Auteur Sujet: Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir  (Lu 454 fois)

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Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir
« le: 30 juillet 2017 à 22:16:14 »
Nous voici fin juillet, presque 3 mois que Macron a été élu.

3 démissions de Ministres plus tard, des z'affaires du genre casseroles en attente (Ferrand et les "mutuelles de Bretagne", Pénicaud et "Los Angeles" ou le "million 3 de bénéf grâce aux 900 licenciements de Danone") mais aussi, et peut-être surtout des couacs innombrables durant cette première session parlementaire  :pascontent1: :pascontent1: :pascontent1: :pascontent1:

Toujours est-il que la popularité de Macron s'est effritée à vitesse grand V , et que celui-ci semble s'en inquiéter.

Certaines têtes de chez LREM pourraient bien voler, et l'autoritarisme macronnesque va probablement se faire sentir à l'interne.

Cet article du Figaro est je trouve très instructif, en ce sens :

Citer
Face aux critiques, Macron revoit sa méthode

Le président veut changer le fonctionnement de son dispositif. Il tire les conséquences des récentes polémiques et de sa baisse dans les sondages.


Voilà un signe qui ne trompe pas. Depuis quelques jours, le président multiplie les recommandations, qui sonnent comme des mises au point. Un jour, il demande à son gouvernement d'«anticiper» et de «donner du sens» aux décisions afin qu'elles soient comprises des «concitoyens», un autre, il s'adresse aux ministres les moins expérimentés pour leur demander de corriger le tir. «C'est du pipi de chat, ce qui me remonte actuellement dans certaines de vos notes, a ainsi lancé le chef de l'État, lors du Conseil des ministres du 12 juillet. Ne vous laissez pas enfermer dans le confort des documents rédigés par vos administrations. Certes, cela peut vous paraître sympathique et confortable de vous placer entre leurs mains. Mais vous verrez, dans six mois, si vous continuez, vous aurez disparu.» La technocratie est devenue la bête noire de l'ancien secrétaire général de l'Élysée…

Après un début d'été où son image s'est écornée - comme en témoigne le baromètre de confiance de l'institut Harris Interactive dans lequel il perd 8 points en juillet -, Emmanuel Macron a choisi de reprendre le gouvernail. Comme l'a révélé Le Monde, il a reçu son premier cercle (Richard Ferrand, Christophe Castaner, Julien Denormandie, Arnaud Leroy, François Patriat…) à l'Élysée, le 26 juillet. Une des principales questions abordées, lors de ce conclave, a été celle du fonctionnement de La République en marche (LREM). Comment faire vivre ce mouvement, fort de 370.000 membres? «Il n'y a pas de stratégie, tous les changements en son sein sont renvoyés à l'automne, déplore un pilier de l'équipe qui a conquis le pouvoir. Les marcheurs ont été sollicités pour faire deux campagnes, puis on les a laissés seuls, dans la nature.»

En petit comité, Emmanuel Macron a donc insisté pour que les ministres et les élus alimentent en informations les adhérents, afin que ceux-ci deviennent des «relais d'opinion». Un nouveau siège pour LREM sera choisi avant le 14 septembre, date à laquelle le bail actuel se termine. «Il faudra trouver un lieu ouvert et attractif et faire en sorte qu'il y ait plus de fluidité dans les modes opératoires du parti», indique la sénatrice Bariza Khiari, membre du conseil d'administration de LREM. Par ailleurs, le président espère tourner rapidement la page des statuts du parti alors que les adhérents avaient jusqu'à dimanche pour se prononcer par voie électronique. En effet, des collectifs de marcheurs ont contesté ces statuts, allant jusqu'à déposer un recours en justice.

C'est toutefois à l'Assemblée que les dysfonctionnements sont les plus importants. Le chef de l'État a demandé au président du groupe majoritaire Richard Ferrand, pourtant affaibli par un début de contestation interne, de renforcer la formation des nouveaux parlementaires. «Il y a une courbe d'apprentissage normale, mais il faut maintenant resserrer les lignes», reconnaît-on à Matignon. Emmanuel Macron a également demandé que les responsables qui se révèlent défaillants soient remplacés. Dans le collimateur: certains vice-présidents, dépassés par la technicité de la conduite des débats et par les manœuvres de l'opposition.

Changement de communication

Le calendrier législatif a également été modifié. Le projet de loi sur «le droit à l'erreur», qui doit instiller une nouvelle culture de la part de l'administration (moins de sanctions automatiques et la reconnaissance de la bonne foi des citoyens), a été reporté. Le président estime que le texte n'était pas assez musclé, qu'il manque «de souffle». Résultat, il est remis sur le chantier pendant «un ou deux mois».

Même la communication du président n'échappe pas à ce passage en revue. Après une phase où l'image dominait sur les mots, où les symboles étaient plus recherchés que les explications, voilà que la présidence, confrontée à la montée des premiers mécontentements, assouplit ses méthodes. Certains conseillers, naguère ultradiscrets, s'expriment plus souvent pour donner des décryptages hors micro. Plus frappant: le conseiller politique du chef de l'État, Stéphane Séjourné, n'a pas hésité à s'exprimer sur Twitter. Le 27 juillet, il s'est fendu d'un commentaire sur cette «opposition qui teste la résistance de la majorité en multipliant les incidents de séance, technique bien connue de la politique à l'ancienne…». Inimaginable il y a encore quelques semaines…

Enfin, une réflexion est en cours pour revoir les manières de procéder pour rendre publiques les annonces gouvernementales. L'interview du ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, le 11 juillet, dans Le Parisien, où une litanie de coupes budgétaires a été mise sur la table, abruptement, sans accompagnement par les ministres concernés, est désormais considérée par l'exécutif comme un contre-exemple de ce qu'il faudra faire à l'avenir. Comme aime à le répéter Emmanuel Macron à ses collaborateurs: «Gardons un regard critique sur ce que nous faisons. Si quelque chose ne va pas, n'oublions pas que rien n'est gravé dans le marbre.»



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Re : Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir
« Réponse #1 le: 31 juillet 2017 à 18:08:42 »
Intéressant...  :mdr1:

Car les couacs, comme tu le dis, n'ont pas manqué, entre la vice-présidente de l'Assemblée, tellement inexpérimentée qu'il faut lui souffler à micro ouvert ce qu'elle doit dire et comment une députée LREM contourne l'interdiction des emplois familiaux:|

Et je passe sur l'aveu d'un député LREM qui se demande s'il est bien normal qu'il soit élu lui qui n'y entend rien, vu que j'arrive pas à retrouver la source...  :mrgreen:

Show content
ça s'appelle une prétérition...  :mdr1:


Hey! C'est comme sous le truc, là, le $arkozy: on se marre!  :X:
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Re : Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir
« Réponse #2 le: 31 juillet 2017 à 18:44:07 »
C'est à rire ou à pleurer, c'est selon...
Je ne pensais pas qu'un jour je pourrai regretter  :diable: des routard de la politique, mais être confronté à tellement d'incompétence, c'est vraiment affreux.

Quand à madame Panonacle, élue en Gironde, je serai d'avis d'éplucher à la loupe ce qu'elle fait de son enveloppe parlementaire pour rémunérer ses collaborateurs. Oui, son mari a parfaitement le droit d'être bénévole. Oui, pourquoi pas.
oui il ne sera pas "officiellement payé".
Attention par contre à l'enrichissement personnel qu'il pourrait retirer de la position, ou à des éventuelles sommes qui se perdraient dans les limbes et atterriraient malencontreusement en toute innocence sur le compte dudit conjoint...  :] :]

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Re : Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir
« Réponse #3 le: 31 juillet 2017 à 22:49:03 »
Sous le Sarko  :sarko blabla: :blingbling: nous réussissions à suivre ce qui se passait (les choses les plus "grosses" en tout cas ... nos archives en sont témoins)
Là, on est à la ramasse ...
Alors bien sûr, c'est parce que nous sommes moins nombreux !
Mais franchement, je crois que pas seulement
ça se passe aussi (les horribles trucs qu'ils font passer) bien plus vite ... Non ? Je me demande !
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Re : Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir
« Réponse #4 le: 02 août 2017 à 11:59:30 »
Un article de Reporterre que je trouve éclairant sur l'idéologie macronesque et le rôle de Hulot dans la banalisation d'une écologie dépolitisée:

Macron-Hulot, champions du lessivage idéologique de l’écologie

Extraits:

Citer
Il fallait avoir les œillères idéologiques bien accrochées pour croire qu’Emmanuel Macron est de droite et de gauche. Il n’a fallu que quelques heures et la nomination de son Premier ministre pour s’apercevoir qu’il était politiquement à droite, c’est-à-dire socialement du côté des puissants et de ceux qui détruisent docilement, mais surement la planète. Son programme, ses soutiens, son gouvernement, ses premiers actes, tout indique que la « révolution » qu’il prétend incarner sera conservatrice tant elle accentuera la subordination des structures sociales (éducation, santé, immobilier, travail, administrations publiques…) aux logiques néolibérales.

La présente tribune n’insistera donc pas sur la manière, probablement autoritaire, dont il poursuivra l’emprise des logiciels managériaux, gestionnaires et comptables sur un spectre toujours plus large d’activités sociales. Il ne s’agira pas non plus de commenter la façon dont il pousse toujours plus loin les ressorts monarchiques, le culte de la personnalité et les recettes marketing de la vie politique sous la Ve République. Ces deux réalités constituent deux dimensions d’un processus plus large de dépolitisation de la vie collective.

En fait, l’élection de Macron peut se lire comme la consécration voire l’aboutissement de ce processus qui depuis une trentaine d’années malmène la délibération et le pluralisme démocratique.

(...)

Citer
Nicolas Hulot a été un artisan majeur du lessivage idéologique de l’écologie

C’est cette dépolitisation des enjeux écologiques que vient parfaire la nomination de Nicolas Hulot à un ministère de la Transition écologique et solidaire. Par delà quelques coups d’éclat critiques bien opportuns, l’ancien animateur de télévision a en effet été un artisan majeur de leur lessivage idéologique au cours des années 2000. Promoteur médiatique des politiques incitatives célébrant l’homo ecologicus, il a déconflictualisé l’écologie pour contribuer activement à en faire une question morale supposée transcender les divisions politiques et fédérer un introuvable « grand public ». Pourtant, le défi écologique est hautement politique et inévitablement clivant. Il impose de renverser la répartition établie des pouvoirs matériels et symboliques pour destituer les structures qui valorisent des modes de vie insoutenables. On ne peut pas prendre l’environnement au sérieux sans redéfinir substantiellement la hiérarchie des critères de la réussite. L’impératif écologique doit donc nourrir les colères contre les impostures souriantes et décomplexées de la dépolitisation.

Face à ceux qui veulent siffler la fin définitive de la récréation politique, il est urgent de refuser cette dépossession aux apparences consensuelles et techniques, mais aux conséquences sociales et écologiques dramatiques. Il est urgent de faire converger les luttes, convergence d’autant plus délicate sociologiquement qu’elle suppose de faire marcher ensemble les classes populaires et les catégories sociales intermédiaires. Cela implique une politisation forte du mouvement écologiste qui ne peut plus se satisfaire des conviviales, mais trop étourdissantes incantations citoyennistes, transitionnalistes ou réformistes.
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Re : Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir
« Réponse #5 le: 02 août 2017 à 18:04:29 »
@rn : Je crois qu'effectivement tout était déjà prêt en ce qui concerne Macron. Il n'avait pas énormément communiqué sur son programme, mais grâce à old machin nous en savions un peu plus (je rappelle le sujet "programmes snas candidats pour candidats sans programme", quand Macron n'avait pas de programme.

La stratégie de Macron par contre a toujours été claire de ce point de vue là, et il l'a annoncé haut et fort. Passer tout ce dont il a besoin pour détruire la France par ordonnance, et en été.

Ca a toujours été clair, et quand on veut détruire un pays, autant utiliser la période où son peuple (ou une partie au moins) se repose et essaie de respirer. Du fait de l'organisation de la société française, les vacances d'été sont la période où la mobilisation du peuple est la plus difficile à obtenir (et je le comprends).

Les médias suivent aussi moins vite et les réactions sont moins importantes, d'où peut être cette impression que tu as d'être en retard.

@ sarkonique :
merci pour cet article. je suis d'accord avec l'auteur, je ne sais pas qui a cru que macron pourrait être de gauche, pfff...
Je comprends également que l'écologie est forcément clivante étant donné l'état de la planète et les mesures nécessaires...Pour moi aujourd'hui on ne peut être écologique qu'en étant profondément de gauche, solidaire et anticapitaliste. Pas étonnant qu'Hulot ait fait un lessivage politique...

 :merci: :merci:

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Re : Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir
« Réponse #6 le: 27 août 2017 à 09:14:05 »
Je plébisciterai un référendum autoproclamé en votre nom parce que je vous respecte. Aimons la France et obéissons aux ordres d'Emmanuel Macron sans souffrir d'aucune concertation, d'aucune collégialité, d'aucune conscience, en abolissant toute notion de représentation. En inversant implacablement la hiérarchie des normes dans mon entreprise de 60 millions de membres, sans qu'aucun associé ne puisse m'arrêter dans mon projet, je ne serai pas votre représentant, je serai votre patron.

Ça pour être clair, ça l'est:
https://www.youtube.com/watch?v=tTWAktWiocA

Qui sait, la France est ancienne et glorieuse, peut-être qu’abattre la république ne fera qu'en appeler une nouvelle et nous mener vers plus de liberté. Pour les médias, ils ont des patrons eux aussi. Certes ces patrons ils ne s'habillent pas en noir en revendiquant de détenir des journalistes Français en les contraignant à ne pas exprimer une représentation de la vérité qui ne correspondrait pas à leur message, peut-être que la différence ne tient qu'au code vestimentaire. peut-être.

la mobilisation reste nécessaire, encore plus que par le passé apparemment.
Je suis né pour te connaître Pour te nommer
Liberté.   
« Modifié: 27 août 2017 à 09:20:06 par bug »

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Re : Re : Macron et la stratégie, aprés 3 mois au pouvoir
« Réponse #7 le: 26 septembre 2017 à 07:10:24 »
Intéressant...  :mdr1:

Car les couacs, comme tu le dis, n'ont pas manqué,


Ouep, les couacs n'ont pas manqué, mais c'est l'écume du bouillon. Le projet global, à savoir recrutement (par CV) de postulants députés ne connaissant absolument rien, ni à la vraie vie, ni à la vie institutionnelle, s'additionnant à de plus "sachant" de profil néolib accentué, pour avoir une majorité à l'A.N. votant à toute vitesse et par automatisme toutes les saloperies anti sociales du monde en notre nom, est la plus grosse insulte faite par le yuppie ravi de soi au peuple dont nous faisons partie, être traité de fainéants est une douceur comparative.  :rougefache:

Si vous ne les avez pas écoutées déjà, branchez vous sur les 3 émissions déjà passées de France Culture, Les Pieds sur terre, suivant 3 députés LREM dans leurs premières ...marches, c'est pas L'Oréal mais ça le vaut bien   :diable: :

https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/les-debutants-15-lelection

, et suivez les 2 dernières à venir, qui ne doivent pas être moins "chargées"............  :rougefache: