Auteur Sujet: Contrôle au faciès: légende urbaine ou pratique courante?  (Lu 14391 fois)

Mélusine

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Citation de: Raja
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Prêcheurs De Haine par Sébastien Fontenelle

Ce document est là, sur la page d’accueil du site du parti régimaire qui étend sur nos vies son emprise - et qu’il faudra bientôt songer à remettre aux poubelles de l’Histoire.

Il montre, comme tu vois, pour illustrer le message que l’époque devrait se décider à montrer enfin de la fermeté dans la répression du mineur, cinq jeunes gens dont rien ne permet, sauf à qui serait sous l’emprise des sourdes pulsions racistes où la droite régimaire ultra fonde son règne, de supposer qu’ils délinquent, mais qui ont l’à peine croyable effronterie d’être noirs, et de procéder, publiquement, à un rassemblement de plus d’un Noir de moins de vingt ans.

Le message du parti régimaire, par temps d’élection régionale (mais pas que), est par conséquent, tu l’auras compris, que ces Noirs, jeunes, qui marchent dans la rue sont la vivante représentation de la « délinquance des mineurs ».

Ils sont jeunes, mâme Dupont.

Ils sont noirs, mâme Dupont.

Il est donc évident qu’ils fomentent quelque nouvelle mauvaise action, mâme Dupont.

Votez pour nous, mâme Dupont - et c’en sera fini de « l’angélisme » dont ces foutus nègres des rues n’ont que trop longtemps joui.
« Modifié: 21 octobre 2014 à 17:10:38 par raja »

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #1 le: 04 avril 2010 à 13:56:11 »
Petit opuscule à l'usage de la police...
Fort intéressant, ma foi !

le contrôle d'identité des étrangers

Hors ligne sven

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #2 le: 31 octobre 2010 à 17:45:12 »
De l'intéret du controle au faciès.

On avait plus de sous pour résoudre une histoire de viol. Il fallait faire étudier des prélèvements de fluides corporels retrouvés dans des préservatifs laissés par les auteurs pour pouvoir avancer. Seulement les tarifs du labo sont de 8000 euros pour l'étude de prélèvements ADN. Ca faisait trop cher pour notre ministère. On s'apprétait à dire à la victime que l'on bloquait dans l'affaire quand des collègues à l'autre bout de la france nous ont passé un coup de fil.
Ils ont aperçu un roumain faisant du démarchage et ont décidé de faire un controle au faciès (bouh, les vilains méchants racistes pas déontologiques que voilà !). Forcement, le roumain, pas de pièces d'identité sur lui (normal, lui "roumain", lui "europe", lui "légal", mais faut pas trop en demander non plus !). Avec sa description ils font quelques recherches et s'aperçoivent que le gus en question est déjà connu pour moult vols étalages, vols par effraction, vols par ruse et escroquerie. Et il s'apercoivent également qu'il est activement recherché car il a deux mois de prison a effectuer, mais aussi et surtout parce qu il est recherché par nos services pour une histoire de viol aggravé. Ils nous appellent, on vient le chercher, on l'interroge gentiment parce qu'il se fout un peu de notre gueule en nous donnant de fausses identités, de fausses informations, en refusant de nous dire ou se trouve son comparse de parties de jambes en l'air désirées de manière unilatérale, etc. Et au final, une affaire de quasiment résolue. Bon reste plus qu'a voir si le proc va suivre le viol en faisant passer ça aux assises et non en correctionnelle, et si les juges vont suivre derrière pour la sanction (ben oui comprenez le, le pauvre ! Il souffre d'un cruel manque d'affection de la part de la gent féminine qui l'oblige à avoir recours à un tel comportement. Et puis surtout, il n'a que 15 ans...).
Comme quoi, le controle au faciès, pas toujours une légende, mais ça a souvent du bon.

Hors ligne raja

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #3 le: 01 novembre 2010 à 08:17:01 »
tu peux donc être un violeur ou assassin bon teint et dormir sur tes deux oreilles puisque la police s'occupe des basanées...sur 1 violeur roumain combien de noirs, d'arabes ou de basanés sont contrôlés pour rien 15 fois par jour? cette méthode présuppose que les population foncés sont plus criminels que ceux qui le sont moins c'est bel et bien une pratique raciste.

Hors ligne Val

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #4 le: 01 novembre 2010 à 10:45:22 »
Ce que tu as écrit est absolument spécieux, sven. C'est "la fin justifie les moyens", globalement. Et donc si taper des gens pour les interroger donnait des résultats, taper les gens ce serait bien ?  Il faut aller jusqu'au bout du raisonnement. Le problème, vois tu, sven, c'est que c'est le même genre de raisonnement qui justifie toutes les lois sécuritaires qui font que la plupart des gens qui n'ont rien fait sont emmerdés tous les jours...
Je suis contente que l'affaire ait pu être résolue mais comme dit raja, combien d'honnêtes gens retardés, emmerdés, pour ça ? Et il aurait pu être innocent, aussi.
Tout le monde a tendance à oublier que les criminels sont une minorité dans la population... or c'est la population qu'il faut aussi protéger...
bref.  :merci: :merci:

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Re : Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #5 le: 01 novembre 2010 à 18:21:12 »
tu peux donc être un violeur ou assassin bon teint et dormir sur tes deux oreilles puisque la police s'occupe des basanées

Je crois pas avoir dit qu'on ne s'intéressait qu'aux "basanés". Simplement, là, il s'agit d'un exemple de ce que vous considérez comme un controle au faciès preuve du racisme des vilains policiers, alors qu'il s'agit de l'application de la partie du code de procédure pénale relative aux controles d'identité.
On peut controler toute personne suspectée d'avoir commis ou de vouloir commettre un crime ou un délit. On va dire que c'est capilotracté bien sur puisque le fait qu'il s'agisse d'un démarcheur roumain c'est du controle au faciès. C'est pas totalement faux d'un point de vue extérieur. D'un point de vue policier c'est parce qu'il s'agit d'un démarcheur roumain dans un quartier pavillonnaire qu'on le suspecte d'avoir commis ou de vouloir commettre un crime ou un délit. Et donc le controle est parfaitement légal et fondé.
Alors c'est vrai, ça fait vilain raciste dit comme ça. Menfin jusqu'a présent sur tous les roumains que j'ai pu controler, il n'y en a pas un seul qui s'en est sorti sans au moins un rappel à la loi. C'est à dire qu'on s'est aperçu à l'issue du controle que tous avaient commis au moins un crime ou un délit. Il ne s'agit pas de supposition, juste de constat. On controle lorsque l'on trouve quelque chose (ou quelqu'un) louche.
Un Sdf à Neuilly c'est aussi louche qu'un mec en costard, et rolex au poignet se baladant en plein milieu de la cité des Indes. Les deux seront controlés tout pareil. Il s'agit effectivement de ce que l'on apelle un controle au faciès, mais il n'est pas question de couleur de peau ou de racisme. Simplement c'est louche, ça ne colle pas dans le paysage.
Après, si l'on ne fait plus ce genre de controle, on ne travaille plus. Le vrai flagrant délit (celui on l'on voit l'auteur commettre le fait, je ne parle pas là du cadre d'enquete) ne représente qu'au maximum 1% de notre activité. Et encore. Si l'on a plus que ça, il ne nous reste plus qu'a rester tranquillement enfermés au commissariat en attendant que les vigiles des supermarchés nous appellent pour qu'on viennent chercher les voleurs. Les enquetes pourront toujours avancer mais se stopperont au moment d'identifier l'auteur, à moins que celui ci ne se soit déjà fait prendre en flag.

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Ce que tu as écrit est absolument spécieux, sven. C'est "la fin justifie les moyens", globalement. Et donc si taper des gens pour les interroger donnait des résultats, taper les gens ce serait bien ?
Non, je ne dis pas que ça serait bien. Et puis surtout, ça ne serait pas légal. Contrairement au "controle au faciès", qui lui, en plus d'etre légal, la loi étant peu précise comme je viens de l'expliquer, est efficace, non violent, et tout ce que l'on veut.

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Le problème, vois tu, sven, c'est que c'est le même genre de raisonnement qui justifie toutes les lois sécuritaires qui font que la plupart des gens qui n'ont rien fait sont emmerdés tous les jours...
Je suis contente que l'affaire ait pu être résolue mais comme dit raja, combien d'honnêtes gens retardés, emmerdés, pour ça ? Et il aurait pu être innocent, aussi.
Au choix, entre etre retardé 5 minutes et ne plus avoir de criminels dans les rues ou arrivé à l'heure au boulot mais etre obligé de regarder derrière moi tous les 10 mètres quand je me promène en ville, pour ma part le choix est vite fait. Un controle d'identité c'est pas du fichage. Les résultats du controle n'apparaissent nulle part si celui ci est négatif.
Alors on va me dire que je ne trouve pas ça dérangeant parce que je ne me fais pas controler souvent puisque je suis "de la bonne couleur". Menfin il ne s'agit pas de couleur. Simplement de comportement, d'allure, d'attitude, de tenue. Quand je suis en ville avec des amis, on ne zone pas en squattant plusieurs heures appuyés sur la devanture d'un magasin. On ne hurle pas, on ne parle pas fort, on ne crache pas par terre, on ne regarde pas avec un air haineux toutes les patrouilles de police que l'on croise, etc. Pareil, je n'ai pas la ceinture du pantalon à hauteur des genoux laissant apparaitre mon joli caleçon.
Quand on a un look de gangsta, une attitude de gansta, un langage de gangsta, il ne faut pas s'étonner si l'on passe pour un gangsta.
L'apparence compte beaucoup dans notre société. On ne se pointe pas à un entretien d'embauche habillé comme un sdf. Ca parait logique sinon la première impression que l'on donne c'est d'etre un sdf. Donc forcement, un policier, le premier truc qu'il va voir c'est l'apparence. Après, il va fixer la personne et va pouvoir juger de son comportement.
Parce que pour ma part, vous me verriez habillé en civil, lorsque je sors du boulot, ou mieux encore, lorsque je sors d'un stade de foot, vous vous poseriez des questions. Baggy qui traine par terre, van's, blouson en cuir, écharpe qui me sert de cache nez et donc me couvre la moitié du visage, j'ai une tenue vestimentaire à me faire controler. Ce qui fait que ça ne m'arrive que très rarement ce n'est pas la couleur de ma peau, c'est simplement que mon comportement et mon attitude font que je n'ai pas l'air d'etre un délinquant.
Bon ben là, un roumain de 15 ans qui fait du démarchage, on le controle. Oui, c'est un controle au faciès, parce qu'effectivement, il est roumain, il est mineur, il fait du démarchage (faut dire qu'il cherche là aussi). Ca serait un blanc, un black ou un beur, majeur, bien habillé, qui chercherait à vendre des détecteurs de fumée ou des alarmes de vidéoprotection, il ne se ferait pas controler, parce que ça ne paraitrait pas louche.
Si il avait eu des papiers et qu'il n'avait eu ni fiche de recherche, ni casier judiciaire long comme le bras, en 5 minutes le controle aurait été fini, les collègues serait reparti, lui il aurait repris son activité et ça se serait arreté là.

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Tout le monde a tendance à oublier que les criminels sont une minorité dans la population... or c'est la population qu'il faut aussi protéger...
Et donc faire un controle d'identité permettant d'arreter un violeur défavorablement connu des services de police (il a beau avoir 15 ans il a tout de même une dizaine d'alias comportant chacun une dizaine de condamnations), ce n'est pas protéger la population ?
Controler un démarcheur se situant dans un quartier pavillonnaire, lieu très prisé des démarcheurs roumains faisant du repérage, ce n'est pas protéger la population ?
J'aimerais savoir ce que la population entend par "protéger dans ce cas". Parce que j'ai tout de même l'intime conviction que la population n'en a rien foutre d'une quelconque protection. Quand on sait que lorsque l'on a le gyrophare et le deux tons les gens ne nous laissent que très rarement passer...

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #6 le: 02 novembre 2010 à 09:44:26 »
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Quand on a un look de gangsta, une attitude de gansta, un langage de gangsta, il ne faut pas s'étonner si l'on passe pour un gangsta.
L'apparence compte beaucoup dans notre société. On ne se pointe pas à un entretien d'embauche habillé comme un sdf. Ca parait logique sinon la première impression que l'on donne c'est d'etre un sdf. Donc forcement, un policier, le premier truc qu'il va voir c'est l'apparence. Après, il va fixer la personne et va pouvoir juger de son comportement.
jusqu'à preuve du contraire quand on se ballade dans la rue on ne passe pas un entretien et ona  encore le droit, même si c'est de mauvais gout, de s'habiller comme bon nous semble.
beaucoup de petit bourgeois "bon teint" parlent comme des attardés, se sapent comme des sacs et jouent au gangsta...c'est pas pour autant qu'on les soupçonne de commettre des délits.
je pense que les filles se font moins contrôler mais je connais pas un seul garçon maghrébin ou noir ne s'étant pas fait contrôlé plusieurs fois, pourtant les fois ou ils se faisaient le plus contrôlé c'était en rentrant à la cité U, en sortant de la fac et ils étaient plus souvent en pantalon de costume qu'en baggy.

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Parce que pour ma part, vous me verriez habillé en civil, lorsque je sors du boulot, ou mieux encore, lorsque je sors d'un stade de foot, vous vous poseriez des questions. Baggy qui traine par terre, van's, blouson en cuir, écharpe qui me sert de cache nez et donc me couvre la moitié du visage, j'ai une tenue vestimentaire à me faire controler. Ce qui fait que ça ne m'arrive que très rarement ce n'est pas la couleur de ma peau, c'est simplement que mon comportement et mon attitude font que je n'ai pas l'air d'etre un délinquant.
pitié c'est tout simplement parce que tu es blanc, probablement aux cheveux clairs, tu peux dire le contraire c'est faux, on avait un membre qui était de la BAC sur le forum et il nous a clairement dit que oui les contrôles se faisaient en fonction de la couleur de la peau.
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Ca serait un blanc, un black ou un beur, majeur, bien habillé, qui chercherait à vendre des détecteurs de fumée ou des alarmes de vidéoprotection, il ne se ferait pas controler, parce que ça ne paraitrait pas louche.
encore là si toi tu ne fonctionnes pas comme ça beaucoup de tes collègues le font, pour preuve, il y a eut des cas d'avocats, de journalistes qui ont du subir les désagrément multiple de cette pratique.
l'oncle d'un copain avocat franco-congolais a eut aussi à subir les violences verbales racistes de certains policiers.
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en 5 minutes le contrôle aurait été fini...
5 minute le matin en allant au travail, puis 5 mn en prenant le metro puis 5 mn en descendant du metro, puis 5 mn en se dirigeant au travail, puis 5 mn à la pause de midi en allant acheter un sandwich, puis 5 mn en rentrant du boult puis 5 mn en prenant le metro, puis 5 mn en sortant du métro puis encore 5 mn avant d'arriver chez soi...alors aprés avoir été contrôlé en tout 54 mn et je suis gentille on appelle ça comment?
un Arabe est sept à huit fois plus contrôlé qu'un Blanc par la police française. Pour un Noir, c'est six fois plus probable.

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Re : Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #7 le: 02 novembre 2010 à 12:33:04 »
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jusqu'à preuve du contraire quand on se ballade dans la rue on ne passe pas un entretien et on a encore le droit, même si c'est de mauvais gout, de s'habiller comme bon nous semble.
C'est pour ça que je disais que l'on regarde en premier l'apparence et ensuite le comportement.

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beaucoup de petit bourgeois "bon teint" parlent comme des attardés, se sapent comme des sacs et jouent au gangsta...c'est pas pour autant qu'on les soupçonne de commettre des délits.
C'est par pour autant que tu les soupçonnes peut etre. Qu'on les soupçonne, ça c'est autre chose. Que sais tu de ce que penses un policier en service ? Que sais tu de ce qu'il se dit dans une voiture de police ?
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je pense que les filles se font moins contrôler mais je connais pas un seul garçon maghrébin ou noir ne s'étant pas fait contrôlé plusieurs fois, pourtant les fois ou ils se faisaient le plus contrôlé c'était en rentrant à la cité U, en sortant de la fac et ils étaient plus souvent en pantalon de costume qu'en baggy.
Tout à fait d'accord pour les filles. C'est, à l'instar des personnes agées, l'inverse du controle au faciès. Etrangement je n'ai encore jamais entendu personne se plaindre de cette discrimination. Mais pour les garçons je suis d'accord aussi. Tu ne connais pas un seul garçon maghrébin ou noir ne s'étant pas fait controler plusieurs fois. Pour ma part je ne connais pas un seul garçon tout court (donc maghrébin, noir, ou blanc) ne s'étant pas fait controler plusieurs fois. Et pourtant j'ai des amis qui bossent à la défense, à TF1, à Neuilly, et même dans des commissariats de Police, ce qui ne les empeche pas de faire controler.

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pitié c'est tout simplement parce que tu es blanc, probablement aux cheveux clairs, tu peux dire le contraire c'est faux, on avait un membre qui était de la BAC sur le forum et il nous a clairement dit que oui les contrôles se faisaient en fonction de la couleur de la peau.
Et donc les fois ou je me fais controler c'est parce que les collègues n'ont pas les yeux en face des trous, sont mal réveillés, ou sont trop bourrés pour ne pas s'apercevoir que je ne suis pas noir ? Je ne crois pas. Ou du moins je n'espère pas pour eux.

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encore là si toi tu ne fonctionnes pas comme ça beaucoup de tes collègues le font, pour preuve, il y a eut des cas d'avocats, de journalistes qui ont du subir les désagrément multiple de cette pratique.
l'oncle d'un copain avocat franco-congolais a eut aussi à subir les violences verbales racistes de certains policiers.
Pour les violences verbales, ça, c'est autre chose. Ca n'a pas lieu d'etre dans un controle, mais je ne jugerai pas puisque ça se traite au cas par cas. Dire "négro" étant considéré comme étant des violences verbales, mais "poulet" ou "keuf" non, la frontière est mal définie et va dépendre de la susceptibilité de chacun.
Par contre pour les avocats ou journalistes, comme tu l'as dit, on est encore libre de s'habiller comme on veut. Et la fonction n'étant pas inscrite sur le front de la personne qui l'exerce je ne vois pas pourquoi un avocat ou un journaliste aurait moins de chances de se faire controler. C'est aussi ça l'égalité !   :mrgreen:
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5 minute le matin en allant au travail, puis 5 mn en prenant le metro puis 5 mn en descendant du metro, puis 5 mn en se dirigeant au travail, puis 5 mn à la pause de midi en allant acheter un sandwich, puis 5 mn en rentrant du boult puis 5 mn en prenant le metro, puis 5 mn en sortant du métro puis encore 5 mn avant d'arriver chez soi...alors aprés avoir été contrôlé en tout 54 mn et je suis gentille on appelle ça comment?
un Arabe est sept à huit fois plus contrôlé qu'un Blanc par la police française. Pour un Noir, c'est six fois plus probable.
Alors dire ou laisser sous entendre que tous les noirs ou tous les arabes sont des délinquants c'est inacceptable.
Par contre dire ou laisser sous entendre que tous les flics sont des racistes c'est normal. C'est un peu facile non ?
Ca me fait penser à l'ADS qui depuis quelques temps est invitée sur tous les plateaux de télé suite à la publication de son ouvrage dénonçant l'immense infiltration du KKK au sein de la police nationale. C'est plutot rigolo quand on sait qu'elle écrit un livre sur la police en se faisant passer pour une flic alors qu'elle n'était pas fonctionnaire de police, qu'elle écrit sur les infames controles au faciès effectués alors qu'elle n'a ni fait ni vu de controles d'identité puisqu'elle occupait des taches administratives donc ne connait le travail de flic que grace aux documentaires vus à la télé, qu'elle décrit les flics de la paf comme d'immondes racistes alors que la grande majorités d'entre eux est noire de peau (Les antillais ayant tendance à choisir la paf dans les aéroports pour des raisons pratiques lorsqu'ils rentrent voir leur famille).
Mais bon, c'est tellement agréable de parler de ce qu'on ne connait pas qu'elle a décidé d'en faire un livre pour entretenir la légende.

Alors oui, les controles au faciès existent. Menfin faut arreter de dire que c'est une question de couleur de peau. On va controler parce que c'est louche, parce qu'on connait bien et que l'on sait que ça prépare une connerie, parce que l'on ne connait pas du tout, parce que ça a une attitude étrange, etc.
Pour le cas du roumain, pas de chance, il n'était ni noir ni arabe (les collègues l'ont peut etre controlé dans le noir aussi ça expliquerait cette grave erreur de jugement). Il a été controlé parce que c'était un mineur roumain (et non chilien) qui faisait du démarchage. C'est pas une question de couleur. C'est juste louche, et à juste titre.

Hors ligne raja

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #8 le: 19 novembre 2011 à 14:43:50 »
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Le Collectif Contre le Contrôle au faciès a pour objectif d’imposer le reçu du contrôle d’identité dans la loi, afin de lutter contre la pratique systématique au contrôle au faciès qui stigmatise une partie de la population de manière illégale, abusive et inefficace. Pour cela, il met en place une action inédite en France : une action en justice massive contre l’Etat. Chacun peut la rejoindre en envoyant CONTROLE par SMS au 07 60 19 33 81 à chaque contrôle d’identité hors véhicule sans motif apparent. Il sera rappelé en 24h.

QUEL EST LE PROBLEME?

Le contrôle au faciès, contrôle d’identité motivé par l’apparence d’une personne plutôt que par ses actes, est une pratique abusive, inefficace et discriminatoire. Il est donc illégal en droit français, comme en droit international.

Cette pratique dénoncée depuis des années a enfin été démontrée par l’étude « Police et Minorités Visibles : les contrôles d’identité à Paris » du CNRS pour l’OSJI : celle-ci confirme que les forces de l’ordre françaises y recourent massivement. Ces contrôles sont subis prioritairement par une partie de la population : ceux qui sont perçus comme « jeunes » (11 fois plus), « noirs » (6 fois plus que les « blancs »), ou « arabes » (8 fois plus).

Inefficaces et répétitifs, ces contrôles, parfois accompagnés de violence verbale ou physique, sont frustrants et humiliants. Ils instaurent un climat de défiance entre la police et les contrôlés qui peut avoir des conséquences graves (garde à vue, comparution pour outrage et rébellion, violences…).

Les contrôles abusifs provoquent également la peur de la police chez les plus jeunes : rappelons que c’est terrorisés à la vue de policiers que Zyed et Bouna ont pris la fuite pour échapper à un énième contrôle et trouvé la mort.

Les législateurs, ne subissant pas de contrôles, n’ont aucune conscience de la violence verbale, morale ou physique qui peut accompagner un contrôle d’identité, ni des conséquences graves qu’il peut avoir sur la vie de citoyens ordinaires. Ils considèrent que cette question relève des rapports entre « délinquants » et policiers. De son côté, le Ministère de l’Intérieur nie le problème.

Résignés, les citoyens concernés tombent dans le fatalisme. « Porter plainte contre la police est une procédure lourde et coûteuse qui n’aboutit que rarement ». Ils sont découragés par le temps et l’argent à investir pour saisir les tribunaux et obtenir gain de cause, n’ayant que des histoires d’échec ou de déceptions autour d’eux.

Mais si la Justice n’a jamais prononcé de décision encourageant les politiques à se saisir de la question des contrôles abusifs, c’est aussi parce qu’elle n’a jamais été saisie directement sur ce problème de manière collective, organisée et efficace.

QUELLES SOLUTIONS ?

En Angleterre, aux Etats-Unis, en Espagne et en Hongrie, une politique de remise de reçu du contrôle d’identité ainsi que des commissions indépendantes impliquant la police et la société civile ont fait leurs preuves.

Le reçu du contrôle d’identité avec la date, l’heure, le lieu, le motif légal, le résultat du contrôle et une évaluation de la procédure contresignée par la personne contrôlée (respect, politesse, vouvoiement, etc.) oblige le policier à justifier sa démarche de contrôle et à suivre une procédure claire, tout en permettant à la personne contrôlée de la comprendre, et, si nécessaire, de la contester preuves à l’appui, puisque l’événement laisse une trace.

Cette mesure s’inscrit dans une dynamique où le service policier est considéré comme un service public, au service des citoyens.

Hors ligne Le sang coule

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Re : Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #9 le: 19 novembre 2011 à 18:11:57 »
Ah, c'est pas parce que les méchants noirs (polygames) et arabes (égorgeurs de moutons) sont tous délinquants, dealers ou terroristes qu'ils se font plus contrôler ?! je croyais pourtant... J'ai du mal comprendre le discours frontiste euh sarkozyste. :pendu: :pendu:

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Cette mesure s’inscrit dans une dynamique où le service policier est considéré comme un service public, au service des citoyens.

On est pas en URSS, non mais !  :frime1:


 :sivousme:
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Re : Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #10 le: 19 novembre 2011 à 21:56:51 »
Le reçu du contrôle d’identité avec la date, l’heure, le lieu, le motif légal, le résultat du contrôle et une évaluation de la procédure contresignée par la personne contrôlée (respect, politesse, vouvoiement, etc.) oblige le policier à justifier sa démarche de contrôle et à suivre une procédure claire, tout en permettant à la personne contrôlée de la comprendre, et, si nécessaire, de la contester preuves à l’appui, puisque l’événement laisse une trace.

Mouahahah, je me marre.
Ce n'est pas contre toi Raja et tu le sais bien, mais c'est totalement débile comme système.
Il ya la même chose pour les Timbres Amendes et infractions routières. Et malgré le fait que les controles soient justifiés, que les infractions soient réelles, ça n'empeche pas les gens de faire preuve de mauvaise foi, de ne pas reconnaitre l'infraction, d'écrire par la suite pour se plaindre du comportement inadmissible que nous avons adopté durant le controle et d'exiger la cessation immédiate des poursuites sous peine de dépot de plainte contre l'agent verbalisateur.
Je ne vois donc pas ce que ça fera de plus à part nous emmerder davantage lorsque l'on bosse et nous donner envie de faire chier encore plus les gens. Parce que rien n'empechera la personne controlée de mettre n'importe quoi sur l'évaluation juste histoire d'emmerder les fonctionnaires.
Menfin. Le jour ou ça sera mis en place (si ça l'est) y a plus de soucis, moi je me fous au routier et je ne fais plus d'anti délinquance. Voudrais pas passer pour un sale con de fasciste.
« Modifié: 24 novembre 2011 à 09:49:05 par sven »

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #11 le: 10 mars 2012 à 15:24:17 »
Sur le contrôle au faciès ou délit de sale gueule, j'aurai pour ma part une approche mitigée.  :pausecaffé:

1. On ne peut pas nier le contrôle au faciès, je crois que c'est clair, cela existe, surtout envers les noirs et les arabes. Mais pas seulement. Je suis certain par exemple, pour en avoir été victime un certain nombre de fois, que les flics chargés du contrôle routier arrêtent plus souvent :
- les garçons
- jeunes
- roulant dans une bagnole pourrie
- même bien blanc
Loi statistique que j'ai dégagée modestement à partir de ma propre expérience !  ;)

De plus, j'atténuerai certains aspects de la critique des différents intervenants :

- dans certaines banlieues parisiennes, on ne peut pas parler de contrôle au faciès dès lors que la majorité des habitants sont noirs ou arabes. Dans cette configuration, il y aurait un délit de faciès si c'est le seul blanc dans le bus qui était contrôlé...

- Deuxième atténuation, le contrôle au faciès est une pratique policière qui a toujours existé, et qui existera toujours. C'est un élément de la pratique professionnelle, qu'il s'agisse de contrôles douaniers, contrôles d'identité, contrôles à l'entrée d'un site sécurisé... Les policiers sont en butte à un nombre trop important de suspects potentiels pour être efficaces s'ils se contentent d'un contrôle purement "aléatoire". Il leur faut donc restreindre le champ de leur analyse en fonction d'un certain nombre de critères très subjectifs, facilement contestables, mais basés sur l'expérience, l'intuition....


Pour illustrer mon propos : c'est malheureusement un fait que les jeunes garçons avec un A au cul de leur voiture ont plus de risques d'accidents que les autres conducteurs. C'est aussi un fait que dans de nombreuses banlieues, il existe des communautés d'origine immigrée dont certains jeunes sont des trafiquants ou des délinquants notoires... La couleur de peau n'est pas le seul identificateur d'ailleurs, tout dépend aussi de la "dégaine" de l'individu....

Personnellement, j'aurais tendance à faire davantage confiance à un type noir en costard cravatte  plutôt qu'à un type bien blanc mais avec un look de branleur ou de racaille des cités....
« Modifié: 10 mars 2012 à 15:26:47 par constant »
"Je préfère l'inégale répartition de la richesse plutôt que l'égale répartition de la misère" Wiston Churchill

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #12 le: 10 mars 2012 à 17:44:37 »
Je ne peux qu'abonder dans ton sens Contant.

Il faut avant toute chose s'entendre sur la définition de controle au faciès.

Lors d'un controle routier l'objectif est la recherche d'infraction au code de la route (en majorité. Après on peut toujours faire autre chose comme un port d'arme mais ce n'est pas le plus courant)
Le fait de controler une voiture qui semble en piteux état est ce assimilé à un controle au faciès ?
Sur les voiture pourrie, comme tu dis, on a une chance sur deux de trouver un défaut de controle technique et une sur quatre de faire un non changement de carte grise (ce qui signifie que les démarches n'ont pas été faites par l'acheteur en préfecture et que c'est l'ancien propriétaire qui reçoit donc toutes les amendes à son domicile et doit soit les payer, soit passer au tribunal en apportant la preuve que le véhicule n'est plus en sa possession). Avec les anciennes plaques c'était plus facile parce qu'avec l'habitude on connaissait rien qu'en voyant la plaque au loin la date de mise en circulation du véhicule donc la date de validité du CT. Maintenant c'est nettement plus dur...

Le fait de controler à Neuilly une fourgonnette immatriculée dans le 93 est il considéré comme un controle au faciès ? Je ne travaille pas à Neuilly, mais les véhicules qui passent par chez moi et qui sont immatriculés dans le 93 c'est quasiment à coup sur un cambriolage de résolu. On retrouve toujours du matos et des objets volés à l'intérieur, ou lorsque ce n'est pas le cas on se contente d'un défaut de permis de conduire ou d'un étranger en situation irrégulière.

Là, le controle est basé soit sur l'apparence du véhicule soit sur le lieu d'habitation de son propriétaire. Ca pourrait donc s'apparenter à un controle au faciès.

Mais on fait pire encore (oulala ! pas bien !  :rouge:).
Les controles alcoolémie le matin aux heures de sortie de boites de nuit. On a tendance à controler les véhicules particuliers avec à bord 4 ou 5 jeunes plutot que les véhicules de professionnels qui vont installer leur étal sur le marché. C'est aussi du controle au faciès puisqu'on laisse passer les petits vieux qui vont faire leurs courses ou le père de famille qui va au boulot avec la tete encore enfarinée, plutot que les jeunes excités.

La notion de controle au faciès englobe tout et n'importe quoi. Et comme tu le dis Constant, le simple fait de controler quelqu'un dans le but d'éviter d'etre accusé de contole au faciès c'est déjà faire un controle au faciès.

Pour ma part, quand je fais du controle routier je préfère controler les petites voitures si possible de couleur rouge. Ce sont principalement des jeunes femmes au volant, et elles sont généralement jolies, souriantes et sentent bon les fleurs. C'est toujours plus agréable que le routier portugais qui vient de passer une semaine à dormir et manger dans son camion et qui ne s'est pas lavé depuis 3 jours.  :mrgreen:
Ca a du bon parfois le controle au faciès.  ::d

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #13 le: 10 mars 2012 à 21:14:47 »
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on laisse passer les petits vieux qui vont faire leurs courses

alors là! c'est un tort: vers chez moi les petits se pètent la ruche quotidiennement et pas qu'un peu! crois-moi les jours de marché  on a plus à craindre du pépé qui vient de passer la matinée à se rincer le gosier au PMU que du bronzé qui vient d'acheter son tabac , ses feuilles et gratter un tac-au-tac...
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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #14 le: 10 mars 2012 à 22:12:58 »
mondieumondieumondieu ! Dans quel lieu de perdition habitez-vous donc ?

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Re : Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #15 le: 10 mars 2012 à 22:51:56 »
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on laisse passer les petits vieux qui vont faire leurs courses

alors là! c'est un tort: vers chez moi les petits se pètent la ruche quotidiennement et pas qu'un peu! crois-moi les jours de marché  on a plus à craindre du pépé qui vient de passer la matinée à se rincer le gosier au PMU que du bronzé qui vient d'acheter son tabac , ses feuilles et gratter un tac-au-tac...

A 6 ou 7 h du mat' chez moi pas de problème de ce coté là. Les petits vieux se lèvent, font leur marché et ne prendront l'apéro que bien plus tard dans la journée. C'est davantage vers 19 heures qu'on peut faire le papy alcoolisé ou le père de famille qui a été au bar avec ses collègues en sortant du boulot avant d'aller chercher chez la nourrice ses deux gamins qu'il n'attachera pas, bien entendu...

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #16 le: 12 avril 2012 à 14:59:08 »
Allez... une petite louche pour sven :mrgreen:

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Quinze personnes assignent l'État pour des contrôles au faciès

Les quinze plaignants intentent une action au civil visant à engager la responsabilité de l'État dans cette pratique discriminatoire.
Cette action "historique" a été présentée comme "une première en France" par Me Félix de Belloy, qui plaide l'affaire avec Me Slim Ben Achour. "Les victimes des contrôles au faciès assignent ensemble l'État devant la justice pour qu'(il) soit enfin condamné pour cette pratique discriminatoire", a déclaré Me Félix de Belloy, lors d'une conférence de presse sur les marches du palais de justice
Le Défenseur des droits Dominique Baudis s'est également penché sur le problème, a indiqué une porte-parole. "Il a reçu un certain nombre d'associations qui l'ont alerté sur cette question", et "on est très en pointe sur ce sujet", a-t-elle assuré, promettant "un certain nombre de propositions avant l'été".

"Fouilles, palpations, insultes et violences"

Les quinze plaignants, recensés dans l'ensemble du territoire et soutenus par le Collectif contre le contrôle au faciès et le Syndicat des avocats de France (SAF), "sont l'objet de fouilles, de palpations et certains d'insultes et de propos humiliants et même de violences physiques", a-t-il expliqué, dénonçant "une suspicion policière" en raison notamment de leur couleur de peau et de leurs codes vestimentaires. Ces victimes "vont demander au juge que la République se conforme à ses propres principes", a ajouté Me Slim Ben Achour, qui constate que "plusieurs libertés et droits fondamentaux ne leur sont pas garantis" lors des contrôles. Pour lui, "en droit, seul le comportement et en aucun cas l'apparence" doit donner lieu à des contrôles. "Il se trouve qu'en l'espèce, les parties que nous représentons sont considérées par la République, par les forces de l'ordre, par les autorités comme des citoyens de seconde zone", a-t-il dénoncé.
Une étude pilotée par le CNRS avec Open Society Justice Initiative de 2009, menée dans cinq lieux parisiens, démontre qu'un Noir ou un Arabe a respectivement 6 fois et 7,8 fois plus de chance d'être contrôlé qu'un Blanc. Pour le Collectif contre le contrôle au faciès, "la population perçoit les contrôles au faciès ou les contrôles abusifs comme une réalité acceptable alors que ce n'est pas du tout acceptable. On prétend qu'on est un peu paranoïaque, que le contrôle au faciès n'existe pas, mais c'est une réalité", a insisté son porte-parole, Franco Lollia. "On est dans une démarche citoyenne, ce n'est pas une action contre la police", a pour sa part soutenu le rappeur Axiom, engagé aux côtés des victimes.

"Discrimination"

Des candidats à la présidentielle ont reconnu l'existence de ces contrôles, en répondant au laboratoire d'idées Terra Nova, proche du PS, et à Respect Mag qui leur ont soumis "16 propositions pour faire bouger la République". "Le contrôle au faciès est une discrimination de la vie quotidienne, une injustice que je n'accepte pas. Je veux y mettre un terme car chaque citoyen mérite la même considération, le même respect", a déclaré le candidat socialiste à l'Élysée François Hollande. "Qu'il y ait des contrôles au faciès, j'en suis persuadé", a reconnu François Bayrou, candidat du MoDem, en refusant toutefois de "tomber dans un racisme anti-flics". "Je ne suis pas opposé à ce qu'on donne aux personnes contrôlées un document. En revanche, je trouve inacceptable d'être obligé de signer avec son matricule : ça signifie donne-moi tes papiers à l'envers", a-t-il ajouté.
Le collectif a mis en place un numéro de SMS, ainsi qu'un site internet ICI, pour recueillir des témoignages des victimes



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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #17 le: 12 avril 2012 à 15:17:54 »
Faut être sacrément dans le déni ou porter des  montures en peau de saucisson labellisé FN pour prétendre que ce type de contrôle n'existe pas .Le délit d'outrage et de rébellion est bien pratique et confère une immunité quasi totale .
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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #18 le: 12 avril 2012 à 18:22:59 »
vous vous souvenez peut être d'un de nos membre, cobra qui était à la BAC (il me semble) et qui disait sur l'autre forum que oui le contrôle au faciès existe...je connais les arguments pour justifier cette pratique mais alors pourquoi ne pas accepter l'idée du reçu du contrôle d’identité, ça avait fait rire sven mais si vous voulez que la situation s'améliore un peu, va falloir penser à faire un pas en avant.

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Re : Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #19 le: 12 avril 2012 à 21:28:49 »
Faut être sacrément dans le déni ou porter des  montures en peau de saucisson labellisé FN pour prétendre que ce type de contrôle n'existe pas .Le délit d'outrage et de rébellion est bien pratique et confère une immunité quasi totale .
Et il faut etre totalement ignorant et n'avoir aucune connaissance de la réalité du système pénal français pour dire que leS délitS d'outrage et de rébellion confèrent une immunité quasi totale.
On en revient toujours au même problème. Controler des blancs sous prétexte qu'ils sont blancs, pour éviter de faire du controle au faciès, ce n'est donc pas faire du controle au faciès. C'est comme se faire envoyer bouler par SOS racisme sous prétexte que "sale français" ou "sale pute blanche" ne sont pas pénalement des propos racistes. Ben oui, le racisme c'est ne pas aimer les noirs et les arabes, et le controle au faciès c'est controler également un noir ou un arabe. Peu importe le fait que l'individu en question ai une arme sur lui, du moment qu'un blanc n'a pas été controlé au préalable c'est du controle au faciès.
Comme me dit souvent un ami qui travaille à St Denis: (et qui est loin d'etre raciste puisque marié à une antillaise) "le jour ou l'on aura obligation de controler que les blancs, on ne pourra plus controler que des flics ou des pompiers..."
Menfin un monde ou l'on oblige à la discrimination pour éviter... la discrimination... ce n'est pas choquant visiblement.

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #20 le: 12 avril 2012 à 22:12:42 »
En ce qui me concerne, je suis lassée d'entendre le mot racisme galvaudé en permanence. Le racisme est le fait de penser qu'il existe des races et que l'une d'elle est supérieure aux autres.
Peu importe que la victime soit blanche, noire, jaune, verte, etc... Je n'ai jamais compris les termes "racisme anti-blanc", par exemple. pour moi c'est complètement stupide. Racisme suffit.
D'ailleurs, les personnes qui n'aime pas les blancs sans pour autant penser qu'ils sont inférieurs sont xénophobes.
Le mot "racisme" est tellement dévoyé aujourd'hui qu'il est utilisé n'importe comment dès qu'on parle de haine ou de peur de la différence. Et ça, ça me fatigue...

Il y a autre chose qui me fatigue. C'est le fait de défendre une chapelle quelle qu'elle soit, sous prétexte qu'on en fait partie ou qu'on est convaincu. Le monde est gris, et ça veut dire qu'il y a des contrôles au faciès, qu'il y a des plaintes pour outrages qui sont justifiées, et d'autres qui ne le sont pas.

Maintenant, je ne vois pas pourquoi on ne croirait pas une étude qui explique que le contrôle au faciès existe. Car je pense que les chercheurs, s'ils méritent ce nom, ont évidement pris garde à la proportion de "blanc, noir, jaune, rouge, vert" qui passaient.

Ils n'ont pas mentionné qu'un noir/arabe avait "plus de chance de se faire contrôler simplement parce que la population de l'endroit observé serait majoritairement noire/arabe. Un étudiant de master saurait que c'est un biais monstrueux, il me paraît évident qu'ils ne sont pas tombés dans ce piège.

Cette étude a également mentionné que les personnes jeunes (il me semble) et que les hommes (ça je suis sûre) étaient aussi beaucoup plus contrôlés, et personne n'en parle jamais. Sans aucun jugement, ça tendrait à prouver que les policiers ont d'autres "biais" que la couleur de peau. Quant à la cause des biais, elle est sujette à interprétation, et je ne sais pas si elle est abordée dans l'étude.

 :merci: :merci:

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #21 le: 13 avril 2012 à 12:38:56 »
Je ne dis pas qu'il y a que des plaintes non justifiées ou que le controle au faciès n'existe pas, bien au contraire.
Ce que j'essaie de soulever comme problème c'est la "notion" (je mets entre guillemet parce que ça ne correspond à rien) de controle au faciès ?
Qu'est ce qu'un controle au faciès ?
Le fait de cibler une partie de la population sur des controles plutot qu'un autre ?
Si c'est ça la définition, bien sur que oui ça existe et ça existera toujours comme je l'ai déjà expliqué puisque le fait de controler d'autres personnes pour ne pas etre accusé de controle au faciès ça entre dans la définition même du controle au faciès.

Maintenant les questions qui se posent sont les suivantes et j'aimerais que vous forumeurs y répondiez (et j'aimerais aussi mais ça c'est impossible qu'un sociologue et un membre d'association y répondent également).

- Comment faire pour ne pas être accusé de controle au faciès dans la mesure ou tout le monde peut déclarer en être victime sans pouvoir apporter de preuve ?
- Comment dans une gare/une rue/un hall d'immeuble ou la population est quasi exclusivement masculine/féminine/blanche/noire/maghrébine (rayez les mentions inutiles) controler des personnes sans etre accusé de quoi que ce soit ?
- Que faire si un vol, une agression ou toute autre infraction a été commise par un individu dont un signalement approximatif vous a été donné par la victime ? Doit on controler les personnes qui pourraient correspondre à la description ou doit on laisser l'auteur tranquille ?
- Dans le cadre d'une opération de sécurisation des transport en commun, comme il y en a beaucoup dans les stations de métro, de gare, etc (ou autre opération relative à l'article 78-2 du CPP) où une réquisition du procureur de la république est donnée aux fins de recherches d'infraction de port d'arme. Qui controler ? Pourquoi ? Et comment justifier le controle d'une personne plutot qu'une autre sans etre une nouvelle fois accusé de controle au faciès ?

Si quelqu'un a des réponses là dessus sur la manière de faire pour que je puisse exercer convenablement mon boulot sans avoir d'emmerdes je suis preneur.

Val, je suis d'accord sur le mot racisme. D'ailleurs le mot "race" ne peut s'appliquer à l'espèce humaine. C'est d'un non sens total mais le fait de l'employer partout fait plaisir à la fois à l'extrême droite et aux associations de lutte contre le "racisme"... Toujours est il que le racisme (comme en parle les politiques) est composé de plusieurs catégories.
Et force est de constater (expérience à l'appui), que les associations comme SOS Racisme luttent contre toutes formes de discrimination (ce qui est tout à fait louable), sauf si tu as le malheur d'etre blanc et catholique (heureusement je suis blanc et athée !). Si tu souhaites de plaindre auprès d'eux de discriminations, d'insultes à caractère xénophobe ou raciste, tu peut être certaine qu'ils t'enverront bouler car tu n'as ni la couleur de peau ni la religion qui les interesse. Si ça c'est pas de la discrimination...

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #22 le: 13 avril 2012 à 14:00:19 »
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- Comment faire pour ne pas être accusé de controle au faciès dans la mesure ou tout le monde peut déclarer en être victime sans pouvoir apporter de preuve ?
quand on vous humilie en public comme si vous étiez de la merde, qu'on vous demande vos papiers 10 fois et le même policier alors qu'on le demande pas au blanc d'un groupe, quand on vous signale que tout les arabes finissent délinquants on appelle ça comment?
l'enquête porte sur 500 contrôles et sur paris et là on parle pas de quartiers populaires à majorité "immigré" et étrangement la proportion de noir et de type maghrébin est plus contrôlés que tout les autres typologies d'individus.
statistiquement si vous faisiez des contrôles juste vous auriez une proportion quasi égale de tout les types de faciès, l'on constate qu'il y a déséquilibre et là c'est problématique.
reconnait que c'est agaçant d'être contrôler plusieurs fois par jour et quand on est agacé au bout de 10 fois on a plus envie d'être poli.

Citer
- Comment dans une gare/une rue/un hall d'immeuble ou la population est quasi exclusivement masculine/féminine/blanche/noire/maghrébine (rayez les mentions inutiles) contrôler des personnes sans être accusé de quoi que ce soit ?
et bien si vous faites un contrôle légitime parce que quelque chose vous fait réagir indépendamment de la couleur de peau, personne ne se plaindra de rien, perso les plus gros consommateur de coke que j'ai vu, acheteur et vendeur c'était de la petite bourgeoise bien blanche mais eux ne sont jamais contrôlés pourquoi?

Citer
- Que faire si un vol, une agression ou toute autre infraction a été commise par un individu dont un signalement approximatif vous a été donné par la victime ? Doit on contrôler les personnes qui pourraient correspondre à la description ou doit on laisser l'auteur tranquille ?
si on vous signale un type maghrébin de 30 ans contrôler des gamins de 16 ans ou des quarantenaire quel intérêt?

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- Dans le cadre d'une opération de sécurisation des transport en commun, comme il y en a beaucoup dans les stations de métro, de gare, etc (ou autre opération relative à l'article 78-2 du CPP) où une réquisition du procureur de la république est donnée aux fins de recherches d'infraction de port d'arme. Qui controler ? Pourquoi ? Et comment justifier le controle d'une personne plutot qu'une autre sans etre une nouvelle fois accusé de controle au faciès ?

encore une fois si vous faites votre travail de façon juste et honnête personne n'aura rien à en redire mais quand visiblement vous considérés qu'il y a des population à surveiller plus que d'autres c'est de la discrimination est ça c'est illégal

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #23 le: 18 avril 2012 à 08:50:27 »
On en revient donc aux explications que j'ai fournies bien plus tot.

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quand on vous humilie en public comme si vous étiez de la merde, qu'on vous demande vos papiers 10 fois et le même policier alors qu'on le demande pas au blanc d'un groupe, quand on vous signale que tout les arabes finissent délinquants on appelle ça comment?
l'enquête porte sur 500 contrôles et sur paris et là on parle pas de quartiers populaires à majorité "immigré" et étrangement la proportion de noir et de type maghrébin est plus contrôlés que tout les autres typologies d'individus.
statistiquement si vous faisiez des contrôles juste vous auriez une proportion quasi égale de tout les types de faciès, l'on constate qu'il y a déséquilibre et là c'est problématique.
reconnait que c'est agaçant d'être contrôler plusieurs fois par jour et quand on est agacé au bout de 10 fois on a plus envie d'être poli.
Euh... connaitre l'avenir ?  :mrgreen:
L'enquete porte sur 500 controles et sur Paris nous sommes d'accord. Maintenant, ne vient pas dire qu'on ne parle pas de quartiers à majorité "immigré", parce que l'on a aucune information dans ce sens. Maintenant, les controles sont plus souvent effectués dans les zones ou l'on a un fort taux de délinquance. Pour Paris c'est 20ème, 19ème, Barbès, et les gares et stations sncf et ratp. Dans des endroits comme cela, la délinquance tu la repères tout de suite, elle est clairement visible et ne se cache pas. Quand tu vas dans le forum des halles, ou gare du nord, qui sont des lieux prisés pour les affrontements entre bandes de branleurs de la région parisienne, les fouteurs de merde tu les trouve vite. Ils hurlent, imposent leur musique à tout le monde, bousculent et insultent les passants, volent chez les commerçants, etc. Pour la plupart ils viennent du 93 et désolé mais c'est une réalité, sont noirs ou maghrébins. Les controler c'est faire un port d'arme à coup sur. Il se font tous effectivement controler plusieurs fois dans la journée, mais à chaque coup tu peux ramener. Là dessus, je ne suis pas sur que l'on y soit pour quelque chose.

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et bien si vous faites un contrôle légitime parce que quelque chose vous fait réagir indépendamment de la couleur de peau, personne ne se plaindra de rien, perso les plus gros consommateur de coke que j'ai vu, acheteur et vendeur c'était de la petite bourgeoise bien blanche mais eux ne sont jamais contrôlés pourquoi?
Ah ! Donc tu es en train de me dire que certains délits sont davantage commis par une tranche de la population que par une autre. Heureux de te l'entendre dire.
Perso, les plus gros voleurs de portables à l'arrachée ce sont des noirs ou des maghrébins.
J'ai vu la même chose que toi pour la coke (sauf pour les revendeur, j'ai jamais eu l'occasion de faire de trafic de cocaine pour l'instant). Pour le cannabis en revanche j'ai quasiment toujours vu des blancs en acheteurs et des maghrébins en vendeurs.
Néanmoins comme tu le soulignes certains délits sont majoritairement commis par une certaine population.
Pour la cocaine, si, comme tu le dis, les acheteurs et vendeurs que tu as vu était en majorité de la "petite bourgeoise bien blanche", c'est pas facile à controler. D'abord, il faut un effectif féminin dans l'équipage pour palper (ce qui est assez rare sachant que 25% des effectifs de police sont des femmes et que la majorité des femmes travaillent dans des bureaux et non sur le terrain).
En plus la cocaine, contrairement au cannabis se trouve généralement en petite quantité. Or 1 gramme de coco c'est nettement moins facile à détecter qu'une barrette de 25g de shit. Donc à moins d'avoir un chien stup (et encore..) ça sert à rien de chercher de la cocaine, on n'en trouve pas.
Mais, de toute façon (alors je ne sais pas pour paris mais chez nous c'est comme ça), lors des controles, ce ne sont pas vraiment du shit que l'on recherche (ou alors on va à la sortie des lycées et c'est le jackpot). On cherche davantage des armes. D'ailleurs nos réquisitions du procureur de la république vise la recherche d'armes. Donc déjà on ne controle que très peu les femmes (parce qu'une femme avec une petite gazeuse dans son sac à main on se doute que c'est pour se défendre contrairement à un homme), et on cherche surtout les branleurs, ceux qui sont en bande, ceux qui tentent de nous éviter et changent brutalement de direction en nous voyant. Et ça pour le coup c'est quand meêm rarement de la "petite bourgeoise bien blanche".

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si on vous signale un type maghrébin de 30 ans contrôler des gamins de 16 ans ou des quarantenaire quel intérêt?
Aucun, interet en effet. Par contre tous les maghrébin de 30 ans pourront se dire victime de controles au faciès et ils auront raison. Alors que pourtant ces controles ne seraient pas de notre volonté mais fonctions de la description faite par la victime de l'auteur de son agression. Et comme tu le dis, on ne va pas controler des gamins de 16 ans, des quarantenaires ou des blancs simplement pour rééquilibrer les statistiques de controles.

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encore une fois si vous faites votre travail de façon juste et honnête personne n'aura rien à en redire mais quand visiblement vous considérés qu'il y a des population à surveiller plus que d'autres c'est de la discrimination est ça c'est illégal
Nous faisons notre travail de façon juste et honnête. Malgré tout tout le monde trouve quand même à redire. La preuve...

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #24 le: 18 avril 2012 à 10:02:05 »
en gros ce que tu dis, j'extrapole c'est fermez vos gueules les arabes et les noirs, innocents ou coupables, subissez c'est comme ça, la police à raison...on doit donc accepter de subir des insultes, des humiliations publics juste parce que la police refuse de trouver d'autres alternatives pour prouver son honnêteté et apaiser les tensions.
je vais donc expliquer ça à mon petit frère de 13 ans, l'un des meilleurs élèves de sa classe, qui ne porte pas de capuche, mais qui a le malheur d'avoir l''air maghrébin, qu'il devra baisser la tête et se laisser faire...en fait non je vais en faire un procédurier ;)

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #25 le: 18 avril 2012 à 19:50:16 »
Tu peux lui dire ça si tu en ressens l'envie.
Après tout tu me demandes bien de controler davantage une partie de la population pour ne pas en froisser une autre, et peu importe si ces controles sont justifiés ou non du moment que "l'équilibre" revient. A cela je te réponds par la négative en précisant que je fais mon travail le plus consciencieusement possible sans me mettre hors la loi, et tu sembles comprendre de cela que je suis un raciste qui ne controle qu'une partie de la population par rapport à leur couleur de peau alors que non seulement ce n'est pas ce que j'ai dit mais en plus c'est ce que tu souhaiterais me voir faire.
Donc puisque nous ne sommes pas à une incohérence près, oui, effectivement tu peux lui expliquer ce que tu veux.

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #26 le: 18 avril 2012 à 20:35:57 »
non je te demande de contrôler équitablement, quand ce sont des populations basanés ça ne vous gêne pas vraiment que cela soit justifié ou pas...
si j'avais envie de te traiter de raciste je te le dirais clairement je crois surtout que vous êtes accroché à une pratique qui n'a plus lieu d'être...de plus les faits sont là, les études, les statistiques et les plaintes, beaucoup de tes collègues le reconnaissent, un autre membre de ta corporation le disait aussi sur le forum mais tu as l'air d'être le seul à ne pas t'en rendre compte, je ne t'accuse pas toi, sven, tu me parais honnête, gentil et amical mais vous n'êtes pas tous comme ça...les policiers sont des humains avec leur préjugés et leurs peurs ne pas le reconnaitre c'est considérer qu'ils ne peuvent ni faire de dépression, ni se suicider à cause des pressions...je crois aussi que vous n'êtes pas assez formés et pas assez suivi psychologiquement au vue du métier que vous faites.

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #27 le: 03 septembre 2012 à 11:18:21 »
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Contrôles au faciès : la preuve scientifique

Police et minorités visibles : les contrôles d’identité à Paris

Le ministre du Démantèlement de la délinquance roumaine, Manuel White, vient à nouveau de s’illustrer en enterrant, au nom de la responsabilité, de la maturité et de la confiance, une promesse de la campagne Hollande : l’obligation pour les policiers de délivrer des récépissés lorsqu’ils effectuent un contrôle d’identité. À la place de cette mesure, permettant un contrôle de l’activité policière – et de prévenir et sanctionner les abus, notamment les contrôles au faciès – le ministre a donc préféré faire confiance à la police pour ne pas contrôler au faciès. À cette manière singulière – et à vrai dire exceptionnelle – de traiter la délinquance, il nous a paru utile de répondre en rappelant le caractère massif de cette délinquance policière : voici donc les résultats d’une étude chiffrée, initialement publiée en 2009 par deux chercheurs du CNRS, Fabien Jobard et René Lévy. Voici un large extrait de sa présentation. Voici, en somme, à quelle police Manuel White assure toute sa confiance – et promet donc l’impunité.

Les citoyens français d’origine immigrée, et en particulier ceux d’origine nord-africaine et subsaharienne, se plaignent depuis longtemps de ce que les fonctionnaires de police les soumettent à des contrôles d’identité injustes, discriminatoires et dépourvus de nécessité. En 2007, la Open Society Justice Initiative a lancé une étude pour examiner si, et dans quelle mesure, les policiers contrôlent les individus en fonction de leur apparence. Cette étude a été réalisée en collaboration avec Fabien Jobard et René Lévy, chercheurs au Centre National de la Recherche Scientifique, et sous la supervision technique de Lamberth Consulting. En examinant cinq sites parisiens (dans et autour de la Gare du Nord et de la station Châtelet-Les Halles), importants points de transit du centre de Paris où l’on observe une forte activité policière, l’étude a recueilli des données sur les contrôles de police, au premier rang desquelles des données sur l’apparence des personnes contrôlées (origine, âge, sexe, style vestimentaire, types de sacs portés). Cette étude, qui présente des données uniques sur plus de 500 contrôles de police, est la seule menée à ce jour, propre à détecter le contrôle à faciès en France.

L’étude a utilisé une méthodologie fondée sur la comparaison systématique entre les personnes contrôlées et la population disponible sur les sites en question durant les mêmes tranches horaires. Tant les données de référence (le benchmark) que celles sur les contrôles ont étés classées en fonction de l’origine perçue, de l’âge, des vêtements, et du type de sac porté. En observant les contrôles d’identité, les observateurs ont également relevé le déroulement et l’issue des contrôles, et, lorsque c’était possible, ont procédé à une brève entrevue avec la personne contrôlée pour savoir à quelle fréquence elle disait faire l’expérience des contrôles de police, quel jugement elle portait sur le comportement des policiers pendant le contrôle, quelle réaction émotionnelle le fait d’être contrôlée entraînait chez elle.

L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence : non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être. Les résultats montrent que les personnes perçues comme « Noires » (d’origine subsaharienne ou antillaise) et les personnes perçues comme « Arabes » (originaires du Maghreb ou du Machrek) ont été contrôlées de manière disproportionnée par rapport aux personnes perçues comme « Blanches ».

Selon les sites d’observation, les Noirs couraient entre 3,3 et 11,5 fois plus de risques que les Blancs d’être contrôlés au regard de la part de ces deux groupes dans la population disponible à être contrôlée par la police (ou la douane).


Les Arabes ont été généralement plus de sept fois plus susceptibles que les Blancs d’être contrôlés ; globalement, ils couraient quant à eux entre 1,8 et 14,8 fois plus de risques que les Blancs d’être contrôlés par la police (ou la douane) sur les sites retenus, également au regard de la composition de la population disponible. Les entretiens de suivi réalisés avec les personnes qui venaient d’être contrôlées donnent à penser que les Noirs comme les Arabes subissent d’ordinaire davantage de contrôles de police que les Blancs.

Un autre facteur déterminant a été le style de vêtements portés par les personnes contrôlées. Bien que les personnes portant des vêtements aujourd’hui associés à différentes « cultures jeunes » françaises (« hip-hop, » « tektonik, » « punk » ou « gothique », etc.) ne forment que 10% de la population disponible, elles constituent jusque 47% de ceux qui ont été effectivement contrôlés. Il ressort de notre étude que l’apparence vestimentaire des jeunes est aussi prédictive du contrôle d’identité que l’apparence raciale. L’étude montre une forte relation entre le fait d’être contrôlé par la police, l’origine apparente de la personne contrôlée et le style de vêtements portés : deux tiers des individus habillés « jeunes » relèvent de minorités visibles. Aussi, il est probable que les policiers considèrent le fait d’appartenir à une minorité visible et de porter des vêtements typiquement jeunes comme étroitement liés à une propension à commettre des infractions ou des crimes, appelant ainsi un contrôle d’identité.

Alors qu’en règle générale, les personnes interrogées ont qualifié de « poli » et de « neutre » le comportement des fonctionnaires qui les avaient contrôlées, et ce quelles que soient leurs origines supposées, à la question de savoir quel effet ce contrôle avait produit sur les intéressés, les Noirs et les Arabes interrogés ont exprimés des sentiments fortement négatifs au regard de celles exprimées par les Blancs, contraste dont la cause possible est la plus grande fréquence à laquelle les membres des minorités visibles disent être contrôlés.

(…)

Recommandations à l’intention des autorités politiques :

Les politiques actuellement adoptées en France, si elles ont accru la sensibilité des organisations policières aux problèmes de déontologie et de discrimination, semblent encore insuffisamment armées pour faire face au problème spécifique du contrôle au faciès. Pour traiter cette forme particulière de discrimination et renouer avec l’essence de l’idéal républicain français, il faut d’abord la reconnaître comme un problème en soi. À cette fin, la Justice Initiative fait les recommandations suivantes :

- Reconnaître publiquement l’existence d’un problème de contrôle au faciès dans la police française.

- Encourager et financer les recherches pour déterminer l’ampleur du problème que constitue le profilage racial en France.

- Entreprendre un examen approfondi des normes juridiques, des politiques et des pratiques qui sous-tendent les habitudes de contrôle au faciès.

- Modifier l’article 78.2 du Code de procédure pénale afin d’interdire explicitement la discrimination raciale, de clarifier et de renforcer l’existence de « raisons plausi- bles de soupçonner » claires et définies, comme seules justifications des contrôles d’identité ; et afin, également, de clarifier les raisons qui amènent à la palpation ou la fouille des intéressés.

- Maintenir et soutenir les organes de contrôle spécialisés et indépendants des for- ces de sécurité, tels que la Commission nationale de la déontologie de la sécurité, les doter des ressources matérielles et humaines suffisantes pour donner suite aux requêtes dont ils sont saisis, afin de leur permettre d’identifier d’éventuelles pratiques discriminatoires, y compris indirectes.

- Engager un travail avec les communautés locales et les associations sur les problématiques de non-discrimination, pour discuter la nature du problème et élaborer des réponses politiques susceptibles de bénéficier d’un consensus social réel.

Recommandations à l’intention des autorités de police françaises :


- Enregistrer systématiquement les contrôles d’identité à l’aide d’un formulaire, y compris l’apparence raciale de la personne contrôlée, le motif et le résultat des contrôles, afin que leur efficacité et leur impartialité puissent être vérifiées. Une copie du formulaire devrait être fournie à la personne contrôlée, qui pourrait ainsi attester lors d’un autre contrôle éventuel qu’elle s’est déjà faite contrôler dans un passé proche. Ces données devraient par ailleurs servir à constituer des statistiques anonymes permettant de vérifier l’existence du profilage racial. Les informations statistiques sur les contrôles d’identité devront être analysées au regard de populations de référence pertinentes, codées selon les mêmes variables.

- Exiger que les policiers expliquent les raisons du contrôle aux personnes concernées et leur fournissent une information concernant les droits et les responsabilités respectifs des policiers et des personnes contrôlées.

- Analyser de façon régulière les données issues des contrôles d’identité. Les résultats de ces analyses devraient être utilisés dans le cadre des briefings et de l’encadrement des agents. Ils devraient également être mobilisés à l’occasion de la préparation des opérations ciblées, afin d’assurer que les pouvoirs de contrôle seront utilisés de manière efficace et impartiale.

- Rendre publiques les informations statistiques concernant les contrôles d’identité et leurs résultats et les employer comme instruments de discussion concernant les priorités et les pratiques policières, aussi bien au niveau local que national.

- Ces données devraient constituer la base d’une ouverture et d’un dialogue avec les citoyens des différentes localités, pour discuter la nature et les motifs de toute surreprésentation constatée, et pour rechercher des approches alternatives fondées sur un diagnostic local de sécurité partagé.

- Soumettre à examen les directives opérationnelles et les procédures d’application des normes qui réglementent le comportement de la police et s’assurer qu’elles sont conformes aux principes de non-discrimination. Offrir une formation spécifique aux fonctionnaires de police dans le domaine du « profilage racial », en particulier sur l’utilisation légitime ou non de l’apparence raciale des individus dans le ciblage des contrôles d’identité.

- Évaluer et, si nécessaire, renforcer le contrôle de la manière dont les agents de police utilisent les contrôles d’identité, en vue d’améliorer leur efficacité et leur impartialité.

- Examiner tous les cas litigieux, afin de vérifier s’ils ne traduisent pas une hostilité routinière dans les contrôles menés de la part de certains agents, unités ou servi- ces de la Police Nationale, de la Gendarmerie Nationale, des Douanes et des autres forces de sécurité. Si tel est le cas, la situation doit être corrigée via les politiques d’emploi, de formation et de réaffectation des agents, ainsi que par l’action disciplinaire de l’administration, selon la gravité du problème constaté.

- Établir des procédures permettant de recueillir les appréciations des citoyens sur la qualité des services rendus par la police afin d’identifier les bonnes et les mauvaises pratiques (« boîtes à idées », sondages, suivi qualitatif auprès d’associations locales, etc.).


 P.-S. Ce texte est extrait du rapport Police et minorités visibles : les contrôles d’identité à Paris, réalisé par Fabien Jobard et René Lévy, dont nous recommandons la lecture intégrale. L’ensemble du rapport est disponible ici.

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #28 le: 03 septembre 2012 à 16:34:57 »
Pour y voir plus clair dans les motifs de ce changement de cap:

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L’inquiétude de la Cnil autour du fichage et du traçage des individus contrôlés

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) s’était inquiétée des possibilités de fichage, voire de traçage, des individus contrôlés. Et de réitérer son appel à la prudence ce matin, au micro de RTL : «Une même personne, à cause ou grâce au récépissé, pourrait être tracée de façon extrêmement efficace dans le temps et dans l’espace. Deuxièmement, le récépissé pourrait être utilisé à des fins d’enquête de police judiciaire, donc nous nous avons un petit peur de ça. Bref, nous avons fait part au ministre,  Manuel Valls, je dirais, de l’extrême prudence si un dispositif de ce type devait être utilisé», a expliqué la présidente de la Cnil, Isabelle Falque-Pierrotin.

• Et maintenant ?

Manuel Valls envisagerait tout de même de prendre des mesures dès la rentrée. «Les agents pourraient porter leur numéro de matricule sur leur uniforme pour pouvoir être clairement identifiés» -  ce qui n’est plus le cas depuis 1985 - et «pourraient aussi porter des caméras bouton pour filmer les contrôles d’identité», indiquait ce matin RTL.


http://www.liberation.fr/societe/2012/07/11/controles-d-identite-le-recepisse-enterre_832567
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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #29 le: 15 septembre 2012 à 11:54:37 »
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«pourraient aussi porter des caméras bouton pour filmer les contrôles d’identité»
  Mais quelle horreur ! si j'étais keuf et qu'on m'impose un truc pareil je rends ma carte . Non ! ça va pas ! quid du respect de la personne , des Droits de l' Homme et du Citoyen ? Agent de la force publique comme tous les autres métiers ,cela s'apprend par l'instruction . Si certains agents se comportent comme des sagouins soit on les vire , soit on revoit notre modèle de société mais on ne fait pas porter à la seule personne une  responsabilité qui revient à l'ensemble de la profession ,à commencer par son ministre de tutelle . Il y a des lois qui existent pour que le contrôle d'identité soit effectué dans les règles :si celles-ci ne sont pas appliquées on permet à l'usager de porter plainte , on reçoit sa plainte , on l'instruit , on la juge et enfin on sanctionne si la justice l'ordonne . En amont on dispense un enseignement rigoureux ,on améliore les services , on forme des cadres attentifs au strict respect des pratiques et encore plus en amont on en finit avec les politiques sécuritaires et on favorise les politiques sociales ,éducatives et surtout culturelles .
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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #30 le: 15 septembre 2012 à 23:20:32 »
Et on peut même aller jusqu'à repenser l'utilité du contrôle d'identité, qui est une particularité bien française... Contrôler des identités quand des gens ont un comportement manifestement suspect ou sont déjà en train de troubler l'ordre public, soit. Mais aller passer une matinée ou une journée à "faire du contrôle d'identité", comme cela existe, est pour moi dépourvu de sens. Ca ne sert qu'à avoir de "bonnes statistiques", ce qui est ridicule.
Quand les chiffres remplacent la réalité, c'est que ça va très mal.  :merci: :merci:

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #31 le: 21 septembre 2012 à 15:21:00 »
Raja  :merci: J'avais vu au passage ton post ci-dessus, mais trop vite  :gene3:
Là je viens de lire l'article, vraiment, et suis allée aussi voir le rapport  :super:

Non mais franchement, les ministres (dont le Valls...) ils ne lisent que des notes de synthèses à la con, faites par des stagiaires sous influence, ou quoi ?????

Franchement faudrait répercuter le plus possible cet article ou cette thèse, que ça fasse un petit buzz  :fache1: :fache1: :fache1: :fache1:
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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #33 le: 05 juillet 2013 à 10:25:58 »
un autre article complétant celui de reveillonsnous.


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Contrôle au faciès : l’Etat tente de sauver la face

Des étudiants de Sup de Co se promènent dans le centre-ville de Lille. Des policiers les abordent. L’un se fait contrôler, l’autre pas. Le premier est noir, le second blanc. Hier, le tribunal correctionnel de Paris examinait la plainte pour discrimination contre l’Etat et le ministère de l’Intérieur déposée par cet étudiant et douze autres personnes qui estiment avoir été victimes de discrimination durant des contrôles de police. «Il apparaît clairement qu’on ne contrôle pas un acte, un comportement, mais une appartenance à une race ou une origine», a expliqué maître Slim ben Achour, l’un des deux avocats des plaignants.

Trouble. Ceux-ci sont tous des hommes, plutôt jeunes, noirs ou maghrébins. Des profils qui, selon une étude du CNRS menée en 2009 à Paris, ont jusqu’à quinze fois plus de probabilités de se faire contrôler que le reste de la population. Cette action en justice était soutenue par «Stop le contrôle au faciès», qui milite depuis des années pour la mise en place de récépissés lors des contrôles. Pour le collectif, ce procès, une première en France, était l’occasion de remettre l’Etat, et le gouvernement, face aux dérives concrètes de cette pratique policière.

Il aura été beaucoup question durant l’audience du cadre légal dans lequel s’effectuent en France les contrôles d’identité. Il est défini par le très long article 78-2 du code de procédure pénale, qui prévoit trois conditions principales pour procéder à un contrôle : lorsque les policiers soupçonnent qu’une personne vient ou s’apprête à commettre une infraction ; pour prévenir un trouble à l’ordre public (aux abords d’un stade par exemple) ; et sur réquisitions écrites d’un procureur, afin de prévenir un certain type d’infraction sur un territoire donné et à un moment donné.

Lorsque les plaignants ont assigné l’Etat, l’an dernier, celui-ci a dû faire quelques recherches pour savoir dans lequel de ces cadres les contrôles avaient eu lieu. Les avocats adverses ne se sont pas privés de rappeler que le contrôle d’identité était le seul acte de police qui ne faisait l’objet d’aucun procès-verbal. Mais grâce aux dates, heures et lieux notés dans les plaintes déposées, l’Etata pu reconstituer le cadre des interventions. Dans neuf des treize dossiers, les policiers agissaient sous réquisitions du procureur. Ce qui, pour l’avocate de l’Etat, clôt la discussion.

Pourtant, comme l’ont souligné ses confrères depuis le banc des plaignants, cette utilisation banalisée des réquisitions pour justifier la pratique quasi constante des contrôles sur certaines zones (notamment les centres-villes et les centres commerciaux) pose le problème «d’un règne de l’arbitraire». Ainsi, à la faveur de ces plaintes, on apprend que le parvis de la Défense bénéficie de réquisitions quotidiennes «de 7 heures à minuit» et le centre-ville de Besançon de réquisitions pour «une semaine entière» portant sur à peu près tous les types d’infractions de voie publique existant dans le code pénal.

Capuche. Pour les autres cas, l’Etat s’est défendu de façon, disons, plus alambiquée. Ainsi un contrôle à Vaulx-en-Velin (Rhône) est-il justifié parce que le quartier est réputé «sensible» et que des voitures y auraient été incendiées peu de temps auparavant. Pièces justificatives fournies par la défense : pas de PV mais l’extrait… d’un blog Skyrock où l’on parle d’incidents dans la ville. Concernant un homme contrôlé un soir à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), l’avocate de l’Etat explique qu’il portait une capuche et sortait en courant de son immeuble, alors que Saint-Ouen est une ville abritant un fort trafic de drogue. Et de préciser qu’elle a elle-même parfois affaire à des dealers en garde à vue et que, «dans neuf cas sur dix, ils ont des capuches».

Félix de Belloy, le second avocat des plaignants, sourirait presque du syllogisme. Durant sa plaidoirie, il prend son cas en exemple : «Je suis blanc, je vis et je travaille dans les beaux quartiers. Du lundi au vendredi, je me promène en costume-cravate. Bref, j’ai toute l’apparence d’un délinquant financier.» Pour lui, «l’Etat n’a pas pris la mesure du problème que représentent ces contrôles pour toute une partie de la population». Il rappelle que dans la quasi-totalité des affaires examinées, les contrôles ont été accompagnés de fouilles au corps. Il y a parfois eu aussi des tutoiements, des insultes, des coups et des menaces (d’usage de Taser notamment).

Les plaignants ont demandé 10 000 euros «dissuasifs» de dommages et intérêts. La procureure, visiblement irritée que les avocats «se servent du tribunal comme d’une tribune» et s’agaçant «qu’on stigmatise les contrôles» (sic), «justifiés» d’après elle, a demandé à ce qu’ils soient tous déboutés. Le jugement a été mis délibéré au 2 octobre.

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #34 le: 08 octobre 2013 à 10:04:28 »
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Contrôleur du travail victime d'un contrôle au faciès



Etrangement, l'affaire n'a pas été médiatisée. Selon plusieurs syndicats, un contrôleur du travail, le 12 septembre, a été empêché de contrôler une entreprise par un policier qui croyait à une usurpation d'identité. Plusieurs syndicats ont dénoncé dans un tract interne "un contrôle d'identité raciste".
Le 12 septembre dernier, un contrôleur du travail se rend dans un pressing à Levallois (Hauts de Seine) pour y effectuer un contrôle. Mais la gérante s'y oppose. Le contrôleur appelle alors la police nationale, comme il peut le faire lorsque une entreprise s'oppose à son contrôle. "Contre toute attente, un des agents de la police nationale, alors qu’il a, entre les mains la carte de service de notre collègue, lui pose des questions totalement déplacées : date de naissance ? lieu de naissance ? adresse personnelle ? Bref, il est soumis à un contrôle d’identité poussé !", dénoncent les syndicats.    

Le contrôleur du travail, de son côté, montre sa carte officielle et essaye de poursuivre son contrôle. Mais l'agent, "le soumet à nouveau à un interrogatoire : pourquoi avez-vous appelé la gérante avec un numéro privé (il s’agissait en fait du téléphone professionnel qui n’affiche pas de numéro de téléphone)? Pourquoi êtes-vous venus ? Que comptez-vous exactement contrôler ?" Il ajoute : "vous avez appelé le commissariat, on est là, donc c’est moi qui pose les questions". Selon les syndicats, le contrôleur explique alors au policier une dernière fois qu’il a besoin de son aide pour pouvoir faire son travail. Le policier répond : "ça ne se passe pas comme ça, Monsieur, la prochaine fois il faudrait prendre un rendez-vous, on a d’autres choses à faire. Au revoir." Les syndicats précisent que le contrôleur "porte un nom à consonance maghrébine" et "a le teint basané" "Bref, pour cet agent de la police nationale, il n’a pas le profil du contrôleur du travail !". "Cet agent de police indiquera, par la suite, qu’il s’est déplacé pour une possible usurpation d’identité !" précise le tract. Les syndicats attendaient "au moins une action de leur hiéarchie envers le commissariat concerné", ce qui n'a pas eu lieu, et ont donc décidé à présent de médiatiser l'affaire.

Le contrôleur, contacté par @si, n'a pas souhaité s'exprimer lui-même sur le sujet, et s'en remet à l'enquête administrative en cours. Le commissariat de Levallois, lui aussi, a refusé de s'exprimer.

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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #35 le: 22 avril 2014 à 13:03:18 »
Voici, pioché chez un autre "blogueur de gouvernement" qui s'est découvert d'opposition depuis que Valls est 1er Ministre (décidément!  :mrgreen:), un billet qui dénonce :

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Un goût amer de Sarkozie !!!

Voila où nous en sommes: le SRPJ de Montpellier envoyant un courriel aux hôteliers de la région intitulé «Signalez-nous l’arrivée de gens de l’Europe de l’Est» afin d’ «Anticiper les faits de délinquance organisée» !!!
Ce lien, honteux, entre l’origine des personnes et des supposés actes de déliquescence, peut être qualifié de stigmatisation raciste de la part des forces régaliennes de notre République.

Tout simplement scandaleux.

Espérant que ce type de comportement au sein de la Police soit un acte isolé et témoigne d’un excès de zèle de la part d’un "chefaillon" nostalgique.

J’ai vécu un retour quelques années en arrière, me laissant un goût amer dans la bouche. Je me suis cru, à la lecture de cet article, en Sarkozie avec Hortefeux à l’Intérieur et imaginant un Zemmour à la rédaction de cet email.


Et comme il a l'oeil particulièrement aiguisé, il a aussi repéré ça :
Quand le Progrès banalise les idées du FN en nous faisant du Zemmour

Et alors, là ... j'espère que des assos vont porter plainte !

 tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache
« Modifié: 22 avril 2014 à 13:06:26 par reveillonsnous »
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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #36 le: 22 avril 2014 à 15:00:52 »
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des supposés actes de déliquescence
Ils risquent de prendre de l'humidité et de se liquéfier ? Ou, figurativement, sombrer dans la décrépitude ?
Les flics ont le devoir d'intervenir avant que ces pauvres gens se désagrègent !
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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #37 le: 22 avril 2014 à 15:50:58 »
Et as-tu remarqué que les russes sont pour beaucoup responsables des piratages de distributeurs de billets ? :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: (illustration du second article)
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Re : Délit de faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #38 le: 02 mai 2014 à 17:35:56 »
Ils ont oublié les hauts bandits de huppé chemin, genre cigare-costume-attaché case... Très cosmopolites, de Hongrie en Hollande...  :mrgreen:
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Re : Contrôle au faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #39 le: 21 octobre 2014 à 17:16:33 »
Il est important de connaitre ces droits et de pouvoir se défendre quand on est contrôlé abusivement 2000 fois par jour :pascontent1:

 via le site http://stoplecontroleaufacies.fr

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Guide d’action face aux contrôles abusifs0

Depuis l’automne 2011, ils sont des milliers à avoir saisi le pôle juridique du Collectif Stop le contrôle au faciès ! pour dénoncer les abus, les humiliations du quotidien, les comportements peu républicains d’une frange des forces de l’ordre.

En complément de notre pôle juridique, nous avons décidé d’élaborer ce guide disponible gratuitement en téléchargement et qui servira d’appui juridique, pédagogique et politique à toutes celles et ceux qui souhaitent faire valoir leurs droits.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour télécharger le guide:

« Modifié: 21 octobre 2014 à 17:20:37 par raja »

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Re : Contrôle au faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #40 le: 26 février 2015 à 16:48:03 »
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Délit de faciès : l’Etat devant la cour d’appel de Paris

Treize personnes assignent à nouveau l’Etat en justice car elles estiment avoir été victime de contrôle "au faciès". Le Défenseur des droits soutient leur dossier qui est examiné par la cour d’appel de Paris ce mercredi.

Ils estiment avoir été ciblés par la police uniquement pour leur couleur de peau. Treize citoyens assignent à nouveau l'Etat en justice pour ce qu'ils considèrent comme des "contrôles au faciès". Déboutés en première instance, ils ont depuis obtenu le soutien du Défenseur des droits. Devant la cour d'appel de Paris, ils tenteront ce mercredi de faire condamner l'Etat pour faute lourde.

Délit de faciès : l’Etat devant la cour d’appel de Paris - reportage Jérôme Jadot

Pour eux cela n'a rien d'anodin. Certains disent avoir été contrôlés parfois tous les deux jours pendant plusieurs années. Etudiants ou salariés, ils tous ont un casier judiciaire vide. Une partie d’entre eux a des origines arabes, l'autre a la peau noire. "C’est clairement la couleur de ma peau qui a fait que j’ai été contrôlé", raconte Bocar qui se souvient du procès en première instance, "ils ne l’ont pas dit ouvertement lors du procès mais dire ‘il sortait d’un quartier, il marchait à vive allure et il avait une capuche’, qu’est-ce que ça veut dire ?". Ce professeur de français de 35 ans a été contrôlé en 2011 à la sortie de chez ses parents à Saint-Ouen en compagnie de ses deux jeunes sœurs.

Sentiment d’humiliation

S'ensuivent 20 minutes d'une vérification d'identité tendue, de la part d'un policier "discourtois", dit Bocar. Les policiers le tutoient mais ne lui indiquent pas la raison de son contrôle. "Si on m’avait dit ‘Vous correspondez à un signalement’, j’aurai compris, mais là, je ne sais pas et je ne sais toujours pas ce qui s’est passé", déplore-t-il, "on nous explique que le contrôle n’a pas à être motivé. On est dans un Etat de droit ou pas ?", s'interroge le professeur.
 
Cette incompréhension a poussé Bocar à saisir la justice. Il l'a fait surtout pour ses deux sœurs qui ont assisté à la scène et aux yeux desquelles il a eu l'impression d'avoir été sali. "Tout mon travail de défense des valeurs républicaines dans ma cité s'effondre". Sihame Assebague, porte-parole du collectif "Stop le contrôle au faciès", un collectif qui soutient les plaignants, le regrette lui aussi : "Les contrôles discriminants peuvent en effet être lourds de conséquences."

Déboutés en première instance, soutenus par de Défenseur des Droits en appel

En première instance, les juges ont estimé que les plaignants n'avaient pas apporté la preuve d'un comportement discriminatoire de la police. Preuve évidemment "difficile voire impossible à établir", expliquent leurs avocats. Il n'existe en effet aucune trace écrite de ces contrôles, les plaignants ont quand même pu recueillir des attestations de témoins des scènes. Ils s'appuient aussi sur des études, comme celle menée par le CNRS en 2009 selon laquelle les personnes perçues comme "noires" et "arabes" ont respectivement six et huit fois plus de chances d'être contrôlées que celles perçues comme "blanches".

Les plaignants ont fait appel et ils ont sollicité le Défenseur des droits Jacques Toubon qui s'est impliqué dans le dossier. Un de ses représentants sera ce mercredi à l'audience pour dire qu'en matière de discrimination, il doit y avoir ce qu'on appelle "un aménagement de la charge de la preuve". Terme un peu technique qui veut dire que ce n'est pas au plaignant de prouver qu'il a été discriminé mais à l'institution de montrer qu'elle a été impartiale.

Jacques Toubon, invité de France Info mrecredi s'est exprimé sur la problématique :

    "La procédure actuelle des contrôles d’identité ne me paraît pas correspondre à ce qu’exigent les droits fondamentaux."

Le Défenseur des droits remarque aussi qu' "il n’y a pas de traçabilité et d’encadrement des contrôles d’identité".

"Non seulement l'encadrement des contrôles d'identité est insuffisant, mais les possibilités de recours aussi" : Jacques Toubon, Défenseur des droits
 
Le Défenseur des droits sera-t-il suivi ? Slim Ben Achour, un des avocats des plaignants, préfère rester prudent même si à ses yeux le contexte politique a aussi évolué. "Parler de ségrégation raciale comme l’a fait le président de la République, ou d’apartheid comme le Premier ministre m’interpelle dans notre dossier parce que notre droit (…) n’est pas un droit d’apartheid. Chaque fils de la République a les mêmes droits".

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Re : Contrôle au faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #41 le: 26 février 2015 à 17:09:40 »
J'espère vraiment qu'ils vont enfin gagner leur procès car leur détermination force au respect :merci:
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Contrôle au faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #42 le: 03 mai 2015 à 11:13:59 »
Peut être que maintenant que ça risque de faire jurisprudence, la police française decidera de trouver un moyen de ficher la paix aux noirarabes de ce pays :rougefache:

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Un délit de contrôle au faciès reconnu devant le tribunal de Bordeaux


L'affaire commence ce mardi 28 avril quand Ahmed A, un Egyptien d'une trentaine d'années est contrôlé dans le quartier de la gare à Bordeaux. Sans papiers, il est emmené au commissariat. L'homme est en situation irrégulière en France et sous le coup d'une ordonnance de quitter le territoire français depuis 2009. Son jugement est prévu le jeudi 30 avril devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Avant que le procès ne démarre, la procédure va être annulée à la demande de l'avocate de la défense. Agissant dans le cadre de l'article 78-2 du code de procédure pénale, sur réquisition du procureur de la République autorisant des contrôles d'identité "aux fins de recherche et de poursuite d'infractions", "dans les lieux et pour une période de temps déterminés par ce magistrat", les policiers étaient pourtant sûrs de leur bon droit.

Ce n'est pas l'avis de l'avocate d'Ahmed A., Me Ophélie Berrier qui dénonce un délit de faciès. "Il était en bleu de travail, rien ne justifiait ce contrôle au faciès", plaide-t-elle. "Il n'y a pas de flagrant délit de quoique ce soit, il n'y a pas d'atteinte à l'ordre public à prévenir et rien ne permet de supputer qu'il peut être l'auteur d'une quelconque infraction".

Pour le vice-procureur Thierry Pon, dans les lieux et temps définis par la réquisition "n'importe qui peut être contrôlé, il n'y a pas besoin de suspicion". Les juges en décident autrement et parlent de "contrôle discriminatoire". Ils annulent ce contrôle "entaché d'irrégularité ainsi que toute la procédure qui a suivi".

Pour la première fois un délit de faciès a été reconnu par un tribunal et Ahmed A est remis en liberté....



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Re : Contrôle au faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #43 le: 13 novembre 2016 à 11:02:32 »
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L'État condamné pour des contrôles au faciès, l'idée du récépissé revient

La Cour de cassation a définitivement condamné l'État pour des contrôles d'identité "au faciès", une première saluée par les militants qui dénoncent depuis des années une pratique discriminatoire.

Pendant que la plupart des esprits étaient tournés de l'autre côté de l'Atlantique pour observer l'élection de Donald Trump à la présidentielle américaine, la Cour de cassation a rendu une décision historique en France. Pour la première fois, mercredi 9 novembre, l'État a été définitivement condamné pour des contrôles d'identité discriminatoires. Dans les trois dossiers étudiés, la justice a considéré qu'une "faute lourde" avait été commise.

L'avocat des plaignants, Me Félix de Belloy, s'est félicité de sa victoire. "On sort de plusieurs décennies de non-droit en matière de contrôle d'identité. Les policiers considéraient qu'ils pouvaient contrôler sans motif, c'est terminé". Jacques Toubon, le Défenseur des droits, estime que cette décision constitue "une avancée majeure pour la garantie des droits des citoyens".

L'affaire avait débuté en 2013 avec les plaintes de treize hommes d'origine africaine qui s'étaient ému de contrôles injustifiés, d'insultes et tutoiements. Tous déboutés une première fois, cinq d'entre eux avaient ensuite obtenu gain de cause auprès de la cour d'appel de Paris en juin 2015. L'État, condamné à verser 1.500 euros de dommages et intérêts, s'était pourvu en cassation tout comme les huit hommes qui avaient à nouveau perdu. Au final, la Cour de cassation a rejeté onze pourvois et donné tort à l'État pour les trois autres dossiers.

Dans le cadre de cette jurisprudence, la Cour de cassation a précisé la façon dont ce type de discrimination devait être prouvée. Les plaignants savent désormais qu'il faut apporter au juge des éléments qui laissent présumer l'existence d'une discrimination. Ensuite, l'administration doit démontrer que le contrôle s'était déroulé dans les règles, ou que la différence de traitement était justifiée par des motifs clairement établis et objectifs.
Les matricules et caméras inefficaces

La veille du rendu de cette décision, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a publié un avis avec ses recommandations visant à lutter contre les contrôles au faciès. Elle préconise en premier lieu de "réapprendre les modalités de la prise de contact avec la personne contrôlée". Puis elle recommande "sans attendre" la mise en place d'un "système de traçabilité des contrôles d'identité" afin qu'il y ait une meilleure transparence de l'action policière et la possibilité de prouver, pour un justiciable, l'existence même de ce contrôle.

Dans son rapport, la CNCDH fait le point sur deux mesures existantes censées limiter les discriminations : le port du matricule obligatoire pour les forces de l'ordre et l'enregistrement du contrôle par une caméra piéton. Mais constatant que le matricule n'est pas toujours visible (comme cela avait été remarqué lors des manifestations anti-loi Travail) et que l'enregistrement par caméra n'est "pas systématique" et à la discrétion de l'agent, la Commission considère que la remise d'un récépissé à l'usager contrôlé demeure la meilleure option.

Cette mesure, qui était un engagement de François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, n'a cependant pas vu le jour. Manuel Valls avait définitivement enterré ce projet en 2015. "Nous avons mis en oeuvre des dispositifs qui sont beaucoup plus ambitieux", avait-il poursuivi.

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Re : Contrôle au faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #44 le: 13 novembre 2016 à 12:56:21 »
Aux É-U l'inénarrable Trump a souvent fait l'apologie du "stop and frisk", politique qualifiée de «politique de profilage racial indirecte» par certains juges.

Selon les statistiques et en contradiction des affirmations de Donnie Two-times stop and frisk n'a pas diminué la criminalité.

Actuellement le stop and frisk n'est pas jugé anticonstitutionnel, "mais que la façon dont elle était pratiquée violait certains droits constitutionnellement garantis."
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Re : Contrôle au faciès: légende urbaine ou pratique courante?
« Réponse #45 le: 11 avril 2017 à 08:57:05 »
Ne lachez rien  :super:


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Contrôle au faciès : trois lycéens assignent l’Etat en justice

Le Monde avec AFP

Mamadou, Ilyas et Zakaria, élèves en terminale à Epinay-sur-Seine, avaient été contrôlés en mars à la gare du Nord à Paris, alors qu’ils revenaient d’un voyage scolaire.

Trois lycéens de la Seine-Saint-Denis qui avaient fait l’objet d’un contrôle d’identité au début de mars en marge d’un voyage scolaire vont assigner l’Etat en justice pour « discrimination raciale », a annoncé lundi 10 avril leur avocat, Slim Ben Achour. L’assignation sera déposée « au plus tard » mercredi auprès du tribunal de grande instance de Paris.

    Le ras-le-bol d’enseignants de banlieue des discriminations envers des élèves en sorties scolaires

Mamadou, Ilyas et Zakaria, élèves en terminale à Epinay-sur-Seine, avaient été contrôlés le 1er mars à la gare du Nord à Paris, alors qu’ils revenaient d’un voyage scolaire. Leur enseignante, Elise Boscherel, avait choisi de médiatiser cette affaire en lançant un appel contre « les discriminations en sorties scolaires » après que le commissariat eut refusé d’enregistrer sa plainte.

« Pour que ses enfants ne vivent pas la même chose »

« Nous allons engager la responsabilité civile de l’Etat pour des faits de discrimination raciale. Nous entendons obtenir qu’il soit condamné comme il l’a été en novembre par la Cour de cassation », a déclaré Me Ben Achour lors d’une conférence de presse, ajoutant que parallèlement il saisirait le Défenseur des droits, Jacques Toubon.

Le 9 novembre, la plus haute juridiction avait condamné l’Etat pour « faute lourde » et, point important, annoncé qu’il revenait désormais à l’administration de faire la démonstration qu’il n’y avait pas eu traitement discriminatoire et non aux citoyens de prouver l’inverse.

Présent lors de la conférence de presse lundi, Mamadou a expliqué vouloir se battre « pour que dans dix ou quinze ans, ses enfants ne vivent pas la même chose », se disant déçu de constater que les « choses n’avaient pas avancé » depuis vingt ans.
François Hollande s’était engagé à lutter contre les contrôles au faciès lors de sa campagne présidentielle. Un temps évoquée, la remise d’un récépissé après un contrôle d’identité avait finalement été abandonnée peu après l’entrée du président à l’Elysée, au grand dam d’associations.

« Modifié: 11 avril 2017 à 09:05:04 par raja »