Auteur Sujet: Soudan  (Lu 2551 fois)

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Soudan
« le: 01 février 2011 à 11:28:54 »
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Soudan : décès d'un étudiant blessé dimanche lors de manifestations

    Un étudiant frappé par des policiers dimanche lors de manifestations anti-gouvernementales à Khartoum est décédé des suites de ses blessures dans la nuit à l'hôpital d'Omdurman, près de la capitale soudanaise, a-t-on appris lundi auprès de manifestants

«Mohammed Abdulrahman, de l'université d'Ahlia, est décédé la nuit dernière à l'hôpital d'Omdurman, des suites de ses blessures après avoir été frappé par la police lors des manifestations», a indiqué un manifestant à l'AFP sous couvert d'anonymat.

«Ce matin (lundi) l'université d'Ahlia et l'université islamique d'Omdurman ont été fermées sur décision du gouvernement», a indiqué ce militant.

 

Les manifestants avaient répondu à un appel lancé par un groupe du «30 janvier» via Facebook. Le groupe demandait à la jeunesse soudanaise de descendre dans la rue pour participer à des rassemblements antigouvernementaux pacifiques.

Ce groupe, qui comptait lundi environ 17.000 membres, a qualifié sur sa page l'étudiant décédé de «martyr», le comparant à un autre étudiant tué en octobre 1964 lors d'un soulèvement populaire qui avait renversé le régime militaire au pouvoir.

«Al-Gorashy a été un martyr pour nous. Et tu es notre martyr à présent, Mohammed Abdulrahman», est-il écrit en lettres rouge.

Les manifestations se sont déroulées dimanche en présence d'un très fort déploiement policier en différents endroits de Khartoum et de sa ville jumelle Omdurman, ainsi qu'à Obeid, à environ 600 km à l'ouest de la capitale.

Au moins 64 personnes ont été arrêtées à la suite de heurts, et un nombre indéterminé de personnes ont été blessées.

À Omdurman, un millier de manifestants ont scandé des slogans contre le président Omar el-Béchir et jeté des pierres contre la police anti-émeute qui a riposté à coups de bâton et de gaz lacrymogène.

Par ailleurs, lundi, au lendemain de ces manifestations, la distribution de deux journaux indépendants a été bloquée, ont indiqué leurs éditeurs.

«Des officiers de la sécurité sont arrivés chez les imprimeurs à 02H00 (23H00 GMT) et ordonné aux équipes de ne pas distribuer notre journal», a indiqué Annour Ahmed Annour, rédacteur en chef du quotidien Al-Sahafa.

Fayez al-Sillik, rédacteur en chef adjoint d'Ajras al-Hurriya, considéré comme proche du mouvement des ex-rebelles du Sud-Soudan, le SPLM, a indiqué que son journal avait également été interdit de distribution après l'intervention d'officiers de sécurité.

«Ils sont venus à l'imprimerie à 23H00 (20H00 GMT) et ont lu toutes les pages du journal. Ils sont revenus trois heures plus tard, ont pris un certain nombre d'exemplaires et ont dit “personne ne peut distribuer ce journal avant notre retour”, mais ils ne sont pas revenus», a-t-il indiqué.

Rabie Abdul Ati, un important responsable du Congrès national, le parti du président soudanais Omar el-Béchir, a indiqué à l'AFP qu'il ne s'agissait pas à son avis d'«une affaire politique».

«La convention de la presse mentionne (…) ce qui peut être publié et ce qui ne peut pas l'être, ce qui sera considéré comme étant contre la sécurité nationale, et ce qui sera considéré comme étant du domaine de la liberté de la presse», s'est-il contenté d'expliquer.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 31 janvier 2011.
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Re : Soudan
« Réponse #1 le: 30 juin 2015 à 17:09:17 »
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Le Soudan du Sud plonge toujours plus loin dans l'horreur

   
Un rapport de l'ONU établit que des femmes ont été violées et brûlées vives par l'armée sud-soudanaise. Les enfants sont aussi parmi les premières victimes de cette guerre civile.

Le Soudan du Sud sortira-t-il un jour du chaos? Le plus jeune pays du monde, créé en 2011, est secoué par une guerre civile sanglante depuis décembre 2013, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes. Ce mardi, l'ONU a dévoilé un rapport de "violations des droits de l'Homme généralisées" à travers le pays, qui connaît une valse d'offensives et de contre-offensives depuis le mois d'avril.

Sous cette expression policée, il est fait état de massacres contre les civils et de destruction de villages entiers par l'armée sud-soudanaise (SPLA). Mais aussi de l'enlèvement et du viol de femmes et de jeunes filles "dont certaines auraient été brûlées vives dans leurs maisons", selon le témoignage de 115 victimes et témoins dans l'Etat d'Unité (Nord), l'un des plus touchés par le conflit.

Violences et famine

De rapport en rapport, les actes commis par les belligérants des deux bords qui parviennent à être documentés dépeignent la grave crise dans laquelle est plongée le Soudan du Sud. Plus tôt ce mois-ci, l'Unicef a alerté sur une épidémie de choléra et sur les violences faites aux enfants: "Des survivants ont raconté qu'on a laissé saigner à mort des garçons émasculés... que des filles d'à peine huit ans ont été violées collectivement puis assassinées", a rapporté l'organisation. L'un des chefs de milices, passé à la rébellion, est accusé par les Nations unies d'avoir enlevé des centaines d'enfants sud-soudanais pour en faire des combattants.

De son côté, l'ONG américaine Famine Early Warning Systems Network estime que les conditions de famine sont réunies dans certains Etats en proie aux combats -essentiellement dans le Nord et le Nord-Est du pays, riche en pétrole. L'ONG rapporte que des civils meurent de faim, et craint un aggravement de la situation si l'aide alimentaire ne leur parvient pas. La FAO, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture a déjà classé de grandes régions en "état d'urgence", juste avant les critères retenus pour définir la famine. Les Nations Unies estiment que 4,5 des 12 millions de Sud-soudanais n'ont pas suffisamment à manger.
Un sempiternel échec des négociations

Pendant ce temps, les deux camps qui s'opposent ne parviennent pas à se mettre d'accord. Le conflit politico-ethnique a éclaté après que le président, Salva Kiir -de l'ethnie Dinkas- a limogé et accusé son ancien vice-président Riek Machar -de l'ethnie Nuer- d'avoir fomenté un coup d'Etat. Ce week-end, alors que les deux hommes s'entretenaient sans résultat à Nairobi, au Kenya, les combats faisaient rage à Malakal, le dernier accès aux rares champs pétroliers encore actifs du pays.

A la faveur de plusieurs tentatives de négociations, sept cessez-le-feu ont déjà été signés et rompus tout aussi rapidement. L'ONU a menacé de sanctionner au moins six hauts-responsables militaires du pays tandis que l'Union africaine a souhaité des sanctions économiques ainsi qu'un embargo sur les armes. Mais rien, pour l'heure, ne semble disposé à faire plier les deux hommes forts de ce pays, ni les 50 000 morts et les 1,5 million de déplacés, ni même les exactions commises contre la population.