Auteur Sujet: LA THEORIE DES TURPITUDES EN MACRONIE (mais il y en a pour tout le monde !)  (Lu 1410 fois)

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J'ai bien hésité avant de titrer ainsi ce fil - et j'ai bien hésité aussi à le mettre là : j'eus préféré le mettre dans un petit coin France Insoumise-Avenir en commun, tant je pense que nonobstant leur imperfection logique seuls ces deux îlots présentent les outils de lutte contre les turpitudes que je m'en va, baguenaudante, aborder ici. Dans le désordre, sans queue ni tête, mais j'espère,  du corps, du corps comme en a, ce 5ème jour de 2018, la rage submergeante qui m'habite. Arrêtez moi donc, pour voir !  :diable:

Alors d'abord, le titre de ce fil, car il y a fort à parier que mon propos soit assez décousu pour que son sens n'apparaisse pas d'emblée : c'est tout ballot, comme la "Théorie ou Théorie de la théorie du complot" fait torchon rouge dès qu'énoncée , j'ai choisi la théorie de ce qui compose le complot, c'est à dire les turpitudes de ceux qui mènent le monde, ou de ceux qui le laissent mener ainsi alors qu'ils pourraient se rallier ailleurs. Et pourquoi ce sera décousu ? ben d'abord parce que je ne veux pas mettre de limite temps à cette affaire là, et que ce qui me viendra à l'esprit tant d'historique plus ou moins ancien que de futur plus ou moins futuriste ou déjà en route je vous le pondrai sans crier gare, et ensuite parce que par les temps qui galopent n'y a pas grand monde sur le forum pour me claquer le museau....ou me tordre le cou.

Et moi-je, je vais d'abord tordre le cou aux contempteurs compulsifs de la théorie du complot ergo dénonciation des turpîtudes qui le composent, en prenant d'emblée à ce sujet pour credo l'énonciation de Wittgenstein : "Si tout se passe comme si un signe avait une signification, c'est alors qu'il en a une", comme celle d'Ockham : "A égalité de facteurs, l'explication la plus simple tend à être la bonne". Voilà, c'est dit, je déclare qu'il y a bien une union, pour eux sacrée, un complot, d'une poignée de dominants assistés d'un gros tas d'aspirants dominants, complot constitué d'une cohorte de turpitudes plus ou moins visibles mais faisant sens de marche - que celle ou celui à qui cela semble conspirationniste, la barbe, me contredise, cela fera un peu de mouvement sur le forum.... :rougefache:

Turpitudes. J'énonce également qu'au rebours de ce que nous raconte le Code Civil, "Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes", eh bien, eux s'en prévalent très malignement, en fait, de leurs turpitudes cumulées. En certifiant la main sur le coeur que ce n'en sont pas, des turpitudes.

Et ma rage 2018 ? Ah bah, je crois que c'est la même qu'en 2017, 1990 ou 1963, j'ai 15 berges dans ma tête chenue et telle est ma gloire  :fleur1: . Je crois quand même que j'ai eu une poussée de fièvre rageuse tout bien comme il faut via de l'anecdotique, à savoir une "députée" LREM trouvant mimi tout plein et très fin  de taquiner A. Quatennens, député F.I., : "Député Call Center" twitta-t-elle la buse, en référence à l'ancien métier d'ycelui.

Cela m'a d'abord amenée à me remettre en pétard quant au seul vrai coup de maître de Macron, sa majorité parlementaire à vote automatique (de toute turpitude), et à ré-éplucher la composition sociale de ladite majorité, grand vertige. Représentation Nationale, Représentation de la Nation, mes fesses mes saigneurs et autres messeigneurs, l'une de vos plus intenses turpitudes est bien celle là, parvenir à faire élire des "représentants" qui ne représenteront jamais l'ensemble des électeurs .
Et puis, cela m'a remis en tête que les ouvriers et employés, bas du panier social et aujourd'hui un minuscule presque 3% à l'Assemblée Nationale, constituent 52 % de la population en âge de travailler ou être chômeur en France, et tiens bizarre (mais vous me direz bien sûr que ce n'est pas si simple.... aide moi Ockham !), l'un dans l'autre il y a eu .... 52 % d'abstentions blancs et nuls aux votes législatifs. Je sais bien qu'il y a eu de petits vases communiquants, mais je note.....
 
Et de fil en aiguille, cela m'a remis aussi en mémoire les "Cahiers du Quatrième Ordre", que j'ai toujours trouvé magnifiques, publiés le 25 avril 1789 ensemble avec un "Prospectus" (l'équivalent de l'époque de la Profession de Foi des candidats d'aujourd'hui) par Dufourny de Villiers, dont je ne lis par ailleurs que peu de choses, et quand il y en a elles ne sont pas spécialement enthousiastes. Autant vous dire que je m'en fous très vaillamment, moi ce qui m'intéresse c'est le texte d'ycelui, lequel publiait donc son raisonnement selon lequel la part majeure et majoritaire de la population française n'était pas représentée aux Etats Généraux convoqués par le Roy  :roi1: , que basée sur la propriété et l'inscription aux listes fiscales la représentation par le Tiers Etat de ce "Quatrième Ordre" ne pouvait être réelle, et lequel demandait l'appui de bonnes volontés pour que, (trop tard pour modifier cet état de choses), il soit admis en quelque sorte comme auditeur non votant, mais participant aux débats en représentation des "pauvres Journaliers, des Infirmes, des Indigens, etc, L'Ordre Sacré des Infortunés", lui quoique particulé reconnu de longue date comme indigent  et infortuné.
                                                                             
Voici quelques extraits de ce qu'il écrivait, cet homme, il y a 229 ans  (c'est môa-je qui titre):

Ce que devrait être l'impôt :

"Or, de cette distribution [de l'impôt], les pauvres de tout Ordre, loin de payer, auraient droit à des soulagements, ceux qui n'ont que le nécessaire ne paieraient ni ne recevraient, parce que l'indigence seule doit recevoir, parce que le superflu seul doit payer, et comme les besoins réels ne croissent point en raison du superflu, si les gens aisés devaient payer un vingtième, les riches devraient en payer deux et demie, les opulents 5, les regorgeans dix. (j'adore ce vocable imagé REGORGEANS, je lui laisse l'orthographe du 18ème).
Il est évident que cette distribution, quelque conforme qu'elle soit à l'équité, au meilleur ordre moral, est tellement opposée à l'état actuel de la Société qu'elle est impraticable ; mais il est évident aussi que toute résolution sur la répartition de l'impôt sera d'autant plus juste, d'autant plus salutaire, qu'elle tendra au même résultat :
1° Décharger les pauvres
2° Imposer les riches proportionnellement à leurs facultés".......


Des fausses arguties sur la nécessité de protéger la propriété :

....."En effet, la cupidité alliée avec la politique n'avait pas encore imaginé ces systèmes selon lesquels les propriétés et les richesses concentrées dans une petite portion de la société réduisent un si grand nombre d'individus à la condition d'hommes disponibles, celle de ces hommes qui, abandonnés par la société, sont contraints par la misère à donner tout leur temps, toutes leurs forces, leur santé même, pour un salaire qui représente à peine le pain nécessaire pour leur nourriture"......

De l'absurdité qui consisterait à dire que les sociétés auraient pour but principal la préservation de la propriété :

........" Si les sociétés n'ont pas eu pour but principal la conservation des propriétés, parce qu'il eût été absurde de proposer un Pacte, en vertu duquel les Propriétaires auraient eu pour garants de leurs biens des hommes qui n'auraient retiré aucun avantage de ce pacte, auxquels ce même Pacte n'aurait même pas garanti la conservation de la vie, il est évident que le but principal, la condition nécessaire de la Société, a été la protection, la conservation, des faibles et des indigents. Que les auteurs célèbres des doctrines modernes auraient donné bien plus de dignité à leur Pacte Social, si ils lui avaient assigné pour base, non seulement l'intérêt physique de quelques individus, mais le devoir moral, la fraternité de tous les hommes"....

De l'injustice faite aux faibles et aux pauvres :

...... " et que c'est enfin une des clauses fondamentales du Pacte de Société que de préserver tous les individus de la faim, de la misère, et de la mort qui s'en suit ; je ne demanderai pas seulement pourquoi il y a tant de malheureux, mais pourquoi ils ne sont pas considérés chez nous comme des hommes, comme des frères, comme des Français. Pourquoi cette classe immense"......" n'a pas de représentation propre ? Pourquoi cet Ordre qui, aux yeux de la grandeur et de l'opulence, n'est que le dernier, le Quatrième Ordre"...."mais qui est le premier des Ordres, l'Ordre Sacré des Infortunés ; pourquoi, dis-je, cet Ordre qui, n'ayant rien, paye plus, proportionnellement, que tous les autres, est le seul qui, conformément aux anciens usages tyranniques des siècles ignorants et barbares, ne soit pas appelé à l'Assemblée Nationale, et envers lequel le mépris est, j'ose le dire, égal à l'injustice"......

De l'impossibilité du Tiers Etat (Bourgeois propriétaires et employeurs) à représenter les plus démunis et les plus faibles :

......." et, forcés d'en convenir, comment pourraient-ils se soustraire à l'application du grand principe, que les Privilégiés ne peuvent représenter les non-Privilégiés ? "..........." soit commerçants soit fabricants"........." ne sont {ils] pas continuellement occupés à restreindre le salaire de l'ouvrier, à calculer sa force, sa sueur, ses jouissances, sa misère et sa vie, et si l'intérêt qu'ils ont à conserver cet état de choses n'est pas directement opposé aux réclamations du Quatrième Ordre, dont leur générosité les porterait d'ailleurs à se charger"....

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Voilà, c'était la première (majeure) turpitude de ma théorie, la représentation nationale française  2017 n'est pas plus représentative de la parité sociale que celle de 1789 - même moins puisqu'en 1789 dans les premier et deuxième Ordres se trouvaient nombre de nobles et petits prélats favorables aux gueux - et c'est un adolescent mal fini, mis en avant par une poignée de REGORGEANS, qui a turpitudé de main de maître pour aboutir à cela ..... La plus faible représentation d'ouvriers et employés, 52 % des adultes de notre société, de toute la Vème République..., et peut-être bien, si j'ai le temps de chercher, de toute la République....
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Vous trouvez ça là en pages numérisées :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6505z/f13.image

Et vous trouvez des extraits du "Prospectus" en écriture moderne là :
https://www.editionsquartmonde.org/rqm/document.php?id=4255

Demain on fête les rois, non ?  :rougefache:

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Vi, je compte même p'us mes couronnes!  :pleur4:

Merci de nous tenir en éveil!  :fleur2:
Quelle vertu, quel bonheur peut exister dans un pays où une classe d'individus peut dévorer la substance de plusieurs millions d'hommes?
Robespierre
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et peut-être bien, si j'ai le temps de chercher, de toute la République....
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Quelle République?

Yen a plus!

Liberté ? :nono: Celle d'exploiter les pauvres.
Égalité ? Mon c*l.  'X
Fraternité ? Entre les regorgeants  :rougefache:

Et la démocratie ma pauv'e dame ou qu'é n'est?
Mois aussi j'pète un cable en ce début d'année,j'ai pas fini d'ailleurs......  :odieux1:
Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

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Rien d'étonnant de la part d'un petit laquais de Rotschild...  :fache:

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Le parti de M. Macron impose le secret des affaires, qui restreint la liberté d’informer
29 mars 2018  / Maxime Lerolle (Reporterre)

Au pas de course, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à protéger le « secret des affaires ». La loi a étendu ce « secret » au-delà du strict cadre commercial, menaçant journalistes et lanceurs d’alerte, et donc la liberté d’informer.

Mardi 27 mars, alors que s’ouvrait à Luxembourg le procès en appel d’Antoine Deltour à la suite de l’affaire des LuxLeaks, l’Assemblée nationale commençait à débattre de la proposition de loi concernant le « secret des affaires ». Hasard du calendrier ou coïncidence ironique ?

Quoi qu’il en soit, le gouvernement a décidé de passer en force sur une proposition controversée. Sa tactique ? Jouer la carte de la « procédure accélérée ». Sous prétexte de rapidité et d’efficacité, la proposition de loi aura été débattue et votée une seule fois, mercredi 28 mars, à l’Assemblée nationale, par 46 voix contre 20. Le Sénat, mi-avril, n’en parlera que durant une unique session. Contrairement aux propositions de loi ordinaires, il n’y aura pas de navette parlementaire entre les deux Chambres.

Julie Pecheur, de l’association Pollinis, en pointe de la lutte contre cette loi, raconte les conséquences de cette procédure accélérée chez les législateurs : « Nous avons eu très peu de temps pour alerter les parlementaires. D’autant que certains sénateurs découvrent seulement maintenant l’existence de ce projet. » La rapidité d’exécution de la manœuvre évite, comme le constate amèrement Julie Pecheur, de « lancer un grand débat public ». Interrogé par Reporterre, le député France insoumise François Ruffin, porteur de plusieurs amendements, note deux changements mineurs par rapport à la première version, toutefois insuffisants : « Parmi les dérogations qui permettent d’alerter, on a réussi à introduire la cause environnementale. La nouvelle version accepte aussi de condamner les entreprises qui pratiquent les procédures-bâillons [les procès intentés par de grands groupes à des associations ou des lanceurs d’alerte pour taire tout débat ] à des amendes. En revanche, l’optimisation fiscale et le financement du terrorisme ne feront pas partie des dérogations… »

« Une directive européenne, c’est comme si la parole de Dieu leur était donnée ! »

Comme son nom complet l’indique, la « proposition de loi portant transposition de la directive du Parlement européen et du Conseil sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites » tire son origine d’une directive de l’Union européenne. Parue en 2016, elle avait une première fois fait son apparition dans la législation française cette année-là, avant qu’une forte mobilisation des journalistes et des citoyens, conduite notamment par Élise Lucet, fît reculer le gouvernement. En conséquence, l’Union européenne repoussa la date limite d’application en France au 9 juin 2018.

Toutefois, comme le rappelle Julie Pecheur, la directive européenne « concernait strictement le cadre de la concurrence commerciale, dans le but de lutter contre le piratage de données et l’espionnage industriel », alors que dans l’état actuel, elle s’étend aux canaux d’information que sont les journalistes, lanceurs d’alerte, associations et scientifiques. Les protestations des députés La République en marche (LREM), emmenés par Raphaël Gauvain, qui jurent qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’appliquer la directive, fait rire François Ruffin : « Une directive européenne, c’est comme si la parole de Dieu leur était donnée ! » Car celle-ci doit s’appliquer « dans son esprit, et non dans sa lettre », selon la responsable de Pollinis. En d’autres termes : le caractère flou du texte de loi n’a rien d’accidentel, et vise spécifiquement le droit à l’information.
Le député LREM Raphaël Gauvain, porteur de la proposition de loi sur le « secret des affaires ».
Julie Pecheur relève dans le texte trois menaces principales. D’abord, « l’inversion de la charge de la preuve » : désormais, ce sera au journaliste ou au lanceur d’alerte incriminé de justifier de sa qualité, et donc de sa légitimité. Or, comme le soulève Francis Chateauraynaud, chercheur à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) à l’origine du terme de « lanceur d’alerte » à la fin des années 1990, « les gens ne se sentent pas légitimes pour lancer l’alerte ». De sorte que seuls quelques professionnels de la parole, à l’instar du journaliste de « Cash Investigation » Édouard Perrin, mis en cause dans l’affaire des LuxLeaks, pourraient résister à la pression juridique.

Ensuite, toutes les personnes souhaitant diffuser des informations devront « prouver qu’ils agissent dans l’intérêt général ». Or, ladite notion demeure des plus floues. Seuls les tribunaux commerciaux auront la possibilité de la définir, au cas par cas. Un précédent litige augure des procès à venir : en janvier dernier, le tribunal commercial chargé du conflit entre Conforama et le magazine Challenges, qui avait révélé les difficultés financières du groupe, avait tranché en faveur du premier, arguant que l’article de Challenges n’ayant pas été repris dans les autres médias, il ne correspondait pas à l’intérêt général.

Enfin, « les lanceurs d’alerte n’obtiendront de protection que s’ils révèlent des pratiques illégales ». Dès lors, qu’en est-il des pratiques certes légales, mais moralement répréhensibles, à l’exemple de l’évasion fiscale révélée par les LuxLeaks ?

« Les gouvernants se sentent de plus en plus en insécurité. C’est pourquoi ils cherchent à cadenasser les canaux de communication »

Obstacles et restrictions au droit à l’information s’accumulant, « les lanceurs d’alerte [comme les autres sources d’information] s’exposeront encore plus à des poursuites judiciaires au caractère clairement dissuasif », explique Antoine Deltour. Lui-même sait de quoi il parle : depuis juin 2014, il a dû débourser plus de 70.000 euros pour assurer sa défense. « Si j’avais dû financer moi-même ma défense, j’aurais dépensé tous mes revenus », convient-il. Une pression financière qui s’ajoute au « combat long et usant » que représente un procès. « On ne voit que le droit, et non la mise en œuvre du droit », s’agace Francis Chateauraynaud. Le sociologue déplore particulièrement les stratégies judiciaires des grands groupes, qui n’hésitent pas à multiplier les retards pour gagner du temps… et faire perdre de l’argent au lanceur d’alerte. Francis Chateauraynaud fulmine : « Est-ce qu’on veut une démocratie qui rétablisse les faits cinq, dix ou vingt ans plus tard ? »

Dès lors, comment protéger les canaux d’information alternatifs sans les enfermer dans le cadre judiciaire, où les rapports de force penchent en leur défaveur ? Antoine Deltour propose d’améliorer la loi Sapin II, entrée en vigueur en 2016 : « La loi Sapin II a tendance à individualiser les lanceurs d’alerte, en leur demandant d’abord d’en référer à leur supérieur hiérarchique. Or, il faut donner une dimension collective à des individus isolés. Par exemple en faisant une place aux personnes morales, comme les associations et les syndicats, qui pourraient porter l’alerte, protéger le lanceur par l’anonymat et supporter le coût d’un procès. » Francis Chateauraynaud, de son côté, envisage d’introduire un « point de vue extérieur » à la législation, sous la forme de « commissions neutres, constituées d’experts et de citoyens tirés au sort, qui évalueraient les alertes reçues » qui s’ajouteraient au rôle social des journalistes.

Des préoccupations bien éloignées de celles du gouvernement. Le sociologue de l’EHESS analyse les soubassements idéologiques de la proposition de loi : « Depuis vingt ans que se multiplient les scandales et les alertes, les gouvernants se sentent de plus en plus en insécurité. C’est pourquoi ils cherchent à cadenasser les canaux de communication que sont les journalistes, les lanceurs d’alerte, les chercheurs, les associations…, par où soufflent les critiques. » Avant de conclure, sarcastique : « Pour construire la start-up nation, il faut bloquer les empêcheurs de tourner en rond ! »

https://reporterre.net/Le-parti-de-M-Macron-impose-le-secret-des-affaires-qui-restreint-la-liberte-d
« Modifié: 31 mars 2018 à 15:23:35 par sarkonique »
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Alors, presque 6 mois  8/  :( , pour que je tente de terminer ce premier, et selon moi fondamental item de la Théorie des Turpitudes, initié le 5 janvier.... Ben mon neveu, c'est pas près de chatouiller grand monde, à ce rythme...... !

Je disais donc ce 5 janvier que l'élection des députés majoritaires LREM constituait la plus grande turpitude Macron de la théorie I du genre, car évidemment constitutive d'une attaque mortelle à la séparation des pouvoirs législatif et exécutif. Et par ailleurs, ce pouvoir législatif enchaîné au pouvoir exécutif par "contrat" avec celui-ci n'allait d'évidence être représentatif que d'une sous-classe ultra minoritaire et socialement privilégiée, globalement acquise déjà à ce qui est, ni plus ni moins, l' "extrémisme centriste" (je suis totalement convaincue de l'analyse nord américaine de David Adler de mai 2018 https://www.nytimes.com/interactive/2018/05/23/opinion/international-world/centrists-democracy.html , publiée sur le site Les Crises ,   https://www.les-crises.fr/les-centristes-sont-les-plus-hostiles-a-la-democratie-pas-les-extremistes/ , en juin. Oui, le centrisme "ni de droite ni de gauche" porte en lui l'extrémisme susceptible de saper, patiemment ou fébrilement selon les ordres reçus, la démocratie générée en tout premier lieu par la séparation des pouvoirs).

Ce n'est pas la première fois pourtant qu'un président élu sous la Vème République, et donc depuis 1965, - 53 ans -, se trouve à la tête d'une armée de godillots prêts à voter comme des machines n'importe quoi n'importe quand et n'importe comment. Certes. Et après tout, il est bien normal qu'un exécutif, quel que soit le titre qu'il porte, s'assure d'une majorité législative lui permettant de conduire son programme politique, donc sociétal.

Mais ces godillots là du passé, c'est le tout premier point, n'étaient pas, pour leur plus grande majorité, recrutés par publication à peine confidentielle de jobs assez correctement rémunérés pour constituer, en échange d'une obéissance de vote absolue, une intéressante étape de carrière, voire un intéressant break (sabbatique ?) de carrière. L'élection des godillots du passé (jusqu'à récent) ne constituait pas soufflet aussi évident à la gueule du peuple, par domination d'une sous-caste sociale "moyenne sup-supérieure" prête à piétiner la séparation des pouvoirs, comme à ne défendre, sur ordre, que les intérêts de la classe des gavés des repus des REGORGEANS, à laquelle ils appartiennent déjà ou à laquelle ils aspirent, notamment par ce job providentiel, à appartenir. L'intense différence que présente actuellement le troupeau docile LREM d'avec celui des godillots d'antan, c'est que sa "majorité dans sa majorité" n'a jamais été militante de rien d'autre que d'elle-même individuellement, selon le précepte du premier de cordée non encore invoqué mais éminemment prégnant dans le parcours de chacun. A LREM, l'astuce ( et il faudra y revenir, à la "politique des bons coups"  :rougefache:  ) a consisté à s'approprier la démarche de FI, s'exonérant du cadre partisan pour fédérer ceux "insoumis" qui, et c'est indiscutable, étaient déjà et de longue date des militants au moins de morale civique et du mieux-vivre citoyen, - mais au fond en triant, eux, par la main sûre de R. Ferrand, ceux qui seraient les plus soumis, et avaient le plus de chances de rester ignorants, tout comme indifférents, de la nature réelle de l'institution à laquelle ils allaient appartenir. L'entrée du MODEM, avec ses militants et cadres, dans la danse macronienne,  garantissant un minimum de députés (ou d'ailleurs, de ministres) capables de tenir de manière crédible le crachoir institutionnel, venait parfaire l'apparence démocratique, apparence seulement. Qui n'a pas regardé des séances à l'Assemblée Nationale, en se demandant si la troupe LREM n'était pas branchée sur smartphone comme pendant les meetings EM de la campagne présidentielle, et n'exécutait pas, comme en cette période, les consignes type "qui ne saute pas n'est pas Macron" dans l'hémicycle ?

La seconde et intense différence entre les godillots d'antan en Vème République, et les godillots fabriqués par LREM, c'est que l' "utilisation"  de godillots était autrefois au moins pour partie destinée à passer outre, (via des votes, il faut le noter, parfois laborieux), les résistances à l'élimination de concepts et/ou réalités détestables (pour ne nommer que ceux-là, colonisation, peine de mort), et qu'aujourd'hui les députés LREM ont été embauchés pour parachever l'abandon, déjà bien engagé, de notre souveraineté, au bénéfice d'un président qui à vue de nez se verrait bien, une fois ce job-ci terminé, président ... de l'UE mise à la stature qu'il s'imagine.. Qu'ils ont, par ailleurs, ces députés, été embauchés pour peaufiner l'abandon pur et simple de la partie la plus nombreuse du peuple, tiers-état et quatrième ordre, en gobant, sur le mode stupide (sous l'acception "tétanisé") ou duplice, les coquecigrues distillées par leurs "guides", coquecigrues arguant d'une "urgence" à détruire pour mieux construire ("la destruction créatrice", suite jamais citée de la réaction bien calibrée de J. Attali à l'épisode Whirpool / Macron de la campagne présidentielle  :( ).

Parvenue ici, j'allais, brave tâcheronne que je suis, vous infliger la "démonstration" de la réalité sociologique de la majorité LREM / MODEM, et accessoirement celle très significative aussi des "Républicains", à l'A.N.. Bon, mais il se trouve que le vibrionnant ludion F. Ruffin, qui nous avait fait attendre le Fakir de saison, a sorti très récemment celui-ci, et qu'il s'y consacre, tant en couverture-thème qu'en plat de résistance, à nous causer dans le poste de la monarchie présidentielle, sous la forme rafraîchissante, en style un peu potache et ça fait du bien, d'un dialogue au long cours avec la statue de Montesquieu du jardin du Palais Bourbon, entrelardé notamment de stats qui feraient large double emploi avec mes propres considérants, puisque entre autres nous avons la même source principale, le Cevipof (voir Médias Sondages etc ).
 
Tout au plus, pour ceux qui n'ont pas le petit sou pour acheter le journal, et pour compléter le propos "pour une parité sociale" de celui-ci (restitution, dans la publication, d'une intervention à l'A.N., le 28/07/2017, de F. Ruffin, évoquant notamment,  dans le temps court imparti, que seuls 3 % des députés juin 2017 étaient avant l'élection ouvriers ou employés, et que 53% étaient issus des classes supérieures, ce taux montant à 70 % chez LREM )   , rajouterai-je quelques chiffres (toujours Cevipof, étude Luc Rouban me semble, je n'ai rien noté de plus sur mes relevés) sur les élus  à l'A.N. de quelques partis, selon un regroupement de 7 catégories revenant aux 3 "classes" supérieures, moyennes et populaires :

- au national global les "classes supérieures" (cadres et professions intellectuelles supérieures, artisans commerçants et chefs d'entreprises) constituent 23.4 % de la population active, et 86.64 % de l'A.N., chez les "Républicains" élus ils sont 73.7 %, chez LREM 70.5 %, au MODEM 69 %, dans la gauche dite "contestataire" FI et PCF ils sont 29.6 % .
- au national global les "classes moyennes" d'activité professionnelle (professions intermédiaires, agriculteurs exploitants) constituent 27.5 % de la population active et 8.87 % à l'A.N., soit chez les "Républicains" 22 %, à LREM 21 %, au MODEM 24.4 %, et pour la gauche dite contestataire 44.4 %.
- quant aux classes dites "populaires", employés et ouvriers, elles constituent au niveau global national 48.8 % de la population active, et 4.78 % à l'A.N (dont un remarquable 0.2 % pour les ouvriers, en réalité je crois 1 seul ouvrier comme en 2012, retraité, et le taux est l'arrondi de 0.17 %)., soit chez les Républicains 4.4 %, chez LREM 8.4 %, au MODEM 6.7 %, et pour la gauche dite contestataire 26 %.

F. Ruffin basait son intervention sur une contestation de la revendication que l'A.N. très récemment élue soit représentative de la "société civile", ainsi que tout particulièrement LREM le proclamait. L'étude de Luc Rouban, qui suit les profils sociaux parlementaires depuis 2010 (Cevipof/Sciences Po), s'engageait sur le constat que l'évolution 2017 marquante était bien, comme y insistait encore LREM, une forte hausse de la féminisation, et une non moins forte baisse de la moyenne d'âge du corps élu, mais que par contre les classes populaires n'y avaient jamais été aussi peu représentées depuis le début de son étude : "...   La question du renouveau ne se limite pas en effet au changement générationnel ou à la proportion de femmes."....." La fracture entre les élites et le peuple s’est projetée dans la composition de la nouvelle Assemblée, séparant une majorité absolue de députés LREM auxquels s’ajoutent les députés du Mouvement démocrate (MoDem) et une partie à géométrie variable des députés LR ou PS, d’une minorité de députés provenant de la France insoumise, du PCF et du FN qui sont presque les seuls à représenter des catégories socioprofessionnelles populaires qui comptent pour 40% de la population active française.... ".

Les élus LREM présentent le plus fort taux conjoint de féminisation ET jeunesse des femmes élues, mais le taux global à l' A.N. de femmes (38.8 %) n'a en rien encouragé la diversification de représentation sociale, au contraire, en ce qui concerne cette majorité. Luc Rouban note ainsi :
"....   Cette avancée de la féminisation ne s’associe cependant nullement à la diversification sociale puisque la proportion de femmes appartenant par leur profession aux classes supérieures a fortement progressé en 2017..." "....Cette distorsion de la représentation sociale est encore plus forte si l’on sélectionne les seules femmes novices en politique de LREM puisque cette proportion grimpe alors à 73%. Mais il est également vrai que cette proportion est de 87% chez leurs homologues masculins. Comme on le verra plus loin, cette évolution vers davantage d’élitisme social est un phénomène global qui concerne l’ensemble de la nouvelle législature....."

Et plus loin : "...À ce titre, on observe une véritable régression par rapport aux législatures précédentes qui voit les représentants des classes moyennes, qui avaient largement dominé depuis les années 1980, céder le pas aux représentants des classes supérieures..." "...Néanmoins, cet important décalage dans la représentation sociologique crée un hiatus avec les attentes d’ouverture et de diversification du personnel politique telles qu’elles se sont manifestées lors de la campagne de l’élection présidentielle. Les élections législatives ont même amplifié la fermeture élitiste du recrutement des députés puisque l’abstention a surtout concerné les électeurs des catégories sociales les plus modestes. Finalement, les élections législatives de 2017 prennent l’aspect d’une forme de cooptation entre des représentants et des représentés issus du même milieu de la bourgeoisie diplômée en laissant aux marges les contestations radicales qui ont pourtant attiré la moitié de l’électorat au premier tour de la présidentielle".....

(Je ne vais pas me priver ici d'un commentaire, bien que je vienne de voir par un titre de vidéo (non consultée) qu'E. Zemmour aurait exprimé peu ou prou la même opinion : la "parité sexuelle" est instrumentalisée pour occulter l'absence de parité sociale  :rougefache: , entre autres turpitudes passant sous le tapis.)

Par ailleurs, reprenant les biographies des élus, sans s'en tenir comme le ministère de l'intérieur seulement aux déclarations de ceux-ci, Luc Rouban met fin également à la légende de très forte "virginité politique" des élus LREM, aboutissant au taux de 45 %, ce qui est certes déjà beaucoup,  de "vrais" novices dans ce mouvement. Globalement l'A.N. cru 2017 comporte un tiers de novices, taux certes énorme, dû pour partie aux dispositions de non-cumul des mandats. D'autre part, l'étude notait une forte "nationalisation" de l'élection, seuls 47.3 % des élus étant nés dans le département de leur circonscription ( il faudra certainement le noter de nouveau lorsque l'on abordera la théorie des turpitudes dans les territoires, et le "monopole des métropoles"  8| ...).

Luc Rouban dans sa conclusion note :
".... La composition de la nouvelle Assemblée nationale, loin d’apporter un remède à la crise de la représentation, n’a fait que l’aggraver en organisant une fracture entre une majorité LREM, associée au MoDem et à une partie des députés LR, voire une partie des députés socialistes, fortement diplômée et issue principalement des élites du secteur privé, et une opposition très minoritaire réduite à un rôle de contestation sur la base d’une représentation sociale populaire et venant souvent de la petite fonction publique. On retrouve ici le scénario de « la démocratie sans le peuple » qui s’est joué au premier tour de l’élection présidentielle mais dont les effets ont été amplifiés par l’abstention lors des législatives. "

https://spire.sciencespo.fr/hdl:/2441/256ftjiceh95eqkj7ib05rkkhp/resources/note-sociologie-assemblee-2017-rouban.pdf

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Alors, je m'en suis allée chercher, qui sait, si nous avions, disponibles, des comparatifs de parité sociale dans les assemblées législatives d'autres nations. et n'en ai pas trouvés pour l'instant. Je ne m'en décourage pas, mais je conviens que reparamétrer des données brutes, à l'aune des différences de Constitutions et systèmes électoraux, doit être un travail de forçat.

Par contre, en cherchant cheux nous et en IVème et Vème République, j'ai trouvé quelques commentaires  et des chiffres assez proches pour 2017 de ceux du Cevipof ,  à l'Observatoire des Inégalités :

" Le renouvellement politique de juin 2017 à l’Assemblée nationale a entraîné une forte augmentation de la part de femmes parmi les élus mais il ne s’est pas accompagné d’un renouvellement social. Si 4,6 % des députés sont employés, aucun n’est ouvrier, alors que ces catégories représentent la moitié de la population active, selon l’Institut Diderot [1]. À l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 76 % des élus, soit 4,4 fois plus que leur part dans la population active.
Les catégories populaires (ouvriers et employés) représentaient un peu moins de 20 % des députés lors de la première législature (1946-1951) de la IVème République, soit 98 députés sur 522. Ce sera la représentation la plus forte depuis la création de l’Assemblée nationale jusqu’à aujourd’hui. En 1958, cette part était déjà ramenée à 4 %. La poussée de la gauche aux élections de 1967 (Vème République) a conduit à une remontée à 9 % de l’ensemble. Une législature qui dure peu : l’Assemblée est dissoute en mai 1968. Par la suite, la représentation des catégories populaires ne va cesser de se réduire, alors que cet ensemble constitue toujours environ la moitié de la population active...."

J'ai aussi lu ça, écrit en 2012 par Eric Keslassy pour l'Institut Diderot..., (oui, bon, mais) :

"....Mais s’il y a bien une représentativité qui ne bouge pas d’un iota et même trouve encore les moyens de reculer, c’est la représentativité sociale. Cette année encore, une partie majoritaire du pays (50,2%) est absente de l’Assemblée nationale, celle des classes populaires, regroupant employés et ouvriers, qui ne pèsent que 2,6% du total des députés. "Plus précisément encore, le déclin progressif du monde ouvrier dans l’hémicycle est particulièrement symbolique : il n’y a plus qu’un seul ouvrier élu député en 2012 (contre 3 en 2002 et 2 en 2007). A l’inverse, la part des députés relevant de la « classe supérieure » est en très forte surreprésentation par rapport à son poids dans la population active occupée....."

.......
Remarque conclusive provisoire (ergo, ne vous réjouissez pas trop vite...  :p ) : même si les 11 dernières années de la trilogie Sarkozy-Hollande-Macron ont bien aggravé l'absence préexistante de parité sociale, et ont bien balayé celle-ci sous un épais tapis, il faut tout de même regarder de près le poids qu'a pris dans ce processus la réforme constitutionnelle de septembre 2000, réforme pour laquelle Chirac a choisi la voie du référendum, instituant le quinquennat, en place du septennat présidentiel, et faisant ainsi coïncider l'élection du président de la République avec celle de SA majorité parlementaire (jamais démentie depuis). Cette réforme a abouti aujourd'hui à une sorte de "régime parlementaire inversé", ou plutôt régime présidentiel aggravé, compte tenu des caractéristiques particulières de la Constitution de 1958.

Je laisse cela à votre réflexion - rien ne vous empêche de cogiter sur le fait que Macron aujourd'hui veut "uniquement" réduire le nombre des députés, en ajoutant une touche bien manipulable de proportionnelle, mais surtout ne rien changer aux échéances électorales... Vos cogitations, dont je ne doute pas, peuvent aussi porter sur le fait qu'en 2000 le PCF était le seul parti farouchement opposé à cette évolution constitutionnelle, et, accessoirement  8/  :désolé1: , qu'avec le 1er vote quinquennal en 2002, c'est Le Pen, et pas Jospin, qui est allé contre Chirac au 2ème tour. Et comme je suis d'humeur mutine, je rappellerai aussi à ceux qui étaient en âge de voter qu'il y a eu au référendum du 24 septembre 2000 27 882 504 abstentions pour un nombre d'inscrits s'élevant à 39 941 192, soit 69.81 %, que les 12 058 688 votants ont déposé des blancs et nuls à  hauteur de 16.09 %, et que les 10 118 348 votes valides ont été pour le oui, on veut le quinquennat !, à 73.21 %, soit, in fine, 18.55 % du corps électoral.
Santé ?    :bigtong:
« Modifié: 13 juillet 2018 à 11:03:48 par old machin »

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Re : LA THEORIE DES TURPITUDES EN MACRONIE (mais il y en a pour tout le monde !)
« Réponse #5 le: 17 septembre 2018 à 15:04:41 »
BUZYN ET MACRON............PLAN SANTE HOPITAL etc etc............

Allez, un petit pari pour la route ! (la mienne très prochaine, s'entend  :( )....
Alors, vous avez entendu, demain 18 septembre votre héros le Jupion va vous en raconter de bien belles et bien bonnes sur toutes les magnifiques choses qu'il va faire pour vous pauvres gueux qu'il aime tant  :coeur: au fond, côté votre santé, vos toubibs, vos z'hôpitaux toussa toussa.
Et incorrigibles que vous z'êtes  :mrgreen: , je gage que vous vous êtes mis à rêver, fébriles : "ah, enfin, il va nous rouvrir les hôpitaux et maternités fermés, il va supprimer, ce brave gars, le numerus clausus tout de suite, il va créer une vraie belle grande ferme incitation aux médecins et paramédicaux à s'installer dans les contrées de son royaume un peu beaucoup désertées en la matière, il va, il va, ah, j'avais tort, je l'avais mal jugé, pô bien, tiens, je l'ferai plus  :gene4:  :gene4:  :gene4:".....

Bon ben moi mon triste pari, c'est pas du tout cette chanson là. J'vous parie et vous f.... mon billet que dans son habituelle interminable logorrhée vous ne trouverez aucune "nouveauté" en matière de droits individuels qui n'existe déjà,   (et est seulement mal connue et/ou mal appliquée, et/ou victime d'obstacles plus ou moins corporatistes,  exemple CMU, Maisons de Santé, j'en passe). Ni aucune remise en cause globale et massive de la démolition des réseaux d'accès aux soins et à la santé dans les autres coins du royaume que les verrues "métropolitaines"  :rougefache:  :rougefache:.
Sur ce dernier point, il n'ira peut-être pas jusqu'à chaleureusement remercier les oeuvres associées de démolition de Bachelot et Touraine, dont sa Buzyn poursuit à grand mérite la rude tâche, non, il n'ira pas jusque là  :diable: . Mais il va, j'vous parie, vous dire d'être môôôôdernes, mes fieux, le numérique, y'a que ça, là où vous êtes pauv'petiots sans toubib d'aucune sorte, ben, vous allez pouvoir consulter par le net, non, ne dites pas encore merci, attendez la suite, comme votre désert médical est aussi un désert numérique blanc, ben foi de Jupion on va la teinter fissa, votre zone blanche, et vous verrez, ça marche très bien la consultation par le net [nota, centres de télémédecine créés en 2005]  :rougefache: , on a déjà expérimenté ça dans des pays lointains (et pleins justement de déserts de toutes sortes) ; et puis, pas de souci, votre consultation par le net sera remboursée par la sécu, tout est déjà calé de chez organisé.
Pis il vous dira aussi que si  à force de ne même plus savoir ce que c'est que la tête d'un toubib vous privilégiez l'auto-médication, ben, pareil, attendez de voir, dès que vous l'aurez, le net, la tapée de premiers de cordée qui te vont vous mettre des plateformes à disposition, où vous pourrez raconter vos misères à des robots diagnostiqueurs, - bon, à vos risques et périls, m'enfin, pô belle la vie   :gehe: ?
Et enfin, si, incorrigibles que vous êtes, vous réclamez encore des médecins que l'on n'a pas (pour encore, quoi qu'il en soit, une bonne génération), eh bien pas de souci non plus, on a tout tout prévu, voici les infirmiers....augmentés...., ah non, oups  :gene4: , pardon, "en pratique avancée", les infirmiers qui, espèce humaine moins considérable que celle des vrais carabins, ne refuseront pas de s'installer chez vous, petits veinards.....!! Et voyez comme ça tombe bien, ma Buzyn qu'elle est bien elle a déjà publié les décret et arrêté cet été, merci belle Agnès :

V'là le décret :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037218115&dateTexte=&categorieLien=id

dont je vous mets juste un extrait :

"« Art. R. 4301-2.-Le ou les domaines d'intervention ouverts à l'exercice infirmier en pratique avancée, dont la mention correspondante est inscrite dans le diplôme d'Etat d'infirmier en pratique avancée, sont les suivants :
« 1° Pathologies chroniques stabilisées ; prévention et polypathologies courantes en soins primaires. La liste des pathologies chroniques stabilisées est établie par arrêté du ministre chargé de la santé ;
« 2° Oncologie et hémato-oncologie ;
« 3° Maladie rénale chronique, dialyse, transplantation rénale.

« Art. R. 4301-3.-Dans le ou les domaines d'intervention définis à l'article R. 4301-2 inscrits dans son diplôme et dans les conditions prévues à l'article D. 4301-8 :
« 1° L'infirmier exerçant en pratique avancée est compétent pour conduire un entretien avec le patient qui lui est confié, effectuer une anamnèse de sa situation et procéder à son examen clinique ;
« 2° L'infirmier exerçant en pratique avancée peut :
« a) Conduire toute activité d'orientation, d'éducation, de prévention ou de dépistage qu'il juge nécessaire ;
« b) Effectuer tout acte d'évaluation et de conclusion clinique ou tout acte de surveillance clinique et para-clinique, consistant à adapter le suivi du patient en fonction des résultats des actes techniques ou des examens complémentaires ou de l'environnement global du patient ou reposant sur l'évaluation de l'adhésion et des capacités d'adaptation du patient à son traitement ou sur l'évaluation des risques liés aux traitements médicamenteux et non médicamenteux ;
« c) Effectuer les actes techniques et demander les actes de suivi et de prévention inscrits sur les listes établies par arrêté du ministre chargé de la santé, après avis de l'Académie nationale de médecine ;
« d) Prescrire :

«-des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire figurant sur la liste établie par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé en application de l'article R. 5121-202 ;
«-des dispositifs médicaux non soumis à prescription médicale obligatoire dont la liste est établie par arrêté du ministre chargé de la santé, après avis de l'Académie nationale de médecine ;
«-des examens de biologie médicale dont la liste est établie par arrêté du ministre chargé de la santé, après avis de l'Académie nationale de médecine ;

« e) Renouveler, en les adaptant si besoin, des prescriptions médicales dont la liste est établie par arrêté du ministre chargé de la santé, après avis de l'Académie nationale de médecine."


........................et v'là l'arrêté :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037218201&dateTexte=&categorieLien=id

, avec un petit extrait aussi, "domaines d'intervention", juste pour vous donner le goût, comme diraient les cousins   :diable: :

"ANNEXE I
LISTE DES ACTES TECHNIQUES QUE L'INFIRMIER EXERÇANT EN PRATIQUE AVANCÉE EST AUTORISÉ À EFFECTUER SANS PRESCRIPTION MÉDICALE ET, LE CAS ÉCHÉANT, À EN INTERPRÉTER LES RÉSULTATS POUR LES PATHOLOGIES DONT IL ASSURE LE SUIVI

Réalisation d'un débitmètre de pointe.
Holter tensionnel, prélèvements de sang par ponction veineuse ou capillaire ou par cathéter veineux.
Prélèvements de sang par ponction artérielle pour gazométrie.
Prélèvements non sanglants effectués au niveau des téguments ou des muqueuses directement accessibles.
Prélèvements et collecte de sécrétions et d'excrétions.
Recueil aseptique des urines.
Réalisation et surveillance de pansements spécifiques.
Ablation du matériel de réparation cutanée.
Pose de bandages de contention.
Ablation des dispositifs d'immobilisation et de contention.
Renouvellement et ablation des pansements médicamenteux, des systèmes de tamponnement et de drainage, à l'exception des drains pleuraux et médiastinaux.
Pose de sondes vésicales en vue de prélèvement d'urines, de lavage, d'instillation, d'irrigation ou de drainage de la vessie, sous réserve des dispositions du troisième alinéa de l'article R. 4311-10.
Pose de sondes rectales, lavements, extractions de fécalomes, pose et surveillance de goutte-à-goutte rectal.
Appareillage, irrigation et surveillance d'une plaie, d'une fistule ou d'une stomie.
Branchement, surveillance et débranchement d'une dialyse rénale, péritonéale ou d'un circuit d'échanges plasmatique."

...........(le goût de lire le reste, bien sûr !). Une visionnaire cette Buzyn, qu'a bossé tout l'été, laborieuse et modeste fourmi au service des cigales que nous sommes tous  :mdr3: ................... Et elle nous a publié ça au JORF du 19 juillet, pour pouvoir en fêter demain le presque deuxième mensiversaire ! Sainte petite chose, tiens  :ange:!

Et alors, c'est pas tout ça ! Qui parie avec môa  :drapeaublanc: ?