Auteur Sujet: Sarkozy et l'éducation  (Lu 3608 fois)

Hors ligne Le sang coule

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5919
  • ANTICAPITALISTE ANTIFASCISTE
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #50 le: 19 novembre 2011 à 14:45:46 »
Citer
Education : l'UMP prépare une école de malheur
Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 18/11/2011 à 01h08


Les trente propositions de l'UMP publiées dans un document intitulé « Du savoir pour tous à la réussite de chacun » définissent le projet d'une autre école... une école de malheur.

Ce texte tissé de mensonges et d'incompétences manifestes réalise en outre un détournement du lexique historique de la pédagogie émancipatrice, celle que le néolibéralisme s'est donné pour mission de détruire à jamais.

Une destruction programmée de l'école...

Ecole du malheur, en effet, car ce que l'on savait déjà, exprimé par bribes, est ici exposé sans la moindre précaution ni tergiversation : le projet de cette droite bêtement mais dangereusement autoritaire est de détruire l'école pour la remplacer par une entreprise.

Une entreprise productrice de « ressources humaines ». Ces ressources humaines dont la gestion tient lieu de culture à un ministre qui ne peut ouvrir la bouche sans proférer un mensonge.

Tout est là : le chef d'établissement qui devient chef d'entreprise (proposition 10) et à ce titre gestionnaire des ressources humaines, ce qui signifie qu'il embauche les enseignants dont le profil correspond à son projet d'établissement et qu'il les licencie quand ils ne correspondent plus. Mais quel est donc ce projet d'établissement ?

Il est défini par un « contrat d'objectifs passé avec le directeur de l'école » (proposition 4). Mais quel peut bien être le contenu de ce contrat ? Il est tout entier dans ceci :

    « Il faut que soient rendues publiques les évaluations bilans de CE1, CM2, cinquième comme les résultats du diplôme national du brevet en fin de troisième, afin de montrer la valeur ajoutée de chaque école et de chaque collège, à l'exemple des indicateurs de résultats des lycées. »

... pour en faire une entreprise

Voici donc l'école-entreprise dans toute sa splendeur compétitive (valeur ajoutée, n'est-ce pas ? ) décrite en outre, dans la même proposition 4, en termes d'efficacité, de performance, d'évaluations incessantes jusqu'en maternelle.

Car le ministre ment évidemment quand il affirme qu'il n'a jamais été question d'évaluation en maternelle (Le Monde, 19 octobre) alors que la brochure publiée sur le site du ministère et datée du 12 mars 2010 s'intitule « Aide à l'évaluation des acquis des élèves en fin d'école maternelle ».

Comme il ment quand il dit qu'il s'agit seulement de « repérage ». Et on ne manquera pas d'apprécier le terme dont le champ sémantique a plus à voir avec le maintien de l'ordre et la ségrégation qu'avec l'éducation.

Et ils mentent, le ministre et ses comparses, quand ils emploient les termes « jardin » et « éveil » soustraits sans scrupules à l'histoire de la pédagogie active pour désigner des garderies « implantées (sic) dans des locaux communaux » qui, à l'encontre de la notion même d'éveil, doivent « préparer à la maternelle ».

Quant aux jardiniers de ces jardins ce seront des personnels « qualifiés petite enfance » car comme dit un jour le ministre précédent, nul besoin d'un master pour changer des couches-culottes. Tel est le niveau de ces gens-là, telle est leur conception de l'éducation.

Le cynisme des dénominations mensongères


Mais le cynisme ne s'arrête pas là car il faut « rendre l'assiduité obligatoire pour les élèves inscrits à l'école maternelle » (proposition 2) alors qu'il est bien précisé que la maternelle n'est pas obligatoire et que ces gens-là « sont pour la liberté, pour le choix des familles » car il est en effet des familles qui peuvent se passer de maternelle, qui peuvent user de gouvernantes et de précepteurs.

Le cynisme est encore dans ces dénominations mensongères en ceci qu'elles se réfèrent à des lieux d'excellence pour désigner des lieux de relégation ainsi ces « Prépa-pro » (prépa, n'est-ce pas ? ) ou ces classes « métiers-études » (comme sport-études bien sûr) et qui seraient « des classes d'ouverture et d'expression des talents », des talents (talents, n'est-ce pas ? )

Ecole de malheur pour enseignants et parents

On n'en finit pas de relever dans ce programme les constituants de cette école de malheur pour les enfants d'abord, mais aussi pour les enseignants qui auraient bien intérêt à lire ce programme dans le détail : ils sont traités là comme les simples exécutants d'un « projet » (encore un mot volé et non des moindres) venu d'en haut, soumis à l'autorité d'un cheffaillon « formé à la GRH » (mais pas à la pédagogie ? ) qui les évaluera sous le regard d'un inspecteur d'académie (proposition 15) lequel etc.

École de malheur pour les parents auxquels on prétend vouloir ouvrir l'école, comme si on les avait attendus, ces gens-là, pour penser aux parents alors qu'il n'y a pas un projet expérimental, dont les tiroirs du ministère sont pleins, qui n'affirme cette nécessité. Mais pourquoi nos gestionnaires de ressources humaines souhaitent-ils soudain inviter les parents à l'école ?

Pour, à l'aide d'une mallette, la « mallette des parents », leur apprendre le « métier de parent ». Car pour eux, être parent est un métier, et il ne sont même pas conscients, ce faisant, de la monstruosité qu'ils profèrent. Car ce n'est pas seulement de l'école qu'ils veulent faire une entreprise mais de la société toute entière.

Mais il y a pire, car non seulement ils veulent faire un métier de ce qui devrait toujours être un pur acte d'amour mais, selon l'expression de Guéant qui en devient alors un sinistre personnage, « un métier de parent d'élève à la française » (Proposition 7 : à la française, n'est-ce pas ? ).

Et l'on suppose que les parangons de ces « parents à la française » ce sont eux, les sieurs Guéant, Chatel et consort. Parents à la française ! Comment peut-on être si stupides à moins que ce ne soit si cyniques ou, plus vraisemblablement, si... bêtes ?

Pour couronner le tout, j'entends ce matin que le sieur Fillon verrait bien les enfants de nos écoles en uniforme, comme cela se fait ici ou là, en ces pays qui sont des modèles pour nos réactionnaires. Non seulement bêtes, ces gens-là, mais dangereux.


Source

J'ai cliqué sur le lien, je reviendrai surement posté quand j'aurai lu le docu :berk1:.
Aboutd'nerf-iste

Hors ligne raja

  • Administrateur
  • Pata Citoyen
  • *****
  • Messages: 28596
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #51 le: 19 novembre 2011 à 15:52:15 »
l'école-entreprise tout est là et ça depuis le début de l’ère sarkozyste :pasdrole:

Hors ligne Val

  • Administrateur
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 19218
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #52 le: 20 novembre 2011 à 13:35:44 »
Wow.  :( :( Au secours, quelqu'un ? Batman, superman, machin, bref, qui veut se dévouer, y a du travail pour mettre des "méchants" hors d'état de nuire...  :( :(
Les pauvres parents, sérieusement...  :( :( les pauvres enfants, les pauvres enseignants.  :(
Je suis en train de reconsidérer la question d'avoir des enfants, si c'est pour les exposer à CA.  :pleur4: :pleur4: :pleur4:

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #53 le: 20 novembre 2011 à 14:26:38 »
Savez-vous ce que fait en ce moment le recteur de mon académie (je ne dirai pas laquelle, omerta oblige)? Il se déplace dans les établissements qui ont accepté le projet Eclair (ce fameux projet pionnier qui donne presque tout pouvoir au chef d'établissement pour recruter, où les enseignants récalcitrants subissent systématiquement une remise en cause s'ils ont des problèmes avec des élèves et qui seront les premiers établissements où le chef notera pour 70% les profs -essentiellement des précaires- contre 30% l'inspecteur, ce que Mediapart appelle "le bonapartisme scolaire")?

Il vient en personne dans les murs distribuer les palmes académiques aux proviseurs et à leurs adjoints...

Propagande et carottes en vue de l'élection prochaine.  :mrgreen:

Le pire est que ce recteur lui-même n'y croit pas. Je le sais par mon syndicat: il a déclaré que bientôt on en arrivera à recruter des profs de français chez les Indiens...
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #54 le: 25 novembre 2011 à 21:15:33 »
Gel des promotions des enseignants. Leur notation reposera sur le jugement du chef d'établissement.

Je viens de l'apprendre par mon syndicat. C'est tout récent et le décret n'est pas encore paru. Les promotions sont gelées jusqu'en 2015! Tous les profs progresseront "à l'ancienneté", c'est-à-dire au rythme le plus lent, histoire de faire des économies.
Ainsi trinquent les citoyens pour réparer les erreurs d'un gouvernement qui non seulement n'a rien fait pour éviter la crise, mais l'a accélérée par une politique délibérément ultra-libérale...  :fache1:

Ce n'est pas tout: la fameuse idée de noter les enseignants par le chef d'établissement au cours d'un entretien annuel en ne tenant compte que pour un tiers de l'avis de l'inspecteur, a été décidé. Chatel avait fait semblant de revenir là-dessus pour fermer le bec aux syndicats. Du coup, les syndicats ont déposé un préavis de grève pour le 15/12.

On voit clairement les bobards de cette bande de liquidateurs:
1) on déclare à grand fracas que les enseignants seront payés au mérite, mais on gèle leurs promotions "au grand choix" et "au choix" autrement dit... les promotions au mérite, qui dépendent de la note donnée par l'inspecteur.
2) on va donner quasi tout pouvoir pour juger un prof à des chefs d'établissement incompétents à juger de la didactique de telle ou telle discipline, compétence qui relève de l'inspecteur.
Il est clair que le mérite ne sera jugé qu'en fonction de l'empressement à faire de la lèche et à obéir au chef, quelles que soient ses lubies et ses travers, conformément à la sacro-sainte idéologie ultralibérale inspirée du monde de l'entreprise. Mais puisque les promotions sont bloquées, où est la carotte? Dans l'acceptation soumise des heures supp?!

Débile et malhonnête, cette décision est une m*** de plus dans le paysage $arkozyste!  :berk2:

Outre le fait qu'il est parfaitement crétin de changer les règles d'un jeu qui risque d'être rechangé dans quelques mois...
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne reveillonsnous

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 5823
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #55 le: 26 novembre 2011 à 00:45:14 »
"on déclare à grand fracas que les enseignants seront payés au mérite"

Voui, voui, il l'a dit !!! .....
Il prouve juste à présent la nature de ce qu'il entendait par "mérite".....
Tous les gens s'avéraient encore trop cons quand ils pensaient qu'il s'agissait de mérite "aux résultats pédagogiques" ..... et qu'ils le refusaient non pour la question d'être évalués sur leurs mérites de pédagogues, mais sur le fait que cela impliquait probablement une sélection des élèves à l'entrée !!!!

Non, non, c'était pire en fait........ Le mérite se méritera à l'efficience : le résultat aux examens finaux par rapport au budget engagé par tête et par heure !

Cool ...... Je sais de plus en plus pourquoi j'ai choisi de ne pas "rentabiliser" mes diplômes supérieurs en management de la formation et de l'éducation  :pleur4: :pleur4:....... enfin plutôt  :grrr: :fache1:
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
Warren Buffett

"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
Theodore Monod

Hors ligne Val

  • Administrateur
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 19218
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #56 le: 26 novembre 2011 à 06:36:22 »
Citation de: sarkonique
Outre le fait qu'il est parfaitement crétin de changer les règles d'un jeu qui risque d'être rechangé dans quelques mois...
Pas forcément... Ils veulent détruire le plus possible avant la fin du mandat.
Montrer aux "marchés" qu'ils sont capables de faire des "économies".  :rougefache:
Et puis...dans le cas merdique où ils seraient ré-élus, toujours ça de moins à faire...

Citation de: réveillonsnous
le résultat aux examens finaux par rapport au budget engagé par tête et par heure !
Oui, c'est ça. Bétail, bétail, quand tu nous tiens...
Même à l'INRA on ne doit pas faire des budgets par tête de bétail et par heure...  :grrr:
« Modifié: 26 novembre 2011 à 15:18:40 par Val »

Hors ligne Lady Marwina

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 7362
  • Le Chwanana est Grand
    • Avanti-populo.com
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #57 le: 26 novembre 2011 à 13:39:38 »
Je ne pense pas que le PS aura le courage de revenir sur toute la casse de l'éducation (et du reste). Sur certaines choses, oui... Mais, par exemple, quand Hollande annonce 60000 postes, c'est à nombre de fonctionnaires constant: en d'autres termes plus de profs ici ce sera moins d'autre chose ailleurs.

C'est donc très logique qu'ils y aillent à fond en fin de mandat, ils savent que ce sont leurs dernières mesures et que la plupart seront conservées.
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #58 le: 26 novembre 2011 à 18:46:48 »
Je ne sais trop comment Hollande s'y prendra et je sais que les enseignants sont pour le PS un électorat à flatter dans le sens du poil, comme l'Ump flatte les patrons et les richards. Quand je pense aux projets d'Allègre, ministre de Jospin, époque à laquelle on parlait déjà de renforcer le pouvoir du chef d'établissement en autonomisant les établissements, je ne me fais guère d'illusion...
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne Lady Marwina

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 7362
  • Le Chwanana est Grand
    • Avanti-populo.com
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #59 le: 27 novembre 2011 à 11:03:05 »
Je me rappelle bien de cette époque "Allégements Allègre ment", c'est ce qu'il y avait sur nos panneaux. Effectivement, c'était pas vraiment le top...
Après il y a eu Mélenchon, je crois, mais je n'étais pas suffisamment a fond dans la politique pour surveiller ses agissements, comme il n'y a pas eu de manifs contre ses réformes je serais incapable de dire ce qu'il a fait. C'est d'ailleurs assez terrible de se dire qu'a priori on ne se rappelle pas des bilans de ceux qui apportaient une satisfaction suffisante pour ne pas soulever la verve populaire.
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

Hors ligne sarkome

  • Smart Citoyen Incurable
  • Messages: 10521
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #60 le: 27 novembre 2011 à 11:45:44 »
Il faut dire pour sa défense que le ministère qu' on lui a confié de 2000 à 2002 n'est pas de ceux qui laissent une trace impérissable: Ministre délégué à l'Enseignement Professionnel.
D'autant que s'il avait pu mener une action mémorable, celle-ci eût été endossée par le ministre de l'Education Nationale en titre, Jack Lang

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #61 le: 27 novembre 2011 à 17:22:36 »
Citer
je serais incapable de dire ce qu'il a fait

Oh, des bricoles... Par exemple, il a diminué de moitié la rémunération des HSA (heures supp à l'année), il a décidé qu'en cas d'arrêt maladie un lundi ou un vendredi, le WE serait compté comme 2 jours d'arrêt. Il voulait pareillement décompter tout le WE en cas de grève vendredi ou lundi, mais je ne sais plus s'il l'a fait.
Il a accessoirement cassé allègrement du syndicat, avec une fixation sur le SNES. Et bien sûr il a tapé à bras raccourci sur les profs, ces feignants pleins de fric jamais à leur boulot, déconstruisant tout le travail de Jospin pour réhabiliter l'Education Nationale auprès du public.
Voyons, cherchons bien, il doit y avoir quelque chose de positif... La généralisation de l'outil informatique, ouaip, ce qui fait une belle jambe aux profs de français ou de philo, par exemple...
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne cervesia

  • Smart Citoyen
  • Messages: 2380
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #62 le: 28 novembre 2011 à 03:04:46 »
le titre de ce fil m'interpelle .... je trouve ça  choquant de trouver dans la même phrase sarko et éducation ....
"Il n'y a point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer", Beaumarchais

 La neutralité favorise toujours l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté » (E. Wiesel).

Hors ligne Val

  • Administrateur
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 19218
Re : Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #63 le: 28 novembre 2011 à 12:38:05 »
Citer
je serais incapable de dire ce qu'il a fait

Oh, des bricoles... Par exemple, il a diminué de moitié la rémunération des HSA (heures supp à l'année), il a décidé qu'en cas d'arrêt maladie un lundi ou un vendredi, le WE serait compté comme 2 jours d'arrêt. Il voulait pareillement décompter tout le WE en cas de grève vendredi ou lundi, mais je ne sais plus s'il l'a fait.
Il a accessoirement cassé allègrement du syndicat, avec une fixation sur le SNES. Et bien sûr il a tapé à bras raccourci sur les profs, ces feignants pleins de fric jamais à leur boulot, déconstruisant tout le travail de Jospin pour réhabiliter l'Education Nationale auprès du public.
Voyons, cherchons bien, il doit y avoir quelque chose de positif... La généralisation de l'outil informatique, ouaip, ce qui fait une belle jambe aux profs de français ou de philo, par exemple...
Heu...attends. Allègre ou Mélenchon ? Parce qu'on ne parle pas de la même chose... :gene:

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #64 le: 28 novembre 2011 à 12:50:30 »
Oh pardon! Je parlais d'Allègre. Je me disais aussi... Pour l'enseignement pro, ce n'était pas que la partie d'Allègre...  :gene4:

Je n'ai pas gardé un souvenir particulier de Mélanchon. A part la plaisanterie d'un proviseur qui avait trop bu: "Mélanchon pas tout"... Bôf!  :triste1:
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne Lady Marwina

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 7362
  • Le Chwanana est Grand
    • Avanti-populo.com
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #65 le: 29 novembre 2011 à 13:56:13 »
Huh, oui, parce qu'Allègre je me souviens il n'y a pas de problèmes! C'était mes premières manifs lycéennes, premier blocage d'établissement, toussa. On faisait des réunions avec les profs, qui nous soutenaient dans l'ensemble - les seuls qui n'étaient pas en grève étaient ceux qui ne pouvaient pas se permettre les jours de retenue sur salaire, et ils étaient heureux du blocage car cela leur permettait de discuter avec nous et les autres collègues, grévistes eux.

C'était une bonne découverte interactive de l'organisation d'une grève générale au sein d'un établissement. Beaucoup de choses qui m'ont permis de me sentit parfaitement comme un poisson dans l'eau lors des blocages de la fac, plus tard (Égalité des chances, toussa)... Bref: Allègre, c'est l'époque ou j'ai fait mes armes en temps que toute jeune citoyenne.
(Pour l'éveil de la conscience politique, c'était avec les attaques contres les écoles rurales sous le gouvernement Chirac, ça remonte à plus loin... Grahh!)
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

Hors ligne reveillonsnous

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 5823
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #66 le: 30 novembre 2011 à 14:18:47 »
On dirait bien que, via ses proches, $arkotruc est en train d'envoyer des signes forts qui nous indiquent à la fois comment il conçoit l'éducation, comment il comprend l'économie, et quelle société il veut nous préparer !!!!!  :fache1:
Si certains croyaient encore que les évènements économiques de ces 4 dernières années avaient pu amener toute cette clique  :taistoi: à revoir ne serait-ce que légèrement leur logiciel de pensée et bien , qu'il lisent et décodent ce qui transparait à travers ceci

Citer
Si le bazooka n’est pas de sortie pour flinguer les professeurs de sciences économiques et sociales, en revanche ce sont deux gros pétards qui ont explosé le 28 novembre.

Souvenez-vous : dans la conversation menée avec des profs de SES, membres de l’APSES, il était souvent question d’attaques répétées de la part du patronat qui estime que la discipline est trop centrée sur les sciences sociales et pas assez sur l'entreprise ou le commerce.

Cette semaine, les profs ont droit à deux attaques. La première est signée Frédéric Lemaître, président d’une société de gestion de base de données sensibles (sic) et publié sur le site Atlantico. Que reproche Lemaître aux professeurs de SES? De ne pas enseigner l’investissement en Bourse. Pourtant, "la Bourse est l’un des moyens les plus efficaces pour financer le développement des entreprises qui ont une vision à long terme de leur avenir et pour comprendre la microéconomie". Et d’oser un : "La Bourse est la vie."


(.....)

 

Deuxième pétard : une tribune parue dans Les Echos, signée Jean-Michel Fourgous et Olivier Dassault (oui oui, le fils de et le petit-fils de), tous deux députés UMP et membres de la Commission des finances. Dans cette offensive co-signée par douze autres indignés, les auteurs estiment que notre sous-culture économique est gravissime, et devinez à qui la faute ? À l'enseignement et aux journalistes.

(.....)

 

Morceaux choisis : "Quelle image le jeune lycéen peut-il avoir de l’économie quand son professeur lui conseille de lire « Alternatives économiques », journal qui, sous couvert d’objectivité, le dégoûte de l’entreprise et lui donne le blues à coups de titres plus pessimistes les uns que les autres (« Génération galère », « Le début de la fin »)" ? Ou encore : "la sous-culture économique du milieu journalistique (moins de 10% des journalistes ont une formation en économie) et leur engagement politique, souvent à peine larvé (80% des journalistes se déclarent « de gauche » selon une étude du journal Marianne), expliquent peut-être cette tendance des médias à se transformer en une véritable machine à broyer la réalité…"

Merci au prof de SES qui m'a passé l'info.


Merci à Anne sophie Jacques de ASI pour cette info  :merci: Mais le décodage que j'en ferai personnellement est bien plus pessimiste que le sien  :pleur4:
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
Warren Buffett

"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
Theodore Monod

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #67 le: 30 novembre 2011 à 18:09:11 »
Cette bande d'aveugles veulent qu'on enseigne aux jeunes comment se jeter à fonds perdus dans la crise, c'est ça?  :mrgreen:

Jamais on ne sera autant intervenu dans les contenus de l'enseignement que sous le guignolissime. Cela a commencé par un crachat sur La Princesse de Clève, puis on a revu les programmes d'histoire; il s'agit ensuite de faire main basse sur les SES, bien entendu! Qui, derrière tout ça? Les maîtres du larbin au pouvoir: Dassault est une bonne illustration de ces pirates de la République.  :fache1:
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne Val

  • Administrateur
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 19218
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #68 le: 30 novembre 2011 à 18:11:47 »
Oui pour le bien de la République et de tout ce qui compte dans ce pays, il faut impérativement les virer. Sinon, même avec la résistance des enseignants, l'école publique ne sera plus que l'ombre d'elle même... :pleur4: :pleur4:

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #69 le: 01 décembre 2011 à 18:25:24 »
Citation de: que sarkonique il a zécrit
Gel des promotions des enseignants. Leur notation reposera sur le jugement du chef d'établissement.

Puisque j'ai lancé une info encore officieuse, il faut que je vous rende compte de la suite. Le décret est en train d'être écrit. Cela met plus de temps que prévu, car Chatel hésite, à ce que dit mon syndicat. Peur de la grève du 15/12? J'ai des doutes...
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne timbur

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 13020
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #70 le: 01 décembre 2011 à 21:13:27 »
Les chefs d'établissement eux-mêmes sont-ils enthousiasmés par cette perspective ?
___________________________________________________________________________________________________________________________________
Frondiste : Néologisme timburien. Désigne tout élu à la députation remplissant la double condition d'être de gauche et du parti socialiste.

Hors ligne Lady Marwina

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 7362
  • Le Chwanana est Grand
    • Avanti-populo.com
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #71 le: 02 décembre 2011 à 12:23:49 »
Ceux que je connais, non, mais globalement il doit bien y en avoir pour s'en féliciter.
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #72 le: 02 décembre 2011 à 17:16:17 »
Ils sont de plus en plus choisis sur des critères de compétence similaires à ceux du management privé. Formation à l'entretien coup-de-poing, remise en cause systématique de l'enseignant en cas d'élèves à problème... On doit aboutir tôt ou tard à une perversion du système, c'est le résultat de l'esprit $arkozy.

Si rien n'est fait, je prédis sans trop prendre de risques la chute vertigineuse du niveau réel des diplômés de France et la dérive des établissements publics de seconde zone vers la ghettoïsation, à la manière US. On y va droit!
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #73 le: 03 décembre 2011 à 13:51:30 »
Manoeuvre du ministère ou réelle reculade?

Citer
Evaluation des enseignants: le Sgen-CFDT suspend son appel à la grève

Le Sgen-CFDT a levé ven­dredi son appel à la grève du 15 décembre contre les pro­jets de réforme de l'évaluation des ensei­gnants après que le minis­tère eut "accepté d'ouvrir de vraies négo­cia­tions", les autres fédé­ra­tions conti­nuant d'exiger au préa­lable un "retrait" des textes.

"Le Sgen-CFDT sus­pend son appel à la grève du 15 décembre après que le minis­tère de l'Education natio­nale a enfin accepté d'ouvrir de vraies négo­cia­tions", a dit à l'AFP Thierry Cadart.

"On lève le pré­avis de grève car nous avons reçu une lettre de la direc­trice géné­rale des res­sources humaines, Josette Théophile, qui expli­cite clai­re­ment le pro­ces­sus de négo­cia­tions dans lequel on entre", a-t-il ajouté.

"Il fal­lait l'assurance que ce serait des négo­cia­tions vrai­ment ouvertes, c'est-à-dire que les textes du gou­ver­ne­ment n'étaient qu'une ébauche et qu'ils seraient en tout point amen­dables, ce qui est le cas", a dit M. Cadart.

Le pro­ces­sus de négo­cia­tions est "ouvert à toutes les orga­ni­sa­tions syn­di­cales", a-t-il ajouté.

La quasi tota­lité des fédé­ra­tions syn­di­cales de l'éducation (FSU, Unsa Education, Sgen-CFDT, Fnec/F0, Ferc/CGT et Faen) avaient appelé en novembre à une grève "mas­sive" le 15 décembre pour "exi­ger le retrait" des pro­jets de réforme de l'évaluation et l'avancement des enseignants.

Une péti­tion inter­syn­di­cale uni­taire, lan­cée le 21 novembre pour obte­nir le retrait de ces pro­jets, recueillait près de 47.900 signa­tures ven­dredi en fin d'après-midi.

Le Snes-FSU, le SE-Unsa et FO Enseignement, inter­ro­gés par l'AFP, ont déclaré main­te­nir l'appel à la grève, leur reven­di­ca­tion por­tant sur le "retrait" des textes ministériels.

Ils ont "déploré" une déci­sion "uni­la­té­rale" du Sgen-CFDT, en sou­li­gnant qu'il était "impor­tant d'avoir un front syn­di­cal uni et solidaire".

"Il est déci­sif que l'on main­tienne le rap­port de force et si négo­cia­tion il doit y avoir, elle s'engage avec un ministre qui sent bien que les per­son­nels refusent cette réforme", estime Frédérique Rolet (Snes-FSU). Or Luc Chatel que "j'ai vu mer­credi a réaf­firmé: +Je per­siste à dire que je veux faire du chef d'établissement l'évaluateur prin­ci­pal+ des enseignants".

De son côté, Christian Chevalier (SE-Unsa) relève que "pour qu'il y ait négo­cia­tion, il faut que le minis­tère ait une marge de manoeuvre mais je ne crois pas qu'elle soit forte sur les moda­li­tés d'évaluation, sur­tout sur la réper­cus­sion sur la car­rière des enseignants".

Or "le dis­po­si­tif de M. Chatel est net­te­ment moins inté­res­sant que le dis­po­si­tif actuel alors que tous les rap­ports (OCDE, Sénat...) relèvent que les ensei­gnants fran­çais sont les plus mal payés, et ce qu'on nous pro­pose est encore plus défa­vo­rable", souligne-t-il.

Hubert Raguin rap­pelle que FO Enseignement est "enga­gée sur une pla­te­forme avec toutes les fédé­ra­tions où la pre­mière exi­gence est le retrait du pro­jet de décret comme préa­lable à toute négociation".

M. Chatel veut réfor­mer pro­fon­dé­ment l'évaluation et l'avancement des ensei­gnants pour la ren­trée 2012.

Ces pro­jets pré­voient la fin de la tra­di­tion­nelle double nota­tion (admi­nis­tra­tive, par le chef d'établissement, et péda­go­gique, par l'inspecteur régio­nal, formé dans la dis­ci­pline des col­lègues qu'il inspecte).

A la place, les ensei­gnants seraient évalués lors d'un entre­tien, tous les trois ans, avec leur "supé­rieur hié­rar­chique direct" (le chef d'établissement en col­lège et lycée, "l'inspecteur com­pé­tent" dans les écoles), et cette évalua­tion déter­mi­ne­rait l'évolution des salaires.


http://www.vousnousils.fr/2011/12/02/evaluation-des-enseignants-le-sgen-cfdt-suspend-son-appel-a-la-greve-2-517692

Aux anti-CFDT: ne réagissez pas tout de suite par le dénigrement. Le SGEN est au sein de la CFDT une des plus combatives fédérations. A discuter avec mes camarades syndiqués, un doute énorme pèse encore sur les bonnes intentions du gouvernement, qui sans doute une fois de plus négocie pour détacher ce syndicat des autres afin de casser l'effet d'une grève qui risquait d'être dure, à l'approche de l'élection présidentielle.

Parole d'une déléguée du SGEN, hier encore: "Si le projet du ministre reste en l'état, c'est la guerre!"
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne Val

  • Administrateur
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 19218
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #74 le: 04 décembre 2011 à 11:34:36 »
Le seul problème, sarkonique, est que ce gouvernement s'est illustré depuis 5 ans par le fait de ne jamais écouter les revendications des syndicats, ou de faire semblant d'écouter pour faire à leur idée après. Du coup je pense que le fait d'amender potentiellement les textes va juste retarder la discussion et qu'il en restera toujours quelque chose de mauvais pour les enseignants.  :merci:

Hors ligne reveillonsnous

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 5823
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #75 le: 31 décembre 2011 à 14:35:22 »
Voici la Lettre ouverte d’un inspecteur honoraire au ministre de l’Éducation nationale qui répond à cette mesure.
Bravo Monsieur Carton ! C'est un plaisir de vous lire  :fleur2:

Citer
Arras, le 15 décembre 2011

À

Monsieur Luc Chatel, Ministre de l’Education nationale

Monsieur le Ministre,

LETTRE OUVERTE :

J’ai exercé la mission d’Inspecteur de l’Éducation Nationale pendant 17 années.

Aujourd’hui, les enseignants rejettent, dans leur ensemble, vos nouvelles propositions d’évaluation. Je les comprends.

En remettant en cause l’évaluation des enseignants c’est la mission d’inspection que vous videz de sons sens.

Votre étroite vision de celle-ci trahit la cohérence de vos arrières-pensées politiques en matière d’éducation : déconstruire le socle républicain de l’école et faire des établissements des lieux autoritaires de compétition et de concurrence marchande de la transmission des savoirs.

Oserait-on demander à un Inspecteur de la Cour des Comptes d’exercer sa mission en la limitant à un rapide dialogue avec le responsable d’une institution sans vérifier in situ la validité de ses comptes ? C’est pourtant ce que vous prétendez faire s’agissant de l’action pédagogique des ensei-gnants.

L’évaluation de la manière de servir des enseignants ne peut être séparée de l’inspection, acte administratif, qui consiste à adresser rapport au recteur sur la manière dont la politique éducative est déclinée concrètement au sein des classes, c’est-à-dire au plus près de son déroulement.

En dehors du fait, souligné par les enseignants eux-mêmes, qu’ils n’ont pas été formés pour cela et qu’ils ne disposent pas des compétences pédagogiques et techniques pour le faire, je conteste aux chefs d’établissements la compétence pour assurer une mission d’inspection, du fait de leur po-sition fonctionnelle. Juges et parties, ils ne disposent ni de l’impartialité institutionnelle qui garantit la liberté pédagogique des enseignants ni de l’impartialité du jugement dont doit disposer tout éva-luateur digne de ce nom.

L’évaluation de l’acte complexe d’enseigner et de la manière de l’exercer ne peuvent se réduire à quelques échanges déclaratifs. Je me sens humilié professionnellement par vos propositions.

J’ai souhaité devenir inspecteur pour servir l’État, par une demande écrite sur papier timbré, à subir les épreuves redoutables d’un concours anonyme exigeant. J’ai toujours considéré que cette manière d’accessit me respectait et justifiait le libre exercice de mon indépendance et entière responsabilité.

Je me suis toujours senti redevable d’une double mission :

- rendre compte à ma hiérarchie, selon les règles de l’art, de la manière dont la politique éducative définie par le législateur était appliquée et exercée. Quand je dis règles de l’art, je veux simplement signifier qu’il ne peut y avoir de mission d’inspection autrement qu’en garantissant l’indépendance absolue de jugement à ceux qui ont à l’exercer. C’est un principe élémentaire de démocratie.

- garantir aux élèves et aux enseignants les conditions d’application concrètes du droit à l’éducation prescrit par la loi sans lesquelles il n’est point, là aussi de démocratie.

J’entends par-là, d’abord, le principe de liberté et de laïcité.

En représentant la République, je me devais de veiller à ce que les écoles placées sous ma responsabilité assurent aux citoyens —enseignants, parents et aussi les élèves— les conditions du plein exercice de cette liberté (liberté de conscience). Il y allait ainsi du respect de la liberté péda-gogique des maîtres (choix éclairé des méthodes et démarches), de la nécessaire et permanente réflexion quant aux conditions d’application équilibrée des compétences éducatives partagées (élus locaux, parents, enseignants) pour que l’un ou l’autre des trois acteurs de cette coopération ne puisse se sentir l’otage des deux autres.

C’est à l’Inspecteur, représentant de l’état, de veiller à garantir aux maîtres ces espaces de liberté et de responsabilité, parfois même d’en rappeler à chacun l’exigence laïque. Il doit aussi s’interdire à lui-même l’exercice de toute pression pédagogique ou administrative en dehors du cadre réglementaire.

J’entends aussi le principe du respect des droits des familles, à ne pas confondre avec l’exercice libéral de la consommation marchande, mais celui qui préserve les personnes, l’intimité des choix éducatifs et n’offre pour modèle que l’idéal émancipateur républicain.

Cela me conduit au second principe qui est celui de la fraternité. Il est impossible de fonder cette confiance indispensable à tout acte concret d’enseignement, celle qui doit pouvoir s’exprimer entre l’élève et son maître, comme entre les parents et le maître, sans soutenir une fraternité éducative qui suppose connivence, proximité, reconnaissance d’origines et de traits en commun.

J’ai beaucoup réfléchi, durant mon activité, à créer les conditions de la solidarité fraternelle entre les maîtres, à l’apprentissage de l’exercice de la solidarité entre les élèves, donc à interroger toutes les dimensions de la compétition et des hiérarchies égoïstes.

Le troisième principe qui m’a beaucoup occupé et pour lequel l’usage des statistiques a pu servir ma rhétorique pédagogique est celui du principe d’égalité sans lequel les deux autres ne sont rien.

Je me suis toujours attaché à ce que tous les parents soient considérés également avec la même dignité et que les enfants, dans une même commune ou deux communes voisines, bénéficient des mêmes conditions d’enseignement (celle de fréquenter la piscine gratuitement et d’y apprendre à nager avant l’âge de 7 ans, par exemple).

De même, j’ai fait en sorte que les garçons et les filles jouissent de la même considération ; enfin, que les enfants des pauvres, ceux en situation de handicap, les exclus, les étrangers, soient vus pour ce qu’ils sont, des élèves comme les autres. Il ne viendrait à l’esprit de personne l’idée de refuser d’évaluer les progrès des élèves. Mais l’acte d’enseigner est un acte complexe, et l’on doit accepter qu’il y ait de l’incommensurable dans celui-ci. Cela commande d’inspecter en classe avec des outils pertinents d’observation avec le recul nécessaire que confère l’indépendance des corps d’inspection.

C’est la question de la confiance qui est alors posée, la confiance politique qu’une nation et son gouvernement se doivent d’accorder à leurs maîtres. C’est cette confiance-là que se doit d’accorder aux maîtres l’inspecteur qui en a la charge administrative : reconnaître leur capacité et leur conscience professionnelle, les guider et les aider quand cela est nécessaire.

En fondant l’exercice de mon métier sur ces trois principes dont je viens d’en tenter la déclinaison, il m’a semblé me conduire en fonctionnaire responsable cherchant à agir sur les esprits par la seule force de la Raison de mes propos et l’exemple de ma conduite, rejetant par avance toute revendication autoritaire. J’ai consacré mes efforts à faire converger ceux des maîtres pour faire mentir toutes les fatalités et favoriser l’éclosion des talents multiples des enfants. J’ai inspecté pour que l’école de tous soit l’école commune pour tous.

Voilà, Monsieur le Ministre, les commentaires fidèles aux principes républicains dont sont issus les corps d’inspection —que vous osez comparer à des directeurs de ressources humaines—, que votre proposition m’amène à vous adresser.

Eu égard à votre fonction, et seulement pour cela, je vous prie d’accepter, Monsieur le Ministre, l’expression de toute ma considération.

Alcide Carton,

Inspecteur de l’Education Nationale Honoraire

Officier des Palmes académiques
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
Warren Buffett

"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
Theodore Monod

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #76 le: 31 décembre 2011 à 16:01:02 »
 :super: Bravo à cette lettre qui risque de valoir à ce fonctionnaire courageux une mise à pied ou pire!  :/
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne sarkome

  • Smart Citoyen Incurable
  • Messages: 10521
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #77 le: 31 décembre 2011 à 17:42:38 »
Il n'y a pas grand risque !
Si je ne me trompe, un Inspecteur de l'Education Nationale devient "honoraire" lorsqu'il est admis a faire valoir son droit à pension de retraite.

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #78 le: 05 janvier 2012 à 18:35:47 »
Citer
Les étudiants Erasmus privés de bourses

Ils sont partis étudier un an à l'étranger avec la promesse de toucher chaque mois une aide de 400 euros. Certains attendent toujours.

«On nous pousse à partir étudier à l'étranger, en nous disant que des bourses existent pour nous aider à financer notre projet. Et une fois qu'on y est, voilà, on nous plante là.» Partie suivre sa troisième année de licence en Angleterre, Azilis se retrouve «coincée à galérer» sans argent.

En tant qu'étudiante Erasmus (nom du programme d'échange européen, ndlr), elle avait décroché deux bourses. L'une de 160 euros par mois (bourse Erasmus), financée par la Commission européenne. Et une autre de 400 euros mensuel, appelée «bourse de mobilité internationale» versée par l'Etat français. C'est cette dernière qui pose problème. Plusieurs étudiants se plaignent de ne pas avoir reçu tous les versements.

Baki Youssoufou, président de la Confédération étudiante, n'est pas étonné. «Les problèmes sont récurrents. Que ce soit les bourses de mobilité ou celles sur critères sociaux d'ailleurs. Certains étudiants les touchent partiellement, d'autres pas du tout. C'est n'importe quoi. Les crédits sont mal répartis, mal utilisés, parfois même pas en totalité...»

De son côté, le Cnous, le centre national des œuvres universitaires et scolaires, en charge du paiement des bourses, assure que tous les versements ont été effectués — «il n'y a pas de problème à ce jour».

Azilis raconte: «Au départ, cela devait être génial. J'ai réussi à décrocher une place pour suivre une formation management d'industrie musicale dans une université anglaise. Le rêve.» Mais une fois sur place, rien. Septembre, octobre, novembre... Elle ne voit pas la couleur des 400 euros d'aide mensuelle. Elle vivote avec les 160 versés par la Commission européenne et son père qui l'aide «un peu».

Début décembre, elle reçoit un mail du service international de la fac: «Nous avons été informés il y a deux jours de la baisse de notre dotation budgétaire pour 2011, alors que notre service avait fait le nécessaire pour que les bourses vous soient versées dans les temps, c'est-à-dire fin novembre. Cette décision qui relève du Ministère nous implique de différer les paiements et il s'agit bien là d'une mesure restrictive qui concerne tous les étudiants boursiers en mobilité. Au même titre que tous les autres étudiants, vous percevrez prochainement la somme provisoire de 800 euros et les dossiers seront revus dès 2012.»

Les 800 euros sont effectivement virés sur son compte le 29 décembre. «C'est toujours ça mais pour la suite, je reste dans le flou. Franchement, si j'avais su, je ne serais jamais partie. Je suis à l'étranger mais je ne peux rien faire. Je suis bloquée à la maison [elle vit dans une coloc à sept].»
«Ces 400 euros, ce n'est pas du luxe non plus»

Etudiant en droit débarqué pour neuf mois en Ecosse, Simon, rémois d'origine, se retrouve à peu près dans la même situation. A ce jour, il n'a reçu qu'un versement de 400 euros. En guise d'explication, un courrier du service des relations internationales de la fac de Reims, daté du 14 décembre, indiquant que l'aide ne serait pas versée pour les mois déjà écoulés (septembre-décembre). Pour la suite: «Nous n'avons à ce jour aucune information concernant le montant de la dotation 2012 de l'aide à la mobilité internationale.(...) Parfaitement conscient de l'importance de cette aide au bon déroulement de votre séjour d'études, nous vous tiendrons informé(e) dans les meilleurs délais.»

«Heureusement, mes parents peuvent m'aider mais j'ai des amis qui se retrouvent vraiment en difficulté. Ces 400 euros, ce n'est pas du luxe non plus. Surtout quand on part dans un pays où la vie est plus chère.» Au delà de l'aspect financier, il râle sec contre «cette injustice sociale». Militant au front de gauche, il a adressé une lettre ouverte au ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez. «À longueur de journée, nous pouvons lire que notre niveau d’anglais est déplorable (...) Je fais partie de ceux qui se sont engagés à y remédier. Mais, de votre côté, respectez vos engagements», écrit-il.

Après la polémique fin novembre sur les retards de versement de la bourse sur critères sociaux, le ministère  tente de calmer le jeu. Dans un communiqué publié cet après-midi, il annonce la tenue dans la journée d'une réunion pour «faire un point de la situation et s'assurer du versement fluide des bourses de mobilité aux étudiants dans chaque académie.»

Par ailleurs, le ministère va transférer la gestion des bourses de mobilité aux universités. «Pour pouvoir répondre aux demandes des étudiants d'un paiement rapide, les moyens consacrés aux bourses de mobilité sont transférés aux établissements en 2012 (et non partagé entre le Crous et les universités, comme c'est le cas aujourd'hui, ndlr). Ils s'élèvent à 25,7 millions d'euros, soit une augmentation de 2 millions d'euros en 2012 par rapport à l'année 2011», précise le communiqué.


http://www.liberation.fr/societe/01012381303-les-etudiants-erasmus-prives-de-bourses?xtor=EPR-450206
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #79 le: 06 janvier 2012 à 08:25:43 »
Citer
Education: Sarkozy veut secouer le mammouth

ECOLE - Le chef de l'Etat demande aux professeurs d'être plus présents dans les établissements...
Révolutionner le métier d'enseignant. Lors de ses vœux aux acteurs de l'éducation à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), Nicolas Sarkozy a fait l'ébauche de son programme éléctoral en matière d'éducation. Avec l'idée maîtresse de revoir le statut des enseignants et leurs missions, qui reposent sur des textes datant des années 1950.

Une «attaque libérale sur l'école», pour le Cnes
«Cela impliquera de la part des professeurs d'accepter de nouvelles manières de travailler, d'être plus présents dans les établissements», a-t-il indiqué. Ce qui impliquerait pour les professeurs certifiés de travailler plus des 18?heures réglementaires actuelles et au-delà des 15 heures hebdomadaires pour les agrégés.

«Mais en contrepartie, leur rémunération devra être considérablement augmentée», a complété le chef de l'Etat, sans préciser comment et de combien. Dans la même logique réformiste, Nicolas Sarkozy a défendu le projet du ministre de l'Education, Luc Chatel, de confier une partie de l'évalu­ation des enseignants aux chefs d'établissement. Autant d'idées neuves aussitôt qualifiées «d'attaque libérale sur l'école» par le Snes.


http://www.20minutes.fr/societe/853790-education-sarkozy-veut-secouer-mammouth

Pas plus que le mini-Ubu, ce journal ne connaît rien au problème. Les certifiés travaillent plus de 18h et les agrégés plus de 15h. Ces chiffres correspondent au nombre d'heures de cours dispensés. Comme ironisait un de mes collègues ce matin, peut-être qu'avec cette réforme on va enfin limiter notre temps de travail à 39h!

Bref, une pure connerie, comme nous y a habitués cet amateur à la solde des ultra-libéraux.  :sarko blabla:

Si vous discutez de ce sujet avec des gens, par pitié, expliquez-leur: les 18 ou 15h ne correspondent qu'à une partie du travail des profs!  :merci:
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #80 le: 06 janvier 2012 à 12:41:44 »
Voyons ce qu'en dit Le Nouvel Obs:

Citer
Nicolas Sarkozy a préconisé :

1. la fin du collège unique :

Après "la réforme capitale de l'école primaire de 2008", les réformes du lycée professionnel en 2009 et de l'enseignement général et technologique l'année suivante, celle du collège est classée comme "priorité" par le président. "Il faut mettre fin aux faiblesses du collège unique tel que nous le connaissons", a-t-il dit, en proposant "deux pistes de réflexion": "recentrer la 6e et la 5e sur les enseignements fondamentaux" et "assumer la diversité des parcours en 4e et 3e" car "il n'est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l'enseignement général".

2. la redéfinition du métier d'enseignement :

Nicolas Sarkozy souhaite que soient redéfinis "le métier" et "la mission" d'enseignant, une volonté qu'il avait déjà lors de sa campagne de 2007 mais qu'il approfondit à présent en suggérant que les professeurs puissent "accepter de nouvelles manières de travailler, d'être plus présents dans les établissements", donc de travailler au-delà des 18 heures hebdomadaires réglementaires pour les professeurs certifiés et les 15 heures pour les agrégés.

"Mais en contrepartie, leur rémunération devra être considérablement augmentée", a-t-il dit, sans toutefois dire comment.

3. l'autonomie

Il propose l'autonomie des établissements, à l'instar de ce qui a été fait pour les universités, ainsi que l'évaluation des enseignants par les chefs d'établissements, un projet décrié dans le milieu enseignant.


1. Il est faux de dire que le collège ne prépare qu'à l'enseignement général. Apparemment, le président de la RF ne connaît pas le dossier de l'Education de son propre pays ou bien... ment. Quid des Segpa, qui préparent les jeunes à l'enseignement professionnel? Quid des collégiens qu'on prépare aux filières technologiques? Il s'agit probablement de préparer le terrain au retour des pré-apprentis: de pauvres marmots de 14 ans qu'on mettra déjà dans des rails pour faire boulanger, boucher, menuisier...

2. Même un magazine national de gauche de cette envergure n'est pas capable de corriger le mensonge que $arkozy et ses sbires tentent de faire gober à l'électorat: les profs ne travaillent ni 15 ni 18h mais 39h, comme quasiment tout le monde!

3. Nous y voilà: l'école devient une entreprise avec un chef et des larbins.

Vivement mai que les éboueurs nous délivrent d'une pareille ordure:rougefache:


Edit. Pour le moment, je n'ai trouvé qu'un canard n'ayant pas fait l'erreur de confondre travail et heures de cours:

Citer
L'objectif est de «revaloriser le métier de professeur, dont la fonction doit être remise au centre de notre projet de société ». Nicolas Sarkozy suggère que les professeurs puissent «accepter de nouvelles manières de travailler, d'être plus présents dans les établissements », autrement dit, sortir du statut de 1950 qui fixe uniquement le nombre d'heures de cours.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/06/01016-20120106ARTFIG00385-la-reforme-de-l-education-voulue-par-nicolas-sarkozy.php

En passant, voilà une des conneries qu'on peut lire dans Le Monde, ce journal à la dérive:

Citer
Mais le présidentiable est allé plus loin, exposant plus avant sa stratégie, avançant l’idée que ces efforts méritaient « contreparties ». Un terme qui est revenu plusieurs fois dans son discours. Dans son entretien avec Le Monde (22 novembre), Vincent Peillon, le Monsieur éducation de François Hollande avait, lui, parlé de « concertation » et de « négociation » avec les syndicats. Contrepartie est un terme d’autant plus essentiel que le spectre de 1989 plane toujours sur le PS. 1989, c’est le moment où Lionel Jospin décide de revaloriser les enseignants sans leur demander aucune contrepartie. Cet épisode est dans les mémoires comme l’erreur à éviter dans une école qui a besoin d’avancer.


Jospin n'avait que rattrapé le pouvoir d'achat qu'une profession avait perdu alors qu'elle devenait de plus en plus difficile. Je ne vois pas où est l'erreur...

Quant aux "contreparties" de la gauche bon teint, on les connaît: elles sont les mêmes que celles qu'exige le guignol, le massacre des postes en moins...  :mrgreen:

A vous dégoûter d'enseigner! Enfin... J'aurai eu la chance de connaître l'école de Jules, celle qui est appelée à devenir un vaste merdier.  :/

« Modifié: 06 janvier 2012 à 16:02:58 par sarkonique »
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne bili

  • Smart Citoyen Courageux
  • Messages: 3158
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #81 le: 06 janvier 2012 à 14:08:23 »
Citer
plus essentiel que le spectre de 1989 plane toujours sur le PS.


Et le spectre de 1789 ? quand est-ce qu’il planera au dessus de la classe politique française ?
Deviens ce que tu es: vote Mélenchon !

Hors ligne Val

  • Administrateur
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 19218
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #82 le: 06 janvier 2012 à 14:15:55 »
Deux clichés ont la vie dure sur les profs, et ça, ce n'est pas faute d'essayer de les combattre :

Cliché 1 : Les profs travaillent 18 heures par semaine et ont plein de vacances où ils le la coulent douce.
Cliché 2 : Les profs sont payés à ne rien foutre l'été.

On dirait que les cours se préparent tout seuls, que les copies s'auto-corrigent, que les examens s'inventent et se rédigent spontanément...  :fache: :fache: La plupart des personnes qui pensent se genre de choses ne tiendraient pas deux minutes face à une classe, mais c'est pas grave...

Et les conseils de classe, et les réunions parents professeurs, et les équipes éducatives, etc, etc, etc...


Sans compter que comprendre que le salaire est sur 10 mois à la base et redéployé sur 12 (parce qu'il faut bien manger quand même, oui oui, même quand on est prof), les esprits sont réfractaires.

Bref...

Je te rassure, "on" leur explique. Mais bon, j'avoue que dans mon entourage les gens sont plutôt bien informés, et les gens qui sortent ce genre de connerie sont souvent des véritables murs... :rougefache: :rougefache:

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5008
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #83 le: 06 janvier 2012 à 14:18:52 »
@bili
sans oublier le spectre du 21 janvier 1793 !
Tiens, l'anniversaire de Sarko tombe le 28...

Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne bili

  • Smart Citoyen Courageux
  • Messages: 3158
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #84 le: 06 janvier 2012 à 14:45:30 »
oui, mais je n'aime pas trop les têtes coupées, je préférerais, les Parisot ,Sarkozy  et leurs compères sur une chaîne de montage de chez  Renault ou  de chez PSA, 48 heures par semaine au SMIC, habitant une HLM peuplée de gens venant de divers horizons, femmes en boubous multicolores et autres saris chatoyants, hommes barbus et ados avec casquette à l’envers. A 1h 30 minimum de transport du lieu de travail, avec lundi de pentecôte travaillé. Des conditions de travail descentes car imposées par leur clique et par conséquent complètement acceptables.
Deviens ce que tu es: vote Mélenchon !

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5008
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #85 le: 06 janvier 2012 à 16:33:17 »
J'ai toujours eu un faible pour les traditions..."raccourcir le nabot" n'était-il pas un slogan de de Villepin ?
Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #86 le: 06 janvier 2012 à 16:44:16 »
Quelques éclairages sur le dernier discours du menteur présidentiel:

Citer
Et cette réalité prépare un deuxième choix que nous avons fait, celui de la justice, parce que dans la société de la connaissance, la plus grande des inégalités ne réside pas dans les écarts de richesses, comme je l'entends dire tous les jours, mais entre celui qui a pu faire de bonnes études et celui qui n'en a pas faites. L'inégalité la plus choquante, elle n'est pas dans l'écart de richesses, elle est entre celui qui a fait de bonnes études, qui le préparent à un bon avenir professionnel et celui qui n'a pas eu ce patrimoine.


Il n'y aurait pas un sociologue dans la salle pour apprendre à cet ignare que les deux inégalités sont intrinsèquement corrélées, comme le démontrent les études statistiques?

Citer
80 000 jeunes ont été pris en charge l'année dernière. La France se plaignait des décrocheurs, car vous savez que l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans. Ces élèves disparaissaient des radars de la société jusqu'à 18 ans. Alors, cela fit tout un scandale quand nous avons décidé de les répertorier. Mais si nous ne savons pas où ils sont, comment pouvons-nous leur donner une chance ? Il faut réfléchir à cette réalité, qu'est-ce qui est important ? L'avenir de ces jeunes.


Mais alors dites-moi, Madame, comment l'aut'Guéant a pu affirmer il y a peu que ce sont les enfants d'immigrés qui échouent le plus, s'ils disparaissent des "radars"?

Citer
Cela va impliquer de la part des enseignants d'accepter de nouvelles manières de travailler. D'être davantage présents dans les établissements, en contrepartie de ce nouvel engagement ; d'avoir une rémunération augmentée et des conditions de travail différentes. Je voudrais dire combien pour moi il est insensé que dans nos établissements, les enseignants ne disposent pas de bureaux pour recevoir les élèves dont ils ont la responsabilité. Cela n'a pas de sens, car cela condamne l'enseignant au seul contact de la classe : dans la classe, on fait de l'enseignement, mais dans la classe on ne peut pas remplir toute sa mission d'éducation.


Le reste de leur mission, les enseignants l'accomplissent déjà, dans l'établissement, chez eux, voire dans les entreprises pour visiter les élèves en stage, ou ailleurs, quand il y a sortie pédagogique. Renseigne-toi, Toto!  Mais cette histoire de bureaux est un pur prétexte. Alors réfléchissons bien. Pourquoi veut-on assigner l'enseignant à résidence, s'il reste déjà sur place ou s'il fait chez lui une partie de son travail? Pourquoi, sinon pour lui faire faire des tâches liées au lieu même où il enseigne: surveiller les élèves à la place des surveillants, nettoyer ses salles à la place du personnel de maintenance, par exemple?
Et hop! du personnel en moins à embaucher!  :diable:

Citer
Par ailleurs, il faut que l'on responsabilise les familles. Vous vous souvenez de la polémique sur la suppression des allocations familiales. Aujourd'hui nous regardons les chiffres, nous avons décidé d'envoyer un premier avertissement aux familles qui n'envoyaient pas leurs enfants à l'école. Les chiffres sont là : 98% des élèves dont les familles ont reçu un avertissement pour absentéisme ont retrouvé le chemin des cours. Dans 2% des cas nous avons dû procéder à la suspension des allocations familiales, c'est 165 sur une année. Vous connaissez le système : un enfant est absent, première lettre d'avertissement, puis deuxième lettre d'avertissement. Si à la deuxième lettre d'avertissement, l'élève n'est pas revenu, on suspend. Et quand il revient après la suspension, on redonne à la famille la totalité des allocations. 98 % reviennent : est-ce que cela ne valait pas la peine de tenter cela, franchement ? Une fois que la polémique est retombée, une fois dépassés les arguments de posture et d'image, ces enfants qui reviennent à l'école, est-ce que ce n'est pas mieux ?


Ah oui?  :frime:
Citer
Évaluation et statistiques
L'absentéisme des élèves dans le second degré public
L’absentéisme scolaire est peu différent en 2009-2010 par rapport à l’année précédente. Le caractère saisonnier de l’absentéisme se traduit par une proportion d’élèves absentéistes qui passe de 2,3 % en septembre 2009 à 6,3 % en mars 2010. En moyenne annuelle, elle est de 2,3 % dans les collèges, de 4,9 % dans les lycées d’enseignement général et technologique et de 14,2 % dans les lycées professionnels. L’absentéisme touche moins de 2 % des élèves dans la moitié des établissements et dépasse 18 % en janvier 2009 dans 10 % des établissements. http://www.education.gouv.fr/cid56912/l-absenteisme-des-eleves-du-second-degre.html

Pourquoi tu mens, tonton?  :mrgreen:

NB Mon analyse est en partie inspirée de Mediapart.  :merci:

Tiens! d'autres perles m'avaient échappé:
Citer
J'aurais pu également parler de l'augmentation du nombre de boursiers étudiants, cher Laurent WAUQUIEZ. 25% de boursiers en plus qu'il y a 4 ans. Quant au montant de ces bourses, il a augmenté de 16%.

Cf. mon post plus haut: les étudiants d'Erasmus attendent toujours leur bourse.

Citer
J'ajoute, à titre personnel, que je ne vois rien de choquant à ce que l'on confie au chef d'établissement la responsabilité de cette évaluation, à condition que les compétences disciplinaires continuent à être évaluées par l'inspecteur. On peut discuter de toutes les modalités.
Enfin, et je terminerai par là, je crois à l'autonomie de vos établissements. Parce que, pour moi, il y a une contradiction à dire « on fait confiance aux enseignants, mais on ne leur donne pas d'autonomie ».


Curieuse conception de l'autonomie des enseignants que celle qui consiste à les rendre totalement dépendants de leur chef d'établissement!
« Modifié: 06 janvier 2012 à 16:54:50 par sarkonique »
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne raja

  • Administrateur
  • Pata Citoyen
  • *****
  • Messages: 28596
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #87 le: 09 mars 2012 à 12:31:11 »
Citer
Effectifs de l’Education nationale : les mauvais calculs de Nicolas Sarkozy
"Il y a un peu plus de 400 000 élèves de moins dans l’Education nationale depuis 10 ans et il y a 45 000 professeurs de plus"
Nicolas Sarkozy, au micro de RTL, le 27 février

 
  Ce qu'il a dit L'intention du candidat Nicolas Sarkozy était de discréditer la proposition du candidat socialiste, François Hollande, de créer 60 000 postes en cinq ans dans l'Education nationale. Après avoir affirmé ces chiffres, il a conclut : "S'il suffisait d'embaucher des profs pour que l'école fonctionne et que les profs soient heureux, on devrait avoir l'école qui fonctionne le mieux au monde et les professeurs les plus heureux du monde."
Presqu'immédiatement après son intervention, Bruno Julliard, secrétaire à l'éducation au Parti socialiste, l'a contredit sans détour, via son compte Twitter.

Mais le calcul de l'ancien président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) est aussi à revoir, car il intègre les chiffres de l'enseignement supérieur.
Or, si l'on s'en tient strictement aux propos de Nicolas Sarkozy, il faut se limiter aux chiffres liés au ministère de l'Education nationale à proprement parler et donc exclure tout ce qui se rattache à l'enseignement supérieur ou à l'apprentissage, sur le nombre d'élèves comme sur le nombre de professeurs.
 Pourquoi c'est faux 1) Le nombre d'élèves a diminué d'environ 160 000, pas 400 000 Il est assez aisé de démontrer la fausseté des chiffres avancés par Nicolas Sarkozy. Concernant le nombre d'élèves, deux sources le contredisent.
Selon les chiffres de l'INSEE, le nombre total d'élèves du premier et du second degré (sont donc exclus du calcul les apprentis et les étudiants, qui relèvent d'autres ministères que de celui de l'Education nationale), a bien diminué entre 2000 et 2010 (chiffres les plus récents). Mais il s'agit d'une baisse de 149 000 élèves, et non de 400 000.
Deuxième source : le ministère de l'éducation lui-même. Ses chiffres confirment que le nombre d'élèves de primaire et de secondaire a bien baissé, mais encore une fois, dans une proportion bien moindre que celle assurée par Nicolas Sarkozy. Entre les années scolaires 2000-2001 et 2010-2011, il y aurait ainsi eu une baisse de 170 159 élèves de moins dans le premier et le second degré.
 2) Le nombre d'enseignants a baissé d'environ 30 000 Les données de l'Insee sur le nombre d'enseignants dans le secteur public, dans le primaire et le secondaire ne permettent pas de comparer sur dix ans. Mais les chiffres de l'Education nationale, si.
Et ils indiquent que, entre 2000-2001 et 2010-2011 le nombre total est passé de 705 387 à 672 602 et a donc baissé de 32 785. De plus, si l'on regarde l'évolution en détail, il apparaît que le nombre d'enseignants du premier degré a bien augmenté mais que celui du second degré a au contraire baissé, passant de 389 249 postes à 349 119 (soit - 40 130).
 3) Le ratio ne s'est donc pas amélioré En conclusion, on peut donc constater que le ratio nombre d'enseignant par élève ne s'est pas amélioré en dix ans.
En 2001, il y avait en moyenne - dans le secteur public primaire et secondaire - 1 professeur pour 15 élèves. En 2011, le ratio était de 1 pour 16.
 NB : l'UMP fait un erratum de dernière minute Dans la journée, l'état-major de campagne de Nicolas Sarkozy a légèrement amendé les chiffres donnés par ce dernier. "Sa langue a fourché, il voulait dire depuis vingt ans et non pas depuis dix ans", a-t-on indiqué. Toutefois, et même si les données manquent pour comparer les effectifs de 2010-2011 avec ceux de 1990-1991, un rapide calcul démontre que ces chiffres ne correspondent toujours pas aux propos du président-candidat.
http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2012/02/27/effectifs-de-leducation-nationale-nicolas-sarkozy-multiplie-la-realite-par-trois/

Hors ligne Val

  • Administrateur
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 19218
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #88 le: 09 mars 2012 à 15:17:45 »
Le problème est que la contradiction ne vient pas juste derrière. Je veux dire, je sais que tout le monde fait ce qu'il peut, mais pourquoi ne pas organiser un débat sarkozy/mélenchon ?  :diable:
parce que le problème, c'est que quand la contradiction n'est pas juste derrière, si les gens ne vont pas vérifier ce que dit Sarkozy et qu'ils le croient, alors on peut tous hurler tant qu'on veut, ça ne sert à rien.  :merci:

Ne pas croire que je pense que l'écrire sur le forum ne sert pas. Si, ça sert, ça sert aux gens qui s'informent. c'est juste qu'il faudrait un moyen de contredire directement sarkozy quand il dit des mensonges.  :merci: :merci:

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #89 le: 09 mars 2012 à 17:55:50 »
Merci, Raja, pour ce post très, très utile!  :fleur2: :merci:
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne TYGER

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 8889
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #90 le: 22 mars 2012 à 15:08:31 »
je dis bravo à ce prof qui a eu le mérite de donner une bonne leçon à ses élèves ! (mais qui sait si ça portera ses fruits, ça c'est une autre histoire)

Citer
Comment j'ai pourri le web

Publié le mercredi 21 mars 2012 11:14 | Écrit par Loys

Petite expérience amusante sur l'usage du numérique en lettres

Préambule

Pendant ma première année au lycée, j’ai donné à mes élèves de Première une dissertation à faire à la maison. Avec les vacances scolaires les élèves avaient presque un mois pour la rédiger : c’était leur première dissertation de l’année.



Plus tard, en corrigeant chez moi, je me suis aperçu que des expressions syntaxiquement obscures étaient répétées à l’identique dans plusieurs copies. En les recherchant sur Google, j’ai trouvé des corrigés sur un sujet de dissertation voisin vendus à 1,95€. Interloqué, j’ai immédiatement arrêté de corriger les copies, ne sachant plus à quoi ou à qui j’avais affaire et ayant l’impression de travailler dans le vide.

Plus tard, la même année, j’ai donné sur table à une de mes classes un commentaire composé, sur un passage d’une œuvre classique. Je n’ai pas particulièrement surveillé l’épreuve, le commentaire composé étant, comme la dissertation ou le sujet d’invention, un bon exemple d’exercice on ne peut plus personnel, où copier sur le voisin n’a absolument aucun sens. En corrigeant chez moi les copies, j’ai constaté, dans une copie, des choses étranges : des termes ou des expressions qu’un élève de Première n’emploierait pas, une introduction catastrophique mais un développement convenable. En tapant une des expressions sur Google, j’ai réalisé que l’élève avait utilisé son smartphone pendant le cours et recopié le premier corrigé venu sur Google en tâchant maladroitement de le maquiller. En rendant les copies j’ai tenu un discours sévère à la classe sans indiquer qui avait triché. Après le cours, l’élève concerné, en pleurs, a reconnu les faits.

J’ai donc décidé de mener une petite expérience pédagogique l’année suivante : j'ai pourri le web !

 
Tendre sa toile...

Vers la fin de l’été de cette même année, j’ai exhumé de ma bibliothèque un poème baroque du XVIIème siècle, introuvable ou presque sur le web. L’auteur en est Charles de Vion d’Alibray. Le date de composition du poème est inconnue, ce qui empêche toute spéculation biographique.

     

   
Citer
SONNET


    Ainsi que l’arc-en-ciel tout regorgeant de pleurs

    Prend devant le soleil cent couleurs incertaines,

    Et périt quand se cache ou s’en va luire ailleurs

    Cet astre dont le feu rend fertiles nos plaines ;

     

    Tout de même à l’aspect du sujet de mes peines,

    Je prends en un instant cent diverses couleurs,

    Je pâlis, je rougis sous l’effort des douleurs,

    Et de l’eau de mes pleurs sens regorger mes veines.

     

    Mais ni de voir en moi ce triste changement,

    Ni de savoir combien j’aime fidèlement,

    Ne touche mon ingrate ou d’amour ou de honte ;

     

    Tant s’en faut, elle rit de me voir endurer,

    Et pour en rendre même encor ma fin plus prompte,

    Elle fuit et s’en va d’autres lieux éclairer.


 

1ère étape : j’ai créé un compte pour devenir contributeur sur Wikipédia et, pour montrer patte blanche, apporté plusieurs contributions utiles sur quelques articles littéraires. J’ai ensuite modifié la très succincte notice biographique de Wikipédia consacrée à Charles de Vion d’Alibray en glissant ce petit ajout : « Son amour célèbre et malheureux pour Mademoiselle de Beaunais donne à sa poésie, à partir de 1636, une tournure plus lyrique et plus sombre. »

2ème étape : j’ai posté sur différents forums des questions relatives à ce poème en me faisant passer pour un élève posant des questions de compréhension littérale ou d’interprétation sur le poème. Puis, me reconnectant en me faisant passer pour un érudit, j’ai donné des réponses en apparence savantes et bien renseignées, mais en réalité totalement ineptes, du type interprétation christique tirée par les cheveux. La plupart de ces pages ont depuis malheureusement disparu dans les abysses du web ou ne sont plus référencées.

3ème étape : j’ai rédigé un pseudo-commentaire, le plus lamentable possible, avec toutes les erreurs imaginables pour un élève de Première, et même quelques fautes d’orthographe discrètes, tout en prenant garde à ce que ce commentaire ait l’air convaincant pour quelqu’un de pas très regardant ou de pas très compétent.  Pour  les amateurs de littérature ou les professeurs de lettres, ce corrigé absurde est d'ailleurs assez amusant. J'avoue avoir même pris un certain plaisir à le rédiger.

   
Citer
Introduction

    Avec ce texte, Charles de Vion Dalibray (ou d’Alibray), grand auteur du XVIIe siècle qui appartient à une famille noble, nous livre, dans ce style inimitable dont il a le secret, un sonnet de cour presque romantique, plein de grâce et de préciosité, en hommage à une jeune femme dont il a fait la connaissance à Tours, Anne de Beaunais, et dont il s’est vivement épris. Dans ce sonnet, le poète décrit l’arc-en-ciel et ses cent couleurs majestueuses et fait, à travers lui, la description de sa bien-aimée. En guise de problématique, nous montrerons que ce sonnet de cour est original en étudiant deux grands axes : la composition typique du sonnet français s’opposant à son esthétique foncièrement baroque.


    I. Une composition typique de sonnet français

    a) La structure rimique

    A la manière italienne, Charles de Vion alterne savamment les rimes masculines et féminines. Dans les deux quatrains, les rimes sont d’abord croisées puis ensuite embrassées, ce qui indique une rapide métamorphose des sentiments du narrateur. Les rimes croisées renvoient d’abord à la rencontre, et les rimes embrassées à la naissance de l’amour, soulignée par une magnifique oxymore : « je rougis, je pâlis » (v. 7).


    b) L’organisation rigoureuse des strophes

    Respectant les règles classiques, les deux quatrains, consacrés à l’arc-en-ciel, sont suivis de deux tercets plus courts, ce qui accélère le rythme de l’action. L’amour naissant devient un amour impossible, souligné par l’adverbe d’opposition « mais » (v. 9). Charles de Vion éprouve un « triste changement » renforcé par le champ lexical des « douleurs » (v. 7) car la jeune fille aimée, dit-il non sans une certaine amertume, est « ingrate » (v. 11) : elle ne reconnaît pas ses sacrifices amoureux.


    c) Un rythme particulier

    Au niveau des alexandrins, les coupes régulières à l’hémistiche occasionnent un rythme heurté, qui souligne les « pleurs » répétés du poète (v. 1 et v. 8). L’amour est sans cesse renouvelé, prenant cent formes différentes (« Je prends en un instant cent diverses couleurs ») : à la manière précieuse, l’amour est comparé à un arc-en-ciel coloré et scintillant avec fugacité.


    II. Une esthétique particulièrement baroque

    a) Une belle déclaration d’amour

    Le motif de l’arc-en-ciel est tout à fait typique de l’esthétique baroque. Par ses jeux de lumière, il symbolise la beauté miroitante (avec notamment l’hyperbole répétée « cent couleurs » v. 2 et v. 7) et la richesse opulente (« regorgeant » v. 1 et « regorger » v. 8), signes d’un amour sans égal et source de vie (« fertiles » v. 4). Le rejet à l’hémistiche de « j’aime » (v. 10) insiste sur l’amour fidèle du poète (« fidèlement » v. 10). Il est à remarquer que le mot « amour » (v. 11) n’apparaît qu’à la fin du premier tercet, ménageant ainsi le suspense d’une déclaration qui ne veut pas se dire.

    Contrairement aux poèmes d’amour que composera ensuite un Pierre de Ronsard, la jeune fille n’est pas ici nommée car Charles de Vion veut respecter l’honneur de sa lignée. C’est pourquoi il emploie, de façon répétée et avec infiniment de pudeur et de délicatesse, le pronom indéfini « elle » (v. 12 et v. 14). Il n’y a d’ailleurs pas d’épitaphe au début du poème.


    b) Une fin tragique

    En peignant l’arc-en-ciel qui « fuit » (v. 14), mise en abîme de la jeune fille, Vion termine sur une  tonalité plus sombre qu’au début du poème, ce qui crée un effet de contraste saisissant avec les deux premiers quatrains. Anne « s’en va » (v. 14), laissant Charles seul et abandonné, en dépit de son hommage à la beauté rayonnante de sa bien-aimée.

    Malgré sa déception, Charles de Vion célèbre encore la joie pure et ingénue de la jeune fille qui « rit » (v. 12), mais sans aucune malice, des malheurs du poète (« tant s’en faut » est une expression vieillie signifiant « sans se rendre compte »). La jeune fille demeure chaste et innocente car, à la manière de la déesse Diane fuyant Actéon, elle veut conserver sa candeur, sa pureté virginale (« elle fuit et s’en va » v. 14). Malgré son désespoir, Vion ne cesse donc jamais d’aimer cette jeune fille, à la manière des poètes romantiques et de leurs amours contrariées, comme en témoigne le dernier terme optimiste qui, en ultime pied-de-nez au destin tragique, clôt le sonnet ainsi qu’un jet de lumière : « éclairer » (v. 14). Le poète est ainsi capable de rebondir et de ne pas désespérer de l’amour.


    Conclusion

    En quatorze vers d’une grande beauté formelle, entre baroque échevelé et romantisme déçu, dépression et euphorie, Charles de Vion nous offre ainsi un voyage virevoltant à travers le ciel et dans les transports amoureux de son cœur et nous délivre un message optimiste. Si l’arc du poète n’a pas su atteindre le cœur d’Anne de Beaunais, il n’en décoche pas moins sa plus belle flèche, prouvant que l’amour, même déçu, peut rester éternel.


Je me suis ensuite inscrit comme auteur, sous le nom de Lucas Ciarlatano (ça ne s'invente pas), à deux sites proposant des corrigés de commentaires et de dissertations payants (Oodoc.com et Oboulo.com). Sachez qu'il en existe bien d’autres. Après quoi j’ai envoyé mon commentaire à ces deux sites, dont les comités de lecture ont validé sans barguigner mon lamentable commentaire, leur but étant moins celui d'une diffusion humaniste du savoir que purement mercantile. D'ailleurs aucun des deux n'a pris la peine de vérifier si le corrigé était protégé par des droits d'auteurs et ils ont publié exactement le même corrigé, en mettant en ligne gratuitement l’introduction, le plan et des extraits importants, le reste étant en vente pour quelques euros.

4ème étape : j’ai posté un peu partout sur le web des liens vers ces différentes pages (Wikipédia, les forums, les sites de corrigé) afin d’améliorer le référencement sur Google avant la rentrée de septembre.

5ème étape : à la rentrée, j’ai accueilli mes deux classes de Première en leur donnant deux semaines pour commenter ce poème à la maison et en leur indiquant la méthodologie à suivre. Je les ai bien sûr invités à fournir un travail exclusivement personnel. Une de mes élèves est venue s'excuser : en cours de déménagement, elle n'avait pas accès à internet. Je me suis contenté de sourire.

Deux semaines plus tard j’ai ramassé les commentaires et grâce aux différents marqueurs que j’avais méticuleusement répartis sur le web j’ai pu facilement recenser quels sites avaient été visités par quels élèves et recopiés dans quelle proportion. A titre d'exemple de marqueurs, la notice biographique de l’auteur de Wikipédia évoquait "Melle de Beaunais", mais le commentaire composé sur Oboulo et Oodoc était plus précis en parlant d'"Anne de Beaunais".

Cette femme aimée sans retour par le poète est évidemment un personnage tout à fait imaginaire (Anne de Beaunais = Bonnet d’âne)...

 
 
Pris au piège

Sur 65 élèves de Première, 51 élèves - soit plus des trois-quart - ont recopié à des degrés divers ce qu’ils trouvaient sur internet, sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d’analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net. Je rappelle qu'ils n'avaient pour cet exercice aucune recherche à faire : le commentaire composé est un exercice de réflexion personnelle.

L'erreur la plus vénielle fut d'utiliser sans discernement les informations de Wikipédia : rien n’indiquait en effet que le poème avait été composé au sujet de Melle de Beaunais. Le raccourci était abusif et non fondé, comme l'aurait montré une recherche plus approfondie : c'était un simple manque de rigueur à l'égard des sources historiques.

Les erreurs les plus graves étaient en revanche les erreurs d’interprétation, voire même de compréhension littérale du poème : des expressions, des phrases et même des paragraphes entiers étaient recopiés sur le net, parfois au mot près, trahissant une incompréhension tant du poème que de la méthodologie du commentaire composé.

J’ai rendu les copies corrigées, mais non notées bien évidemment - le but n'étant pas de les punir -, en dévoilant progressivement aux élèves de quelle supercherie ils avaient été victimes. Ce fut un grand moment : après quelques instants de stupeur et d’incompréhension, ils ont ri et applaudi de bon cœur.

Mais ils ont ensuite rougi quand j’ai rendu les copies en les commentant individuellement…

 
La morale de l'histoire

On recommande aux professeurs d'initier les élèves aux NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication).

Je crois que j'ai fait mon travail et que la conclusion s'impose d'elle-même : les élèves au lycée n'ont pas la maturité nécessaire pour tirer un quelconque profit du numérique en lettres. Leur servitude à l'égard d'internet va même à l'encontre de l'autonomie de pensée et de la culture personnelle que l'école est supposée leur donner. En voulant faire entrer le numérique à l'école, on oublie qu'il y est déjà entré depuis longtemps et que, sous sa forme sauvage, il creuse la tombe de l'école républicaine.

Avec cette expérience pédagogique j'ai voulu démontrer aux élèves que les professeurs peuvent parfois maîtriser les nouvelles technologies aussi bien qu'eux, voire mieux qu'eux.

J'ai ensuite voulu faire la démonstration que tout contenu publié sur le web n'est pas nécessairement un contenu validé, ou qu'il peut être validé pour des raisons qui relèvent de l'imposture intellectuelle.

Et enfin j'ai voulu leur prouver que, davantage que la paresse, c'est un manque cruel de confiance en eux qui les pousse à recopier ce qu'ils trouvent ailleurs, et qu'en endossant les pensées des autres ils se mettent à ne plus exister par eux-mêmes et à disparaître.

Ai-je réussi ? Ce serait à mes élèves de le dire. Une chose est sûre : cette expérience a, je pense, marqué mes élèves et me vaut aujourd'hui une belle réputation dans mon lycée.

Pour ma part je ne crois pas du tout à une moralisation possible du numérique à l'école.

Et je défends ce paradoxe : on ne profite vraiment du numérique que quand on a formé son esprit sans lui.
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
Jacques Prévert

Hors ligne raja

  • Administrateur
  • Pata Citoyen
  • *****
  • Messages: 28596
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #91 le: 22 mars 2012 à 22:14:13 »
c'est juste génial, un peu flippant (des gamins qui ne savent plus aller à la bibliothèque) mais génial :hehe: :hehe: :hehe:

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #92 le: 23 mars 2012 à 12:29:46 »
Belle démonstration à méditer par les petits chefs qui vous clouent au pilori si vous n'utilisez que peu le numérique...  :mrgreen:
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7843
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #93 le: 13 avril 2012 à 12:53:04 »
Citer
Ecole: les moyens attribués renforcent les inégalités

Dans son rapport provisoire, la Cour des comptes souligne les inégalités de répartition des moyens d'enseignement sur le territoire.  
L'éducation n'est plus nationale. Un rapport d'observations provisoires de la Cour des comptes que Le Monde s'est procuré montre pour la première fois l'injustice de la répartition des moyens d'enseignement sur le territoire. Quelque 93 pages d'un travail inédit dévoilent ligne après ligne comment l'Etat donne plus à ceux qui ont déjà plus et moins à ceux qui cumulent tous les risques de réussir moins bien. Un favoritisme qui s'est aggravé ces dernières années.

L'académie de Créteil, qui était en 2006 dans la moyenne nationale pour la dépense par élève dans le primaire, est tombée au 22e rang sur 26. Et c'est la même injustice dans les lycées et collèges. Pour la rentrée 2011, Créteil, qui gagnait 3 836 élèves dans le second degré, a perdu 426 postes, quand l'académie de Paris, qui gagnait, elle, 1 000 élèves, a obtenu 20 emplois de plus.

 L'académie de Paris est la mieux dotée. | Ministère de l'éducation nationale. Infographie "Le Monde"
Ce travail est entre les mains du ministère et de quelques recteurs invités à faire part de leurs remarques à la Cour. La procédure classique prévoit que leurs réponses soient annexées au rapport définitif. Selon la chronologie évoquée dans ces pages, il a fallu une année aux rapporteurs de la Cour des comptes pour obtenir les données nécessaires à leur travail. Les magistrats racontent avoir dû batailler ferme pour obtenir certaines informations du ministère de l'éducation, et précisent que leurs demandes "n'ont pas toujours abouti".

SITUATION ANCIENNE

Même si la situation est ancienne, le gouvernement n'a aucun intérêt à laisser sortir ces comparaisons, qui montrent qu'en 2010 l'Etat a dépensé 47 % de plus pour former un élève parisien que pour former un banlieusard de Créteil ou de Versailles. 51 % de plus pour former un Parisien qu'un Niçois... Il est décrit, noir sur blanc, comment sous couvert d'une éducation censée offrir à tous la même chose, voire donner plus à ceux qui ont moins, l'école française entérine des situations acquises qui sont profondément injustes. Paris a des enseignants expérimentés, une offre de formation bien plus large que d'autres académies et, même si son taux d'encadrement n'est pas plus élevé, cela privilégie le Parisien.

En France, on sait où sont les élèves défavorisés, mais on ferme les yeux sur cette donnée lors de l'allocation des moyens. Le ministère octroie les postes d'enseignants aux académies ni vraiment en fonction du nombre d'élèves, ni en fonction de leur milieu social, ni en fonction des résultats aux évaluations, s'étonnent les magistrats. "Il est impossible à partir des données fournies par le ministère de mettre en regard l'évolution des moyens financiers alloués par l'Etat, celle du nombre d'élèves et celle de leurs résultats", jugent-ils.

Preuve que les situations de fait sont entérinées, les calculs se font toujours par rapport aux moyens dont dispose déjà une académie. S'y ajoutent deux principes, selon la Cour : plus une académie est grande, plus elle est ponctionnée en période de récupération de postes. Et plus son tour arrive tard dans le dialogue de gestion entre le ministère et les académies, moins il reste de postes de profs à distribuer. Dommage pour Créteil et Versailles qui couvrent la banlieue parisienne et ses quartiers difficiles mais répondent à ces deux critères ! Interrogé sur ce rapport, l'actuel directeur de l'enseignement scolaire, Jean-Michel Blanquer, répond que "son affectation des moyens tient compte des nécessités de compensation". Et que son mode d'attribution est "complexe mais pas opaque".

 L'Etat finance plus de la moitié des dépenses d'éducation. | Ministère de l'éducation nationale. Infographie "Le Monde"
Pourtant, la différence de traitement commence dès qu'un enfant met un pied dans l'école. Pour un élève de primaire de l'académie la plus défavorisée de France métropolitaine, le pays dépense 2861euros par an. Pour un Parisien, il en dépense 3 134. De la maternelle au CM2, cela fait un différentiel d'une année d'enseignement... Et la scolarité des enfants de 2 ans, qui doit être un accélérateur de réussite pour ceux qui sont les plus éloignés des apprentissages? Les "pauvres" sont les premiers à en être écartés. Le rapport révèle qu'en Seine-Saint-Denis, seuls 0,9 % des moins de 3 ans ont une place à l'école contre un peu plus de 4 % dans l'académie de Créteil tout entière et 13,4 % en moyenne nationale (jusqu'à 49 % en Lozère).

BONNE CONSCIENCE

Le ministère se donne bonne conscience en calculant l'argent qu'il distribue, en primes et autres crédits pédagogiques, aux zones d'éducation prioritaires (ZEP). Il estime que ces zones bénéficient d'une manne annuelle de 922 millions d'euros. Mais il oublie de prendre en compte le fait qu'on affecte dans les zones défavorisées les profs qui coûtent le moins chers. A Créteil, 21,6 % des enseignants ont moins de 30 ans (pour une moyenne nationale à 9,2 %) et 8,6 % sont non titulaires (contre 4,9% en moyenne). A contrario, à Paris, 24,2 % des profs sont agrégés pour une moyenne nationale deux fois moins élevée. Un établissement de ZEP de Créteil coûte moins cher à l'Etat qu'un établissement classique à Paris! Par ailleurs, selon l'académie où il se trouve, un établissement de ZEP sera différemment doté. Dans l'académie de Marseille, en 2010, l'éducation prioritaire comptait des taux d'encadrement de 4,3 % inférieur à la moyenne d'encadrement de l'académie quand les écoles non ZEP étaient 1,6 % au-dessus, a observé la Cour.

A ces écarts de dotation de l'Etat s'ajoute le différentiel important d'une collectivité territoriale à une autre. En lycée, la participation des régions varie du simple au double, et celle des mairies, pour le primaire, de 1 à 10. Mais le comble est que le ministère ne dispose pas de ces éléments. C'est ce qu'il a répondu à la Cour dans un courrier du 13 octobre 2011! Difficile dans ces conditions d'en tenir compte.

CONSTAT ACCABLANT

Tout cela pose la question du pilotage politique du système éducatif. S'il est une prérogative que la Rue de Grenelle est la seule à pouvoir exercer, c'est bien la correction des inégalités. Or, elle les entérine, selon le constat accablant de la rue Cambon: "Au vu de ces chiffres et de leur évolution récente, aucun élément attestant d'une politique particulière en matière de réduction des inégalités n'apparaît donc de manière flagrante. (...) Alors même que les outils sont disponibles, le ministère ne se met pas en position d'analyser précisément les inégalités territoriales, leurs causes et leurs moyens de les limiter." La Cour ne fait pas de recommandations.

Elle conclut que, "si le ministère souhaite réellement lutter contre les inégalités géographiques de résultats des élèves, une profonde inflexion de ses politiques et une réforme de son mode d'allocation des moyens apparaissent indispensables". En revanche, elle interroge le ministère: "Envisage-t-il une évolution dans sa répartition nationale des moyens ? Si oui, quels en seraient les principes et modalités ?" La réponse apportée à cette question sera un bon indicateur du courage politique du prochain ministre.


http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2012/04/12/ecole-les-moyens-attribues-renforcent-les-inegalites_1684433_1473688.html
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne raja

  • Administrateur
  • Pata Citoyen
  • *****
  • Messages: 28596
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #94 le: 13 avril 2012 à 15:22:06 »
c'est le genre de constat qu'on a tous fait depuis longtemps :merci: j’espère que ça deviendra l'une des priorités du prochain président mais j'en doute hélas. :fache13:

Hors ligne reveillonsnous

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 5823
Re : Sarkozy et l'éducation
« Réponse #95 le: 13 avril 2012 à 21:26:48 »
Article passionnant et extrêmement riche Sarkonique  :merci: :merci: :merci:
Je l'ai lu avec un intérêt +++++++..... Mais j'espère surtout que je me rappellerais de son existence lorsqu'il s'agira d'argumenter sur des débats (que nous avons déjà eu l'occasion d'aborder sur le fofo je crois) qui disent que les jeunes en ZEP mettent vraiment aucune volonté à réussir vu tous les moyens attribués à leurs établissements, ... et autres calembredaines  :fache1: :fache1: ..
et que j'y reviendrais (le retrouverais) à ce moment-là  :gene4: car l’intérêt de ce genre de rapport est de pouvoir argumenter de façon neutre et objective un discours que nos contradicteurs accusent autrement, pauvres de nous  :(, d'être le fait d'affreux gôchiss  tresfache tresfache tresfache
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
Warren Buffett

"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
Theodore Monod