Auteur Sujet: Les révoltés au Maghreb... qui sont-ils ? (déclaration du GCI)  (Lu 1578 fois)

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Les révoltés au Maghreb... qui sont-ils ?

L’État et ses commentateurs éclairés nous ont d’abord vendu qu’il s’agissait :

    — D’un petit contre-temps dans la bonne marche des affaires, à juguler au plus tôt ;  

    — De manifestations de sauvagerie propre à des pays mal civilisés ;  

    — De casseurs, de terroristes qui s’en prennent aux institutions, à la propriété privée, aux forces de l’ordre, et que leurs gouvernements se doivent de réprimer, avec notre aide.
 

Puis, un chef d’État ayant été contraint à la fuite, on nous a vendu qu’il s’agissait :

    — D’un peuple qui se soulève contre un affreux dictateur, l’ex-allié d’il y a une heure ;  

    — D’une «révolution de jasmin» pour des droits et libertés démocratiques ;

    — D’électeurs fâchés de n’avoir pas trouvé le bureau de vote ;

    — De gens qu’on ferait bien de syndiquer le plus vite possible.
 

Enfin, si la mise en place d’un gouvernement provisoire ne les a pas fait rentrer chez eux, il s’agirait à présent de milices formées de partisans de l’ancien dictateur contre lesquels l’armée s’emploie bien entendu à protéger la population.
 

Pour nous, prolétaires,

    Ils sont ce qui attend (et hante) tous les gestionnaires et défenseurs du capital.  

Pour nous, prolétaires,

    Il s’agit de nos frères et sœurs de classe qui luttent depuis des mois, des années, au Maghreb, dans le monde, contre l’exploitation, contre l’État…  

Pour nous, prolétaires,

    La révolution sera l’extension et la généralisation de l’exigence radicale de satisfaction de nos besoins, en-dehors et contre les partis et syndicats.
 

Solidarité de classe avec les insurgés !

    Groupe Communiste Internationaliste – Janvier 2011.

"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
Jacques Prévert

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Re : Les révoltés au Maghreb... qui sont-ils ? (déclaration du GCI)
« Réponse #1 le: 31 janvier 2011 à 08:41:50 »
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Maroc, Soudan, Jordanie, Syrie, Libye, Yémen... la "contagion" révolutionnaire continue

MAROC
Manif à Fez


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MAROC
Manifestation à Tanger contre la hausse des prix


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Dimanche 30 janvier

Manif appelée notamment par Attac Maroc contre la détérioration des conditions de vie et la hausse des prix, dispersée violemment par la police place des Nations. La manifestation avait salué les peuples tunisien et égyptien, et réclamé le départ du gouvernement marocain, le droit à un toit, au travail et à une vie décente.

 
 

SOUDAN

Heurts entre policiers soudanais et étudiants à Khartoum
 

    Des heurts ont opposé dimanche à Khartoum des policiers soudanais et des étudiants qui manifestaient pour réclamer la démission du gouvernement. Plusieurs étudiants ont été arrêtés

 

La police anti-émeutes a dispersé des groupes de jeunes gens qui manifestaient dans le centre de la capitale et bouclé les entrées de quatre universités. Elle a tiré des gaz lacrymogènes et battu des étudiants dans trois d'entre elles.

Un demi-millier d'étudiants ont aussi manifesté à El Obeid, dans le Nord-Kordofan (ouest du Soudan).

La police a battu à coups de matraques des étudiants qui scandaient : «Nous sommes prêts à mourir pour le Soudan» et «Révolution, révolution jusqu'à la victoire».

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«Non, non à la vie chère !»
«Par notre âme et par notre sang,
nous donnerons les deux pour le Soudan !»

Depuis les récents soulèvements en Tunisie et en Égypte, des groupes s'intitulant «Jeunesse pour le changement» ou «L'étincelle» sont apparus sur les réseaux sociaux d'internet.

«Jeunesse pour le changement» a attiré plus de 15.000 membres. «Le peuple du Soudan ne restera plus silencieux», proclame-t-il sur sa page Facebook. «Il est temps que nous exigions nos droits et que nous prenions ce qui nous appartient par des manifestations pacifiques n'incluant aucun acte de sabotage.»

Le groupe Girifna («Nous en avons assez») a déclaré que neuf de ses membres avaient été arrêtés au cours de la nuit précédant la manifestation et des responsables de l'opposition ont fait état de 40 manifestants arrêtés dimanche. Cinq ont été blessés, ont-ils ajouté.

Avant la «révolution du jasmin» en Tunisie, le Soudan avait été le dernier pays arabe à renverser un dirigeant grâce à un soulèvement populaire avec la chute de Jaafar Nimeiri, en 1985. 

    Leur presse (Reuters), 30 janvier 2011.

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SOUDAN

Heurts entre la police et des centaines de manifestants anti-Béchir


    Des centaines de jeunes Soudanais ont manifesté dimanche à Khartoum dans le cadre d'une journée nationale de protestation antigouvernementale, malgré un important déploiement des forces de sécurité, a constaté un journaliste de l'AFP

 

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, et le président Omar el-Béchir a limogé un directeur d'université. Selon l'opposition, les affrontements ont fait cinq blessés.

Ces manifestations ont eu lieu le jour de l'annonce premiers résultats préliminaires complets du référendum au Sud-Soudan, qui ont confirmé le raz-de-marée en faveur de la partition, une perspective assez mal vécue dans le Nord.

La séparation annoncée, ajoutée aux difficultés économiques croissantes et à l'inquiétude sur l'évolution du régime islamiste de Béchir après l'indépendance du Sud non-musulman, a provoqué de nombreuses manifestations ces dernières semaines.

Mais ces mouvements sont restés sporadiques, les forces de sécurité maintenant un contrôle étroit de la société.

À Khartoum, des centaines de jeunes ont manifesté près du palais présidentiel en scandant «Nous voulons du changement ! Non aux prix élevés !»

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À la faculté de Médecine

Près du centre-ville, à la faculté de Médecine, les services de sécurité ont tenté d'empêcher environ 300 manifestants de quitter le campus. Ces derniers ont cependant réussi à se répandre dans les rues aux cris de «Révolution contre la dictature !»

Mais la police les a attaqués à coups de bâtons, procédant à plusieurs arrestations et forçant les étudiants à réintégrer le campus. Un bref communiqué de l'agence officielle Suna a annoncé peu après le limogeage du directeur de l'université, Mustafa Idris el-Béchir.

Dans la soirée, les forces de sécurité, dont 20 camions de police, ont été déployées en force autour du complexe universitaire. Selon des étudiants, elles ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Devant l'Université islamique d'Omdurman, ville qui jouxte Khartoum, un millier de manifestants ont défilé en scandant des slogans hostiles au président Béchir, face à de nombreux policiers antiémeutes.

 

Des manifestants ont jeté des pierres en direction des policiers, qui ont répliqué à coups de bâtons. Des étudiants proches du pouvoir se sont parfois joints aux policiers, selon un témoin.

À l'université Al Ahlia d'Omdurman, une autre manifestation a rassemblé environ 500 étudiants autour des mêmes slogans.

Dans la ville d'El-Obeid, à 600 km à l'ouest de Khartoum, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser 600 manifestants qui défilaient dans le centre-ville en réclamant un changement de régime, selon un témoin.

Dans un communiqué, le parti d'opposition Umma a diffusé le nom de plus de quarante personnes arrêtées en lien avec les manifestations. Mais une source policière a évoqué 64 arrestations.

De son côté, le chef de l'opposition soudanaise Yassir Arman a dénoncé l'«agressivité» des forces de sécurité contre les manifestations et demandé la fin du règne du parti unique dans le Nord du pays.

Les autorités ont imposé de fortes restrictions à la presse. Trois journalistes ont été arrêtés, dont l'un dans son bureau, selon un confrère.

Un photographe de l'AFP a été détenu par des soldats pendant deux heures, tandis qu'une dizaine de journalistes ont reçu l'ordre de ne pas couvrir les manifestations.

Les manifestants répondaient à des appels lancés via Internet pour une journée de protestation antigouvernementale pacifique à travers tout le pays, un appel similaire à celui qui a déclenché les manifestations massives en Égypte.

«Ce que nous avons vu en Égypte a inspiré la jeunesse», a déclaré à l'AFP Mubarak al-Fadl, membre d'Umma.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 30 janvier.
 

JORDANIE

Manifestations populaires pour le changement


    Contre la vie chère et pour des réformes politiques, des milliers de Jordaniens ont manifesté hier

Au moins 3000 personnes ont manifesté hier, à Amman, à l’appel des Frères musulmans pour protester contre la vie chère et la politique économique, réclamant un changement de gouvernement et des réformes selon l’AFP. Contrairement à la Tunisie et l’Égypte, où les manifestations contre le régime ont fait ces dernières semaines plusieurs morts, le mouvement de protestation en Jordanie n’a pas été marqué pour le moment par des heurts avec les forces de l’ordre.

Brandissant des drapeaux jordaniens et de leurs partis, les manifestants répondaient à l’appel des Frères musulmans, principale force d’opposition du pays, et de sa branche politique, le Front de l’action islamique (FAI), à manifester «contre la vie chère et pour des réformes politiques». Depuis plusieurs jours, le roi Abdallah II multiplie les initiatives pour tenter d’apaiser la grogne populaire.

Outre des rencontres avec des personnalités de tous les bords, il a appelé le Parlement à accélérer les réformes politiques et socioéconomiques et relancer la confiance du peuple dans les institutions, et il a effectué des visites discrètes dans les zones les plus démunies du royaume, selon son entourage. Mais cela n’a pas dissuadé les islamistes de poursuivre l’organisation de manifestations, notamment celle de vendredi à laquelle participaient des partis politiques de gauche et des syndicats professionnels, sous l’œil d’un important dispositif policier.

«À bas le gouvernement Rifaï» (le Premier ministre Samir Rifaï, ndlr), «Nous voulons un gouvernement de salut national», «Ensemble pour des réformes politiques et économiques», pouvait-on lire sur les banderoles. «Nous voulons un gouvernement représentatif qui comprenne notre situation et nous donne un sentiment de sécurité. Nous ne voulons pas d’un gouvernement d’aristocrates, formé de riches et d’hommes d’affaires», a déclaré devant les manifestants le responsable des Frères musulmans, Hammam Saïd.

Aucun incident n’a été enregistré lors de la manifestation. Comme lors de la précédente manifestation, vendredi dernier, la police a voulu donner une image pacifique en distribuant de l’eau et des jus de fruits aux manifestants. Des rassemblements ont eu lieu également à Irbid au nord, Karak, Ma’an et Diban au sud, où près 2000 personnes selon la police ont également protesté dans le calme.

Le FAI avait réclamé la semaine dernière un «amendement à la Constitution» pour limiter les pouvoirs du roi. «Nous demandons que le chef de la majorité au Parlement devienne de facto Premier ministre, ou que le chef de l’exécutif soit élu directement par le peuple», avait affirmé à l’AFP Zaki ben Rsheid, membre exécutif du FAI. La Constitution jordanienne, adoptée en 1952, donne au roi la prérogative exclusive de nommer ou limoger le Premier ministre.

Le gouvernement a annoncé en janvier le déblocage de près de 500 millions de dollars pour augmenter les salaires des fonctionnaires et des retraités, favoriser la création d’emplois et faire baisser les prix. Il s’agit de la troisième journée de manifestations dans le royaume depuis la mi-janvier.

    Leur presse (El Watan), 29 janvier.
 

JORDANIE

Des manifestants à Amman réclament le départ du Premier ministre


    Quelque 200 manifestants étaient réunis samedi à Amman pour réclamer la chute du Premier ministre jordanien, alors qu'un autre rassemblement se tenait devant l'ambassade d'Égypte contre «le dictateur» égyptien Hosni Moubarak

 

Devant les bureaux du Premier ministre Samir Rifaï à Jebel Amman, près de 200 syndicalistes et militants de sensibilité de gauche ont appelé à sa démission. «Le peuple veut la chute du gouvernement», «Samir va-t-en», «nous voulons un gouvernement de salut national» et «le jugement des corrompus», scandaient les manifestants, encadrés par la police.

Vendredi, au moins 3000 personnes ont manifesté à Amman à l'appel des Frères musulmans pour protester contre la vie chère et la politique économique, réclamant un changement de gouvernement et des réformes.

Depuis plusieurs jours, le roi Abdallah II multiplie les initiatives pour tenter d'apaiser la grogne populaire.

Par ailleurs, le rassemblement de 70 responsables islamiques et syndicalistes organisé samedi devant l'ambassade d'Égypte est l'expression du «soutien au peuple égyptien dans sa révolution contre le dictateur Moubarak», ont affirmé les organisateurs.

«Moubarak tu es un traître et un agent américain», scandaient les manifestants contre le président égyptien, au pouvoir depuis 1981 et qui fait face à des manifestations sans précédent, depuis mardi. «Hosni Moubarak, l'Arabie Saoudite t'attend», disaient-ils encore, en référence à l'asile accordé par l'Arabie saoudite au président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali.

«Nous disons aux Américains, ne vous en mêlez pas. Votre asservissement qui a duré 100 ans a pris fin. Nous vivons une nouvelle ère», a déclaré aux journalistes le chef du Front de l'action islamique (FAI), Hamam Saïd, principal parti d'opposition. Il a estimé que «la Jordanie doit tirer des leçons des évènements en cours et entamer des réformes politiques car le peuple veut avoir une voix au chapitre».

La grogne monte en Jordanie où trois manifestations ont eu lieu dans le royaume depuis la mi-janvier, dans la foulée de la chute du président tunisien Ben Ali qui a dû quitter le pouvoir le 14 janvier sous la pression de la rue après 23 ans de règne.

    Leur presse (L’Orient-Le Jour), 30 janvier.
 

JORDANIE

Manifestation à Amman contre la corruption et la pauvreté


    Plusieurs dizaines de Jordaniens se sont rassemblés samedi devant les bureaux du gouvernement, à Amman, où ils ont réclamé la démission du Premier ministre Samir Rifaï et des mesures contre la corruption

«Notre gouvernement n'est qu'un ramassis de voleurs», ont scandé quelque 200 manifestants rassemblés sous les fenêtres du siège du gouvernement derrière une banderole disant «Non à la pauvreté et à la faim».

«Nous sommes venus de loin, de régions rurales, jusqu'à Amman pour demander à Rifaï de partir», a dit l'un des organisateurs de la contestation, Mohammed Sounaïd.

«Nous appelons au renversement de ce gouvernement qui a massacré les pauvres. Il faut un gouvernement pour l'ensemble des Jordaniens, pas seulement pour les riches», a-t-il ajouté.

La Jordanie est aux prises avec l'une des pires récessions économiques de son histoire. Le gouvernement a annoncé une série de mesures pour faire baisser les prix des denrées de base, créer des emplois et augmenter les salaires des fonctionnaires mais les manifestants les jugent insuffisantes.

Ils protestent également contre les privatisations de ces dix dernières années qui, disent-ils, n'ont enrichi qu'une petite élite jordanienne.

Le mouvement, qui semble s'inspirer de la contestation qui a eu raison du régime de Zine ben Ali en Tunisie et fait vaciller Hosni Moubarak en Égypte, est également porteur de revendications politiques.

Certains réclament une limitation des pouvoirs du roi Abdallah, qui nomme le gouvernement, approuve les lois et peut dissoudre le parlement. «Notre espoir est que les citoyens pourront choisir le gouvernement qui les représente», a dit l'activiste Ali Dalaïn, ancien député de la ville de Karak (sud).

    Leur presse (Reuters), 29 janvier.
 

SYRIE

Appel à manifester à Damas


    En Syrie, le site d’information arabe Elaph a rapporté que des groupes d’opposition ont appelé à une manifestation le 5 février à Damas, devant le siège du Parlement, et à Alep, la deuxième ville du pays

Les organisateurs ont choisi cette date en référence aux bombardements perpétrés en 1982 par l’armée syrienne contre les Frères musulmans dans la ville de Hama. Selon, les estimations, ces bombardements ont fait plus de 30'000 morts.

Les auteurs de cet appel ont mis en garde les autorités contre la répression et l’arrestation des manifestants.

Mercredi dernier, les autorités syriennes ont bloqué l’accès à plusieurs programmes permettant d’utiliser la fonction de discussion en direct de Facebook sur les téléphones mobiles, dans l’ensemble du pays.

Les forces de l’ordre ont empêché samedi un rassemblement de jeunes près de l’ambassade d’Égypte à Damas, qui souhaitaient exprimer leur solidarité avec le peuple égyptien dans son soulèvement contre le régime du président Hosni Moubarak.

    Leur presse (Radio Canada), 30 janvier.
 

SYRIE
La Syrie aspire aussi «à la justice», selon des militants
 

    Des personnalités militantes syriennes comme l’opposant Michel Kilo et le cinéaste Omar Amiralay ont salué dimanche 30 janvier la révolution en Tunisie et le soulèvement en Égypte et affirmé que le peuple syrien aspirait lui aussi «à la justice, à la liberté»

«Nous saluons le peuple tunisien et sa révolution, ainsi que le soulèvement du peuple d’Égypte face à un régime répressif et corrompu. Nous aspirons avec tous les peuples, dont le peuple syrien, à la justice, à la liberté, à l’égalité pour tous», déclarent ces militants dans un communiqué.

«Le peuple tunisien a pu faire chuter en un mois l’un des régimes arabes les plus dictatoriaux et les plus corrompus», poursuit le communiqué. «Cette révolution a montré aux Arabes combien la Tunisie ressemblait à leurs pays où le pouvoir et les richesses sont concentrées dans les mêmes mains», ajoute le communiqué.

«Les autorités dans les pays arabes (…) se sont hâté d’offrir des avantages sociaux limités en serrant dans le même temps leur étau autour du peuple», mais «cela n’a pas empêché les autres peuples arabes, notamment en Égypte, de s’inspirer» de la Tunisie, souligne le texte.

«Les peuples arabes ont trouvé ainsi le chemin de la liberté, à savoir la résistance sociale pacifique non-violente qui unit le peuple contre ceux qui les répriment et lui volent ses richesses», estime le texte.

Parmi les 39 signataires de ce document figurent des opposants politiques ayant fait de longues années de prison comme l’économiste Aref Dalila, le poète Faraj Beirakdar, les écrivains Yassine Haj Saleh, Michel Kilo et Fayez Sara, mais aussi des cinéastes, des chercheurs, des avocats…

    Leur presse (El Watan), 30 janvier.
 

LIBYE

La Libye annule les matchs de foot par crainte de manifestations contre le régime


Libya Bans Soccer Matches In Fear of Anti-Government Protests

 

    Libya, concerned that mass anti-government demonstrations in neighbouring Egypt and the toppling of President Zine Abedine Ben Ali of Tunisia on its western border could fuel further protests in the North African country, has cancelled all soccer matches, according to Al Jazeera.

Al Jazeera’s Arabic-language news network quoted unidentified Libyan sources as saying a state of emergency and a security alert had been declared in Libyan areas bordering on Egypt. It said security sources were deploying in the region.

The sources told Al Jazeera that security forces were instructed to stop all public gatherings. The decision of the Libyan Football Federation to cancel all matches is believed to have been taken as a result of government attempts to prevent further demonstrations in Libya.

Soccer has emerged as an important factor in the wave of protests sweeping the Arab world. Soccer fans in Egypt are a major force in the protests that have already forced President Hosni Mubarak to form a new government and are gunning to put an end to his 30-year rule.

Soccer riots in Jordan in December that left 250 people, including 30 policemen, wounded, exposed a deepening cleavage between the kingdom’s East Bank Bedouin population and Jordanians of Palestinian origin.

Algeria earlier this month also cancelled all soccer matches in a bid to prevent the pitch from becoming a platform for mass protests that forced the government to put a lid on commodity prices.

Libyans took to the streets earlier this month to protest corruption in public housing.

    James M Dorsey - The Turbulent World
    of Middle East Soccer
, 30 janvier.
 

YÉMEN

Heurts au Yémen


    Des heurts sont survenus hier à Sanaâ entre des dizaines de journalistes et militants appelant à la chute du président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, et des partisans du régime, sans faire de blessés, a constaté un journaliste de l’AFP

Des manifestants défilaient vers l’ambassade d’Égypte aux cris de «Ali va-t-en» et «La Tunisie hier, l’Égypte aujourd’hui, le Yémen demain», en référence à la chute du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier et aux manifestations sans précédent qui secouent l’Égypte depuis mardi. Des policiers en civil ont attaqué les manifestants. Selon la militante yéménite pour la liberté de la presse Tawakel Karman, un membre des services de sécurité en civil a tenté de l’attaquer avec un poignard mais en a été empêché par les manifestants. «Nous continuerons jusqu’à la chute du régime d’Ali Abdallah Saleh», a assuré Mme Karman, en liberté conditionnelle depuis lundi après avoir été accusée d’incitation à la violence pour avoir manifesté contre le régime. «Nous avons le Mouvement sudiste dans le sud, les rebelles (chiites) houtis au nord et l’opposition parlementaire» et tous appellent à un changement politique, a-t-elle fait valoir.

Le Yémen, l’un des pays les plus pauvres du monde arabe, est secoué par une vague de violences, notamment au sud, attribuée par les autorités au Mouvement sudiste et à Al Qaîda. Mme Karman a également appelé à une «Journée de la colère» dans tout le Yémen le jeudi 3 février. Les manifestations anti-régime se multiplient au Yémen depuis la mi-janvier. Jeudi, des milliers de personnes ont défilé à Sanaâ pour réclamer le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 1978 et réélu en 2006 pour un mandat de 7 ans. Un projet d’amendement de la Constitution, en discussion au Parlement malgré le refus de l’opposition, pourrait ouvrir la voie à une présidence à vie pour l’actuel chef de l’État.

    Leur presse (El Watan), 30 janvier.
 

YÉMEN
Le parti au pouvoir au Yémen propose un dialogue à l'opposition


    De petits groupes d'opposants ont été dispersés samedi à Sanaa, la capitale du Yémen, où le parti au pouvoir a proposé un dialogue à l'opposition en vue de mettre fin aux manifestations hostiles au gouvernement

Des partisans du gouvernement du président Ali Abdallah Saleh ont refoulé quelques dizaines de Yéménites qui tentaient d'atteindre l'ambassade d'Égypte à Sanaa en signe de solidarité avec les manifestations antigouvernementales dans ce pays.

Les protestataires yéménites scandaient «le peuple veut la chute du régime», ont rapporté des témoins.

À l'image de la «révolution du jasmin» tunisienne et de la contestation en cours en Égypte, des milliers de Yéménites sont descendus dans les rues cette semaine pour demander le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

«Nous (…) appelons à la fin de la propagande médiatique et exhortons tous les partis politiques à collaborer pour engager un dialogue fructueux et prendre des dispositions pour les élections à venir», propose une commission du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CPG), dans un communiqué cité vendredi soir sur le site internet de l'agence officielle Saba.

«En outre, nous réclamons vivement la fin des manifestations qui attisent les dissensions afin d'éviter d'entraîner le pays dans le conflit ou la sédition», ajoute-t-elle.

Malgré les petits incidents signalés entre des partisans du pouvoir et des groupes d'opposants, le calme prévalait samedi dans les rues de Sanaa, où environ 16.000 personnes avaient manifesté jeudi à l'occasion du principal rassemblement organisé depuis le début du mouvement de contestation quelques jours plus tôt.

Le CPG avait annoncé en octobre dernier qu'il participerait aux élections prévues en avril prochain, alors que l'opposition espérait voir le gouvernement les reporter pour laisser plus de temps à des pourparlers sur des réformes promises de longue date.

La contestation actuelle semble aussi motivée par une proposition formulée fin 2010 par des membres du CPG et visant à supprimer la limitation du nombre des mandats présidentiels, qui devrait contraindre Saleh à quitter le pouvoir en 2013.

Pour calmer le jeu, le CPG a amendé la semaine dernière sa proposition sur les mandats présidentiels en suggérant plutôt de limiter leur nombre à deux et leur durée à cinq ou sept ans. L'opposition craint que cette éventuelle réforme permette à Saleh d'effectuer deux mandats supplémentaires.

Outre ses problèmes sociaux et économiques, le Yémen sert de base arrière à la branche d'Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). Le gouvernement est soutenu par les Etats-Unis dans sa lutte contre les extrémistes islamistes.

Le Yémen est aussi confronté à une insurrection séparatiste dans le Sud et à une rébellion chiite dans le Nord. 

    Leur presse (Mohamed Ghobari,
    Reuters), 29 janvier.
 

YÉMEN
Au Yémen, Sanaa propose un dialogue à l’opposition

    Au Yémen, malgré les petits incidents signalés entre des partisans du pouvoir et des groupes d'opposants, le calme prévalait samedi 29 janvier dans les rues de Sanaa. Le parti au pouvoir a proposé un dialogue à l'opposition en vue de mettre fin aux manifestations hostiles au gouvernement qui secouent le pays depuis une quinzaine de jours. Jeudi dernier, près de 16'000 personnes avaient défilé dans la capitale

Ils étaient près d’une centaine ce matin à attendre les manifestants devant les portes de l’université de Sanaa. Des policiers revêtus d’équipement anti-émeute. Un dispositif démesuré compte-tenu des évènements du jour.

Pas une manifestation dans les rues de la capitale yéménite, seulement une marche organisée par des activistes des droits de l’homme. Au total, une centaine de personnes menées par Tawakol Karman, chef de file des mouvements de protestation.

Le groupe a tenté de rejoindre l’ambassade d’Égypte avant d’être stoppé à une centaine de mètres du bâtiment par un cordon de police et quelques manifestants qui clamaient leur soutien au président Ali Abdullah Saleh.

Au Yémen, on est encore loin des soulèvements populaires qui ont agité la Tunisie et l’Égypte ces derniers jours. «Les protestations devraient venir des gens directement !», fait remarquer Alaa, un étudiant. Et Mohammed, un ingénieur ajoute : «Ce sont juste des cris. Ces manifestations ne correspondent pas en fait à ce que veut le peuple.»

Les défenseurs des droits de l’homme comptent bien surfer sur les vagues de révolte en Tunisie et en Égypte pour mobiliser d’avantage les Yéménites. Ils appellent à un nouveau rassemblement demain, dimanche.

    Leur presse (Charlotte Velut, RFI), 29 janvier.
 

YÉMEN
Rassemblement pour soutenir les manifestants égyptiens


    Des centaines de Yéménites se sont rassemblés samedi à Sanaa pour apporter leur soutien aux manifestants égyptiens réclamant le départ du président Hosni Moubarak.

    Les manifestants ont scandé également les slogans contre le président yéménite Ali Abdullah Saleh, selon des témoins. 

Les manifestants, dont des hommes politiques de l'opposition et des journalistes, ont marché vers l'ambassade égyptienne à Sanaa pour soutenir les manifestations en Égypte et réclamer le départ du président Saleh.

Inspirés par la révolution tunisienne, les manifestants yéménites ont scandé «À bas le régime, le peuple veut voir partir Saleh», ont dit des témoins.

La police a bloqué la rue conduisant à l'ambassade égyptienne avant l'arrivée des manifestants, a déclaré Faisal Hassan, un journaliste, à l'agence Chine Nouvelle.

Quand les manifestants ont approché l'ambassade, certains hommes en civil les ont frappé et dispersé, ont ajouté des témoins.

Environ dix manifestants ont été grièvement blessés et ont été transportés à l'hôpital.

Le parti au pouvoir a renouvelé tard vendredi son appel au dialogue avec l'opposition, suite à des manifestations de masse à travers le pays pour réclamer le départ du président Saleh.

Saleh avait annoncé dimanche dernier qu'il partirait après la fin de son mandat en 2013.

    Leur presse (Le Quotidien du Peuple), 30 janvier.
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
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Re : Les révoltés au Maghreb... qui sont-ils ? (déclaration du GCI)
« Réponse #2 le: 18 février 2011 à 11:45:11 »
un nouveau point sur les révoltes (révolutions ?) en cours :

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Maghreb et Moyen-Orient : bordel partout - 17 février

Le point sur les contestations au Moyen-Orient, pays par pays. Répression sanglante à Bahreïn et en Libye.

    Voici la situation au Moyen-Orient, pays par pays, jeudi 17 février.
 
 <a href="http://www.youtube.com/v/BAS-JHkr0tE&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/BAS-JHkr0tE&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

À Bahreïn : La nuit a fait quatre morts, victimes de la répression policière, parmi les manifestants, ce qui porte le nombre de tués à six depuis le début de la contestation lundi. Les manifestants, des chiites — comme la majorité de la population — ne demandent pas le départ du roi — sunnite —, mais des réformes politiques et sociales dans le pays, pour aboutir à une «monarchie constitutionnelle». Ils ont campé une seconde nuit sur la place de la Perle, dans le centre de la capitale Manama. Près d'une centaine de personnes auraient été blessées dans l'assaut des forces de l'ordre, qui ont tenté de disperser la foule. Dans un communiqué diffusé par l'agence officielle BNA, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Tarek al-Hassan, a affirmé que «les forces de sécurité ont évacué la place de la Perle (…) après avoir épuisé toutes les chances de dialogue» avec les protestataires. «Certains ont quitté les lieux d'eux-mêmes alors que d'autres ont refusé de se soumettre à la loi, ce qui a nécessité une intervention pour les disperser», a-t-il ajouté.

 
 

En Égypte : Dans plusieurs endroits du pays, les grèves réclamant des hausses de salaires se poursuivent, malgré les appels de l'armée à reprendre le travail. La Bourse du Caire restera fermée encore jusqu'à dimanche au moins. Environ 365 personnes ont été tuées et 5.500 blessées durant les 18 jours de manifestations à travers l'Égypte qui ont provoqué la chute du président Hosni Moubarak, selon le ministère de la Santé. Quant à l'ancien président, il «ne va pas bien, a baissé les bras et veut mourir à Charm-el-Cheikh», selon un responsable saoudien qui a pu s'entretenir avec lui.

En Iran : Une manifestation de «haine et de colère», organisée par le pouvoir, est prévue vendredi contre les deux principaux chefs de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi. «La population de Téhéran, après la prière du vendredi, participera avec force à une manifestation pour exprimer sa haine, sa colère et son dégoût devant les crimes sauvages et répugnants des chefs de la sédition et leurs alliés hypocrites et monarchistes», a annoncé le Conseil pour la coordination de la propagande islamique, qui organise les grandes manifestations populaires du pouvoir. Les opposants sont devenus la cible du pouvoir depuis les rassemblements de plusieurs milliers de personnes à Téhéran lundi, et qui se sont soldés par la mort d'au moins deux individus.

En Libye : Au moins quatre personnes ont été tuées mercredi, là encore lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, sans doute par des tirs à balles réelles. L'épicentre de la contestation anti-Khadafi se situe dans l'est du pays, à Al-Baïda notamment et Benghazi, la deuxième ville du pays. L'organisation libyenne Human Right Solidarity, basée à Genève, qui cite des témoins, a indiqué de son côté que des snipers postés sur des toits ont tué 13 manifestants et blessé des dizaines d'autres. Un appel à une «journée de colère» qui a été lancé sur Facebook par un groupe dont les membres sont passés de 4.400 à 9.600 en deux jours a été lancé pour ce jeudi.

En Tunisie : Selon le journaliste Nicolas Beau, spécialiste de la Tunisie, l'ex-président Ben Ali aurait fait une attaque vasculaire cérébrale et été transporté à l'hôpital de Djedda, en Arabie saoudite, où il a trouvé refuge. Il serait tombé dans le coma, et son état de santé serait jugé très inquiétant. Le montant total des prêts accordés par les banques aux entreprises des clans Ben Ali/Trabelsi est évalué à 2,5 milliards de dinars (1,3 milliard d'euros), dont 430 millions (224 millions d'euros) sans garantie de remboursement, selon la Banque centrale de Tunisie (BCT). Les familles et proches du président déchu le 14 janvier Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir pendant 23 ans, et de sa femme Leïla Trabelsi ont fait main basse sur les richesses du pays.

Au Yémen : De violents heurts ont opposé des manifestants anti-régime et policiers mercredi dans le sud faisant deux morts, au moment où des centaines de protestataires ont été dispersés à coups de gourdin dans la capitale Sanaa par des partisans du président Ali Abdallah Saleh. La journée a été sanglante à Aden, la principale ville du sud. Dans le même temps, des centaines de fonctionnaires des entreprises publiques ont poursuivi un mouvement de grève à Aden, réclamant le départ de leurs directeurs et une hausse des salaires, selon le correspondant de l'AFP. État indépendant jusqu'en 1990, le sud du Yémen est le théâtre d'une contestation de Sudistes qui réclament l'autonomie voire l'indépendance.

    Leur presse (Challenges.fr), 17 février 2011.
 

 

    À Kut (est de l’Irak), la police a tué au moins trois manifestants qui s’en prenaient au siège et au domicile du gouverneur de la province du Wasit.
 

Bahreïn : la police évacue des manifestants rassemblés sur une place de Manama

 

    Des chars ont fait leur apparition dans les rues de Manama, la capitale de Bahreïn, pour la première fois jeudi après l'intervention de policiers anti-émeutes contre des manifestants qui occupaient une grande place pour réclamer des réformes politiques dans le royaume, allié stratégique des États-Unis. Selon des responsables médicaux, quatre personnes ont été tuées au cours de la nuit

Des véhicules de police ont encerclé la place de la Perle, théâtre de rassemblements anti-gouvernementaux depuis lundi. Des barbelés ont été installés dans les rues menant à la place où les forces de police armées de matraques et de grenades lacrymogènes ont évacué dans la nuit les manifestants qui avaient érigé un campement de fortune. Le ministère de l'Intérieur a déclaré le campement «illégal».

Des affrontements sporadiques entre les policiers et les protestataires se sont poursuivis jeudi matin, des manifestants lançant des pierres avant de battre en retraite.

Les manifestations avaient commencé lundi pour demander à la monarchie sunnite de desserrer son étreinte sur le pouvoir et d'offrir un rôle accru à la majorité chiite, qui se plaint d'être tenue à l'écart des processus de décision. Mais les revendications se sont ensuite élargies, des manifestants réclamant des emplois, de meilleurs logements et la libération de tous les prisonniers politiques.

    Leur presse (AP), 17 février.
 

 

Les Libyens se préparent à la «journée de la colère»

    Une journée de manifestation contre le régime de Mouammar Kadhafi est prévue aujourd'hui. Quatre personnes ont déjà été tuées. 

Ce jeudi 17 février a été baptisée «journée de la colère» par la jeunesse libyenne qui a appelé via le réseau social Facebook a manifesté contre le régime du colonel Mouammar Khadafi, à la tête du pays depuis 42 ans. Hier, la police a dispersé par la force un sit-in contre le pouvoir à Benghazi, la deuxième ville de Libye, bastion des opposants du régime à 1.000 km à l'est de Tripoli, faisant 38 blessés, une intervention suivie de manifestations en faveur du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi dans plusieurs villes du pays. Au moins quatre personnes ont été tuées dans des affrontement entre des forces de l'ordre et des manifestants dans la ville d'Al Baïda (est), selon des sites d'opposition et des ONG libyennes, basés à l'étranger. Ces rassemblements hostiles au pouvoir, rares en Libye, sont inspirés par les révoltes dans les pays frontaliers, la Tunisie et l'Égypte.

La communauté internationale s'inquiète

Amnesty International, Londres et l'Union européenne ont appelé à éviter le recours à la force, alors que des appels ont été lancés sur Facebook pour faire de jeudi une «journée de la colère» contre le régime dirigé d'une main de fer depuis 42 ans par le colonel Kadhafi.

Hier soir, un calme prudent régnait à Benghazi selon des témoins, tandis qu'à Tripoli des petits groupes de jeunes partisans du régime continuaient à défiler en voitures dans un concert de klaxons, brandissant des photos du colonel Kadhafi.

Répression

Les comités révolutionnaires, épine dorsale du régime, ont prévenu qu'ils ne permettraient pas à «des groupes s'activant la nuit de piller les acquis du peuple et de menacer la sécurité du citoyen et la stabilité du pays».

La police est intervenue, selon le journal libyen Quryna, pour mettre fin à des affrontements entre des partisans du colonel Kadhafi et des «saboteurs».

    Leur presse (Nouvelobs.com), 17 février.
 

 

 

L'efecte domino sembla imparable

    Mentre sembla que la situació sembla haver-se calmat a Algèria en els darrers dies i Egipte segueix amb les seves nombroses mobilitzacions laborals, el món àrab està experimentant una explosió de revoltes populars contra els seus endèmics règims polítics

La policia (i fins i tot l'exèrcit) sembla haver atacat amb duresa sobre els manifestants que portaven dos dies a la plaça Lulu de Manama, capital del Bahrein. Els manifestants anti-Règim, que de moment només estan reclamant una monarquia parlamentària, havien convertit i rebatejat la plaça en la nova plaça Tahrir. Han estat atacats amb duresa provocant almenys uns 5 morts, contant els dos produïts anteriorment. De fet s'estan produint incidents molt similars a alguns ja vistos les anterior setmanes a Egipte: matons contractats pel Règim, tancs al carrer (alguns parlen d'ajuda militar kuwaití i saudí) i fins i tot un periodista americà de la cadena ABC ha denunciat haver estat agredit. Sembla que el centre de la ciutat ha estat pres militarment. Alguns parlen, com no, de conspiració xiita internacional darrera de les protestes, en quant Bahrein és un país majoritàriament d'aquesta confessió musulmana. Bahrein és un país molt petit, dels més petits del Món, de fet, tant en dimensions com en població (730 mil).

Líbia ha viscut en els darrers dies enfrontaments, especialment a la capital, Benghazi. Es pot comprovar en aquest video. Els manifestants han convocat per avui un dia de protestes, mirant d'esquivar el joc provocat per l'anunci de Gaddafi d'atendre a la primera convocatòria, prevista per divendres 18. El dictador libi, en una kafkiana escena, havia anunciat que volia participar en les marxes, demanant la caiguda del seu Primer Ministre. En el record està la insurrecció de 1996.

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Al Iemen, la policia va matar almenys dos manifestants a Aden, mentre que les protestes continuen per sisè dia consecutiu a Sanaa. En un país on almenys el 40% de la població es troba sota el llindar de la pobresa, el rei Saleh, al poder des de 1978, s'ha vist força a moure peça per no veure's acorralat. Sembla, però, que els passos realitzats, anunciar l'augment dels salaris i que no es presentarà a la reelecció, no han estat suficients.

2000 persones han atacat a Iraq diversos edificis públics en protesta pels mals serveis. A Teheran es van succeïr nous enfrontaments entre partidaris i detractors del règim dels ayatoalás en un enterrament per un estudiant mort en els enfrontaments dels darrers dies. Jordania, que de fet porta en continuades protestes des d'abans de l'esclat de la revolta a Egipte, està visquent noves manifestacions, aquest cop en el sector de l'Educació. Sudan també va viure ara fa una setmana un nou “Divendres de ràbia”, però fa dies que no arriben noves informacions. L'efecte domino sembla haver arribat fins i tot a l'intocable regne d'Arabia Saudí. 1500 treballadors asiàtics s'han declarat en vaga a Riyadh.

L'efecte domino provocat per la revolta a Tunisia i Egipte, doncs, sembla no poder-se parar, com demostra aquest interessant mapa virtual. El toll de morts de la revolta egipcia, per cert, sembla que ja es troba en els 365. Així ho ha admés el Ministre de Salut. Encara hi ha, però, dotzenes de desapareguts.

    Egipte rera la barricada, 16 février.

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Re : Les révoltés au Maghreb... qui sont-ils ? (déclaration du GCI)
« Réponse #3 le: 28 février 2011 à 10:40:21 »
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André et ses élucugluksmannations

« Les néocons ça ose tout et c’est même à ça qu’on les reconnaît. » Rendons hommage à André Glucksmann : il permet de réactualiser la formule de Michel Audiard.

Dans un article publié dans Le Monde du 18 février intitulé « Le conflit avec Israël n'est pas central », il estime que les événements en Tunisie et en Égypte viennent confirmer ses analyses. Les manifestations n'ont pas conduit à piétiner les effigies d’Obama ou à brûler des drapeaux américains ou israéliens, elles ne se sont pas faites sur les slogans « Palestine vaincra » ou « mort à Israël ». Cela démontre que le conflit avec Israël n'est pas central et qu'il n'était pas la cause de l'absence de modernité démocratique dans le monde arabe.

Il faut en effet oser beaucoup pour affirmer de telles élucubrations (presque aussi fantaisistes que celles d’Antoine, il y a déjà fort longtemps). Rappelons à André Glucksmann qu’il n'est pas étonnant que les effigies de Barak Obama n’aient pas été pas piétinées. Sans doute trop occupé à d'autres tâches, il n'a pas remarqué que George Bush n'était plus président, et que Barak Obama ne suscite pas le même rejet, ni dans le monde arabe ni sur le reste de la planète. Et si l'on brûlait les effigies de George Bush, c'est en grande partie parce qu’il avait déclenché la guerre d'Irak, que Glucksmann avait soutenue et que Barak Obama avait condamnée dès le départ.

Effectivement, Égyptiens et Tunisiens, en renversant leur gouvernement, avaient avant tout un agenda politique national, quoi d’étonnant ? Ce n'est évidemment pas au nom de la cause palestinienne que Moubarak et Ben Ali ont été chassés du pouvoir. Mais pour affirmer que la cause palestinienne n'est pas un élément mobilisateur et fédérateur dans tout le monde arabe, il faut ne s'être jamais rendu dans aucun de ces pays ou n'avoir pas discuté depuis des lustres avec aucun n'intellectuel arabe. C'est une affirmation purement idéologique qui ne résiste pas au simple examen des réalités.

Gluskmann ne manque pas non plus de culot lorsqu'il attribue aux partisans de la cause palestinienne l'idée selon laquelle la prolongation du conflit serait la seule explication de l'absence de modernité démocratique dans le monde arabe. Une telle affirmation est bien sûr inexacte, mais le problème c'est qu’elle n’est pas avancée par ceux qui se mobilisent pour la paix au Proche-Orient.

Ce qui est par contre vrai, c'est que beaucoup ont fermé les yeux sur la nature répressive du régime Moubarak parce qu'il était un allié d'Israël. Ce qui est également vrai, c'est qu'au nom de la lutte contre la menace islamiste, on a soutenu des régimes corrompus et dictatoriaux comme celui de Ben Ali. Ce qui est également vrai, c'est que de nombreux experts avaient dénoncé le danger de la guerre d'Irak que Glucksmann a soutenue. Ce qui est également vrai, c'est que les événements politiques en Tunisie et en Égypte montrent que contrairement aux thèses des néoconservateurs, dont André Glucksmann, la guerre n'était ni le seul ni le meilleur moyen d'établir la démocratie dans le monde arabe.

Il est pour le moins paradoxal que Glucksmann affirme que le conflit du Proche-Orient n'est pas central alors que manifestement il en constitue son horizon principal et sa grille de lecture quasi unique. C’est ce qui explique par exemple qu’il condamne les bombardements aériens de populations civiles lorsqu’ils sont pratiqués par les Russes contre les Tchétchènes qui, selon lui, stimulent le terrorisme. Lorsqu’il s’agit d’avions américains ou israéliens, il les voit comme une lutte contre le terrorisme.

Et surtout en affirmant que le conflit du Proche-Orient n’est pas central, Glucksmann sous-entend que sa résolution n’est pas urgente. Si la paix arrive, tant mieux, si elle n’est pas possible, il n’y a pas lieu de s’en inquiéter. C’est sa façon de dire, d’ailleurs, qu’il ne faut exercer aucune pression sur le gouvernement israélien. Qui a entendu Glucksmann protester contre la forte présence de l’extrême droite dans ce gouvernement ?

http://pascalbonifaceaffairesstrategiques.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/02/28/andre-et-ses-elucugluksmannations.html

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Re : Les révoltés au Maghreb... qui sont-ils ? (déclaration du GCI)
« Réponse #4 le: 02 mars 2011 à 10:45:59 »
afin de soutenir les nations arabes dans leur révolution, voici un appel pour manifestations le 20 mars :

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Mobilisation générale le 20 mars 2011

mardi 1er mars 2011, par Primitivi

Appel de l’Assemblée mondiale des mouvements sociaux (AMS) Mobilisation générale le 20 mars 2011 pour soutenir le processus révolutionnaire dans les pays arabes !

1er mars

Après des avancées et victoires concrètes en Amérique latine ces dernières années, c’est aujourd’hui sur le monde arabe que souffle un vent de liberté et d’espoir. La révolution tunisienne n’a pas seulement abattu un dictateur sanguinaire, elle a aussi montré la voie d’un autre monde débarrassé de l’oppression et de l’exploitation. L’un après l’autre, les peuples arabes rompent avec la logique de la peur et reprennent leur destin en mains en faisant irruption sur la scène politique.

Symbole pour tous les peuples en lutte pour la liberté, la dignité et la justice sociale, on ne peut qu’espérer que ce processus révolutionnaire se propage au-delà du monde arabe. Mais l’histoire nous a appris à ne jamais sous-estimer les forces du capital. Jour après jour, les puissances impérialistes, mais aussi les forces réactionnaires internes, s’organisent pour contrer ce mouvement d’émancipation et reprendre le contrôle. Celles-ci sont en train d’utiliser tous les outils à leur disposition pour empêcher que ces mouvements réussissent ou qu’ils s’approfondissent. Et les capitalistes disposent d’outils très puissants : ils contrôlent les banques, les médias et le pouvoir économique.

Face à cette menace permanente et organisée, face à ce capitalisme globalisé, les peuples n’ont pas d’autres choix que de se soutenir mutuellement et de lutter ensemble. Aujourd’hui, les peuples arabes ont urgemment besoin de notre soutien actif. Qui n’a pas entendu cet appel à l’aide et à la solidarité ?

L’Assemblée des mouvements sociaux (AMS) |1|, réunie le 10 février lors du Forum social mondial 2011 à Dakar, appelle les forces et acteurs populaires de tous les pays à développer une action de mobilisation le 20 mars 2011 |2|, coordonnées au niveau mondial, pour soutenir le processus révolutionnaire dans le monde arabe. |3|

Mouvements sociaux du monde entier, le 20 mars 2011, soyons au rendez-vous avec les peuples arabes qui se lèvent aujourd’hui pour revendiquer une véritable démocratie et construire un pouvoir populaire.

Mouvements sociaux du monde entier, le 20 mars 2011, mobilisons nous massivement pour envoyer un message fort aux puissants de ce monde : aujourd’hui, comme les peuples tunisien et égyptien nous l’ont montré, les peuples du Sud et du Nord en ont assez de payer pour leur crise et sont prêt à reprendre leur destin en main pour avancer vers la justice sociale et le respect des droits de la nature.

Mouvements sociaux du monde entier, faisons en sorte que la journée du 20 mars 2011 soit le symbole et le début de la reconquête de la souveraineté populaire confisquée depuis trop longtemps par les forces capitalistes.

Pour plus d’infos : Fathi Chamki : fatcham@yahoo.fr
Merci de communiquer toutes les actions en préparation à Vanessa Jarlot : vanessa.jarlot@cadtm.org
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Re : Les révoltés au Maghreb... qui sont-ils ? (déclaration du GCI)
« Réponse #5 le: 27 décembre 2011 à 15:18:11 »
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La révolution continue
Posted on 27 décembre 2011 by juralib

Avec l’aimable autorisation de son auteur Gilbert Achcar, nous reproduisons ici cet article [L’original arabe de cet article a été publié sous le titre « La révolution continue » dans le quotidien libanais Al-Akhbar (édition du 28 novembre 2011). Il a été traduit en français par Antoine Dequidt à partir de la version anglaise publiée le 29 novembre dans l’édition anglophone (en ligne) de ce même journal. Le titre et les intertitres sont de la rédaction de Maghreb Émergent.] qui fait le point sur la situation des révoltes qui secouent le monde arabe depuis un an. La  révolution continuera, affirme-t-il, rappelant une phrase célèbre d’un des dirigeants de la Révolution chinoise selon qui celle-ci « n’est pas un dîner de gala »  et « ne peut s’accomplir avec tranquillité et délicatesse ».

Gilbert Achcar est professeur à l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres. Il est l’auteur des ouvrages suivants : Le choc des barbaries : terrorismes et désordre mondial (2002), L’Orient incandescent (2003), Les Arabes et la Shoah. La guerre israélo-arabe des récits (2009).


Monde arabe : partout la révolution continue

Tandis que des voix s’élevaient de la droite et d’une partie de la gauche pour annoncer la fin du « Printemps arabe » et pour demander aux masses rebelles de rentrer à la maison, les événements des derniers jours ont abondamment démontré la poursuite et la vitalité du processus révolutionnaire dont l’étincelle a éclaté en Tunisie à la fin de l’année dernière. Ce processus connaît même un regain de vigueur avec une nouvelle impulsion, qui sera suivie d’autres sans aucun doute au cours des prochaines années.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324564750.jpg

Partout la révolution continue, défiant toutes les tentatives de la faire avorter ou de la détourner de son cours progressiste et libérateur. Ces efforts sont parrainés par les États-Unis, protecteurs de la plupart des régimes affectés ; ils sont supervisés par les bastions de la réaction arabe dans les États pétroliers du Golfe. Ceux-ci tentent vainement d’éteindre les flammes de la révolution en les arrosant de pétrodollars. Ils sont aidés et secondés dans cette entreprise, en échange de la promesse d’une part du gâteau, par les dirigeants des Frères Musulmans, soutenus par l’émirat du Qatar, et par les groupes salafistes, soutenus par la monarchie saoudienne.

Et pourtant, partout la révolution continue, comme au Yémen où « Notre révolution continue » est le nom qui a été donné aux rassemblements organisés le vendredi 25 novembre pour signifier le refus de l’accord de « compromis » au bas duquel le [Président] Saleh, le visage barré d’un large sourire, a apposé sa signature. La monarchie saoudienne tente d’imposer cet accord au peuple yéménite afin de perpétuer le régime de Saleh, à l’instar de celui de Moubarak en Égypte, Saleh lui-même continuant de tirer les ficelles dans les coulisses, depuis le Yémen même ou depuis le royaume Saoudien — ce sanctuaire des despotes corrompus, qui a donné refuge à Ben Ali, proposé à Moubarak de l’accueillir, et soigné Saleh après ses blessures.

L’énergie de la première étincelle n’est pas encore épuisée

Partout la révolution continue, comme en Égypte où les masses sont descendues dans la rue dans un nouveau soulèvement contre le gouvernement militaire. Ces masses ont compris que le commandement de l’armée, dont elles ont cru pour un temps qu’il était loyal envers le peuple, est une composante indissociable, en fait un pilier, du régime dont le peuple a réclamé la chute. La plus importante des révolutions arabes par son étendue et son importance a retrouvé sa vitalité. Les événements ont donné raison à tous ceux que leur vigilance et leur détermination ont poussés à poursuivre la lutte sans se décourager, malgré leur isolement temporaire. Ils ont gardé la certitude que l’énergie massive libérée le 25 janvier n’était pas épuisée et qu’elle doit continuer à s’investir dans les luttes démocratiques et sociales. La combinaison de ces deux types de luttes est une condition déterminante de leur succès. C’est cette combinaison qui a permis la chute du tyran, et if faudra qu’elle se renouvelle à plus grande échelle lorsque le mouvement des travailleurs aura consolidé sa nouvelle organisation.

Partout la révolution continue, comme en Tunisie, où ces derniers jours, les masses se sont soulevées dans le bassin minier de Gafsa, dont le soulèvement en 2008 a constitué un préambule à la révolution qui a éclaté deux ans plus tard à Sidi Bouzid. Les masses ont réitéré à Gafsa l’exigence originelle de la révolution tunisienne, le droit au travail. Elles n’ont pas été leurrées par la « transition dans l’ordre » organisée par « l’élite » sociale dominante dans le but de préserver son statut après avoir évincé Ben Ali en tant que bouc émissaire. Cette « élite » tente aujourd’hui de coopter les opposants d’hier.

Partout la révolution continue, comme en Syrie où la lutte du peuple s’intensifie, malgré la brutalité et l’atroce répression du régime. Un nombre croissant de soldats osent sortir des rangs de l’armée pour accomplir leur devoir de défense du peuple. Les appels de l’aile droite de l’opposition à une intervention militaire étrangère ont jusqu’à présent échoué. La droite espère qu’une intervention étrangère lui livrera le pouvoir sur un plateau d’acier, car elle craint que le soulèvement populaire n’arrive à renverser le régime par ses propres moyens.

Partout la révolution continue, comme en Libye où des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer les tentatives d’assujettissement du pays à la tutelle étrangère. Les révolutionnaires amazighs, qui ont joué un rôle important dans la lutte pour libérer le pays du tyran, ont refusé de reconnaître le nouveau gouvernement parce que celui-ci n’a pas reconnu leurs droits. Les revendications sociales se multiplient, tant dans les régions les plus défavorisées sous l’ancien régime qu’au cœur même de la capitale. Tout cela en l’absence d’un appareil détenant le monopole des armes et capable de protéger ceux qui ont accumulé richesses et privilèges sous le trop long règne de Kadhafi.

Partout la révolution continue, comme au Maroc où une majorité de la population a boycotté les élections au moyen desquelles la monarchie a essayé de contenir les revendications du peuple, dans l’espoir que ses valets de « l’opposition loyale » parviendront à apaiser le volcan. Mais il continue de gronder sous la forme de manifestations organisées par la véritable opposition. Et les conditions de vie intolérables rendent inévitable une éruption majeure.

Les Al Saoud, fossoyeurs de la révolution, sont loin d’être à l’abri

Partout la révolution continue, comme au Bahreïn, où les masses rebelles n’ont pas été dupes de la farce de la « commission d’enquête » imposée au royaume par les États-Unis afin de faciliter la livraison d’armes qu’ils se préparent à lui faire. Les masses continuent de manifester et de protester jour après jour, convaincues qu’elles finiront par remporter une victoire que la dynastie Al Khalifa et ses protecteurs, la Maison des Saoud, ne parviendront pas à empêcher éternellement. Le jour approche inévitablement où ces derniers eux-mêmes devront rendre des comptes.

Partout la révolution continue, y compris à l’intérieur du royaume saoudien où le peuple de Qatif s’est soulevé il y a quelques jours sans être intimidé par la répression sanglante du régime. Ils poursuivront leur lutte jusqu’à ce que sa « contagion » s’étende à l’ensemble de la péninsule arabique et de son peuple, malgré l’abjecte propagande confessionnelle qui est devenue la dernière arme idéologique de la tyrannie des Saoud et de l’institution religieuse wahhabite obscurantiste qui, avec leurs protecteurs étasuniens, leur permet de se maintenir au pouvoir.

L’effondrement du trône des Saoud dans la péninsule arabique sera celui du principal bastion de la réaction arabe et du plus ancien allié et entremetteur de l’hégémonie états-unienne dans notre région (plus ancien même que l’allié sioniste). Ce jour-là, l’ordre autocratique et exploiteur arabe se sera entièrement écroulé.

Mais jusqu’à l’avènement de ce jour, la révolution doit continuer. Elle subira échecs, reculs, retours de bâton, tragédies, pièges et conspirations. Comme l’a énoncé le principal dirigeant de la Révolution chinoise : « La révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s’accomplir avec tranquillité et délicatesse … » La révolution doit donc avancer sans relâche, en gardant à l’esprit une autre célèbre maxime d’un des dirigeants de la Révolution française : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. […] Ce qui constitue une république, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé. »

Leur presse (Maghreb Émergent), 25 décembre 2011.


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Re : Les révoltés au Maghreb... qui sont-ils ? (déclaration du GCI)
« Réponse #6 le: 01 janvier 2012 à 14:08:40 »
J'ai toujours l'impression de ne connaître qu'une partie de l'histoire, même quand je lis ces articles...
Je suis sûre que pour tous les pays cités, il y a des personnes du peuple qui manifestent pour avoir une vie meilleure. Ca, ce n'est pas à remettre en question.
Mais quand je vois ce qui s'est passé en Lybie, et aussi en Egypte, je me pose des questions. En Lybie il semble maintenant que les "révolutionnaires" aient été quasiment créés de toute pièces, et que les "dirigeants de la révolution", soient en fait des personnes disposées à donner aux puissances "aidantes", y compris la France, un accès aux ressources naturelles de la Lybie.

En Egypte, on nous a chanté les louanges de la révolution qui impliquait les femmes, et bizarrement, juste après, hop on leur a dit "c'est bien tu nous as bien servi maintenant rentre à la maison ou je te tabasse"  :taistoi: :taistoi:

Enfin, au Maroc...que je connais bien pour y être née, y avoir vécu, et par le fait que mes parents et toute une communauté que je connais bien y vit, j'ai aussi du mal à lire certaines choses.
Parce que les mêmes personnes qui s'attaquent à Mohamed VI et en font "le tyran des tyrans", bizarrement la fermaient sous hassan II...
Sous Hassan II, les islamistes au Maroc étaient verrouillés, les manifestations étaient très rares et personne ne disait de mal du roi... Parce que même en vivant dans une communauté protégée comme la mienne, tu savais ce qu'il y avait à dire et à NE PAS dire...

Alors j'avoue que personnellement je rigole quand j'entends les mêmes personnes traiter Mohamed VI de tyran. Je n'ai pas dit qu'il était la panacée, mais une chose est totalement certaine : il serre beaucoup, beaucoup moins la vis que son père.
Seconde chose : dans les FAITS, il a, au risque de se faire déposer, fait beaucoup pour le droit des femmes, et a lutté contre le travail des enfants. Ce n'est pas suffisant, nous sommes d'accord. Mais ça m'agace de voir une version complètement partiale des choses.
Je suis d'accord, je ne suis pas dans la misère sans espoir et sans avenir au fin fond du Maroc, et les gens qui sont dans cette situation ont parfaitement le droit le plus strict de réclamer autre chose.
Mais ça m'énerve que ça soit fait d'une façon qui présente Mohamed VI comme le pire du pire, alors que c'est loin d'être vrai. Et de critiquer tout ce qu'il fait même quand ça répond aux demandes des manifestants.
Et de voir aussi certaines parties du peuple manipulées quand on leur dit comme pour le 20 janvier qu'ils vont manifester pour soutenir le roi !!!(véridique, c'est du témoignage de première main...)

Donc bon, je sais que dans tous ces pays des gens sont dans la misère et militent pour de meilleures conditions de vie. Je le sais, je pense que c'est une vérité fondamentale.

Mais je pense que comme souvent, il y a des manipulateurs derrière qui ne sentent pas très bon, et qui veulent seulement accaparer le pouvoir pour eux mêmes ou les intérêts qu'ils représentent.
Je suis peut être cynique, mais je ne crois pas que les intérêts des citoyens soient la préoccupation majoritaire.  :merci: :merci: :merci: