Auteur Sujet: Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas  (Lu 1843 fois)

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Bon, j'ouvre ce fil, non spécialisé parce que les luttes ne vont pas se "limiter" au massacre du Code du Travail, et car on a déjà avec le traitement médiatique réservé à la première manifestation hier, et la stratégie de l'exécutif qui va avec, une idée de la manière dont, le plus longtemps possible, "ils" essaieront de manipuler la réalité de la contestation - souvenons nous, ce n'est pas vieux, la Loi dite el Khomri.... :rougefache:

Je propose donc ici que ceux qui vivent notamment, mais pas seulement, les manifs en live en témoignent, et que par ailleurs, pour le volant grèves absolument zappé aujourd'hui par les médias, chacun puisse y noter d'éventuelles remarques par rapport à son secteur thématique ou d'environnement social.

Avant de passer à mon vécu perso d'hier dans le Nord, je voudrais à tout hasard re-tordre le coup à une manip des médias préalable à la mobilisation, médias qui ont abondamment glosé sur le fait que le secteur public y était fort engagé, "alors que seul le secteur privé est concerné", (ce avec le sous-entendu habituel les fonctionnaires font grève gratos, de par leur "statut privilégié"). Alors je rappelle tout d'abord que dans le secteur public toutes fonctions publiques confondues travaillent en abondance des non titulaires soumis aux dispositions du Code du Travail, - je perso les estime aujourd'hui à un bon 25% dans les FP Territoriale et Hospitalière, pour lesquelles les Lois de 83 et 84 avaient toujours largement ouvert l'espace, - et dans la FPE, cette fois documenté par mon expérience personnelle, je les situe bien au delà des 12% d'effectifs moyens de non-titulaires autorisés, et les ai vu grimper dans mon secteur perso d'activité ces dix dernières années jusqu'à 20 %. Par ailleurs, est il utile de rappeler que les travailleurs des secteurs publics ne sont pas payés lorsqu'ils font grève - oui c'est utile c'est une idée qui continue à circuler - et autant renfoncer le clou : les fonctionnaires titulaires n'ont même pas la ressource de faire des grèves perlées pour ne pas trop entamer le portemonnaie, depuis l'amendement, Lamassoure je crois, qui retire le salaire entier d'une journée même si le p'tit gars n'a grévé qu'une demi-heure.... Enfin, je rappelle que le but ultime de Jupiyuppie est de mettre tout le monde au contrat de chantier ou mission, en abrogeant pour le compte les statuts - déjà bien entamés depuis 2007-, des agents du secteur public.
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Ma manif d'hier : elle a été précédée pro domo, par le 2 ème jour d'audition du message sur France Culture, s'excusant de l'annulation des émissions "du fait d'un appel à la grève des organisations syndicales CFDT, CGT," etc, bon c'est anecdotique mais ça le fait.  :diable:

Alors, j'y allais, à la manif à Lille, de conserve  :diable: avec d'anciens collègues de mon boulot avant retraite (FPE). Pour avoir longtemps dans mon service (70 personnes), par le passé, été seule gréviste, j'ai trouvé pas mal qu'il y en ait eu 3 hier, de grévistes.

La préfecture avait changé notre parcours le plus courant, et on a eu un petit coup de mou en arrivant au point de départ inchangé, car du coup on ne voyait quasi personne du côté où on se masse d'habitude...., mais ce fut de courte durée, et vraiment, pour avoir vécu TOUTES les manifs à Lille de 2016, celle la était une bonne, très bonne même, quantitativement je dirais 7-8 000 manifestants, pas sans doute les 10 000 annoncées par les syndicats (pas vu le chiffre des flics), mais bon pas loin du top 2 des manifs El Khomri.
Et par ailleurs, le rouge de la CGT dominait visuellement certes, mais la FSU, Sud Solidaires, FO (Pas de Calais notamment, où d'autres modes de protestation que manif s'étaient déroulés le matin en intersyndicale dont FO à Arras, Calais avait quant à elle une manif) étaient massivement là, mais de plus on avait le syndicat des chômeurs, bien nombreux  :super:, les étudiants, dont je n'ai pas repéré s'ils se revendiquaient d'un syndicat, et puis quelques JOC et CFTC (rares mais bon, symbole qui compte). Avec une belle masse de têtes grises à l'autre bout de la génération d'étudiants et lycéens, une belle communauté intersyndicale et intergénérationnelle donc, et on a été contents.

.............. Ce qui fait qu'en ayant ras le c... d'entendre sur les chaîne d'info, et les autres,  "manifestations, participation infinitésimale", ou "les syndicats ont fait la preuve de leur non-représentativité", et autres désamorçages bien assénés, j'ai eu l'idée de vous narrer ce que j'ai vu à Lille, des fois que l'on vous raconte qu'il n'y avait qu'un pelé et 3 tondus cégétistes, ce que l'on racontait déjà en 2016 lorsque nous étions à notre Top 1 de 12 000 manifestants... (on s'essoufflait  ;-) ....). Je précise en outre que les grèves ont été plutôt fortes en NPdC, secteurs privé ET public, et qu'il y a eu foule d'initiatives diverses et variées dont opérations escargot qui présagent bien.

V'là ! et donc à vous, je me suis laissé dire qu'il n'y avait quasi person à Marseille, à Brest, à Toulouse, à Strasbourg, à Bordeaux Pau Dijon et Tataouine, informez-moi, informez nous !
« Modifié: 13 septembre 2017 à 08:07:18 par old machin »

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #1 le: 14 septembre 2017 à 06:37:33 »
N'ayant pas pu participer à la manifestation du 12 septembre, je ne peux malheureusement pas partager une expérience non vécue.
Cependant je tiens à dire que je suis indignée du traitement des médias et que je suis très contente de lire ce que tu écris, old.  :fleur2: :fleur2:
Merci pour ce fil et merci pour ce récit.  :fleur2: :fleur2:
A la fin c'est nous qu'on va gagner.  :mrgreen: :mrgreen:
Pourquoi ? Parce qu'on ne s'arrêtera pas tant qu'on aura pas gagné.  :diable: :diable:

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #2 le: 14 septembre 2017 à 14:58:50 »
Merci pour ton témoignage Old Machin :fleur2: Je passe rapidement sur le traitement médiatique tellement en décalage avec la réalité que même la mère Michu s'est dit "cré dui cé ty pas qui m'prennent pour un jambon" 8|

Dans mon patelin peu enclin à mobiliser, le journal a titré sur 600 à 100 manifestants . Ce qui m'a agréablement surprise mais je m'étais également étonnée de la longueur de la marche . :frime1: Notre parcours a été également changé pour un allongement du trajet . Nous avons battu le pavé pendant pus de trois heures , ce qui nous a permis de rencontrer les gens qui rentraient du travail . Les bouchons occasionnés n'ont pas provoqué de mouvements de mauvaise humeur ; au contraire l'accueil était chaleureux .  :fleur2:

Je garderai en mémoire de cette journée le sourire magnifique :mrgreen: d'une fonctionnaire de police quand j'ai crié "policiers , salariés , dans la rue" . Je sens que quelque chose se transforme ...Ce n'était pas la révolution , mais il y avait comme un air d'Insoumission .  :pompom:a

Au fait j'ai défilé sous la bannière de FO. Un journaliste m'a prise en photo avec mon brassard en train de taper la bise à un gars de la CGT  :coeur: :|

.....Nous étions qui des fonctionnaires , qui des salariés du privé, qui des petits patrons , qui des chômeurs , retraités, ,lycéens...

Le 23 Septembre sera le grand jour  :frime1:
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #3 le: 15 septembre 2017 à 15:50:03 »
Excellente idée, chère vieux truc, que ce nouveau fil  :fleur2:

Ben dans la boite où je bosse (un peu plus de 100 personnes) nous n'étions que 6 grévistes ... mais il y avait eu pire ...

La manif par contre il y avait un bon millier de personnes, ce qui n'était pas arrivé dans ma ville depuis des années ! D'autant qu'il n'y avait aucun étudiant ou lycéen , sans doute parce que jour de rentrée et l'info n'avait pas encore circulé ?

Une majorité de rouge CGT évidemment, mais aussi SUD, "front social", FO, CFDT essentiellement santé-sociaux, et même UNSA. Beaucoup de FI bien sûr !

j'ai distribué tout plein de tracts et de "tchio Fakir" que j'avais commandés exprès pour. Ils étaient extrêmement bien reçus, avec de grands sourires.

Mais surtout il faut que je vous raconte : Je vais toujours voir les flics ou les militaires que je croise sur le parcours pour leur donner un tract, et d'habitude je me prenais un gros bide, refus systématique, et parfois pas sympa du tout (litote  :]) ... Ben là, TOUS les flics ont accepté, et certains avec des "merci"  8| :super:
Et quant aux militaires, ils ont refusé, mais un m'a dit : "on est désolés, mais on ne peut pas, si on était filmé ou pris en photo en train d'accepter, on aurait de très gros ennuis !"

Les enfants, je le sens bien ce mouvement, très bien même  :frime1:
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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #4 le: 15 septembre 2017 à 18:34:43 »
Pour info, j'ai tweeté des copies d'écran de nos différents "témoignages" (des fois que vous verriez passer un truc, en vous disant "mais c'est moi qui ais écrit ça", ben ce sera de ma faute !)
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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #5 le: 22 septembre 2017 à 06:49:13 »
Alors merci à toi, ô twitteuse émérite et non pas compulsive, RN !  :fleur2:

Et ake voilà mon ressenti de la manif II de Lille, (tout en précisant que je ne serai pas à la III de jeudi 28 prochain, car en route pour ailleurs, mais que je donnerai si disponible le ressenti des copains).

Alors alors, du côté P'tit Quinquin, le trajet cette fois était le bon vieux parcours, plus court  (hommage aux vieux ?  :diable: ). J'avoue, parce que nous étions un tantinet en retard, et que cela se voit mieux au statique du départ, avoir moins été à même de constater la pluralité des organisations et des générations qu'à la première, mais d'autres potes nous ont confirmé que sur ce point le pluralisme était le même que pour la une.

Quantitativement, on a été quasi unanimes à reconnaître que nous semblions légèrement  :rouge: moins nombreux qu'à la 1ère, ce que confirmerait le chiffre policier cette fois relevé de 4 000 (voir pour le coefficient du rapport Flics/Syndicats celui de Paris, qu'il me semble avoir vu à 16 000/55 000 ). Tous bien remontés mais jovialement, un petit déficit de pancartes savoureuses dans notre coin, mais bon.... Partis/Mouvement sur les trottoirs : ben ceux habituels, Pcf, NPA, LO, FI, et de petits mix même orientation.

Présence policière comme d'habitude soutenue, mais pas de fermetures de grilles notamment à la gare Lille Flandres....ils ne sont pas encore en régime 5  :mrgreen: à leur niveau. Un incident - qu'avec le mauvais esprit qui me caractérise j'aurais bien tendance à estimer intentionnel - pas de barrage de l'accès par une rue adjacente à la très grande et très large rue Nationale (environ 20-25% du parcours), il en a résulté une 1ère bagnole coincée dans la manif et ladite manif arrêtée, plus 3 autres bagnoles attendant de forcer eux aussi le passage. Le conducteur, genre manager pressé,  :rougefache: soigneusement mal rasé , semblait avoir déjà été chaud-bouillant avant même d'être coincé, et les copains interlocuteurs, au départ détendus, commençaient à prendre aussi des couleurs pas vraiment pastel... Cela s'est résolu par l'arrivée d'un CRS débloquant le gars, mais faisant aussi reculer et partir par l'arrière les autres voitures, et on a repris la route. M'enfin, tout le monde avait en mémoire que dans les manifs El Khomri, les flics, là régime 4,99  :diable:, forçaient sur cette grande rue qui y prédispose bien la manif à se scinder en paquets isolés, qu'il était dès lors fastoche d'inonder de lacrymos. Enfin, cette fois-ci, même pas mal, mais je ne saurais trop exhorter, pour les prochaines, les services d'ordre syndicaux à vérifier ex ante les barrages d'adjacentes, s'pas!

Voilà voilà, ..résumé donc, bonne manif un peu moins nombreuse que la 1ère (ça va bruire dans les médias bien comme il faut, d'essoufflement avant même respiration, de CGT et LFI concurrentes, bon..  :baille: ), qui n'a donné prise à aucun affrontement, et, certes dans une atmosphère pour l'instant non dramatisée, des flics de tous uniformes et matériels qui m'ont semblé pour l'écrasante majorité d'entre eux dans une attitude neutre/lassée/en poussant un peu, conciliante ou conciliatrice..., ce qui confirmerait l'anecdote de RN : les p'tits gars, à tout hasard, commencez à vous exercer à brailler "la police avec nous", quand on n'a pas l'habitude ça ne vient pas tout seul   :diable: !


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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #6 le: 25 septembre 2017 à 06:47:57 »
23 SEPTEMBRE, VUE DE L'INTERIEUR :
Alors, personne ici pour causer dans le poste de la Marche FI du 23 septembre ?...., bon je m'y colle  :hehe: , (un peu à l'attention spéciale de RN,  :fleur2:  désolée de ne pouvoir y être), voilà la mienne...

Je môa-je n'avais fait qu'une pancarte "à dos" le matin à toute blinde, le portrait de Jupiyuppie (dans la version hurlant "paske c'est notre projet"), avec une énorme bulle lui faisant dire "MAIS PENSEZ DONC PRINTEMPS, BANDE DE FEIGNANTS DE CONNARDS DE MERDE:gene1: , par dessus un pêle-mêle de foules de manifs, allant de la grande de 1947 à celles de la Loi dite El Khomri. Avec ça drapeau rouge avec cocarde en haut (faite de mes blanches mains...). Donc parée et avec casse croûte dans sac, j'm'achemine vers le lieu de départ des 6 bus de Lille, où j'avais RV avec le pote qui avait loupé le départ de celle du 18 mars - lequel pote, je le dis de suite, a des problèmes de dos et jambes, problèmes qui quand ça se déclenche le font abominablement souffrir.

On est arrivés à Bastille vers les midi 30 je crois bien, comme on avait déjà graillé dans le bus pour alléger les sacs que l'on croyait devoir prendre pendant la marche, on s'est laissés titiller le nez, sans y céder, par les diverses odeurs de frites et autres merguez en vente sur la place, - moi qui en ai fait d'autres, départs de Bastille, je me disais que c'était un peu moins blindé pour une même heure comparative. Sinon, le festif habituel.
Par ailleurs, l'annonce dans le bus "Hauts de France se regroupe rue St Antoine", ce que nous fîmes en disciplinés que nous sommes, m'avait par expérience antérieure un peu questionnée - et je suis allée tout à fait de l'autre côté voir la rue du Faubourg St Antoine, que l'on m'a confirmée être la bonne, mais qui n'était à cette heure là pas plus regroupée que ça... Mon pote souffrait déjà, en post du voyage bus dans un siège qu'il en faudrait 2 pour la grande baraque qu'il est  :mrgreen:  , mais vers 14 h  départ prévu on s'est acheminés de l'aut' côté de la place...., et on l'a retraversée à la suite du groupe Grand Est me semble, mais toujours pas avec le nord picardie. Là d'emblée on a pigé une fois pour toutes qu'à part quelques hyper-disciplinés on était tous + ou - des expérimentés des marches FI et du joyeux bordel afférent  :diable:, c'était un peu moins visible le 18 mars je trouve.
On s'est trouvés au milieu d'une joyeuse foule bien bariolée, j'estime à peu près à 100 - 150 m de la tête de la marche, on ne voyait strictement rien comme d'hab, mais au bout d'une bonne demi-heure on a entendu venant de l'avant les acclamations d'arrivée des meneurs de marche, dont on a eu le détail une fois rentrés cheux nous. C'est aussi en rentrant qu'on a appris qu'il y avait eu un groupe d'autonomes/casseurs qui en tête avaient f... le bren, vite jugulés par ces messieurs d'la police (hein, quand ils veulent !  :diable: ) - mais de là où on était, rien à voir, rien à entendre.

Alors, au bout de ce que j'estime une bonne heure de piétinements, mais quand même en savourant les créations des z'uns et des z'autres (dont un que je n'ai vu photographié nulle part, avec comme pancarte, sur la nuque, un petit oreiller apparemment de satin, tout joli, marqué "Ne pas déranger", suivi d'un genre "feignant se repose" ::d  ), on a fini, moi vieux truc et le pote, moins vieux mais cabossé et souffrant la passion, par envisager de prendre la tangente sur un des trottoirs du Boulevard Beaumarchais, envahis tout autant que la voie, mais marchant quand même un peu plus vite (à bien noter ! on a eu des moments où vraiment la foule des trottoirs était aussi dense que celle de la voie, mais pour "compter"(ce qu'is ne devraient normalement pas faire pour une manif politique  :rougefache: ), les flics ne comptent que la VOIE, jamais les trottoirs, supposés être occupés par des badauds, point).

Adoncques nous rejoignîmes eul' trottoir de gauche, je répète quasi aussi dense que la voie, (trottoir de droite itou), mais lancé dans un mouvement un peu plus rapide ou moins lent que la voie, ce qui soulageait quelque peu les maux grandissants du copain. Cela nous a permis de lentement remonter vers la tête de manif , voyant d'ailleurs au passage les forains, et des tripotées de "groupes" dont le pourtant long séjour à la Bastille ne nous avait pas donné la moindre idée. Le trottoir de gauche de Beaumarchais, si on le suit tels que nous coincés dans une foule où l'on n'aurait pas mis un oeuf, débouche sur un surplomb assez élevé, et nous n'avons pu revenir en arrière vers l'escalier permettant de descendre vers la place de la République qu'au bout d'un laps de temps certain. Là, j'ai, d'en haut, vraiment été impressionnée, car, la tête de manif étant arrivée je ne sais quand auparavant (mais on entendait bien Charlotte Girard toujours aux manettes du micro de chauffeuse d'estrade), la suite de la manif s'écoulait vraiment à grande vitesse dans la place, on aurait dit un banc de poissons lancés à toute blinde, ou une colonne de fourmis légionnaires, ouep, impressionnant !

D'en haut, nous avons pu voir aussi des bouts de foule bien compacts, installés sur la place d'évidence AVANT la marche et ne venant pas d'elle (nous en avons eu confirmation plus tard). Une fois descendus, les pattes du pote n'en pouvant vraiment plus, nous avons décidé de ne pas rester sur la place, car un sms nous avait avertis entre 2 qu'on avait, de la place République,  dans les 20 mns de marche pour retrouver notre bus, et nous risquions nous de mettre le double de temps. En outre mes autres expériences me disaient qu'on entend mieux les discours de méluche  (et ceux d'autres sans doute aussi :mrgreen: ) sur video à l'maison que coincés dans une foule où immanquablement le voisin cause à son voisin. Donc au terme d'une halte "assise" en bordure de la place, laquelle halte nous a permis de voir que grand nombre de manifestants une fois arrivés sur la place faisaient comme nous et s'éloignaient de suite en roulant leurs drapiaux - et pas seulement ceux qui se dirigeaient vers les rues où étaient garés les bus, non, vraiment énormément de gens avaient fait la marche et repartaient derechef (pour ceux des bus, normal, certains ont 7-8 heures de trajet retour, pour les autres je pense qu'eux aussi avaient déjà vécu l'histoire du j'ai-rien-entendu), nous nous somme acheminés d'un pas de sénateur ( :diable: ). Et nous rentrîmes  :diable: . Plutôt contents.

Mais moi, éternelle chipoteuse, contente avec quelques réserves, nourries ultérieurement par ce que j'ai appris, sans doute aucun : il y a bien eu effectivement un grand nombre de personnes qui se sont rendues directement place de la République sans passer d'abord par la marche partant de Bastille, - ce qui est rationnel,  quand on a déjà vécu d'arriver au terme coincé loin dans une rue d'où même avec une bonne sono on n'entend que pouic (voire, on arrive discours fini, ex 2012....  :rougefache: ), mais nuit à la "démonstration de force" pour laquelle on est venus. Ceci posé, des échos dignes de foi m'ont confirmé que la queue de la marche était partie 2 h et demie après la tête...... Bon.
"Constat" provisoire : je me demande si l'on n'a pas atteint les limites (dans tous les sens) des parcours lieux estampillés révolutionnaires de la capitale, et puis interrogation : pourquoi donc une manif nationale serait-elle toujours à Paris ? Hein ? Hein ???  :] . Par ailleurs, je ne vois pas l'objet de mots d'ordre tels que"la jeunesse en bloc ensemble", comme si déjà les potes provinciaux allaient se séparer, les familles parisiennes se scinder, etc, et crotte, en plus, des mots d'ordre autres que de sécurité au "peuple de l'insoumission", ça ne le fait pas pour ce qui me concerne...., et en fait il semble que ça ne l'ait pas fait du tout, tant mieux !  :mrgreen:

Je me suis branchée sur m'n'étrange lucarne en arrivant - et j'ai entendu des commentaires plutôt, je vais dire, de "reconnaissance de la performance", assez respectueux quoique toujours assaisonnés de quelques perfidies - ce n'est que le lendemain matin que le bashing habituel et les éléments de langage qui vont avec ont commencé en rafale, avec en tête l'épluchage du discours de Méluche, que j'ai écouté plus tard, et dont, soit dit par parenthèse, je pense qu'il en a fait de meilleurs. Mais ça fait rien, j'étais pas venue pour le discours de Méluche, j'étais viendue, comme les autres, dire qu'à la FI ON EN A GROS, et ça, c'est fait !  :naah:




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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #7 le: 26 septembre 2017 à 06:10:15 »
Merci, merci pour ce récit chère vieux truc  :fleur2:
Pour le discours (écouté dans la lucarne YouTube) je partage ton impression !
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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #8 le: 10 octobre 2017 à 14:16:56 »
Impressions de la manif de ce 10 octobre 2017 qui, dans ma ville de Province, se déroulait ce matin  ::d (mode "correspondant local" ON)

Question nombre, on était plus nombreux que le 12 septembre, je pense, mais pas tant que ça je crois ... M'enfin pas évident à évaluer ... France 3 parle de 5000 manifestants, quand ils disaient 3000 pour le 12/09 ; je pense qu'ils avaient sous-estimé largement le 12/09, car la différence ne me paraissait pas si grande au vu de la longueur du cortège ! Après il est vrai que, de ma boîte, nous étions une douzaine, alors que nous n'étions que 4 le 12 Septembre.
Calme et bon enfant, toujours.
Peu d'hospitaliers et quasiment pas d'étudiants , ce qui m'a déçue avouons-le ! Pôle-Emploi était représenté, et ça j'ai bien apprécié !
Comme d'habitude, et comme le 12/09, j'avais mon stock de tracts et de Tchio FAKIR, et je suis allée, ce qui ne surprendra pas ceux qui me lisent régulièrement, en proposer à tous les flics et CRS ou motards croisés sur le parcours. Comme le mois passé (mais pas du tout comme auparavant !!!) Ils ont TOUS accepté (à l'exception d'un gradé devant la Préfecture) et qui plus est en disant MERCI avec le sourire !

Même mieux, cette fois-ci, je suis allée offrir mes tchio Fakir aux policiers de la voiture de Police "balai" en fin de manif ; chacun a accepté le sien en souriant, et l'un d'entre eux m'a demandé : "vous pourriez m'en donner d'autres en plus ? Je les ferais circuler au commissariat !"

Vous savez quoi ? IL SE PASSE VRAIMENT UN TRUC, là !
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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #9 le: 10 octobre 2017 à 15:37:02 »
Vu passer cette photo de pancarte sur les rézosossio

Ils sont taquins à l'Education Nationale !



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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #10 le: 10 octobre 2017 à 19:56:04 »
Merci RN  :fleur2: , et je reprends le flambeau pour dire, pas trop longuement, ma mienne lilloise  :D ! Côté quantitatif, je situe plus de monde que pour celle du 12/09, donc incontestablement plus que le seul chiffre lu de 3 000 (Voix du Nord). Gros bataillons syndicaux "par ordre", rouge cégétiste en tête, mais nous avons voulu tout voir avant départ, sans préjudice de ceux qui allaient comme d'habitude rejoindre le cortège pendant le 1er tiers de route, mes potes et moi sommes donc allés jusqu'au bout du bout rejoindre le dernier paquet France Insoumise (blindé comme nous de drapeaux et pancartes autres que directement FI), derrière les  LO et autres NPA, "mouvement 1er juillet" d'Hamon, Pcf etc.
 
Alors je vais m'en tenir là pour "l'ordinaire" de cette manif, festive, intergénérationnelle, pas mal d'étudiants, TOUS les syndicats, (  :diable: avec CFDT et FO très fournis), parcours inchangé. Mais je vais continuer sur "l'extraordinaire" de cette manif là, et oui RN, absolument d'accord, il se passe bien quelque chose : en remontant avant le départ vers la queue de la manif, on a vu de loin un gros gros paquet de bleu, en 2 parties, .....on se rapproche, et ce sont de gros paquets de syndicalistes policiers et autres fonctionnaires de police, le 2ème paquet territoriaux police FO, le 1er pas tout identifié (dont Alliance  :( , mais on fait avec les mecs !), des flics des flics des flics, des gars balafrés police comme s'il en pleuvait, bienvenue  ! :diable:

........ Et qu'est ce qu'on a vu  sur notre chemin je répète habituel ? Eh bien, rien  :| . Littéralement rien. Avant le départ 2 motards fermaient la route comme d'habitude avant le signal, mais dès mise en marche, (avec cette exception notoire que cette fois les trottoirs étaient quasi vides, tout le monde marchait bien dans la rue), nous avons marché sans voir la qu... :gene3: d'un flic, d'une moto de flic, d'une voiture de flic barrant les coins stratégiques, pas de cordons devant la gare, dont les grilles étaient restées ouvertes, pas de rues barrées (même pas pour ceux qui connaissent Lille le croisement Bd de la Liberté/Rue Nationale), encore moins de souricières ou de divisions de cortège, puisqu'il n'y avait personne pour faire le chat chasseur ou diviseur... Et tout s'est passé nickel chrome, à 300 m de l'arrivée environ, nous qui étions vraiment en queue de cortège nous avons vu que 3 véhicules légers police nous suivaient tranquillou, point. Et à l'arrivée, bon, le cordon de CRS qui empêche l'accès à la Préfecture était là, ok, mais aucun des gros paniers à salades bleus qui bouchent d'habitude totalement une des rues, des véhicules + légers blancs étaient en file de l'autre côté, et les 4 policiers cavaliers étaient loin tout au fond de la place.
En rentrant j'ai vu que les policiers vers 13 h (on partait théoriquement à 14 h 30, retard comme d'hab) avaient twitté tous azimuts à l'intention des automobilistes les axes à éviter et pour combien de temps. .... Et globalement, ben mes agneaux, j'reste un peu baba  :gehe: , j'n'en suis pas encore à vouloir dieu sait pourquoi embrasser un flic, mais oui RN, là, je trouve que quelque chose change ! :super:  :langue3:
« Modifié: 10 octobre 2017 à 20:00:22 par old machin »

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #11 le: 16 novembre 2017 à 08:29:41 »
Alors alors, pourquoi donc t-est-ce que je n'ai pô parlé de l'avant dernière d'octobre, mes bons z'amis ? ... Ben, c'est paske je ne pouvais y être, pauvre de moi,  (et pôvres de mes glorieux camarades, z'avez vu, rien que via m'n' absence, tous les merdias ont bien dit qu'elle était pourrable celle-la !  :mdr3: ).

Meuh je vais faire celle-ci tiens donc ! T'à l'heure le pavé de Lille va savoir de quels fers mes chausses se chauffent, non mais ! Les camarades FO devraient être plus nombreux, les petits poulets tout aussi meugnons que mes dernières fois.....(quoique, c'est à double entrée ce point là  :pasdrole: ), les potes CGT et Sud toujours au rendez-vous, les cheminots z'aussi, allez, on optimise ! la start-up manif va se faire agile et productive  :mdr1: , non, j'déc...  :gene4:

.......... Et vous qui pouvez, viendez, viendez ! Et en ces temps où vous raquez cher pour tout, nous, on fait pas payer l'entrée  ::d !

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #12 le: 17 novembre 2017 à 09:16:12 »
Au rapport....! Sans jubilation, sans désespoir - sans chaud ni froid, mais je me garderai du tiède qui suggère le "en même temps"  :diable:. Heure théorique de départ 14 h 30, - mon heure d'arrivée aussi, avec un constat visuel de clairsemé plutôt inquiétant, mais l'habitude permet de relativiser, et c'est bien rare que l'on parte ponctuellement. Côté police, une innovation, les canassons montés arrivent en même temps que moi (seule pour une fois, potes tous empêchés), et se postent devant le départ - ils n'étaient qu'à notre lieu d'arrivée toutes les fois précédentes. Syndicats se structurant progressivement au départ: CGT, FO, SUD, avec des subdivisions secteur public notamment évidemment E.N. et cheminots., + du tutti frutti ; LO seule sur le trottoir du départ, militants PCF comme d'hab dans les rangs syndicaux, pas vu d'autres partis franchement signalisés. Quelques gays étaient là en tant que, et les Sans-Papiers assez nombreux, avec banderole.

J'ignore s'il y avait des villes moyennes du Nord manifestant de leur côté (Valenciennes, Douai, Dunkerque, etc), mais je ne pense pas. Intergénérationnel ? Non - , pas vraiment, dominante des quarantenaires jusqu'à .... point d'âge !

Bon, une copine de toutes les manifs m'ayant retrouvée, et vice versa, on fait la route ensemble, les troupes s'étant raisonnablement épaissies - vraiment sans déferlement.... - d'ici au départ. La préf nous a accordé le parcours "normal", mais raccourci, et fait baliser (interdire) les rues adjacentes. A noter que le réjouissant chtiot groupe de comédiens "Sauvons les riches", qui avait fait le bonheur des manifs El Khomri, est revenu sur le parcours - avec une nouvelle prestation "Prêche pour Saint Macron" vais-je inventer comme titre, contente de les revoir, et que par ailleurs un orchestre de cuivres s'était posté à mi parcours, chouette. Tout ça cependant dans mon ressenti n'a pas fait de cette manif le lieu de l'exaltation, raisonnée ou non , qui fait d'une manif une grande manif - et même si ça a braillé, pétaradé, cheminots-boucané  :diable: comme d'habitude, on n'a pu m'potesse et moi que trouver l'atmosphère "un peu moins que"  :snif: . Alors faut quand même remarquer que le temps de cochon a pu jouer son rôle, bien sûr. Mais, parcours raccourci par la pref, impressionnant comité d'accueil policier à l'arrivée, où pour la 1ère fois de grandes barres de béton avaient été posées sur la place, nous contraignant à nous disperser plus vite (ou plutôt ne pas nous grouper en masse), les canassons au départ, nous ont fait penser que nos joyeux organisateurs de "l'ordre" avaient initialement vraiment craint cette manif là, nous avons donc vu dans sa relative atonie une occasion ratée.

Nous avions estimé que "l'on aurait de la chance si on atteignait les 2 000", et lorsque j'ai cherché ce matin j'ai vu que l'officiel affichait 1 500. Vu en même temps sur le site "Campus" lillois qu'en parlant de la 3ème manif d'octobre, dont j'étais absente comme dit, les jeunes camarades enthousiastes exhortaient à ne pas croire aux chiffres officiels, et qu'on était à 10 000 à Lille cette fois là.... J'ai comme un doute, et la copine qui elle y était, plus encore évidemment.

Sur le comptage des manifestants, notez que, cette fois avec grand ram dam, nombre de médias évidemment irréprochables, exemple BFM TV, TF1, radios de service public, confient depuis au moins les 3 dernières manifs à "un organisme indépendant" ce comptage, qui correspond comme par miracle aux estimations policières. Ce soit-disant "indépendant" c'est la société OCCURRENCE, études conseils communication/expertises, comptages/sondages, de celles farouchement indépendantes qu'on a beaucoup vues dans le topo Médias/Sondages.  :] , mais micro-format, une start-up un peu vieillie quoi. Son fondateur et co-directeur (peut-être ex-, ceci dit)  Assaël ADARY, racontait sur BFM TV en septembre qu'il avait inventé ça genre par souci éthique citoyen (on va donc supposer que ses bons offices sont bénévoles  :diable: ), et hier il donnait sa méthode :

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/comment-cette-societe-procede-pour-compter-les-manifestants-1003695.html

, et la société Occurrence, c'est ça :

http://occurrence.fr/
----------------------------
Bien : ça fait aussi partie des luttes, j'vous communique donc MA chronique des jours derniers = mercredi soir j'étais à la conférence format table ronde ou plutôt ovale de Bernard Friot - conférence très mal annoncée, et le fait que nous n'aurions pu tenir à plus encore dans cette salle ne fait rien à l'affaire, soyons bons techniciens dans les luttes ! (en arrivant sur place, je n'ai trouvé aucun gestionnaire du lieu .... qui sache même que Friot serait là....  ;-) ). Contente d'avoir entendu le bougon que j'aime tant et plus  :diable: , et d'avoir pris son dernier bouquin "Vaincre Macron", que j'avais tenu à acheter là.

Et hier soir, je suis allée ENFIN voir le film "La Sociale" - avec bonheur. Ceusses qui ne l'ont pas vu, guettez, une assoce de votre coin finira bien par organiser ça. Et, vive Ambroise Croizat ! Et...... à méditer, - pour moi qui me penche de nouveau sur "nos" Outremer, comme pour vous, que cela concerne tant et plus aussi -, la mention par l'un des commentateurs dans le film : "on a donc fixé [1945-1946] le montant des cotisations patronales et ouvrières à 4% chaque, et là déjà les patrons se sont insurgés en masse disant que le coût du travail  allait monter en flèche, et menaçant, déjà, de délocaliser, dans LES COLONIES "....Passionnant, non ?  :désolé1:

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #13 le: 19 novembre 2017 à 14:48:37 »
Juste pour te dire que j'ai lu, et veux te remercier pour tes témoignages !

Moi, jeudi, ben j'ai bossé ... et même pas vraiment regretté car de toutes façons j'aurais été la SEULE à faire grève dans ma boîte  :pleur3:
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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #14 le: 22 mars 2018 à 06:06:27 »
Chalut tertous, juste pour les ceusses qui, va savoir, se demanderaient si "bonne femme vit encore" (citation inclusive pour initiés  :mdr3: ), ouep, elle gigote toujours, mais prise toujours aussi par des occurrences familiales lourdes, assaisonnées d'aller-retours incessants Nord/Paris, voilà voilà.

Et donc seulement deux mots : nonobstant médias et "nouveau comptage" de manifestants à venir ce soir, nonobstant toutes les manoeuvres déjà en place, CETTE FOIS, ALLONS Y TOUS, BRAILLER SUR LE PAVE, NE CEDONS PAS AUX PROVOCS QUI NE VONT PAS MANQUER, SOUVENONS NOUS QUE LES GREVES C'EST 24 H/ 24, (et que, dès lors, la grève perlée SNCF est une vieille nouveauté assez géniale à bien gérer...), BREF, ALLONS-Y DE TOUTES NOS FORCES, CAMARADES ! DEPUIS 10 ANS ILS NOUS ENRAGENT, PENSONS PRINTEMPS  :mdr3: :mdr3: , ENRAGEONS LES !

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #15 le: 24 mars 2018 à 17:00:31 »
Porte-toi bien, c'est l'essentiel.  :fleur2:
Pas comme Micron: faut être dingue de l'ego pour être président de la république!  :pasdrole:

Bon courage!  :merci:
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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #16 le: 27 mars 2018 à 16:32:28 »
D'accord avec Sarkonique ! Et tu sais quoi, chère vieille chose ? Il ne se passe pas une manif à laquelle je participe sans que je n'ai, à un moment ou un autre ... et souvent en voyant des pancartes créatives... une petite pensée pour toi ! Un jour on manifestera ensemble  ::d
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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #17 le: 07 avril 2018 à 08:32:58 »
Hébé Sarkonique et RN, marci, et, RN, moi aussi j'en suis sûre, un de ces jours on en fera une grosse de chez grosse ensemble !... Même que, celle du 5 mai qui semble se mettre en place ( enfin !!!!!!!  :naah: ), elle m'irait bien, pas à toi ?

Bon, c'est pas tout ça....., je n'ai pas eu le temps (cette fois le "saut" à Paris ça a été presque 10 jours) de vous restituer la manif du 22/03 à Lille, et dès lors je vais vous la faire hyper courte : c'était une bonne, une bien bonne, sous des cieux très mitigés mais on s'en foutait comme de l'an II, et elle était tellement bonne que, comme pour bien d'autres, personne n'a donné de chiffres ce jour là, où tout le monde alentour disait sentir en dépit du froid une brise bien sympatoche de printemps. Faudra donc me croire sur parole mes agneaux, on était tous viendus, on était tous là !  :diable:

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #18 le: 07 avril 2018 à 12:01:20 »
De la convergence des luttes.


Attention! ça fait mal!
ça date aussi du 20mars et c'est un peu long,mais comme d'habitude je poste des articles avec lesquels je suis d'accord.


Ordonnances SNCF : l’occasion
par Frédéric Lordon, 20 mars 2018


Citer
Si ceux qui ont quelque responsabilité dans la « conduite » des mobilisations qui s’annoncent ne comprennent pas que le mouvement ne doit pas être « le mouvement des cheminots » ou le « mouvement contre les ordonnances SNCF », alors le mouvement échouera – une fois de plus. Que le mouvement doive aussi être cela – mouvement des et pour les cheminots –, la chose est tellement évidente qu’elle devrait aller sans dire. Mais si le mouvement n’est que cela, il est perdu d’avance.
Show content
Contre l’offensive générale, le débordement général
C’est que, comme on disait jadis, toutes les conditions objectives sont réunies pour que le mouvement déborde de partout – quand, précisément, tout l’enjeu est de le faire déborder. Rarement si grand nombre de secteurs de la société sont arrivés ensemble à un tel point d’épuisement, d’exaspération même, ni n’ont été maltraités avec une telle brutalité par un gouvernement qui, en effet, a décrété l’« offensive générale » (1). C’est bien simple : ça craque d’absolument partout. Ehpad, hôpitaux, postiers, inspecteurs du travail, retraités, paysans, profs, étudiants, fonctionnaires bientôt, et surtout l’immense iceberg des salariés brutalisés du privé, dont la pointe a été sortie des eaux glacées par le désormais mémorable Cash Investigation spécial Lidl&Free – et le tout, c’est là l’esthétique particulière de l’époque, pendant que les plus riches sont invités à se goinfrer dans des proportions sans précédent sur le dos de tous ceux-là !
Lire aussi Serge Halimi, « L’offensive générale », Le Monde diplomatique, mars 2018. Serge Halimi rappelle cette stratégie vieille comme le néolibéralisme du blitzkrieg généralisé, attaque simultanée sur tous les fronts visant à produire un effet de sidération qui laisse les opposants, totalement désorientés, courir dans tous les sens, avoir toujours un train de retard, pour finir défaits dans tous les compartiments du jeu. À l’évidence Macron en est là. Ce qui est étonnant avec tous ces « modernes », c’est combien ils pensent vieux (2). Macron croit dur comme fer à la théorie du ruissellement – Reagan. Faux. Il veut privatiser les chemins de fer – Thatcher. Désastreux (mais c’est également le propre de ce « réalisme », et de ce « pragmatisme », d’ignorer jusqu’aux enseignements les plus élémentaires et du réel et de l’expérience). Le voilà maintenant tenté d’émuler la brillante stratégie d’un ministre des finances néo-zélandais des années 1980. Il n’est pas exclu qu’il se trompe.
Il faut toute la médiocrité intellectuelle des gens de presse pour avoir fait de Macron un « président intellectuel ». Hormis être capable de penser autrement que par recettes et de reproduire mécaniquement un passé disqualifié, un président « intellectuel », disons machiavélien (ce qui n’a rien à voir avec « machiavélique »), prêterait attention au fait que des procédés politiques ne valent que dans les conjonctures qui leur ont donné leurs conditions de possibilité. 2018 n’est pas le 1984 de Margaret Thatcher, ni le 1989 de Roger Douglas, le ministre des finances néo-zélandais. Pas non plus le 1995 des grandes grèves (3). Tout a changé et, dans un environnement différent, les mêmes causes ne produisent pas nécessairement les mêmes effets. Ce qui a changé pour l’essentiel tient à dix ans de crise « financière » qui ont produit de sérieux ébranlements dans les têtes, et jusque dans les couches de la population qu’on croyait résistantes, fidèlement acquises au système : les cadres.
Il s’en faut pourtant que des esprits ébranlés deviennent des corps en mouvement. Toutes sortes de choses les retiennent, matérielles notamment. Mais d’une autre nature aussi, une en particulier : l’absence d’une parole assez forte qui saurait les rassembler. Que l’éparpillement soit la première ressource du pouvoir, c’est vieux comme la politique. En 2017, Jacques Chastaing qui, pour le Front Social, surveille le front des luttes invisibles, comptabilisait plus d’un million de journées de grève sur deux mois (4) – toutes, ou presque, passées sous les écrans radars. Mais ce million n’est que de la poussière de grève. Il faut le compacter pour en faire une grève générale. Dont en réalité tous les éléments sont là – mais pas le principe unificateur.
À qui reviendrait-il normalement de le fournir ? Aux confédérations syndicales évidemment. Il suffit d’énoncer la réponse pour se voir au bord du désespoir. Faisons un tri rapide : on ne parlera pas de la CFDT (« Yellow is the hottest colour ») ; non plus de FO qui rivalise avec elle au jeu idiot de « l’interlocuteur privilégié ». Des plus grosses confédérations, reste la CGT. Écartons d’emblée tout malentendu : il n’est question ici que des directions, et non des bases. Ce que les bases, spécialement celles de la CGT, recèlent d’admirable combativité, nul ne l’ignore. Si la CGT était un alambic, les vapeurs s’élèveraient. Or ici tout reste à fond de cuve – où d’ailleurs ça glougloute méchamment. Mais dans les tortillons à Montreuil : rien.
L’enlisement institutionnel
Ou plutôt si : un mélange de dégénérescence bureaucratique (prévisible dans n’importe quelle organisation de cette taille) et, plus encore, d’incrustation dans le système institutionnel d’ensemble, mélange qui a fini par produire une sorte de passion de l’échec. Retraites 2010 : échec. Loi El Khomri 2016 : échec. Ordonnances « code du travail » 2017 : échec. Si l’on se contente d’extrapoler à partir de la tendance, l’épisode « SNCF 2018 » ne s’annonce pas au mieux… Mais, précisément, il s’agirait que quelque chose d’autre se passe. Ce qui suppose de déjouer la tendance – donc de commencer par s’en faire une idée.
Il y a d’abord la force de phagocytose propre à tout système institutionnel. C’est d’ailleurs une vérité très générale : tous les malins qui se la racontent en imaginant qu’ils vont courageusement rentrer dans le système pour le « changer de l’intérieur » finissent Gros-Jean comme devant – ou plutôt attablés avec leurs nouveaux amis, serviette autour du cou. Sauf rarissimes exceptions, on ne change pas le système de l’intérieur, c’est lui qui vous change de l’extérieur. On dira que les confédérations n’ont pas le choix et qu’elles doivent bien participer au jeu. On dira ça. Et puis, en longue période, on observera les effets.
Il faut situer convenablement cet argument : que les sections et les délégués d’entreprise aient, eux, à se battre, donc d’abord à négocier, c’est-à-dire à « jouer le jeu », la chose est évidente – pour le coup, pas trop de choix… Mais ça n’est pas de ça qu’il est question ici. Il est question de savoir ce que signifie vraiment « jouer le jeu », au niveau confédéral, quand le jeu, depuis tant d’années, a pris la tournure qu’on lui connait. Soyons coulants et cherchons une position de compromis : il y a des systèmes avec lesquels il peut rester du sens à jouer le jeu institutionnel « de l’intérieur ». Celui auquel nous avons affaire a cessé depuis belle lurette d’appartenir à cette catégorie. À un moment, il s’agit de s’en rendre compte.
La direction de la CGT a d’autant plus de mal à y venir que le système institutionnel ne la tient pas seulement par toutes les pernicieuses onctuosités de la sociabilité des « décideurs », mais aussi par les parties financières. Sur 46 millions de recettes (comptes 2016), 13,5 viennent des cotisations (30 %), le reste de « subventions d’exploitation », de mystérieuses « contributions », et « autres produits » aussi clairement identifiés – en fait, pour l’essentiel, des subsides d’État. Dont on comprend qu’on y regarde à deux fois avant de lui mordre la main.
Sans doute, ce qu’on nomme par facilité « la direction » est-elle en fait un objet bien plus composite, agrégeant dans des rapports en partie conflictuels la confédération proprement dite, les fédérations-baronnies et des structures locales. Paradoxalement, la CGT n’a rien du monolithisme qui lui est prêté par les clichés médiatiques – et il n’y a pas de « bouton rouge » de la mobilisation dans le bureau du secrétaire général à Montreuil. Le pouvoir de mobiliser est assez largement décentralisé, dans les fédérations, parfois plus bas, mais à des niveaux où la chaîne de la dépendance financière n’est pas moins réelle, ni serrée… sachant que la direction proprement confédérale dépend de ces soutiens-là pour se faire élire, et pour se maintenir.
En tout cas, l’habitus institutionnel, que contractent immanquablement ceux qui entrent dans les jeux institutionnels, et qui efface des esprits jusqu’à la possibilité d’attenter au jeu lui-même, se joint à la dépendance financière aggravée pour exclure toute épreuve de force significative qui, au-delà de la gêne pour tel ou tel gouvernement, conduirait non seulement à une modification du rapport de force avec l’État – en général –, mais, plus gravement encore, à la possibilité d’une contestation sérieuse de l’ordre social, dont cet État est le gardien. Rien de cela n’arrivera – « on gère ». Par conséquent on gère l’échec. Et l’on sait parfaitement situer les points critiques, ceux dont il ne faut surtout pas s’approcher, ou desquels il faudrait organiser la déviation dans les sables, ou le reflux, si d’aventure une dynamique « mal maîtrisée » conduisait à les envisager de trop près.
Voilà déjà de quoi revenir à la question des conditions matérielles. Tous les délégués de site ne disent-ils pas la même chose : « on a du mal à mobiliser » ? Et les fédérations s’enveloppent de rationalité : on ne prendra pas le risque de mobiliser si c’est pour faire petit – et échouer. Ici, ne pas céder aux apories de l’œuf et de la poule. Les bases y regardent à deux fois avant de sortir parce qu’elles voient comme tout le monde la série des râteaux. Et qu’elles en sont affectées au premier chef. C’est que dans les stratégies qui servent les passions de l’échec, il entre en particulier de ne jamais appeler pour une journée de week-end, et d’imposer aux salariés de poser un jour de grève qui, pour certains, fait mal dans l’entreprise, pour ne rien dire du salaire perdu. Et à la fin, pour rien. On accordera que ça ne fait pas un système d’incitations formidable. Aussi le million de journées de grève reste-t-il bien comme on veut qu’il reste : à l’état pulvérulent.
Misère du syndicalo-syndicalisme
Il a d’autant moins de chance de se compacter qu’il lui manque plus cruellement encore son liant. Or le liant, c’est une signification d’ensemble – bien sûr sous condition que la conjoncture ne prive pas de sens l’idée même d’une telle liaison. Il y a tout lieu de penser que la condition est remplie aujourd’hui : les ordonnances SNCF ont à voir avec les lois travail qui ont à voir avec la managérialisation de l’université qui a à voir avec la sélection des étudiants qui a à voir avec l’emprisonnement des agriculteurs dans le glyphosate qui a à voir avec les suicidés de l’hôpital de Toulouse, avec ceux de Lidl, de Free, avec tous les fracassés de l’entreprise, et avec l’immense cohorte de ceux qui sont à bout. Qu’il y ait toujours eu, dans tout état du monde social, des mécontents, la chose va de soi. Qu’il y ait aujourd’hui, et dans des couches aussi nombreuses, aussi variées, de la population, autant de poussés à bout, c’est peut-être une nouveauté, qu’il reviendrait à une épidémiologie sociologique et historique de documenter – que des DRH se mettent à écrire des livres pour libérer leur conscience des immondices que leur fonction leur a fait faire (5), que des médecins, peu connus pour leurs propensions séditieuses, en soient à se jeter par la fenêtre, n’est-ce pas quand même l’indice de quelque chose ?
En tout cas, tout ça sort du même « lieu », de la même matrice – qu’on appelle usuellement « néolibéralisme » pour faire sténographique (6). Ce n’est pas parce que ce lieu est abstrait que ces contours ne sont pas nets. Ils sont très bien identifiés même – on ne compte plus les travaux qui se sont attachés à les cerner. Ce sont des idées qui infestent toutes les têtes dirigeantes, dans tous les secteurs où l’on prétend diriger : gouvernement, haute et moyenne administration, universités, entreprises, chefferies médiatiques.
Pour notre malheur, il semble qu’il n’y ait qu’un secteur du système institutionnel où l’on n’accède pas à la généralité de la chose : les directions confédérales (on parle bien sûr de celles qui n’ont pas trouvé enthousiasmant ce nouvel ordre du monde). Qui sait, peut-être qu’on y accède. Mais alors on se retient bien de le dire, et de construire avec le moindre discours – qui précisément, viendrait lier ensemble des fractions du salariat autrement abandonnées à leurs antagonisme catégoriels : « les privilèges des cheminots », éructeront les cadres qui sont devenus eux aussi candidats à la défenestration ! et, en dernière analyse, pour les mêmes raisons qui vont mettre les cheminots à l’arrêt !
Mais, de cette dernière analyse, on ne trouvera trace dans aucune grande confédération. La certitude de la démission intellectuelle et politique a été définitivement acquise avec les très grosses manifestations de janvier et mars 2009. Sans aucune raison « institutionnelle » particulière, aucun projet de loi, aucune attaque gouvernementale vicieuse, des millions de personnes étaient descendues dans la rue, révulsées du désastre bancaire de l’automne 2008 et des conditions dans lesquelles on s’apprêtait à l’éponger. Si l’on peut au moins reconnaître aux confédérations le mérite d’avoir « appelé », elles n’avaient rien trouvé d’autre, pour donner sens à cette colère profondément politique, que de lui adjoindre quelques indigents mots d’ordre à base de « conditions de travail » et « d’augmentation des salaires ». Des mots d’ordre de conventions collectives face à rien de moins que l’ébranlement du capitalisme financiarisé. Des mots d’ordre auxquels, du reste, les gens n’ont prêté aucune attention : eux savaient bien pourquoi ils étaient dans la rue et quel était l’objet réel de leurs écumantes colères. Voilà cependant où conduit immanquablement la pauvreté des appels du syndicalo-syndicalisme : à la volatilisation en deux coups d’une formidable énergie politique qui s’était levée, et qui avait tout pour faire du chemin. À la condition évidemment d’être reconnue et encouragée dans ce qui l’intéressait. Deux mois plus tard, tout était retombé, et le 1er mai 2009 fut atone – comme d’habitude.
Il faut en effet appeler syndicalo-syndicalisme cette incurable maladie confédérale qui fait mettre la tête dans le sable aussitôt qu’apparaît de la politique. Même pas seulement la politique au sens institutionnel du terme – la politique des partis et des élections –, celle dont la charte d’Amiens prohibe le contact. Mais la vraie politique, la politique au plus haut sens du terme, celle des idées qui interrogent dans sa globalité le monde où l’on vit, et qui porte le désir d’en changer – une politique, et cela fait partie de ces nouveautés que Macron, Machiavel de sous-préfecture, ignore complètement, une politique qui depuis 2008 s’est répandue dans les têtes comme jamais. Car, à part les ravis de la « classe nuisible » (7), il n’est plus une personne qui ne voie pas que le monde comme il va, va très mal. Mais trouver que le monde va mal, trouver même qu’il est odieux, c’est demander de la vraie politique, c’est vouloir prendre la rue pour de la vraie politique, et pas pour des histoires de tickets-restaurants. Disons-le au cas où : c’est très important les « histoires de tickets-restaurants » (généralement comprises). Il y a un nombre affolant de salariés pour qui ça revêt une importance dramatique. Mais à force de ne vouloir sauvegarder que les tickets-restaurants, en se refusant à parler de quoi que ce soit d’autre, les confédérations arriveront par nous faire perdre jusqu’aux tickets-restaurants.
Or, « quoi que ce soit d’autre », c’est la politique. Et nous y sommes. L’affaire de la SNCF est une affaire de politique : il y est question des principes d’un ordre entier. La racaille éditorialiste, qui n’a pas désarmé depuis 1995 (8), est déjà sur les dents. Le tir de barrage va être immonde, phénoménal. Auprès de la population, il mettra dans le mille à chaque fois qu’on tentera de tenir la crête « des cheminots », si entièrement légitime soit-elle. Il est assez évident que nous ne réussirons qu’à la condition de faire entrer les non-cheminots dans le conflit des cheminots. C’est-à-dire qu’à la condition de lier les cheminots à tout ce à quoi ils doivent être liés, et de les lier politiquement. En produisant les preuves : ce qui agresse les cheminots et ce qui pousse des agriculteurs au désespoir et ce qui transforme des petits chefs en tortionnaires et ce qui suicide des salariés et ce qui réduit l’université à la misère et ce qui brise le cœur de soignants se voyant mal soigner, est la même chose : le même monde. Or : des agriculteurs sont désespérés, des petits chefs sont dans un devenir tortionnaire, des salariés passent par les fenêtres, de l’eau de pluie coule dans les salles de classe, des soignants ont le cœur brisé, etc. Beaucoup de gens souffrent, terriblement même. Beaucoup trouvent ce monde haïssable et en passe d’être déserté par toute signification humaine. Ils le sentent. Là est la ressource du combat. Une ressource politique. Mais qui ne jouera qu’à la condition de rencontrer un discours politique.
Pour un syndicalisme politique
Que la direction de la CGT soit disposée à tenir ce discours, c’est ce dont il y a tout lieu de douter. Dans la situation actuelle, c’est pourtant la seule ligne capable de succès.
On se tromperait beaucoup si on pensait qu’ici l’organisation est prise comme « ennemie ». Il n’en est rien, d’abord parce qu’à la CGT, il y a la base, et que la base n’a jamais démérité – il suffit de se repasser l’histoire des Contis, des Goodyear, des PSA et de toutes les luttes que la postérité a inégalement reconnues, pour savoir ce que l’organisation compte de personnes décidées à se battre. Mais même en la prenant tout d’un bloc, direction comprise, la CGT reste une puissance de mise en mouvement à nulle autre pareille, et c’est là une donnée qu’un minimum de réalisme ne peut en aucun cas négliger. Sauf dans les fantasmes horizontalistes, ou bien en quelques circonstances proprement historiques, donc rares, les mobilisations ne naissent pas par génération spontanée : il y a fallu un germe, quelque chose qui fasse pôle, et autour duquel les gens se rassemblent, parce qu’ils savent alors où aller pour se rassembler – on ne se rassemble pas si on n’a pas un « lieu ».
Lors des lois El Khomri, il y a d’abord eu une pétition qui, sortie de nulle part, a fait deux millions de signatures, et puis un hashtag « On vaut mieux que ça » à 500 000 vues – c’est bien qu’ils avaient touché un nerf et, par-là, la preuve qu’il y avait un nerf à toucher. Et qui oserait nier que le nerf est toujours là, plus à vif que jamais ? Encore faut-il que se fasse connaître quelqu’un pour le toucher de nouveau.
Tout le monde sait très bien qu’après une pétition et un hashtag, il faut du plus lourd pour que ça continue dans la rue. Il y avait la CGT. Le problème, c’est que la CGT nous met dans la rue, et puis nous fait rentrer aussi sec. Si le réalisme commande de ne pas faire l’impasse sur son pouvoir de mobilisation, il commande aussi de regarder la manière dont il est utilisé. Ou retenu. Quand la rétention, déterminée par toutes sortes de mauvaises raisons, fait enquiller les défaites, on a le droit de poser des questions. Spécialement à la veille d’un grand combat.
Or, on ne fait pas le même syndicalisme en 2018, après dix années de crise structurelle mondiale, que dans les années fordiennes. Voilà un moment que le syndicalo-syndicalisme a rencontré, et même dépassé, sa limite. S’il n’est pas capable de faire de la politique, c’est-à-dire de tenir un discours général, où d’ailleurs toutes les luttes peuvent venir prendre un sens d’ensemble, il ne sortira plus vainqueur d’aucun grand affrontement, précisément parce que les grands affrontements emportent des enjeux essentiellement politiques, s’ils sont masqués par la particularité du front attaqué (ici la SNCF).
Mais alors une politique des idées ne détermine-t-elle pas de nouvelles relations avec la politique des partis ? Si. Inutile ici de brandir la charte d’Amiens comme un fétiche. Du reste, sur cette question, elle est aussi brève que ses intentions étaient datées, on en fait donc exactement ce qu’on veut. Dans une situation d’offensive générale, tout est à revoir. Si l’intervention de Jean-Luc Mélenchon lors du mouvement contre les ordonnances « code du travail » a été, dans sa forme, bien faite pour braquer le monde syndical, il n’est pas sûr qu’elle ait été dans le faux quant au fond de l’affaire. D’abord parce que le constat de l’impuissance volontaire du syndicalisme institutionnel commence à se répandre après tant d’échecs. Et qu’il est dans la logique des choses qu’une autre organisation, ici politique, donc, précisément, capable de tenir le discours global que le syndicalo-syndicalisme ne veut pas tenir, fasse mouvement. À plus forte raison quand elle dispose, comme c’est le cas avec la France Insoumise, d’une réelle capacité propre de mobilisation – appelant par conséquent le même regard de réalisme que sur la CGT.
Prenons le risque de l’exercice un peu oiseux de la prédiction rétrospective : un appel conjoint et paritaire CGT-FI (ou tout autre groupement de forces politiques) à manifester un jour de week end contre la réforme « Code du travail » avait de très grandes chances de taper le million : salariés du privé faits aux pattes en semaine, cadres qui n’en pensent pas moins, familles à poussettes, tout ce monde-là serait venu rejoindre les camionnettes sonos et les ballons gonflables. À un million dans la rue, la donne change. Car un million met en joie, et ne demande qu’à recommencer, pour revenir encore plus nombreux le coup d’après. Au lieu de quoi nous avons eu les manifs saute-mouton de semaine vouées à finir à quelques dizaines de milliers. La presse dit « le mouvement s’essouffle ». Les confédérations disent « le mouvement s’essouffle ». Et se pressent de tirer l’échelle. Moyennant quoi, nous avons le nouveau Code du travail.
L’occasion de ne plus être seuls
Or, une occasion se présente. Pour tous ceux qui voient dans leurs vies mêmes ce monde rendu à ses extrémités, le minimum est de la leur confirmer comme telle, c’est-à-dire comme lutte d’intérêt commun, pour qu’ils cessent de souffrir chacun par devers soi. Que peut être la politique sinon la production d’affects communs et de causes communes ? Les pouvoirs eux le savent bien, si c’est de connaissance pratique, qui travaillent en permanence à produire de l’isolement. Mais de temps en temps une fusée vient trouer la chape. Même la presse du capital finit par s’en apercevoir – ou laisse passer entre les mailles un article de dédouanement. Une journaliste du Monde enregistre ainsi l’onde de choc du Cash Investigation sur Free et Lidl (9). Dans tous les supermarchés de la région, on commence à parler : « Tu as vu France 2 hier soir ? » s’interrogent des employés d’un Leader Price. Et l’un deux commente : « C’était comme un mot de passe pour dire : tu as vu, on n’est pas les seuls ». Voilà exactement résumée toute l’affaire : n’être pas seuls, arrêter de se sentir seuls. C’est peut-être le paradoxe le plus spectaculaire, et la performance la plus remarquable, du néolibéralisme que d’avoir produit à ce point le sentiment de la solitude quand il maltraite identiquement un si grand nombre de gens. Faire de la politique, c’est défaire la solitude. Et comme elle ne se défait pas toute seule, c’est produire la cause commune – depuis un pôle de rassemblement. C’est ce que le syndicalo-syndicalisme a abandonné de faire – s’il l’a jamais pratiqué. Il est vrai que dans l’état présent de l’ordre social, la politique de la cause commune est nécessairement une déclaration de guerre à l’ordre social…
Redisons que rien de ceci n’enlève de leur importance aux luttes concrètes, pour les avantages matériels, sur le terrain – les luttes bread and butter comme disent les anglais. Un syndicalisme qui l’oublierait se vouerait simplement à la disparition par inutilité, et aussi du fait que – tous les délégués le disent – le syndicalisme commence à la base, dans le contact assidu avec les collègues, donc autour de ce qui les intéresse au premier chef. Mais ça n’est pas de ce côté que se tient le plus grand risque, c’est de l’autre : du côté de la production de la cause commune, qui n’est nullement la prérogative « des partis », mais échoit par le fait à toutes les organisations dont le pouvoir de mobilisation est important – dans cette hiérarchie, la CGT tient évidemment le premier rang –, et en fait comme une condition même de réussite de leurs propres combats. Par définition, d’ailleurs, une lutte dans laquelle la confédération elle-même se trouve engagée est une lutte qui emporte des enjeux globaux – c’est-à-dire politiques. Et demande donc de parler de la politique, like it or not.
Moment
On hésite, forcément, à dire tout ça, à la veille d’un mouvement social où la CGT, pour le meilleur ou pour le pire, tiendra un rôle décisif. Mais alors quand faut-il parler ? Avant, ça n’est pas opportun. Après, c’est trop tard. Bref, ça n’est jamais le bon moment. Donc maintenant. Sans doute, nul n’a-t-il à s’arroger le droit (ou le ridicule) de penser la stratégie de la CGT à la place de la CGT. Cependant, il se trouve que notre intérêt bien compris, et ces derniers temps bien douché, passe par elle. Ce qui nous autorise à dire une ou deux choses. D’abord que, si d’aventure la mobilisation du 22 mars est importante, alors il sera de la responsabilité de la CGT de veiller sur elle. Ensuite qu’il est l’heure pour l’organisation de mesurer combien les temps ont changé. Le déchaînement néolibéral ne se connait plus de limite, il va tout emporter, et notamment les centrales qui seront restées les deux pieds dans le même sabot à jouer le jeu idiot sans comprendre qu’une contre-révolution s’apprête à les renvoyer au néant (si elles ne sont pas passées à la franche collaboration) – car, après la SNCF, il y aura la fonction publique, le SMIC, la Sécu, tout ! Après tant de défaites majeures depuis 2010, il se pourrait que la CGT soit rendue à un point de décision : ou bien s’enfoncer dans l’insignifiance, ou bien se porter la hauteur de l’époque, c’est-à-dire à la hauteur d’une crise historique, et du rôle qu’elle peut y tenir. Mais à la condition de devenir capable de dire les choses que l’époque appelle. Si elle y parvient, elle peut devenir le lieu de convergence de toutes les forces qui n’en peuvent plus de ce monde. Et sinon, adieu Berthe — ou le coma institutionnel.
En fait, les syndicats des années fordiennes avaient un assistant politique, un assistant très puissant, qui faisait la politique à leur place et semblait les en dispenser : le Mur. Le Mur, c’était la figure de la différence, c’est-à-dire la figure politique par excellence, le rappel de ce qu’il n’y avait pas qu’une seule forme possible pour l’ordre social (et si calamiteuse fut celle de « l’autre côté du Mur »). Formellement parlant, la possibilité d’une alternative pesait considérablement dans tous les esprits, à commencer par ceux du patronat. Aussi cette pression venue du dehors des syndicats permettait-elle aux syndicats de rester dans le syndicalo-syndicalisme, et d’affecter ne s’occuper que de hausses de salaires et de conventions collectives. Mais cette époque est révolue. Et surtout, le capitalisme, débarrassé des saines régulations de la peur, est devenu fou de violence. Il en est arrivé à un point où sa brutalité globale n’appelle plus que des réponses globales. Les temps ont changé. Il est possible qu’il n’y ait plus de place, et d’espoir, que pour un syndicalisme politique. Et pourquoi pas révolutionnaire.
Frédéric Lordon



https://blog.mondediplo.net/2018-03-20-Ordonnances-SNCF-l-occasion
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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #19 le: 02 mai 2018 à 06:37:08 »
Bonbonbon, rien de tel qu'un petit retour en arrière  :] pour mieux visualiser l'aujourd'hui ? Un aujourd'hui qui bruisse de blacks blocks en pagaille, et je ne vais sûrement pas "défendre" les susdits, dont la scénographie me fout un peu la trouille voyez-vous, même si je reconnais que leur but médiatique est toujours immanquablement atteint : j'ai trop noté combien ce but médiatique tourne derechef à un tout autre propos que le leur (au moins apparent), et hier ça n'a pas manqué, à chaud à tiède et à froid, comme je l'ai constaté en me branchant (maso, va !) sur les chaînes d'"info" continue, puisque faute de transports en commun je ne pouvais décemment pédaler jusqu'à mon 1er mai local le moins éloigné.

Alors d'abord, le voilà mon retour en arrière, qui vaut chronique de ma dernière excursion sur le pavé, drapiauX  :diable: au vent, le 22 mars, - je ne fais que les intersyndicales ET non corporatistes sauf très très rares exceptions. Eh ben à Lille, le 22 mars, y'avait du monde plein plein plein, (vraiment très grosse manif à l'aulne lilloise), mais justement, et alors qu'on n'en avait pas vu depuis lerche, y'avait aussi dès le départ, et même pas en tête, un bon gros black block bien massif, enroulé dans des murailles de banderoles fumaces, ne délivrant pas vraiment de messages tendres aux flics tranquillement attroupés.

Mon pote, çui qui marche mal, et moi, on était dans le red block  :mrgreen: de la CGT, plus en amont du coup. Bon, au tiers environ du parcours, on passait déjà devant un certain nombre d'enseignes alléchantes pour pavés volants, enseignes défendues par un cordon serré de CRS, et du coup un piétinement accentué, mais le B.B. se contentant d'un arrêt avec sifflets et lazzis massifs à l'attention d'yceux. Un poil plus loin, on abordait la rue Nationale, laquelle foisonne de banques et autres enseignes capitalo tout plein, et, nous y engageant, on ne voyait que le nuage épais des lacrymos, et une bousculade des ceusses tentant d'y échapper. J'ai cru à ce moment là pouvoir me mettre à l'abri sous un porche, mais dois avouer que ça suffoquait sec là aussi , et de fait j'ai été littéralement raptée par plusieurs black blockeurs me braillant faut pas rester là, et me ramenant manu fermi sur la place proche, où, organisés au top z'ont sorti leur provision de dacryo serum (pub !) et m'ont lavé les noeils, avant de me filer une rasade de flotte tiède mais bienvenue....Image surréaliste je suppose, les petites terreurs soignant la mémé....  :mdr3: :mdr3:

Le dos et les pattes de mon pote n'en pouvant plus, on a coupé par l'arrière, et on n'a pas in fine été à l'arrivée de la manif au moment où paraît-il ça a aussi castagné dur. On s'en est passés. Et je garde de celle là la mention que l'on était vraiment très nombreux, peut-être autant qu'à la meilleure d'El Khomri, ........... mais que lorsque les divers médias en ont causé sur papier ou dans l'poste, ben c'est uniquement des B.B. qu'ils ont causé...

..... Comme hier, quoique... : je trouve qu'hier d'autres barrières ont été franchies, non point que cela m'étonne....., mais ceci est une autre histoire,  que je vous narrerai tout à l'heure je pense mes fieux....

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #20 le: 03 mai 2018 à 06:50:40 »
Je disais donc qu'hier - et ça continue de plus belle aujourd'hui - les médias ci-devant merdias ont fait particulièrement fort sur la stratégie de conditionnement des foules..... J'ajoutais "non point que cela m'étonne", ce qui est un mensonge éhonté  :gene1: , exception faite de l'utilisation du présent pour cette affirmation....., en réalité je suis comme d'hab naïve comme une petite grive, et au départ, entendant les z'uns et autres causer dans le poste de "vol de la manif ", ake je me disais bon, là, ils dissocient bien clairement black blocks et autres fondus du marteau, des manifestants notamment ouvertement syndicalistes, et ça va amener, obligé, un retour sur image 2 ans en arrière, et sur les manifs lois Macron/El Khomri  (réputées à l'époque essoufflées dès leur premier souffle, aujourd'hui décrites par les mêmes comme énnnnnnnnnnaaaaauuuuuuuurmes.... par rapport à celles en cours  :diable: ).
Je rappelle en effet, - pour les ceusses qui auraient la mémoire de red fish que les bavards du poste leur prêtent-, pour le dire bref  :gene4:  , qu'en cette période là pour lesdits médias, manifestants, surtout syndicalistes et surtout cégétistes, et casseurs, c'étaient les mêmes, que le lanceur d'oeuf même pas pourri d'ailleurs, le lacérateur de chemise, et le véloce robocop de l'hôpital Necker, sortaient de la même matrice, et qu'il fallait aux tribunaux sanctionner dur les lanceurs d'oeufs et les déchireurs de chemise - pour Necker désolés juste à ce moment là les flics regardaient ailleurs  :rougefache:.

Donc, dans un bref premier temps, j'me disais que l'on allait un peu revenir sur cette période et commencer un pouillou à moins propagander - car les premiers commentaires étaient quelque peu hésitants.

Las ! Résumons : il y a 2 ans, n'est-ce pas, nous étions sous état d'urgence, et allègrement, sous prétexte de préservation de la sécurité, "on" utilisait à l'encontre des syndicalistes (désolés, les casseurs, on les avait pas vus) les moyens "extra-légaux" si je puis dire associés à cet "état d'urgence" d'une part, on remettait, souvenez vous, le droit de manifester en cause en cette période, d'autre part. Pain béni pour mater la protestation sociale, cet état d'urgence, non ? Quel malheur qu'il faille quand même à un moment qu'il cesse  :diable: !

Mais pô peur, le petit manu a la solution..... une belle loi sécuritaire reprenant peu ou prou, pour une éternité quinquennale  :diable: , la plupart des items de l'état d'urgence, ceux débordant sur la séparation des pouvoirs notamment. Or, tout n'est quand même pas passé de ce projet de loi, tout de même....., et même si ledit p'tit manu a déjà fait valdinguer la séparation des pouvoirs législatif et réglementaire  :rougefache: . Il y a eu des retours sur des atteintes manifestement exorbitantes à ce qui reste de libertés individuelles.

Bon. Mais alors, dixit les chaînes d' "info", que dit-on de cette loi en vigueur aujourd'hui, après passage de casseurs dans cette bonne ville de Paris (nulle part ailleurs en France, semble-t-il ?), laquelle a voté à 90% Macron au 2ème tour de la présidentielle ? Eh bien, sans se référer bien sûr à cette loi, on proposait, hier soir et ce matin, tout en faisant mine de donner leçon à l'exécutif, je résume, notamment l'assignation à résidence "préventive" des môvais manifestants (ceux donc que l'on a pu reconnaître...) et le "marquage" (peinture) des casqués sur place  ... Et surtout, on s'interrogeait doctement.... n'y avait-il pas lieu, finalement, d'interdire la "Fête à Macron" du 5 mai ? Ben voyons !  :diable: :diable:

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Re : Chronique des luttes contre une société dont nous ne voulons pas
« Réponse #21 le: 21 mai 2018 à 05:08:44 »
Sans vergogne suis-je, - car MOI  :] toutes mes absences depuis des mois voire + sont de force majeure -, ce n'est que maintenant que je m'en va commenter un pouillou mes impressions de la "Fête à Macron" du 5 mai à Paris, et ça tombe bien puisque les fêtes à macron régionales et locales c'est fin de semaine, j'y serai z'aussi si possible, entre 2 trains ou cars  :rougefache: .

Alors le 5 mai on a cotisé aux cars F.I., départ dès potron minet prévu, mais finalement remis à 8 h et quelques, tranquille., co-voiturés calmes mais résolus comme d'hab. J'ai pas le temps en ce moment de faire des pancartes et ça m'enrage, mais bon.

On avait, ceux qui ont suivi le savent, été détournés d'un départ du Louvre vers l'Opéra - et donc la très large rue du 4 septembre  était notre artère de départ, coup d'envoi prévu je crois à 14 h , mais évidemment retardé de bien plus d'une heure. On n'avait pas eu, nous les venus du chnord, des masses de consignes avant la sortie du car, hormis que, précisément dans cette rue très genre hausmanien du 4 septembre on se mettait dans la marche derrière le char Dracula. On s'est donc accoudés à un mur au moment où la foule compacte sur voirie s'est finalement ébranlée dans un sympatoche remue ménage, en attendant de voir Dracula passer...., et on a pu attendre longtemps, car si le char "Jupiter" ne pouvait être loupé pour ce qu'il était, celui "Dracula" on l'a bien vu (c'était celui où de malheureux "RIENS" tiraient la carriole à la poursuite de l'euro) mais on ne l'a pas identifié comme Dracula, ça fait qu'on est restés collés à not' mur un bon 3/4 d'heure de plus, avant d'aller nous mettre n'importe où pour marcher nous aussi.

Alors collés au mur, le mot est faible, car jusqu'au moment où on s'est mis nous aussi en branle, et sans doute au delà, (ça ne faiblissait pas quand nous on a démarré) les camarades impatientés de la longue attente marchaient tout aussi compacts sur les trottoirs (bien larges aussi) que sur la voirie. Je perso n'avais jamais vu ça de manière aussi massive, et cela m'explique pour partie l'arnaque du "bon comptage" de l'officine Occurrence ( http://occurrence.fr/actus-occurrence/ ) adoptée avec enthousiasme par les médias qui savent de quoi ils causent (Figaro, Monde, BFMTV, etc), au fait, Occurrence se prévaut d'avoir pour clients des institutions nationales, européennes et internationales, ( http://occurrence.fr/expertises/international/ ), ça aide à mieux comprendre.... :diable:  :désolé1:
 
Bref, du cul du chaudron manifestation, nous on a estimé notre nombre à au moins le triple du "comptage" officiel, et on a trouvé en gros la fête à neuneu plus que satisfaisante. Je perso n'ai pas forcément trouvé que le "car à impériale", et à discours successifs de F.I., s'était montré bien indispensable, ni que la dispersion des intermèdes festifs était totalement totalement judicieuse - mais bon, théoriquement c'est en marchant qu'on apprend, ce à quoi seul notre jupiyuppie se montre incapable de parvenir semble-t-il  :grrr: ....
J'essaierai si je peux y aller de vous chroniquer la prochaine fêteeuuuuh au macronounet du 26/05 à Lille, et itou celle de demain en défense des services publics ....., vous me subirez donc de nouveau sous peu, si vous vous êtes réveillés entre temps.....  :snif:  :jesus: