Auteur Sujet: France d'en haut / France d'en bas  (Lu 17297 fois)

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France d'en haut / France d'en bas
« le: 30 mars 2010 à 22:57:47 »
Citation de: "Jérôme Hinault"
Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive:

La France d'en haut propose de travailler plus pour gagner plus, celle d'en bas souhaite travailler moins pour vivre mieux.
La France d'en haut propose la pensée unique, celle d'en bas répond que cette pensée est inique.
La France d'en haut propose la sécurité, celle d'en bas n'est éprise que de liberté.
La France d'en haut propose l'individualisme forcené, celle d'en bas désire plus de fraternité.
La France d'en haut propose un système de castes, celle d'en bas ne rêve que d'égalité.
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Frondiste : Néologisme timburien. Désigne tout élu à la députation remplissant la double condition d'être de gauche et du parti socialiste.

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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #1 le: 30 mars 2010 à 22:58:09 »
Citation de: "loud"
Voilà pourquoi il faut renverser la france d'en haut................................................
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #2 le: 30 mars 2010 à 22:58:54 »
Citation de: "sybéria"
Le monde diplomatique prend le temps d'analyser la situation:
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/RAMONET/15209
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #3 le: 30 mars 2010 à 22:59:40 »
Citation de: "val"
Article vraiment intéressant. mon point de vue diverge sur une chose, cependant...Hypnotisés parce qu'ils le voulaient bien, tout de même...  :twisted:  Je ne considère pas les sarkophobes de la première heure comme particulièrement clairvoyants. Comprenons nous bien ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas besoin d'être exceptionnellement pointu pour être sarkphobe. il suffit de se renseigner.
Ceux qui ont été hypnotisés par les paillettes sont aussi ceux qui accordent une grande importance aux paillettes, nope ?  :twisted:
Après, je ne pense pas que le vote Sarkozy se résume à ça.
Concernant la "France d'en haut" et la "France d'en bas", je ne vois pas bien en quoi on ferait forcément cette dichotomie...Et j'aimerai savoir, en fait, en quoi elle consiste réellement. Parce que si c'est une question d'argent, il existe beaucoup de gens aisés et quelque riches sarkophobes, et également des "pauvres" sarkozystes...
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #4 le: 30 mars 2010 à 23:00:10 »
Citation de: "Jérôme Hinault"
La séparation France d'en Haut/France d'en bas ne se place absolument pas sur le thème de l'argent!
C'est plutôt la séparation de ceux qui veulent chausser les talonnettes du pouvoir pour imposer aux autres leurs doctrines.

Cette France au mieux nous ignore, au pire nous méprise; Et si les actions de cette France d'en haut n'avaient pas tant de répercussions sur celle d'en bas, et bien c'est le sourire en coin que je les regarderai s'entre-déchirer lors du grand jeu des trônes musicaux.

Il m'est insupportable d'entendre ces biens pensants dire les français veulent que…, les français souhaitent que…
Que savent-ils vraiment des français, et comment le savent-ils, sur quoi se basent-ils pour affirmer leurs inepties liminales?
Sur les sondages? Dans ce cas, je doute fortement qu'ils soient dans le juste car la froideur d'un sondage ne reflète que la somme des réponses à une question donnée à un instant t. Et si en mathématique le tout est égal à la somme des parties, il en va bien autrement lorsqu'il s'agit d'opinions quelles soient politiques, religieuses, …

Ces énarques consanguins qui nous gouvernent devraient à l'instar de ce qui se fait dans certaines écoles, avoir des stages de vraie vie durant leurs parcours initiatiques. Ils aspirent aux plus hautes sphères, grand bien leur en fassent, mais comment peuvent-ils comprendre la vie des lambdas sinon en ce projetant pour un temps dans le quotidien d'un SDF, d'un rmiste, d'un rétentionné, d'un banlieusard, d'un flic de base à qui ont livre un taser et autre gadget immonde.

Ce n'est pas en tâtant le cul d'une vache au salon de l'agriculture que l'on peu comprendre ce qu'est la vie d'un agriculteur, ni en serrant la main au quidam moyen que l'on comprendre ses aspirations.

La démocratie c'est le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple. La France tout comme nombres de pays soit disant développés en sont loin, c'est plutôt le pouvoir de certains pour eux-même contre le peuple qui prime à l'heure actuelle.

" Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison."  Coluche
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #5 le: 30 mars 2010 à 23:00:40 »
Citation de: "Raja"
Citer
"Notre société est aussi sclérosée qu’à la fin de l’Ancien Régime", entretien avec Patrick Savidan

Les inégalités de droit ne sont plus admises, mais les privilèges perdurent, notamment dans le domaine éducatif. Un entretien avec Patrick Savidan, président de l’Observatoire des inégalités. Extrait du quotidien Le Monde.

Deux cent vingt ans après la nuit du 4 août 1789, la notion de privilège vous semble-t-elle toujours pertinente pour penser les inégalités qui traversent la société française ?

Il ne faut pas tomber dans l’anachronisme. Les inégalités de droit qui existaient sous l’Ancien Régime, c’est-à-dire les lois particulières qui permettaient à certains individus de bénéficier d’avantages spécifiques, ont bien été abolies le 4 août 1789.

Sur le rapport entre privilèges et inégalités, il est important d’éviter les visions trop simplistes. La suppression des privilèges n’impliquait pas nécessairement, pour ceux qui s’en firent les promoteurs, l’éradication de toutes les formes d’inégalités. C’était par exemple le cas de Condorcet ou de Mme de Staël. D’un côté, certes, ils combattaient les privilèges au prétexte que ceux-ci figeaient les rapports sociaux autour d’"inégalités factices ", fondées sur la naissance ou le rang. Mais, de l’autre, ils considéraient certaines inégalités comme acceptables : celles dont ils disaient qu’elles étaient "naturelles" parce qu’indexées sur le talent ou la compétence.

Plus de deux siècles plus tard, nous continuons de raisonner ainsi dans une certaine mesure : ce qui nous apparaît comme vraiment scandaleux, ce ne sont pas nécessairement les inégalités en soi, mais les seules inégalités illégitimes.

Est-ce à dire que la notion de privilège n’a plus de sens aujourd’hui ?

Comme je le disais, les inégalités de droit ne sont plus admises. Mais on peut considérer qu’il en existe des équivalents fonctionnels. Je veux dire qu’il y a des canaux, qui sont aujourd’hui plutôt de nature sociale que juridique, grâce auxquels certains groupes bénéficient d’avantages dont il est parfois difficile de dire s’ils les doivent réellement à leur mérite.

Voyez par exemple le système éducatif. En théorie, les concours et les diplômes ne sanctionnent que la compétence. Or ceux qui obtiennent les diplômes les plus valorisés et réussissent les concours les plus prestigieux viennent des milieux les plus favorisés. On sait ainsi que 55 % des élèves de classes préparatoires ont des parents cadres ou de professions libérales, tandis que seuls 16 % ont des parents ouvriers, employés ou inactifs. L’école en vient à fonctionner comme une sorte d’instance de blanchiment qui estampille comme légitimes des inégalités de naissance qu’elle est par ailleurs incapable de compenser.

Voilà pourquoi des individus qui sont issus des classes défavorisées et qui, néanmoins, réussissent à percer, jouent un rôle si important : leur réussite permet d’entretenir l’illusion selon laquelle notre modèle méritocratique est toujours efficace.

Si l’abolition des privilèges n’a pas mis fin aux inégalités, peut-on aller jusqu’à dire qu’elle fut, en elle-même, génératrice de nouvelles formes d’inégalités ?

L’abolition des privilèges se fonde sur l’idée que la loi doit être la même pour tous, qu’elle doit être générale dans sa source et dans son objet. De ce point de vue, on pourrait interroger le paradoxe que vous suggérez. Cette généralité de la loi ne laisse-t-elle pas aussi le champ libre à la constitution de nouvelles inégalités ? C’est en partant d’un tel constat que l’on peut, par exemple, justifier des dispositions législatives qui poursuivent des objectifs de justice sociale en assumant, par rapport à leur objet, une particularisation relative. Je pense ici aux politiques dites de discrimination positive.

A titre personnel, je considère ainsi qu’il n’est pas illégitime, dès lors que la volonté politique n’est pas suffisante pour transformer en profondeur la manière dont se répartissent les honneurs et les richesses dans la société, d’introduire des dispositifs dérogatoires, temporaires, en faveur de groupes dont les membres voient, en raison de leur origine ou de leur identité, leurs chances de réussite sociale lourdement hypothéquées.

En même temps, je suis conscient que cela revient à légitimer un rapport à la loi qui est précisément celui que l’on a voulu renvoyer aux oubliettes lors de la Révolution française. C’est du reste ce qui rend le débat sur ces sujets toujours très délicat. On a beaucoup de mal, en France, à ne pas considérer la moindre entorse au principe d’universalité de la loi comme un privilège, et donc comme une injustice.

Reste que la vérité est là : ce principe d’universalité de la loi n’a pas tenu toutes ses promesses car il n’a pas permis de fluidifier les rapports sociaux autant qu’on le croyait. A cet égard, notre modèle, qui a permis une amélioration certaine des conditions, est aujourd’hui à bout de souffle, et notre société aussi sclérosée qu’à la fin de l’Ancien Régime. Les écarts de niveaux de vie se creusent et répondent à des logiques socialement identifiables. Un économiste, Edward Wolff, voyant la manière dont se répartit le surcroît de richesses produit depuis les années 1980, est même allé jusqu’à dire qu’on assistait à un "retour à Marie-Antoinette".

Les privilèges sont dénoncés avec une vigueur particulière dans le monde de l’entreprise. Comment analysez-vous ce phénomène ?

Pour beaucoup de salariés, l’entreprise apparaît effectivement comme un lieu où ce ne sont pas les plus méritants qui bénéficient d’un juste niveau de protection et de rémunération. Et c’est de plus en plus vrai aujourd’hui. Quand on voit un patron qui coule plus ou moins son entreprise, touche un salaire et des avantages en nature extrêmement importants, et, une fois licencié, part avec des indemnités exorbitantes, c’est moralement insupportable.

Ce qui pose également problème, dans le monde de l’entreprise, c’est quand certains traitements de faveur n’obéissent pas à des logiques claires - la distribution des primes, par exemple. Ici, c’est surtout le côté arbitraire des décisions qui choque. Aucun de nous, en effet, ne s’offusque d’être traité avec des égards particuliers. Ce qui nous scandalise, en revanche, c’est quand nous ne comprenons pas pourquoi d’autres bénéficient de tels égards.

Autrement dit, nous sommes prêts à accepter certains privilèges - au sens où l’on parle de "client privilégié" - mais seulement à partir du moment où leur octroi obéit, en toute transparence, à une forme de procédure. Ce point permet de comprendre que la justice est affaire de redistribution et de reconnaissance. Ce qui scandalise c’est, à travers l’avantage qui se trouve concédé à quelques-uns, le déni de reconnaissance que cela signifie pour les autres.

Comment expliquez-vous la récurrence, dans le débat politique, de la référence aux privilèges, comme récemment lors des débats sur la réforme du statut des fonctionnaires ou sur la suppression des régimes spéciaux de retraite ?

On voit, à travers ces exemples, que le privilège n’est pas seulement une donnée mais aussi une question de perception. A une époque où le fait d’avoir un travail n’était pas problématique, la garantie de l’emploi dont bénéficiaient les fonctionnaires était justifiée par le fait qu’un fonctionnaire était, à niveau de diplôme égal, moins bien payé qu’un salarié du secteur privé. Or dans une société où, comme aujourd’hui, la précarisation de l’emploi est devenue un problème central, cet avantage est perçu comme un privilège illégitime parce que jugé exorbitant. Il est, dès lors, facile de dresser des catégories de la population les unes contre les autres.

Dans ce type de situation, il faut néanmoins garder en tête ce que le sociologue Robert Castel a appelé la "guerre des réformismes". Opère désormais un réformisme dont l’objet est purement "adaptatif" par rapport à l’évolution du système social et économique mondialisé, comme s’il s’agissait uniquement de mieux partager les fruits de la dégradation sociale. Une politique du moins-disant social se met en place et, dans ce grand chambardement, les élites sociales et politiques font ce qu’il faut pour conforter ou renforcer leurs positions et leurs avantages.

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1111&id_mot=
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #6 le: 30 mars 2010 à 23:01:05 »
Citation de: "Ernest"
La "France d'en bas"...? Un terme méprisant proféré par un demi imbécile qui se prend pour un phare...et que certains affublent d'un sobriquet tout aussi méprisant - bien qu'assez juste: "Le bossu du Poitou" en référence à une catégorie  d'asiniens....Voila..! C'est tout..!
Mais cette appellation est très révélatrice du fossé, pour ne pas dire l'abime, qui sépare  nos "élites" des citoyens qu'ils ont la prétention de gouverner :mrgreen:
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #7 le: 30 mars 2010 à 23:01:44 »
Citation de: "Raja"
Citer
sépare  nos "élites" des citoyens qu'ils ont la prétention de gouverner
tout est dans cette phrase...comment comprendre la situation de nos concitoyens quand on ne sait même pas à combien est le SMIC ou qu'on croit qu'on peut vivre avec un minima social...
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #8 le: 30 mars 2010 à 23:02:05 »
Citation de: "mélusine"
Un stage d'un an de "vies de citoyens" comme condition sine qua non pour accéder à des fonctions politiques.
Un an style "vis ma vie" où se succéderaient différentes conditions de vies les plus variées possibles et représentatives des quotidiens des gens. Un an d'apprentissage de ce qu'est la France d'en bas, mais pas dans les livres, en l'expérimentant. Quelques mois de femme de ménage mère isolée résidant en HLM, suivi d'un stage d'une semaine en prison...etc...un peu de tout pour savoir qui l'on représente, ce qu'est leur vie et ce que l'on peut faire pour eux. Je pense que nombre d'entre eux ne saurait même pas quoi faire de bien, s'il leur prenait cette envie, car complètement hors des réalités.
Ca permettrait de faire un certain tri à l'entrée...aussi. Un peu dissuasif de donner un an comme ça...resterait les vrais convaincus et ça ne ferait pas de mal.
Enfin...c'est juste une idée...  :mrgreen:
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #9 le: 30 mars 2010 à 23:02:37 »
Citation de: "Ernest"
Il y a deux ou trois ans de ça, Jean Louis Debré, alors président de l'assemblée nationale, et interviewé par Bourdin, je crois, à RMC Info, répondit à la question: "Connaissez vous le prix du litre de gas oil..?".... "Je ne fais pas le plein moi même et ne saurait vous dire avec exactitude, mais je pense que ça doit tourner entre deux ou trois euros"
Ce pauvre type n'avait jamais fait le rapprochement entre le prix du gas oil et le  pauvre couillon qui prend tous les jours  sa bagnole pourrie pour aller gagner le SMIC...
Partant de là, je vois mal la nécessité d'aller se faire sodomiser à chaque élection; car ne nous leurrons pas, ceux d'en face (enfin quand il y en avait).. ne valent pas mieux.
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #10 le: 30 mars 2010 à 23:02:59 »
Citation de: "Lady Marwina"
J'en ai vu un s'imaginer que 4 yaourt premier prix coûtaient 5 euros (c'était à la télé, enfin sur youtube, bref...) Je parle bien des yaourt nature "top budget" ou équivalent, attention, par lot de 4, pas de 16.

La vérité est que ces gens la n'ont aucune idée du coût de la vie, ce n'est même pas une questions qu'ils se posent.
Ils arrivent au tour de force de penser à la fois que le panier de la ménagère coûte un prix exorbitant (en général ils multiplient par 2 ou 4 les prix réels vraiment pratiqués) ET de penser que l'on peut s'en sortir avec un SMIC. Ou les minima sociaux... Enfin c'est autant de dire qu'ils n'en ont vraiment mais alors vraiment rien a faire du quotidien des gens et de l'amélioration de ce dit quotidien.
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #11 le: 30 mars 2010 à 23:03:42 »
Citation de: "Mélusine"
Raison de plus pour forcer ce beau monde à avoir les pieds sur la terre qu'ils entendent gouverner...
Un an de "vrai travail" forcé, de gestion de vrai budget avec toutes les difficultés que cela implique....de quoi donner une vision plus juste de ce que vit cette fameuse France d'en bas que l'on toise sans la connaître, dont on a besoin pour arriver au pouvoir, que l'on craint et que l'on flatte, que l'on trompe et que l'on mate, dont on n'a cure à aucun moment, mais sur le dos de laquelle on s'engraisse sans scrupules voir même sur qui l'on crache impunément!
Je sais, je suis une mule...quand j'ai une idée....mais celle là, j'aimerais vraiment qu'elle prenne forme un jour.
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #12 le: 30 mars 2010 à 23:04:03 »
Citation de: "Sarkome"
Il faudrait pour cela que les lois ne soient pas votées par ceux-là mêmes dont vous voulez réformer le statut...
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #13 le: 30 mars 2010 à 23:04:28 »
Citation de: "Tyger"
un élu communiste par chez nous (Normandie) commence à voir ce qui se pointe à l'horizon :

Citer
« Il y a un risque de déchirement entre les classes moyennes et les classes populaires », constate le maire (PCF) de Saint-Etienne-du-Rouvray (Blog Le Monde)
jeudi 8 octobre

    ...

“Avant l’été, des indicateurs nous ont alerté sur les difficultés rencontrées par des familles : le Centre communal d’action social (CCAS) a été sollicité par des personnes jusqu’ici inconnues de nos services ; la restauration scolaire a remarqué une augmentation des impayés ; et dans nos centres socio-culturels, les activités périscolaires ont enregistré une baisse des inscriptions, comme des réservations de places de spectacles, raconte le maire.

...

La mairie a ainsi décider de doubler les clauses d’insertion sur l’ensemble des marchés publics de la ville ... Et les familles peuvent désormais échelonner les paiements de la restauration scolaire ou des inscriptions sportives ...

Rien de révolutionnaire finalement, Hubert Wulfranc en convient. Mais il fallait faire quelque chose pour éviter ce qu’il appelle, le “déchirement” des deux composantes de sa population : des ménages très modestes, qui bénéficient de l’aide sociale, et des salariés de classes moyennes, qui n’y ont pas droit. “Malheureusement la crise aiguise les tensions. Le déchirement entre classes sociales, à la limite ne me gêne pas... (Il sourit : Hubert Wulfranc est un élu communiste) “Mais là il s’agit d’un déchirement entre deux groupes sociaux aux intérêts convergents !”

PAUPÉRISATION DES CLASSES MOYENNES

En ce moment poursuit-il, “les classes moyennes se paupérisent. Ces gens là ont accédé à la propriété, avaient jusqu’ici un train de vie correct, avec un certain nombre d’activités de loisirs, même modestes, mais qui existaient. Et là ils se voient obligés de se serrer la ceinture. Ce n’est pas facile à accepter et on a vite fait de se retourner contre autrui. Or par exemple, les familles très modestes sont exonérées de l’impôt local mais pas la petite classe moyenne qui continue à le payer. Cela peut paraître injuste. Et certains habitants ne se gênent pas pour me le dire”.

...

Sources  Blog du Monde
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #14 le: 30 mars 2010 à 23:04:51 »
Citation de: "karg se"
Évidement, quand les impôts indirects deviennent l'imposition principale, quand les prestations sociales répondent à la loi du tout ou rien, normal que les classes moyennes se retrouvent sans grand avantage sur les classes populaires. C'est le but en fait, les monter les uns contre les autres.
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #15 le: 30 mars 2010 à 23:05:19 »
Citation de: "ElectricEye"
Le but de nous monter les uns contre les autres inter-classes et intra-classes.
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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #16 le: 30 mars 2010 à 23:05:57 »
Citation de: "tyger"
encore un exemple de malaise, parce que les médias n'ont aucunement relayé cela, et que les politiques font l'autruche...

quand ça va péter à nouveau, ce ne sera que justice !

Citer
Banlieues : alerte rouge avant l’explosion annoncée (351)


A une première page du Monde près (dans la parution datée du 2 décembre 2009)  le rapport annuel de l’Observatoire des zones urbaines sensibles (ONZUS) remis au gouvernement le 30 novembre dernier aura laissé la France avec un encéphalogramme plat. Les conditions de libération de Roman Polanski, les mosquées avec ou sans minaret ou la burqa, Copenhague et quelques autres sujets d’importances variées et sans doute réelles come la main de Thierry  Henry ou le tirage au sort de la France pour la Coupe du Monde de football ont tout écrasé.
Pourtant 5 ans après la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er aout 2003, quatre ans après les émeutes urbaines qui ont objectivement fait trembler le pouvoir politique de l’époque  avec un impact planétaire,  ce rapport aurait du faire  l’effet d une véritable bombe quand il est démontré, données officielles à l’appui,  que  la pauvreté et le chômage ne sont pas en recul, bien au contraire, dans les 751 quartiers objet de l’étude publique.
Certains constats font froid dans le dos et on s’étonnera que mis à part le maire de Clichy-sous-Bois -  certes directement concerné  - et président de l’Association de maires « Villes et Banlieues »,  le silence ait été quasiment unanime dans la classe politique et journalistique.
Particulièrement les jeunes et, plus préoccupant  encore, les enfants sont les  victimes de cette situation.  Ce constat méritait quand même d’être relevé dans la semaine où l’on «fêtait» le 20° anniversaire de la CIDE.
Deux chiffres majeurs - données de 2007 -  explosent à la figure.
Tout d’abord 44,3% des moins de 18 ans, soit quasiment un enfant sur deux, vivent sous le seuil de pauvreté fixé à 908 euros par mois.  Le chiffre est de 33,1 % pour l’ensemble de la population de ces zones quand il est de 12 % en moyenne sur le territoire national. Effrayant ! Le mot n’est pas trop fort.
Deuxième constat : un jeune sur 4 est au chômage ou en inactivité  dans les zones  « politique de la ville «  contre un jeune sur 8  dans les autres quartiers des mêmes agglomérations.  On parle de l’effet repoussoir que suscitent  ces «  jeunes garçons à capuche » des banlieues auprès des patrons qu’ils sollicitent. Les filles seraient moins touchées.
Un point apparemment positif cependant : le taux de réussite au brevet des collèges est en légère hausse. On est passé de 67,2% à 71,9% en 2008 mais avec une sacrée nuance : le taux de réussite s’est encore plus amélioré dans les autres territoires. Le fossé se creuse encore et encore.
En d’autres termes, la fracture ne se réduit pas, bien au contraire, entre ces zones et le reste des territoires urbanisés.
Claude Dillain dont la ville a été l’un des territoires particulièrement touché par les événements de novembre-décembre 2005 ne s’y est pas trompé qui s’inquiète de la seule approche sécuritaire à court terme des pouvoirs publics. Et les policiers qui cette semaine manifestaient sur l’évolution des conditions de leur intervention en rajoutaient une couche en parlant pour qualifier leur travail au quotidien dans ces banlieues d’une intervention à caractère plus militarisé que policier.
Certains diront que les résultats de cette étude ne pouvaient pas être différents
Et pour cause, on attend toujours le  plan Marshall pour les banlieues qu’il eût fallu mettre en place. Le plan Amara, dont on sait combien, il a eu de mal à être boucle n’est d’évidence pas à la hauteur quand il aurait fallu investir fort et sur la durée pour transformer les conditions  de vie des habitants.  En revanche Claude Dillain salue le programme Borloo de rénovation urbaine qui se traduit par une amélioration visible et sensible de l’habitat pour les habitants.
Si  l’on résume le propos du maire de Clichy, plus que jamais on alimente des ghettos qui se referment sur eux et  qui deviennent d’immense poches de pauvreté et de précarité comme si l’on faisait l’impasse sur eux. Du ghetto à la cocotte minute il y a qu’un pas !
Il n’en reste pas moins qu’on attendait quand même un frémissement positif. Non seulement il n’en est rien mais au lieu de cela on a droit à une véritable douche froide qui aura eu un effet de tétanisation, de sidération
Et la crise financière avec son impact social qui n’aura certainement pas amélioré les choses dans l’année 2009 n’a pas été intégrée dans les données collectées.
Dans ce contexte  ne faut donc pas s’étonner si certains de ces jeunes sans emploi et sans perspectives de quitter un jour  la « zone » soient « en conflit avec la loi ». A y regarder de près ils sont même étonnement calmes , sans doute eux aussi anesthésiés. Il faut dire qu’à part un sentiment d’injustice régulièrement ravivé ils n’ont guère de revendications car, et c’est là le drame, ils n’imaginent même pas que les choses puissent changer. Ils sont même souvent nihilistes en se laissant complètement aller. Ils sont dormants : il suffirait d’une étincelle pour les embraser, mais sans autre perspective que le cri poussé dans l’instant présent. Quel gâchis !
A juste titre Le Monde peut parler de génération sacrifiée en visant les jeunes  de 16 à 24 ans de  ces zones de relégation sociale. Malheureusement à lire ce rapport  il y a matière à s’inquiéter pour les générations qui montent car rien dans ce que nous observons n’entraine au moindre optimisme.
Le président de « Villes et Banlieues » fait le constat que cette situation satisfait tout le monde ou presque dans la  classe politique. C’est la conclusion de l’entretien de Claude Dillain  qui devrait inquiéter les responsables politiques : si les banlieues explosent demain  comme il faut s’y attendre pas question pour les maires de  venir éteindre l’incendie comme ce fut le cas en 2005. Les maires se disent las et découragés par l’absence de relais de l’Etat.
Ce rapport de ONZUS et l’analyse lucide d’un élu aussi respectable et pondéré que Claude Dillain, professionnellement pédiatre, auraient mérité et méritent toujours un débat national volontaire autant que celui de l’identité national qu’en vérité il dépasse. Liberté, égalité et fraternité : encore faut il en avoir les moyens ! C’est plutôt un silence assourdissant qui leur a fait écho. Il va être nécessaire de hausser le ton à l’occasion de  la campagne pour les élections  régionales.

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Re: France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #17 le: 30 mars 2010 à 23:06:23 »
Citation de: "Phil59110"
Citation de: "ElectricEye"
Le but de nous monter les uns contre les autres inter-classes et intra-classes.

exactement les mots "mieu diviser pour mieu régner "prenne encore plus de sens depuis que sarko et au pouvoir!
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #18 le: 26 mai 2010 à 16:29:25 »
Alors que de plus en plus de pays de l'UE donnent l'exemple...

Citer
En France, alors que la droite chicane sur le bien-fondé du mot «rigueur», le débat sur les salaires des ministres a timidement émergé. Début mai, la ministre de l'Economie Christine Lagarde avait évoqué cette piste, sans déclencher l'enthousiasme de ses collègues. Interrogés quelques jours plus tard par le JDD, plusieurs ministres avaient donné leur avis sur le sujet.

Le locataire de Bercy, François Baroin, avait lui estimé que «ce serait cohérent si la baisse des traitements des fonctionnaires comme en Espagne était de 5% et ceux des hauts fonctionnaires et des ministres de - 15%». Ce qui n'est pas à l'ordre du jour, soulignait-il.


...la nomenklatura française campe sur ses privilèges! :rougefache:

http://www.liberation.fr/economie/0101637569-et-si-les-ministres-francais-baissaient-leurs-salaires?xtor=EPR-450206
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #19 le: 22 juin 2010 à 12:47:54 »
y'a pas à dire les chances sont les même pour tous...

Citer
Stages de troisième : l'égalité des chances s'arrête à la supérette

Censé stimuler des vocations, le stage de troisième reproduit les disparités sociales. Rue89 a comparé trois collèges.

Où les collégiens font-ils leurs stages ? Les entreprises sur lesquelles ces stages ouvrent les yeux ne sont pas les mêmes, qu'on vive dans le Ve arrondissement de Paris ou à Aubervilliers.

    « Moi, en troisième, je rêvais d'un stage dans une pharmacie. Mais avec mon père, on n'en a trouvé aucune qui accepte, alors j'ai été en boulangerie. La plupart de mes copains aussi : c'était le plus facile. »

C'est Amadou qui parle. Il vient de Vitry, une banlieue délicate au sud de Paris. Kahina, qui fréquente aujourd'hui le même lycée que lui, à Ivry (Val-de-Marne), se flatte de s'être « débrouillée 100% seule »… pour atterrir dans le magasin de prêt-à-porter de la mère d'une copine :

    « Bien sûr que si j'avais vraiment pu faire ce que je voulais, j'aurais fait autre chose. Ce dont j'aurais rêvé, c'est un stage dans un centre médico-social ou une mairie. Mais c'est comme ça. »

Chaque année, les élèves de troisième effectuent un stage d'observation en entreprise. Durée : deux à cinq jours. Les profs commencent à leur en parler à la rentrée, ils cherchent de leur côté. Plus ou moins épaulés par un parent, une voisine, un « ami de papa ».

Quand on la contacte pour obtenir la liste des stages de l'une de ses classes, une enseignante d'un établissement chic et tranquille du Ve arrondissement à Paris siffle un peu :

    « Vous savez, ils ont mille fois plus de réseau que moi ! »

Cabinet d'avocats ou galerie marchande

Alors que ses ouailles dénichent, tout en souplesse et à 14 ans, des stages en cabinet d'avocats, dans des boîtes de production ou à l'Institut Pasteur, ses pairs en poste dans des milieux plus difficiles -ou moins citadins- se félicitent d'avoir fini par placer un tiers de la classe à la galerie marchande du coin.

Dans le centre-Bretagne, c'est plutôt chez le garagiste, à la PME de réparation de matériel agricole qu'ils passent la semaine. Parfois, à l'office notarial ou dans un laboratoire d'analyses médicales.

Vous vous méfiez des caricatures à gros traits ? Sur le papier, ce dispositif était, bien sûr, censé stimuler des vocations.

Grandeur nature, il transpire pourtant un déterminisme qui ne démode pas Pierre Bourdieu et ses travaux sur la reproduction des élites. Quarante-six ans après la publication des « Héritiers » et même si les mots ont changé, « égalité des chances » oblige.

Une prof bretonne y ajoute le manque d'entrain des élèves qui ne saisissent pas toujours l'occasion pour changer de milieu.
Les profs rongent leur frein

A Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les collègues de la prof agressée à cinq mois de grossesse (et dont Rue89 avait publié le témoignage en avril) sont ravis de voir la question émerger. Comme si les enseignants rongeaient leur frein de longue date sur ce dispositif qui reproduit des disparités sociales.

La preuve avec la photo de trois classes de troisième d'horizons très différents :

    * Un collège du Ve arrondissement, à Paris


    * Un collège des Côtes d'Armor


    * Un collège d'Aubervilliers en Seine-Saint-Denis


http://www.rue89.com/2010/06/20/stages-de-troisieme-legalite-des-chances-sarrete-a-la-superette-155630

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #20 le: 06 juillet 2010 à 15:15:23 »
le choix du gouvernement est clairement de protéger les plus riches et de laisser la population s'enfoncer encore plus dans la pauvreté et la precarité, il me semble qu'avant de s'attaquer aux plus fragiles de nos concitoyens, il fallait commencer par les plus solide.

Citer
Aides au logement, services à domicile, emploi : l'Etat taille dans ses dépenses sociales

Les lettres plafonds des ministères ont donné lieu à d'intenses tractations jusqu'à hier soir. Les discussions se poursuivront cet après-midi à l'Assemblée nationale à l'occasion du débat d'orientation des finances publiques.

Le bras de fer entre François Fillon et les ministres aura duré jusqu'à hier soir pour déterminer l'ampleur des coupes budgétaires nécessaires au rétablissement des comptes publics à l'horizon 2013. Les lettres plafonds, qui fixent le niveau de crédits de chaque ministère pour les trois prochaines années, ne devaient être envoyées que tard dans la soirée, voire seulement aujourd'hui. Compte tenu des engagements pris auprès de Bruxelles - ramener le déficit de 8 % à 6 % du PIB l'an prochain -, l'exercice s'est révélé plus difficile que les années précédentes. Certes, les dépenses de l'Etat doivent encore évoluer au rythme de l'inflation, mais le gonflement des intérêts de la dette (+ 3,5 milliards l'an prochain) et des pensions de retraite (+ 2 milliards) absorbent toutes les marges de manoeuvre. Comme la contribution à l'Union européenne continue d'augmenter, les dépenses des ministères doivent diminuer, elles, de 0,2 % chaque année. Des contraintes sans commune mesure avec celles des années antérieures.

Le gouvernement projette de supprimer 100.000 postes de fonctionnaire en trois ans, mais, contrairement à d'autres pays européens (Espagne, Irlande...), il ne va pas jusqu'à réduire la masse salariale des agents en activité : la seule augmentation du point d'indice de 0,5 % au 1 er juillet coûtera au moins 400 millions d'euros l'an prochain.

L'ampleur des besoins financiers - 100 milliards d'euros sur trois ans -l'oblige, en revanche, à tailler dans les dépenses d'intervention, s'exposant ainsi à l'hostilité des syndicats, des entreprises… et des particuliers. Plusieurs mesures phares de la politique sociale sont ainsi partiellement remises en cause. La politique du logement se voit amputée de plus de 1 milliard d'euros. A titre d'exemple, les aides personnalisées au logement proposées aux étudiants cesseront d'être cumulables avec la demi-part fiscale pour enfant à charge. Les services à la personne ont beau être très créateurs d'emplois, ils seront, eux aussi, un peu moins subventionnés qu'aujourd'hui, via la suppression de certaines exonérations de charges sociales .

Certains ministères tirent relativement bien leur épingle du jeu. Comme l'an dernier, la mission recherche et enseignement supérieur est préservée : les effectifs du ministère sont stabilisés et les dotations de l'Etat augmentent sensiblement. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a obtenu le quasi-maintien des crédits prévus dans la loi de programmation et de performance pour la sécurité intérieure (Loppsi), en plaidant la nécessaire modernisation des forces de l'ordre. Hervé Morin, ministre de la Défense, a également échappé au pire : ses crédits atteindront 30 milliards d'euros l'an prochain, et même 31 milliards en 2013. « Je crois avoir été efficace », a également déclaré Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères hier, après avoir arraché 60 millions d'euros supplémentaires pour l'action culturelle à l'étranger.

Les députés, eux, promettent un vif débat sur la part de responsabilité de la gauche et la droite dans le creusement des déficits. « La droite oublie une chose : c'est que la gauche a réduit les déficits de 3,5 % à 1,5 % entre 1997 et 2000, avant de réduire les impôts, alors que tous les allégements fiscaux accordés depuis 2002 ont été financés par le creusement du déficit », a indiqué hier Pierre-Alain Muet, député PS en charge des finances, en réponse au rapport publié hier par Gilles Carrez, le rapporteur (UMP) de la commission des Finances.

http://www.lesechos.fr/info/france/020648196528.htm?xtor=RSS-2059

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #21 le: 21 juillet 2010 à 20:00:33 »
On pourrait penser que dans le contexte du moment (plan de rigueur d'un côté, affaire Bettencourt-Woerth de l'autre) les riches auraient la décence (ou la prudence ?) de chercher à se faire un peu oublier.....
Pensez-vous ! Ils profitent au contraire du battage médiatique avec tous les yeux focazlisés qui sur Woerth, qui sur le tour de France, pour lancer une autre offensive  :fache1: 8| :berk2: :pan1:

Citer
En pleine rigueur budgétaire : Le conseil constitutionnel va t-il retoquer l'ISF ?

Le Conseil Constitutionnel va t-il déclarer certaines dispositions de l'ISF contraires à la constitution, au moment où le gouvernement va tailler dans tous les budgets et va avoir besoin de trouver des ressources ?

(.......)

On a déjà entendu, récemment, des parlementaires de la majorité présidentielle avancer à pas feutrés mais déterminés sur une possible disparition de l'ISF, notamment le président de la commission des Finances du Sénat Jean Arthuis et le rapporteur général du Budget au Sénat Philippe Marini qui ont proposé une "remise à plat du système fiscal via la suppression de l'ISF et du bouclier fiscal et la création d'une tranche supplémentaire de l'impôt sur le revenu"

Or, au moment où les élus UMP n'ont que la "gestion rigoureuse" à la bouche, comme l'écrit le Figaro : " si cette réforme a l'aval des fiscalistes, elle pourrait cependant s'avérer symboliquement très embarrassante pour les parlementaires et le gouvernement. Difficile d'expliquer, alors que l'heure est aux contractions budgétaires, que l'on supprime ou modifie un impôt qui taxe les riches"

Mauvais exemple et surtout mauvais effet !

Il semble bien que Nicolas Sarkozy ait retenu l'échec aux élections présidentielles de Jacques Chirac qui, en 1986, avait supprimé l'IGF pour mieux ... le rétablir en 1989 sous de nom d'ISF - Source Slovar. Puisqu'il a déclaré le 12 juillet 2010 : "J'ai refusé de supprimer l'impôt sur la fortune - une en France parce que je considère qu'il est normal de payer des impôts lorsque l'on a de l'argent. Et je ne le supprimerai pas"

Oui mais, c'était sans compter sur la nouvelle : Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui permet depuis le 1er mars à une personne engagée dans un procès de saisir le Conseil constitutionnel pour lui demander de censurer un loi qu'elle juge porter atteinte aux droits garantis.

C'est dans cette nouvelle procédure que, l'Association Contribuables Associés vient de s'engouffrer afin de prouver l'anticonstitutionnalité de l'ISF !

(....)

sourceet article complet : http://slovar.blogspot.com/2010/07/en-pleine-rigueur-budgetaire-le-conseil.html
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #22 le: 22 juillet 2010 à 09:47:21 »
et ne parlons pas de l'occasion qu'est le départ en vacance pour tromper la vigilance des citoyens et faire voter un tas de lois scandaleuse...
aprés tout les riches preparent la sauce pour les riches, les elites pour les elites ils se foutent complétement de nous et des difficultés des citoyens. :fache1:

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #23 le: 11 août 2010 à 11:18:45 »
tiens un article qui a failli tomber dans les oubliettes, heureusement je veille au grain :

Citer
Les très riches français sont-ils à plaindre ?
Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques | Article Web - 15 juillet 2010
 

« De tous les pays du monde, la France est celui qui taxe le plus les contribuables aisés », soutenait Nicolas Sarkozy le 12 juillet dernier lors de son interview télévisé par David Pujadas. Un genre d'affirmation à l'emporte pièce dont le Président est coutumier. Celle-ci est cependant particulièrement difficile tant à confirmer qu'à contester, car s'il existe bien des comparaisons internationales des taux de prélèvements obligatoires, il n'y a, en revanche, quasiment pas de comparaisons internationales précises des taux d'imposition par niveau de revenus. De telles comparaisons sont certes difficiles à établir compte tenu de la complexité des systèmes sociaux et fiscaux et de la multiplicité des sources de revenu, mais cette absence traduit aussi un manque général navrant de curiosité de la part des organismes statistiques internationaux comme Eurostat ou l'OCDE pour les questions qui fâchent concernant les inégalités. Les économistes Thomas Piketty et Emmanuel Saez s'étaient cependant livrés, en 2006, à un exercice instructif de comparaison des niveaux d'imposition entre la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni[1]. Il en ressort que les prélèvements obligatoires étant globalement plus importants en France du fait de la protection sociale, c'est aussi le cas pour les prélèvements sur les revenus des plus aisés. En revanche, le système social et fiscal français apparaît comme beaucoup moins progressif que les systèmes anglo-saxons et, si l'on s'intéresse aux seuls impôts sur le revenu et le patrimoine, ceux-ci pèsent plutôt moins lourd sur le revenu des très riches en France qu'au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Thomas Piketty et Emmanuel Saez ont comparé dans ces trois pays, les prélèvements obligatoires acquittés par les ménages « normaux », les 90 % de la population qui forment les neuf premiers déciles de la distribution des revenus, à ceux payés par les 10 % les plus riches, et parmi eux le 1 % le plus riche, etc. Et cela non seulement sous forme d'impôt sur le revenu ou le capital, mais aussi en termes de cotisations sociales (voir tableau). En ce qui concerne la France, ces résultats ont été établis pour l'année 2005, soit avant les importantes réformes fiscales menées tant par Dominique de Villepin qu'ensuite par Nicolas Sarkozy pour limiter l'impôt pesant sur les revenus et les patrimoines des plus aisés (bouclier fiscal, quasi suppression des droits de succession, réforme du barème de l'impôt sur le revenu…).



Il ressort de ces comparaisons que les très riches français sont en effet davantage taxés que leurs homologues britanniques et américains : ceux qui appartiennent aux centiles 99,5-99,9, tout en haut de la distribution des revenus, doivent acquitter 43 % de leurs revenus en France, contre 40,5 % au Royaume-Uni et 33 % aux Etats-Unis. Mais cet écart n'est dû qu'au poids des cotisations sociales : pour la même catégorie de revenu, elles pèsent, en effet, 21,4 % du revenu en France, contre 8,6 % au Royaume-Uni et 3 % aux Etats-Unis. Rappelons simplement qu'il n'est (absolument) pas établi pour autant que la santé ou la retraite coûteraient plus cher aux très riches en France qu'aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni : cet écart traduit seulement des niveaux de socialisation de telles dépenses différents entre pays.

Ce poids très important des cotisations sociales, généralement proportionnelles aux revenus, rend par ailleurs le système social et fiscal français beaucoup moins progressif que les systèmes anglo-saxons : en France, les 90 % les moins riches sont taxés en moyenne à hauteur de 36,7 % de leurs revenus,, contre 18,5 % aux Etats-Unis et 17,3 % au Royaume-Uni. Autrement dit, l'écart de taxation entre les 90 % les moins riches et ceux qui appartiennent à la tranche 99,5 à 99,9 de la distribution des revenus n'est (en % de leur revenu) que de 1 à 1,17 en France, contre 1 à 1,78 aux Etats-Unis et 1 à 2,34 au Royaume-Uni. Même après Reagan, Bush et Thatcher, les systèmes fiscaux et sociaux anglo-saxons restent donc encore infiniment plus progressifs que le système français…

Et si on se concentre sur les seuls impôts sur le revenu et sur le capital, Nicolas Sarkozy avait tort, avant même la prise en compte des réformes fiscales récentes intervenues en France : revenus et patrimoines des très riches appartenant à la tranche 99,5-99,9 de la distribution des revenus sont taxés à hauteur de 31,8 % de leurs revenus au Royaume Uni et 25,7 % aux Etats-Unis, contre 21,5 % seulement en France. La lourdeur de l'impôt sur le revenu au Royaume-Uni, marquée sur toute la distribution des revenus, est toutefois en partie le contrepoint de la faiblesse des cotisations sociales dans un pays où la protection sociale est « beveridgienne » avec notamment une assurance maladie universelle financée par l'impôt.
Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques | Article Web - 15 juillet 2010
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #24 le: 18 septembre 2010 à 19:06:23 »
Même le journal officiel de la droite $arkoïde est forcé de le reconnaître... :mrgreen:

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Qui a bénéficié du bouclier fiscal en 2009 ?

Les contribuables aisés ont reçu en moyenne un chèque de 117.142 euros. Plus généralement, 47% des bénéficiaires du bouclier version 2009 payent l'ISF
 
On en sait désormais un peu plus sur le profil des 16.350 contribuables qui ont bénéficié du bouclier fiscal en 2009. Selon des documents que Le Figaro s'est procuré, les 4.521 foyers qui ont un patrimoine supérieur à 7,3 millions d'euros et un revenu fiscal annuel de plus de 43.761 euros ont perçu 90,4% des sommes que le fisc a remboursé au titre du bouclier. Sommes qui se sont élevées à 585,6 millions d'euros en 2009. Ces contribuables aisés ont reçu en moyenne un chèque de 117.142 euros.

Plus généralement, 47% des bénéficiaires du bouclier version 2009 payent l'ISF (impôts sur la fortune). Et ils captent…. 99% des remboursements. En 2008, le constat était le même. «C'est pourquoi j'estime qu'il faut mettre fin à la fois au bouclier et à l'ISF, tout en instaurant une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu à 45% et en revoyant la fiscalité de l'épargne. Le bouclier est une mauvaise réponse à un mauvais impôt » estime Jean Arthuis, le président centriste de la commission des Finances du Sénat.

Pour ceux qui ne sont pas assujettis à l'ISF, le chèque du fisc est nettement moins intéressant: à peine 565 euros. Il s'agit de ménages aux très faibles revenus mais qui sont propriétaires de leur logement (situation commune à la Réunion, chez les agriculteurs….) et se font en pratique rembourser leur taxe foncière. On trouve également dans cette catégorie des professions libérales qui ont des déficits professionnels. Reste une anomalie: parmi les bénéficiaires du bouclier, il existe 14 contribuables qui ont un revenu annuel inférieur à 3.428 euros mais ont un patrimoine supérieur à 16 millions d'euros. Certains soupçonnent une utilisation intensive des niches fiscales qui minorent le revenu


http://www.lefigaro.fr/impots/2010/04/01/05003-20100401ARTFIG00679-qui-a-beneficie-du-bouclier-fiscal-en-2009-.php

Le dernier sacro-con principe du petit larbin des richissimes :blingbling: coule aux yeux et au su de tous, y compris des sinistres cr. qui ont voté pour lui en croyant qu'ils allaient s'enrichir.
Qu'est-ce qui reste au psychop' de l'Elysée? Faire de la figuration, comme un triste clown raté que le public n'applaudit plus, même sur les bancs de droite...

Pov'***!  :frime:

Voilà ce qui arrive quand on fait travailler son périnée au lieu de ses neurones...
Peut-être quelques pilules pour attendre 2012...
« Modifié: 19 septembre 2010 à 13:59:33 par sarkonique »
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #25 le: 28 septembre 2010 à 13:11:43 »
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Près de 8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté
 

13% de la population française, soit 7, 836 millions de personnes, vit sous le seuil de pauvreté. Un chiffre alarmant mais néanmoins stable selon les chiffres 2008 de l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques (Insee). Le «seuil de pauvreté monétaire» est de 949 euros par mois (contre 910 en 2007, hors inflation).
Sur ces 13%, la moitié a un niveau de vie inférieur à 773 euros mensuels. Les familles monoparentales demeurent les plus touchées : 30% sont concernées. Pour ces familles, la proportion de pauvres est 2,3 fois plus forte que dans l'ensemble de la population.

Le pourcentage de personnes sous le seuil de pauvreté s'élevait à 13,4% en 2007, soit 8,035 millions de personnes. Sa légère baisse en 2008 s'explique notamment par la prise en compte de données fiscales pour mesurer les ressources. «Une fois cet effet isolé, le taux de pauvreté peut être considéré comme stable», indique l'Insee, qui rappelle qu'il avait décru de 1996 à 2004, avant de se stabiliser aux alentours de 13%».

En 2008, le niveau de vie médian s'est établi à 1 580 euros mensuels contre 1 510 en 2007. Sur un an, il a atteint 18 990 euros. Les 10% de la population les plus modestes ont un niveau de vie annuel inférieur à 10 520 euros, et cette proportion de la population augmente de 2,2% par rapport à 2007. Les 10% les plus aisés ont un niveau de vie annuel supérieur à 35 550 euros et cette frange a augmenté un peu moins, de 2%.

http://www.leparisien.fr/societe/pres-de-8-millions-de-francais-vivent-sous-le-seuil-de-pauvrete-28-09-2010-1086197.php


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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #26 le: 02 octobre 2010 à 04:27:13 »
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CERTAINES INFORMATIONS NE SONT PAS DIFFUSEES !
MAIS LES FRANCAIS ONT LE DROIT DE SAVOIR ...
Avez-vous entendu parler de l’amendement n°249 Rect., rejeté par le vote des députés le 3 septembre 2010 ?
source : www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/2770/277000249.asp
Citer
AMENDEMENT N° 249 Rect.
présenté par
M. de Rugy, M. Yves Cochet, M. Mamère et Mme Poursinoff
ARTICLE ADDITIONNEL
APRÈS L'ARTICLE PREMIER, insérer l'article suivant :
Le Gouvernement présente au Parlement, avant le 31 décembre 2010, un rapport établissant la situation des régimes spécifiques de retraite des membres du Gouvernement et des parlementaires et définissant les conditions d'un alignement rapide et effectif de la situation de leurs régimes spécifiques sur le régime général, visant notamment à un encadrement strict des pensions reversées, tant dans leurs possibilités de cumuls que dans leurs montants.

EXPOSÉ SOMMAIRE
Nos concitoyens supportent de plus en plus difficilement l'idée selon laquelle leurs élus et représentants bénéficieraient, dans leurs rémunérations comme dans la gestion de leurs droits sociaux, de dispositions dérogatoires du droit commun. Les différents systèmes mis en place pour sécuriser l'exercice de responsabilités politiques demandent à être harmonisés, afin que l'ambition légitime de permettre à chacune et chacun de s'investir dans les affaires publiques ne soit plus perçue comme une tentative de créer ou laisser perdurer des privilèges indus.

Après nous avoir longuement expliqué l’importance de réformer rapidement un régime de retraite en déficit, les députés refusent d’être soumis au régime de retraite de la majorité des Français.

Il est donc temps que chaque citoyen explique à tous les députés la nécessité de réformer leurs propres pensions, prélevées directement sur le budget de l'Assemblée...

IL EST URGENT D'INFORMER LES FRANCAIS EN DIFFUSANT CE MESSAGE A VOS CONNAISSANCES.

M. LEBRETON Hervé
Président de l'association "pour une démocratie directe".
BP 9, 47630 PRAYSSAS
www.pour-une-democratie-directe.Fr
« Modifié: 02 octobre 2010 à 04:29:54 par sarkome »

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #27 le: 11 octobre 2010 à 14:56:29 »
Je pense que ça se passe de commentaires...

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Avec Liliane Bettencourt, François Pinault, Bernard Arnault et consorts, l'Hexagone est la troisième terre d'asile des millionnaires, assure La Tribune, avec 2,2 millions de millionnaires, soit 9 % du total mondial. Loin devant l'Italie (6 %), la Grande-Bretagne (5 %), l'Allemagne (5 %), le Canada (4 %) et la Chine (3 %), mais derrière le Japon (10 %) et surtout les Etats-Unis (41 %), qui comptent 9,94 millions de millionnaires.(...)

La France est la première nation européenne (4ème rang avec 12 100 milliards de dollars), devant le Royaume-Uni et l'Allemagne.


Article complet.


C'est la crise, on vous dit.
« Modifié: 11 octobre 2010 à 16:21:26 par timbur »
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Frondiste : Néologisme timburien. Désigne tout élu à la députation remplissant la double condition d'être de gauche et du parti socialiste.

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #28 le: 30 octobre 2010 à 10:40:20 »
ah non!!! j'vous l'dit m'me chabot y'a pas de connivence entre les médias, les grosses entreprises et les politiques
la vidéo est visible en cliquant sur le lien de l'article...

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Le dîner du Siècle, avec Dati, Chabot, NKM, Carolis…

Le dîner du Siècle réunit chaque dernier mercredi du mois le gratin politico-médiatico-industriel à l’hôtel Crillon, à Paris. Un rendez-vous d’ordinaire discret. Mais pour une fois, assistez à l’entrée des VIP…

Mercredi soir 27 octobre se tenait à l’hôtel Crillon, place de la Concorde à Paris, le rendez-vous mensuel du "dîner du Siècle", qui réunit sur parrainage le gratin politico-médiatico-industriel. Un rendez-vous mondain d’ordinaire discret, voire secret. Mais pour une fois, vous pouvez assister à l’entrée des happy few, accueillis entre deux rangées de CRS.

C’était le dîner du Siècle,

avec :

Emmanuel Chain, producteur et journaliste

Nathalie Kosciusko-Morizet : Secrétaire d’Etat au développement de l’Economie numérique

Arlette Chabot (journaliste, ex-directrice de la rédaction de France 2)

Rachida Dati (ex-Garde des Sceaux, maire du VIIe arrondissement de Paris, députée européenne, UMP)

Guillaume Pépy (patron de la SNCF)

Louis Gallois (patron d’EADS)

Nicolas Seydoux (président des cinémas Gaumont, héritier de la famille Schlumberger)

Pascal Clément (avocat, ancien Garde des Sceaux)

Sylvie-Pierre Brossolette (rédactrice en chef au magazine Le Point)

Marc Tessier (ex président de France Télévisions )

Alexandre Bompard (patron d’Europe 1)

Dominique Perben (Ex Garde des Sceaux, ex ministre des transports, UMP)

Michel Field (animateur télé et radio, Au Field de la Nuit (TF1))

Patrick de Carolis (ex PDG de France Télévisions)

Françoise de Panafieu (UMP, ex maire du XVIIe arrondissement de Paris)

Alain-Gérard Slama (journaliste, RTL)

Olivier Duhamel (chroniqueur et animateur, Europe 1)

Benoît Genuini (ex médiateur de Pôle emploi)

Et bien d’autres…
http://www.bakchich.info/Le-diner-du-Siecle-avec-Dati-Chain,12265.html

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #29 le: 14 novembre 2010 à 14:51:34 »
Allez, tous les rmistes, les smicard, les "en-dessous du seuil de pauvreté", vous êtes bien plus heureux que les hauts salaires !
Enfin... c'est Daniel Kahneman, Prix Nobel d'économie, qui l"affirme ...

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Augmentations, pièges à cons !
Au-delà de 4 900 euros par mois, les ­haus­ses de salaire n’offriraient aucun bonheur, note une étude. Dont acte?!

Si vous le voulez bien, revenons un instant à la question centrale?: l’argent fait-il le bonheur?? Bien sûr que oui, pensez-vous sans doute comme la quasi-totalité des bipèdes, à l’exception peut-être des ours polaires. C’est d’ailleurs pour cela que vous venez d’avaler avec délectation les 21 pages de notre dossier sur le pouvoir d’achat et que vous rêvez secrètement d’en avoir autant sous le matelas que, mettons, François-Marie Banier. Eh bien, vous avez scientifiquement tort.

Excusez du peu, c’est le prix Nobel d’économie Daniel Kahneman en personne qui vient de le démontrer, dans une étude publiée par la très sérieuse revue américaine «Proceedings of the National Academy of Sciences». Deux ans d’enquête, 450 000 Américains de toutes conditions interrogés, des pages entières noircies d’équations et de calculs matriciels, mais la conclusion vaut, si l’on ose dire, son pesant d’or?: au-delà de 4 900 euros net par mois, le pognon ne procure absolument aucun bonheur. Désolé, les gars. Aucun bonheur.

A la vérité, à voir les lignes de coke de Jean-Luc Delarue et la mine déconfite de Patrice de Maistre, deuxième sébile chez madame Bettencourt, on aurait presque pu le deviner tout seul. Non seulement les gros revenus ne sont pas plus heureux que les autres, mais ils souffrent le martyre, leur âme est perpétuellement hantée par les idées noires, le petit personnel qui vole, la tranche supérieure qui rôde, et les places de parking trop étroites pour les Range Rover extra-larges. Sans parler des produits dérivés qui jouent continuellement au yoyo avec leur rythme cardiaque…

Jusqu’à présent, ces malheureux n’avaient d’autre horizon que leur propre tunnel. Inlassablement, comme une mouche sur une vitre, ils continuaient de courir après les stock-options, marchaient sur les copains pour leur griller la direction marketing et vendaient tous les soirs leur vie de famille pour une augmentation. C’était bien triste. Heureusement, la percée scientifique de Kahneman va leur ouvrir un nouvel avenir.

Car, enfin, maintenant qu’ils connaissent la vérité, ils ne vont pas traîner pour passer aux actes. Certes, aux dernières nouvelles, aucune manif de cadres sup n’a encore été programmée entre Trocadéro et Auteuil pour exiger la baisse immédiate des hauts salaires. Mais, dans les directions générales, on a commencé à faire chauffer les mégaphones. Et, selon nos informations, plusieurs hauts dirigeants du CAC 40 auraient déjà secrètement interverti leurs fiches de paie avec celles des équipes de nettoyage.

Pfff…. Ce sont toujours les mêmes qui raflent les meilleures places.

Philippe Eliakim
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #30 le: 14 novembre 2010 à 21:32:55 »
Le "gratin"? Ceux qui sont grillés, ouais! Manque que la mère Denis à la liste...

En contrepoint de cette gent friquée, lisons plutôt, de Pierre Rahbi, Vers la sobriété heureuse (Actes Sud). Mais c'est 15,00 euros...  :mrgreen:
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #31 le: 23 janvier 2011 à 13:09:22 »
l'injustice dans toute sa splendeur...

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Inégalités de santé : les points clés d’un rapport préoccupant


La mortalité infantile en Ile-de-France est supérieure à la moyenne nationale.

Voici, point par point, les faits marquants du rapport de l’agence régionale de santé d’Ile-de-France que nous dévoilons en exclusivité.

1 Riches, jeunes et en bonne santé

Le revenu fiscal moyen des Franciliens est supérieur de 15% au reste de la France et le taux de natalité est de 15,4 naissances pour 1 000 habitants contre 12,7 ailleurs.

Leur espérance de vie record s’explique par un faible taux de cancer ou de maladies cardiovasculaires.

La mortalité liée aux accidents vasculaires cérébraux est 20% plus faible qu’ailleurs (ce bon résultat est lié à une bonne prise en charge médicale).

Le taux de suicides (8 pour 100 000 habitants) est deux fois inférieur au taux français.

2 Mais des inégalités de revenus croissantes

La santé sociale s’est « nettement dégradée » en dix ans, du fait de l’envolée des bénéficiaires de minima sociaux, des décisions d’expulsion ou du bond des surendettés.

En Seine-Saint-Denis, un enfant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Le revenu minimum des 10% les plus riches, lui, est désormais sept fois supérieur au revenu maximum des 10% les plus démunis.

3 Des conditions de vie différentes…

Le cadre de vie joue sur la santé. Dans les quartiers où il y a beaucoup de fast-foods et peu de parcs, on compte plus d’obèses qu’ailleurs.

Les transports aussi. Les Franciliens passent en moyenne deux heures par jour dans les transports. Stress et fatigue pèsent sur la santé.

Et la pollution. 4 millions de personnes sont exposées à des niveaux de dioxyde d’azote supérieurs à la limite.

4… ont renforcé les inégalités de santé

Des indicateurs de bien-être qui varient du simple au triple. La France est, avec la Finlande, le pays européen où les inégalités sont les plus fortes. Entre Paris et certaines zones de Seine-Saint-Denis, des indicateurs de bien-être varient du simple au triple. Selon où l’on habite en Il-de-France, l’état de santé diffère. Entre la Seine-Saint-Denis et les Yvelines, la différence de mortalité prématurée atteint ainsi 28% chez les hommes ! Au sein même d’un département, voire d’un canton, des disparités persistent.

Mortalité infantile en hausse. Ce taux est aujourd’hui nettement supérieur à la moyenne nationale (3,9 pour 1 000, contre 3,6 en France) du fait de l’envolée des décès en Seine-Saint-Denis (5,4 pour 1 000).

http://www.leparisien.fr/societe/inegalites-de-sante-les-points-cles-d-un-rapport-preoccupant-21-01-2011-1236836.php


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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #32 le: 20 octobre 2011 à 13:10:02 »
y'en a qui ne connaissent pas la crise...

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La France compte plus de millionnaires que n'importe quel pays européen

La France compte 2,6 millions de millionnaires en dollars, contre 1,6 million de millionnaires au Royaume-Uni par exemple.

La France compte plus de millionnaires que n'importe quel pays européen, selon l'étude annuelle de la banque helvétique Credit Suisse sur l'état de la richesse dans le monde, publiée mercredi.

La France compte 2,6 millions de millionnaires en dollars, contre 1,6 million de millionnaires au Royaume-Uni ou seulement 622.000 en Suisse.

Le rapport note cependant que l'Allemagne et le Royaume-Uni comptent plus de millionnaires ayant des avoirs supérieur à 100 millions de dollars (72,3 millions d'euros).

La fortune moyenne détenue par les ménages français est de 90.271 dollars. Le rapport relève encore le niveau élevé des prix de l'immobilier en France, qui représente les deux tiers des avoirs des ménages français. Enfin, les Français sont relativement peu endettés, avec un taux d'endettement des ménages de seulement 12%.

Par rapport à l'année dernière, date de la publication du premier rapport annuel du Credit Suisse sur ce sujet, la richesse mondiale a augmenté de 18,4%, grâce à la fortune grandissante en Afrique du Sud, en Inde, en Australie, au Chili et à Singapour. La richesse moyenne par adulte dans le monde est de 51.000 dollars, selon l'étude.

La richesse mondiale a augmenté de 18,4% en un an

Depuis 2000, et jusqu'à la mi-2011, la richesse dans le monde a bondi de 67%, lorsqu'elle est exprimée en dollars, et de 36% en monnaies locales. Credit Suisse prévoit une hausse de 50% de la fortune mondiale à l'horizon 2016.

La Chine devrait devenir le deuxième pays le plus riche du monde en 2016, à la place du Japon, derrière les Etats-Unis, qui garderaient la première place, a indiqué la banque suisse.

Cette année, les pays les plus riches, avec une fortune moyenne supérieure à 100.000 dollars par adulte, étaient situés en Amérique du Nord, en Europe occidentale, en Asie-Pacifique et au Moyen Orient.

Ces pays sont coiffés par la Suisse, qui est le seul pays au monde, dont la fortune dépasse le seuil de 500.000 dollars par adulte. En comparaison, l'Australie et la Norvège ont des seuils de fortunes moyens de 300.000 dollars.

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #33 le: 26 janvier 2012 à 19:28:55 »
Voici un article d'Agoravox que j'ai beaucoup apprécié, dans la mesure où il décrit avec finesse et sans misérabilisme une certaine réalité, très fréquente même, si j'en crois ce que je vois dans mon entourage ..... Juste un petit bémol, que j'ai d'ailleurs souligné à l'auteur dans un commentaire : quand il dit 80 € hebdomadaires, il me semble à côté de la plaque, ce serait plutôt 40 vu la liste de courses dont il parle ...... et mon propre budget  :mrgreen: (ce qui prouve qu'il ne parle certainement pas de son propre cas!)

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Emma considère attentivement les colifichets et les friandises multicolores placées à hauteur de ses yeux, essayant d’évaluer pour chacun la probabilité que sa mère puisse en accepter l’achat. Celle-ci finit de vider le contenu de son chariot. Dans ce magasin low cost, elle dépasse rarement la somme de 80 euros qu’elle s’est fixée pour la semaine, sans trop avoir à se priver. Après un rapide calcul mental suivi d’un hochement de tête de sa mère, Emma peut ajouter un chouchou d’un rose fluorescent aux emballages plastiques de nourriture sur le tapis de caisse. Du jambon blanc, des côtes de porc et des saucisses, une boite de cassoulet, deux pizzas et une boite de steaks hachés surgelées, une boite de rillettes, des carottes râpées assaisonnées, un bac de glace, des nouilles, un sac de patates, des barres chocolatées pour le goûter de la petite et six grandes bouteilles de coca.

Cela devrait bien être suffisant, pense Caroline. Cette semaine, son copain Kevin ne rentrera pas manger à midi, car il a un contrat d’intérim à trente kilomètres et Emma mange à la cantine. Il a pris la voiture, c’est pourquoi elle cale maintenant l’énorme sac aux couleurs du supermarché entre ses jambes, sur le petit scooter qui parait bien chargé, – heureusement qu’il n’y a qu’un kilomètre pour rejoindre leur petit appartement sur la place du village, juste à côté de la mairie. Elle a vite fait de ranger les provisions dans le frigo, il faut dire qu’en achetant tout le temps la même chose, l’habitude vient vite. Elle sait bien qu’elle devrait varier, mais pour acheter quoi ? Le poisson ? Elle ne peut vraiment pas en manger, cela ne passe pas. Les légumes ? C’est Kévin qui n’est pas fan. Et pourtant il a fait des progrès depuis qu’elle l’a rencontré il y a deux ans, car il ne mangeait alors que des frites et des yaourts. Peut-être si elle savait les cuisiner… une fois, au Secours Populaire, ils lui ont donné plein de courgettes, ils en avaient une montagne, personne n’en voulait : cuites à l’eau bouillante, c’est vraiment pas terrible, même le chat a fait la grimace. Elle aurait pu appendre des recettes avec sa mère qui est bonne cuisinière, mais son adolescence n’a été que rébellion. à 17 ans, elle est partie, elle a galéré, fait un bébé « toute seule », puis a rencontré Kevin avec qui elle s’est installé un peu par hasard, très loin de sa famille. L’institutrice qui habite au-dessus de l’école, qui n’a pas beaucoup plus que son âge, et avec qui elle a sympathisé en faisant le ménage des classes, lui a dit « Pourquoi tu viens pas à l’AMAP ? il y a plein de supers légumes, plein de produits naturels et c’est vraiment pas plus cher qu’au supermarché ! » Peut-être, mais elle a entendu que ca fonctionnait par abonnement et comment elle fera les mois ou ils sont raides, dés le quinze, quand Kevin a pas de boulot ? C’est pas avec les allocations, les quelques heures de ménage et les extras au VVF qu’elle va payer d’avance. Elle les entend bien chaque mardi soir à la distribution des paniers, en été, quand elle laisse les fenêtres ouvertes, parler de solidarité, mais elle a pas trop bien compris si c’était avec les paysans, les pauvres ou la Palestine ! Ils sont sympas mais franchement elle se sentirait un peu en décalage, mal à l’aise ; elle ne comprend pas toutes les conversations, et ne sait pas à quoi ressemble la moitié des légumes dont ils parlent. Il y en a une qui l’énerve particulièrement, c’est « la parisienne » qui tient les chambres d’hôtes en haut du village et qui l’appelle toujours à la dernière minute quand elle s’en sort pas avec le ménage de ses piaules de charme. Elle a toujours un papier à faire signer aux autres : pour pas qu’on expulse des Roms, pour ou contre les OGM, elle sait plus, plein de trucs… Caroline a bien envie de lui proposer de faire signer un papier pour que l’heure de ménage soit payée un peu plus que huit euros de l’heure !

Les pesticides ? L’obésité ? bien sûr, cela lui fait un peur, depuis qu’elle a vu des reportages à la télé. Elle se dit que si Kevin aurait enfin un vrai boulot, si elle devait plus courir derrière les ménages à droite et à gauche, si elle réussissait à devenir assistante maternelle comme elle le rêve et si, et si… elle fait un autre bébé avec son chéri alors la, c’est juré : elle cherche des recettes sur Internet, elle appelle sa mère et fait de la vraie cuisine avec des vrais légumes ! Que même Kevin, c’est sûr il trouvera ça bon, car comme le dit Victor qui habite la maison d’à-côté avec un jardin, celui qui lui donne des tomates super bonne tout l’été : « C’est quand même con d’aller dans ce hangar acheter de la merde qui vient je ne sais d’où, alors que tout autour, on de la bonne terre, de l’eau, du soleil et que tout pousse. » Ouais… mais en attendant la semaine prochaine, il faudra bien qu’elle y retourne, dans le hangar.
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
Warren Buffett

"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
Theodore Monod

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #34 le: 17 avril 2012 à 12:45:38 »
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Les assistés de la France d’en haut sont-ils "intouchables" ?


Les plus favorisés sont aussi assistés que les autres. La leçon d’assistanat donnée à la France d’en-bas est moralement inacceptable et politiquement risquée. Un point de vue de Noam Leandri et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.


« Comment vous vivez l’idée d’être un assisté, ça vous gêne pas de vivre sur le dos des autres ? ». « Ca va merci. Et vous ? » Ce dialogue entre François Cluzet, riche handicapé assisté d’une kyrielle d’aides et Omar Sy, demandeur d’emploi, tiré du film Intouchables d’Olivier Nakache et Eric Toledano, en dit long sur la société française. La France est pour partie un pays « d’assistés ». Dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’aider les plus démunis à ne pas verser dans la misère. Mais le soutien de la collectivité ne se résume pas aux plus pauvres, loin s’en faut. Le problème, c’est qu’en haut de la hiérarchie sociale, on se permet de faire la leçon à une France qui peine à boucler ses fins de mois.

Comment évaluer le nombre d’"assistés" ? Si l’on adopte une vision restrictive, on peut y inclure les titulaires des prestations sociales, qu’elles soient universelles (comme les allocations familiales) ou ciblées sur les plus modestes (comme les allocations logement). En 2010, les minima sociaux font vivre 6,3 millions de personnes – soit 10 % de la population - d’après le ministère de la santé. De plus, huit millions de salariés à faibles revenus perçoivent la prime pour l’emploi ou le RSA activité [1] d’après les dernières données en 2011. Quelque 4,5 millions de foyers ont bénéficié des allocations familiales et 2,5 millions des allocations logement versés par les Caisses d’allocations familiales (CAF) en 2010 [2]. Il faut encore y ajouter les aides sociales aux démunis, que ce soit pour l’hébergement, la santé, la garde d’enfants, versées au cas par cas par les CAF, l’assurance maladie et les collectivités locales.

Ces données n’ont rien d’original, et la critique de « l’Etat providence » - qui repose sur ce système développé de protection sociale - remonte à la seconde moitié du XIXe. Mais les pauvres sont loin d’être les seuls à bénéficier du système. Retraites, soins, allocations chômage ou allocations familiales : les catégories aisées bénéficient très largement de l’argent public. Parmi les trois millions de chômeurs et les 15 millions de retraités, on ne compte pas uniquement des catégories populaires.

Certaines aides sont même ciblées sur les plus riches. C’est le cas par exemple des très nombreuses réductions d’impôt (aussi appelées « niches fiscales »). Elles vont coûter en 2012 la bagatelle de 66 milliards d’euros à la collectivité en pertes de recettes fiscales. Ainsi, les femmes de ménage et autres personnels à domicile - comme ceux qui entourent François Cluzet dans le film Intouchables - sont largement subventionnés. En 2008, cette niche fiscale a coûté 2,3 milliards d’euros de recettes à l’Etat. Des travaux à domicile en passant par les investissements dans les Dom-Tom ou l’immobilier locatif, ces niches vont pour l’essentiel aux plus aisés. Ainsi, les deux tiers des baisses d’impôt pour l’emploi de personnel à domicile sont allés aux 10 % des contribuables les plus favorisés selon un rapport officiel d’évaluation des niches fiscales paru en juin 2011 (consulter en ligne). Le mécanisme du quotient familial de l’impôt sur le revenu, même plafonné, procure un avantage qui augmente avec le niveau de vie et le nombre d’enfants : 10 milliards sont ainsi distribués [3]. L’avantage se monte à 2 300 euros annuels à partir de 5 000 euros de revenus mensuels, pour les familles avec deux enfants, à 4 600 euros au maximum à partir de 6 000 euros mensuels, pour les familles avec trois enfants et atteint 9 000 euros à partir de 7 500 euros mensuels.

En plus des niches fiscales, une grande partie des services publics financés par la collectivité bénéficie davantage aux riches qu’aux pauvres. Il en est ainsi de l’école : compte tenu des inégalités sociales qui existent dans l’enseignement supérieur, l’Etat dépense bien davantage pour les enfants de cadres supérieurs que pour ceux d’ouvriers. Les premiers ont deux fois plus de chances de suivre des études supérieures révèle l’Insee (voir l’article), d’autant plus si elles sont longues et élitistes. Une scolarité jusqu’au master (bac+5) coûte presque deux fois plus chère aux finances publiques qu’un BEP-CAP selon le ministère de l’Éducation. En gros, la formation d’un élève jusqu’au BEP coûte 100 000 euros à la collectivité, un étudiant en licence 140 000 euros et un élève de grande école près de 200 000 euros… Au sommet, dans les écoles les plus prestigieuses du pays que sont l’Ena, l’Ecole normale supérieure et Polytechnique notamment, les élèves quasiment tous issus des familles les plus aisées du pays, sont… payés pour étudier. Sans compter que les enfants de familles aisées fréquentent plus volontiers les établissements bien dotés en enseignants expérimentés, et donc mieux payés que leurs jeunes collègues envoyés dans un établissement dit « d’éducation prioritaire ».

On retrouve le même phénomène dans bien d’autres domaines de l’intervention publique, comme en matière de politique culturelle. Musées, théâtres, opéras ou conservatoires de musique : les loisirs des riches sont massivement subventionnés, alors qu’ils sont fréquentés pour une grande partie par une minorité très diplômée.

Au-delà de la seule sphère publique, les plus aisés savent très bien comment profiter de soutiens très variés. Des voitures de fonction à usage personnel aux invitations (concerts, spectacles, représentations sportives, etc.) distribuées gracieusement en toute légalité par des entreprises ou des institutions publiques, en passant par des congés tous frais payés par un tiers… Le premier ministre François Fillon lui-même s’était fait payer une partie de ses congés de l’hiver 2010-2011 par les autorités égyptiennes… Dans l’univers de l’entreprise, une partie des plus favorisés arrivent à faire prendre en charge une partie de leurs dépenses privées, du téléphone à la voiture de fonction en passant par certains déplacements. Jean-Marie Messier, ancien PDG de Vivendi avait, par exemple, bénéficié d’un appartement de fonction dans le plus beau quartier de New-York aux frais de l’entreprise et continué à l’occuper un an après son limogeage en 2002.

Tout en critiquant le niveau de protection sociale dont disposent les plus faibles, les hauts dirigeants négocient pour eux-mêmes des protections financées par l’entreprise, qui les mettent à l’abri pour plusieurs générations en cas de départ involontaire. Ainsi par exemple, Anne Lauvergeon, débarquée d’Areva (nucléaire) l’an dernier, recevra 1,5 million d’indemnités de départ, plus d’un siècle de Smic. Elle touchait déjà un revenu d’un million par an. Au-delà, les revenus qu’ils s’octroient suffisent à se protéger du besoin pour plusieurs générations. Ainsi, à 70 ans, Maurice Levy, président du directoire de l’agence de publicité Publicis va recevoir pas moins de 16 millions d’euros de rémunération différée (bonus) pour avoir « rempli ses objectifs »… L’équivalent de 1 300 ans de Smic.

Lutter contre les profiteurs

Ceux qui contestent le principe même d’allocations pour les plus démunis d’un côté ou la gratuité de l’enseignement de l’autre sont peu nombreux. Les fondements de la protection sociale sont très largement partagés dans notre pays. Les personnes montrées du doigt sont celles qui profitent indûment de ce système. Dans un système développé de protection sociale et de services publics, les abus existent inévitablement. De même que la criminalité existe dans tous les pays, tous les systèmes publics entraînent leur lot de « profiteurs ». Ainsi, selon la Cour des comptes, les fraudes aux prestations sociales coûteraient environ 1,5 milliard d’euros qui se décomposent en 0,8 milliard d’allocations chômageindument perçues en 2007 et 0,7 milliard de prestations des CAF en 2009. L’histoire montre pourtant que, comme Omar Sy et François Cluzet, ces profiteurs sont répartis dans tous les milieux de la société, riches ou pauvres. Pour un titulaire du RSA (ancien Rmiste) qui assure ses fins de mois « au noir », combien de familles ne déclarent pas leurs employés de maison pour ne pas payer de charges sociales ? Pour une femme seule qui ne signale pas immédiatement un nouveau compagnon pour continuer à toucher l’allocation parent isolé, combien de milliardaires se soustraient à l’impôt par des techniques d’évasion à la limite de la légalité ? Combien d’emplois de complaisance pour ne pas dire fictifs sont octroyés dans les entreprises, les cabinets ministériels ou les collectivités locales pour employer des amis ou de la famille ? Cas extrême, on se rappelle de la condamnation en 2008 de la fille du milliardaire François Pinault qui avait indument perçu un RMI pendant six ans tout en s’acquittant de l’impôt sur la fortune… A bien plus petite échelle, Delphine Batho, députée et porte-parole du parti socialiste occupe un appartement de la Régie immobilière de la ville de Paris de 108 m² pour 1 500 euros, soit 30 % de moins que le prix du marché.

A l’opposé, on oublie très souvent qu’une partie des bénéficiaires potentiels ne demande rien et rase les murs pour ne pas être stigmatisée. Seulement 32 % des ménages pouvant bénéficier du RSA activité y ont recours et 65 % des potentiels rmistes (RSA de base), laissant ainsi près de 2 milliards d’euros inemployés au budget de l’Etat, d’après le rapport du comité d’évaluation du RSA. De même, 1,7 million de personnes ne recouraient pas à la CMU complémentaire à laquelle ils ont droit (voir notre article sur le non recours). La complexité des démarches et les discours culpabilisants sur les « assistés » y sont pour beaucoup.

Tous assistés ?

Alors, sommes-nous tous des assistés ? Oui. C’est une bonne chose. Pour partie, notre système social soutient davantage ceux qui en ont le plus besoin : c’est l’expression de la solidarité nationale, de la « fraternité » de notre devise nationale, valeur largement partagée. Pour partie, notre système offre des services publics de qualité à tous, par souci d’universalité : il protège ainsi des aléas de la vie. Si l’on veut maintenir un système où les plus aisés contribuent davantage que les autres, on ne peut restreindre les droits aux plus démunis : il n’aurait plus de légitimité aux yeux de l’ensemble des contributeurs. C’est pour cela, par exemple, que la plus grande partie des allocations familiales est du même montant pour toutes les familles. Leur rôle n’est pas de réduire les inégalités de revenus, mais de soutenir les familles dans leur ensemble. De façon bien plus large, la gratuité de l’école ou le financement des musées et des bibliothèques sont destinés à les rendre plus accessibles et favoriser leur démocratisation. Il faut la préserver.

Tout est question de dosage. Trop de prestations sous conditions de ressources alimentent une critique du système par ceux qui se situent au-delà de ces conditions mais qui ne disposent pas des autres protections dont bénéficient les plus riches. C’est actuellement le cas, par exemple, auprès de catégories qui se situent juste au-dessus du plafond de revenu qui permet de toucher les allocations logement, juste au-dessus du Smic. Une partie de la classe politique pointe du doigt « l’assistanat » des plus démunis, pour tenter de séduire les couches moyennes qui se situent un cran au-dessus… tout en fermant les yeux sur l’ensemble des avantages dont bénéficient les couches aisées.

La critique des différents avantages dont profitent les plus aisés est aujourd’hui de plus en plus fréquemment mise en avant, à droite comme à gauche… sans grand effet. Dans la sphère publique les niches fiscales, coûteuses et inefficaces, sont largement dénoncées mais à peine réduites. Les privilèges dont jouissent les enfants de diplômés à l’école sont connus, mais rien n’est proposé pour transformer réellement le système. Une bourgeoisie culturellement favorisée de droite et de gauche défend son « élitisme républicain » transformé en élitisme social. Au nom de la création, la politique culturelle française (des musées aux conservatoires en passant par l’opéra) se soucie peu de démocratiser le public (voir l’article d’Olivier Donnat « Démocratisation de la culture : fin… et suite ? »). Dans la sphère de l’entreprise aussi les protections et les niveaux de rémunérations démesurés sont aujourd’hui très largement discutés, parfois par les intéressés eux-mêmes… Ainsi, par exemple, Maurice Levy avait revendiqué en août 2011 une plus forte contribution des plus fortunés… Sans que les actionnaires n’interviennent pour remettre en cause les niveaux astronomiques distribués aux dirigeants.

La leçon d’assistanat donné par des couches sociales qui profitent des largesses de l’Etat providence et de l’entreprise bien plus que les autres, qui sont tout autant présents parmi les fraudeurs, est à la fois moralement inacceptable et politiquement risquée. Tout en croyant rassurer la France populaire, celle qui se lève tôt, elle engendre un décalage dévastateur entre les discours et les actes, qui attise un populisme qui ne peut que profiter à l’extrême droite qui l’utilise au mieux.
« Modifié: 17 avril 2012 à 13:10:07 par raja »

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #35 le: 24 juillet 2012 à 12:41:10 »
emblème de l'ump et de wauquiez en particulier et aujourd'hui nouvel emblème du ps...

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Classes moyennes : l'indécence plaintive des privilégiés

Vous avez forcément déjà lu ces billets où des Français témoignent sur un quotidien difficile, tout en émargeant à un salaire tout à fait confortable. Pour notre chroniqueuse Gaëlle-Marie Zimmermann, le témoignage de Cédric L., assistant parlementaire qui gagne un peu plus de 2.000 euros nets par mois, a été la goutte d'eau faisant déborder le vase.

J'écris à chaud, après avoir lu la contribution de Cédric L., intitulée "Assistant d'un député, je gagne 2.032 €/mois : c'est peu vu le travail accompli". Je mentirais en prétendant avoir hésité à réagir. Et là, je n'ai pas envie d'y mettre les formes. Pas envie non plus de jouer avec le format, en emballant mon coup de gueule dans une fausse lettre ouverte. Je n'ai pas envie de rire ni d'être cynique, en fait. Et non : passer mon temps à gueuler, ça ne m'amuse pas plus que ça, contrairement aux apparences.

Mais là, j'ai juste envie de vomir. Et malgré les "Ferme un peu ta gueule connasse/grosse pute/mal baisée/gauchiste de merde/féministe à la manque" qui envahissent par dizaines ma boîte mail depuis quelques semaines (oui, on m'écrit des douceurs, c'est frais, les mecs sont très en forme ces temps-ci), je suis au regret d'annoncer que non, je ne la fermerai pas.

Tout le monde semble envier à l'ouvrier son salaire

L'indignation monte donc depuis un bon moment, et m'étouffe peu à peu. Depuis des mois, je vois la "classe moyenne" se répandre sur Internet, depuis Laetitia et Jérémie, proprios et souvent à découvert avec leurs malheureux 5000 € par mois, jusqu'à ce fameux "foyer type" du "Figaro", superbement décrypté par Eve Gratien, sans oublier le répugnant fac-similé de pauvreté de Marie Marty sur Rue89 Strasbourg.

Et voici venu, cerise sur le gâteau, le temps du concours de celui qui pissera le moins loin sur son bulletin de salaire, grâce à une nouvelle unité de mesure en passe de devenir la dernière mode sur le web : le salaire de l'ouvrier. Salaire auquel n'importe quel salarié confortablement installé dans son bureau pourra comparer ses revenus. Sans jamais se sentir gêné aux entournures.

C'est ainsi qu'on peut lire qu'en gagnant 2.032 € nets mensuels, on est moins bien payé qu'un ouvrier non spécialisé. Et de jongler avec le taux horaire, et de se plaindre de la précarité, et de chouiner sur le manque de considération à certains postes, etc. Ni honte ni honneur, on peut y aller franco.

C'est ainsi également qu'on peut écrire sans rougir qu'avec 5.000 € par mois on ne s'en sort pas bien. Ou qu'on a vécu sans argent pour voir comment ça fait, tout en réglant une facture de 37 € chez le fromager.

Mais bon sang, dans quel monde vivent ces gens ? Quelle est leur conception de la dignité ? Du respect ? Quelle vision du travail ont-ils ? Quelle indécence les pousse à se répandre en crachant sur ceux qui vivent la pauvreté au quotidien, pour de vrai ?

Désolée, la pilule ne passe vraiment pas

Je sais bien qu'on peut m'opposer des arguments qui m'encourageraient à nuancer mon point de vue, pour les exemples que je cite : le nombre d'heures de travail, les conditions, le facteur psychologique, le harcèlement, les charges du foyer, le rapport années d'étude/salaire... Oui, je sais bien qu'on peut tout tempérer, tout expliquer... Pour finalement tout accepter.

Mais désolée, je n'accepte pas. Non, je n'accepte pas que cette classe moyenne (voire supérieure à mes yeux, tant les chiffres énoncés me paraissent énormes) ose se plaindre, quand je sais ce que c'est, concrètement, de crever la dalle en bossant à l'usine. On peut me taxer de mépris de classe, et c'est peut-être vrai, je ne le nie pas : oui, je méprise cette classe privilégiée qui a le culot de se plaindre. C'est plus fort que moi. On peut aussi dire que je me pose en donneuse de leçons, et très franchement, je crois que c'est bien le cas. Je l'assume.

Est-ce parce que, sans me revendiquer d'aucune analyse pseudo-sociologique, je me contente de ressentir les choses telles que je les ai vécues ? Est-ce parce que j'ai été pauvre, ouvrière, interdite bancaire, surendettée, et que j'ai connu l'angoisse de ne pas pouvoir acheter de la bouffe pour mes gosses ? Est-ce parce que tout cela n'a pas été passager pour moi, et que j'ai connu cette situation pendant 15 ans ? Oui, probablement.
 
Tout cela doit jouer, et pas qu'un peu. Mais peut-on réellement me reprocher de n'avoir jamais oublié ? D'avoir encore, quand je vais chercher mon courrier, l'angoisse d'y trouver une lettre de la banque ? D'avoir toujours, au moment de payer mes courses à la caisse du supermarché, le coeur qui s'emballe pendant ces quelques secondes où, après avoir composé mon code de carte bleue, j'attends de voir s'afficher "paiement accepté, retirez la carte" ?

Ceux qui sont vraiment dans le besoin ont souvent la pudeur de ne pas en parler

Peut-on me reprocher, alors que ça ne fait que 3 ans que j'achète de la nourriture "avec du vrai argent que j'ai", de ne pas supporter que les gens à l'abri du besoin se plaignent ?

En fait oui, on peut me reprocher tout ça. Mais autour de moi, il y a pas mal de monde qui a vécu la même chose, c'est un parcours somme toute banal... En 2007, quand j'ai commencé à côtoyer des gens nouveaux, hors de mon univers rural habituel, j'ai découvert qu'un certain nombre de personnes galéraient aussi chaque jour pour ne pas trop tirer le diable par la queue. Et que la vraie pauvreté est une réalité qui se passe de toute plainte, parce j'ai également remarqué que lorsqu'on est au creux de la vague, on n'en parle pas.

On a honte, peut-être, ou alors on est trop englouti par la violence de la trouille pour se sentir capable d'exprimer son angoisse. Finalement, on n'en parle en relevant la tête que quand on s'en est à peu près sorti, et qu'on peut revenir sur tout ça sans (trop) avoir la peur au ventre à l'idée que ça recommence. Et ce silence-là, malheureusement, il laisse la place à des gens qui osent se plaindre de leurs 2000 € nets mensuels.

Parce que si les médias sont friands de témoignages lacrymaux, ils aiment surtout montrer les gens vraiment au plus bas. Pour faire pleurer dans les chaumières, et vendre de la peur. Du coup, les témoins ordinaires, ceux qui ont galéré beaucoup, et s'en sont sortis un peu, ils ne sont pas très intéressants, pour faire du chiffre.

Et puis aussi, quand ça va mieux, et qu'on contemple son frigo rempli en se disant que la semaine prochaine, on aura le droit de retourner au supermarché pour le remplir à nouveau, on n'a plus trop envie de s'appesantir sur les périodes de vaches maigres. On trouverait indécent de revenir dessus, on se dit que si on en parle ou pire, si on rédige une chronique là-dessus, on va se faire allumer la tronche par celles et ceux qui nous trolleront sur le mode : "Alors Cosette, t'as envie de te faire plaindre ?"

Et puis surtout, avouons-le franchement, quand on est, comme moi, quelqu'un qui s'emporte souvent, beaucoup, on sait que chaque gueulante est potentiellement la gueulante de trop. Et que paradoxalement, chaque gueulante est dérisoire. La hiérarchie des causes étant ce qu'elle est, il se trouvera toujours quelqu'un pour me dire de fermer ma gueule, au nom d'une cause supérieure pour laquelle je ne me mobilise pas.

Alors ok avec tout ça, mais ça ne changera rien : cette classe moyenne qui parle de précarité et de salaires insuffisants, j'ai juste envie de lui mettre un bon coup de pied au cul. Oui, et ce malgré la crise-qui-fait-rage-et-les-temps-qui-sont-durs-pour-les-jeunes-ma-pauv'-Lucette. D'ailleurs, en ce qui concerne les jeunes précisément, ce que Monique Dagnaud a appelé "le spleen du super diplômé" : moi, ça ne me tire pas une larme.

Vous voulez vraiment vous comparer à un ouvrier ? Prenez son boulot !

La seule question que je me pose, au sujet de ces super diplômés qui dépriment, c'est : quand leur frigo est vraiment vide et leur compte en banque à sec, qu'est-ce qui les empêche de se retrousser les manches et d'aller s'inscrire en intérim pour faire tous les boulots dégueulasses ultra-pénibles et pour lesquels on ne se bat pas ? Ironie du sort : quand je dis ça, on me traite de sale libérale, alors que je fais simplement la différence entre la complaisance oisive et la nécessité de bouffer. Y compris en faisant des trucs non conformes au contenu de son CV. Juste pour se nourrir.

Et aux classes moyennes qui geignent avec leurs salaires compris entre 2.000 et 5.000 € nets mensuels, et qui osent se comparer à des ouvriers, j'ai envie de poser la question suivante : comment osez-vous ? Comment osez-vous, même en tenant compte de vos années d'études et de votre fameuse division "salaire/taux horaire" (puisque vous semblez bosser 12 heures par jour, pauvres chéris), comparer votre situation à celle des gens qui pointent, 40 années durant, à la chaîne ? Que savez-vous de tout ça ? De ce qu'on vit, de ce qu'on endure, de ce qu'on ressent quand on est ouvrier pour de vrai ?

Oui, que savent-elles, ces classes moyennes, des salaires qui suffisent à peine à nourrir la famille, de ce seuil financier qui fait qu'étant à la limite de tout, la moindre tuile précipitera une famille au Smic dans la plus sèche pauvreté ? Et tout ça sans portable, sans écran plat dans le salon, et sans vacances à la mer bien sûr. Que savent-elles de ce qu'on ressent quand les mômes demandent si on peut aller tous ensemble à la piscine, et qu'on cherche une excuse parce que les 15 € des 4 entrées, on ne les a pas ?

Que savent-elles des gens qui rognent sur tout, qui coupent eux-mêmes leurs cheveux sans passer par la case coiffeur parce que le coiffeur c'est un luxe, qui jamais ne pourraient se faire livrer une pizza et qui ne savent pas comment payer leurs factures ?

Les pauvres s'en sortent sans faire de vagues

Vraiment, que savent-elles, les classes moyennes plaintives, de ces gens qui positivent bien plus qu'elles, avec dignité, car eux au moins ont la décence de se dire que même sans un rond, il n'y a pas de quoi geindre parce qu'ils ont une famille, un toit sur la tête et qu'il y a des gens dans la rue qui sont carrément plus dans la merde ?

Pourtant, leur taux d'endettement grimpe, aux pauvres, et ils ne bouclent pas leurs fins de mois. Et leurs opérations bancaires de base (prélèvement EDF, etc) arrivent souvent sur un dépassement de découvert, même avant le 15 du mois : ils sont donc surfacturés par la banque en "commission d'intervention". Presque 10 euros chacune.

Et quand ils font leurs courses, une fois tous les 15 jours à ED en faisant bien gaffe de pas déconner, ils savent que l'opération débitrice du paiement en caisse leur surfacturée aussi. Le banquier attend juste que le salaire arrive pour ponctionner les frais. Ça peut vite atteindre 200 euros mensuels. Les frais bancaires forment alors une spirale qui compose une ligne budgétaire nouvelle et prépondérante dans les dépenses. Et il y a les opérations rejetées aussi, tout un poème.

Alors ils triment, les pauvres, loin des classes moyennes qui pleurnichent, et ils engraissent les banquiers, en intérêts, en frais... Pris à la gorge, ils se disent qu'ils n'ont pas vraiment d'avenir, et se mettent à rêver d'un monde aux couleurs de la classe moyenne, où ils pourraient bouffer et dormir en paix, parce que dans ce genre de situations, l'insomnie est un peu leur meilleure copine.

Et quand vient le moment où les pauvres s'en sortent mieux, ils savent qu'ils vivront dans l'angoisse que ça recommence, parce qu'ils sont passés à deux doigts de la faillite totale. Mais une fois tirés d'affaire, ça ne leur viendrait pas à l'idée de se plaindre. Ils retrouvent tout simplement le sourire, et ils apprécient à sa juste valeur le bonheur d'avoir de quoi vivre décemment.

Jusqu'au jour où ils lisent des témoignages de la classe moyenne qui pleure. Là, ils ne sourient plus. Ils mordent. Dans le vide, mais ils mordent.

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #36 le: 24 juillet 2012 à 14:07:08 »
Excellent article, Raja, Merci  :merci: :merci: Je partage grandement le coup de gueule de MG Zimmerman !

Et par la même occasion, cela m'a donné l'occasion de lire un peu plus attentivement l'article de l'observatoire des inégalités que tu as posté juste au-dessus :
c'est salutaire même si ça fout vraiment en pétard  :fache1: :fache1: :fache1:
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #37 le: 25 juillet 2012 à 14:36:12 »
Au début, je comprenais le coup de gueule de la chroniqueuse, tout en gardant à l'esprit que certaines personnes comme le couple à 5000 euros par mois, voient midi à leur porte, étant donné qu'ils n'ont rien connu d'autre.

Mais j'ai lu les deux témoignages dont elle parle (assistant parlementaire) et j'ai testé la vie de famille sans argent, et là je comprends fortement son envie de tout casser.

 témoignage de l'assistant parlementaire qui "rapporté au taux horaire, je gagne moins qu'un ouvrier non qualité" sachant que pour cela il faudrait qu'il bosse plus de 70 heures par semaine (ben oui SMIC 35 heures 1000 euros net), sans compter le déjeuner et autres (parce que l'ouvrier lui, son déjeuner n'est pas compté dans ses heures), ni le transport...
Je l'ai fait un peu, 70 heures par semaine, on ne peut pas bosser beaucoup plus. En tout cas en ayant l'impression de faire du vrai travail.
Et le pire, le coup de "j'ai demandé une augmentation, je vais être payé 3500 euros dans quelques semaines".
Et là, on se sent loin de l'ouvrier tout d'un coup... Parce que l'ouvrier, lui, s'il réussit à être augmenté de 200 euros sur 40 ans, ça sera byzance...
Sans compter la différence dans les possibilité d'évolution de carrière. Maintenant, malheureusement, quand on est en bas de l'échelle, les possibilités d'évolution n'existent quasiment plus, sauf à changer de métier.

Et pour le j'ai testé la vie sans argent, voilà http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2012/07/17/blogs/jai-teste-la-vie-de-famille-sans-argent/ je n'en parle pas, lisez le, ou plutôt, ne le lisez pas.  :gene: Ca peut rendre fou quelqu'un qui n'a vraiment pas d'argent.  :merci: :merci:

Quand je vois les réactions sur l'article, je crois que les gens ne comprennent pas que ce n'est pas la réflexion sur les conditions de travail ou sur le fait que les salaires en France sont trop bas en général que la chroniqueuse critique, mais bien le ton je pense des articles en question où parfois on peut avoir l'impression que la personne ne se rend pas compte qu'elle n'est pas si à plaindre que ça. Je pense que c'est plus les petites phrase du style " je gagne moins qu'un ouvrier non qualifié" ou "j'ai une migraine, hop je vais chez le fromager", qui peuvent susciter des réactions violentes.
« Modifié: 25 juillet 2012 à 14:46:29 par Val »

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #38 le: 25 juillet 2012 à 15:36:30 »
C'est juste immonde ton lien Val  8/
Il y a des coup de pieds au c** qui se perdent...  :aille:
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #39 le: 25 juillet 2012 à 17:41:27 »
J'avoue que je n'ai pas de réactions aussi violente mais c'est probablement que je n'ai jamais été vraiment pauvre pendant longtemps et sans aucun espoir d'en sortir. J'ai été dans la merde, certes, mais j'avais une famille pour m'aider. je n'ai jamais été confortable depuis que je gagne ma vie, mais je n'ai pas de famille qui dépend de moi donc ça change la pression.

Alors je ne pense pas que la personne pense à mal, mais je pense que ce genre d'article peut rendre fou.  :merci: :merci:

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #40 le: 25 juillet 2012 à 20:51:57 »
Je n'ai jamais été dans une situation dramatique non plus, mais j'ai des amies qui... Et avec famille à nourrir, sinon, c'est pas drôle bien sur... Je ne pense pas que l'amie en question peterait un cable, elle serait blasée surtout. Comme dit plus haut (dans l'article) ce sont souvent ceux qui souffrent le plus qui gardent le plus de dignité.
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #41 le: 26 juillet 2012 à 12:00:37 »
vie ma vie de gueux, le nouvel exotisme du riche, j'ai envie de la baffer :fache1: :fache1:

elle a écrit un mea culpa :taistoi:


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Une semaine sans « dépenses » : mea culpa

Huit jours à lire les réactions musclées suite à la publication de mon billet précédent m’ont conduite à ce mea culpa. Effectivement, je n’ai pas passé « une semaine sans argent ». Je n’ai pas non plus essayé de ressentir la détresse des plus pauvres. Le propos était tout autre : j’ai tenté de ne pas dépenser d’argent, de ne pas « consommer » de biens ou de denrées pendant une semaine, dans une optique d’économies et d’écologie.

C’est avec incompréhension que j’ai d’abord accueilli les réactions au billet du blog « Mariée, deux enfants », publié la semaine dernière. Son titre : « J’ai testé la vie (de famille) sans argent« . Après réflexion, si j’ai voulu ce titre (une reprise du titre de Terra Eco), je me rends compte que je suis tombée à côté. « J’ai testé la vie de famille sans dépenses » ou « Comment j’ai échoué à ne pas dépenser d’argent pendant une semaine » auraient été plus justes. Car il était évident (et pour moi et pour mon relecteur), à tort sans doute, qu’il n’était pas question à travers cette expérience de « faire semblant d’être pauvre » ou d’  »humilier » les plus démunis en me mettant à leur place, comme j’ai pu le lire, sidérée, dans certains commentaires !

Mon propos était pourtant expliqué à différents niveaux du billet. Je souhaitais d’abord identifier mes habitudes de consommation, avec un constat : que dans ma vie de tous les jours, de femme et mère urbaine issue des classes moyennes, ne pas dépenser d’argent au quotidien, même des petites sommes, demande pas mal d’organisation. Et notamment parce que dans mon métier, le restaurant à midi est fréquent, les rendez-vous professionnels se prennent aux terrasses des cafés, les petits achats en ville sont fréquents.

Il s’agissait ensuite de changer mes habitudes. Et c’est là que l’expérience est devenue « enthousiasmante » pour moi. Je conçois que ce mot ait pu choquer des lecteurs, surtout s’ils ont en tête l’idée que je me mets à la place d’une personne démunie ! J’ai cuisiné, j’ai combiné de nouveaux produits, je me suis promenée, j’ai réfléchi sur mes pratiques… Autant de moments riches qu’avec un billet de 5 ou 10€ en poche, on ne prend pas toujours le temps de vivre. Mon « effort », certes minime pour beaucoup, était avant tout enfin une démarche politique (consommer moins pour polluer moins), mais également personnelle (consommer moins pour adapter mes habitudes à des revenus en baisse). Il n’a pas été compris et j’en porte une part de responsabilité. Mea culpa donc.

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #42 le: 26 juillet 2012 à 12:21:48 »
Honnêtement, moi non. Je veux dire "je n'ai pas envie de la baffer", parce que je pense qu'elle est sincère. Et même si clairement ce qu'elle dit peut heurter, je n'ai pas ressenti chez elle de mépris de classe comme j'ai pu en ressentir dans d'autres articles.
Alors, les gens qui sont complètement à l'ouest, ça existe et on vient d'en avoir une preuve.
On peut leur en vouloir, ou pas.
J'avoue que certaines choses m'ont énervé sur le coup mais pas autant que d'autres choses du même tonneau que j'ai pu lire.

Par contre, que son relecteur n'ait pas vu le problème, ça, c'est grave. Qui est son relecteur, et s'il appartient à rue89, là c'est une faute.  :merci: :merci:

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #43 le: 23 août 2012 à 11:59:29 »
quand certains riches peuvent dormir tranquilles, certains pauvres eux ont des alternatives bien triste.

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Ils braquent deux boulangeries pour nourrir leurs enfants

Deux boulangeries dans la Somme ont été victimes toutes les deux de braquages ce week-end. Les auteurs ont été interpellés lundi et jugés hier. Samedi 18 août, Rudy (31 ans) et son amie (32 ans), deux habitants d'Incheville, s'arrêtent devant la boulangerie de M. Lecat, à Hangest-sur-Somme, entre Abbeville et Amiens. Rudy descend seul, une cagoule Spider-Man sur le visage et des chaussettes en guise de gants. Il entre dans le magasin, voit que la commerçante part chercher son mari dans l'arrière-boutique. Ce dernier s'est saisi d'une batte de base-ball. Inutile : Rudy a préféré prendre ses jambes à son cou, plutôt que de persévérer dans son vol.
Une cagoule Spider-Man sur le visage, il prend la fuite

Le lendemain, à Friville-Escarbotin, dans le Vimeu, vers 18 h 30, les deux Inchevillois font de nouveau un arrêt devant une boulangerie. Cette fois-ci, il s'agit de La Grigne, rue Henri-Barbusse. L'employée de ce commerce, Mme Sueur, qui se trouvait alors dans l'arrière-cuisine, était seule dans la boutique. «Quand je suis arrivée, il était déjà derrière la caisse », explique-t-elle, «Il m'a ordonné de la lui ouvrir, tout en faisait semblant d'avoir une arme dans la poche de sa veste. Je lui ai dit que je l'avais reconnu. C'était faux évidement. » Ce qui a pour le moins surpris et paniqué Rudy. Loin de se démonter, la victime en a profité pour vérifier que le braqueur n'avait pas d'arme avec lui. C'est alors que Rudy, pour le moins désarmé, décide de prendre la fuite. « Il n'a pas eu le temps de trouver comment ouvrir la caisse. Il n'était pas violent, il avait visiblement peur. »

Le couple comparaissait hier devant le juge à Amiens pour tentative de vol aggravé. « C'est un couple en grande détresse », assure leur avocate, Me Djamila Berriah. «Ils ne touchaient que 200 € par mois de RSA pour nourrir leurs deux filles âgées de 22 mois. » L'avocate de la défense précise : «Mes clients étaient plus effrayés que leurs victimes. C'étaient des braquages de débutants. Ils étaient effondrés à l'audience. Ils ont reconnu que tout s'est fait sur un coup de tête. À tel point qu'au deuxième braquage leurs enfants étaient dans la voiture avec leur mère qui attendait », précise l'avocate.

Rudy, déjà condamné à 5 reprises pour d'autres faits, écope de 6 mois de prison ferme, sans mandat de dépôt. Quant à son amie, pour qui il s'agit d'une première condamnation, ce sera six mois de sursis.

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #44 le: 23 août 2012 à 12:43:23 »
Quelle tristesse que puisse exister une telle détresse en france  :bombe: :bombe: :bombe: Croyez-vous que les riches puissent ne pas se rendre compte qu'ils sont assis sur une bombe allumée  :triste1:
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #45 le: 10 septembre 2012 à 10:55:26 »
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Des pauvres plus nombreux, des riches plus riches
 
500 000 pauvres de plus en un an. Selon les derniers chiffres de l'INSEE, la pauvreté et les inégalités ont fortement progressé en France en 2010. La crise n'explique pas tout, car le problème est aussi dû à une protection sociale qui ne protège pas assez ceux qui en ont besoin…

On s’en doutait, mais la réalité est encore pire que ce que l’on craignait : la pauvreté et les inégalités ont fortement progressé en 2010. Selon l’Insee, qui vient de publier les premiers chiffres, le nombre de personnes en situation de pauvreté en France a progressé de près de 500 000 en un an, et de plus de 800 000 en deux ans. Désormais 14,1 % de la population française dispose d’un niveau de vie[1] inférieur au seuil de pauvreté (964 euros par mois, contre 968 euros en 2009), alors que, en 2008 ; ce n’était le cas que de 13 % de la population.

Certes, la crise a frappé, et fortement. Mais elle a bon dos, si l’on ose dire, car elle n’explique pas tout. Le taux de pauvreté des chômeurs a effectivement augmenté, mais moins qu’on pourrait le croire : il s’établit désormais à 36,4 % ( !) contre  35,8 % en 2008. Un chiffre énorme – nettement plus d’un tiers des personnes concernées -, mais qui progresse de 0,6 point en deux ans, contre une progression de 1,1 point du taux de pauvreté général. En réalité, les sinistrés de la pauvreté sont principalement les inactifs autres que les retraités ou les étudiants (le taux de pauvreté passe de 29,3 % à 32,2 % entre 2008 et 2010, soit 2,9 points supplémentaires) et les enfants de moins de 18 ans (leur taux de pauvreté passe de 17,3 % à 19,6 %). Chez les étudiants, le taux de pauvreté progresse également sensiblement, passant de 18,1 % à 19,4 %, mais ces chiffres ne tiennent pas compte des aides familiales éventuelles.

Le visage de la pauvreté de masse se dessine ainsi nettement : il s’agit pour une part croissante de familles monoparentales (lorsque le parent isolé ne travaille pas, le taux de pauvreté explose à près de 80 %, ce qui explique la proportion élevée – et croissante - d’enfants touchés par la pauvreté), d’inactifs et de chômeurs. Certes, ces trois catégories (qui se recoupent partiellement) ont sans doute vu leur sort se dégrader du fait de la crise, en raison de l’absence d’embauches, des licenciements et de la réduction des emplois temporaires. Mais, pour elles, ce sont aussi les prestations sociales qui se révèlent fortement insuffisantes : le moindre incident économique les précipite alors dans la pauvreté ou aggrave cette dernière. Pour dire les choses brièvement, la protection sociale ne les protège pas, ou pas assez, pour qu’elles puissent faire face. Au cours de ces dernières années, la tendance dominante a été d’accuser « l’assistanat » de tous les maux : l’aide sociale, disait-on, inciterait les gens à ne rien faire au lieu de chercher à se former et à travailler. Les personnes assistées seraient le cancer de la société, des profiteurs suçant le sang des honnêtes travailleurs. L’urgence aurait été de travailler plus, et pour cela tous les moyens ont été jugés bons, certains évoquant même la contrainte.

En période « normale », déjà, cette idéologie était contestable, aussi bien moralement qu’économiquement : comme si, par exemple, le fait de ne pas disposer de quoi faire garder ses enfants n’expliquait pas une partie du « non-travail » des chefs de familles monoparentales. Mais en période de crise, elle devient criminelle : quand l’emploi se dérobe, il faut être aveugle pour avancer que c’est par calcul ou par fainéantise que l’on ne travaille pas, et il faut être pervers pour préconiser une réduction des aides sociales. 

Hélas, les chiffres de l’Insee dévoilent aussi une autre face de la réalité : la très forte progression des inégalités. En 2002, le cinquième le plus pauvre de la population percevait 9,3 % du niveau de vie total. Il en perçoit désormais 8,7 %, soit 0,6 point de moins, ce qui représente environ 6 milliards de moins que ce qu’il aurait perçu si la répartition des revenus ne s’était pas déformée à son détriment. Pendant ce temps, dans le cinquième le plus riche, c’est l’inverse qui s’est produit : de 37,7 %, sa part dans le revenu total est passée à 39 %, soit 1,3 points de plus, donc un gain supplémentaire d’environ 12 milliards issu de la déformation de la répartition des revenus à son avantage. Et l’on entend ces pauvres privilégiés hurler à l’oppression fiscale parce que l’Etat viendrait leur reprendre une part de ce surplus ? De qui se moque-t-on ?

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #46 le: 14 septembre 2012 à 14:33:16 »
Avec ce genre de chiffres, qu'on ne vienne pas m'expliquer que la France est un pays "quasi en faillite" "qui va mourir bientôt" et qu'il faut "faire des économies".... :rougefache: :rougefache: :rougefache:
L'argent est là, il n'est juste pas dans les bonnes poches.  tresfache tresfache

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #47 le: 25 septembre 2012 à 17:55:28 »
Lois Sécher, emprisonné à tort durant sept ans pour viol sur adolescente et blanchi par la justice, va toucher une indemnité d'un peu moins de 800 000 euros. Une somme qui paraît importante à première vue, mais qui intervient en réparation d'une erreur judiciaire dont les conséquences sont très difficiles à calculer.

Cependant, pour rappel :en 2008, le tribunal arbitral de monsieur Sarkozy et madame Lagarde a généreusement octroyé à monsieur Tapie, et contre l'avis de la justice républicaine, la somme de 285 000 millions d'euros, dont 45 millions pour le seul "préjudice moral".

"France d'en haut..." etc.

Quant à ceux qui pourraient être tentés de m'objecter qu'il n'y a aucun rapport, je leur répondrai : tu m'étonnes !
« Modifié: 25 septembre 2012 à 18:00:05 par timbur »
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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #48 le: 27 septembre 2012 à 19:05:19 »
Si si. Bravo timbur.  :merci: Vraiment.  :super: :super: :super:

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Re : France d'en haut / France d'en bas
« Réponse #49 le: 25 novembre 2012 à 13:23:43 »
pauvres riches, je vais lâcher une petite larme pour eux.

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Pierre Kosciusko-Morizet, les juifs et les riches : la comparaison de trop ?


 "Le Monde" consacre une passionnante enquête à la situation des riches dans la France de François Hollande. On savait que certains riches avaient en travers de la gorge une oppression fiscale, réelle ou supposée, de la gauche. Cela valait-il une incroyable sortie de Pierre Kosciusko-Morizet, PDG du site Price Minister ?

Les riches souffrent. Et ils pleurent. C'est ce que l'on découvre en lisant une enquête du "Monde" consacrée à cette étrange caste. Ils se sentent persécutés, traqués, débusqués par l’État socialiste français dirigé par François Hollande. Les riches ont des bleus à l'âme. Et chacun d'entre eux s'efforce de convaincre de son malheur.

"Je suis pour le partage des richesses, mais il y a des limites" dit l'un, qui vit entre New York et Paris.  "Si je veux me payer une Porsche, je peux la garer dans la rue sans qu'elle soit abîmée ou qu'on me traite de voyou ; ce n'est pas le cas en France" dit l'autre qui s'est réfugié à Genève. "On reproche aux gens qui héritent d'avoir de la chance. C'est de la jalousie", dit le troisième, qui a fait fortune grâce à la bulle Internet.

Pierre Bergé détonne dans ce concert hallucinant, mais il parait bien isolé : "Que tous ces gens se sentent mal aimés n'a aucune importance. S'il y a hostilité, c'est celle des riches d'aujourd'hui envers la France. Je déteste cette position : 'On est trop taxés, on ne nous aime pas !' C'est réactionnaire, très moderne. Moi, j'ai toujours trouvé normal de participer à l'effort collectif."

Tous ces riches parlent d'exil doré, de la bienveillance de pays étrangers plus favorables à leur fiscalité, de leurs intérêts bornés au nombre de zéros figurant sur leurs comptes bancaires, de leur détresse de ne pouvoir accumuler plus, encore et encore... Et de songer, en lisant ces déclarations, à la définition de la bourgeoisie française donnée par Marc Bloch dans "L’Étrange Défaite", lorsqu'il étudiait les ravages moraux causés par cette caste a-patriote qui préférait des régimes étrangers autoritaires au Front populaire guidé par Léon Blum.

Rien de nouveau sous le soleil de la bourgeoisie française.

Et puis, perdue au milieu du développement, on tombe sur une petite phrase, qui n'est ni soulignée, ni mise en relief. Et c'est bien dommage, tant elle en dit long sur l'état d'esprit de certains de ces gens-là. C'est un propos tenu par Pierre Kosciuko-Morizet, frère de l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, et qui a amassé 40 millions d'euros en revendant un site internet, en pleine expansion de cette bulle internet qui s'est avérée être un mirage dont certains, comme lui, ont su habilement profiter.

Très remonté par le sort fait, selon lui, par la présidence Hollande aux riches de France, il décrète : "À un moment on a cherché les juifs, maintenant on cherche les riches."

En lisant cette petite phrase, le lecteur est un instant pétrifié. Il la relit donc, en espérant avoir mal lu, mal compris, mal interprété... Ce n'est pas possible, il doit y avoir quelque chose qui ne va pas... Mais non, la petite phrase s'impose : "À un moment on a cherché les juifs, maintenant on cherche les riches."

Qu'ajouter à cette lecture en guise de commentaire ? Après réflexion, longue réflexion même, on finit par conclure qu'il n'est pas nécessaire d'en rajouter. Compte tenu de tout ce qui est cause, on se sait que dire, ni par où commencer, ni par quoi finir... Tout bien considéré, le mieux est d'estimer que cette phrase se qualifie d'elle-même.

On se contentera donc ici de la mettre en relief afin que l'on sache qu'une telle sentence a bel et bien été prononcée, en toute connaissance de cause, en toute lucidité, en toute conscience, et on s'en tiendra là.

Chacun appréciera selon les vues qui sont les siennes. Puisque Pierre Kosciusko-Morizet rapporte l'indicible à la mesure de ses millions d'euros, restons dans l'indicible. C'est mieux comme ça.

PS : un compte Twitter censé être celui de l’intéressé dément les propos rapportés par "Le Monde". À suivre.