Auteur Sujet: Jupiter, la France et ses colonies, oups, ex-colonies...  (Lu 624 fois)

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7869
Jupiter, la France et ses colonies, oups, ex-colonies...
« le: 19 juillet 2017 à 17:15:44 »
N'y a pas que des Comoriens dont il se fout de la gu. le gentil néo-giscard. Il semble faire grand cas des Africains:

Citer
Le 10 juillet, à Hambourg, lors du G 20, le président de la République a évoqué les problèmes de l’Afrique : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »

Oui mais réfléchis un peu, petiot...  :X:

Citer
D’autre part, si la transition démographique se produit beaucoup plus lentement en Afrique que sur les autres continents, et que quelques pays, en Afrique de l’ouest et en Afrique centrale, ont une fertilité moyenne par femme pouvant atteindre sept ou huit enfants, les démographes s’accordent à penser que cette situation découle largement du manque d’éducation chez les filles. Le poids du passé joue aussi, comme pour les anciennes colonies françaises où, rappelle le démographe burkinabé Jean-François Kobiané, « la France avait imposé au sein de ses colonies la loi de 1920, qui interdit toute forme de contraception ».

Or, où en est l’éducation dans bon nombre de pays africains ? Largement affaiblie depuis plusieurs décennies. Pourquoi ? Du fait des politiques imposées en Afrique à partir des années 1980 par la Banque mondiale, le FMI, et les grands pays occidentaux : ouverture des marchés et baisse des dépenses de l’Etat. Ce qui s’est traduit par la disparition de la gratuité de l’éducation et de la santé. C’est le résultat de l’application des politiques néo-libérales dont M. Macron est partisan.

https://reporterre.net/La-suffisante-betise-de-M-Macron

C't'à croire qu'il a des diamants dans les yeux, pour rien voir comme ça, pas vrai Valéry?  :diable:
« Modifié: 28 novembre 2017 à 17:59:58 par sarkonique »
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne old machin

  • old machin
  • Smart Citoyen
  • *
  • Messages: 2879
Re : Macron, Sarkozy: pour l'Afrique, le même mépris.
« Réponse #1 le: 27 novembre 2017 à 10:30:00 »
Voui, bête machine, plus de 120 jours, et alors ? Le sujet a changé ?  :diable:

Bon, j'ai failli en changer, de sujet et donc créer un fil, parce que je l'aurais intitulé, ce fil, plus largement genre "Jupiter, la France et ses colonies, oups, ex-colonies"......., tant je trouve qu'il y a aussi, en plus et bien sûr "en même temps", une hiérarchisation dans les condescendances racistes ou racialisées, les africains (noirs) étant tout au fond de la boîte.  :rougefache: .

Bon mais pourquoi donc voulais-je encore mettre un grain de sel poivré sur Macron et, en l'occurrence, l'Afrique noire ?  Ben parce qu'il y va petit homme, il part ce soir, pour d'abord le Burkina Faso, ex Haute-Volta, ex Afrique Occidentale française jusqu'en 1962, où lui fut magnanimement accordée l'indépendance par de Gaulle. Et c'est dans ce pays qu'il prononcera, - le lisant sur cet habituel ton de mauvais comédien amateur, je n'arrive pas à supporter - son "grand discours", sur la France et l'Afrique, et la Françafrique, s'pas, souvenez vous sarko à qui, au fond, il ressemble tant, not' jupiyuppie à nous. Il y va, et comme les merdias admettent moins encore à l'étranger qu'intra-muros qu'il est ras le gazon, le héros, je tiens à attirer vot'attention là dessus, nul doute que là bas il y  aura quelques foules enamourées à qui l'on aura filé la pièce pour, mais en gros peut-être bien aussi qu'il y aura quelques protestations malgré les avertissements fermes du gouvernement burkinabé.

Remontons l'horloge.... suite à sa déclaration en juillet sur les femmes lapines d'Afrique noire, les réactions ont amené Macron à créer fin août auprès de soi-même un CPA je crois, Conseil Présidentiel pour l'Afrique, rien que des bénévoles parait-il :diable: , qui entre autres l'aident pour ses discours sur la dite Afrique. (C'est en fait que dans sa vie il n'est pas beaucoup sorti après la messe du dimanche, le petit, qui s'imagine qu'à chaque fois que, dans la rue  Jegalère de la charmante bourgade Mabanlieueblême, un salopiot mal embouché braillera des insanités au passage d'une meuf, y'aura juste là un uniformé qui derechef lui collera une prune, au salopiot. Je m'esclaffe et m'esbaudis.....  ).

Bon, de leur côté les Burkinabés (Hommes Intègres) du donc Burkina Faso (Pays des..) ainsi baptisés par Thomas SANKARA   :fleur2: lors de sa brève accession au pouvoir avant assassinat (lequel assassinat paraît-il a beaucoup plu à Mitterrand), quoi t-est-ce donc qu'ils reprocheraient à la France au passé et au présent ?
Ben au passé, y'a quand même eu un gros gros caillou dans la chaussure : lors de la guerre  14-18, la population mâle a été très très très fermement invitée à aller se faire trouer la peau par le "Protectorat" (...en même temps.... :pasdrole: ), et, des révoltes s'étant déclarées face à ces "recrutements" forcés, ben on a fait donner la troupe et résultat  une trentaine de milliers de morts, ça marque les esprits pour un bout de temps. Je passe sur les joyeusetés coloniales usuelles... :rougefache:

Et alors, pour le présent, quoi donc qu'ils lui reprochent à la France pays des Droits de l'Homme ? Eh bien je laisse la parole à la CGT Burkinabé, CGTB :

http://www.frontsyndical-classe.org/2017/11/la-visite-d-e.macron-au-burkina-faso-reaction-de-la-cgt-b.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

.......mais vous sers quand même un extrait (souligné : c'est moi !) :

".......Mais quel sens peut-on donner à cette visite de M. Emmanuel MACRON au Burkina Faso ?
L’impérialisme français doit la place qu’il occupe dans le monde essentiellement à la domination et à l’exploitation de ses colonies et anciennes colonies. Cependant, confronté à la poussée des impérialistes américain, chinois, allemand, russe, etc., il est aujourd’hui en perte de vitesse y compris dans ses anciennes colonies. C’est pourquoi, en considérant que l’Afrique est son avenir (CF. Rapport du Sénat français intitulé « L’Afrique, notre avenir »), il joue des pieds et des mains pour conserver une place prépondérante dans ses ex-colonies dont le Burkina Faso. De ce point de vue, la visite du président français vise principalement les objectifs suivants :

• marquer aux yeux de ses rivaux impérialistes la présence et l’intérêt que l’impérialisme français conserve pour sa néocolonie et indiquer qu’il n’entend pas se laisser évincer ;

rassurer la bourgeoisie locale africaine et burkinabè qu’elle peut toujours compter sur la France impérialiste ;

consolider les accords économiques néocoloniaux ainsi que les accords militaires léonins. En rappel, l’« accord de défense
entre le Burkina Faso et la France » signé sous la transition permet aux militaires français en mission au Burkina de bénéficier d’une « immunité totale » même pour les crimes qu’ils auraient à commettre sur notre sol. En effet, l’article 4 dudit accord stipule ceci: « Pendant la durée de sa présence, le personnel militaire de la partie française bénéficie, à l’égard de la partie Burkinabè, des immunités et privilèges identiques à ceux accordés aux experts en mission par la convention sur les privilèges et immunités des Nations unies du 13 février 1946 ». Ainsi, par un tour de passe-passe, les militaires français en mission au Burkina sont assimilés à des experts des Nations unies et n’ont pas à répondre de tout ce qu’ils peuvent commettre comme délits et crimes au Burkina. Effectivement, sur la base de cet accord, des soldats français en mission au Burkina Faso, soupçonnés d’agressions sexuelles sur des mineurs au Burkina ont été simplement suspendus et rapatriés en France où « ils ont répondu devant la justice » française ;

encourager les gouvernements à poursuivre les politiques libérales d’ajustement structurel, dont le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES), qui permettent aux puissances impérialistes de piller les richesses de nos pays à travers un Code de Travail esclavagiste (placements et sous-traitance indécents, renouvellements de contrats à durée déterminité N fois, limitation de dommages et intérêts en cas de licenciements abusifs ..), un désengagement suicidaire de l’Etat des secteurs sociaux de base (éducation, santé), tentatives d’élargissement de l’assiette fiscale pour s’assurer un rythme de vie vicieux (cas de l’IUTS) etc.
 
Comme exemples de multinationales françaises fortement présentes au Burkina Faso, on peut citer :

- le groupe Bolloré qui détient la gestion du chemin de fer à travers SITARAIL,
- le groupe Bouygues fortement présent dans le bâtiment et les Travaux publics ;
- le groupe CASTEL qui détient pratiquement le monopole au niveau des brasseries ;
- Air France qui règne en maître au niveau du transport aérien,
......"


Eh oui, regardez donc comme ils sont teigneux ceux là, "fais du bien à vilain il te fait dans la main", hein !  :mrgreen: Alors les zautorités elles voudraient bien que ça ne remue quand même pas trop, nous relate rfi :

http://www.rfi.fr/afrique/20171125-burkina-faso-france-appel-calme-gouvernement-manifestations-visite-emmanuel-macron

, dont je vous cite :

"Au Burkina Faso, plusieurs organisations de la société civile burkinabè avaient appelé à manifester sur le trajet du président français, Emmanuel Macron, qui se rendra à Ouagadougou lundi 27 novembre. Il s'agissait, pour elles, de manifester contre le « pillage » des ressources naturelles par les multinationales présentées comme impérialistes, notamment françaises. Ces organisations voulaient également manifester contre la présence militaire française au Burkina et contre le maintien du franc CFA, une « monnaie coloniale », selon les organisateurs. Une situation qui a conduit le gouvernement à lancer un appel au calme aux populations afin de réserver un accueil chaleureux au président français.

A l'université de Ouagadougou où doit se rendre le président français pour livrer son discours à la jeunesse africaine, l’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB), appelle également à manifester d'où cet appel au calme de Remis Dandjinou,  ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement."


Alors mes fieux, si dans les étranges lucarnes vous voyez, quant à cette expédition, uniquement une foule radieuse autant que dansante, venue pour faire soigner ses écrouelles par le petit génie, et si vous n'entendez que des applaudissements à l'université de Ouagadougou (même si les étudiants, euh, dans une population à 80% illettrée en Français, langue officielle et d'études.....  8/ ), ben, ayez des doutes mes petits, ayez des doutes !  :diable: Et, si vous ne voyez ni n'entendez rien du tout, ayez-en encore plus.... :mdr3: :mdr3:

Ah au fait, j'oubliais  :désolé1: de vous mettre le lien vers le Rapport 2013 au Sénat, "L'Afrique est notre avenir", cité dans un des extraits, le voici :

https://www.senat.fr/rap/r13-104/r13-104.html
« Modifié: 27 novembre 2017 à 16:45:45 par old machin »

Hors ligne sarkonique

  • Smart Citoyen Diplomé
  • Messages: 7869
Re : Jupiter, la France et ses colonies, oups, ex-colonies...
« Réponse #2 le: 28 novembre 2017 à 18:01:04 »
Citer
Bon, j'ai failli en changer, de sujet et donc créer un fil, parce que je l'aurais intitulé, ce fil, plus largement genre "Jupiter, la France et ses colonies, oups, ex-colonies"......., tant je trouve qu'il y a aussi, en plus et bien sûr "en même temps", une hiérarchisation dans les condescendances racistes ou racialisées, les africains (noirs) étant tout au fond de la boîte.

Bonne idée, Old. Dont acte.  :merci:
Les animaux sont principalement et essentiellement la même chose que nous.
A. Schopenhauer
http://raconterletravail.fr/

Hors ligne old machin

  • old machin
  • Smart Citoyen
  • *
  • Messages: 2879
Re : Jupiter, la France et ses colonies, oups, ex-colonies...
« Réponse #3 le: 08 décembre 2017 à 05:34:43 »
Bien bien, grand merci sarkonique  :merci: , reprenons donc le fil, temps de réflexion et de décryptage raisonnablement pris, en restant toutefois pour l'instant sur le Burkina Faso, il y a de la matière pour.

Malin malin toujours, à défaut de mieux  :] , notre Jupiyuppie, - il avait commencé son périple par le pays où celui-ci provoquerait le plus de remous, laissant aux autres visites intéressées le soin de gommer d'éventuels bémols, bécarres, dont la doucereuse petite musique des merdias ne pourrait totalement s'abstraire. Bon, ben, en gros, mission accomplie, que ce soit par la p'tite chose prop'su'soi, (aber unten pfui !  :diable: ), ou par lesdits merdias. Les quelques mentions de l'invraissemblable adresse tutoyante autant que méprisante au Président burkinabé, les réponses non moins méprisantes aux questions de certains étudiants, étaient sous le mode ma non troppo, et l'arrogance néocolo du "jeune mâle blanc diplômé" qui ne s'excuse toujours pas de l'être ( en 2010, alors chez Rothschild, Petit Macron invité par l'association (des élèves ?) de Sciences Po, déclarait : "je ne suis pas prêt à faire les concessions qu’imposent les partis, c'est-à-dire à m’excuser d’être un jeune mâle blanc diplômé" ) passées de manière urbaine sous le tapis avec les autres poussière et poudre de perlimpinpin.

Mais qu'en a-t-il été réellement de ce passage de macronounet au Burkina Faso ? Eh bien tout d'abord la rue bien remontée et chaud bouillante, protestant notamment contre le tri plus que sélectif des 800 étudiants admis à entendre la sainte parole à l'université de Ouagadougou - et plus largement la dénonciation du néocolonialisme de not' pays, bien menée par "Le balai citoyen", mouvement ayant contre toute attente (la mienne en tous cas) eu la peau il y a 2-3 ans de Blaise Compaoré (27 ans de "présidence" après l'assassinat de Thomas Sankara), lequel président déchu fut exfiltré par not'armée vers des cieux africains plus cléments pour lui, il va bien merci pour lui...
La rue burkinabé donc a revendiqué haut et fort toutes les modifications de l'attitude et actes estamplillés français qui avaient été réclamées quo ante notamment par la CGTB, tout en caillassant lorsqu'elle le pouvait les véhicules de not'armée. On n'a pas vu grand trace de cela disais-je, dans nos merdias audiovisuels, lesquels se sont au mieux contentés de noter que tant que Petit macronus lisait ses discours ça passait à peu près, mais que dès qu'il improvisait cela virait vilain illico - voui, peut pas s'empêcher, le jeune mâle blanc. Cela a été un peu moins sommaire, quoique... dans la presse papier de cheux nous, exemple l'express :

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/les-embardees-rhetoriques-de-macron-l-africain-au-burkina_1964645.html
https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/le-chaud-mardi-de-macron-l-africain_1964587.html

, et exemple Le Monde :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/29/quand-la-blague-d-emmanuel-macron-sur-un-president-africain-passe-mal_5222218_3212.html
, que je vous cite, une fois n'est pas coutume.... :

"...... Les médias burkinabés n’ont que très peu relevé l’incident. C’est pourtant cet épisode précis qui occupe l’essentiel des conversations sur les réseaux sociaux. « Il s’est cru à un barbecue ? », s’offusque un élu français de gauche. Il est question d’humiliation publique, de « mépris », d’« insolence ». L’entourage de Roch Kaboré assure pourtant que c’est « un non-sujet » et que le discours du président français a « vraiment plu » au président burkinabé........ Les réactions sont plus nuancées chez les politiques burkinabés. « C’était déplacé », « un peu gros, quand même », « il aurait pu faire sa plaisanterie en présence du président du Faso, mais sans lui… », entend-on. « L’âge, ça compte aussi », glisse le proche d’un ministre. « En plus d’être un président, Roch est son aîné », termine un autre. Dans son discours, M. Macron a joué sur sa jeunesse, mais au Burkina Faso comme plus largement sur le continent africain, le respect des aînés est essentiel.
Tout à sa décontraction, le président français en rajoute une couche, quelques minutes plus tard. « Dès qu’il aura réparé la climatisation de l’amphithéâtre, il sortira de la zone franc, vous l’aurez compris », plaisante Emmanuel Macron après avoir expliqué qu’il appartenait aux pays africains et non à la France de décider du destin du franc CFA."...........


Passons à Challenges.... :
https://www.challenges.fr/politique/ne-venez-pas-me-faire-la-morale-macron-tres-cash-avec-des-etudiants-burkinabe_516520
, avec des extraits qui donnent bien le ton :

"............."Imaginez une jeune femme qui vit à Angoulême, en France", dit-il à une étudiante qui critique la présence des soldats français au Burkina. "Elle n'a peut-être jamais entendu parler du Burkina. Son jeune frère est peut-être mort ces derniers mois pour vous sauver. Et vous la remerciez en disant ça ? Vous n'avez pas votre jeune frère qui est en train de se battre sur le sol belge ou français. Ne venez pas me parler comme ça des soldats français. Vous ne devez qu'une chose aux soldats français, les applaudir", dit-il récoltant... des applaudissements
Le débat se poursuit. A une question sur le franc CFA et "l'or du Burkina" qui serait déposé à la Banque de France, et s'il a "peur" d'en parler, Macron rétorque : "Qui fait des études d'économie ici ?" Aucune main ne se lève... "Si quelqu'un peut me dire où l'or burkinabè est caché à Paris je suis preneur ! Il n'y en a pas, il faut être sérieux. Tout le monde va se calmer". Avant d'expliquer, pédagogique, qu'il existe bien des dépôts de réserve à la banque centrale indispensables pour garantir une monnaie.
"N'ayez pas des obsessions", poursuit-il sur le CFA. "Si demain quelqu'un décide de ne plus en être membre, il n'y est plus". Se retournant vers le place toujours vacante du président Kaboré, il ironise : "Dès qu'il aura réparé la clim' de l'amphithéâtre il sortira de la zone franc, vous l'avez compris!"

"Ce n'est pas aussi facile qu'il le dit car il y a un risque que la France retire tous ses intérêts. Donc la sortie du franc CFA se présente comme un couteau tranchant pour nous-mêmes", estime un étudiant. Macron s'agace : "N'ayez pas ce discours de revendication post-colonialiste qui n'est pas de votre génération. N'ayez pas une approche bêtement post-coloniale ou anti-impérialiste

Quand un étudiant lui demande d'ouvrir les frontières aux migrants, il répond : "Je ne peux pas expliquer à mes classes moyennes qui ont travaillé, qui paient des impôts, que c'est formidable, qu'on va accueillir tout le monde. C'est ridicule, qui va financer ça ? Vous allez nourrir le racisme et la xénophobie. Ca n'existe pas les frontières ouvertes à tous les vents, ça ne marche pas".
Sur l'esclavage en Libye, il attaque : "Qui sont les auteurs du trafic ? Ce sont des Africains, mon ami! Posez-vous la question, arrêtez de dire que le problème, c'est l'autre. Il y a des Africains qui escalavagisent d'autres Africains. Nous les combattrons mais ne venez pas me faire des leçons de morale. Il ne faut aucun propos simpliste. Ces scènes sont intolérables pour moi autant que pour vous". Beaucoup d'étudiants sont séduits... Surtout par la forme. "Son discours était beau mais qu'il se rappelle qu'il ne doit pas se limiter à la rhétorique", réagit Sawadogo François. Il est venu s'imprégner de nos réalités. On attend de voir ce qui va être fait en faveur de la jeunesse burkinabè et africaine. On espère qu'il mettra en application son discours..........."


....et une 'tite goutte de Libé :
http://www.liberation.fr/planete/2017/11/28/macron-a-ouagadougou-il-n-y-a-plus-de-politique-africaine-de-la-france_1613111

Et puis, rfi touche quand même un peu, comme Le Monde,  à ce qui s'est dit immédiatement après le passage du petit sur les "réseaux sociaux" (je ne m'y fais pas... 8| ) africains :

http://www.rfi.fr/afrique/20171128-burkina-faso-france-emmanuel-macron-ouagadougou-etudiants-reseaux-sociaux

Voilà, c'était le premier album de Tintinounet en Afrique, sans Castafiore, j'eus pourtant pour ce qui me concerne beaucoup apprécié  :mdr3: :mdr3: , rater mâme Junon en boubou, quelle navrance ....! Prochain post, le fameux Franc CFA.... Mais en attendant, un petit tour côté naissance du BALAI CITOYEN Burkinabé :
https://www.youtube.com/watch?v=tLY4CLu_vVw
« Modifié: 11 décembre 2017 à 15:16:49 par old machin »

Hors ligne old machin

  • old machin
  • Smart Citoyen
  • *
  • Messages: 2879
Re : Jupiter, la France et ses colonies, oups, ex-colonies...
« Réponse #4 le: 11 décembre 2017 à 15:10:36 »
Alors, petit Jupiter comme vous l'avez lu (n'est-ce pas ?   :diable:... Bon, pô grave, je remets une autre couleur au passage concerné  :diable: ), a, au Burkina Faso, (et sûrement ailleurs mais on ne le sait pas), répondu, de sa manière arrogante habituelle à une question sur le franc CFA que traînent encore, les malheureuses, certaines de nos ex-bénies colonies = genre "ben partez-en donc, bande de corniauds attardés". Certaines de nos colonies, mais pas toutes, ont accepté, dès lors il se dit que les représailles furent lourdes pour les rebelles rancunières, nos concitoyens d'alors ravageant et rendant inutilisables toutes les infrastructures - dont notamment scolaires -, indispensables à la nouvelle nation souveraine, avant que d'en partir.

C'est quoi le Franc CFA ? Laissons un africain, l’économiste Kako Nubukpo  (Directeur de la Francophonie économique et numérique de l’OIF), ex Ministre de la Prospective et des Politiques Publiques du Togo, en dire notamment l'origine, en réaction aux propos de Jupiyuppie  :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/29/franc-cfa-m-macron-il-ne-faut-pas-dormir-sur-la-natte-des-autres_5221951_3212.html

, dont extrait :

"Imprécise, car M. Macron semble ignorer que cette monnaie fut imposée aux Africain.e.s dans le cadre des turpitudes de la colonisation française. En effet, le franc CFA est le produit de la création de la Banque du Sénégal en 1855, banque créée grâce aux ressources versées par la métropole française aux esclavagistes en guise de réparations après l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848. Cette banque deviendra, au début du XXe siècle, la Banque de l’Afrique de l’Ouest (BAO), qui aura le privilège d’émission de la monnaie ancêtre du franc CFA qui naîtra officiellement le 26 décembre 1945, dix ans avant la création de l’Institut d’émission de l’Afrique occidentale française (AOF) et du Togo, lequel institut deviendra la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) quelques années plus tard.

C’est dire si le fait monétaire en Afrique francophone épouse les contours de la violence esclavagiste, coloniale et postcoloniale. Rien que pour cela, pour les souffrances des paysan.e.s africain.e.s obligé.e.s de payer l’impôt en franc CFA, dont la disponibilité exclusive était liée à la rémunération de la production et de la vente des produits de rente (café, cacao, coton) et donc l’abandon des cultures vivrières, M. Macron aurait dû faire preuve de respect et de plus d’égards à l’endroit des enfants et petits-enfants de paysan.e.s burkinabé.e.s qui ont payé un lourd impôt colonial, fait de travail forcé et de déportations massives vers la zone « office du Niger » au Mali.

Caricaturale, car M. Macron, vantant la prétendue stabilité qu’offre le franc CFA, a oublié d’insister sur le fait que les arrangements institutionnels organisant le fonctionnement de la zone franc constituaient le véhicule par excellence de l’accumulation de richesses hors du continent africain."......


Et lisons par ailleurs ce que disait en août 2015, - en passant d'ailleurs lui aussi par une historique, mais limitée aux changements effectués au terme de la seconde guerre mondiale - , quant à la possibilité de sortie du CFA, un autre Africain togolais, Yves Ekoué Amaïzo, économiste et juriste (n'épargnant d'ailleurs pas, tout comme son collègue, dans cet article les dirigeants africains concernés par le CFA) :

https://blogs.mediapart.fr/francois-fabregat/blog/190815/fait-comment-pour-sortir-du-franc-cfa-une-solution-de-transition-en-affectant-une-partie-des

Si je vous mets cela, c'est pour deux raisons :

1) Outre l'intérêt des solutions proposées par Yves Ekoué Amaïzo, celui-ci rappelle dans son historique les pays où les monnaies du colonialisme sont encore utilisées-imposées par la France dans le monde, citant ainsi, également,  la majorité de nos "Outremer" - et comme j'ai la féroce intention de vous en rebattre les oreilles  :p , de "NOS" Outremer, ben voilà, c'est fait ici, et je le rappellerai ailleurs, mes pôv' z'amis  :diable:

2) Ma raison seconde n'a rien d'aussi rationnel, elle est anecdotique, et férocement "sentimentale". J'habite voyez vous un lieu réputé maudit des cieux depuis plus de 40 ans, si souvent inscrit en haut du joyeux palmarès des villes les plus pauvres du pays, lieu qui réunit par ailleurs plus de 90 nationalités pour un petit 100 000 habitants. Beaucoup d'Africains parmi ces nationalités, et corrélativement, beaucoup de "boutiques" (parmi les rares ayant survécu au choc des grandes surfaces), s'étant fait un revenu d'appoint en proposant l'expédition, par les immigrés , d'argent à leurs familles restées au village. Je fréquente une de ces boutiques, seule à pouvoir me vendre des trucs que, sinon, je ferais des quasi voyages au long cours pour trouver.
J'attendais un jour dans ladite boutique que vienne mon tour, et juste avant moi il y avait un jeune gars, la vingtaine peut-être, extrêmement poli, voulant expédier de l'argent : il sortit une grosse poignée de billets CFA de sa sacoche. Et je n'oublierai jamais, vraiment jamais, le rire odieux de ce commerçant, se tenant littéralement les côtes, puis, se calmant, disant fermement "ah non, le franc CFA, je n'prends pas". J'ai écrit plus haut "je fréquente une de ces boutiques - il faut lire, aujourd'hui, "je fréquentais".  :rougefache:
« Modifié: 11 décembre 2017 à 15:14:02 par old machin »

Hors ligne old machin

  • old machin
  • Smart Citoyen
  • *
  • Messages: 2879
Re : Jupiter, la France et ses colonies, oups, ex-colonies...
« Réponse #5 le: 13 décembre 2017 à 06:50:14 »
Ah ben, j'en suis tombée sur m'n'arrière-train qui n'est point de volaille ! Dis donc doudou qu'est-ce que j'apprends (.....en cherchant à me rencarder sur les "monnaies virtuelles", auxquelles je ne comprends que pouic  :(  ) ?? J'apprends que nos journaleux ont d'un bel élan commun eu des problèmes d'audition lors de la prestation évidemment sublime de jupiyuppie à Ouagadougou - ben ça alors ! C'est vrai ça, les questions des étudiants étaient parfois un peu ânonnées, le français était souvent un peu hésitant...., mais comment se fait-ce dites moi qu'avec un si bel ensemble nos belles gazettes de tout poil aient zappé cette question là   :diable:  :diable:  :] ? Urgences otorhinos, vite !
Alors la voila la question : l'étudiante qui, ultérieurement si j'ai bien compris, a provoqué le "buzz climatisation" entraînant peut-être quasi incident diplomatique a interrogé le dieu provisoire de nos cieux (je résume, et le tout est, on va dire, un peu brouillon) : sait-il comment s'appelle l'amphithéâtre dans lequel il planche, petit homme ? Ben il s'appelle Amphithéâtre Kadhafi, car c'est grâce à Kadhafi que l'Université de Ouagadougou a été construite. Et, la France va-t-elle reconnaître sa responsabilité dans l'élimination dudit Mouammar Kadhafi ? Celui-ci a agi dans l'intérêt du Burkina et des pays africains en général, tandis que la France leur envoie en masse des soldats tout en n'attribuant qu'au compte gouttes des bourses aux étudiants burkinabés... On sait que l'audition des journaleux s'est rétablie pour la réponse de jupinounet, réponse évitant soigneusement de nommer Kadhafi mais énonçant que ....lui président  :diable: on ne serait pas allés se faire voir en Libye, et allant directement ensuite à une enlevée de boutique quant à l'infinie reconnaissance dûe à nos soldats par les Burkinabés....

J'étais un peu méfiante en lisant l'article, dans "Afrique. La Tribune", le rédacteur de celui-ci faisant moult raccourcis me semblant un peu hasardeux.... (notamment mais pas seulement sur l'histoire de l'interpellation sur la climatisation, où lui décrète l'incident diplomatique - ceci dit, l'explication de NOS journalistes, accusant à ce sujet les défaillances de prostate d'un chef d'Etat africain....., ben j'trouve que c'est aussi en soi un incident diplo... :mrgreen: ). Mais il y a une vidéo de ce passage questions-réponses à Ouagadougou, et même s'il y a quelques fantaisies de retranscription de l'auteur de l'article, eh bien en gros c'est fidèle à la lettre, et tout à fat fidèle à l'esprit (les meufs sont épatantes !  :p ) :

https://afrique.latribune.fr/politique/2017-11-29/debat-citoyen-macron-etudiants-symbole-du-gouffre-france-afrique-759647.html

[ Je m'en voudrais, dans ce sillage  :diable:, de ne pas en énerver quelques-uns ici, en rappelant que lorsqu' "ils" ont fait la peau, et de quelle manière, à Kadhafi, celui-ci avait mis en route pro domo le chantier immense de l'exploitation de la plus grande réserve d'eau fossile mondiale, (pour verdir les déserts libyens dans une perspective d'auto-suffisance alimentaire) - et que l'eau dans les années à venir vaudra son poids de platine -, avait commencé à financer un projet télécommunications destiné à libérer l'Afrique de l'emprise occidentale en la matière, et last but really not least, s'apprêtait à lancer le dinar-or comme monnaie commune africaine émancipant ce continent du diktat du dollar sur les matières premières et très notamment le pétrole....]

Est-ce que tout ça et surtout la dernière mention ne nous ramènerait pas au franc CFA, dont macronounet nous dit que même pas mal ? Sisi ! , ne serait-ce que parce que les énormes montants des dépôts de garantie auxquels sont contraints les pays CFAistes, ben, la Banque de France les fait bosser, ces masses de pognon. Au bénéfice de qui ? Hein ? Hein ?  ;-)

Adoncques j'ai le plaisir de vous annoncer, pour boucler la boucle, la naissance imminente, en Afrique de l'Ouest d'où revient la lumière de nos yeux, du e-cfa  :
https://afrique.latribune.fr/economie/strategies/2017-01-12/l-afrique-de-l-ouest-se-prepare-a-lancer-le-e-cfa.html

PS : Maduro est tenté lui aussi par une e-monnaie, lui permettant de déjouer les embuscades du dollar sur les approvisionnements du Venezuela (où est Mélenchon, on cause Venezuela..! :diable: ). Bon, il est temps que je pige comment ça marche, ces choses là !  :(  :gene4:  :mrgreen: