Auteur Sujet: Tunisie  (Lu 35576 fois)

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Tunisie
« le: 03 janvier 2011 à 16:59:16 »
En ce moment, on nous parle beaucoup de la Côte d'Ivoire mais pas beaucoup de la Tunisie.

Il est vrai que notre président à l'air de bien s'entendre avec le régime discret et très autoritaire de m. Ben Ali...



Donc, en Tunisie, depuis une quinzaine de jours, ça chie. Grave. Dans la quasi indifférence des grands groupes de médias qui sont censés nous informer.

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Répression en Tunisie

La situation s’enlise en Tunisie.

Les affrontements gagnent d’autres villes. La situation semble se corser en Tunisie. Les émeutes se sont poursuivies ce week-end dans plusieurs villages de la région de Sidi Bouzid.

Le décès d’un manifestant, Chawki Hidri, 43 ans, vendredi matin, des suites de blessures par balle reçue au cours des affrontements violents du 24 décembre à Menzel  Bouzayane, une localité à 60 km de Sidi Bouzid, a provoqué une nouvelle onde de choc et attisé la colère de la population qui a réinvesti la rue pour protester contre la répression. Des manifestations de soutien à la population de cette région ont également été organisées durant le week-end à Tunis et dans d’autres villes du pays. Des manifestations violemment réprimées, notamment à Grombalia, Sousse, Monastir, Mahdia, Gafsa et Jendouba.

Vendredi, des avocats ont été malmenés par la police à Tunis et dans d’autres villes, alors qu’ils tentaient d’exprimer leur appui à la population de Sidi Bouzid. Les avocats répondaient à l’appel du conseil de l’Ordre d’appuyer le mouvement de protestation sociale de Sidi Bouzid en portant des brassards rouges devant tous les tribunaux de Tunisie. Selon un communiqué signé par le bâtonnier Abderrazak Kilani, de «nombreux avocats ont été frappés, pourchassés et insultés» par des policiers. «Certains d’entre eux ont vu leurs robes déchirées et leurs brassards arrachés par des policiers déployés en très grand nombre autour des tribunaux et jusque dans les salles d’audience», ajoute-on dans le même communiqué. Le conseil de l’Ordre dénonce ainsi «un usage sans précédent» de la force et une sauvage agression visant à faire taire les avocats.

Contacté hier par nos soins, Jalal Zoghlami, militant des droits de l’Homme, prédit le pire pour les jours à venir : «La situation risque de s’aggraver. La protestation sociale prend de plus en plus de l’ampleur. Les gens en ont marre et ne semblent plus avoir peur de la machine répressive déployée par le régime de Ben Ali. Le mouvement de contestation va continuer tant qu’il n’y a pas d’actions concrètes et palpables au profit des populations déshéritées.» Pour M. Zoghlami, le réaménagement du gouvernement qui s’est produit dans la foulée des troubles sociaux ne change rien à la donne sociale des plus explosives, avec un chômage endémique et un sentiment d’abandon généralisé.

Pas de réponse concrète

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«Le discours du président Ben Ali, très attendu, n’a rien apporté de concret. La population n’a plus peur et ne compte plus se laisser faire», ajoute-t-il. Ce militant des droits de l’Homme estime que «le point fort de ce mouvement de contestation, c’est qu’il est porté essentiellement par les jeunes issus des régions défavorisées». Ces jeunes, rongés par le chômage et la misère sociale, n’ont rien à perdre. Au contraire, ils sont en train d’ébranler le régime de Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans. M. Zoghlami estime que le régime tunisien a toujours vécu dans la peur. Selon lui, «c’est un pouvoir policier qui gouverne par la répression et la corruption». Ce vent de contestation a commencé de la région de Sidi Bouzid le 17 décembre 2010, avant de s’étendre à d’autres régions. À l’origine de ce soulèvement populaire d’ordre social, une tentative de suicide d’un jeune diplômé de 26 ans, vendeur ambulant de fruits et légumes, qui s’était fait confisquer sa marchandise et humilier par la police municipale. Le climat reste ainsi tendu, comme le confirme M. Zoghlami, à Sidi Bouzid comme à Tunis, qui risque d’être le théâtre d’affrontements dans les prochains jours.

Mokrane Ait Ouarabi
El Watan, 2 janvier 2010.


La suite ici
"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres"

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Re : Tunisie
« Réponse #1 le: 03 janvier 2011 à 18:52:33 »
Quelque chose me dit que Fox News va encore parler de tentative de coup d'état par les islamistes... :]

Pas si différent de choses s'étant déroulées chez nous, finalement.
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Re : Tunisie
« Réponse #3 le: 05 janvier 2011 à 11:56:53 »
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Re : Tunisie
« Réponse #4 le: 07 janvier 2011 à 10:47:05 »
le peuple et les jeunes en particulier sont tellement étouffés et acculés par le prix des denrées que c'était prévisible.

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Re : Tunisie
« Réponse #5 le: 07 janvier 2011 à 11:30:31 »
d'autant qu'en ce moment les prix des matières premières flambes, ce que l'on ne devrait pas tarder à bien voir chez nous aussi (c'est déjà nettement visible au niveau carburant !).
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Re : Tunisie
« Réponse #6 le: 07 janvier 2011 à 11:38:05 »
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Troubles et répression en Tunisie - 6 janvier

Les troubles sociaux et les arrestations se multiplient en Tunisie

     Au lendemain de l’enterrement de Mohamed Bouazizi, la Tunisie continue d’être le théâtre de manifestations, grèves et arrestations. À Ben Arous, près de Tunis, Ayoub Hamdi, un lycéen, s’est aspergé de produits chimiques ce matin avant de mettre le feu à ses vêtements dans la cour de son établissement. Gravement atteint, il a été admis à l’hôpital des Grands brûlés de la ville. La scène aurait été filmée par un témoin et fait actuellement le tour de la toile.

 <a href="http://www.youtube.com/v/xNmNxRXZG5g&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/xNmNxRXZG5g&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Faculté des Lettres de Sousse, le 6 janvier

 Après s’être immolé le 17 décembre, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes de 26 ans, est devenu le symbole de la contestation contre le chômage et la précarité sociale dans sa ville de Sidi Bouzid, mais aussi dans le reste de la Tunisie. Sa mort porte à quatre le nombre de victimes de la vague de protestation qui secoue depuis le pays, où 25% des jeunes vivent aujourd’hui sans travail.

À la suite des obsèques de Mohamed Bouazizi, une femme et ses trois enfants ont grimpé sur un pylône électrique à Sidi Bouzid. Ils menaçaient de se donner la mort, exigeant de rencontrer des représentants du gouvernement pour trouver une solution à leur condition précaire. Les autorités ont coupé l’électricité afin de prévenir un nouveau suicide.
 

 
Par ailleurs à Thala (au sud-ouest de Tunis), de violentes manifestations de rue ont repris tard mercredi soir, entraînant la fermeture des écoles et collèges de la ville jusqu’à nouvel ordre, selon un représentant local du syndicat des enseignants à l’AFP.

Enfin, dans toute la Tunisie aujourd’hui, ce sont plusieurs milliers d’avocats qui se sont mis en grève pour manifester contre les violences policières. Me Abderrazek Kilani, le bâtonnier de l’ordre des avocats tunisiens a déclaré : «Nous voulons protester fermement contre le passage à tabac d’avocats au cours des derniers jours». De telles protestations n’étaient pas habituelles jusqu‘à présent dans ce pays tenu d’une main de fer par le président Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans.

Le blogueur activiste Hamadi Kaloutcha et le rappeur El Général arrêtés

Un des administrateurs du blog collectif indépendant nawaat.org Malek Khadhraoui s’inquiète quant à lui de l’arrestation du blogueur activiste Hamadi Kaloutcha. «J’ai eu son épouse par téléphone. Elle m’a confirmé que des policiers l’ont emporté à 6h30 ce matin, avec son ordinateur et sans mandat», rapporte-t-il par téléphone.

Autre arrestation aujourd’hui, celle du rappeur tunisien El Général. Le chanteur avait récemment défrayé la chronique en s’adressant au président dans un rap intitulé «Président, ton peuple est mort». Quant à Slim Hamamou, une des grandes figures d’Internet en Tunisie, il aurait disparu quelques heures plus tard.

    Leur presse (Franck Simon,
    Euronews), 6 janvier 2011.

 
Tunisie : Arrestation des blogueurs Slim Amamou et Azyz Ammami
 

 
Le blogueur et activiste Slim Amamou a été arrêté aujourd’hui 6 janvier aux alentours de 13h, heure à laquelle ses amis et collègues n’avaient plus de ses nouvelles. On ne connaît toujours pas les circonstances exactes de son arrestation. Il devait se rendre à son travail après avoir effectué la visite technique de son véhicule et la dernière nouvelle qu’on a de lui est un tweet envoyé vers 13h.
 

 
Vers 18h, Slim Amamou a révélé la position de son téléphone sur le réseau social Foursquare qui permet à ses utilisateurs de signaler leurs positions par géolocalisation. La position du téléphone du blogueur indique s’il se trouve dans les locaux du ministère de l’Intérieur sur l’avenue Habib Bourguiba comme l’atteste cette capture d’écran.
 

 
Slim Amamou avait prévenu ses amis que son domicile est surveillé par des policiers depuis hier et que ce matin une présence policière à été remarquée autour du domicile de l’un de ses amis. Plusieurs coups de fils anonymes sont parvenus à son lieu de travail.
 

 
À rappeler que Slim Amamou est l’un des blogueur tunisien les plus connus. Il a dénoncé l’année dernière une opération de phishing des comptes mails des internautes tunisiens. Il a également été parmi les initiateurs de l’opération «Nhar 3la 3ammar» et l’un des organisateurs de la manifestation contre la censure le 22 mai 2010 à Tunis.

La veille de cette manifestation, il a été arrêté avec son cosignataire Yassine Ayari et détenu pendant plus de 12 heures à la fin desquelles il a été obligé de d’enregistrer une vidéo appelant à l’annulation de la manifestation.
 

 
Azyz Amamy, 27 ans, blogueur et activiste tunisien, est également porté disparu depuis plus de 12 heures et probablement arrêté par la police tunisienne.

Azyz avait participé activement au mouvement de protestation de la région de Sidi Bouzid dont il est originaire.

Il avait été arrêté quelques jours auparavant, lors d’une manifestation à Tunis, et avait été brutalisé par les forces de police lors de sa garde à vue rapportée sur son blog http://azyz405.blogspot.com/. Ce Blog semble avoir été effacé. Le dernier texte publié s’intitule Azyz is back.

    Nawaat, 6-7 janvier.
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Re : Tunisie
« Réponse #7 le: 08 janvier 2011 à 11:17:16 »
Ah comme c'est bien pratique ces disparitions... :rougefache: Si on ne retrouve pas le corps, il n'y a pas crime, n'est ce pas... Comprennez moi bien, je ne suis pas en train de dire qu'ils ont été tués, juste que le crescendo dans la répression exponentielle commence (ou continue) par des disparitions d'opposant. Hop, pas vu, pas pris, seulement là, c'est relié...
Malgré tout, c'est un mauvais calcul, ça va enflammer encore plus la révolte, je pense....  :merci:

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Re : Tunisie
« Réponse #8 le: 10 janvier 2011 à 14:05:16 »
Ô à toi jeune lectrice-teur qui ne fait que passer sur ces quelques pages d'informations glanées sur la toile, Ô à toi dont l'âme sensible (oui je sais encore un préjuger à la con, mais que voulez-vous : je fus candide aussi) supportera très péniblement ces quelques articles, parapraphes, phrases et surtout photos démontrant l'horreur d'une situation "insurrectionnelle" pour laquelle l'Etat dans toute sa compassion embrasse ses enfants pour mieux les étouffer dans l'oeuf de la révolte, prend bien le temps de digérer l'ordure totalitaire pour mieux la vomir, l'expliciter à tes frères et soeurs, tes parents et peut-être même déjà tes enfants. Montre, démontre et argumente contre ces états, ici ou ailleurs, qui font peu cas de quelques agitateurs au point d'en préférer la "disparition" plutôt que parlementer pour apaiser les doutes, les craintes ; faire disparaître l'espoir d'un monde meilleur plutôt que s'y plier !

merci à toi Ô jeune de ne pas oublier ton rôle de transmetteur d'Histoire !

bon sinon, sur le sujet tunisien, j'aurai tendance à faire un certain rapprochement entre le bonze qui s'immola à Saïgon pendant la guerre d'Indochine et ce jeune tunisien qui en fit autant pour protester oui protester !...

comment ça les tunisiens ne sont pas en guerre ? ah bon, j'avais pourtant cru comprendre que les peuples étaient mélés à une guerre sociale ? ce devrait passer inaperçu dans un pays type totalitaire une grande démocratie comme la Tunisie tout autant que cela devrait être flagrant dans une oligarchie comme la nôtre !!!

$arkolâtre passe ton chemin, tu ne supporterais point tant d'horreurs (ton chef lui il peut, c'est d'ailleurs pour ça qu'il est chef)...

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Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /2011 08:42
Cinq tués par balles lors d'affrontements en Tunisie - L'armée intervient

Tunisie : cinq morts dans des accrochages entre émeutiers et forces de l’ordre  

La télévision «Al Arabiya» affirme, à l’instant, que des accrochages ont opposé, la nuit dernière, des manifestants aux policiers en Tunisie. Les violences ont lieu dans la localité de Tala, située dans la province de Kasserine (centre-ouest du pays). «Al Arabiya» affirme que cinq personnes ont été tuées, alors que l’agence AFP avance un bilan moins lourd, avec quatre victimes, et six blessés.

    MédiArabe.info, 9 janvier 2011.
 

Tunisie : nouveaux affrontements, quatre morts, soutien syndical au mouvement

 

    Quatre personnes au moins ont été tuées et six autres grièvement blessées samedi soir par balles lors de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre en Tunisie, confrontée à une révolte sans précédent contre le chômage.  

    À Tunis, lors d'un rassemblement public samedi, la centrale syndicale unique, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), a proclamé son appui aux revendications «légitimes» du mouvement.


Les victimes de samedi ont été tuées lorsque les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur des manifestants dans le centre de Tala, une localité proche de Kasserine, dans le centre-ouest du pays, a indiqué à l'AFP Belgacem Sayhi, un instituteur syndicaliste.

Durant les affrontements, Marwane Jomni, 20 ans, Ahmed Boulaabi, 30 ans, Mohamed Omri, 17 ans et Nouri Boulaabi, 30 ans, ont été tués et plusieurs autres personnes ont été blessées, selon un bilan provisoire recueilli auprès de M. Sayhi, et corroboré par deux habitants ayant requis l'anonymat.

Parmi les blessés, six ont été très grièvement atteints et transférés dans un hôpital de Kasserine, chef-lieu de la région, selon les mêmes sources, où des affrontements sanglants ont été également signalés dans la nuit de samedi à dimanche. Un enfant de 12 ans aurait été tué d'une balle à la tête dans la cité Ennour, a affirmé un témoin ayant requis l'anonymat.

Les autorités sollicitées n'ont ni confirmé ni infirmé ces affrontements, encore moins leur bilan. S'il se confirmait, il porterait à au moins six morts le nombre de tués par balles depuis que Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'est immolé par le feu le 17 décembre à Sidi Bouzid (265 km au sud de Tunis) pour protester contre la saisie de son étal de primeurs.

Il est devenu depuis le symbole d'une révolte contre la précarité sociale et le chômage, notamment celui des jeunes diplômés.

À Tunis, devant quelques centaines de personnes strictement encadrées par des centaines de policiers en civil et des unités anti-émeutes, le secrétaire général adjoint de l'UGTT, Abid Brigui, a proclamé son appui aux revendications «légitimes».

«Nous soutenons les revendications de la population de Sidi Bouzid et des régions intérieures», a-t-il déclaré à la foule depuis les locaux de la centrale, sur la place Mohamed Ali.

«Il est contre nature de condamner ce mouvement, il n'est pas normal d'y répondre par des balles», a-t-il lancé sous les applaudissements, appelant plutôt au «dialogue avec les jeunes».

La foule a observé une minute de silence à «la mémoire des martyrs» du mouvement social, entre hymne national et chansons engagées diffusés par hauts-parleurs.

La veille, Tala a été le théâtre d'affrontements violents durant lesquels les manifestants ont saccagé des biens et mis le feu à une banque et à des bâtiments officiels, selon un dirigeant syndical local.

Selon ce témoin joint par téléphone, l'armée s'est déployée samedi pour la première fois depuis le début des troubles, autour des bâtiments officiels.

Vendredi, cinq manifestants et un agent de sécurité ont été blessés lors d'un affrontement violent à Saïda, une localité proche de Sidi Bouzid.

Ce qui devait être une marche pacifique de lycéens, rejoints en cours de route par des habitants du village, a dégénéré en affrontements avec les forces de sécurité, qui ont fait usage de lacrymogènes, puis de leurs armes à feu, selon des témoins.

De nouvelles tentatives de suicide ont par ailleurs été signalées samedi par des témoins à Kasserine et à Sidi Bouzid, dont celle d'un père de quatre enfants, Moncef Abdouli, 52 ans, qui a tenté de mettre fin à ses jours en s'immolant par le feu près du marché, en plein centre-ville.

À Kasserine, un jeune chômeur, Hilmi Khadraoui, s'est aspergé de pétrole près du lycée, tandis qu'un homme de 35 ans avait tenté de se suicider après une manifestation, selon un journal privé local.

Traditionnel allié de la Tunisie, les États-Unis de sont dit «préoccupés» vendredi par les troubles et ont convoqué l'ambassadeur de ce pays à Washington, Mohamed Salah Tekaya, pour demander le respect des libertés individuelles, notamment en matière d'accès à l'internet.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.
 

Explosion au consulat de Tunisie à Pantin

    Le consulat de Tunisie à Pantin (Seine-Saint-Denis) a subi une «petite explosion» d'origine indéterminée tôt ce matin, qui a occasionné «des dégâts minimes» sur son rideau métallique, a-t-on appris de source policière, tandis que l'ambassadeur dénonçait un «acte terroriste».

 

De source policière on faisait état d'«une petite explosion peu avant 05H00 qui a entraîné des dégâts minimes sur la devanture métallique du consulat».

Dans une déclaration à l'AFP, l'ambassadeur de Tunisie en France, Raouf Najar, a dénoncé «un acte terroriste» : «la désinformation ces derniers jours sur ce qui se passe en Tunisie est telle que tout en devient possible, même cet acte terroriste».

    Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.

 
 

Tunisie : décès d'un lycéen

    Le lycéen qui s'était immolé par le feu mercredi dernier à l'Ariana, près de Tunis, Aoub Hamdi, a succombé à ses blessures et a été inhumé samedi, a-t-on appris auprès du secrétaire général du syndicat de l'enseignement secondaire Sami Tahri.  

Des versions contradictoires avaient circulé sur les mobiles à l'origine de son geste, tantôt attribué à ses mauvais résultats scolaires, tantôt à sa convocation par le directeur du lycée qui le suspectait d'avoir été à l'origine d'une agitation parmi les élèves.

Dans le même temps, à Sidi Bouzid, la région du centre-ouest où avaient commencé, à la mi-décembre, les troubles sociaux à la suite de l'immolation d'un vendeur ambulant décédé des suites de ses blessures, une nouvelle tentative de suicide a eu lieu samedi.

Chômeur et père de quatre enfants, Moncef Belkéfi Abdouli, la quarantaine, s'est aspergé d'essence et y a mis le feu dans un parking situé derrière le souk de la ville, a relaté le syndicaliste Slimane Rouissi, présent sur les lieux.

Secouru par des gens sur place et ensuite par la protection civile, il a été aussitôt transféré à l'hôpital de Sidi Bouzid. Sa vie ne semble pas en danger, a-t-il précisé.

Une autre tentative de suicide a eu lieu à Kasserine (centre) : un jeune homme de 17 ans, Hilmi Khadhraoui, a attenté à sa vie en s'aspergeant de pétrole, selon le syndicaliste Abdelwahed Homri. Vite secouru, sa vie ne semble pas non plus en danger.

Sollicitées par l'agence Associated Press, les autorités n'ont ni infirmé ni confirmé ces développements.

    Leur presse (AP), 8 janvier.
 

Tunisie : six blessés lors de heurts près de Regueb

    Cinq manifestants et un agent de l'ordre ont été blessés lors d'affrontements vendredi à Saïda près de la ville de Regueb, non loin de Sidi Bouzid dans le centre-ouest de la Tunisie secoué par des troubles sociaux sur fond de chômage et de précarité, selon plusieurs témoins.

 

Selon l'un d'eux, des heurts ont opposé depuis la matinée plusieurs centaines de personnes, élèves et habitants, aux forces de l'ordre ce qui a donné lieu à des échanges de jets de pierres et de bombes lacrymogènes. Les accrochages se sont étendus par la suite à la localité de Saïda, à 20 km de Regueb.

Alors que les manifestants mettaient le feu à des pneumatiques et lançaient des projectiles sur un poste de sécurité, les forces de l'ordre ont réagi en ouvrant le feu sur la foule, faisant cinq blessés dont deux ont été grièvement touchés par les balles, l'un à l'épaule et l'autre à la poitrine, a relaté depuis l'hôpital de Regueb un témoin oculaire qui a requis l'anonymat lors d'un entretien téléphonique avec l'Associated Press. Un agent de l'ordre a aussi été blessé, selon cette source.

Sollicitées par l'AP, les autorités ont déclaré ne pas avoir de confirmation de ces événements.

    Leur presse (AP), 8 janvier.



BON APPETIT !

et surveillez bien les médias qui ne retransmettent pas ces infos là, et à quelle sauce vos cerveaux seront mijotés pour que vous ne vous en préoccupiez pas.

P.S. : merci de ne retirer aucune image, celles-ci doivent être divulguées en masse car nos camarades qui se battent là-bas ne doivent pas souffrir sans que le monde entier le sâche !


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Massacre à huis clos en Tunisie : Plus de 50 tués dans la nuit samedi à dimanche

Massacres : plus de 50 morts à Kasserine Thala, Feriana, Regueb, Meknassi

    De violents affrontements se sont poursuivis entre la nuit de samedi et ce dimanche matin ayant entrainé plus de 50 morts dans les villes de Thala (16), Kasserine (22), Meknassi (2), Feriana (1) et Reguab (8). Les forces spéciales et des milices parallèles (escadrons de la mort) ont utilisé des balles réelles pour venir à bout des manifestations qui ont duré jusqu’à l’aube de la matinée d’aujourd’hui. Des témoins sur place ont qualifié ce qui s’est passé de «massacre des civils». Les forces spéciales ont tiré sur les cortèges funèbres et empêché les cérémonies d'ensevelissements.

Kalima a appris que la police a tiré à balles réelles sur le cortège funèbre d’un manifestant tué par balles, obligeant à l’abandon du cercueil de ce dernier sur la route menant au cimetière. Des sources ont déclaré que le nombre de morts définitif n’a pas pu être déterminé. Néanmoins vingt deux personnes auraient été tuées par les forces de l'ordre durant les affrontements d’hier à Kasserine. À la cité Ennour dans la ville de Kasserine, cinq manifestants ont été tués. Il s’agit de Raouf Bouzidi, Salah al Fridhi, Mounir Mbarki, Mohammed Lassoudi et Abdelkader Boulaabi. Dans la cité Ezouhour, trois personnes sont mortes. L’identité de seulement l’un d’entre eux a été révélée, il s’agit de Salah El Boughanmi.

16 personnes au moins ont été tuées et plusieurs autres grièvement blessées par balles dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité à Thala. Il s’agit de Marwan Jomli, Ahmed Boulaabi, Nouri Boulaabi, Marwane Mbarek, Nouri Boulaabi, Marawne Anemri, Ghassane Ben Taib Cheniti, Mohamed Omri, et un vielliard âgé de 90 ans, de nom de Bechir El Mbarki asphyxié par les gaz lacrymogènes.

Les mêmes sources ont fait état de trois cadavres jetés dans l’oued proche de l’hôpital régional de Kasserine.

Dans la ville de Feriana, des sources ont fait état d’un bilan provisoire de plusieurs blessés et de la mort d’un jeune de 13 ans dont l’identité n’a pas été encore révélée ; une vingtaine de personnes grièvement blessées ont été transférées vers l’hôpital Habib Bourguiba de Sfax et vers celui de Kasserine.

Dans la ville de Meknassi, les affrontements qui se sont poursuivis ont fait deux morts, Chihab Alibi et Youcef Fitouri, et sept blessées graves ont été transférés vers l’hôpital de Gafsa.

À Reguab (au centre, 90 km de Sfax), des affrontements ont fait plus de 8 morts et 7 blessés graves dans la nuit du samedi à dimanche.

Par ailleurs, le consulat de Tunisie à Pantin, a connu, le dimanche 9 janvier, un explosif qui a causé des dégâts légers sur le portail. Suite à cet incident, l’ambassadeur de Tunisie, Raouf Najar, a déclaré que l’ambassade était victime d’un attentat terroriste qui serait dû à l’amplification des événements de protestation sociale qui secouent le pays.

    Radio Kalima, 9 janvier 2011.  

Dans la région de Kasserine, la nuit dernière, ce sont au moins vingt personnes (dont Marwan Jemni, Mohamed Amri, Nouri Boulaabi, Ammar Boulaabi, Ahmed Boulaabi, Heddaoui Chniti, Mounir Mbarki, Salah Lifridhi, Mohamed Assouadi, Raouf Bouzidi) qui ont été massacrées (voir ici et ici). Des snipers armés de Steyr AUG (portée : 300-500 m) ont été déployés et l’on signale également des tirs à Selyana, Jebeniana, Regueb (au moins une femme tuée), Talah (au moins un homme tué).

Soutien aux camarades qui se battent sur le front

du centre-ouest et du nord-ouest tunisien !
[/i]

    Dimanche 9 janvier, 15 heures.

 <a href="http://www.youtube.com/v/fVVA1860c-k&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/fVVA1860c-k&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

 

Mohamed Amin Mbarky, tué à Kasserine

 

 

 <a href="http://www.youtube.com/v/ynTDl5W8Cqk&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/ynTDl5W8Cqk&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

À l’hôpital de Kasserine

 

 

Une victime mortellement blessée à la tête cette nuit à Thala

 

Balles de 5.56 mm utilisées par l’armée à Talah

 

Marwen Jemali

 

Une des victimes de la nuit à Talah

 

 

Le lacrymogène PLMP 7B utilisé à Maknassy
(made in France)


 

Une des victimes de Thala

 

 

 
Témoignage poignant d’un habitant de Thala, en Tunisie

 

    Témoignage enregistré aujourd’hui, 9 janvier, d’un habitant de Thala, pas très loin de Sidi Bouzid. Ci-après trans­crip­tion et mise en forme des propos enre­gis­trés.  

Ce que j’ai vu ça res­sem­ble à Stalingrad ; les incen­dies sont par­tout, les rues jon­chées de pier­res ; les mai­sons endeuillées avec leurs cris de dou­leur ; les portes des bou­ti­ques éventrées non pas par les jeunes révol­tés mais par la police qui défonce les portes et met le feu aux bou­ti­ques, comme cela a pu être filmé la semaine der­nière à Thala même.

On compte 7 morts trans­por­tés à l’Hôpital ; mais ce matin on a repê­ché 4 cada­vres de la rivière proche de l’Hôpital ; hier on en a repê­ché deux ; [le témoin semble signi­fier que ces cada­vres vien­nent de l’Hôpital].

Lors des affron­te­ments, les bles­sés ont été traî­nés par terre par la police anti-émeutes (Brigade d’Ordre Public, B.O.P.) en leur disant : «Meurs ! comme ça on ne te soi­gnera pas !»

L’armée s’est conten­tée de défen­dre le siège de la Sous-Préfecture et des Impôts et n’est pas inter­ve­nue dans la répres­sion.

Seuls les bâti­ments de la Mairie et du siège du parti au pou­voir ont été incen­diés. Toutes les caté­go­ries de la popu­la­tion ont été tou­chées [par ce mas­sa­cre] ; elles sont sans secours et ne peu­vent se défen­dre face à des forces armées [qui conti­nuent à les mena­cer].

    Rebellyon, 10 janvier.


Tunisie - affrontement jusqu a la date du 09/01/2011

Combiens de morts nous en faut il pour que tout le monde sorte dans la rue ? combien de morts nous en faut il pour que ces gouvernements occidentaux hypocrites prennent position contre ce qui se passe en tunisie ? c est vrai que ca les arrangent qu on soit ligotes pour des raisons diverses mais reste toujours cette obsession qu ils ne cachent pas pour la defense de la democratie et les libertes dans le monde.. nous au moins tunisiens aujourd hui on sait tres bien ce que cela veut dire..defendre les droits minimaux d une population..

notre resistance continuera, on compte aujourd hui 20 morts au moins (avec des noms et des ages ) , ceux ci sont morts par des tirs a balles reelles souvent a la tete ou a la poitrine.. le but est desormais clair.. j ai pas compte les cas de comas, les cas des disparus par la guestapo des mauves et les cas de suicides..

hier et aujourd hui des gens de kasserine ont recupere des corps (au moins 6), morts par balles, depuis la riviere qui passe derriere l hopital de la ville.. ces morts ne figure pas dans les listes officielles de l etat..

aujourd hui la communaute internationale nous a prouve sa participation, meme passive, a la repression du peuple tunisien..

les infos ne s arretent pas a longueur de la journee et surtout le soir sur facebook..on se parle on s echange les video et on s apprete a la journee suivante.. je vous donne juste une derniere info, elle se rapporte sur les milices du partie au pouvoir qui ont eu l ordre d attaquer des gens, de commettre des crimes pour justifier les balles reeles contre les manifestants.. on est non pas uniquement face a un regime faciste mais aussi mafieu, on est pas a l abris

aujourd hui (et vous avez biensur les moyens de verifier), ben ali a licencie le chef de l etat major rachid ammar ne serait ce que parce qu il a refuse de donner l ordre de tir sur les manifestants, juste a rappeler qu il gouverne l armee de terre et que ceux qui tirent sont plutot des agens de la garde natinale, personne n est a l abris..

y a toujours de bonnes nouvelles, les revoltes continuent ce soir et eclatent sur de nouvelles regions et on s attends a ce que demain ca eclate dans le centre ville de tunis..

on a pas l habitude de voir des morts par balles en tunisie, et les gens sont extremement en colere et ne veulent plus rien entendre que le depart de ce faciste..coute que coute.. il pourra pas tuer 12 millions d habitants..

    Indymedia Paris, 10 janvier.
 

Tunisie : 20 morts dans le centre, selon un dirigeant de l'opposition

    Un dirigeant de l'opposition a fait état dimanche d'au moins 20 personnes tuées par balles à Thala et Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie, et a appelé le président Zine El Abidine Ben Ali à «faire cesser le feu».

«Les informations qui nous proviennent de Kasserine et Thala font état d'au moins vingt morts tombés sous les balles depuis samedi dans des affrontements qui se poursuivaient ce matin même», a déclaré à l'AFP Ahmed Nejib Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale).

«On a tiré sur les cortèges funèbres», a-t-il affirmé, expliquant tenir ses informations des relais de son parti dans les deux villes.

Affirmant vouloir attirer l'attention du chef de l'État sur «la gravité de la situation», M. Chebbi l'a appelé à «faire cesser le feu immédiatement».

«J'adresse un appel urgent au président de la République pour lui demander de faire cesser le feu immédiatement afin d'épargner la vie des citoyens innocents et de respecter leur droit à manifester», a-t-il déclaré.

Selon des témoignages concordants recoupés par l'AFP, au moins quatre personnes ont été tuées dimanche et plusieurs blessées par balles à Kasserine, à 290 km au sud de Tunis. Ces sources avaient affirmé que le bilan devrait s'alourdir dans les heures à venir en raison d'un «grand nombre de blessés graves».

Sur les quatre tués dans des affrontements avec la police, trois ont été tués par balles et identifiés. Il s'agit de Raouf Bouzid, Mohamed Amine Mbarki et Rabah Nasri, a indiqué Sadok Mahmoudi, membre du bureau exécutif du syndicat régional de Kasserine. Ce syndicaliste a fait état d'un quatrième tué sans précision d'identité.

Samedi soir, des affrontements à Thala, localité situé à 50 km de Kasserine, avaient fait au moins quatre morts et six blessés graves, selon des sources syndicales.

Le gouvernement a fait état dimanche de deux morts samedi à Thala affirmant que la police avait été attaquée par des individus avant d'ouvrir le feu dans un acte de «légitime défense».

    Leur presse (Agence Faut Payer), 9 janvier.

  
Tunisie : deux à cinq morts dans les affrontements à Thala

    De violents affrontements entre manifestants et forces de sécurité tunisiennes ont fait au moins deux morts et huit blessés parmi les protestataires samedi soir à Thala, dans l'ouest du pays, selon un bilan communiqué dimanche par le ministère tunisien de l'Intérieur. Un syndicaliste a de son côté fait état d'au moins cinq personnes tuées par balles dans la commune, tandis que des violences étaient rapportées de sources syndicales dans deux autres villes, Kasserine et Regueb.

Le ministère de l'Intérieur ajoute dans un communiqué que les heurts à Thala, ville située à 240km à l'ouest de Tunis, dans la région de Kasserine frontalière de l'Algérie, ont également fait de nombreux blessés dans les rangs des forces de l'ordre, dont trois qui se trouvent dans un état grave. Les heurts ont fait deux morts et huit blessés parmi ce qu'il considère comme des «assaillants», selon le ministère.

Un syndicaliste enseignant sur place a déclaré pour sa part à l'Associated Press que cinq personnes avaient été tuées par balles dans les accrochages.

Selon Belgacem Saïhi, les victimes se nommaient Marouane Jomni, 20 ans, Mohamed Omri, 17 ans, Ahmed Boulâbi, 30 ans, et Nouri Boulâbi, 30 ans. D'après lui, ce dernier a été mortellement atteint lorsqu'il transportait avec d'autres personnes le corps inerte de son proche. La cinquième victime est un jeune de 17 ans, Ghassan Chéniti, qui a succombé à ses blessures à l'hôpital régional de Kasserine.

Des unités de l'armée se sont déployées dans la nuit et ont pris position autour des bâtiments publics et des banques, selon la même source syndicale.

Un communiqué du ministère de l'Intérieur diffusé par l'agence gouvernementale TAP attribue les «actes de violence et de troubles» à «des groupes d'individus qui ont attaqué à l'aide de cocktails molotov et de pierres, une station d'essence, le siège local de l'administration de l'équipement, de l'habitat et de l'aménagement du territoire et un poste de police».

«Ils se sont dirigés par la suite au siège de la délégation (sous-préfecture) qui était sous la protection des forces de ordre, procédant à son encerclement et l'ont attaqué au moyen de bouteilles incendiaires, de pierres et de bâtons», relate le communiqué des autorités.

Après de «vains» tirs de sommation, les forces de l'ordre ont été «contraintes d'utiliser les armes, en position de légitime défense», ajoute la même source.

Un responsable gouvernemental qui a requis l'anonymat a avancé lors d'un entretien avec l'AP, qu'il s'agit de «groupes de semeurs de troubles qui agissent dans la nuit pour s'attaquer à des bâtiments publics». Déplorant ces «incidents regrettables», il a justifié la réaction des forces de l'ordre pour «protéger les personnes et les biens».

Les accrochages ont repris dimanche à Thala, la police usant de bombes lacrymogènes pour disperser la foule, selon le syndicaliste qui a dit avoir entendu des coups de feu et des sirènes d'ambulances.

À Kasserine, chef-lieu de la région, on signalait de source syndicale au moins trois morts par balles et de nombreux blessés grièvement atteints dans la commune lors d'affrontements dans la nuit de samedi à dimanche entre forces de l'ordre et manifestants. Ces derniers auraient attaqué des bâtiments publics et des locaux du parti au pouvoir et mis le feu à des voitures et à des pneumatiques dans plusieurs quartiers.

Selon le syndicaliste Amor Mhamdi, les accrochages se poursuivaient dimanche matin dans cette ville proche de la frontière algérienne où l'armée a aussi été déployée.

Des affrontements violents ont également eu lieu dimanche dans la localité de Regueb, située à environ 40km de Sidi Bouzid d'où sont partis les troubles sociaux la mi-décembre sur fond de chômage et de précarité des conditions de vie, selon un syndicaliste.

La police a ouvert le feu sur les manifestants, tuant trois personnes, Raouf Kaddoussi, 32 ans, Mohamed Jaballi, 23 ans, et une fille Manel Bent Brahim Layouni, âgée d'une vingtaine d'années, la première femme victime des troubles depuis le déclenchement du mouvement de protestation sociale en Tunisie, a rapporté le syndicaliste Kamel Laâbidi, joint au téléphone par l'Associated Press. Ce bilan a été confirmé par un témoin oculaire, Khéreddine Zini, un chômeur ayant un diplôme de maîtrise présent sur les lieux. Tous deux ont recensé plus de 10 blessés graves transférés dans des hôpitaux de régions limitrophes.

«Une grande foule est descendue dans les rues, hommes et femmes jeunes et vieux. Des commerces on été incendiés, des motos et des pneumatiques sont en feu», a décrit le syndicaliste qui suivait sur place les événements.

    Leur presse (AP), 9 janvier.

<a href="http://www.youtube.com/v/xYfQE39Ns8M&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/xYfQE39Ns8M&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
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Re : Tunisie
« Réponse #9 le: 10 janvier 2011 à 16:37:55 »
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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /2011 16:53
Manifestations à Tunis - Affrontements sanglants à Kasserine, Thala et Regueb - 10 janvier

Manifestations à Tunis, Morts à Regueb #sidibouzid

Des dizaines de manifestations à Tunis

La capitale entre dans le cercle des manifestations. Aujourd’hui 10 janvier 2011, plusieurs quartiers de Tunis ont vu des manifestations, à Bab Jdid, Bab Eljazira, Boumendil, Bab Laassel, Bardo, au campus universitaire de la Mannouba, au lycée Khaznadar, au lycée de la Mannouba, au lycée de Den Den. Une grosse manifestation issue du campus universitaire est arrivée à l’École Nationale des Ingénieurs.

À Kasserine, les avocats sont encerclés par la police et ils risquent des tirs à balles réelles.

À Jendouba, il y a eu de violents affrontements dans tous les quartiers de la ville. Hier des locaux du RCD y avaient été incendiés. Les manifestants contrôlent toute la ville ; ils sont maintenant en train d’incendier le local du Comité de coordination du parti au pouvoir de Jendouba. La police tire à balles réelles en l’air. Les manifestations s’étendent à la délégation de Bou Salem et Ghardimaou.

2000 personnes ont fait un sit in aujourd’hui à Ben Guerdane.

À Nabeul, ce matin les lycéens (du lycée Mahmoud Messadi) ont fait un sit in et refusé d’entrer pour les cours.

Des sources d’Assabilonline affirment que Raouf Ben Tahar Kaddoussi (27 ans), est mort hier à l’hôpital de Rgueb après avoir essuyé un tir à balles réelles. Chaher Labidi et Nassim Jellali sont dans un état critique. […]

Hier à Kasserine, est décédée madame Manal Bent Brahim Bouallagui (mariée et mère de famille) des suites d’un tir à balles réelles alors qu’elle se trouvait devant son domicile. Chadi Ben Mohammed Salah a reçu une balle dans la cuisse, Larbi Kadri à la tête, il est gravement touché. Nassim Jallali et Ghazi Ben Kamel ont été gravement touchés.

À une heure quarante hier dimanche, 7 personnes blessées par balles sont arrivées à l’hôpital local de Rgueb, Mohammed Jabelli a rejoint les morts en martyrs, Moncef Ben Naceur Zini a reçu une balle dans la cuisse. Ali Oumhéni, Karim Ben Ammar Oumhéni, Zyed Ben Mohammed Tahar Karaoui, Abdelkarim Ben Boubaker Hajji (instituteur) sont blessés. L’armée a encerclé la ville de Rgueb et a pénétré la ville de Menzel Bouzaïene. Nizar Slimi a rejoint le cortège des martyrs.

À Meknassi, le couvre feu a été décrété hier, à compter de 7 heures du soir. Mouadh Khelifi a rejoint les martyrs. 

    Traduit de l’arabe (Assabilonline),
    Nawaat’s Posterous, 10 janvier 2011.
 

Tunisie : découverte de cinq corps ce lundi à Thala

Dans une déclaration de la ville de Thala à Radio Kalima, l'avocate Maître Mania Bouali, a annoncé la découverte de cinq nouveaux cadavres de jeunes de la ville ce lundi matin, tués par la police tunisienne. Trois corps sont toujours à l'intérieur d'un centre de la police qui refuse toujours de remettre les corps aux familles. Deux autres corps de jeunes tunisiens ont été découvert dans une petite colline non loin de la ville. Les recherches se poursuivent pour identifier les victimes.

    Radio Kalima, 10 janvier.
 

Tunisie : reprise des violences - un mort à Kasserine

    Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont repris lundi dans le centre-ouest de la Tunisie. Les émeutes contre le chômage qui secouent la Tunisie depuis la mi-décembre ont fait au moins 14 morts selon le gouvernement, et plus de 20 selon l'opposition.

Trois localités, Kasserine, Thala et Regueb, étaient lundi en proie à des violences.

À Tunis, des unités de la police anti-émeute se sont déployées dans le centre pour renforcer la sécurité dans la capitale, où étaient prévues des manifestations de jeunes.

À Kasserine, un homme atteint de plusieurs balles et admis à l'hôpital dimanche a succombé à ses blessures lundi matin, selon le bureau exécutif de l'union régionale des travailleurs tunisiens (centrale syndicale). Il a également fait état d'un «grand nombre» de blessés qui se trouvaient en réanimation à l'hôpital. Plusieurs personnes se sont retranchés dans les locaux du syndicat pour fuir des tirs massifs de gaz lacrymogènes. Les commerces de la ville sont fermés et les habitants ont crié «leur colère contre leur régime» a indiqué la centrale syndicale.

À Regueb, la police est intervenue pour disperser les habitants qui manifestaient à l'occasion de la mise en terre des morts du week-end, a constaté un journaliste.

À Thala, la police à tiré des balles en caoutchouc, selon des sources syndicales.

Appel de l'UE

La porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton a appelé dans ce contexte à la libération immédiate des personnes qui manifestaient pacifiquement.

Rappelant que l'UE discutait actuellement avec la Tunisie d'un renforcement de leur relation bilatérale, Maja Kocijancik a souligné que «le renforcement de cette relation requiert des engagements accrus sur tous les sujets, en particulier dans le domaine des droits de l'homme et des libertés fondamentales».

    Leur presse (ats), 10 janvier.
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Re : Tunisie
« Réponse #10 le: 11 janvier 2011 à 08:49:09 »
attention la vidéo suivante est assez trash, donc âmes sensibles s'abstenir !



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Tunisie : Répression à Kasserine - 10 janvier

La situation à Kasserine (informations à 14h30)

 

    Actuellement à Kasserine à Avenue Douleb, 4 personnes ont été tuées par balles, ce qui porte le nombre de tués ce jour à 9 personnes (5 personnes ont été tuées par balles ce matin), qui s'ajoutent aux 18 autres d'hier soir.

    Toute la ville, depuis hier soir, est à feu et à sang. 


 <a href="http://www.youtube.com/v/rM1zHUajC18&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/rM1zHUajC18&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

Le siège de l'UGTT (section Kasserine) est encerclé, où des enseignants et avocats manifestent, d'autres manifestations dans différents quartiers de la ville (Cités Ezzouhour, Ennour, El Bassatine, El Arich, etc.).

Il semble qu'en plus des brigades de BOP (certaines sont arrivées du Kef, de Mednine et d'autres gouvernerats) qui tirent à balles réelles, il y a des snippers postés sur les toits et tirent sur les manifestants.

Les blessés se comptent par centaines. Tous les hopitaux, les cliniques, de la région ne peuvent plus recevoir de blessés, les ambulances mêmes sont interdites de circuler.

De même plusieurs centaines de personnes sont arrêtées.

Les ouvriers de la cellulose sont en grève.

    Internationalistes 13, 10 janvier 2011.
 

Tunisie : un témoignage de Tala

    Le blog tunisien Khayl wa Layl (Chevaux et Nuits) a publié le récit d'une habitante de Tala, donnant des précisions sur les horreurs vécues au cours des derniers jours. 

    Six personnes ont été tuées à Tala, ville située à 200 km au sud ouest de la capitale Tunis, et six autres blessées quand la police a ouvert le feu sur les manifestants hier dimanche 9 janvier, selon des bilans diffusés par les médias. 

    Dans sa lettre, elle écrit :


 

Les manifestations ont commencé en 2008, mais malgré toutes les manifestations au cours de ces années, personne n'a répondu à nos revendications, alors qu'elles étaient très simples. La dernière a eu lieu après la mort de Mohamed Bouazizi. Nous devons préciser que les revendications étaient pacifiques alors que le gouvernement réprimait sans cesse et que nous n'avons pas le moindre droit, comme le droit d'expression. La répression de la police envers les manifestants est ce qui a tout fait basculer. C'est pour ça qu'ils ont mis le feu au premier symbole du régime, la salle de réunion du parti, et au premier symbole de l'ingérence dans la vie privée, le commissariat.

C'était lundi dernier. Le mardi, à dix heures du matin, des étudiants de l'Institut ont essayé de quitter l'école pour participer à une manifestation. Ils ont été encerclés là-bas, mais quelques étudiants ont réussi à s'échapper, le reste suffoquaient à cause des bombes lacrymogènes. À midi, ils ont pu partir, et les affrontements ont commencé.

La nuit dernière, les habitants de la ville se sont couchés dans le sifflement des balles et ils se sont réveillés ce matin avec les hurlements des mères des martyrs, les récitations des versets du Coran et le début des la période de deuil. Les martyrs dont on connait les noms sont : Ahmed Omari, 17 ans, étudiant ; Ahmed Bala'abi, 30ans ; Ayman Rutabi, 14 ans ; Marwan Jamli, 19 ans ; et Ghassan Shneeti, 18, qui était boucher, et celui qui gagnait le pain de sa famille. Tout ceci est arrivé pendant que la Tunisie regardait un match de football, dans la plus complète indifférence aux affrontements entre des habitants sans armes de ma bien-aimée Tala et les policiers armés. La répression a continué et l'électricité a été coupée. Toutes les boutiques étaient fermées et nous avons eu du mal à amener les blessés à l'hôpital. Même pour ceux qui devaient être enterrés, ces barbares ont accepté, mais à condition que seules les femmes les enterrent ! Et alors qu'un cortège funèbre pour l'un des martyrs était en chemin vers le cimetière, ils l'ont attaqué à coup de grenades lacrymogènes, c'est pour ça que le cercueil a été abandonné dans la rue. Après plusieurs tentatives, ils ont pu récupérer le corps et enterrer le martyr mais alors qu'ils rentraient,  ils ont été de nouveau attaqués, avec des vraies balles et des bombes. Quelqu'un à l'hôpital de Tala confirme la mort d'une infirmière dans l'attaque de la police.

Tala est maintenant enveloppée de tristesse et de silence. Est-ce  le calme avant l'orage ?  Est-ce que la mer de sang continuera à monter, dans l'indifférence totale de Tunis 7 (chaine de télévision), qui ne dit pas la vérité !!

    Global Voices, 11 janvier.
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Re : Tunisie
« Réponse #11 le: 11 janvier 2011 à 10:11:56 »
Réaction du Quai d'Orsay, habituellement si prompte à dénoncer vigoureusement les gouvernements bafouant la démocratie et les droits de l'homme :

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Nous déplorons les violences, qui ont fait des victimes, et appelons à l’apaisement. Nous sommes profondément attristés par le bilan humain des affrontements meurtriers du week-end en Tunisie. On compterait au moins 14 morts et de nombreux blessés.

Nous n’avons pas d’information précise à ce stade sur les blogueurs tunisiens arrêtés. Nous rappelons notre attachement à la liberté d’expression en Tunisie et partout dans le monde.

La Tunisie est confrontée à des problèmes économiques et sociaux. Seul le dialogue permettra aux Tunisiens de les surmonter. La coopération entre la France et la Tunisie, qui est fortement orientée sur l’emploi, le restera.

Aujourd’hui, l’urgence en Tunisie est à l’apaisement.

Source officielle.

Vous noterez que le discours est formulé de sorte à dénoncer les violences, sans désigner le "camp" qui en est responsable. Bien pratique pour la suite.
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Re : Tunisie
« Réponse #12 le: 11 janvier 2011 à 14:39:14 »
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /2011 12:25
Grève générale des journalistes tunisiens qui demandent une enquête

Manifeste des journalistes tunisiens

Nous journalistes tunisiens, réunis ce 10 janvier 2011 au siège du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), et eu égard à la tournure dangereuse que prennent les protestations ces derniers jours, représentées notamment par les tirs à balles réelles contre les populations civiles désarmées de la part des forces de sécurité, en flagrante contradiction avec les lois positives, ainsi que les conventions internationales et les instruments pertinents de la légalité internationale, nous exigeons ce qui suit :

    — L’arrêt immédiat des tirs à balles réelles contre les protestataires et la levée des bouclages des différentes villes et cités ; 

    — La constitution d’une commission d’enquête nationale indépendante afin de déterminer les responsabilités des tueries, de la répression, de la terrorisation et de traduire leurs auteurs devant la justice. 

Nous refusons la perpétuation de l’utilisation de l’information nationale publique et privée en tant qu’instrument de propagande, de désinformation et de dénaturation des faits, et en tant que moyen légitimant la répression et les tueries que subit notre peuple, et nous récusons toutes les formes de manipulation de l’opinion publique.

Nous appelons nos confrères journalistes à considérer la journée de demain, mardi 11 janvier 2011, une journée de grève générale dans le secteur de l’information.

Et nous les appelons également à s’en tenir aux principes de la liberté de presse et de ne pas se compromettre dans la diffusion d’allégations tendancieuses portant atteinte aux luttes de notre peuple, et à respecter la Charte nationale de la déontologie journalistique.

     Tunis, le 10 janvier 2011 

    Radio Kalima - Algérie.



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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /2011 14:37
Massacre de Kasserine - 11 janvier

Tunisie : situation chaotique à Kasserine, plus de 50 morts

 

    La situation est chaotique à Kasserine, chef-lieu du centre-ouest de la Tunisie, région où des émeutes ont fait plus de 50 tués ces trois derniers jours, a indiqué mardi à l'AFP un responsable syndical. 

«C'est le chaos à Kasserine après une nuit de violences, de tirs de snipers, pillages et vols de commerces et de domiciles par des effectifs de police en civil qui se sont ensuite retirés», a indiqué Sadok Mahmoudi, membre de l'union régionale de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale). Cette version des faits a été corroborée par d'autres témoins interrogés par l'AFP.

Le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, Me Mokhter Trifi, a de son côté confirmé à l'AFP cette version de faits survenus la nuit dernière à Kasserine.

«Une opération de commandos téléguidée a été organisée la nuit dernière pour piller et faire accréditer la thèse du complot avancée par le régime», a déclaré Me Mokhter Trifi à l'AFP. «Des bandes cagoulées ont semé le chaos sous les yeux des forces régulières qui se sont ensuite retirées à l'extérieur de la ville», a-t-il ajouté. Selon lui, ces actes «visent à faire accréditer la version des autorités qui ont attribué les émeutes du week-end à des pilleurs parmi la population».

M. Trifi a fait état d'un «grand nombre» de tués, affirmant que la confusion qui règne actuellement ne permet pas de donner un bilan chiffré.

«Le nombre de tués a dépassé les cinquante», a indiqué M. Mahmoudi, citant un bilan recueilli auprès du personnel médical de l'hôpital régional de Kasserine où ont été transportés les corps.

Un fonctionnaire local ayant requis l'anonymat a aussi décrit «une situation de chaos» dans cette ville à 290 km au sud de Tunis, confirmant des tirs de snipers postés sur les toits et des forces de police tirant sur des cortèges funèbres.

Le personnel médical de l'hôpital de Kasserine a débrayé durant une heure pour protester contre le nombre élevé de victimes et la gravité des blessures, a ajouté ce fonctionnaire, décrivant des «cadavres éventrés, à la cervelle éclatée».

Un homme de 75 ans et son épouse ont été tués dans le quartier Ezzouhour alors qu'ils allaient enterrer leur enfant lundi, selon ce témoignage.

    Leur presse (Nouvelobs.com), 11 janvier 2011 - 14h39.
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Re : Tunisie
« Réponse #13 le: 11 janvier 2011 à 19:59:20 »


MAM à la rescousse !

Elle propose : "le savoir-faire français à la police tunisienne pour «régler les situations sécuritaires»."
Ah, les cons !
Ils nous feront mourir !

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Re : Tunisie
« Réponse #14 le: 11 janvier 2011 à 20:03:22 »
Mais c'est impossible ! Chez nous, les jeunes qui manifestent sont manipulés par des gauchisssss' (dixit l'UMP); chez eux, les jeunes qui manifestent sont manipulés par des terrorissss' (dixit Ben Ali). C'est pas du tout la même espèce !
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Re : Tunisie
« Réponse #15 le: 11 janvier 2011 à 22:03:09 »
Oui. Enfin, pour Ben Ali, ce sont les terroristes.
Il exagère un peu, comme dirait Frédo Mitterrand.
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Re : Tunisie
« Réponse #16 le: 12 janvier 2011 à 11:45:55 »
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /2011 23:34
On se bat ce soir à Tunis - 11 janvier

Tunisie : Embrasement dans la capitale  

Des sources d’Assabilonline ont affirmé que la Commission Administrative de l’UGTT, réunie aujourd’hui mardi 11 janvier, avait décidé de façon extraordinaire de grèves régionales et sectorielles générales sur tout le territoire pour protester contre le tir à balles réelles sur les citoyens de Sidi Bouzid et Kasserine.

 <a href="http://www.youtube.com/v/jQsnUg5vjyA&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/jQsnUg5vjyA&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Quartier Ezzouhour à Kasserine, 11 janvier

D’autre part, des témoins relatent que des soldats des unités de l’armée nationale ont dirigé leurs mitraillettes vers des dizaines de policiers, menaçant de les tuer s’ils ne renonçaient pas, tandis qu’un groupe de citoyens couraient vers les camions de l’armée pour se protéger de la traque des brigades anti émeutes.

Dans la cité Tadhamoun dans la capitale, le poste de police de la cité 105 a été incendié. Les manifestants ont encerclé le poste de la garde nationale avec les agents à l’intérieur. On dit que certains seraient touchés et que les forces de police encerclent la cité et les cités avoisinantes. L’odeur des gaz envahit la région et on entend des coups de feu. Un témoin dit que des jeunes des cités voisines y ont participé, notamment du quartier d’El Omrane supérieur et qu’ils sont venus à la cité Tadhamoun et la cité Intilaka. Dans cette dernière un car de police a été incendié et les forces de police font usage de gaz lacrymogènes.

    Nawaat’s posterous, 11 janvier 2011.
 

Tunisie : les affrontements se rapprochent de Tunis

    Les émeutes se sont poursuivies toute la journée mardi. Dans la soirée, des affrontements ont éclaté dans la cité Ettadhamoun, à 15 km à peine du centre de Tunis, entre des manifestants et des forces de l'ordre.

Lundi, le président tunisien Ben Ali avait tenté d'apaiser la colère contre le chômage en promettant la création de 300.000 emplois. Ça n'aura pas suffi. Les affrontements, sanglants et souvent meurtriers, se sont poursuivis toute la journée mardi, dans différentes villes où la contestation est forte. Pire, des affrontements ont éclaté mardi soir dans la cité Ettadhamoun, à 15 km à peine du centre de Tunis, entre des manifestants et des forces de l'ordre.

Des groupes de jeunes manifestants ont brûlé un autobus et saccagé des commerces et une banque, en criant «nous n'avons pas peur», a rapporté un habitant. De son côté, une femme a indiqué en outre que les manifestants à visage découverts ont barré la route qui conduit à Bizerte (nord) à hauteur de la cité populaire. La police a tiré des gaz lacrymogènes et des tirs ont été entendus par cette femme, qui ne pouvait déterminer s'il s'agissait de balles réelles.

Ces heurts, qui ont commencé après 18 heures locales et se sont poursuivis pendant deux heures, seraient les plus graves dans la banlieue de Tunis, où des manifestations ont été étouffées mardi.

 <a href="http://www.youtube.com/v/ewm1gC9k3ww&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/ewm1gC9k3ww&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

Face à ces violences qui ne semblaient pas prêtes de s'arrêter, le bilan humain est en hausse. Ainsi, officiellement, les émeutes de ces derniers jours en Tunisie ont fait 21 morts, a annoncé mardi soir Samir Laabidi, ministre de la Communication lors d'un point de presse.

    Leur presse (TF1 News), 11 janvier - 21h42.
 

Tunisie : les émeutes gagnent la capitale

    La révolte sociale qui touche le centre-ouest de la Tunisie est en train de gagner la capitale. Violemment réprimé dans plusieurs villes du centre-ouest du pays depuis trois jours, cet embrasement a déja fait 21 morts, selon le gouvernement, alors que des sources syndicales avancent le chiffre de 50 décès dans la seule ville de Kasserine.  

À 15 km du centre de Tunis, dans la cité Ettadhamoun, des affrontements ont éclaté mardi soir entre des manifestants et des forces de l'ordre, ont indiqué à l'AFP des habitants. Des groupes de jeunes ont brûlé un autobus et saccagé des commerces et une banque, en criant : «Nous n'avons pas peur !» raconte un témoin oculaire. Une femme a indiqué que les manifestants à visage découverts ont barré la route qui conduit à Bizerte (nord) à hauteur de la cité populaire.
 

Des tirs échangés à Tunis

La police a tiré des gaz lacrymogènes et des tirs ont été entendus par cette femme, qui ne pouvait déterminer s'il s'agissait de balles réelles. Une information corroborée par un journaliste de Reuters et plusieurs témoins, qui auraient vu les forces de l'ordre tirer en l'air dans un faubourg de Tunis en guise d'avertissement pour tenter de «disperser» des foules qui s'attaquaient à des édifices publics. «Nous pouvons voir des policiers tirer en l'air pour disperser les gens», a raconté un habitant du quartier observant les affrontements du toit d'un bâtiment voisin.

Ces heurts, qui ont commencé après 18 heures locales et se sont poursuivis pendant deux heures, seraient les plus graves dans la banlieue de Tunis, où des manifestations ont été étouffées mardi. (…)

    Leur presse (Le Parisien), 11 janvier - 22h14.
 

Les violences gagnent Tunis

    La capitale tunisienne a été le théâtre, mardi soir, de violences, les premières signalées à Tunis depuis le début du mouvement de contestation parti le 16 décembre de Sidi Bouzid et qui a fait officiellement 23 victimes civiles.

Les forces de l'ordre ont tiré en l'air en guise de sommation pour disperser une foule qui mettait à sac des bâtiments dans le faubourg ouvrier d'Ettadamen.

Selon un journaliste de Reuters présent sur les lieux, des centaines de jeunes gens ont lancé des pierres sur la police avant de saccager des magasins et de mettre le feu à une banque.

Il a raconté que la foule avait barré les axes routiers à l'aide de pneus enflammés, incendié un autobus et deux voitures et également mis le feu à un local de l'administration locale.

Les policiers ont effectué des tirs de sommation en l'air et également fait usage de grenades lacrymogènes pour tenter de faire refluer les gens de l'intérieur du bâtiment, a-t-il dit. (…)

    Leur presse (Reuters), 11 janvier - 22h38.



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Solidarité avec les Tunisiens en révolte : L'ambassade de Tunisie à Berne prise pour cible

L'ambassade de Tunisie à Berne visée par une tentative d'attentat

    L'ambassade de Tunisie à Berne a fait l'objet dans la nuit de mardi [11] à mercredi [12 janvier] d'une tentative d'attaque criminelle. Plusieurs départs de feu ont été provoqués par des inconnus peu après minuit et demi. Le feu ne s'est toutefois pas allumé et les dommages sont minimes, indique la police cantonale.  

L'ambassade de Tunisie se trouve dans le quartier des représentations diplomatiques de Berne, à Kirchenfeld. Une enquête a été ouverte pour trouver les raisons et les responsables de ces violences. La police est aussi à la recherche de témoins, précise-t-elle dans un communiqué mercredi matin.

L'attentat est intervenu alors que des émeutes ont fait plus de 50 tués en Tunisie ces derniers jours, selon les syndicats tunisiens.

    Leur presse (ats), 12 janvier 2011.



Citer
Cinq manifestants abattus par des snipers à Douz - L'armée quadrille Tunis - 12 janvier

Douz, aujourd’hui mercredi 12 janvier 2011
 

Aljazeera: witness: police kills 5 in southern city of Duz… Army protects official buildings and didn't intercede (#sidibouzid).


 Hatem Ben Taher, maître de conférences à l'université de Gabes, assassiné par un tireur d'élite de la police du gouvernement tunisien, pendant des manifestations à Douz :

 <a href="http://www.youtube.com/v/lF3H3Uo5WuY&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/lF3H3Uo5WuY&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

 

Sfax

LIVE FROM SFAX: 30,000 people in streets in Sfax city in Tunisia  (#sidibouzid).

 

Un bâtiment gouvernemental en feu à Sfax - 14:05 GMT 

Selon des syndicalistes, des grèves générales sont organisées dans les provinces de Kasserine, Sfax et Gabes aujourd’hui, dans celles de Kairouan et de Jendouba demain jeudi, et dans celle de Tunis après-demain vendredi.

La centrale UGTT revendique la mise sur pied d’une commission d’enquête sur les tirs à balles réelles contre les manifestants ; le retrait des forces militaires des villes ainsi que l’arrêt de l’emploi des forces spéciales par le ministère de l’Intérieur.

1035 GMT: Labour activists have told Al Jazeera that there will be general strikes in the provimces of Kasserine, Sfax, and Gabes today, with plans for a strike on Thursday in the provinces of Kairouan and Jendouba and on Friday in Tunis.

The General Union of Tunisian Workers has called for a fact-finding commission to investigation the firing of ammunition into crowds. It has also demanded the immediate withdrawal of military forces from cities and the end to use of special forces by the Ministry of Interior.

    EA WorldView, 12 janvier.
 

Après son appel au départ de Ben Ali, Hamma Hammami enlevé à son domicile - Tunisie

    Hamma Hammami, porte parole du PCOT (parti communiste ouvrier de Tunisie) a été enlevé à son domicile, aujourd'hui vers midi, par la police politique. On a cassé la porte de son appartement pour y accéder et l'enlever sauvagement devant des membres de sa famille et des amis militants. 

Pour rappel, cet enlèvement intervient après son appel au départ de Ben Ali et à la tenue d'élections libres et transparentes en Tunisie. Il est également intervenu sur plusieurs chaînes de télévision et radios où il dénonce la situation actuelle en Tunisie et le massacre perpétré par la police politique sur les manifestants tunisiens.

La situation est grave, Hamma Hammami risque sa vie, comme tous les Tunisiens qui osent s'exprimer librement en Tunisie.

    Nadia Hammami - Tristao's flux, 12 janvier.

Tunis, mercredi

L'armée se déploie à Tunis

    L'armée tunisienne s'est déployée aujourd'hui à Tunis où la tension est montée au lendemain d'affrontements entre la police et des manifestants qui ont éclaté dans la nuit dans sa banlieue ouest populaire, a constaté l'AFP.  

    Ce mercredi est une journée de grève générale à l'appel des syndicats, dans toute la Tunisie.
 

Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés, ont fait leur apparition dans Tunis pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements que connaît la Tunisie depuis quatre semaines. Ces renforts étaient postés à des carrefours du centre de Tunis et à l'entrée de la cité Ettadhamen (Solidarité) où des dégâts d'une nuit de violences étaient visibles.

Un blindé tout feu allumé et des soldats en armes étaient positionnés à l'entrée de ce gros faubourg où des carcasses de véhicules, dont un bus, incendiés n'avaient pas encore été enlevées, près du siège de la délégation (sous-préfecture) attaqué la veille. Des bris de verre et des pneus brûlés jonchaient la route de Bizerte qui traverse les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, des quartiers populaires qui se succèdent, dans l'ouest de la capitale.

Dans Tunis, outre des renforts importants de police et unités d'intervention spéciales, deux véhicules de l'armée et des soldats en armes montaient la garde sur la place reliant les avenues de France et Habib-Bourguiba, face à l'ambassade de France et à la grande cathédrale de Tunis. Cette place avait été la veille le théâtre de manifestations étouffées par la police. Des renforts militaires étaient également visibles autour de la maison de la radio-télévision dans le quartier La Fayette, et d'autres sur la place du Passage, terminus du tramway qui fonctionnait. La circulation automobile était presque normale, de rares bouchons en banlieue étant provoqués par la pluie.

Les stations de radios nationales et privées diffusaient leurs programmes normalement, la radio gouvernementale revenant largement sur les mesures prises par le président Zine El-Abidine Ben Ali pour désamorcer la crise déclenchée par des manifestations contre le chômage dans le centre-ouest et qui s'est propagée dans la plupart des régions du pays.

    Ben Ali limoge le ministre de l'Intérieur et libère les détenus

    Le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali a changé son ministre de l'Intérieur et ordonné une enquête sur des actes de corruption présumée concernant des responsables publics, a annoncé ce matin le Premier ministre.

    Il a également ordonné la libération de toutes les personnes détenues depuis le début des troubles en Tunisie, a ajouté Mohamed Ghanouchi devant la presse.


    Radio Kalima - Algérie, 12 janvier 2011.


La contestation s'accentue à Tunis

    La capitale tunisienne est à nouveau touchée ce mercredi par la contestation des jeunes manifestants. Les tensions s'intensifient, l'armée a été appelée en renfort.  

Ce mercredi, Tunis redevient un foyer de tensions entre la police et les manifestants tunisiens, après une nuit d'affrontements dans la banlieue ouest populaire de la capitale. Cette semaine, les manifestations étaient surtout vives dans les villes de Regueb, Thala et Kasserine, situées au centre du pays, et aux villes côtières.

L'armée appelée en renfort

Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés, ont fait leur apparition cette nuit dans Tunis pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements, le 17 décembre dernier. Ces renforts étaient postés à des carrefours du centre de Tunis et à l'entrée de la cité Ettadhamen (Solidarité) où des dégâts d'une nuit de violences étaient visibles.

Un blindé et des soldats en armes étaient positionnés à l'entrée de ce gros faubourg où des carcasses de voitures et d'un bus incendiés n'avaient pas encore été enlevées, près du siège de la Délégation (sous-préfecture) attaqué la veille.

Deux véhicules de l'armée et des soldats en armes montaient également la garde sur la place reliant les avenues de France et Habib Bourguiba, face à l'ambassade de France et à la grande cathédrale de Tunis. Cette place avait été la veille le théâtre de manifestations étouffées par la police.

Des renforts militaires étaient par ailleurs visibles autour de la maison de la radio-télévision dans le quartier La Fayette, et d'autres sur la place du Passage, terminus du tramway qui fonctionnait.

Pas de perturbation sur les routes

Des bris de verre et des pneus brûlés jonchaient la route de Bizerte qui traverse les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, des quartiers populaires qui se succèdent, dans l'ouest de la capitale.

Malgré ces incidents, la circulation automobile était presque normale, de rares bouchons en banlieue étant provoqués par la pluie. De leur côté, les stations de radios nationales et privées diffusaient leurs programmes normalement, la radio gouvernementale revenant largement sur les mesures prises par le président Zine El Abidine Ben Ali pour désamorcer la crise déclenchée par des manifestations contre le chômage dans le centre-ouest et qui s'est propagée dans la plupart des régions du pays.

    Leur presse (L'Express), 12 janvier 2011 - 11h30.  


L'armée tunisienne s'est déployée pour la première fois dans la capitale, touchée par les heurts

L'armée tunisienne s'est déployée mercredi à Tunis, où la tension est montée au lendemain d'affrontements entre la police et les manifestants qui ont éclaté dans une banlieue de la ville. Des renforts militaires, notamment des soldats armés et des véhicules blindés, ont fait leur apparition dans la capitale pour la première fois depuis le début des affrontements il y a un mois. Mardi, les émeutes contre le chômage qui frappe le pays avaient pour la première fois touché Tunis. Au total, les violences ont fait entre 21 et 50 morts selon les sources, ainsi que des dizaines de blessés.  

    Leur presse (TSR info), 12 janvier - 11h10.

 
Tunis, mardi

Dans Tunis, quadrillée par les forces policières

    «Continuez votre chemin sans regarder derrière vous !» Ce mardi [11 janvier], l’avenue Habib-Bourguiba, la magnifique artère du centre de Tunis, fait piètre figure. Envolés, les couples d’amoureux à la démarche lascive et les jeunes Méditerranéennes aux allures occidentales. Ce matin-là, les passants, houspillés par les forces de l’ordre, hâtent le pas sous une pluie glaciale. Et pour cause : la ville est quadrillée de policiers, les uns vêtus d’uniformes noirs, les autres en civil pour mieux tenter de se fondre dans le décor. Et cela alors que les bus de la société nationale ont été réquisitionnés et transformés pour l’occasion en fourgons.  

Au lendemain des mesures d’apaisement annoncées par le président de la République, la capitale tunisienne reste pourtant bien tendue. Lundi, les grandes surfaces ont fermé avant l’heure. L’ordre est venu de tout en haut. Et elles n’ont pas été rouvertes le lendemain. Dans la ville, le moindre attroupement est violemment dispersé par les forces de l’ordre.

Universités et écoles fermées

Alors que les terrasses des cafés sont désertées, leurs salles ne désemplissent pas. Et les discussions y vont bon train. «Il paraît que ça s’embrase à Kairouan (à 260 km au sud de Tunis, ndlr), ils ont tiré sur les manifestants», lance à voix basse une jeune femme. Diplômée en marketing au chômage, Amira (un nom d’emprunt) suit un troisième cycle universitaire. Mais ce mardi, elle ne s’est pas rendue à la fac : le président Ben Ali vient d’ordonner la fermeture de toutes les écoles et des universités de la capitale.

Quelques rues plus loin, avenue des États-Unis, un groupe de journalistes tente une manifestation vers 10 heures autour du bâtiment du syndicat local. Mais ils sont aussitôt encerclés par les policiers en noir qui les poussent à l’intérieur des locaux. Ils n’en sortent qu’en fin de journée, au compte-gouttes.

Vers midi, c’est un groupe d’artistes qui essaye de protester au milieu de l’avenue Bourguiba. Aussitôt encerclés, ils font la sourde oreille aux ordres de circuler. Policiers en civil et en uniforme foncent alors dans le tas. Raja ben Ammar, comédienne populaire et directrice de théâtre, est bousculée et insultée. Les manifestants tentent alors de se réfugier dans l’ambassade de France, qui se trouve non loin. Mais les forces de l’ordre les détournent vers des ruelles parallèles.

La peur d’un retour au calme

Arbi Chouikha, 58 ans, professeur d’université, suit les événements de très près. «Le pouvoir politique ne dispose plus d’assez de troupes pour contenir le mouvement qui s’étend dans tout le pays, dit-il. La fermeture des établissements scolaires et universitaires vise à neutraliser ces espaces pour renforcer la présence policière sur d’autres foyers qui s’agitent un peu partout. Le problème, poursuit-il, c’est que le pouvoir s’est enfermé dans un schéma de pensée complètement obsolète, qui consiste à croire qu’en verrouillant les espaces d’expression, et en entretenant la peur, il peut tout se permettre et tout obtenir.»

Clairement, les manifestants redoutent le retour au calme. Cela permettrait alors aux autorités de mener une répression dans le silence absolu comme cela a déjà été souvent le cas.

Les émeutes se poursuivent en Tunisie malgré les promesses du président Zine el-Abidine Ben Ali de créer 300'000 emplois. Mardi, la situation était particulièrement chaotique à Kasserine, dans le centre-ouest du pays, après une nuit de violences policières qui porterait le nombre de tués à plus de 50, selon les syndicats.

    Leur presse (LeTemps.ch), 12 janvier.
 

Kasserine

Tunisie : au cœur d'un des centres de la rébellion

    Dans l'ouest du pays, cette ville est un des foyers de la rébellion contre le pouvoir. Cinquante personnes y ont peut-être trouvé la mort en deux jours. Le pouvoir conteste ce chiffre.  

Scène de pillage à Kasserine, où les émeutiers mettent à sac une grande surface du centre-ville, appelée le «magasin général». Des gosses passent les bras chargés de cartons. Ils ont pris ce qu'ils ont trouvé. Des rouleaux de papier toilette, des paquets de biscuits, du lait, des conserves…

Un adolescent hilare fracasse le col d'une bouteille de bière qu'il se met à boire. Soudain, retentit le cri d'une femme. Elle appelle ses enfants. «Rentrez à la maison, vite.» Dans la rue, les visages brillent d'excitation. De peur, aussi.

«Ils voulaient tuer»

Hier, il y a encore eu des morts. La police a tiré. Des manifestants parlent de trente-huit victimes, d'autres de cinquante, pendant les deux journées où cette petite ville de 75'000 habitants, à l'ouest de la Tunisie, a laissé exploser sa colère et provoqué la riposte des forces de l'ordre. «Ils voulaient tuer. Tous les morts portent des blessures à la tête ou à la poitrine. Les balles ne sont pas arrivées par hasard», s'enflamme Nabir, 23 ans.

Le pillage du grand magasin met en rage Youssef Abidi. Cet enseignant est un des responsables du syndicat Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). Pour lui, pas de doute, c'est orchestré par le pouvoir. «Ce sont les policiers qui ont ouvert les portes pour que les pillards puissent entrer.»

Il montre les rues où pas un uniforme n'apparaît. «Ensuite, ils sont partis pour les laisser faire. Les gens ont faim, c'était obligé qu'ils se servent. Et Ben Ali va pouvoir dire que ce qui se passe n'est qu'une affaire de voleurs alors que c'est un soulèvement populaire qui est en train d'avoir lieu.»

Le syndicaliste a lui aussi été la victime de la brutalité des forces de l'ordre. À 12h40, elles ont fait irruption, matraque à la main, dans les locaux de l'UGTT. «Ils poursuivaient des lycéens qui s'étaient réfugiés chez nous. Quand ils sont entrés, ils se sont mis à frapper tout le monde et à tout casser», raconte-t-il.

Vingt-quatre heures après, les rues de Kasserine portent bien visibles les traces des affrontements. Plusieurs bâtiments administratifs ont été incendiés, ainsi qu'une grande surface de meubles. Ce mardi, tous les commerces sont fermés. Ville morte.

Pourquoi une telle explosion de colère ? «Le chômage ! Personne n'a de travail. Regardez-nous. On a tous des diplômes, mais aucun n'a un emploi qui lui assure une vie digne», dénonce avec véhémence Issan, 22 ans, titulaire d'une maîtrise de gestion.

Le développement de la Tunisie a oublié Kasserine, où le taux de chômage frise les 30%. «Pas un investissement. Cela fait cinquante ans que cela dure, dit Larbi, 35 ans. Il y a deux Tunisie. Celle du littoral, que les touristes connaissent. Et celle de l'intérieur, qui est une prison où l'on crève lentement.»

    Leur presse (Marc Mahuzier,
    Ouest-France), 12 janvier 2011.
« Modifié: 12 janvier 2011 à 15:08:16 par TYGER »
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
Jacques Prévert

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Re : Tunisie
« Réponse #17 le: 13 janvier 2011 à 11:45:39 »
mes parents commencent à flipper pour leur familles mais c'est un fait rare dans ce pays, une rébellion de cette envergure, si nous en france nous avions le même courage ça serait formidable.

Hors ligne ElectricEye

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Re : Tunisie
« Réponse #18 le: 13 janvier 2011 à 11:48:50 »
Oui raja. D'ailleurs le parallèle est saisissant

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«Le chômage ! Personne n'a de travail. Regardez-nous. On a tous des diplômes, mais aucun n'a un emploi qui lui assure une vie digne», dénonce avec véhémence Issan, 22 ans, titulaire d'une maîtrise de gestion.

Ou alors je me trompe et il y a trop de riches en France.

Hors ligne sarkome

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Re : Tunisie
« Réponse #19 le: 13 janvier 2011 à 13:35:52 »
Effectivement, le dernier soulèvement populaire date de janvier 1984.
Citation de: Wikipedia
Fin décembre 1983, suite à une demande du Fonds monétaire international de stabiliser l’économie nationale, le gouvernement annonce l’augmentation des prix du pain et des produits céréaliers comme la semoule. Les premières réactions fusent du sud : Douz, Kébili, El Hamma, Gabès puis Kasserine se révoltent. Tunis et sa banlieue s’embrasent le 3 janvier et les émeutes se poursuivent pendant trois jours malgré la proclamation de l’état d'urgence et le couvre-feu décrétés dès le 1er janvier. Le 6 janvier, le président Habib Bourguiba convoque la télévision et indique : « Toutes les augmentations sont annulées. Que Dieu bénisse le peuple tunisien »
Il y avait eu, selon les sources, entre 70 et 143 victimes. Et plus d'un millier d'arrestations.
La encore, afin de stabiliser l'économie nationale, on met les plus pauvres, les plus faibles à contribution. Une politique qui ressemble sérieusement à celle mise en oeuvre par Petit Chose.
Faudra-t-il qu'il y ait des morts pour infléchir sa politique ?

Hors ligne ElectricEye

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Re : Tunisie
« Réponse #20 le: 13 janvier 2011 à 13:39:53 »
Je viens de voir un post d'un Tunisien sur un forum, disant en substance

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Assez de morts ! Qu'ils nous volent, qu'ils nous pillent, qu'ils violent nos droits mais pitié plus de morts !

Je...suis sans voix. Je ne sais pas si un jour je serai en mesure de comprendre ce que ça fait de voir son peuple, et parmi eux ses amis, se faire tabasser, tuer. On parle de 100 morts.
Et je ne sais pas si j'aurais le courage de me relever malgré ces souffrances, de dire que je ne cèderai pas à un chantage immonde. Et je ne crois pas que je sois bien placé pour donner des conseils, à l'abri, bien au chaud.

Non, tout le monde n'a pas la "fibre révolutionnaire"

Hors ligne TYGER

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Re : Tunisie
« Réponse #21 le: 13 janvier 2011 à 16:16:32 »
c'est le genre de commentaire de quelqu'un qui a encore trop à perdre avant de se révolter... s'il était sur place et décidait d'enlever ses oeillères il comprendrait que ceux qui ne sont riches que de ce qu'ils portent sur eux n'ont plus d'autres solutions que la révolte, voire la révolution !


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Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /2011 01:31
On se bat en Tunisie

Le siège du parti au pouvoir en feu à Dar Chaabane (Nabeul) :

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Kabbaria, banlieue de Tunis :

 <a href="http://www.youtube.com/v/n1WFKcskeQU&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/n1WFKcskeQU&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
 

L’attaque du commissariat de police d’Hammamet :

 <a href="http://www.youtube.com/v/KrmesZ5EOvE&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/KrmesZ5EOvE&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

 <a href="http://www.youtube.com/v/PlWnDdmkB10&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/PlWnDdmkB10&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

 <a href="http://www.youtube.com/v/8OmhXb9hu3w&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/8OmhXb9hu3w&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

 <a href="http://www.youtube.com/v/x4FBe475zzU&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/x4FBe475zzU&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
 

Décompte des tués de la journée du 12 janvier, d’après Twitter : 5 morts à Douz, 2 morts à Touzer, 1 mort à Sfax, 2 morts à Hammamat, 3 morts à Dar Shaban, soit 13 victimes au total. On parle aussi de tués à Nabeul.

 <a href="http://www.youtube.com/v/xZqIAgjEARQ&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/xZqIAgjEARQ&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Manifestante tuée à Nabeul

From Twitter source today: Death toll from today: 5 Douz, 2 Touzer, 1 Sfax, 2 Hammamat, 3 Dar Shaban, Total of 13 victims. There are also rumeurs of deaths in Nabeul (Operation Tunisia).

Selon des sources syndicales recueillies par Al-Jazeera, 16 personnes ont été tuées dans les affrontements de la journée en Tunisie.

According to Al-Jazeera citing union sources, 16 ppl died today in clashes in Tunisia (#sidibouzid).
 

Tunisia Mnihla Riots :

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Bilan à l'Aouina : Tijari bank, Monoprix et VictoriaQueen café sont en feu (#sidibouzid)…  
 

Bizerte :

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Menzel Bourguiba, gouvernorat de Bizerte, le commissariat en feu ?

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Cité Ettadhamen près de Tunis :

 

 

 

 

Heurts malgré le couvre-feu en Tunisie, cinq nouveaux décès  

    Cinq personnes ont trouvé la mort mercredi dans de nouveaux affrontements en Tunisie, rapportent des témoins, et des heurts ont opposé forces de l'ordre et manifestants qui bravaient le couvre-feu décrété à Tunis.  

Le président Zine el Abidine Ben Ali, qui fait face à une vague de contestation sans précédent depuis son arrivée au pouvoir, il a y 23 ans, a limogé son ministre de l'Intérieur.

Le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a annoncé le remplacement de Rafik Belhaj Kacem par Ahmed Friaa, ingénieur et ancien membre du gouvernement.

Le chef de l'État en outre ordonné la remise en liberté des manifestants arrêtés depuis le 16 décembre, date du début des troubles, pour tenter de désamorcer la situation.

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À la manifestation de Sfax

Malgré ses promesses, de nouvelles manifestations ont eu lieu mercredi dans trois villes de province.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Kasserine, ville du centre-ouest théâtre de violences ce week-end, aux cris de «Va-t'en Ben Ali», ont rapporté des témoins.

À Douz, dans le désert, trois témoins interrogés par Reuters ont fait état de quatre morts au moins, dont un universitaire, après des tirs de la police.

Un homme de 23 ans a par ailleurs été abattu lors d'affrontements avec la police à Thala, dans l'Ouest, ont rapporté à Reuters deux témoins et le frère de la victime.

Le défunt, Wajdi Sayhi, était sourd et n'a pas entendu l'ordre de dispersion de la police. Il a été touché d'une balle à l'abdomen, a déclaré par téléphone son frère, Ramzi.

Ces informations n'ont pu être confirmées auprès des autorités, dont le bilan est toujours de 23 morts.

Les manifestants disent protester contre le coût de la vie et la pénurie d'emplois en Tunisie. Les autorités dénoncent l'instrumentalisation de ces manifestations par une minorité d'extrémistes.

Dans un discours télévisé prononcé lundi, Ben Ali s'était contenté de promettre des créations d'emplois et avait accusé les émeutiers de commettre des «actes de terrorisme».

L'Union européenne s'est démarquée mercredi de la prudence de la France, ancienne puissance coloniale, face aux violences en Tunisie en estimant qu'elles étaient inacceptables et que leur répression était disproportionnée.

À Paris, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a défendu, face aux critiques de l'opposition, la réaction française aux événements de Tunisie, qu'il juge «équilibrée».

 

Le gouvernement tunisien a décrété un couvre-feu de 20h00 (19h00 GMT) à 06h00 (05h00 GMT) à compter de ce mercredi pour Tunis et sa banlieue.

Après son entrée en vigueur, plusieurs centaines de jeunes ont lancé des pierres en direction des forces de l'ordre à El Omran, dans les faubourgs de la capitale. Les policiers ont riposté à coups de grenades lacrymogènes et en tirant en l'air.

Des soldats et des véhicules de l'armée avaient auparavant fait leur apparition en au moins deux endroits du centre-ville où la plupart des magasins sont restés fermés. Le calme y régnait à l'heure du couvre-feu.

    Leur presse (Tarek Amara,
    Reuters), 12 janvier 2011 - 22H35.
 

 

Dans le faubourg ouvrier d'Ettadamen, près de Tunis
 

Tunisie : Deux civils tués à Douz par des tirs de la police

    Deux civils ont été tués mercredi par des tirs de la police à Douz, dans le sud de la Tunisie, lors d'une manifestation ayant dégénéré, a indiqué un témoin à l'AFP, faisant état d'informations non confirmées sur trois autres tués et sur des destructions de bâtiments publics.  

C'est la première fois depuis le début des émeutes il y a un mois en Tunisie que cette ville de 30'000 habitants, située à 550 km au sud de Tunis, connaît de telles violences, a affirmé ce témoin.

«Les victimes sont Hatem Bettaher, un enseignant universitaire et Riad Ben Oun, un électricien», a précisé ce témoin qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat, ajoutant qu'«entre quatre et cinq autres habitants ont été blessés, dont certains grièvement».

Selon lui, 13 autres personnes avaient été blessées par les tirs de la police, dont deux grièvement alors que des informations faisaient état de trois autres morts dans les mêmes circonstances, deux dans le village proche de Jimna et la troisième à Guebelli, chef-lieu du gouvernorat du même nom.

Toutefois, ces trois morts n'ont pas pu être confirmées par l'AFP dans l'immédiat.

Le témoin a ajouté que les forces de l'ordre avaient quitté en soirée la ville, après avoir été encerclées par les manifestants qui ont ensuite brûlé des bâtiments publics, dont la recette des finances, le siège de la municipalité ainsi qu'une permanence du parti au pouvoir du président Zine El Abdine ben Ali. «La violence génère la violence», a-t-il commenté à propos des destructions.

Tout a commencé mardi soir par une manifestation d'habitants qui s'était déroulée «pacifiquement» mais qui a été suivie par une attaque de «jeunes» contre le siège de la sous-préfecture, le poste de police et le siège du parti au pouvoir.

Les manifestants se sont rassemblés à nouveau mercredi matin devant le siège de la sous-préfecture mais la police a utilisé du gaz lacrymogène pour les disperser «avant de tirer à balles réelles», selon ce témoin, un ancien syndicaliste.

En France, un syndicaliste enseignant français, Stéphane Tassel, a indiqué à l'AFP qu'Hatem Bettahar, 38 ans, était depuis plus de dix ans professeur d'informatique à l'Université de Technologie de Compiègne (nord de la France). «Ce décès, qui s'ajoute à d'autres, est insupportable et intolérable», a-t-il déclaré.

Un cousin de Hatem Bettahar, vivant en France, a assuré à l'AFP avoir vu des photos qui lui ont été envoyées de Douz, sur lesquelles il est clairement visible qu'Hattem Bettahar a été atteint d'une balle en pleine tête.

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Cité Intilaka à Tunis - 12 janvier, 16 heures


Les émeutes sociales secouent la Tunisie depuis quatre semaines et ont déjà fait entre 21 morts, selon les autorités, et plus de 50 tués, selon une source syndicale.

Le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi a annoncé mercredi le limogeage du ministre de l'Intérieur Rafik Belhaj Kacem et son remplacement par un universitaire et ancien membre de gouvernement, Ahmed Friaâ.

Il a aussi annoncé la libération de toutes les personnes arrêtées pendant les manifestations, à «l'exception de ceux qui sont impliqués dans des actes de vandalisme», dans une tentative d'apaiser la tension dans le pays.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 12 janvier - 17h05.
 

Manifestation des médecins et infirmières de l’hôpital Farhat hashad à Sousse :
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Delenda est Carthago - 13 janvier

Tunisie : la banlieue de Tunis se révolte malgré le couvre-feu

    Les affrontements entre les jeunes manifestants tunisiens et les forces de sécurité se sont poursuivis dans la nuit de mercredi à jeudi  à Tunis malgré le couvre-feu appliqué par les autorités.  Selon les témoignages rapportés par l'AFP, «ces violences se sont produites à environ 15 km du centre de la capitale dans les cités d'Ettadhamen et Intilaka», souligne-t-on. 

 

À Tunis, les forces de l'ordre n'inspirent plus la crainte et la terreur aux jeunes tunisiens qui, désormais, ne fuient plus la confrontation avec le régime autoritaire de Ben Ali. Durant toute la nuit du mercredi à jeudi, les tirs, les cris de révolte, les sirènes des ambulances, les détonations et les bruits de casse n'ont guère cessé d'ébranler les certitudes du Clan Trabelsi.

Ainsi, selon le compte rendu de l'AFP, «les incidents ont démarré mercredi après-midi pendant un rassemblement qui a ensuité dégénéré en affrontements violents entre forces de sécurité et des jeunes». Et jeudi matin, «des colonnes de fumée s'échappaient encore de deux bâtiments et les pompiers étaient à l'œuvre pour éteindre l'incendie dans des rues jonchées de débris», constatent des journalistes de l'AFP.

Plusieurs autres témoignages signalent que des bâtiments de la municipalité ont été caillassés et des voitures calcinées «se trouvaient jeudi matin devant les locaux de la sous-préfécture», précise-t-on. Mêmes les commerces n'ont pas été épargnés par les violences qui ont transformé la banlieue de Tunis, le temps d'une nuit, en un théâtre d'affrontement entre des jeunes réclamant le changement et des forces de police fidèles au régime en place.

Ces affrontements prouvent, par ailleurs, que le couvre-feu qui «était strictement observé dans le centre de Tunis», relate l'AFP, n'a pas empêché les habitants de la banlieue de sortir dans la rue et poursuivre la contestation.

Rappelons enfin que le ministère de l'Intérieur tunisien a justifié le couvre-feu par «le souci de protéger les citoyens» et précisé qu'il serait appliqué «provisoirement» dans  la capitale, Ben Arous, l'Ariana et la Manouba qui forment le Grand Tunis.

    Abderrahmane Semmar - El Watan, 13 janvier 2011.
 

Tunisie : retrait jeudi de l'armée de la capitale

    L'armée s'est retirée jeudi de la capitale tunisienne où des unités spéciales de la police ont pris place dans le centre relativement animé, au lendemain d'une nuit calme dans Tunis placée sous couvre-feu, a constaté une journaliste de l'AFP. 

Des blindés et des unités d'intervention de la police ont remplacé ceux de l'armée sur l'avenue centrale Habib Bourguiba et sur la place Barcelone, près d'un grand terminus des trains de la banlieue sud et du tramway.

Seuls deux véhicules de l'armée avec des soldats en armes étaient encore postés depuis la veille sur la place Ibn Khaldoun, face à l'ambassade de France.

Mais des cars remplis de policiers anti-émeutes stationnaient dans les rues latérales menant à l'avenue principale.

Un témoin a indiqué jeudi à l'AFP qu'un jeune homme avait été tué par balle dans la banlieue ouest de Tunis dans la nuit de mercredi à jeudi, au cours de violents affrontements qui ont opposé les forces de sécurité à des jeunes dans la cité d'Ettadhamen.

Les autorités ont décrété mercredi à Tunis et sa banlieue un couvre-feu nocturne pour une durée illimitée, la première mesure de ce genre dans la capitale depuis l'arrivée au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali en 1987.

«Malgré le couvre-feu, des gens sont sortis pour casser, on n'a pas dormi de la nuit», s'est plaint un fonctionnaire résidant dans la banlieue nord, jusque là épargnée par la violence.

À Tunis, plusieurs commerces étaient ouverts jeudi et des journalistes étrangers interrogeaient des passants dans la rue devant de nombreux policiers en civil.

«Je suis scandalisé par ce déchaînement de la violence, c'est un phénomène nouveau et inexplicable en Tunisie», a déclaré à l'AFP un libraire du centre.

Dans les cafés ouverts, les terrasses habituellement bondées étaient un peu dégarnies jeudi matin. Des clients échangeaient à haute voix des propos au sujet des affrontements de la nuit dernière en banlieue.

Dans une boutique de l'opérateur Orange, un agent s'apprêtait toutefois à baisser les rideaux, un épicier faisant de même. «Il y a de la casse, il faut être prudent», a déclaré l'agent, devant son dernier client.

    Leur presse (AFP), 13 janvier.
 

Tunisie : La révolte aux portes du palais de Carthage 

    Le compte à rebours de l’après-Ben Ali a-t-il commencé ? Cette question brûle les lèvres de nombreux observateurs qui suivent les événements qui secouent la Tunisie depuis un mois. S’il est extrêmement difficile de parier sur une chute immédiate du régime de Ben Ali, les Tunisiens ne jurent en tout cas que par son départ. Un couvre-feu nocturne est décrété dans la capitale et sa banlieue. La contestation est à son apogée. 



Acculé, le président Zine El Abidine Ben Ali (74 ans) a limogé, hier, son ministre de l’Intérieur, Rafik Hadj Kacem, et a décidé de libérer tous les détenus depuis le début des émeutes sociales qui secouent le pays, dans une tentative de stopper la colère du peuple.

Dans le même temps, les forces armées contrôlent la capitale. Selon le journaliste tunisien, Jalal Zoughlami, joint par téléphone, «des renforts militaires, soldats en armes, camions et blindés ont fait leur apparition dans la capitale dans la nuit de mardi à mercredi. Des unités de l’armée sont postées sur les grands carrefours de Tunis, d’autres surveillent le siège du Parlement et les bâtiments de la Radio et de la Télévision publique. Des blindés sont aussi stationnés pas loin du palais présidentiel. Les rues sont désertes, la circulation est très faible». «Il règne comme un climat de siège et de peur dans la capitale.»

Alors que la révolte sociale jusque-là contenue dans les villes du sud-ouest du pays, la colère «des oubliés de la République» gagne en intensité et se rapproche des allées du pouvoir. Des informations font état du limogeage également du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Rachid Ammar.

Il aurait refusé de donner l’ordre aux soldats de réprimer les émeutes et exprimé des réserves sur un usage excessif de la force. Selon l’avocat et militant des droits de l’homme, Me Raouf Ayadi, contacté par téléphone, a décrété une situation «ouverte sur toutes les éventualités, maintenant que les évènements sont arrivés à la capitale. Les affrontements se poursuivent aujourd’hui (mercredi, ndlr) dans les quartiers populaires de la ville, à Rades, les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla et dans les quartiers populaires de l’ouest de la capitale où des camions de l’armée sont stationnés. Les agents de la police politique ont sommé les commerçants de baisser les rideaux de leurs boutiques et magasins». Si l’armée est appelée à la rescousse, «il n’est pas évident qu’elle tire sur la foule, les soldats, eux aussi, sont issus des régions les plus pauvres du pays. Des officiers peuvent s’opposer à implication de l’armée dans la répression directe des manifestants», a indiqué l’avocat.

Quant aux «mesures» prises par le président Ben Ali, Me Ayadi a estimé que «le limogeage du ministre de l’Intérieur ne va rien changer à la situation. Le ministre de l’Intérieur n’est qu’un exécutant des ordres venus de la Présidence. La plaie est profonde et les manifestants ne jurent que par la tête du Ben Ali. Ce dernier tente des manœuvres désespérantes, il est trop tard. Des jeunes Tunisiens sont tués par des snippers, pas question de faire machine arrière», a ajouté l’avocat.

L’opposant Hamma Hammami arrêté

Et si le Président a donné ordre de libérer tous les détenus, son pouvoir s’attaque aux dirigeants de l’opposition. Ainsi, le chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, interdit), Hamma Hammami, a été interpellé, hier à son domicile, près de Tunis, a annoncé à l’AFP son épouse Radia Nasraoui. «La police a débarqué et arrêté Hamma», selon Me Radia Nasraoui. «Plusieurs policiers ont forcé la porte de notre appartement, perquisitionné et cassé, avant de prendre Hamma sous les yeux de sa fille», a-t-elle raconté. Hamma Hammami (59 ans) est le dirigeant d’un parti «illégal» d’extrême gauche, autrefois très présent à l’université. Recherché par la police, il vivait dans la clandestinité jusqu’à récemment. Durant les événements, il est intervenu plusieurs fois sur des télévisions étrangères pour dénoncer le régime du président Ben Ali. Une preuve que Ben Ali ne cherche pas l’apaisement, mais plutôt le contraire.

La réplique lui a été donnée et s’est faite sentir à travers beaucoup de villes. La répression brutale n’a pas entamé la détermination des Tunisiens à faire tomber celui qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1987.
 
Des marches étaient organisées hier à Sfax, Bizerte, Sidi Bouzid, Kasserine et Thala.

«Les manifestants demandent le départ du président», nous a informé l’avocate, Mounia Bou Alia, qui se trouve dans la ville de Thala. Jointe par téléphone, elle a dépeint «un climat des plus inquiétants» dans cette ville qui a connu de violents affrontements depuis trois semaines. «La situation sécuritaire a franchi un cap très dangereux. Les services de sécurité nous infligent une répression sans égale. Durant la nuit de mardi à mercredi, la police a investi des maisons et a procédé à des arrestations massives.

Plus grave encore, une femme a été violée par un policier devant son mari. Aujourd’hui, il ne s’agit plus du pain ou du travail, mais de la dignité du peuple tunisien qui est violée. Une grande manifestation a été organisée contre la répression brutale de la police, mais les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes et ont tiré avec des balles réelles contre des manifestants. Un jeune a été tué.» L’avocate a estimé que le départ du ministre de l’Intérieur «n’est qu’une manœuvre du Président. Le problème de la Tunisie, c’est Ben Ali, c’est lui qui a donné l’ordre de tirer sur la foule».

En somme, la Tunisie est en train de vivre un tournant historique. Le conflit entre le peuple et le pouvoir a atteint un point de non-retour. Le mouvement de contestation est en passe de créer un rapport de forces en sa faveur, il semble plus fort que le régime.

    Hacen Ouali - El Watan, 13 janvier.



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Émissions et radio sur les révoltes au Maghreb

À écouter en ligne :

    — Émission «L’Égrégore» («Maghreb : émeutes de la fin») du 10 janvier

    — Émission «Au fond près du radiateur» du 11 janvier. ;

    — Radio Kalima - Algérie / Radio Kalima - Tunisie.
« Modifié: 13 janvier 2011 à 16:22:56 par TYGER »
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Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
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Re : Tunisie
« Réponse #22 le: 14 janvier 2011 à 15:33:13 »
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Deux tués pendant le discours du président

    Deux civils ont été tués par des tirs de la police dans la ville de Kairouan, dans le centre de la Tunisie, ont raconté des témoins. Ces décès sont intervenus au moment même où le président Zine El Abidine ben Ali prononçait un discours dans lequel il ordonnait la fin des tirs sur les manifestants

Un électricien de 23 ans, a été tué d'une balle dans la poitrine près des locaux de la gendarmerie lors d'affrontements qui ont éclaté après une manifestation pacifique à l'appel du syndicat régional dans cette ville du centre, a dit l'un des témoins.

Un quadragénaire, employé d'une fabrique de tabac, a également été tué par des tirs de police dans les mêmes circonstances, a indiqué un autre témoin.

Ces deux habitants ayant requis l'anonymat ont évoqué des scènes de chaos dans la ville qui a connu des pillages durant plusieurs heures.

Au total, trois postes de police, une municipalité, une permanence du parti présidentiel au pouvoir, ont été incendiés et des commerces ont été pillés.

Près de Tunis, dans la Cité El Ghazala, des affrontements ont eu lieu jeudi soir entre la police et des manifestants aux abords d'un pôle technologique gardé par l'armée, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

    Leur presse (ats), 14 janvier 2011 - 0h47.
 

Les miliciens de Ben Ali font régner la terreur en Tunisie

    Alors que l'insurrection a gagné l'ensemble du pays et touche dorénavant la capitale, Tunis, où il y a eu au moins un mort, des très graves dérapages sont signalés. 

 

Une partie de la police de Ben Ali, transformée en milice, fait régner la terreur en s'attaquant aux citoyens. Meurtres, pillages et viols sont signalés dans plusieurs villes. Les miliciens en civils, pourchassent les citoyens, incendient les infrastructures, pillent les biens privés. Selon des informations obtenues par nos correspondants sur place, l'appareil policier qui entoure Ben Ali, a décidé de se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Impliqués pendant des années dans une politique répressive (enlèvements, tortures, racket en tous genre) ils savent que la population leur demandera des comptes si le régime change.

Face aux hésitations de la communauté internationale, voire dans certains cas, à la complicité de certains dirigeants, notamment le président français, Nicolas Sarkozy qui tente de sauver le régime actuel, l'appareil policier de Ben Ali s'engage dans une guerre totale contre la population.

    Radio Kalima - Algérie, 13 janvier 2011.
 

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Manif anti-Ben Ali à Ennasr - Tunis
à 22h30 (après le discours)
 

Tunisie : pillages à Hammamet

    La station balnéaire tunisienne de Hammamet, prisée par les touristes européens, était livrée aux pilleurs aujourd'hui en fin d'après-midi, selon des journalistes de l'AFP arrivés dans cette cité située à 60 km au sud de Tunis

Un poste de police, une permanence du parti au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali ont été détruits ainsi que des résidences cossues, dont l'une appartiendrait, selon des habitants, à un proche du chef de l'État.

«Mort à Ben Ali», a tracé une main sur l'un des murs de la résidence du proche du président tunisien, située sur la Corniche et qui été totalement saccagée. Dans la rue, les passants ont érigé de nombreux barrages alors que d'autres pillaient des magasins emportant tout ce qui leur tombait sous la main.

Les pillages ont commencé après une marche pacifique dans cette ville très touristique, qui compte des dizaines d'hôtels, et après les funérailles d'un réceptionniste de l'un de ces établissements, Zouheir Souissi, qui a été tué mercredi par les tirs de la police.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier.
 

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Manifestant tué à Kairouan, 13 janvier
 

Tunisie : plusieurs magasins pillés

    Des manifestants ont attaqué et pillé hier et aujourd'hui des magasins des enseignes françaises Carrefour et Casino auxquels sont associés des proches du pouvoir en Tunisie, selon des informations recueillies par l'AFP

À Gafsa (sud-ouest), le dépôt d'un magasin Carrefour, au rez-de-chaussée d'un immeuble de sept étages, a été pillé par des manifestants aujourd'hui alors que le magasin situé au premier étage a été détruit mercredi, selon des témoins. Les pillages se sont déroulés sous les yeux de militaires postés avec leur blindé près d'agences bancaires dont aucune n'a été visée, selon ces témoins.

À Nabeul, dans le nord-est, un magasin de la même enseigne a été totalement détruit et vidé par des manifestants, a rapporté un correspondant de presse. À Gabès, dans le sud-est, un autre magasin Carrefour a été pillé, selon un correspondant de la radio Chams FM. Il appartient à l'une des filles du président Zine El Abidine ben Ali.

À Bizerte (nord-est), un magasin de la chaîne Monoprix a subi le même sort jeudi, ont indiqué des habitants. Dans le quartier Lafayette, proche du centre ville de Tunis, des manifestants ont tenté de marcher vers un magasin Champion mais ont été dispersés par la police, selon de nombreux témoins.

 

 

 

Ettadhamen, le 13 janvier

À Ettadhamen, banlieue proche du nord de Tunis, d'autres manifestants ont tenté de s'approcher de l'hypermarché Géant de la chaîne Casino qui se trouve à quelques kilomètres plus au nord et où est implanté aussi un magasin Conforma appartenant à Imed Trabelsi, l'un des frères de l'épouse du président, Leila ben Ali, a constaté une correspondante de l'AFP. Interrogé pour savoir s'il voulait s'attaquer à l'hypermarché Géant parce que c'est une enseigne française, un manifestant a répondu «non, ce n'est pas français, ça appartient à des proches du président».

    Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier.
 

 

Aymen Abdel WAhab Maray,

tué à Zarzis, gouvernorat de Medenine
 

Tunisie : Deux jeunes tués à Soliman

    Deux jeunes gens ont été tués aujourd'hui lors d'affrontements avec la police dans la ville côtière de Soliman, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de la capitale, Tunis, ont déclaré trois témoins à l'agence Reuters. 

Des jeunes manifestants tentaient d'attaquer un commissariat de police, a expliqué l'un d'eux. Les policiers ont répliqué en tirant d'abord en l'air pour les disperser, puis dans la foule.

«Ils en ont touché un à l'abdomen et le second à la poitrine. Je l'ai vu de mes propres yeux», a dit ce témoin, souhaitant conserver l'anonymat. Deux autres personnes contactées par Reuters ont fourni une même version des faits.

    Leur presse (Le Figaro), 13 janvier.

 

 

M'nihla, banlieue de Tunis, 13 janvier
 

Nouveaux affrontements en Tunisie, une station balnéaire touchée

    La Tunisie a connu de nouveaux affrontements violents jeudi, journée à l'issue de laquelle le président Ben Ali a promis l'arrêt des tirs et la liberté aux médias. Selon des témoignages rapportés par l'AFP, un manifestant a été tué en plein centre de Tunis dans le quartier Lafayette à proximité de l'avenue Bourguiba. 

Fait nouveau : les violences gagnent désormais les secteurs touristiques prisés par les touristes occidentaux. Ainsi, la station balnéaire de Hammamet était livrée aux pilleurs jeudi en fin d'après-midi, selon des journalistes de l'AFP arrivés dans cette cité située à 60 km au sud de Tunis.

Un poste de police, une permanence du parti au pouvoir ont été détruits ainsi que des résidences cossues, dont l'une appartiendrait, selon des habitants, à un proche du chef de l'État. Dans la rue, les passant ont érigé de nombreux barrages alors que d'autres pillaient des magasins emportant tout ce qui leur tombait sous la main.

Une des destinations préférées des Français

La Tunisie est l'une des destinations préférées des Français «avec plus 1,5 million de personnes chaque année», explique Georges Colson, président du Syndicat national des agents de voyages (Snav), qui se veut rassurant malgré des premières annulations de touristes inquiets.

À Tunis, les forces de l'ordre se sont interposées pour empêcher des manifestants, venus des abords de l'avenue Bourguiba, de se diriger vers le quartier où se trouvent un supermarché de la chaîne Carrefour et la Maison de la radio publique. C'est dans ce contexte qu'une personne aurait été tuée. (…)

    Leur presse (Le Parisien), 13 janvier.

 

 

 

Au centre de Tunis, 13 janvier
 

Massacre en Tunisie : Plus de 80 morts

    Selon des informations de sources indépendantes sur place en Tunisie, plus de 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation. 

La Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) parle d'un bilan qui s'établit désormais à 66 morts identifiés depuis le début des troubles, mi-décembre. L'organisation affirme détenir une liste nominative de ces 66 personnes tuées.

 

 

 

Quelques-uns parmi la dizaine de tués des dernières heures

Parmi les victimes, un universitaire franco-tunisien de 38 ans, professeur à l'université de Compiègne, tué par balles, mercredi, dans la ville de Douz. Jeudi, le ministère des Affaires étrangères suisse a de son côté confirmé la mort d'une de ses ressortissantes : selon la Radio suisse romande, il s'agit d'une infirmière d'origine tunisienne de 65 ans, atteinte par une balle alors qu'elle se trouvait sur un balcon dans la ville de Dar Chaabane.

    Radio Kalima - Algérie, 13 janvier.
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Re : Tunisie
« Réponse #23 le: 14 janvier 2011 à 15:52:09 »
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Delenda est Carthago - 14 janvier

L’instabilité de la situation, changeante d’heure en heure depuis que la banlieue de Tunis s’est soulevée et que l’armée s’est déployée, rend difficile à l’instant même une «synthèse» et une «analyse révolutionnaire à la mesure des événements» : il y manque une conclusion. On peut déjà constater en tout cas qu’il a suffi de deux jours pour que l’instauration de la loi martiale et du couvre-feu se transforme en une tentative désespérée de ravalement «démocratique» instantanément combattue dans la rue. Les choses vont vite et tout est possible. Certains disent que la journée de vendredi sera décisive.

En attendant, pour accompagner la grève générale et la manif à Tunis, cette vidéo filmée hier à Sousse, dans le fief de Ben Ali :
 

http://vimeo.com/18752759
Delenda est Carthago.

    #maniftunis

    #sidibouzid
 

14h40. Le cordon de policier disposé devant le ministère de l'Intérieur à Tunis a dû tirer des gaz lacrymogènes pour contenir la foule massée devant l'édifice, nous rapporte l'un de deux envoyés spéciaux du Parisien. Les policiers ont été débordés par la foule et des manifestants sont parvenus à escalader la façade du bâtiment pour s'accrocher aux grillages protégeant les fenêtres. (Leur presse - Le Parisien)

 

 <a href="http://www.youtube.com/v/BC2Z_H6OypM&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/BC2Z_H6OypM&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

Une maison Trabelsi saccagée à Hammamet

 

Mort à la Marsa - 13h56
 

Tunis : manifestation hostile à Ben Ali

    Des manifestants ont parcouru ce matin le centre de Tunis en criant des slogans hostiles au président Zine El Abidine Ben Ali au lendemain d'un discours apaisant du chef de l'État après un mois d'émeutes sanglantes dans le pays.  

 

 

Devant le ministère de l’Intérieur, avenue Habib Bourguiba

 

 

 

 

Avenue Habib Bourguiba

    Leur presse (Agence Faut Payer), 14 janvier 2011 - 10h15.

 

Des Tunisiens hostiles à Ben Ali défilent dans les rues de Tunis

    En dépit du discours du président qui se voulait apaisant, des manifestants parcourent le centre de la capitale en criant «Non à Ben Ali». Ils n'ont pas été inquiétés par la police.  

Des manifestants ont commencé, vendredi 14 janvier dans la matinée, à parcourir le centre de Tunis en criant des slogans hostiles au président Zine El Abidine Ben Ali au lendemain d'un discours apaisant du chef de l'État après un mois d'émeutes sanglantes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

«Non à Ben Ali», «Soulèvement continu, non à Ben Ali», ont crié les manifestants, quelques dizaines au départ, qui n'ont pas été inquiétés par les policiers.

La foule des manifestants a commencé à gonfler pour atteindre plusieurs centaines. Elle a été bloquée par un barrage de police qui s'est vite formé au milieu de l'Avenue Bourguiba de manière à l'empêcher de marcher vers le siège du ministère de l'Intérieur.

«Le ministère de l'Intérieur est un ministère de la terreur» et «hommage au sang des martyrs» ou encore «non, aux Trabelsi [ndlr: la belle famille du président] qui a pillé le pays», ont également scandé les manifestants.

Le président Ben Ali s'est engagé jeudi soir à quitter le pouvoir au terme de son mandat en 2014 et a ordonné la fin des tirs contre les manifestants, dans l'espoir d'apaiser un mouvement de contestation sans précédent.

Il a également annoncé une baisse des prix des produits alimentaires et des services de base.

    Leur presse (Nouvelobs.com), 14 janvier - 10h52.

 

Tunisie : des milliers de manifestants demandent la démission de Ben Ali

Selon Reuters, au moins 5000 Tunisiens manifestent devant le ministère de l'Intérieur, réclamant le départ immédiat du président, au lendemain de son discours annonçant qu'il ne se représenterait pas en 2014. De son côté, l'AFP fait état de centaines de manifestants dans le centre de Tunis.  

    Radio Kalima - Algérie, 14 janvier.  

 

Cortège de bus qui déversent des anti émeute Rabbi Yostor (#sidibouzid).
 

Tunis now: big gathering in front of Ben Ali political party building. chants continue (#sidibouzid).

 

En ce moment : Kairouan se manifeste : Grève des avocats (#sidibouzid) !

 La police charge les manifestants au niveau du croisement avenues Habib Bourguiba/Hbib Thamer selon le correspond Itélé en place (#sidibouzid).
 

 URGENT ! PLZ RT ! Snipers shooting people in #Mednine in southern #tunisia (#sidibouzid) !!!

 <a href="http://www.youtube.com/v/REl1GXXeqnA&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/REl1GXXeqnA&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Hammamet (13 ou 14 janvier)

D'après Aljezeera après le discours de Zinochet il y a eus 8 morts pendant la nuit (4 Kram, 2 Ariana, 2 Kairouan) sale menteur ZABA (#sidibouzid).

 <a href="http://www.youtube.com/v/FFfIwH6DaRg&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/FFfIwH6DaRg&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Cité Bahri à Sfax, soirée du 13 janvier
(une autre source indique Gafsa ?)

 
Karak (Jordanie) : Une manif salue le soulèvement en Tunisie

Jordanian protestors in Karak salute Tunisian uprising (#sidibouzid).
 

 <a href="http://www.youtube.com/v/jflrCLGCJ8g&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/jflrCLGCJ8g&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Cortège funéraire d’un homme tué par des snipers de la police
Bizerte, 13 janvier
 

Monsieur Ben Ali ayez la décence de vous taire !

N’avez-vous pas tiré les leçons de votre dernière piteuse prestation télévisée où, comme à l’accoutumée, vous êtes incapable de construire la moindre phrase intelligible, sans qu’elle ne vous soit dictée par vos mercenaires de la plume, et qui a été suivie d’une défiance manifeste de la part des citoyens dignes, face à vos menaces explicites exprimées sous le vocable cynique de «loi». Votre légitimité acquise par la terreur, et le mépris que vous affichez pour notre peuple, contraste de façon scandaleuse avec votre vile soumission, à ceux dont vous êtes le défenseur et le garant des intérêts.

La mise en exécutions de vos menaces et les «instructions» de tirer sur les manifestants (qui ne peuvent qu’émaner de vous, et confiées à votre brigade personnelle, dont nul n’ignore l’effroyable conditionnement) ne sont une surprise pour personne, puisque le Tunisien n’a pas oublié vos exploits lors des événements du jeudi noir 1978, où vous avez donné l’ordre de tirer sur la foule (45 morts officiellement) pour gagner vos galons et obtenir la confiance de l’establishment déjà en crise de légitimité, qui vous nommera Directeur de la sûreté nationale en 1984, pour écraser encore une fois dans le sang les émeutes du pain de 1984 (qui n’ont duré que trois jours).

La seule légitimité que vous avez bâtie n’a donc été que par le sang des Tunisiens, pour préserver le pouvoir de vos maîtres de l’époque, que vous finirez par trahir (comme vous avez trahi votre appartenance à ce peuple, et comme vous avez trahi vos engagements à la suite de votre coup d’État de 1987, en spoliant le peuple tunisien et son élite de décennies de sacrifices, dans la lutte qu’il menait contre les dérives autoritaires de l’époque, et pour l’élargissement des libertés individuelles, que vous avez anéanti, durant votre sombre règne).

M. Ben Ali vous n’avez qu’un langage, celui de la violence meurtrière, et vous n’avez qu’une culture, celle des services de renseignement, dont la fonction est la persécution des intellectuels authentiques, pour lesquels vous nourrissez une haine que ne justifie que votre mépris des valeurs humaines. Ce n’est pas votre déficit d’instruction qui est à l’origine de votre pauvreté intellectuelle, mais bien votre divorce avec la culture millénaire de notre pays, et votre attachement à une modernité de pacotille, et à un modèle de gestion des affaires de l’État qui est d’inspiration mafieuse.

Vous n’avez jamais été apte à conduire les affaires de l’État, mais une brigade de maintien de l’ordre ; votre culture exclut toute communication rationnelle, c’est pourquoi vous vous refugiez derrière un autoritarisme aveugle et une poignée de piteux serviles, sans envergure intellectuelle, qui vous servent de «matière grise» (Abdelaziz Ben Dhia, Abdelwahab Abdallah…) incapables d’élaborer un programme de développement autre que celui concoctés par la Banque mondiale et la Commission européenne. Ces deux institutions, en l’absence de politique économique qui préserve les intérêts de notre pays, ont fait le choix stratégique de faire de la Tunisie la vitrine du monde arabe ; avec un modèle de développement factice, totalement dépendant, et sans portée viable à long terme.

La seule dimension politique de vos plus proches collaborateurs, se résume à la propagande dans les médias caniveaux, et les opérations visant à museler toute voix discordante, et à éliminer du champ public tout universitaire, penseur, homme d’entreprise, médecin ou intellectuel qui refuse de vous être complice dans votre obsession de maîtriser tout ce qui pense ou bouge. Votre frayeur des citoyens dignes, a presque réussi à réduire le pays à un corps inerte, avec une dégradation jamais observé par le passé, et ce, dans tous les secteurs à caractère vital pour notre pays (la justice, l’enseignement, la santé, l’administration publique…) à tel enseigne, que seule l’ambition de survivre a fini par prévaloir sur la légitime participation à l’édification de notre avenir, chez une large frange des cadres et de la jeunesse.

Vous n’auriez jamais pu atteindre ce niveau d’arrogance dans la violence, n’eut été la complicité d’une élite qui a perdu toute crédibilité et tout esprit de créativité, puisque soumise jusqu’à l’abrutissement mental. Mais vos soutiens étrangers, qui constituent votre seule réelle légitimité, ils se réduisent aujourd’hui à une peau de chagrin (Berlusconi !! les autres n’osent plus vous soutenir, sachant les risques devant leurs opinions). M. Ben Ali, combien de cruauté faudra-t-il que vous fassiez subir à ce peuple, pour vous rendre à l’évidence ! Contrairement à ce que prétendent vos sous-hommes, qui vous conseillent, le peuple tunisien n’est pas vil et encore moins indigne.

C’est leur image qu’ils vous livrent croyant vous livrer la réalité du peuple tunisien, qui ne se soumet indéfiniment à la force. M. Ben Ali si vous aviez le minimum de culture populaire, vous auriez appris que notre peuple est très tolérant, très patient, mais jamais dans l’histoire il n’a laissé perdurer un tyran ; qu’il soit étranger, ou local. M. Ben Ali nous ne sous-estimons pas votre intelligence, qui s’est d’autant plus aiguisée auprès de vos formateurs des services spéciaux étrangers… Nous ne sous-estimons pas non plus votre capacité à réduire au silence des centaines de personnalités que vous estimiez «dangereuses». Vous avez gagné plusieurs batailles, mais vous perdrez la guerre !

C’est une certitude. Quelle que soit votre capacité à terroriser, en déployant vos escadrons de la mort et vos milices privées, pour semer la peur et le chaos. Seuls les êtres vils s’attaquent aux enfants et à leurs proches, pour obtenir le silence de ceux qui dérangent ! Combien de nos jeunes doivent-ils s’immoler par le feu, pour comprendre le niveau de désespoir que vous avez nourri dans notre jeunesse ? Combien de victimes et d’handicapés tombés sous vos balles meurtrières, faudra-t-il vous offrir, M. Ben Ali, pour assouvir votre soif du pouvoir, alors que le peuple réclame votre départ ! Notre culture nous enseigne de ne jamais tolérer l’injustice ni la tyrannie ; c’est le fondement même de notre humanité.

Elle nous enseigne de nous élever contre ces fléaux qui déciment toute société, avec tous les moyens qui sont à notre portée : «avec le cœur en dernier recours, si les autres formes de résistance sont rendues impossibles». Malgré des années de répression et de harcèlement, et le verrouillage de tout espace public, c’est le peuple sans aucun encadrement qui se soulève pour vous crier halte au pillage des ressources du pays ! Halte à la dégradation des institutions du pays ! Halte à la mainmise de la mafia sur la justice !

Halte à l’exil intérieur et extérieur de la vraie élite du pays ! Halte à la réduction du citoyen tunisien au statut d’immigré sans droits, dans son propre pays ! À l’heure où ses lignes sont écrites, j’apprends que vos escadrons de la mort pillent, brûlent, tuent, arrêtent et violent les jeunes filles des populations démunies et exsangues de Kasserine, après avoir encerclé et établi le siège de la ville, qui est privée d’eau, d’électricité et de vivres, depuis plusieurs jours.

Vous avez l’audace de déclarer que vous «exécuterez la loi avec fermeté». Votre conception de la loi nous en observons le caractère abject.

Notre peuple s’est révélé plus cultivé que vous et votre élite ; et plus civilisé que ne le prétendent les médias qui tentent de justifier la violence des hordes déshumanisées, que vous avez lancé contre eux.

Je ne vous invite pas à quitter le pouvoir M. Ben Ali, car vous n’en avez ni la dignité, ni le courage.

Vous le quitterez malgré vous, et malgré vos appuis étrangers.  

    Lamjed Ben Sedrine
    Radio Kalima - Tunisie, 13 janvier.

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 <a href="http://www.youtube.com/v/v-BNPnoQJss&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/v-BNPnoQJss&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
 <a href="http://www.youtube.com/v/Mq9-kesAGdA&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/Mq9-kesAGdA&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Hôpital Kaireddine à Tunis, nuit du 13 janvier
 

Death Squads in Dowar Heshr… specialized troops of guards chasing and killing innocent protesters (SBZ_news).

 <a href="http://www.youtube.com/v/NiOCJ1hu5tM&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/NiOCJ1hu5tM&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Tirs policiers à Hammam Zriba, nuit du 13 janvier
« Modifié: 14 janvier 2011 à 15:57:01 par TYGER »
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Re : Tunisie
« Réponse #24 le: 14 janvier 2011 à 17:46:26 »
18h30 Info Al Jazeera :
Ben Ali quitte le pouvoir et la Tunisie, après avoir remis les clefs à l'armée.
Fermeture de l'aéroport de Tunis

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Re : Tunisie
« Réponse #25 le: 14 janvier 2011 à 17:48:56 »
Et s'est réfugié en France  :frime1:. C'est les Tunisiens en France qui vont être contents !

EDIT : ah non il est arrivé à Malte !
« Modifié: 14 janvier 2011 à 18:38:45 par ElectricEye »

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Re : Tunisie
« Réponse #26 le: 14 janvier 2011 à 19:37:16 »
c'est le genre de salopard qu'il faut traquer : non pas pour lui faire la peau, le peuple peut être plus intelligent que lui, mais juste pour lui rendre la vie impossible, que partout où il passe il soit montré du doigt ainsi que tous ceux qui lui accorde l'accueil !
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Re : Tunisie
« Réponse #27 le: 15 janvier 2011 à 09:40:31 »
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"Les Tunisiens ont enfin pris leur information en main"
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3666
(Libre accès)
Quelle vertu, quel bonheur peut exister dans un pays où une classe d'individus peut dévorer la substance de plusieurs millions d'hommes?
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Re : Tunisie
« Réponse #28 le: 15 janvier 2011 à 12:08:13 »
Le grand truc de Sarko, la politique étrangère réduite aux relations personnelles entre chefs d'état !
Là, ça lui est tombé sur le coin de la gueule (aussi sur celle de Mitterrand, Delanoë, de l'inénarrable MAM je ne parle même pas...)
Malgré tous leurs accolades passés, au moment où Ben-Ali a dû partir, le Grand Diseux s'est empressé de le laisser tomber comme une merde !
Ailleurs, son autre pote Lula n'y est plus, il y a des fortes chances qu'on les aura dans le baba, les Rafales !
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Re : Tunisie
« Réponse #29 le: 15 janvier 2011 à 12:15:41 »
Ce qui me gène aux entournures dans cette histoire et la façon dont elle se passe, c'est que nos médias et nos politiques (bien tardifs et/ou discrets jusqu'ici) vont transformer ce mois de soulèvement en Tunisie en révolte anti Ben-Ali pure... Alors qu'il me semble qu'il s'agissait d'abord et en premier lieu de protestation sociale liée au chômage et au pouvoir d'achat.
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Re : Tunisie
« Réponse #30 le: 15 janvier 2011 à 19:51:30 »
Ah ça oui, le début va être vite oublié.


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Re : Tunisie
« Réponse #31 le: 17 janvier 2011 à 08:53:39 »
oui c'est tout ça fait ce qui se passe, on veut nous faire croire que c'est une volonté du peuple d'un retour à la démocratie.... vite des élections !

et le reste passe aux oubliettes, tous ces jeunes qui se sont immolés, qui ont été battus, torturés, flingués par les milices, snippers et garde présidentielle fidèle à Ben Ali...

c'est un peu une Révolution à la française, le peuple a faim ! heureusement que l'armée a tourné le dos au despote sinon le carnage aurait été effroyable (déjà que là les forces de police ont fait fort).

maintement il ne faudrait que la petite bourgeoisie remplace ceux qui détenait tous les rouages économiques du pays, et que les élections, qui vont immanquablement venir, ne sacrifient pas les revendications de la population pour une vie meilleur sur l'autel de la démocratie.
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Re : Tunisie
« Réponse #32 le: 17 janvier 2011 à 11:00:37 »
Ça ne va pas être de la tarte, ces prochains jours. Il reste dans le pays un noyau de "loups-garous" (v des "Werwolf" qui ont sévi après la chute des nazis)
Ils n'ont plus grand-chose à perdre, et la police en compte pas mal parmi ses agents.
Parler d'un gouvernement d'unité nationale n'est pas encore à l'ordre du jour.
On va sûrement s'empresser de dire "il faut tourner la page..."
On n'a pas encore fini de la lire, la page !
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Re : Tunisie
« Réponse #33 le: 17 janvier 2011 à 15:20:09 »
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Tunisie : holdup en préparation. Le peuple tunisien va-t-il se faire voler sa victoire sur la dictature ?
José FORT

1/ Les présidents « par intérim » autoproclamés, un jour l’un, un jour l’autre, (ancien Premier ministre et Président de l’Assemblée) sont deux potiches de l’ancien régime. Ils ont participé directement à la politique répressive et corrompue de Ben Ali et sa famille.

2/ Le RCD, ancien parti unique, reste en place tandis que les milices et les policiers du dictateur aujourd’hui exilé, font régner la terreur.

3/ Les partis politiques « présentables », dits « démocratiques », dont de nombreux dirigeants ont collaboré à un moment ou à un autre avec le régime Ben Ali et vivent pour la plupart à Paris sont invités à négocier la « transition » avec les représentants de l’ancien régime.

4/ La plupart des chancelleries notamment françaises et nord-américaines exercent en ce moment même des pressions sur les candidats « présentables » à la transition pour une sortie « tranquille de la crise », selon un diplomate américain en poste à Tunis.

5/ Après le refus - obligé - de Sarkozy et Fillon d’accueillir Ben Ali à Paris, les autorités officielles françaises craignent que l’ancien dictateur se laissent aller à des « confidences ». Notamment financières.

6/ Le chaos organisé par les bandes liées à la dictature vise à discréditer la révolution en cours. Que va faire la hiérarchie militaire formée en France et aux Etats-Unis ? Est-il utopique d’espérer une réaction des officiers et sous-officiers non corrompus et liés à la population à l’instar de ce qui s’est passé au Portugal en 1975 ?

7/ Même si les situations ne sont pas identiques, il faut s’attendre à de forts mouvements en Algérie, au Maroc, en Egypte. Les intellectuels français abonnés aux plateaux télé et radio – si prolixes sur d’autres pays - resteront-ils toujours aussi silencieux lorsqu’il s’agit de la Tunisie ?

8/ La démocratie étant le véritable rempart à l’extrémisme, c’est aux forces politiques et syndicales tunisiennes de dialoguer et si possible de s’entendre, en refusant toutes les ingérences venues de l’extérieur.

Le peuple tunisien a fait preuve de courage au prix du sang et des larmes. Il ne faut pas lui voler sa victoire sur le despotisme.

José Fort
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Re : Tunisie
« Réponse #34 le: 17 janvier 2011 à 15:45:00 »

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Delenda est Carthago - 17 janvier

 Des manifestants ont exigé lundi en Tunisie la dissolution du parti du président déchu Zine el Abidine Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD)

    Ces manifestations, à Tunis et dans le centre-ouest du pays, sont intervenues alors qu'on attend à 15 heures l'annonce d'un gouvernement de transition où pourraient notamment figurer des membres de l'ancien gouvernement du président déchu ayant un profil technocratique.

 

«La révolution continue ! RCD dehors !», ont scandé à Tunis plusieurs centaines de manifestants réunis en deux groupes sur l'avenue Habib Bourguiba, l'un devant le théâtre municipal de Tunis, l'autre devant l'ambassade de France. «On ne veut personne du RCD dans le futur gouvernement, y compris le Premier ministre» actuel, Mohammed Ghannouchi, a déclaré à l'AFP un manifestant.

Des policiers anti-émeutes ont dispersé peu à peu ces manifestants à l'aide de canons à eau et de tirs de grenades lacrymogène mais en faisant preuve de retenue. Les policiers ont restreint cette fois l'usage de la force, tentant d'établir une discussion avec les manifestants. «Le couvre-feu est en vigueur et les manifestations sont interdites. On nous a signalé la présence de provocateurs et d'extrémistes. On essaye d'intervenir sans violences. On est en train de dialoguer, d'essayer de les convaincre de se disperser», a expliqué à l'AFP un officier de police sur les lieux.

Des rassemblements identiques ont aussi eu lieu dans la ville symbole de Sidi Bouzid (centre-ouest) et à Regueb, non loin. «On peut vivre avec seulement du pain et de l'eau, mais on ne peut plus vivre avec le RCD», scandaient les manifestants à Regueb.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 17 janvier.
 

Évasion des prisonniers après des événements sanglants dans certaines prisons

Un incendie s’est déclenché, ce samedi, dans la prison de Monastir, faisant plusieurs morts. Des sources médicales et syndicales de l’hôpital Labib Bourgiba ont fait état de 56 morts et 19 blessés, et la fuite de plusieurs prisonniers. Toutefois, le nombre des victimes risque de grimper vu la gravité des brûlures. Des prisonniers qui ont mis le feu aux matelas seraient à l’origine de cet incendie.

Des fugitifs de la prison de Mounastir ont attaqué la prison d’Almehdia. De violents affrontements ont alors eu lieu entre ces derniers et les forces de l’ordre faisant une vingtaine de morts et l’évasion d’une dizaine de prisonniers.

Hier, d’autres affrontements ont eu lieu aux alentours de la prison Akarib à Sfax. Aucune information n’a filtré sur cet incident.

Des évasions de prisonniers ont été signalées à Bourdja El Roumi, Mernaq, Almournaguia et à Kasserine. 

    Radio Kalima - Tunisie, 15 janvier.
 

Résistant aux pénuries et à l’insécurité

Les Tunisiens veulent assurer leur avenir démocratique

    Une chaîne de solidarité s’est mise en place pour partager les provisions, en attendant une amélioration prévue pour le début de la semaine. 

La carte postale est déchirée. La Révolution du jasmin est toujours en marche pour consolider les acquis et installer définitivement la Tunisie dans la démocratie. Hier, les gens se félicitaient dans la rue ; «mabrouk» était sur toutes les lèvres. Des hommes et des femmes qui, avant, ne se parlaient même pas de peur et de méfiance, se disent bonjour avec des sourires venus du fond du cœur. C’est la Tunisie nouvelle qui respire à pleins poumons l’air de la liberté que des générations entières n’ont pas connu. Les choses changent à grande vitesse et cela se voit. Les options politiques risquent de subir cette accélération des événements, mais l’élite qui a encadré le mouvement reste consciente et confiante en l’avenir démocratique.

Des femmes de l’Association tunisienne des femmes démocrates en parlent et tentent de prendre des initiatives. «Il faut transformer les comités de défense des quartiers en espaces de débat citoyen», propose Ahlem Belhadj, médecin et cheville ouvrière de l’association. Partout, les groupes de réflexion et d’action qui ont accompagné le mouvement redoublent d’efforts et de vigilance pour protéger l’avenir, qu’ils veulent démocratique.

 

Supermarché de la banlieue de Tunis, le 15 janvier

L’autre face de ces événements, marquée par un quotidien difficile, ne semble pas déranger outre mesure la population. Le week-end a été très long. Malgré les pénuries qui perturbent l’alimentation en eau potable, en pain et autres produits alimentaires, les Tunisois ne pleurnichent pas, loin de là. Une chaîne de solidarité s’est mise en place pour partager les provisions en attendant une amélioration attendue pour le début de semaine. Le gouvernement a appelé hier toutes les administrations à reprendre leur activité dès ce lundi, exception faite des établissements scolaires qui resteront encore fermés jusqu’à rétablissement total de l’ordre.

Les radios et les télévisions, qui se réveillent et basculent dans la liberté d’expression, passent en boucle des appels à destination des commerçants pour qu’ils rouvrent boutique. Ces mêmes médias ont animé des débats et gardé les antennes ouvertes aux interventions de personnalités et de citoyens sur la situation d’insécurité ou encore le futur politique immédiat. À l’unanimité, les intervenants rejettent certaines déclarations de dirigeants étrangers, notamment celles de Mouammar El Gueddafi ou encore de Barack Obama. «Nous ne voulons de leçon de personne», avançait un artiste présent sur le plateau, auquel rétorquait l’animatrice : «Nous forgerons notre destin de nos propres mains.»

L’enthousiasme est général. Les derniers touristes quittaient hier la Tunisie, embarquant dans un aéroport sale, pourvu d’un service minimum. Mais les Tunisiens ne voyaient rien et personne à part eux-mêmes, fiers et contents comme jamais de leur exploit et de lendemains qui chantent pour leur pays. Un peu avant 17 heures, la ville est redevenue fantomatique en dépit de la décision du gouvernement de repousser le couvre-feu d’une heure.

Les jeunes et leurs pères constituant les comités de défense sont revenus à leur poste dans les quartiers pour veiller au grain et assister l’armée dans sa mission de rétablissement de l’ordre. Le bruit des hélicoptères a repris dans le ciel de Tunis, en attendant demain.

    Nouri Nesrouche - El Watan, 17 janvier.
 

Tunisie : une manifestation dispersée

    L'armée tunisienne a dispersé aujourd'hui [16 janvier] sans violence à Regueb (centre ouest) une manifestation qui réclamait un vrai changement politique alors que des discussions sont en cours à Tunis en vue de la formation d'un gouvernement de transition, a rapporté un syndicaliste. 

«Nous ne nous sommes pas révoltés pour la formation d'un gouvernement d'union avec une opposition de carton-pâte», ont scandé environ 1.500 manifestants dans les rues de cette localité de 8.000 habitants. «Pourparlers limités, démocratie boiteuse», affirmaient encore les slogans.

L'armée est intervenue pour interrompre la marche sans recourir à la violence, en vertu de l'état d'urgence décrété vendredi le jour de la chute de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali et qui interdit les rassemblements de plus de trois personnes. Les manifestants se sont ensuite dispersés par petits groupes. Certains ont trouvé refuge à la Maison de la culture de cette localité qui a connu de violentes manifestations durement réprimées par la police pendant la révolte populaire d'un mois ayant abouti à la chute du régime Ben Ali.

 <a href="http://www.youtube.com/v/_Gh5w2UQBNs&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/_Gh5w2UQBNs&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

Cette manifestation a eu lieu alors qu'à Tunis, le premier ministre sortant, Mohammed Ghannouchi, qui reste en place, réunissait tous les partis politiques dits légaux, représentés au Parlement ou non, mais pas le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) de Hamma Hammami qui est interdit ni les islamistes du Ennahdha de Rached Ghannouchi qui vit en exil à Londres. Cette réunion vise notamment à désigner les membres d'un comité qui sera chargé de former un gouvernement d'union nationale.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 16 janvier.
 

Tunisie : la révolution n’est pas finie

    Après un mois d’insurrection populaire, le tyran est tombé. Ben Ali et sa clique ont pris le chemin de l’exil. C’est une immense victoire pour le peuple tunisien qui ne peut que réjouir toute personne éprise de liberté. C’est aussi un exemple et un grand espoir pour les peuples de la région qui vivent dans des régimes policiers. 

Mais la révolution n’est pas finie, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) détient toujours le pouvoir : 152 sièges sur 189 au parlement, le président par interim Foued Mebazaa et le premier ministre Mohamed Ghannouchi sont des piliers de la dictature. Plus qu’un réel changement, les premières mesures prises dans l’urgence montrent surtout la volonté du pouvoir de calmer la rue. Il y aura des élections dans soixante jours mais selon les règles de l’actuelle constitution, taillée sur mesure pour le RCD. Les consultations pour la constitution d’un gouvernement d’union nationale ont commencé, mais c’est le RCD qui sélectionne les partis qui lui conviennent. Le but de la manoeuvre est clair : il s’agit de confisquer à la rue sa victoire en canalisant la révolte vers le terrain politicien. Le risque est grand que le parti au pouvoir co-opte une opposition servile et instaure une démocratie de façade une fois le souffle de la révolte retombé. On ne peut pas non plus écarter l’éventualité d’un nouveau dictateur ayant, comme Ben Ali, l’aval de l’Élysée et de la Maison Blanche.

Les Tunisiennnes et les Tunisiens sont conscients des écueils qui mettent en danger la liberté qu’ils viennent d’arracher au prix de dizaines de morts. Partout dans le pays, ils s’auto-organisent en comités d’auto-défense pour lutter contre les milices du clan Ben Ali-Trabelsi qui continuent de sévir. Ils ne sont pas dupes des manœuvres visant à maintenir le RCD au pouvoir. Bravant l’état d’urgence toujours en vigueur, le 16 janvier des manifestant-e-s sont à nouveau descendu-e-s dans la rue pour exiger un vrai changement, en criant : «Nous ne nous sommes pas révoltés pour la formation d’un gouvernement d’union avec une opposition de carton-pâte.»

La révolution n’est pas finie, car aucun des problèmes de fond n’est réglé : pauvreté, chômage de masse, corruption, clientélisme, inégalités, etc… Au-delà de l’instauration d’un régime démocratique, la question sociale reste au centre des préoccupations des Tunisien-ne-s. Les maux que connaît le pays ne pourrons être réglés que par une politique énergique de redistribution des richesses en rupture avec la dictature des marchés.

Alternative libertaire affirme son entière solidarité avec la lutte du peuple tunisien pour la liberté et la justice sociale et son soutien aux militants anticapitalistes tunisiens ; elle condamne l’attitude de l’État français et plus généralement de la classe politique française, de droite comme du PS, investie depuis toujours dans le soutien au pouvoir autoritaire de Ben Ali.

    Alternative libertaire, 17 janvier.
 

Que vive la résistance populaire autonome en Tunisie !

    Les délégués des syndicats de la CNT-AIT française réunis ce jour saluent le soulèvement populaire du 14 janvier 2011 en Tunisie. 

L'action de la population tunisienne est un signal fort dans la lutte mondiale contre le capitalisme et l'État ; elle nous montre que la résistance autonome des exploités peut faire tomber les pires dictatures.

Nous souhaitons que cette lutte pour la justice sociale et l'émancipation puisse se développer, que les travailleurs et la jeunesse tunisienne puissent développer leurs propres moyens de décisions, malgré toutes les tentatives de récupérations et de divisions politiciennes ou religieuses qui risquent d'avoir lieu.

Seule la résistance autonome des exploités unis dans une perspective de lutte de classe  pourra s'opposer victorieusement à la barbarie du système.

Vive le communisme libertaire !

Vive l'Association Internationale des Travailleurs !


    Toulouse, le 15 janvier.
 

La Tunisie en proie à des affrontements armés

    Tunis a été le théâtre, dimanche 16 janvier, de violents affrontements entre les forces régulières loyales au gouvernement de transition et des miliciens armés apparemment fidèles au président déchu Zine El-Abidine Ben Ali, qui a fui le pays vendredi. Les combats ont d'abord eu lieu dans le secteur du ministère de l'intérieur et auraient fait deux tués dans les rangs des miliciens. «Il y a eu deux snipers qui ont tiré depuis un bâtiment situé à proximité du ministère de l'intérieur. On les a abattus», a déclaré un sous-lieutenant de l'armée à la télévision publique, qui n'a pas fait état d'autres victimes. Dans cette zone, complètement désertée par la population, les tirs ont cessé à la tombée de la nuit.

 

Les affrontements se sont ensuite poursuivis aux abords du palais présidentiel, où l'armée a annoncé avoir donné, dans la soirée, l'assaut du palais présidentiel de Carthage, dans lequel sont retranchés des éléments de la garde présidentielle de Ben Ali. Des témoins vivant à proximité du palais, situé à plusieurs kilomètres du centre de Tunis, ont confirmé avoir entendu des tirs continus d'armes lourdes. Un large périmètre de sécurité a été établi autour du site. Une habitante de Carthage a ajouté voir au loin «au moins deux hélicoptères qui survolent le secteur de la présidence». Selon la télévision publique, des policiers se trouvant dans l'enceinte de l'école des Hautes études commerciales, près du palais présidentiel, ont appelé l'armée à les secourir, disant qu'ils étaient pris sous le feu.

Après l'annonce de cet assaut, les autorités tunisiennes n'ont plus communiqué sur le sujet, mais des témoins indiquaient que les combats baissaient peu à peu en intensité.

TIRS DEVANT LE SIÈGE D'UN PARTI D'OPPOSITION

Un peu plus tôt dans l'après-midi, des tirs avaient également été échangés devant le siège d'un parti d'opposition, le Parti démocratique progressiste (PDP), à l'issue desquels plusieurs personnes ont été arrêtées, dont deux étrangers, a indiqué un des responsables de cette formation.

Un semblant de normalité semblait pourtant revenu dans la matinée. Des badauds avaient recommencé à se promener sur l'avenue Bourguiba. Les autorités provisoires avaient annoncé un allègement du couvre-feu en invoquant une amélioration des conditions de sécurité. Surtout, les pillages et les exactions qui avaient marqué les premières heures de l'après-Ben Ali ont largement diminué pendant la nuit.

La situation s'est bruquement tendue en début d'après-midi. Les policiers sont alors devenus de plus en plus nerveux, contrôlant systématiquement les véhicules pour vérifier notamment s'il n'y avait pas d'armes à l'intérieur. Des rumeurs font état de taxis transportant des miliciens.

Quatre ressortissants allemands et d'autres étrangers en nombre indéterminé et apparemment munis d'armes ont été interpellés dans l'après-midi, à bord de taxis, a déclaré un policier à la télévision publique. Les chauffeurs de taxis qui les transportaient ont assuré que leur client disaient vouloir se rendre à la chasse, selon la police.

 

L'ANCIEN CHEF DE LA SÉCURITÉ DE BEN ALI ARRÊTÉ

Au sommet de l'État, une certaine confusion continuait également à régner, entretenue par des règlements de compte et des arrestations de proches de l'ancien président. L'un des anciens hommes forts du régime, l'ex-chef de la sécurité du président déchu, a notamment été arrêté dans la journée, à la demande de la justice tunisienne qui l'accuse des récentes exactions commises contre la population. «Le général Ali Sériati a été placé sous mandat de dépôt après la présentation des chefs d'inculpation qui pèsent sur lui», a indiqué à l'AFP une source au sein du nouveau gouvernement.

L'ancien homme clé de la sécurité du président a été interpellé à Ben Guerdane, dans le sud de la Tunisie, alors qu'il tentait de s'enfuir en Libye. Selon cette source, le général Sériati a été interpellé par des éléments de la police et de l'armée et ramené à Tunis. Auparavant, une source officielle citée par la télévision publique et l'agence officielle TAP avait indiqué le général Ali Sériati avait été formellement accusé d'être responsable des désordres récents dans la capitale et d'autres villes du pays.

Plusieurs témoignages ont attribué les pillages et exactions de ces derniers jours à des membres de l'appareil sécuritaire, liés à Zine El-Abidine Ben Ali, le président déchu, qui chercheraient à créer le chaos et la panique pour favoriser son retour. Le corps de la sécurité présidentielle avait la haute main sur les autres forces de sécurité et était particulièrement redouté par la population.

Dans le même temps, on apprenait l'arrestation d'un neveu de M. Ben Ali. Kaïs Ben Ali a été interpellé par l'armée à Msaken, dans le centre de la Tunisie, dans la nuit de samedi à dimanche, avec dix autres personnes qui «tiraient en tous sens» à bord de véhicules de police, selon des témoins. Vendredi, un autre neveu de l'ancien président, très présent dans les affaires, avait été poignardé à mort.

 

UN NOUVEAU GOUVERNEMENT LUNDI

Au Palais du gouvernement, le premier ministre, Mohammed Ghannouchi, a consulté dimanche des représentants des partis politiques et de la société civile pour amorcer le processus de transition. Dans la foulée, M. Ghannouchi a indiqué que la composition du nouveau gouvernement serait annoncée lundi. SelonMaya Jribi, secrétaire générale du Parti Démocratique progressiste (PDP, opposition légale la plus radicale en Tunisie), les partis auparavant proches du pouvoir en seront écartés. «Le nouveau gouvernement sera composé de représentants du mouvement Ettajdid (Renaissance), du PDP, du Front démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), ainsi que de personnalités indépendantes», a-t-elle précisé. Ces trois formations faisaient partie de l'opposition légale dans le pays.

«Les prochaines élections seront surveillées par un comité indépendant et des observateurs internationaux, pour des élections libres et transparentes», a souligné la dirigeante, qui a précisé que les trois partis avaient demandé une amnistie générale pour tous les prisonniers politiques.

Tous les partis politiques dits légaux, représentés au Parlement ou non, sont appelés à rencontrer M. Ghannouchi, mais pas le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) de Hamma Hammami qui est interdit ni les islamistes du Ennahdha de Rached Ghannouchi, qui vit en exil à Londres.

«Pourparlers limités, démocratie boiteuse», ont immédiatement réagi des manifestants à Regueb (centre-ouest), une localité qui a connu de violentes manifestations durement réprimées par la police. Environ 1500 manifestants y ont défilé dimanche matin pour réclamer un véritable changement. «Nous ne nous sommes pas révoltés pour la formation d'un gouvernement d'union avec une opposition de carton-pâte», ont-ils scandé avant d'être dispersés par l'armée qui n'a pas recouru à la violence. L'état d'urgence décrété dans le pays vendredi interdit les rassemblements de plus de trois personnes.

DES COMITÉS DE VIGILES POUR FAIRE FACE AUX RISQUES DE PILLAGES

Hormis les graves incidents survenus dans l'après-midi, l'agence de presse tunisienne TAP a fait état en début d'après-midi d'une amélioration de la sécurité avec un allègement du couvre-feu dans l'ensemble du pays.

 

L'armée est déployée à tous les endroits stratégiques de la capitale, notamment à l'aéroport international Carthage, devant la Banque de Tunisie et le siège du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) parti de l'ex-président Ben Ali. Des comités de vigilance, sortes de milices de quartier, avaient organisé des rondes pour décourager les pillards et les troupes fidèles au président déchu de semer le désordre. «On n'a pas peur : les hommes protègent nos quartiers des miliciens armés qui sont là pour terroriser. Je me sens en sécurité», a témoigné Mouna Ouerghi, 29 ans, professeur d'université.

    Leur presse (Le Monde), 16 janvier.
 

La famille Ben Ali se serait enfuie de Tunisie avec 1,5 tonne d'or

    La famille du président déchu Zine El-Abidine Ben Ali se serait enfuie de Tunisie avec 1,5 tonne d'or. C'est une supposition des services secrets français, qui essaient de comprendre comment s'est achevée la journée de vendredi 14 janvier, qui a vu le départ du président et de sa famille et la chute de son régime. 

Selon des informations collectées à Tunis, Leïla Trabelsi, la femme du président, se serait rendue à la Banque de Tunisie chercher des lingots d'or. Le gouverneur aurait refusé. Mme Ben Ali aurait appelé son mari, qui aurait d'abord lui aussi refusé, puis cédé. Elle a ensuite pris un vol pour Dubaï, selon les informations françaises, avant de repartir pour Djeddah. «Il semblerait que la femme de Ben Ali soit partie avec de l'or», explique un haut responsable français. «1,5 tonnes d'or, cela fait 45 millions d'euros», traduit une source.

M. Ben Ali, lui, ne croyait pas sa chute aussi rapide. Pour preuve, selon Paris, il aurait enregistré une nouvelle allocution, qui n'a pas eu le temps d'être diffusée. Il n'aurait donc pas quitté le pays volontairement mais aurait été destitué. L'armée, et le chef d'état-major qui avait refusé de tirer sur la foule, ont, selon les services européens, joué un rôle de premier plan dans la destitution de M. Ben Ali.

INTERVENTION LIBYENNE

La manière dont il a pu quitter le pays n'est pas claire. Pour éviter une issue violente, plusieurs chancelleries européennes estiment que les services de sécurité libyens ont joué un rôle dans l'exfiltration de M. Ben Ali. Les propos de Mouammar Kadhafi  — qui dit regretter l'issue de la crise tunisienne — tenus ce dimanche renforcent ce sentiment à Paris.

Le mode de départ de M. Ben Ali comporte lui aussi des incertitudes. Il semble s'être retrouvé dans l'espace aérien de Malte, sans plan de vol déterminé, attestant qu'il n'avait pas, à son départ précipité de Tunisie, de destination précise. Une source italienne indique que l'avion n'aurait pas reçu l'autorisation d'atterrir sur l'île. Selon une autre hypothèse, le président déchu aurait quitté Tunis en hélicoptère pour Malte, où il aurait récupéré son avion.

De leur côté, les Français ont voulu empêcher toute arrivée de M. Ben Ali en France. Selon une source ministérielle française, la Direction générale de l'avion civile a identifié un appareil ayant pour plan de vol Tunis-Paris. Les autorités françaises auraient alors exigé que cet avion atterrisse en Sardaigne. Vérification faite, il ne comportait pas de passager, en tout cas pas le président Ben Ali, qui atterrissait alors en Arabie Saoudite. Les membres de la famille de M. Ben Ali qui était arrivés en France sont repartis du Bourget samedi soir par un vol affrété par un proche du clan Ben Ali, en direction de Doha, au Qatar, indique Paris.

    Leur presse (Arnaud Leparmentier,
    Le Monde), 16 janvier.
 

The brutal truth about Tunisia

    Bloodshed, tears, but no democracy. Bloody turmoil won’t necessarily presage the dawn of democracy.

The end of the age of dictators in the Arab world? Certainly they are shaking in their boots across the Middle East, the well-heeled sheiks and emirs, and the kings, including one very old one in Saudi Arabia and a young one in Jordan, and presidents — another very old one in Egypt and a young one in Syria — because Tunisia wasn't meant to happen. Food price riots in Algeria, too, and demonstrations against price increases in Amman. Not to mention scores more dead in Tunisia, whose own despot sought refuge in Riyadh — exactly the same city to which a man called Idi Amin once fled.

If it can happen in the holiday destination Tunisia, it can happen anywhere, can't it? It was feted by the West for its “stability” when Zine el-Abidine Ben Ali was in charge. The French and the Germans and the Brits, dare we mention this, always praised the dictator for being a “friend” of civilised Europe, keeping a firm hand on all those Islamists.

Tunisians won't forget this little history, even if we would like them to. The Arabs used to say that two-thirds of the entire Tunisian population — seven million out of 10 million, virtually the whole adult population — worked in one way or another for Mr Ben Ali's secret police. They must have been on the streets too, then, protesting at the man we loved until last week. But don't get too excited. Yes, Tunisian youths have used the internet to rally each other — in Algeria, too — and the demographic explosion of youth (born in the Eighties and Nineties with no jobs to go to after university) is on the streets. But the “unity” government is to be formed by Mohamed Ghannouchi, a satrap of Mr Ben Ali's for almost 20 years, a safe pair of hands who will have our interests — rather than his people's interests — at heart.

    Robert Fisk - The Independant, 17 janvier.
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Re : Tunisie
« Réponse #35 le: 17 janvier 2011 à 16:51:53 »
Pour ne pas se faire voler sa révolution, il serait difficile pour la Tunisie d'éviter une purge, comment le dire, définitive ?
Il y a déjà quelques anciens du RCD qui ont un pied dans le gouvernement "d'unité nationale," Ben Ali est vieux, mais il a des héritiers/comparses qui seraient ravis de revenir...

(Mon ancien voisin, Baby Doc, est suffisamment éhonté pour ramener sa gueule en Haïti 20 ans après s'être fait lourder !)

Le niveau d'instruction des Tunisiens, (merci Bourguiba) et la rapidité de réaction du peuple Tunisien ont fait en sorte que jusqu'ici les religieux ont très peu d'influence.
L'occident dit qu'ils ont peur d'une "contagion" dans d'autres dictatures d'Afrique du Nord...pas besoin de chercher si loin. Pour l'instant, on nous tire pas dessus, mais les parallèles sautent aux yeux : népotisme, clientèlisme, caste d'oligarches,corruption au plus haut niveau de l'état.

NS a dit une fois, "si on s'endette pas, c'est qu'on n'a pas confiance dans son pays."
Pas besoin de nous tirer dessus, on nous tient avec des crédits !
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Re : Tunisie
« Réponse #36 le: 17 janvier 2011 à 16:59:21 »
bien vu Oblomov, y a un gros peu de ça et malheureusement les gens croient perdre leur vie à ne pas honorer leurs crédits.

mais je pense effectivement que tant qu'une majorité de gens vivront à crédit, point de révolte/révolution possible chez nous aussi.

je me demande parfois s'il ne faudrait pas une crise plus grave pour que la misère prenne le dessus et que la révolte/révolution prennne le pas ensuite.
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Re : Tunisie
« Réponse #37 le: 17 janvier 2011 à 17:14:25 »
Pour obtenir la même solidarité qu'on a pu admirer en Martinique et la Guadeloupe, pendant les grèves anti-pwofitation, il faut que le taux de désespoir monte d'un cran...ça a un peu commencé au moment de la réforme des retraites.
Mais les retraités avec ou sans crédits ne sont pas en position de force non plus, sans alloc' ils sont foutus...je suis bien placé pour savoir avec quelle facilité on peut nous les supprimer !

La prolétarisation de presque tous les salariés, y compris les petits cadres, va dans le sens de nous mettre tous dans le même bateau, (ou plutôt hors du bateau.)

Un autre problème, rien à voir, à première vue : le grand nombre de jeunes Tunisiens, aussi qualifiés (souvent plus qualifiés) que les jeunes candidats à l'emploi Français (et autrement plus sérieux !)
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Re : Tunisie
« Réponse #38 le: 18 janvier 2011 à 08:45:48 »
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DSK, Sarkozy et les autres : quand les politiques soutenaient la dictature tunisie


Soutiens de la Tunisie

La Tunisie de Ben Ali ? Un ""exemple à suivre"" pour DSK, un pays qui prône ""l'ouverture et la tolérance"" pour Sarkozy.

Ben Ali ? Quelqu'un ""qui est souvent mal jugé et qui a fait beaucoup de choses"" (Bruno Lemaire), quelqu'un qui ""a joué un grand rôle dans la coopération dans la lutte contre le terrorisme"" (Rachida Dati).

Le régime tunisien, une dictature ? C'est ""exagéré"" (Frédéric Mitterrand). D'ailleurs, la France a proposé une coopération sécuritaire au régime pour encadrer les manifestations (Alliot-Marie).

Arrêt sur Images, Lemonde.fr et Lepost.fr ont exhumé toutes ces déclarations de politiques qui ont apporté leur soutien à la dictature tunisienne en fermant les yeux pour des raisons à la fois politique et économique. Politique d'abord parce que Ben Ali était parfois utile pour le pouvoir français (c'était l'un des principaux alliés de Sarkozy pour la création de l'Union pour la Méditerranée par exemple). Soutien économique ensuite, car la Tunisie est un partenaire commercial important et un débouché conséquent pour les exportations françaises.

A gauche comme à droite, les responsables politiques ont fermé les yeux sur cette disctature au nom de la "realpolitik". Petit hommage en vidéo :
DSK : la Tunisie est un "exemple à suivre" (2008)

En 2008, le président du FMI déclarait que ""la politique économique qui est conduite [en Tunisie] est saine, et je pense que c'est un bon exemple à suivre pour les pays émergents"".
<a href="http://www.youtube.com/v/xEA9X6j7b_U&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/xEA9X6j7b_U&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

Sarkozy et la Tunisie : "ouverture, tolérance" (2008)

En déplacement en Tunisie, Sarkozy avait déclaré : ""Il m’arrive de penser que certains des observateurs sont bien sévères avec la Tunisie, qui développe sur tant de points l’ouverture et la tolérance. Qu’il y ait des progrès à faire, mon Dieu, j’en suis conscient pour la France… et certainement aussi pour la Tunisie"".
<a href="http://www.youtube.com/v/mVmOO6oj-aw&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/mVmOO6oj-aw&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

Alliot-Marie propose une aide pour améliorer la "situation sécuritaire" du pays (2011)

En pleines émeutes, la ministre des Affaires étrangères propose à la Tunisie une aide sécuritaire : ""Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type"".

Bruno Le Maire : Ben Ali, "quelqu'un qui est mal jugé" (2011)

Le 11 janvier, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, assure que ""Ben Ali est quelqu'un qui est souvent mal jugé et qui a fait beaucoup de choses"".

> Voir la vidéo sur le site de Canal +

Frédéric Mitterrand : dire que c'est une dictature est "tout à fait exagérer" (2011)

Le 9 janvier 2011, pendant les émeutes, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, déclarait sur Canal + : ""Dire que la Tunisie est une dictature univoque me paraît tout à fait exagéré"".

Rachida Dati : Ben Ali a "protégé les Européens" face au terrorisme (2011)

Alors que le président tunisien est en fuite, Rachida Dati déclare sur BFM TV : ""Ben Ali a joué un grand rôle dans la coopération et la lutte contre le terrorisme. C’était aussi pour protéger les Européens"".
http://www.politique.net/2011011702-dsk-sarkozy-et-ben-ali-tunisie.htm


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Re : Tunisie
« Réponse #39 le: 18 janvier 2011 à 16:59:09 »
ce que l'on craignait est bien en train de se produire : les tunisiens se font voler leur révolte ! les nantis ne veulent pas que les choses changes !

http://www.liberation.fr/monde/06012930-c-est-un-veritable-putsch-les-tunisiens-sont-furieux

http://www.lemonde.fr/tunisie/article/2011/01/18/tunisie-le-gouvernement-de-transition-de-plus-en-plus-conteste_1467084_1466522.html
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Re : Tunisie
« Réponse #40 le: 18 janvier 2011 à 20:44:54 »
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Delenda est Carthago - 18 janvier

Tunisie : manifestations contre la composition du gouvernement

    Le gouvernement de transition formé lundi en Tunisie est loin de faire l'unanimité au sein de la gauche et de la mouvance islamiste, mais aussi parmi la population. Mardi 18 janvier, plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues à Tunis et en province pour dénoncer la présence à des postes clés de ministres du président déchu Ben Ali.

 

La puissante centrale syndicale tunisienne UGTT, qui a joué un grand rôle dans les manifestations qui ont provoqué la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, a affirmé qu'elle ne reconnaissait pas le nouveau cabinet.

RÉPRESSION VIOLENTE À TUNIS

Dans la capitale, un dirigeant islamiste du mouvement Ennhada (interdit), Sadok Chourou, était en tête du rassemblement. Il a déclaré : «Le nouveau gouvernement ne représente pas le peuple et doit tomber. Non au RCD», le Rassemblement constitutionnel démocratique de Ben Ali.

Dans la capitale, la police a violemment dispersé un millier de manifestants, parmi lesquels des islamistes.

 

La police a appelé les manifestants à se disperser, conformément à l'état d'urgence en vigueur qui interdit les rassemblements, avant de tirer des gaz lacrymogènes. Rompant avec la retenue lors d'une manifestation similaire organisée lundi, les forces de l'ordre ont aussi fait usage de matraques. «RCD assassins», ont scandé les manifestants. «On peut vivre seulement avec du pain et de l'eau, mais pas avec le RCD», chantaient-ils.

«Nous refusons ce gouvernement criminel qui veut voler la révolte de notre peuple. Nous voulons un gouvernement qui représente vraiment le peuple. Nous dénonçons les partis de l'opposition fantoche qui sont maintenant au gouvernement», a expliqué un manifestant.

 

MANIFESTATIONS EN PROVINCE

Environ 5000 personnes ont aussi manifesté à Sfax (Centre-Est), la métropole économique du pays.

À Tataouine, à environ 500 kilomètres au sud de Tunis, des manifestants ont pris d'assaut le siège local du RCD.

 <a href="http://www.youtube.com/v/BHlUWTMrZnM&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/BHlUWTMrZnM&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

Une manifestation a par ailleurs rassemblé «des milliers de manifestants» à Sidi Bouzid (Centre-Ouest), d'où est partie à la mi-décembre la révolte populaire, tandis qu'une autre marche de protestation, qui a rassemblé un millier de personnes, se tenait à Regueb, à 37 kilomètres de Sidi Bouzid. Enfin, un rassemblement de 500 personnes, regroupant notamment des avocats et des syndicalistes, s'est tenu à Kasserine, autre bastion de la «Révolution du jasmin».

    Leur presse (Le Monde), 18 janvier 2011.
 

À Bizerte, la population se méfie d’un ennemi invisible

    Bizerte (Tunisie), envoyée spéciale — Pas un hôtel ouvert, pas même un restaurant. Bizerte est en état de siège. À la terrasse du Café mixte, à clientèle 100% masculine, des jeunes prennent le soleil pour se reposer de la longue nuit passée aux «barrages», avec d'autres gars du quartier, afin de contrôler les véhicules suspects. «On a donné le premier coup de balai en chassant Ben Ali. Il faut maintenant donner le deuxième», sourit l'un d'eux, allusion aux milices de l'ancien régime embusquées dans la ville portuaire, célèbre pour ses casernes, ses prisons et ses énormes paquebots.

 

Un supermarché de Bizerte en feu

après sa mise à sac, le 15 janvier


L'avenue du 7-Novembre (date de l'arrivée au pouvoir de l'ex-président Zine El-Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987) pourrait être prochainement rebaptisée «avenue de la Liberté», assurent les jeunes gens, qui n'ont, répètent-ils, «peur de rien». Lundi 17 janvier, des tirs nourris sont échangés, en centre-ville, dont un quartier entier a été bouclé par l'armée, impuissante à déloger les six ou sept snipers qui campent sur les toits.

Le western dure depuis samedi. «Ces tireurs d'élite sont des mabouls totaux. Ils n'ont pas faim ? Pas soif ? Ils ne dorment jamais ?», s'énerve Fatma Benmosbah, journaliste, contrainte de rester enfermée chez elle en attendant que les tirs cessent. À vrai dire, personne ne sait très bien qui sont ces snipers. Ni combien ils sont. Les rumeurs courent, jamais démenties, jamais confirmées.

«On dit qu'ils manquent de munitions», avance la recluse, jointe par téléphone lundi soir. «Depuis la fin de l'après-midi, ça tire moins», ajoute-t-elle. Elle espère pouvoir mettre le nez dehors mardi.

«On va y arriver, mais ils sont coriaces : ça prendra du temps», lance le membre d'un comité de vigilance, dont le «barrage» est dressé sur la route qui serpente à travers la forêt de pins de Nadhor, au-dessus de Bizerte. Lui aussi guette les miliciens. On les soupçonne de vouloir prêter main-forte aux mutins de la prison de Borj Erroumi, située au sommet des monts.

Par un curieux miracle, dès la chute et le départ du président Ben Ali, les prisons de Monastir et de Mahdia ont été ouvertes et les détenus de droit commun libérés. À la prison de Mornag, la tentative a échoué. Ici aussi. Mais une mutinerie empoisonne l'atmosphère. Les détenus, racontent les membres du comité de vigilance, sont sortis de leurs cellules et se sont regroupés dans la cour de la prison. «Les militaires ont l'ordre de tirer sur tous ceux qui tenteraient de s'enfuir», assurent-ils.

POLITIQUE DE LA TERRE BRÛLÉE

Avec sa nonchalance apparente, Bizerte, 150'000 habitants, a connu, comme la plupart des villes tunisiennes, ses journées de pillages bien ciblés (Monoprix, Lee Cooper — enseignes qui appartiennent à la famille Ben Ali —, le bureau de l'emploi). Aucune grande manifestation, en revanche, n'a fait trembler ses rues. «La police a quitté la ville, la laissant livrée à elle-même, un jour ou deux avant la chute de Ben Ali», explique le docteur Saïda Aoun. Les pilleurs en ont profité. Mais sagement : sans dérive ni dérapage.

La politique de la terre brûlée, que le régime bénaliste est soupçonné par certains Bizertins d'avoir tenté de mettre en œuvre, n'a pas marché. S'il y a violence, c'est entre snipers et militaires. Les civils en restent éloignés. Personne ne sait dire, avec certitude, s'il y a eu des morts. On parle de quatre militaires et deux snipers tués.

L'ennemi reste largement invisible. Ceux qui tirent, ce sont les policiers, les fidèles de l'ancien régime, dont certains se sont installés dans les locaux de la direction de la police de Bizerte et Béja. Ils seraient, au total, plusieurs dizaines ; des cadres, pour l'essentiel. Quelques-uns préfèrent ne pas quitter leur domicile et se barricadent chez eux. À l'instar des responsables du Rassemblement constitutionnel et démocratique (RCD, ancien parti dominant), terrés chez eux et évitant de sortir «de peur d'être reconnus et lynchés», affirme Mohammed Salah Fliss, vieux Bizertin et ex-prisonnier politique sous la présidence d'Habib Bourguiba.

Ce serait le cas, par exemple, du secrétaire général du comité de coordination — la structure régionale du RCD —, un poste auquel l'ancien chef de l'État l'avait personnellement nommé. Ce serait également le cas du gouverneur, qui servait, sous M. Ben Ali, de courroie de transmission entre l'administration centrale et Bizerte. Depuis le 14 janvier, le gouverneur ne se montre plus. «Il n'a plus rien à faire», explique Mohammed Salah Fliss. Ses bureaux, désertés, sont désormais sous la garde de l'armée.

    Leur presse (Catherine Simon,
    Le Monde), 18 janvier
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Re : Tunisie
« Réponse #41 le: 19 janvier 2011 à 11:14:04 »
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URGENT : Radio Kalima Tunisie casse les scellés et récupère ses locaux à Tunis

L'équipe de Radio kalima Tunisie, avec à sa tête sa directrice, l'opposante Sihem Bensedrine, a forcé ce mardi matin, les scellés, posés il y a plusieurs années par la police de Ben Ali, et s'est réappropriée ses locaux. Un grand jour pour Radio ...
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Re : Tunisie
« Réponse #42 le: 20 janvier 2011 à 07:41:43 »
la photo est excellente, peut-être mal cadrée, mais excellente !

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Après la Tunisie... la Galaxie !!!

    Le soulèvement continue en Tunisie. Il a déjà fait tomber le clan Ben Ali en à peine un mois. La bourgeoisie — locale et mondiale — a lâché cette famille. Continuer à soutenir un régime aussi haï devenait problématique pour la bonne marche des affaires. Mais elle ne l’a fait qu’en dernière extrémité, contrainte par la révolte populaire.

 

La presse martèle que l’essentiel des pillages et violences est le fait de miliciens benalistes et autres «méchants casseurs». Mais, sans avoir tous les éléments, on peut dire que ces miliciens jusqu’au-boutistes ne sont qu’une minorité des cohortes de flics du régime déchu. En gros, il s’agit des porcs les plus compromis dans la répression et les intérêts du clan. Ils ne peuvent donc pas retourner leur veste aussi facilement que leur anciens collègues et amis. Et le nouveau régime ne les mettra certainement pas tous au chômage, il n’y a pas d’État sans police. Insister autant sur leur rôle et sur un climat de guerre de tous contre tous a pour but de justifier la restauration de l’ordre.

De plus, on a bien vu que des attaques massives contre la marchandise et les biens ont eu lieu depuis le début du mouvement, menées par des prolétaires, jeunes ou pas, femmes ou pas ! Qu’il s’agisse de grands magasins, de villas et voitures de luxe, d’affrontements… Il s’agit là de nécessités de survie, aussi bien que de vengeance sociale. Un soulèvement, une insurrection, une révolution, ne peuvent que donner lieu à des attaques contre la propriété, les bourgeois et ceux qui les défendent.

Pour les idéologues démocrates, surtout de gauche, le peuple est magnifique quand il permet à une partie de la bourgeoisie d’en remplacer une autre (surtout s’il s’agit d’eux-mêmes !). Par contre, s’il continue sur la lancée de sa révolte et met réellement en danger les intérêts capitalistes, il devient un chien enragé à abattre.

Comme beaucoup de Tunisiens, on se réjouit qu’un dictateur ait été foutu en l’air et, avec lui, la chape de plomb policière avec laquelle il gouvernait : dizaines de milliers de flics et d’indicateurs, torture et censure généralisée… Encore une fois, on nous présente la démocratie comme la seule suite logique d'une insurrection. Mais dictature et démocratie ne diffèrent pas par nature, seulement par les modalités de fonctionnement de l’État. Elles ne sont que les deux facettes d’un même système. L’État moderne, quel qu’il soit, est indispensable à la perpétuation de la société de classes capitaliste, dont l’exploitation est le cœur.

Contrairement aux dictatures, les démocraties disposent de nombreuses instances de médiation qui ont pour but de canaliser, dévier, atténuer la violence sociale et le conflit de classes. Ainsi, le droit de vote prétend donner à chacun la possibilité de choisir ce qu’il veut vivre ; en réalité, les diverses offres politiciennes ne peuvent que mener la politique du capital à quelques nuances près. Les libertés d’expression, de manifestation et de grèves ne sont permises que dans la mesure où elles n’atteignent pas trop le cœur du problème.

La situation en Tunisie est loin d’être stabilisée. Et d’ores et déjà, dans plusieurs pays proches à divers égards, des événements font écho — au Maghreb comme au Moyen-Orient. En Europe, les quelques améliorations arrachées par les luttes, sautent une à une. Les conditions de vie sont de plus en plus dures ; de nombreux mouvements sociaux, émeutes, etc. répondent à leurs plans d’austérité drastiques. C’est toute l’évolution du système qui a généré une exploitation plus dure. Les tensions sociales en sont forcément accrues, ce à quoi les États, y compris démocratiques, ont dû et devront répondre par une répression plus forte et une gestion sécuritaire généralisée. La crise majeure des dernières années accélère et intensifie ce processus. Et il n’y a aucun doute sur le fait que lorsque les intérêts des classes dirigeantes seront vraiment en danger elles seront prêtes à tout pour les défendre. La nécessité de lutter, pour connaître autre chose que l’exploitation et la domination, se fait de plus en plus criante.

C’est eux ou nous !

    Mercredi 19 janvier 2011.
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Re : Tunisie
« Réponse #43 le: 23 janvier 2011 à 20:06:05 »
...Et une agence de notation vient de baisser la note de la Tunisie.

Ils devaient particulièrement aimer Ben Ali.
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Re : Tunisie
« Réponse #44 le: 25 janvier 2011 à 11:49:59 »
j'attendais un article du Réseau Voltaire, le voici le voilà : à lire et à diffuser promptement à vos contacts tunisiens !

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Washington face à la colère du peuple tunisien
par Thierry Meyssan | Beyrouth (Liban) | Focus |

 Alors que les médias occidentaux célèbrent la « Jasmine Revolution », Thierry Meyssan dévoile le plan US pour tenter de stopper la colère du peuple tunisien et conserver cette discrète base arrière de la CIA et de l’OTAN. Selon lui, le phénomène insurrectionnel n’est pas fini et la vraie Révolution, tant redoutée par les Occidentaux, pourrait rapidement commencer.
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Re : Tunisie
« Réponse #45 le: 25 janvier 2011 à 19:36:30 »
Je viens de tilter, mais la photo illustrant l'article juste ci-dessus est géniale. :gehe:
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Re : Tunisie
« Réponse #46 le: 25 janvier 2011 à 21:26:38 »
Moi, ce qui m'épate c'est le QG du RCD à Sousse...comment ont-ils réussi à le peindre tout en rose bonbon comme ça ?
Pas étonnant qu'ils sont partis.
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Re : Tunisie
« Réponse #47 le: 26 janvier 2011 à 12:03:49 »
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Delenda est Carthago - 25 janvier

En ce moment (ca 22h30) nos frères qui campent à elkasbah subissent des menaces de groupes armés d'armes blanches (#sidibouzid).
 

Tunisie : les opposants dispersent la manifestation pro-gouvernement

    Plusieurs centaines de jeunes opposants ont dispersé mardi dans le centre de Tunis une manifestation de soutien au gouvernement d'union nationale, lors du premier face à face musclé entre partisans et adversaires du cabinet de transition, a constaté l'AFP.
 

«Vive la Tunisie libre»


«Dégagez, vermines», ont scandé des centaines de jeunes sur l'avenue Habib Bourguiba, artère centrale de Tunis, à l'adresse du premier cortège de soutien au gouvernement de transition formé le 17 janvier.

Les manifestants pro-gouvernementaux, qui remontaient l'avenue, se sont heurtés à des centaines de jeunes, parmi lesquels des supporters ultra de football, arrivant en sens inverse et les repoussant brutalement vers les rues latérales.

Les opposants ont arraché à leurs adversaires banderoles et pancartes affichant leur soutien au gouvernement, sans que les policiers présents à proximité n'interviennent.

La rue tunisienne demande chaque jour la démission du gouvernement d'union nationale, dominé par des caciques de l'ancien régime du président Zine El Abidine Ben Ali, renversé le 14 janvier par la «révolution du jasmin».

    Leur presse (Agence Faut Payer), 25 janvier 2011.

 


Tunisie : l'opposant Moncef Marzouki pris à partie par des manifestants

    L'opposant tunisien historique Moncef Marzouki a été vivement pris à partie mardi à Tunis par des manifestants sur l'esplanade de la Kasbah, qui l'ont insulté et poursuivi, le contraignant à quitter les lieux précipitamment, a rapporté une journaliste de l'AFP. 

L'incident s'est produit quand l'opposant a voulu saluer la foule devant le ministère des Finances où des avocats tunisiens lançaient des slogans contre le gouvernement de transition, très décrié en raison de la présence de nombreux caciques du régime du président déchu Ben Ali.

Immédiatement, un groupe de jeunes manifestants s'est rué sur lui, en l'insultant, et le traitant d'«agent des Français et des Américains».

L'opposant a alors dû prendre la fuite, se frayant un chemin parmi la foule, poursuivi par ce groupe très agressif jusque dans les ruelles de la Médina, où d'autres manifestants se sont alors interposés.

«Ils disent que je suis un mécréant», a expliqué, essoufflé et visiblement choqué ce dirigeant de la gauche laïque âgé de 65 ans, à une journaliste de l'AFP.

«D'après moi, ils ont été envoyés par le pouvoir. Il y a une campagne contre moi, y compris sur (le réseau social) Facebook», a-t-il ajouté.

Mais pour un des manifestants qui l'a poursuivi, il s'agit seulement d'empêcher toute récupération politique de la «révolution du jasmin», d'où qu'elle vienne.

«Ça y est, tout le monde rapplique maintenant pour venir récupérer notre Révolution», explique cet homme en colère d'une quarantaine d'années, venu du centre frondeur et déshérité du pays, foyer principal de la contestation.

Le groupe qui a pourchassé Moncef Marzouki s'est ensuite vivement fait rabroué par les autres manifestants. «Ils ne savent même pas qui c'est, ils veulent juste éviter que des politiciens viennent jouer les premiers rôles», juge un manifestant.

«On ne vend pas le sang des martyrs», proclamait une banderole accrochée sous les fenêtres du Premier ministre, dénonçant toute récupération politique du mouvement.

Moncef Marzouki, issu de la gauche laïque, avait annoncé le 17 janvier sa candidature à l'élection présidentielle qui doit être organisée d'ici six mois en Tunisie, qualifiant de «mascarade» le gouvernement d'union nationale où ont été nommés à des postes-clés de nombreux ministres du président déchu Ben Ali.

M. Marzouki, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, et fondateur du Congrès pour la République en 2001 était revenu le 19 janvier en Tunisie après de longues années d'exil en France.

Son premier geste avait été de se rendre à Sidi Bouzid (centre-ouest) pour se recueillir sur la tombe de Mohamed Bouazizi, le jeune marchand de fruits qui s'était immolé le 17 décembre à la suite d'humiliations policières, déclenchant la «Révolution du Jasmin» qui a fait tomber Ben Ali.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 25 janvier. 

 <a href="http://www.youtube.com/v/WF2KIBwpi3M&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/WF2KIBwpi3M&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>


Tunisie : «grève générale» mercredi à Sfax, deuxième ville du pays

    La section régionale de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) de Sfax, deuxième ville du pays, a appelé mardi à une «grève générale» mercredi 26 janvier, pour la dissolution du gouvernement de transition, dominé par des caciques de l'ancien régime de Ben Ali. 

«L'Union régionale appelle à une grève générale dans la province de Sfax mercredi 26 janvier pour soutenir les revendications du peuple, qui demande la démission du gouvernement et la dissolution du Rassemblement constitutionnel démocratique» (RCD, ex parti au pouvoir), selon un communiqué.

Tous les adhérents sont appelés à se rassembler mercredi matin devant le siège de la section de Sfax de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) pour participer à une manifestation.

L'union de Sfax, importante métropole économique et bastion historique du syndicalisme tunisien, a toutefois demandé d'assurer un «service minimum» dans les secteurs essentiels pour la vie de la population (eau, électricité, hôpitaux…).

L'UGTT, la puissante centrale syndicale tunisienne, a joué un rôle important dans l'organisation des manifestations de la «révolution du jasmin» qui ont abouti à la chute du régime autoritaire du président Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui le 14 janvier en Arabie saoudite.

Elle pèse aujourd'hui fortement dans le mouvement de protestation qui réclame le départ des membres de l'équipe de Ben Ali qui occupent tous les postes clés du gouvernement de transition formé par la chute de l'ancien président le 14 janvier.

Les instituteurs du primaire observent mardi une deuxième journée de «grève illimitée» tandis que le syndicat national de l'enseignement secondaire a appelé à une journée de grève jeudi et à participer aux manifestations pour «la dissolution du gouvernement qui a été imposé» aux Tunisiens.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 25 janvier.

 

Devant la Primature - la Kasbah à Tunis, le 24 janvier
 

Tunisie : un millier de manifestants devant le siège du Premier ministre

    Un millier de manifestants réclamaient de nouveau mardi matin à Tunis, devant le siège du Premier ministre, la démission du gouvernement de transition dominé par des membres du régime déchu de l'ex-président Ben Ali, a constaté une journaliste de l'AFP. 

La grande majorité d'entre eux ont campé dans le froid pour la deuxième nuit consécutive sur la grande esplanade de la Kasbah, qui jouxte les bureaux du Premier ministre de transition Mohammed Ghannouchi, bravant le couvre-feu.

À peine réveillés, certains ont salué le drapeau et chanté l'hymne tunisien, avant de relancer dès 07H30 (06h30 GMT) des slogans hostiles au gouvernement, sous les regards des militaires qui gardent la place.

Des volontaires s'affairaient à distribuer du café et de la nourriture aux protestataires.

«Ils (les caciques de l'ancien régime, ndlr) doivent partir, nous resterons jusqu'à ce qu'ils partent», a déclaré à l'AFP Mehrezia Mehrez, une femme au visage voilé, encore allongée sous une couverture, venue de Kasserine (centre-ouest) avec son mari et ses deux petites filles.

«La bataille se jouera à Tunis. C'est pour cela que nous sommes venus. Il faut faire tomber le gouvernement. Ils sont comme un cancer, il faut tout nettoyer, on ne peut pas en laisser un bout», a également déclaré Lotsi Abbes, un pharmacien du sud du pays.

«On ne se satisfera pas d'un remaniement» ministériel a-t-il ajouté. (…)

    Leur presse (Agence Faut Payer), 25 janvier.
 

 <a href="http://www.youtube.com/v/wsJR4_MOtEQ&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/wsJR4_MOtEQ&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>

Tunisie : Pour calmer la rue, les quatre ministres RCD démis

Les quatre ministres de souveraineté, issus de l'ancien régime de Ben Ali, ont été démis ce lundi soir à Tunis, dans une ultime tentative de sauver le gouvernement de transition. L'annonce sera faites officiellement mardi dans la journée, le temps de trouver quatre remplaçants crédibles. Les négociations vont bon train, pour tenter de convaincre les quatre ministres démissionnaires, trois représentant le syndicat UGTT et un représentant d'un parti politique de l'opposition, de réintégrer le gouvernement.

    Radio Kalima Algérie, 24 janvier.

 

Bizerte

Tunisie : Sérieuse aggravation de la situation dans les prisons tunisiennes

    Les familles des prisonniers politiques (dont trois appartiennent au Mouvement de la Nahdha) et des prisonniers d’opinion (des centaines de condamnés en vertu de la loi antiterroriste), attendent toujours avec angoisse la libération des leurs. Pour tenter de se faire entendre, elles font un sit-in quotidien devant le siège du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme sans avoir reçu la moindre réponse officielle les rassurant sur leurs enfants. 

Un autre élément vient conforter leur angoisse et ajouter à la préoccupation de l’opinion publique, c’est l’aggravation de la situation dans nombre de prisons, qui a vu des tirs à balles sur des prisonniers, entraînant des tués et des blessés dans les prisons de Borj Er Roumi, Messaadine, Mehdia, Monastir, à la prison de Bizerte ville et de Mornag, notamment les prisonniers Béchir Ben Youssef Ben Habib Gharbi (prison de Bizerte ville), Abdallah Ben Houssine Trabelsi (24 ans), Aymen Jelassi, Soufiane Marzouk (prison de Borj Er Roumi), Mohammed Smida, Mohammed Ali Abdellaoui, Hamdi Zarrouk (prisons de Monastir), alors que leurs familles étaient empêchées de leur rendre visite et de leur apporter le couffin.

Des familles nous ont informés à la suite de la visite qu’elles ont pu leur rendre aujourd’hui lundi 24 janvier 2011 du degré de violence que doivent affronter les prisonniers à la prison de Borj El Amri. La famille du prisonnier d’opinion Ali Kalaï a notamment été la victime du vice directeur de la prison, le dénommé Anouer. Il en a perdu quatre dents et il a une côte cassée. La famille du prisonnier d’opinion Hamed Gharbi a dit avoir trouvé son fils dans un mauvais état résultant de la peur, de la faim, du manque d’hygiène et des mauvais traitements.

    […] Pour le Bureau exécutif de l’Organisation
    Le président Maître Mohammed Nouri 

    Liberté et Équité
    Organisation Indépendante de Droits humains   

    Tunis, le 24 janvier.
 

 <a href="http://www.youtube.com/v/uiETWEO1BpU&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/uiETWEO1BpU&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
La Kasbah, Tunis, 24 janvier
 

Tunisie : La révolution ne fait que commencer

    Contrairement à ce qui se dit dans la majorité des médias occidentaux, la révolution tunisienne n'est pas finie.

À Tunis, c'est l'incertitude. Personne ne peut dire, ni prévoir ce que sera le lendemain. Alors que les manifestations se poursuivent un peu partout dans le pays, pour exiger le départ du gouvernement de transition, en coulisse, les ténébreux hommes de mains de l'ancien régime s'activent.

Tous les scénarios possibles leur permettant de se recycler, d'une manière ou d'une autre, sont mis en branle.

Ils détiennent toujours la réalité du pouvoir avec le chef de l'État par intérim, le premier ministre et tous les ministères de souveraineté (intérieur, justice, affaires étrangères, défense).

Sous couvert d'une transition légale, qui respecterait la constitution (celle de Ben Ali), ils se maintiennent au pouvoir et maintiennent l'ancien système sécuritaire, en dépit d'une contestation populaire qui ne faiblit pas. Seuls deux partis politiques de l'opposition légale (le Parti Démocratique Progressiste et le parti Ettajdid) participent à ce gouvernement avec un ministre chacun, ainsi que certaines personnalités «indépendantes».

Les autres s'y refusent et ne reconnaissent pas ce gouvernement. C'est le cas de la puissantes centrale syndicale (UGTT), qui a fait démissionner ses trois ministres le lendemain de leurs nominations, lorsqu'il est clairement apparu que ce gouvernement était entre les mains des anciens collaborateurs de Ben Ali. Pour faire baisser la pression ces derniers ont finit par démissionner du RCD, le parti de Ben Ali, mais personne n'est dupe.

Derrière les beaux discours des ex-compagnons de Ben Ali, convertis subitement aux valeurs démocratiques, les vieux réflexes réapparaissent déjà, alors que la contestation se poursuit encore.

 <a href="http://www.youtube.com/v/Xgb_9rMwIrY&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/Xgb_9rMwIrY&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
Manif des élèves et enseignants à Tunis, 24 janvier

En effet, la police politique continue d'agir, discrètement, mais elle agit. «Ils refusent de comprendre qu'ils n'ont plus le droit de se mêler de la vie politique des citoyens» explique un opposant, qui ne semble pas surpris. «Nous avons fait tomber Ben Ali mais nous n'avons pas encore fait tomber son système» poursuit-il avec inquiétude.

Les écoutes téléphoniques de certains opposants ont vite repris, les surveillances, certes beaucoup moins visibles ont également repris, après quelques jours de répit.

Le quotidien La Presse, a dénoncé dans son édition du samedi 22 janvier, un filtrage d'internet, notamment de Facebook.

Un jeune artiste qui a créé sur le réseau social un compte «Tunisie, la Suisse Arabe» a été enlevé en pleine rue par la police politique qui l'a interrogé et brutalisé pendant de longues heures. D'autres militants font face, de nouveau aux intimidations et aux menaces de la police politique.

Pendant ce temps, des partis politiques de l'opposition, des personnalités politiques, des membres de l'UGTT, des représentants de la société civile, négocient pour mettre en place une institution extra-constitutionnelle, on parle d'un «Conseil de la révolution» mais le nom peut changer, qui prendrait en charge la transition en chapeautant le gouvernement et en élaborant les lois, notamment la loi électorale, pour préparer les élections, avec comme objectif une assemblée constituante.

Toutes la journée de samedi et de ce dimanche, les négociations se poursuivent pour déterminer les différentes étapes, construire un cahier des charges et obtenir l'accord du plus grand nombre. 

    Yahia Bounouar
    Radio Kalima Tunisie, 22 janvier.
 

 

Les larmes de crocodiles

… et les tentatives visant à réduire la souveraineté du peuple

    L’annonce de trois jours de Deuil national, est une manœuvre politique, menée par les apparatchiks du gouvernement BEN ALI bis, qui tend à récupérer une crédibilité anéantie. Ceux-ci, et  jusqu’à la chute de leur maître, tentaient d’obtenir l’appui de puissances étrangères, pour préserver la dictature et leurs privilèges. Leur complicité dans une des plus meurtrières dictatures du monde arabe, ainsi que  la complicité avérée, d’au moins un membre de l’actuel gouvernement, dans la spoliation des biens publics, affecte ce deuil d’une connotation politicienne irrecevable. 

Notre peuple a réussi l’exploit de se libérer, sans interférence étrangère, sans aucun parti et sans Zaïm, d’une des plus horrible machine sophistiquée  d’avilissement et de soumission d’un peuple. Il nous a, de ce fait, adressé deux messages :

    Le premier, concerne son refus définitif de vivre sous le joug d’aucun pouvoir, et d’aucune élite qui ne respecte pas sa volonté. Ce faisant, il rétablit la prééminence de l’article fondamental de notre constitution, qui a trait à la souveraineté du peuple, laquelle été violée dès les premières années de l’indépendance !

    Le deuxième message historiquement inédit, et dont la portée sera décisive pour l’avenir du pays, est le rejet par le peuple de tout ZAÏM (ou «homme fort») qui est à l’origine de toute les dérives dictatoriales et néo coloniales, qu’a connu notre pays depuis 56 ans ! 

Il appartient donc à l’élite digne de notre pays, de se mettre au service de son peuple pour la concrétisation de sa volonté, et pour couper court à toute tentative intérieure ou étrangère, de le déposséder de sa victoire, pour la liberté et la dignité ! Toute manœuvre ou tergiversation, au nom du réalisme politique, de se situer au dessous de ce niveau d’exigence, relève de la cécité égocentrique, ou de la trahison des martyrs. Martyrs, sur lesquels les ministres de l’ancien régime (encore en poste ?!), versent à présent des larmes de crocodile, alors qu’ils n’ont pris aucune distance du pouvoir criminel durant les massacres et viols, perpétrés sous leurs yeux !

Il n’y a pas de concession à tolérer, au sujet de la dissolution de l’assemblée nationale fantoche, ainsi que du sénat (dont la plus haute autorité, représentée par Kallel, a tenté la fuite) en vue de la mise en place de l’assemblée constituante (formée par des représentants de toutes les villes et villages qui se sont insurgés, et qui doivent occuper la majorité des sièges ; ainsi que des représentants des associations et partis politiques, clairement  opposés à l’ancien régime, et des personnalités, y compris du RCD après sa dissolution) qui doit exercer son autorité sur le gouvernement (lequel n’aura pour mission que de conduire les affaires courantes) et de rédiger la nouvelle constitution, qui verrouillera toute possibilité de dérive anti-démocratique, ou de spoliation de la volonté populaire. Cette voie qui doit aboutir à un régime parlementaire, en rupture avec le régime présidentiel, permettra de couper court aux ambitions incongrues de certains «leaders», et de limiter les dissensions dans le rang des opposants, qui ne peuvent que parasiter le débat de fond.

Cette future constitution tunisienne qui doit garantir la souveraineté du peuple, sera bâtie sur les valeurs de justice, de liberté et d’équité ; elle doit être aussi innovante et aussi avant-gardiste, à l’image de la révolution du peuple tunisien ; dont la culture multimillénaire autorise ce rêve. Il appartient donc aux juristes, de ne pas s’enfermer dans leur savoir académique redondant, et d’être à l’écoute du peuple, pour la conception des articles de la constitution, qui doit intégrer toutes les subtilités, garantissant l’éclosion d’un développement culturel, matériel et moral, digne de notre patrimoine culturel. Il faudrait, pour ce faire, un effort de la part  de l’élite tunisienne, pour combler le lourd déficit d’humilité qu’elle traine, en raison d’une culture mégalomaniaque, qui a gagné son inconscient collectif, après 56 ans de culte de la personnalité.

Il n’y a pas de concession à tolérer sur la revendication du peuple concernant le limogeage de tous les complices actifs ou passifs du régime de BEN ALI, dans le gouvernement actuel ; à L’exception, peut être, de Kamel MORJANE, qui est le seul à avoir démissionner avant la chute du chef mafieux (témoignant de son indignation pour les massacres perpétrés contre nos concitoyens). Garder MBAZAA et GHANNOUCHI, peut faire l’objet d’une concession, à la condition que GHANNOUCHI ne soit pas premier ministre, mais membre du gouvernement, ailleurs que dans un ministère de souveraineté ; tous les ministères de souveraineté doivent être entre des mains de personnalités, qui ont la confiance du peuple.

Il n’y a pas de concession à l’exigence de la demande populaire d’extradition de BEN ALI (et de sa famille en fuite) pour être jugé dans notre pays. À cette occasion, le peuple tunisien offrira une leçon de civilité et de respect des droits humains (dont notre peuple est profondément imprégné) en offrant à BEN ALI ce qu’il n’a jamais accordé a son propre peuple, à savoir le respect de son intégrité physique ainsi que celle des siens, et un procès équitable sans condamnation à la peine de mort, malgré ce que prévoit la loi (qu’il faut abroger) et les crimes contre l’humanité dont il est coupable. Ce procès, outre sa légitimité, aura une double valeur symbolique (l’une pour le futur de la Tunisie, et l’autre pour les gouvernements et «penseurs», qui nous considèrent culturellement inaptes, pour bâtir une démocratie).

J’entends ici et là des appels au refus de l’exclusion. Je partage avec conviction ce principe fondamental d’une vraie république citoyenne, mais je m’élève contre les amalgames et les généralités vidées de leur sens ! Jusque là c’est les islamistes et les citoyens dignes qui ont été exclus, et nous nous battrons jusqu’au bout, contre les relais tunisiens de la propagande occidentales (qui n’ont jamais été inquiétés par BEN ALI !!!) se présentant comme défenseurs des droits de l’homme ou de la femme, et qui réclament l’exclusion des islamistes du champ politique. Les islamistes sont les victimes du régime dictatorial et sont représentatifs  d’une frange non négligeable du peuple tunisien, qu’il serait scandaleux d’exclure ! Cessez donc de les craindre, car, outre leur poids, garantissant la non ingérence étrangère dans nos affaires, ils ne représentent aucun danger dans le cadre d’un régime parlementaire, où tous les droits individuels seront consacrés par la nouvelle constitution. Quant au RCD (dont le peuple réclame la disparition !), exclure la machine qui a consolidé la dictature et  généralisé l’exclusion, n’est pas faire preuve d’exclusion, mais lutter efficacement  contre l’exclusion ! Si nous avions appelé à interdire toute nouvelle formation politique, fondée par les membres de l’ancien régime, ç’aurait été, en l’occurrence, faire preuve d’exclusion.

Quant au «vide politique» agité comme épouvantail par les requins de l’ancien régime, réveillez-vous, il ne date pas d’aujourd’hui, mais du temps de BEN ALI, où seule l’administration fonctionnait et continue de fonctionner aujourd’hui ! Il faut simplement nommer à leur tête des personnalités susceptibles de ne pas trahir la volonté populaire, et qui préserveront ces mêmes administrations des pillages de documents compromettants.

L’étape cruciale que nous vivons aujourd’hui, exige de chacun d’entre nous de retrouver la sérénité d’esprit, dans l’accomplissement de nos devoirs individuels et communs ; sans perdre de vue la hiérarchie des priorités, de ce moment historique.

La civilité exemplaire dont fait preuve notre peuple, autant que sa maturité exceptionnelle et sa vigilance étonnante, sont les gages d’une réussite certaine, si nous saurons éviter toutes querelles subalternes et tout attentisme, dans la réalisation des objectifs de l’heure. 

P.-S. : L’interview de FRIAA, qui vient de se dérouler à l’instant où j’achève la rédaction de ce texte, ne modifie en rien la nécessité de son limogeage (pour inadéquation au poste, doublé de non adhésion manifeste à cette révolution populaire), malgré des progrès significatifs particulièrement au niveau du contenu et du ton, où, dans un exercice acrobatique (il parle enfin de la révolution !!!), il tente de se métamorphoser, en conformité avec l’actualité, en restant bien en deçà des priorités (démantèlement de tout le staff de BEN ALI, à commencer par GANZOUI, nomination de fonctionnaires propres à la tête des différentes administrations clé du ministère de l’intérieur, neutralisation de toute la police politique, qui continue son activité, même si elle se fait très discrète… etc.).

    Dr. Lamjed Ben sedrine
    Radio Kalima Tunisie, 21 janvier.
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Re : Tunisie
« Réponse #48 le: 27 janvier 2011 à 11:00:14 »
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Révolution en Tunisie... ce n'est qu'un début

À propos des allégations sur des élections libres

Peuple de Tunisie attention !

Ils veulent vous repousser à la maison !


La formation du gouvernement de transition et les discussions sur les élections libres viennent de la bouche des mêmes criminels qui ont fait couler le sang du peuple de Tunisie ces 23 dernières années. Les masses sont toujours en action et la mise en place d’une rhétorique révolutionnaire sur les élections, la formation d’un gouvernement intérimaire, le parlement et la description comme si tout est revenu à la normale n’a en fait qu’un seul but : faire rentrer les masses rebelles et protestataires dans leurs maisons.
 

«On n’arrêtera pas !»

Casbah de Tunis, le 25 janvier


Les élections, la libération des prisonniers politiques et l’ouverture de la voie pour de libres activités politiques sans aucune condition ni restriction est une partie des buts et des revendications des masses et pas une faveur d’un gouvernement qui comporte des réactionnaires dont certains sont même impliqués dans les meurtres. Alors qu’il y a un appel aux élections, les conditions pour mettre en place des élections libres sont absentes. La première de ces conditions est de faire comparaître tous les assassins, criminels et membres du parti au pouvoir, dirigé par Zine El Abidine Ben Ali, et tous ses ministres, commandants policiers et militaires qui ont commis des crimes contre le peuple de Tunisie, dans un procès public. C’est la première condition aux élections. L’absence de cette condition signifie très clairement que rien n’a changé et que ce ne sont que les visages qui ont changé. Le changement de visages est une tactique bien connue et utilisée par les bourgeois afin de calmer les ressentiments à l’encontre de symboles de l’ancien régime et d’amener de nouveaux visages, moins visibles et importants, d’un même système. Ce sont les mêmes forces qui veulent garder le pouvoir et reproduire la même tragédie pour les masses de Tunisie, la même faim et la même oppression, la même discrimination et la même absence de droits, et le même chômage de masse.

N’acceptez pas d’être trompés par les doux discours après ce pour quoi vous vous êtes battus et vous êtes sacrifiés. Ce n’est pas eux, c’est vous, qui avez changé les événements à la base. Votre révolution est digne d’aller de l’avant jusqu’à ce qu’elle accomplisse ses objectifs.

Victoire de la Révolution des masses de Tunisie !

En avant pour accomplir les buts de liberté,

d’égalité et de bien-être de la révolution !


    Parti Communiste-Ouvrier de Gauche
    d’Irak
(LWPI), 21 janvier 2011.
 

Les buts de la révolution du peuple en Tunisie !

Le peuple de Tunisie s’est soulevé contre la pauvreté, le chômage et la dictature et pour réaliser les buts immédiats suivants. Ces buts sont un minimum pour tester n’importe quel gouvernement dans son action et sa représentativité des revendications minimum des gens. Ils représentent aussi le minimum sur l’action et sur quoi s’engage tout parti politique.

Les buts minimum sont :

    1. Libération de tous les prisonniers politiques et abolition de toutes les décisions de tribunaux ou de police contre tout militant politique.

    2. Fin de la loi martiale et retrait des rues de toute force militaire ou similaire visant à empêcher et à priver les gens de leurs droits à se rassembler, à manifester et à protester.

    3. Arrestation et jugement de la tête de l’ancien régime Zine El Abidine Ben Ali et de tous les pilleurs de son gouvernement pour qui est prouvé l’implication dans les actes criminelles contre les masses de Tunisie pendant la dernière période ainsi que des commandants de la police et de l’armée et de tous ceux qui ont du sang du peuple sur les mains, qui ont ouvert le feu lors des récents événements et leur jugement public.

    4. Instauration des plus larges formes de libertés politiques, sans restriction ni condition.

    5. Instauration de toutes les libertés civiles et individuelles comme la liberté de grève, d’assemblée, de manifestation, de croyance, d’expression, de presse, d’adhésion politique, etc.

    6. Instauration et assurance d’un bon niveau de vie et de la dignité pour tous les citoyens sur la base des plus hautes normes internationales et garantie de payement, par l’État, d’une allocation-chômage qui garantisse une vie décente pour tous les chômeurs, augmentation du salaire minimum pour assurer une vie décente et de bien-être pour tous les travailleurs.

    7. Interdiction de toute loi qui discrimine les femmes ou assure leur infériorité.

    8. Abolition stricte de la peine de mort en Tunisie. 

Ces buts sont les tâches minimales qui reposent sur les épaules du mouvement révolutionnaire et de libération en Tunisie, mouvement qui est descendu dans les rues et a été capable de renverser en quelques jours la dictature de la classe dirigeante, et a, en plus, ébranlé les trônes des dictatures nationalistes et islamistes de la région, tout en élevant l’espoir des masses avec des slogans comme «Oui au pain et à la liberté», «Non à Ben Ali et à la dictature» et «Non aux lois basées sur la religion et la discrimination». Ce sont les buts de toute personne qui croit dans leur courageuse insurrection en la liberté et l’égalité pour les masses en Tunisie.

    Parti Communiste-Ouvrier de Gauche
    d’Irak
(LWPI), 19 janvier.
 

Révolution en Tunisie… ce n’est qu’un début

Ben Ali, le dictateur qui terrorisait la population tunisienne a dû fuir dans la soirée du vendredi 14 janvier, qui marque déjà une date historique, non seulement pour la Tunisie ou le Maghreb, mais pour le monde entier. Raïs pendant 23 ans, pilleur, voleur et dictateur, le voilà qui a dû passer six heures en avion pour trouver, après avoir tenté la France de son ami et souteneur Sarkozy, Malte, pour finalement atterrir et trouver un accueil dans la réactionnaire monarchie des Saoud. Rien, bien entendu, à l’heure où ces lignes sont écrites, n’est encore gagné pour la population de Tunisie, ni en ce qui concerne son aspiration à la liberté, ni en ce qui concerne les revendications ouvrières, contre le chômage et la misère, ces revendications qui, fin décembre, ont marqué le début de l’insurrection dans cette région pauvre de Sidi Bouzid. Alors que l’armée patrouille dans les rues, que les anciens flics du régime de Ben Ali continuent de semer la terreur, personne ne sait ce que sera l’avenir de la Tunisie, tant l’histoire mondiale de notre classe sociale est riche en révolutions trahies et confisquées, mais pourtant la révolution en Tunisie est d’ores et déjà un événement historique dans l’histoire du mouvement ouvrier international.

Pour des raisons de proximités géographiques et linguistiques, c’est bien entendu, déjà, dans tout le monde arabe que la révolution tunisienne marque le début d’une nouvelle ère. Dans l’Algérie voisine, la colère s’est, encore très récemment, exprimée par des émeutes dans tous les quartiers pauvres du pays. Comme en Tunisie, c’est le chômage de masse, la pauvreté et la hausse des prix qui a mis le feu aux poudres. Vendredi 14 janvier, alors que Ben Ali fuyait, la queue entre les jambes, des milliers d’ouvriers protestaient en Jordanie contre la hausse des prix. Au Yémen, un millier d’étudiants sont descendus dans les rues à Saana au lendemain de la fuite de Ben Ali pour saluer la révolution en Tunisie et appeler à des révolutions similaires dans tout le monde arabe. En Égypte, marqué ces dernières années aussi par des révoltes ouvrières, en particulier dans l’industrie textile, aux Émirats Arabes Unis où, malgré la répression, les ouvriers immigrés du bâtiment avait lancé une puissante grève pour les salaires, au Maroc où les protestations des travailleurs et des étudiants sont nombreuses, et jusqu’au Soudan où l’on souffre de la hausse des prix, de la pauvreté et de la répression, il n’y a pas un seul pays arabe où les yeux ne se tournent pas vers la Tunisie. Les yeux remplis d’espoir d’un côté et de frayeur de l’autre, et ainsi dès le 15 janvier, les gouvernements de Jordanie et de Libye décidaient de la baisse des prix, craignant que l’étincelle tunisienne ne mettent là aussi le feu aux poudres. Du Maroc aux monarchies féodales du Golfe persique, il n’y a pas un pays arabe où l’on ne trouve, au cœur de la classe ouvrière et plus largement de la population, cette double aspiration à la liberté, face aux régimes policiers, militaires et/ou monarchiques, et à l’égalité face au chômage, à l’inflation et aux bas salaires.

Mais cette double revendication dépasse déjà le monde arabe. Dimanche 16 janvier, c’est la République Islamique d’Iran qui fait part de son inquiétude… et là aussi, en 2009, par millions les gens sont descendus dans les rues contre la dictature, alors qu’en décembre, commençait la suppression des subventions sur l’essence et les produits de premières nécessité, provoquant une hausse des prix, nouvelle attaque contre une classe ouvrière déjà touchée par des salaires inférieurs au seuil de pauvreté, le chômage de masse et la misère. Les similitudes des images du mouvement révolutionnaire de 2009 en Iran et de la révolution de 2011 en Tunisie sont d’ailleurs frappantes, comme le sont les slogans criés dans les rues à Téhéran hier, à Tunis aujourd’hui.

On pourra objecter que si l’Iran n’est pas un pays arabe, cela reste un pays arabo-musulman. Pourtant, à l’autre bout du monde, en décembre, c’est en Bolivie que suite à une journée de protestation ouvrière et les préparatifs de grève générale, en particulier dans les mines et les transports, que le gouvernement a reculé sur la hausse des prix de l’essence. Et le cri de colère d’un émeutier de Bab-El-Oued (Alger) «De cette vie sans lendemain, nous n’en pouvons plus. Nous n’en voulons plus» n’a rien de spécifiquement maghrébin ou même arabe. C’est le même cri qui résonne parmi les quatre millions de familles expulsées aux États-Unis, le même cri que l’on retrouve aussi dans les grèves et les manifestations en Europe contre l’austérité, un cri finalement commun à tous les prolétaires du monde. Les revendications de la rue tunisienne contre le chômage et la hausse des prix sont, elles aussi, des revendications aujourd’hui communes à tout le prolétariat. Bien sûr, la situation est loin d’être aussi dramatique, aujourd’hui, pour les ouvriers du nord de la Méditerranée que pour ceux du sud, mais la dégradation des conditions de vie pousse elle aussi à la nécessité de luttes de plus en plus résolues. Avec les grèves de cet automne, la réquisition des grévistes et les menaces de prison ferme, la transformation du centre de Lyon et en particulier de la place Bellecour en place fortifiée par la police et les forces de répression, les condamnations de manifestant(e)s et de syndicalistes, en métropole et dans les DOM-TOM, montrent qu’en Europe aussi, dès lors que la lutte des classes prend un tournant plus aigu, la bourgeoisie est prête à rejeter tout le verni «républicain» ou «démocratique» de son appareil d’État pour n’en garder que la substance principale : un groupe de gars armés destinés à réprimer la classe ouvrière dans le seul intérêt de la bourgeoisie.

À l’heure où, à propos de la Tunisie, on entend surtout parler de «révolution démocratique», il faut revenir sur la nature de classe de cette révolution. Née à Sidi Bouzid, partant de l’immolation par le feu d’un jeune chômeur crevant de la misère, c’est avant tout une révolution prolétaire, une révolution contre la dictature, mais aussi une révolution contre le chômage, une révolution contre la hausse des prix, une révolution contre la misère. Tout comme c’est des quartiers pauvres que sont venues les récentes émeutes insurrectionnelles en Algérie, c’est du cœur de la classe ouvrière qu’est née la révolution tunisienne, une révolution qui couvait déjà, avec la lutte du bassin minier de Gafsa. Ce sont bien souvent des militants de base de l’UGTT (alors que la bureaucratie collaborait avec le régime), la principale organisation ouvrière de Tunisie, qui ont organisé les protestations. Moins spectaculaire et médiatisée que les émeutes, la révolution en Tunisie a aussi été marquée par l’utilisation de cette arme traditionnelle de la classe ouvrière qu’est la grève, comme à Sfax où à l’exception des hôpitaux et des boulangeries, 100% des travailleurs et travailleuses de la ville étaient en grève le 9 janvier. Ces grèves ont touché bien des secteurs, en particulier les centres d’appel sous-traités par France-Télécom, Orange ou SFR. C’est bien la classe ouvrière qui a lancé le combat et qui a entraîné derrière elle toutes les couches de la population qui voulaient en finir avec la dictature de Ben Ali, en liant grèves et manifestations insurrectionnelles. Rien d’étonnant à cela, la classe ouvrière est, en Tunisie comme ailleurs, la seule classe révolutionnaire, qui «n’ayant rien à perdre que ses chaînes», n’a rien à craindre de faire ce saut dans l’inconnu qu’est la révolution.

La révolution en Tunisie est à mille lieux des pseudo-révolutions «colorées» d’Ukraine ou de Géorgie, ces fausses révolutions où tout était joué à l’avance, et où, appuyés par quelques manifestations, une fraction de la clique au pouvoir en remplace une autre. Les dizaines et dizaines de morts rendent impossible de parler de la révolution tunisienne de 2011 comme d’une «révolution de velours», tout comme il était déjà impossible de parler de la sorte de la crise révolutionnaire en Iran de 2009. C’est d’ailleurs justement ce côté prolétaire de la révolution tunisienne qui inquiète, non seulement les dirigeants des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, mais aussi ceux des pays européens. Car cette révolution, si elle a chassé Ben Ali, est aussi une défaite pour Sarkozy.

Quelques jours avant la fuite de Ben Ali, Michèle Alliot-Marie proposait d’aider le régime en place à réprimer. La première inquiétude de l’État français va bien sûr pour les intérêts des capitalistes français qui, avec la dictature de Ben Ali, bénéficiaient d’une classe ouvrière muselée et donc bon marché. En lui refusant, malgré sa tradition d’accueil des dictateurs déchus, l’État français a montré son mépris pour ses pions qui échouent à maintenir l’ordre. Tant que les profits entrent dans les poches des bourgeois et que l’ordre nécessaire à l’extorsion de la plus-value est maintenu, l’État français se fout de la nature du régime. En Côte d’Ivoire par exemple, après être intervenu militairement pour protéger Gbagbo, l’impérialisme français appuie désormais Ouattara. L’État français ne soutenait Ben Ali que tant qu’il était au pouvoir. Qu’importent les êtres humains, même chefs d’États ou PDG, pour le système capitaliste. Pas plus qu’une entreprise n’a du mal à trouver un successeur après le départ d’un PDG, l’État français n’aurait aucun mal à composer avec n’importe quel successeur de Ben Ali, qui prendrait le pouvoir suite à un coup d’État militaire, une élection, truquée ou non, ou n’importe quel moyen contrôlé par la bourgeoisie. Mais là, c’est l’insurrection prolétaire qui a fait fuir Ben Ali, c’est la rue qui a affronté les flics du régime et il en ressort ce sentiment que détestent tous les chefs d’État, celui qui arrive lorsque des chômeurs, des travailleurs, des damnés de la terre et forçats de la faim interviennent brusquement sur la scène de l’histoire pour prendre leur destin en main.

Lorsqu’il s’agit d’une vraie révolution, née des entrailles de la société et en particulier de la classe prolétaire, et non d’une fausse révolution de palais, les révolutions ne cessent que rarement mais souvent commencent, se renforcent et se radicalisent avec le départ d’un dictateur, comme ce fut le cas avec Nicolas II en Russie (1917), Guillaume II en Allemagne (1918) ou le Shah en Iran (1979). Dimanche 16 janvier d’ailleurs, à Regueb, petite ville tunisienne de 8.000 habitants, 1.500 personnes ont défilé en scandant : «Nous ne nous sommes pas révoltés pour la formation d’un gouvernement d’union avec une opposition de carton-pâte». Lundi 17 janvier, de nouvelles manifestations ont éclaté à Tunis, réprimées par des tirs de gaz lacrymogènes, et, dans les quartiers populaires, les habitant(e)s s’organisent pour assurer leur auto-défense face aux flics et aux voyous de Ben Ali et constituent des comités de quartiers. Des appels à manifester circulent le 18 janvier, à Tunis comme à Sousse contre le nouveau gouvernement, sous le mot d’ordre «le dictateur est tombé, pas la dictature». La «révolution tunisienne», qui déjà n’est plus seulement tunisienne, semble loin d’être terminée.

D’autant que si Ben Ali est parti, tout l’appareil d’État de sa dictature reste en place. Le «gouvernement d’union nationale» est composée à 85% de membres du RCD, le parti de Ben Ali, de ses anciens ministres et des hommes de son appareil. Les membres de «l’opposition» intégrés dans ce gouvernement, sont en grande partie des membres de l’ancienne opposition légale et officielle auquel s’est ajouté un membre du parti Ettajdid (ex-Parti Communiste de Tunisie) qui, après avoir longtemps soutenu le régime de Ben Ali avait fini par être interdit. Bien sûr, il y a des promesses, on parle de l’instauration de la liberté de presse, d’opinion et de création de partis, des prisonniers politiques comme Hamma Hammami ont été libérés et des élections sont promises dans six mois.

Avec le départ de Ben Ali, le nouveau gouvernement lâche bien sûr sur quelques revendications. L’histoire des révolutions russe, allemande et iranienne, avec leurs différences, montre que la bourgeoisie peut reculer devant la révolution prolétaire, abandonner ses plus fidèles serviteurs, mais que, si elle conserve le pouvoir, si elle maintient son appareil d’État, quelle qu’en soit la forme, elle cherchera par tous les moyens à écraser cette classe ouvrière qui a osé se révolter. Les illusions démocratiques, les alliances derrière tel ou tel front avec une fraction de la bourgeoisie, au nom de «la démocratie», de la «nation», ou de «l’anti-impérialisme», ont toujours coûté très cher en sang aux ouvriers qui se sont révoltés. En 1918, le Parti Social-Démocrate (SPD) avait vendu la république aux ouvriers qui s’étaient révoltés contre la guerre, écrasant à Berlin, en Bavière et ailleurs les prolétaires qui construisaient une république socialiste. Lorsque, avec la crise de 1929 et ses répercussions dramatiques en Allemagne, on commençait dans les rangs ouvriers à s’inquiéter des chemises brunes nazies, des théoriciens sociaux-démocrates expliquaient que «l’Allemagne n’est pas l’Italie» et que la constitution de Weimar protégerait les libertés face au fascisme. En 1933, le prolétariat allemand, le mieux organisé d’Europe, allait connaître la plus terrible des défaites et des répressions. Plus près de nous, en 1973 au Chili et la constitution d’un gouvernement de type Front Populaire, les prolétaires s’inquiétaient de la menace d’un coup d’État militaire, réclamaient des armes pour se protéger. Les dirigeants des partis de gauche expliquaient, le plus sérieusement du monde, que le Chili n’est pas l’Argentine, que l’armée resterait à la place que lui confie la constitution… jusqu’au coup d’État de Pinochet. «L’Iran n’est pas le Chili» était un mot d’ordre populaire dans la gauche iranienne des années 1970. En février 1979, l’insurrection à Téhéran balayait le Shah et sa monarchie. Dans toutes les usines, des Shorras (conseils) étaient constitués par des ouvriers, les universités étaient contrôlées par des groupes de gauche et d’extrême-gauche, mais, soutenu par la bourgeoisie du bazar et le clergé à l’intérieur, par la France, la Grande-Bretagne et les USA à l’étranger, Khomeiny revenait de son exil. Il promettait que les prisons pour détenus politiques deviendraient des musées et l’électricité gratuite. La plupart des partis de gauche iraniens expliquaient qu’il fallait, au nom de la «révolution nationale-démocratique» ou de «l’anti-impérialisme», que les ouvriers cessent leurs grèves et protestations, le 8 mars 1979 les femmes avaient réussi à faire reculer Khomeiny sur la question du hidjab obligatoire dans l’administration… mais déjà des groupes du Hezbollah commençaient à semer la terreur contre les militants ouvriers, les femmes qui refusaient le voile, les militants d’extrême-gauche qui ne se pliaient pas à la nouvelle «unité nationale-démocratique et anti-impérialiste» derrière le clergé.

Les prolétariats d’Allemagne, du Chili ou d’Iran ont fait la cruelle expérience après qu’on les ait bercé d’illusions sur la «démocratie» ou sur «l’unité nationale anti-impérialiste», et qu’on ait trouvé des prétextes pour arrêter, avant de le réprimer, le mouvement révolutionnaire, que l’on ne peut pas faire de «révolution à moitié». Une fois le mouvement révolutionnaire lancé, l’alternative n’est plus que la victoire d’une classe et l’écrasement de l’autre ; les ouvriers d’Allemagne, du Chili et d’Iran qui se sont lancés dans de formidables révolutions sans prendre le pouvoir l’ont payé par la mort de dizaines de milliers des meilleurs d’entre eux.

    Camille Boudjak, 18 janvier.
 

À propos de la situation révolutionnaire en Tunisie

Suite à l’intensification des lutes des chômeurs, de la classe ouvrière et de tous les opprimés en Tunisie en protestations de masse et en rassemblements réunissant des enseignants, des avocats et des jeunes et après l’extension des manifestations aux villes et quartiers du pays et en particulier dans la capitale Tunis en lien avec les syndicats, le gouvernement, représenté par ses forces répressives, ont commencé à tirer à balles réelles sur les manifestants. Il a été annoncé que le nombre de morts a atteint les 60 victimes et de nombreuses personnes ont également été tuées dans les prisons. Les manifestations de masse et les affrontements ont conduit à la fuite du dictateur Zine El Abidine Ben Ali qui a été remplacé par Mohamed Ghannouchi en tant que président et l’instauration de la loi martiale. L’armée protège désormais l’aéroport et les principaux centres du gouvernement, mais les rues sont toujours pleines de gens loin qui n’ont toujours pas confiance dans ce qui se trame et qui ont formé plusieurs conseils pour gérer la situation et protéger les biens publics contre le pillage et le vandalisme de gangs de pilleurs qui profitent de l’actuelle situation.

L’actuelle protestation en Tunisie est une révolution de masse provoquée par un travailleur qui s’est immolé par le feu pour protester contre l’agression de la police contre son moyen de vivre. Ce fait a allumé les flammes des protestations de milliers de travailleurs sans-emploi dans toute la Tunisie et a évolué vers la revendication de renverser le régime, de libérer les prisonniers politiques et plus largement pour les libertés politiques. Les masses se sont levées avec courage et ont lancé une insurrection pour renverser le tyran despotique qui a fuit paniqué. Mais l’actuel régime dirigeant, qui proclame sauver le pays, n’est que dans la continuité de Zine El Abidine Ben Ali. Il est incapable de servir les intérêts et les objectifs de la révolution égalitaire des masses tunisiennes. Le peuple ne s’est pas soulevé pour former un gouvernement d’unité nationale ou basé sur la constitution, ou pour obtenir quelques solutions sédatives par lesquelles le but de la classe dirigeante est de désamorcer la révolution et d’amener des réactionnaires islamistes et nationalistes au pouvoir. Les forces islamistes et nationalistes qui, avec la propagande médiatique mondiale, font la promotion d’une soi-disant unité nationale et de la consolidation de la démocratie, veulent, en fait, avorter l’insurrection et la domestiquer en une nouvelle révolution de velours démocratique (révolution du Jasmin !) et semer des illusions parmi les masses en leur faisant croire que l’actuel gouvernement serait capable de résoudre leurs difficultés et leurs problèmes, en particulier la misère, le chômage, la discrimination, l’oppression, l’inégalité et le manque de droits et de libertés.

Notre parti affirme que la classe bourgeoise, qui s’est montrée après le départ de Ben Ali, va tenter de faire des promesses pour obtenir les faveurs des gens, mais en fait, son but est de tuer la révolution et de distraire les masses avec des réformes à la marge pour perpétuer son pouvoir. Notre parti affirme que le courant réactionnaire nationaliste arabe et islamiste, gardien du régime, et les officiers militaires sont tous incapables de représenter la révolution ou de la diriger vers ses buts, et que la solution est dans les mains de la classe ouvrière tunisienne et des millions de travailleurs, et de leurs forces socialistes, de gauche et laïques. Notre parti, tout en voyant dans cette révolution une nouvelle ère de liberté et d’émancipation pour les peuples du monde arabe, met en avant que l’émancipation définitive des masses des privations, des sévices, de la pauvreté, de l’absence de libertés politiques et d’égalité des femmes ne sera reconnue que par la victoire du socialisme. Cela nécessite la poursuite des luttes qui ne peuvent être accomplies que par la classe ouvrière de Tunisie elle-même.

Là se trouvent les difficiles tâches devant la révolution, mais la plus importante tâche du moment est de barrer le chemin de la bourgeoisie tunisienne qui veut tromper les masses en parlant de démocratie, de droits humains, de gouvernement de coalition, etc. afin de reprendre son souffle et de retrouver son pouvoir avec un nouveau visage. Nous soulignons la nécessité de développer les méthodes de lutte des travailleurs de Tunisie, d’intensifier la lutte et d’atteindre le niveau de détermination de la classe ouvrière d’une alternative politique vers le socialisme. La formation de conseils dans plusieurs villes et leur transformation en cellules pour des conseils du peuple, est une première étape pour prendre contrôle de la situation, mais la direction de la révolution nécessite un parti communiste-ouvrier compétent pour mener la révolution jusqu’à la victoire de la République Socialiste, seule alternative pour la large et directe intervention des gens et pour la restauration de leur humanité volée.

Pour la victoire de la Révolution des masses de Tunisie !

Vivent la liberté et l’égalité !

Vive la République Socialiste !

    Parti Communiste-Ouvrier de Gauche
    d’Irak
(LWPI), 17 janvier.
 

Révolution en Tunisie : En avant ! En avant !

Le vendredi 14 janvier, un mois de protestations et de luttes de la classe ouvrière et du peuple de Tunisie contre le chômage, la misère et l’État policier corrompu a conduit à la fuite précipitée de Zine El-Abidine Ben Ali, le président de Tunisie. Ce fut la première réalisation du peuple de Tunisie dans sa lutte pour la liberté et l’égalité.

C’est le début d’une révolution dont la victoire ne peut être que l’établissement du pouvoir direct des citoyens basé sur la participation populaire dans l’administration de l’État, le renversement complet de l’actuel gouvernement et la destruction de la machine répressive d’État utilisée contre le peuple de Tunisie depuis plus d’un demi-siècle.

La rapide victoire des gens de Tunisie pour forcer Ben Ali, qui était à la tête d’une redoutable machine de terreur, à fuir, pousse à l’optimisme et a été saluée par les peuples du monde en particulier dans les pays arabes. Dans plusieurs pays, les gens ont manifesté pour soutenir le peuple de Tunisie, alors que l’ombre de la peur plane sur la tête des dictateurs. En Iran, les gens se précipitaient pour regarder ces scènes similaires à celles de leur propre lutte contre le régime islamique lors de la révolution de 2009, et envoyaient des messages de soutien et de salutations après la fuite du dictateur tunisien ; ils se sentent plus forts pour leur lutte contre le régime islamique d’Iran.

Le début de la révolution tunisienne est un événement important avec un impact considérable dans la région et en particulier dans les pays de ce qui est appelé le «monde arabe». Cette révolution doit vigoureusement aller de l’avant et réaliser sa victoire. L’élite dirigeante de Tunisie, en coordination avec les puissances occidentales, en particulier la France et les États-Unis, tente de mettre «hors de la vue» quelques uns des visages les plus haïs de l’État tunisien et de sauver la machine répressive d’État, comme l’armée et autres organes de répression, en invitant quelques nationalistes, islamistes et éléments réactionnaires de l’opposition pour former un gouvernement «d’unité nationale», ils tentent de maintenir et de justifier l’actuel système d’oppression et d’exploitation. Le nom de code de cette opération est celui de «révolution du jasmin», supposée être basée sur le modèle de la révolution de velours. En transférant le pouvoir entre différents groupes de la classe dirigeante, le but de l’élite au pouvoir est de provoquer la défaite de la révolution du peuple en Tunisie.

La population de Tunisie doit faire avancer sa révolution ; en mettant en avant des revendications comme la libération inconditionnelle des prisonniers politiques, le jugement public de Ben Ali et de tous ceux qui sont responsables des récents assassinats, la fin de la loi martiale, l’abolition des organes répressifs de l’État, la publication de tous les documents concernant le pillage et les détournements de fonds par les hauts fonctionnaires du gouvernement, la participation directe et populaire dans toutes les prises de décision dans les industries, les organisations gouvernementales, les universités et les quartiers, la liberté inconditionnelle d’expression, de grève, d’organisation et d’activités politiques, la hausse immédiate des salaires, etc. Aucun gouvernement, qu’il se nomme «d’unité nationale» ou autrement, n’aura aucune légitimité pour diriger tant qu’il ne reconnaîtra pas ces revendications. Tout gouvernement qui refusera d’accepter ces revendications sera considéré comme la continuité de l’ancienne dictature et par conséquent ne pourra être reconnu.

Aller de l’avant et obtenir ces revendications ne sera possible que par l’organisation de masse de la classe ouvrière et de la population de Tunisie.

Nous sommes pour l’avancée et la victoire complète de la population de Tunisie ; sa victoire sera une victoire pour les peuples du monde, dont le peuple d’Iran.

    Parti Communiste-Ouvrier d’Iran (PCOI), 16 janvier.
 

En Algérie, en Tunisie et ailleurs : «Nous ne voulons plus de cette vie sans lendemain !» mais nous pouvons nous construire un monde meilleur

En Tunisie, le suicide, par immolation par le feu, d’un jeune chômeur à Sidi Bouzid, région particulièrement touchée par le chômage et la misère, a provoqué la juste colère de toute la population pauvre de cette région puis de tout le pays. Partout en Tunisie, la colère s’exprime dans les rues, colère à la fois contre la misère, le chômage et la pauvreté et contre la dictature de Ben Ali et de son régime. Face à la révolte de la population, le régime a répondu par la répression, les arrestations arbitraires, et en faisant tirer sur la foule, causant déjà plusieurs dizaines de morts. Malgré la terreur policière, la population de Tunisie a continué la lutte jusqu’au vendredi 14 janvier où le dictateur Ben Ali a fini par fuir le pays.

Bien sûr, rien n’est, à ce jour, gagné en Tunisie, ni en ce qui concerne les revendications de liberté ni en ce qui concerne les revendications sociales. Vendredi soir, l’état d’urgence était toujours proclamé, l’armée toujours dans le rues, les rassemblements interdits. Mais le départ de Ben Ali a montré que par la lutte résolue les chômeurs, les travailleurs, la population peuvent abattre les plus sanglants dictateurs.

En Algérie, c’est la hausse des prix des produits alimentaires et de première nécessité qui, dans ce pays riche grâce au pétrole mais où la population vit dans la misère et le chômage, a lancé une vague de révolte, dans tous les quartiers pauvres du pays. Que ce soit à Alger, Oran, Tizi Ouzou, M’sila ou ailleurs, les jeunes chômeurs et ouvriers affrontent les forces de répression. Et comme en Tunisie, c’est avec les balles et des morts que les flics répondent à l’aspiration de la population à une vie meilleure.

Par la bouche de Michèle Alliot-Marie, la réaction officielle du gouvernement français à la révolte en Tunisie a consisté à proposer «le savoir-faire de la police française» à la police tunisienne qui tire sur la foule. On voit là toute l’hypocrisie des discours de l’État français sur la «démocratie» et les «droits de l’homme», quand la solidarité de l’État français va à une dictature et à ses forces de répression contre la population. Il faut dire que lorsque les ouvriers des raffineries étaient en grève, c’est ce même gouvernement qui ordonnait la réquisition des ouvriers et menaçait les grévistes de peines de prison ferme pour imposer la reprise du travail. Encore une fois, le voile «démocratique» de l’État français se déchire et montre que, quelle que soit sa forme ou son idéologie, l’État bourgeois est toujours cet instrument au service des riches et des capitalistes pour réprimer et opprimer la classe ouvrière et au-delà toute la population.

Nous, travailleuses et travailleurs de France, apportons toute notre solidarité à nos sœurs et à nos frères de classe d’Algérie et de Tunisie. Les révoltes prolétaires de Tunisie et d’Algérie nous concernent et nous touchent directement, non seulement parce que nous sommes nombreux, dans les usines, les chantiers ou les bureaux de France, à avoir de la famille, des ami(e)s et des proches au Maghreb, mais aussi et surtout parce que les cris de révolte et la soif de justice et de liberté des travailleurs et des travailleuses d’Algérie et de Tunisie, sont nos cris et notre soif, à nous les exploité(e)s et les opprimé(e)s du monde entier.

«De cette vie sans lendemain, nous n’en pouvons plus. Nous n’en voulons plus» criait récemment un jeune émeutier du quartier de Bab-El-Oued (Alger). Ce cri n’est en rien spécifique à l’Algérie ou au Maghreb, c’est le cri du cœur de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses du monde, le cri de tous les prolétaires de la planète, le cri des révoltes de ce début 2011 en Afrique du Nord et qui résonne depuis les manifestations insurrectionnelles de 2009 en Iran jusqu’aux grèves en France ou en Europe. Oui, nous n’en pouvons plus et nous n’en voulons plus de cette vie faite de chômage, de licenciements, de conditions de travail toujours plus dures et de salaires qui permettent de moins en moins de vivre décemment ! De cette vie-là, où que l’on survive sur cette terre, nous n’en voulons plus, nous voulons une vie meilleure, profiter des richesses que nous produisons et qu’une poignée de bourgeois s’accapare, nous voulons la liberté et l’égalité, ce qui aujourd’hui signifie balayer le système capitaliste et construire un monde nouveau, un monde meilleur, le socialisme.

La colère de la population d’Algérie et de Tunisie est notre colère, leur lutte est notre lutte, et elles remettent à l’ordre du jour ce seul moyen que nous, travailleurs et travailleuses de tous les pays avons pour en finir avec l’oppression, la misère et l’exploitation : la révolution ! Si la population tunisienne a pu chasser Ben Ali, cela montre que partout, nous les travailleuses et travailleurs, pouvons, par la lutte, chasser ceux qui nous oppriment, qu’ils soient patrons ou chefs d’État !

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Travailleurs de tous les pays, unissons-nous !

    Initiative Communiste-Ouvrière (ICO), 14 janvier.
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
Jacques Prévert

Hors ligne TYGER

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Re : Tunisie
« Réponse #49 le: 27 janvier 2011 à 11:07:54 »
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Tunisie : La gauche travaille - 26 janvier

Au 40e jour de la révolution tunisienne

Chers ami-e-s,

Voici la situation politique en Tunisie le 26 janvier 2011.
 

Côté contre-révolution

1. Des milices du RCD ont attaqué hier les sièges de l’UGTT de Gafsa et de Sousse. Aujourd’hui, ce fut le tour de celui du Kef, notamment.

2. Des pro-gouvernementaux ont organisé des petits rassemblements, pour réclamer le retour au travail, contre, je cite «la paresse» et pour dire non au «désordre»…

3. Le GUN hésite à annoncer le remaniement qu’il a annoncé pour hier, puis pour aujourd’hui… Il semblerait que le bâtonnier de l’ordre des avocats Kilani ait demandé au GUN de patienter afin de voir ce que va donner les pourparlers qui se déroulent sous l’égide de l’UGTT et l’ordre des avocats aboutissent.

 <a href="http://www.youtube.com/v/Po0mUjNnOoQ&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/Po0mUjNnOoQ&amp;rel=0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3</a>
La Casbah, le 26 janvier

Côté révolution

1. Poursuite des grèves pour exiger la dissolution du «Gouvernement d’unité nationale» (GUN) et le RCD et pour la constitution d’un «gouvernement provisoire» représentatif de la révolution :

    Grève générale régionale dans 5 gouvernorats (départements) dont Sfax, deuxième ville de Tunisie ;

    Demain, Sidi Bouzid sera en grève générale ;

    Demain aussi, grève générale nationale dans l’enseignement secondaire. 

2. Manifs : Les manifs continuent un peu partout. À Tunis, le palais du Premier ministre est toujours en état de siège. Des tentes, représentant diverses villes révolutionnaires, sont plantées par les participants des «caravanes de la liberté» dans la place d’El Kasba, siège du Premier ministre. En outre, l’approvisionnement de ces milliers de manifestants, qui ont déjà passé trois nuits à la belle étoile avec une température minimale de 8°, est assuré par une multitude de citoyens qui n’ont pas cessé de faire le va-et-vient pour pourvoir aux besoins vitaux de ce campement en eau et en nourriture. Il constitue, tout le monde l’a bien compris, la garde révolutionnaire des acquis de la révolution. Certains citoyens font même des dizaines de km pour leur apporter des provisions sous forme de packs de laits ou/et des packs d’eau, des sandwichs, des plats cuisinés bien chauds, des jus, du café…

3. Sur le plan du gouvernement de la révolution :

La réunion d’aujourd’hui, des différentes composantes politiques et civiles et professionnelles, hors patronat et RCD, ont abouti à deux positions :

* Celle de l’ordre des avocats, avec semble-t-il une recomposition du GUN avec maintien de Ghannouchi. Il semble aussi que le GUN est prêt à de nouvelles concessions et souhaiterait, selon des bruits «des sources bien informées» en plus de Ghannouchi les deux ministres actuels de l’industrie (Jouini) et Chelbi (ministre ?) ;

* Une deuxième proposition a été formulée, à propos de laquelle j’ai beaucoup plus de détails parce que j’en fais partie, et qui émane du «Front du 14 janvier» qui est constitué des diverses constituantes de la gauche radicale et des nationalistes, en résumé cette proposition propose :

    — La convocation d’un «congrès national pour la défense de la révolution», qui sera composé de toutes les sensibilités politiques, les associations, les corps professionnels (avocats, juges, médecins, journalistes, artistes…), des représentants des comités locaux et régionaux de défense de la révolution, des personnalités indépendantes, sans le patronat, ni le RCD ni non plus les ex-membres du gouvernement de Ben Ali. 

    — La reconnaissance du président par intérim en tant que «garant de la continuité de l’État» mais aussi «source de légitimité pour le gouvernement de transition» !!!! 

    — Dissolution du GUN.

    — Constitution d’un Gouvernement provisoire. 

    — Principe de souveraineté populaire. 

    — Assemblée constituante…

La Commission administrative de l’UGTT va se réunir demain pour étudier les deux propositions, et afin de réagir par rapport à la campagne anti-UGTT, et notamment, les agressions des milices RCD contre certains de ses locaux régionaux.

Toutes les composantes se sont données de nouveau un rendez-vous pour jeudi 28 janvier afin de tenter de sortir avec une position unitaire.

    Fathi Chamkhi - courriel du 26 janvier 2011.

    Fathi Chamkhi est président d’Attac Tunisie.
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

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