Auteur Sujet: Grèce  (Lu 44936 fois)

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Grèce
« le: 30 mars 2010 à 15:54:47 »
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Allemagne : des députés appellent la Grèce à vendre ses îles


Des députés allemands ont appelé la Grèce à vendre des îles pour aider à financer sa dette, rapporte jeudi le quotidien populaire allemand Bild qui résume l'idée en ces termes: "On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou".
"L'Etat grec doit renoncer à sa participation dans des sociétés, et vendre des propriétés foncières, comme par exemple des îles inhabitées", a affirmé au journal le député libéral Frank Schäffler, du parti FDP au pouvoir.
Pour le député du parti CDU d'Angela Merkel, Marco Wanderwitz, "si l'Union européenne et donc l'Allemagne venait à aider financièrement la Grèce, il faudrait qu'elle consente des garanties en échange".
"Quelque îles pourraient ainsi faire l'affaire", selon le député.
Selon le ministère du tourisme grec, la Grèce compte quelque 6.000 îles, pour la plupart inhabitées.
Une entreprise privée basée à Hambourg (nord de l'Allemagne) cherche actuellement à vendre une île grecque inhabitée pour 45 millions d'euros, souligne Bild.
En 1993, plusieurs députés allemands avaient déjà provoqué une vive querelle avec l'Espagne en suggérant que Berlin achète l'île de Mallorque, haut-lieu de villégiature pour les touristes allemands.
La chancelière Angela Merkel doit recevoir vendredi le Premier ministre grec Georges Papandréou dont le gouvernement a annoncé mercredi de nouvelles mesures d'austérité pour réduire son déficit public.

http://www.lesechos.fr/info/inter/afp_0 ... r=RSS-2053

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Re : Grèce
« Réponse #1 le: 09 avril 2010 à 22:42:09 »
ça commence à sentir le bruler... "aux feux les pompiers y a la maison qui brûuuleuuuuuuu..." :

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Nouveau record pour le surcoût (spread) payé par la Grèce pour emprunter : 4,01% - rumeurs de retraits de fonds dans les banques grecques (FT Alphaville)
mercredi 7 avril

Via Reuters on Tuesday :

RTRS - GREEK/GERMAN 10-YR GOVT BOND YIELD SPREAD HITS 406 BPS, NEW EURO LIFETIME HIGH

RTRS - OTHER PERIPHERAL EURO ZONE SPREADS AGAINST BUNDS ALSO GENERALLY WIDER

RTRS - GREEK 5-YEAR CREDIT DEFAULT SWAP RISES TO 377.3 BPS FROM 347 BPS IN NEW YORK ON APRIL 2 - CMA DATAVISION

...

Daily Telegraph piece, claiming that wealthy Greeks have begun moving their money out of the country
Sources  FTA


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La dette ne sera JAMAIS remboursée : La surprime des emprunts grecs représente 20% de l’effort budgétaire consenti - En Europe, le coût du service de la dette atteindra 10% du PIB pour certains Etats - la stabilisation de la dette exigerait un budget excédentaire à hauteur de 3,5% du PIB (BNP Paribas via FT Alphaville)
vendredi 9 avril

The credit portfolio strategy team at BNP Paribas : ...

According to the head of Greek PDMA and our interest rate strategy team’s calculations, Greece will still need to refinance around €11.2bn before May and around €32bn for the remainder of the year. ...

even if Greece could refinance its entire 2010 funding requirement at close to 6%, it would have to pay €1.3bn as extra financing costs. While this may not sound like much, this should be viewed in the context of the projected decrease in budget deficit of €9.5bn in 2010 and €7bn in 2011 and 2012. This implies that the extra interest cost for 2011, in itself, accounts for around 20% of the fiscal adjustment - a luxury which it cannot afford and which would postpone its ability to deliver on its austerity plan.

...

The recently released BIS Working Paper on public debt : some interesting perspectives. ....

the crisis has likely led to a significant loss in potential output, which translates into a permanent decline in revenues and a permanent increase in some spending such as unemployment benefits. The debt picture will be aggravated by contingent liabilities arising from age-related spending (pension and health care costs).

...

All this will lead to a sharp increase in debt levels over the medium term over the next decade (exceeding 300% of GDP in Japan ; 200% in the UK ; and 150% in Belgium, France, Ireland, Greece, Italy and the US). Therefore interest payments will increase from around 5% of GDP today, to over 10% in all cases, and as high as 27% in the UK by 2040. Therefore, a gentle fiscal consolidation will not reduce this level of debt unless a primary surplus of 3.5% of GDP will be required for the next twenty years just to stabilize the debt at the pre-crisis level.

...
Sources  FTA


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Banques grecques : les déposants retirent leurs fonds - 4 établissements de crédit font appel au soutien de l’Etat (FT Alphaville)
vendredi 9 avril

From IHS Global Insight senior economist Diego Iscaro on Thursday, a chart of the total deposits held at Greek financial institutions :

Voir sur FTA

...

four Greek lenders asked the government for access to the country’s support fund on Wednesday to counter falling deposit levels in the first two months of the year.

...

according to the FT story, which cited central bank data :

local savers transferred about €10bn of deposits - equal to about 4.5 per cent of the total in the banking system - out of Greece in the first two months of the year

...
Sources  FTA


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Tel quel : une banque grecque propose de recueillir des dons pour le remboursement de la dette du pays (FT Alphaville)
vendredi 9 avril

The National Bank of Greece - which is not, by the way, the central bank of the Hellenic Republic - is encouraging visitors to its website to “deposit money into the ‘Solidarity Account’ for the nation’s public debt”.

...

National Bank of Greece is playing its part in supporting the Greek economy at this critical time. Accordingly, it now provides members of the public with the opportunity, should they so wish, to deposit money into the “Solidarity Account” that has been set up to help pay off the nation’s public debt.

Deposits can be made into the following account : 040/541599-36 free of charge by : visiting any of our branches, using our alternative transaction services, available around the clock :

...
Sources  FTA
"Ni Dieu, ni maître.
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Re : Grèce
« Réponse #2 le: 12 avril 2010 à 10:57:15 »
le feu commence à s'étendre dangereusement :

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Les banques françaises et allemandes détiendraient 120 milliards de dette grecque et plus de 900 milliards dans la zone euro à risque (FT Alphaville)
vendredi 9 avril

    according to a WSJ report from February :

German and French banks carry a combined $119 billion in exposure to Greek borrowers alone and more than $900 billion to Greece and other countries on the euro-zone’s vulnerable periphery : Portugal, Ireland and Spain.

As the Journal noted, it’s hard to trace the exposure faced by any one European bank.

...

Sources  FTA


et comme le dit si bien Paul Jorion : "maintenant c’est trop tard !"


« Modifié: 12 avril 2010 à 15:37:46 par TYGER »
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Re : Grèce
« Réponse #3 le: 25 avril 2010 à 16:42:37 »
"Il ne faut pas être complaisant avec la Grèce" (Christine Lagarde)



Qu'ils aillent se faire en.......
Le travail est l'opium du peuple !

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Re : Grèce
« Réponse #4 le: 25 avril 2010 à 19:18:59 »
Ah bon! mme Lagarde ne s'interesse pas aux trasactions de " La Banque Agricole "


 Citation.. "Il ne faut pas être complaisant avec la Grèce" (Christine Lagarde)

Citation.. Surtout par Crédit Agricole, Qui montre une réelle confiance que le plus grand groupe bancaire en France dans les perspectives à long terme de la banque commerciale et l'économie grecque. Après l'augmentation, le taux de Crédit Agricole SA dans le capital d'Emporiki Bank est 91,02%.

Alain Strub, vice-président et CEO de la Banque Emporiki, a déclaré à l'issue de l'augmentation de capital:

'Crédit Agricole a fait un des plus importants investissements étrangers directs jamais entrepris en Grèce, même dans une période très difficile. La réalisation de l'augmentation de capital ne fait que confirmer les attentes élevées du Groupe sur les perspectives de développement de la Banque Commerciale.

Question. Le Credit Agricole c'est francais? si oui il prefere financer l'étranger, alors que les agriculteurs francais les plus subventionnés par l'Union Européenne se plaignent, (le ventre plein)   :pleur4: :pleur4:   
« Modifié: 25 avril 2010 à 19:45:53 par TheTwit »

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Re : Grèce
« Réponse #5 le: 25 avril 2010 à 20:19:42 »
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Crédit agricole : Moody's a dégradé la note d'Emporiki Bank
mercredi 31 mars 2010 - 16:47
L'agence de notation Moody's a dégradé ce mercredi la note crédit de 5 des 9 banques grecques qu'elle couvre. La dégradation de National Bank of Greece, EFG Eurobank Ergasias, Alpha Bank, Piraeus Bank and Emporiki Bank of Greece, est assortie de perspectives "négatives" pour les 5 établissements et conclut la mise sous surveillance négative adoptée le 3 mars dernier.

Emporiki Bank, filiale du Crédit Agricole et cinquième banque commerciale en Grèce, voit sa note baissée d'un cran, de 'A2/Prime-1' à 'A3/Prime-2'.

Emporiki a dégagé l'an dernier un produit net bancaire de 697 ME pour une perte nette de 937 ME.
source

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Re : Grèce
« Réponse #6 le: 27 avril 2010 à 11:49:44 »
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Communiqué : Les Etats devraient pouvoir emprunter à 1% auprès de la BCE, comme le font les banques - Rassemblement en solidarité avec la Grèce (Parti de Gauche)
mardi 27 avril

    Rassemblement mercredi 28 avril à 18h30 devant le siège de l’Association française des Banques, 18 rue La Fayette à Paris 9e.

APPEL A UN RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE GREC VICTIME DES BANQUES
Le Parti de Gauche dénonce la punition imposée au peuple grec par les dirigeants européens, le FMI et les grandes banquesmondiales, ceux-là mêmequi sont les vrais coupables et profiteurs du malheur des Grecs.

Les comptes publics maquillés ? Les banques d’affaires comme Goldman Sachs les ont préparés pour le gouvernement grec. Le poids de la dette ? Il s’alourdit chaque jour à cause de la spéculation financière et des taux d’intérêt exorbitants exigés par les banques. Le risque de faillite ? Il serait conjuré si le traité de Lisbonne n’interdisait pas aux Etats emprunter auprès de la Banque Centrale européenne comme le font les banques à un taux d’1% seulement. Les sacrifices réclamés à cors et à cris ? Ce sont toujours les peuples qui doivent payer afin que la finance puisse continuer à s’empiffrer.

Face aux banques, où est donc « l’Europe qui protège » ? A peine la Grèce a-t-elle demandé à bénéficier de l’aide des autres Etats membres que la chancelière allemande s’y est refusé et a exigé de nouveaux sacrifices. En France, la ministre Lagarde annonce que l’argent prêté aux Grecs pourrait rapporter 150 millions d’euros à l’Etat, sans compter le bénéfice des banques. Décidément, derrière les belles paroles, tous cherchent à se faire de l’argent sur le dos du peuple grec !

Si les banques font plier la Grèce, elles attaqueront demain d’autres pays européens. C’est un bras de fer décisif qui s’engage entre les citoyens et les banques. Pour notre part nous affirmons le droit des européens à bénéficier des richesses qu-ils produisent. Nous défendons la souveraineté populaire face aux diktats des banques. Nous affirmons la solidarité des peuples face à la compétition du marché libre.

Nous exigeons donc que l’argent prêté aux grecs le soit sans profit pour les banques, au taux de 1% dont elles bénéficient auprès de la BCE. Nous appelons à un rassemblement mercredi 28 avril à 18h30 devant le siège de l’Association française des Banques, 18 rue La Fayette à Paris 9e. Nous allons contacter toutes les organisations de gauche pour constituer le cadre unitaire le plus large pour ce soutien au peuple grec victime du parasitisme bancaire.

Communiqué du PG
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Re : Grèce
« Réponse #7 le: 28 avril 2010 à 07:11:20 »
On lance des paris? je paris que la Grêce va refuser ou ne pas réussir à convaincre l'Allemagne, sortir de la zone euro et dévaluer.

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Re : Re : Grèce
« Réponse #8 le: 28 avril 2010 à 14:23:18 »
ou ne pas réussir à convaincre l'Allemagne

Si elle menace de leur envoyer Nikos, Angela va sortir fissa le carnet de chèques...

 :sivousme:
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Re : Grèce
« Réponse #9 le: 28 avril 2010 à 14:27:41 »
Ca va être le clash quoi...(referme pas la porte timbur, j'arrive)

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Re : Grèce
« Réponse #10 le: 28 avril 2010 à 17:15:46 »
ça sent bon le retour de la drachme perdue :pausecaffé:

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Re : Grèce
« Réponse #11 le: 30 avril 2010 à 22:46:55 »
Je poste une traduction d'une interview de Mike Davis sur la révolte grecque. Je n'ai pas encore trouvé la source originale de l'article mais le texte me semble intéressant à lire.

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Mike Davis - Sur la révolte en Grèce

L’auteur du « Stade Dubaï du capitalisme » et de « City of Quartz » a  répondu aux questions d’un journal grec sur les événements qui secouent le pays. Contretemps vous propose la traduction de cette interview: un itinéraire politique, de Los Angeles à Athènes en passant par Seattle.

 1.

Je pense que nos sociétés sont sursaturées de colère, une colère non-reconnue qui peut d’un seul coup se cristalliser autour d’un incident de bavure policière ou de répression étatique. Alors même qu’elle a abondamment semé les germes de la révolte, la société bourgeoise y reconnaît rarement ses propres fruits.

En 1992 à Los Angeles, tous les jeunes dans la rue (mais aussi tous les flics sur le terrain), savaient que l’apocalypse se préparait. Les lignes de faille grandissantes qui se creusaient entre la jeunesse urbaine et la municipalité auraient du sauter aux yeux de n’importe quel observateur, même le plus naïf : des arrestations de masse chaque semaine, un nombre effarant de gamins sans armes abattus par la police, la stigmatisation indifférenciée de la jeunesse de couleur comme un ramassis de « gangsters », une justice apparaissant de façon de plus en plus éhontée comme un système à double vitesse... Et pourtant, lorsque l’éruption se produisit suite au verdict qui exonérait la police d’avoir  presque battu à mort Rodney King, les élites politiques et médiatiques réagirent comme si je ne sais quelle obscure force imprévisible avait surgi des entrailles de la terre. Les médias (depuis le point de vue surplombant de leurs hélicoptères) s’efforcèrent alors de modeler la perception que le monde aurait de l’émeute à grand renfort de simplifications réductrices et de stéréotypes convenus : c’étaient des « gangs noirs » qui incendiaient et pillaient dans les rues de la ville. En réalité, le verdict du procès Rodney King était devenu un noyau autour duquel  une série de récriminations très diverses avaient fait coalescence. Parmi les milliers de personnes arrêtées, il s’avéra que très peu étaient membres  d’un gang, et que même un tiers seulement d’entre-elles étaient afro-américaines. La majorité était des immigrants pauvres ou leurs enfants, arrêtés pour avoir dévalisé des commerces de proximité pour y prendre des paquets de couches, des chaussures, ou des postes de télévision. L’économie de Los Angeles connaissait à l’époque (et aujourd’hui encore) une crise très profonde et les quartiers latino pauvres de l’ouest et du sud Downtown étaient durement touchés. Mais la presse ne s’était jamais fait l’écho de la misère de leurs existences et la dimension « émeute de la faim » de l’insurrection fut par conséquent très largement ignorée.

De façon similaire en Grèce aujourd’hui, une atrocité policière « normale » finit par déclencher une éruption que l’on cherche à décrire de façon stéréotypée comme une colère inexplicable et à mettre sur le dos de ténébreux anarchistes. En fait, depuis longtemps, c’est bien une « guerre civile de faible intensité » qui semble avoir caractérisé les relations entre la police et les diverses strates de la jeunesse.

 2.

Je n’ai aucune compétence particulière pour commenter la spécificité de la situation grecque, mais j’ai l’impression qu’elle présente d’importants contrastes avec les événements de 2005 en France. Si la ségrégation spatiale de la jeunesse pauvre et immigrée semble moins extrême qu’en région parisienne, les perspectives d’emploi pour les enfants de la petite bourgeoisie sont bien pires : le croisement de ces deux facteurs met dans les rues d’Athènes une coalition plus diverse d’étudiants et de jeunes adultes sans emploi. Par ailleurs, ils héritent d’une tradition continue de protestation et d’une culture de résistance unique en Europe.

 3.

Que veut la jeunesse grecque ? Il est sûr qu’elle perçoit avec une clarté très crue la façon dont la récession mondiale se surimpose aux traditionnelles réformes du système éducatif et du marché de l’emploi. Pourquoi, dans un tel contexte, placeraient-ils la moindre foi en un énième retour du PASOK et de son cortège de promesses non-tenues ?

Ce à quoi l’on assiste est une espèce originale de révolte, préfigurée par les émeutes de Los Angeles, Londres et Paris, mais qui se déploie à partir d’une compréhension plus profonde du fait que l’avenir a été de toute façon pillé d’avance. Et en effet, on peut se le demander : quelle génération dans l’histoire moderne (mis à part les fils de l’Europe de 1914) a-t-elle été à ce point entièrement trahie par ses patriarches ?

Cette question me tourmente parce que j’ai quatre enfants et que même le plus jeune d’entre eux comprend que leur avenir sera radicalement différent de mon passé. Ma génération, celle du « baby-boom » lègue à ses enfants une économie mondiale en ruines, des inégalités sociales extrêmes, qui atteignent des niveaux stupéfiants, des guerres brutales sur les marges impériales et un climat planétaire devenu incontrôlable.

 4.

Athènes est largement vue comme la réponse à la question : « Y-a-t-il une vie après Seattle ? »

Souvenez-vous des manifestations contre l’OMC et de la « bataille de Seattle » en 1999 qui ouvrirent une nouvelle ère de protestation non-violente et d’activisme local. La popularité des forums sociaux mondiaux, les millions de manifestants contre l’invasion de l’Irak par Bush et le large soutien aux accords de Kyoto – tout cela véhiculait l’immense espoir qu’un « alter-monde » soit déjà en train de naître. Dans le même temps, la guerre n’a pas pris fin, les émissions de gaz à effet de serre ont monté en flèche et le mouvement des forums sociaux a dépéri. C’est tout un cycle de protestations qui est arrivé à son terme le jour où la chaudière du capitalisme mondialisé a explosé à Wall Street, laissant dans son sillage à la fois des problèmes plus radicaux et de nouvelles opportunités pour la radicalité.

La révolte d’Athènes répond à une soif de colère : elle met fin à la récente sécheresse en la matière. Il est vrai que ceux qui l’animent semblent n’avoir qu’une faible tolérance pour les slogans d’espoir et les solutions optimistes. Ils se distinguent ainsi des revendications utopiques de 1968 ou de l’esprit rêveur et volontaire de 1999. C'est bien-sûr cette absence de demande de réformes (et ainsi l’absence de toute prise permettant la gestion de la protestation) qui est l'élément le plus scandaleux - et pas les cocktails Molotov ou les vitrines brisées. Cela rappelle moins les mouvements étudiants des années 1960 que les révoltes intransigeantes de l’anarchisme des bas-fonds dans le Montmartre des années 1890 ou du « Barrio Chino » à Barcelone au début des années 1930.

Certains activistes américains y voient un simple renouvellement du style de protestation hérité de Seattle, qu’il faudrait dorénavant et provisoirement agrémenter d’une pincée de passion toute méditerranéenne. Cela rentre bien dans leur paradigme du «changement - Obama » qui consiste à comprendre le présent comme un remake des mouvements de réforme politique des années 1930 et 1960.

Mais d’autres jeunes gens que je connais rejettent complètement cette interprétation. Ils se pensent eux-mêmes (à l’instar des anarchistes « fin de siècle ») comme étant une « génération perdue » et voient dans les rues d’Athènes un bon système de mesure pour leur propre rage.

Il y a bien sûr le danger d’exagérer l’importance d’une éruption qui se déroule dans un contexte national donné, spécifique, mais le monde est devenu inflammable et Athènes est la première étincelle.

Traduction : G. C.


http://www.contretemps.eu/interviews/mike-davis-sur-revolte-en-grece
« Modifié: 30 avril 2010 à 22:52:24 par AEC »

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Re : Grèce
« Réponse #12 le: 02 mai 2010 à 14:52:27 »
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Quelles leçons nos dirigeants vont-ils tirer de la crise greque ? Aucune, parions-le !

On a frôlé le gouffre. Mais les plombiers européens après avoir été très longs à la détente se sont affairés toute la journée d'hier pour colmater les fuites depuis que, s'ajoutant à la crise grecque, l'agence de notation Standard and Poor's avait mis le feu aux poudres en dégradant, mardi et mercredi, les notes de la dette du Portugal et de l'Espagne. Brusquement c'était le château de cartes européen qui semblait s'effondrer. Au-delà de la Grèce, c'est toute la zone euro qui vacille. Et avec elle le projet européen sur lequel nos pays se sont construits qui est en cause. "Où est le président du Conseil européen? Que fait le président de la Commission? Y-a-t-il un pilote européen dans la crise grecque? Ou attendent-ils l'effondrement de l'euro?", s'interroge le député européen Philippe Juvin, membre des instances dirigeantes de l'UMP.

Lorsqu'il s'est agi de désigner les nouveaux dirigeants de la commission, c'est eux qui ont choisi les plus fades, parfois même les plus notoirement incompétents

Et Pierre Lelouche, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, faisait une déclaration impensable il y a peu : « Avec la mondialisation, la question est: que reste-t-il du modèle européen, de la place de l'Europe dans la gouvernance mondiale? ». Mais ces mêmes hommes politiques ne peuvent s'exonérer de leurs responsabilités. Lorsqu'il s'est agi de désigner les nouveaux dirigeants de la commission, c'est eux qui ont choisi les plus fades, les plus passes-murailles, parfois même les plus notoirement incompétents comme la ministre des affaires étrangères Catherine Ashton ! Car les chefs de gouvernement voulaient faire leur petite cuisine ensemble sans que personne ne leur fasse de l'ombre.

Delors : « C'est le même pouvoir financier que les Etats ont pourtant renfloué, qui actuellement spécule contre la Grèce. ».

Jacques Delors n'avait pas tort de se dire « meurtri » du comportement de l'Europe à l'égard de la Grèce. Pour lui, l'Europe ne devait pas accepter de prêt du FMI, car d'une part, elle est en partie responsable des difficultés de la Grèce à cause d'un déficit de coordination des politiques économiques des états et d'autre part elle a largement les moyens de résoudre la crise, ce qui serait au passage un bon moyen de démontrer la solidité de l'euro. Le père du traité de Maastricht et de la monnaie unique va plus loin en tonnant : « C'est le même pouvoir financier que les Etats ont pourtant renfloué, qui actuellement spécule contre la Grèce. ». Un discours pas très différent de Daniel Cohn-Bendit, dénonçant la situation "extravagante" qui permet à l'Allemagne de prêter des fonds à la Grèce à un taux de 5% alors qu'elle emprunte à 1,5%,reprochant à l'Union européenne de souffrir "d'un manque de solidarité" et se prononce pour "la création d'un fonds européen commun qui pourrait offrir un grand emprunt européen". Mais la France fait pire que l'Allemagne puisqu'elle emprunte à 1,4 % en prêtant aux grecs à hauteur de 5 %. ! C'est sans doute ce que Sarkozy appelait «la parfaite entente entre l'Allemagne et la France» sur les moyens de résoudre la crise de la dette grecque !

C'est le règne du chacun pour soi. Du chacun chez soi. L'inverse de l'Europe des pères fondateurs

Angela Merkel n'est pas Kohl et Sarkozy n'est ni Mitterrand ni même Chirac. C'est le règne du chacun pour soi. Du chacun chez soi. L'inverse de l'Europe des pères fondateurs et dont Delors, avec VGE, reste l'un des derniers représentants. Comme l'a dénoncé le chef de file des Libéraux au Parlement européen, Guy Verhofstadt : « une approche inter-gouvernementale qui exige l'unanimité ne marche pas. Une approche communautaire, sous les auspices de la BCE et de la Commission européenne, aurait donné un tout autre résultat". Mais au bord du gouffre, chacun se réveille : Obama et Merkel veulent des «actions déterminées ». De Pékin Sarkozy annonce que la France «est totalement déterminée à soutenir l'euro et à soutenir la Grèce», dont le plan de sauvetage est «crédible».Et en milieu de journée, alors que les Bourses remontent, l'Union européenne annonce que les négociations au sujet de l'aide à apporter à la Grèce sont «sur le point d'être terminées». Hier soir, le Premier ministre grec, Georges Papandréou annonçait que les négociations entre Athènes, le FMI et l'Union européenne pour déclencher l'aide à la Grèce s'achèveront "dans les tout prochains jours". La politique du bord du gouffre ne pourra éternellement durer. Quelles leçons nos dirigeants vont-ils en tirer ? Aucune, parions-le

source


Tiens.... serait-ce donc que les "mauvais Français" qui avaient voté "non" au referendum sur le TCE n'étaient peut-être pas si ignares et débiles qu'on a bien voulu faire croire ?

Petit Nico et Grosse Bertha se frottent les mains... c'est qu'on les a bien b***é, les grecs ! du 3,5% de bénéfice net annuel sur l'opération ! Le véritable souci, c'est que la Grèce n'aura tout simplement pas les moyens de supporter le financement du service de sa dette à un taux de 5%. Le pays fera faillite, et ses obligations ne vaudront pas plus que du papier-toilette, et le prêt consenti sera à mettre dans la rubrique "créances douteuses"...
« Modifié: 02 mai 2010 à 15:10:47 par sarkome »

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Re : Grèce
« Réponse #13 le: 02 mai 2010 à 16:22:58 »
ils n'ont qu'à les titriser,les créances douteuses,comme ça ils seront tranquilles un petit moment et puis.... :sivousme:
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

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Re : Grèce
« Réponse #14 le: 03 mai 2010 à 08:23:09 »
"... et nous danserons sur leurs cendres..."  :mrgreen:
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Re : Grèce
« Réponse #15 le: 06 mai 2010 à 23:36:05 »
110 milliards, tel est le montant du prêt à la Grèce...
La France devra donc emprunter une trentaine de milliards. Bof... un peu plus, un peu moins... on ne va pas chipoter, quand même !
La où c'est moins drôle, c'est pour l'Espagne. Parce que, devoir de solidarité aidant, l'ensemble des pays de la communauté doivent cracher au bassinet. Et la part de l'Espagne est de 9,8 milliards.
Comme l'Espagne est au bord du gouffre, sa cotation vient d'être rabaissée. Si bien qu'elle devra emprunter cette dizaine de milliards à 6-61/2% pour les prêter à la Grèce à un taux moins élevé (5%)....
"Mon Dieu, protégez-moi de mes amis..."

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Re : Grèce
« Réponse #16 le: 07 mai 2010 à 05:48:12 »
L'Europe aurait du mettre la direction de la Grece sous tutele comme condition de pret. Ce n'est pas aux differents pays de l'Europe de faire des prets mais a la banque centrale européenne et du FMI.

Ouvrir des enquettes sur la gestions lamentable de ce pays, ( genre 14  a 15 mois, a des fontionnaires (surement pour qu'ils ce taisent devants les abus constatés) pillé par ses dirigents en autres affairistes de tout bord de gauche comme de droite. Bloquer tout les comptes en banque meme internationaux, et autres saisis de leurs biens mals acquis. Et finir en prison comme tout escrocs.
« Modifié: 07 mai 2010 à 06:03:39 par TheTwit »

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Re : Grèce
« Réponse #17 le: 07 mai 2010 à 14:18:18 »
Cher TheTwit, j'ai lu récemment que le Traité Constitutionnel Européen faisait l'affaire des marchés financiers car il empêche la Banque Centrale Européenne de prêter aux pays membres...


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Re : Grèce
« Réponse #18 le: 07 mai 2010 à 19:50:10 »
Le probleme de l'Europe, est quelle a été faite pour faire une confedération,qui ne porte pas son nom, malheureusement est tres mal faite, un vrai amateurisme, Inégalité des monaies  (£/€) systheme de péréquation inexistant. Ce qui est justement tout l'interet d'une confédération.

La Californie en ait au meme point que la Grece et ca ne fait pas débat comme en Europe, parce que le gouvernement central  percois les impots a travers le pays, et peu se permettre de rembourser ceux versés par la Californi, voir meme plus.Il y a aussi une forme de standardisation ,administrative, social assurance chomage et de santé qui doivent etres aussi la meme dans toutes  les région adherentes a une confédération Tandis qu'en Europe c'est chacun pour soi. Donc la Grece n'a pas d'interet a garder l'Euro. et de rester dans l'union (en fait cette appellation ne veut rien dire en Europe, ca n'est qu'un affichage. Le peuple francais l'avait tres bien compris lors d'un réferendum. Savez vous que pour CHACUN des pays formant votre union, vous avez avec vos sales propres gouvernements, plus celui de Brussel, et les ronds de cuire se Srasbourg, plus de représetants du peuples que les États-Unis dans son administration. Et ne compte pas tout les fonctionnaires y afferents. :frime:
« Modifié: 07 mai 2010 à 19:55:04 par TheTwit »

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Re : Re : Grèce
« Réponse #19 le: 18 mai 2010 à 10:47:46 »
Cher TheTwit, j'ai lu récemment que le Traité Constitutionnel Européen faisait l'affaire des marchés financiers car il empêche la Banque Centrale Européenne de prêter aux pays membres...




et vu le bordel il t'en faut encore des preuves ? tu avais bien lu car c'est le cas : la BCE n'a pas pour objectif de prêter aux pays membres ! (ça lui est même logiquement interdit).
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Re : Grèce
« Réponse #20 le: 18 mai 2010 à 17:00:09 »
Sarko lisant régulierement ce forum :mdr1: a trouvé tres interressante mon message qui préconise que la BCE devienne une banque a pret pour les pays de l'Union. Il l'a mise en vigeur :merci: ceci dit en toute modestie. Bon je vais faire un tour:

« Modifié: 18 mai 2010 à 22:08:45 par TheTwit »

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Re : Grèce
« Réponse #21 le: 18 mai 2010 à 19:44:19 »
Peuh ! Il a pompé le discours de Toulon sur l'un de mes posts !  :langue1:
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Re : Grèce
« Réponse #22 le: 18 mai 2010 à 21:50:42 »
Notre Grand Timbur: Pas de désesperance ni de jalousi la prochaine je signerais de votre psedo.  :drapeaublanc: Il doit bien avoir de ses affidés qui viennent lire sous la forme d'invités pour en parler a ses proches. Domage qu'il n'y est plus la carte Google pour voir ou sont situés les dits invités, il m'arrivait (nuitement pour vous) d'y allé voir, probanlement avec des fausses IP. Comme il m'arrive a moi aussi pour certains sites .

Tiger: La BCE n'avait pas le choix. une chose, ce sont les chefs d'États qui on pris cette décision, mais jamais validé par le parlement me semble t-il, ce qui est contre leurs le respect des regles parlementaires.. tous des  :vampire:
« Modifié: 19 mai 2010 à 00:01:59 par TheTwit »

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Re : Grèce
« Réponse #23 le: 18 mai 2010 à 22:53:10 »
La BCE n'avait pas le choix... Peut-être, mais elle n'en a pas le droit non plus ! C'et ce qui résulte du Traité de Lisbonne, adopté contre l'avis du Peuple Français qui s'est légalement exprimé par la voix du referendum !
En effet,
« Ni la Banque centrale européenne, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l’Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme », indique l’article 130 (ex-article 108 TCE). « Les institutions, organes ou organismes de l’Union ainsi que les gouvernements des États membres s’engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la Banque centrale européenne. »
Evidemment, il y a bien l'article qui permet une dérogation limitée à six mois, mais qui requiert l'unanimité et l'absolue nécessité.
L’article 66 (ex-article 59 TCE) précise que des « mesures de sauvegarde » peuvent être prises « dans des conditions exceptionnelles », mais uniquement « pour une période ne dépassant pas six mois pour autant que ces mesures soient strictement nécessaires ».
J'aimerais bien qu'on me prouve que le prêt de la BCE à la Grèce était absolument nécessaire. Surtout avec l'assistance du FMI qui a toujours eu pour politique de plonger davantage dans la m*** les Etats emprunteurs
(ce qui promet de sombres jours si DSK continue cette politique, au cas où il accéderait au pouvoir en 2012)

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Re : Grèce
« Réponse #24 le: 30 mai 2010 à 21:05:43 »
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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /2010 15:49
Mais que se passe-t-il en Grèce ?

 

 

    Il y a peu de textes sur la situation réelle en Grèce qui sortent du pays. Les rares textes qui circulent sont de courts communiqués, des lettres de prisonniers et des déclarations lors de procès. Toutes les analyses portent sur les choix et conséquences socio-économiques, aucune sur les réalités du pays. Les centres sociaux occupés sont implantés en ville, le KKE étant stalinien, on ne sait par exemple rien des paysans grecs qui avaient bloqué pendant plusieurs mois la route entre Athènes et Salonique début 2009. Juste une certaine colère partagée, «quelle différence avec la période de la dictature» ?

 

Depuis les événements de 2008, les deux gouvernements ont appliqué la défense passive : le fichage généralisé de toute la population (liens et relations, empreintes et maintenant ADN) ; ce qui explique peut-être en partie un certain silence. Les Grecs de l’étranger évitent également de trop se faire remarquer. Il y a une certaine paranoïa. Et les traductions arrivent également bien tard.

 

Le jeu des médias, c’est de mettre le KKE dans le camp des centres sociaux et des inorganisés (les immigrés qui sont présents en masse dans les rues). Le KKE est encore un parti stal dans sa forme ancienne, bien qu’affaibli, et qui risque l’éclatement comme les PC français et italien dans les années 1970. D’où leurs coups de force récents, et l’intérêt que portent les trotskystes à récupérer ça. En réalité, ce sont les centres sociaux qui font le plus peur aux autorités, bien implantés, surtout au niveau des populations immigrées, ils sont également bien structurés, et beaucoup de gens circulent entre ces lieux. Ils génèrent la plus grosse partie de l’agitation. Lors de la dernière manif, l’occupation de l’École polytechnique a rassemblé une manif de 6000 personnes, le KKE, 10'000. Et ils ne s’octroient pas de pause, il y a un projet d’implantation sur une île ; une base arrière pour soutenir une lutte prolongée dans la perspective d’un blocage total des flux de marchandises.

 

Après les commémorations de décembre 2009, il y a eu une assemblée importante à Polytechnique (plusieurs milliers de personnes), où il a été décidé de poursuivre dans la lutte politique plutôt que dans le harcèlement des forces policières et la guérilla urbaine. Certainement quelques-uns ont alors choisi des actions plus clandestines, beaucoup sont en cavale. Il y a quelques jours des bombes ont été posées à la prison et au tribunal d’Athènes. En fait, il y a de plus en plus de révoltes de prisonniers (hommes et femmes), on les bourre de drogues pour les calmer, voire pour leur faire cracher des noms.

 

Après les trois morts, chacun y est allé de son communiqué. Le KKE fidèle à la tradition stalinienne, accuse un complot d’État, ils auraient vu des individus arroser d’essence la banque avant le passage de la manif. De leur côté, de nombreux anarchistes et anti-autoritaires se réapproprient le concept d’ennemi intérieur, de criminels hors du mouvement social. Cela dit, il y a tout de même de forts liens entre la police et des groupes paramilitaires fascistes qui parfois lancent des grenades ou déposent des bombes près des centres sociaux. Après l’événement, il y a eu la première véritable attaque d’envergure contre le quartier d’Exarchia, où des bars associatifs, des occupations, des radios libres ont été saccagés par la police, et de nombreuses personnes arrêtées.

 

Comme en Italie ou en Espagne, il n’y a pas eu, après la transition de la dictature au parlementarisme, de purge au sein de la police, et il y demeure une tradition fasciste très forte. La situation est différente avec l’armée, car le service militaire est encore en place ; ça en fait une force très instable et dangereuse pour le pouvoir.

 

Les luttes des orgas se font contre les politiques économiques (le PG avait accroché des drapeaux grecs en dessous du leur, tout en réclamant la retraite à 60 ans au 1er Mai), la lutte des Grecs est elle dirigée contre l’occupation policière (fichage, menaces, racket, corruption et assassinats politiques). Il serait erroné de traduire la colère des manifestants par leur désir d’une autre politique économique, le retour d’un simili-État Providence. La mise sous tutelle de la Grèce par le FMI reste un prétexte. Les derniers reliquats de la social-démocratie viennent de tomber, et ils n’étaient alors qu’un cache-misère auquel plus personne ne croyait. Pour l’heure, des affiches appelant à des auto-réductions massives (grève des loyers, de l’électricité, des transports) apparaissent dans les rues d’Athènes et Salonique. Qu’il s’agisse de prémices similaires à l’insurrection catalane et au mai rampant italien est suffisant pour nous mettre en garde contre les aspirations de représentation de certains, la chasse à l’ennemi intérieur et les «révolutionnaires», à la recherche du nouveau «Gladio», manipulant l’ensemble des révoltes.

 

    Héméra Nyx - L’En-Dehors, 27 mai 2010.
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Re : Grèce
« Réponse #25 le: 08 juillet 2010 à 12:10:12 »
voyez le jeu dangereux, pour la santé des grecs, auquel s'adonne le lobby pharma sous prétexte de lutte contre la crise et déficit de cette nation... et aucun peuple n'est visiblement plus à l'abri de cela :

Citer
Les compagnies pharmaceutiques imposent un embargo sur le service de santé grec

par John Vassilopoulos

   
Mondialisation.ca, Le 7 juillet 2010
WSWS


Depuis la fin du mois de mai et jusqu'à la mi-juin, les plus importantes compagnies pharmaceutiques ont imposé un embargo sur les hôpitaux publics grecs pour protester contre la tentative du gouvernement social démocrate PASOK de réduire la dette du service public de santé. Ce boycott a représenté un risque de catastrophe sanitaire en Grèce, les médecins étant contraints de reporter des interventions médicales du fait d'un manque de produits essentiels.

Le gouvernement Papandreou a cherché à vendre la dette du service de santé (qui s'était accumulée principalement du fait des prix excessifs imposés par les compagnies pharmaceutiques) sous forme d'obligations à forte décote ou « à coupon zéro » qui auraient forcé les compagnies pharmaceutiques à supporter une perte estimée à 19 pour cent sur une dette combinée de 6,2 milliards. Cette mesure concernant la dette fait partie de la promesse d'Athènes d'appliquer les diktats des marchés financiers mondiaux l'enjoignant à réduire de façon draconienne les dépenses publiques.

La réaction des compagnies pharmaceutiques a été de refuser de livrer aux hôpitaux publics les produits afin de forcer le gouvernement à changer de politique. Un accord a été trouvé cette semaine qui a vu la décote moyenne réduite à 15 pour cent tandis qu'un montant de 100 millions d'euros de la dette a été payée d'avance et comptant à 500 compagnies, ce qui représente près de 200.000 euros par compagnie.

Contrairement aux obligations conventionnelles, les obligations « à coupon zéro » n'ont pas d'intérêts et sont vendues à des prix plus bas que leur valeur réelle, ce qui explique la rentabilité de l'investissement. Bien que les fournisseurs aient la possibilité de vendre leurs obligations directement aux banques, ils trouvaient regrettable que le remboursement de la dette de cette façon réduise d'un cinquième l'argent qui leur était dû.

C'est la seconde fois en un mois que les compagnies pharmaceutiques ont cessé leur livraison pour faire du chantage à Athènes. Le gouvernement a annoncé le 3 mai qu'il réduirait de 25 pour cent le prix de tous les médicaments ce qui représenterait une partie des 1,2 milliards d'euros de coupes budgétaires. En réponse la compagnie pharmaceutique danoise Novo Nordisk a annoncé le 29 mai qu'elle cesserait sa livraison d'insuline. Novo Nordisk est le principal fournisseur mondial de l'insuline pour les diabètes sous sa forme la plus développée.

Une autre compagnie danoise, Leo Pharma, a accordé au gouvernement grec un délai de trois mois, déclarant son intention d'arrêter la livraison de certains de ses médicaments. La compagnie a dit qu'elle continuerait l'approvisionnement de 11 produits sur 29, mais que d'autres, dont le médicament Daivobet contre le psoriasis et un produit qui liquéfie le sang, seraient suspendus.

La compagnie pharmaceutique allemande Merck a continué l'approvisionnement de ses médicaments mais a déclaré qu'elle « n'acceptait pas » le décret réduisant les prix et elle a porté plainte.

Le vice-président de Novo Nordisk, Mike Roulis, a dit qu'il était impossible de vendre des médicaments selon le plan de réduction des prix car cela conduirait à des pertes de 6 millions d'euros sur le marché grec et à un effet domino de réévaluation du prix des médicaments dans toute l'Europe.

Bien que la Grèce représente un marché peu important pour Novo Nordisk, l'année dernière ses ventes en Grèce ont représenté moins d'un pour cent de son revenu total de 8,37 milliards de dollars, cela fait 20 ans qu'elle est active en Grèce et contrôle 50 pour cent du marché pour les médicaments contre le diabète. De façon plus importante pour l'industrie pharmaceutique, Novo Nordisk a été en mesure de profiter de la crise fiscale en Grèce pour imposer ses conditions à Athènes sur des aspects clés de la politique du service de santé.

Le 14 juin, le gouvernement PASOK a cédé à la pression de la compagnie et a remis les prix à presque leur niveau d'avant. Dans l'accord, Novo dit que les nouveaux prix sont plus élevés que ceux conformes à un décret appliqué à partir du 3 mai, mais plus bas que la moyenne des trois prix les plus bas d'Europe. Dans une déclaration, la compagnie a dit, « C'est toujours une réduction de prix par rapport aux prix en cours avant le 3 mai. Ce n'est plus une réduction de 25 pour cent mais plutôt autour de 10 pour cent. Nous avons donc accepté les nouveaux prix temporaires. »

L'embargo des compagnies pharmaceutiques en représailles à la réduction des prix et au programme des obligations à coupon zéro a menacé de provoquer une catastrophe sociale mettant en danger des centaines de vies humaines. Plus de 50.000 personnes en Grèce utilisent l'appareil de Novo Nordisk pareil à un stylo pour l'injection de l'insuline. L'association des diabètes de Grèce a qualifié les actions de Novo Nordisk de « chantage capitaliste brutal ».

Selon un article de Ethnos du 19 juin, « Les administrateurs des hôpitaux de l'ESY [le service public de santé grec] dans les trois derniers jours de l'embargo ont envoyé un SOS dramatique eu égard aux 580 cas critiques. Ils ont lancé un appel aux fournisseurs des hôpitaux pour se faire livrer d'urgence des produits jetables car des vies étaient menacées. »

L'article décrit comment «  dans le plus grand hôpital du pays, Evaggelismos [à Athènes], le service de cardiologie avait un besoin immédiat de 3 pacemakers. L'administration a donné son accord pour un approvisionnement d'urgence. Le comité de vigilance des prix avait établi le prix à 2.850 euros. Puis l'hôpital a contacté les fournisseurs qui ont réclamé 3.800 euros! Une série d'appels téléphoniques en catastrophe ont abouti, mais moyennant un coût important...

Les produits qui manquent terriblement incluent ceux qui dont on a besoin pour les prises de sang, et toute une série de réacteurs chimiques nécessaires pour des tests diagnostics déterminant si une opération est nécessaire. Il y a aussi une pénurie de matériel jetable nécessaire pour les opérations orthopédiques d'urgence, tels des gants chirurgicaux, du fil, et des films pour les radios.

Les personnes souffrant de maladies des reins ont été affectées par des pénuries de médicaments et de filtres nécessaires pour les dialyses. « On peut remettre à plus tard une opération, mais avec une dialyse, ce n'est pas possible, »dit Giorgos Kastrinakis, le président du Syndicat panhellénique des malades du rein. « Les médecins nous disent que bien que les hôpitaux aient des filtres pour reins il n'y en a assez que pour quelques jours seulement. Des malades du rein m'ont informé qu'à l'hôpital Attikon les médecins leur conseillaient, par sécurité, de trouver des cliniques privées car il ne restaient plus beaucoup de filtres. »

Dans le nord de la Grèce, les médecins ont dû envoyer 500 patients qui venaient de subir une greffe de rein vers des hôpitaux privés car ils n'étaient pas en mesure de procéder à la surveillance intensive dont ils avaient besoin.

Tandis que l'industrie pharmaceutique réagit comme si elle avait été abusée par le système grec de santé, en fait ces dettes sont, pour une grande part, le résultat de prix excessivement élevés imposés par les fournisseurs de médicaments.

Les prix sont souvent trois fois plus élevés que dans d'autres pays européens, un fait qui n'est un secret pour personne depuis au moins 1995. Le cardiologue Dimitris Katritsis qui a fait une étude sur les prix exagérément élevés de l'industrie pharmaceutique a dit à Kathimerni qu'il « soulève cette question auprès de ministres depuis [1995], mais que rien ne se passe. »

Au contraire, le gouvernement a pris des mesures qui aggravent la situation. Dès 2001, le gouvernement grec avait déclaré qu'un certain nombre de produits médicaux, dont les pacemakers et les filtres pour reins, « n'étaient pas comparables » et donc ne pouvaient être soumis à la concurrence du marché. Les prix n'en seraient limités que par des plafonds mis en place par le gouvernement. Cela a eu pour conséquence que les dettes des hôpitaux ont augmenté et sont passées de 2,5 milliards d'euros en 2005 à 6,2 milliards en 2010.

Le nouveau régime d'application des prix a développé une culture de la corruption et de la criminalité au sein du service public de santé. « Les dettes des hôpitaux n'étaient pas déterminées uniquement par les compagnies d'approvisionnement, puisqu'elles ne définissent pas les prix unilatéralement, » selon Kathimerini. « Il y a quelqu'un qui donne son aval pour les prix. »

Les « lobbies » des fournitures d'hôpitaux sont nombreux et ont des intérêts contradictoires: Des comités représentant les fournisseurs et composés en majorité de médecins et de personnalités issues des ministères de la santé et de l'économie, etc. Les pots-de-vin aux médecins sont un secret de polichinelle, certains sont des actionnaires dans les compagnies de fournitures médicales, ce qui est une violation flagrante de l'éthique médicale. »

Le refus d'approvisionner en médicaments des pays tout entiers, comme cela a été le cas pour la Grèce, révèle que rien n'arrêtera les principales compagnies pharmaceutiques dans leur course au profit. Il faut que ce soit un avertissement pour toute la classe ouvrière européenne et internationale.

Les soins médicaux, y compris l'approvisionnement des médicaments sur ordonnance, est un droit humain fondamental. Il doit être mis à disposition gratuitement et selon les besoins uniquement . Les compagnies pharmaceutiques et les autres grandes entreprises qui dominent la santé doivent être retirées des mains de leurs propriétaires milliardaires et converties en des services publics gérés démocratiquement.

On ne peut réussir à le faire que par un mouvement politique et social de masse de la classe ouvrière contre le capitalisme et ses représentants politiques à Athènes et dans les autres capitales européennes. Telles sont les mesures socialistes nécessaires pour résoudre la crise actuelle en Grèce.

Les pénuries dans les hôpitaux soulignent la nature parasitaire des entreprises privées de santé et des fournisseurs pharmaceutiques qui retiennent en otage des populations entières et mettent des vies en danger sans raison afin de sauvegarder et maximiser les profits.



Article original, WSWS, paru le 3 juillet 2010.
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Re : Grèce
« Réponse #26 le: 16 décembre 2010 à 17:02:52 »
et voilà, fallait bien que ça tombe sur un de ces décérébrés de droite : Kostis Hatzidakis (Ministre conservateur grec des transports) se fait gentiment locher la paillasse

<a href="http://www.youtube.com/v/oippW3TNZ5w?fs=1&amp;amp;hl=en_GB" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/oippW3TNZ5w?fs=1&amp;amp;hl=en_GB</a>

à diffuser très largement pour démontrer à tous ces neuneux de droite qu'il va bien leur falloir cesser ce petit jeu de dupes !
« Modifié: 16 décembre 2010 à 17:04:23 par TYGER »
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Re : Grèce
« Réponse #27 le: 17 décembre 2010 à 10:42:48 »
Il paraît qu'en Grêce, ils ont un forum SarKostis. :mrgreen:
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Re : Grèce
« Réponse #28 le: 17 décembre 2010 à 23:00:07 »
pour mieux suivre ce qui s'est passé ce mercredi 15 c'est ici :

Journée "contre l'austérité" à Athènes - 15 décembre

impressionnant de voir combien les forces de l'ordre sont totalement débordés et impuissants, à peine s'ils sauvent leurs miches sans trop de bobos
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Re : Grèce
« Réponse #29 le: 20 janvier 2011 à 09:14:32 »
les anarchistes encore pris pour cible :

Citer
Rafle anti-anarchistes à Athènes - 13 janvier

Par rapport à une arrestation en Grèce

Lettre ouverte de Philipp et de Pepe Mayer sur les lèches et les publications sur notre sœur de quelques perroquets de l'État

Un sale jeu est en train d'être joué sur le dos de notre sœur et de notre famille. Avec le procès des accusés à la participation de l'organisation «Conspiration des cellules du feu», qui aura lieu bientôt, et l'explosion auprès du bâtiment du tribunal administratif, qui, niveau arrestation, est restée sans riposte, on attendait de l'État la tentative d'attraper un «gros poisson». Et s'il n'y arrive pas, il s'en dessine un, afin de regagner du prestige perdu et de montrer sa force.

Ainsi, quelques journalistes — agents de l'autorité — ont vu la possibilité, basée sur la correspondance hasardeuse du nom de notre mère avec celui d'un membre prétendu de la RAF, Barbara Meyer, d'inventer un scénario digne d'un film avec des liens entre des groupes internationaux et allemands. Ils ont atteint un tel degré de ridicule qu'ils ont fini par republier des noms de membres recherchés de la RAF des années 1980 et par servir d'autres histoires délicates, afin de satisfaire le public terrorisé. Pour ce faire, notre mère a été décrite comme une terroriste recherchée et disparue, tandis qu'elle vit en ce moment avec nous, sa famille, en Grèce. Notre père a eu un destin grave à cause d'elle : Ils n'ont pas que changé son nom, non, ils ont même déclaré qu'il avait été tué pendant une fusillade avec des flics en Autriche ! Très choquant pour un thérapeute de musique vivant et travaillant sain et sauf en Allemagne…

Ayant apparemment bu un verre avec un des quatre, arrêtés récemment pour des prétendus incendies à Théssalonique, notre sœur a été bénie membre d'une organisation criminelle et poussée à avouer à cause de ces mythes et de sa généalogie «terroriste».

Notre sœur n'est, comme nous, pas une terroriste, mais une anarchiste — une décision lourde de conséquences dans un monde plein d'oppresseurs. On exige que ce jeu pourri s'arrête tout de suite et on avertit tout ceux qui y participent : un jour, on s'affrontera. Et n'oublions pas ceci :

Les seuls terroristes, c'est les États.

    Indymedia Suisse romande, 18 janvier 2011.
 

À propos de l’arrestation de la camarade Fei Mayer

Au lendemain de l’arrestation de quatre camarades, les services antiterroristes ont arrêté la camarade Fei Mayer, sous l’accusation de participation à un groupe terroriste (groupe dont le nom n’a pas encore été choisi par les flics). Tant les avocats que l’information sur ce dont on est accusé étant considérés comme un luxe en Grèce, elle n’a pu avoir accès ni à l’un ni à l’autre. Les mass media, devant combler le vide de l’existence de la moindre preuve, ont commencé à diffuser des scénarios surréalistes sur ses parents qui auraient été membres de la Fraction Armée Rouge et d’autres groupes de lutte armée en Allemagne. Ces media ont allés jusqu’à nous «informer» de la mort de son pèreau cours d’une action de guérilla en Allemagne ! Bien sûr, son père est bien vivant, même s’il ne doit plus tout à fait se sentir autant en sécurité qu’avant l’annonce de son décès.

Le seul crime de Fei est la solidarité et la dignité.

    Traduit par nos soins.
 

About the arrest of comrade Fei Mayer

One day after the arrest of four comrades (update 470), the antiterrorist agency arrested the comrade Fei Mayer. She is accused for participation in a terrorist group (the name of the group has not yet been decided by the cops). Lawyers or information about what she is accused is considered luxury for people arrested in Greece, so she doesn’t have any of these. The mass media come to fill the gap of the not-existing evidence, so they have started to transmit surreal scenarios about their parents being members of RAF and other armed groups in Germany. They also “informed” us that her father was killed during a guerrilla action in Germany! Of course, her father is still alive, maybe he is a bit more insecure after he was informed about his death.

The crime of Fei is solidarity and dignity.

    From The Greek Streets, 15 janvier.
 

Grèce : la police se prévaut d'avoir empêché des attentats anarchistes

    La police grecque s'est prévalue samedi d'avoir empêché, en arrêtant cinq activistes présumés, des attentats dirigés contre la comparution dans un procès, à partir de lundi, de 13 membres présumés du groupe anarchiste Conspiration des cellules de feu

Dans un communiqué, la police a annoncé avoir découvert dans un appartement athénien perquisitionné jeudi après l'arrestation de quatre Grecs âgés de 21 à 23 ans un «brouillon de revendication de six pages, sous forme électronique».

«Il en ressort qu'une nouvelle organisation aurait revendiqué la responsabilité d'une série d'explosions (…) perpétrées en manifestation de solidarité avant le procès des membres de l'organisation terroriste Conspiration des cellules de feu», est-il écrit dans le communiqué.

Les enquêteurs ont aussi découvert «des listes de noms de magistrats, des adresses de commissariats, des plans et des photographies d'armements», selon le communiqué. Ils avaient auparavant saisi une kalachnikov et un pistolet de calibre 9 mm, avec des centaines de cartouches.

Les quatre jeunes arrêtés sont poursuivis pour «participation à une organisation terroriste» en compagnie d'une Allemande de 27 ans, arrêtée pour sa part vendredi, la seule de ces personnes à avoir demandé un avocat.

Ce dernier a dénié toute implication de sa cliente dans l'affaire, imputant sa mise en cause à un contact amical avec un des suspects.

Les quatre jeunes gens étaient dans le collimateur de la police depuis un attentat à l'engin incendiaire ayant visé un véhicule public à Salonique (nord) en octobre. Ils doivent être déférés samedi devant un juge d'instruction dans cette ville pour cette affaire.

La Conspiration, dont 13 membres présumés doivent être jugés pour «terrorisme» à partir de lundi, a signé depuis 2008 des dizaines d'attentats, qui n'ont pas fait de morts, visant magistrats, médias, décideurs et institutions économiques et politiques.

La police a multiplié les arrestations d'extrémistes anarchistes présumés depuis la découverte en septembre 2009 d'une cache de la Conspiration, et une première série d'arrestations.

Parallèlement, des attentats ont continué d'être signés par la Conspiration, dont le dernier en date, le 30 décembre, a gravement endommagé le tribunal administratif d'Athènes.

S'adressant aux «inquisiteurs modernes et juges», les auteurs de la revendication de cette action, postée depuis en ligne sur le site grec d'Indymedia, écrivent : «Nous nous engageons à placer dans vos cours, vos voitures, vos bureaux, un kilogramme d'explosifs par année de prison prononcée à l'égard de nos frères».

    Leur presse (Agence Faut Payer), 15 janvier.
 

Arrestation de quatre personnes liées à un réseau radical anarchiste

    La police grecque a annoncé jeudi soir l'arrestation de quatre personnes, soupçonnées d'appartenir à un groupe radical anarchiste, dont certains membres présumés seront jugés à partir de lundi à Athènes

Selon une source policière, les interpellations sont liées à l'enquête sur le groupe Conspiration des cellules de feu, qui a notamment revendiqué fin novembre une série d'envois de paquets piégés à des ambassades et dirigeants étrangers, blessant une personne.

Treize membres présumés de ce groupe comparaissent lundi dans un tribunal installé à l'intérieur de la prison de Korydallos à l'ouest d'Athènes, dans le premier procès pour «terrorisme» visant la nouvelle génération d'extrémistes grecs.

La police, qui avait fait état dans un premier temps de deux arrestations seulement, a annoncé que celles-ci rentraient dans le cadre «des enquêtes de la brigade anti-terroriste». Elle a ajouté que des perquisitions étaient en cours en début de soirée dans les quartiers athéniens de Pangrati et de Tavros, et que les recherches se poursuivaient.

Selon une source policière, des perquisitions étaient aussi menées à Salonique (nord), dans l'entourage de suspects arrêtés de la Conspiration, et près de Patras, dans le Péloponnèse.

La Conspiration, qui a émergé début 2008 avec un discours anarchisant, a revendiqué ou s'est vu attribuer des dizaines d'attentats, incendiaires puis à l'explosif, n'ayant pas fait de morts, visant magistrats, médias, décideurs et institutions économiques et politiques.

    Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier.
 

Anti-terrorist unit arrests four people ahead of the Conspiracy of Cells of Fire trial; one of the arrested is member of parliamentary Leftist party

Only days before the commencing of the trial of a number of people accused of participating in the urban guerrilla group “Conspiracy of Cells of Fire” (the trial starts on Monday), the Greek police’s anti-terrorist unit has launched an operation across Athens in which four people have been detained so far. No information has been released for the three of them but the fourth person, Dimosthenis Papadatos-Anagnostopoulos, is a member of the parliamentary leftist party Synaspismos: Papadatos-Anagnostopoulos has described how during the operation he was stopped on the street, pushed in a car, beaten and held at the Police HQ for three hours before being released and informed by police he was arrested by mistake, as he looked like one of the suspects.

    From The Greek Streets, 14 janvier.
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Re : Grèce
« Réponse #30 le: 20 janvier 2011 à 12:27:26 »
Aurais-je la mémoire défaillante ?
Le Régime des Colonels, en Grèce, a bien pris fin en 1973 ?

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Re : Grèce
« Réponse #31 le: 26 janvier 2011 à 12:20:47 »
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Lettre ouverte de Fee Marie Meyer

Lettre ouverte de Fee Marie Meyer sur son arrestation récente par l'unité anti-terroriste le vendredi 21 janvier 2011

 

    Fee Marie Meyer a été arrêtée devant sa maison à Athènes le vendredi 14 janvier dans l'après-midi par les hommes de l'unité anti-terroriste. La police a officiellement confirmé que sa seule «preuve» contre elle est son amitié avec Christos Politis, un autre anarchiste, qui se trouve en ce moment en prison pour sa prétendue participation dans un groupe de guérilla urbaine, dont le nom n'est même pas mentionné par la police. Peu après l'arrestation de Fee, la police a raconté une histoire curieuse, touchante ainsi que — ce qui a vite été prouvé — fabriquée : Fee était la prétendue fille de la membre de la RAF Barbara Meyer et son père avait prétendument été tué lors d'une fusillade avec la police à Vienne. Comme on le sait, «Meyer» est un nom de famille extrêmement répandu en Allemagne : la Barbara Meyer de la RAF n'a pourtant aucun rapport avec la mère de Fee. Un détail sans importance pour les médias commerciaux grecs, disposés à reproduire rapidement la propagande policière. Donnons alors la parole à Fee :  

Maintenant, où les projecteurs de la show se sont éteints et les rideaux de la scène se sont fermés, c'est pour moi le moment de parler. Comme je le veux.

Sur ce qui s'est passé, sur les jeux qui sont joués sur mon dos, mais aussi au-delà de ma personne : pour parler sur des choses qui devraient concerner chaque individu pensant dans le territoire grec.

Concernant mon «cas» : entre-temps, je suis assez sûr qu'à partir du moment où mes détails personnels ont été transmis aux fameux tarés de l'unité anti-terroriste (ce qui a été bien sûr tout à fait justifié — j'ai bu un verre avec les mauvaises personnes), le jeu a été fixé. Lorsqu'ils ont googlé mon nom de famille (aussi répandu que Papadopolous en Grèce), ils ont — et imaginez leur joie ! — découvert le contexte riche de «ma famille». Le fait que mon père a un autre nom de famille a été un détail sans importance (genre : «ceux de sa sorte couchent de toute manière avec tout le monde»), tout autant que la date de naissance de ma mère qui ne correspond pas avec «son histoire». À partir du moment où la réalité ne correspondait plus à leur histoire, il a fallu l'adapter. J'ai joué le rôle qu'ils m'ont préparé. Ils m'ont enlevée vendredi [14 janvier] à 15 heures, lorsque j'ai quitté ma maison pour aller à l'école de langues où j'enseigne. Au moins une dizaine de personnes portant des cagoules m'ont amenée, après m'en avoir mis une aussi, au 12e étage du quartier général de police à Athènes, sans dire un seul mot. Après avoir interrogé par six personnes, on m'a montré une photo qui me montrait avec mon ami et camarade Christos Politis. Ils m'ont demandée si je le connaissais et, après que j'ai affirmé que c'était une autre personne arrêtée à tort, leur a commandé d'un ton insolent de «continuer avec la procédure habituelle». Ils m'ont complètement déshabillée, en notant tous les détails et en me volant ma chemise et mes chaussettes — sans me dire de quoi je suis accusée et bien sûr sans se préoccuper un minimum de ma revendication de contacter un avocat. Le temps constitue un facteur important car à partir de 17 heures, l'histoire sur mes parents est déjà complètement sortie. Ceci explique parfaitement pourquoi ils m'ont, tandis que j'ai refusée être prise en photo, pris en photo avec leurs téléphones portables pour se garantir une image de moi. Sinon, leur histoire chaude ne se vendrait pas autant…

Je sais maintenant depuis des années comment ces mécanismes fonctionnent, complètement pourris jusqu'au moindre détail ; nous savons que les journalistes-informateurs (avec une poignée d'exceptions cependant tant importantes) switchent entre la reproduction des mensonges policiers et l'obéissance à leurs ordres. Prêts à mettre n'importe quelle vie en pièces qu'on leur jette devant leur gueule, prêts à intérioriser de la vérité pour cracher des mensonges. D'infâmes créatures…

Ce que j'ai considéré comme inimaginable, au moins personnellement, c'est l'impudeur totale avec laquelle c'est arrivé dans l'ici et maintenant.

Lorsque le fiasco a commencé à s'avérer, et pendant que je n'étais pas encore consciente quelle saleté avait était présentée comme «vérité», j'ai été amenée dans les bureaux des officiers du «terrorisme international». Il a commencé par m'entraîner dans une «causerie amicale» en me demandant quand exactement mon père avait été tué dans la fusillade ! Ce moment-là, mon menton a dû tomber par terre, surtout lorsqu'il me dit en souriant : «Bon, je m'intéresse davantage au mandant d'arrêt international contre votre mère…» La seule chose qu'il n'a pas faite, c'était de m'accuser de protéger une criminelle puisque, dès le début, je n'ai pas donné le nom de mes parents. Mais ensuite, j'ai fait plein de choses. Comme la procureur générale a dit, ils ont confisqué plein de choses dans ma maison… des brosses, des habits, des brosses à dents, des housses de canapé… du matériel imprimé. Du matériel qui prouve sûrement que je suis anarchiste, ce que je ne cacherais jamais et, comme le dit cette dame éduquée — la procureur générale —, comme elle l'a dit de manière si sophistiquée que ça leur permettait même de refuser ma liberté jusqu'à ce qu'un comité de juges me juge puisque je serais une terroriste !

Si elle veut m'arrêter parce que je suis anarchiste, oui, alors je suis coupable et je le serai toujours. Je serai toujours du côté des exploités, et non pas du côté des exploiteurs, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de l'exploitation de l'homme, des animaux et de la nature par l'homme. Mais je revendique publiquement et sérieusement qu'ils changent les charges contre moi. Qu'ils mettent les véritables charges pour que personne n'omette de quoi il s'agit : qu'ils mettent dans l'accusation : «Elle est une anarchiste et elle sait lire. Elle a un rapport avec beaucoup de gens continuant à lutter et elle en est fière.» Chargez, visez et fusillez-nous au mur de Keariani [allusion au mur à Athènes où les soldats nazis avait exécuté des partisans].

J'ai lu quelque part que le visage d'un régime politique se montre dans le traitement de ses adversaires politiques. L'honneur de la Grèce ! [expression populaire servant à expliciter le caractère arbitraire du pouvoir étatique en Grèce — intraductible].

Les temps dans lesquels on vit sont liquides, étranges et soumis à un changement permanent. Dans les temps des crises institutionnelles et financières, l'autorité jouera toujours avec la carrotte sur le bâton et la peur pour la sécurité. Ils veulent que personne ne réagisse à quoi que ce soit, que personne n'exprime rien, que personne ne regarde autour de lui, que personne ne pense autrement ou, si possible, ne pense tout court. Amputez notre cerveau lors de notre naissance, allez, afin de mettre un terme à tout ça !

Ils essayent de faire prévaloir partout leur homogénéité affreuse et absolue ; leur inhumanité absolue et réfléchie jusqu'au bout.

Dans les territoires grecs, environ 40 personnes sont en ce moment incarcérées pour des raisons politiques. La plupart d'eux n'ont encore jamais vu de juge et sont quand même détenus dans des prisons de haute sécurité ; d'autres n'ont pas de procès publics ou ouverts ; d'autres encore sont détenus sans la moindre preuve contre eux, exclusivement à cause de leur point de vue, à cause de leur attitude basée sur la solidarité qu'ils adoptent dans leur rapports personnels.

De manière ultra-conservatrice et de plus en plus fasciste, ils veulent forcer l'isolation, la solitude, la logique du «chacun pour soi» ; ils veulent qu'on regarde la télé trash, qu'on consomme des substances, ainsi que les mensonges et le spectacle. Ne pas parler à des proches, ne pas inviter qui que ce soit dans nos maisons, ne rencontrer personne ou leur demander de nous déjà montrer leurs enregistrements policiers, plutôt pas, ça pourrait nous causer des problèmes.

Ils veulent qu'on arrête de sentir et que nos actes soient basés sur les instincts de survie et de conservation les plus bas, basés sur le sadisme de l'espion à la porte, celui de fouiller dans la vie d'autres hommes et de perdre dans ce processus sa propre vie.

Ils veulent qu'on déteste, qu'on condamne tout ce qui est différent, des gens d'ailleurs, des collègues de travail d'autres secteurs, tout et chacun qui pense et vit différemment.

Ils sont tous dangereux et il faut qu'on les déteste, puisque la haine crée la peur et vice versa. C'est la peur qu'ils piétinent afin de faire prévaloir leur sécurité de la mort, les sons mourants d'une société, en dénonçant les derniers liens qu'ils définissent en tant que tels.

Je pense que trois mots suffissent déjà pour définir l'élément humain dans l'homme : Dignité - Liberté - Solidarité. Aucune des trois ne peut exister sans les deux autres et aucune ne tombe du ciel. Elles demandent la vertu et le défi. Mais ce sont les significations lourdes donnant de la substance à l'homme et transformant sa survie en vie.

Ils ne peuvent que nous contrôler, nous déchirer en pièces et nous isoler tant qu'on reste agenouillés en courant avec notre dos pliés en avant après chaque carrotte qu'ils nous tendent.

Résistons ! Si nous levons notre tête et si nous recommençons à nous regarder dans les yeux, leurs structures vacillantes imploseront comme une maison de cartes. Car aujourd'hui, la catastrophe a beau être tombée sur ton voisin, déjà demain, le tour pourrait être à toi.

Résistons ! Parce que dans le monde entier, il y a des gens qui osent lever leurs têtes. Partout et toujours, à tout moment où l'on lève son regard vers le ciel et vers l'horizon infini qu'ils ont oublié depuis leur jeunesse, l'élément humain dans l'homme renaît.

Assez ! On a toléré trop et pendant trop longtemps ! Luttez pour le monde entier et pour la liberté, luttez pour nos vies et pour la dignité.

L'État et les médias sont les seuls terroristes.

La solidarité pour tout et chacun en lutte n'est pas seulement notre arme, elle est une certitude.

Un poème bien connu, légèrement modifié [de Martin Niemöller] :

   Au début, ils vinrent chez mon voisin
    et je ne dis rien car il était étranger.
    Lorsqu'ils vinrent chez le prochain, ce fut un Rom,
    et de nouveau, je ne dis rien.
    Puis ils prirent le pauvre, le clochard, l'anarchiste, le gauchiste.
    À la fin, ils vinrent chez moi.
    Et c'est seulement là que je compris qu'il ne restait plus personne qui pût réagir…


 
    Fee Marie Meyer  

    Original en grec (Indymedia Athènes)
    Traduit de l'anglais (From The Greek Streets)
    Indymedia Nantes, 24 janvier 2011.
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Re : Grèce
« Réponse #32 le: 17 mai 2011 à 12:57:30 »
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Mis à jour le 17.05.11 à 12h30
La dette grecque pourrait connaître une restructuration «douce» si le pays se décide à mettre en oeuvre d'importantes réformes et à accélérer son programme de privatisations, a déclaré mardi le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
                                   
«La Grèce doit rapidement privatiser 50 milliards d'euros d'actif afin de rendre supportable son endettement à moyen et long terme. Car, aujourd'hui, le niveau de cette dette n'est pas supportable», a-t-il dit.
                                   
«Si la Grèce fait tous ses efforts alors nous devons examiner s'il est possible de procéder une restructuration douce de la dette grecque. Je suis strictement opposé à une restructuration de grande ampleur», a-t-il poursuivi.


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Le coup de l'accélération des privatisations, fallait y penser...  :pasdrole:
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Re : Grèce
« Réponse #33 le: 17 mai 2011 à 12:59:47 »
L’épouvantail grec commence à perdre en efficacité. Il était temps pour Juncker de donner un coup de pouce aux gouvernements pour leurs politiques anti-sociales.
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Re : Grèce
« Réponse #34 le: 17 mai 2011 à 13:00:34 »
et s'ils faisaient l'inverse ? temporiser le remboursement de la dette et nationaliser à tout va ? en voilà une idée qu'elle est bonne, en plus faut en profiter le directeur du FMI est en vacance (oui au singulier)....
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Re : Grèce
« Réponse #35 le: 17 mai 2011 à 15:10:29 »
Il faudrait d'abord virer le lâche de Papandréou.

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Re : Grèce
« Réponse #36 le: 18 mai 2011 à 19:18:04 »
Magnifique douceur, effectivement :

?????? ?????????? ????????? ???? ???.??????? 11/5/2011


Un témoignage d'un français là-bas :
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« Je me présente rapidement. J’ai 25 ans, suis français et suis en Grèce en voyage pour quelques mois.

Le 11 mai, je suis allé à la manifestation avec mon amie pour apporter mon soutien à mes compagnons Grecs. Là-bas j’y est retrouvé des amis espagnols. Je ne mettais pas préparé, n’avais ni masques ni Maalox. J’étais dans le cortège quand les premiers gaz ont été lancé au milieu de la foule. Il y a eu un mouvement de panique et, aveuglé et pris de nausée, je me suis retrouvé devant un cordon de la MAT. L’un d’autre eu m’a violement frappé à la jambe, ce qui m’a fait trébuché. J’ai essayé de me relever lorsque j’ai aperçut plusieurs policiers courir vers moi. ceux-ci m’ont violement frappés à la tête, dans le dos et dans les côtes de manières répétées avec des matraques et à coups de pieds. La douleur et la surprise m’ont fait crier. J’avais l’impression que l’avalanche de coups ne finirait jamais, j’étais paniqué et avait peur de me faire tuer. Lorsque ceux-ci sont partis je suis resté à terre quelques instant, en état de choc. Puis je me suis assis sur les fesses et suis tombé nez à nez avec un autre policier qui m’a mis un coup de pied et est partis.

A ce moment la, une journaliste m’a aidé à me relever, m’a entrainée sur le coté de la route, derrière les cordons de la MAT, ou je me suis assis sur la devanture d’un magasin. J’étais en compagnie de nombreuses personnes, de toute âge, certaines très jeune (environ 16 ans), présentant de nombreux stigmates de violence. De temps en temps, un MAT se retournait et frappait l’un d’entre nous à la tête en hurlant. J’étais paniqué et n’avais qu’une seule envie : partir de la, mais personne ne savais comment. Nous nous sentions pris au piège. La journaliste est revenus nous chercher et nous à dis de nous lever et de la suivre, nous avons marché derrière le cortège, accompagnant les journalistes. J’avais des haut-le-cœur, probablement causé par des gaz vomitifs, tremblait de rage et de sentiments d’impuissance.

On me demande de témoigner, je témoigne donc. En aucun cas je ne me considère comme une victime isolée de la violence d’état. C’est juste que la caméra me filmait à ce moment la, et que vivant dans une société de l’image, ou celle-ci à malheureusement plus d’impact que d’autres supports d’expressions. Ainsi ce qui m’est arrivé est arrivé à des dizaines de femmes et d’hommes, un n’a pas eu de chance, est entre la vie et la mort et ne s’en sortira probablement pas.

La mise à pied de quatre policiers ne constitue en aucun cas une victoire, c’est encore une manière pour l’état de ne pas prendre ses responsabilités, de ne pas reconnaitre que sa seule réponse envers le peuple criant sa haine et son dégout de ce monde, est de lâcher les chiens et de montrer l’étendue de sa puissance que malheureusement nous ne connaissons que trop bien.

QUE CREVE LE CAPITALISME ET CE MONDE SORDIDE »


Source

Et des photos, toutes douces elles aussi...

En bref, les grecs ont l'air ra-vis du plan d'austérité, et ne se font bien sur pas du tout réprimer. Ca non. :fache1:

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Re : Grèce
« Réponse #37 le: 31 mai 2011 à 15:05:08 »
comme quoi, quand on dit que la solution se trouve à la source du problème (problème = banque ; solution = nationalisation !)...

alors bien sûr ça n'empêcherait pas les gens de virer leur pognon, mais une fois nationalisées, les p'tits malins qui tentent de gruger par fraude fiscale seraient peut être moins nombreux... moi je dis ça, j'dis rien...

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les Grecs ont transféré 280 milliards en Suisse (Le Matin)
lundi 30 mai

« Si les 12 milliards d’euro n’arrivent pas au plus vite, nous serons en faillite en juillet prochain. » Ce cri d’alarme vient d’être lancé par le premier ministre grec en personne, Georges Papandréou. « Aucun salaire, aucune retraite et aucune obligation de l’Etat ne pourront plus être payés. » ...

le chef du gouvernement grec affronte, désormais, un second danger de taille : la perte de confiance de ses concitoyens, qui retirent, à la vitesse grand V, leur épargne. Ainsi, selon la Banque centrale grecque, 38 milliards d’euros ont été sortis des coffres en 2010, soit presque autant que les Allemands durant cette année qui fut pourtant, avec 41 milliards d’euros de retraits, une année record d’exode de fonds pour nos grands voisins.

« Rien qu’en Suisse, estime ainsi le secrétaire d’Etat au Ministère grec des finances, Dimitris Kouselas, nos concitoyens ont, ces dernières années, déposé 280 milliards d’euros (344 milliards de francs au cours actuel, ndlr). Ces montants sont énormes : ils représentent pas moins de 120% de notre PIB. » Selon des sources bancaires, les deux grandes banques suisses accueilleraient à elles seules 25 milliards de francs d’origine hellénique. Une bonne part des 280 milliards d’euros se trouve dans les banques privées genevoises.

...
Sources  Le Matin
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Re : Grèce
« Réponse #38 le: 01 juin 2011 à 09:52:06 »
                         
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

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Re : Grèce
« Réponse #39 le: 01 juin 2011 à 13:58:22 »
"Dans la brutalité toutes les polices du monde se resemble" Charles de Gaule

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Re : Grèce
« Réponse #40 le: 05 juin 2011 à 06:58:53 »
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Reuters
La Grèce obtient de l'aide en échange de plus d'austérité

par Ingrid Melander et Ben Deighton

ATHENES (Reuters) - La Grèce recevra sans doute en juillet une nouvelle tranche d'aide de la part de ses bailleurs de fonds internationaux, ce qui lui permettra d'éviter le défaut, en échange d'un nouveau train de mesures d'austérité.

Après avoir examiné pendant un mois entier la mise en oeuvre par la Grèce du premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros décidé en mai 2010, les inspecteurs représentant la Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne ont déclaré vendredi que la Grèce avait accompli des progrès considérables mais qu'il fallait accélérer les réformes structurelles.

"A partir de la décision sur ce plan d'ensemble, les discussions sur les modalités financières du programme économique de la Grèce devraient se tenir dans les semaines qui viennent. Une fois ce processus conclu et après l'approbation par le conseil exécutif du FMI et l'Eurogroupe, la prochaine tranche sera disponible, très vraisemblablement en juillet", déclarent dans un communiqué commun l'Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

Le ministre grec des Finances George Papaconstantinou avait fait savoir qu'Athènes serait incapable de remplir ses obligations à partir de la mi-juillet si le gouvernement n'obtenait pas la prochaine tranche de prêt de 12 milliards d'euros dans le cadre du plan de sauvetage de l'UE et du FMI, qui devait à l'origine être débloquée le 29 juin.

Par ailleurs, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro, a évoqué la perspective d'un financement supplémentaire de la Grèce au-delà du plan de sauvetage actuel. Il n'a pas donné de chiffre.

"Je pense que l'Eurogroupe acceptera que soit apporté à la Grèce un supplément financier assorti de conditions strictes", a pour sa part déclaré Jean-Claude Juncker à la presse après avoir rencontré le Premier ministre grec George Papandréou.

LE SECTEUR PRIVÉ SERA SOLLICITÉ

Une des conditions pour la poursuite de l'aide sera que les porteurs d'obligations du secteur privé aident eux aussi la Grèce, mais sur la base du volontariat, a précisé Jean-Claude Juncker. Il n'a pas dit comment. Cette question fait l'objet de très vifs débats.

Selon le journal grec Kathimerini, le nouveau plan de sauvetage de trois ans pour la Grèce, qui ira donc jusqu'en 2014, se montera à 85 milliards d'euros, dont un peu moins de la moitié sera fournie par l'UE et le FMI.

La perspective d'un second sauvetage de la Grèce a calmé les marchés obligataires qui craignaient un défaut et a allégé la pression sur les autres pays du sud de la zone euro, jugés eux aussi vulnérables. Les rendements des obligations d'Etat grecques et le coût d'assurance de la dette grecque contre un défaut ont nettement reculé. À la Bourse d'Athènes, les banques grecques ont gagné près de 9%.

Le gouvernement grec a esquissé un projet de budget à moyen terme qui prévoit de nouvelles réductions de dépenses, des mesures pour accroître les recettes de l'Etat et la vente plus rapide des actifs publics.

C'est ce plan que George Papandréou à présenté à Jean-Claude Juncker durant leur réunion de deux heures. Athènes a accepté notamment de créer une agence indépendante pour gérer les privatisations.

Athènes n'a pas pu totalement respecter le programme de sauvetage de mai dernier en raison d'une baisse de ses recettes compte tenu de la récession qui s'est installée dans le pays et d'une évasion fiscale endémique.

L'idée d'un nouveau programme d'austérité a suscité une forte opposition des syndicats et des jeunes ainsi que de certains membres du Pasok, le Parti socialiste au pouvoir de George Papandréou.

Des manifestants ont déployé une immense banderole sur le bâtiment du ministère des Finances pour protester contre une politique, qui, disent-ils, "transforme les travailleurs en esclaves modernes".

Avec Georges Georgiopoulos, Wilfrid Exbrayat et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gregory Schwartz

Tout est dans le titre... Qu'ils continuent comme ça, ça finira bien par leur péter à la tronche... Le peuple grec a déjà montré sa capacité de réactivité et de protestation.... :hurt5:
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Re : Grèce
« Réponse #41 le: 06 juin 2011 à 11:12:30 »
 :diable: :diable: :diable:
Et si j'en crois l'article suivant le peuple grec est aussi en train de démontrer sa capacité d'analyse politique
 :hurt3: :hurt3: :hurt3: :hurt3:

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Démasqués : les médias censurent les "indignés" grecs
En Grèce depuis maintenant plus de 10 jours les citoyens se rassemblent par centaines de milliers dans toutes les villes.

Ainsi, le 29 mai, plus de 100 000 grecs manifestaient devant le parlement pour exiger une démocratie réelle. Et le mouvement ne faiblit pas, ils sont encore des dizaines de milliers à prendre la rue, à débattre et à construire un nouveau projet démocratique chaque soir.

On pourrait se dire que c'est banal puisque depuis le début de la crise en Grèce il y a très souvent des manifestations et des protestations contre les conséquences de la crise.

Il y-a pourtant une nouveauté : les grecs ne manifestent plus contre les conséquences, ils manifestent contre la cause des problèmes.

Show content
Avant, les grecs, encadrés par les syndicats se battaient contre les privatisations et les mesures d'austérité. Ils ont maintenant compris que le combat était vain. Ils ont compris que leur classe politique n'a en aucun cas les mêmes préoccupations que le peuple.

Nos systèmes politiques sont la cause des problèmes : en effet, en conférant tout le pouvoir à une minorité, ce qu'il n'a d'ailleurs par choisi, le peuple n'a que très peu de pouvoir : celui de choisir ses chefs, et cela avec une difficulté en plus : les manipulations médiatiques.

Ainsi, la majorité des mesures et des lois ne vont pas dans l'intérêt général, certaines empêchent la réquisition des logements vacants, d'autres interdisent les rassemblements spontanés...

Les libertés données au système financier ne le sont que grâces aux castes politiques, les guerres existantes ne le sont que par la volonté des oligarchies d'en découdre...

Le problème n'est même pas l'appartenance politique de la majorité des élus, qu'ils viennent du FNPA ou de l'UMPS, les élus forment une classe à part qui va se constituer ses propres intérêts. Ce ne sont donc pas les gens qui corrompent le système, c'est le système qui corrompt les gens, car le pouvoir est maudit.

Face aux dérives de la représentativité, qui sont d'ailleurs existantes dans toutes les"démocraties" au monde, les grecs revendiquent une réelle démocratie, sur le modèle du mouvement du 15 mai en Espagne, où par ailleurs le mouvement est encore très important et fait un gros travail de fond sur la légitimité de nos systèmes politiques.

On pourrait croire que le mouvement grec soit voué à l'échec, étant une répétition de manifestations pacifiques qui ne font rien changer.

Si les manifestations et les méthodes employées ne dévoilent pas directement leurs effets, le mouvement est très utile. En effet il permet aux citoyens d'occuper les consciences, en prenant place dans l'espace médiatique grec et en débattant dans la rue. Et ainsi la population grecque est amenée à réfléchir sur des choses inédites : la légitimité de nos systèmes politique, la signification de la démocratie et de l'oligarchie. Il ne faut pas les prendre pour des imbéciles, quand les critiques de la démocratie auront assez émaillé dans la population, quand les élus, le parlement et le régime oligarchique ne seront plus légitimes aux yeux de la population, alors les grecs feront dégager l'oligarchie.

Et je leur fait confiance pour, tout en restant dans la non-violence, faire des actions efficaces pour faire sauter le système politique.

Le peuple grec choisira aura alors le pouvoir et montrera l'exemple à toute l'humanité : voilà ce qu'est la démocratie.

En fait la grande majorité d'entre vous n'aura pas eu l'occasion d'avoir de tels raisonnements : le black-out sur le mouvement des "indignés" en Espagne et en Grèce est total.

Ainsi la couverture médiatique est très faible, on compte moins de 100 articles français couvrant les évenements en Grèce depuis le début du mouvement.

Pour comparer, on compte déjà en deux jours 400 articles sur la visite du pape en Croatie, ou encore 300 articles ont couvert l'évenement ponctuel qu'à été l'apéro géant organisé à Nantes sur facebook.

Et quand certains médias daignent parler des évenements et des manifestations en Grèce, tout est fait pour ne pas ébranler la légitimité de notre système politique.

Ainsi, les articles que l'on peut trouver sur Internet se nomment Manifestation contre l'austérité ou commencent par : Plusieurs milliers de personnes se sont de nouveau rassemblées dimanche dans le centre-ville d'Athènes pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité prises par le gouvernement face à la crise de la dette du pays. Rien bien sûr sur la dénonciation et le rejet du système politique, ça pourrait donner des idées.

Il y-a donc fort à parier que la censure et la désinformation médiatique qui sévit en France et dans toutes les "démocracies" du monde ne disparaîtrons pas. En effet, le sort de toutes les oligarchies sont liées, par similitude avec l'unicité de l'intérêt des peuples : la liberté et la démocratie, la vraie




source : http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/demasques-les-medias-censurent-les-95464

Plus d'info sur le mouvement indigné grec :


http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110606.AFP3456/grece-des-dizaines-de-milliers-de-manifestants-contre-l-austerite-a-athenes.html

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Des dizaines de milliers de Grecs ont participé dimanche à un gigantesque rassemblement pacifique contre l'austérité dans le centre d'Athènes à l'appel des "Indignés", un mouvement alternatif de résistance fédéré sur internet et calqué sur une campagne du même type en Espagne.

Selon la police, plus de 50.000 personnes se sont rendues dans la soirée sur la place Syntagma (de la Constitution), juste en face du Parlement, en chantant "Voleurs, voleurs" à l'adresse des députés et du gouvernement.

« Modifié: 06 juin 2011 à 11:25:30 par reveillonsnous »
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Re : Grèce
« Réponse #42 le: 09 juin 2011 à 18:55:57 »
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Nos élites nous prennent vraiment pour des enfants !
La Chronique Agora
Philippe Béchade

? Un courrier confidentiel et très alarmiste de Wolfgang Schaüble adressé à Jean-Claude Trichet au sujet de la dette grecque aurait "fuité".

Le ministre des Finances allemand estime qu'un échec du plan de sauvetage en faveur d'Athènes (actuellement en discussion) équivaudrait à entériner un défaut de paiement d'ici le milieu de l'été. Cela sonnerait l'éclatement de la Zone euro, chacun en est bien conscient.

Si vous êtes totalement naïf, vous imaginerez qu'il s'agit d'une erreur de programmation de l'imprimante en réseau. Le précieux document est tombé entre les mains d'un journaliste qui passait par hasard à côté de l'appareil, juste au moment où il s'en trouvait malencontreusement éjecté (alors qu'il aurait dû s'agir de la copie d'un bon de commande de gobelets pour la machine à café).

Si vous ne croyez pas à cette version pour élèves de maternelle, bienvenue dans le joyeux petit monde des prétendues "fuites" organisées. Ces dernières sont destinées à se répandre comme une traînée de poudre à travers les salles de marché, histoire de mettre un peu la pression sur les partenaires européens et inciter la BCE à intensifier son soutien aux banques grecques.

Ce n'est certainement pas un hasard si cette péripétie survient au lendemain même d'une déclaration de Barack Obama qui presse les Européens d'éviter par tous les moyens d'acculer la Grèce à la faillite.


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Re : Grèce
« Réponse #43 le: 14 juin 2011 à 17:16:25 »

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Plus personne ne veut des dettes des PIGS
Jean-Louis Dell'Oro
Money Week

Les créances pourries des PIGS ne trouvent plus preneurs. Les volumes de dettes grecques, irlandaises et portugaises échangées sur les marchés n'ont jamais été aussi faibles depuis 10 ans. Seulement 1,1 milliard d'euros d'obligations de ces trois pays ont été échangées en mai dernier, soit 6 fois moins qu'en novembre. C'est le plus bas niveau enregistré depuis 2001 date des premières données collectées dans ce domaine par Tradeweb, l'une des plus importantes plateformes de négociations en ligne sur les marchés.

Plus personne ne veut se faire refiler la patate chaude. Les marchés réalisent que les PIGS ne rembourseront jamais la totalité de leurs dettes. Hier, Standard & Poor's a abaissé la note de dette à long terme de la Grèce de "B" à "CCC". Les obligations grecques sont désormais clairement rangées aux côtés des actifs dits spéculatifs, autrement dit très risqués.

Les Grecs ne sont plus que trois crans au-dessus du "D", autrement dit du défaut de paiement. La Grèce devient le pays le moins bien noté par S&P et se retrouve derrière la Jamaïque, le Pakistan ou encore l'Equateur. Autant dire que la banqueroute d'Athènes est proche. L'agence de notation estime que le pays sera incapable de revenir sur les marchés en 2012, comme initialement prévu lorsque le plan d'aide de 110 milliards d'euros fut adopté en 2010.

Qui va y passer ?

S&P prévient que toutes les options envisagées jusqu'à maintenant pour sauver le soldat grec (allongement des durées de remboursement ou échanges plus ou moins volontaires d'obligations) seront considérées comme un défaut de paiement. La Zone euro est coincée. Lorsque la Grèce opèrera une restructuration de sa dette (qu'elle soit légère ou dure), le défaut de paiement sera avéré.

Malgré cela, tout baigne dans le beurre, si l'on en croit la dernière note (L'HEBDO CREDIT du lundi 30 mai 2011) de Natixis qui s'est penché sur les cas des CDS Subs des assureurs :
"nous concluons que l'exposition des assureurs à la dette souveraine des pays en difficulté est limitée. Certes, les tensions sur la dette des pays périphériques se répercutent sur les actions et ainsi, indirectement, sur les assureurs les plus exposés aux marchés actions comme Generali, qui en outre souffre de la perspective négative infligée par S&P à la dette souveraine italienne. Ceci ne remet nullement en cause notre confiance..."

Dans la vraie vie, de nombreuses entreprises vont trinquer. En premier lieu les banques grecques qui ne seront plus solvables. Ensuite, ce sera le tour des banques européennes. Au quatrième trimestre 2010, les banques françaises par exemple étaient exposées à la dette grecque à hauteur de 56,7 milliards de dollars, d'après les données de la BRI. Puis la Grèce entraînera dans sa chute l'Irlande et le Portugal. Les CDS (credit default swaps), ces assurances anti-faillite des Etats, se déclencheront normalement en cascades, ce qui finira de laminer la Zone euro.

En outre, comme nous l'apprend le Financial Times, un défaut de la Grèce observé par les agences de notation forcera de nombreux fonds d'investissement à se débarrasser des créances grecques. Beaucoup d'entre eux n'ont en effet tout simplement pas le droit de détenir des obligations d'un pays en défaut.

Avant d'en arriver là, des entreprises commencent déjà à souffrir de la crise du crédit souverain subprime. L'Espagne est à nouveau sous pression. Le géant des télécoms Telefonica a ainsi été contraint d'annuler l'introduction en Bourse d'Atento. Dans le même temps, la banque Santander, elle aussi espagnole, n'a réussi à trouver preneur que pour la moitié de ses dettes lors d'une récente émission obligataire. Alors même que ces entreprises sont particulièrement solides.

La langue de bois n'endort pas les contribuables

"Restructuration", "faillite", "banqueroute", des mots que les politiciens européens ont bannis de leur vocabulaire depuis des mois. Les populations sont néanmoins de moins en moins dupes sur ce qui les attend. Un sondage réalisé par Harris pour le Financial Times publié aujourd'hui montre que les craintes sur les dettes publiques se renforcent. 42% des Britanniques interrogés considèrent que leur pays fera défaut dans les 10 ans. Même chez nos voisins allemands, réputés pour leur maîtrise des déficits budgétaires, 31% des sondés pensent qu'il est probable que leur gouvernement soit incapable de rembourser l'argent emprunté. Des chiffres en hausse par rapport au précédent sondage il y a un an. En France, nous sommes 52% à estimer que l'Etat fera faillite dans les 10 ans.


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Re : Grèce
« Réponse #44 le: 15 juin 2011 à 12:30:19 »
question bête (oui je suis bête des fois ça m'arrive, pas à manger du foin, non, non, mais juste à mettre le doute dans la tête de tout le monde) :

si les banques ne sont plus solvables, nos états européens qui n'ont plus aucune latitude à créer de la monnaie, et que l'on soit bien d'accord sur ce point : ceci entrainant cela, une dévaluation de la monnaie en résulterait, mais qui paiera les pots cassés ?

les riches ? (vous pouvez toujours rêver !)
les états ? (en raclant les fonds de tiroir des postes de fonctionnaires et services publiques qui resteront à supprimer !)
la BCE ? (avec un Trichet qui ne donne rien sans rien, à savoir qu'il veut votre chemise sinon vous pouvez crever la bouche ouverte !)

alors quid ? le mûr ?!

et si finalement saisir "tout l'or du monde" était finalement THE solution du problème des finances des Etats (avec juste répartition) ? après tout à quoi peut bien servir l'or à tout un chacun, une simple monnaie d'échange (ce que nous avons déjà non ?) qui se baserai sur la valorisation d'un cour de l'or sur les volumes existants (et pas une rareté fictive vu qu'il s'en produit toujours), garantissant ainsi une pérénité financière avec en ligne de mire un toujours mieux être des habitants de la planète et non l'accaparement d'une valeur refuge par ceux qui en ont les moyens (ils aiment l'or ? j'ai une traitement à la mode aztèque qui en calmerait plus d'un !)

en France si une banque vient à fermer, l'Etat sera-t-il capable d'assurer la solvabilité de la TOTALITE des fonds que les gens y avaient déposés ??? oui ?! chiche !
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Re : Grèce
« Réponse #45 le: 15 juin 2011 à 14:51:12 »
Tout l'or du monde, peut-être, mais gare aux arnaques ! :mrgreen:




(Pardon, c'est juste que je ne les supporte plus, ceux-là)
« Modifié: 15 juin 2011 à 14:53:34 par timbur »
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Re : Grèce
« Réponse #46 le: 16 juin 2011 à 10:30:02 »
Grève générale et journée d’action ce 15 juin

mon avis sur la situation : si les forces de "l'ordre" (établi) ne se rangent pas du côté des manifestants ça va très clairement finir en guerilla urbaine.
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Re : Grèce
« Réponse #47 le: 21 juin 2011 à 10:15:38 »
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Un appel de citoyens grecs à l’initiative de Mikis Théodorakis

AUX CITOYENS INDIGNES DE GRECE ET D’EUROPE

« Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement),  demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.
Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes.
Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.
Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu’ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.
Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !
Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.
Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète !
Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.
Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

Le Comite Consultative du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’ Etincel » (*)

Athenes, 26 Mai 2011
(*) Créé à l’initiative de Mikis Theodorakis
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Re : Grèce
« Réponse #48 le: 29 juin 2011 à 08:41:17 »
un bon article sur Owni, sorte de mise en garde sur ce qui nous attend à travers le vécu de la tragédie grecque :

La crise grecque au-delà de la mythologie

à voir ! peut-être bien le début de l'insurrection :
Mardi 28 juin : Premier jour de grève générale nationale
« Modifié: 29 juin 2011 à 12:50:31 par TYGER »
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Re : Grèce
« Réponse #49 le: 29 juin 2011 à 19:11:06 »
Voici le texte d'un courriel reçu de la part d'ATTAC, ils appellent à manifester demain devant l'ambassade de Grèce.
J'aime beaucoup le titre du texte :
"ceci n'est pas une crise , c'est une escroquerie"
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« Ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie »


 « Ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie », disent les indignés espagnols. Ce mercredi, le Parlement grec vient d’adopter un nouveau plan d’austérité, symbole de l’invraisemblable escroquerie qui a cours actuellement en Europe.

Malgré l’inefficacité avérée des mesures d’austérité pour améliorer la situation des finances grecques, le Parlement est sommé d’en remettre une nouvelle couche, avec des réductions de salaires et une réforme fiscale qui va frapper de plein fouet les classes moyennes et populaires ;

Malgré l’injustice profonde de ces mesures qui visent à faire payer le peuple grec sans remettre en cause les politiques fiscales calamiteuses menées par les précédents gouvernements, les déséquilibres inhérents au fonctionnement de la zone Euro, ou encore les bénéfices grassement réalisés par les banques et autres spéculateurs sur le dos des finances publiques grecques ;

Malgré la résistance du peuple grec, qui s’est levé dignement et occupe depuis près de trois semaines la principale place d’Athènes – où se situe le Parlement – pour contester, de manière pacifique et démocratique, ces choix imposés en dépit du bon sens ;

Malgré tout cela, les députés grecs ont choisi de se soumettre au chantage de l’Union européenne et du FMI, qui acceptent en échange de ce plan d’austérité d’accorder une « aide » d’une centaine de milliards d’euros à la Grèce - sans laquelle le gouvernement se retrouverait incapable de financer son fonctionnement (y compris les services publics, hopitaux, etc.). Ce prétendu « sauvetage » s’adresse pourtant davantage aux banques françaises et allemandes qu’à la Grèce : « Le CAC 40 accentue ses gains, confiant sur la Grèce » peut-on lire sur le site du Point.fr.

Il représente en réalité une vaste opération de socialisation des pertes : une étude des Échos montre que « grâce » à ces plans, « la part de dette hellénique aux mains des contribuables étrangers passera de 26 % à 64 % en 2014. Cela veut dire que l'exposition de chaque foyer de la zone euro va passer de 535 euros aujourd'hui à 1.450 euros ». Or tous les économistes s’accordent pour dire que la Grèce ne pourra pas rembourser l’intégralité de ses dettes.

En s’opposant de manière farouche à toute restructuration, Sarkozy joue ainsi la montre au plus grand bénéfice des banques françaises ; Lorsque la Grèce fera défaut, ce seront les finances publiques des autres pays européens seront en première ligne… Et les peuples européens paieront l’addition via de nouvelles mesures d’austérité.

« Privatiser les profits, socialiser les pertes », cette logique semble plus que jamais d’actualité : avec la nouvelle gouvernance économique, promue par les gouvernements européens et la Commission et votée par le Parlement européen, les finances publiques seront mises sous tutelle, et à l’image de la Grèce, l’austérité permanente pour les peuples garantira les bénéfices des banques.

Il est essentiel que les peuples européens se mobilisent pour mettre en échec cette « stratégie du choc » à l’échelle européenne. A l’image du peuple grec, il faut non seulement s’« indigner », mais se montrer « déterminés » à mettre un terme au diktat des banques et des marchés financiers, en commençant par imposer un audit démocratique des dettes publiques. En France notamment, les mobilisations doivent redoubler d’intensité : ce qui se joue en Grèce aujourd'hui, c'est la capacité des peuples en Europe à sortir du piège dans lequel nous place la finance qui est en jeu.

 Jeudi 30 juin, au lendemain de la mobilisation sans précédent du peuple grec, et alors que les mouvements sociaux et syndicats britanniques organisent une grève générale contre les coupes massives dans les budgets publics, Attac appelle à se réunir à 18h devant l’ambassade de Grèce pour un soutien aux mobilisations qui se déroulent en Europe, en Grèce, au Royaume-Uni, en Espagne, pour affirmer que leurs combats sont plus que jamais les nôtres.


Attac France,
Paris, le 29 juin 2011

Ceci dit si vous ne l'avez pas fait, je vous encourage surtout à aller lire les liens postés ci-dessus par Tyger !
Merci Tigrou pour l'intérêt des infos  :fleur2:
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