Auteur Sujet: autogestion, associatif, solidarité ...  (Lu 3679 fois)

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autogestion, associatif, solidarité ...
« le: 30 mars 2010 à 15:49:23 »
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Babayagas : l’utopie d’une maison de retraite autogérée

Inventer de nouvelles façons de gérer la vieillesse ? C’est le pari lancé par une vingtaine de femmes à Montreuil (93) avec la Maison des Babayagas, qui devrait être inaugurée en 2012. Un projet de maison de retraite autogérée, citoyenne, écologique, pour « changer l’imaginaire social et la représentation des vieux ». Rencontre avec Thérèse Clerc, pionnière de cette aventure.

Elle a 83 ans, l’œil qui pétille et une énergie communicative. Thérèse Clerc est une « Babayagas ». Un nom qui fait référence à des sorcières de légendes russes. Depuis 12 ans, elle se bat pour faire aboutir un projet qui lui tient à cœur : une maison de retraite autogérée. Le principe ? « Un lieu de vie de femmes vieillissantes choisissant d’inscrire leur cheminement jusqu’à son terme dans un compagnonnage solidaire ». Cette « maison des Babayagas » repose sur quatre piliers : autogestion, solidarité, citoyenneté, écologie. Concrètement ? Un studio pour chaque résidente et des espaces communs pour faire vivre le projet collectif. Pas de personnel soignant permanent ni d’équipement médical, mais une mutualisation et une entraide sur les questions de santé. La prise en charge collective de l’organisation du lieu, des achats groupés, peu de recours aux aides extérieures, et pour pallier les « forces déclinantes », une « attention soutenue aux soins du corps ».

Le projet repose aussi sur l’envie de reconstruire des solidarités de voisinage. « On fera des repas de quartier, la maison sera le point de chute de l’AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne), on organisera des soirées débats, qui auront une dimension forcément politique, pour faire changer le regard des gens sur des questions comme la place des femmes, la natalité… », explique Thérèse Clerc. Une des spécificités de cette maison de retraite peu commune : seules des femmes y habiteront. « Nous sommes féministes à des degrés divers. Moi je suis radicale, revendique Thérèse Clerc. Nos copains, on les recevra quand on veut. Ils ne vivront pas avec nous, parce qu’on n’a pas envie de les torcher. Et puis s’ils étaient présents, certains voudraient prendre le pouvoir. Ou alors se faire bercer, et on serait des mamans bobo. Nous sommes toutes actuellement célibataires, veuves ou divorcées. »

...

http://www.bastamag.net/article893.html
« Modifié: 16 juin 2011 à 13:28:06 par raja »

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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #1 le: 16 juin 2011 à 13:30:10 »
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Une cuisine solidaire pas vraiment au goût des spéculateurs

Le restaurant associatif la Rôtisserie Sainte-Marthe à Paris va-t-il devoir fermer ses portes ? Victime d’une opération immobilière spéculative, l’association est sous le coup d’une expulsion des locaux. Les riverains se mobilisent pour que cet établissement de quartier autogéré continue de proposer des repas à petits prix, à contre courant des logiques marchandes. Pétition et manifestations sont au menu de juin.



Un mardi pluvieux de juin, une vingtaine de convives savourent une quiche aux légumes ou un poulet coco dans un brouhaha assourdissant. Les tables, resserrées dans une pièce minuscule, jouxtent les fourneaux où s’affairent trois cuisiniers : « Ouvrez la porte, on étouffe ! », s’écrie l’un d’eux. Ambiance conviviale et produits frais à petits prix : bienvenue dans la Rôtisserie Sainte-Marthe, restaurant associatif planté aux portes de Belleville.

Depuis une douzaine d’années, cette cantine fait double emploi : le midi, les 7 salariés – en contrat aidé – proposent des repas à prix abordables (10 euros maximum) à une clientèle locale et relativement populaire. « On attire les artisans, les étudiants, les immigrés, les militants... Une résistance à la gentryfication de l’Est parisien ! », se félicite Mathieu Colloghan, l’un des responsables. Même si, comme le précise avec une pointe d’amertume le manuel de présentation du restaurant, les habitants des quartiers plus bourgeois viennent aussi « s’émerveiller de l’aspect si pittoresque de la rue Sainte-Marthe » et savourer le plaisir de « consommer autrement ».

Le principe : un restaurant associatif

Les cuisiniers passent les clés chaque soir à une association différente, chargée de servir les dîners. Contre une indemnité de 70 euros, l’association gagne le droit de confectionner librement les repas. Et empoche ainsi la caisse de la soirée pour financer ses projets. En mobilisant bien ses réseaux et en assurant deux à trois services consécutifs, le menu peut rapporter plusieurs centaines d’euros.



« Le système fait la joie de grandes organisations de solidarité internationale, d’associations culturelles de quartier, de mouvements socio-éducatifs ou politiques », se réjouit Mona, l’animatrice salariée. Du lycée autogéré de Paris à Amnesty International en passant par RESF, 150 collectifs se sont ainsi emparés de la cuisine en 2010. Tous adhérents, ils constituent une « association d’associations ». L’organisation se veut souple, horizontale et démocratique, privilégiant le consensus aux procédures de vote.

Une opération immobilière plus que suspecte

Le concept est réjouissant... mais en sérieux péril. Depuis six ans, la Rôtisserie se bat en effet pour sa survie, au milieu d’une sombre affaire immobilière. En 2005, locataire, elle tente de racheter les locaux mis en vente par le propriétaire. « Il fallait 30.000 euros, on avait réussi à rassembler 90% de la somme », enrage Mathieu Colloghan. L’agence immobilière Tape, en charge du bien, fait alors traîner la vente.... et cède finalement les locaux à un autre acquéreur. Surprise après quelques semaines : l’acheteur n’est autre que le directeur de l’agence, désireux de réaliser une juteuse plus-value... Un conflit d’intérêt flagrant ! L’avocat du bailleur argue que ce dernier a acheté le bien en tant que particulier, et non en tant que directeur d’agence [1].

Sans scrupules, le propriétaire exige dans la foulée un triplement du loyer sous peine d’expulsion. L’association propose alors en vain un nouveau rachat. S’ensuit une longue affaire juridique à l’épilogue douloureux : en janvier 2011, la justice donne raison au bailleur.

Dès lors, l’association vit en permanence sous la menace d’une expulsion, mais se montre particulièrement tenace. A court terme, elle continue jour après jour ses activités et organise des actions de soutien, telle celle qui aura lieu le 25 juin place Sainte-Marthe. En parallèle, La Rôtisserie a fait appel du jugement et conserve l’espoir d’une victoire judiciaire. Elle a aussi repéré des locaux municipaux dans une rue voisine et cherche une nouvelle location auprès d’un propriétaire plus sûr. Joyeux bobos et artisans fauchés peuvent se lécher les babines, la Rôtisserie n’est toujours pas grillée.

http://www.bastamag.net/article1596.html

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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #2 le: 22 juin 2011 à 02:49:50 »
encore une petite bombinette ....à poser au bon endroit si ici ça colle pas

http://www.bastamag.net/article1606.html
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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #3 le: 17 juillet 2012 à 12:05:00 »
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Centre social et autogéré ? C’est pas maintenant…

La sentence est tombée, le 29 juin, contre le Centre social autogéré (Crea) de Toulouse : le tribunal administratif laisse un délai d’un mois avant d’expulser la quarantaine de personnes, dont dix familles et quinze enfants, qui habitent cet immeuble de l’allée des Demoiselles, un centre de l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) laissé à l’abandon depuis plusieurs années. Le fait que cet organisme soit considéré, par ses liens étroits avec les ministères et Pôle emploi, comme partie prenante du service public n’y aura rien fait : ni l’activité des occupants, dont le relogement de personnes à la rue, ni l’interpellation des élus concernés n’auront joué en faveur des squateurs. Il faut dire que ces derniers ont l’outrecuidance de pallier les carences de l’État dans le domaine de l’hébergement social en – quel toupet ! – s’auto-organisant.

Pendant des semaines, les nouvelles ministres des Affaires sociales (propriétaires du lieu) – Marisol Touraine – et du Logement – Cécile Duflot – ont laissé leur 06 sur répondeur, écartant ainsi toute opportunité d’annuler la décision d’expulsion en demandant, par exemple, l’arrêt de la procédure judiciaire. Pour cette « gauche » de gouvernement, occuper des logements et y accueillir des personnes vivant à la rue est sûrement un « changement » trop brusque. N’en déplaise aux camarades socialistes et à leurs affidés, l’aventure du Crea fait des émules dans le pays : l’Internat occupé à Dijon, la Patate Chaude à Grenoble… Combien faudra-t-il d’ouvertures de lieux pour que Cécile Duflot, la Véronique Jannot de l’écologie, daigne décrocher son portable ?


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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #4 le: 17 juillet 2012 à 12:33:42 »
Je viens de prendre connaissance de la "bombinette" partagée plus haut par Cervesia  :merci: Elle m'avait échappée ........

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Quand l’argent des associations part dans les poches des banques



« Ce sont 150.000 euros qui étaient destinés aux actions d’accompagnement des personnes en situation d’exclusion sociale et qui vont aller directement enrichir les banques », dénonce la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars) d’Île-de-France. En l’absence du paiement des subventions de la part de l’État, plusieurs associations ont dû contracter des emprunts auprès de banques. « À la fin du mois de mai, une trentaine d’associations de solidarité auront versé 150.000 euros d’agios à leur banque ! »

Ces associations de réinsertion attendent depuis 5 mois les subventions publiques qui leur permettent de fonctionner. Une absence de paiement en infraction avec le Code de l’action sociale et familiale qui oblige l’État à verser ces subventions chaque mois. Les associations sont donc contraintes d’envisager des licenciements. Un comble ! Un situation peut-être liée au logiciel Chorus qui équipe l’administration, « qui a coûté une fortune et est incapable de payer les factures des prestataires et des associations », avance la Fnars. En tout cas, on est loin de la nécessité de « transparence, de visibilité, de sécurisation des opérateurs associatifs », prônée en juin 2010 par le secrétaire d’État chargé du logement, Benoist Apparu.

La situation des associations est d’autant plus difficile que l’État a par ailleurs réduit les budgets dédiés à l’hébergement et la lutte contre l’exclusion de près de 3%, alors que la crise a augmenté le nombre de personnes en détresse

Plus qu'une bombinette, c'est totalement symptomatique de la réalité du secteur de l'ESS, tout au moins de la partie du secteur qui concerne l'aide à l'insertion des personnes en grandes difficultés que je connais particulièrement bien  :aille: :aille: :aille: :aille:

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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #5 le: 17 juillet 2012 à 12:57:10 »
Centre social autogéré, peut etre pas officiellement pour aujourd'hui, mais de fait... C'est un système qui marche, dans la pratique, et qui vient pallier a un manque total. Donc il est impossible que l'initiative ne fasse pas des émules. Après, c'est un rapport de force qui s'installe: s'organier une fois, c'est prendre de l'expérience. Communiquer cette expérience, la partager, échanger... C'est dajà en cours. Ce qui sera déconstruit ici par un jugement sera reconstruit ailleurs dans la semaine ou dans le mois. Lorsqu'on laisse aux gens le choix de voir leurs enfants dormir dehors, ou enfreindre la loi pour leur offrir un toit (sans que cela, par ailleurs, ne pose de nuisance réelle a quiconque si ce n'est administrativement) et bien le choix est juste vite fait. C'est ainsi.

La question est donc de savoir combien de temps ce petit manège va durer. Parce que sans solution proposées, ces familles en ont trouvé une: qu'elles ne lacheront que si on leur propose mieux que ce qu'elles peuvent faire par elles meme, rapidement et efficacement.
On en vient a une sorte de jeu de chat et de souris, particulierement absurde.
Ne serait-ce parce que toute l'énergie qui est dépensée pour contrer ses initiatives fonctionelles aurait pu etre investie pour les soutenir et les rendre prérennes et sécurisantes (assurances, locaux mis aux normes, autorisations en bonne et due forme, etc...)
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #6 le: 23 janvier 2013 à 13:48:03 »
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"Les gens sont fatigués d'être maltraités"



A l'initiative du réseau Couty Kinkela, les habitants du quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes ont partagé un après-midi autour de la distribution de cadeaux et autour d'un goûter concocté par les femmes de l'association Falato et Centre Essonne Solidarité. Reportage.

L’ouverture des portes de la bourse du travail de Corbeil-Essonnes était prévue pour 15h30 mais dès 14 heures, parents et enfants ont commencé à affluer. Samedi dernier, le réseau communiste Couty-Kinkela du quartier des Tarterêts organisait pour la deuxième année une bourse aux jouets, avec goûter, jeux de société et maquillage. Dans la grande salle, des adultes accueillent d’un côté l’espace coloriage, de l’autre les jeux comme le chamboultou, fabriqué à partir de bouteilles de lait récupérées. Au milieu de la pièce, les enfants se bousculent pour avoir un maquillage de coccinelle ou de chat. Tout au bout, des jus de fruits et des baignets faits par les femmes de l’association Falato sont disposés sur de grandes tables. «L’ensemble des camarades se sont mobilisés. Cette année, nous avons travaillé avec deux associations du quartier, Falato et Centre Essonne Solidarité. C’est aussi l’occasion de rendre hommage à José Kinkela, notre ami, également président de l’amicale des locataires, qui  nous a quitté, il y a un an », explique Martine Baudelot, animatrice du réseau communiste. Au milieu du brouhaha et d’environ deux cent enfants survoltés, cette militante à l’énergie débordante analyse le sens de cette initiative : «C’est une journée dédiée aux enfants. On leur distribue des jouets parce que tous les parents n’ont pas les moyens d’offrir un jouet à Noël. Mais c’est aussi une façon de maintenir le lien avec les gens du quartier, de faire de la solidarité quelque chose de concret».

Maintenir du lien avec les habitants du quartier



En amont de cette journée, ce sont près de deux mois de préparation pour récupérer les jouets chaque mercredi dans les grands magasins, les trier  par âge et surtout inscrire les enfants. L’heure des cadeaux a sonné. Dans la file d’attente, Hemel, jeune maman, est venue avec  ses deux filles, trois et quatre ans. «Ca fait six ans que je vis aux Tarterêts et j’ai entendu parler de cette action par une voisine. C’est vrai que les fins de mois sont difficiles. Depuis l’euro, tout a augmenté. Je ne travaille pas, mon mari est au chômage technique, alors ça fait du bien de s’entraider.» Assis sur une chaise, un peu à l’écart, Mohammed a amené ses deux garçons, trois et sept ans. Pour ce père de famille, une journée comme celle-là ne fait pas du bien qu’aux enfants : « C’est très important de se réunir parce que nous ne nous mobilisons plus. Moi, j’habite aux Tarterêts et l’ascenseur ne marche pas, nous n’avons plus de téléphone, ni de télévision depuis un mois. Mon chauffe-eau fuit depuis plus d’un mois...Les gens sont fatigués d’être maltraités. Ca fait du bien d’être ici, de partager un petits temps avec d’autres parents». Leïla et Amina mangent de bons gâteaux préparés par Marie-Jeanne de l’association Falato. Elles disent qu’elles sont souvent enfermées à la maison : «Ca nous change de lieu, on est avec d’autres mamans, il faudrait faire ça plus souvent !»

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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #7 le: 13 novembre 2013 à 17:23:37 »
Une belle initiative, qui, au même titre que les cafés suspendus, tarde à s'implanter.
Le concept est simple et généreux, acheter un café et en payer un autre pour celui qui n'a pas les moyens de s'en payer un, payer une baguette, aliment de base, pour plus nécessiteux que soi, j'aimerais que ce type de concept soit bien plus courant, dans d'autres pays ça l'est, ici ça tarde un peu.


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Les "baguettes suspendues", don du pain pour les voisins sans le sou

Des baguettes gratuites sont mises à disposition des plus démunis dans une boulangerie bordelaise…

« Suspendues, ça veut dire à disposition pour des gens qui sont dans le besoin », explique Noël Capron, 57 ans. Il a lancé depuis samedi ce concept de « baguettes suspendues » dans sa boulangerie « A la recherche du pain perdu », au 5 rue de la Cour des Aides, dans le quartier Saint-Pierre à Bordeaux. C’est un de ses amis qui lui a donné l’idée.

Il tient le bar Chez Fred, place du Palais, et propose des cafés suspendus depuis cinq mois environ. « Le pain c’est un produit de base et c’est encore moins cher qu’un café, alors je me suis dit que j’allais faire pareil. En plus, pour moi c’est une bouffée d’air frais car mon métier est très répétitif. Et je me dis que ça sert à quelque chose », raconte le boulanger.

« Une super idée »

Quelques vingt-deux baguettes ont été achetées depuis samedi et neuf étaient « suspendues » jeudi, en fin de matinée. Le compte des baguettes suspendues et de celles récupérées est inscrit sur une grande ardoise, affichée à la vue de tous. « Je connaissais les cafés suspendus mais pas les baguettes. C’est une super idée qui peut aider ceux qui n’ont pas d’argent », commente François, 27 ans, qui décide de contribuer à l’opération. La boulangère dépose alors ses 95 centimes dans un bocal, sur le comptoir. L’idée ce n’est pas que les clients donnent systématiquement mais une fois de temps en temps. « C’est un petit geste qui peut aider les gens. On en voit de plus en plus qui achètent une demi-baguette ou un demi-pain ou un sandwich pour deux », souligne le boulanger.

« Ce n’est pas un dû mais c’est là »

« Les premiers jours, les gens n’osaient pas demander mais maintenant ça commence à se savoir. Ils ne quémandent pas puisque c’est quelque chose qui a été réglé, ce n’est pas gratuit. Ce n’est ni un droit ni un dû mais c’est là », souligne Noël Capron. Pour l’instant, ce sont surtout des sans-domicile-fixe qui viennent, mais le boulanger aimerait aussi que le dispositif profite aux nombreux étudiants du quartier et aux gens isolés qui ont des enfants à charge. « Il ne faut pas qu’il y ait d’abus. Une fois c’est bien pour dépanner mais il ne faut pas que ce soit toujours les mêmes », estime pour sa part Pascal, 43 ans, qui vient acheter un sandwich dans la boulangerie.

« Le but c’est que ce soit repris par d’autres, comme les cafés suspendus qui se répandent un peu », espère Noël Capron. Le problème c’est que Bordeaux ne fait pas exception. Comme dans beaucoup de villes, les artisans boulangers s’y font rares. « Dans le quartier, il y en avait sept dans les années 60. Maintenant je suis tout seul », constate t-il.

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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #8 le: 15 novembre 2013 à 12:25:54 »
C'est une très belle initiative  :super:
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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #9 le: 05 février 2014 à 13:39:51 »
Ça fait des années que je crois en ce mode de gestion et que je le pense plus solidaire et juste que celui actuellement pratiqué.

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Pour sauver leur emploi, ils parient sur l’autogestion

À l’instar des salariés de Fralib, de plus en plus de travailleurs aspirent à sauver leur emploi en reprenant leur activité à leur compte. Reportage au premier forum européen de « l’économie des travailleurs ».

http://www.youtube.com/watch?v=avcnPANEcD8

L’autogestion ouvrière est un rêve fou, dans le domaine de l’industrie, qu’on croirait pieds et poings liés avec le productivisme. À la faveur de la crise, la vieille idée délaissée par le mouvement ouvrier au XXe siècle refait pourtant surface.

Elle prend même forme à 25 kilomètres de Marseille, dans l’immense usine de la Française d’alimentation et de boissons (Fralib). Les salariés de cette fabrique d’infusions, dont l’activité – pourtant bénéficiaire - a été délocalisée en 2010 en Pologne par son propriétaire Unilever, sont sur le point de reprendre leur activité à leur compte.

Dans le souffle sourd des machines laissées en veille, les « Fralib » accueillaient le week-end dernier des travailleurs d’Europe et d’Amérique latine, précurseurs eux aussi dans des formes très différentes d’une réappropriation du travail.

Les coopératives deviennent une alternative

En Italie, Espagne ou en Grèce, là où le chômage plafonne, le modèle coopératif devient une alternative à la crise. En France « nous avons constaté un tournant dans les luttes de travailleurs en 2010, avec le combat des employés de Sea France et de Fralib. Elles n’étaient plus seulement concentrées sur l’obtention d’indemnités de licenciement, elles visaient à maintenir l’emploi sous forme coopérative », observe Benoît Borrits, de l’« association autogestion », qui organisait le premier forum « l’Économie des travailleurs ».

Au commencement, il y a une lutte. Les salariés de Fralib ont arraché les locaux et les machines au géant Unilever, qui a fini par les céder pour 1 euro à la communauté urbaine de Marseille. Au forceps, ils doivent aujourd’hui recréer la filière que s’est arrogée Unilever en 1972 en rachetant l’entreprise centenaire.

Et puis, il y a un projet. Pour reprendre une activité industrielle avec un management horizontal et s’affranchir des réseaux de distribution et d’approvisionnement traditionnels, les usines autogérées sont forcées de s’inventer des nouveaux marchés. Circuits courts et développement durable deviennent autant que possible leur leitmotiv.

« Cela oblige à inventer chaque jour le changement », vibre Lucas Federici, qui participe au projet « Rimaflow », installé dans les 30 000 m2 d’une ancienne usine de pièces automobiles, occupée depuis février 2013, à Milan. Sans machine, une partie de 350 travailleurs licenciés a dû recréer de zéro une activité en commençant par mettre sur pied des petites activités pour espérer économiser de quoi remettre les locaux en état et relancer une production industrielle. Un marché aux puces, du recyclage d’appareils électroniques, une petite production de Limoncello… En attendant de pouvoir repartir, ils se payent 300 euros par mois.

- Les explications de Lucas Federici : http://www.youtube.com/watch?v=OCfopHLnVrA

« Un nouveau mouvement politique et social est en train de naître. »

Pour réussir, la plupart des coopératives ont deux défis majeurs. L’exemple italien de l’ « Officine Zéro », naît sur les cendres de la « compagnie des wagons-lits », à Rome, montre l’importance des réseaux de solidarité pour recréer les marchés perdus avec l’arrêt de l’activité. La coopérative s’est fortement appuyée sur le réseau social du quartier pour monter un espace de « coworking », avec une cantine et un guichet d’assistance juridique… Sans aide des élus locaux.

« Dans un système capitaliste, les coopératives ne peuvent fonctionner qu’avec une prise de conscience des consommateurs-citoyens », estime aussi Rachid Ait-Ouakli, ouvrier de l’ex-usine de glaces Pilpa, à Carcassonne. Après un an de lutte et 2 plans sociaux déboutés en justice, l’usine pourrait redémarrer en coopérative avec un projet respectueux de l’environnement, « La fabrique du sud ». Ils ont arraché une contribution de 815 000 euros du groupe pour leur projet de coopérative.

Deuxième enjeu crucial : le financement. « Beaucoup d’emplois nécessitent plus de 100 000 euros d’investissement pour leur sauvegarde », observe Michel Famy, directeur de l’union régionale de Scops PACA. Les outils de finance solidaire doivent donc se consolider avec l’appui des pouvoirs publics.

Plusieurs pays d’Amérique latine ont montré l’exemple, comme le Venezuela, où des lois permettent l’expropriation des outils de productions sous-utilisés et les capitaux publics sont mobilisés pour lancer ou relancer des activités en coopérative. Le nombre de coopératives est passé de 800 au début des années 2000 à quelque 70 000 aujourd’hui.

    « Au Brésil et en Amérique latine, le mouvement coopératif prend de l’ampleur, y compris dans le milieu ouvrier, car il est un moyen de survie pour les gens qui sont exclus de l’économie de marché », ajoute Carlos Schmidt, chercher à l’université de Rio Grande do Sul, dans le sud du Brésil.

En Europe, les militants du « contrôle ouvrier » veulent croire eux aussi à un vent nouveau. « Les initiatives fleurissent, portées par des mouvements politiques très différents et malgré le désintérêt des partis et des syndicats pour la question de l’autonomie ouvrière », assure le responsable du site d’information dédié à l’autogestion, workerscontrol.net, à la tribune du forum « l’économie des travailleurs ». « Nous pouvons y croire à l’aune de ce qui se passe en Amérique latine, ou le mouvement s’est pérennisé », juge Benoît Borrits. Un nouveau mouvement politique et social est en train de naître. »


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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #10 le: 28 mai 2014 à 18:05:15 »
voilà une bonne nouvelle qui fait un peu de bien au moral :super:

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Victoire des Fralib : une nouvelle histoire commence

 
Après trois ans et demi de conflit, l’accord signé entre Unilever et les salariés de Fralib prévoit une contribution financière de 20 millions d’euros au titre des dommages causés par la fermeture de l’usine de conditionnement de thés et d’infusions. La SCOP Thés et infusions va pouvoir se créer et relancer une production de qualité sur le site.

Lundi 26 mai, un accord a enfin été signé entre les salariés et Unilever pour une fin de conflit après 1.336 jours de lutte. C’est une victoire des salariés qui ouvre une nouvelle page de leur lutte. Au total, Unilever versera près de vingt millions d’euros pour permettre à la SCOP Thés et Infusions de repartir, préservant ainsi une partie des emplois industriels du site.

Au final, ce ne sont pas loin de 20 millions d’euros que la multinationale apporte pour favoriser le démarrage de la SCOP. L’accord précise que la propriété du site ainsi que des machines sera transférée à la SCOP pour une valeur comptable de sept millions d’euros. Par ailleurs, Unilever financera une étude de marché, contribuera à la constitution du fonds de roulement, participera à la remise en état de l’outil de travail. Ajoutons à cela, le fait que tous les salariés vont recevoir des indemnités supra-légales dont une partie pourra abonder le capital de la future SCOP.

« Notre folie a fini par payer »

Ce mardi 27, lors de la conférence des Fralib sur leur lieu de travail, l’émotion était grande. Tous avaient le sentiment d’avoir remporté une belle victoire. Comme l’indiquait une salariée, « Nous nous sommes levés contre les milliardaires, on nous a dit que nous étions fous et notre folie a fini par payer ». À l’image des ex-Pilpa qui ont lancé La Fabrique du Sud, les Fralib vont désormais devoir construire leur projet économique. Cela suppose de trouver des clients dont certains ont déjà été pressentis durant cette lutte.

Le nom définitif de leur marque est actuellement en discussion et ils comptent très prochainement faire une grande journée de présentation de leur gamme. Toute la force de cette coopérative sera de proposer aux consommateurs des produits naturels et de qualité qui contrasteront avec les arômes de synthèse qui étaient jusqu’à présent utilisés. L’arrivée de cette SCOP dans le secteur de l’agroalimentaire sera un atout pour relancer les filières d’arômes naturels de la région.

Plus que jamais, les réseaux de soutien à cette initiative devront se mobiliser pour trouver des débouchés à cette SCOP qui va repartir avec une soixantaine de coopérateurs. Dans l’immédiat, les Fralib préparent une grande fête de la victoire en leur usine pour la fin du mois de juin.


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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #11 le: 29 mai 2014 à 00:02:16 »
Je suis absolument ravie pour eux  :fleur1: et j'ai hâte de savoir sous quelle "marque" seront vendus leurs thés et infusions, car je deviendrais sans nul doute une cliente fidèle  :merci:
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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #12 le: 25 janvier 2015 à 13:15:01 »
un vrai, grand supermarché coopératif, c'est une première et une excellente initiative, qui a besoin d'encore un peu de sous :super:

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La Louve est entrée dans Paris
Questions à Tom Boothe, le co-fondateur du premier supermarché coopératif parisien


Qu'est-ce qui a bien pu pousser Tom Boothe, cinéaste indé américain né dans l'Indiana, à s'installer à Paris en 2002 puis à créer le premier supermarché coopératif ? L'amour du goût et de la bonne chère, sans doute, car Tom adore boire et manger, mais pas seulement. Avec son sympathique accent « tellemôn american », il nous avoue que sa situation de cinéaste est précaire, alors on comprend vite pourquoi l'idée d'un supermarché qui vend des produits de qualité à des prix réduits l'a séduit. Des bons produits pas chers, c'est possible à Paris ? Oui, mais à certaines conditions.

Time Out Paris : Pouvez-vous nous expliquer le principe de La Louve ?

Tom Boothe : C'est un supermarché coopératif d'un genre un peu spécial. Comme dans toute coopérative, c'est un business dont les propriétaires sont ceux qui utilisent les structures et dont chaque part, quelle que soit son montant, équivaut à un vote. Mais nous avons ajouté un nouvel ingrédient inspiré de la Park Slope Food Coop à Brooklyn : les membres de la coopérative doivent participer chaque mois au bon fonctionnement du magasin, que ce soit pour nettoyer, tenir la caisse, gérer la logistique, etc. Ça nous garantit des prix qui restent d'autant plus bas que nous sommes un organisme à but non lucratif.

Il faut donc être membre pour venir faire ses courses à la Louve ?

Oui, il faut badger à l'entrée du supermarché, mais n'importe qui peut devenir membre ! Il suffit d'acquérir 10 parts de la boutique, soit 100 euros, payables en plusieurs fois. Si vous êtes titulaires du RSA, une seule part de 10 € suffit.

Les produits seront-ils exclusivement bio ?

Pas du tout. Ce sont les membres de la Louve qui discuteront de quels produits peuvent, ou ne peuvent pas, être commercialisés dans le supermarché. Or, nos membres possèdent des profils très hétérogènes. Pour certains, le bio est la priorité, pour d'autres ce sont les bas prix, pour d'autres encore ce sera la filière locale. Nous nous adaptons à tous les publics, et plusieurs versions d'un même produit seront proposées à la vente.

Pourquoi vous êtes-vous implantés dans le 18e arrondissement ?

Nous voulions un quartier à la fois populaire et « bohème ». Ça n'aurait eu aucun sens de s'installer dans le Marais, parce que notre but est d'élargir l'accès aux bons produits pour tous. Nos fromages, par exemple, sont particulièrement excellents, et seront vendus 30 % moins chers en moyenne qu'ailleurs. Dans certains quartiers, les habitants ne manquent pas de commerces de qualité pour s'approvisionner, pas ici. Et puis, le tissu associatif est dynamique, les demandes de partenariat affluent de partout. Nous distribuerons par exemple le Journal du 18e dans la boutique.

Que répondez-vous aux mauvaises langues qui vous accuseront probablement de « boboïser » le quartier ?

C'est exactement pour ça que nous ne sommes pas un projet bio. Le bio représente en effet un type de culture, qui va au-delà de l'alimentation et peut exclure certaines franges de la société, nous voulons éviter ça. Il y aura des produits naturels, mais nous allons vendre aussi du Nutella ! Nous sommes d'abord un supermarché. Depuis quelques années, la volonté de manger sainement, de se préoccuper de notre santé, a pris un peu le pas sur le goût, sur l'envie de bien manger. Quand j'entre dans certains magasins bio, j'ai un peu l'impression d'être dans une pharmacie, ça ne me donne pas envie de manger. A la Louve, nous souhaitons mettre également en avant le côté bon vivant, bonne bouffe à la française, qui peut tout à fait s'accommoder de principes de santé.

>>> La Louve, ouverture prévue fin 2015. Si vous souhaitez soutenir La Louve, c'est par ici.



Hors ligne Val

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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #13 le: 25 janvier 2015 à 17:26:13 »
Bienvenue à La Louve et j'espère que leur initiative va marcher.

Cela dit, des bons produits à prix réduits, je veux bien, mais effectivement il va falloir que ce soit assez réduit vu que le droit de faire des courses se monnaie à 100 euros. Je comprends bien l'idée et salue le fait que ce soit à but non lucratif. Simplement 100 euros est une grosse somme.

Pour ce qui est de l'histoire du "projet bio" ou pas, je trouve que ce sont un peu des querelles de chapelle.
Pour moi, bio ça veut dire d'abord sans pesticide et aussi dans le respect de l'animal, et ce sont des principes qui me conviennent.

Je sais que le bio en France représente diverses tendances et qu'il souffre de ce qu'on appelle la "boboïsation" car des supermarchés utilisent le label "bio" pour se faire des marges et donc vendre les choses plus chères.

Je suis pour ma part persuadée que si on alliait des cultures et élevages biologiques à un raccourcissement des filières et des intermédiaires, le bio pourrait devenir très raisonnable, comme il l'est déjà dans quelques endroits.

Et enfin, je pense que "bien manger à la française" justement peut tout à fait s'accommoder du bio. Bio ne veut pas dire mal manger, il veut dire manger des produits qui sont plus brut moins raffinés et donc moins industrialisés et moins pollués.

On peut être un bon vivant et manger bio. Bio ne veut pas dire "manger des lentilles d'un air triste".

le coup des potentielles mauvaises langues m'énervent. En quoi une coopérative "boboïse" ? Le mot "bo-bo" est certes dévoyés mais généralement justement les "bo-bo" ont des sous. En quoi amener un supermarché coopérative pourrait boboïser, quand justement il propose des bons produits à prix
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réduits
?

Les pauvres doivent-ils manger mal parce qu'ils sont pauvres ?

Hors ligne raja

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Re : autogestion, associatif, solidarité ...
« Réponse #14 le: 11 avril 2017 à 09:15:11 »
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Grâce aux invendus, ils ont distribué 150 000 repas pour aider associations et sans-abris

Dire stop au gaspillage c’est possible avec de l’engagement et de l’organisation. De nombreux projets voient le jour, exemple avec l’initiative du « Chaînon Manquant ».

La réduction du gaspillage alimentaire en France

En France, le gaspillage représente chaque année 2,3 millions de tonnes dans la distribution, 1,6 millions de tonnes dans la restauration et 5,2 millions de tonnes dans les foyers. Au total cela représente 9 millions de tonnes par an, soit environ 137 kg par personne. Ces données de Global Gâchis ne prennent pas en compte les pertes liées à la production agricole, à la transformation ou encore celles liées au conditionnement, qui représentent également une grosse part perdue. Sur ces chiffres, l’ensemble des déchets ne sont pas évitables (les os, les épluchures etc.) mais une grande partie correspond encore malheureusement à des aliments qui pourraient être consommés.

Face à ce constat, en janvier 2015 une pétition lancée par Arash Derambarsh (élu LR de Courbevoie) contre le gaspillage alimentaire avait recueilli 200 000 signatures, démontrant ainsi une prise de conscience importante de la part de l’opinion publique face au sujet.

Le gouvernement a quant à lui réagi à cette problématique depuis plus d’un an avec une loi obligeant la grande distribution à distribuer ses invendus alimentaires, qu’elle jetait auparavant.  Cette loi fut adoptée à l’unanimité par le sénat et l’Assemblée nationale le 3 février 2016 et on note depuis des avancées concrètes. En effet, des conventions entre les associations et les grandes surfaces sont mises en place mais également des sanctions en cas de refus des distributeurs. Ces changements font fleurir de nombreuses associations.

Le « Chaînon manquant » au gaspillage

Le maillon fort de la chaine face au gaspillage reste donc les associations qui agissent sur le terrain pour permettre la redistribution.

Valérie de Margerie présidente de l’association « Le Chaînon manquant », voulait que l’ensemble des acteurs de l’alimentation puisse s’organiser afin que le gaspillage alimentaire ne soit plus une fatalité. Et c’est chose faite ! La restauration, les petits commerçants, les traiteurs ou encore l’évènementiel font également partie de la stratégie de cette association. Celle-ci est née du constat que la récupération des denrées et le stockage nécessite du temps (et que souvent cela exclut beaucoup de produits devant être consommés dans les 24 heures par exemple) que les banques alimentaires seules ne peuvent prendre en mains.

Le rôle du Chaînon manquant est de récupérer les denrées alimentaires et de les redistribuer aux associations, le tout en circuit court et en flux tendu. Selon la nature des produits récupérés et leurs volumes ils contactent les associations pouvant être intéressées. Pour cela, l’association a besoin de connaitre ces différents partenaires et leurs besoins en amont. Ils collaborent avec une cinquantaine d’associations très différentes : « on a de tout, des grandes associations ou de toutes petites associations de quartier, des centres d’hébergements, des haltes sociales. Avec la crise économique, six millions de personnes sont en situation de précarité alimentaire : elles ont un toit mais pas forcément de quoi se nourrir » explique Valérie de Margerie. L’association a également mis en place des partenariats au sein d’évènement : elle est intervenue lors de la COP21 et récupère depuis déjà 3 ans de la nourriture à Roland Garros. Cette action avec le tournoi sportif a permis de redistribuer plus de 13 000 repas en 2016.

L’an dernier l’association a redistribué 150 000 repas. Aujourd’hui le Chaînon manquant, aidé par 120 bénévoles, est bien implanté à Paris et a également ouvert une antenne à Lyon. Lors d’une interview dans l’Info Antigaspi, la présidente du Chaînon manquant rappelait que « Il faut pouvoir encourager les actions citoyennes et les start up, c’est important pour répondre à l’ensemble de la problématique ». Cette initiative citoyenne met une fois de plus l’accent sur l’importance des mouvements actuels, qui répondent aux problématiques sociales et environnementales à leur échelle.