Auteur Sujet: Le racisme ordinaire ou la jolie France  (Lu 60439 fois)

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #50 le: 09 mai 2011 à 10:39:05 »
le sang tu as parfaitement compris mon propos "quoi de mieux pour préparer les esprits à des actes, que de leur asséner une rhétorique idéologiquement puante... Souvent "les choses graves" sont une suite logique aux "détails insignifiants"..."  :fleur2:

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Vous semblez incapable de faire la différence entre les choses graves et les détails insignifiants.
je crois que tu es comme beaucoup de gens qui ne savent pas ce qu'est le racisme, tu tolères, c'est devenu tellement banal, un ministre condamné pour propos racistes, un premier ministre accusé de propos raciste, un président qui incite au racisme, des journalistes clairement raciste... pourquoi s’étonner que les citoyens de gauche ou pas trouvent normal des actes "insignifiant".
à la différence de toi, pour moi en matière de racisme il n'y a pas de choses plus graves que d'autres, elles participe tous à l'anesthésie générale.
 quand j'ai nommée ce fil ainsi, y'a un moment déjà, c'était pas pour rien : "Le racisme ordinaire ou la jolie France".

je conseille la lecture de La mécanique raciste de tevanian.

Citer
Tout le monde ou presque en France est antiraciste. Et pourtant les discriminations racistes se perpétuent, de génération en génération, dans des proportions massives... et une remarquable indifférence.
... À rebours des discours convenus de l’antiracisme d’Etat, qui réduisent complaisamment l’oppression raciste à un réflexe naturel et compréhensible de peur de l’autre, il souligne le caractère social et systémique du racisme français, et son enracinement dans notre culture : loin d’être naturel, le racisme est une production culturelle, et loin d’être une pathologie individuelle, qui ne concernerait que quelques extrémistes, il traverse toute la société, sous des formes plus ou moins distinguées, adaptées à tous les univers sociaux et à toutes les sensibilités politiques.

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #52 le: 11 mai 2011 à 09:58:17 »
sur l'esclavage la France n'a jamais assumé son rôle, n'en parle que très rarement aux gosses dans les bouquins d'histoire, d'ailleurs elle n'aime pas non plus parler de son rôle pendant la colonisation.
hier sur france ô il y avait aussi des documentaires sur l'esclavage à partir de 20h30 à revoir sur le replay de sa tv avec free ou sur internet sur la chaine.
« Modifié: 11 mai 2011 à 10:00:33 par raja »

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #53 le: 11 mai 2011 à 10:56:36 »
Doit-on se culpabiliser pour les péchés de nos lointains ancêtres ? Plusieurs villes qui on prospéré grâce au trafic triangulaire ont fait leur mea culpa, ça reste symbolique je conviens. Quoiqu'on fasse maintenant, il est trop tard ; je ne crois pas à une responsabilité/culpabilité collective héritée bibliquement du passé.

"Celui qui consomme les produits de l'esclavage contribue à sa survie" certes, il serait plus pertinent de se pencher sur l'esclavage actuel : electroménager en Chine, textiles au Bangladesh, coton cueilli  en Afrique par les enfants/esclaves...la liste est longue
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #54 le: 11 mai 2011 à 11:33:06 »
je ne parle pas d’auto flagellation hantise du français moyen sur le sujet mais de l'inclure dans l'histoire de France, c'est pas une demande scandaleuse si? 

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #55 le: 11 mai 2011 à 12:04:21 »
Ça rappelle le projet de Sarko "adopter une victime de la Shoah/nazisme".
À quoi bon faire chier les enfants pour ce qui s'est passé avant leur naissance ?

L'esclavage est déjà inclus dans les cours d'histoire.
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #56 le: 11 mai 2011 à 12:15:56 »
si ça te rappelle ça c'est tu n'as encore pas compris mon propos mais c'est une habitude ...
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À quoi bon faire chier les enfants pour ce qui s'est passé avant leur naissance ?
alors supprimons l'histoire puisque tout ce qu'ils apprennent pour la plupart du programme c'est bien avant leur naissance et la notre d'ailleurs.

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L'esclavage est déjà inclus dans les cours d'histoire.
on en parle brièvement certes mais on ne s'y attarde pas comme faisant partie intégrante de l'histoire de ce pays, on aborde tout juste dans les nouveaux programmes la question de la traite.


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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #57 le: 11 mai 2011 à 12:41:02 »
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si ça te rappelle ça c'est tu n'as encore pas compris mon propos
J'ai bien compris, c'est exactement comme je l'avais dit, tu veux défoncer une porte ouverte.
Les mea culpa ne mangent pas de pain, mieux vaut s'attaquer aux injustices contemporaines. Il n'y a pas de raison que tu te culpabilises pour toute la France d'il y a cent ans.
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #58 le: 11 mai 2011 à 21:24:47 »
Euh oblomov, c'est toi qui parles de culpabilité, Raja parle simplement d'assumer des faits historiques...

Le lycée, ce n'est pas si loin, j'adorais l'Histoire, mais je ne me souviens quasiment plus de ce qu'on a pu y voir concernant l'esclavage, alors que d'autres sujets m'ont marqué. Après concernant la colonisation par exemple, je me souviens que la prof nous a fait étudié comme exemple le Congo... Belge ! Alors si, je pense que nous ne sommes pas si prompts que ça à "digérer" les atrocités commises par les français à l'époque.

Assumer, n'est pas culpabiliser, mais bien regarder vers le passé une bonne fois pour toute afin d'aller vers un futur plus serein.
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #59 le: 11 mai 2011 à 21:45:06 »
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Assumer, n'est pas culpabiliser,
Pourquoi doit-on assumer la responsabilité pour les délits commis par d'autres gens à une autre époque ?
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #60 le: 11 mai 2011 à 22:05:29 »
Oblonov ! sur cette question là , parfois je suis d'accord avec toi ! mais c'est dans les  moments où intellectuellement réfléchir me fait trop souffrir : bien sûr que que la génération d'aujourd'hui n'a pas à culpabiliser des saloperies de nos ancêtres . Mais comme le dit Le Sang Coule , ce n'est pas une question de culpabilité et , tu as raison il est complètement irrationnel , ridicule et pervers  de demander à un enfant d'aujourd'hui qu'il "adopte un enfant d'hier victime de la shoa .Mais bon sang! sais-tu ce que c'est que de vivre dans un pays qui ne te regarde qu'à la couleur de ta peau et à la frisure de tes cheveux ? oui tu le sais , en partie ....J'ai appris l'histoire de France avant celle de ma famille et sais tu ce que j'ai appris : la France a apporté la modernisation en Algérie ; les hôpitaux et les chemins de fer . ...j'apprenais cela à l'école où je me suis fais casser le nez parce que j'étais une bicot . C'est ancré définitivement dans ma mémoire : le jour où je suis rentrée dans la salle de cours où tout les élèves riaient parce que sur le tableau il était écrit "300 milliards de bougnoules et moi  et moi " :signé mon nom de famille .J'ai éprouvé définitivement de la honte parce que je ne comprenais pas . J'ai juste compris que mon nom était définitivement ridicule et de ce jour là j'ai décidé de ne plus jamais le porter . Les années ont passé et je ne suis pas guérie de cela parce qu'entre temps j'ai appris que mon père , fonctionnaire en Algérie française s'est vu spolier de toutes ses terres du jour où de fonctionnaire d'Etat il est devenu un paria pour l'administration française dès lors qu'il a rejoins le FLN. Du jour au lendemain il a dû quitter le sol Algérien et ses richesses pour venir s'installer à Montpellier  comme de la vermine ,contaminé par le typhus que les soldats français avaient ramené sur le territoire algérien lors de la guerre de 14-18 . On me connait dans mon entourage comme ayant beaucoup d'humour sur le racisme joli et ordinaire mais je rigole d'autant mieux qu'il y a toujours un moment où je vais rappeler à ma manière  que la colonisation n'est pas terminée et que c'est toujours les mêmes cons , les mêmes  abrutis qui ne savent pas que connaitre et  comprendre le passé c'est définitivement pas accepter d'être un sale con de raciste et quoi de plus raciste qu'une histoire belge qui commence au Congo ?
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #61 le: 11 mai 2011 à 22:58:50 »
Comprendre le passé et en tirer les leçons...ça devrait être facile pour nous, dans le présent qui savons le fin mot de l'histoire, de comprendre la manière juste d'agir.
À l'époque je suppose qu'on était mal informé, pas trop sensible à la vraie nature du racisme, je me demande comment moi j'aurais agi par exemple pendant l'occupation dans l'ignorance de ce qui allait suivre.
Honnêtement je ne sais pas, mais j'imagine que j'aurais été comme tout le monde, courageux un jour, lâche le lendemain...

L'éducation, la famille et la pression de ses pairs déterminent notre conduite, il suffit d'une faiblesse de l'éducation, l'effet de groupe et quelques mauvaises exemples et le racisme latent revient à la surface, on est obligé d'admettre que la "tolérance" n'est qu'un vernis qui ne cache que superficiellement notre xénophobie naturelle, qui ne devient que trop facilement le racisme.

Tout ceci est bien prétentieux, mais bon, qui peut dire qu'il n'ait jamais choisi la facilité et ne se soit pas comporté comme le reste de la bande ?
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #62 le: 12 mai 2011 à 10:55:47 »
sybéria merci pour ce bout de vie qui me touche et me rappelle étrangement la vie de mes grands parents en Tunisie spoliés aussi de leur terre, mon propre pére a été interdit d'aller à l’école, on ne mélange pas les torchons et les serviettes il parait.

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mais bon, qui peut dire qu'il n'ait jamais choisi la facilité et ne se soit pas comporté comme le reste de la bande ?
oui à 12 ans quand on était en bande, aujourd'hui rien ne justifie le comportement de certains de nos concitoyens.

tout est une question de travail, les préjugés, la xénophobie...il faut travailler contre la facilité d'un discours raciste ou de préjugés faciles, voilà pourquoi il faut en parler et les identifier, il n'y a pas de petits faits mais une chaine de faits.

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #63 le: 13 mai 2011 à 09:33:16 »
le foot, le basket ... on dirait que le virus se répand insidieusement ...

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Basket amateur : la Fédération veut moins de joueurs étrangers

Dans cette fédération sportive, on croise la notion « d'étranger fidèle » et, pour les licences, un code couleur qui vire au rouge pour les joueurs étrangers… Non, vous n'êtes pas sur le nouveau texte réglementaire de la FFF (Fédération française de football) mais sur celui de la FFBB (Fédération française de basket-ball, 457 035 licenciés).

Cette dernière, qui organise les championnats amateurs de basket, prévoit une modification de son règlement. Officiellement, il s'agit de s'adapter à l'harmonisation européenne de l'organisation du basket et de promouvoir la formation des jeunes. Mais dans le même temps, elle écarte les joueurs étrangers.
« Etranger fidèle »

Le principal changement de la réforme concerne le passage à une « citoyenneté européenne » élargie pour tous les joueurs appartenant à un pays de la Fiba Europe, Fédération européenne de basket amateur regroupant 52 pays. Jusqu'à deux joueurs européens peuvent évoluer dans les clubs amateurs français, de Nationale masculine 1 (NM1, 3e division) à NM3 (5e division).

Mais le nouveau règlement prévoit d'écarter les joueurs étrangers (ceux n'appartenant pas à la Fiba Europe) en NM2 (Nationale masculine 2) et NM3 (4e et 5e division). Sauf à satisfaire à la condition d » « étranger fidèle », autrement dit un joueur étranger ayant été licencié sept ans en France, ou quatre années consécutives dans un même club français.

Concrètement, si un Sénégalais est présent en France pour ses études ou son travail et qu'il souhaite jouer au basket à un niveau intéressant sans être professionnel, il ne pourra plus.

La Fédération française (FFBB) avait d'ailleurs pris des précautions en envoyant le changement de règlement aux clubs :

    « Nous savons que cette réforme est une véritable révolution intellectuelle qui nous conduit à reconsidérer la question de la nationalité. […] Nous sommes conscients des questions que cela ne va pas manquer de soulever et restons à votre disposition pour vous accompagner. »

Pas les mêmes critères au hand ou au volley

Pourtant, ces critères exigeants n'existent pas pas au handball ou au volley-ball, où un joueur étranger peut évoluer aux mêmes niveaux sans aucune condition.

Cette mesure scandalise Emmanuel Humbert, dirigeant du ASP Sainte-Marie-aux-Chênes et journaliste :

    « Ce qui me choque, c'est cette distinction entre les joueurs affiliés à la Fiba Europe et les autres. Globalement, c'est en majorité les Africains et les Nord-Africains qui vont être exclus du nouveau règlement. Et cette notion d'“étranger fidèle” fleure bon le colonialisme. »

Patrick Maucouvert, directeur technique du club de Basket Les enfants du Forez (NM2), n'est pas tendre non plus :

    « C'est une volonté de la fédération d'éradiquer les joueurs étrangers au niveau amateur. D'autant que la distinction entre les joueurs Fiba Europe et les étrangers n'a pas de sens, alors que beaucoup de joueurs africains, par exemple, sont francophones. »

La FFBB tente de calmer le jeu

Face aux réactions suscitées par les nouvelles dispositions, Marie-Noëlle Servage, secrétaire générale de la FFBB, tempère :

    « Ce sont des règles qui sont susceptibles d'évoluer, rien n'a encore été acté. Une réunion doit se tenir ce week-end avec le comité directeur pour décider d'où on met le curseur concernant les étrangers. »

Pourtant, rien dans la lettre envoyée aux clubs de basket ne mentionne le caractère modulable de la mesure. Tout laisse penser, au contraire, que les nouvelles réglementations devraient s'appliquer en l'état dès la saison prochaine. Pour Emmanuel Humbert :

    « Ils ont dû recevoir pas mal de courriers et de mails de mécontentement pour annoncer d'éventuels assouplissements. »

Mais la FFBB assume néanmoins la logique d'une réglementation du nombre d'étrangers. Sans toutefois parler de quotas :

    « S'il devait y avoir une limitation des joueurs étrangers, ce serait dans une démarche de reconnaissance de la formation française. Faire en sorte de privilégier les joueurs français à un certain niveau, d'autant qu'on peut se poser la question de la circulation, dans différents clubs, des joueurs étrangers. »

« L'opportunisme des carrières n'est pas propre aux joueurs étrangers », répond Mathias Ona Embo, entraîneur à Marne-la-Vallée basket Val Maubuée et ancien joueur :

    « Et puis beaucoup d'étrangers sont installés, ont un travail et veulent seulement jouer au basket à un niveau intéressant sans en faire leur métier. »

Déjà en vigueur dans le basket féminin

Cette réglementation à l'égard des joueurs étrangers est déjà en vigueur, depuis la saison dernière, dans les divisions féminines amateures.

Et son application ne s'est pas faite sans difficulté, concernant notamment le cas emblématique de Mami Bocandé, fille du célèbre joueur de football Jules Bocandé. Internationale sénégalaise, elle a été contrainte d'arrêter de jouer pour le Metz basket club (Metz BC) en raison des nouvelles règles. Et envisage aujourd'hui de demander une dérogation.

Bruno Blin, président du Metz BC :

    « Je trouve dommage qu'on ne puisse pas faire jouer des joueurs ou des joueuses qui sont en France pour des questions de nationalité. Mais depuis toujours, dans le basket-ball il y a eu des restrictions à l'égard des étrangers.

    Et c'est clair que ça tombe plutôt mal, en pleine polémique à la Fédération française de football. »

Une réglementation « beaucoup trop rapide »

Jean-Christophe Buiron, président de l'Entente sportive de Trappes Saint-Quentin-en-Yvelines, est de son côté plus mesuré :

    « C'est vrai que ça ressemble à une exclusion de certains continents mais il y a des pas en avant faits vis-à-vis des pays européens au sens large. On peut également considérer que c'est un petit effort à l'égard de la formation. »

Il est davantage préoccupé par le timing de la nouvelle réglementation :

    « C'est beaucoup trop rapide, pour des clubs qui ont des contrats avec des joueurs étrangers, on est mis devant le fait accompli. Ils veulent définir un cadre, mais je pense que derrière il va y avoir des dérogations. »

Au fond, beaucoup se demandent si la FFBB ne se trompe pas de cible, comme le résumé Mathias Ona Embo :

    « Si on veut promouvoir la formation française, l'effort devrait vraiment être fait au niveau professionnel afin de donner davantage leur chance aux joueurs formés localement. »

http://www.rue89.com/2011/05/12/basket-amateur-la-federation-veut-moins-de-joueurs-etrangers-203133

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #64 le: 24 mai 2011 à 07:46:31 »
allez hop le tennis...j'suis pas racisme je mange du couscous...étrange mais dés qu'on commence par je suis pas racisme je me méfie. :pasdrole:

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Roland Garros - Llodra n'aime pas le "souk"


Le Français Michaël Llodra a démenti que les propos qu'il a tenus à l'arbitre marocain Mohammed El Jennati lundi à Roland-Garros, lorsqu'il a comparé l'ambiance qui régnait sur le court à "un souk", aient une quelconque connotation raciste.

"On n'est pas au souk ici, on ne vend pas des tapis sur un marché", a lancé Llodra à l'arbitre marocain, lors de son match perdu face au Belge Steve Darcis. L'invective n'est pas passée inaperçue. Mais rapidement dégonflée par le Français : "Je me souviens très bien de ce que j'ai dit. Les propos ne sont pas racistes. Mohammed est un copain. On a l'habitude de rigoler ensemble hors du terrain. J'ai l'habitude de lui sortir ça depuis que j'ai fait un tournoi à Casablanca où c'était vraiment le bordel !", a-t-il confié à l'AFP.

Llodra a tenu ces propos au cours du 2e set après avoir pris un avertissement pour avoir envoyé une balle en direction d'une hôtesse, qui ne cessait selon lui de "gesticuler" et à qui il a demandé maintes fois d'arrêter ses déplacements. "Ca me fait beaucoup rire qu'on me prête des propos racistes", a poursuivi Llodra. "Mon témoin de mariage est congolais, ma nounou est de Kabylie. Il y a zéro problème avec Mohammed, il y a beaucoup de respect entre nous".

Llodra a assuré qu'il n'avait pas agressé verbalement l'arbitre. "Je ne lui ai pas dit: t'es un connard. Je voulais juste lui dire qu'il déconnait avec l'arbitrage en n'intervenant pas par rapport à cette hôtesse. Il aurait dû faire intervenir la sécurité. Il n'a pas fait son job", a justifié le joueur de 31 ans.

http://fr.sports.yahoo.com/23052011/70/roland-garros-llodra-n-aime-pas-le-souk.html

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #65 le: 24 mai 2011 à 09:37:25 »
Drôle de milieu, le tennis...on peut se doper en embrassant les filles !
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #66 le: 25 mai 2011 à 11:24:30 »
je comprend pas ta remarque, y'a t'il un rapport avec le propos que je cite? si non as tu vocation à dénigrer et pourrir les infos que je voudrais mettre en relief sur le forum en matière de racisme?

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #67 le: 25 mai 2011 à 11:53:48 »
La défense peu galante de Richard Gasquet, contrôlé positif à la cocaïne.
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #68 le: 27 mai 2011 à 19:28:20 »
Je viens de faire censurer un post sur le forum d'Orange, qui assimilait les maghrébins à des animaux, mais du coup ils se sont rappelé mon existence et m'ont censuré ceci :

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N'est-ce pas ?
En somme, on devrait interdire le racisme. Ainsi, sans actes ni propos racistes, on n'en entendrait plus jamais parler.
L'ennui, c'est que le racisme est de fait interdit (c'est un délit puni par la loi), et que ça n'empêche pourtant pas les racistes de venir se défouler en forum).

Euh ! au fait, vous en avez marre du racisme, ou marre de ne pas avoir le droit d'être raciste ? Votre post n'est pas bien clair sur ce point.

Je répondais à un type qui en avait marre d'entendre dénoncer le racisme un peu partout. (Il disait en fait à propos de tout et de n'importe quoi, mais je traduis ce qui me semble être sa véritable motivation.)
N'en déplaise aux bas du front et autres excités de la récidive, les statistiques sont formelles : les individus ayant commis au moins un crime sont plus nombreux que ceux qui en ont commis deux ou plus.

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #69 le: 27 mai 2011 à 19:40:36 »
"Mais y en a marre ! On a bien le droit de détester les ratons et les youpins sans être raciste merde !!!"

Je plains ces pauvres gens qui n'ont plus le droit de haïr quelqu'un en fonction de ses origines et de sa religion et d'agir en conséquence. C'est vrai, vous pouvez pas comprendre, c'est dur pour eux !

 :mdr1: :mdr1: :mdr1:

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #70 le: 29 mai 2011 à 14:38:45 »
maintenant chacun se doit de sortir une phrase bien dégueulasse et raciste et comme c'est normal ça choque plus en avant...
Citer
Sortie de route verbale de Jean Alesi : l’effet papillon

Cher Laurent Blanc,

On pensait les affaires de la coupe du monde 2010 et celle des quotas discriminatoires oubliées ! On se disait que nous allions enfin pouvoir nous concentrer sur la préparation de l’euro 2012 ! Et bien non ! Le roi du dérapage incontrôlé, devenu au cours de sa carrière le maitre incontesté de la sortie de route faisant de lui le pilote le plus apprécié des graviers de tous les circuits du monde, vient, sur l’antenne de RTL, de vous prêter des intentions racistes concernant le recrutement des futurs joueurs de l’équipe de France de foot, alors même que le ministère des sports vous a blanchi dans l’affaire dite « des quotas ».

L’enquête a conclu qu’il était nullement dans vos intentions d’instaurer une politique de quotas à caractère discriminatoire.

Petit rappel des faits : profitant de son passage sur RTL (oui oui la radio française…. Non suisse, vous ne rêvez pas), Alesi a qualifié le groupe de 2010 de « voyous », se comportant comme des « talibans » à l’égard du drapeau français. Marre des racailles intégristes selon lui, place à « une vraie équipe de France » ! Vous savez avec de vrais gènes ! Une vraie couleur ! De vrais yeux !

Nous avons à plusieurs reprises tenté de joindre ce sportif Français (fervent patriote résidant en Suisse, le petit paradis des gourmands…du chocolat bien sûr) afin de défendre votre honneur.

Face à ces échecs, nous faisons officiellement et solennellement appel à vous monsieur Laurent Blanc afin que :

   - Jean Alesi puisse effectuer un stage (nous pouvons nous occuper de l’appel aux dons) dans une armée de talibans au Pakistan, d’autant plus que son expertise du pilotage sur gravier lui permettra sans problème, d’aller jusque dans les hauteurs de ce beau pays.
   - Nous puissions lui faire bénéficier d’un stage de citoyenneté fiscale et d’amour du drapeau tricolore afin que, nous l’espérons, il revienne parmi nous, dans notre cher territoire français, dîtes lui qu’il y a eu méprise et que vous allez lui proposer de rencontrer les « faux » joueurs de l’équipe de France afin qu’ils s’en fassent une meilleure opinion.
   - Et enfin, pour que vous vous positionniez fermement contre ses propos et ceux qu’il vous attribue, car ils contribuent, alors que ces affaires sont à peine digérées, à réhabiliter des propos dont vous avez été blanchi, et qui participent grandement à diffuser au sein de la société française des représentations et des préjugés racistes ; allant à l’encontre de votre projet de faire de l’équipe de France un symbole de cohésion et d’exemplarité.

http://lesindivisibles.fr/documentation/nos-articles/sortie-de-route-verbale-de-jean-alesi-l%E2%80%99effet-papillon


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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #71 le: 01 juin 2011 à 13:24:37 »
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Sois blanche et tais-toi !

Le racisme est (aussi) un esthétisme

Extrait du fort recommandable livre de Rokhaya Diallo, Racisme mode d’emploi, récemment paru aux Éditions Hachette, ce texte rappelle comment le racisme affecte le corps même des personnes racisées, qu’elles soient noires, arabes, juives ou « asiatiques », et plus particulièrement – faut-il s’en étonner ? – le corps des femmes.



Les images diffusées par les médias imposent à toutes les personnes qu’elles touchent de se conformer à leur norme. À travers la diffusion de ces standards, la conviction est inculquée à tou-te-s que la norme est blanche. Les minorités admettent qu’elles doivent tout faire pour s’y conformer ou au moins s’en rapprocher, en camouflant le mieux possible les caractéristiques spécifiques à leur ethnicité, ce qui aboutit en quelque sorte à gommer leurs caractères « ethno-raciaux ». Je vous laisse imaginer les efforts surhumains que nécessite la conformation à ce modèle lorsqu’on a la peau sombre, les yeux bridés ou les cheveux tire-bouchonnants. Comme le souligne Albert Memmi dans son Portrait du colonisé :

« L’’écrasement du colonisé est compris dans les valeurs colonisatrices. Lorsque le colonisé adopte ces valeurs, il adopte en inclusion sa propre condamnation... Des négresses désespèrent à défriser les cheveux qui refrisent toujours et se torturent la peau pour la blanchir un peu ».  [1]

Ayant intériorisé la « laideur » de leurs traits, les femmes minorées entrent dans une logique de combat : elles doivent quotidiennement lutter contre une apparence qu’elles détestent. Une véritable négation de soi. Tous les procédés vont dans un seul et même sens : dissiper ce que l’on peut appeler les marqueurs ethno-raciaux.

Chez les minorés, nombre de gestes de beauté sont motivés par la nécessité de se rapprocher du modèle dominant. Des pratiques esthétiques répandues démontrent une véritable haine de soi. Les professionnels du marketing « ethnique » arguent souvent de l’intérêt de cibler les femmes non-blanches, jugeant que le budget qu’elles consacrent à la beauté est largement supérieur à celui des femmes blanches – un budget « neuf fois supérieur » à celui des femmes blanches, selon la spécialiste Myriam Keita Brunet.

En plus des efforts « usuels » relevant du sexisme (course à la minceur, à la jeunesse), les femmes racisées doivent aussi procéder à des modifications définitives et structurelles de leur peau et de leurs cheveux pour parvenir à atteindre cet idéal. Défrisages réguliers, perruques, voire produits éclaircissants, tout cela a un coût. Ce budget exceptionnel n’est pas le fait d’une coquetterie particulière ou d’une hypothétique culture portant aux nues le culte du corps, mais bel et bien le prix d’une normalisation.

À travers ces démarches, la dénaturalisation devient la norme chez les minorités, convaincues que leur « nature » est laide, et les conforte dans la perpétuation d’une image altérée. La conformation à l’idéal induit l’effacement de toute trace de « non-blanchité », parfois au détriment de la santé physique voire mentale. La modification du corps par voie de chirurgie est une pratique de plus en plus répandue.

Quand il s’agit de minorités, la chirurgie revêt un sens particulier. Ces demandes traduisent alors la volonté d’effacer leurs caractéristiques ethno-raciales jugées disgracieuses afin de se fondre dans la masse et de se conformer le plus possible au modèle dominant. Comme le relevait déjà Isabelle Faivre en 1976 :

« la suppression de caractéristiques physiques considérées comme raciales fait l’objet d’une demande importante. Ainsi ce qu’on appelle le nez juif ou bien les traits négroïdes : réduction de lèvres, amincissement de narines. » [2]

Depuis plusieurs années en Asie, on assiste à l’envolée d’une mode consistant à se faire « débrider les yeux » ou allonger les jambes par le biais de la chirurgie esthétique. La forme fine et allongée des yeux de nombreuses personnes originaires d’Asie marque une ethnicité qui les distingue des Occidentaux blancs, si bien que cette forme tend à être dévalorisée au profit d’une forme plus « ronde ». Les stars afro-américaines ou asiatiques recourent également à ces artifices destinés à « améliorer » leur image. Jennifer Grey, la vedette du film Dirty Dancing [3], complexée par son nez « juif », a eu recours a une rhinoplastie qui a l’a rendue méconnaissable. Déstabilisé, son public lui a tourné le dos et sa carrière a brutalement pris fin. Cette actrice, qui était pourtant perçue comme belle, était à ce point obsédée par un trait ethno-racial fantasmé qu’elle a décidé de le faire disparaître. Le nez « juif » n’existe pas, mais elle était convaincue que la forme de son nez était caractéristique de sa judéité. Aujourd’hui, revenant sur l’échec de sa carrière, elle exprime très bien le résultat de cette opération :


« Je suis entrée dans la salle d’opération telle une célébrité et j’en suis ressortie anonyme. » [4]

Cette opération lui a purement et simplement fait perdre son identité.

Le phénomène du blanchiment de la peau a largement été médiatisé et dénoncé en France. Il ne touche pas uniquement les femmes noires mais toutes celles qui ont la peau sombre, qu’elles soient originaires du sous-continent indien, d’Asie du Sud-Est ou du Maghreb. Il s‘agit pour elle de l’éclaircir par l’usage de produits chimiques souvent très dangereux pour la peau. Mais la prise de risque semble être compensée par les avantages de l’éclaircissement qui, selon Pap N’Diaye, atténue « le handicap social représenté par la peau sombre » [5].

La sociologue Juliette Sméralda rappelle que la valorisation de la blancheur est d’origine européenne :

« Parmi les élites des peuples asiatiques à peau claire – comme il en est des Japonais –, le teint immaculé fut adopté dans sa modalité occidentale pour distinguer l’élite à la peau blanche de la masse à la peau brune. » [6]

Beaucoup me répondront – et je le concède volontiers – que le bronzage des peaux blanches est particulièrement valorisé dans nos sociétés – les corps exposés sur les plages ne manquent pas de le rappeler chaque été. De nombreuses personnes blanches encourent des risques démesurés pour entretenir leur bronzage, notamment en recourant aux rayons UV, facteurs de cancer. C’est une réalité, et un véritable mal, mais la carnation bronzée n’a jamais été la norme chez les stars ou dans la mode. Et aucune femme blanche n’a jamais cherché à transformer son apparence de manière à travestir des caractères spécifiques de son ethnicité – ce qui fait qu’elle est considérée comme « Blanche ».

J’aborde maintenant la question de la chevelure, laquelle peut paraître anecdotique mais qui est pourtant très révélatrice de cette injonction à la discrétion auxquelles sont confrontées les minorités invitées à masquer les « travers » qu’exprime leur ethnicité. Chez de nombreuses femmes noires ou d’origine maghrébine, la question du coiffage des cheveux est problématique. Souvent, ces femmes se plaignent d’avoir une nature de cheveux « trop frisée », impossible à coiffer car inadaptée aux coiffures à la mode. Le lissage étant la seule condition pour que les chevelures de nature crépue soient admises comme « bien coiffées », ces femmes plongent dans un engrenage les enfermant dans le systématisme de la dénaturation de leurs cheveux (défrisage chimique). L’autre procédé consiste à porter des postiches (perruques ou extensions – parfois grossières).

Le brushing est aussi très répandu chez les femmes blanches, mais le processus est différent – les femmes blanches ne cherchant pas à « échapper » à leur blancheur. Les non-Blanches, elles, apprennent véritablement à dompter leurs cheveux « sauvages ». Nombre d’entre elles camouflent en permanence leurs véritables cheveux sous des faux ou derrière un traitement chimique. Et ces démarches s’inscrivent toutes dans un sens visant à imiter la texture des cheveux des femmes blanches. De ma vie, je n’ai jamais rencontré de femme blanche qui rêvait d’avoir des cheveux crépus.

Les hommes ne sont pas en reste, même si, pour eux, la solution est plus simple. Aux chanteurs afro-américains comme Otis Redding, Percy Sledge ou James Brown, qui présentaient un cheveu lisse et luisant, ont succédé des crânes rasés. De plus en plus d’hommes optent désormais pour l’abolition pure et simple du cheveu : plus de trace de frisure, le crâne est net. La mode des coiffures afro qui a fait son apparition dans les années 1970 aux États-Unis sous l’impulsion du mouvement Black Power, en réaction à l’uniformisation capillaire symbolique de l’oppression des Noirs, n’a pas fait long feu.

Si aujourd’hui, les coiffures afro volumineuses ont quelque peu perdu leur connotation politique, perçue par certains comme vindicative, elles restent circonscrites à certains milieux branchés ou militants, où la marginalité est acceptable. Ce n’est d’ailleurs probablement pas un hasard si les rares femmes noires médiatiquement exposées qui portent leurs cheveux au naturel, comme Angela Davis aux États-Unis ou Christiane Taubira en France, sont des militantes politiques. Déjà dans leur action quotidienne, elles bravent l’ordre établi – alors que, comme le remarque Juliette Sméralda, le refus du cheveu crépu revient à



« s’en prendre à soi-même plutôt qu’à la société qui le rejette ».

Dans la vie normale, on ne peut décemment être une avocate ou un médecin digne de ce nom et porter des cheveux crépus. Essayez de gravir les échelons d’une grande entreprise avec une tignasse crépue, on vous fera vite comprendre qu’on n’est pas chez les sauvages ici, non mais ! À la limite, on peut admettre l’illusion de chevelure lisse que peuvent donner les longues tresses « ethniquement correctes », mais guère plus de fantaisies. J’ai moi-même eu droit à mon premier défrisage chimique à l’âge de six ans. Je me souviens à quel point j’étais heureuse d’avoir les cheveux lisses et de pouvoir me coiffer « comme ma copine Audrey », pour ressembler à ce que j’associais alors à la beauté.

Lorsque, des années plus tard, j’ai pris la décision de cesser de défriser mes cheveux, j’ai dû faire face à l’incompréhension de mon entourage, auprès duquel je suis apparue quelque peu dérangée. Comment une femme disposant d’un minimum d’éducation pouvait-elle « cesser de se coiffer » ? Le défrisage est banalisé au point d’être intégré dans la culture esthétique de la plupart des femmes noires, au détriment du naturel crépu qui s’est marginalisé et déclassé. J’avais la chance d’évoluer professionnellement dans un milieu artistique me permettant de m’aventurer dans des coiffures éventuellement fantaisistes, mais plus d’une fois, le regard de personnes dans la rue – notamment Noires – m’a bien fait comprendre que la raison devait m’avoir quittée pour que j’ose arborer une telle coiffure de gueuse. Et je n’oublierai jamais que, lorsque j’étais en école de commerce et que je portais de longues tresses, le corps administratif n’a jamais masqué sa circonspection :

« Mais Rokhaya, avez-vous l’intention de garder cette coiffure pour chercher votre stage ? »

Une de mes amies qui porte les cheveux crépus à la mode « afro » m’a rapporté qu’il lui arrivait parfois que des personnes noires l’alpaguent dans la rue en la saluant de « bravos », comme si elle avait réalisé un exploit. En réalité, elle n’a fait que garder ses cheveux tels qu’ils sont, mais ce choix est si contraire à la norme qu’il est perçu comme un acte d’affirmation de soi, à contre-courant des obligations dominantes. Ce choix pose de fait les personnes qui l’adoptent dans une posture de militants malgré eux, d’êtres décomplexés et fiers.

Ce renversement du naturel fait passer les personnes qui ne choisissent pas de lisser leurs cheveux au mieux pour des artistes inspirés ou des militants, au pire pour des personnes sans éducation ou des pauvres. La société, dont le regard s’est habitué à ces pratiques, attend de toutes les femmes qui ont les cheveux naturellement crépus qu’elles les portent lisses, et celles qui ne font pas « l’effort » de se conformer à cette injonction sociale sont perçues comme « négligées ». Une femme portant des cheveux naturels sera ainsi considérée comme une originale, une « rebelle » ou une femme prenant peu soin d’elle. Stigmatisation garantie.

À la télévision, le message est clair : vous verrez rarement une journaliste sérieuse présenter les informations avec une volumineuse tignasse. Le film White Man [7], inversant les rapports entre Blancs et Noirs, n’est pas allé jusqu’à montrer des Blancs redoublant d’efforts pour ressembler au modèle dominant. Il aurait pourtant été intéressant de les voir user de toutes sortes de procédés pour se foncer la peau, ou copier de manière maladroite les coiffures envisageables avec des cheveux crépus en gonflant leurs cheveux de manière grotesque. Dans le film de Chris Rock, Good Hair [8], les femmes noires qui se succèdent sur le plateau n’ont de cesse de dénigrer les cheveux crépus, certaines femmes les associant à une classe sociale inférieure – faisant ainsi écho à l’analyse de Juliette Sméralda :

« Le défrisage est donc bien un signe qui transmet de l’information sociale sur la personne qui le pratique. »
P.-S.

Ce texte est extrait du livre de Rokhaya Diallo, Racisme, mode d’emploi, paru en 2011 aux éditions Hachette.
http://lmsi.net/Sois-blanche-et-tais-toi

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #72 le: 04 juin 2011 à 14:56:57 »
pour rajouter aux extraits de l'ouvrage de rokhaya, voici une petite vidéo bien significative ... tout ce qui est négatif, sale et funébre est noir et tout ce qui est positif, virginal, beau est blanc

"Qui vous a appris à haïr la forme de votre nez et de vos lèvres ? Qui vous a appris à vous haïr de la tête aux pieds ?” (Malcolm X)

« Modifié: 04 juin 2011 à 14:59:24 par raja »

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #73 le: 14 juin 2011 à 10:33:47 »
La Corrèze
Le racisme latent du sous-conscient populaire peut être utile, si on veut être cynique/politique.
Jusque là, personne n'a vraiment attaqué Sarko sur ses origines, sauf Lepen, mais si on interprétait la saillie de Chirac sous cette angle-là ?
Dommage si on ne trouve pas autre chose à reprocher à NS, mais bon, au point où on en est...
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #74 le: 16 juin 2011 à 11:18:58 »
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Un racisme chic et tendance


Il est bizarre, voire honteux, que les critiques et les chroniqueurs les plus crédibles du milieu littéraire aient salué le dernier roman de Michel Houellebecq, Plate-forme, en le couvrant d'éloges, en s'arrêtant longuement sur les thèmes du tourisme sexuel, de l'Occident décadent, de la déprime des cadres, mais en se gardant bien de s'attarder sur la haine raciale et les tonnes d'injures contre les Arabes et les musulmans dont regorge le roman. Les musulmans et leur civilisation y sont la cible d'insultes répétées et font l'objet des amalgames racistes les plus mensongers et les plus dégradants.

Mais commençons d'abord par l'intrigue hyperréaliste de cette fiction sans limites où Jospin se nomme Jospin, Chirac se nomme Chirac et Jacques Maillot idem, mais où il ne faut surtout pas confondre Michel, le héros-narrateur, avec Michel Houellebecq, le poète confidentiel devenu romancier à succès et coqueluche des médias. Une telle confusion, semble-t-il, serait une grave atteinte aux lois de la fiction et aux exigences de la critique littéraire bien française, comme le rappelle avec une bonne dose d'humour forcé Jérôme Garcin dans le Nouvel Observateur daté du 23 août: «Le héros et narrateur se prénomme Michel et il a la quarantaine. (C'est donc l'auteur, s'écrieront ses contempteurs avec la stupide jubilation des gagnants de "Qui veut gagner des millions?").»

Michel, le narrateur donc, un fonctionnaire quadragénaire, apprend l'assassinat de son père dont il va hériter un bon paquet d'argent. Michel se fiche du destin de son père mais souligne que l'assassin est le frère de la bonniche du père, Aïcha. Le frère assassin, un Arabe musulman de France, a tout à fait «l'allure d'une petite brute ordinaire». Michel, ce qui est normal dans ce cas-là, est envahi d'un sentiment de vengeance: «Tuer cette petite ordure ne m'apparaissait pas seulement comme un acte indifférent mais comme une démarche bienfaisante, positive.» Le narrateur tire ses premières balles et nous met l'eau à la bouche: «Le soir tombait: quelques moutons terminaient leur journée. Eux aussi étaient stupides, peut-être encore plus que le frère d'Aïcha; mais aucune réaction violente n'était programmée dans leurs gènes» (page 28).

Le narrateur décide d'aller se vider les couilles et jouir de chair fraîche et bon marché en Thaïlande. Là-bas, il rencontre Valérie. Un amour naît. Ils se revoient à Paris, baisent comme des fous, partent en vacances à Cuba avec le collègue de Valérie. Le narrateur propose une formule pour améliorer le rendement du tourisme: les Occidentaux frustrés et bourrés de fric iront baiser dans les pays du tiers-monde dans des clubs de vacances où le sexe est inclus dans le forfait. Une dizaine de pages avant la fin du roman, Valérie meurt dans un attentat perpétré par des terroristes islamistes. Et là, ça ne rigole plus. Finie la soft analogie entre musulmans et moutons, c'est carrément la tornade raciale qui nous attend page 357: «L'islam avait brisé ma vie, et l'islam était certainement une chose que je pouvais haïr; les jours suivants, je m'appliquais à éprouver de la haine pour les musulmans. J'y réussissais assez bien, et je recommençais à suivre les informations internationales. Chaque fois que j'apprenais qu'un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien, ou une femme enceinte palestinienne, avait été abattu par balles dans la bande de Gaza, j'éprouvais un tressaillement d'enthousiasme à la pensée qu'il y avait un musulman de moins.»

Mais, dans sa manie pathologique de voir coûte que coûte l'islam comme une religion de barbares et les Arabes comme une race de meurtriers, le narrateur ne cesse de rencontrer des gens partageant ses idées et celles de l'auteur lui-même. Et là, il n'y a pas plus crédible qu'un Egyptien «très basané et impeccablement vêtu», qui considère que l'islam est la cause de la décadence de l'Egypte, page 260: «Depuis l'apparition de l'islam, plus rien. Le néant intellectuel absolu, le vide total. Nous sommes devenus un pays de mendiants pouilleux. Des mendiants pleins de poux, voilà ce que nous sommes. Racaille, racaille [...], il faut vous souvenir cher monsieur que l'islam est né en plein désert, au milieu de scorpions, de chameaux et d'animaux féroces de toutes espèces. Savez-vous comment j'appelle les musulmans? Les minables du Sahara. Voilà le seul nom qu'ils méritent [...]. L'islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n'avaient rien d'autre à faire ­ pardonnez-moi ­ que d'enculer leurs chameaux.» Très fort le Houellebecq, rien à dire. Question: si le désert est si stérile, si cette religion est si improductive et si les musulmans ne sont que des enculeurs de chameaux, pourquoi cet acharnement à les détruire?

Qui dit mieux, qui dit pire que Michel le narrateur de Plate-forme? Eh bien, il y a l'autre Michel, le Michel Houellebecq en chair et en os qui déclare au Figaro Magazine daté du 25 août ­ textuellement: «La lecture du Coran est une chose dégoûtante. Dès que l'islam naît, il se signale par sa volonté de soumettre le monde. Dans sa période hégémonique, il a pu apparaître comme raffiné et tolérant. Mais sa nature, c'est de soumettre. C'est une religion belliqueuse, intolérante, qui rend les gens malheureux.» Le Pen peut aller se rhabiller. François Nourissier, de l'académie Goncourt, dans ce même numéro, titre sa chronique: «Michel Houellebecq tête de série numéro un». Après une sympathique analyse de fond, le monsieur de l'académie Goncourt conclut sobrement: «Houellebecq réintroduit l'amour au coeur d'une démarche réputée scandaleuse: c'est lui donner une force peu commune. Il y fallait de l'audace, du naturel: l'écrivain n'en manque pas.» Pas un mot, donc, sur le mépris des bougnoules qui suinte tout le long du récit. Etrange silence. L'islam serait-il une sous-marque de chaussures signée Tati? En tout cas, le prix Goncourt est en marche. Et monsieur Nourissier a raison sur un point: il faut effectivement de l'audace pour aligner autant d'inepties et de clichés. De l'audace ou même de la connerie pour déclarer, au magazine Lire (septembre 2001), ceci: «Et la religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré! La Bible, au moins, c'est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire... ce qui peut excuser beaucoup de choses.» Il s'agit bien ici d'un entretien que ne nous confondons nullement avec de la fiction...

Parce qu'une telle stigmatisation de l'islam met pêle-mêle dans la même poubelle: un terroriste qui se proclame de l'islam, un jeune banlieusard de confession musulmane, un vieux travailleur immigré titubant dans la rue, n'importe quel salarié informaticien ou garagiste s'appelant Mohamed, tout ça, c'est kif kif aux yeux de la vedette number one de Flammarion. Ce sont tous des Arabes, des musulmans envahisseurs, porteurs de tous les maux et de tous les dangers. A quoi rime donc cette minicroisade digne d'un pamphlétaire de bas étage? La reconnaissance littéraire ne lui suffit-elle pas? Aspire-t-il à un statut de star mondiale à la Salman Rushdie, provoqué par une fatwa gratuite émise par un imam du Pakistan ou du fin fond de l'Egypte? Serait-il ravi de voir dans tous les JT du monde sa photo brûlée et son nom scandé par des foules manipulées? Ou bien tout ce cirque ne serait-il qu'un règlement de comptes familial: l'enfant blessé qui se venge de l'islam, «religion à laquelle s'est convertie sa mère, qui l'a peu aimé», selon une parenthèse précieuse dans un article écrit par Pierre Jourde dans la revue Hesperis datée de l'automne 1998 (page 98). Si tel était le cas, c'est-à-dire un triste et banal complexe oedipien, je ne pourrais pas m'empêcher de citer Gilles Deleuze, un nom que Houellebecq ne déteste pas sans raison, quand il parle de la manie qui traverse la littérature française, la manie du sale petit secret: «D.H. Lawrence reprochait à la littérature française d'être incurablement intellectuelle, idéologique et idéaliste, essentiellement critique de la vie plutôt que créatrice de vie. Le nationalisme français dans les lettres: une terrible manie de juger et d'être jugé traverse cette littérature: il y a trop d'hystériques parmi ces écrivains et leurs personnages. Haïr, vouloir être aimé, mais une grande impuissance à aimer et à admirer.»

Ce n'est pas parce que Houellebecq est un grand écrivain aux yeux de la terre entière que je dois fermer l'oeil sur son racisme affiché. Ce même racisme ambiant qui, par sa bêtise, me fait pleurer parfois de rage et d'impuissance, et me fait payer cash le simple fait de m'appeler Abdel-Illah. Que le reste de la société soit raciste est une autre affaire. Mais que, grâce à des écrivains comme Houellebecq, la haine raciale, «ce petit caillot de venin lové en chacun de nous, Blancs et Noirs, gays et Juifs», selon l'émouvante expression de Lester Bang, devienne carrément tendance, chic et tolérable au lieu d'être tout simplement ce qu'elle est: une attitude honteuse et dégradante, ça, c'est tout simplement abject.

http://www.liberation.fr/tribune/0101385175-un-racisme-chic-et-tendance

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #75 le: 17 juin 2011 à 08:04:08 »
Réalisé pour accompagner la sortie du recueil Les mots sont importants. 2000/2010, ce petit film de vingt-et-une minutes n’a d’autre but que de remémorer quelques épisodes édifiants, grotesques ou abjects, souvent tout cela à la fois, et de manifester ainsi, en négatif, une vérité à laquelle nous croyons : les mots sont importants.
Les mots des sinistres individus qui pérorent dans ce film, parce qu’ils bénéficient d’un écho, d’une surface médiatique et d’une force de frappe redoutable, et qu’ils soutiennent des actes, des lois, des systèmes d’oppression.
Mais aussi les nôtres : les mots que, depuis maintenant une décennie – et avec beaucoup d’autres – nous nous efforçons de leur opposer, pour ne pas rester impuissant-e-s, seul-e-s avec notre rage. Pour sortir du dilemme dont parlait Billie Holiday : rire ou sourire pour ne pas vomir. Pour qu’aux mauvaises langues qu’on entend dans ce film ne soit pas laissé le dernier mot


Les mots sont importants


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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #76 le: 08 septembre 2011 à 08:48:16 »
être musulman est devenu un signe distinctif  :nono:

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Tremblay ne renvoie plus son employé barbu
Suspendu depuis trois mois, l’employé municipal auquel on avait demandé de tailler sa barbe ne sera pas révoqué. Hier, la municipalité a jugé la mesure « hors de proportion ».

Kamel Bendjebbour, employé au service des archives municipales de Tremblay, s’était vu reprocher un « manquement aux obligations de réserve et de neutralité à travers le port d’un signe distinctif ».

Il sera peut-être sanctionné, mais pas renvoyé. Et surtout, Kamel Bendjebbour n’aura désormais plus à se justifier quant à… sa barbe. Cet employé municipal de Tremblay-en-France risquait jusqu’à hier une révocation de la fonction publique. Mais la médiatisation de son cas a changé la donne en l’espace de quelques heures.
A la mi-journée, la municipalité annonçait avoir bloqué la procédure disciplinaire, la jugeant « hors de proportion ». « J’espère simplement que mon témoignage servira à d’autres gens victimes de discrimination », réagissait hier l’intéressé.
L’homme de 36 ans, arborant un collier de barbe noire et drue, employé au service des archives municipales, était suspendu depuis le mois de juin dernier. En mai, il avait eu un entretien mouvementé avec un élu de la ville et des responsables du service du personnel. Entretien au cours duquel, selon un enregistrement dont il dispose, il s’était vu dire : « Je vais vous demander de tailler votre barbe. »
Dans le rapport transmis au conseil de discipline départemental (qui devait examiner son cas le 23 septembre), on lui reprochait des « retards et des absences répétés », mais aussi un « manquement aux obligations de réserve et de neutralité à travers le port d’un signe distinctif ». « M. Bendjebbour avait laissé pousser sa barbe d’une manière qui ne laissait aucun doute sur ses convictions religieuses », indique également le document. Ce que conteste l’intéressé, par ailleurs de confession musulmane. « Je travaille pour la mairie depuis 1996, et j’ai toujours porté la barbe, affirme l’homme. Elle fait partie de moi, je ne la porte pas par idéal ou comme un combat. » Kamel Bendjebbour ajoute : « J’ai travaillé pendant des années dans les centres de loisirs, au contact du public, je n’ai jamais eu une seule remarque », avant de lâcher avec amertume : « Aujourd’hui, quand on est basané et barbu, on est vu comme quelqu’un de dangereux… »
L’affaire semble avoir provoqué quelques remous au sein de la mairie de Tremblay. « Pour le maire et pour la municipalité, toute référence à l’apparence physique d’un agent est inadmissible », indiquait hier un communiqué de la municipalité. Le député-maire (Front de gauche), François Asensi, aurait vu rouge avant-hier en apprenant par la presse la convocation de l’employé devant le conseil de discipline. L’élu avait, semble-t-il, exprimé plusieurs mois auparavant son désaccord avec les reproches adressés par un adjoint à Kamel Bendjebbour. La procédure a pourtant été lancée… « La lettre envoyée cet été à la commission disciplinaire n’aurait jamais dû partir. Il y a eu un problème et on va en tirer toutes les conséquences », affirme Madani Ardjoune, adjoint aux finances, qui indique néanmoins que l’employé pourra être sanctionné « sur les retards et la manière de faire son travail ».
L’avocat de Kamel Bendjebbour réclamait hier soir sa « réintégration immédiate » et une « réparation financière », son client ayant perdu durant ses quatre mois de suspension le bénéfice d’une prime mensuelle d’environ 300 €.

L'avocat du fonctionnaire : «Mon client a été humilié»

http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/tremblay-ne-renvoie-plus-son-employe-barbu-08-09-2011-1597310.php


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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #77 le: 09 septembre 2011 à 03:54:30 »
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Assumer, n'est pas culpabiliser,
Pourquoi doit-on assumer la responsabilité pour les délits commis par d'autres gens à une autre époque ?

Parce que t'assumes bien d'avoir une monnaie 3,4 voire 8 fois plus forte que certains autres pays. Que t'assumes aussi bien d'avoir 5,10, voire 20 ans d'avance technologique sur ces mêmes pays. Que t'assumes aussi sûrement de savoir que si tu voyages sur n'importe quel continent quelqu'un va parler ta langue là où tu iras.

---

J'aurai bien 2-3 "moments de vie" (comme dit le personnage de Disney le plus célèbre de ce forum) à raconter mais bon... un de plus, un de moins...
« Modifié: 09 septembre 2011 à 03:58:02 par Afro Mafios »
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #78 le: 09 septembre 2011 à 04:57:13 »
Pourquoi dois-je assumer quelque chose que j'ai posté il y a 5 mois ? 

Endosser la responsabilité d'avoir une monnaie forte, ou d'avoir une avance technologique sur les mangeurs de cafards du tiers monde ? Je ne vois pas pourquoi, je ne suis pour rien !

Après, pour la langue, je ne suis pas sûr que tu comprends le sens du mot "assumer." Ou peut-être tu l'utilises dans le sens "supposer" comme en anglais.
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #79 le: 17 septembre 2011 à 08:40:41 »
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Jugement raciste dans une affaire de racisme ?

Incroyable décision de justice à Angers : un juge de proximité a relaxé une femme prévenue d'injures racistes à l'adresse son voisin, au motif que comme ce dernier s'appelle Blanchard et est né en France, il ne peut pas être victime de telles injures.

DanielInfo signalée par un internaute Blanchard est né à La-Roche-sur-Yon, mais il n'est pas blanc pour autant. Il est d'origines métissées, comorienne notamment. Depuis des années, du fait de son physique, tout le monde l'appelle « Djamel ».

Sa voisine de palier le voit bien, et ne se prive pas de le lui faire savoir. Elle dépose fréquemment dans la boîte aux lettres des mots les traitant de « chiens d'Arabes », lui, sa compagne d'origine maghrébine et ses enfants. Ces derniers, quand ils courent dans l'escalier, essuient de sympathiques réflexions, comme « sales Arabes ». Elle accuse les enfants de sonner à sa porte.

Le couple a fini par déposer plainte, et la voisine a comparu en juillet devant le tribunal de proximité pour « injure non publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion ». Elle a reconnu avoir écrit le message poursuivi par la justice (le couple ayant jeté les précédents) :

    « Question : pourquoi les arabes s'amusent à sonner aux portes des voisins ? Réponse : pour faire comme des cloches bien sûr. »

Le jugement a été rendu le 9 septembre : les plaignants sont déboutés, et elle est relaxée, avec des arguments renversants.
« La prévenue n'a pas voulu écrire de propos racistes »

Voici les principaux paragraphes motivant le jugement :

    « Attendu qu'il sera tout d'abord souligné que Monsieur Daniel Blanchard qui est de nationalité française né en France et appartenant à une ethnie qui n'est pas d'origine arabe et est de race blanche ne saurait être visé par l'écrit reproché à la prévenue qui vise les arabes et ne peut donc viser que sa compagne Madame Nouria Ouessain d'origine algérienne et donc d'ethnie arabe ;

    Que ceci étant, il ne peut être sérieusement considéré que le fait d'écrire “pourquoi les arabes s'amusent à sonner aux portes des voisins” ce qui vise une ethnie, soit considéré comme outrageante [sic], offensant et portant atteinte à l'honneur, la dignité d'une personne de l'ethnie arabe pas plus en l'espèce que le mot “cloche” qui s'entend de quelqu'un d'un peu stupide venant, comme en l'espèce, sonner sans raison à la porte d'un voisin ;

    Qu'au surplus il n'apparaît pas que la prévenue ait eu la volonté de tenir par son écrit des propos à caractère raciste alors que lors de son audition elle a déclaré qu'elle avait fait son écrit sur le ton de la plaisanterie et qu'elle en aurait fait autant si ses voisins avaient été belges… Elle aurait écrit “belges” ;

    Que dès lors il convient de dire que l'infraction reprochée à la prévenue n'est pas constituée et de prononcer sa relaxe. »

Le parquet a fait appel

Pour l'avocat du couple Blanchard, Me Bertrand Salquain, ça ne fait pas un pli :

    « Cest un jugement raciste dans une affaire de racisme. De plus, le juge insulte mes clients en disant qu'ils sont “un peu stupides”, et considère qu'ils sont bien responsables des coups de sonnettes alors que ce n'est pas prouvé et, surtout, pas dans le dossier !

    Je pense qu'il n'a même pas lu le dossier, il dit que ma cliente est d'origine algérienne alors qu'elle est d'origine marocaine. »

La prévenue, elle, n'avait pas d'avocat.

Le 16 septembre, le parquet a interjeté appel de ce jugement rendu par un juge non professionnel, issu de la société civile.


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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #80 le: 17 septembre 2011 à 14:20:02 »
Moi, personnellement, à la place des victimes, je laisserai des mots avec des citations de grands auteurs, elle serait capable de prendre ça pour une insulte.  :mrgreen:
De même j'aurai poussé mes enfants à enregistrer les réflexions de la dame.
C'est incroyable qu'on soit impuissant devant ce genre d'incivilités. C'est surtout terrible pour les enfants, je pense.. les adultes pourraient se défendre en lui en mettant plein la tronche (sans insulte bien entendu), mais les enfants...Ils doivent prendre ça de plein fouet.
C'est horrible parce que leur vision du monde va sûrement en être modifiée et que ça va peut être conditionner leur vie future.  :triste1:


Ah oui...monsieur le juge...on a tranché ça il y a un certain temps déjà. Pas de races dans l'espèce humaine...pauvre cloche. :mrgreen: :mrgreen:
Après tout...pas d'offense à la dignité, il paraît, de traiter quelqu'un de cloche.  :merci: :merci: :merci:

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #81 le: 17 septembre 2011 à 16:14:13 »
Quand j'étais au collège j'en voulais énormément aux adultes de n'avoir pas réagi quand je me suis fait casser le nez dans les circonstances que j'ai déjà décrites par ailleurs .J'ai connu la fin de la "belle époque des ratonnades" . Mais ce qui m'a le plus blessée ce n'est pas tant l'agression physique (à ce sujet j'ai eu une droit récemment à une belle leçon de moral d'une amie qui veut me convaincre de me faire "redresser" le nez considérant que je n'ai pas à porter les stigmates de la connerie des autres . Je m'y oppose farouchement parce que je vis très bien avec mon petit nez "zarbi" et qu'il est un petit fragment de miroir sur ce que peut provoquer concrètement  le racisme . ),ce qui donc m'a vraiment blessée c'est le sentiment de honte que je ressentais quand parfois  je rentrais dans une salle et que je découvrais avec toute la classe les inscriptions au tableau du genre "700 millions de bougnoules et moi et moi " signé de mon prénom .Je me sentais d'autant humiliée que je percevais la pitié dans le regard des profs que j'aimais bien .ça marque de différente façons . Mes frères et sœurs aînés en ont gardé beaucoup de rancœur à la limite de l'aigreur  (eux! ont été beaucoup plus exposés que moi ) , en ce qui me concerne avec le temps et les rencontres j'ai pu prendre de la distance avec tout cela , dédramatiser certaines situations mais il en reste quelque chose .Peut-être que vivre en live le racisme dans un contexte social compliqué m'a rendue un peu plus sensible aux injustices , mais aussi plus combative ;mais oui! cela a beaucoup conditionné mon rapport aux adultes et aux institutions  à qui j'ai refusé définitivement un droit de regard sur ma vie d'ado et de jeune adulte . Le chemin de l'apaisement fut long et j'ai eu la chance de faire de très belles rencontres et pour citer Vladimir Maïakovski "Vous saurez que parfois les Hommes peuvent être tendres".
« Modifié: 17 septembre 2011 à 16:18:39 par syberia3 »
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #82 le: 17 septembre 2011 à 21:00:01 »
Merci Syberia de bien vouloir partager ce témoignage  :merci: ce ressenti face au phénomène de société qu'est le racisme ! La peur de l'autre est intemporelle bien sûr... mais elle prend parfois des dimensions autres, notamment en temps de crise angoissante, et je crois que nous sommes en plein dedans  :pleur3:
Et merci de bien vouloir re-parler (un peu et sous une forme différente)  de quelques chose dont tu as visiblement déjà parlé sur le forum.... Il se trouve que je n'avais aucune connaissance de cette agression dont tu parles ici, peut-être n'étais-je pas encore sur le forum, où cela s'est conté à un moment où j'étais absente ! :fleur2: :fleur2: mais  :merci: :merci: car cela me touche et me dis des choses...

Cela me dit des choses sur ce que peut être le vécu du racisme ordinaire en France, (autre que le mépris de la Bécassine hors de Bretagne.... ça je connaissais à peu prés .... :ange:)
Mais cela me raconte aussi que même lorsque nous pouvons être lassés d'écrire ici ce qui nous tient à coeur, avoir l'impression de radoter.... et bien cela mérite d'y réfléchir à 2 fois....

 Ton témoignage m'enrichit par son unicité et sa singularité, et surtout par sa sincérité  :)
J'ai envie de croire que la lecture de tous ces témoignages qui s'accumulent sur ce forum enrichiront de la même manière tous ceux qui les liront tant que nous serons à la hauteur de ce défi de sincérité   :fleur2: :coeur:
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #83 le: 17 septembre 2011 à 23:55:35 »
Réveillonsnous   :fleur2: merci pour l’intérêt que tu portes à ce petit témoignage . Peut-être reviendrais-je sur ces mésaventures que j'ai subies , mais c'est difficile parce que je ne veux pas être lue , vue et entendue comme une victime .Je vais bien ! je me suis sentie autorisée à évoquer cette mésaventure pour rappeler que le racisme redevient une réalité bien concrète dans la vie des gens . Guéant et sa troupe des 40 soufflent sur la braise et comme je l'ai déjà dit les salauds ne sont jamais là pour éteindre les incendies qu''ils ont allumés .Et je voulais aussi répondre à Val :fleur2: sur le fait que les enfants prennent en effet les choses de plein fouet et qu'après cela il est difficile d'avoir confiance en soi et aux adultes ce qui tout de même est  le minimum pour pouvoir grandir harmonieusement . Quelques posts plus haut il y a une photo d'Angela Davis : on me comparait souvent physiquement à elle  car  parait-il qu'à quinze ans je lui ressemblais : ce n'était pas chose évidente dans un village de montagne réputé pour ses descentes dominicales contre les "crouilles" * mais fallait faire avec ....ça forge un caractère ou ça le démolit ....

*les mots bicots , bougnoules, crouilles , melons ont "bercé"violemment ma génération ....je n'oublierai jamais !
« Modifié: 18 septembre 2011 à 08:35:40 par Val »
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #84 le: 21 septembre 2011 à 23:31:33 »
les mots bicots , bougnoules, crouilles , melons ont "bercé"violemment ma génération ....je n'oublierai jamais !
Je ne connaissait ni "bicots" ni "crouilles", enfin, précisément, on m'aurait parlé de bicots je n'aurais pas compris car pour moi ce sont des chèvres (ou, à la limite, un jeu de mot foireux désignant les bigots, et je pense qu'une phrase parlant de "bicots" ou l'on saisit bien qu'il s'agit d'êtres humains, je l'aurais comprise comme faisant référence à des grenouilles de bénitier) ...

J'ai grandit dans une campagne vraiment profonde en fait...
Je ne me souvient pas que ma meilleure amie (elle était très typée, et également vraiment très très belle) ait eu des problèmes de ce genre par ailleurs, mais c'était au primaire et notre petite bande de quatre se composait d'elle, de deux des filles du directeur de l'école et de la fille du confiseur. Nous étions très soudées, et sans doute l'effet de groupe plus sa composition jouait. (Parce que des trucs racistes, j'en ai entendu vraiment beaucoup, des sales blagues et autres attaques, bref...)
Je n'ai plus été avec elle à partir du collège, mais ces histoires d'inscriptions immondes sur le tableau ne m'étonnent pas du tout.
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #85 le: 22 septembre 2011 à 05:23:38 »
C'était au collège , une autre génération et dans une région particulièrement tendue de ce point de vue là .En primaire je n'ai pas eu de soucis .Je me suis retrouvée dans un collège où je n'aurais pas dû être orientée mais pour des raisons de santé je n'ai pas eu le choix ...le reste en MP Lady marwina :fleur2: :fleur2:
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #86 le: 22 septembre 2011 à 11:06:55 »
ou comment au lieu de lutter contre les discriminations, on préfère accompagner, participer et valider cette discriminations...le front national doit être content les victimes de discriminations s'infligent eux même la gaulois-compatibilité made in FN... par contre on fait quoi de sa tête d'arabe?
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Le juge accorde à Fatima et Mohammed le droit de changer de prénom

Mohammed s'appellera Kévin, sa soeur Fatima devient Nadia
Les enfants ont demandé à changer de prénom. Une démarche d'état civil soumise à décision d'un juge.

On connaissait le délit de sale gueule. Cette mère de famille redoutait, pour sa part, le délit de sale prénom. C'est la raison pour laquelle elle était prête, assure-t-elle, à remuer ciel et terre, afin que la justice reconnaisse à ses deux rejetons, le droit de changer de prénom.

"Ses deux enfants, un garçon puis une fille, âgés d'une dizaine d'années aujourd'hui, ont été déclarés à la nassance par leur père. Celui-ci a choisi des prénoms avec lesquels, déjà à l'époque, ma cliente n'était pas franchement d'accord. Elle ne souhaitait pas que ses enfants portent des prénoms à consonance maghrébine. Pour elle, c'était déjà une question d'intégration", explique son avocate maître Camille Perdiguero.

La raison ? Une réaction à sa propre histoire. "Ma cliente, Aïcha, a le sentiment d'être limitée à des fonctions de femme de ménage. Elle voulait autre chose pour ses enfants, nés en France comme elle. Et pour cette maman, cela passe aussi par leur prénom. C'est le reflet d'une personnalité, d'une culture, d'une histoire. Cette maman, dans un profond désir d'intégration voulait que ses enfants s'appellent autrement", ajoute l'avocate, qui a pris ce dossier à coeur.

"On ne peut pas dire aujourd'hui, que trouver du travail soit aussi facile, quand on s'appelle Mohammed, que si l'on se prénomme Alexandre. C'est la raison pour laquelle j'ai immédiatement accepté de la représenter devant la justice".

Récemment, une demande de changement de prénoms a donc été portée par Me Perdiguero, devant un juge aux affaires familiales, du tribunal de grande instance d'Aix. Et malgré le principe l'immutabilité de l'état civil, le juge a accepté d'entériner les changements requis.

"Mohammed s'appellera désormais Kévin, comme il le souhaitait, et la petite Fatima se prénomme Nadia". Nouvelles identités que les enfants ont pu utiliser dès l'annonce de la décision du juge aux affaires familiales. "Non seulement ma cliente craignait que ses petits soient enfermés dans un ghetto social et culturel qui ne dit pas son nom, mais en plus, leur histoire familiale fait que pour cette femme, c'était essentiel", ajoute l'avocate qui, avec pudeur, évoque le destin de cette jeune mère de famille dont le sol s'est un jour ouvert sous ses pieds.

"Le père de ses enfants, impliqué dans un dossier judiciaire, a été expulsé du territoire. Elle a dû faire face, elle s'est retrouvée brutalement seule dépositaire de l'autorité parentale, devant assumer l'éducation de deux enfants qui n'étaient pas très grands..." Pour Kévin et Nadia, qui arborent aujourd'hui leurs nouveaux prénoms, "surtout à l'école", c'est donc "une petite révolution, qu'ils attendaient vraiment", commente l'avocate.

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #87 le: 22 septembre 2011 à 11:12:12 »
Je comprends la démarche de cette femme même si ça me rend foutrement triste... :nono: :nono:
Et bien entendu, je propose qu'un juge entérine également le changement de tête d'arabe...  :fache13: :fache13: :fache13:
Par contre, je n'ai pas bien compris comment Nadia sera mieux vu que Fatima... Chez moi, Nadia est plutôt...maghrébin, mais bon..  8/ 8/ 8/

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #88 le: 22 septembre 2011 à 12:06:13 »
Kévin, c'est pire !
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #89 le: 22 septembre 2011 à 12:22:29 »
C'est vrai que cette histoire est triste mais combien de fois cela m'a effleuré l'esprit juste pour avoir la paix à l'époque du bruit et de l'odeur ...après on s'affirme :on fait éclater sa chevelure et ses idées mais quand on est enfant ou ado c'est parfois très dur...cette maman a peur à juste titre que ses enfants soient stigmatisés et la peur est une mauvaise conseillère . Nadia : ce prénom les français adorent .
Kévin , c'est lourd à porter ...derrière un prénom il y a un imaginaire et une histoire :je ne suis pas sûre qu'un tel jugement sans doute motivé par de bonnes intentions soit de nature à guérir les cicatrices . On ne "tue pas le père"(c'est symbolique , hein!) à la place de ses enfants .
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #90 le: 12 février 2012 à 11:55:25 »
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«La nounou doit rester au bord du cocon bourgeois»

Une enquête fouillée analyse le rapport entre mères parisiennes et migrantes venues du Sud qui gardent leurs enfants. Son auteure, la sociologue Caroline Ibos, revient sur cette relation où clichés post-coloniaux et préjugés raciaux perdurent :

C’est fou ce qu’on peut lire dans un square parisien à observer des groupes de nounous africaines entourées de poussettes et d’enfants blancs. L’inégalité des sexes à la maison, les préjugés post-coloniaux extrêmement puissants, des classes sociales qui ne se mélangeront jamais, c’est ce que la sociologue et chercheuse Caroline Ibos décrypte dans Qui gardera nos enfants ? (1), le résultat de trois ans d’enquêtes, de recherches et d’observations dans des jardins parisiens, d’interviews de «nounous blacks» et de leurs patronnes, les pères étant généralement absents.

Au cœur de ce travail, des femmes employées au domicile de parents d’enfants en bas âge qui n’ont rien à voir avec «les nounous» agréées des villes de province, des migrantes venues du Sud pour s’occuper des tâches domestiques, permettant ainsi l’émancipation des Occidentales. Le nouvel âge de la domesticité, pourrait-on dire.

Cette enquête fouillée analyse la relation compliquée, construite autour de l’enfant, de «l’amour» à lui porter ou qu’il porte à la mère, et de la «nounou», mais aussi une violente confrontation, en appartement, de classes sociales bien distinctes : d’un côté, la domestique multitâches, jamais consultée sur l’éducation (et qui n’en pense pas moins sur l’enfant-roi occidental), dominée socialement, victime de préjugés racialo-coloniaux dont pourtant les employeurs s’acharnent à se démarquer ; de l’autre, les bourgeois employeurs, agacés de cette intrusion dans leur intérieur douillet, en demandant toujours plus à l’employée, dans une ambivalence absolue vis-à-vis de cette femme pauvre et issue d’un autre monde culturel. Une relation nouée au mépris de la nounou : on ne lui demande jamais son avis sur l’éducation, contrairement aux assistantes maternelles ou dans les crèches. A vrai dire, ce livre donne envie de crier «vive la crèche !» Mais c’est un autre débat.
Que recouvre ce terme nunuche de «nounou» ?

Le terme «nounou», abréviation enfantine qualifiant une profession, est un exemple unique dans la taxinomie des professions : il souligne immédiatement la faible reconnaissance que la société porte aux tâches domestiques, ainsi que le pouvoir des enfants sur celles qu’ils désignent. Dans toutes les métropoles du Nord, on trouve des migrantes venues du Sud qui viennent s’occuper des tâches domestiques. Immédiatement, et c’est l’un des axes du livre, on voit que l’émancipation des femmes diplômées n’est possible que parce que des femmes pauvres prennent en charge les tâches culturellement féminines.
Comment notre relation à la «nounou» a-t-elle changé en cent cinquante ans ?

Les nounous appartiennent au XIXe siècle. Au XVIIIe siècle, les nourrices sont des paysannes, auxquelles les femmes de l’aristocratie confient leurs enfants. Leur intégration dans la maison des maîtres correspond à ce moment du XIXe siècle où le statut de l’enfant change. La première occurrence écrite du terme «nounou» remonte à 1852. C’est l’avènement social de la «petite-bourgeoise». Or, cette «petite-bourgeoise» se démarque de la femme du peuple en ce qu’elle emploie des domestiques : une «petite bonne» qui s’occupe de tout, des enfants, de la maison, etc. Progressivement, au XXe siècle, la femme au foyer remplace la petite bonne : c’est la rupture, remarquée par les sociologues de la «fin des domestiques», causée à la fois par le développement technologique de l’électroménager et par la hausse du coût du travail. La femme au foyer devient sa propre bonne (elle se «domestique») et celle de sa famille.
Quels sont actuellement les critères de sélection des nounous ? Vous appelez ça, bizarrement, la «cérémonie du recrutement», qui révélerait bien d’autres choses, comme cette étonnante «théorie raciale». De quoi s’agit-il ?

C’était là une expérience très étonnante : les employeurs manipulent des critères culturels (racistes ?) qu’ils jugent parfaitement légitimes pour choisir leur nounou, alors même que ces personnes sont dans leur vie (sociale et intérieure) très soucieuses de ne pas sembler racistes. Mon hypothèse est que la société française reste bien plus qu’elle ne le croit une société post-coloniale et que les préjugés racistes sont loin d’avoir disparu.

Il circule dans Paris une sorte de «théorie des races», orale et spontanée, des nounous : les Africaines seraient maternelles mais mauvaises en ménage, les Philippines propres mais froides avec les enfants, les Maghrébines fiables mais dures. La «cérémonie du recrutement» est un moment extrêmement codé qui réunit des acteurs déterminés, en des lieux, des temps, des positions tout aussi déterminés. Pour les candidates, il s’agit d’une épreuve, d’un passage, pour juger de la «vocation». Or, rechercher une nounou par vocation revient à rabattre la nounou sur les clichés les plus naturalistes de la femme-mère. Ainsi, l’un de mes étonnements constants au cours de ma recherche a été de constater à quel point des femmes qui dans leur vie personnelle se construisent contre les circuits de la tutelle masculine, n’en sont pas totalement affranchies puisqu’elles plaquent sur d’autres femmes, plus pauvres, des clichés sexistes.
La nounou a-t-elle le devoir d’aimer l’enfant ?

Les mères souhaitent que la nounou aime leur enfant et elles souhaitent également que leur enfant les préfère à la nounou. L’amour de la nounou est pour l’employeuse fondamental : d’abord c’est la preuve que ce travail n’est pas un simple travail, mais qu’il est «enchanté» ; ensuite, si la nounou fait ce travail par amour et non seulement par nécessité, alors cela justifie aux yeux de l’employeuse qu’elle accepte un salaire modeste. «Une bonne nounou ne fait pas ça pour l’argent», ai-je souvent entendu, qui s’expliquerait par le malaise des employeuses à être des «patronnes» ; elles ont besoin de justifier pour elles-mêmes le fait d’employer d’autres femmes pour des emplois précaires. L’amour de la nounou permet d’éluder les questions de domination.

Mais la nounou doit rester au bord du cocon bourgeois. Dans la culture bourgeoise, l’intérieur s’oppose à l’extérieur, et le public au privé. Pour parfaire son petit monde intérieur, la mère introduit une femme qui arrive avec son histoire compliquée, qui signale ce que Bourdieu appelait la «misère du monde». Employée pour préserver et améliorer l’harmonie, la nounou par ce qui la qualifie historiquement et socialement (ses vêtements, ses épreuves, son passé et son avenir) met cette harmonie en abîme. C’est ce que j’appelle le paradoxe de la nounou. Elle laisse des traces de sa vie à elle, de sa pauvreté, de son milieu social, là où tout n’est qu’ordre et luxe : son vieux manteau, ses chaussures informes, etc.
Vous parlez même d’une prolétaire de la mondialisation…

En France, de nombreuses nounous sont sans papiers, ce qui contribue à fragiliser leur position. Certaines sociologues américaines font une lecture radicale de ce phénomène : le Nord, après avoir pillé les ressources naturelles et physiques du Sud, pille désormais la force de travail des femmes. Et ce pillage s’effectue conformément aux clichés de la division sexuelle du travail : la force de travail féminine est d’abord pensée comme la capacité à s’occuper d’autrui et à prendre en charge les questions domestiques. De même que le Nord voulait le travail brut d’hommes (peu civilisés) pour son développement industriel, il veut la bonté brute de femmes (également peu civilisées) pour sa société devenue inhumaine. On est à la fois dans le cynisme et dans les poncifs. Ces femmes sont les prolétaires de la mondialisation parce qu’elles sont très profitables à notre système.

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #91 le: 16 février 2012 à 16:15:50 »
Il est fichtrement intéressant cet article :je pense que je vais acheter le bouquin . Merci Raja
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #92 le: 22 mai 2012 à 13:53:27 »
alors là c'est le WTF de la semaine 8| 8| comme si dans le cinéma français la diversité était représentée :grrr:
un film ou il y a trop de noirs risque de perturber le public français, peut être que si on leur mettais un balai à la main et des missié ça passera mieux :rougefache:

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La sortie de ‘Think Like A Man’ annulée en France pour manque de diversité



On a déjà parlé plusieurs fois de ce film car ça fait des mois qu’on l’attend avec impatience. Si dans un premier temps allocine l’a annoncé pour fin mai, il semblerait que le film ne sortira pas en France finalement.

La cause ? La France trouve que le casting du film manque de diversité et que la population française « ne va pas s’y reconnaître ».

En fait, cela ne m’étonne pas tellement, considérant que même les films de Tyler Perry ne sortent jamais dans les salles françaises.

Mais après le succès de Think Like A Man au box office, je pensais qu’on ne parlait plus d’un simple film « afro-américain » mais tout simplement d’un film populaire à succès…

Beaucoup de blogs américains, dont TheYBF, se disent choqués par la nouvelle:

« Dans une nouvelle choquante, que certains qualifient de raciste, la France a décidé d’annuler la sortie du film à succès Think Like A Man à cause du manque de diversité du casting (…). Et les films où il n’y a que des acteurs blancs promeuvent-ils la diversité ? »





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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #93 le: 22 mai 2012 à 15:26:31 »
Ben n'empêche que c'est vrai ça, c'est important qu'on puisse s'identifier ! Par exemple quand je suis allée voir "l'odeur de la papaye verte"  j'étais vachement choquée, y'avait aucune diversité !  :merci: :merci: :merci: :merci: :merci:
 :sivousme:
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #94 le: 22 mai 2012 à 20:33:40 »
Faut surtout pas rediffuser la vie de Brian à la télé : y a trop d'anglais dedans...
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #95 le: 23 mai 2012 à 11:35:10 »
Sérieusement ?
Raciste je ne sais pas, délirante sûrement.
A ce compte là, pourquoi la série "bill cosby show" a été diffusée en France ? Les acteurs sont noirs, il me semble ?

Est-on vraiment sûr que c'est la raison de la non sortie du film ? Ca me paraît dément et surtout, surtout, je ne vois pas QUI a autorité pour ordonner ça, en fait.  :merci: :merci:

Si vous avez des informations sur comment sort un film et qui en décide, ça serait intéressant.

Je pense que c'est à creuser car ça me paraît vraiment curieux.  :merci:

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #96 le: 08 juin 2012 à 11:09:01 »
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Racisme ordinaire : la SNCF accusée de nonchalance


Insultes et mauvaises blagues raciales. Des cheminots réunis en collectif manifesteront ce mercredi leur colère devant le siège de la SNCF tandis que 744 Marocains poursuivent toujours l’entreprise pour discrimination. La SNCF, elle, tarde à réagir.

« On chie sur le Coran. » « Je caresse ta tête, c'est de la peau de singe. » « Ta femme est enceinte d'une portée de rats. » « Bougnoule. » « Boulet. » « Bounty. » Suffit ! Arrêtons là cet affreux florilège, petit condensé des insultes et injures à caractère raciste que subiraient des cheminots de la SNCF de la part de certains collègues. La raison ? Ils sont musulmans, noirs, d'origine maghrébine ou antillaise.

Pour dénoncer ce climat nauséabond, une trentaine d'agents issus des différents corps de métiers de l'entreprise publique (contrôleurs, membres de la police ferroviaire, agents d'accueil) se sont constitués en avril dernier en un collectif : « Droit à la différence ». Ils ont rendez-vous ce mercredi au pied du siège de la SNCF, près de la gare Montparnasse, à Paris, dans l'espoir que la direction, qui dit faire de la lutte contre les discriminations une priorité, prenne enfin des mesures fortes.
Intégrer la SNCF : du rêve au cauchemar

Pour tous, entrer à la SNCF constituait une chance. « C'est une grosse boîte, avec des possibilités d'évolution? Enfin normalement. » Mustapha Yacoubi, la trentaine, est un grand gars au sourire fatigué. Il a intégré la SNCF en 1998, en tant qu'agent d'accueil en gare de Creil (Oise), dans l'espoir d'y faire carrière. Depuis, il fait du surplace : « J'ai formé des gens qui ont moins d'ancienneté que moi et un niveau d'études inférieur au mien. Pourtant, eux sont montés en grade alors que ça fait quinze ans que j'occupe le même poste. » Il a alerté ses supérieurs de cette situation ainsi que des injures raciales proférées à son encontre par des membres de son équipe. « Je croyais qu'à un certain niveau hiérarchique, on allait réagir. Il n'y a jamais rien eu. » Et ce, malgré un rapport de l'inspection du travail reconnaissant que Mustapha est victime de blocages discriminatoires dans sa carrière. Sa plainte pour propos racistes a été classée sans suite.

Il est aujourd'hui en mi-temps thérapeutique pour dépression, et continue à travailler avec ceux qu'il a mis en cause. Pourtant, le médecin du travail, diagnostiquant une situation de « grande souffrance », a demandé qu'on le change de poste. C'était il y a plus d'un an?

Pour Radouane Kebdi aussi, le temps passe lentement. A 39 ans, il a déjà seize ans d'ancienneté. Il est agent au service de télécommunication et informatique, à Paris-Est. Pendant des années, il a été destinataire de mails collectifs à caractère raciste circulant sur les boîtes professionnelles.

« Ceux qui envoient ça disent bien sûr que c'est des blagues », explique-t-il. Quand Radouane alerte son chef, en 2010, celui-ci lui dit : « Ne vous bloquez pas là-dessus. C'est un phénomène de société. » Et Radouane est retiré de la liste des destinataires. Affaire classée ? Non, car la propagande anti-immigrés et islamophobe continue à se répandre, et lui à se battre. En février 2011, il envoie un courrier à Guillaume Pépy, le patron de la SNCF. Pas de réponse.

Peu de temps après, son responsable d'établissement se fend d'un mail rappelant que « tout courriel dont le contenu est contraire à l'ordre public est interdit ». C'est tout. Pire, c'est Radouane qui, informant son directeur que les mails n'ont toujours pas cessé, est menacé de sanctions. Car « l'affaire est close côté SNCF », lui indique son directeur par courrier. « Il y a un fond de racisme ordinaire à la SNCF, déplore-t-il. On ne dit pas que l'arbre est pourri, mais il faudrait couper quelques fruits. Et ça, la direction refuse de le faire. »
Jean-Marie Le Pen avec des moustaches à la Hitler dans le casier

Et ce, même quand elle est condamnée en justice. C'est l'exemple d'Alain Ngamukol, 35 ans. Sur les 40 agents de la police ferroviaire basée à Sevran (Seine-Saint-Denis), « je suis le seul Africain », précise-t-il. Est-ce pour cette raison qu'il retrouve une photo de Jean-Marie Le Pen avec une moustache à la Hitler, dans son casier ? Ou qu'un de ses collègues pointe son pistolet ? les policiers ferroviaires sont tous armés ? vers lui dans les vestiaires ? Là aussi pour rire, certainement? Ou encore que ses collègues ouvrent la fenêtre quand il entre dans une pièce ?

Malgré ses demandes répétées, sa hiérarchie n'a jamais voulu le changer d'équipe. Il a porté plainte pour harcèlement moral et la Cour d'appel de Versailles lui a attribué, en novembre 2011, 8 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à la dignité. La SNCF a payé. Les harceleurs n'ont pas été inquiétés. Quant à Alain, il est depuis plus de trois ans en arrêt maladie.

Rapports accablants de la Halde et du Défenseur des droits

On pourrait aussi évoquer le rapport accablant pour la SNCF de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), qui écrit, dans le cas de Tiemoko Toure, que l'entreprise « a manqué à son obligation de résultat en matière de harcèlement » et que les sanctions prises à l'égard de ses harceleurs sont « tardives » et « manifestement insuffisantes ». Tiemoko Toure a même reçu une lettre d'excuses de la part de l'entreprise, ce qui n'a pas empêché son chef ? un des responsables du harcèlement ? d'être promu.

On pourrait également rappeler les conclusions du Défenseur des droits concernant le cas de Nourdine Lekhnati : « Il existe un faisceau d'indices mettant en évidence qu'il existe un lien entre l'origine de Nourdine Lekhnati et son absence d'évolution de carrière », écrivait la Haute autorité il y a quelques mois.
Entre les papis marocains et les jeunes générations, une filiation

On pourrait encore faire le lien entre ces discriminations et celles dont ont été victimes tout au long de leur carrière les Marocains que la SNCF est allée recruter dans leur pays dans les années 1970, quand l'entreprise publique avait besoin de main-d'œuvre et pas chère.

Aujourd'hui, 744 de ces quelque 2 000 hommes ? dont un certain nombre sont devenus Français sur le tard ? portent plainte contre la SNCF pour discrimination. Jamais ils n'ont obtenu les mêmes droits et avantages que leurs homologues français, car l’accès au statut protecteur de cheminot est réservé aux Hexagonaux et aux ressortissants de l’Union européenne de moins de 45 ans.

Ils cotisent à l'assurance vieillesse et maladie du régime général et ne peuvent donc pas partir à la retraite à 55 ans comme les cheminots ; ils ne sont pas intégrés au processus de notation de la SNCF ; les concours internes ne leur sont pas tous ouverts, etc. Pourtant, leur contrat de travail stipule que « le travailleur étranger a droit au même régime de travail que les ouvriers français ». Aujourd'hui, leur avocat réclame 450 000 euros de dommages et intérêts pour chacun des plaignants. Sur cette affaire, en cours devant les Prud'hommes de Paris, la SNCF se refuse à tout commentaire.

Dans les deux cas, « c'est les mêmes a priori racistes et les mêmes inégalités de traitement auxquels on est confrontés, il y a une filiation », estime Radouane. « Ce collectif “Droit à la différence” est une manière de poursuivre la lutte initiée par les papas », abonde Zineb Lamliti, 33 ans, contrôleuse. Son père, que la SNCF est allée chercher au Maroc, est décédé en poste en 2003, à 62 ans. Devenu sourd, il n'a pas entendu le wagon lui foncer dessus. C'était le plus âgé de l'équipe.
« Le risque zéro n’existe pas »

A la SNCF, on réfute toute comparaison entre les deux affaires. « Dans le cas des Marocains, c'est une histoire de réglementation, pas de discrimination dans le sens de “harcèlement” », indique le service communication de l'entreprise. Et l'on préfère rappeler que la SNCF a signé, dès 2004, la charte de la diversité, qu'elle recrute dans les zones urbaines sensibles, que ses managers reçoivent une formation contre les discriminations, qu'un dispositif d'alerte devrait bientôt être mis en place, et qu'un responsable de la diversité, Claude Mwangelu, est en poste.?

Ce responsable, qui n'a pas souhaité répondre à nos questions, admettait lors d'une interview au quotidien 20 minutes en avril, qu'avec 160 000 agents « le risque zéro n'existe pas ». Il nous assurait toutefois que « tout comportement prohibé et discriminatoire est condamné et fait l'objet de sanctions disciplinaires ». Il rappelait aussi que depuis 2005, « 80 à 90 dossiers » ont été placés au contentieux.

« Mais l'entreprise, capable de déployer des moyens importants pour se présenter comme la championne de l'éco-mobilité et de l'égalité hommes-femmes reste, sur le sujet des discriminations raciales, timorée », tempère Eric Ferreres. secrétaire général de la CGT en charge des questions de protection sociale, il dit n'avoir « aucune lisibilité sur la portée des actions de la SNCF contre ces discriminations ». En a-t-il déjà parlé avec Claude Mwangelu ? « Qui est-ce ? », demande-t-il.

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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #97 le: 08 juin 2012 à 13:45:56 »
Excellent article  :mrgreen: :/ :/ Ce genre de problèmes dans les grosses boites est tellement complexe à régler que le fait d'en parler ne peut faire que du bien, et surtout aider ceux qui tentent de faire quelque chose  :cote:
Merci Raja  :fleur2:
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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #98 le: 08 juin 2012 à 15:47:17 »
y'a un retraité cheminot que je connais tout le monde l'appelle le grand noir du berry parcequ'il est noir et grand, j'ai été choquée mais apparemment ça choque pas grand monde même plus lui et ceux qui l'appellent comme ça sont parfois même des militants ant-fn...




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Re : Le racisme ordinaire ou la jolie France
« Réponse #99 le: 04 août 2012 à 18:39:40 »
Témoignage me semble-t-il très réaliste de ce qu'est le racisme subi au quotidien :

Jeune mariée, je découvre toutes ces petites humiliations racistes

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Ils sont photographes. Elle, Corse. Lui, Arabe. Elle a déposé plainte après l’achat impossible d’un ordinateur. Témoignage d’une conjointe « Française de souche ».

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