pas nous laisser briser. Ce qui nous a permis de résister à tous les coups entrepris contre nous.

Comment avez-vous perçu ?la solidarité qui s’est exercée en France envers vous??

Salah Hamouri. C’est la chose la plus importante qui me soit arrivée en prison. La campagne menée par le comité de soutien, l’engagement de Jean-Claude Lefort, de l’AFPS, du journal l’Humanité, des Jeunes communistes ont été le pont de l’espoir pour moi, ma famille, mais aussi pour tous les prisonniers politiques.

Cela a été comme un mur nous protégeant des visées israéliennes. Je tiens à les remercier pour ce soutien qui m’a aidé moralement et psychologiquement.

Maintenant libre, ?qu’allez-vous faire??

Salah Hamouri. Profiter d’abord de ma famille. Je vais essayer de venir en France pour rencontrer ceux qui m’ont soutenu et puis ensuite reprendre mes études. Le combat du peuple palestinien continue, malgré les prisons et la répression. Notre résistance est légitime.
"Ni Dieu, ni maître.
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Re : Salah Hamouri
« Réponse #17 le: 23 décembre 2011 à 14:36:22 »
Dans cette histoire il s'agit en effet de redonner à César ce qui lui appartient et en l'espèce, César c'est Jean Claude Lefort qui fut jadis un ardent parlementaire , qui œuvre encore aujourd'hui à la surveillance de la commission des lois européennes .

Par ailleurs je suis frappée par l'activisme pré-électorale qui consiste à faire sortir du trou des prisonniers ou des otages au moment importun . je vous fiche mon billet que sarko va nous refaire le coup d'Ingrid Betancourt  : je lance les paris concernant Forence Casset ....ce serait bien la petite surprise médiatique et hystérique qui permettrait de redorer le blason du super petit ubu d'opérette ...à suivre

Quant au témoignage de Salah Hamouri il donne encore une fois la preuve qu'il ne suffit pas pour un état de s'autoproclamer "démocratie" pour en être une . Les méthodes d'arrestations et le mode de détention n'ont rien à envier aux régimes que nos chères démocraties veulent faire plier à coup de bombardements .
Et nos intellos de plateaux , ils en pensent quoi de la manière dont Israël traite ses prisonniers ? L'excuse , c'est quoi ? Les tirs de mortiers sur les colonies ?

Respect à ce jeune résistant  :merci:
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Salah Hamouri
« Réponse #18 le: 24 janvier 2016 à 10:48:15 »
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Elsa et Salah Hamouri dans le viseu


Elsa Lefort interpelle les médias. L’épouse de l’ancien prisonnier des geôles israéliennes, enceinte de six mois et employée au consulat général de France, a été refoulée à l’aéroport de Tel-Aviv.

Il était une fois deux jeunes gens qui s’aimaient. Ils décidèrent de se marier. Ce fut chose faite, le 29 mai 2014. Un conte d’amour qui pourrait se terminer comme tous les jolis contes par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Mais voilà, les faits se passent à Jérusalem-Est, occupée par Israël. Lui s’appelle Salah Hamouri. Il a purgé sept années dans les geôles israéliennes, jugé par une cour illégale et pour des faits jamais avérés.

Depuis qu’il est sorti de prison, il est l’objet de toutes les attentions des services de renseignement intérieur israéliens, le Shin Beth ou Shabak. En octobre dernier, il a reçu, une nouvelle fois, une interdiction de se rendre en Cisjordanie. Une mesure s’apparentant à une brimade puisque, du même coup, il ne pouvait plus assister à ses cours pour devenir avocat à l’université de Bir Zeit, près de Ramallah. Salah est pourtant un Français et dispose sur son passeport de ce que l’on appelle un « Return visa », un visa de retour (renouvelable tous les trois ans), en plus de sa carte d’identité de Hiérosolymitain, délivrée chaque année par l’occupant, visant à prouver que son centre de vie (paiement de taxes surtout) est bien à Jérusalem. C’est d’ailleurs à Jérusalem-Est que le couple s’est marié. Le mariage civil n’existant pas dans la loi d’Israël (imposée également dans la partie orientale de la ville occupée), il a d’abord fallu passer devant un imam, avant d’être enregistré au consulat de France de la ville, qui a délivré un livret de famille. Un livret qui va servir, puisque Elsa est maintenant enceinte. L’accouchement est prévu pour le mois de mars 2016. Une date qui a son importance et explique certainement beaucoup de choses…

Les douaniers israéliens annulent le visa d’un coup de tampon

Pour les autorités israéliennes, ce n’était pas suffisant. Voilà qu’ils s’attaquent à Elsa Lefort, l’épouse de Salah. Le 18 septembre dernier, déjà, la demande de visa d’épouse qu’elle avait formulée en tant que ressortissante française avait été rejetée. Elle avait alors interjeté appel et avait bénéficié d’un visa de service en tant qu’employée du consulat général de France à Jérusalem. Le 21 décembre, tout comme son époux, Elsa se rend en France pour passer les fêtes en famille. À peine arrivée, dès le 22, elle apprend par son avocat israélien que l’appel pour le visa d’épouse a été rejeté mais qu’il reste encore une possibilité. Pour cela, elle dispose d’un mois. Elsa a largement le temps puisqu’elle doit rentrer le 5 janvier. Mais lorsqu’elle atterrit à l’aéroport Ben Gourion, elle est immédiatement placée sur le côté. On l’interroge sur les raisons de son entrée en Israël. Lorsqu’elle répond qu’elle travaille au consulat général de France, ce que les douaniers ont vu puisqu’elle possède un visa de service sur son passeport, on lui demande tout de go si elle est mariée, qui est son mari, où elle l’a rencontré. Bizarrement, arrivé la veille, le 4, Salah s’est vu demandé où était sa femme, pourquoi elle n’était pas rentrée avec lui?! C’est alors qu’on signifie à Elsa qu’elle n’a pas le droit d’entrer en Israël, que cette interdiction était notée sur la lettre de refus du visa d’épouse, ce qui n’est pas vraiment établi. Or, elle possède ce visa de service (comme tous les employés du consulat), qui montre sa bonne foi, délivré le 12 octobre 2015 et valable jusqu’au 11 octobre 2016. Un visa à multiples entrées, délivré par le ministère israélien des Affaires étrangères, division des affaires consulaires. Un visa que les douaniers israéliens annulent d’un coup de tampon sur le passeport. Pour eux, l’affaire était dans le sac, en quelque sorte. Malheureusement pour cette administration zélée, le 4 janvier, la veille, le service des permis de conduire, contacté pour une équivalence avec le permis français, faisait savoir que tout était en ordre, y compris le visa?!

La police des frontières israélienne est l’une des plus redoutables sections. Par sa dureté et son manque d’humanité. Elsa a été placée en détention dans un centre situé près de l’aéroport, en attente d’expulsion. Peu importe qu’elle soit enceinte de plus de six mois, elle subit des conditions d’incarcération scandaleuses (hygiène, nourriture, etc.). L’avocat de Salah et d’Elsa fait appel de cet expulsion, arguant du regroupement familial. Et là, la vérité éclate sur les véritables motifs des autorités israéliennes. Le refus d’entrer s’appuie sur des motivations uniquement politiques, comme déjà précisé en octobre, parlant « des risques de sécurité potentiels venant de M. Hamouri et de sa conjointe, sur laquelle il existe des informations concernant ses activités qui présentent un danger pour la sécurité du pays ».

La cour d’appel ose même, dans ses attendus, écrire que « les appelants dissimulent à la cour leur activité terroriste » (sic). La fameuse cour se basant sur un rapport des services secrets affirmant qu’Elsa aiderait « son mari dans ses activités au sein du Front populaire et a des liens directs avec d’autres militants de l’organisation ». Voilà les motivations de l’occupant, qui se drape dans des arguties juridiques qui ne sont que foutaises. Il s’agit en réalité d’empêcher l’enfant d’Elsa et Salah Hamouri de naître à Jérusalem et d’éloigner Salah de sa terre natale. Nettoyage comment??