Auteur Sujet: Israel et Palestine  (Lu 62274 fois)

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #50 le: 05 juin 2010 à 19:15:39 »
L'armée israélienne vient de prendre le contrôle d'un autre cargo, irlandais celui-ci. Sans violence semble-t'il...

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Des soldats israéliens sont intervenus à bord d'un cargo humanitaire irlandais en route pour Gaza, tandis que Washington jugeait "intenable" le blocus de l'enclave palestinienne qu'Israël a défendu cette semaine en tuant neuf militants sur un bateau turc.

La marine israélienne, dont l'assaut meurtrier de lundi dernier a soulevé un tollé international, a pris le contrôle du cargo Rachel-Corrie sans incident, selon Tsahal.(...)

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...Tandis qu'en France, les manifestations ont connu un certain succès, sans incident grave à déplorer.

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Plusieurs manifestations de soutien aux Palestiniens ou favorables à la paix en Israël ont réuni samedi en France des milliers de personnes qui protestaient contre l'assaut meurtrier lundi d'une flottille à destination de Gaza.

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Paris entre la place de la Bastille et les Invalides autour de la reproduction d'un bateau, et en brandissant des drapeaux turcs et palestiniens.

"Etre solidaire du peuple palestinien n'est en aucune mesure être terroriste", a dit à Reuters Youssef ben Derbal, un Français qui se trouvait sur la flottille.

"Le blocus de Gaza, je pense que c'est même contre-productif pour Israël", a dit Michel Bontemps, de l'Union juive française pour la paix.

Le Parti de gauche a déclaré avoir quitté le cortège pour protester contre le fait que des organisations religieuses aient été autorisées à s'intercaler dans le cortège des organisations politiques.(...)

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Frondiste : Néologisme timburien. Désigne tout élu à la députation remplissant la double condition d'être de gauche et du parti socialiste.

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #51 le: 06 juin 2010 à 10:21:24 »
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Israël: manifestation à Tel-Aviv contre la poursuite de l'occupation

Des milliers d'Israéliens, juifs et arabes, ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv à l'appel d'organisations de gauche contre la poursuite de l'occupation des territoires palestiniens, à l'occasion du 43e anniversaire de leur conquête en 1967.

Plus de 7.000 manifestants ont défilé dans le centre de Tel-Aviv, dénonçant un "gouvernement qui coule Israël au lieu de naviguer vers la paix", en allusion à l'assaut meurtrier de la marine israélienne contre la flottille d'aide venue briser le blocus israélien de Gaza qui a fait neuf morts civils lundi.

Des incidents se sont produits avec un groupe de quelques dizaines de contre-manifestants d'extrême droite: une grenade fumigène a été lancée contre la manifestation de gauche et l'ex-député Uri Avnery a été violemment pris à partie à la fin de la manifestation.

Les orateurs ont appelé à cette occasion à lever le blocus de Gaza et à autoriser les bateaux d'aide internationaux à accoster dans l'enclave palestinienne.

Arborant des drapeaux israéliens et palestiniens, les manifestants ont scandé: "Israël, Palestine, deux Etats pour deux peuples" et "Nous aimons notre pays mais avons honte de son gouvernement".

La manifestation, autorisée par la police et protégée par un important service d'ordre, était organisée par un collectif de mouvements anti-occupation de gauche et d'extrême-gauche, notamment le parti sioniste de gauche Meretz, la liste communiste Hadash et le mouvement anti-colonisation, la Paix Maintenant.

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-06-05/israel-manifestation-a-tel-aviv-contre-la-poursuite-de-l/924/0/463449

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #52 le: 06 juin 2010 à 21:01:20 »
Bon, il y a donc quand même quelques bonnes nouvelles... Même si je doute fort que le message de paix soit entendu  :/
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #53 le: 07 juin 2010 à 22:54:24 »
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Propos anti-Israël: la doyenne des médias à la Maison Blanche démissionne

Helen Thomas, doyenne des correspondants de presse à la Maison Blanche où elle avait commencé à travailler au début du mandat de John F. Kennedy, a démissionné lundi après que ses propos anti-israéliens eurent provoqué polémique et consternation.

A deux mois de son 90e anniversaire, Mme Thomas a annoncé sa décision de prendre immédiatement sa retraite du groupe de journaux Hearst, a fait savoir son employeur.

Quelques heures plus tôt, elle avait présenté ses excuses, dans un communiqué diffusé sur son site HelenThomas.org, pour un entretien qu'elle avait accordé le 27 mai au site RabbiLive.com, qui lui avait demandé si elle avait "des commentaires à faire sur Israël".

Elle avait répondu: "Dites-leur de foutre le camp de la Palestine". "Souvenez-vous que ces gens-là sont occupés et qu'il s'agit de leur terre, que ce n'est pas l'Allemagne ni la Pologne", avait-elle ajouté à propos des Palestiniens.

Les Israéliens "peuvent rentrer chez eux, en Allemagne, en Pologne, en Amérique et n'importe où ailleurs", avait lancé Mme Thomas, qui a travaillé pour l'agence United Press International (UPI) de 1943 à 2000, avant d'être embauchée par Hearst comme éditorialiste.

Mais elle n'a jamais quitté sa place de correspondante à la Maison Blanche, où elle est entrée dans le sillage du président Kennedy, élu en 1960.

En 50 ans, elle aura couvert 10 présidents, dont Barack Obama, né 41 ans jour pour jour après elle et qui lui avait présenté en personne en août dernier un gâteau d'anniversaire à l'occasion de ses 89 ans.

Entourée d'attentions par ses collègues, Mme Thomas, silhouette voûtée et démarche hésitante mais regard toujours perçant, effectuait régulièrement des visites dans la salle de presse de la Maison Blanche, une pièce de 49 places assises très convoitées, toutes attribuées à un organe de presse et dûment étiquetées.

Elle était la seule à posséder un siège à son nom, situé au premier rang, juste devant le podium du porte-parole de la Maison Blanche, un poste actuellement occupé par Robert Gibbs, et ne manquait jamais de lui poser des questions "poil-à-gratter", en particulier sur le maintien des troupes américaines en Afghanistan.

Interrogé lundi sur cette affaire, M. Gibbs a indiqué ne pas avoir "directement parlé" avec le président Obama à ce sujet, mais a estimé que "ces déclarations étaient choquantes et répréhensibles".

"Je pense qu'elle a eu raison de présenter des excuses, parce qu'évidemment ces déclarations ne reflètent certainement pas l'opinion de la plupart des gens ici, et certainement pas celle de l'administration" Obama, a ajouté M. Gibbs.

L'association des correspondants de la Maison Blanche a pour sa part qualifié les propos de Mme Thomas d'"indéfendables", et souligné que les journalistes "qui connaissent Helen depuis des années ont été attristés par ces déclarations", tout en rendant hommage à une "pionnière".
Par Tangi QUEMENER


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Re : Israel et Palestine
« Réponse #54 le: 08 juin 2010 à 00:14:23 »
elle a eut tord de s'ecxuser. A cet age la on doit dire les choses comme on les pense, meme, ou plutot quand ca dérange. Son partron aurait plutot bien fait de lui dire, je vous interdi de démitionner. Mot qui aurait bien fait dans l'histoir. 

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #55 le: 08 juin 2010 à 01:00:28 »
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En 50 ans, elle aura couvert 10 présidents
C'est du propre ! Bill Clinton et JFK, d'accord, mais Nixon et LBJ !
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #56 le: 08 juin 2010 à 10:53:48 »
vous pouvez lire la totatlité de l'entretien sur ce lien : http://www.temoignagechretien.fr/articles/article.aspx?Clef_ARTICLES=1864&Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=1

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Le curé de Gaza témoigne

De passage en France cette semaine, père Manuel Musallam, curé de Gaza de 1995  jusqu’à cette année, témoigne des Intifadas et des opérations israéliennes vécues auprès des Palestiniens. Paroles d’un résistant.

Manuel Musallam est à 72 ans un résistant sans armes. Qui a appris à prôner une paix juste et prêcher l’amour du prochain quand tout incite à la haine. Il est un de ces héros qui a survécu à l’opération israélienne « Plomb durci » l’hiver 2008-2009. Maintenant, il refuse le silence.

De passage en France jusqu’au 10 juin à l’occasion du lancement d’un livre d’entretiens écrit avec Jean-Claude Petit (éd l’Aube, 18 euros) (1), il donne des conférences où il évoque les souffrances et la lutte de son peuple. Le 28 mai, il a donné une conférence de presse à Paris devant des journalistes. Nous l’avons écouté.

« Gaza est toujours sous la pression d’un crime contre l’humanité. C’est un crime de guerre qui dure depuis des années », dit-il d’emblée en évoquant la politique israélienne à l’égard de Gaza avec les bouclages et les opérations militaires.

Ainsi « Plomb durci » en décembre 2008-janvier 2009 qui a causé la mort d’environ 1500 Palestiniens dont plusieurs centaines d’enfants. « C’était comme n’importe quelle attaque israélienne avec des chars, des bombardiers et des soldats. Mais au lieu de durer un jour, elle a continué pendant 22 jours. C’était terrible ! »

Manuel Musallam évoque avec beaucoup d’émotion la terreur vécue par les enfants. Directeur de l’Ecole de la Sainte-Famille, il a accueilli et aidé des écoliers et leurs familles tout au long de l’opération et pendant les mois difficiles qui ont suivi.

« Les enfants étaient … comment vous dire … étourdis. Ils ne jouaient plus, ils ne parlaient plus, ils étaient tous malades. Je ne les avais jamais vus comme ça. Pendant la journée, quand les bombardements avaient cessé, ils venaient à l’école, s’installaient à leur place, et ne bougeaient que pour aller aux toilettes. Certains avaient vu des membres de leurs familles se faire massacrer. D’autres avaient vu leur maison s’effondrer. C’est à ces enfants-là qu’on va essayer de dire que la paix est possible. Mais la paix ne peut pas pénétrer leurs cœurs. Ils sont nourris par la haine. »

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #57 le: 10 juin 2010 à 14:54:01 »
Dans l'abject, difficile de faire mieux !

Flottille : Israël fait la promotion d’un clip satirique
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Le gouvernement israélien a été pressé de s'expliquer après avoir partagé une vidéo israélienne parodiant le titre "We are the world" et raillant les passagers de la flottille.

Le gouvernement israélien a contribué à la diffusion d’un clip réalisé par le site internet hébreux LamaTV moquant les passagers de la flottille de Gaza interceptée le 31 mai dernier en causant la mort de 9 personnes.

Le journal britannique The Guardian a révélé dimanche 6 juin que l’adresse de la vidéo a été envoyée à des journalistes étrangers par le service de presse du gouvernement.

Le clip reprend la chanson caritative de 1985 écrite par Michael Jackson et Lionel Richie "We are the world" détournée en "We con the world" ("On entube le monde") avec certains passages en langue arabe.

Une vidéo "amusante" et "fantastique" selon Israël

Des Israéliens déguisés avec casquette de capitaine de bateau et kéfiés brandissent couteaux et bâtons en chantant "Nous sommes des voyageurs pacifistes et nous ferons croire que l’IDF (les forces israéliennes) sont Jack l’éventreur".

Mark Regev, porte-parole du gouvernement, dont les propos sont rapportés par The Guardian, explique que la vidéo reflète le sentiment des Israéliens à propos de l’incident du 31 mai et qu’il l’a trouvé amusante.

De son côté, le responsable du service de presse Danny Seaman confesse que l’envoi de cette vidéo à des journalistes a été une erreur. Il ajoute que la séquence n'a aucun lien avec la vision officielle de l’Etat hébreux bien qu'il la trouve lui aussi "fantastique".


<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdkaij" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xdkaij</a>
source et traduction du clip


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Re : Israel et Palestine
« Réponse #58 le: 10 juin 2010 à 16:00:40 »
Cette vidéo est à chier, tout d’abord ils devraient apprendre à chanter juste,ça c’est pour la forme et sur le fond,la mort de 9 personnes n’a rien de " fantastique "le gouvernement israélien se fout de la gueule du monde,ne doute de rien, pour moi il restera toujours un tueur d’enfants,il ferait mieux de fermer sa sale gu.... ! :fache1:
« Modifié: 10 juin 2010 à 16:03:30 par bili »
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #59 le: 10 juin 2010 à 16:25:52 »
Whoaoh... Ca met les jetons leur clip de ???
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #60 le: 11 juin 2010 à 12:35:39 »
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La véritable menace à bord de la Flottille de la Liberté (In These Times)

La Flottille de la Liberté défiait la politique israélienne qui consiste à saboter toute solution au conflt Arabo-israélien basée sur des décisions et accords internationaux et devait donc être écrasée.

L’attaque violente d’Israël contre la Flotille qui transportait de l’aide humanitaire à Gaza a choqué le monde entier.

Le détournement de navires dans les eaux internationales et l’assassinat de passagers constituent, bien sûr, un crime.

Mais le crime n’a rien de nouveau. Depuis des décennies, Israël détourne des bateaux entre Chypre et le Liban et tue ou enlève des passagers, et parfois les retient en otage dans des prisons israéliennes.

Israël présume qu’il peut commettre impunément de tels crimes parce que les Etats-Unis les tolèrent et que l’Europe en général leur emboite le pas.

Comme l’a fait remarquer le quotidien (britannique) The Guardian du 1er juin (2010), « Si un groupe armé de pirates somaliens avait accosté hier six navires en pleine mer, tuant au moins 10 passagers et en blessant beaucoup plus, une force d’intervention de l’OTAN se dirigerait dés aujoud’hui vers les côtes de la Somalie. » Dans ce cas, le traité de l’OTAN oblige ses membres à porter secours à un pays membre – la Turquie – attaqué en pleine mer.

Le prétexte avancé par Israël était que la Flotille transportait du matériel que le Hamas pouvait employer pour construire des bunkers pour tirer des roquettes sur Israël.

Ce prétexte n’est pas crédible. Israël peut facilement faire cesser la menace des roquettes par des moyens pacifiques.

Le contexte est important. Hamas a été désigné comme une menace terroriste importante lorsqu’il a remporté les élections libres en janvier 2006. Les Etats-Unis et Israël ont sévèrement renforcé leurs mesures punitives contre les Palestiniens, cette fois-ci pour avoir commis le crime de mal voter.

Le résultat fut le siège de Gaza, qui comprend un blocus naval. Le siège fut nettement durci en juin 2007 après une guerre civile qui a vu le Hamas prendre le contrôle du territoire.

Ce qui est communément décrit comme un coup d’état militaire du Hamas fut en réalité provoqué par les Etats-Unis et Israël qui ont ouvertement tenté d’inverser le résultat des élections remportées par le Hamas.

Ceci est connu depuis au moins le mois d’avril 2008, lorsque David Rose a révélé dans (le magazine) Vanity Fair que George W. Bush, le Conseiller en Sécurité Nationale Condoleeza Rice et son adjoint, Elliot Abrams (*), « ont soutenu une force armée sous les ordres de l’homme fort du Fatah Muhammad Dahlan, déclenchant ainsi une guerre civile sanglante à Gaza d’où le Hamas est sorti renforcé. »

Le terrorisme du Hamas comprenait des tirs de roquettes sur les villages israéliens avoisinants – un acte criminel sans aucun doute, mais un acte qui ne représente qu’une infime fraction des crimes couramment commis par les Etats-Unis et Israël à Gaza.

Au mois de juin 2008, Israël et le Hamas ont conclu un cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a formellement reconnu que le Hamas n’a plus tiré une seule roquette avant qu’Israël ne viole le cessez-le-feu le 4 novembre de la même année pour envahir Gaza et tuer une demi-douzaine de militants du Hamas.

Le Hamas a offert un nouveau cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a examiné l’offre et l’a rejeté, préférant lancer une invasion meurtrière sur Gaza, le 27 décembre.

Comme pour tous les autres états, Israël a le droit de se défendre. Mais Israël avait-il le droit d’employer la force dans Gaza au nom de son autodéfense ? Le Droit International, dont la Charte des Nations Unies, ne laisse aucun doute : un état a ce droit uniquement lorsqu’il a épuisé tous les moyens pacifiques. Dans ce cas précis, les moyens pacifiques n’ont même pas été tentés, malgré – ou peut-être à cause de – les bonnes chances d’aboutir.

Ainsi, l’invasion fut littéralement un acte d’agression criminel, et il en est de même pour l’attaque de la Flotille.

Le siège contre Gaza est cruel et son but est de maintenir les animaux en cage en état de survie, juste de quoi éviter les protestations internationales, mais guère plus. C’est le dernier volet d’un plan israélien à long terme, appuyé par les Etats-Unis, pour séparer Gaza de la Cisjordanie.

La journaliste israélienne Amira Hass, éminente spécialiste de Gaza, décrit les grandes lignes du processus de séparation. « Les restrictions imposées au mouvement palestinien qui ont été mises en place par Israël en janvier 1991 ont renversé un processus initié en juin 1967.

« A cette époque, et pour la première fois depuis 1948, une large portion du peuple palestinien vivait à nouveau sur le territoire en un seul morceau d’un seul pays – un pays occupé, certes, mais entier... »

Hass conclut : « La séparation totale de la bande de Gaza de la Cisjordanie est une des plus grandes réussites de la politique israélienne, dont l’objectif ultime est d’empêcher toute solution basée sur des décisions et accords internationaux et d’imposer un accord basé sur la supériorité militaire d’Israël. »

La Flottille défiait cette politique et devait donc être écrasée.

Un cadre pour résoudre le conflit Arabo-israélien existe depuis 1976, lorsque les états arabes de la région ont présenté une résolution au Conseil de Sécurité qui appelait à la création de deux états le long des frontières internationales, en incluant toutes les garanties de sécurité exigées par la Résolution 242 de l’ONU qui fut adoptée après la guerre de juin 1967.

Ses principes les importants sont soutenus par pratiquement le monde entier, y compris par la Ligue Arabe, l’Organisation des Etats Islamiques (dont l’Iran) et les organisations non étatiques concernées, dont le Hamas.

Mais depuis trente ans les Etats-Unis et Israël ont toujours rejeté cet accord, à une exception prés qui est révélatrice et mérite d’être notée. En janvier 2001, au cours de son dernier mois du mandat, Bill Clinton a initié des négociations israélo-palestiniennes à Taba, Egypte, qui étaient sur le point d’aboutir, selon les participants, lorsqu’Israël a décidé de rompre les négociations.

Aujourd’hui encore, les conséquences de cet échec se font cruellement sentir.

Le Droit International ne peut pas être imposé aux états puissants, sauf par leurs propres citoyens. C’est toujours une tâche difficile, surtout lorsque l’opinion qui se fait entendre déclare que le crime est légitime, soit explicitement soit en instaurant tacitement un cadre criminel – ce qui est plus insidieux et rend les crimes invisibles.

Noam Chomsky

http://www.legrandsoir.info/La-veritable-menace-a-bord-de-la-Flottille-de-la-Liberte-In-These-Times.html

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #61 le: 11 juin 2010 à 13:33:35 »
C'est un peu glauque, mais plus ça va plus je me demande si Gaza n'est pas une sorte de "test éprouvette" pour voir jusqu'où l'insupportable peut être supporté (voir soutenu), et par les populations qui en sont directement victime, et par la communauté internationale. :aille:
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #62 le: 11 juin 2010 à 14:52:05 »
ne pas oublier les enjeux géo-politiques dont malheureusement les palestiniens font encore les frais...

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Flottille de la liberté : le détail que Netanyahu ignorait
par Thierry Meyssan*

Comme souvent face à des enjeux importants, la presse distrait le public des vraies questions. Le traitement de l’attaque israélienne contre la Flottille de la liberté en est un nouvel exemple. Les grands médias cherchent à dire qui sont les bons et les méchants, pas à expliquer le rapport de force.
Thierry Meyssan analyse ici les vraies motivations de Tel-Aviv et d’Ankara, et dévoile le détail qui a transformé le coup de force israélien en désastre diplomatique.

   


6 juin 2010

Depuis
Beyrouth (Liban)
      


Recep Tayyip Erdo?an s’est rendu au chevet de chaque blessé à l’hôpital Atatütk. Ici, le militant turco-irlandais El Mehdi El Hamid El Hamdi l’embrasse sur le front pour le remercier de son action. Le Premier ministre, qu’Israël croyait déstabiliser, est le vainqueur de cette première épreuve de force.

Une semaine après l’attaque en haute mer d’un convoi humanitaire maritime par les troupes israéliennes de quels éléments nouveaux dispose t-on et quelles premières conclusions peut-on établir ?

Avant de répondre à cette double question, il convient de balayer le blabla médiatique qui obscurcit le sujet.

En premier lieu, la Flottille de la liberté n’entendait pas simplement apporter du secours matériel aux Gazaouites, mais aussi briser le blocus [1]. Cette donnée, après avoir été occultée durant deux jours, a soudain été ajoutée à l’argumentaire des porte-parole israéliens. Ceux-ci ont alors accusé les humanitaires d’être des crypto-politiques, bien que les associations aient toujours revendiqué palier à l’impuissance des Etats à faire respecter le droit international et humanitaire. Les militants embarqués sur la Flottille étaient des citoyens du monde venus appliquer la résolution 1860 des Nations Unies.
Les porte-parole israéliens ont reproché aux humanitaires d’avoir opposé une résistance aux soldats et d’avoir même utilisé des armes contre eux. Cela montrerait qu’il s’agissait en réalité de « terroristes ». Pour appuyer ce raisonnement, le ministère des Affaires étrangères a diffusé diverses photos de couteaux et d’armes par destination saisis sur le Mavi Marmara [2]. Or, les données EXIF de ces photos montrent que la plupart sont anciennes et ont été prises en d’autres circonstances [3]. Il s’agit là d’une technique classique de propagande, pendant que l’on discute de la véracité des photos, on masque que, au regard du droit international, non seulement la poursuite du blocus est illégale, mais Israël, puissance occupante a le devoir de veiller à l’acheminement de l’aide humanitaire. En outre, l’attaque de la flottille en eaux internationales étant illégale, les passagers avaient le droit de se rebeller, pourvu qu’ils aient —eux— un usage « proportionné de la force », ce qui fut le cas.

En second lieu, en termes de sécurité, Israël n’avait que faire de laisser passer cette flottille. Elle n’apportait pas d’armes à la Résistance palestinienne, uniquement de l’aide à la population. Certes, Tel-Aviv a imposé un embargo qui constitue, selon les termes du rapporteur des Nations Unies, « une punition collective », mais même au regard de cette punition imposée à 1,5 million de Gazaouites, 10 000 tonnes de marchandises ne représentent pas un enjeu significatif (cela fait moins de 7 kilos par habitant, ce n’est pas avec cela que l’on reconstruit sa maison et que l’on nourrit sa famille). Israël a d’ailleurs déjà laissé passer des convois terrestres et un convoi maritime, et il s’est engagé cette semaine à acheminer l’aide transportée par le cargo Rachel Corrie.
L’objectif israélien, ainsi que je l’ai indiqué dans ces colonnes dès le premier jour, était de « casser la crédibilité de la Turquie », au moment où elle se rapproche de la Syrie et de l’Iran –ou, de manière plus précise, de faire tomber le gouvernement Erdo?an— et de « revendiquer le leadership du mouvement sioniste en montrant que Tel-Aviv décide et Washington entérine » [4].

Les stratégies respectives


Conférence de presse du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davuto?lu, à l’issue de la réunion du Conseil de sécurité.

Ce neuvième convoi du collectif associatif a été encouragé par Ankara pour démontrer l’illégalité du blocus.

Lors de sa conférence de presse à New York, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davuto?lu, a indiqué que son gouvernement avait multiplié les contacts préalables avec son homologue israélien pour l’informer du convoi et lui demander de laisser le passage ouvert.

Autant que l’on puisse savoir, Ankara avait envisagé trois scénarios :
- 1. Israël laisse passer le convoi qui est accueilli en fanfare par les Gazaouites. Dans ce cas, la Turquie démontre que, contrairement à la plupart des gouvernements arabes, elle est indépendante et ne se plie pas aux injonctions de Tel-Aviv.
- 2. Israël déroute le convoi et le fait accoster à Ashdod/Isdud. Les marchandises et les humanitaires rejoignent Gaza par la route où ils sont accueillis en fanfare. Tel-Aviv garde la tête haute, et le bénéfice politique est moindre pour Ankara.
- 3. Israël sabote la flottille ou l’arraisonne. Dans ce cas, Ankara internationalise l’incident et en profite pour remettre en cause la continuation du blocus. C’est le meilleur scénario, politiquement parlant.

Le gouvernement israélien a cru disposer d’une autre option : montrer à l’état-major turc que si le gouvernement civil vient aider les Palestiniens, Tel-Aviv peut en retour agiter les séparatistes kurdes ; et montrer une fois de plus, qu’adossé aux Etats-Unis, Israël est au dessus du droit international. Bref, le gouvernement Netanyahu pensait possible de pousser les militaires turcs à perpétrer un cinquième coup d’Etat.

Dans cette optique, le tandem Netanyahu-Barak a commandité à des mercenaires kurdes une attaque terroriste contre la base militaire navale d’?skenderun (au sud de la Turquie). Elle a été réalisée le 31 mai peu après 0 heures. Des roquettes ont été tirées lors de la relève la garde, tuant 7 soldats [5].

Par ailleurs, le gouvernement israélien s’est assuré d’être couvert par Washington [6]. Ainsi que l’a fait remarquer le leader libyen Mouamar Khadafi [7], il est impensable que les forces israéliennes aient lancé une opération de piraterie en Méditerranée sans en informer à l’avance la VIe flotte états-unienne, chargée de combattre la piraterie et le terrorisme dans cette zone, avec laquelle elles travaillent habituellement. L’idée était de saisir les marchandises et de les acheminer à Gaza pour montrer sa bonne foi, tout en arrêtant les militants et en les accusant de liens avec le « djihadisme » pour discréditer le gouvernement démocrate-musulman de l’AKP.

L’abordage de la flottille pouvait avoir lieu soit de nuit en haute mer, soit de jour dans les eaux palestiniennes. Le gouvernement israélien a choisi la première option de sorte que l’assaut ne soit pas commenté en direct sur les chaînes de télévision satellitaires par la soixantaine de journalistes embarqués par les associations. L’ordre a été donné au moment où se terminait l’attaque de la base navale d’?skenderun.

De fait, Israël a bien été couvert par les Etats-Unis, qui (avec la France) se sont efforcés d’empêcher toute décision contraignante du Conseil de sécurité. A l’issue d’une interminable session, celui-ci a accouché d’une indigente déclaration présidentielle [8]. On peut y lire une litanie de vœux pieux sur la libération des prisonniers, l’aide humanitaire aux Gazaouites, et la création d’un Etat palestinien.
En coulisses, le Conseil était divisé sur un point juridique particulier, que nous détaillerons dans un instant. Il s’est montré impuissant à clarifier lui-même les faits : au lieu de créer une Commission d’enquête, il s’est limité à demander « qu’il soit procédé [éventuellement par Israël] à une enquête prompte, impartiale, crédible et transparente, dans le respect des normes internationales ».

Certes, la Commission des droits de l’homme de l’ONU a, quant à elle, institué une mission pour établir les faits, mais sa compétence est limitée [9]. Au demeurant, Israël s’en moque comme il s’est moqué de la mission Desmond Tutu sur les crimes commis à Jenine, ou de la mission Richard Goldstone sur les bombardements de Gaza.

La confusion des territoires

Alors que les agences de presse avaient évoqué 16 morts, le bilan réel serait de 9 tués, sous réserve que les blessés graves ne succombent pas ultérieurement de leurs blessures. Selon la télévision publique turque, les commandos israéliens avaient une liste de personnes à éliminer, mais la résistance des passagers ayant perturbé le plan, seul le poète Raed Salah a été atteint. Il est probable qu’au moment de donner l’ordre de l’assaut, le gouvernement Netanyahu savait que le Mavi Marmara avait été enregistré aux Comores. Les commandos croyaient donc commettre des violences en territoire comorien.
Or, les organisateurs, politiquement soutenus par les autorités turques, avaient hissé le pavillon turc et non celui des Comores. En outre, ils avaient déployé un gigantesque drapeau turc sur le flanc du cargo. Selon la jurisprudence de la Cour permanente de Justice de La Haye [10], le bateau n’était donc pas territoire comorien, mais turc. Il avait d’ailleurs déjà changé de nationalité lorsqu’il avait rejoint le reste de la flottille et la République de Chypre lui avait refusé le mouillage à cause de cela.

Tous les débats sur l’échec du renseignement israélien ne portent que sur cela : comment le Mossad a-il pu ignorer le changement de nationalité du cargo ?
Toutes les déclarations gênées de chancelleries, à Washington, à Paris et ailleurs, demandant que les faits soient établis avant qu’elles ne se prononcent sur les conséquences juridiques, portent sur ce point jamais énoncé : au moment de l’assaut, le Mavi Marmara était-il territoire comorien ou turc ?

La réponse à la question est de la plus haute importance. En effet, la Turquie est membre de l’OTAN et l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord stipule :
« Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. »

Juste avant que ne se réunisse le Conseil atlantique, la Justice turque a procédé à un nouveau coup de filet pour arrêter des personnalités accusées d’avoir fomenté un complot contre le gouvernement constitutionnel. Parmi les suspects figure l’ancien ministre de la Justice, Seyfi Oktay. Ils auraient appartenu au réseau Ergenekon, version locale actuelle du Gladio… c’est-à-dire des services secrets de l’OTAN.

La symbolique de ces arrestations est renforcée par la campagne conduite depuis deux ans par les partisans de l’AKP dans les médias. A coup de fictions télévisées et de films de cinéma, ils ne cessent de vulgariser la manière dont les services secrets de l’OTAN organisèrent quatre coups d’Etat militaires successifs dans le pays. Ils ne cessent d’expliquer que les Anglo-Saxons jouent un double jeu, alliés de façade, ils ont alimenté les problèmes kurde, arménien et chypriote pour affaiblir le pays.

A l’issue d’une longue et pénible réunion à huis clos, le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen, a lu une déclaration d’une phrase : « J’exige la libération immédiate des civils ainsi que des navires retenus par Israël » [11].

Bien sûr, personne n’a jamais envisagé que l’OTAN contraindrait Israël par la force, mais c’est bien là que se trouve le moyen de pression : pour préserver l’Alliance, les Etats-Unis devaient résoudre le conflit à l’amiable.

24 heures exactement après la déclaration de M. Rasmussen, le porte parole de l’administration pénitenciaire israélienne annonçait avoir libéré tous les prisonniers étrangers (il conserve en détention ses propres ressortissants impliqués) et être en cours de les acheminer vers leur Etat d’origine ou un Etat d’accueil.

Ce rebondissement révèle un problème inattendu. L’Alliance atlantique, a été constituée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec les Etats ressortissant de leur zone d’influence post-Yalta. Ils en étaient les maîtres et les autres membres étaient soumis à leur commandement. Hormis la parenthèse gaullienne, aucun membre n’a osé remettre en cause ce fonctionnement. Or, la Turquie, signe de sa montée en puissance, vient d’utiliser le Traité de l’Atlantique Nord pour forcer la main aux Etats-Unis.

Le tête-à-tête Erdo?an-Peres continue

En menottant et en tabassant leurs prisonniers, les commandos israéliens hurlaient en riant « One minute ! », « One minute ! ». Ce gimmick fait référence à l’algarade ayant opposé le Premier ministre Recep Tayyip Erdo?an au président Shimon Peres, lors du forum économique de Davos.


Cette provocation verbale a enflammé l’opinion publique turque qui s’estime insultée à travers son Premier ministre. Du coup, elle ne se contente pas d’approuver la réaction de M. Erdo?an, mais elle le pousse à en faire plus sur la scène internationale, ainsi que le montrent les derniers sondages.

C’est pourquoi le Parlement turc a adopté une résolution très offensive qui enjoint le gouvernement de « reconsidérer [les] relations politiques, militaires et économiques avec Israël et [de] prendre les mesures efficaces appropriées » [12].

Le ministère de la Justice a formé un groupe de travail pour examiner tous les recours juridiques en droit interne et international. Il s’appuie notamment sur le mémoire d’une association de juristes londoniens, que nous avons intégralement publié en anglais. [13].

Le parquet d’Istanbul-Bak?rköy a ouvert une enquête [14]. Il a déjà fait procéder aux autopsies médico-légales et aux auditions des protagonistes turcs. Il pourrait inculper rapidement Benjamin Netanyahu et les généraux Ehud Barak et Gabi Ashkenasi pour piraterie, coups et blessures, meurtres, enlèvement et séquestration arbitraire.
Cependant, selon les éléments rassemblés, le procureur pourrait requalifier les faits en crime contre l’humanité. Dans ce cas, les prévenus ne pourraient plus voyager librement sans risquer l’interpellation.

Affirmer le leadership du mouvement sioniste

Si l’on se réfère aux communiqués et points de presse de la Maison-Blanche relatifs aux conversations téléphoniques successives entre le président Obama et le Premier ministre Natanyahu, les Israéliens étaient initialement fiers de leur coup. M. Netanyahu appelle d’abord le président Obama pour s’excuser de ne pouvoir honorer son invitation compte tenu des évènements qui l’obligent à retourner d’urgence à Tel-Aviv. Lors de la seconde conversation, M. Netanyahu raconte sa version des faits, c’est-à-dire qu’il place le président Obama devant le fait accompli. Si les Etats-Unis avaient autorisé l’arraisonnement, ils ne s’attendaient pas à ce carnage. La troisième conversation porte sur la manière de torpiller la réunion du Conseil de sécurité, c’est-à-dire que les Israéliens dictent leur feuille de route aux Etats-uniens.

La tonalité change lorsqu’on en arrive à la saisine du Conseil atlantique. M. Netanyahu devient difficile à joindre, tandis que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton doit affronter son homologue turc, venu la harceler. Elle cherche un bouc émissaire et demande au général Ehud Barack de trouver une solution en faisant porter la responsabilité sur un subalterne, mais celui-ci refuse de faire sauter des fusibles. Non seulement il ne se désolidarise pas du commando qui a effectué le raid, mais il prend la défense de ses soldats et ira même leur rendre visite.

En définitive, les Israéliens doivent libérer leurs prisonniers. Ils ont imposé la situation, mais se sont fait imposer le dénouement.

Un problème supplémentaire surgit avec le décès de Furkan Do?an. Le jeune homme était double national turco-états-unien. Il s’ensuit que sa famille peut poursuivre l’Etat d’Israël pour meurtre devant les juridictions américaines.


Funérailles de Furkan Do?an. Sur les pancartes, on peut lire « Notre honneur, notre martyr ».

Premières conclusions

Au final, le gouvernement israélien a échoué sur ses deux objectifs.

La Turquie sort renforcée de cet affrontement, et avec elle le triangle qu’elle forme avec ses alliés syrien et iranien. Au passage, elle a acquis plusieurs cartes. La Justice turque va juger par contumace les ministres et généraux israéliens pour les crimes commis. La mission d’investigation de la Commission des droits de l’homme va ternir un peu plus l’image d’Israël.

Surtout, la Turquie peut jouer une seconde partie. Selon nos informations, Ankara a informé le département d’Etat que M. Erdo?an envisage de briser personnellement le blocus de Gaza, comme François Mitterrand brisa en son temps le siège de Sarajevo [15]. Il pourrait embarquer sur une flotte humanitaire affrétée par des associations et politiquement soutenue par des gouvernements, dont l’Iran, la Syrie et le Venezuela. Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, a déjà appelé tous les Libanais à participer à de nouvelles initiatives. Un appel pourrait être lancé aux marins de la Méditerranée, de sorte que des centaines de bâtiments de plaisance s’y joindraient. Le tout serait escorté par la marine de guerre turque… membre de l’OTAN.
Cette perspective a effrayé Washington qui se trouve soudain une ardeur nouvelle pour convaincre Tel-Aviv de lever le blocus.

Par ailleurs, le prestige acquis par la Turquie au cours de cette opération met en relief la collaboration de certains gouvernements arabes avec Israël, particulièrement celui d’Hosni Moubarak.
Ce dernier a en effet activement collaboré au siège de Gaza afin d’empêcher le contact entre le Hamas palestinien et les Frères musulmans égyptiens. Le Caire n’a pas hésité à construire un mur d’acier avec l’argent des Etats-Unis et le savoir-faire de la France pour emmurer 1,5 million de Gazaouites [16]. Et l’on se souvient de la réponse du ministre des Affaires étrangères Ali Aboul Gheit à qui l’on demandait ce qu’il ferait des femmes et des enfants affamés qui tentaient de passer la frontière. Il répliqua : « Qu’ils essayent, nous leur briserons les jambes ! ».
Du coup, le sang des victimes du Marmara rejaillit sur le gouvernement Moubarak et Alexandrie est au bord du soulèvement. Pour lâcher un peu de lest, le gouvernement égyptien a donc décidé d’entrouvrir temporairement la frontière.

Avant de jouer dans la cour des grands, la Turquie a probablement assuré ses arrières. Notre hypothèse, qui s’appuie sur l’interview de diplomates, est qu’elle a reçu des garanties de la Russie lors du voyage de Dmitry Medvedev au Proche-Orient. Ce scénario semble corroboré par la soudaine annonce de la venue à Ankara, le 8 juin, du Premier ministre Vladimir Poutine pour participer à un sommet auquel il n’était jusque là pas attendu. Il y rencontrera notamment le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président syrien Bachar el-Assad (qui n’est pourtant pas membre de ce forum, mais vient soudain d’être invité en observateur). La délégation israélienne qui était inscrite renoncera probablement à venir : tout officiel de haut niveau serait à la merci du procureur d’Istanbul-Bak?rköy. Celui-ci pourrait inopinément qualifier les faits de crimes contre l’humanité et faire arrêter les officiels.
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   Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).



[1] « Par la piraterie, Israël se dévoile aux yeux du monde », entretien de Silvia Cattori avec Hazem Jamjoum, Réseau Voltaire, 4 juin 2010.

[2] « Weapons found aboard the Mavi Marmara », par Israel MFA, Flickr, 2 juin 2010.

[3] « Les preuves truquées d’Israël contre "Free Gaza" : des photos prises en 2006 et 2003 ? », par Aragorn, Agoravox, 3 juin 2010.

[4] « Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 mai 2010.

[5] « Israël a t-il mené deux opérations militaires contre la Turquie ? », Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[6] « L’OTAN ne pouvait pas ne pas être au courant », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[7] « Message de Mouammar Kadhafi à Barack Obama », Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[8] « Déclaration du Président du Conseil de sécurité de l’ONU », Réseau Voltaire, 1er juin 2010.

[9] « Résolution du Conseil des Droits de l’homme des Nations unies », Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[10] S.S. Lotus Case (Fr. v. Turk.), 1927 P.C.IJ. (ser. A) No. 9, at 25.

[11] « L’OTAN exige la libération de la Flottille de la liberté », Réseau Voltaire, 1er juin 2010.

[12] « Résolution du Parlement turc », Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[13] « The Attack on the Gaza Freedom Flotilla and International Law », par Lawyers for Palestinian Human Rights, Voltaire Network, 6 juin 2010.

[14] « Ouverture d’une enquête pénale à Istanbul contre les pirates israéliens », Réseau Voltaire, 5 juin 2010.

[15] Le 27 et 28 juin 1992, le président français, François Mitterrand franchit en hélicoptère la ligne de front et brise le siège de Sarajevo.

[16] « Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation », Réseau Voltaire, 26 décembre 2009.
« Modifié: 11 juin 2010 à 15:03:39 par TYGER »
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #63 le: 18 juin 2010 à 12:12:09 »
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Lettre ouverte à Bernard-Henri Lévy

S’élever contre la diabolisation d’Israël ne doit pas vous empêcher de voir ce qui a fait de Gaza une région de réfugiés désespérés et vous faire nier les effets tragiques du blocus, écrit Gidéon Lévy dans Ha’Aretz.

Cher Bernard-Henri Lévy,

Nous ne nous connaissons malheureusement pas. Nous nous sommes brièvement croisés dans les décombres fumants de Gori pendant la guerre de Géorgie. Vous y avez fait un passage éclair et, comme d’habitude, vous avez attiré l’attention, là comme dans d’autres zones de conflit où vous vous êtes rendu.
J’admire profondément les intellectuels de votre stature, qui se font fort de visiter les champs de bataille et de faire entendre leur voix. Votre tentative de protéger Israël, dont témoignait votre article publié le 8 juin dans Ha’Aretz (“Il est temps de cesser de diaboliser Israël”), a fait plaisir à beaucoup d’Israéliens, qui avaient grand besoin que quelqu’un dise un peu de bien de leur pays, chose rare par les temps qui courent.
Je ne gâcherai pas leur plaisir. Mais, au nom de votre appel à mettre un terme à la désinformation, je souhaiterais attirer votre attention sur des informations qui ont peut-être échappé à votre mémoire. On pourrait se risquer à penser que, dans votre jeune temps, vous auriez été l’un des membres de la flottille. A cette époque, un blocus de plus de quatre ans imposé à 1,5 million d’individus aurait éveillé en vous un impératif moral vous poussant à vous joindre à la contestation. Mais, aujourd’hui, pour vous comme pour la plupart des Israéliens, il n’y a pas de blocus de Gaza. En parler relève pour vous de la “désinformation”.
Au fait, puisque vous étiez sur place, pourquoi n’en avez-vous pas profité pour faire un saut à Gaza, à l’instar de votre ami Mario Vargas Llosa, pour voir de vos propres yeux s’il y avait ou non un blocus ? Les médecins de l’hôpital Shifa [à Gaza], par exemple, vous auraient parlé de leurs patients qui décèdent à cause du “non-blocus”. Certes, personne ne meurt de faim. Pourtant, l’association Gisha pour la liberté de mouvement a publié cette semaine un rapport expliquant qu’Israël autorise l’importation de 97 produits à Gaza, contre 4 000 avant le siège. Vous n’appelez pas cela un blocus ?
Un grand supermarché israélien propose 10 000 à 15 000 articles ; à Paris, il y en a sûrement plus encore. Pourtant, Gaza n’a droit qu’à 97 produits. S’il est quelqu’un dont on aurait attendu davantage de compréhension à l’égard des besoins gastronomiques, c’est bien le bon vivant raffiné que vous êtes. Vous dites, comme si vous vous faisiez le porte-parole de Tsahal, qu’Israël laisse entrer 100 à 125 camions par jour à Gaza. Une centaine de camions pour 1,5 million de gens : ne s’agit-il pas là d’un “siège impitoyable”, comme l’écrivait [Laurent Joffrin dans] le journal Libération, contre lequel vous vous élevez ?
8O % des habitants de Gaza vivent de l’aide humanitaire ; 90 % des usines de Gaza sont fermées ou tournent au ralenti. Vraiment, Bernard-Henri Lévy, ne sommes-nous pas là face à un blocus ? Ne devrait-on pas s’attendre que, plus que tout autre, un grand intellectuel comme vous sache que les gens, y compris les Gazaouis, ont besoin d’autre chose que de pain et d’eau ? Mais oublions les statistiques car, après tout, les philosophes ne s’encombrent pas de chiffres. Vous écrivez qu’Israël a été accusé “jusqu’à la nausée” d’être responsable de ce blocus – tiens, voilà que maintenant vous parlez de blocus ? –, imposé autant par Israël que par l’Egypte. C’est exact. La participation de l’Egypte est en effet scandaleuse et inexplicable, mais on ne peut juger selon les mêmes critères l’Egypte et Israël. L’occupation de Gaza n’est pas terminée, elle a simplement été levée, pour arranger l’occupant, mais Israël n’en reste pas moins responsable.
La monnaie officielle de Gaza est le shekel, les registres d’état civil sont établis par Israël, qui surveille également toutes les entrées dans la bande de Gaza. Des décennies d’occupation ont rendu Gaza dépendante d’Israël, et Israël ne saurait s’en défaire par un simple “désengagement”.
Mais cessons de parler du blocus, que vous le niiez ou que vous le justifiiez. Comment pouvez-vous ignorer le contexte ? Depuis quarante-trois ans, des millions d’individus – dont certains auraient pu espérer devenir Bernard-Henri Lévy, au lieu de perdre leur vie à se battre pour survivre – connaissent une situation d’occupation et de désespoir. Quelles chances un jeune Palestinien a-t-il de faire quelque chose de sa vie ? Regardez les photos des Gazaouis qui se pressent au poste-frontière de Rafah et observez l’expression imprimée sur leur visage.
Le concept de liberté ne vous est certainement pas étranger. Vous ne pouvez reprocher l’occupation à personne d’autre qu’à nous, les Israéliens. Il y a beaucoup d’excuses pour cette occupation, mais aucune ne change quoi que ce soit à l’ultime réalité : Israël est une puissance occupante. C’est la racine de tous les maux et c’est ce que vous avez dissimulé. Vous n’en dites pas un mot. Israël avait peut-être le droit d’empêcher des armes de pénétrer à Gaza, mais vous n’avez pas le droit d’ignorer ce qui a fait de Gaza une région de réfugiés désespérés.
Vous avez raison, Bernard-Henri, de souligner que le monde est plus exigeant envers Israël qu’envers des dictatures. Ce n’est pas la “confusion d’une époque”, comme vous le dites, mais une époque nouvelle (et juste) dans laquelle le monde exige qu’en tant que démocratie Israël paie le prix de sa conduite.
Alors, diabolisation ? Possible, mais la façon de la combattre est de faire le siège de son arsenal. Sans le blocus de Gaza, sans l’occupation, il n’y aurait aucune raison de diaboliser Israël. Est-ce trop attendre de vous, naguère la voix de la conscience, que vous compreniez cela ?

http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/17/lettre-ouverte-a-bernard-henri-levy


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Re : Israel et Palestine
« Réponse #64 le: 01 juillet 2010 à 17:13:03 »
La pétition contre le blocus est attivée a terme (1mois)

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« Modifié: 01 juillet 2010 à 17:16:41 par TheTwit »

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #65 le: 12 juillet 2010 à 12:54:49 »
certains diront que c'est une interprétation de sa déclaration, ils seraient alors bien isolés et stupides de le marteler : ne plus rien avoir à faire avec quelqu'un ou une entité c'est bel et bien un boycott !!!


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Stéphane Hessel appelle au boycott d’Israël

Par P A C O Groupe La paix pour la Palestine
le 19/06/2010 à 14:06, vu 2355 fois, 18 nombre de réactions
Info non vérifiée par la rédaction du Post.

Stéphane Hessel est né à Berlin en 1917. Il a obtenu la nationalité française en 1937. Résistant français, prisonnier, évadé en 1940, il était devenu agent du BCRA en 1941 après avoir rejoint De Gaulle à Londres. Arrêté en 1944 au cours d’une mission, il fut déporté à Buchenwald puis à Dora. Après une nouvelle évasion, il rejoindra les lignes américaines à Hanovre. Il est l’un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 avec René Cassin. Diplomate jusqu’en 1985, il n’a jamais cessé de militer en faveur des Droits de l’Homme. Ambassadeur de France, Grand-officier de la Légion d’honneur, Grand-croix de l’Ordre national du mérite, Stéphane Hessel n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler un « terroriste ». Dans un texte publié par le Huffington Post, Les Citoyens du monde doivent réagir là où les gouvernements ont échoué (publié ci-dessous intégralement), Stéphane Hessel appelle au boycott d’Israël.

 

L’attaque illégale et immorale d’Israël contre le convoi d’aide humanitaire de la Flottille de la Liberté, qui a fait au moins neuf morts et des dizaines de blessés, a, à juste titre, stupéfié le monde. Le convoi entièrement civil de 6 bateaux transportait plus de 10 000 tonnes d’aide humanitaire cruellement nécessaire, et près de 700 citoyens de 40 pays. La Flottille était une tentative ambitieuse de briser le siège imposé par Israël depuis 2007 à 1,5 million de Palestiniens de la bande de Gaza occupée. Avec à son bord d’éminents parlementaires, chefs religieux, écrivains, journalistes, un Prix Nobel de la Paix et un survivant de l’Holocauste, le convoi humanitaire visait non seulement à fournir des secours à Gaza ; il cherchait à attirer l’attention internationale sur la crise humanitaire imposée aux habitants de Gaza et sur l’impératif d’y mettre fin. Il est indéniable que ce dernier objectif a réussi, mais avec des conséquences tragiques.

L’attaque israélienne contre le convoi d’aide non armé dans les eaux internationales a été « une violation [flagrante] du droit international humanitaire, du droit international maritime, et [selon la plupart des interprétations] du droit pénal international », pour reprendre les mots de Richard Falk, professeur de droit international et rapporteur spécial des Nations Unies sur les Droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés. Il est triste de constater que les gouvernements du monde sont devenus depuis trop longtemps complices ou apathiques envers les crimes d’Israël et ont renforcé sa culture de l’impunité, sous le bouclier de soutien incontestable des États-Unis. Malgré sa condamnation initiale, le gouvernement des Etats-Unis a fait pression sur les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, à nouveau, pour adopter un langage ambigu qui allège Israël de toute responsabilité et renvoie dos à dos l’agresseur et la victime.

Typiquement, le gouvernement israélien a accusé les victimes de son raid d’avoir attaqué les soldats israéliens, prônant la « légitime défense ». L’éminent expert juridique et directeur du Centre de droit international de Sydney à l’Université de Droit de Sydney, le professeur Ben Saul, réfute carrément l’affirmation d’Israël en argumentant : « Juridiquement parlant, les forces militaires gouvernementales qui arraisonnent un bateau pour le capturer illégalement ne sont pas traitées différemment d’autres criminels. Le droit à la légitime défense dans de telles circonstances est du côté des passagers à bord : une personne a légalement le droit de résister à sa propre capture, enlèvement et détention illégaux. » Il ajoute que « si les forces israéliennes ont tué des gens, ils n’ont pas seulement enfreint le droit humain à la vie, mais ils peuvent aussi avoir commis de graves crimes internationaux. Selon l’article 3 de la Convention de Rome pour la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime de 1988, c’est un crime international, pour toute personne, de saisir ou d’exercer un contrôle sur un navire par la force, et c’est aussi un crime de blesser ou tuer une personne dans le processus. »

Malgré la déclaration du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon appelant à mettre fin au siège illégal de Gaza par Israël, le Conseil de sécurité n’a pas réussi à appeler à la fin inconditionnelle du blocus, autorisant ainsi Israël à commettre en toute impunité de graves crimes de guerre, également bien documentés dans le rapport Goldstone des Nations Unies.

L’absence d’action significative de la part des gouvernements pour rendre Israël responsable devant le droit international laisse ouverte une voie pour les citoyens de conscience : celle de prendre eux-mêmes cette responsabilité, comme cela a été fait contre l’apartheid en Afrique du Sud. Les initiatives non-violentes menées par les citoyens, dont la Flottille et les multiples campagnes de boycott et de désinvestissement dans le monde entier sont des exemples, présentent la façon la plus prometteuse de surmonter l’échec des gouvernements du monde à résister à l’intransigeance et au comportement débridé d’Israël. En attaquant de façon flagrante le bateau humanitaire, Israël a provoqué par inadvertance une prise de conscience et une condamnation sans précédent non seulement de son siège fatal de la bande de Gaza, mais aussi du contexte plus large des pratiques de l’occupation israélienne dans les Territoires palestiniens, de sa négation des droits des réfugiés palestiniens et de sa politique d’apartheid contre les citoyens indigènes « non-juifs » d’Israël.

La Flottille de la Liberté rappelle le genre d’initiatives de solidarité de la société civile qui a mis fin aux lois de ségrégation aux États-Unis et à l’apartheid en Afrique du Sud, une analogie impossible à ignorer. Comme pour le régime d’apartheid en Afrique du Sud, la réaction d’Israël a été de qualifier cet acte non-violent de « provocation intentionnelle ». Comme dans le cas de l’Afrique du Sud, l’appel à la solidarité internationale, sous forme de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) provenait d’une écrasante majorité de syndicats et d’organisations de la société civile palestinienne en 2005, et est en train d’être adopté par des citoyens de conscience et des mouvements sociaux du monde entier. L’initiative BDS appelle à isoler efficacement Israël, ses institutions complices économiques, universitaires et culturelles, ainsi que les entreprises qui profitent de ses violations des droits de l’Homme et de ses politiques illégales, aussi longtemps que ces politiques continueront.

Je crois que l’initiative BDS est une stratégie morale qui a démontré son potentiel de réussite. Plus récemment, la Deutsche Bank allemande a été la dernière de plusieurs institutions financières et grands fonds de pension européens à se désinvestir du fabricant d’armes israélien Elbit Systems. La semaine dernière, deux chaînes majeures de supermarchés italiennes ont annoncé un boycott des produits provenant des colonies illégales israéliennes. Le mois dernier, les artistes Elvis Costello et Gil Scott-Heron ont annulé leurs représentations en Israël. Inspirée de la lutte populaire anti-apartheid sud-africaine, la génération actuelle d’étudiants dans les campus universitaires appelle activement leurs administrations à adopter des politiques de désinvestissement.

Je soutiens les mots sincères de l’écrivain écossais Iain Banks qui, en réaction à l’attaque atroce d’Israël de la Flottille de la Liberté, a suggéré que la meilleure façon pour les artistes, écrivains et universitaires internationaux de « convaincre Israël de sa dégradation morale et de son isolement éthique » est « tout simplement de ne plus rien avoir à faire avec ce gouvernement criminel. »

Stéphane Hessel



pour la vérification de l'info, info d'ailleurs qui n'a pas fait le moindre écho dans les médias (étonnant non ?), vous pouvez allez voir la fiche de Stefen Hessel sur wiki, vous y trouverez toutes références utiles !
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #66 le: 20 juillet 2010 à 08:28:52 »
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Je ne jurerai pas fidélité à Israël (Haaretz)

Pourquoi le gouvernement demande-t-il que seules les personnes sollicitant la nationalité israélienne déclarent leur loyauté à l’état juif et démocratique ? Je veux le faire aussi !

Le temps est venu pour nous tous, que nous soyons juifs, musulmans, ultra orthodoxes ou laïques, de promettre loyauté au seul état juif démocratique du monde. A une condition : il faut que la cérémonie d’engagement ait lieu dans la cour du Tombeau des Patriarches après une visite du centre d’Hébron.

Chaque citoyen saura alors ce que le pays fait en son nom dans la cité des Patriarches. Chaque mère juive saura "où la seule démocratie du Moyen-Orient" envoie ses enfants. Ceux qui aiment ce qu’ils verront signeront la déclaration. Ceux qui ne trouveront pas à Hébron les preuves que les valeurs et les principes de la démocratie sont respectés, refuseront.

Avant de commencer la visite guidée du centre de Hébron, il faut se rafraîchir la mémoire : l’accord de Hébron qui a été signé en 1997 entre le gouvernement de Netanyahu et l’Autorité Palestinienne divise Hébron en deux parties. D’un côté un espace arabe contrôlé par l’Autorité Palestinienne (H1) et de l’autre un espace juif contrôlé par l’armée israélienne (H2). Dans la partie arabe vivent 120 000 Palestiniens et dans la partie juive, qui comprend la vieille ville et le centre commercial de la ville, il y a 500 Juifs et 30 000 Arabes. Afin de prévenir les conflits, Israël a imposé des règles draconiennes de séparation physique entre les deux populations et a réduit drastiquement la liberté de mouvement des Palestiniens dans la plus grande partie du territoire H2.

Un couple de chiens haletants nous accueillent à l’entrée de la rue Shuhada qui traverse le vieux quartier de Hébron qui mène au Tombeau des Patriarches. Les portes des magasins sont fermées et le marché est vide.

Quelqu’un a recouvert les graffitis racistes de visages souriants sur fond rose.

Une étude de la zone autour de la colonie juive menée par B’Tselem et l’Association pour les Droits Civils en Israël à la fin de 2006, a révélé que 1829 magasins palestiniens (plus de 75% de tout le commerce de la zone étudiée) ont été fermés ces dernières années et plus de 1000 maisons (42%) ont été abandonnées.

Yéhuda Shaul, fondateur de "Briser le silence" dit que plus de 40% des résidents Palestiniens ont quitté la zone.

Des soldats désoeuvrés jettent un coup d’oeil nonchalant aux visiteurs et voyant qu’il s’agit "des leurs" ils s’éloignent (peut-être pour aller au cours de danse). L’IDF (l’armée israélienne NdT) a assuré à la Haute Cour de Justice il y a deux, qu’il n’y avait plus de restrictions aux mouvements des Palestiniens, mais les Palestiniens n’osent pas s’approcher de cette zone.

Ils savent qu’à chaque coin de rue on leur demandera leurs papiers et qu’on les fouillera. Eran Efarti qui a servi au poste militaire de Abu Snuneh en 2007 dit que, entre autres instructions, ils recevaient l’ordre de faire en sorte que les habitants "se sentent persécutés".

Dans les données répertoriées par "Briser le silence" il y a des témoignages de soldats qui décrivent les moyens imaginés pour provoquer un tel sentiment. Par exemple faire un recensement de la population en plein milieu de la nuit (l’IDF appelle cela "cartographier") ou taper sur des marmites.

Un jeune homme maigre galope dans un champ sur un cheval blanc, les franges (du sous-vêtement religieux que portent les juifs NdT)) dépassant de sa chemise. Au pied de Beit Hadassah, Shaul met sa kippa noire (la kippa est obligatoire pour entrer dans un lieu de culte juif NdT) et nous indique l’école de filles palestinienne.

Il dit qu’il a une vidéo dans son bureau qui montre comment les enfants juifs du quartier ont l’habitude de tuer l’ennui le Shabbat en jetant des pierres aux gamines de l’école.

Dans une allée qui mène au marché et qui a été fermée suite au massacre qui a eu lieu à la Tombe des Patriarches au début de 1994* un groupe de jeunes juifs poussent une charrette chargée de matériel de construction. Derrière les portes barricadées des échoppes, sous le nez des soldats, ils construisent une nouvelle petite colonie.

A l’entrée de la Tombe des Patriarches nous avons été arrêtés par six Policiers des Frontières. Leur commandant, qui nous a été rapidement dépêché, nous a expliqué que nous ne pouvions pas entrer sur le site avec Yehuda Shaul parce que ce dernier appartenait à un groupe "à caractère politique". L’officier nous a confirmé que deux ou trois jours plus tôt, Noam Arnon, le porte parole de la Communauté Juive de Hébron, qui représentait pour l’occasion le Ministre des Affaires Etrangères, avait accompagné un groupe de visiteurs au Tombeau des Patriarches. Les colons de Hébron, comme chacun le sait, forment un groupe qui n’a aucun "caractère politique".

Les actions de l’état dans la cité où les Patriarches de la nation furent enterrés, à Shekh Jarrah dans la vallée du Jourdain (où Israël expulse des Palestiniens NdT) et dans la bande de Gaza, n’ont rien à voir avec le judaïsme ou la démocratie. Aussi longtemps que l’état juif démocratique montrera ce visage, je refuserai de m’engager à être loyal envers lui.

Akiva Eldar

*Baruch Godstein a tué plusieurs dizaines de Palestiniens pendant une prière du Ramadan.
http://www.legrandsoir.info/Je-ne-jurerai-pas-fidelite-a-Israel-Haaretz.html

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #67 le: 24 juillet 2010 à 12:13:30 »
comme un gout amer dans la bouche, en visionnant cette vidéo :

"Près de 9000 palestiniens sont emprisonnés en Israël, contre le Droit international humanitaire. Dans des centaines de cas, Israël interdit les visites aux adultes de la famille, ce sont alors les enfants de moins de 16 ans qui sont chargés de maintenir les liens familiaux. Udai, 14 ans; Sabrin, 10 ans; Jihad, 4 ans, Tammer, 15 ans et demi... se lèvent à 4 heures du matin pour prendre un taxi collectif, seuls, qui les emmènera vers les autocars de la Croix Rouge. Tammer: "e rends visite à mon père tous les mois et demi, lorsque j'aurai 16 ans, je le verrai une fois par an (...) grandir ne signifie pas la même chose pour moi: d'un côté je gagne et de l'autre je perds. J'aime grandir mais je ne reverrai plus mon père". Un long voyage à travers les check points qui peut durer 20 heures, pour une visite de 45 minutes avec vitre interposée... "

http://www.youtube.com/v/Qfi88rxLUs4&amp

<a href="http://www.youtube.com/v/Qfi88rxLUs4&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/Qfi88rxLUs4&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1</a>

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #68 le: 24 juillet 2010 à 14:58:12 »
C'est horrible cette viddéo. Mais que font tous ces saloparts a l'ONU. Sans compter les 74 enfants prisoniers en Israel qui embalent des bougis 8 heures par jour et revendu a l'occident dont la France. Pour ma part, je considere que tout les juifs du monde sont responsable de cette situation par leur silence assourdissant. Aucune excuse.
« Modifié: 24 juillet 2010 à 15:00:12 par TheTwit »

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #69 le: 04 août 2010 à 13:03:16 »
nous vivons décidément une époque formidable :

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Scandaleux : Le Narco Dictateur Colombien Alvaro Uribe Nommé Vice Président Du Comité D’Enquête Onusien Sur L’Attaque De La Freedom Flottilla
Pas étonnant qu’Israël accepte - pour la première fois - de participer à l’enquête. Quelles énormes pressions américaines la Turquie a-t-elle subies pour trahir ainsi ses martyrs, mais aussi les Palestiniens de Gaza, en acceptant le dictateur Uribe dans ce comité d’enquête, un comité discrédité dés le départ.

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #70 le: 04 août 2010 à 14:14:56 »
Poutine n'était pas libre (il a le feu aux fesses en ce moment).
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #71 le: 06 août 2010 à 12:17:28 »

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Main basse sur Jérusalem : Un plan de « décapitation du processus de paix ».

Sylviane de Wangen -source
publié le samedi 31 juillet 2010

Consolider la conquête de Jérusalem pour ne plus jamais la lâcher, telle a été la politique israélienne dès après la guerre de 1967. Aujourd’hui c’est à une fuite en avant à marche forcée que l’on assiste comme si Israël redoutait que la ville ne lui échappe...Tout est fait sur le terrain pour empêcher que la partie orientale ne puisse devenir la capitale de l’Etat de Palestine.

Déjà en 1950, contrairement aux dispositions des armistices et nonobstant la résolution de l’ONU du 19 décembre 1949 qui avait décidé d’internationaliser la ville – coupée de fait en deux par la ligne d’armistice, entre l’Etat d’Israël et la Transjordanie, Israël en avait annexé la partie occidentale et le parlement israélien avait proclamé que « Jérusalem est, et a toujours été sa capitale ».

En 1967, quand toute la Cisjordanie y compris Jérusalem Est tomba entre les mains d’Israël, un processus permanent d’appropriation de la ville commença. Dès juillet 1967, celle-ci fut annexée par Israël, des centaines de maisons palestiniennes furent détruites, leurs habitants expulsés, leurs terres confisquées pour y construire des logements juifs. En juin 1980, le parlement israélien adopta une loi fondamentale proclamant « Jérusalem entière et réunifiée » « la capitale de l’Etat d’Israël », décision aussitôt condamnée par l’ONU. En même temps la superficie de la ville fut presque triplée pour en modifier l’équilibre démographique.

Les gouvernements successifs d’Israël veulent réaliser sur le terrain les conditions pour assurer une majorité juive dans la ville. Une stratégie de harcèlement est mise en place pour inciter les Palestiniens à partir. Au centre de cette stratégie, la destruction de maisons palestiniennes n’a jamais cessé tandis que la population est toujours soumise à l’immense difficulté d’obtenir un permis de construire, même après les accords d’Oslo, sans compter que la précarisation du statut des habitants palestiniens fait d’eux des étrangers sur leurs propres terres. Il faut ajouter que, pour faciliter la séparation en même temps que l’appropriation de territoires, un réseau d’infrastructures routières et ferrées conçues pour l’usage des colons et pour assurer la continuité entre l’Etat d’Israël et les colonies juives en Palestine a été construit.

Et bien sûr, depuis 2005, c’est le mur de Jérusalem : il suit un parcours qui a bien peu à voir avec les questions de sécurité. Il dessine de fait de nouvelles frontières étendues à la ville et enferme les Palestiniens dans une zone de plus en plus exiguë, leur rendant la vie infernale, les empêchant de pouvoir aller prier dans leurs lieux saints et contraignant un grand nombre d’entre eux à la précarité en cassant la vie économique.

Et voilà que le journal israélien Haaretz révèle le 28 juin dernier que le conseil municipal du maire israélien Nir Barkat devait approuver le nouveau plan directeur préparé par la commission pour la planification urbaine. Celui-ci, d’après le journal, vise à faciliter la construction de nouvelles colonies israéliennes et l’expansion de celles existant dans la zone arabe (est) de la Ville Sainte (sous occupation depuis 1967 d’après le droit international et « annexée » d’après le droit israélien). Son importance réside surtout dans le fait qu’il ne fait plus référence à Jérusalem comme à une ville encore divisée ; au contraire il dessine une ville homogène sous la souveraineté d’Israël. L’idée de fond est que la zone Est ne sera jamais restituée aux Palestiniens malgré le fait que le statut futur de la zone arabe soit une des questions centrales pour toute négociation israélo-palestinienne. Ce plan, dit Ghassan al-Khatib, porte-parole de l’Autorité palestinienne à Ramallah, « est plus qu’une provocation. C’est de fait la décapitation du processus de paix. »

« Barkat n’est pas le premier ni le seul à avoir entrepris de judaïser Jérusalem Est » écrit Uri Avnery dans sa chronique hebdomadaire du 10 juillet dernier, « Judaïser signifie faire disparaître toutes les autres couleurs, détruire les strates laissées par de nombreuses générations d’amoureux de la ville, afin d’éliminer des milliers d’années d’histoire et de création culturelle. (…) Barkat est le maire de Jérusalem Ouest et le gouverneur militaire de Jérusalem Est. Lui et son complice dans cette opération, le Ministre de l’Intérieur Eli Yishai, font tout ce qui est possible pour pousser dehors la population non-juive ».

Les résidents de Jérusalem victimes de cette politique tentent de résister avec détermination. En particulier ceux de Sheikh Jarrah et de Silwan ont rejoint la lutte de résistance populaire non violente menée depuis cinq ans dans les villages divisés par le mur en Cisjordanie.

Même des Israéliens juifs, sionistes et pratiquants refusent cette politique. C’est le cas de Don Futterman, directeur de projet du Fund Moriah en Israël, fondation privée américaine dont la mission est de soutenir la société civile et la démocratie, l’insertion des immigrants et l’éducation en Israël, qui, commentant le plan directeur, écrit notamment dans un article publié le 7 juillet dans le journal Haaretz : « (…) Le projet du Plan de déporter des Palestiniens suggère que le Plan est à la fois l’instrument de la campagne menée par les colons pour débarrasser la Vieille Ville de sa population arabe et celui du gouvernement pour éviter que Jérusalem ne devienne un jour la capitale d’un Etat palestinien, contrairement aux déclarations de pure forme en faveur de la solution de deux Etats. (…) Nous devons rejeter ce Plan parce que ce Plan et ses concepteurs sont anti-juifs et anti-sionistes. C’est le produit d’esprits qui veulent montrer au monde qui est le boss à Jérusalem... »

Cœur de la Palestine, économique et touristique, culturel et religieux, symbolique et politique, Jérusalem est aujourd’hui l’enjeu crucial du conflit, la question dans laquelle Israël a pris tous les risques depuis le début de son existence, sacrifiant les hommes, les principes et les croyances les plus sacrés aux pierres. Combien de consciences mondiales devront-elles s’insurger sur ce qui se joue en cette ville dite sainte mais devenue une terrible poudrière, pour que la communauté internationale – qui n’a jamais reconnu l’annexion au moins de sa partie orientale – à commencer par les pays de l’Union européenne et les Etats-Unis, ces chers amis d’Israël, prennent « très amicalement » de vraies sanctions pour arrêter cette destruction systématique de l’âme de cette ville et de toute chance de paix. Ils peuvent sauver Jérusalem et sauver la paix. Le feront-ils avant qu’il ne soit trop tard ?

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #72 le: 13 août 2010 à 11:27:15 »
encore du lourd, encore de quoi alimenter le débat et la réflexion... mais que fait l'UE... pardon que FOUT l'UE, donc nous, que faisons-nous à accepter par nos silences tout ce bordel meurtrier ? à diffuser donc !

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Source : http://www.independent.co.uk

Traduction : MG pour ISM
Israël s'est glissé dans l'Union Européenne sans que personne ne s'en aperçoive

par Robert Fisk

   
Mondialisation.ca, Le 2 aout 2010
The Independent



La mort de cinq soldats israéliens dans un accident d'hélicoptère en Roumanie cette semaine à peine fait les gros titres.

Il y avait un exercice OTAN-Israël.

Bon, d’accord. Maintenant, imaginez la mort de 5 combattants du Hamas dans un accident d'hélicoptère en Roumanie cette semaine. Nous serions encore en train d’enquêter sur ce phénomène extraordinaire.

   


Photo Abbas Momani : Des soldats israéliens tirent sur des Palestiniens manifestants contre l’attaque contre Gaza l’an dernier

Maintenant, voyez-vous, je ne compare pas Israël et le Hamas. Israël est le pays qui a massacré en toute légitimé plus de 1.300 Palestiniens dans la bande de Gaza il y a 19 mois – dont plus 300 étaient des enfants - alors que les vicieux, suceurs de sang et terroristes membres du Hamas ont tué 13 Israéliens (dont trois d'entre eux s’étaient entretués par erreur).

Mais il y a un parallèle. Le juge Richard Goldstone, l'éminent juge juif sud-africain, a statué dans son rapport d’enquête de l'ONU de 575 pages sur le bain de sang à Gaza que les deux parties avaient commis des crimes de guerre - il fut, bien sûr, à juste titre, traité de «Méchant» par toutes sortes de supporters d'Israël aux Etats-Unis, à juste titre outrés ; son excellent rapport a été rejeté par sept gouvernements de l'UE - et donc une question se pose : Que fait l'OTAN quand il joue à des jeux de guerre avec une armée accusée de crimes de guerre?

Ou, plus précisément, que fait l'Union Européenne quand elle essaie de se mettre dans les petits papiers des Israéliens ?

Dans un livre remarquablement détaillé – si ce n’est légèrement exaspéré – qui paraîtra en Novembre, l'infatigable David Cronin présentera une analyse au microscope de «nos» relations avec Israël. Je viens de terminer la lecture du manuscrit. Cela me laisse sans voix.

Comme il le dit dans sa préface, «Israël a développé des liens politiques et économiques tellement forts avec l'Union Européenne au cours des dix dernières années qu'il est devenu presque un État membre de l'Union sans le dire."

En effet, c’était Javier Solana, le sordide chef de la politique étrangère de l'UE (anciennement secrétaire général de l'OTAN), qui a effectivement déclaré l'an dernier qu'«Israël, permettez-moi de le dire, est un membre de l'Union Européenne sans être membre de l’institution".

Pardon? Etions-nous au courant? Avons-nous voté pour cela? Qui a autorisé que cela se produise?
 
Est-ce que David Cameron – qui soutient maintenant avec tant de force l’entrée de la Turquie dans l'UE – est d'accord avec cela? Probablement que oui, car il a continué à se déclarer lui-même être un ami "d'Israël" après que ce pays ait fabriqué une excellente série de faux passeports britanniques pour ses meurtriers à Dubaï.

Comme le dit Cronin, "la lâcheté de l'UE envers Israël est à l'opposé de ses positions fermes prises lorsque des atrocités majeures se sont produites dans d'autres conflits".

Par exemple, après la guerre russo-géorgienne en 2008, l'Union européenne a nommé une mission indépendante pour savoir si le droit international avait été bafoué, et a exigé une enquête internationale sur les violations des droits de l'homme après la guerre au Sri Lanka contre les Tigres tamouls.

Cronin n’esquive pas la responsabilité de l'Europe dans l'Holocauste juif et accepte qu'il y aura toujours un "devoir moral" pour nos gouvernements afin de s'assurer que cela ne se reproduise jamais - même si j’ai remarqué que Cameron avait oublié de mentionner l'Holocauste arménien en 1915 quand il a fait de la lèche aux Turcs cette semaine.

Mais ce n'est pas le sujet. En 1999, les ventes d'armes Britanniques à Israël - un pays qui occupe la Cisjordanie (et aussi Gaza) et qui construit des colonies illégales pour les Juifs et seulement pour les Juifs sur une terre arabe – s’élevaient à 11,5 millions de Livres; et en deux ans, cela avait presque doublé et s’élevait à 22,5 millions de livres. Cela comprenait des armes légères, des kits de grenades prêtes à monter et des équipements pour avions de combat et des chars.

Il y a eu quelques refus après qu’Israël ait utilisé des chars Centurion modifiés contre les Palestiniens en 2002, mais en 2006, l'année où Israël a massacré encore 1.300 Libanais, presque tous des civils, dans une autre croisade contre le « terrorisme mondial » du Hezbollah, la Grande-Bretagne lui a accordé plus de 200 licences d’exportation d'armes.

Bien sûr, certains équipements Britanniques vont en Israël via les États-Unis. En 2002, la Grande-Bretagne a donné un "affichage tête-haute» fabriqué par BAE Systems pour Lockheed Martin qui a été rapidement installé dans les chasseurs-bombardiers F-16 destinés à Israël. L'UE ne s'y est pas opposée. Il faut ajouter que la même année, les Britanniques ont accepté de former 13 membres de l'armée israélienne.

A l'époque de la guerre du Liban en 2006, des avions américains transportant des armes pour Israël ont été ravitaillés en carburant dans les aéroports britanniques (et, hélas, aussi dans des aéroports irlandais).

Au cours des trois premiers mois de 2008, nous avons encore accordé des licences d’exportation d’armes à Israël pour un montant de 20 millions de Livres - juste à temps pour l'attaque d'Israël contre Gaza. Les hélicoptères Apache utilisés contre les Palestiniens, dit Cronin, comportent des pièces fabriquées par SPS Aerostructures à Nottinghamshire, Smiths Industries à Cheltenham, Page Aerospace dans le Middlesex et Meggit Avionics dans le Hampshire.

Dois-je continuer? Cela dit en passant, Israël a été félicité pour son aide "logistique" à l'OTAN en Afghanistan - où nous tuons chaque année bien plus d’Afghans que les Israéliens tuent des Palestiniens en général - ce qui n'est pas surprenant puisque le patron de l’armée israélienne Gabi Ashkenazi s’est rendu au siège de l'OTAN à Bruxelles pour plaider en faveur d'un rapprochement avec l'OTAN.

Et Cronin explique de façon convaincante un arrangement financier en "Palestine" extraordinaire - presque tellement beau que c’en est dégoutant. Les millions de livres de fonds de l'UE destinés à des projets dans la bande de Gaza. Ils sont régulièrement détruits par des armes israéliennes fabriquées aux Etats-Unis. Donc, ça fonctionne comme ça. Les contribuables européens casquent pour les projets. Les contribuables américains casquent pour les armes dont Israël se sert pour leur destruction. Ensuite, les contribuables de l'Union Européenne casquent pour tout reconstruire. Et puis, les contribuables américains ...

Voilà, vous avez compris. A propos, Israël a déjà un "programme de coopération particulier" avec l'OTAN, ce qui permet à Israël de faire partie des réseaux informatiques de l'OTAN.

Tout compte fait, il est bon d'avoir de notre côté un solide allié comme Israël, même si son armée est une canaille et que certains de ses hommes sont criminels de guerre. Alors à ce point, pourquoi ne pas demander aussi au Hezbollah de se joindre à l'OTAN : imaginez comment ses tactiques de guérilla seraient bénéfiques à nos gars dans le Helmand.

Et puisque les hélicoptères Apache israéliens tuent souvent des civils libanais – par exemple, une ambulance transportant des femmes et des enfants a été détruite en 1996, par un missile air-sol Hellfire AGM 114C de Boeing - espérons que les Libanais peuvent toujours saluer amicalement les gens du comté de Nottingham, du Middlesex, du New Hampshire et, bien sûr, de Cheltenham.
   
     

Robert Fisk est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Robert Fisk publiés par Mondialisation.ca
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #73 le: 27 septembre 2010 à 15:13:58 »
Lettre de Jean-Claude Lefort,
président de l’AFPS, député honoraire,
à Madame Alliot Marie, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux -
"Madame la Ministre : inculpez-moi puisque j’incite et je participe à de telles actions (BDS) !"

Citer


Paris, le 22 septembre 2010

Madame Alliot-Marie
Ministre de la Justice
13, Place Vendôme
75800 Paris

Madame la Ministre de la Justice, Garde des Sceaux,

Je m’adresse à vous à propos de la circulaire que vous avez envoyée aux Parquets afin qu’ils se fondent sur l’article 24 de la loi de 1881 réprimant l’« incitation à la haine raciale » pour poursuivre les appels au boycott et aux sanctions contre la politique israélienne.

Pour tenter de justifier cet incroyable détournement de la loi, vous avez assimilé ces actions, dans un discours devant le CRIF de Gironde, à un « boycott des produits casher ». C’est mon premier point : apportez la moindre preuve du moindre appel que ce soit à un tel boycott que se livrent ces pacifistes, vous qui en aviez d’ailleurs démenti totalement l’existence à l’Assemblée nationale, dans une réponse au député Eric Raoult qui vous interrogeait précisément sur ce point.

Les actions menées dans notre pays n’ont évidemment rien à voir avec une quelconque discrimination raciale, elles en sont même à l’opposé : elles traduisent la volonté de permettre aux citoyens d’agir directement et efficacement pour mettre un terme à la politique israélienne de colonisation des territoires palestiniens qui constitue – comme l’a souvent dit le Président de la République, à l’instar de la plupart de ses homologues étrangers et d’innombrables résolutions des Nations unies ou déclarations de l’Union européenne – un « obstacle à la paix au Proche-Orient ». Et pourtant celle-ci bénéficie d’une très large et insupportable impunité des autorités françaises, européennes et internationales.

J’insiste pour dire qu’en brandissant cette loi, c’est vous qui prenez le risque d’importer délibérément et dangereusement en France, sous forme de problème ethnique, voire religieux, le face à face israélo-palestinien dont la nature est essentiellement et clairement politique.

Du même coup, vous accréditez auprès des esprits les plus confus l’existence d’une « race » juive et vous amalgamez non seulement tous les Israéliens mais aussi la majorité de Juifs vivant ailleurs dans le monde, y compris les Juifs français, à la politique israélienne. Ce faisant, vous mettez en danger la cohésion nationale à laquelle vous devriez être attachée.

Mais le pire, dans votre démarche, c’est son caractère hypocrite qui ne peut manquer de vous échapper.

Pourquoi, en effet, des hommes et des femmes de toutes opinions et de toutes confessions – que personne ne peut suspecter de racisme – boycottent-ils les produits des colonies israéliennes de Cisjordanie ? Parce que votre gouvernement, et notamment vos collègues Eric Woerth et François Baroin, dont nous avons officiellement et vainement attiré l’attention sur cette grave question, acceptent l’entrée frauduleuse, dans notre pays, de produits issus de ces colonies israéliennes, toutes illégales aux yeux du droit international et de tous les gouvernements français depuis 1967, et cela en contravention totale avec l’Accord d’association UE/Israël ratifié par notre Parlement. Cet accord devrait d’ailleurs être suspendu, comme nous le demandons et comme le Parlement européen l’a exigé par vote en 2002, son article 2 étant violé par les autorités israéliennes. Considérez-vous que cet accord comporte aussi une clause "coupable d’« incitation à la haine raciale » " ?

Je ne vous ferai pas l’injure de croire, Madame la Ministre, que vous ignorez l’état de la politique et de la législation européennes en la matière. Comme l’a rappelé la Cour européenne de justice, en février dernier, dans son arrêt « Brita », l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël, accorde au titre de son article 83 des exemptions fiscales aux produits provenant du territoire de l’Etat d’Israël stricto sensu mais les refuse formellement s’agissant des produits issus des colonies de Cisjordanie, notamment de Jérusalem-Est. De surcroît, le Code français du commerce réprime sévèrement la fraude à l’origine que constitue l’étiquetage mensonger « made in Israël » apposé sur les productions desdites colonies. Or rien n’est fait contre cela et le droit est violé par cette inaction.

D’où mes deux questions :

1) Que comptez-vous faire pour poursuivre ces pratiques délictueuses, que vos collègues ministres semblent tolérer, alors qu’ils sont, jusqu’à nouvel ordre, chargés de faire respecter le droit ?

2) Si vous appelez les parquets à réprimer pour « incitation à la haine raciale » des actions citoyennes s’opposant à une politique israélienne alors qu’ils ne font rien de répréhensible et qu’ils devraient être hors de toute accusation, pourquoi, par contre, ne demandez-vous pas aux parquets de poursuivre, pour ce motif, mais cette fois pertinemment, les responsables politiques français qui stigmatisent, eux, explicitement une communauté. Je pense notamment au ministre de l’Intérieur, déjà condamné pour injure raciste, et qui a couvert de son autorité la directive en date du 5 août 2010, signée de son chef de cabinet, que les juristes les plus compétents estiment contraire à l’article 1 de notre Constitution ? Les Nations unies comme l’Union européenne ont condamné l’expulsion par le gouvernement français de citoyens désignés par leur appartenance ethnique et elles ont même envisagé des sanctions contre notre pays.

Qu’attendez-vous pour poursuivre, avec la même loi, les auteurs de ces discriminations raciales caractérisées, qui, de surcroît, ont placé la France au ban des nations comme jamais elle ne l’a été depuis les heures noires de la guerre coloniale en Algérie ?

Madame la Ministre,

Le « deux poids, deux mesures » est l’exact contraire de la justice républicaine. Juger pour « incitation à la haine raciale » des citoyens honnêtes qui luttent contre toute forme de racisme, et pour le droit international, tout en épargnant des responsables qui non seulement incitent à la discrimination raciale, mais la pratiquent sur le terrain : est-ce là votre morale ? Je vous le dis franchement : en vous prêtant au jeu malsain dont l’ambassadeur d’Israël à Paris a avoué publiquement qu’il était l’inspirateur, vous flétrissez la République et aussi, permettez-moi de l’ajouter, cette « certaine idée de la France » que professait le général De Gaulle.

Madame la Ministre,

Sauf à déconsidérer un peu plus notre pays dans le monde, sauf à vouloir attenter à la dignité de citoyennes et de citoyens qui mènent des actions conformes au droit international et européen en les couvrant d’infamie, je vous demande instamment de mettre un terme à ces procédures iniques dont vous êtes à l’origine.

Si tel n’est pas le cas, je vous prie, Madame la Ministre, de bien vouloir me poursuivre personnellement pour les actions de boycott des produits des colonies israéliennes que développe l’Association France Palestine Solidarité dont je suis le président.

J’attends ce moment avec impatience. Car je ferai alors le procès de tous vos amis qui incitent véritablement à la haine raciale pour mieux défendre la politique coloniale d’Israël que votre gouvernement assure pourtant condamner.

Madame la Ministre : inculpez-moi puisque j’incite et je participe à de telles actions !

Sinon il n’est qu’un autre choix pour vous : revenir sur votre circulaire et indiquer aux parquets votre volonté de défendre le droit – tout le droit mais rien que le droit. La politique et le droit font, en effet, mauvais ménage.

Avec l’assurance de mes sentiments républicains et antiracistes,

Jean-Claude Lefort
Président de l’AFPS
Député honoraire.

Association France-Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél: 00.33.1.43.72.15.79
Fax: 00.33.9.56.03.15.79
afps@france-palestine.org
www.france-palestine.org



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Re : Israel et Palestine
« Réponse #74 le: 29 septembre 2010 à 11:37:11 »
HS ou pas ???

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Le CICP visité par effraction pendant le week-end du 18-19 septembre 2010
publié le lundi 27 septembre 2010

Communiqué du Centre international de culture populaire (CICP)
 
Le CICP, Centre International de Culture Populaire tisse depuis plus de trente ans des liens de solidarité internationale dans le milieu des associations militant pour la paix, la justice et le droit.

Ce centre est n é en 1976 d’une volonté de rassembler des associations soutenant des luttes de libération nationale, des luttes contre les dictatures et l’obscurantisme et des associations mobilisées dans le mouvement social ici en France, afin de leur permettre d’exercer leurs activités et de défendre leur liberté d’expression.

Au 21 ter de la rue Voltaire à Paris, le CICP, dans le respect de la diversité et de l’indépendance des associations, fournit un support sous forme de locaux, de mutualisation de services et d’animation du lieu.

Ce lieu a été visité par effraction pendant le week-end du 18-19 septembre 2010. Des vols ont été commis dans les locaux de plusieurs associations. Des ordinateurs, de l’ar gent et d’autres matériels de travail ont été pris.

Les associations visées sont plus particulièrement celles militant en soutien à la Palestine, aux peuples opprimés, aux sans-papiers et pour le respect des droits des immigrés. Immédiatement après, le domicile du président de l’association Génération Palestine a été également cambriolé en plein jour et des appareils et de l’argent ont été volés. Au cours du même week-end, la façade du siège du MRAP à Paris a été arrosée d’essence.

Nous dénonçons un acte qui vise plus particulièrement les associations de la solidarité internationale et qui les prive d’une partie de leur outil de travail, alors qu’elles agissent dans un contexte très diffici le.

Nous sommes convaincus que le meilleur rempart contre ces attaques réside dans une solidarité renforcée.

Que ce cambriolage soit le fait de simples voleurs ou relève d’une volonté délibérée de porter atteinte à certains combats, l’enquête le dira peut-être. Mais de toutes façons, le CICP, aux côtés de toutes les associations de la maison reste vigilant et mobilisé pour la poursuite et l’intensification de son action.

Fait à Paris le 27 septembre 2010
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #75 le: 02 octobre 2010 à 10:43:51 »
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Les poursuites judiciaires contre Alima Boumediene-Thiery et ses compagnons : "une forfaiture sans nom’, estime Christine DELPHY


Christine Delphy, auteur, chercheuse au CNRS, fondatrice et directrice de la revue "Nouvelles questions feministes", s’indigne des attaques contre Alima Boumediene-Thiery et tous ceux qui participent comme elle a la campagne BDS.

Alima Boumedienne-Thiery est l’une des rares membres du Parlement, en France, dont l’action soit depuis des années, de façon constante et déterminée, orientée vers la défense des droits humains fondamentaux ; on l’a vue et on la voit dans toutes les luttes où la liberté est brimée, où la dignité humaine est bafouée. Et c’est bien la liberté et la dignité, et d’abord le droit de vivre des êtres humains qu’elle défend en participant à la campagne BDS : Boycott, Désinvestissement, Sanctions.

Cette campagne n’est pas menée au nom d’une religion, ni d’une ethnie, elle n’est pas menée contre un peuple au détriment d’un autre. Elle est menée au nom du droit des Palestiniens à vivre en paix sur la terre que les décisions de l’ONU ont reconnue comme la leur depuis 1967. Ce droit est bafoué, car cette terre est occupée. Leur droit à la paix est bafoué par les incursions incessantes de l’armée israélienne dans leurs villes et villages, par l’impossibilité qui leur est faite de se déplacer, de mener une vie de famille normale. Leur droit à vivre est bafoué par le fait que l’Etat israélien organise ou permet que des colons israéliens bâtissent des colonies sur leurs terres, les privent d’eau, arrachent leurs arbres, et finalement vendent les légumes et les fruits cultivés sur cette terre volée comme s’ils étaient les leurs, en bénéficiant des tarifs douaniers bas consentis à l’Etat d’Israel par l’Europe.

C’est contre ces pratiques, qui à l’occupation ajoutent la colonisation, et à la colonisation l’exploitation économique, que le Boycott est organisé. Prétendre que cette campagne incite à la haine raciale est un retournement pervers, quand ce sont les Palestiniens qui sont l’objet d’une persécution aux mille visages, et sans fin.

Le droit des Palestiniens, pour bafoué qu’il soit, existe cependant ; le défendre est un devoir pour tous les citoyens du monde entier qui se soucient de l’humanité. C’est ce que fait Alima Boumedienne-Thiery, parce qu’elle prend ce devoir au sérieux.

L’attaquer, ainsi que ses compagnons, en justice parce qu’elle s’élève contre une occupation, une colonisation, une exploitation que tous les traités internationaux condamnent, parce qu’elle lutte avec la seule force d’une indignation qui est de plus en plus partagée par le peuple français, contre une persécution d’Etat à laquelle les autres Etats auraient dû mettre fin depuis longtemps, cela est une forfaiture sans nom. Christine Delphy

CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com/spip.php?article5438

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #76 le: 12 octobre 2010 à 12:38:09 »
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Solidarité avec Stéphane Hessel, Alima Boumediene-Thiery et toutes les victimes de la répression
publié le lundi 11 octobre 2010

Bordeaux, Mulhouse, Perpignan, Pontoise… : en ce mois d’octobre, des hommes et des femmes sont poursuivis pour « provocation publique à la discrimination » - y compris une sénatrice de la République, Alima Boumediene-Thiery. Ailleurs, d’autres sont convoqués par les préfectures et menacés de procès du même type. Un ancien commissaire de police prétend même poursuivre... Stéphane Hessel, grand résistant, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et ambassadeur de France !Tous risqueraient jusqu’à 45 000 euros d’amende et trois ans de prison suivant la qualification des poursuites … Quel crime ont donc commis ces citoyens, connus et inconnus, pour mériter une accusation aussi infamante et encourir des peines aussi lourdes ? S’être dressés contre l’occupation et la colonisation de la Palestine par Israël, et notamment contre les « crimes de guerre » voire « contre l’Humanité » que le rapport Goldstone accuse son armée – et, dans une proportion nettement moindre, des groupes armés palestiniens - d’avoir perpétrés pendant la guerre de 2008-2009 contre la bande de Gaza. S’être révoltés contre l’impunité dont jouit un État qui viole pourtant ouvertement le droit international et les résolutions des Nations unies. Et avoir décidé de prendre leurs responsabilités en appelant eux-mêmes au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre cette politique condamnée par la grande majorité des opinions française, européenne et mondiale.

Pour présenter, contre toute évidence, cette action citoyenne comme raciste, il aura fallu que la ministre de la Justice s’abaisse à inventer, en février 2010, un « boycott des produits casher » qu’aucun dirigeant, aucun groupe, aucun militant du mouvement de solidarité pour une paix juste et durable au Proche-Orient n’a jamais prôné. Puis qu’elle exige des Parquets qu’ils poursuivent les militant-e-s pour « provocation publique à la discrimination ». Et celle qui diffame et menace ainsi des innocents appartient à un gouvernement qui, toute honte bue, non seulement stigmatise une communauté entière en raison de son origine ethnique, mais expulse illégalement de la « patrie des Droits de l’homme », sur cette base, des milliers de ressortissants d’Etats membres de l’Union européenne.

C’est pourquoi nous disons à Michèle Alliot-Marie : « Pas ça et pas vous ! ». Certains d’entre nous appellent au boycott de tous les produits israéliens ; d’autres « ciblent » les seuls produits des colonies israéliennes ; d’autres encore choisissent des formes d’action différentes. Mais nous sommes tous unis pour refuser catégoriquement que les militant-e-s de la campagne internationale Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) soient accusés et jugés pour « provocation publique à la discrimination » alors qu’au contraire ils combattent contre toute forme de discrimination, pour le droit de tous les peuples à l’autodétermination, pour l’application à tous les États du droit international et des sanctions prévues lorsqu’ils le bafouent. Tous ensemble, nous exigeons, à la fois au nom du droit international et des libertés : le retrait immédiat des directives envoyées par la ministre de la Justice et son administration aux Parquets et la relaxe immédiate de ces innocents. Honneur à celles et ceux qui font leur le combat pour la justice et la paix que les autorités françaises ont trahi.

Paris, le 10 octobre 2010.

appel relayé par Mediapart :
http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/111010/non-aux-poursuites-contre-les-militants-bds
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #77 le: 01 novembre 2010 à 18:36:23 »
Je n'ai guère été étonnéé de voir que face à cela il y en a qui signent une pétition pour condamner la campagne BDS (et conséquemment encourager les poursuites contre ceux qui la mènent ..... :rougefache:), et c'est le monde qui se fait le relais de cette pétition (ça non plus je n'ai guère été surprise ...)

Le grand int&érêt de cette "info" est d'examiner QUI sont les signataires de cette pétition !

Citer
Il paraît que "Le boycott d’Israël est une arme indigne"

C’est dans Le Monde, signé par ... , devinez qui ?
Le texte (extrait) :

["Le boycott d’Israël est une arme indigne LEMONDE | 01.11.10 | 14h15 • Mis à jour le 01.11.10 | 14h54

Une entreprise commence à faire parler d’elle en France, consistant à promouvoir un embargo d’Israël tant dans l’ordre économique que dans celui des échanges universitaires ou culturels. Ses initiateurs, regroupés dans un collectif intitulé Boycott, désinvestissement, sanctions, ne s’embarrassent pas de détails. Au vu de leur charte, tout ce qui est israélien serait coupable, ce qui donne l’impression que c’est le mot même d’Israël que l’on souhaite, en fait, rayer des esprits et des cartes. (la suite ici).

Les signataires :

Yvan Attal, comédien ; Pierre Arditi, comédien ; Georges Bensoussan, historien ; Michel Boujenah, comédien ; Patrick Bruel, comédien et chanteur ; Pascal Bruckner, essayiste ; David Chemla, secrétaire général de JCALL, ; Bertrand Delanoë, maire de Paris ; Frédéric Encel, géopolitologue ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Patrick Klugman, avocat ; François Hollande, député (PS) de Corrèze ; Georges Kiejman, avocat ; Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ; Bernard-Henri Lévy, philosophe ; Mohamed Sifaoui, essayiste ; Yann Moix, écrivain ; Bernard Murat, directeur de théâtre ; Jean-Marie Le Guen, député ; Pierre Lescure, directeur de théâtre ; Serge Moati, journaliste ; Daniel Racheline, vice-président de JCALL ; Arielle Schwab, présidente de l’UEJF ; Dominique Sopo, président de SOS-Racisme ; Gérard Unger, président de JCALL ; Manuel Valls, député-maire d’Evry ; Michel Zaoui, avocat. "]

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/01/le-boycott-d-israel-est-une-arme-indigne_1433857_3232.html#xtor=AL-32280184

(via Paz)

On aimerait bien que tous ces signataires nous expliquent aussi ce qu’ils font exactement pour la paix ? Que font-ils exactement à part soutenir les crimes de guerre de l’état d’Israël ? Que font-ils pour faire cesser le blocus ignoble de Gaza, faire tomber le mur déclaré illégal par la Cour International de Justice et supprimer les checkpoints INDIGNES qui humilient chaque jour les palestiniens. Les produits issus des colonies israéliennes, et donc ILLEGAUX, ne semblent pas les déranger non plus.
Au lieu de cela, ils ont peur pour Israël ?

Il est vrai que chaque jour un nouveau soutien à la campagne BDS se fait connaître.



(lu sur bellaciao)
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article109741
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #78 le: 03 novembre 2010 à 20:17:53 »
« Modifié: 03 novembre 2010 à 20:20:13 par sarkome »

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #79 le: 03 novembre 2010 à 22:13:27 »
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« Modifié: 04 novembre 2010 à 03:45:01 par TheTwit »

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #80 le: 11 novembre 2010 à 18:47:10 »
Approche, formulation, ton, je trouve que tout est bien joué dans cette intervention.

Comme quoi, il est possible de marcher sur des œufs et de s'en sortir avec brio, tout en clouant leur becs aux grands moralistes distributeurs de tickets d'antisémitisme devant les médias.

Et si ça s'appelait le talent ?

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/video/xfjlw4_nicolas-bedos-israel-suicide-mediatique-en-direct_news?additionalInfos=0" target="_blank" class="new_win">http://www.dailymotion.com/swf/video/xfjlw4_nicolas-bedos-israel-suicide-mediatique-en-direct_news?additionalInfos=0</a>

Évidemment, ça n'a pas plu à tout le monde et il doit bien y avoir une ou deux procédures qui traînent. Mais je n'ai pas vu poindre les polémiques habituelles.
« Modifié: 17 novembre 2010 à 14:08:13 par timbur »
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #81 le: 11 novembre 2010 à 19:48:34 »
Et si ...... ça arrive !

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08/11/2010

Le BNVCA saisit le CSA a la suite de reclamations de nombreux telespectateurs de France 2 choques par la chronique dieudonniste la ''semaine mythomane'' de Nicolas Bedos le 5.11.10 dans l'emission de Franz Olicier Giesbert

BUREAU NATIONAL DE VIGILANCE CONTRE L 'ANTISEMITISME
 8 boulevard Saint Simon 93700 Drancy 0663883029



Le President
Sammy GHOZLAN
 0668563029


 Le 8 novembre 2010 Le Bureau National de Vigilance Contre l'Antisemitisme a recu un grand nombre de reclamations emanant de telespectateurs de France 2 choques par la chronique ''la semaine mythomane''de Nicolas Bedos,qui dans l'emission de Franz Olivier Giesbert, le vendredi 5 novembre 2010 a 23h10 fait du dieudonnisme ,et tente de se rendre celebre en caricaturant les juifs et Israel.Il n'y a qu'a lire les jubilations du redacteur du site d'Europalestine, ou la premiere reaction a sa chronique dans le forum de discussion de cette emission qui resume ce que provoquent la lachete ,l'indecence , l'irrespect,la moquerie de la Shoa,l'injure pour les victimes et les survivants de cette catastrophe. Deja un premier correspondant ecrit ''Cracher sur Israël devant Finkielkraut et Levy, c'est trop bon Nicolas se lâche sur le sujet tabou et balance quelques vérités bien placées, dommage par contre qu'il bave un peu sur Dieudo alors qu'il résume très bien ce que Dieudo critique depuis si longtemps. Suicide médiatique au nez de Finkielkraut et à la bave de Elizabeth Levy'' Si pour le BNVCA le soutien aux palestiniens,ni la critique d'Israel ne sont a priori de l'antisemitisme,il est verifie toutefois que la propagande palestinienne est la source essentielle de l'antisemitisme, car elle conduit a la haine d'Israel qui pousse a l'acte antijuif . Le BNVCA a decide de saisir le Conseil Superieur de l'Audiovisuel.
 
 
 



J'apprécie particulièrement le "Si pour le BNVCA le soutien aux palestiniens,ni la critique d'Israel ne sont a priori de l'antisemitisme,il est verifie toutefois que la propagande palestinienne est la source essentielle de l'antisemitisme, car elle conduit a la haine d'Israel qui pousse a l'acte antijuif" ...... Tu parles d'une mauvaise foi !
source :
http://www.sosantisemitisme.org/communique.asp?ID=381
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #82 le: 11 novembre 2010 à 20:07:30 »
Du talent... et des cojones... ce qui n'a pas plu - il fallait s'y attendre - à tout le monde
Mais ça réagit à la réaction !

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Suicide médiatique : Bedos rattrapé par les défenseurs d'Israël

J’avais annoncé cela il y a peu, non sans une certaine certitude discrète. C’est enfin arrivé. Quelques jours après la chronique de Nicolas Bedos critiquant ouvertement l’Etat d’Israël et sa politique, ainsi que le business axé autour de la mémoire de la Shoah (et ce en direct sur le service public), le BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme) a saisi le CSA.

Après avoir, soit disant, été contacté par les "réclamations de nombreux téléspectateurs", le bureau a donc choisi de réagir et de condamner ouvertement la chronique de Nicolas Bedos. Comme je le disais dans un précédant article, les symptômes post-suicide médiatique semblent commencer à se déclarer. Stade 1 : aucun commentaire dans les grands médias.
Stade 2 : réaction des associations antiracistes.
Stade 3 : disparition totale ou partielle des écrans ? Tribunaux ? Diabolisation ? La mécanique semble enclenchée.

Dans un communiqué , le BNVCA dit avoir « reçu un grand nombre de réclamations émanant de téléspectateurs de France 2 choqués par la chronique ''la semaine mythomane'' de Nicolas Bedos, qui dans l'émission de Franz Olivier Giesbert, le vendredi 5 novembre 2010 a 23h10, fait du dieudonnisme, et tente de se rendre célèbre en caricaturant les juifs et Israël ». Ainsi, l’association nous révèle que s’exécuter à une moquerie sur les juifs ou Israël serait passible de sanctions.

Et cette dernière de poursuivre : « Il n'y a qu'a lire les jubilations du rédacteur du site d'Europalestine, ou la première réaction à sa chronique dans le forum de discussion de cette émission qui résume ce que provoquent la lâcheté, l'indécence, l'irrespect, la moquerie de la Shoa, l'injure pour les victimes et les survivants de cette catastrophe ».
Donc Nicolas Bedos serait responsable des différentes récupérations de sa chronique par divers mouvements, et aussi, plus grave, de la réaction d’un internaute lambda sur le forum de l’émission. Quel drame ! Au passage, on apprendra aussi que la chronique en question contenait des insultes aux victimes. Après réécoutes nombreuses, il n’en est pourtant rien. Bizarre.

Le communiqué finit en beauté, comme un feu d’artifice d’âneries : « Si pour le BNVCA le soutien aux palestiniens, ni la critique d'Israël ne sont a priori de l'antisémitisme, il est vérifié toutefois que la propagande palestinienne est la source essentielle de l'antisémitisme, car elle conduit a la haine d'Israël qui pousse a l'acte antijuif. Le BNVCA a décidé de saisir le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ».
Du lourd. Par ou commencer ? Ah oui, il nous est expliqué d’abord que le soutien à la Palestine, ou la critique d’Israël n’est "a priori" pas de l’antisémitisme. C’est une bonne chose, sauf qu’ensuite, il nous est dit tout l’inverse, c'est-à-dire qu’il est "vérifié" que "la propagande palestinienne est la source principale de l’antisémitisme". Mais qui a "vérifié" ça, et en quoi est-ce une vérité indiscutable ? Il serait donc désormais interdit d’inviter quiconque à soutenir la Palestine, car cela serait "la source principale de l’antisémitisme", et que cela conduirait à "l’acte antijuif". Quelle révélation.

Voilà comment une association de défense d’Israël ( c’est pas moi qui le dit) interdit tout avis contradictoire à la ligne politique de son Etat chéri. Si l’on marche dans ce sens, l’association devrait également poursuivre Elisabeth Lévy et Alain Finkielkraut en justice. En faisant sans cesse de la propagande pro-israélienne, ces derniers contribuent donc à véhiculer un message qui serait la source de l’antipalestinianisme, et inciterait des gens à l’acte anti-palestinien. Ca tombe sous le sens non ?

Pour finir, et pour en revenir à Nicolas Bedos, cela ne semblait être qu’une question de temps avant qu’il soit épinglé par une association antiraciste - en l’occurrence uniquement orientée vers l’antisémitisme. Le symptôme numéro 2 semble en cours. A quand, comme suggéré plus haut, une disparition des écrans, une diabolisation générale, et un passage au tribunal ? Question de jours, de mois ?
source

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #83 le: 11 novembre 2010 à 20:34:56 »
Quand je disais "pas de polémiques", j'entendais en dehors du microcosme du net. En comparaison de l'époque Dieudonné, par exemple.

Je n'en ai pas entendu parler à la TV jusqu'ici.

Ça viendra peut-être, cela dit.
« Modifié: 17 novembre 2010 à 14:07:15 par timbur »
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #84 le: 17 novembre 2010 à 13:02:46 »
le ridicule ne tue pas , heureusement pour le CRIF :nono:

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Le Crif s'indigne d'une expo photo sur Gaza au musée d'art moderne de Paris

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s'est indigné lundi d'une exposition du photographe Kai Wiedenhöfer sur des personnes mutilées à Gaza qui se déroule dans les locaux du musée d'Art moderne de la Ville de Paris.

Le musée accueille jusqu'au 5 décembre une exposition "Gaza 2010" réalisée par l'Allemand Kai Wiedenhöfer, lauréat du prix de photojournalisme attribué par Carmignac Gestion.

Le photographe "ne veut pas simplement montrer des victimes d'opérations de guerre comme il y en a malheureusement dans tous les conflits armés. Il fait oeuvre de propagande", écrit le Crif dans un communiqué.

"Il veut ignorer que de nombreux Israéliens aussi ont été victimes et marqués à vie par des attentats dont la plus grande partie a été organisée par le Hamas (...)", poursuit l'organisation.

"Cette focalisation contre Israël est un acte de militantisme politique que ne devrait pas accepter le musée d'Art moderne de Paris, qui est sous la responsabilité de la Ville de Paris", considère le Crif.

"Nous sommes surpris que le musée d'Art moderne de Paris puisse abriter une exposition aussi politique que celle-là alors que ce n'est pas forcément sa vocation", a répondu Marc Knobel, chercheur au Crif, interrogé par l'AFP.

Il souligne que le Crif n'a pas pour habitude de dénoncer des expositions. "C'est un peu une première", selon M. Knobel. "Nous n'appelons pas pour autant à la censure de cette exposition", a-t-il ajouté.

Interrogé par l'AFP, le directeur du musée d'Art moderne de la Ville de Paris, Fabrice Hergott, a répliqué : "cette exposition ne fait pas partie de la programmation du musée".

Elle a lieu dans le cadre d'un contrat de mécénat avec Carmignac Gestion. Mécène du musée, cette société de gestion d'actifs dispose d'une salle pendant un mois pour présenter les travaux du photographe primé, a dit M. Hergott.

"Nous n'intervenons pas sur le contenu", a dit M. Hergott qui reconnaît que les photos sont "dures".

Un avertissement à l'entrée prévient déjà que l'exposition peut choquer un public sensible, dit-il.

"Nous allons peut-être multiplier les avertissements, en soulignant qu'il s'agit d'un prix de journalisme accueilli par le musée dans ses murs", a ajouté M. Hergott.

Le prix créé par Edouard Carmignac en 2009 consiste à financer un reportage sur un thème donné, en prise directe avec l'actualité. La bourse est de 50.000 euros. Le laurat se voit offrir une exposition et un livre, édité chez Steidl.

Le jury 2009, présidé par le photographe William Klein, était composé de personnalités reconnues du monde de la photo.

http://www.la-croix.com/afp.static/pages/101115183441.jc5l6wmp.htm


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Re : Israel et Palestine
« Réponse #85 le: 17 novembre 2010 à 13:13:48 »
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #86 le: 22 novembre 2010 à 21:50:46 »
une preuve de plus de l'alignement vers une politique de criminalisation des contestataires, et tout ça pour des produits étrangers... bizarre ce gouvernement, il laisse passer les frontières à ce qui l'arrange...

quoiqu'il en soit, j'ai une solution : boycottons cette loi !

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Il est désormais interdit de boycotter

la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une «provocation publique à la discrimination envers une nation»...

Par BENOIST HUREL Secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature

On a les victoires qu’on peut : Michèle Alliot-Marie a, il y a quelques mois, par une simple circulaire, commis un attentat juridique d’une rare violence contre l’un des moyens les plus anciens et les plus efficaces de la contestation des Etats par les sociétés civiles, à savoir le boycott. Le 12 février, la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une «provocation publique à la discrimination envers une nation», punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression «ferme et cohérente» de ces agissements.

Soyons justes : la paternité de cette brillante initiative revient au procureur général de Paris qui avait, dans son rapport de politique pénale 2009, suggéré que «les faits de boycott ou de provocation au boycott peuvent s’analyser, selon les espèces, soit en une provocation à la discrimination, soit en une discrimination ayant pour effet d’entraver l’exercice d’une activité économique». On peut rappeler les actions de ce type dans l’histoire : boycott du Royaume-Uni en 1930 initié par Gandhi contre la colonisation, boycott de l’Afrique du Sud dans les années 70 par les militants antiapartheid, boycott, à la même époque, par la communauté homosexuelle américaine d’une marque de bière qui refusait d’embaucher les gays ou, plus récemment, boycott des produits chinois par les soutiens de la cause tibétaine et des produits israéliens par les militants palestiniens… Pour l’ex-garde des Sceaux, il ne s’agit pas là d’entreprises de protestation et d’émancipation, souhaitables en démocratie, mais d’associations de malfaiteurs en vue d’attenter à la bonne marche du commerce, donc du monde.

La notion de discrimination ne peut s’entendre que d’une différence de traitement n’obéissant à aucun but légitime. Une action collective qui viserait à ne pas consommer de produits d’une entreprise parce qu’elle licencie ou délocalise sa production, ou d’un Etat parce qu’il maltraite ses minorités ne peut être qualifiée de discriminatoire, sauf à ôter aux consommateurs leur seul pouvoir, celui de ne pas de consommer n’importe quoi et n’importe comment. Que l’on se rassure : les Etats qui décideraient d’imposer un embargo à un pays étranger n’encourront pas les foudres de la loi pénale…

L’instrumentalisation d’un texte qui visait à combattre le racisme, le nationalisme et le sexisme est inadmissible, surtout lorsqu’elle vise à faire taire l’engagement citoyen. La circulaire en question, qui a su convaincre au moins un tribunal, constitue donc, pour la société civile, une régression d’une ampleur peu commune. Cette provocation s’est pour l’instant heurtée à un mur de silence. La pénalisation de la contestation est toujours une mauvaise nouvelle pour la démocratie. L’absence de contestation de la pénalisation, lorsque celle-ci ne répond à aucun autre objectif que celui de museler les peuples, n’en est pas une meilleure.
« Modifié: 22 novembre 2010 à 21:52:23 par TYGER »
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #87 le: 13 décembre 2010 à 14:59:01 »
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Les fraises et le blocus de Gaza

Une campagne médiatique orchestrée depuis peu nous informe de l’arrivée sur le marché français de fraises et de fleurs de Gaza, par le biais de la société Agrexco .

Agrexco est la société israélienne, pour moitié à capitaux d’Etat, spécialisée dans la commercialisation et l’exportation de produits agricoles, dont une part importante est exportée en Europe, en particulier sous la marque Carmel. Agrexco exporte 70% de la production des colonies israéliennes implantées en territoire palestinien en violation totale de la 4ème Convention de Genève. C’est une société rapace, totalement spoliatrice des Palestiniens.

Une nouvelle fois, nous dénonçons avec force le caractère illicite de ces exportations qui ne sont rien d’autres que des vols. Nous avons donc appelé en toute légitimité à boycotter les produits des colonies qu’elle exporte. Nous participons aussi à la mobilisation contre l’implantation d’Agrexco dans le port de Sète ou dans tout autre port européen.

Aujourd’hui, les producteurs de fraises Gazaouis qui veulent exporter leur production pour vivre, n’ont d’autre choix, du fait du blocus imposé par Israël, que de passer par Agrexco, qui exporte les produits agricoles palestiniens sous la marque Coral.

L’Ambassade d’Israël, qui cherche désespérément à se débarrasser de l’image repoussante qui lui colle à la peau depuis l’attaque et le blocus contre la population de Gaza, a l’outrecuidance de présenter cette situation comme une preuve de la bonne volonté d’Israël. Elle parle sans honte de « ponts que nous construisons pour la paix » ! Alors que, d’un côté, il fait subir un effroyable blocus à un million et demi de Gazaouis reclus dans cette bande de terre où quasiment rien ne rentre ni ne sort, Israël a le cynisme d’ouvrir, quand il le souhaite, la frontière de Gaza vers Israël. En l’occurrence, pour le profit d’Agrexco qui achète à bas prix le travail des paysans gazaouis. C’est une honte totale, un scandale.

Ce n’est donc pas le boycott des productions agricoles palestiniennes de Gaza pour lequel nous appelons à nous mobiliser. C’est contre le blocus, que rien ne justifie et qui est condamné par toutes les instances internationales, qu’il faut lutter ! C’est dans ce but que nous participons activement à la campagne « Un bateau français pour Gaza ». Ne nous trompons pas de cible : ce ne sont pas les producteurs palestiniens de Gaza que nous devons viser, mais la politique d’occupation et le blocus imposés par Israël.

Le bureau national de l’AFPS.
Nanterre, le 11 décembre 2010


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Re : Israel et Palestine
« Réponse #88 le: 28 décembre 2010 à 10:15:12 »
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La vieille dame indigne, Meïr Waintrater
Article mis à jour le 26-12-2010

Helen Thomas est une dame, âgée de 90 ans, qui avait tout pour entrer dans l’histoire comme l’une des grandes figures du journalisme américain. Elle avait travaillé pendant 57 ans à l’agence United Press International (UPI), dont elle fut longtemps la représentante auprès de la Maison Blanche. Elle prenait une part active à toutes les conférences de presse présidentielles, posant des questions souvent impertinentes et toujours remarquées. Devenue une icône de la vie publique aux Etats-Unis, elle écrivait ces dernières années des billets pour la chaîne de journaux Hearst.

Et voilà qu’en juin 2010, Helen Thomas accorde une interview filmée à un site internet juif. Interrogée sur l’État d’Israël, elle déclare: «Qu’ils foutent le camp de Palestine». L’interviewer, interloqué, lui demande ce que doivent faire, selon elle, les Juifs vivant en Israël. Réponse: «Qu’ils rentrent chez eux, en Pologne, en Allemagne, ou en Amérique». [Blog des radios juives francophones]>>>

Scandale. Helen Thomas publie des excuses, mais cela ne suffit pas, et elle doit démissionner de ses fonctions à la chaîne Hearst.

L’affaire revient au premier plan de l’actualité quand Helen Thomas, qui est la fille de deux immigrants libanais chrétiens, prend la parole devant une association arabe américaine à Detroit. Et elle en remet une couche. Non, elle ne regrette rien. D’ailleurs, dit-elle, «le Congrès, la Maison Blanche, Hollywood et Wall Street sont la propriété des sionistes». C’était le 2 décembre 2010.

Nouveau scandale. L’université où Helen Thomas avait fait ses études annonce la suppression d’un prix annuel pour «la diversité dans les médias» qui portait son nom. Et là, montée au créneau de plusieurs associations arabes américaines, qui prennent la défense de la vieille dame. Avec pour effet que des propos évidemment racistes, où le mot «sioniste» sert de substitut commode au mot «juif», sont endossés par des organisations ayant pignon sur rue.

En d’autres termes, ce que nous avons connu en France sous le nom de «phénomène Dieudonné», les Américains le découvrent aujourd’hui grâce à Helen Thomas. Welcome to the Club.

source

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #89 le: 30 décembre 2010 à 08:03:04 »
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Paris, le 29 décembre 2010

Madame Alliot-Marie
Ministre d’État
Ministre des Affaires étrangères
37, Quai d’Orsay
75007 Paris

Madame le Ministre des Affaires Étrangères,

A l’Assemblée nationale, le 22 décembre dernier, vous avez répondu à la question du député Hervé de Charrette, qui vous interrogeait sur l’inaction de l’Union européenne au Proche-Orient. L’ancien ministre y soulignait à juste titre que cette situation était plus que choquante, eu égard aux déclarations faites par cette dernière, notamment la déclaration du Conseil des ministres des Affaires étrangères 8 décembre 2009.

1. Dans votre réponse, vous avez affirmé qu’il n’était pas possible « pour des raisons de stabilité régionale » de rester sur l’échec actuel. Certes, la question de la stabilité est majeure mais ne pensez-vous pas que cette instabilité régionale est la conséquence d’une politique et des complicités dont celle-ci bénéficie et non pas un fait en soi ? Quelle résulte du refus obstiné de l’État d’Israël d’appliquer les résolutions pertinentes des Nations unies sur les conflits israélo-palestinien et israélo-arabe ? Et n’estimez-vous pas que les Palestiniens n’en peuvent plus de cette injustice qui les frappe – et la société israélienne par ricochet – depuis plus de 40 ans ? L’instabilité régionale est fruit de la complaisance de la « communauté internationale » à l’égard de cette injustice, de son refus d’imposer fermement le droit à Israël aussi.

Vous agissez et vous sanctionnez quand il s’agit de la Côte d’Ivoire, par exemple. Mais quand il s’agit de l’État d’Israël, qui pourtant piétine chaque jour les décisions de l’ONU, le mot sanction – et plus encore la chose – disparaît de votre vocabulaire.

Pis : comme ministre de la Justice et Garde des Sceaux vous avez fait envoyer, début 2010 aux Parquets, une directive exigeant qu’ils poursuivent celles et ceux de nos concitoyens qui - devant l’inaction de la communauté internationale, de l’Union européenne et de votre gouvernement - ont décidé de recourir au boycott citoyen des produits israéliens, comme leurs aînés l’avaient fait contre l’Afrique du Sud de l’apartheid. Vous avez même inventé un « boycott des produits casher », dont je vous mets au défi d’apporter la moindre preuve de l’existence dans notre pays, pour leur appliquer l’article 24 alinéa 8 de la Loi du 29 juillet 1881 réprimant la « provocation publique à la discrimination » : un tract distribué ou un autocollant apposé pourrait leur coûter, comme dans la plus sinistre des dictatures, trois ans de prison ferme, 45 000 euros d’amende et, pour les fonctionnaires, la radiation à vie.

Bref, au lieu de sanctionner Israël pour ses violations permanentes du droit international, vous sanctionnez ceux qui appellent au respect de ce droit et à la fin de l’impunité d’Israël. C’est le monde à l’envers : vous traitez comme des criminels celles et ceux qui veulent le droit et protégez comme des innocents les responsables – dixit le rapport Goldstone – de « crimes de guerre, voire contre l’Humanité ».

2. Toujours dans votre réponse du 22 décembre, vous évitez en revanche soigneusement d’informer la représentation nationale d’un aspect majeur du Conseil des Affaires générales de l’Union européenne tenu le 13 décembre dernier : à savoir que celui-ci se proposait, « le moment venu », de reconnaître l’existence d’un Etat de Palestine.

Or ce serait un acte politique majeur, de nature à débloquer une situation d’impasse qui peut, à tout moment, menacer gravement la paix mondiale. Reconnaître de facto et de jure un État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale et contribuer à ce qu’il soit bientôt accueilli au sein des Nations unies, comme l’a envisagé le président américain Barack Obama dans son discours à la dernière Assemblée générale de l’organisation, voilà une décision que peut prendre sans tarder l’Union européenne. Car le « moment » n’est pas à venir : il est venu.

Au lieu d’agir, vous qui vous réclamez du gaullisme vous plaignez de n’être pas assez associée à la stratégie américaine, laquelle, c’est l’évidence, est paralysée devant l’intransigeance des dirigeants israéliens. Mais qui vous empêche de peser de tout votre poids en reconnaissant immédiatement l’État de Palestine ? Personne ! Qui donc pourrait empêcher l’Union européenne de faire ainsi bouger les lignes ? Personne !

Eh bien, c’est ce que je vous demande de faire, Madame le Ministre.

Je demande que la France déclare solennellement et officiellement reconnaître l’État de Palestine et entraîne les autres membres de l’Union à agir de même, comme le font en nombre grandissant des États du continent latino-américain, et ce sur la base des paramètres connus, et rappelés ici, conformes au droit international.

Pourquoi l’Union européenne devrait-elle se placer à la remorque des États-Unis et se rendre dépendante de leur crise stratégique ? Elle peut, au contraire, marquer de son empreinte la politique mondiale. Elle le doit.

Et je vous demande instamment, par cette lettre ouverte, de faire dès aujourd’hui : que la France reconnaisse l’État de Palestine dans les frontières d’avant la guerre de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale : et qu’elle contribue décisivement, comme membre permanent du Conseil de sécurité son admission comme membre de plein droit par l’Assemblée générale des Nations unies.

Je vous prie de croire, Madame le Ministre, en l’expression de mes sentiments respectueux.




Jean-Claude Lefort
Président de l’AFPS
Député honoraire
--
Association France-Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél: 00.33.1.43.72.15.79
Fax: 00.33.9.56.03.15.79
afps@france-palestine.org
www.france-palestine.org




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Re :Israel
« Réponse #90 le: 14 janvier 2011 à 23:01:32 »
New York Times

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Un photographe israélien, Menahem Kahana, a déclaré à «Haaretz» qu'il a été soumis à un dépistage supplémentaire et a demandé de retirer son pantalon.

Bien que nous apprécions le besoin de sécurité, ce n'est pas tout à fait inacceptable pour inviter les gens pour des cocktails dans un hôtel cinq étoiles et ensuite les faire se déshabiller à la porte.

Plusieurs membres ont été forcés de retirer leurs sous-vêtements, en attendant aussi longtemps que 20 minutes dans cette situation humiliante alors que la sécurité vérifié leurs documents. D'autres, dont le chef de bureau du quotidien The Wall Street Journal, ont été fouillés et forcés d'enlever leurs pantalons. Un certain nombre de membres est sorti de l'événement dans le dégoût qui suit ce traitement ignoble.


bien fait pour leur gueule. tout ca pour faire de ronds de jambes a cette crapule de premier ministre. Toutes photos moyenant quelques piecettes :merci:

Ca n'est peutetre pas pas le bonne place M.Timbure? :rouge:


******
C'est rectifié (extrait du fil sur la Tunisie) -timbur
« Modifié: 15 janvier 2011 à 05:18:00 par TheTwit »

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #91 le: 17 janvier 2011 à 10:39:00 »
et ce "pauvre" Zemmour, pourchassé par les barbus et les noirs, qui se bat contre la pensée unique... c'est plutôt risible n'est-ce pas ?!

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Le CRIF revendique la censure de Stéphane Hessel et l'atteinte à liberté d'expression à l'ENS
14 Janvier 2011 Par _resa_
Edition : Soutenons Stéphane Hessel et les pacifistes de la campagne BDS

Nous apprenons avec stupeur la décision de Mme Canto-Sperber, la directrice  de l'Ecole Normale Supérieure, de retirer la réservation de la salle accordée pour la tenue d'une rencontre exceptionnelle avec Stéphane Hessel mardi 18 janvier. Cette conférence s'inscrivait dans la lignée de l'appel qui a reçu les signatures prestigieuses de personnalités politiques et intellectuelles de sensibilités très diverses, et de 10000 citoyens. L'appel peut encore être signé ici : www.collectifpaixjustepalestine.org

Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) revendique cette victoire de la censure, et remercie ses amis : Valérie Pécresse (ministre de l'enseignement supérieur), Bernard-Henry Lévy, Alain Finkielkraut, Claude Cohen-Tanoudji, Arielle Schwab. Tous, selon lui, seraient intervenus activement pour bâillonner Stéphane Hessel et ses prestigieux soutiens. 

Mobilisées pour les droits démocratiques et contre les menaces visant Stéphane Hessel et les prévenus de la campagne BDS, de nombreuses personnalités devaient effectivement s'exprimer à la tribune ou par des messages:

- Benoist Hurel (secrétaire général adjoint du Syndicat de la Magistrature)

- Leila Shahid (ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union Européenne)

- Haneen Zoabi (députée au parlement israélien)

- Michel Warschawski (Israélien, fondateur du Centre d'Information Alternative)

- Nurit Peled (mère israélienne d'une victime d'attentat, fondatrice du cercle des familles endeuillées, Prix Sakharov pour la paix du parlement européen)

- Elisabeth Guigou (députée, ancienne Ministre de la Justice et Garde des Sceaux)

- Daniel Garrigue (député, porte parole de République Solidaire)

- Gisèle Halimi

- ... et bien d'autres...
 

300 personnes étaient déjà inscrites pour cette conférence, exclusivement annoncée sur Mediapart. La direction a déjà reçu de nombreux mails de protestation, auxquels elle répond par le déni.

Le comportement indigne de la directrice d'un des hauts lieux de l'intelligence française et de celles et ceux qui ont fait pression sur elle pose de nombreuses questions auxquelles nous répondrons, avec nos invités et amis, lors du rassemblement auquel appellent les organisations ayant soutenu cette conférence.
 

Rendez-vous mardi 18 janvier à 18h30  pour un grand rassemblement contre la censure et pour le respect des libertés démocratiques.

Place du Panthéon, devant l'édifice où sont inhumés les grands hommes de la république, dont notamment Rousseau et Voltaire.

Nul n'a le droit d'interdire aux citoyens de notre pays de dénoncer l'impunité des violations israéliennes du droit international et la collusion de notre gouvernement avec la droite extrême au pouvoir en Israël!

 

Organisation signataires : AFPS (Association France Palestine Solidarité), CCIPPP (Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien), CJPP5 (Comité Paix Juste Palestine 5ème), Génération Palestine, GUPS (Union Générale des Etudiants de Palestine, UJFP (Union Juive Française pour la Paix)
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #92 le: 24 janvier 2011 à 00:49:25 »
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D’une bêtise l’autre, MAM transporte ses longs foulards de femme de notaire aux quatre coins du monde. Elle vient de recevoir à Gaza un accueil à la tomate bien mérité. La veille elle avait écouté sans mot dire Netanyaou annoncer qu’il allait couper l’eau et l’électricité à ces mêmes gens de Gaza.

Citer
LETTRE DE LA MERE DE SALAH HAMOURI A MICHELE ALLIOT MARIE

Madame la Ministre,

Comme beaucoup de Français, d’Israéliens et de Palestiniens, je suis avec intérêt votre visite au Proche-Orient. J’aurais souhaité vous rencontrer mais cela ne s’est pas fait… Emploi du temps chargé, oubli …. Pourtant, votre rencontre avec les parents du soldat Shalit était inscrite en bonne et due forme dans votre programme …. Une fois de plus, une politique du 2 poids 2 mesures ….. J’ urais souhaité vous rencontrer peut-être pour vous demander encore une fois d’ intervenir pour la libération de Salah enfermé depuis 6 ans bien qu’il n’ait commis aucun acte délictueux. Mais ce qui est possible au Tchad , au Mexique ou ailleurs ne l’ est pas de toute évidence en Israël et "les efforts démesurés" de notre diplomatie n’ont pas eu le résultat espéré…

J’ai suivi avec intérêt votre déplacement à Gaza où un comité des familles de prisonniers palestiniens vous a accueillie avec une certaine agressivité.

Madame la Ministre, quelle maladresse de votre part d’aller à Gaza suite à votre visite a la famille du soldat Shalit … vous n’ignorez pas que des milliers de Palestiniens de Gaza sont enfermés dans les geôles en Israël sans avoir droit à des visites familiales depuis la capture de Shalit et même bien avant pour certains… Peut-être ignorez vous qu’ils n’ont pas droit au courrier et sont coupés eux aussi de leur famille… Madame vous avez eu de belles paroles de réconfort pour les parents de votre compatriote Shalit mais vous n’ avez pas dit un mot sur les 8ooo prisonniers palestiniens , vous avez ignoré le cas de mon fils… Madame, si Shalit est d’après vous pris en otage par le Hamas, les prisonniers de Gaza qui n’ont plus droit de visite le sont aussi. Si la demande de visite de la CR pour le soldat Shalit est légitime alors les droits des prisonniers politiques palestiniens et ceux de Gaza pour commencer le sont aussi. Madame, les prisonniers palestiniens à commencer par ceux de Gaza ne sont pas des numéros ou des terroristes mais des êtres humains tout comme le soldat Shalit … Comme lui ils ont des parents, une femme des enfants…"

Denise Hamouri

c'est ici, dans bakchich

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #93 le: 24 janvier 2011 à 17:29:08 »
Sachant que les forumers sont tres occupés par leur travail  :gene4: et ne musardent pas sur le net quand le boss paye  :merci:


Le Monde

Révélation de documents sur le Proche-Orient : "Israël avait un partenaire pour la paix"( tres interressant)

Réponse d'un lecteur du « MONDE »


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TOLSTOI

La " bande à Netanyahou et Lieberman" est enfin démasquée ! Plus personne ne pourra douter que si le Proche Orient est toujours à feu et à sang c'est bien la volonté délibérée des extrémistes religieux Juifs. Ils sont à mettre dans le même sac que les islamistes qu'ils rendent responsables des malheurs du peuple Israélien. Comment maintenant vont s'en sortir les défenseurs de Netanyahou que sont BHL, Finkelkraut et Klasrfeld ... Ils devraient enfin réfléchir et arréter de hurler aux loups


--------Lady M
Rajout du lien vers l'article complet du monde
« Modifié: 24 janvier 2011 à 18:20:28 par Lady Marwina »

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #94 le: 25 janvier 2011 à 14:28:45 »
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L’incroyable réponse de Mme Alliot-Marie
publié le mercredi 19 janvier 2011

Jean Claude Lefort

Paris, le 16 janvier 2011

Madame Michèle Alliot-Marie
Ministre d’Etat
Ministre des Affaires étrangères
37, quai d’Orsay
75007 Paris

Madame le Ministre,

Dans un courrier daté du 5 janvier, en réponse à ma lettre concernant la situation de notre compatriote Salah Hamouri, vous avez écrit cette phrase finale : « Les autorités françaises accordent une attention constante à la situation de Salah Hamouri et ne se satisfont pas de son maintien en détention. Il ne leur appartient pas, néanmoins, d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un Etat souverain. »

Cela appelle de ma part deux remarques principales :

1. Est-ce que l’Iran – indépendamment de ce que nous pouvons penser les uns et les autres de son régime actuel – est un Etat souverain ? Si oui, est-ce que la France est intervenue pour la libération de notre jeune compatriote Clotilde Reiss ? Oui ! L’affaire était clairement politique et Clotilde est désormais, et fort heureusement, libre. Est-ce que le Mexique est un Etat souverain ? Si oui, est-ce que la France est intervenue et continue de le faire pour une compatriote française, Florence Cassez, incarcérée pour des motifs d’une toute autre nature ? Oui ! Je pourrais ainsi multiplier les cas où nous sommes intervenus, inclus pour « L’Arche de Zoé », dans des procédures se déroulant dans des « Etats souverains ». Pourquoi cette fois, s’agissant d’Israël, même ne serait-ce que « commenter », c’est non ?

J’aimerais connaître ce qui peut justifier à vos yeux cet incroyable double standard dans le comportement de notre pays.

2. Mais le plus important, qui est de fond, réside en ceci : Israël est un « Etat souverain » qui occupe illégalement des territoires palestiniens, fait subir un blocus inhumain à la population de Gaza et colonise Jérusalem-Est – le tout en violation totale du droit international.

Dans ces conditions vous ne pouvez pas considérer qu’Israël est un « Etat souverain » dans les territoires qu’il colonise. La Palestine, toute la Palestine, inclus Gaza et Jérusalem-Est, n’est pas partie intégrante de cet « Etat souverain ».

Or, à vous lire, c’est ce que vous laissez clairement comprendre.

Et c’est inacceptable.

Ainsi :

-  Est-ce que refuser une telle occupation, qui plus est pacifiquement, est de droit et légitime ? Oui ! Or c’est le seul fait tangible qui peut être imputé à Salah Hamouri. Et cela lui vaut 7 ans de prison, dont plus de 5 ans déjà accomplis ! Résister est un droit imprescriptible. Mais vous portez ce fait à charge contre lui. Inacceptable.

-  Salah Hamouri n’a rien fait de condamnable. Il n’a ni volé, ni tué, ni porté la moindre arme, ni eu le moindre geste négatif contre un rabbin ou contre quiconque d’autre. Le Tribunal militaire d’occupation l’a condamné sur la base d’une simple et unique « intention ». Or vous souscrivez aux fadaises des israéliens sans la moindre hésitation : selon vous il faudrait qu’en plus il s’excuse… Et le fait qu’il s’y refuse, légitiment, serait la preuve qu’on ne peut pas le libérer de manière anticipée car ce refus légitime serait la preuve qu’il y aurait « un risque élevé de récidive » à le libérer. Il ne sortira donc jamais de prison ? Inacceptable.

-  Vous écrivez qu’il avait « plaidé coupable » ? Mais c’est totalement inexact. Le choix devant lequel il était placé au terme de ce qu’on appelle là-bas un « arrangement », autrement dit un chantage, était le suivant : ou bien 7 ans ou bien le double. Il était donc condamné à-priori. C’est d’un « juger coupable » qu’ il faut parler. Cela n’a strictement rien à voir avec le système du « plaider coupable » là où il s’exerce dans des Etats de droit. Encore une fois : c’est un tribunal militaire d’occupation qui l’a condamné. Et pourquoi un tribunal « militaire » alors qu’il était étudiant et non pas un soldat ? Tout « simplement » parce qu’il fait partie des « occupés ». Il devait être forcément condamné. Et vous acceptez cela ! Pas nous.

Madame le Ministre, vous avez déclaré, en prenant vos fonctions, que la France ne suivrait pas une politique extérieure dictée depuis l’étranger. C’est en effet le minimum que nous pouvons souhaiter et admettre ! Mais que faites vous donc en l’occurrence sinon que de suivre à la lettre les accusations mensongères d’une force occupante condamnée et condamnable ?

Notre compatriote franco-palestinien, Salah Hamouri est donc doublement victime : il l’est parce qu’il refuse l’occupation du pays qui l’a vu naître et il l’est car la France accepte de considérer que c’est une charge qui doit peser contre lui. Je rappelle que, franco-palestinien, Salah Hamouri est de jure uniquement français du fait que, comme tous les habitants palestiniens de Jérusalem-Est, la dimension palestinienne de sa bi-nationalité lui est récusée par Israël.

C’est pourquoi, moi, je ne suis pas « étonné » par votre lettre comme vous semblez l’être par la mienne. Personnellement je suis choqué. Choqué par votre réponse qui reprend à la virgule près, sans la moindre précaution, les mots et les charges inventés contre un jeune Français par une force occupante - et non pas par un « Etat souverain »- constamment condamnée par l’ONU.

Oui je suis choqué que les autorités françaises n’agissent pas au niveau requis pour obtenir la libération de Salah Hamouri qui, bien que jeune, est finalement le plus vieux prisonnier politique français.

Je suis choqué que le Président de la République maintienne son refus de recevoir les parents de Salah. C’est le seul et unique cas où il agit ainsi. Et vous ne pouvez, là non plus, prétendre le contraire.

Madame le Ministre,

Un tribunal militaire – encore un –, celui de Clermont-Ferrand, condamnait à mort « par contumace » le général de Gaulle le 2 août 1940 parce que celui-ci avait choisi la résistance plutôt que la collaboration.

Le général de Gaulle, également déchu de sa nationalité française, considéra que ce jugement était « nul et non avenu ». Qui oserait prétendre qu’il avait tort ?

Un tribunal militaire d’occupation ou un tribunal complice d’une occupation ne sont que des instruments de la puissance occupante. Ils sont aux ordres. Ce n’est pas la justice. Il n’y a pas d’exception à cette règle. De même que ce concept incroyable utilisé en Israël « d’exécution extrajudiciaire ». Nous sommes bien dans une situation de guerre. Pourtant vous osez écrire que l’Etat israélien occupant est un « Etat souverain » et qu’il est donc libre de faire ce qu’il veut sans que vous ayez à intervenir ni même à commenter !

Il est vrai que votre positionnement sur les événements de Tunisie – ne condamnant même pas la répression et appelant à une coopération policière renforcée avec ce pays quelques jours avant la fuite du Président dictateur et corrompu – n’est pas spécialement à porter à votre crédit. Mais cela atteint gravement la France dans son image au Moyen-Orient.

Etant certains de porter la défense des droits de l’homme dans ce combat pour libérer Salah Hamouri, nous ne nous lasserons pas de vous demander la justice et sa liberté. Croyez-le bien !

Je vous prie de croire, Madame le Ministre, en mes sentiments distingués.


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Re : Israel et Palestine
« Réponse #95 le: 09 février 2011 à 12:06:24 »
Un scoop !

<a href="http://www.youtube.com/v/sgUjIZip6EA?version=3" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/sgUjIZip6EA?version=3</a>


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Re : Israel et Palestine
« Réponse #96 le: 11 février 2011 à 13:15:24 »
un vrai scoop :

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Le Surinam est le treizième pays d’Amérique Latine à reconnaître la Palestine comme État libre et indépendant.

La République du Surinam a reconnu ce mardi 1er février 2011 la Palestine comme État souverain dans ses frontières de 1967, devenant ainsi le treizième pays d’Amérique Latine à prendre cette position, a informé l’agence officielle palestinienne WAFA.

Le président de ce pays, Desi Bouterse (photo), a remis les documents respectifs au leader de l’Autorité Nationale Palestinienne (ANP), Mahmud Abbas, par l’intermédiaire de l’ambassadeur palestinien au Brésil. Abbas a applaudi cette décision et a hautement valorisé les relations entre le peuple du Surinam et le peuple palestinien. Dans la missive dont une copie a été transmise au Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki Moon, Bouterse défend le droit du peuple palestinien à "occuper son territoire et à vivre en paix" et plaide pour la fin du conflit de la part d’Israël et pour la stabilité de la région.

Cette reconnaissance couronne les efforts diplomatiques du leader de l’ANP, qui s’était réuni avec Bouterse durant la visite qu’il a réalisée au Brésil à l’occasion de l’accession au pouvoir de la présidente Dilma Rouseff

L’Amérique Latine accélère la marche vers une Palestine souveraine

Le Surinam devient ainsi le treizième pays à reconnaître l’État palestinien. Depuis le mois de décembre 2010, plusieurs autres pays sud-américains ont reconnu la Palestine comme État indépendant : l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, l’Équateur, le Guyana (corrigé - NdR), l’Uruguay, le Paraguay, le Chili et tout récemment le Pérou, bien que ces deux derniers pays ne l’ont pas fait dans le cadre des frontières de 1967. Cuba, le Nicaragua, le Costa Rica et le Venezuela avaient déjà reconnu l’État palestinien. Le seul pays manquant à l’appel en Amérique du Sud est la Colombie, dont la politique extérieure reste largement dépendante des États-Unis.

Le territoires de Jérusalem Est qui se trouve actuellement sous occupation israëlienne, ajouté à ceux de Gaza et de la Cisjordanie, totalisent six mille 200 kilomètres carrés sur les 15 mille qui appartenaient initialement aux palestiniens. Ce sont les seuls territoires encore aux mains de ce peuple après que l’Organisation des Nations Unies (ONU) a décidé en 1948 de diviser le territoire pour en donner une partie à Israël. Pendant la guerre des Six Jours en juin 1967, Israël a envahi le territoire de Jerusalem Est alors qu’il avait été assigné à la Palestine.

L’occupation israëlienne s’accompagne d’une grave crise humanitaire pour La population palestinienne à la suite du blocus économique et commercial imposé par Tel Aviv depuis quatre ans. Ce blocus impose la fermeture des passages frontaliers nécessaires pour que la Palestine puisse recevoir de l’aide humanitaire, alimentaire et le combustible.

Après l’invasion par Israël du territoire palestinien, le gouvernement de ce pays a entamé la construction de milliers de colonies israëliennes à Jerusalem Est. Les troupes et les autorités israëlienne ont délogé les résidents palestiniens par la forcé, raison pour laquelle les conversations de paix entre les deux nations sont au point mort.

Agences : TeleSUR/Prensa Latina-Télam-Ria Novosti/rp-PR http://www.telesurtv.net/secciones/...

Traduction : Thierry Deronne, pour La revolución Vive http://www.larevolucionvive.org.ve/
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Re : Israel et Palestine
« Réponse #97 le: 19 février 2011 à 04:23:02 »
Texte piraté sur le facebook de vio:

Citer
Comment Israël traite les petits Palestiniens

A. Kaniuk & T. Goldschmidt
10 février 2011
Ils arrivent par groupes en tenues de prisonniers, leurs pieds entravés, menottés à l’enfant suivant.
Israël : à 13 ans, ils lui ont pissé dessus, l’ont torturé et condamné à huit mois de prison.

L’humiliation est quelque chose de subjectif ; cela dépend de nos représentations personnelles. Pour moi par exemple, ce qui me semble le plus humiliant ce n’est pas qu’ils aient pissé sur lui mais qu’ils l’aient mis tout nu. Au début, le père de Mohammad avait honte de nous dire qu’ils lui avaient pissé dessus. Il ne pouvait pas prononcer ces mots là tout haut, je crois que pour lui c’était la chose la plus humiliante qu’ils aient faite à son fils.

Quel genre de personnes, je me demandais, appréhendent un enfant de 13 ans et le torturent de la sorte ? Et puis je me suis répondu : à peu près n’importe quel soldat israélien. N’importe quel soldat de l’armée israélienne se conduit ainsi avec les Palestiniens. N’importe qui, en fait, si les règles locales le permettent.

La première fois que je l’ai vu, c’était dans le hall numéro deux de la Cour militaire de "Ofer". C’est là qu’on juge les enfants : 20, 22, 23 enfants par jour. Les enfants et les adolescents arrivent par groupes de deux, trois et parfois quatre, en tenues de prisonnier marrons, leurs pieds entravés, menottés à l’enfant suivant.

Je l’ai tout de suite remarqué parce qu’il avait les cheveux joliment bouclés, l’air très jeune et parce qu’il pleurait. Je ne veux pas dire que les autres enfants ne pleurent pas, du moins les plus jeunes. Mais, d’après ce que j’ai vu, ils pleurent rarement ouvertement ; lui, il n’essayait même pas de retenir ses larmes ni de les cacher.

Le plus souvent ils sont conduits devant la Cour militaire pour qu’elle statue sur la prolongation de la garde. C’est la procédure, même pour les enfants. Peu importe ce dont ils sont accusés et la nature des preuves qui ont conduit à leur arrestation. De fait, quel que soit le rôle de cette Cour militaire, ce n’est certainement pas de trouver la vérité ni de décider de la punition adéquate. Surtout quand on sait que les arrestations sont effectuées au milieu de la nuit, généralement sur simple dénonciation de quelqu’un qui n’est souvent qu’un enfant lui-même. Ils sont accusés le plus souvent d’avoir lancé des pierres ou des cocktails Molotov improvisés. Et cela suffit pour les arrêter sans leur donner même la faculté d’être libérés sous caution, jusqu’à la fin de la procédure. Qui dure plusieurs mois. Au moins trois. Puis un jour on les juge et on les déclare presque toujours coupables. C’est le chef d’accusation qui tient lieu de preuve.

Et d’ailleurs, même si on admet que jeter une pierre sur l’occupant est un crime et qu’un enfant qui lance des pierres est aussi coupable qu’un adulte et même qu’une pierre est aussi dangereuse qu’une balle de revolver - même une pierre qui n’a atteint personne - même si on admet que tout cela est vrai, reste qu’on ne peut jamais savoir ce qui est arrivé exactement. Et ce n’est pas un échec ni une erreur du système, car la recherche de la vérité n’est tout simplement pas le but ici. Parce que la Cour est un outil de l’Occupation qui n’a qu’un seul but : opprimer, persécuter et dominer. Rien d’autre.

Quoiqu’il en soit, ce jour-là, comme beaucoup d’autres, des groupes d’enfants furent amenés les uns derrière les autres, attachés les uns aux autres, la plupart arborant un grand sourire malgré tout. C’est que cette grotesque comparution destinée à prolonger leur garde (et dont le but principal est de donner aux forces d’occupation le temps de briser et d’écraser ces enfants pour en faire des collaborateurs) est pour ces jeunes la seule occasion de voir leur famille. Et voilà le petit Mohammed Mukheir, qui ne sourit pas à ses parents, qui ne fait pas de signes, et je ne sais pourquoi nos coeurs se sont arrêtés et se sont déchirés en le voyant. Et encore, c’était avant d’apprendre ce qu’ils lui avaient fait subir. Son regard, doux et craintif, ses boucles enfantines, ses grands yeux débordants de larmes révélaient l’état de son âme. Et tout se déroula comme d’habitude. Le garde lui enleva les chaînes et il s’assit. Il y avait quelques enfants un peu plus vieux avant lui, et la cour avait pris du retard. Ce qui permit au moins aux enfants de parler avec leur famille dans la mesure où les gardes et les soldats les y autorisaient. Tous bavardaient sauf Mohammed. Il portait une chemise à manches courtes et tremblait de froid et il ne parlait pas, il ne faisait que pleurer. Et sa mère ne pouvait pas non plus s’arrêter de pleurer. Et c’est inhabituel, car les mères pleurent surtout après la comparution. Quand leurs enfants sont emmenés. Et le père, pour ne pas devenir fou, ne cessait de composer un numéro de téléphone virtuel sur sa main en murmurant à l’enfant de ne surtout pas l’oublier. Mais les lèvres de l’enfant étaient figées. Seules ses larmes coulaient.

Et puis ce fut son tour et l’interprète lui dit de se lever et il le fit. On lut son nom. Puis on lui dit de s’asseoir et il le fit. Ses yeux ne voyaient rien et il avait l’air d’avoir bien moins de 13 ans. Peu de temps après la juge dit qu’il y aurait une autre comparution dans 15 jours et le garde ordonna à l’enfant de se lever. Il le fit. Ses yeux et ceux de ses parents étaient rivés les uns aux autres. Alors le garde lui remit les chaînes et lui fit signe de partir. Son visage mouillé de larmes était blanc de terreur.

L’enfant se tenait debout près de la sortie, le garde à côté de lui le pressait d’avancer. Il lança un dernier regard à ses parents, ne pouvait en détacher ses yeux ; sa mère se tordait les mains et son père se décida finalement à lui murmurer : fais toi couper les cheveux. Fais toi couper les cheveux répétait-il tout bas, formant les mots avec sa bouche en montrant sa propre chevelure puis la chevelure bouclée de son fils. Comme s’il pensait que des cheveux courts donneraient une meilleure impression, auraient l’air plus respectable. Mais nous nous pensions le contraire. Qu’il valait mieux que l’enfant reste exactement comme il était. Les cheveux libres et l’air enfantin. Car ses boucles témoignaient du monde qui était le sien, le vrai monde, qu’il ne fallait surtout pas oblitérer. Le monde de l’enfance. Et de cette vulnérabilité jaillissait comme un cri, la réalité de ses droits intrinsèques et inviolables.

Et soudain la juge dit : Pourquoi est-il si peu vêtu ? Les mots résonnèrent dans l’air, leur écho s’évanouissant à mesure que le garde s’éloignait avec lui et disparaissait, et elle n’insista pas. Et les parents assommés se levèrent. La tête basse. Et ils s’en allèrent, courbés, et nous nous sommes dépêchées de les rattraper.

Nous et nos privilèges inviolables, nous continuerons de hanter les couloirs de cette Cour aussi longtemps qu’on nous le permettra.

« Il a menti à sa mère » nous dit Tareq, le père de Mohammed. « Il lui a dit : "Je suis dans le village". Il était avec les autres enfants et je ne sais pas comment c’est arrivé au juste mais des gens m’ont dit qu’ils l’avaient vu dans la jeep des soldats et qu’ils le passaient à tabac... Je savais où ils l’avaient emmené. Il y a une base de l’armée près de la colonie de Beit Horon. C’est à l’entrée de Lower Beit Ur, entre Upper et Lower Beit Ur. Alors j’y suis allé tout de suite et j’ai demandé après lui. Je voulais leur dire que ce n’était qu’un gosse. S’il a lancé des pierres, je l’enfermerai à la maison. Je voulais savoir ce qui lui arrivait. Mais le soldat m’a dit qu’il n’était pas ici. Que je devais essayer de voir s’il était à ’Ofer’. Il m’a dit ça mais je savais qu’il était ici. je leur ai dit je sais qu’il est ici. Ils m’ont dit ’si vous n’êtes pas parti dans les cinq minutes, le soldat va vous tirer dessus’. Ils parlaient du soldat du minaret. Celui qui surveille les alentours. Son fusil était braqué sur moi. Alors je suis parti. »

« A ce moment-là, nous n’avions aucune idée de ce qu’ils étaient en train de lui faire. Nous ne savions rien. C’est seulement plus tard que nous l’avons su. »

« Nous l’avons cherché une semaine entière, jusqu’à ce que nous ayons trouvé où il était » continua le père. « Partout on nous disait qu’il n’était pas là. Maintenant je sais qu’après trois jours à la base il a été emmené à ’Ofer’. Et qu’il y est resté un mois. Après quoi ils l’ont enfermé à ’Rimonim’. C’est une prison pour les femmes et les enfants. Et pendant tout ce mois il nous a été impossible de lui parler. Jusqu’à la comparution devant la Cour. C’est la première fois qu’on le voyait. Il était incapable de parler, il ne faisait que pleurer. Je ne sais pas ce qu’ils ont dit, ils ont parlé d’une autre date, peut-être dans deux semaines. Je ne me rappelle plus. C’est alors que nous avons reçu un coup de fil. De quelque part à Ramallah. Des militants des droits de l’homme. Pour les mineurs. Ils m’ont dit ’Votre fils est en mauvais état. Il a des problèmes aux pieds. Ils lui ont brûlé les doigts avec des cigarettes, avec des armes à feu. Sa mère et moi on a pleuré une semaine entière. On était incapables de manger. »

« Regardez sur Internet, on y parle ce qui lui est arrivé » ajouta-t-il. Il avait du mal à dessérrer les lèvres pour parler. C’était sans doute trop dur pour lui de nous raconter tout ça. Nous avons cherché sur Internet et nous avons trouvé l’article en question :

    « Des soldats israéliens ont torturé deux enfants et les ont forcé à boire l’eau des latrines. »

    Bab al Arab- 1.11.2010. Le ministre des Affaires des Détenus de l’Autorité Palestinienne, Issa Qaraqa’, a révélé que les soldats d’occupation avaient uriné sur deux prisonniers palestiniens mineurs et les avaient forcés à boire l’eau des toilettes et les avaient photographiés nus après les avoir arrêté et brutalisés.

    Selon des sources palestiniennes, Qaraqa’ a confirmé que les mineurs détenus, Mohammed Tareq Abd allatif Mkheimer ???? ???? ??? ?????? ?????, âgé de 13 ans et Mohammed Nasser Ali Raduan âgé de 13 ans lui aussi et élève de 6ième, avaient donné leur témoignage à l’avocate Hiba Massalha du ministère des prisonniers qui leur avait rendu visite dans l’aile des enfants de la prison ’Rimonim’. Ils ont dit que les forces d’occupation les avaient arrêtés en juillet dernier, leur avaient donné des coups violents sur les pieds avec leurs fusils, puis leur avaient entravé les pieds, leur avaient mis des bandeaux sur les yeux et les avaient conduit dans une colonie où ils les avaient forcés à boire de l’eau dans la cuvette des W.C. et les avaient photographiés tout nus, puis ils avaient mis l’air conditionné sur froid dans les toilettes et les avaient laissés 48 heures enfermés dedans sans vêtements.

    Les enfants ont ajouté que chaque fois qu’ils essayaient de dormir, les soldats les réveillaient. La chose la plus répugnante que les soldats leur ai fait subir c’est d’uriner sur leur têtes et leurs visages. Selon l’avocate Massalha, ce qui est arrivé à ces mineurs est immonde, et dépasse l’entendement.

De quoi est-il accusé ? avons-nous demandé.

« Seulement de jeter des pierres d’après ce que nous savons » dit Tareq. « Mais maintenant ils ont ajouté un cocktail Molotov aux accusations. Ce n’est qu’un enfant. Il n’a même pas encore de carte d’identité. S’il en avait une ce serait différent mais il est trop jeune.... Cela fait déjà trois mois qu’il est enfermé. C’est assez. Il a été suffisamment puni. Maintenant je veux l’emmener à la maison. Et m’occuper de ses pieds. Des blessures qu’ils lui ont faites avec leurs fusils et leurs cigarettes. Je ne sais pas ce qu’il a aux pieds. A la Cour je lui ai dit de se comporter comme un homme. Mais il ne pouvait pas s’arrêter de pleurer. Il ne dit pas un mot. Il n’appelle pas. Et sa mère n’arrête pas de prendre des cachets. »

« Il y a un ami en prison qui nous appelle et qui nous dit qu’il est malade. Mais notre fils ne nous appelle pas bien que le juge lui ait donné la permission de nous appeler une fois. Mon amis m’a dit qu’ils avaient déchiré le document que le juge avait donné à mon fils pour qu’il puisse nous appeler et qu’ils l’empêchent de nous appeler. Et qu’il a des bleus autour des yeux et que son nez saigne. »

« Et nous n’avons pas le droit de le voir. Ils nous ont dit qu’on ne pourrait le voir que dans deux mois. Et nous ne savons rien. C’est dur de ne rien savoir. C’est une enfant, rien qu’un enfant. »

« Tout ce que nous pouvons faire c’est attendre, rien qu’attendre. »

Mais pourquoi l’avocat n’a-t-il pas parlé au juge de la torture ? avons-nous demandé. Pourquoi n’a-t-il pas mentionné les sévices que l’enfant subissait ?

« Parce qu’alors ils le traiteraient encore plus mal » nous a expliqué le père. « Ils lui donneraient deux mois de prison de plus parce que nous nous sommes plaints. J’en suis sûr. C’est pour la même raison qu’on ne le laisse pas porter une veste en prison. Vous avez vu qu’il n’avait pas de veste. Et il n’a pas le droit de téléphoner. C’est peut-être parce que les militants des droits de l’homme sont allés le voir en prison. C’est pour cela qu’on le traite comme ça... Alors parler au juge nous causerait encore plus de problèmes. »

Et nous nous sommes dit qu’il avait probablement raison, même si c’est horrible à dire.

Nous avons assisté à trois comparutions au cours desquelles la détention de Mohammad a été prolongée, trois parmi beaucoup d’autres depuis que son procès a commencé.

Entretemps, il s’est fait couper les cheveux comme son père le lui avait conseillé et aussi sans doute parce que c’est obligatoire en prison.

La troisième fois que nous sommes venues, après qu’un plea bargain** ait été conclu entre la défense de Mohammad et le procureur aux termes duquel le petit Mohammad Mukheir serait condamné à une peine de 8 mois de prison en plus d’une amende de 2000 shekels (environ 400 euros NdT) (ou deux mois de prison supplémentaires) et une peine de prison conditionnelle.

Après présentation du plea bargain à la Cour on a entendu les discours d’usage : le juge dit qu’il acceptait le plea bargain en raison du jeune âge du prévenu, de son casier judiciaire vierge, du fait qu’en avouant il avait fait gagner du temps à la Cour et parce que ni la pierre ni le cocktail Molotov qu’on l’accusait d’avoir lancés n’avaient touché quelqu’un. Et donc que finalement personne n’avait été blessé. En raison de quoi elle acceptait le plea bargain et condamnait le petit Mohammad à huit mois de prison et à 2000 shekels d’amende ou s’il ne pouvait pas payer l’amende à deux mois de prison supplémentaires.

En fait presque tous les cas qui arrivent devant la Cour militaire se terminent par un plea bargain. Cela signifie que l’accusé avoue tout ou une partie de ce dont on l’accuse. Et généralement il avoue, qu’il soit ou non coupable, parce qu’il comprend vite qu’il n’a quasiment aucune chance d’être acquitté. Et cela fait déjà des mois qu’il est en prison. Et un plea bargain généralement le condamne à peu près à la peine de prison qu’il a déjà accompli, ou un peu plus. Tandis que se battre pour prouver son innocence durera beaucoup plus longtemps et entraînera probablement une condamnation plus sévère. Alors la plupart préfèrent avouer.

Quand Mohammad a entendu la sentence, il s’est assis et a pris son visage dans ses mains.

« Je ne veux pas rester ici » a-t-il crié. Son père gêné a regardé ailleurs, pâle. Puis il a trouvé la force de regarder son fils et il lui a dit avec une sourire tendu et en forçant la voix : « Mais demain, je viendrai te voir ». Il essayait de lui remonter le moral. Et c’était en effet une chance que la visite qu’ils avaient sollicitée ait été autorisée et soit programmée pour le jour suivant. La souffrance de l’enfant s’atténua un petit peu, sa bouche cessa de trembler et son regard s’éclaircit. Peut-être parce que son esprit d’enfant pouvait espérer jusqu’à demain. Demain on lui apporterait une veste et une couverture. C’est ce que ses yeux disaient. Et il sourit.
Oui, il a souri.
Quoique....

Huit mois de prison et une amende et une peine de prison avec sursis, voilà ce à quoi un enfant de 13 ans a été condamné, un enfant qui, selon l’aveu même des forces d’occupation n’avait fait de mal à personne.

Huit mois grâce à un plea bargain avantageux.

Telle est la Cour militaire.

Tel est le sort des Palestiniens.

Je ne sais pas ce qui m’a paru le pire dans le calvaire de Mohammad Muckeir. Si c’est la torture que lui ont fait subir les soldats ou la terrible découverte que ses parents étaient impuissants à le protéger. Et le fait qu’ils tombent brutalement de leur piédestal et se délitent. Ou est-ce la prise de conscience à un si jeune âge que pour la plupart des Israéliens il n’est pas "quelqu’un" mais "quelque chose" indépendamment de sa personnalité ou de ses qualités humaines. Pour la plupart des Israéliens, il n’existe pas, il n’est pas réel, il n’est pas un être humain. Mais le pire est peut-être encore que, une fois l’urine lavée depuis longtemps et les blessures de ses pieds guéries sous les cicatrices, une fois oubliée la nourriture insuffisante de la prison et les coups reçus et ceux à recevoir, et une fois ses boucles repoussées, quelque chose continuera de hanter le petit Mohammad Muckeir, une déchirure irréparable dans sa vie. Quelque chose que rien ne pourra effacer. Quelque chose comme l’essence de tous les sévices qu’il aura subis et plus encore. Et cette intuition que j’ai fait vibrer les cieux du futur et du passé d’une pulsion implacable et déchirante. Un pouls de tristesse. Et j’espère seulement que Mohammad et moi nous verrons l’avènement d’un autre monde. Un monde où lui et moi jouirons des mêmes droits sur terre. Un monde où il sera enfin considéré comme un être humain et où moi je serai restée un être humain. Avant que le sang ne recouvre le pays, la terre entière et le ciel.

Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt - Machsom Watch (*)

source : ici
Note :
*Machsom Watch est une association de femmes juives israéliennes courageuses qui sont contre l’occupation et qui se sont données pour mission d’aider les Palestiniens en se relayant principalement aux check-points où leur présence les protège d’abus excessifs. Elles passent leurs journées en démarches auprès des autorités d’occupation pour essayer d’alléger leur sort.




Hors ligne sarkome

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #98 le: 23 mars 2011 à 23:29:51 »
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La Knesset vote une loi contre la commémoration de la "Nakba"

La nouvelle loi prévoit des amendes pour les organismes financés par des fonds publics qui marquent chaque année le "deuil" de la "Nakba" ou qui soutiennent à cette occasion des activités qualifiées de "contraires aux principes de l'Etat" israélien.

Le Parlement israélien a adopté tard mardi une loi controversée pénalisant les organismes qui commémorent la "Nakba" ("catastrophe" en arabe), l'exode des Palestiniens ayant accompagné la création d'Israël le 15 mai 1948 et la guerre israélo-arabe qui a suivi.

Le projet de loi, présenté par le parti national-populiste Israël Beiteinou du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, a été définitivement adopté par 37 députés contre 25, selon des sources parlementaires.

La nouvelle loi prévoit des amendes pour les organismes financés par des fonds publics, telles que des municipalités et des institutions éducatives, qui marquent chaque année le "deuil" de la "Nakba" ou qui soutiennent à cette occasion des activités qualifiées de "contraires aux principes de l'Etat" israélien.

"Cette nouvelle législation vise avant tout la minorité arabe israélienne, ce qui contredit les valeurs fondamentales de la démocratie et de la liberté", a protesté l'Association pour les droits civiques en Israël (ACRI) dans un communiqué.

"En pointant du doigt les citoyens arabes israéliens, en les décrivant comme dangereux et déloyaux vis-à-vis de l'Etat, certains tentent d'imposer leur vision et leur interprétation de l'Histoire", a déploré l'organisation.

Les Arabes israéliens sont au nombre d'1,55 million, soit 20,4% de la population d'Israël. Ils sont les descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'Etat d'Israël en 1948.Une autre loi controversée a été adoptée mardi par la Knesset.

Elle accorde aux petites communautés rurales le droit de rejeter des personnes --en pratique des Arabes-- souhaitant s'installer parmi elles si une commission d'admission juge que leur candidature est incompatible avec la nature de la communauté en question.

"La loi légalise la pratique existante qui consiste à dénier aux Arabes le droit de rejoindre une communauté à majorité juive, ou à exclure des handicapés, des familles à faibles revenus, des gens ayant un autre type de pratiques religieuses", a dénoncé l'ACRI.

Cette dernière a l'intention d'interjeter appel devant la Cour suprême israélienne pour annuler cette loi "qui cautionne la discrimination".

source

Hors ligne TYGER

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Re : Israel et Palestine
« Réponse #99 le: 25 mars 2011 à 10:37:21 »
quel meilleur moment que celui-ci, ou le reste du monde a les yeux, les angoisses tournés ailleurs, pour lancer un coup de Plomb durci II the return et tenter de finir le travail pas terminé la fois précédente ???

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Et pendant ce temps-là…

Recrudescence de violences à la frontière entre la bande de Gaza et Israël. (Le Monde.fr avec AFP, 22 mars 2011).

Nouvelles violences à la frontière Israël/bande de Gaza : trois blessés

GAZA (Territoires palestiniens) - Trois Palestiniens ont été blessés mardi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, alors qu’un nouveau projectile est tombé en Israël, dans de nouvelles violences à la frontière entre l’Etat hébreu et l’enclave palestinienne. (Romandie News, d’après AFP, 22 mars 2011).

Israël / Palestine : De nouvelles tensions Alors que le Hamas observait une trêve avec Israël, les affrontements ont repris dans la bande de Gaza.

L’armée de l’air israélienne a bombardé plusieurs sites du Hamas. SIPA Nouvelles tensions entre Israéliens et Palestiniens. Dans la nuit de lundi à mardi, l’aviation israélienne a bombardé des infrastructures du Hamas faisant 17 blessés dont deux femmes et sept enfants selon l’AFP et le porte-parole des services d’urgence dans la bande de Gaza. (France Soir 22 mars 2011).

Le Djihad islamique revendique deux tirs de roquette sur Israël

Ces nouveaux tirs de roquettes s’inscrivent dans une escalade de la violence depuis samedi entre les groupes armés palestiniens de Gaza et Israël. Huit Palestiniens, quatre civils, dont deux mineurs, et quatre combattants du Djihad islamique, ont été tués par des tirs israéliens à Gaza mardi. (Le monde fr avec AFP 23 mars 2011).

Traduction : violences et tensions = bombardements aériens sur des femmes et des enfants.

Chuuuuuut !

Théophraste R. (défenseur de la veuve et de l’orphelin).

PS. Vous avez dit « Frappes chirurgicales » par l’armée « la plus morale du monde » ?
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
Jacques Prévert