Auteur Sujet: Affaire Karachi  (Lu 69481 fois)

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #100 le: 19 septembre 2011 à 09:26:16 »
la vache encore de la lecture bien copieuse et si peu relayée à la tv (ça pour nous passer la rubrique des faits divers, akeu flash spéciale pour les p'tites filles retrouvées gnagna - ceci dit tant mieux pour elle, mais faire autant de foin pour deux pauvres gamines lâchées dans la nature par des parents inconscients (note de moi-même), ça laisse perplexe alors que tout ce qui suit mériterait que les français se bougent un peu le fion pour mettre en place un gigantesque panier pour y loger tous ces crabes !!!)

Je finis par penser que Denis Robert avait tirer le bout de la ficelle, et que là y a toute la pelote qui commence à venir...

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[revue de presse] - [105] - [1er aout - 18 septembre 2011]
 


L'INTERMEDIAIRE ZIAD TAKIEDDINE MIS EN EXAMEN
France info 15.09.2011

"L’homme d’affaires libanais Ziad Takieddine, intermédiaire présumé dans la vente de sous-marins par la France au Pakistan en 1994, a été mis en examen par le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, chargé du volet financier de l’affaire Karachi. En mai 2002, un attentat à Karachi au Pakistan a fait 15 morts dont 11 Français travaillant pour la Direction des constructions navales (DCN). La justice étudie l’hypothèse selon laquelle l’attentat pourrait être lié à l’arrêt du versement de commissions sur des contrats d’armements.

Le milliardaire Ziad Takieddine a été mis en examen pour abus de biens sociaux. Cet intermédiaire dans des contrats d’armement a été placé sous contrôle judiciaire “classique”, une interdiction de quitter le territoire et d’entrer en contact avec les autres protagonistes de l’affaire, a ajouté Ludovic Landivaux, son avocat.

Ziad Takieddine a été interrogé par le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke dans une affaire visant un supposé financement de la campagne présidentielle de 1995 du candidat de droite Edouard Balladur par des commissions frauduleuses en marge d’un marché de livraison de sous-marins au Pakistan.

Ziad Takieddine est au centre de deux importants contrats d’armement des années 1990, la vente de sous-marins au Pakistan en 1994 et un marché de frégates avec l’Arabie saoudite à la même époque.

Une mission d’information parlementaire et des éléments des procédures judiciaires publiées dans la presse ont désigné Ziad Takieddine comme l’intermédiaire par lequel sont passés 33 millions d’euros de commissions occultes dans le contrat des sous-marins au Pakistan et 200 millions en marge du contrat saoudien.

Selon le site Mediapart, le juge dispose d’un témoignage mettant en cause l’homme d’affaires, ainsi que Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy et Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon. Selon ce témoin, Thierry Gaubert a accompagné à plusieurs reprises Ziad Takieddine dans une banque suisse pour y retirer des fonds, remis à Paris à Nicolas Bazire, directeur de campagne d’Edouard Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy était porte-parole de cette campagne.
lien direct : http://www.france-info.com/france-justice-police-2011-09-14-karachi-l-intermediaire-ziad-takieddine-mis-en-examen-561931-9-11.html



TAKIEDDINE RENVOIE VERS LE CLAN CHIRAC
Nouvelobs
[...] "J'affirme que je n'ai joué aucun rôle dans la conclusion de l'affaire Agosta. C'est un point essentiel", a-t-il dit au juge. Des responsables de la Direction des constructions navales (DCN) ont affirmé que M. Takieddine avait été imposé comme intermédiaire par le ministère de la Défense, à l'époque dirigé par François Léotard.

En revanche, M. Takieddine s'est montré plus prolixe sur les contrats Sawari II et Miksa, respectivement vente de frégates et de matériel de surveillance des frontières à l'Arabie saoudite.

Devant le juge, il a déclaré avoir "joué un rôle dans la reprise des relations entre la France et l'Arabie saoudite" en 1993. Trois ans plus tard, les relations entre les deux pays se tendent lors de la première visite officielle du président Jacques Chirac. Ce dernier a "accusé l'Arabie saoudite d'avoir, à travers le contrat Sawari II, financé par les Frais commerciaux extérieurs (FCE, nom pudique des commissions) la campagne de son ami de trente ans, devenu son ennemi, Edouard Balladur", selon M. Takieddine.

En 1995, Jacques Chirac a demandé de cesser le versement de commissions liées à des contrats d'armements en raison de soupçons de rétro-commissions, avait expliqué l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin en novembre dernier. Ces rétro-commissions auraient pu alimenter la campagne présidentielle de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur, ce dont ce dernier s'est fermement défendu.

La justice considère que l'arrêt de ces commissions pourrait être une cause possible de l'attentat de Karachi, qui a coûté la vie à 15 personnes dont 11 Français travaillant sur la construction de ces sous-marins en mai 2002.

Concernant le contrat Sawari II, Ziad Takieddine explique être alors allé voir Rafic Hariri, l'ancien Premier ministre libanais, assassiné en 2005, pour lui demander d'intervenir auprès de M. Chirac, dont il était proche, pour débloquer le contrat.

M. Hariri aurait, affirme M. Takieddine, payé une partie des commissions bloquées. "Le contrat Sawari II n'a pas été changé. Il a été entièrement payé tel que signé. Je me demande en conséquence ce qu'est devenue la part des FCE qui a été 'arrêtée' et quelle destination autre elle a prise", a-t-il déclaré au juge.

Evoquant le contrat Miksa, dont la signature était prévue en février 2004, M. Takieddine affirme que le président Jacques Chirac a interdit à son ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, de signer le contrat avant d'évoquer deux réunions préparatoires avec Claude Guéant, directeur de cabinet de M. Sarkozy, et Brice Hortefeux, alors conseiller du ministre, en Arabie saoudite en octobre et novembre 2003.

L'Elysée voulait imposer une société de commercialisation de matériel militaire, la Sofresa, alors que l'Intérieur en avait une autre, Civipol.

Lorsque Dominique de Villepin a remplacé Nicolas Sarkozy place Beauvau, "l'affaire Miksa a été gelée", selon M. Takieddine. Les négociations ont repris en 2006, a-t-il ajouté.

Il précise avoir été contacté par un intermédiaire, Alexandre Djouhri, pour renouer le fil avec les Saoudiens, à la demande de Jacques Chirac. Evoquant un dîner à Genève avec M. Djouhri, ce dernier "a appelé Jacques (Chirac) et Maurice (Gourdault-Montagne, conseiller du président). Il a dit à Jacques qu'il était avec 'Zorro' et que les choses avançaient avec pas mal de difficultés", a poursuivi M. Takieddine.

L'homme d'affaires franco-libanais a dit au juge s'être "senti piégé par l'Elysée" sur cet important contrat qui n'a jamais été conclu entre les deux pays. AP
lien direct : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110916.FAP4553/karachi-takieddine-renvoie-vers-le-clan-chirac.html



BFM TV : <a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xl4o0p" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xl4o0p</a>

LES DOCUMENTS TAKIEDDINE OU LA SALE VERITE DU SARKOZYSME
Edwy Plenel / Mediapart 17.08.2011
Les documents Takieddine, dont Mediapart a commencé la publication le 10 juillet, dévoilent la vérité de la présidence de Nicolas Sarkozy. Et cette vérité est sale. Ayant pour fil conducteur l’argent noir des ventes d’armes, cette documentation sans précédent dans l’histoire de la République met à nu un système dont l’intérêt financier est le seul mobile, au détriment des lois en vigueur et de la morale publique.

Ces pratiques ou ces tentations ont toujours existé, et les affaires politico-financières qui ont terni les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac en témoignent abondamment. Mais jamais elles n’avaient été installées avec tant d’ampleur au cœur du pouvoir comme le démontrent nos révélations qui attestent la place centrale occupée par Ziad Takieddine dans le dispositif sarkozyste. Jamais elles ne s’étaient étendues à ce point jusqu’à contaminer le sommet de l’État, ses règles fonctionnelles et ses usages administratifs. Telle est la révélation des documents Takieddine : la promotion de la corruption au cœur du pouvoir exécutif.

N’ayant d’autres compétences que son rôle d’intermédiaire auprès de régimes autoritaires ou dictatoriaux qui échangent des marchés juteux contre une reconnaissance diplomatique, Mr Takieddine n’a jamais cessé d’appartenir au premier cercle qui entoure Nicolas Sarkozy depuis qu’il fit ses premières armes, en 1994-1995,

 
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sur les contrats pakistanais qui sont au cœur de l’affaire Karachi. Ce Franco-Libanais n’est pas un simple intermédiaire, mais un conseiller occulte. Il fait des notes confidentielles, conçoit la stratégie secrète, participe aux réunions dans les palais de la République, donne son avis politique, transmet ses recommandations diplomatiques, prépare les rencontres avec des chefs d’État étrangers, organise les voyages préalables, s’occupe des contacts préliminaires, traduit de l’arabe les documents ou les conversations les plus sensibles, transmet officieusement des messages officiels, etc.

Depuis le retour, en 2002, de Nicolas Sarkozy sur la scène politique nationale, cet activisme militant d’un intermédiaire en vente d’armes ne s’est jamais démenti. Via le principal collaborateur administratif de Mr Sarkozy, le préfet Claude Guéant – aujourd’hui devenu ministre de l’Intérieur après avoir été son irremplaçable directeur de cabinet comme ministre puis le Secrétaire général de l’Élysée –, Mr Takieddine n’a cessé d’occuper ce rôle clé dans la sarkozie, aussi bien auprès du ministre de l’intérieur avant 2007 qu’auprès du président de la République depuis 2007. Après le Pakistan de ses débuts, son champ d’action a notamment concerné l’Arabie saoudite, puis la Libye, mais aussi la Syrie et le Liban, son pays d’origine.

Dans chaque cas, il s’est agi de promouvoir une politique extérieure de la France complaisante sinon complice avec des régimes non-démocratiques, aujourd’hui ébranlés par le vent de liberté du 89 arabe, et notamment les pires d’entre eux, les dictatures libyenne et syrienne. Mais surtout, dans chaque cas, il s’est agi d’en profiter pour obtenir ou tenter d’obtenir des contrats sur des ventes d’armes ou sur des achats de pétrole – ce que démontreront nos prochains épisodes syrien et libyen – au détour desquels l’enrichissement notable de Mr Takieddine était garanti par des commissions dont les destinations finales se perdent dans des paradis fiscaux.

Contrairement à ce qu’on avait pu croire avec les révélations constantes de Mediapart, depuis 2008, sur l’affaire Karachi qui ont amené la justice à enquêter sur son volet financier, Mr Takieddine n’est donc pas l’homme d’une seule affaire : cette vente de sous-marins au Pakistan dans laquelle il fut imposé en 1994 comme intermédiaire par le gouvernement Balladur dans la perspective du financement de sa campagne électorale de 1995, avec un circuit de commissions passant par une société écran dont la création fut supervisée par le ministre du budget de l’époque, Nicolas Sarkozy. Il fut en vérité l’homme de toutes les opérations similaires tentées depuis 2002 par le premier cercle de l’actuel chef de l’État dont les documents en notre possession prouvent qu’elles avaient la même finalité : assurer des financements occultes en vue d’une conquête durable du pouvoir suprême qui serait la garantie d’une protection et d’une poursuite de ces pratiques illicites

Le fil noir de l’aventure Sarkozy

Les documents déjà révélés par Mediapart à propos de l’Arabie saoudite et de la Libye le confirment. En 2003, alors que Nicolas Sarkozy est ministre de l’intérieur, Ziad Takieddine a failli toucher 350 millions d’euros de commissions occultes dans le cadre d’un marché d’armement avec l’Arabie saoudite. Interrompue sur intervention de Jacques Chirac, alors président de la République, cette négociation était secrètement conçue par celui que Ziad Takieddine nomme alors « le patron » et dont il n’était que l’exécutant : Nicolas Sarkozy. Le montage prévu afin de cacher les circuits financiers occultes passait par « les décisions suivantes du patron », écrit Mr Takieddine : la création d’une « nouvelle structure complètement dépendante de son ministère » qui, en assurant « le rôle de Conseil du Projet », « sera capable de couvrir le sujet “sensible” par le biais de ses honoraires ».

Ce sujet sensible n’est autre que le versement de commissions pour lesquelles un échéancier avait été prévu par Ziad Takieddine sur le même modèle que celui déjà utilisé en 1994 pour un contrat de ventes de frégates militaires à l’Arabie saoudite. Ce précédent contrat avait été validé par le ministre du budget de l’époque qui n’était autre que Nicolas Sarkozy. Mr Takieddine finira par toucher 91 millions d’euros de commissions sur ce marché. S’agissant de la tentative avortée de 2003, on retrouve donc les mêmes personnages, le même ministre, passé du budget à l’intérieur, et le même intermédiaire professionnel, sinon personnel.

Les notes Takieddine qui détaillent le montage financier prévu sont destinées à l’entourage direct de Nicolas Sarkozy, essentiellement son conseiller Brice Hortefeux, devenu ensuite ministre délégué aux collectivités locales, et son directeur de cabinet, le préfet Claude Guéant. Elles évoquent, dans un euphémisme transparent, lettre capitale comprise, « le Système voulu ». Elles mentionnent une « couverture/parapluie sur place » qui serait « indispensable pour permettre une “assurance” de résultat ». Enfin et surtout, elles mentionnent une « Banque d’Affaires du P. » dont le rôle financier paraît décisif : « Il sera utile lors de la prochaine visite de préparation ultime de confirmer la signature avec la Société, représentée par la Banque d’Affaires du P., du contrat en votre possession suivant le schéma approuvé », écrit ainsi Mr Takieddine aux collaborateurs directs de Mr Sarkozy, le 23 octobre 2003.

Les mêmes enjeux financiers occultes sont présents dans le dossier libyen, tel que le dévoilent les documents Takieddine. Ce dernier fut l’instrument direct du rapprochement privilégié avec Mouammar Kadhafi, entrepris dès 2005 par Nicolas Sarkozy via son bras droit, Claude Guéant. L’incongruité de la réception fastueuse du dictateur à Paris fin 2007, à l’invitation personnelle du président de la République nouvellement élu, trouve ici son fin mot : après la libération des infirmières bulgares, marché symbolique qui masquait les marchés financiers, c’était en quelque sorte une bonne manière faite à un partenaire en affaires.

Entravée de nouveau par la cohabitation conflictuelle avec Jacques Chirac, cette offensive libyenne aboutira à au moins un contrat d’armement : la livraison au régime libyen de matériel de guerre électronique offrant « une solution inviolable au système d’espionnage anglo-américain ». Mr Takieddine touchera 4,5 millions d’euros de commissions sur ce marché. Auparavant, il aura cornaqué, dans leurs déplacements discrets en Libye, MMrs Hortefeux et Guéant, préparant leurs voyages et leur donnant des recommandations précises.

Des guillemets aussi symboliques qu’énigmatiques accompagnent la mention dans ses notes de l’enjeu « commercial » de ces visites de deux représentants personnels de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur : « Le “contenu”, ainsi formulé, prendra en compte les sensibilités du pays, créant ainsi un “partenariat” qui permettra la réalisation de l’objectif commercial. (…) Il est indispensable que le volet “commercial” de la visite ne soit pas mis en avant par les préparatifs officiels. Seulement comme un point important dans le cadre des “échanges” entre les deux pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. » Ainsi donc la valse des millions qui, pour Ziad Takieddine, avait commencé, en 1994, avec les commissions sur la vente de sous-marins au Pakistan – il est soupçonné d’avoir touché sur ce contrat l’équivalent de 33 millions d’euros – n’a cessé de continuer après le retour au gouvernement en 2002 de Nicolas Sarkozy, ce « patron » du marchand d’armes qui allait devenir, en 2007, président de la République française.

Plus de 5 000 documents incontestables

L’affaire Karachi est au cœur d’une histoire passée : le financement occulte en 1995 de la campagne d’Edouard Balladur dont Nicolas Sarkozy était le plus ferme soutien et qui fut finalement vaincu par son rival à droite, Jacques Chirac. En revanche, les documents Takieddine sont au centre d’une histoire actuelle : l’élection en 2007 de l’actuel président de la République qui, jusqu’à preuve du contraire, entend bien être de nouveau candidat en 2012 pour se succéder à lui-même. La première est aux mains de la justice, deux juges d’instruction étant chargés d’enquêter sur son volet financier, Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. Mais on serait étonné que les seconds ne suscitent pas leur curiosité, Mr Takieddine faisant office de trait d’union financier entre les campagnes présidentielles de 1995 et de 2007.

La situation créée par nos révélations est totalement inédite. En général, les investigations des journalistes accompagnent des curiosités judiciaires, avec plus ou moins de distance ou de bonheur. Mediapart, de l’affaire Karachi jusqu’à l’affaire Tapie, en passant par celle des Caisses d’Épargne, sans compter bien d’autres révélations ponctuelles, a déjà prouvé qu’il n’entendait pas s’y limiter. Comme celle de la presse, l’indépendance de la justice est une bataille quotidienne qui suppose le renfort de médias libres, capables de dévoiler des réalités insoupçonnées par les juges eux-mêmes. Dans le cas qui nous occupe, Mediapart est en possession de plus de 5 000 documents incontestables qui, pour l’heure, ne sont entre les mains d’aucun magistrat et ne font donc partie d’aucune procédure judiciaire.

Jamais un organe d’information ne s’est trouvé ainsi détenteur d’une telle somme de secrets dévoilant sur une longue durée les combines d’un marchand d’armes et son ascension au cœur du pouvoir politique. C’est en quelque sorte le journal de bord d’un triple personnage, à la fois conseiller occulte, intermédiaire sulfureux et financier de l’ombre. Aucun des documents déjà révélés par Mediapart n’a été réfuté ou contredit. Sollicités, les protagonistes, quand ils veulent bien nous répondre, ne les contestent d’ailleurs pas. Il va de soi, enfin, que nous veillons à n’exploiter, dans cette masse de documents, que ce qui est d’intérêt public, en écartant tout ce qui pourrait relever de la vie privée.

La richesse exceptionnelle de ce matériau explique sans doute la lenteur de son cheminement dans l’espace public. Il faut du temps pour en prendre connaissance, l’assimiler et l’analyser, tout comme il nous faut du temps pour le trier et le traiter. Mais, à mesure que se poursuivront nos révélations, nul doute que les questions d’ores et déjà posées, notamment par le Parti socialiste et par le Parti de gauche, seront de plus en plus relayées par une opposition qui prendra la mesure de l’extrême gravité des faits révélés. Pour aider à cette prise de conscience, nous mettrons progressivement ces documents en ligne, dans les semaines à venir, sur notre site documentaire FrenchLeaks où ils seront en accès libre.

Quant aux très faibles ou trop rares reprises de ces informations d’intérêt public par une grande part des médias français, nos lecteurs savent que l’entêtement finit toujours par payer, comme ce fut le cas, certes plus rapidement, avec nos révélations l’été dernier sur l’affaire Bettencourt qui furent d’abord boudées ou ignorées. S’il fallait une nouvelle preuve de l’état inquiétant de notre univers médiatique, en termes d’audace éditoriale et d’indépendance politique, ces lenteurs suffiraient à l’apporter. La place occupée par l’actuel patron éditorial du Figaro, Etienne Mougeotte, dans le dispositif relationnel de Ziad Takieddine ne fait que souligner une réalité qui les dépasse tous deux : le fait sans précédent dans une démocratie digne de ce nom qu’un grand quotidien soit non seulement la propriété d’un élu notable du parti au pouvoir, mais surtout celle d’un marchand d’armes vivant de la commande publique. Le sénateur UMP Serge Dassault n’est rien sans l’État français, son principal client auquel il vend sans concurrence ni transparence ses avions de combat, voire ses drones comme l’illustre un contrat récent imposé par le pouvoir à nos armées malgré leurs réticences.

C’est l’affaire des journalistes, ceux du Figaro compris, de ne pas accepter la corruption de leur profession induite par ces conflits d’intérêts qui, hélas, existent aujourd’hui dans la plupart des grands médias privés, propriétés d’industriels ou de financiers extérieurs aux métiers de l’information. Et c’est l’affaire de tous les citoyens de faire en sorte que la campagne présidentielle de 2012 porte la question centrale d’une libération de la presse française de toutes ces sujétions qui minent sa vitalité et ruinent son intégrité. Dans cette attente, Mediapart continuera d’illustrer, avec ses faibles moyens mais aussi sa grande détermination, l’indispensable rôle d’alerte et d’éveil démocratique d’une presse libre.

S’il est honnête et rigoureux, le travail est toujours récompensé : de même qu’en juillet 2010, nombre de médias n’avaient pas fait état des décisions de justice nous donnant raison dans la diffusion des enregistrements Bettencourt, le désistement soudain de Claude Guéant dans l’action judiciaire qu’il avait spectaculairement engagée à notre encontre en novembre 2010 est presque passé inaperçu, tout comme la mise en examen de Xavier Bertrand à notre demande pour ses propos diffamatoires qualifiant nos méthodes de « fascistes ». Il en ira de même avec les documents Takieddine : tôt ou tard, ils seront au cœur du débat public, tout simplement parce qu’ils dévoilent la corruption aujourd’hui installée au cœur du pouvoir. Une corruption qui ronge la République, mine ses valeurs et discrédite ses principes.

La corruption au cœur du pouvoir

En 1992, dans un ouvrage qui fit date, l’universitaire Yves Mény définissait en termes forts parce que simples et clairs la corruption : « Par définition, la corruption est un échange occulte, secret qui permet d’accéder à des ressources que le respect des règles et procédures n’aurait pas permis d’obtenir ou aurait rendu aléatoires. » Nous y sommes, évidemment. La Corruption de la République, sujet et titre de l’ouvrage de Mr Mény, paru chez Fayard, n’est évidemment pas nouvelle, facilitée et aggravée, soulignait-il déjà, par l’absence de transparence et la concentration du pouvoir. Mais la corruption au cœur de la République, comme installée à demeure et avec tant d’impudeur, c’est de l’inédit.
Ici, la corruption générale des règles administratives entraîne une corruption insidieuse des mœurs politiques. À l’argent sale obtenu de dictatures opprimant et réprimant leurs peuples s’ajoute le mépris total de la loi et des règlements, comme de ceux qui en sont les gardiens ou les instruments. Témoignant d’une diplomatie parallèle qui piétine allègrement les fonctionnaires du Quai d’Orsay, les documents Takieddine prouvent que le pouvoir était prêt à négocier au mépris du droit le sort judiciaire du bras droit de Kadhafi, Abdallah Senoussi, responsable, entre autres massacres, de l’attentat contre le DC10 d’UTA qui fit 170 victimes.

Ils prouvent aussi, de façon incontestable, que Ziad Takieddine, résident fiscal français et personnalité connue du sommet de l’État, ne paye pas d’impôts. Malgré une fortune évaluée à 97,2 millions d’euros dont plus de 40 millions sont localisés en France, il ne verse rien pour l’intérêt général, zéro centime, défiant avec constance la loi fiscale sans laquelle il n’y aurait pas de budget de la Nation, et donc pas d’État. Et il le fait alors même que c’est grâce à cet État qu’il s’est enrichi, en touchant les commissions que sa place auprès de Nicolas Sarkozy, ministre puis président de la République, lui a permis d’obtenir.

Sommes-nous toujours en République ? On en douterait sincèrement au constat que cette information aussi stupéfiante qu’indiscutable n’a, jusqu’à aujourd’hui, suscité aucun commentaire des ministres directement concernés, ceux des finances et du budget, François Baroin et Valérie Pécresse. On en doute assurément quand l’on constate que Ziad Takieddine n’a cessé de fréquenter des ministres du budget, de Nicolas Sarkozy lui-même à Jean-François Copé qui est non seulement son ami mais aussi son débiteur, comme l’atteste la comptabilité du marchand d’armes. On en doute définitivement quand l’on découvre, parmi d’autres hauts fonctionnaires, un ancien directeur du budget sous les gouvernements de droite parmi les invités très choisis du dîner festif organisé par Ziad Takieddine quatre jours après la victoire de la droite aux législatives de 2002.

S’efforçant de classer la corruption par catégories de dangerosité, le politologue Yves Mény mettait en haut de l’échelle cette « situation beaucoup plus grave où quelques décideurs publics, par l’importance des décisions financières et économiques qu’ils prennent, sont à même de déterminer le mode et le type de rapports qu’entretient l’administration avec le secteur privé ». Dès lors, poursuivait-il, « au sein de l’État de droit se crée ainsi un club, une “société mafieuse” avec ses codes et ses règles de conduite, ses rétributions et ses sanctions ». Il faut donc croire que, là aussi, nous y sommes.

La mafia comme métaphore politique

Car ce qui frappe dans la masse des documents Takieddine, albums photos compris, c’est la présence constante d’un cercle très fermé de proches de Nicolas Sarkozy. On y trouve d’abord le conseiller de toujours, l’ami et serviteur indéfectible, Brice Hortefeux, dont on sait qu’il se prépare à organiser la future campagne présidentielle. Puis deux autres proches issus du terrain de jeu initial, la ville de Neuilly-sur-Seine et le département des Hauts-de-Seine : Thierry Gaubert, qui, comme Mediapart l’a raconté dès 2008, est impliqué dans un scandale immobilier lui valant aujourd’hui d’être en instance de jugement à Nanterre, notamment pour escroquerie, et Dominique Desseigne, qui n’est pas seulement le patron du Fouquet’s mais surtout celui du groupe Barrière dont les casinos règnent sur presque tout le territoire national.

Enfin, deux autres personnages complètent ce tableau presque intime. Le premier est Jean-François Copé, dont on comprend mieux en découvrant les documents Takieddine la confiance présidentielle qui lui vaut d’être aujourd’hui à la tête de l’UMP. Le second est Claude Guéant qui, avant de devenir ministre de l’intérieur fin 2010, fut considéré comme le numéro deux de la République, secrétaire général de l’Élysée prenant le pas sur le premier ministre et son gouvernement au mépris de tous les usages. Ziad Takieddine est donc éminemment proche de ces cinq personnalités essentielles dans le dispositif politique de Nicolas Sarkozy. Et quand il n’invite pas ou ne régale pas les uns, il abreuve de notes ou de conseils les autres. Autrement dit, il fait lui aussi partie du clan, ou du « club » pour reprendre Mr Mény. De ce premier cercle qui entoure « le patron ».

L’Italie, qu’ont beaucoup fréquentée les politologues qui, comme Yves Mény, ont étudié la corruption de nos républiques, a eu la chance d’avoir, avec Leonardo Sciascia, un écrivain sicilien qui n’avait pas peur de la mafia au point d’en faire le matériau de son œuvre. Dans une note qui clôt Le Contexte, un roman de 1971 porté à l’écran par Francesco Rosi sous le titre Cadavres exquis, il confie avoir imaginé « un pays où n’avaient plus cours les idées, où les principes – encore proclamés et célébrés – étaient quotidiennement tournés en dérision », un pays « où le pouvoir seul comptait », pouvoir, ajoutait-il, qui, « de plus en plus et graduellement, prend la forme obscure d’une chaîne de connivences, approximativement la forme de la mafia ».

Aussi provocante soit-elle, cette métaphore politique de la mafia ne s’en impose pas moins à la lecture des documents Takieddine. Tant ils offrent clairement le tableau d’une chaîne de connivences dont le pouvoir est le seul enjeu, et l’argent le seul ressort. D’un monde d’intérêts aussi féroces qu’égoïstes où la loi est bafouée, et la République déshonorée. S’interrogeant en 1979, dans La Sicile comme métaphore, sur la persistance culturelle de la mafia dans sa Sicile natale, Leonardo Sciascia reprochait aux partis de gauche d’avoir trop déserté « l’exercice de l’opposition, et donc de la dénonciation, une fonction salutaire et capitale dans une démocratie ». « Une vraie révolution culturelle en Sicile ne sera pas possible tant qu’il n’y aura pas une bonne opposition », concluait l’écrivain.

Il en va aujourd’hui pour notre France sous Sarkozy comme de la Sicile de Sciascia. Devenu une île sous cette présidence, car de plus en plus coupé du monde et des autres, offrant le spectacle d’une déchéance morale en son sommet, où la xénophobie officielle sert de diversion aux corruptions essentielles, notre pays a en effet urgemment besoin d’une bonne opposition. D’une opposition qui n’ait pas peur d’affronter cette chaîne de connivences qui, désormais, s’étend à l’abri des institutions de la République.
lien direct : http://www.mediapart.fr/journal/france/040811/les-documents-takieddine-ou-la-sale-verite-du-sarkozysme




Mise d'une partie de l'article sous spoiler
Tyger je t'envoie un MP  :fleur2:
RN
« Modifié: 19 septembre 2011 à 12:05:11 par reveillonsnous »
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
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"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
Jacques Prévert

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #101 le: 21 septembre 2011 à 18:02:46 »
Nicolas Bazire en garde à vue...  :super:

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #102 le: 22 septembre 2011 à 20:37:25 »
Cette fois-ci, je crois que son compte est bon ! Encore meilleur que les diams de Giscard !

La presse a l'air de lâcher son maître, pareil pour la télé,  il reste quelques maigres miettes de Tristane Banon, Guerini, mais le grand truc c'est les valises ! Entre soutenir NS et sauver son cul, le choix est vite fait.

Sarko en train de faire le con devant la statue de la Liberté, la ramener à l'ONU, le futur Kévin Sarkozy, la Lybie, Palestine élevé au statut d'un deuxième Vatican, DSK, le satellite UARS qui va nous tomber sur le coin de la gueule, tout le monde s'en fout !

Si le Figaro met cette histoire à la Une demain, on saura qu'il est cuit ! Il lui restera que Nadine Morano, et encore ce n'est pas sûr...

Bientôt les primaires à l'UMP !
Le travail est l'opium du peuple !

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #103 le: 22 septembre 2011 à 20:58:17 »
J'aimerais être aussi optimiste que toi Oblomov :merci:mais j'ai bien peur qu'il réagisse en animal blessé et nous le fasse payer très cher . Mais ça fait du bien de lire ton enthousiasme .
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #104 le: 23 septembre 2011 à 02:17:26 »
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Si le Figaro met cette histoire à la Une demain, on saura qu'il est cuit ! Il lui restera que Nadine Morano, et encore ce n'est pas sûr...

Denisot à Morano hier soir, en substance : "on a appelé beaucoup de monde pour réagir, vous êtes la seule qui ayez accepté de venir"...

Xavier Bertrand va en faire une jaunisse.

D'autant qu'elle n'a pas eu de chance : elle est tombée sur un avocat qui gueule plus fort qu'elle.
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #105 le: 23 septembre 2011 à 06:00:21 »
Il semble que ça serait Hortefeux derrière les "fuites" du dossier qui affirment que NS n'est mentionné nulle part.
Recapitulons :

1. Sarko ignorait tout de la vente
2. Tout en ignorant tout, il s'opposait à la dite vente
3. En tant que ministre du budget il ignorait tout de la socièté Heine
4. Édourd Balladur n'est qu'une vague connaissance
5. À la différence de Tristane Banon et Nafissatou Diallo, Hélène de Yougoslavie et l'ex-Mme Takieddine ne sont que les harpies rancunières et menteuses
6. C'était bien la peine de sauver la Lybie, le Palestine, l'euro, faire un gosse et tout le bastringue pour être emmerdé par une fable pareille !
7. Non, mais !
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #106 le: 23 septembre 2011 à 09:28:59 »
hier sur canal+ morano la brailleuse et l'avocat des familles, c'était pétage de câble et menace de procès :taistoi:

voir les vidéo sur le post, c'est folklo  http://www.lepost.fr/article/2011/09/22/2596320_karachi-nadine-morano-vs-olivier-morice-ca-clashe-au-grand-journal.html

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #107 le: 23 septembre 2011 à 09:41:04 »
Si l'UMP souhaitait que Sarko perde en 2012 elle s'y prendrait pas autrement. Le seul porte-parole plus inepte que Frédéric Lefebvre est sans doute Nadine Morano !

Je commence à croire qu'ils espèrent laisser la main pour mieux rebondir en 2017 ; sinon comment expliquer la sortie de Fillon sur la retraite "à l'Allemande" à 67 ans ?

Sont-ils capables de calculer à si longue terme ? J'en doute. Ils sont donc d'une connerie insondable.

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #108 le: 23 septembre 2011 à 10:11:08 »
De mieux en mieux !
C'est génial, tout le monde écoute tout le monde !
Brucie aurait téléphoné à Gaubert parce qu'il faisait du souci pour son ami, qui ne se sentait pas bien ! Manque de pot, il était en garde à vue à ce moment précis ; comble de malchance, les flics avaient oublié de prendre son portable !
Encore moins convaincant que son histoire d'Auvergnat. Puisqu'on est dans les "fables" il faut dire que Huertafuego n'est pas vraiment ceinture noire de la fabulation.

Ensuite le Monde a pu connaître le contenu de son appel, (celui de BH) ainsi qu'un autre concernant Hélène de Yougoslavie qui "balançait" (sic) sans parler du contenu du dossier de van Ruymbeke, que tout le monde semble connaître.
Quel bordel !
Ils font exprès ?
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #109 le: 23 septembre 2011 à 10:16:34 »
Cela vire au gag !!!

Mais je pense qu'ils n'ont plus le soutien des hauts fonctionnaires qui en "plein le ---" !!!!

C'est reparti comme pour bettencourt je pense !!! :super: :super: :super:

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #110 le: 23 septembre 2011 à 10:18:57 »
tiens donc pourquoi tant d'attention sur le sujet ? y aurait-il des affaires en cours qui mériteraient d'assurer ses arrières ?

Citer
L'Elysée surveille de près les nominations judiciaires
22 septembre 2011 14:19, Le Monde

Il y a des jours où le métier de garde des sceaux est fatigant. Michel Mercier a officiellement saisi, mercredi 21 septembre, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) d'une liste de cinq procureurs généraux sur lesquels il réclame un avis.

Il s'agit de postes sensibles, pour de hauts magistrats qui vont rester en place pendant sept ans, et qui ont fait l'objet de courtoises, mais intenses négociations depuis le printemps.
 [Article complet : lemonde.fr]



non je dois être parano sans doute, que des "faits divers" un peu plus conséquents que d'hab'...


Citer
[revue de presse] - [107] - [jeudi 22 septembre 2011] - [L'Elysée fébrile]



1 / NICOLAS BAZIRE MIS EN EXAMEN

AFFAIRE KARACHI : LE PRESIDENT EST-IL EN DANGER ?
JDD

"Thierry Gaubert, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, a été mis en examen mercredi soir pour recel d'abus de biens sociaux dans l'enquête sur l'affaire Karachi.

Nicolas Bazire, ancien directeur de campagne d'Edouard Balladur et autre proche de Nicolas Sarkozy, a été également mis en examen jeudi,  pour complicité d'abus de biens sociaux et laissé en liberté sans contrôle judiciaire dans le volet financier du dossier Karachi.

Le juge Renaud van Ruymbeke enquête sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995 (dont le porte-parole de campagne était Nicolas Sarkozy), par le biais de rétrocommissions versées dans le cadre de contrats d'armement, mises en lumière dans l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002."
lien direct :
http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Nicolas-Bazire-a-ete-mis-en-examen-393653/?from=headlines




BFM TV / DEBAT C.REGNARD ET FABRICE LHOMME
<a href="http://www.youtube.com/v/kCgV4riY3ug?version=3&amp;amp;hl=fr_FR" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/kCgV4riY3ug?version=3&amp;amp;hl=fr_FR</a>

Autres articles :
- KARACHI, DE L'ATTENTAT A L'AFFAIRE POLITICO-FINANCIERE, La dépêche
- AVEC BAZIRE ET GAUBERT, LA JUSTICE TOUCHE AU "PREMIER CERCLE SARKOZYSTE, Le Monde

2 / LA RÉACTION DE L’ÉLYSÉE


SARKOZY SE DIT ETRANGER A L'AFFAIRE
Europe1

"L'étau semble se resserrer autour du chef de l'Etat dans l'enquête sur le volet financier de Karachi puisque deux de ses proches sont désormais mis en examen . Mais la présidence de la République réfute jeudi, dans un communiqué diffusé en début d'après-midi, tout lien entre Nicolas Sarkozy et le financement de la campagne électorale d'Edouard Balladur en 1995. Et dénonce "calomnie et manipulation politicienne" dans ce dossier.

Sarkozy "n'a pas dirigé la campagne" de Balladur

Dans ce communiqué, l'Elysée assure que le chef de l'Etat n'a "jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne", dont il était le porte-parole, et que son nom "n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier". "M. Nicolas Sarkozy n'a jamais dirigé la campagne de M. Edouard Balladur", ajoute le document officiel.

Nicolas Sarkozy se redit par ailleurs "totalement étranger" au dossier de financement illégal de la campagne de Balladur par d'éventuelles rétrocommissions provenant de contrats de ventes d'armes.

François Fillon a pour sa part dénoncé jeudi dans un communiqué les "attaques insidieuses et calomnieuses" dont Nicolas Sarkozy est, selon lui, "la cible" à travers l'affaire Karachi. Le Premier ministre, "attaché au bon fonctionnement de nos institutions, invite les Français à rejeter les insinuations et les spéculations malveillantes qui entourent le déroulement des enquêtes", précise le communiqué, ajoutant que "l'affrontement politique n'autorise pas tout".

Bazire nie toute implication

Après Thierry Gaubert, ancien conseiller du président, Nicolas Bazire, un autre de proche de Nicolas Sarkozy, a été mis en examen jeudi dans l'enquête sur une possible corruption politique lors de l'élection présidentielle de 1995.

Nicolas Bazire lui-même a fait part de son "absence totale d'implication", dans la signature de contrats d'armement au coeur de l'enquête, a déclaré son avocat Jean-Yves Liénard. "Aucun témoin ou mis en examen n'a une seule fois parlé de Nicolas Sarkozy, qui est totalement absent du dossier", a par ailleurs affirmé Me Liénard.

L'opposition socialiste a souligné jeudi les liens étroits entre Nicolas Sarkozy et plusieurs personnes mises en cause dans l'enquête sur l'attentat anti-français commis en 2002 à Karachi au Pakistan. Harlem Désir, premier secrétaire par intérim du Parti socialiste, a estimé jeudi que les mises en examen de Thierry Gaubert et Nicolas Bazire étaient "la marque d'une inacceptable déliquescence morale du clan au pouvoir"

lien direct : http://www.europe1.fr/France/Sarkozy-se-dit-etranger-a-l-affaire-Karachi-731629/

EUROPE 1 / BERNARD CAZENEUVE / RAPPORTEUR DE LA MISSION PARLEMENTAIRE SUR L'ATTENTAT DE KARACHI
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xl8ev8" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xl8ev8</a>

AFFAIRE DE KARACHI : CE QUE L'ELYSEE NE DIT PAS
Le monde, Samuel Laurent
"L'Elysée est sorti du silence dans l'affaire de Karachi. Un communiqué urgent a été publié, jeudi 22 septembre, par la présidence, pour démentir tout lien entre cette affaire et Nicolas Sarkozy, dont deux très proches, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, sont entendus par la justice.

Mais ce que ce communiqué affirme est en grande partie infirmé par des pièces du dossier ou des révélations de presse. Revue de détail.

"M. Sarkozy n'a jamais dirigé la campagne de M. Balladur."

Effectivement, Nicolas Sarkozy n'a pas dirigé cette campagne. C'est Nicolas Bazire qui occupait ce poste. M. Sarkozy, alors ministre du budget et de la communication, était porte-parole.

"Il n'a jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne. Il en était le porte-parole."

La deuxième affirmation est plus discutable. L'actuel chef de l'Etat n'était pas seulement le porte-parole. Il jouait un rôle de premier plan dans cette campagne, comme nous l'avions montré en novembre 2010. Avec Nicolas Bazire, il était le conseiller politique le plus écouté du candidat Balladur. Le journal Les Echos écrivait à l'époque : "Depuis qu'il s'est déclaré candidat, Edouard Balladur réunit chaque semaine un comité politique. Quatre hommes y siègent systématiquement : Nicolas Sarkozy, Charles Pasqua, François Léotard et François Bayrou."

"S'agissant de l'affaire dite de 'Karachi', le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier."

Cette affirmation est factuellement fausse. Le site Mediapart a publié un article montrant (lien payant), pièces à l'appui, que le nom de Nicolas Sarkozy apparaît bel et bien dans la procédure judiciaire en cours.

En tant que ministre du budget, il a autorisé la création de Heine, une société écran luxembourgeoise dont le rôle était de faire transiter les commissions sur les ventes de sous-marins et de frégates au Pakistan et à l'Arabie saoudite. Il est donc déjà cité à ce titre, notamment par un rapport de la police luxembourgoise, qui précise que "les accords sur la création (de Heine) semblaient venir directement de M. le Premier ministre Balladur et M. le ministre des finances Nicolas Sarkozy".

Ces commissions, versées notamment à Ziad Takieddine, sont soupçonnées d'avoir donné lieu à des rétrocommissions, un retour d'une partie de l'argent en France, où il aurait financé la campagne de M. Balladur. M. Takieddine est, de plus, un proche de l'entourage du chef de l'Etat, et a été reçu à l'Elysée depuis 2007.

Enfin, comme le relève sur Twitter le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, l'un des enquêteurs dans cette affaire, il est étrange que l'Elysée et Nicolas Sarkozy, qui ne sont pas parties civiles et n'ont donc en principe pas accès au dossier judiciaire, sachent ce qu'il contient.

Interrogé sur cette question par Arnaud Leparmentier, du Monde, l'Elysée se contente d'un laconique : "on lit l'AFP". Visiblement agacé, l'entourage présidentiel évoque : "la théorie de l'amalgame, on connait. C'est des vieilles méthodes trotskistes". Et accuse : "on ne va pas se faire donner des leçons par des gens mis en cause dans l'affaire Dsk ou du sang contaminé". Allusions transparentes à François Hollande et Laurent Fabius.

"Il n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier. Il y est donc totalement étranger."

Là encore, l'affirmation est fausse. Nicolas Sarkozy a été cité à plusieurs reprises dans l'affaire. Notamment car il a fait l'objet, comme d'autres dirigeants de la majorité, de lettres de chantage adressées par un ancien dirigeant de Heine, Jean-Marie Boivin. Celui-ci aurait cherché à obtenir des compensations financières, au moyen de missives menaçant de "faire des révélations".

Un dirigeant de la Direction des constructions navales (DCN), M. Menayas, a témoigné devant le juge Van Ruymbeke que M. Boivin "envoyait des courriers d'abord à l'entreprise, puis à des responsables de l'Etat français, voire à M. Sarkozy lui-même avant qu'il ne soit président". Il réclamait huit millions d'euros.

M. Boivin aurait, selon le témoignage de M. Menayas, reçu, en 2006, la visite d'agents de la DGSE, les services de renseignement français. Ces hommes, qui l'auraient menacé physiquement, auraient été envoyés par l'actuel chef de l'Etat, aurait affirmé M. Boivin à M. Menayas.

"D'autant plus qu'à l'époque où il était ministre du budget, il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure."

Cet élément fait référence à un article du Figaro, paru le 30 novembre 2010. Il expliquait, citant "le compte rendu d'une réunion ministérielle tenue le 29 juin 1994, classé secret défense", que des fonctionnaires du budget, que dirigeait M. Sarkozy - mais non le ministre de l'époque lui-même - avaient exprimé leurs réticences à la signature de ces contrats.

Autre question : ce communiqué s'éloigne quelque peu d'une autre déclaration de Nicolas Sarkozy devant des journalistes, en juin dernier. Comme l'avait rapporté le correspondant du Monde auprès de l'Elysée, M. Sarkozy avait alors expliqué : "J'ai jamais été ministre de la Défense, je suis pas au courant des contrats de sous-marins négociés à l'époque avec un président qui s'appelle M. Mitterrand, (...) en tant que ministre du Budget, je n'ai jamais eu à en connaître ni de près ni de loin." Comment M. Sarkozy a-t-il pu "manifester son hostilité" à un contrat qu'il n'a, selon lui, '"jamais eu à connaître de près ou de loin" ?

Quoi qu'il en soit, il apparaît bel et bien que, hostile ou non à ce contrat, M. Sarkozy a autorisé, en tant que ministre du budget, la création de Heine. Et, encore une fois, il paraît étonnant que l'Elysée se targue de savoir ce qui apparaît ou non dans les pièces de procédures, auxquelles il n'a normalement pas accès."
lien direct : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/09/22/affaire-de-karachi-ce-que-l-elysee-ne-dit-pas_1576164_823448.html

BFM TV / MORANO DEFEND SARKOZY
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xl8puj" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xl8puj</a>

AFFAIRE TAKIEDDINE : LES MENSONGES DE L'ELYSEE
Fabrice Arfi, Mediapart
"Au lendemain de la mise en cause par le juge Renaud Van Ruymbeke de deux intimes de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Takieddine/Karachi, l'Elysée a publié, ce jeudi, un communiqué pour tenter d'éloigner l'incendie judiciaire qui menace aujourd'hui la présidence de la République.

« S'agissant de l'affaire dite de “Karachi”, le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier. Il n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier », affirment les services de la présidence.
Ces deux petites phrases posent un double problème.

Primo, dans une République où la Constitution garantit la séparation des pouvoirs — notamment politique et judiciaire —, comment l'Elysée peut, de manière aussi péremptoire, assurer que « le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier » ou qu' « il n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier » ? Nicolas Sarkozy n'est ni mis en examen ni partie civile dans cette affaire ; en théorie, il n'a donc pas accès à la procédure.

Secundo, ce que l'Elysée assure, de manière aussi péremptoire, est un mensonge. Oui, Nicolas Sarkozy est désigné par plusieurs témoins et plusieurs documents dans le dossier du juge Van Ruymbeke.

Comme nous l'avons rapporté avec mon confrère Karl Laske dans un article publié hier, un document, saisi par la police française en 2007 au siège de la Direction des constructions navales (DCN), puis par la police luxembourgeoise en 2009 au siège d'une fiduciaire, fait mention en toutes lettres de la participation fin 1994 de Nicolas Sarkozy dans la constitution, au Luxembourg, d'une société écran dela DCN, baptisée Heine, par laquelle ont transité les commissions occultes de l'une des ventes d'armes aujourd'hui dans le viseur des juges. Nicolas Sarkozy était alors le ministre du budget du gouvernement Balladur.

HEINE
http://www.scribd.com/doc/43854989/HEINE

Dans un rapport de synthèse du 19 janvier 2010, la police luxembourgeoise écrira d'ailleurs : « Un document (...) fait état de l'historique et du fonctionnement des sociétés Heine et Eurolux (société jumelle de Heine, NDLR). Selon ce document, les accords sur la création des sociétés semblaient venir directement de M. le Premier ministre Balladur et de M. le ministre des Finances Nicolas Sarkozy.»

Un projet de lettre de François Léotard, alors ministre de la défense, dont Mediapart avait déjà fait état, laisse ensuite apparaître que Nicolas Sarkozy a bien été associé, toujours en tant que ministre du budget, aux arrières-plans financiers des marchés d'armement en cause.

Leotard Sarko
http://www.scribd.com/doc/43846353/Leotard-Sarko

Plusieurs témoins, entendus ces derniers mois par la police ou par les juges, ont également évoqué le rôle crucial du ministre du budget dans la validation des plans de financement des marchés d'armement, lesquels comprennent les versements des commissions — fussent-elles occultes.

Ancien directeur financier de la DCN-I, branche commerciale de la DCN, Gérard-Philippe Menayas a ainsi déclaré en novembre 2009 dans le cabinet du juge Trévidic (en charge du volet criminel de l'affaire Karachi) : « Je précise qu'un plan de financement d'un contrat comme le contrat Agosta comportait toutes les données, y compris les frais commerciaux (euphémisme qui désigne les commissions occultes, Ndlr). Or, ce plan de financement était soumis aux autorités de tutelle, c'est-à-dire au ministre de la défense lui-même, au ministre du budget et à la Coface qui garantissait. De ce fait, des exigences hors-normes (les commissions suspectes, Ndlr) avaient toutes les chances d'être refusées. Il y a eu quelques remarques dont je ne me souviens plus, mais c'est passé ».  

Un an plus tard, devant le juge Renaud Van Ruymbeke cette fois, le même témoin a assuré que « le volume total des commissions était validé, contrat par contrat, par les deux ministres du budget et de la défense ». Celui du budget s'appelait, entre 1993 et 1995, Nicolas Sarkozy.
Entendu le 7 décembre 2010 par le magistrat, l'ancien patron de la Direction générale des services extérieurs (DGSE, les services secrets) entre 1993 et 2000, Jacque Dewatre, a affirmé sans détour : « L'agrément pour les commissions relève d'autres services qui dépendent du ministre de la défense et du ministre du budget ».

Entendu pour sa part le 6 juillet dernier, l'ancien commissaire du gouvernement des sociétés d'exportation d'armement, Philippe Bros, a lui aussi pointé le rôle de Bercy dans sa déposition : « Pour ce type de contrat, le rôle du ministère des finances est important, notamment pour le bouclage des financements. Un bureau spécialisé donnait son feu vert pour le versement des commissions ». Et de quel ministre dépendait ce fameux bureau ? Celui du budget. Un certain Nicolas Sarkozy à l'époque des faits.  

Des liasses fiscales archivées à la direction générale des impôts, déjà publiées par Mediapart, prouvent bien que le ministère du budget fut en première ligne dans le versement des commissions.

HEINE-DGI
http://www.scribd.com/doc/43846536/HEINE-DGI

Dans son communiqué de presse, l'Elysée tente par un habile élément de langage de tenir l'enquête des juges à bonne distance du président de la République en affirmant enfin que celui-ci y est « totalement étranger ». Pour preuve : « A l'époque où il était ministre du budget, (Nicolas Sarkozy) avait manifesté son hostilité à ce contrat (celui des sous-marins pakistanais, NDLR) ».

L'argument, grossier, avait déjà été développé par Le Figaro. L'Elysée aujourd'hui, comme Le Figaro hier, feignent de ne pas faire de différence entre les services d'un ministère, qui étaient en effet contre ce contrat catastrophique d'un point de vue industriel et financier — sous la gauche, les services de Bercy y étaient déjà opposés —, et le ministre lui-même, Nicolas Sarkozy, qui l'a validé."
lien direct : http://blogs.mediapart.fr/blog/fabrice-arfi/220911/les-mensonges-de-lelysee

Les documents takieddine, en libre-accès : http://www.frenchleaks.fr/-Les-documents-Takieddine-.html

BFM TV / BALLADUR POURRAIT ETRE INQUIÉTÉ
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xl8r1j" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xl8r1j</a>

3 / LES RÉACTIONS SUR LES BLOGS

DES MISES EN EXAMEN EN SARKOZIE : RIEN NE VA PLUS
Bembelly
"...L'affaire Karachi ? Un truc très facile à expliquer avec un dessin...
<a href="http://www.youtube.com/v/_roCjjc4KWc?version=3&amp;amp;hl=fr_FR" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/_roCjjc4KWc?version=3&amp;amp;hl=fr_FR</a>
lien direct : http://bembelly.wordpress.com/2011/09/22/des-mises-en-examen-en-sarkozie-rien-ne-va-plus/

KARACHI : DEUX UMP DANS LE TUYAU DE LA JUSTICE
Intox2007

"...La presse l’observe avec étonnement: Ce sont les témoignages des épouses repectives des deux hommes qui ont permis l’accélération récente de l’enquête. La révolte des femmes! Elles ont décidé de donner un coup de balai, sans doute après quelques épisodes de mépris ou font là – au bout d’un certain temps – d’un sens moral et éthique supérieur à celui des mâles.

Et que dire, de Sarkozy qui nous promettait une république exemplaire pendant sa campagne.. On a vu le résultat."

lien direct : http://intox2007.info/?p=3219


EN BONUS :

KARACHI : TF1 TRAPPE UNE ENQUETE....ET LA PROGRAMME LE LENDEMAIN
Arretsurimages
"Attention, sujet sensible. Selon nos informations, hier soir, TF1 devait diffuser une enquête de plus de 3 minutes, réalisée par Laure Debreuil et Tristan Waleckx, sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995, après la mise en cause de deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, tous deux mis en examen. Le sujet a finalement été diffusé en ouverture du 20 heures de ce jeudi 22 septembre..."
La suite : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#12101



comme le dit si justement Oblomov, c'est en suivant ce sujet dans les médias de droite que nous saurons s'ils le lâchent ou non.
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
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"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #111 le: 23 septembre 2011 à 10:29:04 »
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Affaire Karachi: "L'Elysée a violé le secret de l'instruction"
 
Des syndicats de magistrats ont accusé jeudi la présidence française d'avoir violé le secret de l'instruction en indiquant dans un communiqué avoir eu accès au dossier de l'affaire de Karachi, dans laquelle deux proches de Nicolas Sarkozy ont été mis en examens.

Cherchant à démentir les liens éventuels entre le chef de l'Etat et une affaire de corruption liée à un contrat d'armement au Pakistan, la présidence de la République a indiqué que le nom de M. Sarkozy n'apparaissait "dans aucun des éléments du dossier".
 
Selon l'Elysée, M. Sarkozy "n'a jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de (la) campagne" électorale en 1995 de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur, dont il était le porte-parole. Cette campagne pourrait avoir été financée via un circuit de corruption ayant accompagné un contrat d'armement au Pakistan, selon l'enquête.
 
"C'est clairement une violation du secret de l'instruction", a déclaré jeudi soir le président de l'Union syndicale des magistrats (syndicat majoritaire), Christophe Regnard. "C'est assez incroyable que l'Elysée reconnaisse aussi benoîtement qu'il a eu accès à des pièces". "On sait que les informations remontent. Mais d'habitude cela demeurait caché. Objectivement, ça sent la panique à bord."
 
Pour l'Elysée, M. Sarkozy est "totalement étranger" à cette affaire, "d'autant plus qu'à l'époque où il était ministre du Budget (1993-95), il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure". "Il y a manifestement des incursions scandaleuses de l'exécutif, en particulier de l'Elysée, dans le cours de la justice", s'est indigné Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature (gauche).
 
Pour le journal Le Monde, "il apparaît bel et bien que, hostile ou non à ce contrat, M. Sarkozy a autorisé, en tant que ministre du Budget, la création de Heine", une société off-shore basée au Luxembourg et utilisée pour rémunérer des intermédiaires dans plusieurs contrats d'armement, notamment au Pakistan. (belga)


http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1323138/2011/09/22/Affaire-Karachi-L-Elysee-a-viole-le-secret-de-l-instruction.dhtml
Quelle vertu, quel bonheur peut exister dans un pays où une classe d'individus peut dévorer la substance de plusieurs millions d'hommes?
Robespierre
http://raconterletravail.fr/

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #112 le: 23 septembre 2011 à 10:38:57 »
pendant qu'ils se mangent entre eux, la gauche à l'occasion de rebondir et de faire son travail ( hum,hum)

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #113 le: 23 septembre 2011 à 12:00:05 »
Citer
"Quatre hommes y siègent systématiquement : Nicolas Sarkozy, Charles Pasqua, François Léotard et François Bayrou."

Tiens, le Saint-nitouche Bayrou, celui qui s'est offusqué qu'on lui avait proposé de l'oseille ?

Il aurait les choses à dire, à moins qu'il ne faisait son Luc Ferry....

Et Léotard, qu'est-ce qu'il devient ?
« Modifié: 23 septembre 2011 à 13:20:41 par oblomov »
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #114 le: 23 septembre 2011 à 12:21:39 »
bien sûr on se dit tous que de toute façon ils vont bien trouver encore une magouille pour étouffer l'affaire, mais pour le moins que l'on puisse en attendre si cette affaire permet au minimum d'empêcher $arko d'être réélu ce sera toujours ça de pris !

et en sus c'est toute la crédibilité de l'UMP qui va prendre une grande claque (oui sic, je sais ils n'avaient déjà pas besoin de ça, mais pour les gens qui ont du mal à suivre avec tout ce raffut ça risque bien pour eux de sentir le sapin)...

de quoi raviver les aspirations présidentielle d'un Galouzo (ne pas l'oublier non plus celui-là, d'ailleurs est-ce peut-être un juste retour de baton)...

ensuite bien sûr que l'on espère bien que toute ce panier de crabes finira au moins devant les tribunaux avec quelque chose comme minimum une inéligibilité pour tous les calmer... on peut toujours rêver, non ?
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #115 le: 23 septembre 2011 à 13:25:44 »
NS est au plus bas, son plan pour règler la situation Israel/Palestine rejeté, visite à l'ONU pour rien, la bourse qui s'écroule, nouveau plan de retraite proposé, son lardon, on s'en tape, maintenant ça...
Il suffirait d'un rien pour le dégonfler définitivement.

Tiens, si Kadhaffi demandait d'être remboursé ?
C'est le moment !
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #116 le: 23 septembre 2011 à 17:04:39 »
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Affaire Karachi : "Si Sarko passe pas, ils sont tous morts"

En plaçant sur écoute un portable de Thierry Gaubert, la police capte, le 19 juillet, une conversation entre sa fille, Nastasia, et un ami, David C., portant sur les révélations que la femme de M. Gaubert pourrait faire à la police.

- Nastasia : "En fait, ils ont trouvé un compte aux Bahamas, et euh... mon père l'avait mis au nom de ma mère."
- David : "Oui, oui."
- N. : "Donc voilà. Il a dit à ma mère : si tu craques euh..., toute la famille saute, on saute tous (...) Il lui a dit euh... vraiment, on est dans la merde."
- D. : "Putain."
- N. : "Ouais. Et euh... personne pour l'aider parce que euh... Copé est trop dans la merde. Hortefeux est trop dans la merde. Et si euh... Sarko ne... ne passe pas au deuxième tour, euh... lui aussi est (inaudible) dans la merde et personne ne l'aide. Il a dit... Mon père, il a dit à ma mère : personne m'aidera. Parce que tout le monde est dans la merde (...). Sarko, il veut même pas l'aider. Enfin là, ça va encore, mais si... si Sarko il passe pas en 2012 euh..., vraiment, ils sont tous dans la merde."
- D. : "Ah là je crois que si Sarko il passe pas, ils sont morts."
- N. : "Ah ouais. Tous."

source: Le Monde


******
Correction du lien par timbur
« Modifié: 23 septembre 2011 à 19:09:16 par timbur »

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #117 le: 23 septembre 2011 à 17:23:31 »
Blague macho (en anglais) :
What's the most rapid means of communication ?
Telephone ?
Telegraph ?
Tell a woman !

Compte aux Bahamas ! Nul besoin de mettre Hortefeux sur écoute, ces trois pipelettes vont mettre NS sur la paille !
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #118 le: 23 septembre 2011 à 18:22:01 »
Avez vous peur qu'en francais que votre blonde vous demande de faire la vaiselle pendant 1 mois?  :nono:  :ange:

]Blague macho (en anglais) :
Quels sont les moyens les plus rapides de communication ?
Téléphone ?
Télégraphe ?
Dites à une femme

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #119 le: 23 septembre 2011 à 18:37:51 »
Trop classe ,les mecs !!!!!vous n'en loupez pas une  :pascontent1:
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #120 le: 23 septembre 2011 à 18:53:01 »
Merci, o twit !
Non seulement vous vendez la mêche, mais sans allitération, le joke tombe à plat !

En fait, cette blague ne m'amuse pas, je ne faisais qu'anticiper les répliques de L'UMP sur les femmes aigries en instance de divorce, dont les paroles ne valent rien.
Ça n'a pas trainé, Copé en a sortie une déjà.

Je pense que ma bonne foi n'est plus à démontrer.... 
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Re : Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #121 le: 24 septembre 2011 à 19:46:34 »
hier sur canal+ morano la brailleuse et l'avocat des familles, c'était pétage de câble et menace de procès :taistoi:

voir les vidéo sur le post, c'est folklo  http://www.lepost.fr/article/2011/09/22/2596320_karachi-nadine-morano-vs-olivier-morice-ca-clashe-au-grand-journal.html


Je reprends ce poste de raja plus haut, j'ai écouté une partie de la vidéo et franchement, si les gens en écoutant cette vidéo ne se rendent pas compte de la gravité des choses, c'est à désespérer de la vie...

Morano dit quand même à l'avocat "c'est vous qui allez être gêné", l'avocat lui répond "ce n'est pas vous qui allez me gêner" et là, là, Denisot dit "on va voir".
Je ne sais pas comment on peut montrer autant de collusion évidente et de vénération pour le "chef de l'état"et ses sbires...

De plus, morano raconte des choses fausses avec un aplomb formidable, elle dit que le président a reçu l'avocat à ce sujet en 2008 alors qu'il n'était apparemment même pas l'avocat des familles à l'époque !!

en plus elle dit "si nicolas sarkozy faisait entrave à la justice il n'y aurait pas de mise en examen", sans même se rendre compte que du coup elle crédite le chef de l'Etat d'un pouvoir qu'il ne devrait pas avoir !!!

Bref c'est très intéressant et symptômatique de ce que nous vivons actuellement. Je trouve rafraîchissant de voir des gens s'opposer à morano and co.

Et intéressant de savoir que si l'Elysée ou ses sbires considèrent qu'il y a diffamation de la part de l'avocat, ils n'ont toujours pas porté plainte, comme il l'a fait remarquer.  :merci: :merci:

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #122 le: 24 septembre 2011 à 20:25:04 »
+1 Avec mais avec une observation de taille...

Val, je te ferai observer que ces dernières années, ils (UMP) évitaient toute confrontations directes de ce genre en privilégiant des messages semés en boucle sur tous les médias...

Et là, c'est démentiel de voir comment ils (UMP) sont incompétants, manipulateurs et démagogues mais super culottés pour sortir des conneries immondes...

Rien qu'à voir les commentaires sur les blogs, j'ai pas vu grand monde pour la défendre...

J'ai même lu un votant UMP dir "Je pense que j'irai à la pêche le jour de l'élection présidentielle" :mdr1: :mdr1: :mdr1:

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #123 le: 26 septembre 2011 à 09:22:56 »
bon là je crois que les carottes sont cuites pour la clique concernée dans cette affaire.

je ne vous mets que les liens mais allez lire tout le contenu (trop imposant pour être posté ici), ils vont bien finir par se dévorer entre eux !

[revue de presse] - [108] - [23 septembre 2011] - [Panique au palais]

au menu :

1. PANIQUE A L’ÉLYSÉE

2. BRICE HORTEFEUX S'EN MÊLE (LES PINCEAUX)

3. L'AUDITION DE THIERRY GAUBERT

ET BONUS...


[revue de presse] - [109] - [24-25 septembre 2011]

1. HÉLÈNE DE YOUGOSLAVIE CONFIRME,
BRICE HORTEFEUX MENT MAIS MENACE

2. LES RÉACTIONS POLITIQUES

3. LES BLOGS SE DÉCHAÎNENT

4.CES MÉDIAS EMBARRASSES
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #124 le: 29 septembre 2011 à 09:46:00 »
Citer
[revue de presse] - [110] - [lundi 26 septembre 2011] - [Contre-attaque élyséenne]


L'INCENDIE GAGNE
L'alsace, Patrick Fluckiger 25/09

"...Il est malhonnête de sous-entendre que Karachi serait un complot judiciaire, car le dossier « sort » en début de campagne présidentielle. Voici des années que les familles des victimes de l’attentat se battent contre la version officielle qui accuse le trop commode Al Qaïda. Des recours en justice ont été déposés, des manifestations ont eu lieu, des livres ont été publiés en dehors de tout contexte électoral. Si les familles et les juges ne s’étaient pas vu opposer systématiquement le secret-défense, le dossier serait nettement plus avancé, et peut-être même jugé. Que ceux qui cherchent des « manipulations » derrière l’action des magistrats balaient devant leur porte : ce sont souvent les mêmes qui ont tout fait pour étouffer l’affaire ou pour conforter une piste « islamiste » qui n’a jamais tenu la route.

Il n’est pas prouvé que l’arrêt, décidé en 1996 par Jacques Chirac, du versement des commissions aux intermédiaires pakistanais, a mené au massacre du 8 mai 2002. Si cette hypothèse peut prospérer, c’est d’abord parce qu’elle a déclenché, dès qu’elle a été émise, une série de pressions, d’entraves et de contre-feux éminemment suspects.

Pareillement, si les regards se tournent aujourd’hui vers l’Élysée, c’est parce que la fébrilité y est palpable. Après la montée en première ligne de Brice Hortefeux, le plus fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy, le conseiller spécial du président, Henri Guaino, a lâché hier sans état d’âme les deux mis en examen de la semaine, en affirmant que Nicolas Bazire n’a « jamais été un proche conseiller » et que Thierry Gaubert « n’est plus dans l’entourage de Nicolas Sarkozy depuis quinze ans ». Quand on commence à faire la part du feu, c’est que l’incendie gagne."
article complet : http://www.lalsace.fr/actualite/2011/09/25/l-incendie-gagne



LA RÉPUBLIQUE IRRÉPROCHABLE DEVIENT IRRESPIRABLE
Le Nouvel Obs
"La "République irréprochable" promise par Nicolas Sarkozy en 2007 "se porte mal" et le président est "directement touché" par les nouvelles révélations sur l'affaire de Karachi mettant en cause un fidèle parmi les fidèles, Brice Hortefeux, estime la presse régionale samedi 24 septembre.

"De rebonds en rebondissements, de révélations en allégations, de dénégations en semi-aveux, l'affaire de Karachi poursuit sa course folle", constate Patrice Chabanet dans son éditorial du Journal de la Haute-Marne.

"Au train où vont les choses, dire que l'affaire Karachi est en train de semer la panique à l'Elysée va finir par relever de l'euphémisme", assure Jacques Guyon dans les colonnes de La Charente libre.

"Chaque jour, chaque heure amène son petit lot de révélations, sa rumeur qui est déjà une certitude, la liste ne cessant de s'allonger des copains et des coquins qui se goinfrent sur le ventre de Marianne. L'atmosphère devient irrespirable", s'exaspère L'Union/L'Ardennais sous la plume d'Hervé Chabaud.

Après la mise en examen de deux proches de Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur le volet financier du dossier Karachi, c'est Brice Hortefeux, homme de confiance du chef de l'Etat, qui se retrouve dans la tourmente après la révélation d'une conversation téléphonique avec un protagoniste de l'affaire dans laquelle l'ex-ministre de l'Intérieur s'inquiète de l'enquête du juge.

Pour Olivier Pirot, de La Nouvelle République du Centre Ouest, il ne fait aucun doute que "lorsque c'est Brice Hortefeux qui se fait rattraper par l'affaire Karachi, c'est le président de la République qui par ricochet est directement touché".

"C'est un jeu de massacre autour de Nicolas Sarkozy. Un à un, ceux qui l'ont accompagné tout au long de sa carrière, sont en passe de tomber au champ de déshonneur", commente Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées.

[...]

"Désormais, le chantre de la République irréprochable se retrouve disqualifié dans son opération main propre", renchérit Yann Marec dans le Midi libre.

"A vouloir éviter les éclaboussures, la présidence s'est exposée. Il lui faut trouver une nouvelle arme. Pourquoi pas la transparence ?", demande faussement candide Matthieu Verrier dans La Voix du Nord."
article complet : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110924.OBS1005/karachi-la-republique-irreprochable-devient-irrespirable.html
*

AFFAIRE KARACHI : ET MAINTENANT HORTEFEUX
JDD, Bruno Jeudy et Laurent Valdiguié 25/06
"...La colère froide de Sarkozy
C’est un très proche du Président qui parle. "Cela recommence comme en 2006 quand on a voulu accrocher Nicolas. Et qui voit-on encore? Le même juge." En déplacement à Nantes samedi, le chef de l’État a participé au congrès des pompiers, délivré son discours et serré les dents. Il est ensuite rentré à Paris, escorté par Claude Guéant. En privé, il est furieux. Contre ses amis. Contre les femmes de ses amis. Contre les juges. Contre les médias. Et Brice Hortefeux? "Ça va faire un flop. Brice va s’expliquer et ça va se dégonfler", veut croire un proche. En attendant, la majorité est silencieuse, comme tétanisée après les accusations portées par l’épouse de Thierry Gaubert. "Brice peut dire adieu à son poste de directeur de la campagne de Nicolas. Sa carrière est même peut-être terminée", lâche cet ancien ministre. Cruel, un autre sarkozyste rappelle une confidence de Cécilia à Carla : "Méfiez-vous de ces branquignoles qui entourent votre mari!"
article complet : http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Hortefeux-accuse-d-avoir-voulu-torpiller-l-enquete-du-juge-Van-Ruymbeke-395021

*

AU FRAIS DE LA PRINCESSE
Ruminances
"...Quoiqu'il en soit, on semble passablement nerveux dans les hautes sphères sarkozistes. Le cardinal Guéant estime qu'il y a "trop d'amalgames, d'insinuations, d'approximations". Le nègre Guaino monte au créneau et déclare que "Sarkozy n'est en rien concerné", laissant dans la foulée Sandro Ballamou se débrouiller tout seul comme un grand avec ses encombrantes relations. Il faut sauver le soldat Sarko semble être le mot d'ordre du Château en panique. Quitte à lâcher des poids lourds en rase campagne. Jusqu'à sacrifier l'homme au goitre dans la perspective de la réélection 2012 ?"
article complet : http://ruminanc.blogspot.com/2011/09/au-frais-de-la-princesse.html
*


DONC...


EXCLU : MA MÈRE A TÉMOIGNER POUR SE VENGER
Europe 1 25/09
"...Deux jours après les révélations d'Hélène de Yougoslavie sur Europe 1 , sa fille Milena Gaubert affirme en exclusivité qu'elle a sciemment menti pour causer du tort à Thierry Gaubert, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy mis en cause dans l'affaire Karachi. La fille aînée du couple en instance de divorce assure que sa mère est dépressive depuis de nombreuses années...
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlbd9n" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlbd9n</a>
article complet : http://www.europe1.fr/France/EXCLU-Karachi-ma-mere-a-temoigne-pour-se-venger-737471/



AFFAIRE KARACHI : LE VIDE SE FAIT AUTOUR DE BALLADUR
Rue 89, Matthieu Deslandes
"« Edouard ne passera pas à travers les gouttes. » Depuis jeudi, cette formule, attribuée par Le Monde à « un proche du président » de la République, résume la décision prise par l'Elysée : pas question de couvrir Balladur si le juge Van Ruymbeke remonte jusqu'à lui dans l'enquête sur l'affaire Karachi. Nicolas Sarkozy a lâché son ex-mentor. Est-il temps pour Balladur de songer à singer l'anosognosie ?

Bien sûr, l'ex-Premier ministre a son passé, sa carrière, sa stature. Mais jusqu'à cette semaine, Balladur tirait l'essentiel de son influence du fait qu'on lui en prêtait beaucoup auprès de Nicolas Sarkozy.

[....]

Le Président l'a consulté au moment de procéder à des remaniements. Surtout, il lui a confié la présidence de deux comités : celui sur la modernisation des institutions, puis celui sur la réforme des collectivités locales. Il lui a aussi proposé d'entrer au Conseil constitutionnel – offre déclinée.

Dernier hochet : Sarkozy l'a nommé, en juillet, « envoyé spécial du G8 pour la mise en œuvre du partenariat de Deauville consacré au soutien aux pays arabes dans leur transition vers des sociétés libres et démocratiques ». Cette mission devait durer jusqu'au 31 décembre. On sauvera les apparences.

Mais après ? Sur qui Balladur va pouvoir compter ? Qui lui est resté fidèle ? De quelles armes, de quels relais dispose-t-il pour faire face à ceux qui lui chercheraient des noises ?

Officiellement retraité de la politique depuis 2007, Balladur « n'a plus vraiment de collaborateur ; mis à part sa secrétaire, son principal collaborateur, c'est Nicolas Sarkozy », murmure une amie politique.

Il reste bien, au nombre de ses fidèles, le député de Paris Philippe Goujon – qui fut son suppléant – et quelques anciens conseillers, comme Hugues Hourdin, le président du Tunnel du Mont-Blanc, ou Valérie Bernis, la directrice générale adjointe de GDF Suez.

Mais sinon, de Tron à Longuet, la plupart de ses anciens disciples sont devenus des obligés de Nicolas Sarkozy...."
lien direct : http://www.rue89.com/2011/09/24/affaire-karachi-le-vide-se-fait-autour-de-balladur-223522

Autres articles :
- EDOUARD BALLADUR POURRAIT ETRE AUDITIONNE, Le nouvel obs

BFM / 25.09
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlb8ag" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlb8ag</a>

AFFAIRE KARACHI : COPE ET L'UMP INDIGNES PAR LES PROPOS DE ROYAL
Le parisien
"...Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, et d'autres dirigeants du parti présidentiel s'indignent des propos tenus par Ségolène Royal (PS) dans le quotidien «Libération» (voir ci-dessous), où elle dénonce un «système totalement corrompu» à propos de la mise en examen de deux proches Sarkozy dans l'affaire Karachi et affirme que la «justice n'est plus indépendante». «Comment une personne qui a été soutenue activement en 2008 par Jean-Noël Guérini, lui-même mis en examen pour association de malfaiteurs et dont elle ne pouvait ignorer les pratiques douteuses, peut-elle se permettre de donner des leçons de morale aujourd’hui?», écrivent-il  dans un communiqué.  Ils qualifient les propos de l'ancienne adversaire du président en 2007  d'«absolument scandaleux et insultants (...) à l’encontre du président de la République, de l’UMP et de tous les représentants de la majorité présidentielle». ..."
article complet : http://www.leparisien.fr/affaire-karachi/en-direct-karachi-cope-et-l-ump-indignes-par-les-propos-de-royal-24-09-2011-1623415.php


HEUREUSEMENT...

PLENEL SE PAYE GUAINO, VISE SARKOZY ET NOUS MONTRE LA VOIE
Une autre vie

"...sur l'affaire Karachi, le journaliste de Mediapart présente deux documents impliquant directement le chef de l'état, l'effet est énorme à l'écran. Si les français n'étaient pas plus précisément au courant du fond de cette affaire, ils en auront appris beaucoup plus en une intervention de quelques minutes, qu'à la lecture de centaines d'articles parus depuis plusieurs années sur le sujet.

Henri Guaino l'a bien compris, l'effet est dévastateur, il perd pied, bafouille, se mélangeant dans le fil conducteur de la conversation.
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlbw5g" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlbw5g</a>
Si commentateurs et observateurs de la vie politique se doivent d'être objectifs, respectueux des personnes, le bilan désastreux du quinquennat, les "affaires" qui touchent de près ou de loin N.Sarkozy suffisent à elles-même pour détourner l'électorat. "
article complet : http://uneautrevie-stef.blogspot.com/2011/09/plenel-se-paye-guaino-vise-sarkozy-et.html

WTF BONUS :
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlbxiy" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlbxiy</a>
FRANÇOIS CHEREQUE VEUT LEVER LE SECRET DÉFENSE DANS l'AFFAIRE KARACHI - LCP / 25.06




mouarf trop mort de rire, la trogne déconfite de Guaino face à Plenel (quasi hilare) qui l'attend au tournant (l'air de dire : "vas-y mon coco balance une connerie que je te coince !")
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #125 le: 29 septembre 2011 à 10:02:50 »
J'en ai vu une partie... merci pour l'intégrale...

En fait, en regardant le début, j'ai compris la stratégie de la droite : ringardiser le candidat en face et faire passer sarko comme une
personne d'expérience pouvant être le seul à même de nous protéger... Ils jouent sur la peur !!! :rougefache: :rougefache: :rougefache:

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #126 le: 29 septembre 2011 à 10:56:12 »
bravo Bob ! tu viens de comprendre ce qui fait le "propre" de la droite pour garder le pouvoir : jouer sur la peur !
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #127 le: 29 septembre 2011 à 10:58:47 »
A quelle minute, la scène en particulier ?
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Frondiste : Néologisme timburien. Désigne tout élu à la députation remplissant la double condition d'être de gauche et du parti socialiste.

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #128 le: 29 septembre 2011 à 11:15:28 »
j'aime bien Plenel!
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #129 le: 29 septembre 2011 à 12:15:14 »
La tactique usuelle de Guaino est de prendre la parole, la garder en gueulant plus fort que l'autre. Avec Plenel il était mal barré.
Pour peu qu'EP l'a laissé parler, il l'a nargué avec un petit sourire agaçant, juste pour le faire chier !
Guaino a failli passer dans la cinquième dimension.
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #130 le: 02 octobre 2011 à 10:01:18 »
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[revue de presse] - [111] - [27-30 septembre 2011]

1. HORTEFEUX, AUDITION ET INTUITION



LES FAMILLES DE L'ATTENTAT DE KARACHI PORTENT PLAINTE CONTRE BRICE HORTEFEUX
Le Point 28/09
JM Décugis, M.Delattre, C.Labbé
"C'est une première dans l'histoire de la République. Brice Hortefeux, ancien ministre de l'Intérieur actuellement en poste au Château, est accusé de "subornation de témoin" et "d'entrave à la manifestation de la vérité". Les conseillers du président de la République sont eux aussi dans la tourmente, assignés pour "violation du secret de l'enquête, recel et complicité". Comme le révèle Le Point.fr, Me Olivier Morice, l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, a porté plainte le 26 septembre auprès du procureur de la République de Paris pour ces différents motifs. Rappel des faits. Le 14 septembre, Brice Hortefeux appelle son ami de 30 ans, Thierry Gaubert, pour l'avertir : "Hélène (sa femme, NDLR) balance beaucoup. Mais ça m'embête de te le dire par téléphone. (...) Il y a beaucoup de choses." Or, à cette date-là, l'audition d'Hélène de Yougoslavie n'est connue que des enquêteurs et du juge Van Ruymbeke. Suite au coup de fil, Gaubert fonce chez son épouse et la menace, comme le prouverait un enregistrement audio réalisé par Mme Gaubert à l'insu de son mari. Comment Brice Hortefeux a-t-il su que la femme de son ami s'était confiée aux policiers alors qu'elle avait été entendue sous X justement pour préserver son anonymat ? Pour le déterminer, le parquet de Paris a bien ouvert une enquête préliminaire. Mais elle a été confiée à la PJ, celle-là même qui pourrait avoir fait remonter en douce l'information jusqu'à l'Élysée. Embarras La plainte pour "subornation de témoin" déposée par Me Morice est embarrassante pour Brice Hortefeux. Elle devrait en effet déboucher sur une ouverture d'information confiée à un juge d'instruction plus indépendant que le parquet. Pour l'avocat, l'ex-ministre de l'Intérieur a poussé son ami à exercer - comme il l'écrit dans l'assignation - "des pressions et des menaces sur son épouse pour qu'elle revienne sur son témoignage". Me Morice s'appuie pour démontrer la "subornation" sur un article du Monde dans lequel Hélène de Yougoslavie détaille les menaces dont elle a fait l'objet de la part de son mari : "Si tu parles, tu ne verras plus les enfants. Si je coule, tu coules avec moi, car nous ne sommes pas divorcés." L'épouse menacée n'a pas cédé, mais l'avocat rappelle que, selon l'article 434-15 du Code pénal, "pour qu'il y ait subornation de témoin, il n'est pas nécessaire que la subornation ait été suivie d'effet".
suite de l'article : http://www.lepoint.fr/politique/exclusif-les-familles-des-victimes-de-l-attentat-de-karachi-portent-plainte-contre-brice-hortefeux-27-09-2011-1377977_20.php

...ET BRICE HORTEFEUX PORTE PLAINTE CONTRE L'AVOCAT DES FAMILLES
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlclve" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlclve</a>

OLIVIER MORICE / RFI
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlea0j" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlea0j</a>

Autre video :
- OLIVIER MORICE AU 7/9 FRANCE INTER


HORTEFEUX A ÉTÉ AUDITIONNE COMME TÉMOIN
BFMTV
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xleb64" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xleb64</a>


AFFAIRE KARACHI : HORTEFEUX A EU "UNE INTUITION"
TF1 29/09
L'ancien ministre de l'Intérieur a dénoncé sur France 2 une "avalanche de boules puantes" et affirmé qu'il n'était concerné "ni de près, ni de loin par l'affaire dite de Karachi". Il a expliqué avoir téléphoné à l'un de ses amis en garde à vue dans ce dossier à la suite d'une "intuition". "Aujourd'hui, tout donne à penser qu'on n'est pas en quête de justice, qu'on n'est pas à la recherche de la vérité, qu'on est dans un combat exclusivement politique", a-t-il encore ajouté. [....] L'homme de confiance de Nicolas Sarkozy, interrogé durant plus de deux heures à la direction centrale de la police judiciaire, à Nanterre (Hauts-de-Seine), a nié toute infraction. Il a répété en outre qu'il ne disposait d'aucun élément provenant du dossier judiciaire. "Une intuition qui se transforme en quasi-certitude" [...]  Brice Hortefeux n'est pas susceptible d'être inquiété dans l'immédiat, le parquet de Paris ayant choisi la voie d'une enquête préliminaire pour "violation du secret professionnel et recel". Le parquet devra statuer en fin d'enquête


2. TAKIEDDINE

TAKIEDDINE DEMANDE A SARKOZY LA LEVEE TOTALE DU SECRET DEFENSE
Libération
" «Je dis au président de la République, je lui suggère: Arrêtez tout de suite, puisque vous êtes garant de la Constitution, levez le secret défense sur tous les contrats et notamment sur Agosta, et notamment sur Sawari II», a-t-il déclaré, en parlant des contrats de vente de sous-marins Agosta et de frégates Sawari II, respectivement au Pakistan et à l'Arabie saoudite en 1994. «Qu'on arrête de parler de n'importe quoi sur n'importe quoi!», a plaidé l'homme d'affaires franco-libanais sur la chaîne d'informations en continu. Parlant encore du chef de l'Etat français, Ziad Takieddine a lancé: «Franchement, il lui appartient de faire ça tout de suite, dans les 24 heures. C'est digne, il est digne, il le fera». Ziad Takieddine, intermédiaire central de contrats d'armement conclus en 1994 avec Islamabad et Ryad, a été mis en examen le 14 septembre pour des malversations présumées, sur fond de soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.
article complet : http://www.liberation.fr/politiques/01012362793-karachi-takieddine-demande-a-sarkozy-la-levee-totale-du-secret-defense

ITW TAKIEDDINE / BFM TV
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xle91g" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xle91g</a>

RÉACTION DE L'AVOCAT DES FAMILLES
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlea5f" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlea5f</a>

Autres articles
- AFFAIRE TAKIEDDINE, LA POLICE PISTE DES VOYAGES DE SARKOZY ET COPE, Mediapart (article payant)

- LES DOCUMENTS QUI PROUVENT LE LIEN ENTRE SARKOZY ET TAKIEDDINE, Mediaprt (article payant)



3. GUAINO ET LA CONTRE-ATTAQUE ÉLYSÉENNE

MEDIAPART FACE A L'ELYSEE, C'ETAIT "MOTS CROISES" SUR FRANCE2
Mediapart, Edwy Plenel 28/09
".... La proposition était loyale, sans piège aucun, et je l'ai donc acceptée, même si la capacité de cette présidence, depuis 2007, à endosser tous les rôles et à revêtir tous les costumes – policier, magistrat, banquier, général, diplomate et, maintenant, éditorialiste... –, au mépris de la séparation ou de l'équilibre des pouvoirs, ne laisse pas de surprendre. En route donc pour cinquante minutes de face à face entre Mediapart et le « conseiller spécial du Président de la République », auteur de nombre de ses discours, de celui de Dakar à celui de Toulon, numéro trois dans l'ordre protocolaire du cabinet présidentiel à l'Elysée.

[pour rappel l'échange est visible dans une des vidéos du post précédent]

Au cours d'une discussion collective préalable, lors de notre réunion quotidienne de la rédaction, le lundi matin, nous étions convenus que je devais m'en tenir à un rôle de journaliste, apportant des faits d'intérêt public et interpellant sur cette base le représentant du pouvoir. Dès le début de l'émission, j'ai compris que Henri Guaino voulait, tout au contraire, m'entraîner sur le terrain d'un affrontement directement politique, me plaçant en opposant systématique qui fonctionnerait à l'idéologie plutôt qu'à l'enquête, au préjugé d'opinion plutôt qu'à la vérité des faits. C'est ce que dévoile l'instant où Henri Guaino commence à dérouler un conducteur de l'émission, tentant de fixer l'ordre du jour en lieu et place d'Yves Calvi. Décidant de ne pas rentrer dans ce jeu élyséen, j'ai alors choisi de monter au filet, comme l'on dit au tennis (sport que je ne connais guère, ce n'est donc qu'une image), c'est-à-dire d'attaquer en passant d'une information à l'autre, d'une interpellation à une question, d'un fait à une révélation, etc., contraignant ainsi Henri Guaino à courir d'un côté à l'autre du court télévisuel. Ce zigzag a peut-être nui à la clarté ou à la cohérence de l'échange, mais c'était, me semble-t-il, la seule façon de casser les codes : ne pas accepter un échange d'idées totalement déconnecté de la réalité et de l'actualité qui, de surcroît, aurait brouillé les frontières entre le politique et le journaliste. En tout cas, il a réussi à énerver mon interlocuteur qui a perdu son calme, obligé de renoncer aux grandes tirades qu'il avait sans doute prévues pour défendre ce qu'il pense être la haute politique présidentielle face à la basse chronique affairiste. A chacun d'entre vous de juger du résultat. L'un des enseignements de cet échange est la contre-attaque choisie par l'Elysée sur le terrain des affaires, de la corruption qu'elles dévoilent et de la morale publique qu'elles interpellent. Résumé en trois temps : 1. Ce ne sont que des amalgames, des insinuations ou des mensonges, alors que Nicolas Sarkozy n'est aucunement concerné (même si ses amis ou collaborateurs les plus anciens ou les plus proches, eux, le sont); 2. Vous faites le jeu du « tous pourris » et le lit de l'extrême droite, comme la presse des années 1930 (les « méthodes fascistes » inventées par l'Elysée à propos de Mediapart dans l'affaire Bettencourt ne sont pas loin – lire ici notre article sur la campagne dont la presse en général et Mediapart en particulier ont été la cible); 3. C'est le retour de l'affaire Clearstream, ce complot destiné à abattre Nicolas Sarkozy avant 2007 (et dont la justice a, depuis, jugé qu'il fut plutôt exploité par ce dernier pour abattre son rival à droite, Dominique de Villepin). Il n'est pas certain que cet argumentaire, d'une grande pauvreté et d'une faible originalité, suffise à convaincre des troupes désorientées. Conforme au césarisme exacerbé de cette présidence, qui réduit le bien commun au salut d'un seul, le propos d'Henri Guaino m'a paru illustrer la nécrose du présidentialisme sarkozyste, dont l'obsession de puissance cache une immense fragilité et une peur infinie de l'avenir . Ainsi donc, à écouter son conseiller spécial, Nicolas Sarkozy, bien que responsable de rien – et surtout pas des vilains, copains et coquins qui l'entourent –, pourrait être le sauveur de tout. Au vu du résultat des sénatoriales, il serait étonnant que cette méthode Coué ait un quelconque impact sur les électeurs, y compris ceux traditionnellement de droite, alors que cette famille politique occupe l'Elysée depuis bientôt dix-sept ans, sans discontinuité depuis 1995, de Chirac à Sarkozy..."
suite de l'article : http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/270911/mediapart-face-lelysee-cetait-mots-croises-sur-france-2


COPE N'A RIEN "VÉCU DE TOUT ÇA"
Les coulisses de Sarkofrance 27/09
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlc903" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlc903</a>


KARACHI : DES POLITIQUES ONT "DU SANG SUR LES MAINS" ACCUSE MAMERE
Lenouvelobs 27/09
Le député Vert Noël Mamère, a accusé, mardi 27 septembre, des responsables de droite d'avoir du "sang sur les mains" après l'attentat de Karachi. Le Premier ministre François Fillon a vivement réagi, se disant "scandalisé" par ces propos. Lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Noël Mamère a interpellé François Fillon sur le dossier Karachi, qu'il a qualifié d'"affaire d'Etat". Il a dénoncé les "pressions exercées par (le) gouvernement pour mieux dissimuler une guerre de clans aux conséquences tragiques". Fillon "scandalisé" "Un certain nombre de nos responsables politiques ont sans doute du sang sur les mains", a même accusé l'élu écologiste, réclamant la levée du secret défense sur la totalité des documents et l'audition de "tous les protagonistes dans cette affaire, y compris le président de la République". "Le gouvernement est attaché à ce que toute la vérité soit faite dans cette procédure", lui a répondu le ministre de la Justice Michel Mercier..."
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlceqj" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlceqj</a>

suite de l'article : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110927.OBS1212/video-karachi-des-politiques-ont-du-sang-sur-les-mains-accuse-mamere.html
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #131 le: 10 octobre 2011 à 10:23:09 »
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[revue de presse] - [112] - [2-9 octobre 2011]

BRAS DE FER ENTRE D.DE VILLEPIN ET ZIAD TAKIEDDINE
André Sillam, Blog Nouvel Obs
Cette fin de semaine a vu un bras de fer, au micro d'Europe1,à un jour d'intervalle, entre Dominique de Villepin (Secrétaire Général de l'Elysée, jusqu'en mai 2002) et Ziad Takieddine (homme d'affaires franco-libanais), à propos du versement de rétro-commissions en 1995 dans le cadre de la campagne d'Edouard Balladur et du lien éventuel entre l'arrêt de leur versement et l'attentat de Karachi du 8 mai 2002.

1. Jeudi 6 octobre 2011, l'homme d'affaires Ziad Takieddine dénonçait un complot contre Nicolas Sarkozy et mettait en cause Dominique de Villepin : 1.1 "Je suis le premier qui va dénoncer ce complot et le prouver point par point à l’opinion française", a annoncé Ziad Takieddine. "C’est un complot contre le président de la République, avec les mêmes acteurs que l’affaire Clearstream. Sauf que cette fois ils vont devoir répondre d’actes criminels", a prévenu l’homme d’affaires libanais, avant de se montrer plus précis. "Celui qui doit répondre de ses actes sur l’ensemble du dossier, de 1996 à aujourd’hui, s’appelle Dominique de Villepin".

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xli518" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xli518</a>
[...]

2. vendredi 7 octobre 2011, toujours sur Europe1, 2.1 l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin : - a demandé à l'homme d'affaires Ziad Takieddine d'apporter des preuves à la justice dans le volet financier de l'affaire Karachi : "Il a des preuves ? Qu’il les apporte à la justice. C’est à la justice d’apprécier des choses". - a tenu à préciser que Jacques Chirac a ordonné la fin du versement des commissions dans le contrat de vente de sous-marins au Pakistan sans rien connaître d'éventuelles rétro-commissions en faveur de la campagne électorale d'Edouard Balladur.

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xliw33" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xliw33</a>
[...] L'homme d'affaires, Ziad Takieddine, détient-il, effectivement, des preuves de ce qu'il avance [...]  Pourquoi ne pas avoir fourni ces preuves, relatives aux rétro-commissions, au juge Van Ruymbeke, mercredi 5 octobre 2011, veille de son interview à Europe1 ? - Réserve-t-il ses révélations et ses preuves au juge Marc Trévidic chargé du volet terroriste de l'affaire de Karachi (le juge Van Ruymbeke ayant instruit l'affaire Clearstream) ?
lien direct : http://andre-sillam.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/07/bras-de-fer-entre-d-de-villepin-et-z-takieddine-retro-commis.html

Autres articles :
- VILLEPIN DEMANDE DES PREUVES A TAKIEDDINE, Le Monde
- TAKIEDDINE : UNE CLE USB PIEGE HORTEFEUX, Mediapart (article payant)
- RIEN COMPRIS A L'AFFAIRE KARACHI ? ON REPREND DEPUIS LE DÉBUT, Rue 89


KARACHI : RETOUR CHEZ LE JUGE POUR TAKIEDDINE
TF1News
[...] L'audition de l'ancien Premier ministre est "sérieusement envisagée", selon une source policière, mais aucune date n'a encore été fixée. Dans un autre volet de l'affaire, Ziad Takieddine a été mis en examen pour faux témoignage à un juge. Des développements sont également attendus en ce mois d'octobre dans une "affaire dans l'affaire": l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour violation de secret professionnel et recel après la divulgation de conversations téléphoniques entre Thierry Gaubert et l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux. Ce dernier s'est expliqué vendredi pendant près de trois heures devant les agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). lien direct :http://lci.tf1.fr/france/justice/karachi-retour-chez-le-juge-pour-takieddine-6743217.html


KARACHI : LE DOCUMENT QUI ACCUSE BRUGUIERE
Marianne 2, Frédéric Ploquin
Dans l’enquête sur l’attentat de Karachi, qui a causé la mort de 11 ingénieurs de la Direction des chantiers navals en 2002, il y a deux temps : avant et après 2007. Avant, c’est le célèbre juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière qui mène l’instruction.

 A son départ à la retraite, et alors qu’il entend se présenter aux législatives sous l’étiquette UMP, le juge Jean-Marc Trévidic prend le relai. Son approche du dossier change radicalement. Largement inspiré par les notes de la DST, comme on appelle alors le contre-espionnage français, le juge Bruguière ne voit qu’une hypothèse possible : celle d’un attentat commandité contre la France par l’organisation chapeauté par Ben Laden : Al Qaeda. Son successeur, sollicité par les familles des victimes et leur avocat, Olivier Morice, ouvre la porte vers une autre hypothèse, celle d’une vengeance après l’arrêt du paiement des commissions liées à la ventre de sous-marins français au Pakistan. Le juge Trévidic met ainsi à jour plusieurs éléments troublants concernant la gestion de l’instruction. Notamment celui-ci : l’évaporation du rapport de deux légistes français chargés d’autopsier les restes de celui qui a été, un peu vite peut-être, présenté comme le kamikaze. Lors de son audition, le 16 mai dernier, le juge Bruguière est formel : on ne lui a jamais remis ce rapport. Une note déclassifiée de la DST, datée du 13 juillet 2002, stipule pourtant que les experts français « ont récemment rendu leur rapports de mission aux magistrats ». Une autre pièce, plus gênante encore, vient d’être versée au dossier : une demande de commission rogatoire internationale adressée par la DST au juge Bruguière, faisant clairement référence aux expertises. Le juge a-t-il orienté l’enquête pour plaire à la fois au camp Chirac, qui dirige désormais le pays, et au camp Balladur, soupçonné d’avoir détourné une partie des commissions pour financer la campagne présidentielle de 1995 ? Enquête complète à paraître dans Marianne demain.

lien direct : http://www.marianne2.fr/Karachi-le-document-qui-accuse-Bruguiere_a211180.html


RÉACTIONS POLITIQUES

KARACHI : UN LIEN CORRUPTION - ETAT (EVA JOLY)
Europe1
Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle, a évoqué dimanche un possible lien entre le supposé financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur en 1995 et la mort de 11 Français dans l'attentat de Karachi en 2002. Interrogée sur l'affaire Karachi lors de l'émission "Radio France politique", l'ex-magistrate a déclaré : "C'est un dossier dans lequel il n'y a pas que de la corruption, il y a eu des morts, et des morts sans doute comme conséquence d'un conflit entre les deux droites en France". L'eurodéputée EELV a estimé qu'"on insulte la mémoire des victimes en ne permettant pas la vérité de se faire jour en levant le secret militaire".
lien direct : http://www.europe1.fr/Politique/Karachi-un-lien-corruption-attentat-Joly-748175/


AFFAIRE KARACHI: 110.000 SIGNATURES POUR LA LEVEE DU SECRET DEFENSE
Le point
"L'ONG Avaaz et le collectif Sauvons les riches ont rendu publique mercredi une pétition comportant plus de 100 000 signatures et appelant le président Sarkozy à déclassifier immédiatement tous les documents sur l'affaire Karachi. "La pétition Avaaz a recueilli plus de 100 000 signatures en moins d'une semaine, 110 000 à l'heure actuelle. Les chiffres ne cessent d'augmenter, ce qui montre vraiment un appel des citoyens à la levée du secret-défense" dans cette enquête sur un présumé financement politique occulte, a estimé Benjamin Desgachons, membre d'Avaaz. "On demande simplement, comme l'ensemble des citoyens, la levée du secret-défense sur l'affaire Karachi, et encore plus la transparence sur l'ensemble du financement de la vie politique française", a renchéri un manifestant à son côté. De nombreux documents portant sur cette affaire de vente d'armes au Pakistan sont classés secret-défense, empêchant les enquêteurs d'y avoir accès. Une quinzaine de personnes s'étaient rassemblées près du palais de l'Élysée, siège de la présidence, vers 9 heures mercredi, jour du conseil des ministres.
lien direct : http://www.lepoint.fr/politique/affaire-karachi-110-000-signatures-pour-la-levee-du-secret-defense-05-10-2011-1380979_20.php


B.HAMON : "NOUS SOMMES PROBABLEMENT FACE A UN DES PLUS GRANDS SCANDALES D'ETAT DE LA Vé RÉPUBLIQUE"
PS
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlbel2" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlbel2</a>
lien direct : http://aurelinfo.over-blog.com/article-affaire-karachi-nous-sommes-probablement-face-a-un-des-plus-grands-scandales-d-etat-de-la-veme-re-85420664.html
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #132 le: 11 octobre 2011 à 20:00:15 »
Pas d'honneur, pas de face, pas d'actions dont on peut être fier. Ajouté à cela la laideur physique...
Est-ce que je suis la seule à trouver à certains des airs de singes sur les freeze de la vidéo?  8|
C'est assez terrible...

Je doute que l'on sache un jour tout de ce qui s'est joué, et sans doute seul des intervenants de second plan paieront l'ardoise. Mais enfin, que voulez-vous, c'est la république irréprochable de Sarkozy. Dans tout son réalisme. Trop de bonheur.
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #133 le: 12 octobre 2011 à 08:51:08 »
Voilà complément d'enquête :

http://info.france2.fr/complement-denquete/

Emission faitant ses 10 ans...

Il y a plein de reportages intéressantb mais il faut aller à la 39 minutes et 20 secondes pouevoir un reportage sur les "porteurs de valises"
et takkiedinne qui est "effrayé" et a visiblement peur !!!

Peut être que quelq'un l'a déjà metionné dc désolé si c'est déjà évoqué...

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #134 le: 12 octobre 2011 à 11:06:23 »
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Ajouté à cela la laideur physique...
Holà, où va-t-on là ?
Benoît Hamon ressemblerait à un singe ?
Il faut éviter ce genre "d'argument."
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #135 le: 14 octobre 2011 à 09:01:17 »
Ce n'était pas un argument, mais une constatation. Affirmer qu'ils n'ont pas d'honneur n'est pas non plus un argument.
Je suis dans une phase ou j'ai pitié... Voilà.
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #136 le: 16 octobre 2011 à 08:55:20 »
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[revue de presse] - [113] - [10-16 octobre 2011]
COMPLEMENT D’ENQUÊTE "LA RÉPUBLIQUE DES MALLETTES"
FRANCE 2 10/10/2011
Un seul reportage à voir ce mois-ci, celui-ci :
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlo4i9" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlo4i9</a>

1. LE FEUILLETON KARACHI RETOMBE A NOUVEAU,
GUÉANT REBALANCE UNE PELLETÉE POUR ÉTOUFFER L'AFFAIRE

GUEANT RELANCE LA PISTE ISLAMIQUE
Le Point, 10/10/2011
"Le ministre de l'Intérieur a relancé dimanche la piste islamiste pour l'attentat de Karachi en 2002, bien que la justice penche dorénavant pour une attaque perpétrée en représailles au blocage par la France de commissions sur un contrat d'armement avec le Pakistan. "Pour le ministère de l'Intérieur, la piste privilégiée a toujours été la piste islamiste", a déclaré Claude Guéant au Forum Radio J, qui l'interrogeait sur les causes de l'attentat du 8 mai 2002 à Karachi (sud du Pakistan) dans lequel 15 personnes avaient trouvé la mort, dont 11 Français de la Direction des constructions navales (DCN). [...]  "Claude Guéant se prend pour un juge d'instruction ! Il dit cela sans doute pour protéger (l'ex-juge Bruguière)", a réagi Me Olivier Morice, avocat des familles des victimes. Celles-ci ont déposé une plainte en juin contre Jean-Louis Bruguière pour "faux témoignage" et "entrave à la justice". Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. L'ancien juge avait été interrogé en mai par son successeur Marc Trévidic sur l'absence dans le dossier d'un rapport d'autopsie du supposé poseur de bombe, réalisé par des médecins légistes français juste après l'attentat. ..."
suite de l'article : http://www.lepoint.fr/societe/attentat-de-karachi-claude-gueant-relance-la-piste-islamiste-10-10-2011-1382680_23.php


2. TAKIEDDINE DE NOUVEAU ENTENDU PAR LA JUSTICE

AFFAIRE KARACHI : TAKIEDDINE SE DEFEND D'AVOIR PORTE DES VALISES BOURRÉES DE BILLETS
20 Minutes 14/10/2011
"Se défendre à tout prix: Ziad Takieddine, mis en examen le 14 septembre dans le dossier judiciaire mêlant ventes d'armes au Pakistan et à l'Arabie saoudite et soupçons de financement occulte de la campagne balladurienne pour l'élection présidentielle de 1995, s’est ouvert à Lexpress.fr ce vendredi. Dans cet entretien, l’homme d’affaires sulfureux raconte son audition, le 5 octobre dernier, par le juge Van Ruymbeke, à propos de l'affaire Karachi: «Je lui ai répété que je n’avais jamais porté de valises bourrées de billets pour qui que ce soit! Le juge sait que je n'ai rien à voir avec la société Mercor [qui aurait touché une partie des commissions liées à la vente de trois sous-marins au Pakistan en 1994]. J'accuse les responsables de la Direction des constructions navales [DCN] d'avoir falsifié le document que j'ai soi-disant signé». «Pas d’intervention spécifique» dans un contrat de vente d’armes Affirmant avoir «déposé une plainte pour faux il y a plusieurs mois» pour cette supposée falsification, il ajoute qu’«une expertise graphologique, en cours, pourra le prouver». L’homme affirme en outre ne pas croire «à la thèse des rétrocommissions, et surtout pas ce que leur suspension aurait provoqué», c’est-à-dire à l’attentat de Karachi, le 8 mai 2002, causant la mort de onze employés de la DCN. Concernant le contrat Sawari II, portant sur la vente de frégates à l'Arabie saoudite en 1994, Ziad Takieddine explique n’être pas «intervenu spécifiquement dans le contrat» mais explique que des commissions «ont bien été payées par les Saoudiens à la Sofresa [la société qui supervisait les ventes d'armes de l'Etat français]». Répondant aux accusations de l'épouse de Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, qui affirme que l’homme d’affaires a rapporté des sacoches d'argent de Suisse pour les livrer à Nicolas Bazire, directeur de campagne d'Edouard Balladur en 1995, Ziad Takieddine répond: «Hélène Gaubert est une femme fragile, que mon ex-épouse a manipulée. N'a-t-elle pas dit qu'elle voulait juste embêter son mari?» Rappel de son action pour l’Etat Sur ces relations avec Nicolas Bazire, un proche du président de la République, Ziad Takieddine affirme qu’il l’a «vu quatre ou cinq fois, avant et pendant la visite d'Edouard Balladur en Arabie saoudite, en janvier 1994. D'ailleurs, à la suite de ce voyage au cours duquel le Premier ministre a été déçu de ne pas signer le contrat Sawari, Bazire a refusé de me prendre au téléphone pendant sept mois...» Quant à la réaction du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui a pris ses distances avec lui, l’homme d’affaires s’interroge: «Claude Guéant serait-il lui aussi frappé d'anosognosie? Mon rôle a été bien réel dans la libération des infirmières bulgares, dans le rapprochement franco-libyen, dans le contrat Miksa de surveillance des frontières de l'Arabie saoudite ou en Syrie. Je suis triste quand il parle de ‘délire’, humainement, ça me touche. Mais je sais ce que j'ai fait».
lien direct : http://www.20minutes.fr/article/806230/affaire-karachi-ziad-takieddine-defend-davoir-porte-valises-bourrees-billets


FRANCE 2 : ZIAD TAKIEDDINE : "L'HOMME QUI EN SAIT TROP ?"
France 2, 5 octobre 2011
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlimcb" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlimcb</a>


COLOMBIE : LE PALAIS DE THIERRY GAUBERT, DERNIER REBONDISSEMENT DE l'AFFAIRE KARACHI ?
Courrier International
"A des milliers de kilomètres de Paris, dans le paisible village touristique d'El Nilo, à deux heures de voiture de Bogotá, la capitale colombienne, une somptueuse villa située dans la propriété El Palmar se retrouve au cœur de l'affaire Karachi, ce scandale de corruption, d'attentat et de dessous-de-table qui tient la France en émoi. La villa Cactus aurait coûté 600 000 euros, soit près d'un million de dollars et son propriétaire, Thierry Gaubert, en aurait fait l'acquisition à la fin des années 1990 pour y établir sa résidence secondaire à travers une société, baptisée elle aussi Cactus, au Bahamas. Cet intime du Président Sarkozy depuis le début de sa carrière était à l'époque marié à la Princesse Hélène de Yougoslavie, celle qui aujourd'hui raconte une partie de ses secrets à la police.
El Palmar est une propriété qui compte seulement deux maisons. L'autre appartient à un ami de Thierry Gaubert, Jean-Philippe Couzi, ancien époux d'Astrid Betancourt, la sœur d'Ingrid Betancourt et amie de la Princesse Hélène. [...]  C'est le genre d'investissement typique des Français fortunés sous les tropiques. L'arrivée de la princesse avec son escorte de cinq voitures, dont une de l'ambassade française, de son mari et de leurs trois enfants ainsi que des dizaines de valises faisait sensation dans le village. Selon les témoignages obtenus par Semana à Nilo, le couple avait l'habitude d'y venir deux fois par an, en général à Pâques et en décembre. Ils y vivaient dans un faste luxueux. Ils avaient 7 employés à demeure toute l'année, payés chacun entre 600 000 et un million de pesos par mois [entre 220 et 380 euros], et lors de leurs séjours, ils n'hésitaient pas à en recruter d'autres. [...]. Comme l'a révélé l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, les enquêteurs français ont désormais dans leur ligne de mire la villa colombienne, son propriétaire et sa princesse. Ce qu'ils ont découvert met Thierry Gaubert en sérieuse difficulté et son ex-épouse a donné des informations savoureuses à la police française. Un achat de trois sous-marins, un mystérieux intermédiaire franco-libanais, des valises remplies d'euros provenant de commissions illégales transportées par Gaubert de Suisse en France, une décennie d'intrigues politiques françaises sordides, un président, une princesse, une épouse offensée balançant tout à la police, des dizaines de millions d'euros, un attentat qui coûta la vie à 14 personnes, dont 11 Français à Karachi, la capitale du Pakistan et une propriété à El Nilo, Colombie, composent cette sorte de télénovela internationale, dont la "connexion colombienne" constitue un nouveau rebondissement."
lien direct : http://www.courrierinternational.com/article/2011/10/10/le-palais-de-thierry-gaubert-dernier-rebondissement-de-l-affaire-karachi

Autres articles :
AFFAIRE TAKIEDDINE, LES CURIEUX OUBLIS DE JEAN-FRANCOIS COPE, Mediapart (payant)
TAKIEDDINE DE NOUVEAU ENTENDU PAR LA JUSTICE, Le Monde


BONUS VIDEO : KARACHI ET LA BANDE UMP
MONTAGE VIDEO 30.00



REPORTAGES / CHRONIQUES SUR KARACHIGATE 2011
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlklku" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlklku</a>
"Ni Dieu, ni maître.
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Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #137 le: 25 octobre 2011 à 16:44:46 »
tyger en parle plus haut...et pour morano j'ai mis une vidéo de son altercation sur canal+

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Affaire Karachi: L'avocat des familles poursuit Hortefeux et Morano

Les deux responsables de l'UMP sont poursuivis pour diffamation...

Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi a saisi la justice pour «menace» à l'encontre de Brice Hortefeux et pour «diffamation» à l'encontre de Nadine Morano, a-t-on appris auprès de l'avocat.

Brice Hortefeux, auquel est reproché d'avoir déclaré qu'il voulait «fracasser» Me Morice, est cité à comparaître le 22 novembre devant le tribunal de grande instance de Paris, selon la citation directe déposée par l'avocat et consultée par l'AFP. A cette date sera fixée la date du procès. Me Morice a par ailleurs porté plainte pour diffamation à l'encontre de la ministre UMP de l'Apprentissage, Nadine Morano qui avait accusé Me Morice de «se faire de la pub sur le dos» de Nicolas Sarkozy. Citant des propos de l'ancien ministre de l'Intérieur, rapportés dans le Nouvel Observateur, Me Morice accuse Brice Hortefeux de "menace et d'intimidation" à son égard.

L'avocat demande un euro de dommage et intérêts et 20.000 euros au titre de frais de justice et la publication du jugement dans cinq quotidiens et cinq hebdomadaires. Brice Hortefeux avait dû s'expliquer devant la police, sur ses conversations téléphoniques, avec un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, qu'il avait prévenu que sa femme Hélène «balançait beaucoup».
Hortefeux s'est dit «écoeuré»

Selon l'hebdomadaire, le responsable UMP s'était ensuite dit «écoeuré» par la «lâcheté des journalistes qui fracassent tous les amis de Sarkozy» alors que c'est Me Morice qui «devrait être fracassé». Au nom des familles des victimes de Karachi Me Morice a déjà porté plainte, fin septembre, contre Brice Hortefeux pour violation du secret professionnel, subornation de témoins et entrave à la vérité.

Me Morice a par ailleurs saisi la doyenne des juges d'instruction du tribunal de grande instance d'une plainte en diffamation à l'encontre de Nadine Morano. Lors d'un vif échange, le 22 septembre sur Canal +, alors que deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert venaient d'être mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, Me Morice avait accusé le chef de l'Etat d'être «au coeur de la corruption, c'est-à-dire au coeur du système qui a été mis en place pour verser des commissions et surtout pour permettre le retour illicite» de rétrocommissions.

«Vous êtes en train de faire votre pub sur le dos du président de la République», avait répliqué Mme Morano en accusant l'avocat de «ne pas défendre dignement les familles» des victimes. Dans sa plainte dont l'AFP a eu copie, Me Morice estime qu'«il s'agit d'une accusation extrêmement grave à l'égard d'un avocat" et que la ministre a porté "une atteint majeure à l'honneur professionnel». L'attentat de Karachi, le 8 mai 2002, qui a fait 15 morts, dont 11 salariés français de la Direction des Constructions Navales (DCN), pourrait être lié, selon les enquêteurs, à l'arrêt, en 1996, du versement de commissions liées à des contrats d'armement. Dans le volet financier de l'enquête, les enquêteurs s'interrogent sur l'existence de rétrocommissions qui auraient financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #138 le: 01 novembre 2011 à 10:40:18 »
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[revue de presse] - [114] - [17-30 octobre 2011]
 
1 / UNE 12e VICTIME


KARACHI, LE 12e MORT ET LES DISQUETTES
Le Point, Hervé Gattegno / 28.10.2011
"Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, saisis du volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi, ont confié à la police des investigations sur les circonstances ayant entouré la mort d'un militant associatif de Garges-lès-Gonesse, Akim Rouichi, en 1995. Selon des témoignages récemment recueillis par la Division nationale des investigations financières (DNIF), celui-ci aurait été chargé de missions d'espionnage et de surveillance sur des personnalités liées à la campagne présidentielle d'Édouard Balladur qui l'auraient notamment conduit à intercepter des conversations téléphoniques. Le jeune homme avait été découvert pendu quelques mois après l'élection, sans qu'aucune trace de ses enregistrements soit retrouvée auprès de lui. Les enquêteurs disposent d'une preuve que ces écoutes illicites ont bien existé. Il s'agit d'une note interne à l'état-major de campagne d'Édouard Balladur datée du 5 avril 1995 et adressée au directeur de campagne, Nicolas Bazire, qui rapporte la démarche effectuée par Akim Rouichi lorsque celui-ci s'était rendu au siège du candidat dans l'espoir de "vendre" ses enregistrements. Selon l'auteur de la note - intégralement publiée dans le numéro du Point à paraître jeudi 27 octobre -, l'homme disait avoir été recruté par des réseaux au service de Jacques Chirac et avoir surpris des conversations impliquant notamment François Léotard, Renaud Donnedieu de Vabres, ainsi que certains hauts fonctionnaires et industriels de l'armement. "Aucun souvenir" Interrogé par la police en qualité de témoin
[spoiler=suite de l'article et sources] le 13 octobre dernier, le rédacteur du document, Jean-Charles Brisard, a confirmé la scène et relaté sa rencontre avec Akim Rouichi. Il a précisé que ce dernier lui avait fait écouter des extraits des écoutes téléphoniques qu'il avait réalisées, et qui portaient sur des contrats de ventes d'armes, dont le fameux contrat Agosta - l'accord prévoyant la fourniture de sous-marins au Pakistan en 1994 - qui est aujourd'hui au coeur de l'enquête des juges. Sollicité par Le Point, Nicolas Bazire a répondu - via son avocat Me Jean-Yves Liénard - qu'il n'avait "aucun souvenir" de cet épisode. L'un des frères d'Akim Rouichi confirme avoir, lui aussi, entendu plusieurs conversations interceptées, dont l'une entre Charles Pasqua et François Léotard - alors tous deux ministres du gouvernement Balladur - relative à une livraison de missiles. "Il était question de commissions", croit-il se souvenir. Lui aussi a récemment été interrogé par la DNIF.
La note adressée à Nicolas Bazire désigne par ailleurs les commanditaires pour lesquels Akim Rouichi disait avoir effectué ses missions clandestines : deux hauts policiers à la réputation sulfureuse, le contrôleur général Jacques Delebois et le commissaire Patrick Rougelet. Ces deux hommes avaient déjà été soupçonnés, en 1996, de mener des enquêtes parallèles en usant des moyens de leurs services respectifs. Ancien de la DST, Delebois a été impliqué dans l'affaire des micros du Canard enchaîné, en 1973, puis dans celle du "vrai-faux passeport" de l'affaire Carrefour du développement, un scandale politico-financier qui avait marqué le premier septennat de François Mitterrand. Rougelet, lui, appartenait aux RG ; il a été révoqué en 1998. Le Point n'a pas réussi à entrer en relation avec le premier. Le second nous a affirmé n'avoir "jamais rencontré M. Rouichi" ni "traité d'informateurs sans rendre compte" à sa hiérarchie. La famille d'Akim Rouichi a toujours contesté la thèse du suicide, retenue par la justice après sa mort. En 1998, une plainte contre X pour "assassinat" s'était soldée par un non-lieu, les expertises médicales ayant infirmé l'hypothèse d'une intervention extérieure. L'existence des enregistrements avait été évoquée durant l'enquête, mais cette piste n'a jamais été suivie. Ni l'ordinateur ni les disquettes informatiques qui contenaient les mystérieuses écoutes n'ont jamais été retrouvés."
lien direct: http://www.lepoint.fr/societe/karachi-le-douzieme-mort-et-les-disquettes-26-10-2011-1389260_23.php

Extrait de l'interview avec François Rouichi (Mediapart):
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xm023x" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xm023x</a>

Autres articles :
- KARACHI, UN FANTÔME AUX PORTES DE L’ÉLYSÉE, Médiapart (payant) 30.10.2011
- AFFAIRE KARACHI ; NOUVELLE RECHERCHE SUR UN MILITANT ASSOCIATIF RETROVUE PENDU, Le Post.fr  28.10.2011
- LES ENQUÊTEURS A LA RECHERCHE D'ENREGISTREMENTS, Libération[/spoiler]


2 / LA BANDE A BALLADUR

THERRY GAUBERT SOUPÇONNÉ DE SUBORNATION DE TÉMOIN
Liberation, Sonya Faure / 19.10.2011
"Le parquet de Paris a délivré un réquisitoire supplétif pour subornation de témoin à l'encontre de Thierry Gaubert. Ami et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly et au ministère du Budget, Thierry Gaubert est soupçonné par les magistrats d'avoir fait pression sur sa femme, Hélène de Yougoslavie, afin d'orienter son témoignage devant les policiers qui enquêtent sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, en 1995. Début septembre, lors de son audition par les policiers, Hélène de Yougoslavie, séparée depuis cinq ans de son mari, a en effet remis aux policiers une clé USB où sont enregistrées les menaces de son mari. Gaubert l'aurait notamment sommée d'assumer la création d'un compte bancaire aux Bahamas ouvert sous le nom de l'épouse, d'affirmer que l'argent d'un compte en Suisse venait de sa grand-mère ou de minimiser l'importance de la maison du couple en Colombie, comme l'avaient révélé des PV publiés par Mediapart. «Il n'y a pas de menace [envers sa femme, ndlr]», s'était défendu Thierry Gaubert lors de sa garde à vue. Qui parlait de «discussion», et concèdait «des propos échangés avec énervement». Ce n'est visiblement pas l'avis du parquet, qui a donc lancé une enquête supplémentaire sur cet aspect du dossier. Hélène de Yougoslavie s'est constituée partie civile. Thierry Gaubert est mis en examen, depuis le 23 septembre, pour «recel d'abus de biens sociaux» dans l'enquête sur les contrats d'armement passés par la France avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite ayant potentiellement financé la campagne présidentielle de Balladur en 1995."
lien direct: http://www.liberation.fr/politiques/01012366613-affaire-karachi-thierry-gaubert-soupconne-de-subornation-de-temoin

 Autre article :
- L'ANCIEN DIR CAB DE BALLADUR CONVOQUE, JDD


AFFAIRE KARACHI : NICOLAS SARKOZY DEFEND SON "AMI' NICOLAS BAZIRE
Le Monde/  27.10.2011
"..."N'avez-vous rien su d'un financement illégal ?" l'interroge le journaliste Yves Calvi. "Ça fait bientôt 17 ans. Est-ce que vous imaginez que s'il y avait quoi que ce soit à reprocher à M. Balladur, on ne l'aurait pas trouvé ?" a relevé le chef de l'Etat. "Je trouve particulièrement odieux qu'on utilise la douleur de familles [des victimes de l'attentat de Karachi en 2002] au service d'intérêts politiciens, de magouilles et, pour tout dire, dans la volonté de salir les gens", a déploré M. Sarkozy. A la question visant à savoir s'il se sentait "visé" par ces affaires
[spoiler=suite de l'article et source], il a ironisé : "Pas du tout ! Pourquoi ?" avant d’égrener les affaires récentes où son nom a été cité (Clearstream, Bettencourt, Karachi) comme autant de tentatives pour le déstabiliser. "Vous savez, un président doit rendre des comptes, la transparence je suis d'accord, la calomnie, non !" a ajouté le président de la République.
"Deux de vos proches sont néanmoins mis en examen, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert…", relance Yves Calvi. "Nicolas Bazire a été votre témoin de mariage. Il ne vous a jamais parlé de financements inquiétants dans la campagne d'Edouard Balladur ?" demande le journaliste. "Nicolas Bazire est quelqu'un que j'aime beaucoup et qui est mon ami. Et maintenant, vous inventez la présomption de culpabilité ? Il a été directeur de cabinet de M. Balladur, ce qui n'est pas infamant à ma connaissance ? Il a toute ma confiance et toute mon amitié", a déclaré M. Sarkozy, convaincu que M. Bazire, mis en examen, est un "homme profondément honnête". "Il ne sortira rien de cela et tout le monde le sait", a conclu le président. ..."
article complet : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/27/affaire-karachi-nicolas-sarkozy-defend-son-ami-nicolas-bazire_1595360_823448.html
[/spoiler]

AFFAIRE KARACHI : LES FAMILLES DE VICTIMES DENONCENT UNE "CONSIGNE" DE SARKOZY AU PARQUET
20 Minutes / 27.10.2011
"Le collectif des familles des victimes de l'attentat de Karachi a dénoncé vendredi après l'intervention de Nicolas Sarkozy sur l'enquête de Karachi «la consigne claire envoyée au Parquet» par le chef de l'Etat. «Nous prenons bonne note de la consigne claire envoyée au Parquet» par le chef de l'Etat qui a affirmé, alors que l'enquête est en cours, qu'il «ne sortira rien» de la mise en cause de Nicolas Bazire.  Les familles des victimes de l'attentat, qui a fait 15 morts le 8 mai 2002 à Karachi, dont 11 salariés de la Direction des Construction Navales (DCN), «déplorent, une fois de plus, le mépris sans limite du chef de l'Etat non seulement à (leur) égard, mais aussi à l'égard du travail des juges d'instruction», écrivent-elles dans un communiqué. «Comment peut-il ainsi évoquer "la douleur des familles", lui qui n'a finalement pas été capable de tenir une promesse aussi simple que celle de nous recevoir une fois par an?», interroge le collectif. «Comment peut-il évoquer la "douleur des familles" alors même qu'un de ses conseillers nous a un jour rétorqué "Monsieur le Président en a assez qu'on l'importune avec des bobos personnels"?» poursuit-il. «Nous ne souhaitons entrer dans cette polémique politicienne orchestrée par Nicolas Sarkozy et lui faisons simplement remarquer que les juges d'instruction en charge des différents volets de cette affaire font un travail remarquable», conclut le collectif...."
lien direct: http://www.20minutes.fr/ledirect/814516/karachi-familles-victimes-denoncent-consigne-sarkozy-parquet


LE JUGE VAN RUYMBECKE ENQUETE SUR LES MAISONS NORMANDES DE BALLADUR
L'Express, Jean-Marie Pontaut / 26.10.2011
"...Le magistrat, qui devrait convoquer prochainement l'ancien Premier ministre afin de lui demander des explications concernant l'arrivée de très grosses sommes en liquide sur ses comptes de la campagne présidentielle de 1995, pourrait aborder un sujet plus personnel: ses maisons normandes. Selon nos informations, le juge et la police enquêtent sur la façon dont Edouard Balladur a acquis une demeure à Tourgéville (Calvados), un an après son échec à l'élection de 1995.
[spoiler=suite de l'article et source] A y regarder de plus près, c'est en réalité son épouse, Marie-Josèphe, qui a acheté cette propriété, le 13 juin 1996. Il est vrai que l'endroit a beaucoup d'allure: nous sommes ici dans le secteur le plus chic de la côte, au mont Canisy, dans les environs de Deauville. La maison, avec vue sur mer, comprend 13 pièces, dont 5 chambres, ainsi qu'une salle de projection, 4 salles de bains, un tennis et une piscine carrelée en mosaïque. Cette belle normande, avec sa façade à colombage et ses airs de manoir, représente le comble du sélect dans la région. Depuis le petit chemin boisé qui plonge vers l'hippodrome local, on la devine à peine, cachée dans la verdure. En 1996, Marie-Josèphe Delacour, épouse Balladur, débourse donc 7,3 millions de francs, soit un peu plus de 1 million d'euros. L'achat, conclu devant deux notaires parisiens, est réglé comptant, sans recourir à un prêt, ce qui est parfaitement légal. Un homme dit avoir permis le rapprochement entre les vendeurs et le couple Balladur: Thierry Gaubert, alors collaborateur de l'ex-Premier ministre, aujourd'hui mis en examen dans le volet rétrocommissions du dossier. Un autre point ne manque pas de surprendre dans cette opération immobilière: à la même époque, le couple Balladur et ses quatre fils disposent déjà d'une autre résidence pour passer leurs vacances en Normandie! Marie-Josèphe Balladur possède en effet, toujours sous son nom de jeune fille Delacour, une deuxième villa, au coeur de Deauville...."
suite de l'article : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/affaire-karachi-le-juge-van-ruymbeke-enquete-sur-les-maisons-normandes-de-balladur_1044341.html
[/spoiler]

4 / PLAINTE ET DECLASSIFICATIONS

LES SURVIVANTS DE L'ATTENTAT DE KARACHI PORTENT PLAINTE CONTRE LEUR EMPLOYEUR
Le Monde / 18.10.2011
"Selon Europe 1, les blessés de l'attentat de Karachi ont décidé de porter plainte contre leur employeur, la Direction des constructions navales (DCN) pour "coups et blessures entraînant une interruption de travail de plus de trois mois". "L'objectif de cette plainte est de dénoncer les différents manquements à la sécurité qui ont facilité l'attentat", a expliqué à Europe 1 leur avocat, Me Thibault de Montbrial. Selon eux, la DCN connaissait le danger de la mission et a été incapable d'assurer la sécurité de ses employés. Principale cible de la plainte, selon Le Parisien, le responsable de la sécurité des employés à Karachi, Gérard Clermont. L'homme n'aurait pas respecté les consignes de base, comme varier les horaires et les trajets, en dépit des menaces d'attentat avérées. Les survivants espèrent que leur plainte sera versée au dossier du juge d'instruction Marc Trévidic, qui enquête sur les origines de l'attentat qui a causé la mort de onze employés français, le 8 mai 2002. "
Lien : http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/les-survivants-de-l-attentat-de-karachi-portent-plainte-contre-leur-employeur_1588779_3224.html

Autre article :
- LES BLESSES DE KARACHI PORTENT PLAINTE CONTRE DCN, L'Usine Nouvelle


KARACHI : VERS DE NOUVELLES DECLASSIFICATIONS ?
Le Figaro / 29.10.2011
"La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis deux avis favorables et un avis défavorable à la déclassification de documents secret-défense réclamée par des juges dans le volet financier du dossier sur l'attentat de Karachi. Ces trois avis ont été rendus par la CCSDN lors de sa dernière réunion, le 13 octobre, et sont publiés aujourd'hui au Journal officiel.
[spoiler=suite article, source et video] Ils portent à dix-sept le nombre des avis publiés par cette commission administrative indépendante dans ce dossier complexe. Ces trois nouveaux avis concernent l'enquête des juges Roger Le Loire et Renaud van Ruymbeke sur des contrats d'armements, liés notamment à l'attentat de Karachi du 8 mai 2002 (11 Français tués). Dans ce volet, Ziad Takieddine, intermédiaire de ces contrats d'armement conclus en 1994, a été mis en examen le 14 septembre par le juge van Ruymbeke pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" sur fond de soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Il revient maintenant aux membres du gouvernement concernés de suivre ou non ces avis. Les quelque 180 avis rendus par la CCSDN depuis sa création ont été suivis dans leur quasi totalité par les ministres concernés. Les trois derniers avis favorables à une déclassification de documents secret-défense, rendus il y a un mois par la CCSDN, avaient été suivis par les ministres et les documents "confidentiel défense" ou "secret défense" déclassifiés."
lien direct: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/28/97001-20111028FILWWW00352-karachi-nouvelles-declassifications.php

Autre article :
- KARACHI, LES AVOCATS DEMANDENT AUX SAGES DE CENSURER LE SECRET DEFENSE, AFP
- FILLON AUTORISE LA DECLASSIFICATION DE DOCUMENT SECRET-DEFENSE, Le Monde 29.10.2011

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xlso4r" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xlso4r</a>
[/spoiler]

BONUS

EXCLUSIF : FRANCOIS LEOTARD SORT DE SON SILENCE
Nice Matin / 15.10.2011
"...L'ancien ministre de la Défense et président de l'UDF livre sa vérité sur l'affaire Karachi, les porteurs de valises, Takieddine et Balladur. Une interview à découvrir dans les éditions de samedi des titres du Groupe Nice-Matin. Karachi : "Je n'ai jamais touché d'argent". "Les valises, c'est une image d'Epinal", explique François Léotard, assurant qu'il ne "sait rien" sur les rétrocommissions. Takieddine : "On ne me l'a pas imposé". A l'époque de la signature du contrat, "on ne pouvait pas vendre un boulon sans intermédiaire". Connaissez-vous la vérité sur l'affaire Karachi ? "Je connais des choses que je ne vous dirai pas.
[spoiler=suite et source] Pas sur les rétrocommissions car là franchement je n’en sais rien. Mais sur le contrat et les aspects liés au terrorisme j’ai des choses à dire. J’ai été entendu par le juge Trévidic et cela s’est très bien passé. Nous avions la même thèse : c’est l’interruption des commissions qui a causé l’attentat. Il faut également explorer la piste des sous-marins : on ne devait pas en vendre à l’Inde et le gouvernement d’après en a livré des meilleurs. Les services secrets pakistanais pourraient avoir décidé de l’attentat pour cette raison."
lien direct: http://www.nicematin.com/article/derniere-minute/exclusif-francois-leotard-sort-de-son-silence[/spoiler]


L'intégralité de la revue de presse est fort instructive !
Mais mise en partie sous spoiler pour faciliter la lecture du forum.
RN
« Modifié: 02 novembre 2011 à 19:39:56 par reveillonsnous »
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #139 le: 01 novembre 2011 à 10:50:38 »
Réapparition   :| merci pour cet article fort instructif d'autant que jeudi dernier lors de l'allocution du sauveur du monde version kinder surprise , j'ai vraiment entendu "circulez!bande de connards !"y a rien à juger!
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #140 le: 10 novembre 2011 à 21:52:53 »
Voici que le Monde fait paraitre un article d'analyse sur le dossier de Karachi ! Pas très approfondie l'analyse, aucun des membres ou lecteurs réguliers de ce forum n'y apprendra grand chose  :grrr:
Citer
Des soupçons de financement occulte en marge des marchés d'armement

Mais le fait que ce soit le Monde qui le fasse paraitre alors même qu'ils avaient plutôt enterrer l'affaire depuis le début, me paraissait digne d'être noté, d'autant qu'il n'y a aucune actualité sensationnelle nouvelle semble-t-il  :diable:

Oh ben qu'est-ce que je suis mauvaise langue, alors  :hehe:
ils ont vu ça ..... Tu parles d'une nouveauté !
Ah et puis ça aussi
Citer
La décision, très attendue, du Conseil constitutionnel sur le secret-défense s'avère un peu décevante : le Conseil a certes déclaré inconstitutionnelle, jeudi 10 novembre, une partie de loi, mais sur un point relativement accessoire qui ne devrait pas réellement ébrècher le mur auquel se heurtent les juges d'instruction dans les affaires sensibles.

Et comme ce dernier article a été modifié à la même heure que le premier que je mentionnais.... cela a peut-être effectivement une signification : il veulent mettre du sens, du lien, entre la décision foireuse des "sages" et l'affaire Karachi .... mais bon, c'est plutôt timide, je trouve
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Les deux contrats ont été signés avec l'aval de celui qui occupait alors le ministère du budget, Nicolas Sarkozy, autre soutien de poids de M. Balladur.

Pas violente la prise de risques  :X: :fache:


« Modifié: 10 novembre 2011 à 22:02:56 par reveillonsnous »
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #141 le: 14 novembre 2011 à 11:02:22 »
Il semble bien que Mediapart continue son salutaire travail d'enquête sur ce dossier ! Ils ne lâchent pas Takieddine, et cela s'avère payant  :fache: :grrr:
Pour ceux qui n'ont pas la chance d'être abonnés, il trouveront sur agoravox un article qui en résume les informations essentielles.

Espérons que les médias reprendront un peu plus que précédemment ces informations :diable: mais comme je n'en suis pas persuadée  :désolé1: nous pouvons au moins en prendre connaissance et y faire écho à notre petite mesure !
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #142 le: 14 novembre 2011 à 12:56:00 »
ben oui mais bon la france fabrique des armes faut bien un vrp pour les écouler non ? :diable:
"Il n'y a point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer", Beaumarchais

 La neutralité favorise toujours l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté » (E. Wiesel).

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #143 le: 21 novembre 2011 à 08:45:25 »
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[revue de presse] - [115] - [1-20 novembre 2011]

1 / TAKIEDDINE INSISTE

POURQUOI L'AFFAIRE KARACHI S'ENFLAMME
Slate, Emmanuel Fansten 17/11/2011
"Longtemps réputé pour sa discrétion, Ziad Takieddine fait désormais feu de tout bois dans l'affaire Karachi. Persuadé d’être victime d’un complot, l’homme d’affaires franco-libanais n’hésite plus à appeler lui-même certains journalistes pour mettre les choses au clair. Après des mois de menaces feutrées, la contre-attaque est donc bel et bien lancée. Ses dernières révélations, réservées aux juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke, n’ont d’ailleurs pas mis longtemps à fuiter dans la presse. Et elles sont explosives. Alors que les deux magistrats du pôle financier cherchent depuis des mois à comprendre comment des rétro-commissions ont pu servir à financer la campagne d’Edouard Balladur en 1995, Takieddine explique aujourd’hui que ce système occulte n’a jamais pris fin. Et qu’il aurait au contraire continué à alimenter les caisses du clan ennemi, celui formé par les réseaux chiraco-villepinistes. Une véritable bombe à retardement quelques mois avant l’élection présidentielle de 2012.

[...] C’est peu dire, donc, que les dernières révélations de Ziad Takieddine interviennent dans un contexte hautement inflammable. Accusé d’avoir été le principal artisan des rétro-commissions en marge des contrats Agosta (avec le Pakistan) et Sawari II (Arabie Saoudite), puis écarté du jeu par les chiraquiens après l’élection de mai 1995, il affirme désormais avoir été remplacé par d’autres intermédiaires. Pour appuyer ces lourdes accusations, l’homme d’affaires décrit, numéros de compte à l’appui, un montage financier complexe passant par une banque suisse, sorte de système «bis» utilisant des filières ad hoc. Dans le viseur de Takieddine: Dominique de Villepin, secrétaire général de l’Elysée entre 1995 et 2002, mais surtout le mystérieux Alexandre Djouhri, héros malgré lui du dernier livre de Pierre Péan, La République des mallettes (Fayard). Personnage trouble au parcours énigmatique, Djouhri y est décrit comme une éminence grise de la République au train de vie délirant et à l’entregent fascinant. Un homme soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire dans de nombreux contrats mirifiques passés avec l’Etat français et à qui Péan attribue cette formule lapidaire: «Je les tiens tous par les couilles.» Directement mis en cause par Takieddine, Alexandre Djouhri a déjà annoncé son intention de porter plainte pour diffamation, mais pourrait bien lui aussi finir par devoir s’expliquer. A moins que le parquet ne décide d’étouffer ce volet de l’affaire en refusant d’élargir la saisine des juges à ces nouvelles pistes…

 Officines et réseaux parallèles Difficile, dans ce contexte, de ne pas voir dans le récent rapprochement entre Sarkozy et Villepin une tentative d’apaisement. Les deux hommes se sont rencontrés discrètement fin octobre à la Lanterne en présence de Claude Guéant. Tous les trois savent aujourd’hui pertinemment qu’ils n’ont rien à gagner à jeter de l’huile sur le feu. Reste la guerre incontrôlable entre Takieddine et Djouhri, qui risque elle aussi de provoquer quelques dégâts. Exactement comme avec Clearstream avant 2007, l’affaire Karachi menace même de déteindre sur l’ensemble de la droite à quelques mois de la présidentielle de 2012. Deux scandales qui ont en commun le rôle central joué par les officines et les réseaux parallèles sur fond de conflit larvé entre balladuriens et chiraquiens. Trois ans avant l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée, en 2004, une note de la DST (ex-DCRI) indiquait ainsi que trois hommes gravitant autour du pouvoir avaient pu «déployer des moyens techniques en relation avec l’affaire Clearstream». Or deux d’entre eux travaillaient justement pour Alexandre Djouhri, alors très proche de Dominique de Villepin.

Coupable idéal Dans cette lutte d’influence, la galaxie Sarkozy a aussi pu compter sur quelques électrons libres. Le plus remuant s’appelle Pierre Sellier. Ex-conseiller d’EADS, grand amateur de notes en tout genre, il est à la tête de la société Salamandre, soupçonnée d’avoir jouer un rôle trouble en marge de l’affaire Clearstream. Comme l’ont révélé Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme dans Le Contrat (Stock), Sellier s’est également démené dans l’affaire Karachi. Avec un seul objectif: mettre en garde contre l’exploitation «fallacieuse» du dossier par la presse et soutenir contre vents et marées la thèse d’une implication d’al-Qaida dans l’attentat de Karachi. En clair: l’attentat qui a fait 14 morts le 8 mai 2002 n’est pas dû à l’arrêt des rétro-commissions mais aurait été perpétré par des terroristes islamistes. Cette version, longtemps soutenue par le juge Bruguière, n’a jamais convaincu les nouveaux magistrats chargés de l’enquête. Elle continue pourtant régulièrement à refaire surface. Cette semaine, le Nouvel Observateur révèle ainsi ainsi que des fonctionnaires de la DCRI aurait approché le juge Trévidic, en charge du volet terroriste du dossier, pour lui servir à nouveau la thèse d’Al Qaida. Avec de nouveaux détails: l’attentat de Karachi aurait été commandité par un des cerveaux du 11 Septembre, Khaled Cheik Mohamed, aujourd’hui enfermé dans les geôles de Guantanamo. Un coupable idéal servi sur un plateau d’argent par les services de renseignements français, l’idée laisse un peu sceptique Olivier Morice, l’avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi: «Au début de l’affaire, la DST et le juge Bruguière avaient déjà caché aux victimes un rapport d’expertise qui excluait la piste d’un kamikaze. Je crains qu’en cherchant de nouveau à imposer cette version, la DCRI soit instrumentalisée par le pouvoir. C’est d’autant plus gênant que c’est le seul service dont le juge Trévidic dispose pour l’enquête sur le volet terroriste. Mais notre force, c’est qu’il y a plusieurs fronts judiciaires dans ce dossier. On peut étouffer un des aspects, il sera impossible d’étouffer l’ensemble de l’affaire.»"
Article complet : http://www.slate.fr/story/46343/affaire-karachi-takieddine


Autres articles :
- COMMISSIONS DE KARACHI : POURQUOI ON SAIT QUE SARKOZY EST IMPLIQUE
Sarkofrance, 15/11/2011
- LES CONFIDENCES DE l'EX-MADAME TAKIEDDINE
L'express, Anne Vidalie, 08/11/2011
- KARACHI : DJOURHI PORTE PLAINTE POUR DENONCIATION CALOMNIEUSE
Le Monde, 12/11/2011


2. UNE AVANCÉE ?

KARACHI : CE N'EST JAMAIS FINI !
Charente Libre 11/11/11
""Une avancée très importante". Près de dix ans après l'attentat de Karachi qui a fait 14 morts dont 11 techniciens de la DCN, les familles des victimes ne fléchissent pas dans leur quête de vérité. Hier, elles ont ainsi salué positivement l'avis du Conseil constitutionnel d'invalider une loi votée en juillet 2009 étendant le secret-défense à une vingtaine de lieux dont les sièges des services de renseignement. Les «Sages» de la rue Montpensier ne se risquent pas à statuer qu'il s'agissait d'une loi de circonstance directement liée aux investigations des juges Van Ruymbeke et Le Loire sur le volet financier du dossier Karachi. Mais c'est tout comme. Le fait de soustraire des «zones géographiques» (dont la liste n'a d'ailleurs jamais été rendue publique) «subordonne les pouvoirs d'investigation de l'autorité judiciaire à une autorité administrative» tranche le Conseil. En clair, au pouvoir politique au mépris de l'indépendance de la justice. Cette nouvelle fin de non-recevoir allonge une liste déjà fournie de revers de Nicolas Sarkozy face au Conseil constitutionnel. Certains, notamment dans l'entourage du Chef de l'État, veulent y voir l'influence du président du Conseil, Jean-Louis Debré, d'une fidélité sans faille à l'égard de Jacques Chirac. Un peu court le raisonnement, car cette énième censure du Conseil constitutionnel est très ciblée: elle est une réponse cinglante à François Fillon qui avait refusé en novembre 2010 au juge Van Ruymbeke l'autorisation de perquisitionner la DGSE à Paris. Le champ libre désormais laissé aux juges - sous réserve d'autorisation de la Commission consultative sur le secret défense - devrait permettre de tenter de démêler l'écheveau de pistes liées au versement de commissions occultes dans le cadre de la vente par la DCN de sous-marins Agosta au Pakistan..."
Article complet : http://www.charentelibre.fr/2011/11/11/karachi-ce-n-est-jamais-fini,1064474.php


REPORT D'EFFET DANS LE TEMPS
Authueil, 10/11/2011
"Le Conseil constitutionnel vient de rendre sa décision sur le secret défense. La classification des documents est constitutionnelle, par contre, la classification des lieux ne l'est pas. Sur le fond, la décision est équilibrée et juste. Il faut un secret défense, par contre, sanctuariser des lieux, c'est too much. Non, ce qui me dérange, c'est le tout dernier paragraphe : "Afin de permettre à l'autorité administrative de tirer les conséquences de cette inconstitutionnalité, il y a lieu de reporter la date de cette déclaration d'inconstitutionnalité au 1er décembre 2011". On est le 10 novembre 2011... A quoi bon ne reporter que de 20 jours l'ouverture des lieux actuellement sanctuarisés par le secret défense ? A organiser le déménagement et le ménage... Les broyeuses vont tourner ! C'est la première fois que le Conseil constitutionnel "aménage" ainsi une décision d'inconstitutionnalité, pour le confort du pouvoir politique de manière aussi évidente. D'ordinaire, quand un report dans le temps à lieu, c'est en raison des "conséquences manifestement excessives" que pourraient entraîner une annulation immédiate. Pour la garde à vue, il était évident qu'une annulation du jour au lendemain allait mettre une énorme pagaille, on pouvait donc comprendre ce report dans le temps, même si vu sous un autre angle, il était critiquable. Ici, rien de tel ! Une ouverture immédiate des lieux sanctuarisés au titre du secret défense aurait certes gêné le gouvernement, mais aurait sans doute été une très bonne chose pour l'avancement de l'instruction de dossiers entre les mains de la justice. En reportant ainsi l'effet dans le temps de sa décision, le Conseil constitutionnel se rend coupable de complicité de destruction de preuves. Il y a encore du chemin pour que nous ayons une cour constitutionnelle indépendante de l'exécutif, ou qui au moins, ait un minimum de dignité..."
lien direct : http://www.authueil.org/?2011/11/10/1912-report-d-effet-dans-le-temps

INTERVIEW MAGALI DROUET
France 3, Basse Normandie 10/11/2011
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xmca08" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xmca08</a>

KARACHI ; LES FAMILLES DE VICTIMES VONT SAISIR LA CEDH
NouvelObs, 11/11/2011
"Les familles de victimes de l'attentat de Karachi vont saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour faire condamner la France qui laisse au seul pouvoir exécutif la décision de déclassifier un document secret défense, a annoncé vendredi 11 novembre leur avocat. Le Conseil constitutionnel, saisi par les familles, a censuré jeudi les règles relatives aux lieux classés secret défense, mais a jugé conformes à la Constitution les dispositions encadrant la classification des documents. "Dans sa décision, le Conseil n'a pas abordé un point contraire au principe de séparation des pouvoirs, à savoir qu'il revient au seul pouvoir exécutif de décider in fine de déclassifier ou non des documents" demandés par l'autorité judiciaire, a dit Me Olivier Morice à l'AFP. "C'est pourquoi les familles de victimes vont saisir la CEDH" sur ce point, a-t-il ajouté. Plus généralement, les familles veulent inciter le législateur à l'avenir à ce que la déclassification de documents dépende d'une autorité judiciaire et non plus du seul pouvoir exécutif, a-t-il rappelé. Actuellement, la déclassification d'un document demandée par l'autorité judiciaire est d'abord soumise à la commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) qui rend un avis consultatif qu'est libre ou non de suivre le ministre concerné. Les avis de la CCSDN sont généralement suivis par l'exécutif. "
lien direct : http://tempsreel.nouvelobs.com/elysee-sous-pression/20111111.OBS4321/karachi-les-familles-de-victimes-de-karachi-vont-saisir-la-cedh.html

A lire également : PERQUISITIONS ET SECRET DEFENSE : LA LOI DE 2009 CONTRAIRE A LA CONSTITUTION Menilmontant mais oui madame, 12/11/2011
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #144 le: 28 novembre 2011 à 20:11:44 »
waouh ça fait tout bizarre ce changement de design du forum.

bon pour ne pas changer, encore et toujours karachi (dans la colle ? tiens d'ailleurs j'ai vu Copé ce soir au JT de France3, il a l'air bien fatigué, il devrait ce reposer un peu ce fainéant !) :

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[revue de presse] - [116] - [21-28 novembre 2011]
1 / DÉVELOPPEMENTS JUDICIAIRES
AU COEUR DE LA SARKOZIE
==

KARACHI : THIERRY GAUBERT MIS EN EXAMEN POUR SUBORDINATION DE TÉMOIN
20 Minutes.fr
"Déjà soupçonné de recel d'abus de biens sociaux dans l'affaire Karachi, l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, a été mis en examen mardi pour subornation de témoin, soupçonné d'avoir fait pression sur son épouse qui l'avait mis en cause."
lien direct: http://www.20minutes.fr/politique/828322-affaire-karachi-thierry-gaubert-mis-examen-subornation-temoin

Autre article:
KARACHI : BALLADUR RÉAFFIRME QUE SA CAMPAGNE A ÉTÉ REGULIEREMENT FINANCÉE RÉGULIÈREMENT
Libération.fr 21.11/2011

=
AFFAIRE KARACHI : L'OMBRE DE SARKOZY
Le Monde, Gerard Davet et Fabrice Lhomme  22/11/2011
Qualifiée de "fable" par Nicolas Sarkozy dès 2009, l'affaire de Karachi menace pourtant de parasiter sa - probable - campagne présidentielle. Le 22 septembre, l'Elysée, désireux d'éteindre l'incendie qui se propageait à la suite de la mise en examen de deux proches du président, publiait un communiqué pour assurer qu'il n'était en rien concerné par l'enquête judiciaire. "S'agissant de l'affaire dite de "Karachi", le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier", assurait le texte. L'examen de la procédure conduite par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire contredit formellement cette affirmation péremptoire. A divers titres, M. Sarkozy est impliqué dans cette affaire, dont les développements l'embarrassent au plus haut point. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il soit, en l'état, mis en cause au sens judiciaire du terme.

Le budget, ministère-clé. Le volet financier de l'affaire de Karachi porte sur d'éventuelles rétrocommissions : des sommes prélevées sur plusieurs contrats d'armement signés entre 1993 et 1995 avec le Pakistan et l'Arabie saoudite auraient abondé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. A cette période, M. Sarkozy était en poste au budget. Or, institutionnellement, avec le ministre de la défense - François Léotard à l'époque -, celui du budget joue un rôle décisif dans les ventes d'armes en France. En effet, pour les opérations d'exportation de matériel militaire, la signature du ministre du budget doit accompagner celle de son homologue de la défense au bas du document rédigé lors de la conclusion d'un contrat. Il s'agit de la lettre dite "de garantie de l'Etat", par laquelle ce dernier s'engage à se porter financièrement garant de l'entreprise contractante.

Qu'il s'agisse des marchés Agosta (la vente de sous-marins au Pakistan pour 825 millions d'euros) ou Sawari II (l'achat par l'Arabie saoudite de frégates pour 2,8 milliards d'euros), les deux principaux contrats suspects signés fin 1994, Nicolas Sarkozy les a donc validés en connaissance de cause. Toutefois, si l'enquête a révélé que, par exemple, son ami Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet du premier ministre, ou encore Renaud Donnedieu de Vabres, l'homme lige de François Léotard, avaient été directement au contact des intermédiaires, comme Ziad Takieddine, sur qui pèsent les soupçons de redistribution occulte, M. Sarkozy n'a jamais été cité comme ayant participé à ces négociations financières.

Par ailleurs, l'entourage du président aime à rappeler, s'appuyant notamment sur le compte rendu d'une réunion interministérielle du 29 juin 1994, que, dès le début des négociations avec Islamabad, les fonctionnaires de Bercy se sont montrés réticents à conclure le contrat Agosta. "A l'époque où il était ministre du budget, il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure", expliquait ainsi - faisant fi au passage du secret de l'instruction - le fameux communiqué de l'Elysée du 22 septembre. Sauf que l'argument peut être retourné, car cela signifie que M. Sarkozy donna son feu vert... contre l'avis de son administration.

D'autre part, cette position est en contradiction avec ce que déclarait M. Sarkozy à des journalistes, en novembre 2010 : "J'ai jamais été ministre de la défense, je suis pas au courant des contrats de sous-marins n égo ciés à l'époque avec un président qui s'appelle M. Mitterrand, (...) en tant que ministre du budget, je n'ai jamais eu à en connaître ni de près ni de loin." S'il n'en a jamais eu connaissance, comment peut-il soutenir s'y être opposé ?

Au coeur de la campagne Balladur. L'enquête portant sur un éventuel financement illicite de la campagne de M. Balladur en 1995, ses principaux acteurs sont susceptibles d'intéresser les juges. Certes, M. Sarkozy, comme il le rappelle souvent, n'était ni trésorier (rôle dévolu à René Galy-Dejean, témoin assisté), ni directeur de campagne (c'était Nicolas Bazire, mis en examen), mais "simple" porte-parole.

Dans les faits, il était beaucoup plus que cela. Principal conseiller du candidat, aux côtés de M. Bazire, il faisait partie des quatre hommes qui siégeaient en permanence au comité politique de la campagne. Et son chef de cabinet, Brice Hortefeux, s'occupait de l'organisation des meetings et donc de la collecte des espèces. Pour autant, aucune audition réalisée par les enquêteurs n'a attribué à M. Sarkozy le moindre rôle dans le financement de la campagne. Reste une question : le proche conseiller de M. Balladur, par ailleurs ministre du budget, pouvait-il ignorer l'origine des fonds qui alimentaient les caisses du premier ministre-candidat ?

Les mystères de la société Heine. Pour faire transiter les commissions suspectes versées en marge d'Agosta, la Direction des constructions navales (DCN, devenue DCNS) avait créé en 1994 une structure opaque, Heine, domiciliée au Luxembourg et gérée par Jean-Marie Boivin. Or, à en croire une chronologie saisie en 2007 par la police au siège de la DCN, M. Sarkozy aurait joué un rôle dans la constitution de cette société-écran.

Non signé, ce document manuscrit indique qu'en 1994, "EAR fait savoir officiellement à DCA que Nicolas Bazire, directeur du cabinet du premier ministre Balladur est d'accord (pour la constitution de Heine)". EAR, c'est Emmanuel Aris, vice-président de la DCN, et DCA, Dominique Castellan, alors président de DCN International (DCN-I). A la ligne suivante, il est indiqué : "Nicolas SARKOZY donne également son accord depuis le ministère des Finances - Bercy."

Reste qu'aucun élément matériel n'est venu conforter cette assertion, d'autant plus fragile qu'elle provient d'un document anonyme. D'autre part, dans une audition récente (le 28 septembre) devant les juges, M. Aris a atténué la portée de cette note. Il a assuré que la mention relative à M. Bazire "ne correspond(ait) pas à la réalité". "Je ne connais pas M. Bazire, je ne l'ai jamais rencontré et je n'ai jamais entendu dire qu'il ait donné son accord pour la création d'Heine."

[...]

Plus troublant, M. Sarkozy a été destinataire, comme d'autres ministres, d'une lettre de chantage adressée en 2006, alors qu'il était ministre de l'intérieur, par M. Boivin. Ce dernier, congédié par la DCN en 2004, cherchait à obtenir des compensations financières (8 millions d'euros), sous peine de "faire des révélations". D'après M. Menayas, M. Boivin aurait même fait passer ses messages menaçants à l'associé de M. Sarkozy dans son cabinet d'avocats, Me Arnaud Claude...

Ce n'est pas tout. En 2006, M. Boivin aurait été menacé physiquement par deux hommes envoyés par M. Sarkozy, selon des confidences faites par M. Boivin à M. Menayas. Les deux hommes en question ont depuis admis s'être rendus au Luxembourg pour "sonder" les intentions de M. Boivin, mais ont expliqué qu'ils avaient été mandatés par la DCN, et non par M. Sarkozy. Reste à savoir à quel titre, plus de dix ans après son départ de Bercy, celui qui était alors ministre de l'intérieur et candidat annoncé à la présidentielle fut destinataire des courriers de menaces de M. Boivin.

Des amis bien encombrants. Si M. Sarkozy est éclaboussé par cette affaire, c'est aussi parce que plusieurs de ses proches sont directement mis en cause : Nicolas Bazire et Thierry Gaubert sont mis en examen, Edouard Balladur pourrait subir le même sort, Brice Hortefeux sera forcément interrogé, d'autant qu'il est suspecté d'avoir livré des informations confidentielles sur l'enquête à M. Gaubert...

Et puis, il y a les liens entretenus par le premier cercle de la Sarkozie avec M. Takieddine - lui-même mis en examen. Certes, M. Sarkozy n'est pas un intime de l'homme d'affaires - au contraire de Jean-François Copé, M. Gaubert ou M. Hortefeux -, mais il est acquis que l'intermédiaire a joué, à plusieurs reprises depuis 2007, les émissaires au profit de l'Elysée. Claude Guéant a ainsi dû admettre qu'il était intervenu dans la libération des infirmières bulgares détenues en Libye. Mediapart a publié des documents indiquant que M. Takieddine s'était aussi prévalu de mandats de M. Sarkozy dans le cadre d'éventuels contrats avec l'Arabie saoudite, la Libye, la Syrie...

Là encore, rien de pénalement répréhensible, mais une nouvelle confirmation que l'ombre du chef de l'Etat plane sur ce scandale politico-financier."
lien direct: http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/11/21/affaire-de-karachi-l-ombre-de-sarkozy_1607002_3224.html


KARACHI : PROCES CONTRE HORTEFEUX EN 2012
Europe1.fr 22/11/2011
"Le procès engagé par Olivier Morice, l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, contre Brice Hortefeux pour "diffamation" et "menaces" se tiendra le 18 octobre 2012, a décidé mardi le tribunal correctionnel de Paris, à l'occasion d'une audience de fixation. L'ancien ministre de l'Intérieur avait déclaré dans le Nouvel Observateur qu'il voulait "fracasser" Me Morice. L'avocat avait alors décidé de le citer en justice. Il demande 1 euro de dommages et intérêts et 20.000 euros au titre de frais de justice et la publication du jugement dans cinq quotidiens et cinq hebdomadaires."
lien direct: http://www.europe1.fr/France/Karachi-proces-contre-Hortefeux-en-2012-828183/


AFFAIRE KARACHI : ELARGISSEMENT DE 'ENQUETE A UNE "PISTE CHIRAC"
20 Minutes.fr
"Les juges qui enquêtent sur une possible corruption en marge de contrats d'armement et de la présidentielle de 1995 ont obtenu l'élargissement de leur procédure à une nouvelle piste sur des réseaux présentés comme proches de l'ancien président Jacques Chirac, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

 Le parquet de Paris a accordé aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire le réquisitoire dit «supplétif» pour «abus de biens sociaux» qu'ils avaient demandé après l'apparition dans le dossier de nouvelles dépositions et de nouveaux éléments.

Ils laissent penser que l'argent versé en marge de ces contrats d'armement, déjà supposé avoir financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, pourrait avoir ensuite alimenté ces supposés «réseaux Chirac» après l'accession du maire de Paris à l'Elysée la même année.Vieille de 16 ans, cette affaire trouble la droite car elle réveille de vieilles querelles et le nom de Nicolas Sarkozy, à l'époque des faits ministre du Budget et porte-parole de la campagne Balladur, figure en procédure, dans un rapport de police luxembourgeois concernant la création de structures off shore liées à l'argent des marchés."
Lien direct: http://www.20minutes.fr/societe/830592-affaire-karachi-elargissement-enquete-piste-chirac



2 / LES CADEAUX DE TAKIEDDINE


LES CADEAUX DE TAKIEDDINE
Sarkofrance

"... Depuis l'été dernier, nous avons beaucoup appris sur Ziad Takieddine. Le site Mediapart a lâché toutes sortes de révélations plus troublantes les unes que les autres: l'homme, proche de Jean-François Copé depuis 2001, n'a jamais payé d'impôt ni sur le revenu ni sur le patrimoine malgré une fortune qui se chiffre en dizaines de millions d'euros acquise grâce à des contrats d'armements français; Copé, quand débuta cette fabuleuse exonération fiscale, était à la fois ministre du Budget et fréquent invité de Takieddine, dans ses villas à Antibes ou à Beyrouth, yacht, ou piscine, ou des voyages à Londres, Venises ou au Liban. «J’ignorais évidemment que Takieddine ne payait pas d’impôts! » s'est défendu Copé. Evidemment.


[...]

Jean-François Copé confirmait il y a peu que Ziad Takieddine était son ami: « J’ai toujours assumé mes amitiés, je suis quelqu’un de très droit, très profond, très sincère » disait-il jeudi 17 novembre sur France 2. Il n'avait pas vraiment le choix. On l'a vu tout l'été en compagnie de l'homme d'affaire dans de nombreux clichés publiés par Mediapart.

Mais cette fois-ci, l'accusation franchit un cap.

1. Dimanche 20 novembre, le JDD publiait le procès-verbal de l'audition d'un témoin anonyme devant le juge Renaud van Ruymbeke. Ce témoin accuse Jean-François Copé d'avoir perçu de Ziad Takieddine de quoi règler les travaux d'aménagement d'un appartement de 160 mètres carrés acquis en 2004, rue Raynouard, pour 1,1 million d'euros
: « Pour acheter ce bien, M. Copé aurait fait un prêt bancaire sur vingt ans. Par contre, M. Takieddine aurait remis de l’argent liquide à M. Copé pour l’achat et la rénovation ». L'ancien ministre s'est énervé: « On vient me rattacher à une histoire que je n'ai jamais vécue. Tout est bidon » a-t-il dénoncé à l'AFP dès dimanche. Et son ami Takieddine a complété: «Tout ça c'est de l'affabulation. Où sont les preuves ? ».

2. Selon le JDD, les juges enquêtent aussi sur un prétendu compte suisse « ouvert en juillet 2005 par la sœur du maire de Meaux et qui aurait été susceptible de lui servir de "compte de passage"». Copé a confirmé l'existence du compte mais nié en bloc toute malversation: « Tout cela est monstrueux et totalement faux! C’est n’importe quoi. Il n’a jamais été question d’argent entre Ziad Takieddine et moi, et je ne suis pas au courant d’un éventuel compte suisse de ma sœur. Vous me l’apprenez »

3. Mardi 22 novembre, ce témoin anonyme est sorti de son anonymat, il s'agit de Jean-Charles Brisard, un « consultant international » (précisent Match et Arrêt sur Images). Il réfute avoir accusé Copé d'utiliser un compte suisse (dont il confirme cependant l'existence) ni d'avoir touché de l'argent liquide de Ziad Takieddine pour financer les travaux de son nouvel appartement en 2004 (Mise à jour 12h45). Jean-Charles Brisard était un ancien responsable des jeunesses Balladuriennes pendant la campagne de 1995. Son nom a récemment fait surface dans l'affaire du Karachigate.

4. Dans la même période, un autre cadre de l'UMP, haut-fonctionnaire des douanes, fréquentait Ziad Takieddine qui, décidément, avait un carnet d'adresses bien fournis. Pierre-Mathieu Duhamel a été photographié en juillet 2002 sur le yacht de Takieddine, La Diva, fêtant sa récente Légion d'Honneur. Il était en compagnie de Thierry Gaubert, l'ami de Nicolas Sarkozy récemment mis en examen pour abus de biens sociaux dans le volet financier de l'affaire Karachi. Pierre-Mathieu Duhamel avait commencé sa carrière de haut-fonctionnaire au Budget avant d'échouer dans les Hauts-de-Seine version Pasqua après la défaite de la droite en 1988, puis revenir directeur adjoint de cabinet d'Alain Juppé en 1995, puis Directeur général des douanes et droits indirects et secrétaire général de Tracfin, le service anti-blanchiment du ministère des finances de 1996 à 1999. Actuellement président du comité stratégique du géant de l'audit KPMG, il est passé par LVMH où Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur (également mis en examen dans l'affaire Karachi) émargeait depuis l'échec balladurien en 1995. L'homme s'est presque excusé auprès de Mediapart: « J'ai été imprudent, je veux bien concéder ça. Léger aussi, peut-être, mais ces photos sur un bateau ne font pas de moi un intime de M. Takieddine.»

Entre 2002, date de sa nomination comme Directeur du Budget, et jusqu'en 2006 au moins, Duhamel « a accepté d'autres invitations de M. Takieddine, qui dissimulait alors la totalité de ses propriétés au fisc » a révélé Mediapart.

Résumons-nous:
1. Depuis 2002, Ziad Takieddine, qui a fait notamment fortune grâce à son rôle d'intermédiaire dans la conclusion de ventes d'armes français, ne paye aucun impôt en France.
2. Depuis 2002, il est devenu l'ami proche de Jean-François Copé qui deviendra lui-même ministre du Budget à compter de 2004.
3. Depuis 2002, il fréquente le Directeur du Budget du ministre de l'Economie."

Qui dit mieux ?
Lien direct: http://sarkofrance.blogspot.com/2011/11/les-cadeaux-de-takieddine_22.html



Autre article :
CADEAUX DE TAKIEDDINE A COPE : MATCH CONTREDIT LE JDD
Arret sur Images 22/11/2011
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Jacques Prévert

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Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #145 le: 15 décembre 2011 à 12:52:55 »
Autre déni de démocratie extrêmement grave à mon sens. Maintenant, le président de l'assemblée clôt les séances quand les questions ne lui plaisent pas.
Les bras vous en tombent, vous avez les yeux ronds et vous venez de rendre votre déjeuner ? Si si, c'est vrai.

Article fait par le blog "le pudding à l'arsenic"

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Nous savions le gouvernement aux abois, prêt à mentir aux français pour s'accrocher aux branches du pouvoir. Nous connaissions les députés de l'UMP, une armée de godillots en panique, à la solde de la sarkozie. Aujourd'hui, nous avons découvert un président de l'assemblée nationale censeur lorsque les questions embarrassent son camp politique.


Drôle d'ambiance aujourd'hui à l'assemblée nationale !

Tout a commencé par la prise de parole de Delphine Batho lors de la séance de questions au gouvernement, cet après-midi. La députée des Deux-Sévres a rappelé que Nicolas Sarkozy, porte-parole de la campagne d'Edouard Balladur et ministre du Budget en 1994, avait autorisé la création de sociétés offshore au Luxembourg, canal supposé de la corruption dans l'enquête judiciaire visant le financement occulte de la campagne présidentielle de 1995 , les fameuses rétrocommissions de l'affaire Karachi :

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #146 le: 15 décembre 2011 à 15:50:38 »
Accoyer est un champion des 100m haies, comme il l'a déjà montré pendant la réforme des les retraites :

« Modifié: 15 décembre 2011 à 15:54:55 par oblomov »
Le travail est l'opium du peuple !

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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #147 le: 15 décembre 2011 à 21:49:49 »
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #148 le: 03 janvier 2012 à 14:07:01 »
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[revue de presse] - [118] - [5-31 décembre 2011]
1. RENAUD DONNEDIEU DE VABRES MIS EN EXAMEN

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES MIS EN EXAMEN : CE QUI ACCUSE L'ANCIEN MINISTRE UMP
Mediapart, Fabrice Arfi, Karl Laske 13.12.2011

Dans l'affaire des ventes d'armes au Pakistan et à l'Arabie saoudite, Renaud Donnedieu de Vabres est ce qu'il est convenu d'appeler un homme clé. Factotum, petit télégraphiste, il est celui qui a tout vu et peut-être tout fait, alors qu'il n'était qu'un simple chargé de mission ministériel, entre 1993 et 1995.

Il a été mis en examen, jeudi 15 décembre, pour «complicité d'abus de biens sociaux» par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. Il avait été interpellé et placé en garde à vue, mardi 13 décembre, par les policiers de la Division nationale des investigations financières (Dnif), puis remis en liberté après plus de 24 heures d'audition.

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xmz04e" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xmz04e</a>
Affaire Karachi: Donnedieu de Vabres en garde à... par tvtours

M. Donnedieu de Vabres, ancien ministre des affaires européennes (2002) puis de la culture et de la communication (2004-2007), est le premier politique directement visé par l'enquête. On le trouve omniprésent dans les agendas (voir page 4) du patron de l'office d'armement Sofresa chargé des ventes d'armes avec l'Arabie, Jacques Douffiagues, récemment décédé.

Ancien secrétaire général adjoint, ancien porte-parole, et actuel secrétaire national de l'UMP en charge des questions culturelles, RDDV – comme il est surnommé – est soupçonné d'avoir participé entre 1993 et 1995 à la mise en place, au sein du gouvernement Balladur, d'un système de détournement de fonds adossé à plusieurs marchés d'armement. M. Donnedieu de Vabres était à l'époque le plus proche conseiller du ministre de la défense, François Léotard. Plusieurs témoins entendus par les juges l'ont désigné comme celui qui avait présenté, et imposé, l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine et deux de ses associés – MM. Abdul Raman El Assir et Ali Ben Musalam – dans les négociations des contrats Agosta (vente de sous-marins au Pakistan) et Sawari 2 (vente de frégates à l'Arabie saoudite).

Les intermédiaires ont par la suite été destinataires de commissions exorbitantes et injustifiées, selon les éléments de l'enquête. Une partie de ces fonds aurait été destinée au financement de la campagne présidentielle du premier ministre Edouard Balladur, voire à l'enrichissement personnel de certains protagonistes du dossier. Les investigations sur Ziad Takieddine, mis en examen pour «complicité et recel d'abus de biens sociaux», ont mis en évidence les liens du marchand d'armes avec le premier cercle présidentiel (Brice Hortefeux, Thierry Gaubert, Claude Guéant, Pierre Charon, Jean-François Copé, Dominique Desseigne...), et un réseau d'amitiés haut placées dans lequel on retrouve Renaud Donnedieu de Vabres et Nicolas Bazire.

 «Nous avons fait la connaissance de Renaud Donnedieu de Vabres chez M. et Mme Takieddine», a indiqué aux policiers la princesse Hélène de Yougoslavie, l'épouse de Thierry Gaubert, collaborateur au ministère du budget de Nicolas Sarkozy à l'époque des faits. «Je pense que Thierry a été présenté à M. Donnedieu de Vabres par Nicolas Bazire», a-t-elle ajouté. Actuel n°2 du géant du luxe LVMH, du groupe du milliardaire Bernard Arnault, M. Bazire a été le directeur de cabinet du premier ministre entre 1993 et 1995. Un témoin évoque des « pressions politiques » Selon les confidences aux enquêteurs de l'ex-femme de Ziad Takieddine, M. Donnedieu de Vabres avait tissé une solide amitié avec le marchand d'armes. « Renaud est devenu assez familier avec Ziad. Ils se voyaient souvent. Nous sommes devenus amis, nous nous sommes même rendus en vacances en Corse chez Renaud », a ainsi expliqué Nicola Johnson sur procès-verbal. La familiarité existant entre RDDV et l'homme d'affaires a également été relevée par Emmanuel Aris, ancien dirigeant de la Direction des constructions navales (DCN). Ce dernier, chargé de la gestion des intermédiaires du contrat des sous-marins pakistanais, assure avoir rencontré M. Takieddine « à la demande de MM. Léotard et Donnedieu de Vabres ».

«Je me trouvais pour la première fois dans un contexte très particulier de pressions politiques et hiérarchiques, a expliqué M. Aris, le 28 septembre dernier. Je me souviens être allé une fois au ministère de la Défense pour rencontrer M. Donnedieu de Vabres. J'ai pu constater à cette occasion que M. Takieddine, qui était déjà là lorsque je suis arrivé, tutoyait M. Donnedieu de Vabres. Ils s'appelaient tous les deux par leurs prénoms et se tutoyaient.» Selon M. Aris, M. Takieddine «était envoyé par les plus hautes autorités de l'Etat».

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xn0ktf" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xn0ktf</a>

D'autres fonctionnaires ont témoigné dans le même sens. L'un d'eux, Philippe Bros, ancien commissaire du gouvernement auprès des sociétés d'exportation d'armement, a ainsi précisé qu'il «soupçonnait fortement l'existence de retours». Comprendre : des rétrocommissions, de l'argent sale. «Il était de notoriété publique que les intermédiaires du contrat Agosta étaient directement reçus par M. Donnedieu de Vabres dans le salon jaune au ministère de la Défense et que cela ne s'était jamais vu», a pour sa part assuré l'ancien contrôleur général des armées, Jean-Luc Porchier.

Patrice Molle, ancien préfet, membre du cabinet du ministre de la défense, a décrit le statut hors norme de Donnedieu de Vabres auprès de François Léotard : «Il était un conseiller spécial hors hiérarchie, a-t-il indiqué en janvier, devant le juge Van Ruymbeke. Il occupait physiquement le bureau qui était traditionnellement celui réservé au directeur de cabinet, ce qui avait créé une petite friction avec le directeur de cabinet qui a fini par admettre cette situation contre son gré. (...) Donnedieu passait souvent dans le cabinet du ministre. C'était son homme de confiance, c'était important pour M. Léotard. Il consultait souvent Donnedieu de Vabres. Il le rassurait par une proximité de conviction politique, de passé commun.»

 M. Donnedieu de Vabres est allé «publiquement plusieurs fois en Arabie saoudite» et «il a accompagné le Ministre pour la signature officielle de Sawari II», a précisé M. Molle. RDDV «suivait ce contrat» pour le ministre. Mais pas seulement. Il sera en effet poursuivi et condamné, en février 2004, à 15.000 euros d'amendes pour le blanchiment d'une somme de 5 millions de francs, aux côtés de M. François Léotard, qui quittera la vie politique sur ces entrefaites.

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xn6nr9" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xn6nr9</a>

Entendu le 24 novembre par le juge Roger Le Loire, M. Takieddine a minimisé ses relations avec Renaud Donnedieu de Vabres, qu'il présente comme «l'homme chargé des relations entre l'Arabie saoudite et la France au ministère de la Défense». ..."
suite de l'article (payant) http://www.mediapart.fr/journal/france/131211/affaire-takieddine-ce-qui-accuse-donnedieu-de-vabres


RENAUD DONNEDIEU DE VABRES ADMET AVOIR IMPOSE DES INFORMATEURS
LeFigaro, AFP, 31/12/2011
L’ex-ministre Renaud Donnedieu de Vabres, mis en examen dans l’affaire Karachi, a admis avoir imposé des informateurs, dont le Franco-Libanais Ziad Takieddine, dans la négociation de contrats d’armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite en 1994, selon un PV consulté aujourd'hui par l'Agence France-Presse.

Interrogé par les enquêteurs de la Division nationale d’investigations financières (Dnif) lors de sa garde à vue les 13 et 14 décembre, pour savoir s'il avait imposé des intermédiaires, Renaud Donnedieu de Vabres leur a répondu: "Comme intermédiaire bénéficiant de contrat, non. Comme personne utile par leurs informations, c'est tout à fait possible", selon le procès-verbal d'audition.

«Réseau K» L'ex-chef du cabinet civil de François Léotard, Patrice Molle, avait déjà affirmé dans Le Monde que Renaud Donnedieu de Vabres s'était occupé des intermédiaires libanais, évoquant des "rétrocommissions": "Tout Paris sait qui a imposé les intermédiaires libanais dans le dossier Agosta, Renaud Donnedieu de Vabres traitait tout cela directement, il référait en personne au ministre."...."
suite: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/31/97001-20111231FILWWW00303-karachi-donnedieu-de-vabres-admet-avoir-impose-des-informateurs.php


2. LE POINT SUR L'AFFAIRE



LES MATINS DE FRANCE CULTURE, 20.12.2011
Interview de OLIVIER MORICE, avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi.

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xn4gxo" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xn4gxo</a>

En complément :
BRICE HORTEFEUX, ENTENDU COMME "SIMPLE TÉMOIN"
Le Figaro, 19.12.2011


3. CENSURE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE


UN VENT DE CENSURE SOUFFLE SUR L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Le pudding à l'arsenic 14.12.2011
"...Aujourd'hui, nous avons découvert un président de l'assemblée nationale censeur lorsque les questions embarrassent son camp politique.
 Tout a commencé par la prise de parole de Delphine Batho lors de la séance de questions au gouvernement, cet après-midi. La députée des Deux-Sévres a rappelé que Nicolas Sarkozy, porte-parole de la campagne d'Edouard Balladur et ministre du Budget en 1994, avait autorisé la création de sociétés offshore au Luxembourg, canal supposé de la corruption dans l'enquête judiciaire visant le financement occulte de la campagne présidentielle de 1995, les fameuses rétrocommissions de l'affaire Karachi : « Beaucoup d'indices démontrent que les rétrocommissions présentent des liens avec le financement illégal de la campagne Balladur dont Nicolas Sarkozy était porte-parole .../... Malgré les entraves à la justice, à l'évidence, l'affaire Karachi concerne Nicolas Sarkozy. Ma question est la suivante : que savait et qu'a été le rôle de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque ? »

<a href="http://www.youtube.com/v/UADAtKAf-80?version=3&amp;amp;hl=fr_FR" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/UADAtKAf-80?version=3&amp;amp;hl=fr_FR</a>

Cette question a eu le don d'agacer les ministres et les députés de droite présents dans hémicycle, encore sonnés par l'arrestation la veille, de Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller de François Léotard, ministre de la défense lors des faits. Lorsque Bernard Cazeneuve, rapporteur de la mission parlementaire sur l'affaire Karachi a voulu de son banc prendre la parole, soutenu par l'ensemble des députés de gauche, il fallait bien trouver le moyen de faire taire le bougre ! Et puis, quelle légitimité a-t-il pour intervenir dans ce débat ? Ce n'est qu'un rapporteur, n'est ce pas ! C'est ainsi que le président de l'assemblée nationale, président supposé être non-partisant et garant de l'esprit démocratique au sein de l’hémicycle, a décidé de ne pas laisser la parole au député Cazeneuve et a tout bonnement suspendu la séance, sous le torrent de contestations des représentants de la gauche.

La réaction de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'assemblée, ne s'est pas fait attendre : "Je considère que dans cette affaire particulièrement grave, qui peut mettre en cause y compris l'actuel président de la République (....), vous avez empêché tout simplement de donner parole à Bernard Cazeneuve parce qu'il a été rapporteur de la mission d'information parlementaire sur l'affaire Karachi et que vous avez tout fait pour l'empêcher de s'exprimer devant l'Assemblée nationale" La droite se retrouve acculée, au pied du mur. Pour éviter de répondre aux questions embarrassantes, elle est capable de censurer la parole d'un député pourtant représentant du peuple. Quelle sera la prochaine étape : l'emprisonnement d'opposants comme en Russie ?

L'instant est grave, les moyens utilisés par la droite pour faire taire ses opposants sont inadmissibles. Un vent de changement doit souffler sur notre république afin que la France puisse respirer à nouveau. Vivement le printemps, d'ici là quelque chose me dit que l'hiver sera rude !
lien direct: http://lepuddingalarsenic.blogspot.com/2011/12/karachi-un-vent-de-censure-souffle-sur.html

Voir également : le blog de Delphine Batho (PS)

Point presse de Bernard Cazeneuve (PS) 14.12.2011
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xmzj3w" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xmzj3w</a>

Affaire Karachi : Point presse de Bernard... par GroupeSRC



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[revue de presse] - [119] - [2 janvier 2012]


SOUS-MARINS : SARKOZY REFAIT SURFACE
Violette Lizard, Liberation
"...Entendu par le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, en charge du volet financier de l’affaire Karachi, le 2 décembre, un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, Gérard-Philippe Menayas, indique pour la première fois que Nicolas Sarkozy ne pouvait ignorer le versement de commissions en marge de la signature d’un contrat d’armement avec le Pakistan, au cœur du scandale.

D’après son procès-verbal d’audition que nous avons pu consulter, l’ancien directeur administratif et financier de la DCNI, la branche internationale de la Direction des constructions navales, a déclaré au juge que Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, avait donné son accord en 1994 à la création de la société luxembourgeoise Heine. Or, cette société est une des clefs de voûte de l’affaire. Avec d’autres structures opaques créées la même année dans des paradis fiscaux, Heine devait recevoir les commissions destinées à des intermédiaires en armement, dont Ziad Takieddine, déjà mis en examen dans ce dossier (entre 1994 et 1995, cette société a reçu 185 millions de francs de la DCNI).

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xne0gn" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xne0gn</a>

Les juges suspectent que ces commissions ont ensuite donné lieu à des rétrocommissions ayant servi à financer la campagne de Balladur en 1995, dont Sarkozy a été le porte-parole. Sans ambiguïtés. «Il est clair que le ministère du Budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine, indique Menayas sur PV. Vu l’importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu’au niveau du cabinet du ministre. A mon niveau, j’avais pour correspondant au ministère du Budget Mme L., de la direction du Budget, qui était parfaitement au courant.» La déclaration est sans ambiguïtés.

[...]

Le rôle du Président n’est pas la seule révélation de Menayas. Ce dernier indique également que c’est Benoît Bazire qui a suivi la signature du contrat avec le Pakistan. Benoît Bazire est alors à la direction générale de l’armement. Il est aussi le frère de Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet de Balladur à Matignon et qui deviendra directeur de campagne du Premier ministre en 1995. Ce très proche de Sarkozy a été mis en examen en septembre pour abus de biens sociaux. «Pour quelle raison M. Benoît Bazire suivait-il particulièrement le contrat pakistanais ?» demande le juge à Menayas. «Je l’ignore. Je l’ai appris incidemment par lui-même lors d’une réunion […] entre mars et juin 1994. Ce qui m’a surpris au cours de cette réunion, c’est que M. Benoît Bazire insistait tout particulièrement pour être informé en temps réel de tout évènement lié à l’avancement de la négociation de ce contrat.» Ce dernier pourrait être entendu par le juge prochainement.
Article complet: http://www.liberation.fr/politiques/01012380790-sous-marins-sarkozy-refait-surface

Autre article :
- AFFAIRE KARACHI, LE TEMOIGNAGE QUI MET EN CAUSE SARKOZY,
Le Figaro


KARACHI : POUR LES PROCHES DE HOLLANDE, SARKOZY DOIT S'EXPLIQUER
LCI
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre, après la publication lundi à l'article de Libération  selon lequel un ex-haut fonctionnaire a confirmé au juge enquêtant sur l'affaire Karachi que Nicolas Sarkozy, ministre du Budget en 1994, avait validé la création d'une société luxembourgeoise off shore:

 - La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, sur France Inter: "Le gouvernement a systématiquement déclassifié ce qui était autorisé à la déclassification et accompagné la justice de toutes les manières qu'il pouvait pour que la justice puisse faire son travail".

 - Le ministre de l'Education Luc Chatel, sur i-Télé: "C'est une affaire qui remonte à plus de 20 ans aujourd'hui. Il y a une enquête judiciaire qui est en cours. A chaque fois que le gouvernement était sollicité pour fournir des informations à la justice, il l'a fait. Dons nous jouons la transparence, et laissons l'enquête judiciaire se dérouler. Attendons les faits et non pas de supposées déclarations via voie de presse".

 - Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, sur RTL: "Je vais être extrêmement prudent parce que je ne crois pas qu'une campagne doive se faire dans un climat d'affaires ou d'affairisme". Mais "il faudra bien qu'un jour, et Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy s'expliquent sur le financement de cette étrange campagne ou l'étrange financement de cette campagne".

 - Le directeur de la communication de la campagne de François Hollande, Manuel Valls, "exige" que Nicolas Sarkozy "s'explique" sur l'affaire Karachi, qu'il a qualifiée d'"affaire d'Etat" "Cela fait plusieurs semaines que nous demandons à l'Assemblée que le président s'explique devant les Français", a insisté Manuel Valls, mentionnant une question au gouvernement en décembre de la députée PS Delphine Batho "rappelant que Nicolas Sarkozy ministre du Budget savait forcément qu'il y a eu des commissions et peut-être, ce qui était interdit, des rétrocommissions".

 - Benoît Hamon, porte-parole du PS, sur France Inter: "Sur des dossiers comme ceux-là, évidemment, le ministre de l'époque ne pouvait pas ne pas être au courant". "Si surtout il s'agit d'une affaire de rétrocommissions, ce que la justice devra prouver, c'était évident qu'au plus haut sommet de l'Etat ce type de système était validé".
« Modifié: 03 janvier 2012 à 14:13:38 par TYGER »
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Re : Attentat de Karachi : eaux troubles
« Réponse #149 le: 20 janvier 2012 à 20:10:53 »
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[revue de presse] - [120] - [3-12 Janvier 2012]

1. UNE NOUVELLE PLAINTE


KARACHI: LE COMBAT DES SURVIVANTS CONTRE L'ETAT
Le Monde, Patricia Jolly, 04.01.2012

"Le Redoutable, Le Terrible, Le Foudroyant, L'Indomptable, Le Tonnant, L'Inflexible… Gilles Sanson, 50 ans, conte avec passion l'épopée de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins.

Mécanicien-usineur à la direction des constructions navales (DCN devenu DCNS en 2007) à Cherbourg, il a fièrement contribué à les équiper pendant trente-deux ans. En octobre 2011, pourtant, ce tout récent retraité du ministère de la défense et cinq de ses anciens collègues ont porté plainte pour "coups et blessures involontaires" contre leur ancien employeur.

Ils estiment la DCN responsable de l'attentat qui a failli leur coûter la vie alors qu'ils assuraient, au printemps 2002, la formation d'ouvriers pakistanais dans le cadre du contrat de vente de trois submersibles Agosta 90 passé entre la France et le Pakistan dans les années 1990 pour 825 millions d'euros. A partir du 10 janvier, ils seront auditionnés par la police à ce sujet dans le cadre d'une enquête préliminaire. En 2004, le tribunal des affaires de sécurité sociale de la Manche avait condamné la DCN pour "faute inexcusable de l'employeur".

Ils étaient 23 ouvriers d'Etat français envoyés dans le cadre d'un "transfert de compétence" dans une base navale de Karachi quand, le 8 mai 2002 à 7 h 45, une bombe a pulvérisé le bus qui les emmenait au chantier. Onze d'entre eux sont morts, les douze autres ont survécu, grièvement blessés. Qui a commandité l'attentat? Pourquoi? Après presque dix années d'enquête, Gilles Sanson, Claude Etasse, 62 ans, Gilbert Eustache, 60 ans, Jérôme Eustache, 40 ans, Frédéric Labat, 42 ans et Christophe Polidor, 45 ans, n'ont que des hypothèses pour réponse. Mais ils ont le sentiment d'avoir été trahis et sacrifiés. Ce jour-là, Gilles Sanson est le seul à n'avoir pas perdu connaissance. Il est devenu leur porte-parole.

Reportage France3 Basse Normandie sur Gilles Sanson:
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xnkixu" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xnkixu</a>

Pour ces missions de cinq à neuf semaines, ils étaient tous volontaires. "Au-delà de l'aspect financier –on gagnait dans ces périodes deux fois et demi nos salaires d'ouvriers –, raconte M. Sanson, la transmission de notre savoir-faire et la confiance qu'on plaçait en nous étaient gratifiantes." Chaque départ de Cherbourg s'accompagnait d'un couplet de la hiérarchie: "Messieurs, vous représentez la France." Maintien de militaire, ceinture noire de judo, coureur à pied émérite, Gilles Sanson y croyait dur comme fer. Entré à 17 ans à la DCN – principal employeur de sa région –, ce fils d'électricien et de femme de ménage se trouvait chanceux. "C'était une réussite, le gage d'un avenir sûr", se souvient-il.

A Karachi, où il effectuait en mai 2002 sa quatrième mission, la vie était rythmée par les horaires du chantier – de 8 heures à 16 heures sauf les vendredis après-midi et les dimanches – dans une chaleur souvent caniculaire. Et puis l'hôtel, sa piscine et sa table de ping-pong et parfois une sortie, en groupe, à la galerie marchande de l'hôtel Sheraton tout proche. "Nous n'avions aucune relation avec nos collègues pakistanais une fois la journée terminée", explique M. Sanson. Sa seule crainte? Se blesser sur le chantier. "A cause du niveau sanitaire du pays", dit-il.

Le 8 mai 2002, le dernier de ses 22 collègues embarque dans le bus gris à bande de couleur vive, au sigle de la marine pakistanaise, et avec un garde armé, quand Gilles Sanson sent sa tête "tripler de volume": "Il y a eu comme une boule de feu, j'ai décollé de mon siège puis mes jambes et mon bras gauche étaient cassés." Dans l'ambulance, on l'a assis par terre. Sur l'unique brancard gisait déjà le corps d'une mendiante que les ouvriers voyaient chaque matin. "Sa tête était gonflée comme si on avait utilisé une pompe à vélo, dit M. Sanson. Je revois sa paume ouverte, dans laquelle je n'ai jamais su glisser une pièce de monnaie, tomber et retomber sur moi." A l'hôpital, ils ont été parqués tous ensemble : morts, agonisants et survivants. Puis les blessés ont été rapatriés trente-six heures après l'attentat et répartis dans les hôpitaux militaires franciliens. Les onze cercueils, déjà scellés, n'ont atterri à Cherbourg que plus tard.

Une douloureuse et insidieuse scission s'est alors opérée entre rescapés et familles de défunts. "Nous étions toujours hospitalisés loin de Cherbourg, mais vivants, lors de l'hommage national qui a été rendu aux copains le 13 mai 2002 en présence du président Chirac, rappelle M. Sanson. Cette rupture a fait le jeu de la DCN et de l'Etat."

Longtemps après, une veuve est venue demander à Gilles Sanson si son époux avait souffert. Que répondre quand on vit hanté par des images insoutenables comme celle d'un collègue pétrissant, incrédule, une moitié de son visage arraché? Les pieds de M. Sanson, "gros comme des ballons de football", ont été inopérables pendant dixjours. Il y eut la douleur indicible, six mois cloué dans un fauteuil roulant, et la Légion d'honneur qu'il a acceptée: "Parce que je pensais sincèrement qu'on avait été victimes d'Al-Qaida", dit-il.

Au bout de treize mois, Gilles Sanson a repris un poste au centre d'essais techniques de la DCN. "Tout le temps passé à me reconstruire physiquement j'avais tenu le coup, souffle-t-il, puis j'ai pris conscience qu'à travers nous, pour des histoires de gros sous, on avait ciblé l'Etat dont la DCN dépendait alors entièrement. Pour moi, cet Etat qui ne nous avait pas protégés nous devait au moins la vérité."

Gilles Sanson, invité du 19/20, France3 03.01.2012
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xnf5pd" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xnf5pd</a>

Cette quête leur semble interminable à tous. En mai 2008, lors d'une perquisition dans le bureau d'un dirigeant de la DCNI (la filiale de commercialisation de la DCN), Gérard-Philippe Menayas, dans le cadre d'une tout autre enquête, les policiers ont découvert les rapports Nautilus, que l'entreprise n'avait pas jugé utile de transmettre à la justice. Ces documents – qui mettent en avant le mobile politico-financier de l'attentat – révèlent que, dès juin 2002, la DCN a pensé à se prémunir contre toute responsabilité pénale dans l'attentat et à mener le contrat à son terme. A l'époque, contre 40 000 euros hors taxe, l'entreprise avait confié à une officine dirigée par Claude Thévenet, ancien agent de la DST, la mission de "vérifier l'état de l'enquête en cours au Pakistan", "s'assurer que DCNI ne peut être poursuivie pour insuffisance de sécurité", "rechercher sur qui rejaillit la responsabilité de l'attentat", et "tenter d'identifier toute menace contre le contrat ou DCNI".

"Si la DCN avait communiqué ce rapport à la justice dès septembre 2002, tout aurait pu être différent, s'insurge M. Sanson. Mais ils l'ont planqué, prenant sciemment le risque de laisser se perdre des preuves existantes." Par ailleurs, Gilles Sanson et ses collègues ne s'expliquent toujours pas l'attitude de Gérard Clermont, l'ingénieur-armement chargé par la DCN de la sécurité sur le site de Karachi. Condamné au pénal en 1985 pour la mort de deux ouvriers sur un chantier dont il devait organiser la sécurité, il n'a jamais appliqué le protocole de sécurité qu'il avait lui-même conçu pour Karachi après les attentats du 11 septembre 2001.

"Notre bus siglé qui partait invariablement à la même heure et parcourait le même trajet était une cible parfaite, explique M. Sanson, et nous n'avons jamais eu la moindre réunion concernant la sécurité hors du chantier." Or de réelles menaces pesaient sur les Occidentaux comme en témoignent l'exécution du reporter américain Daniel Pearl et la découverte d'une bombe factice sous la voiture d'un diplomate français à Islamabad en janvier 2002. Ou encore le vol du porte-documents d'un employé pakistanais responsable de la logistique pour la DCN qui contenait la liste nominative et les adresses du personnel en poste à Karachi, et l'attentat meurtrier dans une église du quartier diplomatique d'Islamabad en mars 2002.

Mais même les mises en garde, mi-avril 2002, d'un responsable du service de coopération technique internationale de police (SCTIP) contre de possibles actions terroristes visant "des ressortissants étrangers" ont été ignorées. Dans une note interne à la DCN du 27 avril 2002, M.Clermont – résumant une réunion tenue la veille au consulat de France où avait été évoqué le retour d'expatriés américains et canadiens – avait jugé ces mesures "inutilement pessimistes"."
Lien direct: http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/03/karachi-le-combat-des-survivants-contre-l-etat_1625014_3224.html

Autres articles:
- LE CALVAIRE DES SURVIVANTS, France info, 10.01.2012
- KARACHI : UN RESCAPÉ TÉMOIGNE DEVANT LA PJ, Libération, 10.01.2012



2. L’ÉTAU JUDICIAIRE SE RESSERRE SUR LA BALLADURIE


KARACHI : LE CANDIDAT BALLADUR ÉPINGLÉ
Europe1.fr, 08.01.2012
"La perquisition remonte au 24 novembre 2011. Les enquêteurs du volet financier de l'affaire Karachi ont découvert les archives de l’Aficeb, l’association de financement de la campagne d'Edouard Balladur, dans la cave de son ancien président, Jean-Claude Aurousseau, rapporte Le Journal du Dimanche.

En épluchant cette mine d'or, la division nationale des investigations financières (DNIF) ont trouvé la preuve que les comptes de campagne du candidat à l'élection présidentielle de 1995, avaient bel et bien été truqués. Les trois procès-verbaux de synthèses dressés par les fonctionnaires ont été consultés par le JDD.

Jean-Claude Aurousseau connaissait le plafond de dépenses de 90 millions de francs imposé par la loi aux candidats du premier tour. Or, souligne l'hebdomadaire, "les engagements ont été dépassé de 17 millions de francs", le 20 mars 1995.

Autre conclusion du rapport de synthèse, dès février "les dirigeants de l’Aficeb" savaient qu’il leur manquait "au moins 11 millions de francs pour équilibrer leurs comptes." Comment les comptes de campagne ont-ils été rééquilibrés ? Pour les enquêteurs de la DNIF, "des financements de dernière minute, soit des fonds spéciaux de Matignon, soit des versements de rétrocommission" ont été utilisés.

Lors de sa garde à vue, le 7 décembre dernier, le préfet Jean-Claude Aurousseau, a reconnu que Pierre Monin, chef de cabinet du Premier ministre Balladur, lui avait remis "une enveloppe" provenant des fonds spéciaux de Matignon pour "compenser" ses activités. Mais il s'agit là des seuls fonds spéciaux que le préfet dit avoir vus. En revanche, l'ancien haut fonctionnaire de la région Ile-de-France nie avoir eu connaissance des 10 millions de francs en espèces.

"Les dépenses augmentaient alors que les sondages baissaient", résume Jean-Claude Aurousseau aux enquêteurs. Quant aux 5,2 millions en liquide, dépensés pour la "sécurité des meetings" et qui n’apparaissent pas dans les comptes, le président de l'Aficeb dit "découvrir" ces "sommes mirobolantes".
"Je ne peux vous donner aucune réponse. Je comprends maintenant pourquoi les rapporteurs ont mis en évidence des problèmes", conclut le préfet."
lien direct: http://www.europe1.fr/Politique/Karachi-le-candidat-Balladur-epingle-895161/


LA MENACE KARACHI
Sarkofrance, 03.01.2012
" Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on pense qu'il s'agit d'une course contre la montre. D'ici l'élection présidentielle, les juges Marc Trévidic, d'une part, et Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire d'autre part, se dépêcheraient de terminer leurs instructions des deux volets, criminel et financier, de l'affaire dite de Karachi avant le premier tour de l'élection présidentielle.

Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on est sûr qu'il s'agit d'une instrumentalisation politique, que ces révélations à répétition (jusqu'à cette dernière de Libération, lundi 2 janvier 2012), ne sont que l'oeuvre de journalistes engagés et anti-sarkozystes. Pourtant, la manoeuvre politique était ailleurs, du côté des pouvoirs publics depuis 2002. Depuis l'attentat de mai 2002 à Karachi, l'enquête a fait fausse route, orientée (volontairement ?) vers une piste terroriste. Ce n'est que récemment, en 2009, à l'occasion d'un changement de juge, qu'elle a enfin progressé.

Depuis l'été dernier, les révélations de Mediapart et de deux anciennes épouses de deux proches du clan Sarkozy ont ajouté de nouvelles frayeurs à l'aréopage sarkozyen. Ces derniers jours, l'AFP, Mediapart puis Libération ont porté de nouvelles pièces de l'affaire à la connaissance du grand public.
Les aveux... Pendant la prétendue trêve de Noël, quelques informations supplémentaires sont venues troubler le repos de l'équipe élyséenne.

1. Le 31 décembre, l'AFP a publié des extraits de PV d'audition de Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) mi-décembre. En des termes très clairs, RDDV a admis les 13 et 14 décembre dernier aux enquêteurs de la Division nationale d'investigations financières (DNIF) avoir imposé Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir comme informateurs dans la vente des sous-marins français Agosta au Pakistan en 1994. Mais il a récusé le terme d'intermédiaire, il préféra l'expression « personne utile par leurs informations ». L'AFP a livré quelques extraits du PV d'audition vendredi dernier. Ziad Takieddine nie d'ailleurs toujours avoir perçu 26 millions d'euros de commission sur ce contrat.

En revanche, RDDV ne sait pas comment ces informateurs-clés ont été rémunérés: « Je me doutais qu'un certain nombre de personnes allaient toucher des commissions, dont M. Takieddine. Par contre je ne savais pas par quel biais ni le montant qu'il allait percevoir ».

2. Dans un article du 29 décembre dernier, Mediapart a révélé que Ziad Takieddine reconnaissait avoir versé des fonds à Thierry Gaubert, l'ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy. Le site a même trouvé trace d'un virement de 100.000 dollars de Takieddine à Gaubert en octobre 2010. À la question du juge Van Ruymbeke «lui avez-vous remis de l'argent ?», M. Takieddine a répondu : «Oui, sur différentes périodes, par des virements, sur sa demande. Il avait besoin d'argent, il voulait que je lui prête de l'argent. Il ne m'a remboursé que très partiellement.»

3. Thierry Gaubert a bel et bien transféré des espèces de Suisse en France au moment des faits. Son ex-femme l'accuse. Le 29 décembre dernier, Mediapart complète: « Les policiers en ont retrouvé la trace. » Et précise que Thierry Gaubert, interrogé le 16 décembre dernier par la police, « n'a pas pu justifier l'origine des fonds déposés en 1995 ? un million de francs suisses ?, ni même les dépôts suivants. »

4. Brice Hortefeux, l'un des plus fidèles de Nicolas Sarkozy, est soupçonné d'avoir reçu des enveloppes d'espèces de la part de Ziad Takieddine. Le soupçon vient d'une accusation de l'ex-femme de l'homme d'affaires, citée par Mediapart dans le même billet. Le 19 décembre dernier, Brice Hortefeux a reconnu devant le juge Roger Le Loire qu'il avait « pu mesurer à l'occasion de la négociation d'un contrat important pour notre pays, le contrat Miksa la qualité de ses relations avec les autorités saoudiennes». Cette négociation portait sur la sécurisation des frontières saoudiennes.
... qui ciblent François Léotard... La prochaine cible des instructions devrait être François Léotard. En 1995, il était ministre de la Défense d'Edouard Balladur quand ces contrats Agosta et Sawari II ont été conclus. Renaud Donnedieu de Vabres était son proche conseiller spécial.

La plupart des protagonistes français de cette vente ont été mis en examen depuis septembre dernier: Ziad Takieddine, l'intermédiaire qui nie avoir été intermédiaire dans la vente Agosta mais reconnaît son rôle dans Sawari II; Thierry Gaubert, ancien directeur de cabinet de Sarkozy à la mairie de Neuilly-sur-Seine, propulsé à l'organisation des meetings de campagne d'Edouard Balladur en 1995 (avec ... Brice Hortefeux); Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet de Balladur à Matignon en 1993-1995 et témoin du mariage Nicolas/Carla en février 2008; et, plus récemment, l'ancien PDG de la DCNI, la branche internationale de la Direction des constructions navales qui a vendu les sous-marins Agosta: Dominique Castellan.

Ce dernier a été mis en examen juste avant Noël, le 21 décembre 2011, pour abus de bien sociaux de 1994 à 1997 par le juge Renaud van Ruymbeke. Il est soupçonné d'avoir conclu « un contrat d'assistance fictif contraire à l'intérêt de la DCN » en 1994, qui prévoyait le versement de 33 millions d'euros de commission à une société de Ziad Takieddine. Or, d'après les juges, M. Castellan aurait agi « afin de conserver son poste » et « sur instruction du ministre de la Défense de l'époque, François Léotard ».

Il reste donc deux personnages clés, François Léotard et... Nicolas Sarkozy.

Depuis qu'il s'est retiré de la chose politique, le premier utilise son carnet d'adresses... en Afrique. En Tunisie, son nom a fait surface dans un rapport de la Commission nationale d'investigation sur la corruption et la malversation, publié en novembre, à propos de l'octroi d'un marché de traitement de déchets sous Ben Ali: « Il apparaît que le marché a été accordé d'une manière irrégulière [...] à la société française et son conseiller FL, qui occupait le poste de ministre dans le gouvernement français et que l'ancien président [Ben Ali, ndlr] considérait comme un ami de la Tunisie.»

... et Nicolas Sarkozy

Lundi 2 janvier 2012, le quotidien Libération faisait sa une sur cette affaire: « Sarkozy savait ».

Depuis la relance de l'affaire en juin 2009, l'équipe élyséenne a toujours démenti une quelconque implication de Nicolas Sarkozy dans l'affaire: il n'était que porte-parole de la campagne d'Edouard Balladur; ministre du budget, il ne gérait aucune vente d'armes; et il ne savait rien.

En fait, Nicolas Sarkozy savait, et nous le savions depuis quelques temps. En novembre 2010, Libération rapportait que la police luxembourgeoise l'avait nommément cité dans l'un de ses rapports: en tant que ministre du Budget, il avait avalisé la création d'une société-écran en 1994 pour le versement des commissions occultes du contrat Agosta, baptisée HEINE. Des « courriers à en-tête de Heine échangés entre Nicolas Sarkozy (alors ministre de l’Intérieur) et les administrateurs de la société » avaient été saisis. Mediapart avait également révélé comment Nicolas Sarkozy avait chargé ses conseillers de « négocier avec l'ancien dirigeant d'une société écran de la Direction des constructions navales (DCN) » un protocole transactionnel signé en 2009.

Lundi 2 janvier 2012, Libération publiait des extraits de procès-verbaux d'audition de Gérard-Philippe Menayas, l'ancien directeur administratif et financier de la DCNI, devant le juge Renaud van Ruymbeke. Ce dernier confirma (1) que le cabinet du ministre du budget était au courant, et (2) qu'une validation officielle du versement de commissions occultes à Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir par le ministre Sarkozy était nécessaire.

M. Menayas : « Il est clair que le Ministère du Budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine . Vu l'importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu'au niveau du cabinet du ministre.» Le juge: « Si je comprends bien, la mise en place de la structure Heine n'a donc pu se faire qu'avec le double accord des deux cabinets du ministre du Budget et celui de la Défense. Est-ce exact ? » M. Menayas: « Oui. J'ai une expérience en la matière, ayant travaillé 6 ans à la direction du trésor. Je n'imagine pas qu'une telle décision ait pu être prise sans l'aval du cabinet du ministre. (...) Si ces précautions n'avaient pas été prises, je n'aurais jamais obtenu (...) l'accord de la direction générale des impôts (...) pour payer des commissions via Heine.»

Notez que Menayas évoque le cabinet du ministre et non pas Nicolas Sarkozy. mais savez-vous de quels montants parlons-nous ? De près de 300 millions d'euros de commissions d'intermédiaires: 84 millions d'euros sur le contrat Agosta et 213 millions d'euros sur le contrat Sawari II. Comment imaginer que la validation de la déductibilité fiscale dans les comptes de la DCNI d'une telle charge en si peu de temps n'ait été portée à la connaissance du ministre Sarkozy.

Lundi 2 janvier, Fabrice Arfi et Karl Laske de Mediapart ajoutaient une autre pièce au dossier, relative au contrat Sawari II: « un feu vert a bien été donné, en 1995, en pleine campagne présidentielle, par le ministre du budget d'alors afin d'apporter la garantie de l'Etat à l'office d'armement Sofresa dans la vente des frégates saoudiennes ».

[...]

Résumons-nous:

1. Le cabinet du ministre Sarkozy a validé la déductibilité fiscale de près de 300 millions d'euros de commissions sur deux contrats d'armements (Agosta et Sawari II) dans les comptes de la DCNI.

2. Les juges en charge de l'enquête ont mis en examen le patron de la société vendeuse, l'un des intermédiaires ayant perçu une part de ces commissions, le directeur de cabinet du premier ministre de l'époque, l'ancien conseiller direct du ministre Sarkozy

3. Mais... Nicolas Sarkozy ne savait rien.

"Pour qui nous prend-on ?"
article complet: http://sarkofrance.blogspot.com/2012/01/la-bombe-karachi-menace-le-candidat.html


Autres articles:
- SARKOZY COINCE, LEOTARD FRAGILISE Mediapart, Fabrice Arfi et Karl Laske, 02.01.2012 (payant)
- KARACHI, LES FONDS SECRETS ONT BIEN ETE MOBILISES POUR LA CAMPAGNE DE BALLADUR, Le monde 02.01.2012
- AFFAIRE KARACHI : DOMINIQUE DE VILLEPIN ENTENDU PAR LES JUGES, Le parisien, 09.01.2012

REPORTAGE BFM, 09.01.2012
<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xnjhhb" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xnjhhb</a>



3. MENACES SUR L’ENQUÊTE



MENACES SUR L'AFFAIRE KARACHI
Laurent Valdiguié, Le JDD. 07.01.2012
"L’enquête des juges Le Loire et Van Ruymbeke sur le volet financier de l’affaire Karachi sera-t-elle gelée puis annulée ?
Depuis la fin décembre, en toute discrétion, les avocats de Nicolas Bazire, Mes Frédéric Landon et Jean-Yves Lienard, et de Ziad Takieddine, Me Ludovic Landivaux, ont déposé une rafale de requêtes en nullité. Ces avocats alignent une série d’arguments juridiques selon lesquels les deux juges auraient enquêté "hors les clous". Ils réclament donc à la chambre de l’instruction d’annuler toute la procédure. En attendant cet examen, les avocats demandent aussi "la suspension de l’information".

Depuis début janvier, le président de la chambre de l’instruction peut donc décider à tout moment, par simple courrier aux magistrats, de mettre un arrêt à leur dossier. Vendredi soir, selon nos sources, aucune décision en ce sens n’avait été prise mais le parquet général n’y serait pas "défavorable". "C’est le président de la chambre de l’instruction qui décide, et il n’a pas à motiver sa décision, dans un sens comme dans l’autre", décrypte un juriste qui s’attend à un "Trafalgar judiciaire".

Selon les avocats, une première faille "minerait" la régularité de l’enquête. Selon eux, saisi en septembre 2010 d’une seule plainte avec constitution de partie civile déposée par les familles des victimes de l’attentat de Karachi, le juge Van Ruymbeke a enquêté pendant trois mois "hors saisine". Et ce d’autant plus que, a posteriori, la plainte de l’association a ensuite été constatée "irrecevable" et sa partie civile écartée. Puis, sur la base de cette enquête initiale "biaisée", le juge Van Ruymbeke a signalé des soupçons au parquet, qui lui a délivré un feu vert le 14 décembre 2010. "Entre le 17 septembre et le 14 décembre, le juge était hors saisine", estiment les avocats, qui réclament l’annulation de tous les actes effectués durant cette période. "Et donc de la totalité de l’enquête". "La mise en cause de Nicolas Bazire est le fruit pervers d’une construction intellectuelle fondée sur un raisonnement sciemment biaisé et sur des éléments inconsistants", écrivent les avocats de l’ancien directeur de cabinet, qui réclament aussi l’annulation de sa mise en examen.

Autre front soulevé : l’article 62 de la Constitution. "Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles", écrit le texte. "Aucun juge ne peut donc enquêter sur les comptes de campagne de Balladur dès lors qu’ils ont été validés par le Conseil, quoi qu’on pense de cette validation", assurent les avocats. Si la chambre de l’instruction décidait de suivre ce raisonnement, Édouard Balladur, alors même que l’enquête démontre que ces comptes auraient été truqués, échapperait aux poursuites..."
suite de l'article: http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Actualite/Karachigate-les-avocats-de-Takieddine-et-Bazire-ont-depose-des-requetes-en-nullite-447044/?from=headlines


4. BONUS, LE RICOCHET COPE


AFFAIRE TAKIEDDINE: LA POLICE ENQUÊTE SUR UNE RISTOURNE FISCALE DE COPE
Mediapart, Fabrice Arfi et Karl Laske, 06.01.2012
"Jean-François Copé n'en a pas fini avec l'affaire Takieddine. Selon un «procès-verbal d'investigation» du 12 décembre 2011, la police judiciaire enquête sur une étrange faveur fiscale accordée par le patron de l'UMP, à l'époque où il était ministre du budget (2004-2007).

Les faits, évoqués en septembre dernier par Mediapart, portent sur l'effacement, en 2005, des deux tiers d'une dette fiscale réclamée par l'administration à un riche homme d'affaires franco-libanais, Gérard Achcar. Une ristourne de 4 millions d'euros, qui serait consécutive à l'intervention de Ziad Takieddine auprès du ministre. Et qui lui aurait été demandée par Nicolas Bazire.

Président des Grands moulins du Mali, mais résident fiscal en France, M. Achcar est en effet lié au n°2 du géant du luxe LVMH, mis en examen en septembre pour «complicité d'abus de biens sociaux» dans le volet financier de l'affaire Karachi. C'est la découverte du dossier fiscal de M. Achcar dans les archives de M. Takieddine qui a éveillé la curiosité des policiers de la Division nationale des investigations financières (Dnif). Le 9 décembre dernier, Nicola Johnson, l'ex-femme du marchand d'armes, a été priée de livrer son explication sur ces documents.

«Je me rappelle qu'une fois Nicolas Bazire est venu voir Ziad Takieddine pour que Ziad l'aide par rapport à M. Achcar, a-t-elle ainsi expliqué sur PV. En effet, M. Achcar avait un problème avec le fisc français. Ziad a accepté d'aider M. Achcar, à la demande de Nicolas Bazire. Ziad a ensuite contacté Jean-François Copé qui était ministre du budget à ce moment-là

[...]

Considéré comme mauvais payeur par le fisc français pour les années 1998, 1999 et 2000, Gérard Achcar a fait l'objet d'un important redressement fiscal au terme duquel l'administration lui réclamait 6,2 millions d'euros d'arriérés. Or, après l'intervention personnelle de Jean-François Copé, qui se matérialise par une lettre datée du 13 juin 2005 que Mediapart reproduit ci-dessous, les sommes dues ont miraculeusement dégringolé à 2,2 millions d'euros.

lettre Copé

Les solutions fiscales sophistiquées proposées par M. Copé dans son courrier permettent ainsi «l'abandon des deux tiers des bases» d'imposition, comme le ministre l'écrit lui-même.
Après les promesses, les actes : les diligences de l'administration fiscale ne se feront guère attendre.

Dans un courrier du 24 octobre 2005, la directrice divisionnaire de la Direction nationale des vérifications de situations fiscales (DNVSF), Marie-Aimée M., détaille à Gérard Achcar la liste de tous les rectificatifs auxquels son service doit se soumettre, quatre mois après l'intervention personnelle du ministre du budget dans ce dossier.

[...]

Les liens Copé/Takieddine au cœur de l'enquête

Depuis le début de l'affaire Takieddine, Jean-François Copé peine à s'expliquer sur ses liens avec le marchand d'armes. Il soutient n'avoir jamais eu de relations autres qu'amicales avec lui. Leur rencontre s'est pourtant nouée en 2002 au moment où M. Takieddine approchait les milieux gouvernementaux avec plusieurs projets de contrats avec l'Arabie saoudite et le Moyen-Orient.

Jean-François Copé était alors le porte-parole du gouvernement et ministre des relations avec le parlement, avant de rejoindre Nicolas Sarkozy comme ministre délégué à l'intérieur. C'est Thierry Gaubert, ancien conseiller de M. Sarkozy alors chargé de mission auprès de M. Copé, qui les présente.
Durant cette période, comme Mediapart l'a déjà raconté, Jean-François Copé s'est vu offrir plusieurs voyages et des croisières sur le yacht La Diva de Ziad Takieddine. La comptabilité du marchand d'armes garde d'ailleurs la trace d'un avoir de 19.000 euros au profit de « la famille Copé », en avril 2004. Ziad Takieddine a également été l'organisateur d'un déplacement officiel de Jean-François Copé à Beyrouth, en octobre 2003.

M. Copé a continué de profiter de toutes ces faveurs lorsqu'il est devenu ministre du budget, en 2004. Et durant toute cette période, son généreux ami est parvenu à dissimuler son patrimoine, estimé à 100 millions d'euros, au fisc français.

«Je l'ai invité avec sa famille une semaine par-ci, une semaine par-là, l'été, et une fois à Beyrouth, indique à Mediapart M. Takieddine, qui plaide lui aussi l'amitié. Un jour à Saint-Tropez, quand il était chez nous au cap d'Antibes, je lui ai offert une Rolex pour son anniversaire. Je savais qu'il aimait les montres.»

Cette relation privilégiée entre le marchand d'armes et l'actuel patron de l'UMP a continué d'attirer l'attention des enquêteurs après la découverte d'un compte ouvert au Crédit suisse de Genève par la sœur de M. Copé. Les policiers n'excluent pas l'hypothèse que ce compte ait été ouvert pour servir de compte de «passage» à d'éventuels versements de Ziad Takieddine à Jean-François Copé."
article complet: http://www.mediapart.fr/journal/france/060112/affaire-takieddine-la-police-enquete-sur-une-ristourne-fiscale-de-cope?page_article=3
"Ni Dieu, ni maître.
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"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
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