Auteur Sujet: Etats-unis : politique intérieure  (Lu 31021 fois)

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #100 le: 05 novembre 2012 à 11:34:10 »
lisez donc ce long article c'est parlant et symptomatique :pascontent1:

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Ces groupes français qui aimeraient se débarrasser d’Obama et financent l’ultra-droite américaine

Pendant la campagne électorale états-unienne, l’argent coule à flot. Et les grandes entreprises françaises, y compris publiques, ne sont pas les dernières à distribuer des milliers de dollars aux candidats. Avec un certain penchant pour les républicains les moins fréquentables : néoconservateurs et fondamentalistes chrétiens du tea party, dénégateurs du changement climatique, fanatiques des énergies fossiles et des armes à feu, jusqu’aux xénophobes avérés. Quand les intérêts économiques français se font complices de l’obscurantisme.

Aux États-Unis, le financement des campagnes électorales, que ce soit pour entrer à la Maison Blanche ou au Congrès, ne souffrent de quasiment aucune restriction, ni véritable obligation de transparence. Depuis deux ans, les dirigeants de sociétés cotées en bourse peuvent ainsi financer les campagnes, sans limites, via des comités d’action politique, appelés « Super PACs » (Lire notre article). De grandes entreprises françaises participent à cet afflux massif de dollars. Leur objectif premier : empêcher toute mesure significative de lutte contre le changement climatique, et toute régulation environnementale en général. Leurs financements favorisent également la frange des républicains la plus réactionnaire.

Avec des donations déclarées de 728 000 dollars, au 1er octobre 2012, auprès de candidats au Sénat et au Congrès, les entreprises françaises se placent au quatrième rang des firmes étrangères qui interviennent financièrement dans les élections. Elles sont certes moins généreuses que leurs homologues britanniques, suisses (respectivement 2,3 millions) et allemandes (près de 2 millions). Mais les sommes en jeu demeurent conséquentes, selon le relevé établi par le site états-unien opensecrets.org, animé par un centre de recherche indépendant qui scrute les financements des partis politiques états-uniens. Ces versements profitent d’abord au camp républicain : le groupe pharmaceutique Sanofi, EADS (aéronautique et défense), Areva (nucléaire), Lafarge (BTP), GDF-Suez (énergie) et le groupe Louis-Dreyfus (négoce de matières premières) ont chacun versé entre 55 000 et 192 500 dollars à des candidats, en majorité républicains [1].

GDF-Suez et Lafarge misent sur les climato-sceptiques

A regarder dans le détail, on s’aperçoit que nos champions du CAC 40 portent une attention toute particulière aux candidats climato-sceptiques, qui nient la réalité du changement climatique, et aux membres ultraconservateurs du Tea party, aussi bien hostiles à toute régulation qu’aux minorités (homosexuels, migrants, noirs…). Sur les 33 candidats que GDF-Suez a soutenu, le groupe français a ainsi versé des milliers de dollars à seize républicains clairement climato-sceptiques, ainsi qu’à six autres s’opposant à toute forme de régulation des gaz à effet de serre. Près des trois quarts des contributions directes de l’entreprise – environ 40 000 dollars – leur sont destinées. Le groupe de BTP Lafarge finance de son côté douze candidats climato-sceptiques et cinq opposés à toute régulation sur le climat. Soit 17 candidats sur les 23, auprès desquels l’entreprise a distribué 48 500 dollars de subsides.

Parmi les politiciens les plus prisés des entreprises françaises, on trouve par exemple John Shimkus, membre du Congrès pour l’Illinois. Il avait défrayé la chronique en 2009 en déclarant ne pas craindre la montée du niveau des océans parce la Bible affirme que Dieu a promis à Noé que l’humanité ne serait plus jamais menacée par un déluge... Autre chouchou de cette french connection, Ed Whitfield (Kentucky) : on le retrouve derrière toute une série de tentatives d’abrogation de mesures environnementales adoptées par les démocrates, depuis la classification des gaz à effet de serre comme polluants jusqu’aux normes de pollution de l’air par les centrales électriques. Ou encore John Barrasso, sénateur du Wyoming – financé par Sanofi et GDF-Suez – et déterminé à empêcher l’Agence de protection environnementale de faire quoi que ce soit en matière de changement climatique. Cette liste est loin d’être exhaustive.

Le Tea party, prisé par Vivendi et Sanofi

Parmi les élus républicains, figurent deux groupes de membres du Congrès spécialement mis à l’index par des associations citoyennes et écologistes à cause de leur acharnement à entraver toute forme de limitation de la pollution. Le premier est baptisé le « Five Flat Earth » (« les cinq de la Terre plate »), en référence à leur négation de toute considération scientifique environnementale. Le second est appelé le « Toxic Six » (les « six toxiques »), opposés à toute forme de lutte contre la pollution. Parmi leurs bienfaiteurs, on retrouve encore des entreprises françaises. Le républicain Dan Lungren (Californie), qui a le privilège douteux de faire partie des deux groupes, a reçu 2 000 dollars du groupe de services et restauration Sodexo.

L’assureur Axa a versé 6 000 dollars à la candidate Ann Marie Buerkle (New York), l’une des « five flat earth ». Lafarge soutient Chris Gibson (New York) des « Toxic Six », ainsi que Dan Benishek (Michigan) pour 7 500 dollars. La plus importante contribution directe de l’entreprise, qui clame pourtant son attachement à la « protection environnementale » et au « respect des communautés locales »… Membre des « five flat earth », Dan Benishek a qualifié le changement climatique de « foutaise », de « truc scientifique non prouvé », ou encore de « pure et simple machination ».

Financer le créationnisme

Et s’il n’y avait que les climato-sceptiques. Défendre le créationnisme, s’opposer à toute restriction des armes à feu, entraver les droits des homosexuels, des immigrés ou des Noirs, ne semble pas spécialement déranger les entreprises françaises. David Vitter, sénateur de Louisiane, financé par Lafarge et Louis Dreyfus, avait ainsi tenté de faire voter une subvention de 100 000 dollars à un groupe créationniste pour prêcher la « science chrétienne » dans les écoles de Louisiane. Le « Tea party », la frange la plus extrémiste des parlementaires républicains, bénéficie également de l’attention pécuniaire de Vivendi, Areva, Sanofi, GDF-Suez et du groupe Louis Dreyfus [2].

Des dizaines de milliers de dollars sont donc distribués ici et là, parmi les ultra-conservateurs. Et encore ne s’agit-il là que des sommes directement données à un candidat par des entreprises françaises. Si l’on considère les budgets d’ensemble des comités d’action politique (PACs), spécialement créés pour faire transiter les financements privés à but politique, les dépenses totales de ces entreprises hexagonales se portent à 700 000 dollars pour Axa, 644 000 pour Sanofi, 196 000 pour Vivendi ou 163 000 pour Areva.

La Société générale, fan de Mitt Romney

La Société générale et BNP-Paribas contribuent à travers les associations professionnelles et par des donations directes. Les deux banques ont par exemple déclaré à la Commission électorale fédérale (FEC) avoir distribué respectivement 218 000 et 32 000 dollars à la campagne de Mitt Romney. Le candidat républicain est, cette fois, le favori des banquiers : ceux de Goldman Sachs lui ont versé près d’un million de dollars, ceux du Crédit suisse un demi-million...

Les contributions de campagne des groupes français s’ajoutent à leurs dépenses de lobbying à Washington. Air Liquide, Alstom, ArcelorMittal, Areva, GDF-Suez, Lafarge ou Michelin ont chacune dépensé annuellement entre 600 000 et 1,5 million de dollars ces dernières années pour peser sur des projets de loi relatifs au secteur de l’énergie et du climat. Dans le secteur pharmaceutique, Sanofi bat tous les records hexagonaux, avec 6 à 8 millions de dollars dépensés chaque année. Vivendi, en raison de ses intérêts dans Universal, figure parmi les plus gros contributeurs historiques en terme de lobbying, avec pour objectif quasi exclusif la protection et le durcissement de ses droits de propriété intellectuelle. Le groupe a ainsi dépensé plusieurs millions de dollars en 2011 et 2012 à l’occasion du projet de loi avorté Stop Online Piracy Act (connu sous l’acronyme SOPA).

Areva, le nucléaire à tout prix

Une entreprise comme Areva illustre à merveille la continuité entre lobbying et dépenses électorales. Sans surprise, l’équipementier nucléaire concentre la majeure partie de ses dépenses de lobbying – plus d’un million de dollars déclaré par an depuis 2005 – sur les projets de loi relatifs à l’énergie et aux normes de sécurité et de pollution qui pourraient affecter la viabilité des centrales nucléaires. Les dons aux candidats effectués par Areva dans le cadre de la campagne 2012 suivent la même logique. Ils sont versés à des politiciens influents et connus pour leur soutien au nucléaire, qu’ils soient républicains (Fred Upton et Mike Simpson) ou démocrates (Steny Hoyer et James Clyburn). L’entreprise a également organisé des séminaires dans le cadre des conventions républicaines et démocrates pour assurer la promotion du nucléaire [3]. Cette stratégie d’influence, déjà contestable en elle-même, semble désormais justifier toutes les dérives et toutes les compromissions. Comment expliquer qu’une entreprise publique française finance ainsi six congressistes républicains se réclamant du Tea party ?

Les contributions déclarées par les entreprises ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. Il existe bien des moyens de contourner les faibles règles de transparence qui régissent encore leurs dépenses politiques et électorales. C’est le cas notamment des groupes dits « c4s », acteur émergent de la campagne 2012, et dont l’immense majorité est favorable à la cause républicaine. Contrairement aux « superPACs », ils ne sont pas tenus de révéler l’identité de leurs donateurs et sponsors. C’est le cas d’un puissant réseau néoconservateur et néolibéral : l’American Legislative Exchange Council (Alec), dans lequel Sanofi et Louis Dreyfus ont joué un rôle actif aux côtés de célèbres entreprises états-uniennes.

Louis Dreyfus et les « bienfaits du dioxyde de carbone »

L’Alec s’implique activement dans toutes les causes chères à la droite extrême américaine, depuis la répression de l’immigration [4] jusqu’à la dénégation du changement climatique, en passant par la liberté de porter des armes à feu et d’en faire usage à titre préventif. Sur tous ces sujets, l’organisation élabore et promeut des « législations modèles ». L’Alec a ainsi, parmi ses multiples activités, tenté de promouvoir une « législation modèle » sur les gaz de schiste, dont le but à peine caché est d’affaiblir tout moyen de protection de la qualité de l’eau et de maintenir le secret commercial sur la nature des substances chimiques utilisées pour la fracturation hydraulique. Lors de son congrès en 2011, le programme de l’Alec proposait aussi une session sur les « bienfaits du dioxyde de carbone ».

Les grands groupes finançant l’Alec ont été ciblés par une campagne citoyenne de grande envergure, Alec Exposed [5], après que les informations fragmentaires existant sur leurs financements aient été recoupées. Pointées du doigt, des dizaines de multinationales nord-américaines, dont Coca-Cola, PepsiCo, Wal-Mart, McDonald’s, ou Kraft Foods, ont annoncé publiquement qu’elles se dissociaient de l’Alec. Côté français, Sanofi, particulièrement actif dans l’Alec, a fini par officialiser son retrait début octobre 2012. Louis Dreyfus affirme également s’être désengagé du lobby.

Tout sauf Obama

Les associations professionnelles permettent aussi aux entreprises de soutenir, indirectement, des candidats peu recommandables tout en préservant une apparence vertueuse de neutralité, évitant ainsi de se retrouver la cible de campagnes citoyennes. C’est ainsi que l’association PhRMA, représentant l’industrie pharmaceutique (présidée jusqu’il y a quelques mois par Chris Viehbacher, directeur général de Sanofi), a dépensé 10 millions de dollars lors de la campagne 2010 [6], contre seulement 200 000 dollars deux ans auparavant. En 2012, le secteur de l’énergie, emmené par des groupes comme l’American Petroleum Institute (dont sont membres ArcelorMittal, Technip, Total, Schlumberger et Schneider Electric), montre sa détermination à faire battre Obama en ayant déjà dépensé plus de 150 millions de dollars début septembre, avant même que la campagne officielle ne commence [7] !

La principale association professionnelle, l’US Chamber of Commerce, est systématiquement montée au créneau pour s’opposer à toutes les réformes de l’administration Obama, depuis la loi Dodd-Frank sur la finance jusqu’à la réforme du système de santé. Elle s’affiche comme la représentante de l’ensemble des entreprises américaines, mais est surtout déterminée à imposer sa vision néolibérale du monde. En 2012, elle a annoncé qu’elle comptait dépenser au moins 100 millions de dollars, principalement en spots télévisés ciblant indirectement Obama et les candidats démocrates vulnérables au Congrès et au Sénat [8]. La liste des membres et des donateurs de l’US Chamber of Commerce n’est pas publique, mais, là encore, Sanofi occupe un siège dans son conseil de direction. En 2010, une enquête avait révélé que près de 900 000 dollars collectés par la Chambre provenaient d’entreprises étrangères, parmi lesquelles Axa et Sanofi.

Des intérêts économiques qui s’accommodent du racisme et de l’homophobie

Déjà, à l’occasion des élections de mi-mandat de 2010, les financements accordés par les huit plus important émetteurs de gaz à effet de serre européens – dont ArcelorMittal, Lafarge, GDF-Suez et Solvay – s’orientaient principalement vers les candidats climato-sceptiques. 35% des contributions cumulées de ces huit entreprises étaient allées à des candidats niant purement et simplement le changement climatique, et 43% supplémentaires à des candidats opposés à toute forme de régulation des gaz à effet de serre, révélait le Réseau action climat Europe. L’ONG y voyait une illustration du double jeu des entreprises concernées, qui s’affichent comme écologiquement responsables, mais ne cessent de miner tout effort de législation ambitieuse sur le climat, que ce soit en Europe ou aux États-Unis.

En 2012, au-delà même du sujet central du climat et de l’énergie, l’engagement des entreprises françaises dans la vie politique américaine semble illustrer une complicité plus profonde avec la vision de la société et du monde véhiculée par la droite extrême américaine. L’opposition farouche et quasi religieuse à toute forme de régulation publique des entreprises et à toute forme de redistribution fiscale (exprimée de manière exacerbée aux États-Unis, et plus sourde en France) semble bien valoir quelques compromissions avec l’obscurantisme, le racisme et l’homophobie.

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #101 le: 07 novembre 2012 à 09:28:13 »
BARACK OBAMA RÉÉLU POUR UN NOUVEAU MANDAT A LA TÊTE DES ETATS-UNIS.

Je dirais que le contraire m'eut fortement inquiété.
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #102 le: 07 novembre 2012 à 10:11:01 »
Aux USA comme en France, on entretient la faux-suspens jusqu'au bout, histoire de donner un minimum d'intérêt à tout ce Barnum !
Le bookmakers (qui ne se sont jamais trompés) ont donné Obama gagnant depuis toujours !

Peu importe le nom de l'Élu, la politique étrangère des É-U reste invariable depuis les lustres !
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #103 le: 09 novembre 2012 à 08:17:48 »

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #104 le: 30 décembre 2012 à 14:23:43 »
les petits bonheur de fin d'année :pasdrole:

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New York : elle pousse un homme sous le métro par haine

"J'ai poussé un musulman sous le train parce que je déteste les hindous et les musulmans", dit cette femme de 31 ans.

Une femme de 31 ans a reconnu avoir poussé sous le métro de New York un homme parce qu'elle "déteste les hindous et les musulmans", ont indiqué les autorités judiciaires du quartier du Queens, samedi 29 décembre.

La police de New York recherchait depuis jeudi soir l'auteur du meurtre, deuxième incident de ce type en moins d'un mois dans la ville.

"J'ai poussé un musulman sous le train parce que je déteste les hindous et les musulmans" depuis les attentats de 2001, a expliqué Erika Menendez du quartier du Bronx, dans sa déposition à la police.

Poursuivie pour meurtre à connotation raciste, elle risque 25 ans d'emprisonnement.

Deux fois en quatre semaines

La victime, Sunando Sen, 46 ans, était née en Inde et de confession hindoue, a indiqué un proche au New York Times.

L'incident avait eu lieu jeudi peu après 22h (2h heure Paris vendredi) sur la ligne 7, à la station de la 40e rue dans le Queens. Selon des témoins, la femme se parlait à elle-même sur le quai, marchant de long en large, lorsqu'elle a poussé l'homme sur la voie au moment où le métro arrivait. Sa victime lui tournait le dos et ne l'avait apparemment pas vue. Elle a ensuite réussi à s'enfuir mais la police a rendu publique sur Twitter une vidéo d'une caméra de surveillance la montrant qui partait en courant.

C'est la deuxième fois en quatre semaines qu'un tel incident s'est produit dans le métro new-yorkais.

Le 3 décembre, un homme de 58 ans avait déjà été poussé sur la voie, après une dispute sur un quai de métro dans le quartier de Times Square à Manhattan. Son meurtrier présumé, âgé de 30 ans, a été arrêté et inculpé. L'affaire avait fait scandale, le quotidien New York Post ayant publié en une dès le lendemain la photo de l'homme accroché au quai, alors qu'arrivait le métro qui allait le tuer.

Le métro new-yorkais transporte plusieurs millions de voyageurs par jour. Les quais sont parfois étroits, mais les incidents de ce type sont extrêmement rares.

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #105 le: 08 janvier 2013 à 00:55:09 »
J'ai entendu (à la radio, oui je suis accro) une petite brève concernant les nominations des conseillers du président Obama (soi-dit en passant, il n'en a que 9 ... un comité réduit quand même !!!) qui aurait mérité un gros COCORICO dans tous les médias français !

C'était il y a 3 jours .... et depuis pas le moindre écho ou presque (je vous mets en lien ci-dessous les liens qui font "source" mais franchement vous verrez qu'ils ne semblent guère avoir envie de pavoiser  :naah:)..... Alors après réflexion je pense que ce n'est pas pour rien que toutes ces bonnes gens bien introduits dans les milieux autorisés à penser ne s'autorisent pas à pavoiser.... C'est parce que cette jeune femme défend des thèses qui les emmerdent profondément.................... Et, moi franchement ça me donne 100 fois plus envie de cocoricoter :
Il semblerait que ESTHER DUFLO serait appelée à devenir proche conseillère du Président Obama ...... YAHOWWWWWWWWWW  :super: :super: :super: :super: :super:
Cette nana, lorsque j'avais entendu les thèses qu'elle défendait il y a 4 ou 5 ans de ça, cela m'avait pleurer d'espoir..... D'autant plus qu'elle les a construites sur des expériences de terrain qui sont des proches des miennes; je me crois donc autorisée à dire que les les conclusions qu'elle en a tiré c'est pas de la déconnade.... En gros elle disait que les pauvres c'est pas des cons, et que la seule et unique solution pour trouver des portes de sorties à un système qui crée de la pauvreté , c'est de construire des solutions AVEC eux et surtout pas de les leur imposer  :fleur2: :fleur2:

 :frime1: :frime1: :frime1: :frime1: :frime1: :frime1: :frime1: :frime1: :frime1: :frime1:

sources : 1  2  3
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #106 le: 08 janvier 2013 à 03:55:32 »
tu crois vraiment que ça va élever leur niveau ? :D
"Il n'y a point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer", Beaumarchais

 La neutralité favorise toujours l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté » (E. Wiesel).

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #107 le: 08 janvier 2013 à 16:20:02 »
Pas forcément  ;)..... J'y crois même assez peu, je te dirais  :triste1:

Mais par contre les personnes qui ont une conception du développement assez proche de celle d'E. Duflo étaient jusqu'à présent considérés comme des doux rêveurs, des marginaux irréalistes, des huluberlus à côté de la plaque (...... et je suis sympa  :]). Je pense que le fait qu'une économiste du MIT fasse ce type d'analyse était déjà en soi une bonne chose, car cela crédibilisait (un peu....) ces approches aux yeux de certains bailleurs. Le fait qu'elle soit conseillère à la Maison Blanche renforce encore la chose, et facilitera peut-être un peu le travail de ceux qui sont sur le terrain !!!
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #108 le: 11 janvier 2013 à 18:19:25 »
J'ai un peu hésité à mettre ce message dans ce fil-ci dédié aux états-unis, car l'info me semble avoir une portée bien plus large qui serait du genre "capitalisme et santé".... et puis voilà , je n'ai pas voulu créer un fil supplémentaire, car si on va par là, cela a aussi un lien direct avec "décadence des soins" .... Mais on pourra utilement en faire un argument de poids si nous avons d'autres conneries à commenter :

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Plus capitaliste que ça, tu meurs…de plus en plus.

Un rapport intitulé  «  la santé publique aux USA comparée à celle des pays les plus riches : des vies plus courtes, une santé moins bonne » vient d’être publiée à Washington. On remarquera qu’il tombe après les élections présidentielles américaines et l’adoption si difficile par le Congrès de l’instauration d’un minimum de sécurité sociale pour les américains les plus défavorisés.

Les constatations de cette étude sont accablantes, et font froid dans le dos à tous ceux qui n’ont de cesse de combattre les irresponsables qui prêchent en Europe en général et en France en particulier l’austérité des peuples et les prétendues économies publiques,  notamment dans le domaine des prestations sociales et de notre système de santé qu’il faudrait « réformer ».

Les mêmes irresponsables ne manquent pas de présenter les USA comme la référence du modèle de l’entreprise capitaliste. Et sans doute peut-on dire que les USA sont le paradis des capitalistes : mais sûrement pas celui du peuple étasunien dont la santé se dégrade et dont l’espérance de vie se raccourcit au fur et à mesure de l’accroissement des profits  de ces années triomphantes du capitalisme financier et spéculatif.

En voici la conclusion, qui ne se paie pas de mots et dont la pointe finale singe cruellement le jargon économico-financier de Wall Street :

« Cette comparaison défavorable de la santé publique aux Usa (par rapport aux pays les plus riches) ne s’explique pas par une cause unique. On l’expliquera plutôt par des causes multiples qui impliquent la combinaison d’un système de soins inadapté, de comportements mauvais pour la santé, de la mauvaise situation économiques  et sociale, de facteurs environnementaux, ainsi que les politiques publiques et les valeurs sociales à l’origine de cette situation. Sans une action visant à renverser ces tendances actuelles, la santé des américains va probablement continuer à retomber loin derrière les pays les plus riches. La tragédie ne réside pas dans le fait que les USA perdent une compétition face à d’autres pays, mais bien dans le fait que les américains meurent et qu’ils souffrent de maladies et d’accidents à des taux   «demonstrably unnecessary ». 

Les maladies et accidents (du travail notamment) méthodiquement décrits au fil de ce rapport au vitriol n’ayant en effet, et pour dire le moins, aucun caractère de nécessité démontrable…
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #109 le: 11 janvier 2013 à 20:23:12 »
l'un des pays les plus puissant ne sait pas prendre soin de son peuple, malbouffe, précarité 8/
Je pense que tout les pays riches, rongés par le capitalisme finiront comme les états unis.

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #110 le: 16 janvier 2013 à 13:37:31 »
Ben mes vieux, si en France ils commencent à démanteler les régimes de retraites complémentaires, aux Z'états unis ils font encore plus fort ...... Franchement il faut être débile pour croire que leur système capitaliste est le meilleur  :fache1: :fache1:

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Dette: Washington suspend ses versements à la retraite des fonctionnaires

Le gouvernement américain a annoncé mardi qu'il cessait d'alimenter autant qu'il le devrait les caisses de retraite des fonctionnaires afin de permettre à l'Etat fédéral de continuer de fonctionner sous le plafond légal de la dette publique des Etats-Unis.

Cette mesure, révélée dans une lettre adressée par le secrétaire au Trésor Timothy Geithner aux dirigeants du Congrès, fait partie des différentes dispositions exceptionnelles que celui-ci avait annoncés le 31 décembre pour maintenir la dette juste sous la limite légale de 16.394 milliards de dollars.
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #111 le: 06 février 2013 à 22:43:11 »
Je suppose qu'il est de notoriété publique, du moins sur ce forum du fait que les dirigeants américains considèrent qu'ils sont les gendarmes du monde, que la loi ne compte pas lorsqu'il s'agit d'eux et de leurs intérêts. Tout leur est dû et leur droit devrait s'appliquer au monde entier.
D'ailleurs, avec israël, les USA sont le seul pays qui depuis 50 ans lance des guerres d'agression (vietnam, irak, etc) sous des prétextes divers.

Voilà où en est aujourd'hui cette société moribonde et délétère : à autoriser le meurtre de ses propres citoyens dans le cas où ils seraient "suspectés" (oui oui, suspectés) de terrorisme.
Je ne sais pas si vous vous rappelez de l'histoire du monsieur qui a été arrêté en macédoine pendant ses vacances parce qu'il avait le même nom que quelqu'un sur la liste des personnes recherchées : citoyen allemand, il a été détenu sans motif pendant 3 mois, battu, torturé, etc, et ensuite relâché sur le bord d'une route en albanie (pourquoi en albanie on ne sait pas).
Cyniquement, nous dirons que ce pauvre hère a eu de la chance parce qu'il s'en est sorti, lui.
Mais bon c'était un citoyen allemand alors pour les américains ça ne compte pas...

Là, il s'git de citoyens américains. Lisez l'article du monde, ça fait froid dans le dos.

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Le document, que Barack Obama avait refusé de rendre public, a été révélé mardi 5 février par la chaîne NBC News. Cette publication intervient peu avant l'audition, jeudi, par le Sénat, de John Brennan, ordonnateur de la politique antiterroriste de Barack Obama, en vue de sa confirmation en tant que nouveau chef de la CIA. Onze sénateurs républicains et démocrates viennent d'ailleurs d'écrire à M. Obama pour réclamer la publication de l'ensemble des documents sur le sujet.

Sur seize pages rédigées par le ministère de la justice, sont développés les arguments juridiques censés donner une base légale à des exécutions ciblées par drone, telle que celle qui, le 30 septembre 2012, au Yémen, a visé Anouar Al-Aulaqi. Cet imam radical, citoyen des Etats-Unis et du Yémen, était le responsable de la branche yéménite d'Al-Qaida et considéré comme l'instigateur de plusieurs tueries.

LA NOTION DE "MENACE IMMINENTE" APPARAÎT TRÈS  LARGE

Le document, intitulé "Légalité d'une opération meurtrière visant un citoyen américain haut responsable opérationnel d'Al-Qaida ou d'une de ses filiales", fournit une définition extensive du "droit à l'autodéfense", dont M. Brennan se prévaut publiquement.

Il tend à légaliser l'assassinat, dans le cas où " un haut responsable informé" décide que la personne ciblée constitue "une menace imminente d'attaque violente contre les Etats-Unis", à condition que la capture de cette personne soit "impossible" et que l'attaque soit menée conformément aux "lois ou principes de la guerre".

La notion de "menace imminente" apparaît particulièrement large : la preuve de la préparation en cours d'une attaque n'est pas nécessaire si la personne visée est engagée dans des activités terroristes contre les Etats-Unis.

"CELA RÉSUME LA TOUTE-PUISSANCE STUPÉFIANTE DE L'EXÉCUTIF"

Le document rejette toute intervention d'une instance judiciaire pour contrôler pareilles décisions. Une telle vérification, allègue-t-il, reviendrait à faire contrôler par les juges une décision de l'exécutif visant à faire usage de la force contre un ennemi vis-à-vis duquel le recours à la force a précisément été autorisé par le Congrès.

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #112 le: 19 mars 2013 à 15:12:07 »
J'ai bien l'impression qu'ils ont été mal finis dans le Dakota du sud  :| :| :| :pasdrole: :pasdrole: :pasdrole:

Citer
“Le Dakota du Sud est devenu le premier Etat américain à passer une loi autorisant explicitement les enseignants à porter des armes pendant leur travail”, indique The New York Times. Le gouverneur de l’Etat a signé le décret d’application le 8 mars. Dans les autres Etats où ce type de législation a été discuté, dans la foulée de la tuerie qui s’est déroulée à l’école primaire de Newtown, en décembre dernier, ce type de mesure a été repoussé.

source
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #113 le: 27 mars 2013 à 18:53:50 »
Lorsqu' une sénatrice US (E. Warren) cherche à savoir comment les autorités de régulation des marchés financiers jouent leur rôle, voici les réponses qui lui sont faites :

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #114 le: 22 avril 2013 à 20:22:14 »
ça pour sûr, comme y  disent dans l'article, ça se sait peu ..... moi j'en avais jamais entendu parler  8|

Citer
Rigueur / US : fonctionnaires en chômage technique (Washington Post)

On en parle peu, mais les USA sont soumis à un programme de rigueur automatique qui frappe brutalement dans tout le pays les fonctionnaires, et employés des ministères et autres agences gouvernementales, Maison Blanche comprise.

Faute d'accord avec l'opposition républicaine, un plan de rigueur automatique, avec des coupes brutales dans le budget, s'impose dans tous les domaines de la vie de l'Etat fédéral et pertube le fonctionnement de toutes les administations. Des dizaines de milliers d'employés se retrouvent en congé obligatoire et sans salaire pour des durées variant de une à trois semaines note le Washington Post.

Ces coupes salariales ont commencé cette semaine : elles concernent, entre autres, 17 000 employés de l'Agence fédérale pour la protection de l'environnement (EPA) qui perdent 10 jours, ou 480 employés travaillant pour la Maison Blanche.

Les contrôleurs aériens sont aussi touchés, ce qui entraîne des retards bien sûr. Le ministère de la Défense ne sait pas encore combien de jours sans travail, ni salaire attendent ses 800 000 employés civils. On parle de 14 jours.

Au ministère du travail 4 000 employés vont perdre en moyenne 5 jours. Les 80 000 employés du service des impots (IRS) vont y passer ensuite etc..
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #115 le: 24 mai 2013 à 11:56:43 »
Quelques échos des Zétats-zunis :

Citer
Pan. Dans la ville de Burkesville (Kentucky), un garçonnet de 5 ans a tué sa petite soeur avec son propre fusil, un .22 Long Rifle chargé, baptisé “Crockett” par le fabricant. Un cadeau d’anniversaire sympa offert par les parents. C’est qu’aux États-Unis les armes pour enfants sont monnaies courantes. Les carabines .22 Long Rifle (bleues pour les garçons, roses pour les filles…) sont vendues en grande surface avec les cannes à pêche et le matériel de camping. À la décharge du gamin, la gosse de 2 ans, pas assez chipie pour son âge, n’avait pas de révolver sur elle pour se défendre. Que fait la National Rifle Association,
secte américaine de promotion des armes à feu ?

Pschitt. Alors que 90 % des Américains sont favorables à une limitation des armes à feu, le Sénat américain a retoqué le 17 avril la loi sur les armes proposée par Barack Obama, qui avait besoin d’une majorité de 60 voix et en a obtenu 54. La loi visait également à rendre plus contraignant l’achat d’armes de guerre capables de tirer plus de 700 balles par minute. Les enfants de 7 à 77 ans vont pouvoir continuer à se faire peur.

(la source en pièce jointe)
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #116 le: 19 novembre 2013 à 16:19:27 »
Un article du NYtimes, dont je viens de trouver la traduction, me laisse proprement hallucinée  :| ..... je savais qu'ils avaient une certaine tendance à marcher sur la tête, mais là, les bras m'en tombent  :aille:

Citer
Le goulag Étasunien : La perpétuité sans remise de peine pour le vol d’un œuf
Condamnés à la mort lente
(New York Times)
]

Si cela se passait dans un autre pays, les Étasuniens seraient atterrés. Des condamnations à la prison à perpétuité sans possibilité de remise de peine pour avoir tenté de vendre 10 dollars de marijuana à un policier infiltré ? Pour avoir partagé un peu de LSD à un concert des Grateful Dead ? Pour avoir siphonné l’essence d’un camion ? La punition est si extrême, si irrationnelle, si terriblement disproportionnée qu’elle défie la raison.

Et pourtant cela arrive tous les jours dans les tribunaux fédéraux et les tribunaux des états étasuniens. Les juges obligés d’appliquer des peines planchers draconiennes qu’ils dénoncent ouvertement, envoient des gens en prison pour le reste de leur vie pour des délits sans violences impliquant la drogue et les atteintes à la propriété. Dans presque 20% des cas, la personne avait un casier judiciaire vierge.

En 2012 il y avait 3 278 prisonniers qui servaient des peines de perpétuité incompressible pour de tels délits selon un surprenant rapport approfondi publié mercredi dernier par l’Union des Libertés Civiles Américaines. Et c’est une estimation à minima

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Elle ne prend pas en compte les prisonniers condamnés à, par exemple, 350 ans de prison pour s’être rendus coupables d’une série de ventes de drogue sans violences ; ni ceux qui sont en prison pour des crimes classés comme "violents" même s’ils n’étaient pas à proprement parler violents, comme omettre de pointer au foyer de réinsertion ou tenter de voler une voiture inoccupée.

Le rapport repose sur les chiffres du système carcéral fédéral et de neuf états. Quatre condamnés sur cinq l’ont été pour des délits, comme avoir sur soi une pipe à crack ou avoir servi d’intermédiaire dans une vente de drogue. La plupart des autres ont été condamnés pour des atteintes à la propriété, comme tenter de dévaliser une boutique ou d’encaisser un chèque volé. Dans plus de 83% des cas, le juge n’avait pas le choix, les lois fédérales ou les lois des États les obligeaient à prononcer des peines de perpétuité incompressible généralement en vertu de lois portant sur les peines plancher ou la récidive.

Au cours des 40 dernières années, ces lois ont contribué à faire monter la population carcérale à plus de 2 millions de personnes, ce qui représente le taux d’emprisonnement le plus élevé du monde. Comme dans le reste du système pénal, les disparités raciales sont importantes : dans les tribunaux fédéraux, les Noirs ont 20 fois plus de chances que les Blancs d’être emprisonnés à perpétuité sans possibilité de remise de peine pour des délits n’impliquant pas de violence.

Le rapport estime que le surcoût de l’emprisonnement à perpétuité des ces 3278 personnes seulement par rapport à une peine de prison plus proportionnée s’élève à 1 780 milliard de dollars.

On a du mal à trouver quelqu’un qui soit favorable à de telles condamnations. Même Burl Cain qui a une longue expérience de gardien au pénitentiaire de l’État de Louisiane où sont emprisonnés la plus grande partie des condamnés à perpétuité pour des délits sans violences du pays dit que ce sont des peines "ridicules". "Tout le monde oublie ce que correction signifie. Cela veut dire corriger le comportement déviant, " a dit Mr. Cain à l’Union des Libertés Civiles Américaines. "Si une personne est capable, à sa sortie de prison, d’être un citoyen productif et de ne pas commettre de délit, pourquoi dépenser tant d’argent pour le garder en prison ? Notre rôle devrait être de garder dans ces grandes et vieilles prisons des prédateurs et non des vieillards mourants."

Plusieurs États sont en train de réformer leur lois pour essayer d’endiguer ce délire carcéral. Et le Congrès étudie deux projets de lois soutenus par les deux partis qui rendraient en partie aux juges le pouvoir d’apprécier les peines indépendamment des peines planchers. Cela va dans le bon sens mais cela ne suffit pas. Comme le recommande le rapport, les législateurs fédéraux et des états devraient supprimer les peines à la perpétuité incompressible pour les délits commis sans violences pour les futurs condamnés mais aussi pour ceux qui ont déjà été condamnés. Le président Obama et les gouverneurs des États devraient aussi utiliser leur droit de grâce pour commuer les peines existantes.

Seul un pays sur cinq autorise les condamnations à la perpétuité incompressible et la plupart de ceux qui les permettent les réservent au meurtriers ou aux récidivistes violents. Si les États-Unis veulent être considérés comme un pays civilisé, ils doivent mettre fin à ces pratiques inhumaines et inefficaces.

EDITORIAL du New York Times du 16 novembre 2013

Traduction : Dominique Muselet
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #117 le: 19 novembre 2013 à 17:26:09 »
les condamnés se retrouvent à travailler comme des malades pour rien ! ça devient juste une main d'oeuvre très très bon marché qui rapporte énormément aux entreprises privées qui ont la gestion des taules américaines

http://oumma.me/post/66177536856/lesclavage-dans-les-prisons-americaines#.UouQ5Ce8ASM
"Il n'y a point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer", Beaumarchais

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #118 le: 13 janvier 2014 à 23:02:55 »
Citer
PLOUTOCRACY – La moitié des membres du Congrès américain sont désormais millionnaires
Crédits : AP/Carolyn Kaster

Pour la première fois de l’histoire, la majorité des membres du Congrès américain possèdent une fortune supérieure à un million de dollars, révèle jeudi 9 janvier une étude menée par l’organisme Center for Responsive Politics. La valeur médiane nette, au-dessus de laquelle 50 % des législateurs se situent, serait d’exactement 1 008 767 dollars, soit un peu plus de 740 000 euros, en augmentation de 4,4 % par rapport à l’année précédente. Le Congrès, parlement bicaméral composé du Sénat et de la Chambre des représentants, accueillerait ainsi 268 heureux millionnaires sur les 534 élus actuellement en poste.

L’étude, qui s’appuie sur les déclarations des membres du Congrès faites en 2013 sur leurs patrimoine de 2012, dresse un classement des personnalités les plus riches. En tête, le républicain Darrell Issa affiche un pactole de 464 millions de dollars, engrangés dans le commerce d’alarmes pour voitures. En queue de peloton, l’élu le plus pauvre du Congrès est le républicain David Valadao, qui souffre d’un compte en banque débiteur de plus de 12 millions de dollars, en raison selon lui de prêts accordés à son exploitation laitière.
Cette analyse permet également de mettre en lumière les entreprises dans lesquelles ce capital est majoritairement investi par les membres du Congrès : sur le podium, le géant de l’énergie General Electrics est préféré à la banque Wells Fargo, et à la multinationale de l’informatique Microsoft.

« Malgré les sondages qui montrent à quel point les Américains sont insatisfaits du Congrès, il n’y a aucun changement dans notre appétit pour l’élection de riches hommes politiques, a déclaré Sheila Krumholz, directrice du Center for Responsive Politics. Dans notre système électoral, les candidats ont besoin d’accéder à la richesse pour mener des campagnes financièrement viables, et ceux qui parviennent à lever des fonds avec le plus de succès sont ceux qui nagent déjà dans ces cercles-là. »

Le New York Times, qui reprend l’information, souligne que ce n'est pas vraiment ce que les membres du Congrès souhaitaient voir apparaître dans les médias en ce moment, alors que plus d'un million de chômeurs viennent, eux, de voir leur indemnisation arriver à son terme. Ces derniers ont donc perdu tout revenu, précisément alors que le Congrès a refusé de renouveler un programme d’aide d’urgence destiné aux demandeurs d’emploi.


C'est la fin de la crise, au moins pour la moitié des membres du congrès des USA!  :frime1:
Oh... Wait...  :aille: :aille: :aille: :aille: :aille:
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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« Réponse #119 le: 16 février 2014 à 18:16:22 »
HALLUCINANT , l'apartheid contre les homos va être validé sous peu au KANSAS, oui vous avez bien lu, au KANSAS

Citer
Le Kansas renforce sa législation anti-gay

"le texte stipule que tout individu, groupe, ou entreprise privée peut refuser de servir des couples gay (qu'il s'agisse d'un partenariat domestique, d'une union civile, d'un mariage) si "cela est contraire à leur croyance religieuse sincère"."

"On imagine aisément les conséquences désastreuses d'une telle loi, qui autorise potentiellement un employeur, y compris dans le service public, à virer un employé au motif de sa sexualité ou encore un hôpital à refuser des soins à un patient pour la même raison. Et tout cela, sans qu'une quelconque poursuite légale soit possible pour les personnes discriminées. Inutile de préciser que le mariage homosexuel, soumis à un référendum en 2005, est interdit au Kansas " :nono:.


Encore une fois au nom de l'église tresfache tresfache tresfache.  Église, dont deux de ces préceptes sont quand même : amour et tolérance. Juste risible  :mdr1: et vraiment  rageant  :fache1: :fache1: :fache1: :fache1: :fache1:
« Modifié: 16 février 2014 à 18:18:48 par MacGo »
Dans le monde il n’y a pas d’un côté le bien et le mal, il y a une part de lumière et d’ombre en chacun de nous. Ce qui compte c’est celle que l’on choisit de montrer dans nos actes, ça c’est ce que l’on est vraiment.
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #120 le: 16 février 2014 à 20:51:04 »
Les législateurs des différents états (rouges) traînent souvent les pieds en comparaison avec la loi fédérale. Déjà, la cour suprême de l'état pourrait bien juger cette loi anti-constitutionnelle, même avant de passer devant une cour fédérale.
C'était les cas pour la loi Butler au Tennessee, qui interdisait les cours de "Darwinisme" dans l'état. (le Procès du Singe)

   L'argument principal des bibleux, ce qui les horrifiait le plus, était le coté homme/singe de l'histoire....ils ne sont pas allés s'emboucaner avec l'ADN, mutations etc. là où ils auraient pu trouver quelques lacunes dans les théories de Darwin et de Huxley. (notre connaissance a aussi évolué depuis "l'Origine des Espèces") 

Bref, comme pour le mouvement pour les Droits Civiques, ça pourrait bien être la Justice et non des législateurs qui permettra les unions homos.
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #121 le: 17 avril 2014 à 21:19:51 »
Bon, je ne vais pas créer un sujet supplémentaire genre "opinion publique américaine" donc je pense que celui-ci fera l'affaire  :mrgreen:

Qui eut cru qu'une thématique comme "les inégalités sociales" pourrait recontrer aux Zétatszunis (comme dirait cervesia  :fleur2:) le succès d'intérêt qui a fait, chez nous en France, un gros flop  :pleur3:

Citer
Inégalités : Piketty, vedette américaine


L'économiste français Thomas Piketty est aux USA pour présenter la traduction de son livre,"Le capital au XXIe siècle". A cette occasion, outre une série de conférences-débats, il a rencontré le ministre américain des Finances et l'équipe des conseillers économiques d'Obama. L'intérêt pour son livre témoigne de la sensibilité du thème des inégalités dans le débat économique US.

Tournée américaine. En déplacement aux USA pour une semaine, l'économiste français Thomas Piketty effectue de nombreuses interventions à New York et Washington note le Wall Street Journal. Ainsi, Piketty a présenté mardi 15 avril, à Washington (video ici), la traduction de son dernier livre Capital in the Twenty-First Century consacré à la croisssance des inégalités, devant l'Economic Policy Institute et le Washington Center for Equitable Growth. A cette occasion il a débattu, entre autres avec Betsey Stevenson, conseiller économique de la Maison Blanche.


Lundi 14 avril, il avait par ailleurs été reçu par Jacob Lew, le Treasury Secretary (équivalent de notre ministre de l'Economie et des Finances), et par des conseillers économiques de la Maison Blanche.

Lors de son intervention devant le Hutchins Center on Fiscal and Monetary Policy à la Brookings Institution de Washington, Piketty a plaidé pour une taxation plus forte des Américains les plus riches. Il propose de revenir au taux de taxation de 82%, apppliqué de 1930 jusque dans les années 70, en soulignant qu'il "semble que le capitalisme américain" n'a pas pour autant disparu à cette époque, détaille le Wall Street Journal.

Il a aussi critiqué l'inflation des hauts salaires des grands patrons américains : "Quand vous payez quelqu'un 10 millions de dollars au lieu d'1 million de dollars, vous n'obtenez pas pour autant de meilleurs performances ou une meilleure productivité. Je pense donc qu'il n'y a pas d'évidence justifiant le fait de payer 100 ou 200 fois le salaire moyen pour faire travailler" les grands patrons. L'une des conférences, celle de ce soir à New York, avec les économistes critiques Joseph Stiglitz,Paul Krugman, and Steven Durlauf, sera retransmise en direct sur Mediapart.

L'accueil du public est tout aussi enthousiaste. Comme @si, le racontait, Piketty a déja bénéficié d'une large couverture presse, et figure dans la liste des best-sellers établie par le New York Times. Et cela d'autant plus qu'en septembre dernier une étude du franco-américain Emmanuel Saez de l'université de Berkeley (Californie) avait déja lancé le débat. Cette étude (PDF 10 pages) indiquait qu'en 2012 aux USA, les revenus des 10% les plus riches ont atteint, pour la première fois 50% du total des revenus des Américains, comme le soulignait le New York Times en septembre 2013.

L'occasion de regarder notre émission consacrée au débat Piketty/Giraud sur la déroute fiscale du gouvernement et la visite de notre éconaute à Piketty, économiste jadis fétiche du PS.


Vous croyez que ça aussi, ça va mettre 10 ans à revenir chez nous ?  :pasdrole: :triste1:

PS : comme d'hab' pour les liens (intéressants) c'est mieux d'aller lire sur le site source
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #122 le: 16 juin 2014 à 17:12:34 »
On hallucine  :| 33 villes américaines rendent illégal le fait de donner à manger aux sans-abris  :X:

Citer
"In 33 U.S. Cities, Feeding The Homeless Has Been Criminalized"


source et l'article original en anglais.
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #123 le: 05 novembre 2014 à 21:51:19 »
Obama a du souci à se faire, face à la castratrice de cochons qui lui ravit la vedette voir vidéo).

Pourtant, on pourrait presque se réjouir:

Citer
Deux sénateurs noirs, symboles d'une autre victoire
La communauté noire américaine, qui avait largement soutenu Barack Obama en 2008, peut, malgré la défaite de son champion, se réjouir de deux symboles. Le premier Noir américain dans le sud depuis l'après-guerre de Sécession (1861-1865), et la première femme Noire Républicaine, ont été élus au Congrès à la faveur des élections de mi-mandat. Dans la très conservatrice Caroline du Sud, ancien Etat confédéré, Tim Scott, 49 ans, a remporté sans difficulté ce vote historique après avoir été nommé à ce poste en 2012 lorsque le précédent sénateur avait démissionné. Bien que conservateur, Scott défend des positions plus nuancées que son prédécesseur, Strom Thurmond, qui a représenté la Caroline du Sud pendant des décennies, farouche opposant à l'égalité raciale qui s'est battu pendant des années pour la ségrégation. Dans l'Utah, Mia Love, 38 ans, l'ancienne maire de la ville de Saratonga Springs, a ravi son siège à un démocrate.

http://www.leparisien.fr/international/elections-us-obama-battu-et-oblige-de-cohabiter-avec-un-congres-republicain-05-11-2014-4266993.php

Mais au fond, la vraie nouvelle est celle-ci: après un président "noir", les minorités vont servir de caution pour les conservateurs. Pas glop! :/
Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain; c'est là qu'ils doivent être. A présent, donnez-leur des fondations.
H. Thoreau
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #124 le: 06 novembre 2014 à 19:34:31 »
C'est ausi, très exactement, ce que je me suis dit en entendant le bilan  :pasdrole:
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #125 le: 10 novembre 2014 à 15:09:35 »
Le WTF du jour :| 8| 8/ mais c'est la fin du monde, j’espère vraiment que c'est la plus grosse blague du siècle. :pasdrole:

Citer
Le Ku Klux Klan bientôt ouvert aux noirs et aux homosexuels?


Un Ku Klux Klan modernisé, et ouvert aux noirs et aux homosexuels? C'est la promesse de John Abarr, un membre de la confrérie du Montana. Une déclaration étonnante pour une des plus anciennes organisations suprématiste blanche protestante des États-Unis.

Originaire de Great Falls, une ville du nord des États-Unis, Abarr s'est expliqué début novembre dans le journal local, La tribune de Great Falls: "En réalité, ce pour quoi se bat le Ku Klux Klan c'est une Amérique forte. L'idée de la suprématie blanche c'était l'ancien Klan. Ce que je propose c'est le futur". Concrètement, cela veut dire que l'organisation ne ferait plus de discrimination en fonction de la race, de la religion, ou de l'orientation sexuelle.

Aujourd'hui, le Ku Klux Klan est éclaté en une multitude d'organisations plus ou moins grandes. La vision de John Abarr, c'est que le nationalisme est une notion plus fédératrice que le racisme. Selon USA Today, John Abarr souhaiterait ouvrir un nouveau chapitre de l'organisation qui se concentrerait sur le combat contre un gouvernement fédéral trop puissant.

Entre espoir et scepticisme

Les réactions à cette campagne de réhabilitation ne se sont pas faites attendre. D'après Bradley Jenkins, le responsable de l'union des Klans aux États-Unis, John Abarr devrait carrément abandonner l'appellation Ku Klux Klan: "cet homme va à l'encontre de tous les commandements du KKK" a-t-il expliqué au site metro, "il essaye de profiter du KKK pour poursuivre sa carrière politique".

Un mal pour un bien semble de son côté avancer Jimmy Simmons, l'un des responsables de l'association nationale pour la promotion des gens de couleur aux États-Unis (NAAWP). "J'ai rencontré John Abarr l'année dernière, et je suis prêt à croire qu'il essaye de réformer" explique-t-il à USA Today. Abarr a quant à lui déclaré que cette rencontre l'avait inspiré pour organiser un sommet de la paix avec la NAAWP à l'été 2015. Un sommet auquel Jimmy Simmons considérerait "très sérieusement (y) aller".

Grave erreur, avance Rachel Carroll-Rivas,la codirectrice du réseau des droits de l'Homme dans le Montana. "Si John Abarr souhaitait vraiment réformer, il n'aurait plus besoin de l'étiquette KKK". "Ils savent que leurs croyances ne sont pas populaires, alors ils essayent de sembler modernes. Je pense que nous assistons tout simplement à une farce" s'est-elle indignée sur le site USA Today.

"C'est vrai que le nom du Ku Klux Klan fait toujours peur" renchérit Jimmy Simmons. "Surtout que ses membres refusent d'abandonner le masque et la robe blanche qu'ils revêtaient à l'époque pour terroriser les noirs". C'est donc à tout petit pas que la réforme du Ku Klux Klan semble devoir se faire aux États-Unis.

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #126 le: 10 novembre 2014 à 22:43:52 »
 :| Ah! le progrès!  :mrgreen:  P'têt' même que tantôt, les juifs pourront entrer chez les néonazis et que les Palestiniens seront admis à saluer le drapeau sioniste!  :grrr:
Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain; c'est là qu'ils doivent être. A présent, donnez-leur des fondations.
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #127 le: 27 novembre 2014 à 11:19:25 »
ferguson s'embrase, normal, on meurt quand on est noirE dans ce pays, assassiné par la police.
Il y a quelques jour c'est un autre enfant noir de 12 ans, à la suite de tant d'autres. :/


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Ferguson: quand les policiers blancs attribuent une force surhumaine aux hommes noirs


Dans sa déposition devant les jurés, Darren Wilson, le policier qui a tué Michael Brown à Ferguson, explique que l'homme de 18 ans ressemblait à un «démon», et que, même armé, il s'est senti «comme un gamin de 5 ans s'accrochant à Hulk Hogan». Il assure avoir eu l'impression qu'après avoir été touché par une balle, le jeune noir a «bandé les muscles pour courir à travers les balles».

Cette impression d'impuissance face à une force quasi surnaturelle a son origine dans une vision stéréotypée des hommes noirs, rappellent plusieurs articles de Slate.com. Pour Jamelle Bouie, Darren Wilson décrit la «brute noire», une figure de la rhétorique des suprémacistes blancs de la fin du XIXe siècle, quand les médias du sud des Etats-Unis étaient remplis d'articles contre la «bête nègre» et «la grosse brute noire». Cette image n'a jamais complètement disparu des mentalités américaines, explique-t-il. «Les jurés dans l'affaire du passage à tabac de Rodney King ont été prévenus que ce n'était pas le motard noir qu'ils jugeaient», rapporte une dépêche de 1993 sur les délibérations. «Et pourtant ils ont entendus des comparaisons de King avec un "monstre", un "diable de Tasmanie" et un homme "à la force digne de Hulk"».

L'idée que Michael Brown puisse être résistant aux coups de feu rappelle également une étude récente sur les préjugés racistes, note Katy Waldman.

Pour l'étude en question, publiée en octobre 2014 dans la revue Social Psychology & Personality Science, les chercheurs ont notamment montré aux participants des images d'hommes blancs et noirs, et leur ont demandé de dire lequel était le plus susceptible «d'avoir une peau surhumaine assez épaisse pour le protéger de braises incandescentes», ou encore lequel était plus susceptible d'«avoir une force surnaturelle le rendant capable de soulever un tank». Dans 63,5% des cas, les hommes noirs étaient sélectionnés.

Sur Slate.com, le journaliste scientifique Matthew Hutson cite une autre étude réalisée par les mêmes chercheurs sur la perception de la douleur des autres en fonction de leur couleur de peau. Les résultats indiquaient que les infirmières considèrent les hommes noirs comme moins sensibles à la douleur que les blancs (et ils reçoivent en général moins de médicaments antidouleur).

Un des auteurs de ces articles, Adam Waytz de Northwestern University, explique que ces préjugés sur la force et la douleur peuvent en partie expliquer la brutalité de certains policiers. Interviewé par Slate.com, il évoque notamment la façon dont des jeunes Afro-Américains comme Trayvon Martin et Michael Brown sont décrits par les hommes qui les ont tués. «On entend ces histoires d'hommes noirs presque surhumains qui foncent vers un policier et constituent des menaces physiques démesurées.» Dans ces cas-là, les policiers, comme Darren Wilson, disent qu'ils n'ont pas eu le choix:

    «Cette attribution de capacités surhumaines pourrait sembler positive... mais nous pensons au contraire qu'il s'agit d'une façon de déshumaniser les Afro-Américains.»




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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #128 le: 06 décembre 2014 à 11:34:16 »
Je ne décolère pas ....une succession d'exécutions de noirs par la police donne lieu à une succession d'acquittements ...
L’Amérique  a atteint un point de non retour en donnant carte blanche à la violence  :diable:
Du coup je me refais tous les Spike Lee histoire de me rappeler d'où vient cette pseudo légitimité qui autorise un état à buter ces concitoyens .


"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #129 le: 06 décembre 2014 à 16:12:53 »
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Mille fois plus énorme que le Watergate
et pourtant passé sous le radar…


« Secret d’état », le film de Michael Cuesta, raconte l’histoire vraie de Gary Webb. Le journaliste qui a prouvé les liens entre la CIA et les cartels de la cocaïne à l’époque de Reagan. Tellement énorme que ça ressemble à une théorie de la conspiration comme internet les aiment tant. Et pourtant, tout est vrai. Il faut aller voir ce film avant qu’il ne disparaisse des écrans.
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Re : Politique intérieure USA
« Réponse #130 le: 22 janvier 2015 à 17:42:14 »
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"Les Carnets de Guantánamo", journal intime d'une victime de tortures

Les Carnets de Guantánamo de Mohamedou Ould Slahi paraîtront cette semaine dans vingt pays, après six ans de modifications de la part des autorités américaines et de recours judiciaires, annonce The Guardian. L’auteur, un Mauritanien de 44 ans détenu dans la prison depuis treize ans, y raconte les tortures qu'il a subies. En France, le livre paraîtra, chez l'éditeur Michel Lafon, le 22 janvier.

Le Guardian, qui a publié plusieurs extraits, relate son parcours et explique qu’après avoir combattu l'armée soviétique aux côtés d’Al-Qaida en Afghanistan dans les années 1990 Slahi affirme s'être entièrement détourné de l'organisation terroriste. Mais "après le 11 septembre 2001, il a été arrêté [en Mauritanie] parce qu’il était soupçonné d’avoir été impliqué dans un attentat déjoué à l'aéroport de Los Angeles".

Immergé dans l'eau glacée

Le journal explique que la justice américaine a abandonné les poursuites et ordonné sa libération parce qu'elle ne pouvait prouver que Slahi était membre d'Al-Qaida au moment de son arrestation. Néanmoins, Slahi est toujours incarcéré à Guantanamo Bay parce que le ministère de la Justice a fait appel. Aujourd’hui, son cas est à nouveau en cours d'étude par le tribunal.

A Guantánamo, il a notamment été privé de sommeil, a reçu des menaces de mort ; il a fait l'objet d'humiliations sexuelles, a été obligé de boire de l'eau salée et s'est retrouvé immergé dans de l'eau glacée. "Le résultat [de ces traitements] était des mensonges", relate le journal. "Dans une tentative de mettre fin aux supplices, Slahi a fini par faire de faux aveux. Il a entre autres dit à ces interrogateurs qu'il projetait de faire exploser la tour de CNN à Toronto, au Canada."

2 500 modifications du texte

Le manuscrit de Slahi, écrit en anglais, a fait l’objet de plus de 2 500 modifications de la part des autorités américaines avant publication. Il s'agit notamment de suppressions de mots ou de passages "dont le but officiel est de protéger des informations confidentielles, mais qui ont eu comme conséquence que les lecteurs sont empêchés de connaître toute l'histoire", déplore le journal.

L’éditeur britannique du livre, Jamie Byng (Canongate Books), estime que c’est "un témoignage extrêmement poignant écrit par un écrivain vraiment talentueux. Avec toutes ces maisons d'édition internationales, on espère qu'en mettant son histoire à portée d'un large public à travers le monde, on pourra aider à mettre fin à ces emprisonnements injustifiés et barbares."

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Re : Etats-unis, obama, politique interieur
« Réponse #131 le: 25 février 2015 à 13:51:57 »
Je n’étais pas sure de poster cet article sur le fofo mais je crois qu'il y a sa place, il est important, au vue des petites phrases régulières qu'on entend via des politiques, des personnages publics, des lambdas sur les réseaux sociaux sur la supposée monstruosité de l'islam, qui est intrinsèquement violente et que jamais au grand jamais une religion ne commit autant d'horreur que celle ci, c'est bien méconnaitre d'un les humains et de deux l'histoire, puis vient cette exceptionnelle phrase d'obama, intervention la plus intéressante de tout ces discours.

je précise aussi que la non foi, ou non croyance ou comme vous voudrez n'a jamais préservé de la folie megalomaniaque et de commettre des massacres.

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Quand ils lynchaient les noirs, les blancs aussi se croyaient soldats de Dieu

A l’instar des barbaries de l’Etat islamique, le lynchage et la torture des noirs américains pendant la ségrégation n’étaient pas seulement des actes de racisme mais aussi des actes empreints de signification religieuse, justifiés par le christianisme de l’époque

Si, selon un certain cliché, les Américains ont la mémoire courte, cela n’empêche pas, depuis le samedi 7 février, un bon nombre d’entre nous de débattre au sujet des guerres de religion médiévales et de l’idée que nous puissions en tirer quelques leçons sur la violence qui règne aujourd’hui au Moyen-Orient.

Ce qu'a dit Obama

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, ce débat fait suite aux commentaires du président Obama lors du National Prayer Breakfast annuel, où –après avoir condamné le groupe radical Etat islamique et l’avoir qualifié de «culte de la mort»– il a proposé une réflexion appelant à la rationalisation.

    «Avant de monter sur nos grands chevaux et de penser que le phénomène est l’apanage d’un lieu différent du nôtre, souvenons-nous que pendant les croisades et l’Inquisition, les gens ont commis des actes atroces au nom du Christ. Dans notre patrie, l’esclavage et les lois [ségrégationnistes] Jim Crow ont trop souvent été justifiés au nom du Christ (...) Par conséquent, cela n’est pas l’apanage d’un seul groupe ou d’une seule religion. Il existe une tendance en nous, une tendance immorale qui peut pervertir et déformer notre foi.»

Ce point simplissime –«aucune foi n’a le monopole de l’arrogance religieuse»– est devenu un point d’ignition partisan incitant les conservateurs à sermonner le président en l’accusant de «mettre sur le même pied» chrétiens croisés et radicaux islamiques, à l’accuser d’entretenir des croyances anti-chrétiennes et à se demander pourquoi il évoque un conflit vieux de plusieurs siècles, quand bien même on relèverait quelques analogies entre celui-ci et l’époque actuelle.

Ce qui nous manque dans l’argument sur les croisades cependant, c’est la mention par Obama de l’esclavage et de Jim Crow. Dans The Atlantic, Ta-Nehisi Coates choisit de souligner les justifications religieuses de l’esclavage américain, et il vaut la peine d’en faire autant pour son successeur d’après la guerre de Sécession. Et puisque nous en sommes à réfléchir en termes de violence religieuse, nous nous devons de nous pencher sur le spectacle le plus brutal du règne de Jim Crow: le lynchage.

Pendant pratiquement tout le siècle entre les deux Reconstructions américaines, la plus grande partie du Sud blanc a fermé les yeux et approuvé la violence terroriste exercée contre les noirs. Un nouveau rapport de l’Equal Justice Initiative, basée en Alabama, signale presque 4.000 lynchages de noirs dans 12 Etats du Sud –en Alabama, en Arkansas, en Floride, en Géorgie, dans le Kentucky, en Louisiane, dans le Mississippi, en Caroline du Nord et du Sud, au Tennessee, au Texas et en Virginie– entre 1877 et 1950, ce qui, note l’organisation, représente «au moins 700 lynchages de plus dans ces Etats que ce qui avait été signalé auparavant».

«Le Juge Lynch» –nom donné par la journaliste et militante antiségrégationniste Ida B. Wells aux foules de lyncheurs– se montrait capricieux, impitoyable et barbare à l’égard de ses victimes. C.J. Miller, accusé à tort du meurtre de deux sœurs adolescentes blanches dans l’ouest du Kentucky, fut «traîné dans les rues jusqu’à un échafaud de fortune fait de vieilles douves de tonneau et autre petit bois», écrit l’historien Philip Dray dans At the Hands of Persons Unknown: The Lynching of Black America. Ses agresseurs le pendirent à un poteau téléphonique, et tandis que «la première chute lui brisa le cou (...) le corps fut soulevé et abaissé à maintes reprises pendant que la foule le criblait de balles avec des armes de poing». Son corps resta pendu dans la rue pendant deux heures, au cours desquelles il fut photographié et mutilé par des badauds. Puis il fut décroché et brûlé.

Plus sauvage encore fut le lynchage de Mary Turner, tuée pour avoir protesté contre le meurtre de son mari, et de l’enfant qu’elle portait.

    «Devant une foule où se trouvaient des femmes et des enfants, écrit Philip Dray, Mary fut déshabillée, pendue par les chevilles, aspergée d’essence et brûlée à mort. Au milieu de son supplice, un homme blanc lui ouvrit le ventre avec un couteau de chasse et son bébé tomba à terre, poussa un cri et fut piétiné à mort.»

Des rituels de l'évangélisme sudiste et de son dogme

Ces lynchages n’étaient pas seulement des punitions infligées par des groupes d’autodéfense, ou, comme le note l’Equal Justice Initiative, «des actes de célébration du contrôle et de la domination d’une race sur l’autre». C’était des rituels. Et plus spécifiquement, des rituels de l’évangélisme sudiste et de son dogme d’alors prônant la pureté, le littéralisme et la suprématie blanche.

«Le christianisme était le principal prisme par lequel la plupart des Sudistes conceptualisaient et donnaient un sens à la souffrance et à la mort, quelle que soit leur forme», écrit l’historienne Amy Louise Wood dans Lynching and Spectacle: Witnessing Racial Violence in America, 1890–1940.

    «Il serait inconcevable qu’ils aient pu infliger douleurs et tourments aux corps des hommes noirs sans imaginer cette violence en tant qu’acte religieux, chargé de symbolisme et de signification chrétienne.»

Le Dieu du Sud blanc exigeait de la pureté –pureté incarnée par la femme blanche. Les Sudistes blancs construisirent une frontière à l’aide de la ségrégation. Mais quand celle-ci était violée, c’est avec le lynchage qu’ils réparaient la brèche et affirmaient qu’ils étaient libres de toute contamination morale, représentée par les noirs, par les hommes noirs en particulier –même si elle ne se limitait pas à eux. Leo Frank, lynché en 1915, était juif.

La brèche imaginée était souvent d’ordre sexuel, définie par le mythe du violeur noir, un «démon» et une «bête» décidée à profaner la pureté chrétienne de la féminité blanche. Dans son récit du lynchage d’Henry Smith –tué à la suite d’accusations de viol et de meurtre d’une fillette de 3 ans, Myrtle Vance– P.L. James raconte comment l’énergie d’une ville et d’un pays entier s’était tournée vers «l’arrestation du démon qui avait dévasté un foyer et souillé une vie innocente».

La «volonté de Dieu»

James n’était pas un cas isolé. De nombreux autres défenseurs du lynchage interprétaient leurs actes comme un devoir chrétien, consacré comme étant la volonté de Dieu contre la transgression raciale.

    «Après le lynchage de Smith, note Amy Louise Wood, un autre de ses défenseurs écrivit: “ce ne fut rien d’autre que la vengeance d’un Dieu outragé, qui Lui fut offerte, au moyen de l’instrument que furent ceux qui provoquèrent la crémation.»

Comme l’écrit Donald G. Mathews, professeur émérite à l’UNC-Chapel Hill dans le Journal of Southern Religion:

    «La religion s’insinuait dans le lynchage communautaire parce que cet acte se produisait dans le contexte d’un ordre sacré conçu pour garantir la sainteté.»

L'«ordre sacré» c’était la suprématie blanche, et la «sainteté», la vertu blanche.

Je me dois de souligner que les noirs de l’époque voyaient le lynchage comme étant enraciné dans la pratique chrétienne des Sudistes blancs. «Il est extrêmement douteux que le lynchage puisse exister dans une autre religion que le christianisme», écrivit Walter White, leader de l’association de défense des droits civiques NAACP en 1929.

    «Quiconque connaît bien les prédicateurs intempestifs, acrobatiques, fanatiques prêchant les feux de l’enfer dans le Sud, et a vu les orgies d’émotion qu’ils suscitent, ne peut douter un seul instant qu’ils libèrent des passions dangereuses contribuant à l’instabilité émotionnelle et jouant un rôle dans les lynchages.»

Rien de tout cela n’était intrinsèque au christianisme: c’était une question de pouvoir, et du besoin qu’avaient les puissants de sanctifier leurs actes

Et si certains chefs d’église ont condamné ces pratiques comme étant contraires à la parole de Dieu –«Religion et lynchage, christianisme et écrasement, feu et bénédiction, sauvagerie et raison nationale ne peuvent aller main dans la main dans ce pays», affirmait un éditorial en 1904– le consentement écrasant du Sud blanc confirmait le point de vue de Walter White.

Le seul christianisme sudiste uni dans son opposition au lynchage était celui des noirs américains, qui tentaient de re-contextualiser les attaques comme un genre de crucifixion et ses victimes comme des martyrs, renversant la situation et faisant des noirs les véritables héritiers du salut et de la rédemption chrétienne. Et c’est ce dernier point qui doit mettre en exergue le fait que rien de tout cela n’était intrinsèque au christianisme: c’était une question de pouvoir, et du besoin qu’avaient les puissants de sanctifier leurs actes.

Pourtant, il est impossible de nier que le lynchage –dans toute sa grotesque violence– était un acte empreint de signification religieuse, justifié par le christianisme de l’époque.

Il avait également un caractère politique: c’était un acte de terreur et de contrôle social et la chasse gardée de citoyens privés, de responsables publics et de législateurs puissants. Le sénateur Ben Tillman de Caroline du Sud défendit le lynchage devant le Congrès des Etats-Unis, et le président Woodrow Wilson applaudit un film qui célébrait le juge Lynch et ses disciples.

Ce qui signifie qu’Obama avait raison. Les environnements extrêmement différents de l’Amérique d’avant les droits civiques et du Moyen-Orient d’aujourd'hui cachent les similitudes conséquentes qui existent entre la violence religieuse relativement récente de nos ancêtres suprématistes blancs et celle de nos ennemis contemporains. Et le fossé actuel entre musulmans modérés et leurs opposants fanatiques trouve une analogie dans notre division passée entre christianisme nordiste et son homologue sudiste.

Il ne s’agit pas tant de relativisme que de vision clairvoyante de notre vulnérabilité commune, de la vérité qui est que les graines de la violence et de l’autocratie peuvent germer n’importe où, et du fait que notre position actuelle de supériorité morale n’est pas la preuve d’une quelconque supériorité intrinsèque.


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Re : Etats-unis, obama, politique interieur
« Réponse #132 le: 29 novembre 2015 à 11:08:47 »
balayer devant sa porte toussa toussa :fache:

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Attaque d’un planning familial aux Etats-Unis : le suspect ne voulait « plus de bébés en morceaux »

Une fusillade a fait trois morts dans un centre de planning familial à Colorado Springs.
Trois personnes, dont un policier, ont été tuées, vendredi 27 novembre, dans une attaque contre un centre de planning familial à Colorado Springs, dans l’ouest des Etats-Unis. Neuf personnes dont 5 policiers ont par ailleurs été hospitalisés. Selon la police, 24 personnes ont été évacuées saines et sauves après avoir été prises en otage.

Le tireur, Robert Lewis Dear, 57 ans, aurait déclaré aux enquêteurs qu’il ne voulait « plus de bébés en morceaux », selon la chaîne NBC. Ces propos pourraient être une allusion aux avortements pratiqués dans le centre ou aux accusations à l’encontre de la clinique selon laquelle elle fournirait des éléments foetaux à la recherche médicale. Les enquêteurs estiment toutefois ne pas être en mesure d’affirmer avec certitude ce qui a motivé le tueur présumé.

Le suspect était armé d’un fusil d’épaule et avait placé « des appareils » dans le bâtiment, laissant entendre qu’il pourrait s’agir d’explosifs, selon les forces de l’ordre, qui ont passé plusieurs heures à sécuriser le bâtiment. L’attaque s’est terminée vendredi soir, après plus de cinq heures d’échanges de tirs avec les forces de l’ordre.

« Terrorisme intérieur »

Les 700 centres de planning familial sont aux Etats-Unis les principaux à fournir des services gynécologiques : des examens préventifs, des contraceptifs mais aussi à réaliser des interruptions volontaires de grossesse. La chambre des représentants américaine, dominée par le camp républicain, a tenté à plusieurs reprises de couper les fonds publics de l’organisation lors de discussions budgétaires.

Cela en fait régulièrement des cibles de manifestations voire d’agressions pour les opposants radicaux à l’avortement. Selon la Fédération nationale de l’avortement, huit personnes travaillant dans le domaine médical ont été tuées depuis 1977 aux Etats-Unis à la suite d’incidents violents.
Recueillement après la mort de trois personnes dans un centre de planning familial du Colorado.

« Nous ne connaissons pas totalement les circonstances et les motifs de ce crime, et ne savons pas si le planning familial était la cible de l’attaque », a expliqué dans un communiqué Vicki Cowart, porte-parole de l’organisation, avant de dénoncer « des extrémistes (anti-avortement qui) créent un environnement toxique capable d’alimenter le terrorisme intérieur ».

« Ça suffit »

Samedi, Barack Obama a une nouvelle fois réclamé un meilleur contrôle des armes à feu aux Etats-Unis : « Nous devons faire quelque chose à propos de la facilité d’accès aux armes de guerre dans nos rues pour des personnes qui n’ont rien à faire avec » de telles armes, « ça suffit », a fustigé le président américain dans un communiqué.

M. Obama souhaiterait que le Congrès légifère sur la question du contrôle des armés, notamment les plus puissantes.

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Re : Etats-unis : politique interieur
« Réponse #133 le: 14 avril 2017 à 12:13:30 »
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Afghanistan : les Etats-Unis larguent la bombe non-nucléaire la plus puissante jamais utilisée
Cette frappe vise à aider les forces américaines et afghanes sur place, dans leurs combats contre les talibans et le groupe Etat islamique.

Les Etats-Unis ont largué, jeudi 13 avril, contre le groupe Etat islamique en Afghanistan, la plus puissante bombe non-nucléaire jamais utilisée.

La frappe avec la bombe GBU-43 de plus de 10 000 kg, a visé une "série de grottes" dans la province de Nangarhâr (est de l'Afghanistan), où un soldat américain a été tué dans une opération le week-end dernier contre les jihadistes, selon un porte-parole du Pentagone.

Un soutien aux forces afghanes et américaines dans la région

Cette énorme bombe guidée au GPS, longue de plusieurs mètres, qui n'avait jamais été utilisée au combat auparavant, a été larguée en soutien aux forces afghanes et américaines opérant dans la région, selon le Pentagone. Les Etats-Unis ont environ 8 400 soldats en Afghanistan. Ils forment, conseillent et appuient les forces afghanes dans leurs combats contre les talibans et le groupe Etat islamique.

"Alors que leurs pertes augmentent", les jihadistes ont recours "à des bunkers et tunnels pour renforcer" leur défense, a indiqué dans un communiqué le général John Nicholson, le chef des forces américaines en Afghanistan.

La bombe GBU-43 "est la bonne munition pour venir à bout de ces obstacles et maintenir l'élan de notre campagne" contre le groupe Etat islamique en Afghanistan, a-t-il ajouté. "Nous devons leur dénier leur liberté de mouvement, et c'est ce que nous avons fait", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, lors de son briefing à la presse.

Selon l'US Air Force, le dernier test de la bombe GBU-43, en 2003, avait provoqué un panache de poussières et de fumées visible à plus de 32 kilomètres. La bombe à effet de souffle massif est dénommée MOAB (Massive Ordnance Air Blast).

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Re : Etats-unis : politique interieur
« Réponse #134 le: 14 avril 2017 à 12:48:18 »
Hallucinant!  8| Pourquoi pas raser l'Afghanistan de la carte, tant qu'on y est?

L'analyse de Karzai est évidente: s'agit de tester et de faire savoir. Et maintenant, qui qui va faire la même chose, rivalité mondiale oblige  :peur1: ?
Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain; c'est là qu'ils doivent être. A présent, donnez-leur des fondations.
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Re : Etats-unis : politique interieur
« Réponse #135 le: 14 avril 2017 à 13:07:07 »
Il s'amuse le bougre, il s'ennuyait dans sa vie de milliardaire maintenant il teste des boutons et pouf une mega bombe, il fait peur :triste1:

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Re : Etats-unis : politique intérieure
« Réponse #136 le: 19 mai 2017 à 13:36:19 »
Enfin une bonne nouvelle des tas unis!

ça me fait vraiment plaisir. :super:

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Chelsea Manning, enfin libre

Après sept ans de détention, la lanceuse d'alerte, source de WikiLeaks, a fait ce mercredi ses «premiers pas en liberté». Sa peine avait été commuée en janvier par Barack Obama.


http://www.liberation.fr/planete/2017/05/17/chelsea-manning-enfin-libre_1570165
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Re : Etats-unis : politique intérieure
« Réponse #137 le: 24 mai 2017 à 00:00:43 »
ça se passe en Israël, mais néanmoins ça parle de politique intérieure US : TRUMP vient de visiter le mémorial de la SHOH à Jérusalem, voici ce qu'il a inscrit sur le livre d'or !

Les américains un poil conscients doivent être dévastés !



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Re : Etats-unis : politique intérieure
« Réponse #138 le: 24 mai 2017 à 06:31:19 »
Les Américains sont entrain de prendre conscience de qui est ce président orange.... Mes amis qui ont voté pour lui ont honte. Je les avais pourtant mis en garde.
Maintenant, ils déchantent.

Ce qui est tout aussi inquiétant, c'est que si il est destitué, ce sera Pence qui prendra la relève et il est tout aussi dangereux que l'orange! Il vaudrait presque mieux que la situation reste comme elle est maintenant (au moins il apporte de l'eau au moulin des humoristes) et que dans moins de 4 ans il soit battu à plat de coutures par les démocrates!

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Re : Etats-unis : politique intérieure
« Réponse #139 le: 24 mai 2017 à 12:29:18 »
Pour s'inspirer de l'éviction de Nixon, il faudrait d'abord trouver le moyen de virer Pence (v. Spiro Agnew)....qui sera le Gerald Ford de l'histoire, (pour ensuite gracier le Donald) ? Ça reste à voir.
Quatre ans, c'est très long, un impeachment c'est long aussi. Personne n'ose (encore) en parler de la beaucoup plus expédiente solution du
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Re : Etats-unis : politique intérieure
« Réponse #140 le: 06 juin 2017 à 17:59:40 »
Un impeachment qui puisse renverser la situation!  :salive:

Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain; c'est là qu'ils doivent être. A présent, donnez-leur des fondations.
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Re : Etats-unis : politique intérieure
« Réponse #141 le: 06 juin 2017 à 19:32:44 »


Impeachment, il ne faut pas trop en rêver...
Les très vantés "checks and balances" (pas de conflit d'intérêt, niet pour le népotisme etc) du système US ne sont absolument pas appliqués automatiquement.
Sans volonté politique, absolument rien n'est fait pour empêcher Trump de construire une république bananière. En attendant que leur agenda politique soit mis en effet, les diaboliques Republicans vont faire le dos rond.
Pour le moment, la seule chose de concret que Trump a pu faire a été de faire nommer le réac christeux Gorsuch à la Cour Suprème. Même ça, ça risque de foirer :  le dernier espoir pour son muslim Travel ban était de le faire valider par la supreme court, Trump a sans doute rendu ceci impossible avec ses tweets idiots qui démontrent que la vraie volonté de Trump était de discriminer contre les immigrés musulmans, ce qui est clairement interdit par la sacro-saint Constitution.

Trump s'évertue à offenser tous les alliés des É-U : Royaume Uni (et pas qu'un peu), l'Allemagne, la France, presque tous les pays de l'OTAN, le Japon, l'Australie, le Mexique, le Canada...bref, tout le monde sauf l'Arabie Saoudite.
Pour faire bouger la majorité au Congress, il va falloir provoquer la troisième guerre mondiale.
Et encore.

On a souvent fait mention de l'impeachment (inachevé) de Nixon, mais seulement une petite poignée de Republicans ont choisi Pays plutôt que Parti. Comme récompense, ils ont eu leurs carrières politiques brisées.
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