Auteur Sujet: le Parti Socialiste  (Lu 48257 fois)

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #150 le: 04 décembre 2012 à 13:25:49 »
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Pourquoi le social-libéralisme est dans l'impasse

François Hollande n'aurait pu être élu président de la République sans l'apport des voix du Front de gauche, ce qui l'a obligé à des promesses de campagne pour une meilleure répartition des richesses entre le capital et le travail. Mais les promesses, une fois de plus, ne valent que pour ceux qui veulent bien y croire. Après cinq ans d'un «président des riches» qui a comblé les plus fortunés de nombreux cadeaux fiscaux, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n'a augmenté le taux horaire du Smic, hors inflation, que de 18 centimes d'euros (brut) !

Le mépris pour les millions de Français dont les salaires sont au-dessous du revenu médian, qui s'établit à 1 676 € net par mois, ne va pas les inciter à participer davantage à la vie politique. L'abstention a battu des records pour les élections législatives de juin 2012 : 44,6 % des électeurs inscrits ne sont pas allés voter au second tour. C'est le taux le plus élevé pour des élections législatives depuis 1958, date à laquelle il fut de 25,2 %. De 1958 à 1978, l'abstention a régulièrement reculé. Elle n'atteignait que 15,1 % en 1978. Puis elle a augmenté de 1981 à 2012. Cette concomitance avec les élections de deux présidents socialistes démontre que la duperie de la fausse alternative déroute massivement l'électorat notamment populaire.

Au premier tour de l'élection présidentielle, le candidat François Hollande a recueilli 10 272 705 suffrages, ce qui représente 22,3 % des 46 066 307 inscrits. Le chef de l'Etat était donc minoritaire dans les souhaits des électeurs. Ce que soulignent aujourd'hui les réticences des écologistes, pourtant membres du gouvernement, et le peu d'empressement à le soutenir des élus et militants du Front de gauche. Il y a là une faiblesse de la base sociale susceptible de se mobiliser pour soutenir l'action gouvernementale.

Un soutien aussi faible du peuple français a ses raisons. On peut faire l'hypothèse du souvenir amer laissé par les années mitterrandiennes : ce fut l'époque où la dérégulation du système financier a triomphé, soutenue par un ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Bérégovoy, qui a laissé de bons souvenirs dans les beaux quartiers. Le pacte budgétaire et sa «règle d'or», dont la remise en cause et la renégociation avaient été imprudemment mises en avant par le candidat Hollande, sont des signes avant-coureurs des renoncements à venir. Les choix budgétaires de la France sont donc désormais sous le contrôle des experts européens. Le président a, très «normalement», envoyé un message politique clair aux marchés financiers. Le nouveau pouvoir socialiste va bel et bien continuer à appliquer les directives du néolibéralisme et mettre en œuvre une politique d'austérité à perpétuité pour les peuples. Cette reprise à son compte du drapeau de la «compétitivité» va se traduire pour les travailleurs par de nouveaux sacrifices pour les seuls bénéfices du capital et de ses actionnaires.

Un régime censitaire
Les manipulations idéologiques et linguistiques ont été reprises par l'Elysée et l'Assemblée nationale, pour continuer à faire croire, dans une inversion totale des valeurs morales et économiques, que le travail coûte trop cher à ces riches et généreux investisseurs qui créent des emplois. Les politiciens du Parti socialiste poursuivent la mise en scène de la défense de l'emploi en France, alors qu'ils savent très bien qu'ils appliquent la politique néolibérale qui a instauré dans les moindres détails du droit français et européen la liberté totale du capital pour délocaliser les emplois ouvriers et de service dans les pays les plus pauvres où la main-d'œuvre est payée au tarif local, celui de la misère.

Comment croire que les socialistes pourraient mener une politique plus douce à l'égard des travailleurs, alors qu'ils sont formés dans les mêmes grandes écoles que les patrons et les politiciens de droite : ENA, Sciences-Po, HEC et, bien entendu, Harvard ? Coupés du peuple avec le cumul des mandats - sur les 297 députés du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, on compte 207 cumulards -, les élus socialistes, dans le souci de faire progresser leur carrière en politique, ont rejoint les intérêts de la classe dominante dont ils sont devenus les alliés objectifs. Tous d'accord pour que, au nom de la «démocratie» et des «droits de l'homme», la vie politique française soit gérée dans un régime, en réalité censitaire, où les élites sociales qui composent l'essentiel des chambres vont promulguer les lois les plus favorables à leurs intérêts et à ceux qu'ils représentent. Comment se fait-il que les ouvriers et les employés, qui sont 52 % de la population active, ne soient présents ni à l'Assemblée nationale ni au Sénat, ou si peu ? Cette absence explique le désintérêt pour la politique que traduit le succès remarquable du parti des abstentionnistes.

Dans la phase néolibérale d'un système capitaliste financiarisé, hautement spéculatif à l'échelle du monde, il n'y a pas d'accommodement possible comme ce fut le cas pendant les Trente Glorieuses où la croissance et un Etat-providence fort autorisaient la redistribution. L'avenir de la présence de l'homme sur la Terre est menacé. Seule une opposition claire à cette économie destructrice rendra possible la construction et la mise en œuvre d'une société ou l'humain détrônerait à tout jamais l'argent sans foi ni loi.

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #151 le: 04 décembre 2012 à 13:35:01 »
Excellent article ,je venais de le finir lorsque tu as sonné à la porte de mon ordinateur :)
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #152 le: 07 décembre 2012 à 17:15:51 »
j’espère que tu aimeras celui ci aussi bili ;) perso je suis ravie que certains socialistes ouvrent enfion les yeux et quittent le navire avant qu'il ne coule :drapeaublanc:

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« Pourquoi je quitte le PS » : lettre ouverte à Harlem Désir


Cher camarade, cher Harlem,

Dans la nuit du 6 au 7 mai dernier, tu étais aux côtés de François Hollande sur l’immense scène installée place de la Bastille. Cette nuit-là, tu as senti l’espérance d’un peuple de gauche venu défier les appels presque unanimes à la résignation. Tu as vu ces dizaines de milliers de Françaises et de Français dont l’enthousiasme était une demande : celle que les Socialistes, revenus au pouvoir, parviennent enfin à changer la vie.

Je n’étais pas avec vous à Paris. J’ai fêté la victoire auprès de mes camarades dans le Nord. Mais déjà, cher Harlem, je n’y croyais plus beaucoup… Est-ce parce que nous avions déjà trop souvent déçu les nôtres ? Me doutais-je que nous nous apprêtions à le faire de nouveau, peut-être plus rapidement et plus brutalement que jamais ?

Je suis entré au PS à l’âge de 17 ans. La figure tutélaire de François Mitterrand, le poing et la rose, le combat contre les forces de l’argent, les 110 propositions : jeune militant, je revendiquais fièrement cet héritage.

Même lorsqu’il s’est éloigné de ses valeurs, j’ai continué de croire mon Parti capable de rénovation. Grâce à notre démocratie interne, la prise en compte des différentes sensibilités, l’écoute mutuelle, la camaraderie (notion aujourd’hui disparue), il me semblait possible d’ancrer à gauche notre ligne politique.

J’ai la tristesse mais enfin la lucidité, après vingt-trois années de militantisme, dont neuf au sein de la direction nationale du PS, de constater que je me suis trompé. Désormais je comprends à quel point les dirigeants du Parti Socialiste s’accommodent cyniquement d’avoir une aile gauche pesant en moyenne 15% lors des scrutins internes. Des personnalités telles qu’Henri Emmanuelli et Benoît Hamon autrefois, ou telles qu’Emmanuel Maurel aujourd’hui, ont simplement permis de maintenir, en façade tout au moins, l’image d’un vrai parti de gauche. Tel est le rôle d’Arnaud Montebourg au Gouvernement ; tel a été mon rôle dans le Nord. À un parti en pleine dérive idéologique, il fallait ses « idiots utiles ».

Depuis mai, sous le regard d’une Bastille incrédule, qui avait tant besoin de retrouver la foi dans le progrès social, François Hollande et le Gouvernement n’ont fait que reculer… sous les applaudissements de l’appareil socialiste.

Te souviens-tu seulement du projet que nous avons porté ensemble ?

Dès 2010, Benoit Hamon voulait substituer au mythe gentillet et creux de « l’égalité des chances » un retour à l’objectif historique de la gauche : l’égalité réelle entre tous les citoyens. Pour ce faire, il proposait une batterie de mesures sociales et sociétales ambitieuses.

Bien qu’ayant refusé d’adhérer à ce catalogue de mesure lorsqu’il était candidat aux primaires, François Hollande en avait finalement reprises plusieurs dans son programme présidentiel : le système d’attestations lors des contrôles d’identité, souvent vécus comme discriminatoires, l’encadrement strict des dépassements d’honoraires des médecins, le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, la limitation des écarts de salaire de 1 à 20 dans les entreprises publiques. Sur chacun de ces sujets, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault a soit renoncé purement et simplement, soit reporté les réformes sine die, soit affadi leur contenu jusqu’à les rendre inutiles.

La liste des reculades, des incohérences et des échecs ne s’arrête malheureusement pas là. Le Gouvernement a renoncé à exiger le non-cumul des mandats dès 2012, malgré les engagements pris et signés par l’ensemble des parlementaires socialistes. La loi sur le logement social a été retoquée par le Conseil Constitutionnel pour vice de procédure. On a laissé entendre aux Maires qu’ils seront libres de ne pas appliquer la loi sur le mariage pour tous. La TVA Sarkozy, dite « sociale », décriée à juste titre pendant la campagne électorale, est revenue sous une autre forme à l’occasion de la remise du rapport Gallois. Enfin, on devine que le projet — pourtant central dans le programme de François Hollande — d’une « grande réforme fiscale » ne sera probablement jamais mis en œuvre pendant le quinquennat.

Certains choix semblent traduire le reniement de nos convictions les plus profondes. Malgré le courage et l’obstination de la Ministre Aurélie Filipetti, le Gouvernement a choisi de diminuer le budget de la culture. Ce serait grave en temps normal ; c’est catastrophique en temps de crise, car je reste persuadé que l’Art est le premier outil de combat — ou d’évasion — lorsque tout va mal.

La seule ligne directrice du Gouvernement porte un nom : l’austérité. Elle porte aussi un chiffre, comme une prison intellectuelle : 3%.

La droite n’a jamais tant aimé le PS ; Manuel Valls est plus que jamais sa coqueluche. Elle qui craignait tant François Hollande avant son accession au pouvoir, finirait presque par le trouver exemplaire de courage et de modernité !

Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est par l’enchaînement d’une série de fautes que vous avez commises, main dans la main avec la droite, au sujet de l’Union Européenne. Vous n’avez tiré aucun enseignement de la large victoire du non au traité constitutionnel européen de 2005. Pour moi, ce décalage entre les dirigeants et la base électorale du Parti a été un premier motif d’interrogation et d’embarras.

Le second a été la promesse faite par François Hollande de renégocier le traité Merkel-Sarkozy. Et quelle renégociation ce fut ! Le Président de la République a trouvé le prétexte d’un « pacte de croissance » indolore et inopérant pour se rallier — ni vu ni connu, pensait-il sûrement — à la « règle d’or ».

En réalité, dans l’Europe que vous êtes en train de construire, ou dont vous acceptez passivement les règles du jeu, les Etats n’ont pas et n’auront bientôt plus aucune marge de manœuvre.

Les politiques européennes pèsent sur le budget de l’Etat. Et puisque les collectivités territoriales, privées de leur autonomie fiscale, vivent essentiellement de dotations de l’Etat, elles doivent désormais rogner sur leurs politiques, y compris lorsqu’elles relèvent de l’urgence. Dans les Départements, c’est la santé et le social qui sont touchés. Dans les Régions, c’est l’emploi, la formation.

Voilà pourquoi, Président de la Commission des Finances du Conseil Régional Nord-Pas de Calais, je ne peux pas cautionner la poursuite annoncée des baisses de dotations d’Etat aux collectivités, après l’avoir dénoncée sans relâche pendant les cinq années de mandat de Nicolas Sarkozy.

Ayant renoncé à transformer l’économie, les Socialistes pourraient encore se distinguer des libéraux et des conservateurs en s’intéressant à cette « France invisible » — celle que personne ne veut plus voir.

Cela a été dit et répété : le PS a oublié les ouvriers. Mais pas seulement eux. Au fond, vous partagez le diagnostic de Laurent Wauquiez : un parti de gouvernement doit s’adresser aux « classes moyennes » (car au moins elles votent). Les chômeurs, les précaires, les toxicos, les taulards, les prostitués, les paysans, les mères célibataires, les surendettés, les malades, les psychotiques, les handicapés, les sans-abris : les exclus de tous poils et les onze millions de pauvres qui vivent en France ne comptent pas, ou si peu.

Il faut d’urgence prendre des mesures fortes et symboliques. En 1981, ce furent les 39 heures, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, l’abolition de la peine de mort, l’autorisation des radios libres… Que propose le PS aujourd’hui ? Le droit au mariage pour les couples homosexuels, pudiquement rebaptisé « mariage pour tous », est un pas dans le bon sens. Mais cette mesure seule ne suffira pas à apporter à la France la bouffée d’oxygène dont elle a tant besoin !

De deux choses l’une. Soit il n’y a qu’une seule politique à mener, que l’on soit de gauche ou de droite, et dans ce cas le PS s’est moqué des Français pendant dix années d’opposition, plus particulièrement pendant une campagne électorale toute entière axée autour de la promesse du changement (« maintenant ! »).

Ou alors une autre politique est possible, et dans ce cas qu’attendez-vous  pour changer de stratégie ? Pour engager un réel dialogue avec les partenaires de gauche et retrouver le « talisman » de l’union, auquel François Mitterrand n’avait jamais renoncé  ? Oserez-vous faire ce choix, ou bien donnerez-vous raison à ceux qui ont vu dans la discrète réception d’élus Modem à l’Elysée, il y a quelques jours, l’amorce d’un renversement d’alliance avec le centre-droit ?

J’ai le regret, cher Harlem, de quitter aujourd’hui le Parti Socialiste. Je le fais avec une grande tristesse mais aussi, en optimiste obstiné, avec l’espoir que vous retrouverez un jour la voie de la raison et le courage d’être de gauche.

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #153 le: 07 décembre 2012 à 21:20:48 »
Y a bien longtemps que le PS n’est plus de gauche, et malgré ça j’ai cru à la nationalisation de Florange après que Montebourg l’ait annoncé aux médias. Bien sûr une petite voix me disait " attention quand même, va y avoir un loup!" mais j’avais envie d’y croire.

L’espoir peut être ? Mais l’espoir de quoi ? De rien, si... j’espère  qu’Ayrault va se ramasser avec Notre Dames des Landes, splach !!  :diable: rétamé dans la boue. :diable: :diable:

le Parti Socialiste :berk1:



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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #154 le: 08 décembre 2012 à 16:18:04 »
Il y a des jours comme ça quand le "ciel est bas et lourd",que le spleen vient vous mettre le cœur  en vrac on est presque heureux de savoir que quelqu'un quelque part porte le même deuil . Je ne sais pas qui est l'auteur de cette lettre à Harlem Désir mais j'en partage toute la douleur . J'ai rendu ma carte du P.S il y a belle lurette mais je suis restée profondément socialiste pour toutes les raisons humanistes évoquées dans cette lettre . Il y a une vingtaine d'années les militants  adhéraient au parti par conviction mais aussi par affection pour l'Autre et pour les Autres . Mais il y a toujours eu un hiatus entre la sincérité de l'engagement de la base et les cadres ou ceux qui aspiraient à le devenir . Je suis rentrée aux jeunesses socialistes parce que trois grandes personnes s'étaient montrées sensibles à la révolte de la 'chtiote" comme elles m'appelaient à l'époque :l'une s'appelait Julien Dray , l'autre Jean-Luc Mélenchon et la troisième Harlem Désir .... Des trois personnes une seule était de ma région , une région à la fois paysanne et ouvrière , une région dure à vivre ,une région où l'on ne trouve la chaleur qu'auprès de celles et ceux qui connaissent les mêmes souffrances :on était de gauche de douleur , de "chagrin et de pitié" . Cette région était celle de Pasteur de Hugo et de Voltaire .....Le P.S d'aujourd'hui provient de la chiraquie : une région de notables et de bocages empesés .
« Modifié: 08 décembre 2012 à 16:27:23 par syberia3 »
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #155 le: 09 décembre 2012 à 14:39:16 »
syberia :fleur2: :fleur2:
ils vont bien devoir un jour ou l'autre écouter les militants sinon ils n'auront plus aucune fonction politique, ni nationale, ni régionale, peut être que ceux au pouvoir s'en fichent mais ceux qui tiennent à leur villes ou leur départements non, enfin j’espère... :désolé1:

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #156 le: 11 décembre 2012 à 04:43:08 »
Bon, j'avais zappé le post de Raja, ou plutôt la citation de Raja du 16 octobre , + commentaires, et j'les trouve, nonobstant mon ire violente actuelle, à charge totalement, uchroniques en diable par ailleurs, pas totalement exacts en outre, ce qui ne m'enthousiasme pas totalement non plus, s'pas.

Non pas que les virages divers z'et variés de Mitterrand au pouvoir, je les aie digérés en leur temps. Que non point. Mais j'ai vécu la période en tant qu'adulte. Et je n'ai pas totalement vu cela, ni en cette dimension.
Pour ce qui est du Service Public, et de la Fonction Publique, moi je mets au centre de l'action socialiste de l'immédiat après-81 les deux Lois de 1983 et 1984 de Statuts Généraux des Fonctions Publiques, dont vous n'avez pas idée de ce qu'elles ont plu à la droite....

Quant aux EPIC dont les PTT d'alors, leurs personnels étaient sécurisés dans la foulée de ces Lois. Me permets aussi de rappeler que certes, (comme maintenant), les projets scélérats restent longtemps dans les cartons avant d'émerger, mais que ce n'est pas dans la décennie 80 que la Poste et les Télécom ont amorcé la dérive, et que c'est Thierry Breton en 1991 qui a sorti le 1er décret amorçant les conditions de la privatisation.

Enfin, vais faire mon vieux machin, comme c'est étrange, mais j'trouve que c'est la génération du numérique, dont on n'avait pas la moindre imagination alors, qui juge la et les générations communication/culture de l'époque. Qui n'a pas vu et entendu les campagnes présidentielles de l'époque, sur les 2 chaînes accessibles au bistrot le plus nanti de son coin, ou dans les radios bien corsetées par le pouvoir, n'a pas vraiment idée....

A part ça le camarade de m'mon coin de vie actuelle, et sa lettre ouverte, m'ont émue bien comme il faut.

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #157 le: 11 décembre 2012 à 09:59:56 »
Super Old Machin  :fleur2: le mot camarade m'enchante toujours et merci pour ce témoignage .
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #158 le: 12 décembre 2012 à 06:10:06 »
Le nom du p'tit gars ? (qui ceci dit est un jeunot ..... plein d'avenir je suppose - m'enfin, sa lettre est tout bien comme il faut ). C'est Michaël MOGLIA. Pour l'instant il n'a à ma connaissance rejoint aucun parti, et n'avoue ne pas savoir ce qu'il advient d'un conseiller régional de liste élue, qui quitte le parti dont la liste est passée au Conseil Régional concerné : toujours est-il qu'en l'occurence il est la voix qui fait perdre la majorité absolue PS/Verts au CR NPdC.
Deux autres sorties d'élues PS je ne sais où : Marie Claude Marchand, (députée ?), qui aurait rejoint le Front de Gauche "en tant que non inscrite" (?), et Rachida Sahraoui, (z'aussi ?), qui aurait rejoint les radicaux valoisiens (on s'y perd.... :pasdrole:).
Celà me paraîtrait logique que "l'aile gauche" du PS se déplume plus vite que la droite, m'enfin on verra.... :diable:

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #159 le: 12 décembre 2012 à 11:15:24 »
Merci Old Machin  :merci: et du coup je vous invite à cliquer sur le lien suivant !

http://michaelmoglia.com/


J' avoue n'avoir pas trop pris Jean Luc Mélenchon quand sur une antenne il disait en substance et sans rire que François Hollande serait amené à l'appeler pour être son premier ministre et qu'il accepterait s'il avait l'assurance de pouvoir mener la politique du FDG (entre nous JLM qui connait FH mieux que quiconque sait parfaitement que de ce dernier aucune assurance ne peut être garantie) ,mais du coup il me prend l'envie d'y croire  :caf:
 Je salue le courage de Moglia qui j'espère ne se contentera pas d'une vague dissidence comme certains socialistes l'ont déjà fait dans le passé pour quelques mois plus tard regagner sagement les rangs et conserver ainsi leur mandat . J''enjoins Arnaud Montebourg à renoncer définitivement à sa marotte qui consiste à croire que l'on peut changer l'appareil et les institutions de l'intérieur . Et si le changement au P.S c'était maintenant ? hein ?

Que Mickaël Moglia s'exprime à la tribune du parti De Gauche me semble de bon augure :

« Modifié: 12 décembre 2012 à 12:18:14 par syberia3 »
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #160 le: 16 janvier 2013 à 12:54:09 »
Même si pour l'instant je reste circonspecte, vu que je n'en ai pas lu plus que cet article...... et qu'un certain mauvais esprit me fait le plus souvent douter  :grrr:, je vois là ce qui pourrait être une bonne nouvelle :

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Le gouvernement a donné son feu vert à une proposition de loi PS sur les sites rentables promis à la fermeture, a indiqué à l'AFP Alain Vidalies, le ministre chargé des relations avec le Parlement, en sortant de la réunion de groupe des députés PS.

"Le gouvernement a donné son accord à la proposition de loi dite 'Florange'", a expliqué M. Vidalies. La réunion de groupe des députés PS s'est déroulée, mardi 15 janvier, en présence du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et du ministre de l'emploi, Michel Sapin, et a notamment porté sur l'accord syndicats-patronat sur l'emploi conclu vendredi.

L'idée avait été lancée par François Hollande lorsqu'il était candidat, à la faveur des cas emblématiques du site d'ArcelorMittal à Florange (Moselle) et de la raffinerie de Petroplus en Seine-Maritime. Fin septembre, le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, avait affirmé que cette loi, qui obligerait un industriel à céder une usine rentable promise à la fermeture, serait votée rapidement, évoquant une échéance de trois mois. Peu après Jean-Marc Ayrault indiquait qu'une proposition de loi sur ce sujet allait être déposée la semaine suivante.


Enfin une vraie loi de gauche ?
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Re : Re : le Parti Socialiste
« Réponse #161 le: 16 janvier 2013 à 19:17:59 »
L'avantage d'un tel projet de loi, c'est qu'il amènerait la droite à débattre sur le terrain de la gauche. Un terrain curieusement absent des débats, alors que la situation est propice depuis un moment. Il est pourtant tellement amusant d'entendre un UMPiste parler d'expropriation en essayant d'émouvoir sur les droits supposés de mr Mittal.


Même si pour l'instant je reste circonspecte, vu que je n'en ai pas lu plus que cet article...... et qu'un certain mauvais esprit me fait le plus souvent douter  :grrr:
C'est comme ça que tu appelles l'expérience, toi ? :gehe:

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Frondiste : Néologisme timburien. Désigne tout élu à la députation remplissant la double condition d'être de gauche et du parti socialiste.

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #162 le: 07 avril 2013 à 13:35:21 »
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Sèche Tes Larmes, «Socialiste»


 
J’aimerais savoir si les militant(e)s «socialistes» dont la presse dominante recueille si complaisamment les complaintes depuis que Jérôme Cahuzac est passé à l’aveu ont l’intention de continuer encore longtemps cette gonflante comédie - ou s’ils vont bientôt cesser, merci?

Non, je demande, parce que, perso, bien plus que la révélation des pratiques bancaires de l’ex-ministre «socialiste» du Budget (1), c’est plutôt le spectacle surmédiatisé des larmes de Gérard Filoche, qui me fout les miquettes – et plus généralement la lancinante mélopée des «déçu(e)s» et des «écoeuré(e)s» qui depuis quatre jours vont psalmodiant qu’ils ne sont pas entré(e)s en politique pour se faire ainsi posséder, honte à toi Cahuzac, et qu’eux, n’est-ce pas, ce qui les intéresse, c’est les «vrais sujets», etc.

Tu veux du vrai sujet, Hervé?

Je te soumets quelques suggestions.

Jérôme Cahuzac, contrairement à ce que tu as l’air de penser – ou si c’est juste que tu voudrais nous le faire croire –, n’est pas  ce gars dont tout soudain tu nous expliques que tu ne comprends pas du tout ce qu’il fait dans ta cuisine - merde alors, par où qu’il est-il rentré, ce déprimant capitaliste?

Jérôme Cahuzac est un «socialiste», made in  la rue de Solferino, où votre parti a le siège.

Concrètement, qu’est-ce que ça veut-ce dire?

Concrètement, ça veut dire qu’il est de la fine équipe dont les représentant(e)s, depuis trente longues années – n’oublie pas de souffler les bougies d’anniversaire du Grand Reniement Dégueulasse de 1983 -, suivent le régime (toujours le même, à base de privatisations et de réduction de la dépense publique) qui leur permet de se sentir à l’aise dans leurs (plus si) nouveaux habits d’obéissants sujets de Sa Majesté Le Très Saint Marché, que son nom soit mille fois béni.

Des libéraux, quoi – mais plus nettement radicaux que ceux du camp politique (dit) d’en face, puisque c’est sous leur règne que monsieur Bébéar, emblématique boss patronal, s’est le plus extasié que des gouvernant(e)s osent aller si loin dans le démantèlement de nos antiquités sociales.

Un libéral, c’est quoi-ce?

C’est quelqu’un(e) qui met le profit avant tout.

Et qui tient que cette fin – la multiplication des talbins - justifie les moyens (2).

Et qui, parce qu’il sait parfaitement que les salarié(e)s sont les pires ennemis du business, s’accommode sans trop de mal de les voir sacrifier sur l’autel des dividendes: j’eus adoré sauver ton poste, mais l’État ne peut pas tout, quand ce tout n’est pas du domaine de la mutualisation des pertes du secteur privé.

(Pour Pôle Emploi tu prends tout droit, puis la deuxième à gauche.)

Le libéral, dans sa déclinaison «socialiste», est – par exemple - ce curieux mec, tu sais, qui posément déclare aux salarié(e)s de Renault Vilvorde: allez donc vous faire foutre, j’ai mieux à faire que de m’occuper de vos fins de mois, j’ai d’entiers pans de mes environs à privatiser - sans quoi monsieur Patron me mesurera ses louanges, et j’en serai marri.

Sa morale, dans ces différentes (mais complémentaires) matières, est à peu près celle du goujon – à ceci près, naturellement, que jamais le goujon n’outre son indécence jusqu’à venir te caresser le bulletin de vote en te sussurant qu’il est de gauche, alors que le «socialiste»: si.

Les yeux dans les yeux – comme on dit beaucoup ces jours-ci: il te jure et promet que si tu lui donnes de ta voix, il va te sauver l’emploi.

Et ce n’est bien sûr pas vrai – mais il aurait tort de se gêner, vu que tu es si crédule.

Question numéro 2: est-ce que le libéral, quand il se fait de la monnaie dans la sueur des prolétaires, vient gentiment la déposer chez La Poste - qu’il veut bien sûr privatiser, nonobstant que cela peut certaines fois être un peu coûteux en vies de salarié(e)s harassé(e)s?

Non point: il la délocalise vers des archipels exotiques, car il juge que trop d’impôt tient du soviétisme, et n’entend pas laisser l’État le ponctionner des quelques dépassements d’honoraires et autres stock options qu’il a mis de côté.

Le libéral conséquent veut donc s’émanciper – cela fait un tout avec le reste de sa philosophie de la vie - de la tutelle du fisc, et rester libre d’investir, plutôt que dans la redistribution, dans des aventures enivrantes, quelque part en Chine populaire – grand paradis démocratique -, ou d’entreposer le produit de ses astucieux placements chez un banquier singapourais.

Et là encore, il aurait tort de se brider, puisqu’il est aux affaires – et veille à ce que rien n’empêche la libre circulation des capitaux.

Questions subsidiaires: est-ce qu’un certain Arnaud Montebourg n’aurait pas rédigé, il y a de ça déjà quelques temps, un virulent rapport sur les paradis fiscaux ?

Si fait : il a.

Est-ce que ce certain Arnaud Montebourg ne serait pas au parti des «socialistes» de la rue de Solferino?

Si fait : il y est.

Est-ce que lesdit(e)s, prévenu(e)s, ont légiféré pour empêcher que des euros baladeurs ne finissent à George Town ?

Que non, Raymond: ils étaient pris par la planification de la réforme des retraites qui doit leur permettre de récupérer les vingt milliards d’euros qu’ils viennent de verser dans les tirelires des entreprises.

T’es-tu plaint?

As-tu narré qu’il devenait «difficile de se dire socialiste»?

As-tu pleuré, bouleversé jusqu’aux tréfonds par les manquements de ton-parti-pour-lequel-tu-as-voté?

Si oui: je t’ai pas vu.

Mais je crois que tu n’as rien dit vraiment, pendant toutes ces années où il consolidait (pour le modique prix d’une looooongue série de trahisons) les dispositifs où quelques triées coteries se gavent – pour finalement s’équiper d’un ministre du Budget totalement désinhibé.

Ou alors si: t’as dit.

Mais personne t’a écouté: t’as fait «l’aile gauche» - cette farce qui depuis toutes ces années permet à tes «camarades» de libéraliser en protestant qu’ils ne sont pas de droite du tout, gadez bien, j’ai monsieur Emmanuelli et monsieur Hamon sur mes marches occidentales, et vous prétendez que j’aurais oublié monsieur Jaurès?

Et dans ces conditions: n’importe qui d’un peu sensé aurait bougé  depuis lurette – parce que tout le monde ou presque se lasse un jour de pisser dans des violons.

Mais toi?

Non.

T’es resté.

Alors évidemment, quand après tout ça je t’entends bubuler que Jérôme Cahuzac t’a horriblement déçu, et que t’es pas venu jusqu’à la rue de Solferino pour te laisser marcher dessus – mais pour traiter de vrais sujets -,  je te trouve un peu désolant.

Regarde autour de toi, la prochaine fois que t’iras au siège de ton parti: tu verras plein de pair(e)s de Cahuzac, pétri(e)s comme lui de la conviction que la lutte des classes est dépassée, et qu’il convient d’asseoir l’emprise de celle des possédant(e)s.

Le mec n’est pas un mouton noir égaré dans un blanc troupeau: il est le produit d’une culture (du résultat).

Sèche tes larmes, s’il te plaît: elles viennent trop tard.

 

(1) Dont l’excellent Claude Bartolone, président d’une Assemblée où siège Patrick Balkany (liste non exhaustive), nous explique gravement qu’il messiérait qu’il prétendît garder son siège de député : on passe quand même de bons moments.

(2) La prochaine fois qu’un(e) rigolo(te) viendra te chanter les suavités de la concurrence libre et non faussée, demande-lui par exemple pourquoi le versement de «commissions» sur de lointains comptes bancaires est explicitement compté au nombre des traditions de «notre» commerce extérieur : tu vas voir que c’est assez fendard.

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #163 le: 07 avril 2013 à 14:13:28 »
J'apprécie assez les textes de S. Fontenelle en général, mais là je reste très mal à l'aise après lecture !  :pasdrole: :pasdrole: :pasdrole: :pasdrole:

Il est vraiment très agressif, et d'une manière qui je trouve ne sert à rien, à part soulager ses nerfs, peut-être  :mrgreen: (ce qu'à la limite je pourrais comprendre sur un blog perso ou un forum  :gene3: mais là c'est sur un journal en ligne, donc en tant que pro  :fache:)
Sa cible : les militants et élus socialistes (frange gauche du parti). Ce qu'il leur reproche : être resté dans le PS....... Bon, tout ça je peux comprendre ......
Mais les accuser de n'avoir jamais réagi avant l'affaire Cahuzac, c'est être de mauvaise foi ; pour ne prendre que l'ANI, à titre d'exemple, il y en a qui ont réagi (voir la pétition dont nous avons parlé dans le fil ad-hoc) et si nous simples petits forumeurs le savons, S. Fontanelle le sait forcément aussi !
Et leur dire qu'il est à présent trop tard pour réagir je trouve que c'est de la connerie ...... au contraire si tous ceux-là réagissent à présent, il y a peut-être une opportunité de faire un peu avancer le schmilblik ; avec un texte très ferme (et des moyens) pour lutter contre la fraude fiscale par exemple !

edit : bon je viens de voir qu'en fait c'est sur son blog, hébergé par Bakchich. Mais ça n'enlève pas l'essentiel de ma réaction !
« Modifié: 07 avril 2013 à 14:19:13 par reveillonsnous »
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #164 le: 07 avril 2013 à 14:30:25 »
Un peu en réponse à l'article ci-dessus de Sébastien Fontenelle, j'ai envie de partager l'article qui suit. mais comme je trouve qu'il a un réel intérêt en lui-même, je préfère en faire un post indépendant  :super:

Je n'ai mis des spoilers que par rapport à la lisibilité de la page .... lisez le texte dans son intégralité

Citer
« Choc d’honnêteté », choc social. Il prônait la « règle d’or » en se mettant de l’or dans les poches

L’affaire Cahuzac, pousse la droite et l’extrême droite à parler de « pétition nationale pour la moralisation de la vie publique » de « remaniement » de « référendum » de « dissolution ». De tout sauf de fraude fiscale, de redistribution des richesses, de droit du travail.

Pourtant on a voté il y a neuf mois !

Un referendum sur un thème ou sur cinq thèmes, est-ce que ça va remplir mon assiette, se disent des millions de Français ?

Des millions de gens en France mangent des pates à partir du 10 du mois, et de la viande en des jours d’exception, n’ont pas de vrai toit, ni de boulot.

Qui croit qu’on va changer les choses avec une pétition nationale moralisatrice quand on a 5 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres ? Un remaniement pour quoi faire ? Un ou deux ou trois referendum pour quoi, sur quoi ? Dissoudre l’assemblée pourquoi ?

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Revoter pourquoi ?

Si on n’a rien changé entre deux votes, ça ne sert à rien, seule l’abstention progressera.

Si on a voté en mai juin 2012, à quoi ça servirait -il en mai juin 2013, sinon a une diversion peu mobilisatrice ?

La machine à diversion, la machine à étouffoir est en route.

La gauche a été élue pour faire une politique de gauche et elle ne la fait pas, c’est le cœur du drame  !

Pourquoi l’affaire Cahuzac choque t elle a ce point des millions de nos concitoyens ? Parce qu’une fois de plus, encore, toujours, de façon accumulée, il s’agit de l’insolence du monde de l’argent, des riches, qui se permettent tout.

Y compris, là, d’un chef du budget qui fraude son budget. D’un ministre qui s’affiche sur les écrans , dans tous les médias, devant des panneaux « lutter contre la fraude fiscale » et qui planque ses valises à Genève et Singapour. D’un dignitaire qui prône la rigueur budgétaire, pour serrer la ceinture au peuple, mais pas la sienne.

On nous dit maintenant, il avait une double face, « un fraudeur mais un bon ministre » ! Non, Cahuzac ce n’était pas Mr Hyde et Dr Jekill, il était fait d’un bloc. Un fraudeur ne peut pas combattre la fraude, la volonté ne peut y être.

C’est simple, c’est ça qui alimente, concentre, couve une explosion violente entre le discours pour « la règle d’or » et l’or qu’ils se mettent dans les poches.

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Mais dés qu’on dit ça, alors que des millions de braves gens vous écoutent, vous applaudissent, l’élite dorée vous coupe la parole, elle fait diversion : ils ne veulent rien entendre, cachez ce sein que je ne saurais voir !

Le même qui propose une pétition nationale de moralisation veut encore plus d’austérité, plus de règle d’or, et appelle toute la classe politique à se serrer les coudes dans une union nationale pour mieux l’imposer. Il répond qu’on ne peut pas aller chercher l’argent dans les paradis fiscaux, que c’est impossible, et il préfère piller les petites retraites, les allocations familiales, les indemnités des chômeurs, rogner partout dans les services publics, dans la santé, dans les équipements collectifs…

Il existe 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux. Et 108 milliards en Suisse.

Si on veut laver la tâche Cahuzac, il faut que la gauche prouve qu’elle lutte vraiment contre la fraude fiscale. Il y a des dizaines de milliers de fraudeurs « en or ». Rattrapons–les !

Embauchons 2000 inspecteurs des impôts des spécialistes financiers qui tiennent la dragée haute à tous ces trafiquants et usuriers de la finance ! Desserrons les cordons de la bourse au plan social, reconstruisons le code du travail au lieu de l’affaiblir avec l’ANI Medef, organisons relance et redistribution des richesses maintenant et allons chercher l’argent là où il est : les dividendes redistribués ont été de 187 milliards et les 500 premières familles de ce pays ont gagné 271 milliards d’euros en 2011. Alors que le budget de l’état tourne autour des 300 milliards !

La crise n’est pas pour tout le monde, en vérité la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal redistribuées.

Cahuzac sert de révélateur, son vol, sa malhonnêteté, produisent un « choc » des inégalités. Cahuzac c’était une erreur de casting mais surtout une erreur idéologique, politique !

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Quand le Medef obtient 20 milliards d’euros de crédit d’impôt, en réclame 20 autres milliards et arrache un « ANI » à 3 syndicats sur 8, la gauche laisse faire, espérant un « renvoi d’ascenseur »… qui n’arrivera jamais. Laurence Parisot explose tous les degrés de cynisme lorsqu’elle ose expliquer : si l’ ANI n’était pas transformé en loi tel quel « Je le dis de la voix la plus forte possible : [...] Nous dirions que ce n’est plus l’accord que nous avons signé, et nous mettrions ça suffisamment en cause pour que les investisseurs étrangers changent d’avis sur la France. » (RTL, 3/02, vers 16’15 ») Les requins de la finance sont derrière, à couvert, à dicter leur loi. Si vous jetez des steaks aux requins, ca ne les éloigne pas, ils en veulent plus, ils restent dans le sillage.

arrêtez de jeter des steaks aux requins,

Il faut que la gauche bouge contre cela. En pratique.

Pas en paroles. Dans les actes.

Il faut que les salariés le sentent. Sinon elle va dans le mur à 300 à l’heure.

Les beaux discours ne suffiront pas.

Il faut redistribuer les richesses, vite.

Il faut une réforme fiscale déterminée et puissante. Oui, il faut de l’impôt : un impôt direct, avec vingt tranches bien progressives, et au-dessus de vingt fois le Smic, il faut une tranche à 90 % qui prenne tout : aucun humain quelque soit son génie, son talent ne mérite de gagner plus de 20 fois qu’un autre. A l’école on vous note de 1 à 20 pourquoi on vous paierait ensuite de 1 à 600 ? Une bonne fois pour toutes doivent être interdits les parachutes dorés, les stocks option, les retraites chapeaux, qui finissent dans les Iles Caïman. Tout cet argent sale, dispersé, nuisible, détourné siphonne nos salaires et déstabilise dramatiquement notre économie, ferme les entreprises et nourrit le chômage de masse, la misère.

Aussitôt qu’on dit cela, toutes les bonnes âmes préfèrent ré agiter une « pétition pour la moralisation » un remaniement, un référendum. Des dizaines de milliers de Cahuzac cachés se dressent alors et jurent que ce n’est pas possible de s’attaquer aux paradis fiscaux, à la finance, à la fraude ! Les cyniques récusent notre « enfer fiscal »… et agitent le spectre de « l’exil fiscal » Pardi ! Revoter, détourner, faire diversion à tout prix pour garder les valises à Singapour !

Beaucoup de timides n’ont pas l’audace de dénoncer ça jusqu’au bout, alors les dominants plus habiles, la leur jouent « technocratique » , réaliste, se moquent, pérorent, et inventent toutes les bonnes raisons qui empêcheraient de faire ça !

Pourtant François Hollande a été bel et bien été élu à cause de son plus célèbre discours, celui du Bourget ou il dénonçait son « ennemie la finance », et où, parlant de la délinquance financière, il s’écriait solennellement « la République vous rattrapera ! »

On peut, oui on peut rattraper les 590 milliards qui manquent à la France, si on veut. La ou il y a une volonté il y a un chemin.

Les USA ont exigé et obtenu que les banques suisses communiquent les noms de tous leurs déposants américains afin qu’ils ne puissent échapper au fisc.

Et la troïka, UE-BCE-FMI ne s’est elle pas auto-autorisé à bloquer et fermer les banques à Chypre pour y prélever directement des fonds sur les dépôts ? Chypre n’était même pas sur la liste noire ou grise des paradis fiscaux selon l’OCDE, elle était sur la liste blanche : mais ils l’ont fait. Quand ils veulent, ils le font !

Pourquoi supporte t on le diktat de la BCE qui donne 1000 Milliards aux banques européennes à 1 % lesquelles les re prêtent à 3, 6, 7, % ?
Exigeons la levée du secret bancaire !

La volonté d’affronter la finance ? Oui, on peut on la développer, la, revivifier, l’accroitre ! Le gouvernement en France est le plus à gauche d’Europe ! C’est à ce gouvernement de jouer son rôle, d’ajuster son tir contre le Medef, Merkel et les marchés. Dans cette voie, l’appui de ses électeurs lui sera acquis et sa popularité remontera en flèche, garante des choix suivants.

Encore faut il que le choix suivant ne soit pas d’imposer l’ANI Medef anti code du travail aux députés réticents et aux salariés vent debout !

 

 

 

 

 

ANNEXE

 

Pour information , voici le communique d’ATTAC (sous forme de lettre à François Hollande) :

 


L’affaire Cahuzac révèle brutalement à tous les citoyens la négligence et même la complaisance de nos dirigeants vis-à-vis de l’évasion fiscale. Pourquoi l’administration fiscale a-t-elle perdu 25 000 agents depuis 2002 ? Pourquoi le nombre de vérifications approfondies de situations personnelles a-t-il chuté de 12 % entre 2006 et 2011 ? Pourquoi laisse-t-on chaque année 60 à 80 milliards d’euros échapper à l’impôt, tout en prétextant les déficits publics ainsi creusés pour sacrifier les retraites, les allocations sociales, les emplois publics, les investissements écologiques d’avenir ?


Votre gouvernement peut prendre sans tarder cinq mesures clés pour en finir avec la complaisance :
- embauchez sous 12 mois au moins 1 000 agents de contrôle fiscal pour renforcer les 5 000 vérificateurs actuellement en poste. Chacune des nouvelles recrues rapportera à l’État au moins 2,3 millions d’euros par an grâce aux redressements fiscaux opérés, soit 40 fois le montant de son traitement !
- exigez des banques la communication de l’identité de tous les ressortissants français détenteurs de comptes à l’étranger. La loi FATCA oblige depuis début 2013 tous les groupes bancaires opérant aux Etats Unis à communiquer sur demande du fisc américain les données concernant ses ressortissants: il suffit d’une volonté politique !
- établissez, en lien avec les associations spécialisées, une liste crédible des paradis fiscaux, ces trous noirs de la finance occulte et de la corruption

- donnez 12 mois aux banques opérant en France pour fermer leurs filiales dans ces territoires, sous menace de retrait de la licence bancaire. Les banques françaises ont 527 filiales dans les paradis fiscaux dont 360 pour la seule BNP Paribas !

- imposez le « reporting par pays » aux multinationales établies en France : cette transparence sur le chiffre d’affaires, les bénéfices et les impôts payés dans chaque pays permettra au fisc de déjouer les manipulations des prix de transfert entre filiales des multinationales et de pouvoir enfin imposer Total ou Google sur leurs bénéfices.


Le changement, c’est maintenant ou jamais !

 

(Cinq mesures clés pour en finir avec la complaisance. Le collectif pour un audit citoyen diffuse l’appel lancé par Attac au président de la République, à signer ici : http://www.audit-citoyen.org/?p=3696 )
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #165 le: 07 avril 2013 à 21:28:03 »
Tu as bien fait Réveillons  :fleur2: ce texte est lumineux : l'image du steak balancé aux requins est très juste . Si tu n'y vois pas d'inconvénient je poste de manière indépendante le lien de la pétition

http://www.audit-citoyen.org/?p=3696
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #166 le: 08 avril 2013 à 07:17:57 »
Bon, entre môa et moâ, l'article de S. Fontenelle m'a un tantinet agacée, d'autant qu'une paire de jours auparavant, en commentaire d'une réaction d'A. Filipetti, se disant flouée par Cahuzac, il titrait sur s'blog "Bienvenue au club Aurélie" ! Et ce n'est pas parce que le brin de plume est assez jouissif, et qu'il dit des choses que l'on pense globalement, que cela l'exonère de l'appliquer au cas particulier.
C'est peut-être une histoire de génération, ceci dit : suis évidemment plutôt de celle de ses parents, à ce jeune homme qui cause très bien dans le poste. Louis-Marie Horeau, Canard Enchaîné depuis 1979, aussi, qui écrit dans le dernier :" Rien d'étonnant à ce que la grande majorité des médias, "Le Canard" compris, ait regardé le début de la pièce avec prudence et circonspection. Même si le héros involontaire donnait du grain à moudre, en multipliant les maladresses troublantes"..... Ce qui constitue ni plus ni moins qu'un mea culpa du responsable, entre autres, des contentieux juridiques au Canard - d'avoir douté des infos obstinées de Mediapart, bien qu'ayant relayé dès le départ les infos du même, notamment celles de ladit assez combien

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #167 le: 08 avril 2013 à 08:48:20 »
Bon, zut alors, on m'a dit que j'avais déjà envoyé le message, quand j'ai cliquetouillé après avoir fini ! Donc vous n'en avez qu'un bout, ouin, mais je ne le refais pas.... !  :pleur4:

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #168 le: 08 avril 2013 à 11:44:31 »
Citation de: vieux machin
mais je ne le refais pas....

Comment espérer l'émergence de génies littéraire si vous pratiquez le coïtus interruptus (littéraire, évidemment !)

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #169 le: 08 avril 2013 à 12:22:19 »
Le grand remue-méninges :

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Pourquoi le gouvernement Ayrault ne peut pas tenir

Officiellement, le remaniement n'est pas à l'ordre du jour. Pourtant, l'exécutif n'a plus le choix. Le premier gouvernement du quinquennat a vécu !

François Hollande annule deux déplacements "au contact des Français", puis à peine s'est-il posé sur l'aéroport de Brives qu'il doit être exfiltré pour éviter d'entendre les sarcasmes des Corréziens. Les membres des cabinets ministériels n'osent plus parler aux journalistes. Des élus locaux PS déchirent leur carte d'adhérent. Le rapporteur de la loi sur le mariage pour tous, Erwann Binet, est empêché d'intervenir lors d'une conférence-débat à l'université de Saint-Étienne. Mediapart et Le Monde annoncent à mots à peine couverts qu'ils ont d'autres révélations à rendre publiques. Les enquêtes pour connaître l'identité de ceux qui étaient informés de la situation fiscale de Jérôme Cahuzac cernent désormais Pierre Moscovici, son ministre de tutelle, Christiane Taubira, garde des Sceaux, et Manuel Valls, ministre de l'Intérieur. Les sondages sont chaque jour plus désastreux. Le juge Van Ruymbeke semble avancer à pas de géant sur le montant et les conditions d'alimentation du compte en Suisse de Cahuzac et d'autres personnalités enregistrées à la fiduciaire Reyl & Cie... C'en est trop pour un seul gouvernement ! La pression est insupportable. Les jours du gouvernement de Jean-Marc Ayrault sont comptés.
Le pire est à venir !

Bien que le président de la République ne veuille pas - à raison - agir sous la pression, il n'a plus le choix. D'autant que l'agenda politique, économique et législatif est piégé. Le Sénat discute jusqu'au 12 ou au 13 avril le projet de loi sur le mariage pour tous et, au Palais du Luxembourg, obtenir la majorité sur ce texte semble de plus en plus improbable. Une commission des sages doit statuer sur l'aéroport Notre-Dame-des-Landes près de Nantes. Qu'elle recommande sa construction et les Verts en feront un casus belli - ils n'attendent que ça ! -, qu'elle en conteste l'utilité et ce sera un échec de plus - et sans doute de trop - pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. La croissance de la France est encore revue à la baisse (0,1 % en 2013, dixit Pierre Moscovici) et 2014 ne sera pas plus favorable. Ce sont désormais 20 milliards d'euros supplémentaires de recettes ou d'économies qu'il faut trouver.

Politiquement, l'UMP, le Front national et les amis de Jean-Luc Mélenchon cognent de plus en plus fort et le développement des "affaires" leur a donné raison. La tragi-comédie des hésitations de l'ancien ministre du Budget à retrouver (ou pas) son siège à l'Assemblée nationale n'arrange rien. Et s'il devait finalement renoncer à son mandat, une élection législative partielle se tiendrait en mai, et il est difficile d'imaginer que le Parti socialiste puisse conserver ce siège. Une défaite qui, à défaut d'être spectaculaire, serait emblématique...

Une nouvelle manifestation contre le mariage pour tous est déjà en préparation et, comme les précédentes, elle se transformera en un vaste rassemblement contre la politique du gouvernement. Non seulement l'ambiance est pourrie, mais l'horizon est bouché. Quelques déclarations d'intention n'y feront rien. François Hollande doit se couper la main avant que la gangrène ne gagne l'ensemble de sa majorité et ne sape définitivement son autorité.
Et maintenant ?

Mais un scénario noir se profile. Si l'aile gauche du PS se met en rideau, l'exécutif n'aura plus de majorité. La colère du très respecté Gérard Filoche, membre du bureau national du parti depuis 20 ans, n'est pas isolée ni moquée. Elle est même le reflet d'une vaste minorité silencieuse chez les socialistes. Les parlementaires multiplient les initiatives et les tribunes dans la presse pour "mettre en garde" l'exécutif, préconiser un virage sur l'aile, remonter les mécontentements de leurs électeurs ou prévenir qu'ils sont prêts à lâcher le gouvernement. La conjonction de ces ras-le-bol n'est pas loin. À son apogée, elle aboutirait à une démission de François Hollande. Celui-ci ne dispose plus de beaucoup d'armes.

L'option France en guerre a déjà été tentée : le conflit au Mali n'aura été qu'un répit de courte durée pour le président. Un référendum ? Dans l'état actuel des esprits, quelle que soit la question posée, la réponse sera non et affaiblira un peu plus encore l'Élysée. La dissolution ? Elle conduira soit à une cohabitation avec l'UMP soit à un "scénario à l'italienne" avec l'arrivée massive au Palais-Bourbon de députés issus du Front national ou du Front de gauche, et peut-être à une majorité introuvable qui bloquerait les institutions. Partons également du principe que la démission de François Hollande est impossible.

Restent donc deux options. La première consiste à mettre sur pied un gouvernement technique, d'ouverture, qui ferait la part belle aux centristes et à des personnalités "qualifiées" comme Pascal Lamy, Louis Gallois ou Jean-Claude Trichet. Mais de quels soutiens ce gouvernement new-look pourrait-il se prévaloir ? Le MoDem ne compte que deux députés à l'Assemblée nationale, et après l'intervention télévisée de François Hollande, Jean-Louis Borloo a radicalisé ses critiques contre le chef de l'État. Quant aux députés de base du PS, ils regarderont avec méfiance cet attelage technocratique. Au final ne demeure que le "bon vieux remaniement politique". Celui qui consiste à faire entrer des poids lourds (Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Gérard Collomb, voire François Rebsamen ou Ségolène Royal) autour d'une équipe resserrée de 15 à 18 ministres entièrement tournée vers trois objectifs socio-économiques (le chômage, le désendettement de la France et la reprise de la croissance).

Une solution "classique" pour une situation "exceptionnelle". La semaine qui commence sera celle de tous les dangers. Une étincelle peut allumer un brasier géant et difficilement maîtrisable. Toute initiative politique devra s'accompagner d'un mea culpa et d'une prise de parole forte et incontestable. Une ultime gageure ?
source

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #170 le: 19 avril 2013 à 12:54:02 »
extrait de l'article retransmis ci-dessus par Sarkome :
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Si l'aile gauche du PS se met en rideau, l'exécutif n'aura plus de majorité. La colère du très respecté Gérard Filoche, membre du bureau national du parti depuis 20 ans, n'est pas isolée ni moquée. Elle est même le reflet d'une vaste minorité silencieuse chez les socialistes. Les parlementaires multiplient les initiatives et les tribunes dans la presse pour "mettre en garde" l'exécutif, préconiser un virage sur l'aile, remonter les mécontentements de leurs électeurs ou prévenir qu'ils sont prêts à lâcher le gouvernement.


En voici une illustration très parlante, l'intervention de Filoche devant ses collègues du PS.... Pas l'ombre d'une langue de bois, et il la rend publique ...

Citer
Intervention Gerard Filoche au Conseil National du PS samedi 13 avril.

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Bonjour à toutes et tous, chers camarades.


Exceptionnellement je commence par un point de fonctionnement. La convention

sur l’Europe se tient le 15 juin, le vote des militants est prévu le 6 juin, l’arrivée des textes le 6 mai, leur dépôt le 26 avril et nous devions lancer le débat ce jour. Mais à ce que je vois il n’y a pas de texte de la majorité, seulement des commissions de travail. Nous avons, dans la motion

3, discuté par un google’s group d’un plan puis d’un texte, celui qui est sorti, il est là, je vous le présente disponible, on croyait qu’on allait le distribuer ici, on en avait fait une version longue, et même une version courte, mais apparemment c’est trop tôt. J’ai écouté les positions orales,

et j’entends bien qu’il existe deux lignes, ce qui recoupe un vote qui a eu lieu en BN avec 44 % de refus de voter lors du budget européen. Je propose à Guillaume Balas et à ses amis d’UMA, à Pierre Larrouturou et Patrick Ardoin pour la motion 4  de nous rencontrer pour parvenir à un texte commun avec la motion 3. C’est possible, l’enjeu est sérieux et dans le parti, un texte commun de la gauche du parti peut atteindre la majorité. Faisons tout pour réussir ça.

Sur le fond politique, je voudrais revenir sur un enseignement de la dernière crise à Chypre. C’est la 13° fois que l’euro est encore déclaré « sauvé ». Mais que s’est-il passé ? Ceux qui prétendent qu’on ne peut pas s’attaquer aux paradis fiscaux, là, ont osé carrément fermer les banques de

Chypre et prélever directement sur leurs comptes ! (Pourtant Chypre n’était ni sur la liste « noire », ni sur la liste « grise » desdits paradis fiscaux selon l’OCDE !). La première tentative de hold up de la troïka UE BCE FMI sur Chypre a échoué.

Qu‘a dit à ce propos notre camarade Pierre Moscovici ? Il a dit qu’il s’était opposé au cours de la réunion des 17 ministres des finances, à ce premier plan catastrophique et qui a été retoqué. Mais apparemment, la voix de la France n’a pas été entendue dans cette réunion et notre Ministre des Finances a in fine voté le plan en question. Pierre Moscovici explique dans la presse qu’il a agi ainsi « pour ne pas ajouter la crise à la crise ». Mais on a eu la crise quand même ! C’est dire si cette stratégie ne fonctionne pas.

Or c’est la même qui nous a fait avaler le TSCG, pour ne pas avoir la crise et qui provoque la crise. C’est la même qui nous a fait accepter un « pacte de croissance » a minima et il n’y a pas de croissance, chômage et récession augmentent partout en Europe. C’est la même pour le budget européen, et c’est un budget d’austérité, ce qu’il ne faut pas faire. C’est cette stratégie qui est en question.


Car, tout à l’heure, dans son introduction, Jean-Christophe Cambadélis situait la « centralité » du combat actuel, au fond, entre la social démocratie européenne et la droite allemande. Mais ce n’est pas ce qui se passe, nous ne combattons pas la droite allemande centralement, en fait « pour ne pas ajouter la crise à la crise » chaque fois, nous sommes dans une « grande coalition » avec elle. Et c’est ce qui brouille tout, car nous perdons l’appui du salariat en France, sans le gagner en Europe. L’Europe va dans le mur, Merkel tue l’Europe, partout les peuples ne voient que reculs venus de l’UE, de la BCE, du FMI. En serrant la vis de la « rigueur budgétaire » ici, nous mécontentons nos électeurs, et le « choc » Cahuzac n’est pas seulement un « choc » d’honnêteté, mais il est un « choc » social, révélateur d’une opposition massive de l’opinion contre nous.


Certes nous sommes le gouvernement le plus à gauche d’Europe. Certes nous faisons moins mal qu’ailleurs, mais ça ne suffit pas loin de là pour répondre aux attentes, aux urgences, aux impatiences sociales. L’immense majorité de nos concitoyens attendent encore le changement promis pour lequel ils ont voté il y a dix mois.


Le rejet de la troïka c’est partout et plus seulement en Grèce. C’est la barbarie qui vient de l’UE et du chantage inouï qu’elle fait à la dette pour le seul compte des banques privées. En Italie, Mario Monti a été chassé après avoir accablé son peuple d’austérité pour rembourser les banques privées. En Espagne, ca pousse contre l’UE et au Portugal, un des plus grands mouvements de masse – le seul d’ailleurs qui a gagné, qui montre la voie.

Il y a eu un million de manifestants le 12 septembre 2012 quand le gouvernement portugais a voulu abaisser les cotisations sociales patronales de 22,5 à 18,5 et hausser les cotisations salariales de 11,5 à 18,5 et la troïka a du reculer dans son exigence. Et il y a eu encore 1,5 million de manifestants (c’est à dire l’équivalent de 10 millions chez nous) le 16 mars quand l’UE a exigé un nouveau plan de d’austérité de 78 milliards à donner aux banques. La mobilisation des peuples espagnols, portugais, italiens, grecs, chypriotes, c’est LA solution contre la troïka, c’est ça, la véritable « centralité du combat » contre la droite allemande.

Et le SPD l’a compris. Car il a longtemps payé le prix de sa « grande coalition » complice avec Merkel et il est en train d’en sortir pour les élections de fin 2013. Quand il faisait les plans Hartz 1, 2, 3 et 4, contre les droits des salariés, contre les salaires et les retraites, c’était Merkel qui en tirait les marrons du feu. Michel Sapin citait l’autre jour le « plan Hartz IV » à propos de l’ANI, cette attaque qu’hélas nous menons contre le droit du travail, ici aussi, comme concession au Medef et aux agences de notation, au détriment des salariés. Pourtant en Allemagne, le SPD est en train de revenir là-dessus et se mord les doigts d’avoir fait Hartz IV pas seulement parce que Hartz, ex-PDG de Volkswagen, est maintenant démasqué comme corrompu et condamné lourdement comme tel, c’est un nom maudit, mais parce qu’à cause de cela la misère s’est développée en Allemagne avec des millions de travailleurs à très bas salaires. Maintenant Martin Schultz défend un Smic et les droits sociaux, contre l’austérité et les banques.

On doit cesser, d’alimenter cette politique pour « éviter d’ajouter la crise à la crise ». Rassurer les marchés n’a jamais été une bonne politique, c’est comme jeter des steaks aux requins, ca ne les éloigne pas, au contraire, ils restent dans le sillage du navire Europe.

Les sondages sont mauvais pour notre gouvernement, et c’est NOTRE gouvernement, nous soutenons François Hollande et Jean-Marc Ayrault – de toutes nos forces, ardemment – parce que s’ils ne réussit pas ce sera terrible. Terrible. J’ai peur qu’avec l’actuelle ligne sur l’Europe, sous prétexte de « ne pas ajouter la crise à la crise » nous soyons rejetés, ce qui est arrivé au PASOK en quatre ans, nous sommes en train de courir le risque de le subir en un an ! On risque avec cette ligne d’être réduit à 7 % et loin derrière de nombreuses listes. Oui, je le dis avant que ca arrive, et pour ne pas que ça nous arrive ! Car ca ne sert à rien d’avoir raison après, il est encore temps pour éviter cela.

Si nous échouons, ce ne sera pas une « autre gauche » qui gagnera. Ce sera toute la gauche qui perdra. UMP et FN reviendront et ensemble, Copé annonce déjà la privatisation des 4/5e de ce qui est resté public dans notre pays, et une austérité puissance mille pour plaire aux banques.

Nous n’avons pas le droit de rester associés à l’image de Merkel et d’une Europe qui va dans le mur en semant chômage et misère.

Pour l’heure, les peuples qui luttent et y résistent, à Lisbonne, Madrid, Rome, Athènes ou à Chypre, ne sont pas encore majoritairement tournés vers l’extrême droite, mais si nous décevons, si nous ne rompons nettement avec la politique de cette troïka, les nationalistes et xénophobes s’épanouiront partout, et l’idée même de l’Europe périra.

J’ai entendu Fréderic Hocquart parler ici de la culture en Europe : bien, très bien, mais rendez vous compte qu’en Grèce cette semaine, l’UE a fait fermer l’enseignement supérieur public. Fermer l’enseignement supérieur public ! En Grèce !

 

J’ai entendu Bernadette Vergniaud, ici, tout à l’heure parler d’un « pacte européen pour l’égalité des salaires femmes hommes », mais il n’y a pas le premier pas en ce sens nulle part, En France l’ANI est une attaque contre les droits des millions de femmes à temps partiels, flexibilité, coupures, délai de prévenance, bloc d’heures complémentaires, lissage des salaires… A qui va t on faire croire qu’ici et avec l’Europe on va, là aussi, dans le bon sens ?

Sans redresser, redistribuer les richesses maintenant, ré investir, hausser les salaires, défendre les retraites, les allocations familiales, et le droit du travail, sans s’opposer nettement, frontalement, à la ligne brutale, d’austérité, imposée par Merkel, nous allons dans le mur ! Ecoutez quand il est temps ! Bernard Cazeneuve disait dans Le Monde que dans le budget 2014 il allait encore baisser les dépenses publiques, de 1,5 milliard, et ce, en diminuant sur toutes les lignes du budget… Il ne croit donc pas qu’on va réussir a aller chercher l’argent de la fraude fiscale, les 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, ou les 108 milliards en Suisse, ou les 60 à 80 milliards de la fraude fiscale. Il agit comme si tout ce qu’on dit là-dessus, n’allait pas arriver, comment va t on être crus ? De toute façon ce n’est pas avec 50 magistrats et inspecteurs qu’on va SERIEUSEMENT lutter contre cette fraude, si nous n’embauchons 2000 inspecteurs des impôts et des inspecteurs du travail et des douaniers, les services de contrôle ont été démantelés sous Sarkozy…

Il faut des signes pour remonter la pente dans l’opinion de nos électeurs, un gouvernement rose vert rouge, une riposte surpuissante à la hausse du chômage de masse, la réforme fiscale (que Cahuzac osait prétendre avoir déjà faite…). C’est au gouvernement de donner le ton, le rythme, les explications, de l’inflexion, de la correction de trajectoire, avec les mots qui seront les siens, mais n’importe comment que ca s’appelle, inflexion, tournant, s’il n’y a pas cette inflexion sociale nous sommes perdus.


Merci !

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #171 le: 19 avril 2013 à 16:25:59 »
On ne peut que féliciter Gérard Filoche mais il sait comment ça se passe au P.S . Au départ plusieurs motions sont proposées mais ensuite les porteurs se laissent vite séduire ,intimider(au choix) par la majorité . C'est arrangements et meurtres entre amis et c'est toujours la motion principale qui le remporte . Rappelez-vous comment Hamon fort de ses 16 % au Congrès de Toulouse s'est vite rangé du côté de la motion Ayrault-Aubry ...pourquoi ? pour un poste . Cette année il y a une motion portée par l'ex-lycéenne de l'UNL qui s'était mobilisée contre la réforme du bac initiée par Fillon . Elle , elle propose quoi ? de continuer dans la droite ligne du gouvernement ,de renforcer la sécurité , de faire diminuer l'immigration et d'autres conneries qui amusent la galerie ...Elle , c'est une jaune . Elle représente la CFDT : sa motion n'existe que comme étayage à Harlem Désir et faire en sorte que la CFDT continue à orienter la politique gouvernementale .  :diable:
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #172 le: 01 mai 2013 à 10:39:29 »
ça bouge sérieusement en interne au PS  :diable:

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Présenté par la gauche socialiste, voici le texte sur l’Europe « interdit » d’être soumis au vote des militants PS

Mardi 30 avril au soir, le BN du PS a vote contre la prise en compte, la diffusion et la présentation au vote des militants du texte de la gauche socialiste, #quevivelamotion3 D&S.

C’est une première ! La majorité du BN a eu peur que ce texte ne soit majoritaire parmi les militants (comme en 1996 !)

Elle a tout simplement voté pour qu’il ne paraisse pas et ne soit pas pris en compte. Ce refus de débat démocratique est scandaleux et inadmissible : il altère gravement les termes du débat pourtant si nécessaire dans les rangs du parti sur l’Europe. Notre texte avait une forte cohérence d’ensemble.

C’est un changement de règle du jeu de dernière minute car dans sa circulaire n°1387 du 17 avril,  Harlem Désir prévoyait bien le dépôt de plusieurs textes le 30 avril en BN.

Nous ne laisserons pas le silence étouffer ce texte, nous le diffusons ici. Le débat aura lieu. Nous avons re- decoupé ce texte en amendements. Même si Harlem Désir a été tenté de limiter le nombre de signes, ces amendements seront quand même soumis au vote le 6 juin parmi les militants, pour la convention « Europe » du 16 juin.

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Europe : le sursaut, c’est urgent !

Parce que nous aimons l’Europe, parce que nous l’avons rêvée, voulue et construite nous n’acceptons pas son orientation actuelle. Comme nous, nos concitoyens sont inquiets. Le chômage et la précarité explosent et le pouvoir d’achat baisse. Les politiques d’austérité, que des institutions non démocratiques imposent aux Etats, créent un climat de défiance à l’endroit de l’Europe.

L’Europe s’est construite sur un rêve de prospérité partagée. Elle est aujourd’hui l’otage de politiques néo-libérales et de dérives technocratiques qui l’ont affaibli. On en connaît les conséquences : accroissement des inégalités, remise en cause en cause du modèle social acquis de haute lutte par les mouvements ouvrier et progressistes, démantèlement des capacités d’intervention de la puissance publique, réduction du périmètre des services publics.

Les peuples eux aussi sont mis en concurrence. Ils subissent l’austérité, inacceptable et dangereuse. Aucune solidarité effective, aucun projet commun ne donne sens à ce qui doit être la grande ambition progressiste du 21eme siècle. L’intégration politique fait du surplace.

Les principes démocratiques de base sur lesquels l’Europe s’est fondée sont également remis en cause : la troïka, qui impose ses choix à une grande partie de l’Europe, sans aucune légitimité, sans rendre de comptes à quiconque, en est l’illustration la plus criante.

La faiblesse persistante de la croissance, la désindustrialisation globale, la domination de la finance sur l’économie réelle ne tombent pas du ciel. Elles sont la conséquence de choix économiques et politiques impulsés par les conservateurs et les libéraux. Ils ont accéléré l’accumulation de la dette publique. Les sociaux-démocrates ont eux-mêmes parfois accompagné cette spirale.

On nous avait promis l’Europe prospère, elle est austère. On attendait l’Europe démocratique, elle continue à être oligarchique. Quant à l’Europe sociale, elle est sortie des priorités.

Une alternative est possible. Pour réussir, le combat européen que nous menons doit être assumé politiquement par notre Président, par notre Parti. François Hollande a raison lorsqu’il se dit prêt à une « tension amicale » avec la droite allemande. La confrontation avec les droites européennes est nécessaire. C’est aujourd’hui qu’il faut construire un rapport de force avec les conservateurs, à commencer par leurs chefs de file Madame Merkel et Monsieur Cameron.

Les critiques convergent contre les politiques d’austérité. Les peuples en premier lieu, mais aussi désormais, le FMI, l’OCDE, le BIT, des économistes de toutes origines et plus récemment le commissaire général à l’investissement, ont tous pointé la nécessité d’une relance coordonnée en Europe. Ailleurs, certains pays ont osé franchir le pas comme les Etats-Unis ou le Japon qui font le choix de la relance. Plus récemment encore c’est le Gouvernement de coalition des Pays-Bas qui a mis un coup d’arrêt à l’austérité sous l’utile pression des partenaires sociaux.

Si la gauche ne propose pas au plus vite une réorientation profonde et radicale de la construction européenne, c’est l’Union qui sera bientôt en danger. Le sursaut en Europe, c’est urgent.

1. La question sociale avant tout : vers un Traité Social Européen.

L’emploi et le pouvoir d’achat sont la préoccupation première de nos concitoyens. Malheureusement, la question sociale est restée à la remorque de la construction européenne. La lutte contre le chômage et les inégalités doit être la priorité de la prochaine étape de la construction européenne. Le « traité social européen », notamment porté par la confédération européenne des syndicats (CES) doit donner pour buts aux politiques communautaires l’amélioration des conditions de vie et de travail, la qualité des emplois, la lutte contre les discriminations à l’embauche et dans les rémunérations, le dialogue social, le développement durable. Il doit garantir à tous les salariés dans l’Union européenne les droits fondamentaux que sont les droits du travail et le niveau de protection sociale, et instaurer le principe de la clause la plus favorable.

Mais surtout, et là est l’urgence, il doit fixer un cadre de convergences progressives vers le haut des standards sociaux les plus importants comme la durée légale du travail, le salaire minimum. La création d’un SMIC dans chaque pays est importante mais ne saurait suffire pour combattre le dumping social. L’écart entre les SMIC doit être réduit pour se rapprocher du taux le plus élevé.

Dans le cadre des traités existants, il faut interdire les pratiques de rémunération selon le « principe du pays d’origine » que la défunte directive Bolkestein voulait consacrer. Il faut exiger l’application de la directive « travailleurs détachés » et fixer un principe clair : l’obligation de respecter les lois et conventions collectives du pays où s’effectue le travail.

2. Suspendre le pacte de stabilité : la croissance et l’emploi d’abord.

La priorité à la question sociale va de pair avec l’impératif de relance de l’économie. Malheureusement, le pacte de stabilité et le TSCG sont deux verrous qui interdisent désormais aux gouvernements de disposer des moyens d’action nécessaires pour faire face à la crise. Le pacte de stabilité doit être immédiatement suspendu. Le rythme de réduction des déficits imposé par la Commission européenne finira par provoquer des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles. L’austérité a démontré son inefficacité: elle contribue à augmenter la dette, pas à la réduire. Les peuples, les Etats et l’Union ne survivraient pas à la poursuite de cette politique suicidaire.

Le pacte de stabilité doit ensuite être réformé. Les dépenses d’investissements doivent être exclues du calcul des déficits, son fonctionnement doit rejeter la logique de sanction et introduire celle de coopération. Le dogme du 3%, chiffre sans aucune valeur économique, doit être aboli. Le calendrier de réduction des déficits doit être réaliste et tenir compte du cycle économique et de la nécessité de lutter contre le chômage.

3. Liquider la dette indigne : la BCE doit prêter directement aux Etats

Dans tous les pays européens, la montée de la dette publique est en premier lieu liée au déploiement des politiques de l’offre, centrées sur la baisse conjointe des dépenses publiques et des impôts. Les mesures fiscales favorables aux plus aisés ont essentiellement favorisé l’épargne des riches et n’ont pas provoqué l’effet annoncé sur la croissance. Il en a résulté une baisse des recettes fiscales et une montée des déficits. La crise a en second lieu fait exploser la dette à partir de 2008. Renonçant à prêter directement aux Etats, les banques centrales ont prêté aux banques qui elles même ont prêté aux pays avec des taux d’intérêt exorbitants, s’enrichissant au passage sur le dos des contribuables et des citoyens. Ces taux d’intérêt particulièrement élevés ont été des éléments déterminants de l’explosion de l’endettement. Une large part des dettes souveraines peuvent être ainsi considérées comme «  illégitimes ».

Le ralentissement de l’activité a encore amenuisé les recettes fiscales tandis que la socialisation des pertes des banques, responsable de la crise financière, a mis à contribution les finances publiques et les contribuables. Les rentiers, détenteurs de la dette publique et privée, ont doublement profité de cette situation. Ils ont tout d’abord bénéficié des baisses d’impôts qui ont creusé les déficits. Ils ont ensuite touché les intérêts de la dette qu’ils détiennent… et qui a financé les cadeaux fiscaux dont ils ont profité pour spéculer. Nos concitoyens ont bien de quoi s’indigner ! Une grande partie de la dette est une dette indigne, causée par des politiques qui sont à l’origine de la crise et qui continuent à être vantées par des promoteurs n’ayant de cesse de mettre cette crise sur le dos d’un modèle social européen trop coûteux !

C’est cette dette indigne, à laquelle il faut s’attaquer.

Au-delà, Il faut distinguer la bonne dette, celle qui finance le modèle de développement durable, de cette mauvaise dette. Cela justifie que, dans de nombreux pays, il faille restructurer la dette pour libérer des ressources nécessaires au financement de l’économie réelle. Et en tout cas, le temps est venu d’imposer aux banques centrales et à la BCE de prêter à nouveau directement aux Etats.

Le sort réservé aux peuples grecs, irlandais, portugais et espagnols est inacceptable. Les « plans de sauvetage » de ces pays ne sont que des plans de sauvetage des grandes banques européennes détentrices des titres de leurs dettes publiques. Ce sont les peuples qui paient la facture avec les véritables plans de destruction sociale que leur impose la Troïka (Banque centrale européenne, Union européenne et FMI) : le chômage frappe 27 % de la population en Grèce et en Espagne, 17 % au Portugal, le niveau de vie moyen de la population a baissé de 35 % depuis 2009 en Grèce.

4. Un véritable plan de relance européen

Les « réformes structurelles » prônées par les conservateurs et les libéraux sont impuissantes face à la récession. Elles ont même entretenu une logique de déflation salariale qui a tué la demande intérieure européenne. Un New deal européen est désormais à l’ordre du jour. Il doit s’articuler de politiques de soutien à la reprise adaptées à chaque Etat et d’un plan de relance à l’échelle européenne. Le retour de l’intervention de la puissance publique à tous les niveaux est d’autant plus nécessaire pour financer et planifier la transition écologique.

Il faut permettre à tous les pays de la zone euro de s’orienter vers la relance en faisant sauter les verrous budgétaires qui enferment leurs moyens d’action. En étant coordonnées, les mesures de soutien dans chaque Etat seraient nettement plus efficaces.

La relance doit également opérer à l’échelle Européenne, pour financer la convergence vers le haut de tous les pays et relancer la croissance dans toute l’union. Le pacte de croissance doit se concrétiser. Pour cela, des euro-obligations pour financer les investissements d’avenir doivent être mise en œuvre. Le capital de la Banque Européenne d’Investissement doit être augmenté, pour lui permettre de développer ses activités de financement de la croissance. Alors que l’épargne est abondante dans certains pays, l’UE doit pouvoir recourir à l’emprunt pour financer ses grands investissements, en particulier pour la transition énergétique, et lutter contre les inégalités territoriales et sociales. L’emprunt, comme instrument majeur du développement et de la croissance en Europe, s’impose comme la contrepartie logique à la mise en œuvre de l’harmonisation fiscale et sociale.

5. Refuser la baisse du budget européen

En cohérence avec la volonté affirmée du Président de la République d’une relance macro-économique européenne au service de la croissance et de l’emploi, nous appelons les socialistes européens et notamment nos eurodéputés à refuser par leur vote le budget en baisse pour la première fois, imposé par les gouvernements conservateurs. Ce veto rouvrira la discussion sur la base du budget 2013, moins restrictif que celui actuellement proposé par le Conseil et imposera l’ouverture, dès 2014, année du renouvellement du Parlement européen, du débat sur la levée de ressources propres nouvelles et pérennes, financées par des impôts européens, voire, ultérieurement par des emprunts fédéraux.

Le budget européen représente seulement un pourcent du PIB de l’UE. A termes, la construction d’une Europe de la croissance et de l’emploi implique la mise en place d’un vrai budget d’intégration solidaire, représentant au minimum 5% du PIB européen.

La taxe sur les transactions financières doit être le premier de ces impôts européens. Celle-ci doit être élargie à tous les pays. D’autres ressources propres doivent être créées. Ces dernières pourraient provenir de la lutte contre la fraude fiscale, de la taxation des kilomètres parcourus par les poids lourds, ou encore de la taxation carbone aux frontières de l’UE.

6. Fiscalité : Une seule solution, l’harmonisation

Les Socialistes doivent initier un projet européen fiscal, fondé sur la détermination de règles d’harmonisation et sur le transfert d’impôts nationaux vers des impôts européens, au service d’un budget européen.

Pour stopper la concurrence fiscale, il faut harmoniser les fiscalités européennes. Comme nous l’avons fait pour les monnaies, il faut mettre en œuvre un serpent fiscal européen qui rapproche progressivement les niveaux d’imposition. Il serait fondé sur :

- un taux plafond de TVA (impôt consommation) pour éviter une dérive à la hausse de cet impôt injuste ;

- une harmonisation de l’assiette consolidée de l’impôt sur les sociétés et la définition d’un taux minimal d’imposition des sociétés, pour stopper la course à la baisse et au dumping ;

- l’affectation d’une partie du produit de cet impôt au budget européen

- une obligation de déclarer revenus et bénéfices réalisés dans les paradis fiscaux pour toutes les entreprises et une harmonisation des règles et procédures dans la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale ;

- Un FACTA européen

- une harmonisation des bases d’imposition, pour définir des règles communes et permettre la revalorisation du budget européen par la création d’un ou plusieurs impôt(s) européen(s) renforçant l’intégration européenne et ses marges de manœuvre.

7. Mettre la BCE au service de l’économie réelle

Par la force des choses, la BCE est intervenue au cours de la crise, dans les limites autorisées par ses statuts, pour éviter une panne générale de liquidité et enrayer la spéculation sur les dettes souveraines. Pour autant, une réforme de la politique monétaire européenne et des statuts de la BCE doivent doit faire de la croissance et de l’emploi les objectifs prioritaires de la BCE, dans le respect de la recherche d’une inflation contrôlée. L’indépendance absolue de la BCE est sans aucun équivalent dans le monde. Les socialistes doivent promouvoir l’idée d’une BCE responsable devant des institutions communautaires démocratiques.

La BCE doit pouvoir acheter directement lors de leur émission les titres des dettes publiques des Etats-membres de l’Union européenne, sans que ces Etats aient à subir les « conditionnalités » prévues par le Mécanisme européen de stabilité, c’est-à-dire les plans de destruction sociale qui frappent la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et demain Chypre. C’est ce que font d’ailleurs toutes les banques centrales dans le monde, la Réserve fédérale des Etats-Unis, la Banque du Japon comme la Banque d’Angleterre.

8. Mettre fin à l’euro surévalué

L’action de la BCE peut aussi influencer le taux de change de l’euro face au dollar. Pour autant, la politique de change ne relève pas du champ de compétence de la BCE. C’est aux Etats, au sein du Conseil, que revient la mission de fixer le taux de change de l’euro. Le débat sur la politique de change de l’Union est malheureusement resté interdit. Or la surévaluation de l’euro nuit à l’économie et à l’emploi dans la plupart des pays de la zone euro. L’euro ne saurait être une monnaie au service des seuls pays qui réalisent des excédents commerciaux et qui entendent préserver le patrimoine de leurs épargnants grâce à une monnaie trop forte.

La France doit en premier lieu proposer une politique de change à ses partenaires, pour rééquilibrer la parité avec le dollar mais aussi le yen et le yuan au service de nos exportations. Elle doit non seulement demander que ce point soit mis à l’ordre du jour d’un sommet européen exceptionnel et d’ici fin 2013 mais également présenter un mémorandum visant à stopper la politique de de l’Euro fort, de l’Euro surévalué.

A ceux qui défendent la déflation salariale, une baisse de 10% de la valeur de l’Euro serait plus efficace qu’une baisse équivalente des salaires. (à revoir)

8. Encadrer le libre-échange, refuser le traité transatlantique.

La politique de change est un instrument de politique commerciale, au même titre que Les barrières au libre-échange incontrôlé.

Le libre-échange sans précaution a accru le phénomène des délocalisations. Il entretient une pression à la baisse sur les salaires et mis en cause la protection sociale des pays où le modèle social est le plus avancé. Nous devons tirer les conséquences de cette concurrence déloyale. Il faut réaffirmer la nécessité d’un tarif extérieur commun aux frontières de l’Europe en définissant les critères sociaux et environnementaux nécessaires pour préserver notre modèle social, la qualité de la vie et des emplois rémunérés à leur juste valeur.

Il est temps de proposer un accord européen sur la régulation des échanges de l’UE avec ses partenaires qui permettent l’instauration d’écluses sociales et fiscales.

Il est nécessaire d’avancer vers la taxation du bilan carbone, favorisant de fait les productions les plus écologiques et les plus proches. La création d’une Organisation européenne du commerce, soumettant au Parlement européen des propositions de mise en place de principes de protection (normes, taxes, quotas…) secteur par secteur, permettrait d’harmoniser les normes environnementales.

Il faut enfin suspendre les négociations pour un accord transatlantique. L’industrie européenne n’a rien à y gagner et beaucoup à y perdre. Les Etats-Unis viennent d’injecter des fonds publics considérables pour soutenir certains de leurs secteurs industriels qui, une fois modernisés, seront prêts à conquérir le marché européen. Pendant ce temps-là, L’Europe interdit les aides directes aux entreprises.

La mise en œuvre de l’accord transatlantique va à l’encontre du projet d’une Europe forte et indépendante dans un monde multipolaire. Elle ne saurait tomber dans le piège d’une alliance dite occidentale en face des pays émergents.

D’autres voies de coopération avec les Etats–Unis peuvent être promues mais l’accroissement du tout-concurrence n’est pas acceptable. Entrer dans la négociation nous amènerait à terme à renoncer à une destinée commune aux Européens. Instruits par l’expérience, nous savons que poser les conditions ne permet pas d’aboutir à un accord équitable.

Le droit du travail doit être considéré comme un élément constitutif du droit de la concurrence. La construction d’une véritable organisation européenne, sur le modèle de l’OIT, est indispensable.

9. Renouer avec l’ambition industrielle pour un développement durable

L’Union doit investir puissamment dans les secteurs d’avenir, en particulier dans les activités à haute valeur ajoutée de la nouvelle économie de la connaissance, développer des infrastructures transeuropéennes d’énergie propre, de transport et de communication. Elle doit favoriser le déploiement d’une politique industrielle, entravée par la logique d’une « concurrence libre et non faussée » dogmatiquement imposée.

Cet Etat stratège européen doit permettre la transmission dans les territoires, notamment à travers la politique régionale, des orientations décidées en commun, avec pour règle de n’abandonner aucun territoire, aucune région.

Par ailleurs, une véritable politique industrielle doit également assurer une bonne gestion des secteurs plus traditionnels afin d’anticiper les restructurations et mettre en place à temps des programmes de reconversion des bassins industriels, en associant les partenaires sociaux et tous les acteurs concernés.

Il est donc indispensable de repenser complètement la politique industrielle. Tout d’abord en révisant complètement le régime des aides d’Etat et des règles de concurrence, pour permettre l’émergence de grands groupe européens capables d’affronter leurs homologues dans la concurrence mondiale et maintenir des emplois dans l’UE, d’autre part au sein des Etats membres en particulier pour les PMI afin d’assurer l’émergence de secteurs innovants, où l’investissement long terme est indispensable. Cela doit aussi être permis pour assurer la mutation industrielle dans des domaines où se manifeste un déséquilibre des échanges et une sur-importation.

10. En Europe aussi, « notre adversaire, c’est la finance » !

Une directive bancaire est actuellement à l’étude. Il est indispensable qu’elle ne soit pas en retrait par rapport au rapport Liikanen.

Les socialistes doivent œuvrer en ce sens et exiger un dépôt rapide par la commission de ces textes.

Seules pourront bénéficier de la garantie publique, les activités bancaires directement utiles à l’économie. En France, par exemple, ces activités représentent 22% des activités des « banques universelles » dont le désastre chypriote vient de démontrer une nouvelle fois l’extrême dangerosité : 12% pour le financement des ménages et 10% pour le financement des entreprises.

On ne saurait par ailleurs accepter que soit différée la mise en œuvre de l’Union bancaire. La plus grande vigilance s’impose pour l’ensemble des marchés financiers en particulier ceux du « secteur bancaire parallèle » comme les fonds monétaires, les assureurs ou les fonds alternatifs qui prospèrent sans être réellement régulés et taxés. Ils constituent un risque de déflagration qui menacera nos économies avec autant de force, si ce n’est plus encore, que la crise bancaire récente.

11. Une Union démocratique, par et pour les citoyens

Aujourd’hui, la crise en Europe s’est muée en crise de l’Europe. Il faut d’urgence organiser le saut démocratique qui restaure une capacité réelle des peuples à peser sur les décisions. Il est donc essentiel de renforcer les pouvoirs du Parlement européen et de mieux associer les parlements nationaux. Afin d’assurer l’effectivité de la légitimité démocratique du Parlement européen, ce dernier doit nommer la Commission selon les résultats issus des urnes des élections européennes. De même, il faut en finir avec la désastreuse cogestion parlementaire qui brouille le clivage droite-gauche et faire en sorte que la Gauche sociale-démocrate européenne présente son propre candidat à la Présidence de la Commission.

Le parlement européen doit être représentatif de la réalité démographique des différents pays. On ne peut continuer

Le rôle de co-législateur du Parlement européen doit être étendu à tous les domaines, la règle de l’unanimité au Conseil des ministres abolie. Les Parlements nationaux doivent être pleinement associés aux décisions budgétaires majeures, telles que les programmes de stabilité et les programmes de réforme.

Les changements de traités doivent faire l’objet d’une Convention, dans laquelle les citoyens sont représentés par leurs élus directs au Parlement Européen. Les peuples doivent pourvoir les ratifier par référendum.

Aujourd’hui, la crise en Europe s’est muée en crise de l’Europe. Il faut d’urgence organiser le saut démocratique vers une Europe fédérale et progressiste. Il est donc essentiel de renforcer les pouvoirs du Parlement européen. Afin d’assurer l’effectivité de la légitimité démocratique du Parlement, ce dernier doit nommer la Commission selon les résultats issus des urnes des élections européennes. De même, il faut en finir avec la désastreuse cogestion parlementaire qui brouille le clivage droite-gauche et faire en sorte que la Gauche sociale-démocrate européenne présente son propre candidat à la Présidence de la Commission.

L’Europe ne peut fonctionner comme un espace diplomatique, dans lequel les intérêts des Etats prévalent sur celui du peuple. La représentation populaire, tant au niveau national qu’au niveau européen, doit être renforcée.

Le rôle de co-législateur du Parlement européen doit être étendu à tous les domaines, la règle de l’unanimité au Conseil des ministres abolie. Les Parlements nationaux doivent être pleinement associés aux décisions budgétaires majeures, telles que les programmes de stabilité et les programmes de réforme.

Les changements de traités doivent faire l’objet d’une Convention, dans laquelle les citoyens sont représentés par leurs élus directs au Parlement Européen. Les peuples doivent pourvoir les ratifier par référendum.

Des paroles aux actes

Longtemps, on a déploré que l’Union se fasse « en dépit des peuples » ou « à côté des peuples ». Aujourd’hui, c’est pire : elle se construit contre eux.

Pour les docteurs de la loi libérale, ce sont aux citoyens européens de payer la crise. Grèce, Portugal, Espagne : tous les pays sommés d’appliquer les « recettes » de la Troïka voient leur taux de chômage exploser. La logique folle des partisans de l’austérité se résume en une formule paradoxale : l’Europe redeviendra riche une fois que tous les européens seront devenus pauvres.

Socialistes, nous n’avons pas renoncé à « notre Europe ». Celle qui privilégie la coopération à la compétition. Celle de la construction de « solidarités de fait ». Celle qui investit et prépare l’avenir.

Oui, nous l’assumons : nous portons, avec nos partis frères, un projet alternatif à celui de la droite européenne que nous pouvons faire partager au-delà de nos frontières aux forces progressistes, de gauche et écologistes.

Oui, nous le savons, l’histoire de l’Europe est faite de compromis et de concessions réciproques. Mais on ne passe pas des compromis sans construire un rapport de forces. Accepter une politique néfaste « pour éviter d’ajouter la crise à la crise » non seulement n’évite pas la crise mais l’aggrave. C’est çà cela que nous devons nous atteler aujourd’hui : la confrontation démocratique avec la droite européenne qui veut condamner l’Union à l’austérité sans fin.

Notre base, sociale, nos électeurs, ne se paient plus mots. Ils veulent des actes. C’est pourquoi nous pensons que le rôle des socialistes Français, à moins d’un an des élections européennes, c’est d’élaborer une feuille de route et de la proposer à nos partis frères.

Nos électeurs, notre base sociale ne se satisferont pas de belles paroles et de grandes promesses. Ils veulent des actes, ils veulent du concret. Ils ont raison.

Nous n’avons pas le temps de laisser « du temps au temps ».

C’est maintenant qu’il faut exiger la suspension du pacte de stabilité budgétaire qui condamne les Etats membres à l’austérité sans fin

C’est maintenant qu’il faut un véritable plan de relance, écologique et social en Europe.

C’est maintenant qu’il faut refuser le vote d’un budget communautaire en baisse pour la première fois de l’histoire de l’Union.

C’est maintenant qu’il faut placer le social d’abord et obtenir un traité social, aller vers un SMIC européen.

C’est maintenant qu’il faut mettre à l’ordre du jour la fin de « l’euro cher » pour protéger nos emplois, nos industries et nos savoir faire.

C’est maintenant qu’il faut refuser le libre-échange généralisé (mettre en place un juste échange et refuser le traité transatlantique qui risque d’affaiblir un peu plus notre continent sur la scène internationale.

Ensemble, avec toute la gauche européenne, le sursaut, c’est urgent.
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #173 le: 06 mai 2013 à 22:40:52 »
L'attitude du BN est digne de l'UMP!  :X:
Cela risque plutôt de bouger par le départ au FDG. C'est ce qu'a fait un collègue très investi parmi les jeunes socialistes. Je lui donne raison, parce que si le PS pouvait assumer un quelconque changement, ça se saurait, depuis le temps...  :mrgreen:
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #174 le: 03 juin 2013 à 14:12:47 »
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L'attitude du BN est digne de l'UMP!  :X:

Tu ne croyais pas si bien dire, Sarkonique ! Et ils persistent et signent .....
Je note comme très intéressant dans cette info, de constater qu'il n'y a pas que Filoche qui lutte en interne au PS, outre les signataires de la pétition contre l'ANI, il y a aussi Larrouturou  :super:

(je n'ai pu vous mettre l'info d'origine car pas abonnée à Mediapart .... mais c'est aussi instructif de voir comment y réagit un blogueur proche du gvt ! Et je crois percevoir comme une prise de distance   :diable:)

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Larroututou a-t-il sa place au PS ?

On l’espère bien.

Stéphane Alliès, pour Mediapart, relate la violence d’un récent Bureau National du Parti socialiste, le 28 mai dernier. Pierre Larrouturou, co-auteur d’un ouvrage « Pourquoi la gauche n’a plus droit à l’erreur » avec Michel Rocard et co-animateur du collectif Roosevelt2012, a été pris à partie par une assemblée de responsables socialistes furieux d’un … tract.


Moi je trouve tout ça plutôt très positif  ::d (même si bien sûr dans les medias on n'en parle pas, on choisit de mettre en avant la soi-disant popularité du sieur VallS  :rougefache:..... je me dis que Hollande va bien devoir en tenir compte)

PS : pour ce qui est des initiatives de Roosevelt2012, entre autres, je vous avais mis un truc dans "hollande et les banques"

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #175 le: 08 juin 2013 à 21:59:39 »
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Tricherie en bande organisée

La direction du Parti socialiste, non satisfaite d’avoir empêché la gauche du parti de présenter un texte alternatif pour la convention sur l’Europe, a manipulé de manière éhontée le vote de ses adhérents pour faire croire à un « très large soutien » de ces derniers « au projet européen défendu par le gouvernement et le Président de la République ».

Le mythe du PS, parti démocratique, est mort ce 7 juin. Pour sa convention européenne, qui doit se tenir le 16 juin, la direction « solferinienne » avait déjà usé de tous les moyens possibles pour obtenir le résultat qu’elle souhaitait de la consultation des militants organisée hier dans toutes les sections.

Un texte unique tout d’abord, avec interdiction pour la gauche du PS de présenter un texte alternatif. Un débat quasi-inexistant ensuite. Et enfin, suprême raffinement, l’obligation de voter ce texte pour pouvoir voter ensuite en faveur d’amendements qui, pour certains, en changeaient profondément l’orientation.

Le résultat sur ce point est donc sans surprise : le texte de la direction a été adopté, selon les résultats officiels, par 90 % des votants. Et il est assez cocasse, pour ne pas dire risible, de voir le secrétaire national aux Fédérations, Alain Fontanel, se gargariser d’« un succès de mobilisation » alors que 35,5 % seulement des adhérents ont participé au scrutin.

Le plus grave est encore le traitement réservé aux amendements. Alors qu’hier soir il apparaissait que les quatre amendements déposés par Maintenant la gauche, le courant d’Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj, Julien Dray ou Gérard Filoche, étaient majoritaires, la direction a publié des résultats qui les fait apparaître minoritaires. Ce qui étonnera même les naïfs.

La triche saute aux yeux à la lecture des résultats communiqués. Dans la comptabilisation nationale des résultats, les Solferiniens ont compté comme vote « contre » tous ceux qui s’étaient abstenus ou n’avaient pas pris par au vote, sot qu’il n’ait voté que pour le texte et ignoré les amendements, soit qu’ils aient voté contre le texte. D’où ce communiqué d’Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj :

    Les militants socialistes se sont exprimés hier sur le texte de la Convention Europe. Les amendements de l’aile gauche (maintenant la Gauche et Un monde d’avance) ont recueilli la majorité des suffrages exprimés.
    La direction du PS annonce des chiffres farfelus, obtenus en inventant une méthode de calcul scandaleuse. En gros, les « contre », les « abstentions », les blancs et nuls sont considérés comme des votes contre ! De même, les voix des militants ne s’étant pas exprimés sur les amendements sont également comptabilisées dans les votes contraires !
    Au moment ou le PS s’enorgueillit de sa pratique de la démocratie interne, ce type de procédés ternit l’image de notre organisation. Elle évacue de surcroît un débat sur le fond qui mérite mieux que des petites manipulations d’appareil.
    Ces méthodes témoignent,après l’interdiction de déposer des textes alternatifs, d’un embarras de la direction du PS face aux positions ambitieuses des militants socialistes en faveur d’une autre Europe.


Reconnaître que des amendements qui demandaient notamment la « suspension » du pacte de stabilité et « une réforme de la politique monétaire européenne et des statuts de la BCE », et refusaient le traité transatlantique étaient majoritaires aurait obligé les Solferiniens à une sacrée remise en cause des positions qu’ils défendent. D’où le recours à cette grossière tricherie en bande organisée qui ne redorera pas le blason du PS dans la gauche militante.


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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #176 le: 08 juin 2013 à 22:22:14 »
Wwah ! C'est pas rien quand même  :| :| :| :|
Je suis curieuse de voir comment vont réagir tous les militants socialistes proches de l'aile gauche face à un telle traitrise ..... Je serais à leur place, j'aurais carrément les boules  :fache1: :fache1: :fache1: :fache1: :fache1:
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #177 le: 13 juillet 2013 à 10:21:14 »
L'aile gauche du PS doit décidément avaler d'énormes couleuvres ! et cela à l'air d'être de plus en plus difficile à ingurgiter :

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Alors que Pierre Moscovici qualifie d’« excessif » le projet de taxe sur les transactions financières porté par Bruxelles, la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann trouve cela « effarant ». « C’est quand même un comble que la Commission apparaisse plus à gauche que la France », selon la sénatrice de Paris. Elle demande de « ponctionner fortement » les 500 Français les plus riches qui viennent de voir leur fortune augmenter de 25 % en un an.

entretien

l'article


extrait :

Pierre Moscovici a-t-il succombé au lobby bancaire ?
Bien sûr. Ce n’est pas la première fois. La loi sur la séparation des activités bancaires aurait pu aller plus loin. C’est d’autant plus surprenant qu’il y a un sujet bancaire qui reste un non-dit des débats européens : la masse des crédits douteux qui restent dans le circuit bancaire. Ce n’est pas en succombant au lobby des banques qu’on va régler ces problèmes de fond. Ce n’est pas en faisant payer les citoyens par l’impôt, faute de taxer les mouvements de capitaux, qu’on va régler les problèmes.
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #178 le: 14 juillet 2013 à 21:45:16 »
N'a pas que lui! C'est pas Montebourg qui fait des coucous aux lobbies du gaz de schiste?  :fache:

Moscovici, grand larbin de phynance et sous-off' du pédalo, n'a eu qu'à reprendre la boîte à cirage laissée par ses prédécesseurs.  :mrgreen:
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #179 le: 04 août 2013 à 19:28:23 »
Question personnalité, Hollande vaut largement mieux que Sarko. Mais d'un point de vue politique ? Tous deux sont des libéraux, et le solférinien se contente de poursuivre l’œuvre de l'autocrate sur bien des points, à commencer par la réforme libérale des retraites (libérale, car aucune proposition de gauche n'est mise sur la table).
Deux duettistes, en somme...

N'en déplaise aux bas du front et autres excités de la récidive, les statistiques sont formelles : les individus ayant commis au moins un crime sont plus nombreux que ceux qui en ont commis deux ou plus.

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #180 le: 27 août 2013 à 22:09:49 »
Exactement. L'un a pillé l'Etat pour ses copains, l'autre le rembourse sur les deniers des citoyens. Très complémentaires, en somme.

C'est lui le gwos et moi le pitit...  :mrgreen:
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #181 le: 28 août 2013 à 15:33:58 »
Il s'agit des petits échos de l'Université d'été du PS..... alors je vais le mettre ici, n'est-ce-pas  :désolé1: mais franchement ça aurait pu figurer en bien d'autres endroits tellement cela fait écho  :diable:
En tout cas, voilà un bouquin que j'irais lire avec grand intérêt dés qu'il sera disponible  :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

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A La Rochelle, l'ombre fugace des paradis fiscaux
A l'applaudimètre, la sociologue critique bat le ministre, mais de peu



Calme plat à La Rochelle. Les médias vous ont vendu les bisbilles entre ministres ? Du vent. Il régnait un consensus patent durant l’université d’été du parti socialiste. Après plus d'un an de pouvoir et à moins d'une année des élections municipales et européennes, on ne voit pas une tête dépasser. En tendant l’oreille on pouvait cependant entendre une petite voix étonnée d’être là, celle de Monique Pinçon-Charlot. Et dans sa voix, les conclusions de son enquête sur la trahison d'un socialisme de gouvernement qui a choisi son camp. Le camp de l’argent.

"Le PS a-t-il fait erreur sur la marchandise ?" La sociologue Monique Pinçon-Charlot se pose la question des tas de fois avant de se rendre aux universités d’été du Parti socialiste et la repose samedi devant un public curieux de savoir comment dominer la finance et combattre les paradis fiscaux. La salle est loin d’être comble, il est onze heures du matin, je viens de me farcir un atelier sur l’avenir de l’industrie en France dans lequel on m’a certifié que le numérique allait tous nous sauver. Le jour où les ouvriers auront des lunettes sur lesquelles ils pourront lire le mode d’emploi de leur machine, vous verrez, le taux de productivité va décupler. Je vous jure. L’avenir est dans l’objet connecté. La voiture connectée. La table connectée. La cafetière connectée. La chaussette connectée. Et la France, mes amis, sera le champion du tout connexion.


Rassurée sur notre avenir donc, je rejoins la plénière consacrée à la finance notre ennemi. Ce n’est pas tant le thème qui m’attire que le nom des invités. Comme Monique Pinçon-Charlot, on peut penser à une erreur de casting : pour évaluer la capacité du gouvernement à dominer la finance, on trouve sur scène des voix très critiques. La sociologue d’une part : cette spécialiste des riches – déjà reçue avec son mari chez nous – met à nu la complicité entre gouvernants et monde de l’argent. Sur scène également, Mathilde Dupré, citée régulièrement ici. La chargée du plaidoyer à CCFD-Terre solidaire et spécialiste de l’évasion fiscale répète à l’envi que les gouvernements pourraient faire mille fois mieux pour débusquer les comptes offshore et les trusts aussi opaques qu’illégaux. Autre voix discordante, celle de Pierre Larrouturou. Economiste et socialiste qui quitta un temps le PS pour le parti des Verts avant de revenir au bercail, le co-fondateur du collectif Roosevelt fut vent debout contre la réforme bancaire imaginée par le gouvernement – et par ailleurs épluchée dans ce dossier. Face à eux : Karine Berger, députée et grande prêtresse de la loi de réforme bancaire, Benoît Hamon, ministre de l’économie sociale et solidaire, et Bernard Cazeneuve, ministre du budget.

Des avancées oui, mais de toutes petites avancées

En sept minutes, Mathilde Dupré, première à dégainer, tape juste. Elle rappelle que le chemin fut long avant que son discours n’arrive aux oreilles des socialistes. Qu’en 2010, son ONG prêchait seule dans le désert tandis qu’aux Etats-Unis la loi FACTA était adoptée. Cette année-là, les Américains exigeaient des banques étrangères de leur fournir les données de leurs ressortissants tentés de mettre leur argent au chaud dans les paradis fiscaux. Comme quoi, on peut le faire. Certes notre gouvernement socialiste est l’auteur d’une avancée avec la loi de réforme bancaire qui instaure la transparence des banques. Ces dernières devront donner la liste de leurs implantations dans chaque pays avec le nom et la nature de l’activité, les résultats et les effectifs. Un grand pas vers la transparence, qui a encouragé l’Europe dans ce sens.


Mais on pourrait faire davantage, note Dupré : par exemple, exiger cette même transparence de la part des entreprises. Ou faire sauter le verrou de Bercy et permettre à la justice d’enquêter sur des fraudes fiscales avant le fisc. Cazeneuve soupire, et explique qu’à chaque fois qu’il discute avec Dupré, à chaque fois revient sur le tapis cette histoire de verrou de Bercy (bien expliquée dans ce papier de Rue 89). Et à chaque fois il oppose ce même argument : la priorité donnée à Bercy permet de recouvrer les sommes des fraudeurs plus rapidement. Et les fraudeurs, croyez-le, il les traque. En juin il a signé une circulaire invitant les Français à rapatrier dare-dare leurs avoirs non-déclarés de l’étranger. Bingo ! Le ministre nous dévoile des chiffres jusque-là inédits : "en sept semaines, 1 100 contribuables se sont dit déterminés à remplir leurs obligations fiscales, soit autant qu’en deux ans." L'intervention du ministre est chaleureusement applaudie.

Et les entreprises ? Larrouturou va en remettre une couche. Il prône carrément le boycott des industries qui se soustraient à l’impôt. Vous pratiquez l’optimisation fiscale ? Adieu commandes publiques. Applaudissements dans la salle. Mais avant de formuler cette proposition, l’économiste avait dépeint la situation économique mondiale. On se targue en France d’un demi-point de croissance en plus au deuxième trimestre ? Très bien, voyons aux Etats-Unis : alors qu’on attendait une croissance à 2,4% elle ne sera finalement que de 1,1%. Et ce malgré la planche à billets que la Fed fait tourner. Au Japon ? La planche à billets tourne aussi beaucoup – une composante de la politique menée par le nouveau premier ministre comme raconté ici – mais la croissance sera seulement de 0,6% avec un taux de déficit de 10% (pour mémoire, nous sommes censés en Europe ne pas dépasser les 3%). En Chine maintenant : la dette privée a augmenté de 30% du PIB en un an, et le pays fait face à une bulle immobilière sans commune mesure, donnant naissance à des villes fantômes selon le Figaro. Larrouturou raconte que 250 millions de paysans vont être déplacés pour occuper les logements vides. Il insiste sur le chiffre : 250 millions. Etats-Unis, Japon, Chine… qui a dit que la crise est derrière nous ?

Université PS


Puis vient Monique Pinçon-Charlot. Etonnée d’être invitée, elle entame néanmoins son intervention en racontant son surf sur des sites qui proposent l’optimisation fiscale. Des sites en veux-tu en voilà. Pour elle, pas de doute : les gouvernements sont complices de cette évasion. Oui, même le nôtre. Une preuve ? Le groupe LVMH qui compte 140 filiales dans des paradis fiscaux et un ancien ministre socialiste dans son conseil d’administration, Hubert Védrine. La sociologue parle d’une vraie guerre des riches, une guerre avec des armes financières. Elle se tourne vers Karine Berger qui venait de vanter la réforme bancaire française -la seule de ce genre en Europe- et lui lance : "cette Europe néolibérale définie par un traité néolibéral ne doit pas être un point de repère intéressant". Ovation dans la salle.

L'histoire d'une trahison

Les voix discordantes se sont élevées mais, au risque de vous décevoir, il n’y a pas eu de grand soir à l’issue du débat. Berger répète que la loi bancaire est parfaite, Hamon est lui aussi satisfait, quant à Cazeneuve, il se défend de toute complicité avec le monde de l'argent : "nous sommes ici tous de gauche, et nous ne renonçons pas". Dans le public, pas de rang de révolutionnaires aux poings levés. Certes, à l'applaudimètre, Monique Pinçon-Charlot bat le ministre du budget mais de peu. Les militants semblent heureux. Ce petit monde se sépare de bonne humeur, et je monte sur scène pour saluer la sociologue. Elle n’en revient toujours pas d’être là : "j’ai même demandé plusieurs fois à Harlem Désir si vraiment il n’y avait pas erreur, mais non, c’est bien moi qu’il voulait inviter". Le premier secrétaire du PS et elle s’étaient rencontrés l’an dernier à la fête de l’Huma lors d’un débat animé. Désir s’était fait copieusement siffler et la sociologue s’en était émue une fois dans les coulisses : "je n’ai pas aimé la façon dont il a été accueilli, je lui ai dit et je lui ai proposé de renouveler le débat à la prochaine occasion. Il m’a dit oui". Elle lui a alors envoyé un premier courrier, auquel il a répondu poliment sans pour autant lui proposer quoi que ce soit, puis un second courrier : là encore réponse polie, mais rien de concret. "J’ai fini par croire qu’il me baladait puis j’ai reçu son invitation aux universités d’été du Parti socialiste. Je n’en revenais pas."

Je peine à comprendre son extrême étonnement : certes les Pinçon ne sont pas connus pour être des libéraux bon teint mais tout de même. La sociologue évoque alors son dernier ouvrage à paraître en septembre, "La violence des riches" : "j’ai eu beaucoup de mal à l’écrire, vous savez. Psychiquement c’était très dur". Malgré vos dizaines d’années d’études sur le milieu des riches ? Qu’avez-vous entrepris de si pénible dans ce travail ? La sociologue m’explique que leur enquête montre comment le parti socialiste a trahi les classes populaires pour se ranger du côté de l’argent.


Harlem Désir n’a pas pu lire l’ouvrage, en librairie et sur Internet en accès libre le 12 septembre seulement. Je ne sais si sa lecture aurait influé sur l’invitation de Monique Pinçon-Charlot. Mais une fois qu’il l’aura lu, et que nous l'aurons lu, on peut toujours lui demander, non ?
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #182 le: 28 août 2013 à 15:54:32 »
Ne me dites pas qu'en mettant votre bulletin Hollande dans l'urne, vous y aviez ,avez, cru?vous crûtes-y?  :pendu: eûtes cru  ? que vous crussiez -y? auriez cru 8/

J'ai cessé de lire à la moitié......je suis lasse!
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #183 le: 28 août 2013 à 16:05:44 »
Moi aussi je suis lasse  :mrgreen:
Mais tu aurais du lire jusqu'au bout, ce n'est pas trés long et le plus marrant est à la fin !
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #184 le: 28 août 2013 à 17:51:47 »
bon d'accord j'y retourne. :gene:
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #185 le: 17 octobre 2013 à 12:34:16 »
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Pathétiques «Socialistes»

On lit ces heures-ci, un peu partout dans la presse – car ces obscènes palinodies sont de celles qui passionnent les journalistes -, que l’expulsion de la jeune Leonarda, 15 ans, bouleverse les «socialistes», et les scandalise même si fort qu’«un vent de colère souffle», après cette vilenie, «sur la majorité».

On lit, par exemple, que Bruno Le Roux, président du groupe des solférinien(ne)s député(e)s, juge qu’«il ne faut pas aller chercher les enfants à l’école»…

…Et que Claude Bartolone, non moins ému, craint pour sa part que sa «Gauche» (où il met une majuscule) ne «perde son âme» à «trop transiger avec ses valeurs».

Entendons-nous bien: je sais parfaitement que le foutage de gueule est une composante essentielle de l’ADN des «socialistes», et qu’il serait (par conséquent) aussi vain de réclamer qu’ils se défassent de leur abominable manie de prendre les gens pour des con(ne)s que d’exiger, disons, que la pluie cesse de mouiller, et vite, steuplaît, parce que là, ça devient vraiment très chiant.

Mais là, quand même: leur faux dercherie passe les limites du supportable.

Parce que dans la vraie vie, c’est tous les jours, ou presque, depuis l’élection de Françoizollande, que des familles subissent le même odieux traitement qui vient d’être infligé à celle de Leonarda: l’interminable liste de ces indignités peut très utilement être consultée ici et là, et cette lecture pourra être complétée par le rappel que l’excellent M. Peillon, de l’Éducation nationale, a bubulé le mois dernier qu’il trouvait «inacceptable» que des petits nenfants soient ainsi déscolarisés – puis s’est (courageusement) tenu coi, durant que ces déscolarisations continuaient.

Qui met en musique cette politique, où les «socialistes» continuent, sous le sceau de leur écoeurante décomplexion – remember Andrévallinix récitant devant une Pen qu’il était non moins qu’elle immunisé contre l'«angélisme» -  le sale boulot commencé naguère par MM. Hortefeux et Guéant (liste non exhaustive)?

Qui revendique même, protégé par l’assentiment gourmand des chefs de l’État et du gouvernement, d’être, dans cette chasse, («humain», certes mais) toujours «ferme»?

Nul autre que Manuel Valls, ministre de l’Intérieur.

Est-ce que MM. Bartolone et Le Roux savent son rôle – et les poilues déclarations où il flatte les pulsions phobiques des «petites gens»?

Assurément.

Est-ce qu’ils s’en offusquent?

Non point (du tout): ils approuvent – et ils applaudissent.

Claude Bartolone juge que «Manuel Valls est un ministre de gauche» qui «fait son travail» - louons le bouteux -, et Bruno Le Roux le «soutient» quand il psalmodie que «les Roms ont vocation» à dégager fissa du joli jardinet de madame Dupont, qui en a si fort assez-de-cette-bande-de-racailles.

Durant que vous vous consternez devant l’expulsion de Leonarda, «socialistes»: votre gouvernement continue d’enlever à des mères des nourrissons - et vous y consentez, puisque vous n'en dites rien.

Durant que vous sortez pour une fois de votre silence: votre gouvernement continue de mettre en pratique les mêmes recettes sécuritaires qu’il applique depuis dix-huit mois – et qui ont été cuites rue de Solférino.

Et de fait, personne ne vous demande plus d’être de gauche: à l’impossible, nul(le) n’est tenu(e).

Mais épargnez-nous s'il vous plaît vos si ponctuelles «indignations»: gardez pour vous ces pitreries.

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #186 le: 17 octobre 2013 à 18:43:43 »
Vous pouvez remplacer le titre du sujet le parti socialiste en le parti tout court
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #187 le: 02 décembre 2013 à 14:38:16 »
Si cette lecture de POLITIS s'avère juste (et je le crains fort ....) et bien ça fait froid dans le dos :

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Pascal Terrasse, symptôme de la droitisation sans fin du PS

Le député socialiste de l’Ardèche Pascal Terrasse livrait hier dans Le Figaro un entretien particulièrement éclairant sur la fuite en avant dans laquelle est engagée la majeure partie des dirigeants socialistes. Son propos ? Le titre de cette interview, qui a fait la une du quotidien de Serge Dassault, le résume :

    « Le temps de l’union nationale est venu en France »

On dirait du Bayrou, mais ce n’en est pas. Pascal Terrasse est le secrétaire national à la protection sociale du PS. Et, dans cet entretien, il explique que « l’austérité s’impose désormais à nous par des formes plus ou moins autoritaires ». Le mot étant négativement connoté, il suggère de « passer de l’austérité à la sobriété ». Jean-Marc Ayrault, qui a toujours dit qu’il ne serait jamais le Premier ministre de l’austérité, pourrait ainsi sans se dédire conduire une politique d’austérité rebaptisée « sobriété ». La sobriété, ça sonne écolo, c’est donc tout indiqué pour rendre l’austérité acceptable. Ce qui est le but de Pascal Terrasse, lequel affirme que la sobriété « n’a de sens que si elle est volontaire ». Comme la servitude.

Sur le chômage, « il est temps d’envisager des solutions nouvelles, comme celles qui ont permis à l’Allemagne de se redresser », affirme Pascal Terrasse. Et le secrétaire national à la protection sociale du PS de vanter les « salaires plus modestes » de nos voisins d’Outre-Rhin. Avant d’invoquer un nouveau principe : la « discipline sociale » :

    « Nous devons revoir notre système de redistribution depuis les prestations sociales jusqu’au contrat de travail encore trop rigide, et en particulier pour la jeunesse. »

Suppression des cotisations sociales durant deux ans pour les entreprises embauchant des jeunes, révision de notre système d’allocation chômage, travail obligatoire pour les bénéficiaires de minima sociaux « quelques heures par mois »... Les pistes suggérées par M. Terrasse semblent puisées dans la boîte à idées de l’UMP. Et ceux qui s’y opposeraient sont délégitimés comme étant « ceux qui, confortablement installés dans leurs emplois durables, refusent aux plus précaires une insertion sociale dans le monde de l’activité ».

Pascal Terrasse veut des « citoyens responsables » qui acceptent les efforts : « Aujourd’hui, nous sommes faibles car incapables de demander le moindre effort, laissant le soin aux générations futures de régler nos problèmes. » D’où la nécessité de « l’union nationale ».

Dérive d’un électron libre ? On aimerait le croire. En octobre 2011, Pascal Terrasse avait déjà fait parler de lui en envisageant de repousser l’âge légal de la retraite à 65 ans, lors d’un colloque d’un institut de recherche sur l’économie du vieillissement. Il était alors le conseiller retraites de François Hollande et ses propos cyniques, qui n’étaient pas destinés être « reproduits dans un journal », avaient fait polémique en pleine primaire socialiste. Martine Aubry les avaient dénoncés, François Hollande les avaient désavoués. Chacun sait maintenant, la réforme des retraites étant définitivement votée, ce que valait ce démenti puisque l’âge effectif de départ à la retraite vient d’être repoussé à 66 ans au moins pour tous ceux qui sont nés après 1973.

Pascal Terrasse n’a donc rien d’un hurluberlu et son entretien au Figaro est à prendre au sérieux. À la fois comme un symptôme de la droitisation sans fin dans laquelle sont engagés les dirigeants du PS et comme l’annonce d’un scénario, l’union nationale, dont il se murmure qu’il pourrait être mis en œuvre au lendemain des européennes si le FN y réalise un score trop important. En juin prochain.
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #188 le: 01 janvier 2014 à 12:15:03 »
Dans un autre fil, et dans sa grande clairvoyance, Lady Marwina a écrit :

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Ce n'est pas la première fois dans l'histoire que ce mot "socialiste" est utilisé pour absolument n'importe quoi. Et même, au final, c'est plutôt moins pire que l'utilisation que l'on pouvait constater du même mot dans les années 30... Mais on reste sur la lignée de: ce terme, accolé à un parti politique, ne signifie strictement rien, tout et son contraire, bref: c'est un mot fourre tout au sens absurde et malléable.

Je pense qu'il serait bon de le ranger dans les cartons de l'histoire et de le remplacer par un nouveau nom, genre avec un vrai sens.
Mais bon... J'ai un peu un doute. Toussa.

Éculé, mais pas encore usé jusqu'à la corde il faut croire, ce mot "socialiste

Un restachou d'optimisme m'a donné l'envie de venir le copier ici ! ..... On ne sait jamais, un membre influent pourrait passer par là et être touché par la grâce  :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #189 le: 03 janvier 2014 à 11:24:02 »
 :fleur1: :fleur1: :fleur1:

Tu sais, le PS va finir vidé de sa substance de gauche, inévitablement. Ne serait-ce parce qu'il est incapable de se renouveler et que la retraite existe, même pour les politiques. La jeune génération de gauche ne peut pas se retrouver bien longtemps dans le concept.

Compare un instant le nombre de trentenaires qui s'expriment au nom du FdG et ce même nombre au PS? C'est un parti dont les élites appartiennent toutes au XXème siècle. C'est un parti fini. Il ne le sait pas encore, c'est tout. Mais quand l'intégralité des élites d'un groupe se révèle incapable de faire une place à la génération suivante, c'est ce que l'on appelle un suicide politique.
Même l'UMP l'a compris. Même le FN l'a compris. Non que ce soient des partis d'avenir, ils sont réacs au possible, mais ils ne sont pas en train de scier leur propre branche sur ce point. (sur d'autres, oui, mais c'est un autre problème et un autre domaine).

Bref, le PS est un parti du XXème siècle.
On en sera débarrassé d'ici 10 ans, 15 ans au plus.
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #190 le: 03 février 2014 à 19:04:54 »
Et CQFD!
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Manuel Valls veut changer le nom du PS

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 14/06/2009 à 15:02
A "parti", le député socialiste de l'Essonne préfèrerait "mouvement". Quant à l'adjectif "socialiste", il le juge "dépassé"...


Le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls préconise l'abandon du mot "socialisme" qu'il estime "sans doute dépassé" une semaine après la débâcle de son parti aux européennes, et se dit prêt à participer à des primaires en vue de la présidentielle.

"Il faut transformer de fond en comble le fonctionnement du PS, nous dépasser, tout changer: le nom, parce que le mot socialisme est sans doute dépassé; il renvoie à des conceptions du XIX° siècle", dit M. Valls dans une interview à Sud Ouest Dimanche. 
Le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls, le 9 juin 2009 à Paris

Le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls, le 9 juin 2009 à Paris

AFP/Archives/Mehdi Fedouach

Au "mot 'parti'" qui "nous enferme dans quelque chose d'étroit", il dit préférer l'appellation "mouvement".

Pour mener à bien cette transformation, il "souhaite un grand congrès fondateur d'ici quelques mois, avec une équipe restreinte et neuve qui aurait tous les pouvoirs pour mener le processus et discuter avec les autres partis de gauche".
Aubry pas à la hauteur?

Le député PS de l'Essonne se déclare également favorable à l'ouverture d'une "discussion avec le Modem, avec la société, les associations, les syndicats, le monde de l'entreprise aussi".

Il estime par ailleurs que le discours de la première secrétaire du parti socialiste Martine Aubry devant le conseil national "n'était pas à la hauteur de l'enjeu".

"Personne n'a demandé qu'elle parte, parce que nous n'allons pas ajouter de la crise à la crise, mais sa responsabilité historique est de se mettre à la hauteur de l'événement et de bousculer", dit-il.

Manuel Valls a en outre indiqué qu'il voulait être candidat à des primaires socialistes en vue de la présidentielle, dans des déclarations publiées dimanche par le JDD.
Ambitions pour 2012...

Il est ainsi le premier à sortir du bois, alors que le PS réfléchit à des primaires élargies ou non aux sympathisants de gauche.

"Sarkozy réélu? Evidemment oui si nous ne changeons pas", observe M. Valls. "J'ai passé mon temps à avertir et à protester contre nos postures, nos facilités, parce que cette aboulie m'est devenue insupportable", poursuit l'élu de l'Essonne.

"Maintenant je sais exactement où j'en suis. Si on ne me prouve pas qu'un autre socialiste peut mieux que moi porter le renouvellement - et pour l'instant je ne vois pas - je porterai ces idées moi-même."

"Clairement, je serai candidat à des primaires pour représenter les socialistes et la gauche à la présidentielle", lance-t-il.

"Pas par une espèce d'ambition générationnelle, mais parce que je ne crois pas que la droite, même moderne et communicante, soit capable d'organiser la société", selon lui.

"Je veux que la gauche soit digne d'être à nouveau écoutée", poursuit M. Valls, 46 ans.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/manuel-valls-veut-changer-le-nom-du-ps_767457.html#j7tiHLD5A6MSJgF0.99
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #191 le: 03 février 2014 à 22:00:14 »
je trouve ton analyse très intéressante  :fleur2: et le lien CQFD concernant M. Valls on ne peut plus parlant  :diable: .........
Mais je ne suis pas bein sûre de l'effet que ça me fait  :triste1: :triste1: :triste1:
Je ne sais franchement pas par quoi cela va pouvoir être remplacé, dans la mesure où la gauche de la gauche (je pense au FdG) me semble être en train de sombrer dans ce qui se passe dans cette préparation de la campagne des municipales  :pleur1:
....... ça va devenir quoi ?
Un système politique où la Gauche sociale ce sera des centristes (les actuels) genre dans le système politique américain ???? et les autres d'affreux gauchistes marginaux et terroristes  :pleur3: :pleur3: :pleur3: :pleur3: :pleur3:
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #192 le: 13 mars 2014 à 21:10:20 »

Des nouvelles de Michael Jackson...Oups !
Au temps pour moi.

http://www.marianne.net/Yamina-Benguigui-a-t-elle-menti-sur-sa-declaration-de-patrimoine_a237392.html

:pendu: C'est vraiment le moment...j'entends d'ici le robot "démission !" qui s'échauffe...

PS : la société de Mme Benguigui s'appelait "Bandits Production."
C'est pas possible, ils font exprès !
« Modifié: 13 mars 2014 à 21:18:56 par oblomov »
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #193 le: 06 avril 2014 à 22:37:12 »
Cela chauffe vraiment très fort à l'intérieur du PS, les premiers signes (je l'avais signalé dans le fil "Filoche et la gauche du PS") sont en train d'apparaître comme une consolidation du mouvement d'indignation .....
 Reste à voir ce que ça donnera !
Mais si cela se confirmait, cela pourrait carrément faire un séisme, vous ne croyez pas ??????  :diable: :diable: :diable: :diable: :diable:

(et d'ailleurs j'ai tendance à penser qu'il y a un lien certain avec le fait que Valls soit ce soir en train de tortiller du cul pour rameuter les voix d'EELV - ce que j'ai entendu ce soir à la radio, sans évidemment qu'ils ne mentionnent, en miroir, le fait que j'apporte ici - et ils n'ont pas dit "tortiller du cu"l, évidemment)

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Cent députés PS en colère réclament un « contrat de majorité »

Ils considèrent que plus rien ne doit jamais être comme avant. Selon nos informations, près de cent députés socialistes – soit un tiers du groupe à l'Assemblée nationale – ont signé une lettre, que Le Monde et BFM TV se sont procurés, réclamant un « contrat de majorité » avec le nouveau gouvernement. La liste définitive des signataires devrait être connue ce week-end, avant le discours de politique générale de Manuel Valls et le vote de confiance à son gouvernement, mardi 8 avril.

(après, la suite de l'article, et surtout la copie de la lettre, je vous laisse aller voir sur le site)
« Modifié: 06 avril 2014 à 22:38:50 par reveillonsnous »
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #194 le: 23 octobre 2014 à 11:26:04 »
C'est chaud en ce moment pour l'aile Gauche du PS ...

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PS : la tentation de l’épuration

« Il faut en finir avec la gauche passéiste », déclare Manuel Valls dans L’Obs. Demandes d’exclusion et invitations à prendre la porte se multiplient rue de Solferino.



Le Parti socialiste semble subitement saisi d’une frénétique volonté d’exclusions. C’est suffisamment inhabituel pour être relevé. D’autant que ceux à qui Matignon, le numéro un du parti ou le porte-parole du gouvernement montrent la porte n’ont pas fraudé le fisc. Ils ne sont pas mis en examen pour des faits graves. Ceux-là, à l’image de Jean-Noël Guérini, n’ont jamais été inquiétés par Solferino. Non, mais ceux que ses dirigeants aimeraient aujourd’hui voir dehors sont (cela n’a rien d’un hasard) tous des opposants, à des degrés divers, de la politique conduite par François Hollande et Manuel Valls. Qu’il s’agisse de Gérard Filoche, Benoît Hamon ou Aurélie Filippetti.

Mardi, en ouverture de la réunion du bureau national, Jean-Christophe Cambadelis fait savoir qu’il a trouvé « inqualifiables et intolérables » les propos de Gérard Filoche relatifs à la mort de Christophe de Marjorie. Le Premier secrétaire du PS l’accuse d’avoir mis « en cause l’éthique du Parti socialiste », et assure avoir reçu de dizaines de parlementaires la demande de son exclusion. Demande à laquelle il cède bien volontiers puisqu’il annonce sa décision de « déférer » cette figure de la gauche du PS « devant la Haute autorité du Parti socialiste ». Cette instance présidée par l’avocat Jean-Pierre Mignard, ami personnel de François Hollande, peut, après instruction, prononcer des sanctions allant du blâme à l’exclusion.
Cette sanction extrême a déjà la faveur de Manuel Valls. Un peu auparavant en effet le Premier ministre, interpellé lors des questions au gouvernement par un député UMP sur le tweet rugueux de Gérard Filoche, a clairement fait savoir que ce dernier n’avait rien à faire dans le même parti que lui : « Tous ceux qui ont des mots qui ne sont pas des mots qu’on peut prononcer quand un homme disparaît, ne méritent pas d’être dans la formation politique (…) qui est la mienne. »


Mercredi matin, c’est à Benoît Hamon que le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, montre la porte. La veille, l’ancien ministre s’est abstenu lors du vote sur la partie « recettes » du budget, comme Aurélie Filippetti, qui a quitté le gouvernement avec lui, le 25 août, et 37 députés frondeurs. Sur RTL à 7h50, Jean-Christophe Cambadelis juge « déplorable l’attitude » des deux ex-ministres. Il se dit « choqué »  : « Ceci pose un problème éthique. » Parallèlement, Benoît Hamon, qui est à la même heure sur RFI, affirme que la politique de l’exécutif, « parce qu’elle réduit les capacités d’intervention de la puissance publique », « menace la République ». « Et la menace de la République, c’est la préparation tout droit, comme on s’y prépare pour 2017, d’un immense désastre démocratique », soit « non seulement l’arrivée au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen sans coup férir, mais en plus la menace que demain, elle dirige le pays. » Une analyse politique qui met en rage Stéphane Le Foll :

    « Ce qui serait cohérent c’est qu’il quitte le Parti socialiste si c’est ça. (…) Il va trop loin (…) Là, il y a une limite qui a été franchie »

Quelques heures plus tard, au cours du point de presse qu’il tient à l’issue du conseil des ministres, Stéphane Le Foll minimise ses propos, estimant qu’il n’avait pas l’intention de « demander à quiconque de démissionner ». « Il y a des questions qui doivent se poser, maintient-il toutefois. Mais elles se posent à lui » Benoît Hamon. « C’est à [Benoît Hamon et Aurélie Filippeti] de déterminer, quand il y a des propos d’une telle gravité, s’ils se sentent encore bien parmi nous », déclarera également un peu plus tard Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l’Assemblée.

Certes l’abstention de 39 députés socialistes sur le budget, mardi, après des débats animés dans l’hémicycle expliquent en partie cette énervement du pouvoir vis-à-vis de ceux qui osent contester sa politique. A plusieurs reprises le gouvernement s’y serait trouvé en grande difficulté sans les artifices de procédure que lui offre la Ve République, Et, au final, ce n’est qu’avec une très faible majorité, 266 voix contre 245, qu’il a pu faire adopter ce budget.

Mais cette majorité relative (la majorité absolue est de 289 voix) ne semble pas être un problème pour les soutiens les plus ultras du Premier ministre. Au contraire. « Les majorités les plus courtes sont les meilleures », a tweeté à la proclamation des résultats du scrutin le député de Paris Christophe Caresche, l’un des chefs de file des très droitiers Réformateurs. Une réflexion qui traduit la volonté de Manuel Valls et de ses proches de se passer d’une partie du PS. Et que le chef du gouvernement revendique sans détours dans le long entretien qu’il a accordé à L’Obs, cette semaine :

    « Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. […] Quand la gauche se recroqueville sur le passé, sur les totems, elle cesse d’être fidèle à l’idéal du progrès, et donc à elle-même. »

En finir... L’expression n’est pas à prendre à la légère. Avant même la tenue d’un congrès dont la date n’est pas encore connue, le Premier ministre en fixe l’objectif : purger le parti, passé en trente ans de « touche pas à mon pote » à « touche pas à mon patron », des derniers éléments socialistes qui pourraient encore s’y trouver. La bataille est lancée. Elle sera féroce.
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Re : le Parti Socialiste
« Réponse #195 le: 23 octobre 2014 à 13:13:43 »
c'est aux valls et compagnie de dégager, eux gens de droite voir d’extrême droite n'ont rien à faire au PS (s'il décide de redevenir socialiste).