Auteur Sujet: Haïti  (Lu 23710 fois)

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Re : Haïti
« Réponse #50 le: 05 février 2012 à 09:37:30 »
Je crois que depuis belle lurette le mot justice a perdu tout son sens...
Athena doit se retourner dans son olympe...  :merci: :merci:

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Re : Haïti
« Réponse #51 le: 21 avril 2012 à 18:31:10 »
Ce n'est absolument pas une surprise, Martelly est un célebre Duvalieriste...

Mais bon, les voisins dominicains le tiennent à l'oeil !!

http://www.dominicantoday.com/dr/local/2012/4/3/43191/Haiti-denies-charges-against-Martelly
http://knightcenter.utexas.edu/blog/00-9694-haitian-senator-wants-president-sue-dominican-republic-journalist-who-reported-corrupti
http://defend.ht/politics/articles/presidential/2902-haiti-presidency-categorically-rejects-accusations-of-corruption
http://www.antiguaobserver.com/?p=73397
http://www.haiti-liberte.com/archives/volume5-38/Spectacular%20Corruption.asp

Pas besoin d'être très fort en anglais pour comprendre que le Président Martelly n'est pas le premier chef d'état haitien qui n'as pas trempé dans des buisness peu scrupuleux...
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Re : Haïti
« Réponse #52 le: 23 avril 2012 à 21:17:22 »
Eh oui..

http://www.defend.ht/politics/articles/presidential/2986-haiti-president-advisor-arrested-for-murder-and-suspended

(et en version francaise) http://radiokiskeya.com/spip.php?article8760
On commence à voir un peu pourquoi Martelly a pu arriver à la tête du pouvoir. Réseau mafieu et pouvoir ne sont jamais éloignés en amérique. Quoiqu'en Europe non plus...
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Re : Haïti
« Réponse #53 le: 23 avril 2012 à 21:20:25 »
merci, vraiment, de nous tenir informer de la situation, d'ailleurs les commentaires, pour certains d'entre eux, sont très intéressant.

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Re : Haïti
« Réponse #54 le: 21 mai 2012 à 08:46:25 »
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La Nation n'est pas immortelle, elle agonise (dixit Michaëlle Jean)

Haïti - Politique : La Nation n'est pas immortelle, elle agonise (dixit Michaëlle Jean)

Propos de Michaëlle Jean :
« L'heure est grave. La Nation n'est pas immortelle, elle agonise. Le pays est à bout de souffle, à bout de tout. Le monde entier assiste, sans plus d'illusion, au spectacle désolant des impasses politiques haïtiennes qui se succèdent à coup de rivalités partisanes et stériles, d'inquisition sur des questions insensées comme celle de la double nationalité, alors qu'Haïti a besoin du concours de toutes ses filles et de tous ses fils, de les voir répondre à l'appel des aïeux, si souvent sublimé, mais si peu suivi, devenu lettres mortes : « l'union fait la force! » De l'union nous n'avons que faire, nous lui préférons la division et les affrontements sans fin. Tant et si bien, que nous n'avons pour force que celle d'enfoncer davantage notre terre et toute une population dans la précarité, l’abjecte pauvreté, la misère, le désarroi.

Il m'arrive, je l'avoue, d'avoir honte de cette pitoyable trahison de nos exploits et de nos conquêtes d'antan. Trahison de nos aspirations les plus nobles à la liberté, l'égalité et la fraternité. Trahison de nos rêves les plus grands de briser toutes les chaînes.

J'ai mal à mon cœur d'Haïtienne d'être interpellée par ceux, sourire en coin, qui tirent la ligne et ne voient plus en Haïti qu'un pays foutu, déliquescent, sans boussole, sans État, sans avenir, un tronc pourri, un monde de corruption et, certains n'hésitent pas à le dire, d'incapables.

J'assistais récemment à une table ronde où le verdict à propos d'Haïti était impitoyable, tant la situation bloquée des derniers mois est accablante. Voir des élus déterminés non pas à se retrousser les manches, mais à sacrifier l'intérêt de l'ensemble sur l'hôtel de l'obstruction systématique, sans retenue, sans foi ni loi, est insoutenable. L'exercice perdure et il est d'une cruelle irresponsabilité. Ce désordre assassine un pays et le plonge dans les ténèbres, dans une confusion telle que des esprits nostalgiques se prennent à regretter l’ordre des anciennes dictatures.

Le mouvement violent des plaques tectoniques n'est rien à côté. On aurait cru cette catastrophe, sans commune mesure, capable de rappeler à la raison et à la discipline.

On espérait un sursaut d'humanité, un pas décisif vers une éthique du partage. Chassez le naturel, il revient au galop. L'équipée est bien relancée dans la médiocrité. Car médiocres nous sommes si nous ne nous ressaisissons pas. Médiocres, si nous n'arrivons pas à réaliser l'unité nécessaire et à mettre de côté l’égoïsme et nos intérêts particuliers. Médiocres, si nous refusons le dialogue et le compromis historique salutaire au nom du bien commun, du pays à refonder, d'une Haïti nouvelle à créer. Médiocres, si nous restons englués dans l'indifférence chronique et la fuite en avant qui nous caractérisent devant l'échec qui pourtant crève cruellement les yeux à chaque carrefour. Médiocres, dans notre manque d'audace, de courage et de cohérence. Médiocres, dans notre complaisance, notre contentement aveugle, et notre fatalisme alors qu'il faut de toute urgence, ensemble, redoubler d'efforts. Médiocres, face à la jeunesse en mal de modèles à suivre et d'opportunités, pour le présent comme pour l'avenir.

Pourtant, il pourrait en être autrement. Nous pourrions montrer ce dont nous sommes capables, cesser de renaître du désespoir, faire preuve de vision, créer de toute notre énergie, de tous nos cœurs et nos cerveaux volontaires, l’espoir. Encore faut-il que nous le voulions. La volonté collective nous fait défaut, elle n'est toujours pas au rendez-vous. Autrement, nous investirions tout pour un gouvernement au plus vite constitué; un État viable; des institutions fortes; une fonction publique remembrée et compétente; un accès universel à des services de santé sur tout le territoire; des écoles et des programmes de qualité avec des maîtres formés; une université d'État remise sur les rails avec un campus dans le Nord à démarrer et d'autres à construire dans chaque région du pays; un système de justice accessible, efficace, indépendant et fiable; une police nationale professionnelle capable de garantir la sécurité des lieux, des personnes et des frontières et de participer au développement; des collectivités plus fortes qui participent de manière décentralisée à la croissance locale, régionale et nationale; des organisations de la société civile incluses dans le mouvement de relève et impliquées dans la recherche de solutions aux problèmes affligeants; une économie diversifiée pour un redressement de la production nationale et la création d’emplois, de leviers et de niches sur tout le territoire; l'agriculture priorisée, la pêche et les métiers de la mer organisés; l'entreprenariat facilité; des lois, des règles, des codes édictés pour la sécurité publique et pour mettre fin au chaos général, à l'incurie dangereusement mortifère; une politique énergétique et de reboisement innovatrice; la propreté et la salubrité partout pour notre plus grande fierté, notre intégrité et notre sens de la dignité; des citoyennes et des citoyens dont on reconnait les droits et libertés, mais qui sont aussi conscients de leurs devoirs.

Il y a exactement un an, un Président démocratiquement élu passait la cocarde à un autre, légitimement choisi lui aussi par la voie des urnes. Le nouveau Président de la République n’aura pas eu la partie facile pour former un gouvernement et le consolider, tant le terrain est miné. Que l’on comprenne qu’empêcher, retarder la formation d’un gouvernement est pur sabotage, irresponsable et suicidaire. Le temps est compté, chaque jour, chaque mois dans l’impasse est un coup de massue asséné à la Nation. Le monde nous regarde non plus désolé, mais décontenancé face à un tel bourbier politique totalement déshonorant. Sans gouvernement, le pays, déjà au bord du précipice, ne se relèvera pas, tous les efforts seront engloutis.

Le pays c'est nous, chacune et chacun d'entre nous. Sa réussite dépend aussi de nous.

Je dis «nous», ne cherchant pas à m’extraire du destin de la terre qui m’a vue naître.

Il est de notre entière responsabilité de montrer ce que nous sommes vraiment capables d’accomplir. »

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Re : Haïti
« Réponse #55 le: 25 août 2012 à 10:49:38 »
La tempête tropicale ISAAC est en ce moment même sur Haïti  :( :triste1:

Citer
CE 25 AOUT....Ca y est Haïti est en plein dedans. Comme pour nous chatier la tempête tropicale s'est renforcée juste pour frapper Haïti. Depuis une heure du matin, des pluies diluviennes et incessantes s'abattent sur Haïti. nous avions eu echo des pluies au niveau de la capitale avec des habitant exprimant leur crainte du pire surtout pour les gens qui habitent sous des tentes ou dans des logement peu solides. Aucune depêche n'est sortie sur des bilan éventuels. Nous avons très peur...

source


Pour ceux qui comme moi, se sentent préoccupés, et comme il n'est pas très simple d'avoir des informations ciblées....... Voici les sources que je consulte:

suivi meteo , là aussi en plus techniquepour ceux qui savent décrypter les cartes (le centre est en ce moment sur la Gonave)
radio kiskeya

des dépêches venues directement du terrain... enfin, comme d'hab, de la capitale .... je n'ai rien trouvé venu des mornes  :triste1: :pleur4:

Citer
Il est observé un empressement des ports-au-princiennes et port-au-princiens pour se procurer des réserves de nourriture. De longues files d’acheteuses et d’acheteurs sont vues devant les boulangeries et dans certains supermarchés de la capitale.

Les coups de vent gagnent en ampleur, tandis que l’anxiété et la peur se lisent sur les visages des riverains rencontrés.

Au camp de personnes déplacées « Megamart » Mormon de Delmas 30, la panique s’installe.

« Nous sommes très paniqués par les forts vents qui tapent sur nos bâches. Si la pluie doit se faire accompagner de vents, nous craignons d’être victimes, voire d perdre la vie » déclare à AlterPresse, Senel Souffrant, membre du comité de ce camp.

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Re : Haïti
« Réponse #56 le: 26 août 2012 à 10:48:37 »
merci pour ces infos reveillonsnous :fleur2: , triste et inquiétante nouvelles :triste1:

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Re : Haïti
« Réponse #57 le: 27 août 2012 à 14:21:28 »
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Selon un nouveau bilan de la protection civile, dix-neuf personnes sont mortes et six sont portées disparues en Haïti après le passage samedi de la tempête  tropicale Isaac, qui avançait lundi dans le golfe du Mexique vers la Louisiane. Un précédent bilan établi dimanche faisait état de sept morts. La tempête a également détruit 335 maisons et en a endommagé 2.346 autres. 15.000 personnes ont été évacuées, a aussi précisé la protection civile.
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Re : Haïti
« Réponse #58 le: 24 septembre 2012 à 10:07:49 »
Chacun d'entre nous a sa "boule de cristal"  :magic: :magic: :magic:.... ces signaux qui lui semblent particulièrement parlants parce qu'ils lui parlent d'un phénomène que son expérience lui permet de décoder ...... 
:vampire: :vampire: :vampire:

Et bien croyez-moi, vu l'histoire répétitive d'Haïti et de son grand voisin l'oncle Sam...... Quand je lis ce qui suit, j'y vois bien autre chose qu'un fait divers.......  :nono: :nono: :nono: ... Il me semble que ça sent très mauvais pour la suite

Citer
Haïti/Boat-people : 150 voyageurs clandestins interceptés au large de Bas-Limbé par les garde-côtes nationaux

Cap-Haïtien, 23 sept. 2012 [AlterPresse] --- Les garde-côtes nationaux ont arraisonné, le jeudi 20 septembre 2012, non loin de Bas-Limbé (commune à 26 km au nord-ouest du Cap-Haïtien, dans le département du Nord) un voilier de fortune, à bord duquel se trouvaient environ 150 compatriotes (dont 2 garçonnets et 37 femmes) qui faisaient route vers l’île de Providenciales (surnommée Provo), dans la mer des Caraïbes, selon les informations obtenues par AlterPresse.

Le voilier de fortune a été arraisonné par les garde-côtes nationaux au moment où il se trouvait dans une situation de détresse, après 2 jours en haute mer. Les voyageurs avaient embarqué à Bas-Limbé.

« Nous sommes en quête d’un mieux-être. C’est pourquoi nous avons décidé de risquer nos vies sur l’océan. La cherté de la vie, le chômage, le laxisme de l’équipe au pouvoir face à la dégradation des conditions de vie de la population, sont les principales raisons qui nous ont poussés à tenter l’aventure », ont déclaré ces voyageurs à leur retour sur la terre ferme.

Jeunes, pour la plupart du groupe composé de femmes et d’hommes, issus des départements du Nord, du Nord-Est et de l’Ouest (comme Léogane, à une trentaine de km au sud de Port-au-Prince), ils se déclarent prêts à réorganiser d’autres voyages clandestins vers d’autres horizons, au cas où le gouvernement actuel ne ferait rien pour améliorer la situation économique globale.

La branche du Nord des garde-côtes nationaux plaide pour des efforts institutionnels pertinents, susceptibles de prévenir l’organisation de voyages clandestins en haute mer.

Les 150 voyageurs clandestins, interceptés le 20 septembre 2012 au large de Bas-Limbé, ont reçu un viatique des autorités afin de regagner leurs demeures respectives.

Ils indiquent avoir versé entre 5,000.00 et 7,500.00 gourdes par personne [US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes] à des passeurs pour pouvoir effectuer le voyage clandestin vers une autre destination dans les Caraïbes. [wj rc apr 23/09/2012 0:00]


De mon point de vue la phase suivante s'appelle embargo ....... j'hésite seulement à définir les délais


edit : je viens de lire ICI un message où Old Machin joue à "je me souviens" et ça concerne Haïti  :super: :super: :super:
« Modifié: 27 septembre 2012 à 07:27:29 par reveillonsnous »
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Re : Haïti
« Réponse #59 le: 31 octobre 2012 à 09:40:31 »
actuellement les médias parlent en boucle de Sandy et du malheur des new-yorkais mais apparemment Haïti n'intéresse plus.


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L'ouragan Sandy précipite Haïti dans la détresse sanitaire et alimentaire

Alors qu'Haïti se relève difficilement du séisme qui l'a durement frappée le 12 janvier 2010, les conséquences du passage de l'ouragan Sandy ce week-end pourraient s'avérer dévastatrices pour la population dans les jours et les semaines à venir. La petite nation caribéenne enregistre déjà le triste record du bilan le plus élevé des victimes de l'ouragan, avec au moins 52 morts, 15 disparus et 19 blessés.

Pendant trois jours, Haïti a été balayée par des intempéries qui ont causé inondations, glissements de terrain et destructions de maisons. La région la plus affectée est le département de l'Ouest, incluant Port-au-Prince, qui déplore une vingtaine de morts, dont des familles entières ensevelies dans leurs maisons effondrées. Dans la capitale, les campements de fortune, qui abritent encore 370 000 victimes du séisme de 2010, ont été durement touchés. Dans le sud d'Haïti, on dénombre 18 morts.

De nombreuses plantations ont été détruites et des routes ont été coupées, isolant des villes dans les départements du Sud et du Sud-Ouest, ont indiqué les autorités. Sandy a laissé 18 000 familles supplémentaires sans abri. Les équipes de la direction de la protection civile d'Haïti, assistées d'experts internationaux, ont tout juste entamé l'évaluation des dégâts causés par les 50 centimètres de pluie enregistrés dans certaines régions du pays. Plusieurs jours seront nécessaires pour compiler les données.

LE RISQUE D'ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA

Les Nations unies s'inquiètent des conséquences à long terme du passage de l'ouragan, et notamment des risques liés à l'aggravation des conditions sanitaires. Depuis octobre 2010, le choléra a ainsi touché 600 000 habitants dans le pays et fait plus de 7 400 morts.

Au cours des derniers jours, les organisations humanitaires ont observé une forte augmentation de cas de choléra présumés dans sept départements, dont 86 dans les camps de réfugiés de Port-au-Prince, selon l'Organisation panaméricaine de la santé. Ce qui reste encore difficile à confirmer, car plusieurs communautés demeurent isolées et uniquement accessibles par hélicoptère.

ALERTE SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Les autorités haïtiennes et les organisations humanitaires présentes sur place s'inquiètent également d'une augmentation des prix des biens de première nécessité, du fait de la destruction des plantations et des cultures de subsistance dans le tiers sud du pays. "L'économie a subi un coup sévère", a indiqué le premier ministre, Laurent Lamothe, à Reuters. "La plupart des cultures épargnées par l'ouragan Isaac [qui a frappé l'île en avril] ont été détruites par Sandy", a-t-il déploré.

La destruction des denrées alimentaires pourrait aggraver une situation déjà tendue sur le plan politique, alors que le pays a été secoué au cours des derniers mois par de violentes manifestations contre la vie chère. Une crainte exprimée par Jean Debalio Jean-Jacques, directeur du département du Sud au ministère de l'agriculture. "Tout ce que les paysans avaient – maïs, tubercules – a été dévasté. Certains avaient déjà préparé leurs champs pour les cultures d'hiver et ça a été dévasté", a-t-il déploré.

Dans la ville d'Abricots, dans le sud-ouest du pays, le maire Kechner Toussaint évoque "un désastre agricole" et prédit "une famine dans les prochains jours". Régimes de bananes et arbres à pain, bases de l'alimentation locale, ont été totalement détruits. Dans la région de Camp-Perrin, ce sont les cultures de café qui ont été dévastées à quelques semaines de la récolte. "Le café est l'épargne des paysans", a déploré Maurice Jean-Louis, un planteur à la tête de la coopérative des planteurs de café de Camp-Perrin.

APPEL À L'AIDE INTERNATIONALE

Pour faire face à la situation, le gouvernement a annoncé l'octroi de 350 millions de gourdes (6,3 millions d'euros) pour aider les régions affectées. L'Etat et les organisations humanitaires ont commencé à distribuer de la nourriture, de l'eau et d'autres biens de première nécessité aux victimes de l'ouragan. Vendredi, le président haïtien, Michel Martelly, et le premier ministre avaient distribué des rations alimentaires et des bouteilles d'eau dans les quartiers pauvres de la capitale. "Les stocks sont à un niveau dangereusement bas. Après la tempête tropicale Isaac en août, ces stocks n'ont pas été reconstitués", a averti George Ngwa, porte-parole de OCHA, qui coordonne l'aide humanitaire en Haïti.

Un appel à l'aide internationale d'urgence a été lancé, auquel le Venezuela a déjà répondu en envoyant un bateau et un avion cargo avec de l'eau et de la nourriture. L'Union européenne a indiqué qu'elle soutiendrait les efforts de reconstruction en Haïti, ainsi que dans le reste des Caraïbes touché par l'ouragan. "L'UE se tient prête à soutenir les efforts de reconstruction. Nous continuerons également à soutenir les projets de prévention des catastrophes et de réduction des risques dans les pays vulnérables des Caraïbes et autres régions sujettes aux catastrophes", ont écrit dans un communiqué commun la haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, et la commissaire chargée de la gestion des crises, Kristalina Georgieva.

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Re : Haïti
« Réponse #60 le: 16 novembre 2012 à 09:49:14 »
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Ouragan Sandy : comment justifier l’injustifiable sur l’effacement d’Haïti

Dès le 31 octobre 2012, dans un « papier d’angle », sobrement intitulé « Sandy : un traitement médiatique inégal entre Haïti et les États-Unis », l’Agence France presse (AFP) tentait d’expliquer, voire de justifier, l’engloutissement d’Haïti par des médias, surtout audiovisuels, qui pendant plus d’une semaine n’ont eu d’yeux, d’oreilles et de cerveau qu’états-uniens.

La prudence habituelle de l’AFP nous a offert un bel exercice de solidarité confraternelle en rassemblant, à l’intention de ses clients, un bouquet des meilleurs arguments avancés par les professionnels de la profession pour éclairer le public sur les raisons de ce naufrage journalistique… Ce faisant, l’agence a, partiellement, dispensé Acrimed de partir à la recherche de ces pathétiques arguties ! Voici donc les citations livrées en pâture aux médias pour qu’ils en fassent bon usage.

Le « papier d’angle » de l’Agence France presse commence par un constat sans complaisance :

« Les caméras du monde entier restent braquées sur les ravages de Sandy à New York, objet de tous les fantasmes et capitale médiatique, un contraste saisissant avec le traitement journalistique a minima des 50 morts en Haïti laissés dans le sillage de l’ouragan. Images choc de toitures ou de murs arrachés, de voitures inondées, d’incendies, interventions “live” d’envoyés spéciaux, journalistes évoquant “cauchemar” et “champ de destruction”... : les reportages, souvent apocalyptiques, encombrent les journaux télévisés, la presse écrite et en ligne sur le passage de Sandy aux États-Unis, où l’ouragan a fait au moins 42 morts, dont 18 à New York. En comparaison, ses ravages en Haïti, où l’on compte plus de 50 morts, sont passés relativement inaperçus. L’International Herald Tribune consacrait mercredi sa “une” et plusieurs articles aux États-Unis, contre une maigre colonne à la situation d’Haïti, rédigée de Mexico. »

Fort bien. Mais à quoi il aurait fallu ajouter que ce n’est pas seulement le passage de Sandy sur les États-Unis qui a donné lieu à une couverture médiatique démesurée, mais aussi, durant les jours qui ont précédé, sa trajectoire et ses caractéristiques, la perspective effrayante de son passage, les préparatifs en vue de son passage ou encore les conséquences de son futur passage sur des évènements aussi importants que l’élection présidentielle ou le marathon de New York. Or, pendant ce temps, l’ouragan était bel et bien passé sur Haïti… Presque une semaine sépare les deux catastrophes. Une semaine durant laquelle Sandy n’a pas quitté le cœur de l’actualité, mais où l’on n’a rien appris ou presque sur le sort des Haïtiens. Mais comme on nous le suggère ensuite…

… C’est la faute au gouvernement haïtien !

« Professionnels et observateurs des médias mettent en avant notamment la communication lente autour de la situation à Haïti », déclare l’auteure du « papier d’angle ». Et que peut l’information indépendante sans communication gouvernementale ? Pourtant, un journaliste – au moins – était « sur place » :

    « “Effectivement, l’ouragan a fait plus de victimes en Haïti [...], mais les autorités sont venues avec ces chiffres plusieurs jours après le passage de Sandy. Faute de moyens sans doute elles n’ont pas réussi à informer à temps”, explique un journaliste sur place, ajoutant que le gouvernement a décrété l’état d’urgence seulement mercredi, une semaine après le passage de Sandy. »

Comme s’il était possible d’informer, surtout dans un pays où l’État est déliquescent, en se contentant de conférences de presse officielles. Pourtant, même quand les autorités ne « communiquent » pas, il reste toujours des fonctionnaires internationaux, des représentations diplomatiques, des ONG, et parfois même une population… Mais à quoi bon, puisque, de toute façon…

… C’est parce qu’on n’avait pas d’images !

« Par ailleurs, poursuit la dépêche de l’AFP, si nombre de journalistes étaient déjà aux États-Unis au moment du passage de Sandy, notamment pour couvrir la campagne présidentielle américaine, peu étaient présents en Haïti. » S’il y en avait « peu », c’est donc qu’il y en avait… Si BFM TV ou TF1, comme la suite nous l’apprend, ne disposaient ni de correspondant permanent, ni d’envoyé spécial, on aurait pu penser qu’ils pouvaient disposer d’informations par d’autres sources et proportionneraient leur « couverture » aux enjeux. Que nenni ! Quant à informer, en temps réel, sur les difficultés à informer, plutôt que d’ignorer, purement et simplement en vertu d’une conception de l’information télévisée qui se rend esclave de « l’image », ce qu’il faudrait savoir, c’est évidemment un vœu pieux…

    « “Sur Haïti, on avait très peu d’images et peu d’informations”, souligne Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFM TV, précisant que la chaîne d’info en continu “a commencé par faire un sujet global sur le passage de l’ouragan aux Caraïbes, parce qu’il n’y avait pas de quoi faire un sujet seul” ».

    À TF1, qui n’avait pas non plus d’envoyé spécial à Port-au-Prince, on souligne également qu’“il n’y avait pas énormément de matière, pas beaucoup d’images”, ajoutant : “Aux États-Unis, tout le monde envoie des images, des photos avec son téléphone portable. En Haïti, il n’y a pas cet afflux”. »

Et l’AFP de commenter : « Aux États-Unis, Sandy a interrompu la campagne électorale, et le nombre impressionnant d’envoyés spéciaux se sont massivement recyclés dans la météo. », sans suggérer à l’anonyme de TF1 de demander à Bouygues d’offrir des téléphones portables aux Haïtiens pour qu’ils puissent prendre des photos – comme tout le monde.

… C’est parce que les États-Unis, c’est « majeur » et « symbolique » !

Hervé Béroud ne disposait pas d’images, mais il a des idées. C’est sans doute pourquoi, nous dit l’AFP, il « insiste » :

    « “C’est un événement rarissime, un des ouragans les plus violents aux États-Unis, à une semaine de l’élection présidentielle. C’était une double raison majeure pour justifier la couverture”. »

Reconnaissons qu’un violent ouragan sur Haïti n’est pas un « événement rarissime » et qu’il survient rarement « à une semaine d’un élection présidentielle » ! Cela ne justifie en rien qu’on le passe quasiment sous silence. Lorsqu’un ouragan s’abat sur les États-Unis, même ramené aux modestes dimensions de la France, ce n’est pas tout à fait l’équivalent des trombes d’eau qui s’étaient abattues sur François Hollande le jour de son investiture… Mais la « double raison majeure » ne justifie en rien que France 2, puisque nous avons pris cet exemple dans un article précédent (« L’ouragan Sandy a-t-il dévasté France 2 ? ») consacre 30 min aux États-Unis pour 20 s à Haïti. Même en l’absence d’une « double raison majeure », une disproportion équivalente avait prévalu en 2008, comme nous l’avions relevé alors (« L’ouragan Gustav ou la discrimination médiatique selon France 2 »).

Explication supplémentaire ? « À cela s’ajoute une dimension symbolique, liée à la place réelle et fantasmée de New York et des États-Unis », précise la dépêche de l’AFP qui, à défaut d’indiquer qui est la proie de fantasmes (des journalistes, peut-être ?), cède la parole à des spécialistes, pour un peu de « sociologie » au rabais !

François Jost, «  spécialiste des médias »  :

    « “C’est une ville qui vit avec le mythe de l’apocalypse, auquel le 11 septembre a donné une consistance”, […] C’est aussi une ville réputée pour son dynamisme. Le contraste entre cette ville énergique, pleine de monde et le fait qu’elle se retrouve vidée de ses habitants, ça frappe plus qu’Haïti”. »

New York, une « ville énergique », « qui vit avec le mythe de l’apocalypse », se trouvant « vidée de ses habitants. » Il est vrai qu’en comparaison, on connaît déjà si bien Port-au-Prince la populeuse que rien ne vient jamais perturber, la quiétude de son histoire récente et la légendaire indolence de ses habitants... Bref, comparons ce qui est comparable !

Jean-Marie Charon, « sociologue des médias », selon l’AFP, « renchérit » :

    « “Il y a toujours dans notre traitement de l’actualité une surreprésentation des États-Unis et en particulier de New York, qui renvoie à une symbolique particulière et à la place des États-Unis dans le concert des Etats actuel”, […] “Il y a un effet d’amplification et de déséquilibre. »

« Amplification » et « déséquilibre », seulement ? Espérons que la géopolitique des symboles n’était qu’une partie des explications fournies à l’AFP par François Jost et Jean-Marie Charon.

Et si, tout simplement, la géopolitique des grands médias coïncidait avec celle des grands puissances, surtout quand elles comptent parmi « nos amies » et fort peu (voire, dans certains cas, pas du tout) avec la géopolitique de la misère, du moins quand font défaut, à l’usage des télévisions, les images sensationnelle des dévastations.

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Re : Haïti
« Réponse #61 le: 16 novembre 2012 à 22:41:40 »
Et puis il y a surtout une surdimension de la connerie médiatique, qui fait que M.Ubu s'asseoit dessus, avec la complicité de M.Sylvestre.  :pasdrole:
Quelle vertu, quel bonheur peut exister dans un pays où une classe d'individus peut dévorer la substance de plusieurs millions d'hommes?
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Re : Haïti
« Réponse #62 le: 17 novembre 2012 à 11:47:02 »
Eh bien disons que comme l'idée c'est "mort au kilomètres" plus "audience", New York est plus intéressante qu'Haïti au niveau médiatique. Ce qui pose un réel problème, selon moi, ce n'est pas tant la couverture médiatique (perso je déteste les reportages où on montre des ravages juste pour émouvoir le péquin et le contenter dans sa nécessité d'image violentes qui se passent ailleurs ah la la comme je suis en sécurité chez moi.). C'est surtout que probablement la couverture médiatique aurait peut être permis d'obtenir plus d'aide pour les victimes de l'Ouragan.

Voilà où le bât blesse, selon moi. Pour le reste, je me suis toujours dit si j'étais victime d'un truc comme ça et encore capable de tenir sur mes jambes, que ça me rendrait démente de voir des gens me filmer comme divertissement pour d'autres dans leur canapés à l'autre bout du monde.

Quand à l'intérêt médiatique pour New York avant du style "oh mon dieu oh mon dieu", je trouve ça ridicule.

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Re : Haïti
« Réponse #63 le: 22 février 2013 à 12:33:45 »
 :(
Voici une info qui, si elle ne me surprend pas plus que ça, m'attriste profondément . En effet j'ai toujours (malgré tout devrais-je dire) considéré les Nations Unies comme une institution porteuse d'espoir ............ Et bien, là, elle ne se grandit vraiment pas  :pleur3:

Haiti-Choléra : L’ONU rejette la demande d’indemnisation des victimes

Citer
P-au-P., 21 févr. 2013 [AlterPresse] ---

L’ONU a fait savoir jeudi que la demande d’indemnisation présentée contre elle, en novembre 2011, au nom des victimes de l’épidémie de choléra en Haïti, n’était pas recevable.

Dans une déclaration lue par le porte-parole du Secrétaire général Ban Ki-moon, il est indiqué que « l’Organisation a fait savoir aux représentants des plaignants que cette demande n’était pas recevable au titre de la section 29 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies ».

L’ONU indique que Ban a téléphoné au président d’Haïti, Michel Martelly, pour l’informer de cette décision.

Le ministère de la santé publique d’Haiti chiffre à 630,000 le nombre de personnes infectées, dont 350,000 ont été hospitalisées et 7,824 sont décédées depuis l’apparition de la maladie en octobre 2010. (chiffres de janvier dernier)

Plus de 5 mille victimes du choléra en Haïti ont déposé une réclamation de plusieurs centaines de millions de dollars auprès des responsables des Nations Unies.

Le choléra est apparu pour la première fois dans le pays dans une base de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) dans le Plateau Central (Est).

Plusieurs études ont confirmé que la force onusienne est à l’origine du déclenchement de la maladie, mais les Nations Unies ont toujours nié toute implication dans la propagation de l’épidémie.

Des secteurs sociaux et politiques haïtiens ainsi que des organismes internationaux n’ont jamais cessé de demander à l’Onu de dédommager les victimes.

Ban Ki-moon réaffirme qu’il est « extrêmement sensible » aux « terribles souffrances » causées par l’épidémie et demande à tous les partenaires présents dans le pays, ainsi qu’à la communauté internationale, « d’œuvrer ensemble afin que les conditions de santé s’améliorent pour le peuple haïtien, et qu’un avenir meilleur s’ouvre à lui ».

Si la prise en charge des victimes a été assurée en grande partie par des organisations humanitaires depuis le début de la crise, le manque de fonds a poussé plusieurs acteurs à se retirer. Des flambées de cholera continuent ainsi de surgir, notamment dans les zones qui n’ont pas de couverture sanitaire et où l’accès à l’eau se révèle critique.
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Re : Haïti
« Réponse #64 le: 11 mars 2013 à 05:43:14 »
Voui, certes...., scandaleux, mais pas plus pas moins que la "dette d'Haïti vis à vis de la France"..., pour avoir "lésé les exploitants d'esclaves dans les plantations françaises", par leur création du pays d'esclaves libérés, nope   :| ? "Dette" absolument insoutenable vis à vis du glorieux pays des Droits de l'Homme, et qui a été acquittée de gré ou force, y compris par l'entremise du bon docteur FMI, jusqu'à ce me semble le début des années 1970....., ça en fait du pognon, qui aurait permis l'essor de la petite République.  tresfache

Bref, les Haïtiens eux-mêmes finissent par penser que leur pays est maudit...., mais depuis des siècles on les y aide bien, et sur ce coup là notre biau pays a bien été sur la ligne de front.  :rougefache:

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Re : Haïti
« Réponse #65 le: 14 mars 2013 à 14:25:57 »
Une petite info qui a retenu toute mon attention ..... et un RV que je note dans mes tablettes !

Citer
P-au-P, 12 mars 2013 [AlterPresse] ---Le documentaire ‘’Assistance mortelle’’ du cinéaste haïtien Raoul Peck sera projeté à la presse, en sa présence, le mercredi 20 mars 2013, au local de « Arte » (la chaine culturelle) en France, apprend AlterPresse.

Ce documentaire sera aussi diffusé sur la même chaîne le 16 avril 2013.

Le film documentaire a été présenté en première mondiale, le samedi 9 février 2013, au festival international du film de Berlin (Allemagne) qui s’est déroulé du 7 au 17 février.

Il expose l’échec de l’assistance de la communauté internationale, donnée à Haïti, suite au terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010 ayant occasionné 300 mille morts, autant de blessés et plus de 1,5 million de sans-abris.

Le documentaire retrace les défis, les efforts colossaux et contradictoires, relatifs à la reconstruction, en préconisant une seule issue plausible : arrêt immédiat des politiques d’aide et des pratiques actuelles
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Re : Haïti
« Réponse #66 le: 10 mai 2013 à 09:08:16 »
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Les victimes du choléra en Haïti menacent de traîner l'ONU en justice

Au total plus de 650 000 personnes ont été touchées par le choléra en Haïti depuis 2010.

Les victimes de l'épidémie de choléra qui sévit en Haïti depuis plus de deux ans, et attribuée par certains experts à des casques bleus, ont donné mercredi 8 mai soixante jours aux Nations unies pour obtenir un accord d'indemnisation, sous peine de procès. Au total plus de 650 000 personnes ont été touchées et 8 100 personnes sont mortes depuis octobre 2010.

L'Institut pour la justice et la démocratie en Haïti (IJDH), basé aux Etats-Unis, affirme représenter à présent plus de 8 000 victimes et familles de victimes. Son directeur, Brian Concannon, précise que la plainte intentée à l'ONU pourrait être déposée à New York et éventuellement en Europe. En cas de procès, l'IJDH demanderait des milliards de dollars de compensations :  100 000 dollars pour chaque mort, et 50 000 dollars pour chaque personne infectée par l'épidémie. "Nous attendons une réponse rapide et adéquate de l'ONU. Immunité ne veut pas dire impunité", a ajouté M. Concannon.

CAMPAGNE POUR ÉRADIQUER L'ÉPIDÉMIE

Mi-février, l'ONU avait rejeté une telle demande d'indemnisation, faisant valoir "aux représentants des demandeurs que cette demande n'était pas recevable au titre de la section 29 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies" de 1946, selon le porte-parole de l'organisation, Martin Nesirky.

En juin 2011, une étude publiée par les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) avait conclu que le choléra avait été introduit en Haïti par des casques bleus népalais. Mais l'ONU n'a jamais reconnu sa responsabilité dans l'épidémie, estimant impossible de déterminer formellement l'origine de la maladie. M. Nesirky avait aussi souligné en février les efforts déployés par les Nations unies pour traiter l'épidémie et améliorer les infrastructures sanitaires en Haïti.

En décembre, l'ONU a lancé un appel de fonds de 2,2 milliards de dollars afin de financer une campagne pour éradiquer l'épidémie. Ce programme, sur dix ans, sera centré sur l'amélioration des conditions sanitaires, la fourniture d'eau potable et une nouvelle méthode orale de vaccination.


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Re : Haïti
« Réponse #67 le: 09 décembre 2013 à 18:31:20 »
Quand un pays est dans une telle détresse, une grande misère, on voit arriver les vautours à la recherche de main d’œuvre quasi gratuite... :fache1: :fache1:

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Dans les usines textiles d’Haïti, salaires de misère et répression syndicale

Haïti a émergé ces dernières années comme un important pourvoyeur de main d’oeuvre bon marché pour le secteur textile. Dans les usines des zones franches haïtiennes, des milliers d’ouvrières fabriquent des vêtements pour Gap, Walmart ou Levi’s. Dirigeants économiques et politiques refusent d’améliorer leurs salaires et leurs conditions de travail pour maintenir la « compétitivité » du pays face à la concurrence du Bangladesh et du Cambodge...

Les ouvriers haïtiens viennent d’obtenir une augmentation minimale de leurs salaires, qui sera porté de 200 à 225 gourdes (4,65 à 5,23 dollars). Un montant qui ne suffira pas à leur assurer des revenus décents, et qui est aussi très éloigné des 500 gourdes revendiquées par les travailleurs du textile à l’occasion de plusieurs manifestations de rue au cours du mois de novembre.

Il n’est pas certain non plus que les ouvriers du textile voient réellement la couleur de cet argent, les vols de salaires étant fréquents dans les usines. Des visites de terrain effectuées par l’Organisation internationale du travail (OIT) et d’autres institutions internationales ont établi que la majorité des ouvrières ne recevait le salaire minimum théorique de la branche qu’une fois sur quatre !

Selon le reportage de l’Inter-Press Service (IPS), les zones franches d’Haïti abritent 30 000 ouvrières textiles. Les usines, dirigées par des Haïtiens, des Dominicains et des Sud-Coréens, travaillent principalement pour de grandes marques américaines. Leurs patrons se sont unis pour refuser une amélioration du sort des ouvrières au nom de la nécessité de « préserver la compétitivité d’Haïti » face à ses « grands rivaux », le Bangladesh, le Cambodge et le Vietnam. Autant de pays connus pour abriter des usines textiles où règnent des conditions de travail catastrophiques, avec des salaires très bas (lire notre dossier). Il y a quelques années, l’ambassade des États-Unis était intervenue pour bloquer un premier projet d’augmentation des salaires.

Zones franches, dispenses fiscales, répression syndicale latente... Suite au tremblement de terre de 2010, une politique de libéralisation agressive a été menée en Haïti, sous l’inspiration des élites politiques et économiques étasuniennes (notamment celle de Bill Clinton). De nombreuses usines en bas de chaîne de production s’y sont installées. Comme le dit si éloquemment le slogan officiel du gouvernement haïtien, Haiti is open for business ! (« Haïti est ouverte au business »)...

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Re : Haïti
« Réponse #68 le: 09 décembre 2013 à 19:18:08 »
Oui, le libéralisme n'pas toujours besoin de créer la misère dont il se nourrit.
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Re : Haïti
« Réponse #69 le: 09 décembre 2013 à 20:53:46 »
Quoique ...... si on remonte un peu plus loin dans l'histoire (avant le tremblement de terre ...) le libéralisme a, en Haïti, largement pris le relais du colonialisme, pour créer les conditions de cette misère  :triste1: .... Je dirais même que c'est en Haïti que le "neo-colonialisme" a eu l'occasion de se créer et de faire ses armes (à commencer par la France, qui a été merveilleusement relayée par les Zé'tas-zunis (colonialisme en 1915, puis néo-colonialisme agressif quand ils se sont fait lourdés non par la force, mais par leur propre incapacité à supporter la résistance "passive-agressive" de la population  :diable:))

Citer
Il y a quelques années, l’ambassade des États-Unis était intervenue pour bloquer un premier projet d’augmentation des salaires.

Je crois que j'avais relayé cette info sur le fofo dès que j'en avais eu connaissance (flemme de chercher, navrée  :mrgreen:)

Citer
Zones franches, dispenses fiscales, répression syndicale latente... Suite au tremblement de terre de 2010, une politique de libéralisation agressive a été menée en Haïti, sous l’inspiration des élites politiques et économiques étasuniennes (notamment celle de Bill Clinton). De nombreuses usines en bas de chaîne de production s’y sont installées. Comme le dit si éloquemment le slogan officiel du gouvernement haïtien, Haiti is open for business !

J'ignorais que de nouvelles usines s'y soient ouvertes  ( :( pas facile d'avoir des infos factuelles en dehors des catastrophes, en fait) .... mais ça n'a rien de nouveau  :X: lorsque j'y vivais , ça fait une quinzaine d'années à présent, les usines textiles étaient déjà existantes avec des conditions de travail révoltantes ..... sauf que la misère ambiante (autour) était telle que les gens qui y travaillaient étaient "presque" privilégiés (genre vie de cauchemard, mais certitude qu'ils pourraient mettre un minimum à bouffer dans l'assiette de leurs mômes le lendemain .... pour les mettre à l'école, c'était pas gagné c'est sûr) .... bon évidemment, ça a pas dü s'arranger  :pleur3:
Bordel, ils sont où les soi-disant centaines de millions de dollars que nous avons donné pour redresser ce pays  :fache1:

edit :
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et qui est aussi très éloigné des 500 gourdes revendiquées par les travailleurs du textile à l’occasion de plusieurs manifestations de rue au cours du mois de novembre.
Euhhh, ça, je le perçois plutôt comme une vraiment  bonne nouvelle, en fait ! Car même si il y a répression syndicale, cela veut dire qu'il existe un mouvement syndical (ce qui était totalement inexistant, ou presque, lorsque j'y travaillais !
« Modifié: 09 décembre 2013 à 20:57:02 par reveillonsnous »
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Re : Haïti
« Réponse #70 le: 13 décembre 2013 à 15:25:53 »
 :fleur1: :fleur1: :fleur1:
Je triche un peu en mettant ceci sur le fil "Haïti" .... mais pas tant que ça  :]
On ne dit jamais assez que Haïti est un grand pays de littérature française  :coeur: :coeur: Or voici qu'un Haïtien vient de rentrer à l'Académie Française  :super: Un auteur que j'apprécie beaucoup, comme je crois l'avoir déjà écrit sur le forum !


Académie française : Dany Laferrière, nouvel immortel
ça ne m'étonnerait pas qu'il dépoussière quelque peu l'ambiance  ::d
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Re : Haïti
« Réponse #71 le: 13 décembre 2013 à 15:47:44 »
c'est uine trés bonne nouvelle  :super: bravo Monsieur Laferrière  :merci:

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Re : Haïti
« Réponse #72 le: 12 janvier 2015 à 12:53:55 »
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Cinq ans après : Les cicatrices du tremblement de terre en Haïti


Le séisme qui a frappé Haïti en 2010 est un souvenir douloureux pour plusieurs Haïtiens de la diaspora, incluant ceux de l'Ontario.

Malgré les efforts de reconstruction, il reste encore beaucoup à faire sur l'île pour redonner son éclat à celle que l'on appelait autrefois la Perle des Antilles. Alors que la communauté internationale poursuit ses efforts en Haïti, certains membres de la communauté haïtienne en Ontario se sentent très loin de leur pays depuis le tremblement de terre.

Kettly Excellent habite Toronto depuis six ans et se souvient du 12 janvier 2010 comme si c'était hier. Elle est demeurée sans nouvelles de son fils, qui habite Port-au-Prince, pendant les quatre jours qui sont suivis le séisme, avant d'apprendre qu'il était sain et sauf.

Selon elle, le séisme a frappé tous les Haïtiens, sur l'île, et dans la diaspora.
« Le peuple haïtien nous sommes tous des frères et c'est horrible de penser qu'il y a encore 85 000 personnes qui vivent sous des tentes. » — Ketty Excellent, ressortissante haïtienne de Toronto

Kettly Excellent multiplie les voyages dans son pays d'origine, pour voir sa famille, mais aussi pour aider les siens grâce à un organisme qu'elle a lancé, en 2010.

Encore beaucoup à faire

Le président de la maison d'Haïti à Toronto, Adolphe Fougère, retourne lui aussi chaque année dans son pays d'origine. Il a pu constater les progrès des travaux de reconstructions qui, selon lui, sont encore loin d'être terminés. « Maintenant il faut que l'État haïtien obtienne de l'aide pour se reconstruire (...) Les bouteilles d'eau et l'humanitaire ce n'est pas assez », affirme-t-il.
Entrevue avec Adolphe Fougère, président de la maison d'Haïti à Toronto

La Croix-Rouge canadienne est au nombre des organismes qui participent, depuis le tremblement de terre, aux efforts de reconstruction. L'organisme a dépensé plus de 185 millions de dollars en Haïti depuis le séisme.

Le bénévole Guy LePage croit que beaucoup a été accompli. « Personne n'aurait pu dire ça va prendre cinq ou dix ans tellement c'était énorme! On a fait beaucoup, et il reste encore beaucoup à faire ».

La Croix-Rouge canadienne travaille, entre autres, à la formation des jeunes pour réagir de manière sécuritaire en cas de séisme et à l'établissement de cliniques pour la prévention, entre autres, du choléra.

En chiffres :

    Séisme : plus de 200 000 morts
    Nombre de personnes sans logement immédiatement après le tremblement de terre : 1,5 million
    Nombre de personnes vivant toujours sous les tentes à Port-au-Prince : 79 000
    Argent dépensé en Haïti depuis le séisme par la Croix-Rouge canadienne : 190 millions de dollars








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Re : Haïti
« Réponse #73 le: 15 janvier 2015 à 18:18:54 »
Ben, ce bel optimisme ne semble pas vraiment partagé vu d'Haïti  :triste1:

Billet du Réseau haïtien de défense des droits humains

Et il se trouve par ailleurs qu'il y a une grosse résurgence du choléra :
Haïti-Choléra : La communauté humanitaire inquiète face à de nouvelles flambées
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Re : Haïti
« Réponse #74 le: 08 octobre 2016 à 11:35:38 »
« Modifié: 08 octobre 2016 à 11:38:04 par reveillonsnous »
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Re : Haïti
« Réponse #75 le: 14 octobre 2016 à 19:18:40 »

Le premier article intelligent que je lis depuis le passage de l'ouragan Matthew sur Haïti !

  Haïti : une catastrophe annoncée 

A pa malédisyon ! Se eksplwatasyon ! Tel est le titre en créole de l’éditorial du journal Combat ouvrier (Union communiste internationaliste - UCI), publié par nos camarades des Antilles, après le passage meurtrier de l’ouragan Matthew sur les départements méridionaux d’Haïti.

Des centaines de morts selon le bilan officiel, peut-être un millier, des centaines de milliers de sans-abri, la faim, le choléra qui menace : la population pauvre de ce pays de 10 millions d’habitants vient de subir une nouvelle catastrophe, d’origine naturelle certes, mais dont les effets sont largement décuplés par l’incurie d’un État dirigé par une bourgeoisie égoïste et avide. (...)
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Re : Haïti
« Réponse #76 le: 15 octobre 2016 à 12:01:40 »

 Voici à quoi ressemble le quotidien dans ce coin d'Haïti dévasté par le cyclone , l'article me semble très fidèle à ce que doit être la réalité  :/

  En Haïti, la colère gronde contre la gestion catastrophique de l’aide 
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