Auteur Sujet: Racisme en Europe  (Lu 16403 fois)

Hors ligne old machin

  • old machin
  • Smart Citoyen
  • *
  • Messages: 2858
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #50 le: 30 octobre 2013 à 05:51:56 »
Déclaration aux gendarmes  des gosses rendus à leurs parents : "On ira cracher sur vos tombes".....!!!!! :jesors:

Hors ligne bili

  • Smart Citoyen Courageux
  • Messages: 3168
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #51 le: 30 octobre 2013 à 12:19:30 »
Pathétique et en plus la citation n'est même pas d'eux ,c'est une reprise.
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

Hors ligne old machin

  • old machin
  • Smart Citoyen
  • *
  • Messages: 2858
Re : Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #52 le: 01 novembre 2013 à 16:33:37 »
Pathétique et en plus la citation n'est même pas d'eux ,c'est une reprise.

Euh , Bili, bien sûr que ce n'était pas une citation des dits gosses, mais jemôa essayant - pauvrement certes - de faire de l'humour inversé, s'pas, entre la situation du "nègre blanc" décrite par le cher Vernon Sullivan, alias Boris Vian, et celle des ch'tiots Roms blonds.....je re-re-sors !.... :diable: :diable:

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5009
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #53 le: 01 novembre 2013 à 19:50:47 »
....et on tuera tous les affreux !
Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne bili

  • Smart Citoyen Courageux
  • Messages: 3168
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #54 le: 01 novembre 2013 à 20:50:06 »
Citer
Euh , Bili, bien sûr que ce n'était pas une citation des dits gosses, mais jemôa essayant - pauvrement certes - de faire de l'humour inversé, s'pas, entre la situation du "nègre blanc" décrite par le cher Vernon Sullivan, alias Boris Vian, et celle des ch'tiots Roms blonds.....je re-re-sors !.... :diable: :diable:
Pfff... on ne me dit jamais rien à moi, dommage j’aurai bien aimé qu'elle soit vraie. :diable:
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

Hors ligne Lady Marwina

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 7362
  • Le Chwanana est Grand
    • Avanti-populo.com
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #55 le: 08 janvier 2014 à 17:57:14 »
J'ai vu cette info reprise sur plusieurs sites:
Citer
HISTOIRE - Agé de 88 ans, il aurait participé au meurtre de 642 habitants de ce village en juin 1944...

Le 10 juin 1944, 642 habitants du village d’Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, étaient massacrés par les forces allemandes. Ce mercredi, près de soixante-dix ans plus tard, un octogénaire a été inculpé pour sa participation au crime, a indiqué letribunal de Cologne, en Allemagne.

L'octogénaire est accusé d'avoir personnellement tué 25 personnes et d'être «complice du meurtre de plusieurs centaines» d'autres lors des exactions commises par des SS durant la Seconde Guerre mondiale, a précisé le tribunal dans un communiqué. Il s'agit du plus important massacre de civils perpétré en France par les armées allemandes.

Selon France 3, l'homme est un retraité de 88 ans, ancien membre d’un bataillon SS. Le parquet de Dortmund avait ouvert une enquête il y a plus d’un an, après avoir identifié six personnes impliquées dans le massacre.


Comme quoi, il y en a encore pas mal qui courent encore dans la nature. On en a pas tout a fait fini avec les suites à donner...
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5009
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #56 le: 09 janvier 2014 à 06:06:04 »
Pour les tribunaux français, il y a prescription pour les meurtres, pas en Allemagne, c'est pour ça qu'Hollande a "suggéré" au président Gauck que les choses se bougent en Allemagne.
Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne raja

  • Administrateur
  • Pata Citoyen
  • *****
  • Messages: 28612
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #57 le: 11 janvier 2014 à 15:06:57 »
Un beau geste qu'on ne verrait surement pas se produire en France...


Citer
Une mosquée profanée fleurie par les habitants de Stockholm

Dans la nuit du 1er au 2 janvier, les portes d’une mosquée de la capitale suédoise avaient été taguées de croix gammées, énième profanation d’un lieu de culte musulman au sein de l’espace européen.

La communauté musulmane locale a alors eu l’immense plaisir de découvrir, le lundi suivant, que les gribouillis presque effacés avaient été couverts de fleurs, littéralement scotchées à la porte ou en pots, devant l’édifice.



Un mot était également présent : « Pour chaque acte haineux, voici une fleur » affichait-il, ainsi que « Une attaque contre vous est une attaque contre la Suède, nous sommes avec vous ! ».

    L’imam Omar Mustafa affirme au journal « The Local » : « Je pensais que la société partait dans la mauvaise direction. Mais maintenant, mon opinion a radicalement changé à 180 degrés… Les membres de la congrégation sont arrivés pour la prière matinale à 7h du matin et m’ont appelé pour me dire qu’il y avait des fleurs devant la mosquée. Ils m’ont alors envoyé une photo et j’ai senti une force, un  nouvel encouragement. »

    Se remémorant la profanation, il ajoute « Nous sommes habitués à recevoir des e-mails et des lettres plein de haine, mais c’était jusqu’ici irréel. Mais je n’avais encore jamais vu quelque chose de ce genre avant, directement sur la porte d’entrée. C’était un message de haine très puissant. »

Un geste ô combien touchant pour tous les musulmans dans ce climat de méfiance et d’exclusion !

En 2013, environ 300 crimes islamophobes ont été recensés en Suède mais Omar Mustafa reste persuadé, comme la majorité de sa communauté, que les suédois sont « contre le racisme ».

Une belle leçon qui montre que le musulman ne doit pas désespérer de la miséricorde que son Seigneur peut insuffler en son prochain, un souffle d’espoir qui subsiste.

Hors ligne The Twit

  • Sarkophobe
  • Messages: 31
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #58 le: 11 janvier 2014 à 19:52:29 »
Bien que  je n'adhère a aucune religion. Il est un devoir moral,que l'on doivent respecter. Les religions.

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5009
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #59 le: 12 janvier 2014 à 06:13:06 »
Citer
on doivent respecter. Les religions.
On doit respecter les gens ; une religion, si on n'y croit pas, il n'y a aucune raison de la "respecter."
Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne Lady Marwina

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 7362
  • Le Chwanana est Grand
    • Avanti-populo.com
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #60 le: 12 janvier 2014 à 22:12:40 »
Je suis assez d'accord. Respecter les gens est essentiel, les religion: non.
Ceci dit, respecter les gens passe par un minimum de respect de leur environnement, donc des lieux de cultes.
Il n'y a aucune raison valable de s'attaquer aux lieux de cultes tant que la religion concernée ne s'attaque pas à nos droits, et, encore il faut que les provocations soient proportionnées et ne causent pas des dommages irrémédiables connexes (comme la destruction d'œuvre d'art, de mobilier précieux ou de bâtiments classés, etc).

Je précise pour cette histoire de droits car je trouve parfaitement légitime les provocations FEMEN en réponse aux attaques des cathos sur l'avortement. Mimer un avortement dans une église est infiniment moins grave que de prévoir de forcer des centaines de femmes à recourir à la méthode du cintre ou des aiguilles à tricoter, au risque de mourir d'une infection ou d'une hémorragie. Les cathos ne sont pas obligés de se battre contre le droits de femmes à disposer de leur corps et ceux qui participent à cette guerre sont une engeance méprisable qui mérite de crouler sous les actions blasphématoires ciblées.
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5009
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #61 le: 23 janvier 2014 à 21:07:49 »
Les Révolutions Oranges et les Printemps, les JT sont maintenant rodés pour nous fournir les images émotion convenues, e.g. jolie fille blonde qui tend de manière infantile une fleur aux sinistres nervis de la tyrannie, mais à Kiev, il y a du nouveau !
On a déjà vu une fille (non-adepte des Femen) mimer la même scène avec un crucifix, mais aujourd'hui il y avait mieux :



L'Opposition Ukrainien est maintenant fortement noyautée par les groupes d'extrème droite, russophones, racistes, religieux, qui n'ont que faire d'un accord hypothétique (et maintenant complètement caduc) avec l'UE !
« Modifié: 24 janvier 2014 à 01:14:09 par oblomov »
Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne reveillonsnous

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 5844
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #62 le: 24 janvier 2014 à 00:59:20 »
Heu ..... effectivement ça bouffait tellement tout l'écran que je n'ai même pas réussi à voir de quoi il s'agissait vraiment  :/
Je redimensionnerais bien l'image si je savais comment faire , mais ce n'est pas le cas  :aille: ..... si quelqu'un d'autre sait y faire  ;) :] :] :]
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
Warren Buffett

"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
Theodore Monod

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5009
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #63 le: 24 janvier 2014 à 01:27:33 »
@reveillonsnous : Je l'ai redimensionné, on voit moins l'effet Alexandre Nevski, mais tu vois un peu de quoi je parlais.


Ce n'est quand même pas Mai '68 On Ice.
Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5009
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #64 le: 20 février 2014 à 15:05:50 »
L'Europe se ridiculise une fois de plus...les "sanctions" envisagées contre les méchants dirigeants de l'Ukraïne sont comme d'hab du pipi de chat...Geler les avoirs qu'ils auraient mis de coté dans les paradis fiscaux (Chypre, Londres) d'accord, quoique plus facile à dire qu'à faire.
Retirer à ces vilains leurs visas pour l'UE est plus problématique, actuellement les Ukraïniens n'ont pas besoin de visa, il va falloir retablir le système de visas pour pouvoir les retirer...
Sinon...nada !

Une fois de plus, on nourrit ces pauvres gens avec de vains espoirs.

Libye, Syrie, et maintenant l'Ukraïne, on promet l'intervention et de l'aide, en fin de compte on leur donne BHL, les pétitions et les lettres ouvertes à la con .
Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne Le sang coule

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5919
  • ANTICAPITALISTE ANTIFASCISTE
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #65 le: 20 février 2014 à 16:20:17 »
Ce conflit est complexe. J'en connais très mal les enjeux géopolitiques (quelqu'un peut-il nous éclairer ?)
Mais il n'y a pas que du beau monde qui défile, le rôle de l'extrême-droite demeure pour l'instant assez flou il me semble.

Et puis quoi, se sortir du joug de Poutine, pour tomber dans les bras d'une UE anti-démocratique au possible ? L'autodétermination du peuple ukrainien parait ici bien illusoire malheureusement...
Aboutd'nerf-iste

Hors ligne oblomov

  • Smart Citoyen Prometteur
  • Messages: 5009
  • Alles was mich nicht umbringt macht mich stärker!
    • oblomov.fr
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #66 le: 20 février 2014 à 18:00:38 »
La situation est loin d'être une simple division pro-UE/pro-russe.

Les ultra-nationalistes genre Svoboda qui sont le fer-de-lance de la protestation ont pour but de zigouiller les youpins et les "muscovites..." Dans leurs têtes, on est encore en 1943.

Au départ, Ianoukovitch n'avait pas complètement tort quand il a rejeté le deal plutôt merdique de l'UE (qui veut bien s'approcher d'une énième pays à main d'oeuvre bonne marché) qui aurait eu comme effet la destruction/dépéçage de l'industrie Ukraïnienne, ou ce qui en reste, laissant seulement les céréaliers face aux spéculateurs...

De l'autre coté, les "oligarques" (mafia) locaux, presque les seuls soutiens de Ianoukovitch, ne sont pas chauds non plus à l'idée de de faire concurrence aux "oligarches" (mafia) Russes, qui sont d'un autre gabarit !
Ils préfèreraient le status quo...ça, par contre, c'est raté !

À part les pauvres innocents qui imaginent que l'UE soit quelque chose de bien, il y a des Ukraïniens russophones, des Russes tout court, les nationalistes plus ou moins nazis...le bordel.

Le tout chapeauté par les religieux orthodoxes des plus bornés !

"L'ennemi de mon ennemi" est une stratégie à très court terme, ça n'a jamais marché, d'ailleurs, yaka voir tous les autres "printemps !"

Quand l'Ukraïne est sorti de la CEI, en échange de l'arsenal nucléaire et militaire cédé à la Russie, la Russie reste légalement ultime garant de la sécurité interne et externe du pays.
Poutine n'apprécie guère Ianoukovitch, qu'il considère comme un crétin ; il est accusé par les media Russes d'être incapable de prendre une décision nette de mater l'opposition, son incurie ayant laissé pourrir la situation (et a favorisé la montée des fascistes, sur quoi ils n'ont pas tort.)
Le travail est l'opium du peuple !

Hors ligne raja

  • Administrateur
  • Pata Citoyen
  • *****
  • Messages: 28612
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #67 le: 24 janvier 2015 à 13:06:42 »
Citer
Pegida : comment une poignée d'islamophobes a fait descendre 25 000 personnes dans la rue

Ils étaient 200 en octobre et 25 000 en janvier, à Dresde. Francetv info retrace l'ascension fulgurante des "Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident".

Cheveux plaqués sur la tête, moustache carrée et regard fou. La photo de Lutz Bachmann grimé en Adolf Hitler, révélée dans la presse allemande, mercredi 21 janvier, a porté un sérieux coup à Pegida : le leader des "Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident", qui a réuni des milliers de personnes dans les rues mi-janvier, a dû démissionner dans la foulée. Les Allemands, toujours marqués par le passé nazi du pays, goûtent peu son humour douteux.

Chiens interdits, mais pancartes racistes autorisées

Lorsque le mouvement Pegida démarre, en octobre 2014, les premiers rassemblements sont pourtant loin de ressembler à des défilés de chemises brunes. A Dresde, grosse agglomération conservatrice de plus de 500 000 habitants, ils sont quelques centaines et passent inaperçus pendant plusieurs semaines. Ils arpentent calmement les rues, tous les lundis soir, au cours de "promenades", selon leurs mots, dans lesquelles l’alcool, les bouteilles de verre et les chiens sont bannis. Mais pas les pancartes aux slogans racistes comme "Döner verbot" ("Interdiction des kebabs") ni les photos retouchées de la chancelière Angela Merkel portant le voile à la manière des femmes turques.

L'évènement à l'origine de leur mobilisation ? Une petite manifestation de Kurdes dans le centre de Dresde, qui a fait exploser la colère de Lutz Bachmann. Très agacé, il filme la scène et publie la vidéo sur Youtube, avant de partager sa haine des étrangers sur les réseaux sociaux. Lui, Kathrin Oertel et quelques autres amis décident de s’unir contre "ceux qui portent leurs querelles dans les rues" de Dresde.

Plus de crânes rasés que d'enfants de chœur

Le message se diffuse à grande vitesse. A Dresde, la police de l’Etat de Saxe voit les rangs de Pegida doubler chaque semaine. Ces militants, officiellement "anti-islamisation" reprennent les slogans des "Montagsdemo", les grandes manifestations pacifistes qui à partir du printemps 1989 ont amorcé la révolution qui a conduit à la chute du Mur de Berlin. C’est à une centaine de kilomètres de Dresde, à Leipzig, dans les églises luthériennes, que les premiers groupes clandestins se réunissaient. Mais aujourd’hui, ces églises s’éteignent pendant les "promenades" de Pegida, en signe de désapprobation.

A l’approche des fêtes de fin d’année, près de 20 000 personnes entonnent des chants de Noël chrétiens dans la rue. Dans la foule apparaissent plus de costauds au crâne rasé que d’enfants de choeur, mais aussi des citoyens discrets, issus de la classe moyenne. Entre deux cantiques, la parole raciste se libère. "On n’a pas besoin des étrangers, on a besoin de travail pour les Allemands", revendique une "promeneuse" de Pegida, devant une caméra de France 2.

Les organisateurs verrouillent toute communication, ne s’expriment que sur les réseaux sociaux ou lors de conférences de presse strictement encadrées. Lutz Bachmann et ses partisans se méfient de la "Lügenpresse", la presse menteuse. Un terme qui, comme l’a rappelé le discret président allemand Joachim Gauck, jeudi, "était un cri de guerre nazi".

Pegida accuse les médias de mentir, mais tente tout de même, depuis début janvier, de s’approprier le slogan "Je suis Charlie" qui a déferlé sur la France et de nombreux pays pour défendre la liberté de la presse, après les attentats qui ont fait 17 morts à Paris. Lutz Bachmann sort d’ailleurs sa carte "On vous l’avait bien dit" pour justifier son idéologie, d’autant plus quand son rassemblement du 19 janvier, est annulé, à Dresde, en raison de menaces terroristes.

Un "Hitler-selfie" gênant

Problème : au même moment, des dossiers compromettants pour les leaders commencent à émerger. La presse retrouve le "Hitler-selfie" de Bachmann sur sa page Facebook et la publie. Les explications de l’intéressé, qui invoque l’humour et le Dictateur de Charlie Chaplin, ne convainquent guère...

Kathrin Oertel, son bras droit, répète à l’envi qu’elle est "une femme très normale", mais peine à faire oublier le casier judiciaire d’ancien braqueur de Bachmann, ses liens avec des hooligans d’extrême-droite, ou sa fuite vers l’Afrique du Sud pour échapper à la justice allemande.

A vendre : "Mein Kampf", à partir de 100 euros

C'est peut-être la seule de la bande qui amuse les Allemands. Dans une vidéo vue plus de 500 000 fois, une humoriste parodie les tutoriels qui foisonnent sur Youtube, pour apprendre à se maquiller comme une "Pegida-girl" : les cheveux bien tirés en queue-de-cheval, une "couche bien épaisse de fond de teint deux tons plus sombre que votre peau, pour masquer vos émotions", et surtout "pas de vrais sourcils, car vous n’en avez pas besoin".

Mais il y a plus sulfureux encore dans la galaxie Pegida : Legida, son émanation à Leipzig, plus radicale encore. Cette branche-là compte de véritables nostalgiques de l’Allemagne nazie, dont un avocat proche du NPD, le parti néonazi allemand et Jörg Hoyer. Ce dernier revend sur internet quelques souvenirs du Troisième Reich, raconte Die Welt (en allemand) : des exemplaires de Mein Kampf à 100 euros, des boucles de ceintures de soldats SS, et des médailles militaires des années 1933 à 1945.

Cette vague anti-islam, qui a connu un pic mi-janvier, rencontre désormais une très vive opposition dans la société allemande. A Leipzig, elle s’est fracassée, mercredi 21 janvier, sur les chaînes humaines formées par de jeunes militants proches de l’extrême-gauche, à Leipzig.

Mais l'Allemagne reste en alerte. Ces manifestations ne sont "que la partie émergée de l’iceberg", explique le chercheur en sciences sociales Johannes Kiess à francetv info. Avec Pegida, les propos racistes sont devenus "salonfähig", littéralement "acceptables dans les salons de thé" et un parti politique peut encore en profiter. Les eurosceptiques de Alternative für Deutschland (AfD) ne cachent pas leur volonté de récupérer ces potentiels électeurs.

Hors ligne syberia3

  • Smart Citoyen Courageux
  • Messages: 4264
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #68 le: 24 janvier 2015 à 13:51:37 »
Cela fait deux ans que je me tâte pour partir en Amérique latine , il me semble qu'il est urgent que je prenne ma décision . Ça  fout les jetons . Cette belle idée de l'Europe pourvoyeuse de Paix entre les Peuples est en train de s'écraser sur nos têtes . Au risque d'attirer le point Godwin je trouve qu'il y a un peu partout une ambiance munichoise . Mais rassurons-nous : LES MARCHES SE PORTENT BIEN !  :frime1: et peuvent par conséquent dire désormais merci aux muslims , les nouveaux parias dont j'ai peur qu'un fou furieux ait l'idée de les faire rôtir sur les chemins ukrainiens traversés par Gazprom !
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

Hors ligne Val

  • Administrateur
  • Smart Citoyen Incurable
  • *****
  • Messages: 19238
Re : Extrême droite, racisme en Europe
« Réponse #69 le: 25 janvier 2015 à 17:55:03 »
Evidement, c'est passé, mais c'aurait été intéressant d'avoir des interviews plus fouillées de tous ces gens qui marchent là. D'ailleurs clairement pas seulement anti-musulmans, mais bien xénophobes à gros grains, "l'étranger" étant encore celui qui vient "manger le pain des allemands" .
Tiens ça nous rappelle quelque chose...
Accessoirement, je me demande combien d'immigration en Allemagne est "non européenne"...

Parce qu'en angleterre ils couinent sur "l'immigration" et essaie de s'attaquer à "l'immigration" européenne, tout en oubliant allègrement que "l'immigration européenne" leur rapporte des pépètes, en fait.

Donc j'aimerai en savoir plus sur ces soi-disant "étrangers".

Je serai heureuse que les chercheurs en science sociale puissent éventuellement proposer des solutions pour améliorer la situation.  :merci:

Hors ligne raja

  • Administrateur
  • Pata Citoyen
  • *****
  • Messages: 28612
Re : Racisme en Europe
« Réponse #70 le: 10 avril 2017 à 09:15:09 »
De la lecture  :pausecaffé:


Citer
La mécanique raciste

Tout le monde ou presque se dit antiraciste. Pourtant, les discriminations se perpétuent dans des proportions massives, et en toute impunité. La mécanique raciste met à nu, chiffres à l’appui, cette remarquable contradiction. À rebours des discours complaisants faisant du racisme une simple pathologie individuelle ou un réflexe de « peur de l’autre » naturel et compréhensible, Pierre Tevanian souligne son caractère systémique et son enracinement dans notre culture. Soucieux de « connaître pour mieux combattre », il prend le racisme au sérieux et analyse ses ressorts logiques, esthétiques et éthiques, comme il est d’usage de le faire pour tout système philosophique – à ceci près qu’il s’agit ici de déconstruire une manière perverse de raisonner, de percevoir l’autre et de se concevoir soi-même. De ce livre qui paraît aux Editions La Découverte, voici l’introduction.

L’engagement dans différentes luttes politiques [1] m’a, ces dernières années, amené à rencontrer et combattre le racisme sous diverses formes et à l’envisager sous des angles divers : comme concept, comme percept et comme affect [2].

Envisagé sous l’angle de la logique, le racisme se caractérise par plusieurs opérations, dont la combinaison produit une conception du monde, une philosophie, une idéologie qui, à défaut d’être pertinente et estimable, possède une cohérence relative :

–?la différenciation, c’est-à-dire la polarisation de la conscience sur une différence, fondée sur un critère choisi arbitrairement (la race, la culture, la religion, la couleur de peau…) ;

–?la péjoration de cette différence (sa transformation en stigmate, c’est-à-dire en marqueur d’infamie ou d’infériorité) ;

–?la réduction de l’individu à son stigmate (quiconque est – entre autres choses – Noir, Arabe, musulman ou juif, devient « un Noir », « un Arabe », « un musulman », « un juif », et chacun de ses faits et gestes trouve son explication dans cette identité unique) ;

–?la naturalisation, l’essentialisation, l’amalgame, autrement dit l’écrasement de toutes les différences d’époque et de lieu, de classe sociale ou de personnalité qui peuvent exister entre porteurs d’un même stigmate (« les Noirs », « les Arabes », « les musulmans » ou « les juifs » sont « tous les mêmes ») ;

–?la légitimation d’une inégalité de traitement par la moindre dignité des racisés (ils « méritent » d’être exclus ou violentés en tant qu’inaptes ou dangereux).

Pour résumer, le racisme est, sur le plan logique et idéologique, une conception particulière de l’égalité et la différence, une manière d’articuler ensemble ces deux concepts sur un mode particulier : celui de l’opposition radicale. Pour le dire plus simplement encore, le racisme est sur le plan conceptuel l’incapacité de penser ensemble l’égalité et la différence. C’est à cette incapacité – et à sa déconstruction – qu’est consacré le premier chapitre de ce livre.

Sur le plan conceptuel toujours, le racisme implique aussi une métaphysique, une cosmologie, une anthropologie, bref un discours sur l’être, sur l’ordre du monde, sur l’espèce humaine, et plus spécifiquement ce que le philosophe Gottfried Wilhelm Leibniz a nommé une théodicée. Il s’agit d’un discours qui, littéralement, plaide « la cause de Dieu », afin de le défendre contre une accusation en particulier : celle d’avoir créé ou laissé exister un monde réel brutal, injuste, non conforme à ce qu’on est en droit d’attendre d’une instance en principe aussi parfaite que la divinité. En appliquant au monde social et aux pouvoirs politiques ce que Leibniz appliquait au monde naturel et à la puissance divine, on retrouve la même problématique : les dominants ont besoin d’une « théodicée de leur privilège » – ce que Pierre Bourdieu a rebaptisé une sociodicée. La question n’est plus de comprendre comment un Dieu infiniment juste et puissant provoque ou laisse exister le mal sur terre, mais comment un Etat professant la liberté, l’égalité et la fraternité tolère voire entretient d’innombrables discriminations – et la réponse est tout aussi sophistiquée. C’est à cette réponse, et à sa déconstruction, qu’est consacré le second chapitre.

Mais le racisme n’est pas qu’une théorie. Comme toute idéologie, il s’insinue partout et se répercute directement dans la pratique en orientant, informant, construisant notre perception du monde extérieur. Il construit en particulier notre perception du corps de l’autre, ou plus précisément la différence entre notre perception des « autres ordinaires » – appréhendés, sans a-priori négatif, comme des êtres singuliers inconnus – et notre perception de « certains autres », « plus autres que les autres » : les racisés – appréhendés au contraire comme des exemplaires interchangeables d’une série déjà connue, et à ce titre identifiés a-priori comme méprisables, redoutables ou repoussants. En même temps qu’une logique qui pose l’égalité et la différence comme antinomiques, le racisme est donc une esthétique, au sens où l’entend Jacques Rancière : une certaine manière de sentir – et de ne pas sentir [3]. C’est à cette esthétique raciste qu’est consacré le troisième chapitre de ce livre, et à la manière dont elle « fait exister » les racisés comme des « corps d’exception » invisibles, infirmes, ou « furieux ».

Enfin, le racisme n’est pas seulement une manière de penser l’altérité et une manière de sentir l’autre : c’est aussi une manière de se sentir et de se penser. En même temps qu’un rapport au monde et aux autres, c’est un certain rapport à soi. Sartre l’a souligné avec force dans son analyse de l’antisémitisme : adhérer au racisme, c’est non seulement adopter une certaine opinion sur les Noirs, les Arabes ou les Juifs, mais aussi se choisir soi-même comme personne [4]. S’il y a dans le racisme une part de choix individuel, elle réside moins dans le choix de la cible – construite et mise à disposition par la collectivité, en fonction d’enjeux socio-historiques, et simplement reçue en héritage par l’individu [5] – que dans le choix préalable d’un certain mode de vie – et donc d’un certain personnage, d’un certain rôle pour soi-même. Le choix d’une « vie raciste », qu’on peut résumer par le mot privilège. Saisir la perche que nous tend une société, un État, une culture, une tradition racistes, choisir de mépriser, redouter ou détester les Juifs, les Noirs ou les Arabes, c’est en effet choisir pour soi-même la position enviable du « Blanc », de l’ « Aryen », du « vrai Français », bref :

- de celui qui, en infériorisant le groupe racisé, peut se vivre comme supérieur ;

- de celui qui, en l’accusant de tous les maux, peut du même coup s’en innocenter ;

- de celui qui, en choisissant l’aveuglement et les « raisonnements passionnels », échappe du même coup au doute, à l’incertitude, et à l’effort incessant vers le vrai ;

- de celui qui, en s’appuyant sur une discrimination systémique, accède plus facilement à des positions sociales dont sont exclus d’office les discriminés [6].

Pour le dire plus brièvement, le racisme est, sur le plan éthique, le choix d’adhérer à un certain rôle et de jouir d’une certaine position sociale : celle du dominant. C’est à cette question éthique qu’est consacré mon dernier chapitre. J’y aborde la question « Que faire face au racisme ? » du seul point de vue qui m’est accessible : le mien – celui d’un Français d’origine arménienne mais identifié comme blanc, qui appartient, dans les « rapports de race » tels qu’ils sont socialement construits dans notre république postcoloniale, au groupe socialement « légitime ». Il manque donc au moins un chapitre dans ce livre, que je suis par définition moins apte à écrire : celui qui analyserait les multiples manières dont les concepts, percepts et affects racistes font système, alimentent une oppression, se manifestent sous forme d’actes – regards, paroles, discriminations – et sont de ce fait vécus et affrontés par celles et ceux qui les subissent. Ce chapitre, ce sont elles et eux – les racisé(e)s, les stigmatisé(e)s, les discriminé(e)s, les corps d’exception – qui l’écrivent, sous forme de livres, mais aussi de sites, de blogs, de journaux, de tracts, de banderoles, de films, de chants et de bien d’autres canaux d’expression.
P.-S.

La mécanique raciste paraît aux éditions La Découverte le 6 avril 2017. 178 pages, 12 euros.

Hors ligne reveillonsnous

  • Modérateur Global
  • Smart Citoyen Prometteur
  • *****
  • Messages: 5844
Re : Racisme en Europe
« Réponse #71 le: 10 avril 2017 à 19:55:18 »
ça m'a l'air passionnant ! j'essaierai de m'en souvenir pour quand j'aurais un peu plus de temps ... et donc le faire commander à ma médiathèque municipale !  :cote: ::d
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
Warren Buffett

"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
Theodore Monod