Auteur Sujet: Prisons Françaises, récidives...  (Lu 22982 fois)

Mélusine

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Prisons Françaises, récidives...
« le: 28 mars 2010 à 18:41:39 »
Citation de: Raja
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«A Fleury, on nous isole sinon on se fait violer et massacrer»
Enquête

En prison, les transsexuelles sont harcelées, parfois privées de traitement.

C’est une lettre arrivée à Libération.«Je m’appelle Chloë. Je suis en prison depuis douze ans. Je vis seule, regardée comme une chose. Impossible d’aller à la douche sans être suivie. Les regards sont curieux ou vicieux, quand cela ne tourne pas à l’agression.» Chloë est transsexuelle. «Jupe longue, cheveux longs, maquillage, poitrine, une vraie femme», décrit son avocate, Claire Rozelle. Une vraie femme, détenue parmi les hommes. Car faute d’avoir obtenu l’autorisation d’être opérée, Chloë ne peut pas changer d’état civil. Et donc ne peut pas intégrer une prison pour femmes.

Chloë écrit qu’elle s’est fait violer quatre fois en prison, au centre de détention de Caen. Elle a depuis été transférée à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes, où elle est «bien traitée», dit Henri Ricciardi, membre de l’association Aides, qui lui rend visite régulièrement. Mais «dans une terrible solitude», ajoute-t-il. «Elle n’a le droit de côtoyer ni les hommes, car l’administration craint qu’ils ne l’agressent, ni les femmes, car elle est considérée comme un homme.»

Isolement. Le cas de Chloë n’est pas une exception. Chaque année, l’association Pastt - Groupe de prévention et d’action pour la santé et le travail des transsexuel(le)s - visite une quinzaine de transsexuelles à Fleury-Mérogis. Et estime qu’elles sont une centaine dans l’ensemble des prisons de France. «Lorsqu’elles sont avec les hommes, elles sont victimes de harcèlement, d’insultes, d’agressions physiques et de viols», dit Emmanuelle Sené, de l’association Act Up. «A Fleury, on nous met dans un quartier isolé, sinon on se fait violer et massacrer», confirme Charme, une prostituée incarcérée à trois reprises pour racolage. L’isolement comme seule solution de protection : c’est avec ce même raisonnement que l’Italie vient d’annoncer la création d’une prison spéciale pour les transsexuelles. «Ça part d’une volonté d’améliorer la situation existante, dit François Bès, de l’Observatoire international des prisons. Mais c’est quand même très discriminatoire. En France, l’isolement prive les personnes de l’accès aux activités et au travail.»

Sonia, incarcérée trois fois à Fleury et à Fresnes pour proxénétisme (bien qu’elle proteste farouchement de son innocence) raconte elle aussi le «calvaire» de la détention. «Tu ne peux pas travailler, donc pas gagner d’argent. Tu n’as pas le droit d’aller en promenade, pas le droit de participer aux ateliers. Mais le pire, c’est la fouille. A chaque parloir, il faut se mettre nue devant les surveillants qui rigolent. Il y en a un qui m’a traitée d’extraterrestre. Un autre qui m’a crié : "sale travelo, tu devrais avoir honte. C’est pas une poitrine que tu as, je vais prendre un bistouri et t’enlever tout ça."» Son compagnon, Thierry, subissait les mêmes injures lorsqu’il lui rendait visite : «On me traitait de pédé, et ma femme de sale pute.» Les commentaires dégradants, «on y a droit presque à chaque fouille», dit Charme. «Ça les rend fous de voir quelqu’un qui a à la fois de la poitrine et des organes génitaux masculins.»

Autre problème : l’accès aux hormones. «La plupart des personnes sont privées de leur traitement lorsqu’elles arrivent en détention, explique Cornelia Schneider, responsable de l’association Support transgenre Strasbourg (STS). Or quand on arrête la prise d’hormones féminines, il y a des conséquences très graves : ménopause forcée, dégradation du squelette…» Dans sa lettre, Chloë raconte que, suivant la personnalité des médecins pénitentiaires qui la suivaient, elle a eu droit, ou pas, aux hormones. Un traitement «en yo-yo» aux effets dévastateurs.
Dérogation. Du côté de la direction de l’administration pénitentiaire, qui a refusé de nous répondre, on agit de manière pragmatique, parfois compréhensive, toujours au coup par coup. A Fleury-Mérogis, les transsexuelles ont eu droit à une dérogation pour cantiner des produits de beauté féminins. «Ça n’a l’air de rien mais quand peut s’épiler, mettre un peu de crème hydratante, ça soulage», dit Charme. Ailleurs, c’est parfois à des intervenants extérieurs que les transsexuelles doivent un peu de réconfort. «Réussir à leur faire passer un soutien-gorge, c’est comme donner une aspirine a quelqu’un qui a mal à la tête, raconte un aumônier de prison qui préfère rester anonyme. On sait tous qu’il y a des hommes qui se travestissent le soir en rentrant du travail. Et en prison, on irait au mitard pour une jupe !»

Alerté par des détenus transsexuels, le contrôleur des prisons, Jean-Marie Delarue, a promis d’être vigilant sur le sujet et notamment sur l’accès aux soins. De son côté, Chloë, désespérée de n’avoir toujours pas réussi à se faire opérer, s’est automutilée.
http://www.liberation.fr/societe/0101620267-a-fleury-on-nous-isole-sinon-on…
« Modifié: 24 février 2013 à 12:53:50 par raja »

Mélusine

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Re: Les Prisons Françaises
« Réponse #1 le: 30 mars 2010 à 18:34:04 »
Citation de: "Mélusine"
30ème suicide ou mort suspecte connu(e) en détention en 2010
Le nombre de suicides ou de morts suspectes en prison ne diminue pas.
Un suicide ou mort suspecte tous les trois jours en prison,
10 fois plus qu’en milieu libre.
Manquement grave de l’administration pénitentiaire. L’omerta [1] continue sur la réalité des chiffres quant aux conditions et lieu réel du décès.
M.A. Nice
Suicide d’un homme de 27 ans par pendaison, en détention provisoire, ayant annoncé sa volonté de se suicider, le 23 mars 2010
C.D. Neuvic
Mort suspecte d’un homme de 27 ans, retrouvé mort dans son lit, le 24 mars 2010.

Nous exigeons, les familles et proches exigent la vérité de la part de l’administration pénitentiaire et des autorités judiciaires afin que toute la lumière soit faite sur ces nouveaux décès.

Les familles et proches souhaitent une vraie prise en compte de leurs souffrances et une aide directe de la part de l’administration pénitentiaire.

Les autorités judiciaires doivent assumer toutes leurs responsabilités sur ces nouveaux décès.

30 suicides et morts suspectes connus depuis le 1er janvier 2010
Nous savons que ces chiffres ne reflètent pas la réalité. La création de l’Observatoire des suicides et des morts suspectes sur le site prison.eu.org a permis d’interpeller l’opinion publique.
http://www.prison.eu.org/spip.php?page= ... ubrique=68
« L’ensemble des études pointent comme des périodes de particulière vulnérabilité, outre l’entrée en détention, certains moments particuliers :
la période correspondant au jugement ;
le placement au quartier disciplinaire ;
la période postérieure à une tentative de suicide ou à une automutilation. ».
Circulaire du 26 avril 2002 NOR JUSE0240075C sur la Prévention des suicides dans les établissements pénitentiaires.
« Le droit à la vie : il est nécessaire de montrer que l’administration pénitentiaire doit tenir compte de cette obligation dans la mise en place de certaines procédures (quartier disciplinaire, isolement...). ».
Conclusion du 20 octobre 2003 du Rapport de la CNCDH sur les droits de l’homme en prison.
Contact Presse :
Milko Paris, tél. 06 60 17 33 42
mail. http://prison.eu.org/article12382.html

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #2 le: 28 mai 2010 à 07:55:15 »
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La fouille à nu, ultime humiliation carcérale

Salle comble le samedi 27 mars dernier pour la conférence-débat de l'OIP dans le cadre des rencontres mensuelles du Musée Carnavalet autour de son exposition « L'impossible photographie : prisons parisiennes, 1851-2010 ». Animée par Florence Aubenas, présidente de l'association, l'après-midi était consacrée à la fouille à corps, pratique bien souvent méconnue, imposée en nombre de circonstances aux personnes privées de liberté. La conférence aura mobilisé l'attention de plus d'une centaine de participants, manifestement marqués par les tenants et aboutissants de « cette ultime humiliation ». Alternant témoignages anciens ou récents, parus ou inédits (ceux de personnes détenues, de proches et de surveillants) et éclairages juridique et historique, la rencontre a permis à chacun de mieux cerner la réalité de la fouille intégrale comme de mesurer les enjeux de la suppression d'une pratique dégradante et arbitraire, aussi fréquente qu'inefficace, mais dont les conséquences sont lourdes. Extraits.


Une pratique dégradante

« Un acte humiliant dès lors qu'on vous fait mettre nu, et qu'on vous dit 'tourne-toi, mets-toi à genou, tousse'. Pour le cas où on aurait sans doute un objet, un revolver dans les sphincters, peut-être. Ca fait partie des choses extrêmement humiliantes, comme le fait de devoir déféquer publiquement. »
Christophe, ex-détenu.


« Le nombre excessif des fouilles à nu, quatre fois par journée, subies systématiquement par toutes les personnes détenues transférées à la souricière du palais de justice de Paris, depuis leur prison d'origine, ne peut se justifier au regard d'impératifs de sécurité. Il équivaut à un traitement inhumain et dégradant au regard de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme. La Cour européenne s'est prononcée à plusieurs reprises sur des affaires similaires dans lesquelles la pratique des fouilles intégrales à répétition, en plus d'autres mesures de sécurité, est critiquée.
L'organisation des extractions doit être réformée dans les meilleurs délais.
Le choix de pratiquer une fouille à nu doit être individualisé et non systématique comme c'est actuellement le cas. L'utilisation d'appareils détecteurs de métaux ou le passage des personnes sous un scanner devrait être suffisant, sauf raison particulière laissant présumer que la personne dissimule des objets dangereux pour elle ou pour autrui. Lorsque la fouille à nu s'avère nécessaire, elle ne doit pas être renouvelée à plusieurs reprises, et ce d'autant plus que la personne est sous la surveillance permanente d'agents de sécurité, comme c'est le cas dans les locaux des établissements pénitentiaires du palais de justice de Paris, et pendant les transferts ».
Commission nationale de déontologie et de sécurité, avis adopté le 29 juin 2009 suite à la saisine n°2008-90.
 

Une pratique fréquente

« Au parloir, on va y chercher la vie extérieure, que nos proches veulent bien nous apporter. Et on retombe dans l'état animal à la sortie, au moment où on repasse par les palpations, par l'exhibition. »
Christophe, ex-détenu.


« J'ai été incarcérée (...) pendant trois mois en Amérique centrale, où il n'y a pas de fouille à nu. Là bas, l'administration pénitentiaire n'est pas animée par cette idée d'empêcher tout mouvement entre dedans et dehors. On téléphone quand on veut. Les visiteurs peuvent venir avec des lettres, des bouquins, de quoi manger. Il y a un léger contrôle, mais juste comme ça. Disons qu'il y a beaucoup moins de contrôles entre ce qui passe de l'extérieur à l'intérieur. L'accent n'est pas mis sur l'étanchéité totale. En fait, c'est ça qu'il y a, en France : la prison est censée être totalement étanche. C'est ce qui justifie cette pratique. Mais il y a autre chose, aussi, parce qu'évidemment, c'est utilisé comme une mesure humiliante, une mesure pour humilier. En tout cas, c'est ce qu'on ressent. C'est sûr que lorsqu'on revient d'avoir une visite au parloir et que l'on a pu, d'un seul coup, partir complètement ailleurs avec des gens qu'on aime de l'extérieur, et puis se rappeler aussi qu'on est à l'extérieur par ce jeu de miroir que donne la communication avec les autres, d'un seul coup on revient et c'est très brutal de devoir revenir là. »
M.R., ex-détenue en Amérique centrale puis en France.


« Pour le conseil d'Etat, les fouilles sont possibles, mais il faut que le recours à ces fouilles intégrales soit justifié, notamment par l'existence de suspicions fondées sur le comportement du détenu - c'est-à-dire des agissements antérieurs ou de ses contacts avec des tiers - ; d'autre part, il faut qu'elles se déroulent dans des conditions et selon des modalités strictement et exclusivement adaptées à ces nécessités et ces contraintes. En fait, il appartient à l'administration de justifier de la nécessité de ces opérations de fouille, et de la proportionnalité des modalités retenues. »
Patrice Spinosi, avocat au conseil d'Etat.


Une pratique arbitraire

« La dernière [fouille] en date, mon mari était en grève de la faim et de la soif, il était dans un état semi-comateux, à l'isolement. Il est tombé dans les 'vaps'. On l'a transporté à l'hôpital. On l'a quand même fouillé, entravé, menotté. Arrivé à l'hôpital, on l'a refouillé. On l'a perfusé pendant 2-3 heures et on l'a mis au mitard et on l'a refouillé. Et, pour vous dire, il n'était pas tout seul en partant à l'hôpital et en sortant de sa cellule et en sortant de la prison, il y avait quand même une escorte assez conséquente. »
Martine El-Shennawy, femme de détenu.


« Aujourd'hui, l'administration a le bénéfice d'un texte dont elle va prétendre qu'il est parfaitement aux objectifs de la Cour européenne des droits de l'Homme ; donc [elle] peut avancer maintenant un peu plus masquée, en disant qu'elle le fait sur le fondement de textes qui respectent les garanties individuelles. Mais, encore une fois, il faudra démontrer concrètement, efficacement, que le recours à ces fouilles est justifié. »
Patrice Spinosi, avocat au conseil d'Etat.
 

Une pratique lourde de conséquences

« [La fouille] fait partie de tous les éléments qui peuvent déclencher la violence en détention. On ne sort jamais tout à fait dans le même état d'une fouille, même si on a fait quelques années et qu'on a eu le temps d'en vivre quelques dizaines. »
Christophe, ex-détenu.


« En centrale, les types ont des relations sexuelles au parloir avec leurs femmes et ça se voit. C'est ça aussi l'humiliation pour toi et pour le surveillant, même s'ils ont des gants c'est humiliant. Et puis même s'il ne se passe rien et que simplement sa présence t'excite, dix minutes avant la fin du parloir tu fais en sorte d'éviter tout contact, même les mains, pour ne pas arriver à la fouille en érection.
On sait que ça ne répond pas à un souci sécuritaire, la fouille c'est l'acte qui te fait passer de la normalité, du statut d'être humain à celui du taulard. C'est de l'humiliation, s'il devait n'y avoir qu'un mot ce serait humiliation. »
T.K., détenu en maison centrale jusqu'à 2004

 

Une pratique inefficace

« Aujourd'hui, il y a énormément d'objets qui rentrent dans les prisons. Non pas par les personnes, mais par-dessus les murs. Ca peut aller de la nourriture à des téléphones portables. On estime aujourd'hui la fouille intégrale n'est plus justifiée pour des raisons de sécurité. » Céline Verzeletti, secrétaire nationale CGT-Pénitentiaire.« Mon mari, ça fait 32 ans qu'il est en prison, il a été fouillé pendant 32 ans, on n'a jamais rien trouvé sur lui. (...) La dernière [fouille] en date, mon mari était en grève de la faim et de la soif, il était dans un état semi-comateux, à l'isolement. »
Martine El-Shennawy, femme de détenu.


« J'ai toujours exécré la fouille. En plus, je trouvais ça parfaitement ridicule parce que je n'ai jamais rien trouvé; pour moi le produit de la fouille a toujours été nul, pour la plupart des collègues aussi. Si, une fois, à Poissy, au début, un gars qui rentrait de permission avec un rasoir électrique caché dans son slip. Voilà tout ce que j'ai trouvé, c'est pas terrible, hein ? ... ».
V.M. surveillant pendant 25 ans

 
Ce que dit la loi
« Les fouilles doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que le comportement des personnes détenues fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l'établissement. Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues. Les fouilles intégrales ne sont possibles que si les fouilles par palpation ou l'utilisation de moyens de détection électronique sont insuffisantes. Les investigations corporelles internes sont proscrites, sauf impératif spécialement motivé. Elles ne peuvent alors être réalisées que par un médecin n'exerçant pas au sein de l'établissement pénitentiaire et requis à cet effet par l'autorité judiciaire. »
Article 57 de la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009.
http://www.oipsf.org/index.php/actualites/55/805

 

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #3 le: 28 mai 2010 à 18:27:18 »
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« J'ai été incarcérée (...) pendant trois mois en Amérique centrale, où il n'y a pas de fouille à nu. Là bas, l'administration pénitentiaire n'est pas animée par cette idée d'empêcher tout mouvement entre dedans et dehors. On téléphone quand on veut. Les visiteurs peuvent venir avec des lettres, des bouquins, de quoi manger. Il y a un léger contrôle, mais juste comme ça. Disons qu'il y a beaucoup moins de contrôles entre ce qui passe de l'extérieur à l'intérieur. L'accent n'est pas mis sur l'étanchéité totale. En fait, c'est ça qu'il y a, en France : la prison est censée être totalement étanche. C'est ce qui justifie cette pratique. Mais il y a autre chose, aussi, parce qu'évidemment, c'est utilisé comme une mesure humiliante, une mesure pour humilier. En tout cas, c'est ce qu'on ressent. C'est sûr que lorsqu'on revient d'avoir une visite au parloir et que l'on a pu, d'un seul coup, partir complètement ailleurs avec des gens qu'on aime de l'extérieur, et puis se rappeler aussi qu'on est à l'extérieur par ce jeu de miroir que donne la communication avec les autres, d'un seul coup on revient et c'est très brutal de devoir revenir là. »
M.R., ex-détenue en Amérique centrale puis en France.

C'est vrai qu'en amérique centrale et du sud, les prisons sont réputées pour etre aussi bien sécurisées que les notres. Ce qui explique d'ailleurs que chez nous les surveillants pénitenciers ne soient pas toujours armés et que là bas, ils aient des fusils d'assaut.

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #4 le: 05 juillet 2010 à 13:37:03 »
petit retour en arriére qui explique la situation dramatique de cet article, en 2008 sarkozy de visite dans un HP a décidé de présenter son fabuleux plan gouvernemental sur la psychiatrie objectif nul n'est au dessus de la loi même ceux qui ont des troubles psychiatriques et cacher donc les fous que nous ne voulons point voir dans notre société sécurisée.
il était évident que le but de la manœuvre n'était nullement de comprendre et de soigner les troubles psychiatriques mais rassurer la populations, dormez tranquilles les fous sont entre de bonnes mains.


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Un détenu se suicide trois jours après un refus d'hospitalisation


L'effet de vases communicants est flagrant : les hôpitaux psychiatriques se vident de leurs lits et les prisons se remplissent de personnes atteintes de troubles mentaux. Les psychiatres défroquent-ils leur blouse blanche ?

Ils semblent en tous cas s'accorder avec les politiques sur le fait que les pathologies mentales ne doivent pas permettre l'immunité judiciaire. A peine 1% des expertises psychiatriques concluent à l'abolition du discernement des mis en cause et donc à leur irresponsabilité pénale.

Les experts deviennent ainsi la caution « scientifique » des décisions d'emprisonnement comme les avocats sont l'alibi de la procédure pénale.

La société, informée par quelques faits divers sur-médiatisés et utilisés à des fins sécuritaires, porte le fantasme du tout carcéral contre le rien psychiatrique que représenterait l'hospitalisation d'office. Cela arrange nécessairement quelques praticiens qui ont, et on les comprend, peur des agressions et des évasions à l'hôpital.

Le centre pénitentiaire de Liancourt serait-il le reflet de ce tout carcéral, de ses dérives et de ses drames ? La prison est en tout cas à l'image de la statuette des trois singes que l'on voit dans le bureau de la DRH de l'hôpital de Clermont-de-l'Oise, dont dépend la centre pénitentiaire, avec les mains sur les yeux, la bouche et les oreilles. Pour les psychologues qui y travaillent, cette statuette symboliserait-elle le seul moyen de conserver leur emploi ?
Neutraliser le détenu, plutôt que soigner le patient

Un quart du centre pénitentiaire est sur liste d'attente pour voir un psychiatre ou un psychologue. Il faut compter quatre à six mois pour les premiers entretiens d'évaluation sans que ceux-ci ne soient encore une prise en charge.

A Liancourt, comme dans tous les établissements pénitentiaires, il s'agit de neutraliser des détenus plutôt que de soigner des patients.

Les traitements sont régulièrement renouvelés sans voir les individus. Les médicaments se cumulent dans des sachets sans que les infirmiers soient bien certains de leur compatibilité car il n'y a pas de préparateur en pharmacie à Liancourt.

Dans les prisons françaises, en manque d'effectif médical, on ne peut pas être patient et détenu, il faut choisir.

Le numéro 5669 est mort. Il avait un numéro d'écrou au lieu d'un lit d'hôpital. Il est mort et il avait prévenu. Autant qu'un suicidaire puisse le faire.

En tournant les pages de son dossier, il n'y a pas une feuille sans les initiales TS, pour « tentative de suicide ».

    * Avant d'être incarcéré : TS.
    * Grille de vulnérabilité : TS.
    * Notice individuelle : TS.
    * Fiche d'observation : TS.
    * Fiche audience arrivant : TS.

Et quand il n'est pas écrit TS, on lit « risque auto-agressif », le mot est plus recherché.

5669 avait fait quatre tentatives de suicide préalables desquelles il avait été sauvé in extremis en service de réanimation.

Le risque suicidaire était si évident que l'administration pénitentiaire l'avait placé sous surveillance spéciale. Il faisait également l'objet d'un traitement psychiatrique et psychologique.
Un refus d'hospitalisation sans entretien préalable

A partir du 1er mars 2010, tout convergeait pour indiquer qu'une nouvelle tentative était imminente : il stockait son traitement médical, sa femme introduisait une procédure de divorce, une confrontation avec la partie civile était prévue, le juge d'instruction refusait finalement d'accorder un permis de visite à son fils après lui avoir annoncé le contraire.

Il avait, par ailleurs, perdu trente kilos en six mois de détention et avait été hospitalisé d'office trois jours en novembre 2009. Devant ce tableau accablant, le psychologue qui le suivait en détention a demandé à la psychiatre de le faire bénéficier d'une hospitalisation d'office.

Le conseiller d'insertion et de probation signalait lui aussi le risque accru de suicide. La psychiatre a refusé l'hospitalisation le 5 mars 2010 sans même prendre le soin de rencontrer le patient -le détenu ? le numéro d'écrou ?

Effectivement, bien qu'en détention provisoire et donc présumé innocent, le numéro 5669, incarcéré pour inceste, n'avait pas grand chose pour plaire. Il s'est suicidé le 8 mars 2010.
La Commission nationale de déontologie saisie

A Liancourt, a-t-on oublié le droit à la vie tel qu'il résulte de l'article 2 de la Convention européenne ?

C'est sur ce fondement que le Conseil d'Etat considère qu'un détenu est une personne particulièrement vulnérable, entièrement dépendante de l'administration, laquelle doit par conséquent prendre les mesures nécessaires à protéger sa vie :

    « En vertu d'un principe rappelé notamment par la première phrase de l'article 2 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, au terme de laquelle le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi, eu égard à la vulnérabilité des détenus et à leur situation d'entière dépendance vis-à-vis de l'administration, il appartient tout particulièrement à celle-ci, et notamment au garde des Sceaux, ministre de la Justice et aux directeurs des établissements pénitentiaires, en leur qualité de chefs de service, de prendre les mesures propres à protéger leur vie. » (Conseil d'Etat, arrêt du 17 décembre 2008 rendu à l'initiative de la section française de l'Observatoire international des prisons)

Si la société d'aujourd'hui considère qu'elle n'a pas à tout mettre en œuvre pour garder les auteurs d'infraction en vie pour ce qu'ils sont, peut-être devrait-elle au moins le faire au nom des victimes et de leur droit
à un procès et ce, bien que l'on sache que celui-ci demeure toujours sans rapport avec leur douleur et sans effet sur elle.

Le psychologue a averti la hiérarchie du refus opposé par la psychiatre à l'hospitalisation d'office. Il a également fait saisir la Commission nationale de déontologie de la sécurité pour que des explications soient données sur les conditions de ce passage à l'acte.

Psychologue diligent, fort bien noté jusque là, il recevait un avis défavorable à sa titularisation. Il s'était manifestement trompé de serment. Au centre pénitentiaire de Liancourt on n'est pas fidèle à Hippocrate, on l'est à la statuette : ne rien dire, ne rien entendre, ne rien voir.

http://www.rue89.com/derriere-le-barreau/2010/07/04/un-detenu-se-suicide-quatre-jours-apres-un-refus-dhospitalisation-157

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #5 le: 05 juillet 2010 à 14:25:19 »
Au sujet des prisons, celle de Draguignan risque de disparaitre (elle a été construite en zone inondable.) Évacués en catastrophe, les taulards sont actuellement dans d'autres prisons surpeuplées, notamment à Béziers.
En attendant une décision sur l'avenir de la maison d'arrêt, les gardiens font le ménage, et ils ont brièvement détenu les directeurs en otage...
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Hors ligne Val

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #6 le: 05 juillet 2010 à 15:14:13 »
Les prisons françaises sont dans une situation encore plus dramatique que tout le reste du service public déjà moribond, évidement parce qu'à part les familles des détenus (provisoires ou définitifs), le reste du monde considère, comme je l'ai déjà lu, que "c'est bien fait, et on va pas en plus leur offrir un palace"...  :berk2: :berk2:
Au delà de l'inhumanité totale de cette réponse, l'enfermement étant selon moi la pire chose qu'on puisse infliger à un être humain sur le long terme (bien sûr en excluant la torture à long terme), ça trahit vraiment une espèce de sentiment de fond qui fait froid dans le dos...
Outre le fait que les personnes qui ont ce genre d'opinion ne pensent absolument pas à eux mêmes. Le président de l'observatoire des prisons disait lui même que ceux qui sortaient de prison étaient des asociaux habités par la haine. Et ça, ce sont les conditions de détention qui produisent ce sentiment.
Les imbéciles qui pensent que c'est bien fait ont-il seulement réfléchi au fait que les gens qui sortent de prison sont bien plus endurcis, plus bien désespérés, et donc bien plus dangereux que ceux qui y entrent ? (en moyenne bien sûr, je ne parle pas des crimes majeurs...)
Ah oui, bien sûr, ne plus jamais les laisser sortir, bien sûr... T'as volé 5 euros, tu te prends un an ferme (véridique), parce que t'es "récidiviste", et d'ailleurs, "three strikes and  you're out"... Et bizarrement personne ne parle des gens qui passent du cambriolage au meurtre parce qu'ils ne veulent pas retourner en prison. Mais bon...
Manque de moyens criants, les personnels, les soignants, tout le monde hurle et tire la sonnette d'alarme mais le gouvernement est sourd comme au reste...
Pour l'instant, les français font preuve d'abnégation. Pour l'instant.
Mais ce gouvernement de bras cassés a besoin que les choses aillent mal, histoire de pouvoir agiter l'épouvantail de la prison devant les masses laborieuses. Et si ça se trouve, ça ne leur pètera même pas à la tronche... Vies brisées, vie perdues...  :taistoi:

Je prends immédiatement le contrepied d'un inévitable "mais alors tu veux pas les enfermer et les border aussi". Si, malheureusement, la prison reste nécessaire dans notre société. Mais pour l'instant elle est surtout le miroir de l'échec de tout le reste....

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #7 le: 18 janvier 2011 à 10:51:16 »
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Manifestation anticarcérale pour Bruno, Ivan et tous les autres !!! Mercredi 19 janvier à Besançon

    Tracts et affiche du rassemblement anti-carcéral pour les trois ans de l’affaire des fumigènes mercredi 19 janvier devant la Préfecture de Besançon.

 

Nous rappelons que cette affaire (des fumigènes artisanaux partaient en soutien au centre de rétention de Vincennes) a eu lieu il y a trois ans et que depuis, comme bon nombre d’autres prévenus, un militant originaire de Besançon subit la justice (4 mois et demi d’incarcération et un retour en prison en décembre dernier) sans aucun jugement et dans des conditions indignes.
 
Parce que la prison ne sera jamais une solution,

Luttons contre la politique carcérale !!!


 

    Dimanche 16 janvier 2011.

"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
Jacques Prévert

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #8 le: 18 janvier 2011 à 21:54:08 »
Quelles sont donc la solution, puisque la prison n'en sera jamais une ?

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #9 le: 20 janvier 2011 à 20:52:36 »
Ca ne sera en effet jamais une solution suffisante. Mais imaginer qu'il est possible de conserver la paix civile sans sanctionner très concrètement le meurtre, le viol etc, c'est juste débile. Et l'on a pas encore trouvé d'autres solution que la privation de liberté dans ce genre de cas, sachant que l'on a en balance d'un coté la liberté d'une personne de l'autre des vies humaines! Il faut clairement réformer intégralement l'environnement carcéral, et lutter sincèrement contre les dérives (ce qui n'est pas du tout le cas aujourd'hui) mais l'amnistie générale pour tous les criminels, faut avoir un manque criant de neurones.

Ou vivre dans wald disney pictures au quotidien.
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #10 le: 20 janvier 2011 à 20:58:47 »
Il y a la solution "aversion-therapy" comme subi par Alex (Orange Mécanique...)


On lui montre des films de ses propres meetings !
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #11 le: 20 janvier 2011 à 21:24:29 »
Quelle horreur...

Plus sérieusement, ce n'est pas une solution viable: la torture psychologique n'est pas autorisée par les conventions internationales.
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #12 le: 20 janvier 2011 à 22:00:43 »
C'est quelque chose pour laquelle je me suis également toujours posé la question.
On dit souvent que le milieu carcéral n'est pas une solution pour la réinsertion. C'est, je pense, exact en l'état actuel des choses.
D'autant plus que les mineurs, lorsqu'ils font un séjour en prison, pleurent lorsqu'ils y sont, et se vantent d'y avoir été lorsqu'ils en sortent (ben oui ils ne vont pas se vanter d'avoir pleuré...).
Mais je n'ai jamais trouvé que la prison était utile pour la réinsertion. Cependant elle est utile pour écarter les éléments "perturbateurs", "dérangeants" de la société.
A défaut d'etre mieux ça empeche d'etre pire.
Mais je ne vois pas non plus comment faire, quelle serait la méthode pour empecher les écarts de conduite.
Et pour ma part, avec ma mentalité de sale flic j'ai tellement fréquenté les victimes, et été moi même victime de choses atroces, que j'ai de plus en plus tendance à devenir adepte des méthodes radicales. Les voleurs, on leur coupe les mains, les violeurs les attributs, etc.
Ce n'est pas non plus une solution j'en conviens, mais c'est ce qui découle naturellement de mon ras le bol, de ma lassitude de la société pourrie dans laquelle nous vivons.
Bon, ceci dit, comme j'ai bon fond, j'autorise à ce qu'on ne coupe pas les deux mains des voleurs récidivistes célibataires ! Leur en laisser une peut toujours etre utile !  :mrgreen:

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #13 le: 20 janvier 2011 à 22:12:52 »
Je pense vraiment que, si des efforts sincères étaient faits pour améliorer les conditions de détention, la prison pourrait devenir une vraie solution. Mais cela demande d'énormes moyens, tant sur le plan matériel qu'humain et financier.

Ce pourquoi la première chose à faire reste la prévention de la misère. - Si les prisons deviennent des tremplins à la réinsertion, et qu'en dehors du milieu carcéral on continue à crever la gueule ouverte, on va avoir juste des gros problèmes. Offrir la prison comme porte de sortie la plus accessible est une connerie monumentale évidemment.

Nous ne sommes donc pas prêts de voir le bout... Mais nous avons du coup un indice certain des motivations qui poussent les gouvernements à ne surtout rien faire d'intelligent concernant les prisons: si ils souhaitent garder une bonne partie de la population dans la misère et sous contrôle au moins relatif, ils ne peuvent pas se permettre d'avoir des prisons un tant soi peu potables.
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #14 le: 28 janvier 2011 à 10:34:12 »
Elles sont très bien les prisons françaises, c’est l’apprentissage du vivre ensemble. Imaginez-vous à huit dans un huit mètres carré, comment ne pas devenir dingue ? Tout simplement en vivant en bonne intelligence ,en respectant l’autre, jamais un mot plus haut qu’un autre, éviter les disputes un exercice qui se pratique tous les jours et devient automatique très vite.
Une fois sorti vous êtes un modèle de tolérance , vous avez acquis la sagesse!

Quoi ? j’ai dit une connerie !
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #15 le: 28 janvier 2011 à 13:16:42 »
Non. Par contre, confondre connerie et cynisme est un crime. Je vais en informer l'autorité compétente.  :diable:
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #16 le: 28 janvier 2011 à 15:49:15 »

Désolée c’est une erreur dans le choix de la forme ,de l’attitude à adopter face à la réalité, ce genre de réflexion n’ est pas sorti de mon imagination,  c’est une histoire vraie.
Si j’avais écris par exemple que c’est arrivé à un copain de mon frère d’origine zaïroise ; 8 mois de prison parce que sans papier et sans papier parce que français né sur le territoire m’aurait- on cru ?  moi-même j’ai du mal à l’envisager ,les centres de rétention aussi pourris soient –ils : oui ,mais la prison dans des conditions  insupportables pour un gars  né en France.
Un ton cynique soit mais c’est sûrement pour mieux encaisser  parce que c’est révoltant (euphémisme) j’ai pas les mots.
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Re : Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #17 le: 28 janvier 2011 à 21:01:33 »
Elles sont très bien les prisons françaises, c’est l’apprentissage du vivre ensemble. Imaginez-vous à huit dans un huit mètres carré, comment ne pas devenir dingue ? Tout simplement en vivant en bonne intelligence ,en respectant l’autre, jamais un mot plus haut qu’un autre, éviter les disputes un exercice qui se pratique tous les jours et devient automatique très vite.
Une fois sorti vous êtes un modèle de tolérance , vous avez acquis la sagesse!

Quoi ? j’ai dit une connerie !

Décrit comme ça on dirait l'école de police.
8m² pour 4, avec douche sans eau chaude et pas de chauffage, interdiction de sortir, repas infects à heure fixe, réveils en pleine nuit une fois par mois pour exercices d'alerte incendie, etc.
DOnc non c'est pas une connerie, je suis un modèle de tolérance !  :mrgreen:

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Re : Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #18 le: 28 janvier 2011 à 22:31:20 »
Un ton cynique soit mais c’est sûrement pour mieux encaisser  parce que c’est révoltant (euphémisme) j’ai pas les mots.
... Ma réponse était une plaisanterie. J'aime le cynisme.  :merci:
Il n'y a aucune erreur ni dans le choix ni dans la forme. :super:
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #19 le: 28 janvier 2011 à 23:44:07 »
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Décrit comme ça on dirait l'école de police.
Comme on disait, dans mon temps, dans la Royale:
"T'as signé, t'as qu'à morfler"   :bigtong:

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Re : Re : Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #20 le: 29 janvier 2011 à 10:59:41 »
Elles sont très bien les prisons françaises, c’est l’apprentissage du vivre ensemble. Imaginez-vous à huit dans un huit mètres carré, comment ne pas devenir dingue ? Tout simplement en vivant en bonne intelligence ,en respectant l’autre, jamais un mot plus haut qu’un autre, éviter les disputes un exercice qui se pratique tous les jours et devient automatique très vite.
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Quoi ? j’ai dit une connerie !

Décrit comme ça on dirait l'école de police.
8m² pour 4, avec douche sans eau chaude et pas de chauffage, interdiction de sortir, repas infects à heure fixe, réveils en pleine nuit une fois par mois pour exercices d'alerte incendie, etc.
DOnc non c'est pas une connerie, je suis un modèle de tolérance !  :mrgreen:

Il y a aussi les surveillants pénitentiaires qui sont logés à la même enseigne, une cellule en guise de logement en attendant de trouver une HLM. A l’instar de Bernard Tapie ;  une chambre individuelle  :pasdrole: avec vue :salive: , oui monsieur ! exclusivement réservée au VIP.  :grrr:
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #21 le: 29 janvier 2011 à 21:42:03 »
Oui, on fait la meme chose dans les gardes à vues quelques fois...

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #22 le: 22 février 2011 à 18:41:01 »
une enquête ahurissante !!!
d'accord il y en a qui sont coupables .... mais hormis qu'ils 'paient' une certaine dette à la société a-t-on vraiment le droit de les rançonner dans les prisons ?

ça fait aussi penser au système américain qui délocalise aussi allégrement dans l'univers carcéral ....

http://www.lexpansion.com/economie/enquete-sur-le-cout-de-la-vie-en-prison_249294.html?xtor=EPR-175

"Mais, au-delà des prix pratiqués, les supérettes carcérales s'imposent aux détenus comme un point de passage obligé si l'on veut s'assurer un supplément alimentaire. "Pour un sportif, les repas servis en barquette par le prestataire privé ne suffisent pas. Certains détenus disposent de seulement 1 700 calories par jour, à peine plus de la moitié de leurs besoins"
"Il n'y a point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer", Beaumarchais

 La neutralité favorise toujours l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté » (E. Wiesel).

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #23 le: 28 février 2011 à 11:53:53 »
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Droits sociaux en prison

En prison, les droits des personnes ne sont pas respectés, ceux des malades encore moins. Malgré les promesses faites par le « plan sanitaire détenus », les personnes séropositives et coinfectéEs incarcéréEs subissent des conditions de détention déplorables et de plus en plus dures. Tour d’horizon des droits de ces prisonnièrEs.
L’ accès aux soins

Les prisonnièrEs sont prisEs en charge à 100% par un régime particulier de la Sécurité sociale. Quel qu’ait été le statut de la personne avant d’être incarcérée (travail, sans emploi, étudiantE, autre) elle se retrouve dans ce régime spécial. C’est l’Administration Pénitentiaire (AP) qui prend en charge les frais de santé des prisonnièrEs. Le service pénitencière d’insertion et de probation (SPIP) fait les démarches nécessaires dès l’entrée d’une personne en prison.

Le retour à la liberté s’accompagne de nombreuses difficultés pour retrouver le régime général. Avant toute libération, il est donc très important pour la personne incarcérée de faire une demande de réouverture des droits de protection sociale avec l’aide des conseillèrEs d’insertion et de probation (CIP) ou travailleurSEs sociaux.

Pour les étrangèrEs en situation irrégulière, la prise en charge se fait au titre de l’Aide Médicale d’État (AME).

Il n’y a aucun ticket modérateur à payer même si certains frais restent à charge (tous les dépassements de tarif des médecins ou laboratoires d’analyse, les actes ou interventions chirurgicales non codifiés, appareillages, prothèses).

Lorsqu’une personne incarcérée est déclarée indigente, une partie des frais de prothèses peut être prise en charge par l’AP, la prothèse doit être médicalement justifiée et prescrite par le/la médecin de l’Unité de Consultations et de Soins Ambulatoires (UCSA).
Le droit aux allocations

L’entrée en prison a des conséquences sur les prestations sociales :

- Allocation Adulte Handicapé (AAH) : si elle est déjà perçue avant l’incarcération, elle est réduite à 30% de son montant au-delà du 60ème jours d’incarcération, sauf si son/sa bénéficiaire a une personne à charge (enfant ou ascendant) ou si son/sa conjointE/pacséE ne travaille pas. Pour faire une demande, s’adresser à unE CIP.

-  Allocations chômage : l’entrée en prison induit automatiquement une radiation du Pôle Emploi.
UnE salariéE incarcéréE pour une courte durée voit son contrat suspendu sauf si l’employeur prouve que son absence ou les faits sanctionnés pénalement entravent le bon fonctionnement de l’entreprise.
Pour unE salariéE incarcéréE pour une longue durée, il y a licenciement avec indemnités. (La Cour de cassation a admis par le passé que cette incarcération constituait un cas de force majeure mais il y a eu revirement de jurisprudence et désormais l’employeur doit respecter la procédure de licenciement et verser l’indemnité de licenciement légale ou conventionnelle de licenciement.)
Dans le cadre d’une détention provisoire reconnue injustifiée par la Commission de l’indemnisation des détentions provisoires le/la salariéE licenciéE suite à son incarcération peut être indemnisé (articles 149 à 151-1 du Code de Procédure Pénale et l’arrêt de la Cour de Cassation Chambre Sociale du 2 février 2003, circulaire JUSD0330079C du 30 mai 2003 « présentation des dispositions relatives à la réparation des détentions provisoires injustifiées »).

- Revenu de Solidarité Active (RSA) : une personne écrouée n’y a pas droit, sauf si elle est en semi-liberté, en placement extérieur ou sous placement électronique.
Pour une personne seule qui touchait le RSA avant d’être incarcérée, la suspension intervient au bout du 60ème jour d’incarcération. Si la personne est mariée, pacsée ou a des enfants à charge, le montant est recalculé.

- Allocations familiales : elles sont maintenues et recalculées en tenant compte de l’absence du/de la prisonnièrE de son foyer.
Les femmes incarcérées avec leur enfant de moins de 18 mois peuvent percevoir l’Allocation de Soutien Familial (ASF). La demande doit être faite auprès de la CAF dont dépend l’établissement pénitentiaire.

- Allocations vieillesse & Pension d’invalidité : le droit aux assurances vieillesses, pension d’invalidité et retraites n’est pas modifié.
Seules les prestations à caractère alimentaire (soumises à conditions de ressources) sont suspendues pendant l’incarcération.
Pour éviter un long délai, avant de les recevoir à nouveau, lors de la libération, il faut entamer les démarches durant l’incarcération, en faisant appel au SPIP.
A la sortie

- L’allocation Temporaire d’Attente : les personnes y ont droit si la peine purgée a été au moins de 2 mois, si elles sont inscrites en tant que demandeuses d’emploi et si elles perçoivent un revenu inférieur au montant du RSA.
Elle est fixée à 10,67€ par jour et versée pendant 12 mois sous réserve que les conditions de son octroi soient toujours remplies.

http://www.actupparis.org/spip.php?article4405

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #24 le: 28 février 2011 à 16:04:05 »
Et lorsqu'un détenu incarcéré a besoin d'etre transporté à l'hopital pour divers soins médicaux, allant de l'opération chirurgicale à la simple prise de sang en passant par la consultation avec un spécialiste (oui car dans certains établissements pénitentiaires ils ne font pas de prise de sang sur place), nous sommes obligés de fermer un commissariat de police (c'est à dire d'envoyer la patrouille à l'hopital et donc de repousser le délai d'intervention pour les missions de police secours d'une dizaine d'heures environ) pour assurer la sécurité de l'hopital et chouchouter le malade. Et je ne vous parle même pas des détenus considérés comme étant dangereux qui eux mobilisent encore plus de personnels et parfois même le RAID, avec toutes les précautions que cela nécessite (escorte de plusieurs véhicule, fermeture de tout un étage de l'hopital, dizaines de fonctionnaires mobilisés, etc). Mais ça, ce n'est pas eux qui le paie

Supprimons leur tout bonnement l'accès aux soins, on fera des économies !  ;)

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #25 le: 28 février 2011 à 16:18:13 »
Pour abonder dans le sens de sven:

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Le budget des policiers a baissé de 28% en trois ans

Les policiers essonniens sont en colère. Sommés de faire des économies, ils sont contraints de rogner sur les dépenses informatiques ou automobiles. Et les effectifs ne cessent de fondre.

Ce n’est pas encore une rébellion. Néanmoins, dans les rangs de la police du département, la colère gronde. Soumise aux mesures d’économie, comme toute la fonction publique d’Etat, la police essonnienne a vu son budget de fonctionnement fondre pour 2011 : 3,8 M€, là où elle disposait encore de 5,3 M€ il y a trois ans.

Résultat : dans les commissariats, il va falloir se serrer encore un peu plus la ceinture.

Cette année, toutes les dépenses en informatique sont gelées. Le parc automobile va être réduit de 16 voitures, notamment celles dont les réparations coûtent trop cher. Dès son arrivée en 2009, le patron des policiers essonniens avait d’ailleurs introduit une charte exhortant ses hommes à plus de prudence au volant : les accidents lui coûtent 100000 € par an.

Toutefois, ce qui fait vraiment grincer des dents, c’est, en plus des moyens de fonctionnement, la baisse des effectifs. Officiellement, on ne compte que 25 policiers de moins par rapport à l’an dernier, sur un effectif global de 2000 hommes. Un chiffre minimisé, selon Claude Carillo, secrétaire départemental du syndicat Alliance.

Selon lui, « il faudrait un renfort de 200 hommes pour fonctionner normalement dans les commissariats ». La circonscription de Palaiseau, par exemple, va tomber à 170 policiers en fin d’année, soit une perte de 50 hommes en l’espace de quatre ans. Et l’activité du poste de police d’Orsay va être réduite. « On danse sur un volcan, résume un gradé. Il n’est pas rare qu’on doive faire sauter des jours de formation, voire de congés. Les conditions de travail se détériorent, il y a un malaise. »

Dernièrement, des fonctionnaires ont bien été recrutés, mais il s’agit d’adjoints de sécurité qui n’ont que trois mois de formation. « Les économies se font tous azimuts. Quand a on a du gras, on peut maigrir un peu mais, là, on est déjà presque à l’os », estime un autre policier. « Question d’organisation », estime pour sa part Jean-Claude Borel-Garin, le directeur départemental de la sécurité publique, bien obligé de « rentabiliser les effectifs » et de « mutualiser ». Récemment, le patron de la police a créé une unité qui s’occupe exclusivement d’accompagner les prévenus au tribunal pour soulager les commissariats.

Une mesure saluée par les policiers… qui redoutent d’autres réformes : celle de la garde à vue — « il y aura forcément plus de paperasse à remplir », jugent-ils — et celle de la médecine légale. En effet, presque tous les gardés à vue exercent leur droit de voir un médecin. Par souci d’économie, SOS Médecins ne viendra plus, mais les policiers devront se rendre à l’hôpital. « On va perdre un temps fou! » s’insurge un commandant. « Beaucoup de commissariats ont un hôpital proche, où nous pourrons nouer des partenariats », rassure Jean-Claude Borel-Garin, qui va également négocier avec la procureur d’Evry pour faire appel à SOS Médecins dans certains cas.

Pour autant, les mesures de regroupement devraient se poursuivre. Il se murmure que plusieurs commissariats, notamment dans le Val d’Yerres, pourraient fermer dans les années à venir.


Le Parisien

Comment vont-ils faire, avec leur multiples fichiers, s'ils n'ont pas d'ordinateur pour les consulter et les mettre à jour ?
« Modifié: 28 février 2011 à 16:22:18 par sarkome »

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #26 le: 28 février 2011 à 19:00:08 »
Et encore, si tu savais mon pauvre sarkome dans quelle merde nous sommes.
Un ordinateur sur 3 ne fonctionne pas, 3 véhicules sur 4 sont inutilisables (nous, on a la chance d'avoir 4 véhicules en état de marche à notre disposition. Un sérigraphié et trois banalisés dont deux sont réservés aux commissaires); nous avons une imprimante pour 5 ordinateurs (c'est à dire que lorsque l'on imprime une plainte il faut traverser tout le commissariat pour aller chercher l'exemplaire imprimé et donc faire patienter le plaignant 5 bonnes minutes); un parking intérieur dont une partie du sol s'est effondré il y a environ 4 mois de cela et dont les réparations n'auront pas lieu cette année puisque le budget de 2011 n'est pas suffisant et est de toute façon déjà totalement dépensé; pas d'éthylomètre en état de marche; plus ni lave glace-ni huile moteur (si l'on a besoin de faire des compléments nous sommes obligés d'acheter sur nos deniers personnels ou d'aller faire l'aumone dans un garage).
Et en plus de cela il faut trois semaine pour changer un néon qui ne marche plus; nous avons des caméras de sécurité qui ont pour but de nous permettre de surveiller les issues du commissariats mais le matériel est tellement haut de gamme que nous sommes obligés de nous déplacer parce qu'on ne voit strictement rien aux caméras; des murs qui tombent en ruine; des armoires fortes qui ne sont pas aux normes; des bureaux ou l'on a honte d'y recevoir les plaignants; pas de salle spéciale pour l'entretien avec un avocat ou l'examen médical des gardés à vue (alors on fait ça dans le bureau des plaintes après avoir pris soin de le vider dans sa quasi intégralité); des chaises qui sont en réalités récupérées sur les trottoirs le jour des encombrants; on accumule les centaines d'heures supplémentaires sans pouvoir les poser parce que l'on est rappelé sur nos jours de congés; on perçoit nos primes (par exemple prime pour acte de bravoure) plusieurs mois voire années après l'acte en question parce que si l'on meurt avant de la percevoir ils n'auront pas à nous la verser; et si l'on gagne une médaille (toujours pour acte de bravoure), c'est à nous de nous l'acheter, etc.
Et la liste des trucs pourris pourrait etre encore plus longue encore mais j'ai pas le temps !  :mrgreen:
Et en ce qui concerne le personnel, c'est simple. Dans le département ou je bosse ( qui se trouve en région parisienne donc je n'ose imaginer pour la province), 100 postes de supprimés par ans et ce sur les 3 prochaines années (Cependant y a du progrès l'année dernière c'était 150).
Et le pire c'est qu'ils remplacent de plus les policiers par des administratifs (qui ne sont pas policiers et n'ont donc pas le droit à la prime de risque) ou des ADS (qui eux sont des demi-policiers puisqu'ils font le même travail que nous alors qu'ils n'en n'ont légalement pas le droit parce qu'ils s'agit de CDD).
Menfin là y a plus de rapport avec les prisons ^^

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #27 le: 17 avril 2011 à 10:37:20 »
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Un détenu se suicide avec son kit anti-suicide

Un jeune détenu de 23 ans est mort après s’être pendu en utilisant son kit anti-suicide, jeudi au centre pénitentiaire du Havre.

Le jeune homme, qui avait été placé dans une cellule du quartier disciplinaire, «a roulé comme un journal» le pyjama en papier déchirable de son kit de protection, qui est ainsi «devenu plus dur», a expliqué Jean-Philippe Lemaitre, secrétaire local UFAP-UNSA et surveillant à la prison du Havre.

Le détenu a ensuite utilisé le pyjama pour se pendre à des barreaux, selon Jean-Philippe Lemaitre, qui a précisé que le jeune homme avait déjà tenté à plusieurs reprises de se suicider. Il s’agit selon lui du deuxième suicide dans cet établissement, inauguré il y a un an, en avril 2010.

Une série de mesures destinées à lutter contre le suicide en prison avaient été instaurées en 2009. Parmi les dispositions figurait la généralisation de ces «kits de protection» destinés aux détenus susceptibles d’attenter à leurs jours, et contenant notamment des matelas anti-feu et des pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons.

Le parquet du Havre a indiqué avoir ouvert une information judiciaire après la mort du détenu.

Jeudi matin, des surveillants du centre pénitentiaire, situé à Saint-Aubin-Routot (Seine-Maritime) à une quinzaine de kilomètres du Havre, avaient manifesté devant la porte de l’établissement pour dénoncer le manque de moyens humains, selon le syndicaliste. «Si on avait plus de personnels, on pourrait davantage discuter avec les détenus, plus détecter les personnes à risque», a affirmé Jean-Philippe Lemaitre. «Des fois, ça évite le passage à l’acte», a-t-il dit.

«Il faudrait 184 surveillants en théorie, il y en a 176 en pratique» au centre pénitentiaire du Havre, a-t-il regretté en précisant qu’«on est déjà quasiment à la capacité maximale de 690 détenus, on va atteindre des records bientôt», a-t-il assuré.

(Source AFP)

Et bon dimanche...  :triste1:
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #28 le: 05 mai 2011 à 21:07:04 »
Un pyjama en papier... Mais quel est l'imbécile qui s'est figuré que ce n'était pas utilisable pour se pendre?  8|
Remarquez, il n'est pas impossible que cela en décourage certains, soit les moins intelligents.
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #29 le: 17 mai 2011 à 10:36:09 »
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Rhône: nouveau suicide à la maison d'arrêt de Corbas

Publié le 15.05.2011, 19h59

Un détenu de 45 ans s'est pendu dimanche après-midi dans sa cellule à la maison d'arrêt de Corbas, près de Lyon, a-t-on appris de source proche des autorités pénitentiaires et des pompiers.
Aucune précision sur les circonstances du suicide n'a été transmise par l'administration pénitentiaire.
Dans un bilan daté du 11 mai, l'association Ban Public, qui étudie les problématiques de la détention, a enregistré 31 suicides ou morts suspectes dans les prisons françaises depuis le début de l'année.


Source
Aboutd'nerf-iste

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #30 le: 17 mai 2011 à 10:50:54 »
La télé vient de parler de ce qu'avait eu DSK au petit-déjeuner à Rykers... :triste1:
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #31 le: 17 mai 2011 à 11:24:19 »
La prison aux É-U ça vous change un homme...
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #32 le: 17 mai 2011 à 11:52:23 »
31 décès depuis janvier c'est énorme... ce n'est pas parce qu’on est en prison qu'on a pas le droit à un minimum de dignité, les prisons françaises ont été épinglés par diverses associations mais l'état s'en fiche, dans un état hyper sécuritaire ou ils faut condamner à tout prix que les prisons soient pleine ou pas .
« Modifié: 17 mai 2011 à 11:55:30 par raja »

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #33 le: 17 mai 2011 à 12:29:17 »
À Riker's Island, là où séjourne actuellement DSK, on a un moyen de 200 décès par an, la plupart poignardé.
On commence à rattraper notre retard sur la présomption d'innocence, pour les décès il y a encore de la route à faire.
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #34 le: 17 mai 2011 à 16:30:24 »
Dans la prison new-yorkaise de Rikers Island

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Dans la prison new-yorkaise de Rikers Island, ils l'appelaient "The Frenchy". Les autres étaient afro-américains, hispano-américains. Il y avait aussi deux Américains blancs. Et lui, Franck Moulet, 27 ans, originaire des Bouches-du-Rhône, étudiant aux Beaux-arts, était seul dans son genre. Personne, parmi ses codétenus, n'avait l'air de comprendre ce que le Frenchy faisait là. Si seulement il l'avait su lui-même.
L'histoire commence le 10 janvier à bord d'un avion de l'American Airlines. Vol Saint-Domingue-New York. Franck Moulet s'attarde dans les toilettes. Une hôtesse tambourine à la porte. Et l'entend s'exclamer, alors qu'il regagne son siège : "Oh merde ! La bombe que j'ai posée dans les toilettes n'a pas fonctionné !" Version contestée par Franck Moulet : "Je n'ai jamais utilisé le mot bombe. J'ai juste dit (sic) : "My shit don't explose" (Ma merde n'explose pas)". Une nuance qui échappe aux policiers. Inculpé pour "fausse alerte à la bombe", Franck Moulet est d'abord incarcéré à La Barge, un bateau-prison amarré face au quartier du Bronx ; puis transféré au centre pénitencier de Rikers Island. Jugé devant le tribunal du Queens, il plaide coupable et s'en tire avec une amende de 595 dollars pour " comportement anormal ".
Vingt jours de détention pour avoir fait de l'ironie : Franck Moulet est arrivé à Roissy vendredi 30 janvier au matin. Il passait le soir même sur Canal+, avec Emmanuel Chain. L'émission terminée, à bout de nerfs, il semblait vidé. Et puis soudain, c'est sorti. Cette vie en prison, il fallait qu'il la raconte. Les yeux hagards, il parle vite, pleure facilement. Ne s'arrête plus. Il veut raconter Rikers Island.
C'est un nom qui revenait beaucoup dans la bouche de ses codétenus de La Barge. Et Franck Moulet l'avait compris : il fallait se réjouir de ne pas être à Rikers Island. Une île-prison, comme un château d'If entre le Queens et Manhattan. Population : délinquants confirmés, peines minimales de quatre ans. "En espagnol, se souvient-il, ils l'appelaient "La Rocca", le roc. Ils disaient que c'était la loi de la jungle, là-bas. L'endroit où il ne fallait pas aller. Quand on m'a annoncé que j'étais transféré là, quand le fourgon a passé le pont, j'ai repensé à tout ce qu'ils disaient. Je me suis dit : c'est mon dernier jour. " Il n'arrive plus à parler, le son ne vient plus, les larmes coulent.
Il se reprend : " Il y avait un grand dortoir. Des WC sans portes donnaient dessus. On était cinquante. Quand je suis arrivé, ils ont compris que je n'étais pas de ce monde-là. Ma chance, ça a été deux phrases, deux conseils. Il y en a un qui m'a dit : "Don't move and look" (Ne fais rien et regarde). Et un autre, en espagnol : "C'est à la roue qui grince le plus qu'on donne le plus d'huile". Ça voulait dire : celui qui fait du bruit, on va s'occuper de lui." Il a vu ce qui arrivait à une roue grinçante.
Quelqu'un a enfreint le règlement : un Hispano a utilisé le téléphone "en dehors de ses heures permises". Il explique : "Le groupe des Hispanos avait la priorité. Ils étaient constitués en gang, c'est eux qui dominaient. Entre eux, il y avait une hiérarchie. Les autres ethnies passaient après. Celui qui a utilisé le téléphone sans permission s'est fait massacrer... par sa propre bande. Ils lui sont tombés à quatre dessus. Les gardiens étaient présents. Ils ont tout vu. Ils ont juste demandé : "what's happened ?" (qu'est-ce qui s'est passé ?). Le type qu'ils massacraient s'est levé, a dit "rien", et les gardiens sont partis. Ils n'ont pas bougé d'un pouce." Franck Moulet a su éviter les coups. Sauf celui d'un policier, affirme-t-il, sur l'oreille gauche, à la sortie de l'avion. Mais à Rikers Island, il appliquait ferme le "Don't move and look", la règle d'or des rescapés. "J'ai fait comme on me disait. J'essayais de comprendre. J'observais. Je voyais quand je pouvais aller prendre une douche, laver mes affaires. Je passais surtout du temps sur mon lit."
"NE FAIS JAMAIS ÇA, JAMAIS !"
Ce sont les Afro-Américains, raconte Franck Moulet, qui l'ont le plus aidé. "Ils m'ont donné à manger, invité dans leur groupe, conseillé sur ce qu'il fallait répondre ou ne pas faire. Il y avait des gestes à éviter. Une fois, j'ai mis les mains sur les hanches, l'un d'eux a crié : "ne fais jamais ça, jamais !" Ce n'était pas assez viril pour la prison, on pouvait se faire massacrer pour ça. Il fallait aussi faire des exercices, cinquante pompes par jour. "Tu dois être fort", c'était la règle." Il précise, sèchement : "Les viols, non, il n'y avait pas de ça. C'était une violence de pouvoirs."
Me Olivier Morice, l'avocat français de Franck Moulet, ne s'explique toujours pas son transfert de la prison du Bronx à celle de Rikers Island, où se purgent les lourdes peines. Ni la durée de son incarcération. "Vouloir inscrire cette affaire dans le cadre des relations franco-américaines [qui se sont dégradées avec la guerre en Irak, ndlr], affirme de son côté le Quai d'Orsay, n'a tout simplement aucun sens". Franck Moulet, lui, ne mettra plus les pieds aux Etats-Unis. "Jamais."
Contrairement à Franck Moulet, Dominique Strauss-Kahn bénéficie à Rikers Island de conditions de détention particulières. Admis dans le West Facility, une unité spécialisée dans la détention de prisonniers souffrant de maladies transmissibles, DSK est complètement à l'écart de la trentaine de détenus de ce centre. "Il ne s'agit pas d'isoler un détenu de tout contact humain, il s'agit de s'assurer qu'un détenu n'est pas agressé d'une manière quelconque en raison de sa célébrité", a expliqué un porte-parole sous couvert de l'anonymat.


http://www.lemonde.fr/dsk/article/2011/05/17/le-recit-d-un-francais-detenu-en-2004-a-rikers-island_1523130_1522571.html#ens_id=1522342
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #35 le: 17 mai 2011 à 18:38:09 »

Vous avez remarqué ? La Liberté tourne le dos aux USA !

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #36 le: 17 mai 2011 à 18:39:28 »
Je préfère citer Patrick Timsit : "la liberté a sa statue aux États-Unis...C'est là-bas qu'elle est enterrée".
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #37 le: 17 mai 2011 à 18:58:55 »
C'est sympa ! Pour une fois que j'assénais une pensée d'une grande profondeur...

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #38 le: 17 mai 2011 à 19:02:54 »
Mille excuses. :taistoi:
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #39 le: 08 août 2011 à 04:58:25 »
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07/08/2011
Mort de Pierre-Just Marny après 48 ans de détention

Pierre-Just Marny, qui venait d’avoir soixante-huit ans samedi 6 août, a été retrouvé mort dimanche matin dans sa cellule du Centre pénitentiaire de Ducos (Martinique), a annoncé le directeur de l’établissement. Il était le plus ancien détenu de France, ayant été emprisonné en 1963 puis en 1965, et très brièvement en liberté en 1965…

Prison-Marny 48 ans derrière les barreaux. Etrange record au “Pays des Droits de l’Homme”, devant celui de Lucien Léger, mort en juillet 2008 après 41 ans de détention, trois ans de liberté, et sans reconnaissance du caractère «inhumain» de sa détention.

Surnommé la Panthère noire en raison de son agilité à échapper aux forces de l’ordre, Pierre-Just Marny avait été condamné en 1969 à la perpétuité par la cour d'assises de la Seine pour un braquage qui avait mal tourné en Martinique.

Alors qu’il recherchait en 1965 ses complices qu’il soupçonnait de l’avoir dénoncé deux ans plus tôt (ce qui lui avait valu une première condamnation pour vol à quatre ans, dont deux avec sursis), il avait tué deux hommes et un bébé (par accident) et blessé quatre autres personnes. Effectuant l’essentiel de sa peine de réclusion «à perpétuité» en France métropolitaine, dont 32 ans dans une unité psychiatrique à Montfavet (Vaucluse), il passait dans une prison “normale” en mars 2007, puis était transféré en Martinique en mai 2008.

Une demande de grâce présidentielle avait été déposée par ses avocats actuels, dont la réponse n’était pas connue lors de son anniversaire. En juin 2010, il avait bénéficié d’une permission de sortie de… six heures. Une “faveur” qui lui avait été refusée en mars 2011 par le juge d’application des peines.

Il refusait de retourner en France métropolitaine pour se faire examiner, selon OrangeNews. Pourtant, la libération à laquelle il pouvait prétendre devait,  de par la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté, l'envoyer une nouvelle fois devant le Centre National d'Observation (CNO) de Fresnes, où il s'était déjà rendu en 2007 afin de passer de la détention psychiatrique à la détention ordinaire.

«Aucun autre condamné n’a eu à subir la même sévérité, ce qui a pu donner le sentiment à la communauté antillaise, dont ce Martiniquais était issu, qu’il avait même trop payé», relève dans un communiqué Claudy Siar, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, qui pécise qu'il s'était «saisi de ce dossier dès son entrée en fonction», le 1er avril dernier.

Fabien Abitbol

A lire : l’Affaire Marny dans le contexte des années soixante, sur le site du PKLS (Parti communiste pour l’Indépendance et le socialisme)

• Mise à jour de 20h00: ajout de la réaction de Claudy Siar


Source

Il avait une vingtaine d'années à l'époque... Une vie derrière les barreaux, qu'il repose en paix de l'autre côté de la rive. :merci:

Je poste ici car sa situation évoque bien l'enfer carcéral... Il s'est apparemment suicidé...
Et vous conseille de lire le lien en bas d'article qui éclaire un peu plus sur le contexte qui  l'a amené là... :fleur2:
« Modifié: 08 août 2011 à 05:03:24 par Le sang coule »
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #40 le: 08 août 2011 à 07:24:51 »
Mouais...
D'après ce que je sais de l'affaire, à l'issu de ses deux premières années de prison il avait obtenu une libération provisoire pour quelques jours (il n'avait donc pas fini sa peine), de là il s'est enfui, a commis un braquage dans lequel sont mort trois personnes dont un enfant de 3 ans, et a blessé 4 autres personnes. Une fois interpellé, il s'évade à nouveau pendant 9 jours avant d'etre encore interpellé. Il est condamné à perpet (tout le monde sait que perpet ça ne veut rien dire).
En détention, il fera une nouvelle tentative d'évasion et se rendra coupable de violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique entrainant une infirmité permanente, en crevant l'oeil d'un gardien (d'ou une nouvelle condamnation).

Moi perso, un gars condamné pour triple homicide, qui essaie de s'enfuir plusieurs fois de prison et qui rend infirme un gardien de prison, je ne lui souhaite que de mourir en prison. Accorder une seconde chance aux gens je suis pour. Mais 2 ça ne veut pas dire une infinité.
De toute façon les peines comme celles là on n'en voit plus maintenant donc...

Hors ligne Val

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #41 le: 08 août 2011 à 08:18:23 »
Heu... Là, je suis plutôt de l'avis de sven... Non que je ne sois pas touchée par le contexte de base, celui avant qu'il commence à voler des voitures, mais ensuite, il semble clairement qu'il paie les conséquences de ses actes...
Je trouve un peu facile le "il tue deux hommes et un bébé (par accident)", comme si l'accident excusait tout. Le reste est aussi un choix de sa part. Il aurait pu purger les quatre ans de peine et sortir ensuite à 25 ans.
Je ne sais pas comment j'aurai régi à sa place, certes. Mais je ne pense pas que le suicide reflète l'enfer carcéral, plutôt simplement le fait d'être en prison trop longtemps (qui est un enfer en soi, la privation de liberté étant la pire peine à infliger selon moi, c'est pour ça qu'elle existe...).
"aucun autre condamné n'a eu à subir la même sévérité". Ah ? Est-ce que les autres condamnés s'étaient évadés deux fois et avaient tué trois personnes ?
 :merci: :merci: :merci:

Ca ne change rien au fait qu'il faut améliorer l'état des prisons et en faire simplement des lieux d'enfermement, et non des lieux de torture mentale par surpopulation et vétusté. Un minimum d'humanité et de prise en charge ne change rien à la peine.

Il n'est pas dit dans l'article s'il était malade ou s'il allait mourir. Je peux comprendre pour ses proches la demande de grâce présidentielle. mais je ne regrette pas qu'il ait passé du temps en prison. Paix à son âme cependant.  :merci: :merci: :merci:

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #42 le: 08 août 2011 à 09:08:13 »
Voilà, je fais court parce que j'ai la tête dans le ... :hehe:, du coup on dirait que je fais limite l'apologie du crime... Je m'en rends compte en relisant que c'est pas clair ce que je raconte.

Merci sven et Val de m'obliger à développer.  :merci:

Citation de: sven
Moi perso, un gars condamné pour triple homicide, qui essaie de s'enfuir plusieurs fois de prison et qui rend infirme un gardien de prison, je ne lui souhaite que de mourir en prison.

Si je comprend et adhère assez au reste de ton post, je ne suis pas d'accord avec la position que tu défends. La peine de prison est une réponse pénale, qui correspond à une dette à payer envers la société, pour avoir enfreint les lois. Elle est proportionnelle à cela donc, et non à ce que peuvent ressentir les proches et la populations envers les victimes. Pour obtenir réparation, les victimes ou leurs proches peuvent porter l'affaire au civil. Si les dommages et intérêts ne ramèneront malheureusement jamais les êtres chers, c'est ainsi que marche la Justice. Souhaiter la mort en prison, relève plutôt de la vengeance. D'ailleurs, étant radicalement opposée à la peine de mort, je ne peux souhaiter la mort d'un criminel en prison, qui revient pour moi à une mort lente et douloureuse.  :triste1:

Citation de: Val
Je trouve un peu facile le "il tue deux hommes et un bébé (par accident)", comme si l'accident excusait tout.

Si j'ai bien compris les deux articles, il est parti à la recherche de ses complices qu'il n'avait pas dénoncé pour le vol de voitures en bande, et qui, une fois sorti de prison, ont refusé de lui donner l'argent qui lui revenait. Je ne dis pas que c'est bien, loin de là, mais il y avait peut-être de quoi "péter un plomb". Ca ne ressemble pas un acte raisonné, mais plutôt à un geste de colère impulsif... Pour d'autres sentiments on parle bien de "crime passionnel", pourquoi serait-il plus sensé et réfléchi pour un acte commis sous le coup d'une colère incommensurable ? Je répète, je ne dis pas que c'est bien, ni que j'aurais agi de la sorte, mais je peux comprendre son geste. Ce qui ne m'empêche d'ailleurs pas de le condamner...
Pour "l'accident", je ne le comprend pas comme toi, mais plutôt comme quelque chose qu'il ne voulait pas, il a d'ailleurs exprimé des regrets à ce sujet apparemment. Sans l'excuser, l'acte reste le même (=aussi grave), mais l'intention diffère et perso pour moi c'est quand même différent d'un pervers qui va jouir d'avoir donner la mort et s'en gargariser, type le malade de Norvège.


Citation de: Val
Mais je ne pense pas que le suicide reflète l'enfer carcéral, plutôt simplement le fait d'être en prison trop longtemps (qui est un enfer en soi, la privation de liberté étant la pire peine à infliger selon moi, c'est pour ça qu'elle existe...).
Il n'y avait pas de lien de cause à effet entre ma phrase sur l'enfer carcéral et celle sur le suicide. ;)
Cela dit, le suicide est souvent en lien avec des troubles psychologiques qui apparaissent ou se développent au cours de l'enfermement, pour des raisons intrinsèques que tu évoques (privation de liberté) largement aggravées par les conditions de détention (surpopulation = pas d'intimité, ni physique ni psychique etc.).


Citation de: Val
mais je ne regrette pas qu'il ait passé du temps en prison
Je ne dénonçais pas qu'il passe du temps en prison, il est normal qu'il paie sa dette à la société au vu de notre système judiciaire. Par contre, plus de quarante ans de prison, pour des actes commis à 20 ans alors qu'il en avait bientot 70 ? Ben, je trouve ça cruel. Il avait déjà depuis quelques années perdu sa vie, puisqu'il n'avait pas connu avoir des collègues ou pas, rencontrer une femme ou un homme ou pas, avoir des enfants, petits-enfants, ou pas, etc bref les différentes étapes qui construisent une vie. (j'ai fait schématique, of course :cote:)

En fait, voilà ce que m'inspire la mort de cet homme :
A quoi sert la prison, si elle n'est pas suivie d'une réinsertion au sein de la "cité" ? La prison est aussi là pour permettre au détenu de réfléchir sur ses actes, de s'en amender, et de construire les choses autrement par la suite. Sinon, c'est simplement punitif, et ça je trouve que ça manque d'humanité. :merci: :merci: :merci:
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #43 le: 08 août 2011 à 09:42:20 »
D’accord avec le sang.  :super:


@  Sven et val

Qui peut dire que  48 ans de prisons sont mérités ? Qui ?
De prime abord des circonstances atténuantes ont été retenues sinon on lui aurait tranché le coup. Alors 48 ans……
Déjà 32 ans en unité psychiatrique, cela voulait peut être dire que le gars avait un grain ? Je ne sais pas comme tous ceux qui n’ont pas assisté au procès, mon avis est donné sans que je connaisse tous les détails de l’affaire, par conséquent  je ne me permettrais pas de rejuger une seconde fois cet homme, vous feriez mieux d'en faire autant car vous me faites penser aux bas du front. 8/

Aussi il faut rester prudent. :merci:

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Re : Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #44 le: 08 août 2011 à 10:57:14 »
Si je comprend et adhère assez au reste de ton post, je ne suis pas d'accord avec la position que tu défends. La peine de prison est une réponse pénale, qui correspond à une dette à payer envers la société, pour avoir enfreint les lois. Elle est proportionnelle à cela donc, et non à ce que peuvent ressentir les proches et la populations envers les victimes. Pour obtenir réparation, les victimes ou leurs proches peuvent porter l'affaire au civil. Si les dommages et intérêts ne ramèneront malheureusement jamais les êtres chers, c'est ainsi que marche la Justice. Souhaiter la mort en prison, relève plutôt de la vengeance. D'ailleurs, étant radicalement opposée à la peine de mort, je ne peux souhaiter la mort d'un criminel en prison, qui revient pour moi à une mort lente et douloureuse.

J'ai peut etre mal exprimé moi aussi ma pensée.
Je suis également opposé à la peine de mort. Pas à la peine de prison à vie (différente de la réclusion criminelle à perpétuité qui elle ne sert qu'a faire croire qu'il existe encore un semblant de justice). Quand un criminel prouve à de multiples reprises qu'il n'est pas capable de lui même de se remettre en question, d'éprouver des remords, et de se réinsérer dans la société je suis pour qu'on l'écarte définitivement du reste de la population (et donc de ses victimes potentielles). Là, on peut parler d'erreurs de jeunesse, d'enfance difficile, de tout ce qu'on le veut, après 48 années de réclusion criminelle, il n'a éprouvé du remord que pour l'enfant qu'il avait tué. Pas pour les deux autres morts, les 4 blessés ou le surveillant pénitentiaire. Les 48 années ne lui ont donc peut etre pas laissées assez de temps de réflexion. Ou peut etre qu'il n'éprouvait pas de remords parce que de son point de vue ses victimes méritaient ce qu'il leur était arrivé. Je n'en sais rien. Le fait que je lui souhaite de mourir en prison ne veut pas dire que je lui souhaite de mourir tout simplement. Simplement je trouve idiot et même irresponsable de remettre en liberté des personnes qui ont à maintes reprises prouvé qu'elles ne pouvaient vivre en société sans foutre le bronx.

Après, en ce qui concerne la réponse pénale à une infraction elle n'est que très rarement proportionnelle au crime ou au délit commis puisqu'elle va dépendre de l'avis du juge, du pouvoir de persuasion de l'avocat, des réquisitions du proc, de la législation, etc. C'est comme ça que sur la route le fait de rouler en voiture sur le trottoir pour faucher des piétons afin de faire cesser une poursuite de police ( donc infraction de mise en danger délibérée de la vie d'autrui) est passible d'une année de prison (oui, la tentative de meurtre pour échapper à la police c'est une année de prison au max).

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Si j'ai bien compris les deux articles, il est parti à la recherche de ses complices qu'il n'avait pas dénoncé pour le vol de voitures en bande, et qui, une fois sorti de prison, ont refusé de lui donner l'argent qui lui revenait. Je ne dis pas que c'est bien, loin de là, mais il y avait peut-être de quoi "péter un plomb". Ca ne ressemble pas un acte raisonné, mais plutôt à un geste de colère impulsif... Pour d'autres sentiments on parle bien de "crime passionnel", pourquoi serait-il plus sensé et réfléchi pour un acte commis sous le coup d'une colère incommensurable ? Je répète, je ne dis pas que c'est bien, ni que j'aurais agi de la sorte, mais je peux comprendre son geste. Ce qui ne m'empêche d'ailleurs pas de le condamner...
Pour "l'accident", je ne le comprend pas comme toi, mais plutôt comme quelque chose qu'il ne voulait pas, il a d'ailleurs exprimé des regrets à ce sujet apparemment. Sans l'excuser, l'acte reste le même (=aussi grave), mais l'intention diffère et perso pour moi c'est quand même différent d'un pervers qui va jouir d'avoir donner la mort et s'en gargariser, type le malade de Norvège.

La différence avec le crime passionnel c'est qu'en théorie, avoir une relation amoureuse avec quelqu'un n'est pas une infraction pénale. Là, il a tué des personnes parce qu'il cherchait à récupérer l'argent d'un méfait pour lequel il n'avait pas encore fini de purger sa peine.  Tuer quelqu'un sous le coup de la colère ou de la folie, parce qu'on ne supporte pas une séparation, un adultère, ou autre, c'est différent. Il n'y a pas eu de première infraction auparavant. Tu te fais rouler par des escrocs, ben oui en même temps, t'as joué avec eux, t'as perdu fallait s'y attendre. Tu te fais rouler par ton mari ou ta femme ce n'est pas vraiment pareil. Je ne cautionne pas les crimes passionnels attention ! Seulement je dis simplement qu'on ne peut pas comparer. Et en tant que "victime" d'adultère, je sais ce que ça fait que d'avoir une profonde envie de meurtre !  :diable:

Pour le cinglé en Finlande, là, encore une fois il s'agit de l'oeuvre d'un véritable sociopathe. Il est vraiment dérangé. Ce n'est pas simplement un mec qui va tuer pour se faire du pognon.

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Qui peut dire que  48 ans de prisons sont mérités ? Qui ?
De prime abord des circonstances atténuantes ont été retenues sinon on lui aurait tranché le coup. Alors 48 ans……
Déjà 32 ans en unité psychiatrique, cela voulait peut être dire que le gars avait un grain ? Je ne sais pas comme tous ceux qui n’ont pas assisté au procès, mon avis est donné sans que je connaisse tous les détails de l’affaire, par conséquent  je ne me permettrais pas de rejuger une seconde fois cet homme, vous feriez mieux d'en faire autant car vous me faites penser aux bas du front.

Aussi il faut rester prudent.

Je ne dis pas que c'est mérité. Même la peine de mort ne serait ce pas méritée dans le sens ou ça ne ramènera jamais les personnes décédées. Je dis que ça me parait logique qu'il passe sa vie en prison. Ce n'est que mon sentiment personnel. Les circonstances atténuantes ne veulent pas dire qu'il faut le libérer pour autant. Un homme qui représente un danger pour la population doit il etre libéré sous prétexte qu'il a purgé sa peine ? Le cinglé Norvégien (dont j'ai oublié le nom) doit il sortir dans 20 ans même s'il promet de recommencer ? "Ah ben oui mais vous savez, la peine est de 20 ans donc il fait 20 ans et il sort. Il faut attendre qu'il retue pour qu'on le remette en prison". C'est déjà ce que l'on fait en France avec bon nombre de criminels. Je pense par exemples à un violeur que j'ai eu l'occasion de rencontrer. 3 condamnations à perpétuité ! Et il m'a dit: "Oh mais vous savez, je me connais, dès que je sors, je vais recommencer !" Euh...ouais... Ben ce jour là, moi je me barricade avec mon arme chez moi (rassurez vous mesdames, il ne fait que dans les hommes !)
Alors le Marny, moi je ne le juge pas. Je ne sais pas grand chose de lui, de sa vie, de ses différents passages au tribunal, de sa santé mentale, etc. Je dis simplement que je ne vais pas pleurer parce qu'il est mort derrière les barreaux, parce qu'à mon sens (et j'insiste là dessus) c'est logique. C'est peut etre un raisonnement de bas du front, mais c'est également le mien. J'ai tendance à toujours me mettre à la place des victimes et ce d'autant plus quand parmi les victimes il y a policier, un pompier, un gendarme, un surveillant pénitentiaire ou un enfant. Alors quand ça cumule...

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #45 le: 10 août 2011 à 22:24:27 »
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Le SOS de détenus corréziens : "Insultes et abus de pouvoir sont notre lot quotidien"

10/08/2011 à 09h00 - mis à jour le 10/08/2011 à 20h04 | 15240 vues | 338 réactions
Des détenus de la prison d'Uzerche en Corrèze, dénoncent leurs conditions de détention dans des courriers adressés à la presse.

Nous voulons briser l’omerta qui règne ici". Dans un courrier adressé à la presse, les détenus de la prison d’Uzerche, en Corrèze, dénoncent leurs conditions de détention.

"Insultes et abus de pouvoir sont nos lots quotidiens", écrivent-ils. Dans des courriers manuscrits cités passés "sous le manteau" au parloir et cités par France Info, les détenus évoquent des "humiliations quotidiennes" et "des brimades récurrentes".

"Si vous vous plaignez, vous ramassez d'une manière ou d'une autre"

Rétention de courrier ou refus des permissions de sortie, un ancien détenu raconte à France Info comment de "petites choses" pourissent le quotidien des détenus. "Des détenus veulent des suivis psychiatriques et on ne leur donne pas. Et si vous vous plaignez, vous ramassez d'une manière ou d'une autre, vous n'avez plus droit à rien, ils vous font sauter vos cantines ou vous refusent au sport". "Il y a plein de choses qui ne tournent pas ronds, le lieux n'est pas sain", témoigne-t-il.

Situé loin des principaux axes de circulation, en pleine campagne corrèzienne, "tout est compliqué" au centre pénitentier d'Uzerche témoigne l'épouse d'un détenu retrouvé pendu dans sa cellule en juin dernier. "Pour aller chez le dentiste il faut écrire et attendre, pour aller chez le coifeur il faut écrire et attendre. (...) Mon mari ne voyait plus le bout...".

Coup de couteau pour une gamelle

"Tout est fait pour faire péter les plombs au détenu, et une fois qu'il péte les plombs on lui tape sur la gueule", raconte un détenu dont le témoignage a été recueilli par France 3. "Tout ça met des tensions entre détenus et cela va loin. Un coup de couteau dans le coeur est parti pour une gamelle de patates".

Quant au personnel du centre, il tente de minimiser les dires des détenus. "C'est comme partout, des bagarres il peut y en avoir mais il faut savoir que les personnels de surveillance tournent avec des effectifs vraiment réduits", explique à France 3 Guillaume Fons, secrétaire de l'UFAP-UNSA à Uzerche.

Inaugurée en 1990, la prison d'Uzerche peut accueillir jusqu'à 600 détenus. 486 y étaient incarcérés lors de la dernière visite du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, en octobre dernier. Il avait noté un mal être de certains détenus selon France Info.

Une plainte contre l'administration ?

L'avocat d'un des détenus envisage de porter plainte contre l'administration a-t-il expliqué à la radio. "La condamnation dont il a écopé (...) ne comprenait pas le fait d'être quotidiennement humilié ou traité plus mal qu'il ne devrait l'être".

La direction du Centre d'Uzerche n'a pour l'instant pas commenté les courriers des détenus.

En décembre 2008, des detenus de Fleury-Merogis (Essonne) avait transmis à la presse une vidéo filmée à l'insu des autorités pénitentiaires, montrant notamment les conditions d’hygiène déplorables du Centre.
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Sources : France Info, France 3

Source : Le Post
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Re : Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #46 le: 14 août 2011 à 12:58:51 »
En fait, voilà ce que m'inspire la mort de cet homme :
A quoi sert la prison, si elle n'est pas suivie d'une réinsertion au sein de la "cité" ? La prison est aussi là pour permettre au détenu de réfléchir sur ses actes, de s'en amender, et de construire les choses autrement par la suite. Sinon, c'est simplement punitif, et ça je trouve que ça manque d'humanité. :merci: :merci: :merci:
Sur le principe, je suis d'accord. Mais je nuancerai ça personnellement en fonction des actes commis. Je ne connais pas l'affaire donc je ne sais pas si là la perpétuité est nécessaire.
Cela dit, dans l'article il n'est pas dit si les hommes tués étaient des complices ni dans quelles circonstances ils ont été tués. Oui, les regrets, c'est toujours mieux qu'hannibal lecter. On est bien d'accord. De toute façon je ne portais pas de jugement sur la peine en question, dans mon post. Ne pas oublier que la peine tient compte aussi des deux évasions. et de l'agression d'un gardien.  :fleur2: :fleur2:


@bili :

Heu...Où ai-je dit que 48 ans de prison étaient "mérités"? J'ai dit que je ne regrettais pas qu'il ait passé du temps en prison, rien de plus.
32 ans en unité psychiatrique, ça dépend de l'unité. Parfois (je dis bien parfois), c'est mieux que la prison s'il n'est pas trop médicalisé ou pas médicalisé du tout. Pourquoi ? Un peu moins de surpopulation donc plus d'intimité et moins de possibilité de se faire agresser, du personnel soignant et pas uniquement carcéral, ce genre de chose.
Enfin, je ne savais pas qu'un bas du front plaidait pour une amélioration des conditions carcérales, la restauration de la dignité des prisonniers quels que soient leurs méfaits et une prise en charge des prisonniers. (ce qu'il y a écrit dans mon post précédent.)  :merci: :merci:

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #47 le: 14 septembre 2011 à 15:42:24 »
Depuis ce matin j'avais repéré la dernière saillie de "vous savez qui" sur les prisons. :pausecaffé:
Et j'avais tellement peu envie de prononcer ou d'écrire son nom aujourd'hui que j'espérais qu'un autre membre viendrait en parler  :mrgreen:
C'est vrai, certains jours ses trouvailles électoralistes nous paraissent tellement attendues, prévisibles, nullissimes, que l'on n'a même pas envie de  :pleur4: ou de  :berk2:.... On aurait tout juste envie de faire semblant de ne pas les avoir vues  :nono:

Mais bon tant pis, les horreurs et les conneries du sieur  :blingbling: que nous allons devoir répercuter ici durant les mois à venir ne font que commencer  :hurt1:

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Prisons : la folie des grandeurs de Nicolas Sarkozy

« Quand Sarkozy dit qu'il veut 30 000 places de prison en plus, il veut en augmenter le nombre de 50%, rien que ça », tweete l'avocat Maître Eolas. En visite au nouveau centre pénitentiaire de Réau, en Seine-et-Marne, le Président a aussi évoqué l'idée d'un encadrement militaire pour les jeunes délinquants (alors qu'il avait raillé cette proposition de la candidate Ségolène Royal). Nous publions la réaction de l'Observatoire international des prisons (OIP).

(...)

[spoiler= avis fort intéressant de l'OIP qui ridiculise la prise de position de ... du machin ]Annonçant un objectif de 80 000 places à l'horizon 2017, le président de la République entraîne le pays dans une politique pénale coûteuse et contreproductive en matière de prévention de la récidive. Invoquant le nombre de peines « inexécutées », il estime que la France a besoin de 30 000 places d'emprisonnement supplémentaires pour mettre en œuvre les décisions des magistrats.

Or, la plupart de ces peines sont en réalité en attente d'exécution pour être aménagées en surveillance électronique, placement extérieur ou semi-liberté, des mesures moins coûteuses et plus favorables à prévenir la récidive. Ce sont bien le manque de moyens des services de l'application des peines et des services pénitentiaires d'insertion et de probation qui empêchent l'aménagement rapide de ces courtes peines de prison.

« Ouvrir des prisons pour les courtes peines non dangereuses »
Nicolas Sarkozy souhaite revenir sur cette politique d'aménagement de peine, renforcée par sa propre majorité parlementaire lors de l'adoption de la loi pénitentiaire en novembre 2009. Il préfère aujourd'hui « ouvrir rapidement des prisons dédiées aux condamnés pour courtes peines ne présentant pas de dangerosité particulière », dont il reconnaît lui-même qu'ils représentent « la majorité des personnes incarcérées » et que « la plupart des peines en attente d'exécution sont précisément de courtes peines ».

Si ces détenus ne présentent pas de « dangerosité particulière », il est permis de se demander pour quelles raisons ils doivent nécessairement purger leur peine en prison. [….]

Le président de la République se réfère également à une prison qui n'existe pas : il évoque une prison où l'encellulement individuel serait respecté, en prétendant que sa majorité « a renforcé le respect de la dignité des détenus en inscrivant dans la loi le principe de l'encellulement individuel ». En réalité, la loi pénitentiaire s'est contentée d'en reporter une fois encore l'application à une échéance de cinq ans, soit novembre 2014.

60% des détenus n'ont pas de cellule individuelle
En pratique, ce sont aujourd'hui 60% des détenus (pour un total de 64 700 personnes incarcérées) qui ne disposent pas d'une cellule individuelle. Avec le développement des centres nationaux d'évaluation, Nicolas Sarkozy fait également croire que les professionnels sont en mesure d'effectuer des évaluations de la « dangerosité », ce qui n'est pas le cas en France.

La Haute autorité de santé l'a rappelé en mai 2007, indiquant que « tout le monde s'accorde pour relever la forte subjectivité et le flou des contours » de la notion de dangerosité, « souvent ponctuelle » et qui « doit être redéfinie selon la fluctuation de l'état mental, des facteurs environnementaux, des stresseurs, des traitements utilisés »…

Nicolas Sarkozy se garde enfin de préciser que la construction de 30 000 places de prison représente un coût de plus 3 milliards d'euros pour le contribuable. Outre la construction, le coût d'une journée de détention est évalué en moyenne à 82 euros, ce qui reviendrait avec l'incarcération visée de 80 000 personnes, à un budget de 6,5 millions d'euros par jour.

A titre de comparaison, une mesure de placement extérieur représente un coût moyen de 15 euros par jour, tandis que l'exécution d'un travail d'intérêt général pendant 18 mois coûte au total 550 euros par condamné.

[/spoiler]




J'ai aussi beaucoup apprécié l'analyse que fait Sarkofrance de cette intervention ICI (c'est dans la 2ème partie de l'article !) ..... et j'avoue que je suis admirative de l'énergie qu'il déploie à décrypter dans le détail les actions du triste sire qui nous prézide !!! :merci: :merci: :merci:
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #48 le: 16 février 2012 à 12:45:28 »
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L'Etat condamné à verser 15 000 euros pour le suicide d'un détenu


L'Etat a été condamné mardi par le tribunal administratif de Rouen à verser 15 000 euros pour préjudice moral à la mère d'un détenu qui s'était suicidé à son arrivée au quartier disciplinaire de la maison d'arrêt de Rouen le 2 janvier 2009.

Le détenu, Cédric Darchicourt, 27 ans, incarcéré depuis juillet 2008, avait été placé en quartier disciplinaire le 2 janvier 2009 pour huit jours «suite à la découverte dans ses affaires d'un téléphone portable», rappelle le tribunal dans son jugement daté du 9 février.

Dès son arrivée au quartier disciplinaire, il avait demandé un rendez-vous au service médical de la prison, s'était entretenu «trente minutes avec un psychologue» mais «sa punition n'a pas été levée», précise-t-on de même source.

A 13h30 le même jour, les gardiens avaient découvert un drap accroché aux barreaux de sa cellule, et l'avaient retiré ainsi qu'un autre caché sous le lit. Le détenu leur avait expliqué «ne pas se sentir bien» et ils avaient demandé à l'infirmerie de passer.

A 13h50, lors d'un nouveau contrôle de sécurité, ils ont découvert le détenu «pendu avec ses lacets de chaussures».

Le ministre de la Justice avait reconnu la responsabilité de l'administration «du fait d'un défaut de surveillance du détenu, à qui les surveillants avaient laissé ses lacets de chaussure» mais avait refusé l'indemnisation réclamée par la mère de 20 000 euros, et proposé 15 000 euros qu'elle avait refusés.

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Re : Les Prisons Françaises
« Réponse #49 le: 16 février 2012 à 12:48:44 »
si vous voulez bien lire les commentaires de l'article vous lirez les interventions de la maman :merci: