Auteur Sujet: La condition des femmes dans le monde  (Lu 112921 fois)

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #500 le: 12 octobre 2013 à 09:51:17 »
nos politiques sont prompts à critiquer les autres pays, le manque de femmes dans les hémicycles mais voilà encore un énième incident avec une sanction merdique ...

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Incident sexiste à l'Assemblée : le député Philippe Le Ray sanctionné

Le député UMP Philippe Le Ray, qui a imité mardi soir le caquètement d'une poule pendant l'intervention d'une de ses collègues écologistes, a été sanctionné mercredi 9 octobre à l'unanimité par la conférence des présidents de l'Assemblée nationale.

Le député sera privé d'un quart de son indemnité parlementaire pendant un mois, ont précisé le président de groupe UMP, Christian Jacob, et l'UDI, Philippe Vigier.
Dans la soirée de mardi, la député de la Vienne Véronique Massonneau a été interrompue dans sa prise de parole contre la loi sur les retraites par des caquètements provenant des bancs de l'UMP, où se trouvait notamment l'élu du Morbihan Philippe Le Ray. "Arrêtez, je ne suis pas une poule !" a-t-elle lancé, avant de reprendre, tant bien que mal, son intervention.

L'incident, rapporté par les greffiers de l'Assemblée nationale :

    – Plusieurs députés du groupe UMP : Cot, cot, cot codec !

    – Mme Véronique Massonneau : Arrêtez ! Cela suffit ! Faut-il que je ne sois considérée que comme une poule ?

    – M. le président : De tels comportements sont franchement incroyables, mes chers collègues !

    – Mme Véronique Massonneau : (...) L'étude d'impact n'a pas mesuré les conséquences de cet allongement sur le chômage des seniors ni sur celui des jeunes. (Mêmes interruptions sur les bancs du groupe UMP.)

    – Mme Catherine Coutelle : Ce comportement est honteux, scandaleux !

    – M. Patrice Carvalho : Ils sont alcoolisés !

    – M. Michel Issindou, rapporteur : Complètement avinés !

    (...)

    – M. le président : Finissez, je vous prie, madame Massonneau.

    – M. le président : Mes chers collègues, laissez-moi vous dire, avant que nous ne poursuivions nos travaux, que je ne veux pas que l'hémicycle se transforme en cour de récréation. Certaines attitudes sont inacceptables. C'est pourquoi je vous propose une minute de suspension afin que chacun puisse retrouver son calme.

Ce dérapage a provoqué la colère des députées de gauche, qui ont boycotté mercredi l'ouverture de séance, comme le rapporte la journaliste du Monde Hélène Bekmezian sur son compte Twitter.

Un conseiller de la ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a publié de son côté une photo de cette "assemblée sans femmes".

Furieux, les députés de droite ont, à leur tour, décidé de quitter brièvement l'hémicycle, alors que les députées faisaient leur entrée tardive sous les applaudissements de la gauche.

Interrogé sur le dérapage venu de ses rangs, le président du groupe UMP, Christian Jacob, a reconnu "un incident tout à fait regrettable", mais s'en est vivement pris au président de l'Assemblée, Claude Bartolone, qu'il a accusé d'être "caution" d'une "mascarade" et d'une "théâtralisation".

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #501 le: 12 octobre 2013 à 11:01:54 »
Aux É-U ça se passe autrement !
(début de caquètement à 1m 40)


http://on.cc.com/158P2vG
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #502 le: 02 décembre 2013 à 12:14:54 »
 :pasdrole: :nono: :nono: :nono: :fache13: tresfache

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Record refusé pour tenue non conforme… à la charia

IRAN / Le 11 juin 2013, Elham Asghari a nagé pendant 8 heures en parcourant 20 km dans la mer Caspienne, au nord de l’Iran, dans une zone réservée aux femmes. Un record qui ne sera pas validé ! En effet, Marzieh Akbarabadi, sous-ministre des affaires des femmes et du sport a refusé d’enregistrer cette performance. Raison invoquée : la tenue d’Elham Asghari n’était pas “assez conforme à la charia”.
Pourtant son corps était recouvert d’une combinaison de plongée, d’un foulard et d’un bonnet. “Absorbant l’eau, ces tenues pèsent six kilos (…). Tout mon corps est blessé”, précise-t-elle.

De retour à Téhéran, Elham Asghari a rencontré la sous-ministre pour tenter de la convaincre. Sans succès. Révoltée, elle a décidé de médiatiser ce qui lui était arrivé en postant une vidéo sur Youtube. Elle y accuse également les responsables iraniens d’“empêcher les femmes d’avancer”. “Cela ne concerne pas que moi, dans d’autres disciplines comme le volley-ball, les femmes ont également des ennuis.”
Quoi qu’il soit, cette professeure de natation de 32 ans n’est pas prête de s’arrêter : “Je ne vais pas renoncer (…) La natation n’est pas exclusivement réservée aux hommes, nous les femmes, nous pouvons le faire aussi”.
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #503 le: 02 décembre 2013 à 14:42:06 »
quelle bande de crétins à pénis et sans cervelle, en tout cas bravo à cette femme pour son exploit et son courage. :super:

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #504 le: 02 décembre 2013 à 17:37:25 »
pas croyable de lire des choses pareils. :/Si elles n'ont pas le droit de se baigner,ont-elles le droit de faire la vaisselle? même en mallot de bain? ha quand même lol. Et leur jule a le droit de l'éssuyer? Marre de tous ces pays qui prennent les femmes pour les serveuses de leur connard de mari.
Elle devrait aller vivre dans les pays occidentaux.

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #505 le: 02 décembre 2013 à 17:43:58 »
la condition des femmes est certes moins mauvaises dans les pays occidentaux mais faut pas se leurrer, elles ne sont pas envier non plus...l'occident maltraite aussi les femmes.

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #506 le: 09 décembre 2013 à 22:53:12 »
Gulabi Gang : en Inde, féminisme et lutte des classes arme au poing

« Nous ne sommes pas un gang au sens habituel du terme. Nous sommes un gang pour la justice. » Sampat Pal


Extrait de l'article:
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En Inde, une femme est violée toutes les trente minutes ; même si cette moyenne cache de grandes disparités, les femmes des campagnes, comme dans le district de Banda, étant bien plus en danger que les autres. Ce contexte est à l’origine même de la fondation du Gulabi Gang, dont l’objectif premier est le respect et l’élargissement des droits des femmes. Cette volonté d’égalité et de justice, éminemment féministe, a émergé spontanément chez Sampat Pal, fille de berger née en 1958, qui depuis son plus jeune âge se bat contre les privilèges accordés aux hommes. Ainsi, elle raconte dans son livre les multiples activités, normalement consacrées aux garçons, auxquelles elle a pu avoir accès grâce à son fort caractère : aller à l’école quelques mois, jouer avec les garçons ou encore grimper aux arbres. Malgré un mariage précoce, à douze ans, elle n’a cessé de lutter contre les clichés traditionnels de la femme indienne. Après avoir travaillé quelques mois dans les institutions de santé du gouvernement, elle décida de consacrer tout son temps à la lutte pour les droits des femmes, en organisant des réunions et en formant des groupes d’action. La création officielle du Gulabi Gang, en 2006, fut donc l’aboutissement de plusieurs années de travail. Contrairement aux caricatures qu’on a pu faire : non, les femmes du Gulabi Gang ne détestent pas les hommes ; non, elles ne s’amusent pas à les frapper sans raison ! « Nous ne sommes pas contre les hommes. Nous sommes pour l’égalité des droits pour tout le monde et contre ceux qui la refusent », précise Sampat Pal. Bien sûr, cela ne les empêche pas d’avoir des positions radicales concernant la punition à infliger aux violeurs : la castration chimique. Les recrues du gang ont souvent subi des existences similaires – expérience directe de l’injustice, qu’il soit question de violences domestiques ou d’abandon par leur mari et/ou leur belle-mère – à ceci près que l’existence et la renommée régionale du gang les a aidées à franchir le pas et demander de l’aide. Quand la lutte pour l’égalité devient lutte des classes et des castes Les femmes appartenant aux basses castes, voire au groupe des intouchables, étant particulièrement touchées par les violences sexuelles souvent commises par des hommes de la plus haute caste, les brahmanes (qui ne risquent pas grand-chose étant donné leur immense pouvoir social et économique), le Gulabi Gang s’est rapidement donné un autre objectif, plus ambitieux et concret : celui de la défense de tous les opprimés, femmes et hommes de toutes les castes. Plus ambitieux car il dépasse le cadre de la simple protection et élargissement des droits des femmes ; plus concret car les membres du gang ne rechignent pas à l’action directe pour l’atteindre. La lutte des castes ainsi (re)créée recoupe donc leur combat pour l’égalité des genres, dans un objectif global de justice sociale. C’est ainsi que le gang attire la sympathie d’un nombre croissant d’hommes, qui acceptent leur combat féministe tout en y faisant appel en cas d’injustice subie ou d’oppression. Cette coïncidence des luttes a ceci d’intéressant qu’elle remet en question l’idée reçue selon laquelle le féminisme serait nécessairement un mouvement bourgeois, et faisant donc essentiellement de l’ombre à la lutte des classes.

Read more at: http://www.crystalkidsradio.com/articles/gulabi-gang-en-inde-feminisme-et-lutte-des-classes-arme-au-poing/ | Crystal Kids Radio
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #507 le: 10 décembre 2013 à 20:52:56 »
Il est vrai que cette info est porteuse d'espoir  :super:
Mais quand j'ai lu la conclusion :
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Cette coïncidence des luttes a ceci d’intéressant qu’elle remet en question l’idée reçue selon laquelle le féminisme serait nécessairement un mouvement bourgeois, et faisant donc essentiellement de l’ombre à la lutte des classes.
J'ai trouvé ça vraiment restrictif et mesquin comme lecture  :triste1: genre, chouette, ça redore le blason du "féminisme" en tant que mouvement global.
Pour moi, si je me sens féministe depuis toute jeune, je ne me vois pas militer uniquement sous la bannière "féministe" ; l'oppression des femmes est une des multiples facettes de sociétés qui créent de l'oppression.
Et cette info m'intéresse car elle rejoint ce qui m'a toujours motivée, la défense des opprimées et la dénonciation des oppressions. Le féminisme en, est un des aspects, je ne veux pas l'isoler comme plus important que d'autres.
J'ai bien du mal par exemple à me sentir solidaire, ou concernée, par le combat des femmes des émirats arabes qui se battent pour pouvoir conduire des voitures, alors même qu'elle font partie d'une classe qui "possèdent" des domestiques qu'elles traitent comme des sous-merdes  :fache:
Il me semble absolument contradictoire de vouloir dénoncer et combattre une oppression dont on se dit victime, alors même que l'on a par ailleurs soi-même un comportement d'oppresseur  :berk2:
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #508 le: 12 décembre 2013 à 19:30:11 »
MA nounoursse, tu es donc comme moi: une féministe intersectionnelle!  :frime1: :fleur2: :coeur: :coeur:
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #509 le: 12 décembre 2013 à 23:16:16 »
Euhhhhh .... peut-être ma toute belle  :gene3: Mais j'aurais pas fait exprès alors .... parce que c'est le genre de terme compliqué auxquels je ne pige que couic  :pasdrole:
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #510 le: 16 décembre 2013 à 16:52:04 »
 8/ 8/ on vit dans un monde de merde. :fache1: :fache1:

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Les femmes devront souscrire à une « assurance viol »

L'État du Michigan, aux États-Unis, vient de voter une loi qui oblige les femmes à souscrire à une « assurance viol » si elles veulent bénéficier de certains frais médicaux.

On savait que l'avortement était un sujet houleux aux États-Unis, et cette mesure controversée est là pour nous le rappeler. Les législateurs de l'État du Michigan (États-Unis) ont voté, mercredi 11 décembre, une loi qui interdit à tous les régimes d'assurances de prendre en charge les avortements quand la grossesse est issue d'un viol. Les femmes devront désormais anticiper et souscrire à une « assurance viol ».

Cette loi, à l'origine d'une association, a été proposée il y a plus d'un an. À l'époque, le gouverneur, Rick Snyder, y avait opposé son veto qualifiant « d'inapproprié » de dire à une femme enceinte des suites d'un viol qu'elle a souscrit à la mauvaise assurance et qu'elle n'a pas droit à l'avortement.

Mais l'association Right To Life Michigan (contre l'avortement), qui « refuse de devoir payer pour ôter la vie à un innocent être humain au nom de la santé », a pu recueillir les 300 000 signatures nécessaires à la pétition pour obtenir un deuxième vote sur cette mesure. Après avoir été adopté par les deux chambres, la pétition devient une loi dans les registres de l'État du Michigan. Désormais, les femmes devront anticiper la possibilité d'être violées et souscrire à une « assurance viol » pour se prévaloir des frais imputés par un avortement post-viol.
Assurance-viol : huit États ont voté des lois similaires

La présentation de ce texte devant la chambre et le Sénat du Michigan, a bien évidement suscité de vives réactions, du côté des femmes, comme la sénatrice Gretchen Whitmer pour qui « le simple fait qu'une assurance-viol soit discutée par cette chambre est repoussante ». M

Aux États-Unis, alors que plus de 80 % des régimes d'assurance privés couvrent les avortements, huit États ont décidé d'adopter des lois similaires interdisant le remboursement de l'avortement.

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #511 le: 16 décembre 2013 à 20:20:11 »
 :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1: :pan1:
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #512 le: 16 décembre 2013 à 21:34:26 »
Combien de temps, avant qu'on apprenne qu'un des responsables des "Right To Life Michigan" a des intérêts dans lesdites assurances ?
___________________________________________________________________________________________________________________________________
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #513 le: 17 décembre 2013 à 18:27:47 »
mais c'est pour cette raison que nous avons mis les tazuniens sur une île,parce qu'ils sont complétement  :pasdrole: :fache: 8| 8/ :taistoi: :pascontent1:
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #514 le: 18 décembre 2013 à 20:39:30 »
J'ai lu ça aussi... Je suis jute atterrée et écœurée...
C'est comme un grand bond en arrière soudain et violent.

Je pense que je pourrais réagir de manière plus constructive plus tard, là je suis encore un peu trop sous le choc. Sérieux, le monde se barre vraiment en sucette, ça craint.  :(
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #515 le: 23 décembre 2013 à 13:49:21 »
un petit récapitulatif de la situation qui se dégrade pour la condition des femmes et même dans des pays donneur de leçon.

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La guerre aux femmes

Les attaques se multiplient contre ce qui semblait être un acquis et se révèle fragile: le droit des femmes à disposer de leur corps. Hier, le gouvernement espagnol renouait avec le franquisme en abolissant la réforme de 2010 du socialiste Zapatero qui autorisait l’avortement jusqu’à 14, voire 22 semaines. Si la loi est ratifiée par le parlement, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ne sera admise qu’en cas de malformation du fœtus – si elle est confirmée par deux médecins différents –, de grave danger pour la santé de la femme ou à la suite d’un viol, et encore, uniquement si la victime a déposé plainte.

Cette poussée de fièvre conservatrice n’est pas isolée. La semaine dernière, le parlement européen rejetait un texte réclamant un accès généralisé pour les femmes à la contraception et à des services d'avortement sûrs. Au même moment, aux Etats-Unis, le Michigan rejoignait la liste des huit Etats qui interdisent aux compagnies d’assurance de prendre en charge les avortements, y compris en cas de viol ou d’inceste, sauf si la vie de la victime est en danger ou qu’une assurance spécifique a été souscrite. Dans trois autres Etats nord-américains, le droit même à l’IVG pourrait être prochainement remis en cause. Pourtant, ni les mesures vexatoires ni les lois restrictives ne réduisent le nombre d’avortements. Elles mettent par contre la vie de certaines femmes en danger. Les plus précaires.

De l’attaque frontale à la politique par omission, on retrouve cette même volonté de mettre sous tutelle, d’infantiliser, de dominer les femmes qui, depuis un siècle, tentent de s’émanciper du carcan patriarcal. Ainsi en France, les budgets consacrés aux centres de planning familial diminuent année après année. En Suisse, une initiative contre l’éducation sexuelle à l’école vient
d’être déposée. Elle pénalisera en premier lieu les jeunes filles, en restreignant leur accès, en connaissance de cause, à la contraception. En février, le peuple votera sur le maintien, ou non, du remboursement de l’IVG par l’assurance-maladie de base. Une initiative qui ne vise pas tant à augmenter le nombre de naissances qu’à punir les pauvres. Et pendant que les milieux féministes mènent campagne pour défendre une cause que l’on croyait gagnée, de multiples chantiers cruciaux restent en jachère: inégalités salariales, manque de places en crèche, congé parental, défense de l’âge de la retraite des femmes, etc.

Cette fronde conservatrice doit nous rappeler que les acquis – économiques, sociaux, syndicaux, etc. – sont l’objet de perpétuelles remises en cause. Seules la mobilisation et la vigilance citoyenne permettront de les garantir. Quant à ceux qui imaginaient, plus ou moins naïvement, que le féminisme n’avait plus de raison d’être, l’actualité, hélas, prouve une nouvelle fois combien ils ont tort.


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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #516 le: 28 décembre 2013 à 21:15:38 »
Quand elles ne sont pas traités comme de vulgaires objets, elles sont insultées, les créatifs sont décidément très limités, et la marque Alice Délice bien mal inspirée ...bande de nazes... :pascontent1: :pascontent1: :pascontent1:


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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #517 le: 29 décembre 2013 à 10:38:06 »
on dirait du harakiri mais le journal se voulait bête et méchant,il annonçait la couleur.

là c'est complétement nul. :pascontent1:
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Re : Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #518 le: 29 décembre 2013 à 20:04:25 »
Quand elles ne sont pas traités comme de vulgaires objets, elles sont insultées,

J'aurais tendance à dire que le boudin est un objet, à savoir de la bouffe. Du coup...

Bon bon soit, soit, soit.
Cette image m'a d'autant plus fait tiquer que je venais de tomber sur un strip BD à l'humour plus que douteux la veille. :(
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #519 le: 05 mars 2014 à 11:29:59 »
Nous le disions sur plusieurs fils concernant la condition des femmes ... attaques contre l'IVG, travail précaire ect...


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L’austérité, un mauvais coup pour les femmes


Une étude menée sur plusieurs pays européens montre l’impact négatif des politiques d’austérité sur l’emploi des femmes, mais aussi sur la volonté de réduire les inégalités sexuelles. Pour les auteurs, la période actuelle est celle d’un tournant qui pourrait être ravageur.

En s’appuyant sur les données concernant neuf pays (huit européens [Grèce, Espagne, Irlande, Portugal, Hongrie, Royaume-Uni, Italie, Islande] plus les États-Unis), les chercheurs dirigés par l’économiste Jill Rubery de l’université de Manchester ont tâché d’identifier les effets de la récession économique et des politiques d’austérité menées en réponse à celle-ci. L’étude indique que la période 1994-2007 avait permis des progrès significatifs, notamment pour le taux d’emploi des femmes (en particulier des moins qualifiées d’entre elles) et au travers de l’amélioration de la protection sociale – sans toutefois amoindrir d’importantes différences sectorielles entre l’emploi des hommes et celui des femmes. Ce dernier est ainsi plus concentré dans le secteur public, en particulier pour les plus qualifiées, et pour certains pays dans le temps partiel ou les formes d’auto-emploi.

La baisse des dépenses publiques, facteur majeur de dégradation

La récession a d’abord affecté hommes et femmes sans autre distinction que celles liées aux secteurs d’emploi, les jeunes et les hommes immigrés faisant figure à leurs dépens de principales variables d’ajustement. Elle a aussi tendu à réduire les inégalités professionnelles entre hommes et femmes, mais… principalement en raison d’une détérioration de l’emploi des premiers. La diminution du nombre de ménages à deux revenus s’est par ailleurs traduite par l’augmentation de ceux où l’unique salaire est celui de la femme. Mais les conséquences du passage de la récession à l’austérité ont beaucoup plus pénalisé les femmes avec la réduction drastique des dépenses publiques (qui a spécifiquement altéré l’emploi des femmes dans les administrations), l’extension de la flexibilité, le gel des bas salaires ou encore les libertés prises par les employeurs avec les conventions collectives. Pour Jill Rubery, l’emploi public est passé d’un rôle de protection à celui d’un facteur majeur de dégradation au travers des baisses de rémunération et de l’augmentation du temps de travail.

Au-delà des effets économiques, ceux affectant les politiques publiques de réduction des inégalités hommes-femmes ont elles aussi été particulièrement perceptibles dans la plupart des pays étudiés, par exemple avec la suppression du ministère de l’Égalité et le report du congé paternité en Espagne, les coupes franches dans les budgets des organismes dédiés en Irlande et au Royaume-Uni, la suspension des programmes en faveur de l’égalité des sexes au Portugal...

Une aubaine pour les idéologies conservatrices

Globalement, l’austérité, en frappant les populations et les régions les plus pauvres, en réduisant les dépenses sociales (en premier lieu celles concernant les aides aux familles et à l’enfance), aggrave la situation des femmes. Pour les auteurs, si la réduction des inégalités de genre ne s’inverse pas encore, l’Europe et les États-Unis se situent à un tournant critique et à la merci d’évolutions négatives : abandon par l’État de sa fonction positive d’employeur, précarisation des parents isolés, impact sur la natalité.

En définitive, si les inégalités continuent à se réduire, c’est désormais essentiellement à cause de la dégradation de la situation de l’emploi des hommes (chômage et baisse des rémunérations). Celui des femmes est directement menacé par l’austérité et les politiques libérales, tandis que les inégalités entre femmes s’accroissent aussi. Plus grave est la remise en cause de la volonté de lutter activement contre ces inégalités, notamment sous l’impulsion d’idéologies conservatrices qui se sont exprimées avec le Tea Party aux États-Unis, la remise en cause de l’avortement en Espagne ou encore le retour à une politique familiale "traditionnelle" en Hongrie.

L’étude confirme les résultats de deux autres menées récemment, l’une émanant d’experts de la Commission européenne, l’autre du Lobby européen des femmes (LEF). Pour toutes celles-ci, la conclusion est politique : afin de remobiliser autour de la cause et en faire un objectif central, il s’agit inévitablement de trouver des alternatives en faveur d’une croissance plus soutenable et moins inégalitaire, de reconquérir l’État et les services publics, de redonner sa valeur au secteur non marchand – et en premier lieu à la protection sociale...

"Women and Austerity : the economic crisis and the future for gender equality", dirigé par Maria Karamessini and Jill Rubery


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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #520 le: 21 avril 2014 à 13:13:25 »
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"Fêtons le droit de vote des femmes, mais stop au sexisme politique!"

Le 21 avril 1944, grâce à l'amendement déposé par le communiste Fernand Grenier à l'Assemblée consultative provisoire à Alger, le droit de vote et d'éligibilité des femmes est établi en France. Soixante-dix ans après, si « la femme et la politique » ne font plus qu’une, la fragilité de cet acquis social demeure… Trajectoire politique avec Janine Mossus-Levau, directrice de recherche au Cevipof (Centre de recherches Politiques de Science Po) et auteur du dictionnaire des sexualités*.

Comment expliquer que le droit de vote des femmes soit arrivé seulement en 1944, un siècle après l’obtention du suffrage universel en 1848 ?

Janine Mossuz-Lavau: C’est vrai que nous sommes l’un des derniers pays européens à avoir accordé le droit de vote aux femmes. Cela tient à plusieurs raisons. Entre les deux guerres, la chambre des députés avait voté en faveur de ce droit mais à chaque fois le sénat s’y est opposé. Pourquoi ? Les radicaux, qui étaient très puissant à l’époque, pensaient qu’elles voteraient à droite comme le curé ou leur mari. Ensuite, de nombreux hommes s’appuyaient sur des arguments sexistes pour faire peur à ceux qui voulaient donner le droit de vote aux Françaises. On entendait de tout : « Le foyer sera un enfer, les enfants seront négligés, la femme charmante et précieuse à pour rôle de séduire et non de se battre… ».

Mais en avril 1944, l’obtention du droit de vote pour les femmes apparait comme la suite logique et légitime d’un combat de lutte mené durant la résistance. De nombreuses femmes ont fait parti de la résistance et étaient dans les premiers rangs au moment de la libération. La lutte a permis le changement car cela aurait été scandaleux de ne pas pouvoir voter au lendemain de la seconde guerre mondiale.

A t-il été simple de devenir citoyenne ?

Janine Mossuz-Lavau: Oui, les femmes étaient prêtes à participer au devoir. Elles attendaient juste que la loi leur permette l’accès aux urnes. Dans toute la France, le sentiment d’éligibilité au féminin s’est vite ressenti. En milieu rural, on remarquera d’ailleurs très peu d’abstention du côté des femmes car dans les petites communes tout le monde se connait. Il aurait été mal vu de ne pas aller voter.

Lors des élections municipales, le 29 avril 1945, les femmes vont voter pour la première fois. Paradoxalement, jusque dans les années 1960, les femmes n’avaient pas le droit d’avoir de compte bancaire, il existait encore une notion de chef de famille…

L’accès à l’isoloir, pour les femmes, a-t-il était si évident que ça finalement ?

Janine Mossuz-Lavau: En effet, la participation des femmes aux différentes élections ne s’est pas faite en une fois mais en trois temps. Jusque dans les années 60, les femmes s’abstenaient plus que les hommes et votaient moins à gauche. Elles étaient moins réactives au débat politique que les hommes. C’est le temps de l’apprentissage. La deuxième période s’étend des années 70 jusqu’à la fin des années 80 ; véritable moment de décalage, accompagné d’une période d’épanouissement politique. Les femmes se mettent à aller aux urnes, autant que les hommes et l’écart entre les votes de gauche et ceux de droite se réduit assez notablement. Depuis 1990, l’autonomie politique est omniprésente chez les femmes. Pour la première fois, les femmes votent à gauche autant que les hommes. Je dis « période d’autonomie » car le premier tour de l’élection présidentielle de 2002  l’a démontré. Si les femmes avaient été les seules à avoir le droit de vote, Jacques Chirac serait arrivé en tête au premier tour suivi de Lionel Jospin. En revanche, si ce n’était que les hommes qui avaient eu le droit de vote, Jean-Marie Le Pen serait arrivé en tête au premier tour, suivi de Jacques Chirac. 

Dans l’échiquier politique féminin, on retrouve Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), 1ère femme à se présenter à une élection présidentielle, Catherine Trautmann, (PS),  première maire d’une ville de 100 000 habitants, Edith Cresson (PS),première et unique femme 1er Ministre, Anne Hidalgo, (PS), première maire de Paris…

Comment peut-on expliquer que la volonté politique de placer des femmes en tête de liste soit-elle si présente à gauche et finalement moins visible à droite ?

Janine Mossuz-Lavau: Les partis de gauche ont toujours beaucoup plus promu les femmes dans la classe politique qu’à droite parce que le socle idéologique de la gauche, c’est l’égalité. Le combat contre les inégalités, incarné par la lutte des classes, comprend celui de l’égalité homme-femme. Donc, la place des femmes en politique était logiquement une revendication des partis de gauche.  Tandis qu’à droite, la perception de la société renvoie plutôt à une notion de hiérarchie.

Aux élections législatives de 2012, la proportion de femmes élues atteint 26,9 %. Un très net progrès par rapport à 2007 (18,5 %).

 Mais à ce rythme, la parité à l’Assemblée nationale ne sera pas atteinte avant 2030… Quel est le problème ?

Janine Mossuz-Lavau: La loi sur la parité n’est contraignante qu’au niveau local. Il n’y a pas de contraintes pour les législatives. Les principaux partis, pendant un certain temps, ne se sont pas préoccupé de cette close, donnant comme argument : « On ne peut pas renvoyer chez eux des députés qui n’ont pas démérité, pour mettre à la place des femmes ». Elles sont donc arrivées dans un climat politique masculin où il a fallu se faire une place. En 1936, elles étaient 6% de femmes à l’Assemblée, en 1993 elles n’étaient encore que 6%. Si aujourd’hui, on atteint les 27%, le regard sur la femme politicienne reste dur. Le sexisme est omniprésent. C’est effrayant. Pour exemple, en 1997, un certain nombre de femmes entrent à l’Assemblée, suite aux élections anticipées, sous le mandat de Jacques Chirac.

Quand celles-ci sont venues exposer leur programme à la tribune, on a entendu crier dans les travées « à poil ». Autre anecdote malheureuse, quand Ségolène Royale a annoncé sa candidature en 2007. Les réactions sexistes ont fusé à l’intérieur même du parti socialiste. Laurent Fabius se demandait qui allait garder les enfants, Jean-Luc Mélenchon précisait que l’élection présidentielle n’était pas un concours de beauté, Dominique Strauss-Khan souhaitait qu’elle étudie ses livres de cuisines… D’ailleurs, après l’histoire du Sofitel, de nombreuses femmes ont déploré les horribles discours sexistes que tenaient certains à l’Assemblé et leurs difficultés à exercer leurs fonctions. 

70 ans de droit de vote des femmes, un acquis de lutte, certes, mais comment expliquer que la France soit 34e au rang mondial de la représentation des femmes au parlement ?

Janine Mossuz-Lavau: Ce droit de vote, elles l’ont gagné, elles l’ont mérité. Aujourd’hui les femmes sont salariées, elles sont exposées à d’autres messages car elles sortent de chez elles. Un véritable progrès qui s’affine depuis 70 ans. Là, où il faut maintenant agir c’est sur le droit d’éligibilité. On est très en retard contrairement aux Pays du Nord qui présentent une parité totale. L’accès tardif au droit de vote des femmes nous fait défaut, forcément. Après, je pense que l’accès à la politique, tout comme aux postes à hautes fonctions, pour les femmes est un processus qu’il faut travailler dès le plus jeune âge. Elles ne doivent plus se sous-évaluer. C’est certain qu’il y a un problème de mœurs à corriger pour faire avancer l’égalité homme-femme aussi bien en politique que dans la vie de tous les jours. Malheureusement, les derniers démêlés qu’il y a eu en France concernant le mariage pour tous et la théorie du genre prouvent que le combat est encore long et ardu.


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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #521 le: 22 avril 2014 à 08:14:08 »
Oui, c'est important de rappeler que cela fait 70 ans, SEULEMENT 70 ans que les femmes ont le droit de vote en France !  :aille:

Ces quelques images de l'INA pour nous en souvenir

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #522 le: 02 mai 2014 à 08:29:19 »
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La colère monte au Nigeria après l'enlèvement de dizaines de lycéennes


Il y a quinze jours, les islamistes de Boko Haram enlevaient entre cent et  deux cents jeunes filles à Chibok, dans l'Etat nigérian de Borno. Leur famille sont sans nouvelle depuis. Un silence qui a poussé dans les rues d'Abuja, la capitale du pays, quelques centaines de femmes venues dénoncer l'incapacité des autorités à retrouver la trace des adolescentes, âgées de 12 à 17 ans.

« Comment est-il possible qu'à l'ère des drones, de Google Map et des frappes aériennes, plus de deux cents jeunes filles aient pu disparaître sans laisser de traces ? », a déclaré Hadiza Bala Usman, l'organisatrice de la marche. Des manifestations sont aussi prévues à Kano, dans le Nord, et à Ibadan, dans le Sud-Ouest, ainsi qu'à Lagos jeudi.

Rarement une attaque a autant bouleversé l'opinion publique depuis le début de l'insurrection menée par le groupe islamiste Boko Haram, qui a fait des milliers de morts en cinq ans. Selon les responsables de l'Etat de Borno, fief des insurgés, ce sont pas moins de cent vingt-neuf jeunes filles qui ont été enlevées par des hommes armés qui ont attaqué leur lycée.

Cinquante-deux d'entre elles ont ensuite recouvré la liberté en s'enfuyant. Mais les habitants de Chibok, et notamment la directrice du lycée, affirment de leur côté que ce sont deux cent trente filles qui ont été enlevées et que cent quatre-vingt-sept d'entre elles sont toujours en captivité.

RUMEURS DE MARIAGES FORCÉS

Les parents des victimes sont d'autant plus angoissés que les victimes pourraient avoir été emmenées au Cameroun et au Tchad frontaliers pour y être mariées de force. Ces informations, rapportées à l'Agence France-presse par Pogu Bitrus, le chef du conseil des anciens de Chibok, n'ont pu être confirmées. Mais selon des sources sécuritaires, les jeunes filles pourraient être utilisées comme esclaves sexuelles ou comme domestiques.

Des familles qui ont perdu confiance dans l'opération menée par les autorités se sont cotisées pour acheter de l'essence et partir à leur recherche en voiture ou à moto. « Nous sommes pauvres et sans aucune influence, et nous pensons que c'est pour cela que le gouvernement ne s'intéresse pas à nos filles », regrettait ainsi le père d'une des captives à Chibok, joint au téléphone. Enoch Mark, dont la fille et les deux nièces font partie des victimes, considère elle aussi que le gouvernement « fait preuve d'indifférence face à ce désastre monumental ».

Boko Haram, dont le nom signifie « l'éducation occidentale est un péché », a souvent pris pour cible les établissements scolaires dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman. Le groupe extrémiste, qui revendique la création d'un Etat islamique dans cette région, a mis le feu à des écoles, massacré des étudiants dans leur sommeil et posé des bombes sur des campus universitaires. Mais c'est la première fois qu'un tel enlèvement de masse est perpétré.

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #523 le: 02 mai 2014 à 18:23:52 »
Merci Raja d'avoir posté cette info  :merci:
Je m'en voulais justement de ne pas l'avoir fait .... j'ai personnellement lu un article qui parlait de 284 collégiennes  8|
Il est absolument ahurissant de voir que nos medias ne se saisissent pas plus d'une info pareille  :fache1: J'ai tendance à penser que c'est le reflet d'un mépris certain pour la population africaine, perçue comme quantité négligeable ...... Imaginez ce qu'ils feraient d'une info pareille dans un pays occidental  !!!!!!!!

Pour l'info en elle-même, j'y vois à quel point les djihadistes et intégristes de tous poils ressortent, par essence, de la plus sombre crétinerie, capable à tout moment de tourner à la barbarie totale  :berk2:
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #524 le: 07 mai 2014 à 15:31:46 »
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Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,

Au Nigéria, 276 lycéennes ont été enlevées par la secte Boko Haram, parce qu’elles sont des filles, parce qu’elles ont eu le courage de vouloir poursuivre leur éducation et passer leurs examens. La secte Boko Haram s’oppose donc à l’éducation des filles, outil de leur émancipation.

Pourtant, le droit à l’éducation[1] est un droit humain fondamental inscrit dans les conventions internationales, sans discrimination entre les filles et les garçons. Il en est de même pour la lutte contre toute violence ou discrimination à l’égard des enfants.

Face à cette agression organisée, nous ne pouvons que nous insurger devant l’absence de réaction au niveau international et national.

En 2013, M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, déclarait pourtant à l’attention de la communauté internationale « Ne restez pas silencieux. Lorsque vous êtes témoin de violence à l'égard de femme ou de fille, ne restez pas sans rien faire, agissez. »

La France, pour sa part, s’est engagée à agir pour l’égalité entre les femmes et les hommes, y compris sur la scène internationale.

Devant ces droits fondamentaux aujourd’hui violemment bafoués au Nigéria, la communauté internationale doit se mobiliser, pour que chaque fille puisse aller à l’école en toute sécurité.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous appelons le gouvernement français à agir rapidement pour libérer ces lycéennes, otage de l’obscurantisme et défendre ainsi ce droit fondamental qu’est l’accès à l’éducation.

Le Planning Familial soutiendra toute action allant dans ce sens.

Espérant compter sur votre action, recevez, Monsieur le Ministre, nos meilleures salutations.

 
Le Planning Familial

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #525 le: 11 mai 2014 à 08:43:05 »
Voilà, l'occident et ses grands medias se sont ENFIN saisis de l'enlèvement de toutes ces collègiennes  :grrr: ..... et j'ai presque envie de dire "merci Boko Haram"  :mrgreen: vu qu'il a fallu la video de leur chef disant qu'il allait les vendre, pour qu'enfin on se réveille  :fache1:
Il n'empêche qu'une indifférence totale aussi longue (un mois ou presque  tresfache) DOIT interroger !!!!
D'où l'intérêt de cet article qui s'emploie à l'analyser (comme c'est long, j'ai mis une partie sous spoiler)

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Mobilisation pour les lycéennes enlevées au Nigéria : pourquoi si tard ?


Plus de 200 lycéennes enlevées il y a plus de trois semaines et une mobilisation médiatique qui se met tout juste en place : en France comme ailleurs, la presse et les journaux télévisés ont tardé à mesurer l'ampleur du kidnapping, sans précédent, contrairement aux réseaux sociaux. D'autres exactions, toujours au Nigéria, restent elles toujours totalement occultées.

"Il aura fallu du temps. Il y a trois semaines la secte Boko Haram enlevait plus de 200 lycéennes..." Le sujet du journal de 8 heures de France Inter, sur l'enlèvement massif de jeunes filles au Nigéria, sonnait ce matin presque comme un aveu. Il faut dire que face à un événement d'une telle ampleur, la réaction médiatique et politique a été pour le moins timide.

Si vous regardez par exemple le JT de 20h de France 2, il aura fallu attendre le lundi 5 mai pour que David Pujadas vous apprenne le détail de l'affaire, soit plus de trois semaines après les événements. Du côté de TF1, impossible de trouver un seul sujet, en trois semaines, sur l'enlèvement ou la revendication officielle de Boko Haram ce lundi. Côté presse papier, il faut attendre l'édition datée du jeudi 8 mai pour que Le Monde raconte l'histoire en une, bientôt un mois après les faits.
   

#BringBackOurGirls

Pourtant, cet enlèvement sans précédent a suscité une très vive émotion, non seulement au Nigéria mais également dans le monde entier. C'est sur Twitter principalement que la mobilisation a pris, à partir du 23 avril avec le hashtag #BringBackOurGirls qui compile notamment des photos de femmes portant un écriteau "Ramenez nos filles". Créé lors d'une cérémonie de l'Unesco par deux personnes qui live tweetaient l'évènement, le hashtag reprend les propos de la vice-présidente de la section africaine de la Banque mondiale, Oby Ezekwesili : "Bring back our girls, bring back our daughters". Une semaine et 850 000 tweets plus tard, une pétition sur la plateforme Change.org est créée par un Allemand et regroupe 410 000 signatures en 5 jours. De quoi pousser Barack Obama à demander, il y a deux jours, une "mobilisation internationale" contre le groupe islamiste Boko Haram et à confirmer l'envoi d'une équipe d'experts pour aider les autorités nigérianes, accusées d'être trop lentes et inefficaces, à retrouver les filles. Toujours un poil plus en retard, la France a affirmé aujourd'hui qu'elle aussi "fera tout pour aider le Nigeria" à "retrouver les otages".

"Ce raid reste mystérieux"

Mais comment expliquer un tel retard à l'allumage des médias et des politiques ?

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"Ce raid reste mystérieux"

Mais comment expliquer un tel retard à l'allumage des médias et des politiques ? Dès les premiers jours de l'affaire, le flou complet qui entourait l'enlèvement a sans doute poussé les grands médias à la prudence. D'abord, le nombre exact de filles enlevées n'est toujours pas connu et a fortement varié : le chiffre de 129 a longtemps été évoqué avant de se porter à "plus de 200" aujourd'hui (la police locale évoque "jusqu'à 276 lycéennes" quand la directrice de l'établissement a elle donné le chiffre de 230 filles). Flou total également sur le nombre de filles ayant réussi à s'échapper ou sur l'âge précis des victimes (les plus jeunes auraient 12 ans, donc ne sont pas des lycéennes). "Ce raid, de loin l'opération la plus étonnante jamais commise par Boko Haram, reste mystérieux" se désespérait Le Figaro.fr vendredi.

Pire, le lendemain de l'enlèvement, l'armée nigériane a annoncé avoir libéré "la plupart des 129 lycéennes enlevées", selon l'AFP. Se basant sur leur dépêche, Le Monde.fr titrait donc, le 17 avril, "La plupart des lycéennes enlevées sont libres" avant de devoir mettre à jour "La plupart des lycéennes enlevées toujours portées disparues".
   

Une autre explication réside dans la "concurrence" des sujets internationaux ces dernières semaines : l'ensemble des JT de 20h de France 2 de la période, comporte ainsi au moins un sujet sur l'Ukraine (et le plus souvent deux ou trois). Dans le reste du monde, le naufrage du ferry en Corée du Sud a également "occupé" les médias occidentaux au détriment du Nigéria, estime de son côté un journaliste de Mashables.


Surtout, pour certains, c'est la nature même du sujet qui l'a fait passer au second plan. La journaliste américaine Lauren Wolfe, spécialiste des violences faites aux femmes, estimait ainsi hier dans les colonnes de Foreign Policy, cité par Atlantico, que "les crimes contre les filles et les femmes ne sont pas seulement courants, ils sont ignorés, ils ne sont pas sanctionnés et les médias internationaux n'en parlent pas, surtout quand ils se déroulent dans les pays pauvres et en développement". Pour la journaliste internationale de CNN Frida Ghitis, il ne fait aucun doute : "si cela s'était passé ailleurs, ce serait l'histoire la plus importante du monde".

"Pourquoi se focaliser sur les lycéennes ?"

Mais pour Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) spécialiste du Nigéria, "la vraie question est toute autre : pourquoi se focaliser sur les lycéennes ? s'interroge l'enseignant à Sciences Po, 210 lycéens ont été tués par Bokom Haram les 11 et 12 avril [deux jours avant l'enlèvement] et personne n'en a parlé. Et puis je n'ai vu aucune reprise médiatique quand c'est l'armée qui attaque et massacre, comme à Baga. Il faut replacer cet enlèvement dans la situation délétère du Nigéria, dans le contexte de massacres des deux côtés depuis mai 2013. Il faudrait par exemple rappeler que le leader de la secte, annoncé mort plusieurs fois à tort par l'armée, avait annoncé à l'avance cet enlèvement !" poursuit le chercheur.

Pour Pérouse de Montclos, la médiatisation, même tardive, de l'enlèvement tient à plusieurs facteurs dont le sexe des victimes : la mort des lycéens début avril est effectivement restée totalement absente des médias français. Surtout, il estime qu'un enlèvement, contrairement à des assassinats, constitue une histoire "avec des rebondissements, avec du suspens" plus propice à la narration médiatique. Enfin la mobilisation des réseaux sociaux, face "à un ennemi identifié, la secte islamiste" a indéniablement contribué à mettre le kidnapping à la une des journaux.



ET vous aviez entendu parler de ça, vous  :| :

""la vraie question est toute autre : pourquoi se focaliser sur les lycéennes ? s'interroge l'enseignant à Sciences Po, 210 lycéens ont été tués par Bokom Haram les 11 et 12 avril [deux jours avant l'enlèvement] et personne n'en a parlé. Et puis je n'ai vu aucune reprise médiatique quand c'est l'armée qui attaque et massacre, comme à Baga. Il faut replacer cet enlèvement dans la situation délétère du Nigéria, dans le contexte de massacres des deux côtés depuis mai 2013. Il faudrait par exemple rappeler que le leader de la secte, annoncé mort plusieurs fois à tort par l'armée, avait annoncé à l'avance cet enlèvement !"
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #526 le: 19 mai 2014 à 12:21:11 »
En plus de l’article ci dessus proposé par reveillonsnous,  je trouvais ce point de vue de la militante progressiste et féministe Jumoke Balogun, membre du réseau africain du « Guardian » et co-fondatrice du site « CompareAfrique.com » intéressant aussi.

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« Votre #BringBackOurGirls ne fait qu’empirer les choses »

« Simple question : êtes-vous Nigerians ?

Disposez-vous des droits constitutionnels accordés aux citoyens nigerians, qui leur permettent de participer au processus démocratique ?

Si tel n’est pas le cas, alors, j’ai des nouvelles pour vous.

Vous ne pouvez rien faire pour les jeunes filles disparues au Nigeria.

Votre acharnement en vue d’impliquer dans cette affaire les autorités américaines, et plus particulièrement, l’armée américaine, se retournera au final contre le peuple du Nigeria.

Je suis touchée de vous voir enfourcher le destrier de la« conscientisation » pour défendre plus de 200 jeunes filles enlevées dans leur école de Chibok.

Je suis touchée que vous ayez entendu les pleurs des mères et des pères, qui passent un nouveau jour sans leur enfant.

C’est gentil de votre part de vous en préoccuper.

Seulement voilà l’affaire : lorsque vous faites pression sur les pouvoirs occidentaux, et plus particulièrement, sur le gouvernement des États-Unis, pour qu’il intervienne dans les affaires africaines, lorsque vous vous faites vous-mêmes les hérauts d’une intervention militaire, vous devenez vous-même un élément d’un problème bien plus vaste.

Vous devenez les protagonistes, complices, d’un agenda d’expansion militaire en Afrique. Et cela n’est pas bon.

Vous l’ignorez sans doute, mais les militaires américains adorent vos «  hashtags » parce que ces derniers leurs permettent d’ancrer et d’intensifier leur présence militaire en Afrique.

AFRICOM, le commandement unifié qui supervise les opérations militaires sur le continent africain, a beaucoup profité de #Kony2012 et bénéficiera plus encore de #BringBackOurGirls.

L’année dernière, avant la tournée africaine du Président Obama, j’avais décrit les procédés grâce auxquels l’armée américaine élargit son champ d’intervention en Afrique.

Pour la seule année 2013, AFRICOM a effectué 546 « activités militaires » soit une moyenne d’une mission et demie par jour.

De ces activités, nous ne savons pas grand-chose, mais nous connaissons, en revanche, les buts revendiqués d’AFRICOM : « promouvoir les intérêts des États-Unis d’Amérique en Afrique ».

Et cette mission est bel et bien assurée : selon un rapport, les troupes américaines ont, en 2013, promu les intérêts des USA en Ouganda, au Ghana, au Malawi, au Burundi, en Mauritanie, en Afrique du Sud, au Tchad, au Togo, au Cameroun, à Sao-Tome-et-Principe, en Sierra Leone, en Guinée, en Éthiopie, en Tanzanie, au Sud-Soudan.

L’armée américaine s’est livrée à 128 « activités militaires » distinctes dans 28 pays d’Afrique entre les mois de juin et décembre 2013. Des missions qu’il faut rapprocher des expéditions de drones conduites par les États-Unis dans le nord du Nigeria et en Somalie.

Ajoutons-y les avant-postes de la lutte anti-terroriste à Djibouti et au Niger, ainsi que les bases discrètement installées en Éthiopie et aux Seychelles, qui offrent des rampes de lancement à l’armée américaine pour les frappes et les missions de surveillance effectuées par les drones.

Malgré le secret qui recouvre ces activités, nous savons que les activités militaires des États-Unis ont eu un effet déstabilisateur sur plusieurs pays. Ainsi, un article du « New-York Times » a confirmé que l’homme qui a renversé le gouvernement du Mali en 2012 avait été entraîné et cornaqué par les USA entre 2004 et 2010. Plus tard, un bataillon formé par les États-Unis en RDC avait été dénoncé devant l’ONU pour des viols de masse.

Aujourd’hui, les États-Unis gagnent du terrain en Afrique, en dépêchant des conseillers militaires et un nombre croissant de drones — pardon, de « personnels et de matériels de sécurité » — en renfort d’une armée nigeriane qui, soit dit en passant, a un bilan certain en terme d’atrocités de masse à l’encontre du peuple nigerian.

Sachant tout cela, vous pouvez comprendre mon appréhension vis-à-vis de la décision prise par le Président Obama.

Comme l’a dit l’écrivain américano-nigerian Teju Cole, cet engagement nous mènera simplement vers plus de militarisme, une sécurité moindre, et moins de démocratie encore.

Car la dernière fois que des conseillers militaires américains ont été envoyés en Afrique, ils n’ont pas fait grand bien.

Un "conseiller" sur le terrain...

Vous souvenez-vous de #Kony2012 ? Lorsque le Président Obama a envoyé 100 soldats équipés pour la guerre en vue de capturer le chef de l’Armée de Résistance du Seigneur Joseph kony en afrique centrale ? Ils ne l’ont pas trouvé, mais malgré un un arrêt momentané des recherches, le Président Obama a envoyé plus de soldats en mars 2014, qui désormais, écument l’Ouganda, la République centrafriquaine, le Sud-Soudan et la RDC.

En conséquence, vos appels à l’engagement des États-Unis dans cette crise sape le processus démocratique en cours au Nigeria, et bafouent le mouvement qui gagne en force contre l’inepte et kleptocratique administration du Président Jonathan.

Ce sont des Nigerians qui ont mis leur bon à rien de Président à l’épreuve, en le défiant de venir à bout de la question des jeunes filles enlevées.

Il leur appartient de rechercher la justice pour ces jeunes filles et de s’assurer que le Gouvernement nigerian en sera responsable.

Votre insistance à mettre les USA dans le coup fait plus de mal à ceux que vous vous imaginez être en train d’aider et ne fait, en dernière analyse, qu’étendre et soutenir le pouvoir militaire des États-Unis.

Si vous tenez réellement à faire quelque chose, renseignez-vous au sujet d’Obiageli Ezekwezili et de Chioma Chuka, qui ont risqué leurs vies en mettant le gouvernement nigerian en demeure de mieux agir pour la population au sein du processus démocratique.

Si vous tenez absolument à tweeter, citez-les et ne dirigez pas vos appels à l’action vers le gouvernement des États-Unis, qui ne cherche qu’à encourager le militarisme américain.

Ne permettez pas à l’armée des États-Unis de bafouer ce mouvement initié et soutenu par des Nigerians eux-mêmes »


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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #527 le: 02 juin 2014 à 12:57:59 »
Quand je pense que certains continuent mordicus à penser que le modèle de société étatsunien est le meilleur  :berk2:

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Les décès maternels à l'accouchement augmentent aux Etats-Unis.

Les décès liés à l'accouchement aux États-Unis sont presque à leur taux le plus élevé depuis un quart de siècle, et une femme donnant naissance en Amérique est maintenant plus susceptible de mourir qu'une femme donnant naissance en Chine, selon une nouvelle étude. Il y a 18,5 décès de mères pour 100.000 naissance aux Etats-Unis en 2013, soit 800 morts. C'est plus que le double du taux de mortalité maternelle en Arabie Saoudite et au Canada, et plus du triple qu'au Royaume-Uni. [NB : la baisse du taux de mortalité maternelle, comme celle du taux de mortalité infantile est un indice de développement d'un pays].

trouvé ici
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #528 le: 13 août 2014 à 08:45:16 »
ça c'est une excellente nouvelle :super: :super:

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Maryam Mirzakhani, première femme à décrocher la médaille Fields

Pur produit du système éducatif iranien, Maryam Mirzakhani, 37 ans, vient de recevoir la Médaille Fields au cours du Congrès international des mathématiciens, à Séoul. Elle est la première femme à recevoir ce prix, créé en 1936, et souvent présenté comme le Nobel des maths.

Février 1998. Juste avant les fêtes du nouvel an iranien, au mois de mars, les meilleurs étudiants en mathématiques de la prestigieuse université Sharif rentrent en bus d’une compétition interuniversitaire de mathématiques, organisée à Ahvaz, à 800 km au sud-ouest de Téhéran. Au milieu du trajet, le chauffeur perd soudainement le contrôle du bus et le véhicule s’écrase dans un ravin. Six étudiants périssent dans l'accident. Parmi les survivants, grièvement blessée à la jambe, se trouve Maryam Mirzakhani.

Les maths, un enjeu international

Déjà à 21 ans, la jeune prodige s'était distinguée comme une scientifique prometteuse. En 1994, elle est la première fille iranienne médaillée d’or aux Olympiades internationales de mathématiques (IMO) qui permettent aux lycéens du monde entier de se mesurer à travers une série de problèmes de haut niveau. L’année suivante, elle obtient la note parfaite : 42 sur 42, et fini numéro un mondial. Les Olympiades avaient été créées en 1959 par les pays du bloc de l’Est dans le contexte de la guerre froide, les pays de l'Ouest avaient rejoint la compétition dès les années 70.

En 1985, c'était au tour de l’Iran et de la Chine. Six ans après la Révolution islamique de l'ayatollah Khomeini. A l’époque, les responsables du ministère de l’Education constatent un manque d’intérêt croissant des élèves pour les maths et estiment que l’organisation de concours au niveau national pourrait remotiver les élèves. Cependant, l’aspect idéologique n’est pas à négliger, la République islamique souhaite montrer ses capacités scientifiques à l’échelle internationale. Le travail intense de sélection et de préparation ainsi que le talent indéniable des élèves iraniens finiront par payer. En 1998,  l’Iran termine premier aux Olympiades devant les Etats-Unis.

Un système éducatif élitiste

Maryam Mirzakhani fut élève au Lycée Farzanegan de Téhéran, qui dépend de l'Organisation pour le développement des talents brillants, dont le but est de repérer les élèves surdoués, ou en tout cas les meilleurs, à travers des concours nationaux, au collège et au lycée. Les lauréats font alors leurs études dans des établissements spécifiques avec un programme beaucoup plus poussé que dans la filière classique.

Après la Révolution de 1979, la séparation des filles et des garçons depuis l'école primaire jusqu'au au lycée a facilité l'accès à l'éducation des filles issues des familles ultra conservatrices qui craignaient la mixité.

Contrairement aux idées reçues, en Iran, les femmes sont bien plus présentes que les hommes à l'université. Le nombre de femmes admises est passé de 40% à plus de 59,9% durant la dernière décennie, alors que le nombre d’élèves (féminins et masculins) est resté le même. Le taux d’obtention de diplômes universitaires, dans deux ou trois ans, sera de plus de 70% pour les femmes.

Par ailleurs, en Iran, l’enseignement secondaire a été libéralisé à l’outrance, les établissements publics ont aujourd'hui un niveau très médiocre comparé à ceux du secteur privé qui coûtent très cher. Et la concurrence est rude entre les écoles privées qui vantent leur nombre d’admis aux concours d’entrée aux universités, un concours ultra-sélectif. Pour étudier à l'université Sharif de Téhéran, il faut ainsi finir parmi les cent premiers sur environ un million de participants.

Le système éducatif iranien est donc devenu au fil du temps ultra élitiste, basé sur une compétition incessante organisée depuis le collège et jusqu'à l'université. Les lauréats de ces divers concours forment une élite scientifique reconnue au niveau international et quittent quasi systématiquement le pays pour évoluer en Occident. Selon le quotidien Shargh, 76% des Iraniens médaillés dans les olympiades internationales en mathématiques, entre 1993 et 2013, se trouvent actuellement dans les plus grandes universités américaines Harvard, Princeton, Stanford ou Britanniques.

Calculer le volume de l’univers

Si Maryam Mirzakhani est aujourd'hui récompensée d'une médaille Fields, rien ne la prédestinait à cela. Dans une interview accordée en 2008 au Clay Mathematics Institut (1), elle racontait : «Enfant, je rêvais de devenir écrivain et mon passe-temps favori était d'écrire des romans. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. En fait, je n'ai jamais imaginé me lancer dans les maths avant ma dernière année de lycée.»

Son premier éblouissement mathématique viendra quand son grand-frère lui parle d'un problème très simple, additionner les nombres de 1 à 100, et de la solution adoptée par Gauss. «La solution était fascinante et c'était la première fois que j'entrevoyais une solution aussi belle que je n'aurai pas pu trouver moi même.» Après avoir passé les premières années universitaires à Sharif, elle choisit de partir pour obtenir un doctorat à Harvard, avant de traverser les Etats-Unis pour enseigner à Stanford, en Californie.

Ses travaux se situent dans les domaines de la géométrie hyperbolique et la topologie. Certaines surfaces hyperboliques sont de forme irrégulière, comme des bagels. Un bagel ou une bouée sans valve déformée à l'infini permet de reproduire des formes infiniment complexes qui préoccupent les mathématiciens depuis des années. Mirzakhani a trouvé une nouvelle méthode qui consiste à élaborer une série de boucles sur la surface des formes pour calculer leurs longueurs. Peu d’applications pratiques existent à ce jour pour ses recherches, mais si l’univers se révèle être régi par la géométrie hyperbolique, son travail aiderait à définir sa forme et son volume.

Durant ses études à Harvard, elle raconte : «Je devais sans cesse expliquer qu’en tant que femme, oui j’avais le droit d’entrer à l’université en Iran.» Aujourd'hui, elle vient de prouver au monde entier qu'une femme, de surcroît iranienne, peut obtentir la très convoitée médaille Fields.




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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #529 le: 23 septembre 2014 à 14:40:11 »
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Espagne: le gouvernement retire son projet de loi sur l'avortement

Le gouvernement de droite espagnol a retiré son projet de loi très controversé sur l'avortement, a annoncé mardi le chef du gouvernement Mariano Rajoy, qui avait fait de cette réforme l'une de ses grandes promesses électorales.

«Nous allons continuer à étudier des formules permettant de parvenir à un meilleur accord sur la réforme.

Mais en ce moment, je crois avoir pris la décision la plus sensée», a ajouté le chef du gouvernement.

La droite divisée sur ce projet d'avortement

Ce projet, modifiant la précédente loi adoptée en 2010 par le gouvernement socialiste, réduisait considérablement le droit à avorter en Espagne, y compris dans les cas de malformations du fœtus. D'après les termes de la loi, l'IVG n'aurait été autorisée qu'en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou en cas de viol ayant fait l'objet d'une plainte antérieure.

Le Parti populaire de Mariano Rajoy était divisé sur plusieurs points de la loi, notamment sur le fait qu'elle contienne une liste précise des malformations incompatibles avec la vie, qui justifierait l'accès à l'IVG. Le PP craignait également une répercussion directe sur les prochaines élections, lui qui a perdu deux millions et demi de voix aux dernières Européennes. Mais il comptait satisfaire la hiérarchie de l'église et séduire l'aile la plus conservatrice de son électorat. En janvier dernier, le pape François rappelait sa position sur «la pratique horrible de l'avortement».

Levée de boucliers

L'adoption de cette loi par le Conseil des ministres espagnol en décembre 2013 avait provoqué un tollé général en Espagne et dans toute l'Europe. Selon un sondage publié par «El Pais» au début de l'année, 78 % des Espagnols rejetaient le texte. «Il s'agit de sanctionner les femmes pour avoir une relation sexuelle non reproductive» s'insurgeait Nathalie Bajosse, directrice de recherche à l'Inserm, spécialiste de la contraception. Sur France Inter, elle prévenait des conséquences à prévoir. Pour les Espagnoles, «le taux d'avortement ne baissera pas. Les catégories les plus aisées iront à l'étranger. Pour les autres, cet acte sera pratiqué dans des conditions précaires avec des enjeux sur la santé. Dans le monde, rappelons qu'une femme meurt toutes les huit minutes des suites d'une interruption de grossesse mal encadrée».

La loi actuelle autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse pour toutes les femmes.

En France, Najat Vallaud-Belkacem, ministre française des Droits des femmes à l'époque, avait souhaité que «les libertés fondamentales», comme le droit à l'avortement, fassent partie du débat aux prochaines élections européennes, dénonçant «les lobbies très conservateurs» opérant en Europe.

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #530 le: 08 octobre 2014 à 13:09:50 »
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        Stop au viol comme arme de guerre : Pour un Tribunal Pénal International pour la République Démocratique du Congo

 Mesdames, Messieurs,
Qui n'a pas entendu parler du traitement inhumain que subissent les femmes dans les zones de combats en République démocratique du Congo, où les femmes sont prises comme champ de bataille et le viol une véritable arme de guerre ?
 On entend par-ci, par-là, des personnalités, des experts et des observateurs stigmatiser ces violences faites aux femmes de la RDC sans qu’aucune mesure concrète et efficace ne soit prise. Les solutions proposées depuis quinze années, loin de soulager la détresse de ces femmes, se sont avérées être de « fausses-bonnes » solutions qui ont accentué, au point de normaliser cette barbarie.
Je sais pourtant, pour avoir exercé en qualité d’avocat près le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pendant sept années, avec quelle rigueur les juges ont réprimé ces crimes de viols comme arme de guerre commis pendant le génocide du Rwanda et en ex-Yougoslavie. Cette justice, quels que soient ses insuffisances et ses travers, aussi impuissante soit-elle pour réparer les séquelles et traumatismes, a cependant eu le mérite de punir ceux dont l'implication était judiciairement prouvée au delà de tout doute raisonable,  dans les génocides rwandais et bosniaque.
Paradoxalement, pour ce qui est de la République démocratique du Congo, des manifestations pacifiques et citoyennes se sont déroulées partout dans le monde pour stigmatiser, sans succès, l'impunité. Qui ne se souvient pas de la marche mondiale des femmes à Bukavu en 2010 -  la marche Paris-Bruxelles effectuée en 14 jours par des vaillantes filles et des vaillants fils du Congo en juillet 2011 -  le tour d'Europe par un jeune Congolais - la grève de la faim de Paris en décembre 2012 et des citoyens excédés qui ont même marché dévêtus, pour attirer l’attention de l’opinion publique internationale sur le calvaire que vivent ces femmes ?
Que dire du travail que font, au péril de leur vie, le Dr Mukwege, les activistes des droits de l'homme, les représentants de la société civile ? Tous ont fait et continuent de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour arrêter les viols, alléger la souffrance des victimes et mettre un terme à l'impunité, et ce, sans grand résultat ?
Fort du soutien des 52 personnalités féminines, j'ai décidé d'agir avec votre aide, convaincu que nous sommes des millions de par le monde à partager l'indignation de nos 52 Marraines qui sont des sommités du monde universitaire, des femmes politiques de caractère ainsi que des féministes qui ont passé l'essentiel de leur vie à défendre aussi bien la place, les droits, l'honneur que la dignité de la femme dans la société française et partout dans le monde. Bon nombre d'autres grandes figures féminines et masculines, dont le nom ne figure pas sur la liste des 52, ne sont pas moins impliquées et soutiennent ouvertement notre cause.
Cette pétition est notre façon déterminée de dire et de proclamer une fois pour toutes que "le corps de la femme ne devait pas, et plus jamais ne devrait être utilisé comme arme de guerre" au Congo et partout ailleurs dans le monde.
Le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies fermera bientôt les portes du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et celles du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) qui ont l’un et l’autre considéré ce type de viol comme constitutif de crime contre l'humanité ou de génocide. Il est indispensable que le Conseil de sécurité des Nations unies et son Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, prennent toutes les mesures nécessaires pour permettre la survivance de cette jurisprudence, en créant rapidement un Tribunal pénal international pour la RDC, chargé de poursuivre tous les crimes similaires, déjà répertoriés dans le "rapport mapping" des Nations unies.
Nous sommes convaincus que c'est l'un des moyens les plus efficaces de soustraire ces femmes des griffes de leurs bourreaux et de mettre effectivement fin à l'impunité de ceux qui ont utilisé et continuent d'utiliser le viol comme arme de guerre. Ne pas le faire, serait une discrimination à l'égard de la femme congolaise, un déni de justice internationale ainsi qu'un encouragement à commettre le "gynocide" ou "fémicide".
En effet, après publication du "rapport mapping" et la multitude de rapports sur la situation de ces femmes dans le pays, nul n'est plus fondé à prétendre n'avoir rien vu, rien su, ni rien entendu.
Quelles que soient les insuffisances et les critiques, le Tribunal pénal international pour le Rwanda ainsi que celui pour l'ex-Yougoslavie, ont joué un rôle de précurseur. Animateur, puis Président de l'Association des avocats du Tribunal pénal international pour le Rwanda de 2002 à 2006, je sais quelles étaient les insuffisances d'un tel Tribunal pour les avoir critiquées et combattues. Je sais cependant que par-dessus tout, ces Tribunaux ont, comme c'est inscrit dans leur mission, poursuivi et largement contribué à éradiquer le viol comme arme de guerre au Rwanda et en Bosnie depuis 1994. De ce fait, ilsont contribué au retour de la paix.
Les acquis de cette justice pénale internationale devraient pouvoir profiter à toutes les femmes partout dans le monde et surtout en RDC, devenue le théâtre de combat entre belligérants de la région des Grands Lacs africains.
Nous vous demandons, pour l’amour du ciel, de soutenir cet appel en le signant et en le faisant signer autour de vous.
Merci pour toutes les femmes victimes.
Hamuli Rety
Ancien président de l’Association des avocats du Tribunal pénal international pour le Rwanda
lire la « Déclaration des Marraines »
Facebook page: Pour un tribunal pénal international pour la RDC
 

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #531 le: 16 octobre 2014 à 11:39:00 »
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Salvador. À deux doigts de la mort : la violence contre les femmes et l’interdiction de l’avortement


María Teresa Rivera a été condamnée pour avoir fait une fausse couche et purge actuellement une peine de 40 ans de prison. Âgée de 28 ans au moment des faits, elle était mère célibataire et travaillait dans une usine de confection quand, un jour, elle a eu un besoin urgent d’aller aux toilettes. Sa belle-mère l’a découverte par terre, baignant dans son sang. María Teresa ne savait pas qu’elle était enceinte.

María Teresa Rivera a été transportée d’urgence à l’hôpital, où un membre du personnel l’a dénoncée à la police. Les policiers, arrivés sur les lieux, ont commencé à l’interroger en l’absence d’un avocat.

Elle a été jugée et déclarée coupable d’homicide avec circonstances aggravantes, sur la base de preuves pourtant douteuses. Le juge a déclaré que les dires de María Teresa, qui affirmait qu’elle ne savait pas qu’elle était enceinte (un point clef du dossier), n’étaient pas crédibles car le tribunal avait la preuve qu’en janvier 2011 elle avait dit à son employeur qu’elle était peut-être enceinte. Si la grossesse avait démarré en janvier 2011 et s’était terminée en novembre 2011, María Teresa aurait eu une grossesse de 11 mois.

María Teresa Rivera a déclaré à Amnesty International : « Le jour de l’audience, j’ai juste eu très mal. Lorsque le jugement a été prononcé, j’ai demandé à Dieu de me donner de la force. J’ai dit “mon Dieu, mon fils aura 45 ans quand je sortirai de prison.” »

« Qu’est-ce que je peux espérer de l’avenir ? La liberté. La nuit, je suis souvent triste parce que je veux être avec mon fils, dormir à côté de lui [...] Je veux qu’elles [les femmes qui ne sont pas en prison] apprécient tout ce qu’elles ont dehors, parce qu’elles ne réalisent pas ce qu’elles ont. L’eau, un centime [...] elles devraient apprécier tout ce qu’elles ont, tout  ».

María Teresa Rivera est l’une des 17 femmes emprisonnées, certaines pour des motifs liés à une grossesse comme des avortements et des fausses couches, pour lesquelles un recours en grâce présidentielle a été déposé. Dans toutes ces affaires, tous les autres recours formés en vue d’une remise en liberté ont été épuisés.

Cristina a déclaré avoir fait une fausse couche à 18 ans. Alors qu’elle était enceinte, elle avait ressenti une douleur fulgurante et avait couru aux toilettes où elle avait perdu connaissance. Sa famille l’avait retrouvée en pleine hémorragie, couverte de sang. Elle avait été emmenée d’urgence à l’hôpital mais là, au lieu d’être traitée comme une patiente en souffrance, elle avait été accusée d’être une criminelle et questionnée : « Pourquoi as-tu tué ton enfant ? »

La soupçonnant d’avoir déclenché un avortement, le personnel de l’hôpital avait dénoncé Cristina à la police. Elle avait été accusée d’homicide avec circonstances aggravantes mais l’affaire avait été classée sans suite en octobre 2004, faute de preuves. Cependant, le Bureau du procureur général a fait appel et Cristina a été déclarée coupable en août 2005 et condamnée à 30 ans d’emprisonnement.

Cristina a déclaré à Amnesty International : « La cause du décès était indéterminée, ils ne savaient pas pourquoi le bébé était mort, alors comment ont-ils pu m’accuser d’homicide aggravé pour la mort de mon enfant s’ils ne disposaient même pas de cette preuve fondamentale ? Il s’agit de négligence de la part du juge, c’est évident [...] Comment ces gens, qui sont supposés être si professionnels, peuvent-ils faire ce type d’erreur ? »

Le procureur avait affirmé que Cristina avait l’obligation d’en faire plus pour sauver son enfant. Cependant, un médecin de l’Institut médicolégal aurait fourni des preuves au tribunal que Cristina était en état de choc et avait perdu connaissance au moment de la naissance.

« Comment, alors que j’étais étendue sur le sol, inconsciente, étais-je censée me précipiter à l’hôpital avec mon bébé ? » demande Cristina.

Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique a finalement commué sa peine, au motif qu’elle était excessive, sévère et disproportionnée.

Cristina a été libérée en août 2009, après tout de même quatre années de prison.


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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #532 le: 16 octobre 2014 à 16:04:43 »
Le Salvador, c'est pas ce pays qui était sur la voie de la révolution et que les Zuhessa ont remis au pas? Les mêmes Zuhessa qui combattent l'obscurantisme islamiste en Syrie, à c'qui paraît?  :nono:
Quelle vertu, quel bonheur peut exister dans un pays où une classe d'individus peut dévorer la substance de plusieurs millions d'hommes?
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #533 le: 18 novembre 2014 à 13:21:52 »
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Sexisme : la preuve par le costume


Un animateur télé peut-il se présenter tous les jours pendant un an dans le même costume sans que cela se remarque ? Et la nouvelle coiffure de la présentatrice, vous en pensez quoi ? Un peu trop blond cendré, non ?

Karl Stefanovic, qui officie sur la chaîne de télé australienne Channel Nine, a porté le même costume à l'antenne pendant un an sans que personne ne le remarque.

« Il a commencé cette expérience, nous dit la BBC, en portant le même costume deux jours de suite. Sans qu'aucun commentaire ne soit émis. Il le porta alors pendant plusieurs jours, plusieurs mois, et s'aperçut que personne ne lui en faisait la remarque. » Un an dans le même costume Burberry bleu bas de gamme, précise le site The Age Entertainment, qui a recueilli le scoupe de l'animateur.



« Personne n'a rien remarqué, tout le monde s'en fout, a confié Stefanovic. Mais les femmes, qu'elles portent la mauvaise couleur et elles sont rappelées à l'ordre. Qu'elles disent une bêtise et des milliers de tweets en parlent. »

« Je suis jugé sur la qualité de mes intervious, sur mon horrible sens de l'humour, sur la manière dont je fais mon boulot. Alors que les femmes sont le plus souvent jugées sur les vêtements qu'elles portent, sur leur coiffure… C'est ce que j'ai voulu prouver. »

Seules ses deux co-présentatrices, Lisa Wilkinson et Sylvia Jeffreys, étaient au courant de l'expérience. « Elles m'ont souvent fait la remarque que [mon costume] commençait à puer un peu. J'espère pouvoir le porter au pressing d'ici la fin de l'année », a conclu le présentateur monovêtu qui vient de relater cette expérience dans son émission diffusée sur Channel Nine.

Si le Monsieur-qui-cause-dans-la-télé est un professionnel averti, la femelle télévisuelle est un porte-manteau affublé d'un casque souvent blond, c'est bien connu. La chaîne américaine Fox News en est une preuve étincelante, comme le montre ce trombinoscope vieux de plusieurs années affichant 51 présentatrices blondes (plus 3 présentateurs égarés) :



Un décompte plus récent, opéré en juillet de cette année, totalisait chez Fox News 23 présentatrices blondes contre 11 non blondes. Toutes issues d'un élevage Barbie, leurs vêtements sont garantis 100% inodores.


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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #534 le: 26 novembre 2014 à 13:12:20 »
Un reportage a été diffusé sur cet homme et il est impressionnant :super:

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Le Prix Sakharov 2014 attribué au gynécologue congolais Denis Mukwege qui soigne les femmes violées


Denis MukwegeLe médecin Denis Mukwege, qui soigne dans sa clinique de Bukavu les femmes victimes de violences sexuelles dans l’est de la République démocratique du Congo, a obtenu le prix Sakharov, a annoncé mardi le président du Parlement européen.

“Félicitations au D. Mukwege”, a indiqué Martin Schulz sur Twitter, précisant qu’une “mention spéciale” distinguait le mouvement EuroMaïdan, au centre de la contestation pro-occidentale en Ukraine.

Denis Mukwege, 59 ans, est connu pour l’aide qu’il apporte aux femmes violées dans l’est de la RDC. Il a notamment fondé un hôpital et une fondation dans le quartier de Panzi à Bukavu pour soigner les victimes de cette arme de guerre.

Son combat l’expose au danger. Le 25 octobre 2012, il avait échappé à une tentative d’assassinat au cours de laquelle un de ses domestiques avait été tué.

Denis Mukwege aurait pu rester vivre et travailler en France après ses études, mais le gynécologue a fait le choix de retourner dans son pays, et d’y rester malgré les violences.

Deux autres finalistes étaient en lice: le mouvement EuroMaïdan et Leyla Yunus, une militante des droits de l’Homme emprisonnée en Azerbaïdjan.

Le prix Sakharov, attribué tous les ans depuis 1988 par le Parlement européen, récompense des personnalités ou des collectifs qui se sont illustrés dans la défense des droits de l’Homme. Doté de 50.000 euros, il sera remis solennellement le 26 novembre à Strasbourg.

Le Prix Sakharov tient son nom d’Andrei Sakharov, un physicien russe qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 1975 pour son travail de défense des droits de l’Homme et de prévention des dangers de la course à l’arme nucléaire. Son premier lauréat, en 1988, fut Nelson Mandela, alors encore emprisonné en Afrique du Sud

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #535 le: 26 novembre 2014 à 19:41:13 »
Je suis ravie, car comme je l'avais écrit au moment de l'attribution des prix Nobel, j'étais très déçue qu'il ne lui aie pas été attribué ! Non, pour lui-même, mais pour mettre un peu d'éclairage sur cette horreur qui se déroule au Congo depuis des décennies dans un silence quasi-absolu !
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #536 le: 10 décembre 2014 à 11:35:56 »
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Quand la réussite scolaire ne rime pas avec égalité pour les femmes


Plus diplômées que les hommes, les femmes rencontrent pourtant des débuts de carrière plus difficiles. Une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) montre l'ampleur du chemin restant à parcourir en matière d'égalité hommes/femmes.

Les progrès en matière d'égalité entre les sexes sont "indéniables" dans l'éducation depuis les années 70, souligne cette étude. A la sortie du système éducatif, 31% des femmes ont un diplôme de niveau Bac +3 ou plus en 2009-2011, contre 24% des hommes.

Cependant, "l'école reste un lieu de production d'inégalités de genre": les garçons sont très largement majoritaires dans les filières de prestige aux débouchés plus nombreux et plus rémunérateurs alors qu'ils connaissent davantage de difficultés scolaires que les filles.

Selon l'Ined, cette situation paradoxale s'explique par "les stéréotypes de genre qui balisent les parcours scolaires", et restent notamment très prégnants dans les manuels scolaires.

Le taux d'activité des jeunes adultes est quasiment équivalent pour les deux sexes: à 25-29 ans chez les personnes sans enfant, il est de 87,8% pour les femmes, 91,8% pour les hommes.
Une entrée dans l'emploi plus difficile

Mais les femmes ont des débuts de carrière plus difficiles: au cours des sept années qui suivent leur sortie du système éducatif, elles sont deux fois plus nombreuses que les hommes à connaître une situation prolongée de non emploi (respectivement 17% et 9%). Moins de la moitié d'entre elles bénéficient d'un contrat à durée indéterminée (47%), contre 60% des hommes.

Au bout de sept ans, le taux de chômage féminin est plus élevé que celui des hommes, surtout chez les moins diplômés (16% pour les femmes titulaires d'un CAP ou BEP, contre 8% pour les hommes). En outre, lorsqu'elles ont un emploi, les femmes sont plus souvent à temps partiel (12% contre 1% des hommes).

A la même échéance, les écarts de salaires entre les sexes varient de 8% à 18% selon le niveau de diplôme, toujours au détriment des femmes.

Simultanément, les inégalités perdurent dans la sphère privée, les femmes assumant davantage les tâches domestiques et parentales.

Un domaine où les expériences des femmes et des hommes se rapprochent est le comportement sexuel: l'âge du premier rapport se situe aujourd'hui autour de 17 ans et demi pour les deux sexes.

En termes d'espérance de vie, les femmes bénéficient d'un avantage. Cependant, elles passent une partie de ces années supplémentaires avec des maladies, incapacités ou en situation de dépendance.

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #537 le: 15 décembre 2014 à 13:41:51 »
Le site du livre Sœurs volées.
 Sœurs volées, Enquête sur un féminicide au Canada, Emmanuelle Walter, Lux


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Ces assassinats massifs de femmes amérindiennes que le Canada refuse de voir


C’est un drame quasi ignoré, un angle-mort de la société canadienne. Celui des femmes autochtones, qui meurent ou disparaissent, victimes de la vulnérabilité sociale de leur communauté, de la frustration des hommes et de l’héritage colonial. En 30 ans, elles sont 1181 à avoir disparu. Cette histoire, Emmanuelle Walter, une journaliste française installée au Québec, a décidé de la raconter en retraçant le parcours de deux adolescentes disparues en 2008. Dans son livre Sœurs volées, elle décrit la souffrance, la misère et la vulnérabilité des Amérindiennes, et pointe du doigt les tentatives de « destruction » de la communauté autochtone menées pendant plus de 150 ans.

Basta ! : Pourquoi parlez-vous d’un féminicide des Amérindiennes ?

Emmanuelle Walter : Au Canada, 1181 femmes amérindiennes ont disparu entre 1980 et 2012. On a retrouvé les corps de 90% d’entre elles. Proportionnellement, rapporté à la communauté autochtone (4% de la population canadienne), c’est l’équivalent de 8 000 Québécoises, 34 000 Canadiennes ou 55 000 Françaises [1] Ces femmes ont été massivement assassinées parce qu’elles sont des femmes. Et le gouvernement ne reconnaît pas l’ampleur du drame. Ce sont les deux conditions qui doivent être réunies pour pouvoir parler de féminicide, comme l’ont établi des chercheuses à partir des disparitions de Ciudad Juarez, au Mexique, où le néologisme a été inventé.

Une autre manière de percevoir cette réalité est d’écouter le témoignage de Connie Greyeyes, une femme autochtone, que je rapporte dans mon livre. Elle connait directement 11 femmes qui ont été assassinées ou qui ont disparu. Bien sûr, chacun d’entre nous n’en connait pas autant... Mais surtout, cela donne une idée de l’impact sur la communauté autochtone : chaque famille connait quelqu’un à qui cela est arrivé.

Pour documenter cette tragédie, vous racontez l’histoire de jeunes québecoises amérindiennes, Maisy Odjick et Shannon Alexander, disparues en 2008. Comment en êtes-vous arrivée à vous intéresser à ce sujet, et à ces deux adolescentes ?

En arrivant au Québec, il y a quatre ans, j’ai découvert un article qui expliquait que le Comité des Nations unies pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes, souhaitait enquêter sur les assassinats et les disparitions des femmes autochtones, au Canada. Je suis tombée des nues. Je n’imaginais pas cela possible dans ce pays, en avance socialement par rapport aux États-Unis, égalitaire, féministe... Il y avait comme un angle mort, et j’ai essayé d’en savoir plus. J’ai décidé de raconter l’histoire de Maisy et Shannon, deux amies disparues en septembre 2008. J’ai principalement rencontré la famille de Maisy, dont la mère a tout de suite accepté ma proposition. L’avantage de cette famille, c’est qu’elle appartient à la classe moyenne, a deux salaires qui tombent tous les mois. Les Blancs peuvent facilement s’identifier à elle. Mais malgré cette aisance sociale, elle est frappée par la vulnérabilité sociale autochtone, dont la famille de Shanon est encore plus victime.

Les jeunes femmes autochtones sont parfois victimes de réseaux de prostitution, que certains qualifient de « traite »...

Ce fut un des plus grands chocs de l’enquête. Des jeunes filles quittent les réserves où elles vivent pour aller rejoindre les grandes villes. Isolées, hyper-fragiles, elles sont prises en main par les proxénètes à leur arrivée. Ces derniers les attendent parfois à l’aéroport de Montréal, quand elles débarquent. D’après les enquêtes qui ont été menées, les hommes autochtones participent à ces réseaux en informant les proxénètes de l’arrivée des adolescentes ou des jeunes femmes. Elles sont droguées, ou se droguent parce qu’on les a sans doute amenées à se droguer. C’est un cercle vicieux. La nature même du trafic n’a pas encore été totalement mis à jour, mais ce qui est frappant, c’est la surreprésentation de ces femmes autochtones dans ces populations fragiles. Des recherches expliquent que 90% des prostituées juvéniles, mineures, sont autochtones. Or, elles ne sont que 4% dans la population canadienne.

Pourquoi une telle vulnérabilité sociale des jeunes femmes amérindiennes ?

Les jeunes femmes autochtones sont des boucs-émissaires de la frustration sociale des hommes. Elles sont surreprésentées parmi les femmes fragiles du Canada, sans-abri, toxicomanes, prostituées. Elles sont victimes à la fois de violences intracommunautaires et familiales, qui sont probablement majoritaires, mais aussi de la violence extérieure, des prédateurs, de la rue. Mais elles ne sont pas toutes dans cette situation là : on peut très bien mourir ou disparaitre sans être toxico, sans abri, ou prostituée. Maisy et Shannon n’étaient rien de tout ça, mais elles étaient quand même fragiles. Elles vivaient dans la réserve de Kitigan Zibi, un endroit pauvre et violent, comme la grande majorité des femmes autochtones. Cette vulnérabilité sociale s’explique principalement par la colonisation. Ces peuples ont été détruits territorialement, linguistiquement, culturellement et psychiquement. Les hommes meurent aussi beaucoup plus que les non-autochtones, mais pas pas parce qu’ils sont des hommes (plutôt à cause d’histoire de règlements de compte). C’est la grande différence avec les femmes.

Parmi cette histoire passée qui permet d’expliquer le présent, il y a celle, stupéfiante, des pensionnats. Après de nombreuses années de silence, cet épisode de l’histoire canadienne est en train de se dévoiler. De quoi s’agit-il ?

J’ai plongé dans cette histoire en me rendant à des rencontres organisées par la Commission Vérité et réconciliation. Depuis plusieurs années, cette commission est chargée de récolter des témoignages, à travers le pays, sur les pensionnats des congrégations catholiques, majoritairement, et protestantes, qui accueillaient les enfants autochtones afin d’ « ôter l’indien en eux ». C’est l’expression qui était utilisée. J’y ai passé deux jours : je ne m’en remettrai jamais. Des intervenants santé sont là parce que les gens s’effondrent, pas seulement ceux qui parlent. Des boîtes à mouchoirs circulent. Dans ces pensionnats, sous couvert d’éducation, les enfants autochtones étaient empêchés de parler leur langue. On leur passait la langue au savon dès qu’ils prononçaient un mot non-français. On les battait, tous les jours. Certains ont subi des violences sexuelles quotidiennes, notamment de la part des religieux. Ces enfants étaient affamés et on menait des expériences médicales nutritionnelles sur eux. Tout petits, ils se suicidaient, fuguaient, mourraient en s’échappant, parce qu’ils se retrouvaient dans le froid. Quand ils rentraient parfois dans leur famille, l’été, ils ne pouvaient même plus communiquer avec leurs parents car ils ne parlaient plus leur langue. Au total, plus de 150 000 enfants autochtones sont passés par les pensionnats, pendant 150 ans.

Quelles sont les répercussions, aujourd’hui ?

Les pensionnats sont un poison dont les communautés ne sont pas remises. Beaucoup de personnes autochtones sont incapables de s’aimer, de s’occuper de soi et des autres. Cette incapacité se perpétue de génération en génération. C’est ce qu’on appelle le syndrome du pensionnat, documenté et établi scientifiquement. Or, cette histoire n’est pas enseignée : à l’école, mes enfants apprennent la spiritualité amérindienne au 17ème siècle, le commerce entre les peuples, etc. Mais la destruction imposée par les Blancs aux Amérindiens n’est pas au programme. La population n’est pas informée et il y a même un fossé d’incompréhension avec la communauté autochtone, qui s’enfonce et n’arrive pas à s’en sortir. Comment a-t-on pu vivre 400 ans avec ces gens là et n’être toujours pas capable de les comprendre et les aider ? Certains militants de gauche, présents dans toutes les luttes, vont bloquer sur cette question. Ils défendent les droits des Palestiniens, mais pas ceux des Autochtones.

Le gouvernement canadien actuel, lui aussi, refuse de considérer cette tragédie...

Le Premier ministre, Stephen Harper, ferme les yeux. Cet été, suite à la mort d’une jeune autochtone, Tina Fontaine, il a déclaré : « Nous ne devrions pas considérer ceci comme un phénomène sociologique, mais comme un crime. » Il n’a pas envie d’y voir autre chose, ce qui résume parfaitement la pensée conservatrice ! Il ne veut surtout par remettre en cause la légitimité de la présence blanche en Amérique du Nord. Mais les autorités canadiennes tentent tout de même d’agir. De gros budgets sont dédiés à ces communautés. Le problème, c’est que ces programmes d’aide ne fonctionnent pas.

Quelles mesures politiques fortes pourraient être prises pour s’attaquer à ce féminicide ?

Il faut réétudier complètement les relations avec le monde autochtone. En finir avec ce post-colonialisme qui perdure sans fin. Il est aussi nécessaire de comprendre pourquoi les programmes existants ne fonctionnent pas. Pour moi, ils sont des pansements sur une jambe de bois. Le problème ne vient pas des femmes autochtones, mais de la condition autochtone. La misère des communautés fait que les femmes autochtones sont devenues des proies. Le manque de travail, l’absence de foyer d’accueil pour les femmes battues, expliquent ce féminicide. Comment se fait-il que dans ce pays où il y a un consensus social fort, une intégration facile des immigrés, une volonté d’égalité, on n’arrive pas du tout à faire que les Autochtones prospèrent ? C’est une question très délicate car les Autochtones eux-mêmes ne veulent pas être considérés comme « canadiens ». Ils souhaitent être des nations indépendantes qui s’autogèrent. Pourtant, il faudrait discuter avec l’élite autochtone et ses organisations. Mais cela exige un doigté, une réflexion très profonde, qui n’est pas du tout l’apanage du gouvernement actuel.
« Modifié: 15 décembre 2014 à 13:45:55 par raja »

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #538 le: 15 décembre 2014 à 23:03:01 »
Merci pour le partage  :merci:
Lecture instructive ... mais tellement triste  :triste1:
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #539 le: 16 décembre 2014 à 13:09:20 »
Très triste et ça rend super en colère, comme elles ne sont pas blanches c'est passé totalement inaperçu, comme ces femmes noires aux états unis, pays donneur de leçon, qui laisse sa police tuer sans vergogne :fache1: :fache1:

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #540 le: 18 décembre 2014 à 18:05:23 »
Je découvre avec horreur cette affaire...  8| Merci, Raja.  :merci:
Quelle vertu, quel bonheur peut exister dans un pays où une classe d'individus peut dévorer la substance de plusieurs millions d'hommes?
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #541 le: 27 janvier 2015 à 18:04:37 »
Une trés belle ballade virtuelle sur le thème "Immigrées, exilées, femmes en luttes"

http://musea.univ-angers.fr/rubriques/elements/affiche_element.php?ref_element=72

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #542 le: 04 février 2015 à 13:22:13 »


Il y a des expressions et des mots ringards qui ont la vie dure...au JT de FR2 Élise Lucet nous a parlé d'une liaison entre un comparse du dernier Coulibaly (celui de Nice) et une "gendarmette."

Si Louis de Funès était encore en vie, il se retournerait dans sa tombe.
Ou pas.
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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #543 le: 04 février 2015 à 19:19:46 »
C'est hélas une réalité à rappeler :/


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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #544 le: 06 février 2015 à 17:42:20 »
Amandine nous propose cet article sur l'excision et l'adorable tata, qui pour une fois est contente d'un article sur le sujet .

Très long article mais à lire, ça change la perception qu'on a des femmes ayant vécu cette pratique.

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Le discours sur l’excision doit changer


[...]D'ailleurs, je parlai de mon projet d'article à mon amie Tata –elle aussi excisée– et elle me fit part de son agacement vis-à-vis du discours sur l'excision en ces termes:

    «Et pour ma part, je m'en fiche du qu'en dira-t-on sur mon ressenti, de surcroît de la part de personnes qui n'y connaissent absolument rien et sont extérieures à tout ça. Les "moi à ta place" ou les "oh, je sais pas comment j'aurais fait" ou les "toutes les mères qui excisent leur filles sont des bourreaux" ou les "ces sauvages et leurs traditions barbares, on voit où est la modernité, c'est chez nouuuuuuus". En gros tout ces Blanc.he.s qui se la ramènent avec leur morale ethno-centrée visiblement achetée au marché sans essayer de... Non, il n'y a rien à essayer en fait. Quand on est totalement extérieur à un système, on a juste à écouter la parole de celles qui le vivent et/ou l'ont vécu. Et compatir. Et informer. Et dénoncer. Mais pas juger les victimes, leurs ressentis et leurs choix. Jamais. Non, je suis pas en colère, j'en ai juste ma claque des bottes pleines de boue qui viennent salir mon vécu et mon ressenti. Vraiment.»

SUITE DE L'ARTICLE ...

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #545 le: 07 février 2015 à 20:25:43 »
Très belle exposition que celle qui retrace la luttes des femmes


.http://musea.univ-angers.fr/intermediaire.php?ref_element=72


Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Raja :fleur2: :fleur2: :fleur2: :fleur2: :fleur2:

"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #546 le: 07 février 2015 à 21:33:07 »
mais avec plaisir  ::d

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #547 le: 08 février 2015 à 05:45:10 »
Le N° 42  février-mars 2015 de LA BRIQUE balaye tous z'azimuts le sujet Féminismes, y compris dans sa propre boutique...., et comme d'hab il vaut plutôt bien ses 2 € :

http://labrique.net/

(Par ailleurs sur le site dans les N° passés, juillet 2014, voir l'autogestion en Grèce persécutée)

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #548 le: 24 février 2015 à 11:15:45 »
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Graciée après trois ans de prison pour avoir avorté


La grâce accordée par l’Assemblée parlementaire du Salvador à une jeune femme emprisonnée après avoir fait une fausse couche est une victoire de la justice et donne de l’espoir aux seize autres femmes qui sont derrière les barreaux pour des charges similaires, a déclaré Amnesty International.

En 2007, Guadalupe a été condamnée à une peine de prison de 30 ans après avoir été soupçonnée à tort d’avoir mis un terme à sa grossesse. Elle n’avait que 18 ans.

«En prenant cette décision, le Salvador répare une terrible injustice. Guadalupe n’aurait jamais dû être incarcérée. Cette libération est un triomphe de la justice et le résultat du travail acharné des militants locaux des droits humains», a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

«Cette décision doit marquer un tournant s’agissant des lois rétrogrades du Salvador qui sanctionnent les femmes et les jeunes filles souffrant de complications médicales au cours de leur grossesse. Il est temps pour les autorités de réviser les condamnations prononcées contre les femmes incarcérées pour des complications liées à la grossesse et de mettre fin à la criminalisation des femmes et des jeunes filles en abrogeant la loi contre l’avortement.»
Jugées pour homicide

Le Salvador a l’une des lois relatives à l’avortement les plus draconiennes du monde: elle pénalise l’interruption de grossesse en toutes circonstances, même lorsque la vie ou la santé de la femme ou de la jeune fille enceinte est en danger et même en cas de viol. Les femmes et les jeunes filles soupçonnées d’avoir avorté illégalement sont souvent, de manière cruelle et délibérée, inculpées d’homicide, comme ce fut le cas pour Guadalupe.

Les seize autres femmes incarcérées an raison de complications liées à la grossesse ont également sollicité une grâce. L'une d'entre elles est sortie de prison en décembre 2014, après avoir purgé sa peine de 12 ans de prison. Les 15 autres attendent que l’Assemblée parlementaire se prononce sur leur recours dans les mois à venir.

Amnesty International a lancé la campagne «My Body, My Rights» (Mon corps, mes droits) pour que les gouvernements, entre autres, cessent de régenter et de criminaliser la sexualité et la procréation. Tout au long de cette campagne, débutée en 2014 et qui doit se poursuivre cette année, l’organisation s’efforce d’obtenir des changements concrets dans la vie des gens de plusieurs pays, notamment au Salvador. Cette campagne vise à rappeler aux dirigeants du monde leur obligation de respecter, de protéger et de réaliser les droits sexuels et reproductifs.
Informations complémentaires sur Guadalupe

Guadalupe fait partie d’un groupe de dix-sept Salvadoriennes purgeant des peines de 12 à 40 ans de prison pour des complications liées à une grossesse. Les préjugés, les éléments de preuve douteux et l’absence d’assistance juridique efficace figurent parmi les dénominateurs communs des procédures et procès entachés d’irrégularités dont elles ont fait l’objet, qui résultent d’un environnement hostile envers les droits sexuels et reproductifs des femmes. Dans de nombreux cas, elles ont d’abord été accusées d’avortement, puis de meurtre avec circonstances aggravantes, crime passible de peines de prison beaucoup plus lourdes.

La pétition réclamant une grâce pour Guadalupe, a été présentée par l’Association citoyenne pour la dépénalisation de l’avortement, et mettait en avant les préoccupations relatives au respect des garanties prévues par la loi et à l’équité de son procès. L’examen médicolégal effectué à la suite de la fausse couche a conclu que la cause du décès était «indéterminée» et il n’existait aucun élément indiquant qu’elle avait provoqué la mort du fœtus – ce qui suffirait à rendre sa condamnation injuste.

En outre, lorsqu’elle a été conduite dans un hôpital public après la fausse couche, le personnel l’a dénoncée à la police, qui l’a interrogée sans avocat pendant qu’elle recevait encore des soins médicaux. Elle n’a fait l’objet d’aucune évaluation psychologique à l’époque, si bien qu’il était impossible pour le juge d’évaluer son état d’esprit pendant cet interrogatoire.

Le 16 janvier 2015, le Parlement salvadorien a rééxaminé son dossier et refusé de justesse sa libération. Amnesty international s’est mobilisé pour qu’elle obtienne grâce et le 21 janvier, à l’issue d’un nouveau vote, le Parlement lui a cette fois accordé la liberté. Une seule voix a fait basculer la majorité!

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Re : La condition des femmes dans le monde
« Réponse #549 le: 11 mars 2015 à 09:51:53 »
un visionnage très intéressant  :super:


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Artistes femmes,À la force du pinceau

À l’heure où les artistes femmes occupent une place de plus en plus importante dans le milieu de l’art, une lecture au féminin de l’histoire de l’art nous montre que, même entravées par la société, même ignorées par les historiens, d’importantes figures féminines ont pu émerger.

De la Renaissance au début du XXe siècle et de Rome à Paris en passant par Londres, les artistes femmes ont lutté pendant des siècles pour accéder à la reconnaissance, entre petites avancées et longs moments d’exclusion. Il fallait la force d’une Artemisia Gentileschi pour se hisser dans le cercle des grandes peintres de son temps, le talent d’une Angelica Kauffmann pour séduire la cour d’Angleterre et devenir une des fondatrices de la Royal Academy of Arts ou la ténacité d’une Suzanne Valadon pour changer nos représentations du corps féminin. Par leur talent et leur courage, ces femmes ont souvent  gagné l’estime de leurs pairs. Mais l’histoire officielle, considérant l’art au féminin comme mineur, les a largement oubliées. Au fil des tableaux, des styles et des époques, un film sur des femmes exceptionnelles, auxquelles les historiens d'art sont en train de redonner la place qu'elles méritent