Auteur Sujet: MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES  (Lu 5083 fois)

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Sujet déplacé dans Les Médias et la presse, ce travail servira très probablement à expliquer le comportement des médias tout au long du quinquennat Macron, en commençant par son couronnement.

raja



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Voici le début d'un travail extraordinaire réalisé par old machin. C'est un travail d'information sur les liaisons dangereuses entre médias et sondages concernant les élections présidentielles.
Ceci est feuilleton, nous essaierons de publier deux posts par semaine jusqu'à complétion et une fois complété, nous mettrons le PDF complet à disposition.

Cordialement,  :merci:
Val.

MEDIAS ET SONDAGIERS, PRESIDENTIELLES 2017, LES LIAISONS DANGEREUSES


La campagne présidentielle 2012, commencée comme celle actuelle de 2017 très en amont du calendrier officiel ou même convenu, avait déjà montré des signes certains de manipulations - visant à travestir et réorienter l'opinion publique - au moyen des médias et des "sondages" systématiquement associés.

L'émergence en 2012 du concept de "Primaires" électorales, organisées pour la première fois en France, unilatéralement, par le Parti Socialiste, avait puissamment contribué à rallonger le calendrier électoral, instillant et renforçant par ailleurs dans l'opinion, via les médias, le sentiment que seuls les "grands partis de gouvernement " étaient valides à proposer un candidat à la magistrature présidentielle française.

Cette innovation pré-électorale renforçait en effet dans les esprits le concept d'une organisation parlementaire bipartiste, nonobstant le caractère internationalement tout à fait exceptionnel de cette magistrature présidentielle française sous la Vème République, supposant un "profil présidentiel" s'imposant "au dessus des partis".

En l'occurrence, les médias dominants "d'opinion" en 2011 et 2012 avaient puissamment contribué à ce que "les primaires" soient considérées quasi unanimement comme un indispensable préalable à l'élection proprement dite, sans aucunement, ou rarement, pratiquer une analyse critique des effets prévisibles d'une telle pratique artificiellement apposée à une Constitution inapte à la recevoir. Parallèlement, déjà de manière très active pour l'élection de 2012, les dits médias dominants, et les sondages/enquêtes d'opinion appuyant leurs propos, mettaient en avant dès le printemps 2011  un danger prégnant supposé de succès d'un candidat d'extrême droite à cette élection présidentielle (enquête Harris Interactive mars 2011).

Dans le contexte de l'élection 2012, où le président sortant et de nouveau candidat émanait de la "droite gouvernementale", mais avait largement dans sa pratique de l'exécutif relayé de nombreux items "marqueurs" de la droite extrême, dans le contexte du souvenir toujours prégnant de l'élection de 2002, l'idée était ainsi instillée, très en amont du suffrage, que quelle que soit la configuration de celui-ci à l'issue du 1er tour, il y aurait nécessité "citoyenne"  de barrer la route à un candidat d'extrême droite par un vote massif dit "de front républicain", en faveur de son challenger, - lui-même forcément issu de l'un des deux partis opposés "de gouvernement", quel qu'il soit.

Post élection de 2012, les médias d'opinion n'ont pas non plus analysé et fait retour - en tous cas de manière audible, et surtout en temps réel - sur ce que l'élection finale d'un candidat "supposé de gauche", se révélant in fine dès le début de sa présidence et dans son action gouvernementale en fait centriste très "à droite", devait à ce mécanisme des Primaires dites "de gauche".
 
Le candidat Hollande était pourtant de longue date connu pour être, dans le cadre de ce même Parti Socialiste, le champion toutes catégories de la synthèse de ce qui n'est pas synthétisable, arasant et écrasant, lors des Congrès, dans un ventre mou déjà centriste et se défaussant déjà puissamment sur l'argumentaire européiste, les courants de revendication des "valeurs traditionnelles de gauche".

Ces mêmes médias d'opinion dominants ont même, durant tout le quinquennat aujourd'hui échu, entretenu, par le qualificatif "de gauche" appliqué à l'action de l'exécutif, la confusion selon laquelle dorénavant ladite gauche dite de gouvernement serait celle d'un centre droit, illusion déportant d'autant à droite, aux frontières poreuses de l'extrême droite, le "parti de droite de gouvernement" affiché en tant que tel.

La résultante en est dès 2016 année pré-électorale une confusion majeure, pour l'électeur de base, entre les concept de droite et de gauche, et entre ce qui seraient les marqueurs significatifs de leurs politiques, notamment sociales, respectives. La campagne 2016-2017 en cours, couverte par les médias et les sondages avec une énergie décuplée, non seulement montre les mêmes signes portés à leur paroxysme de confusion volontaire des espaces politiques réels, mais semble avoir fait l'objet d'une planification/programmation orchestrée plus encore en amont qu'en 2011-2012.


Elle donne en tous cas tous les signaux induisant que les médias, puissamment aidés par les "sondages", ont choisi de porter E. Macron en 2017 à la Présidence de la République, et ont notamment d'autre part pour ce faire décidé de faire artificiellement monter dans l'opinion publique le sentiment que M. Le Pen accèderait inéluctablement au second tour de l'élection.

Mais pourquoi les médias et les producteurs de "sondages" qui appuient leur démarche feraient-ils cela ? Qui sont-ils ? Qui sont les donneurs d'ordre, qui auraient "ourdi ce complot" ?


Nos lecteurs/trices auront remarqué que nous avons mis l'expression "ourdi ce complot" entre guillemets. Nous ne pensons pas du tout qu'il y ait une société secrète dévouée à l'accession au pouvoir de monsieur Macron, avec capes, cagoules et rituels secrets  :mrgreen: . Par contre nous observons et notons la présence d'intérêts convergents d'une oligarchie de puissants dont les intérêts personnels seraient probablement préservés de la meilleure façon avec l'élection du susnommé Macron.  :merci:



« Modifié: 14 mai 2017 à 18:13:39 par raja »

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Re : MEDIAS ET SONDAGES, QUELQUES VILENNIES QUE JE SAIS D'EUX
« Réponse #1 le: 04 mars 2017 à 20:56:37 »
I - LES MEDIAS - PRESSE ET AUDIOVISUEL

Les lecteurs du Monde diplomatique (à 26%, Bergé, Niel et Pigasse ensemble, sans prise de contrôle minoritaire) - mensuel, tirage environ 200 000 exemplaires en France, ont trouvé dans leur édition de décembre dernier un très édifiant poster "Médias français : QUI possède QUOI ?" (excluant de cette revue les journaux "de parti(s)", et par ailleurs le journal "Témoignage Chrétien").

L'outil, qui reste, même dans son graphisme plutôt clair, très foisonnant, permet cependant des recoupements, et au moins un constat principal que l'on datera au 31/12/2016 : la presse écrite nationale, de quelque périodicité que ce soit, est dans les mains de propriétaires, par ailleurs quasi toujours également possédants d'autres médias radios et/ou télévisions.


LES MEDIAS NATIONAUX, LEURS PROPRIETAIRES

On relève dans le document du Monde Diplomatique les propriétaires privés principaux suivants, (personnes physiques/familles, hormis une exception), et leurs "associés" proches ou plus lointains :

- Libération et l'Express, RMC, RFM, BFM TV et BFM Business  : PATRICK DRAHI, avec ALAIN WEILL, autres noms connus des conseils d'administration, celui de Bernard ATTALI (jumeau de), celui de Bernard MOURAD, et la FIMALAC de Marc Ladret de la Charrière.

- Le Monde, l'OBS, La Vie, Le monde des religions, Courrier international, Télérama, Les Inrockruptibles, Nova le Grand mix, Le Huffington Post, et VICE France : M.PIGASSE, X. NIEL et P. BERGE

- Chaînes télé TF1, LCI, HD1, TMC. Câble NTL : FAMILLE et Groupes BOUYGHES

- Chaïnes C8, itélé, CSTAR et Canal+, journal gratuit Direct Matin : V. BOLLORE

- Le Figaro, Le Figaro Magazine, Le Particulier : Famille DASSAULT

- Le POINT, L'AGEFI (multimédia d'actualité financière et économique) : F. PINAULT

- MARIANNE : Yves de CHAISEMARTIN (entré dans les médias via le Groupe HERSANT)

- CHALLENGES : Claude PERDRIEL

- L'OPINION : C. PERDRIEL, Famille BETTENCOURT, Nicolas BEYTOUT, Bernard ARNAULT.

- Radio Classique, Les ECHOS, Les ECHOS W.E., INVESTIR, AUJOURD'HUI, LE PARISIEN, LE PARISIEN MAGAZINE, LE PARISIEN ECONOMIE : Bernard ARNAULT.

- Radios NRJ (2), CHERIE (2), NOSTALGIE, RIRE : Famille BAUDECROUX.

- Télé GULLI, radios EUROPE1, RFM, VIRGIN RADIO, LE JOURNAL DU DIMANCHE, PARIS MATCH : Arnaud LAGARDERE (Nota : La "LAGARDERE SCA", à laquelle appartiennent à 100 % les médias ci-dessus, a pour actionnaire à 13% la QATAR INVESTMENT AUTHORITY

- LA CROIX, LE PELERIN, et NOTRE TEMPS : LES AUGUSTINS DE L'ASSOMPTION (congrégation catholique)

- Chaînes M6, W9, radios RTL, RTL2 et FUNRADIO, presse écrite VSD, HARVARD BUSINESS REVIEW, CAPITAL, MANAGEMENT : Famille MOHN / Famille BERTELSMANN (allemand et international).


Les "médias audiovisuels publics", actionnaire majoritaire ETAT Français, ont quant à eux pour dirigeants nommés par ledit Etat, au 31/12/2016 :

Radio France SA (Inter, Culture, Musique, Fip, Bleu, MOuv', Info) : PDG Mathieu GALLET, nommé mai 2014, controverses conflits d'intérêts, autres conflits avec professionnels, recours.

France Télévisions SA ( 0, 2, 3, 4, 5, franceinfo,tv5monde ) : PDG Delphine ERNOTTE, nommée avril 2015, controverses sur la nomination, et recours syndicats de professionnels, soutiens "actifs-discrets" de sa nomination Fleur PELLERIN (Young Leader 2012) et Najat Vallaud Belkacem (Young Leader 2006).

France Médias Monde SA ( RFI, FRANCE 24, MCD, tv5monde) : PDG Marie-Christine SARAGOSSE, nommée septembre 2012, candidate à France Télévisions en 2015, controverses et échec.

LCP PUBLIC SENAT SA : PDG Emmanuel KESSLER, nommé juin 2015. A cosigné un ouvrage "A moi le ministère de la parole" avec Patrick Devedjian

ARTE FRANCE GEIE : Présidente du directoire ARTE FRANCE depuis mars 2011 Véronique CAYLA (époux P. CAYLA, président du directoire de la chaîne d'info continue EURONEWS),
Président comité de gérance binational à compter du 01/01/2016 Peter BOUDGOUST, Vice-Présidente même date Anne DURUPTY. Le président du Conseil de surveillance France, validant les nominations françaises,  est BH LEVY, .... depuis + de 23 ans.


« Modifié: 26 mars 2017 à 22:23:09 par Val »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #2 le: 26 mars 2017 à 22:22:50 »
Le prochain post concernera les médias régionaux et leurs propriétaires.
A SUIVRE DONC...  :diable: :diable:
Val.

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #3 le: 29 mars 2017 à 18:49:56 »
LES MEDIAS DITS REGIONAUX, LEURS PROPRIETAIRES :

La presse écrite - majoritairement quotidienne - "locale" (dénommée PQR, Presse Quotidienne Régionale) est, elle, presque uniquement propriétaire de ce média écrit, "journaux" "gratuits" inclus, à l'exception notable de participation à 40% à une chaîne de télévision tvt, pour le Centre France pour le groupe NRCO Famille St Cricq, groupe pris à 16%  par celui La Montagne Centre France, Fondation Varenne. Et à l'autre exception des chaînes Tébéo Bretagne Ouest, et Tébé Sud Bretagne sud, possédées à 100% par le groupe Télégramme, Edouard Coudurier.

Pour autant, on ne peut évidemment passer sous silence les "provinciales des médias", dont il faut noter qu'avant de subir les regroupements ci-dessous mentionnés, elles avaient en écrasante majorité un passé de presse de résistance lors de l'occupation 1939-1945, et avaient émergé de la clandestinité à la Libération :. Cette caractéristique historique explique l'abondance de titres de journaux ayant gardé le qualificatif "libre", titres que se sont en général bien gardés de modifier les propriétaires/actionnaires ultérieurs.

 - 9 quotidiens, dont Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Le Dauphiné, L'Avenir de l'Artois, 3 hebdomadaires locaux, sur le flanc géographique est allant de l'Alsace au Vaucluse, incluant Saône et Loire et Côte d'or : propriétaire la banque CREDIT MUTUEL, possédant à 100% le Groupe de presse EBRA (Est Bourgogne Rhône Alpes), président (et non PDG apparemment) Michel LUCAS,  par ailleurs Président du Crédit Mutuel jusqu'en mars 2016.

- 5 quotidiens, dont La Montagne, L'Yonne Républicaine, Le Journal du Centre, 13 hebdomadaires sur le Centre, (4 départements d'Auvergne, 2 de Bourgogne, 3 du Centre-Val de Loire, 2 du Limousin et 1 de Rhône Alpes (Loire) ) : La Fondation VARENNE (Issue de la Résistance, et s'en revendiquant toujours, reconnue d'utilité publique, objet statutaire promouvoir les métiers du journalisme, forte implication dans les écoles de journalisme, et Prix divers décernés, 1 membre de la famille St Cricq au C.A. de la fondation), contrôle le Groupe La Montagne Centre France. PDG depuis 2012 Edith CAILLARD, veuve du précédent PDG. Directeur/Conseiller 2012 : Michel Habouzit, sujet de polémiques diverses.

- 2 quotidiens, La Nouvelle République et Centre Presse, plus une participation à La République du Centre du Groupe La Montagne Centre France, et une chaîne de télévision "tvt Val de Loire" : la Famille Saint Cricq contrôle le Groupe NRCO (Nouvelle République Centre Ouest), lequel à l'origine société anonyme à participation ouvrière SAPO est devenu en 2005 Société Anonyme de droit commun, son PdG en étant Olivier Saint Cricq.


- 6 quotidiens, dont La République des Pyrénées, Charente Libre et Dordogne Libre, 7 hebdomadaires, sur le Sud-Ouest (vu en front de mer, de la Charente maritime au Pays Basque/Pyrénées ) : Groupe Sud Ouest SA, Famille LEMOINE (80% du GSO, grande bourgeoisie catholique bordelaise). Président du Directoire depuis 2011: Olivier GEROLAMI, liquidateur de nombreux (+ de 300 ?) journalistes eu égard aux pertes du groupe.

- 6 quotidiens Outremer : Guyane, Antilles, Polynésie française, La Réunion. C'est la dernière possession à 100% du Groupe Hersant Media, lui même possédé à 100% par P. Hersant, que l'on ne présente plus. Ceci dit, même si lors des derniers dépeçages de l'ancien empire beaucoup de participations ont été liquidées, le groupe en détient encore de significatives dans des médias locaux (l'Est Lorrain par exemple).

- 2 quotidiens SUD-EST La Provence et Corse Matin : Propriétaire Groupe La Provence, contrôlé à 89% par Bernard TAPIE, à 11% par NETHYS (belge, a exigé des charrettes supplémentaires avant d'investir à 20% dans l'autre quotidien local NICE MATIN).

- 4 quotidiens en Normandie, dont Le Havre Libre et Le Progrès de Fécamp : détenus à 100% par la Société Normande d'Information et de Communication SNIC, elle-même détenue à 100% par Xavier ELLIE son PDG depuis semble-t-il 2012. Charrettes. Xavier ELLIE avait fait toute sa carrière antérieure via le groupe HERSANT.

- 1 quotidien Le Télégramme et un hebdomadaire principaux, en Bretagne (nota : éditions en langue régionale), et, déjà évoqué plus haut, deux chaînes de télévision régionales. Possédés à 100% par le groupe TELEGRAMME, contrôlé par Edouard COUDURIER. Le groupe a nombre d'autres activités que les médias, le sport et l'évènementiel par exemple.

- 7 quotidiens principaux, dont La Voix du Nord, Le Courrier Picard, L'Union L'Ardennais (et une multitude de micro-locaux) allant du Nord aux Ardennes pour le Groupe belge ROSSEL LA VOIX,  qui a fondé son petit empire initialement en Belgique francophone avec Le Soir, fondé par la FAMILLE HURBAIN. Le Groupe ROSSEL LA VOIX est possédé à 25% par le CREDIT AGRICOLE, et à 73% par le Groupe ROSSEL, lui même contrôlé par la FAMILLE HURBAIN. ROSSEL LA VOIX possède 49% de 20 MINUTES. Direction du Groupe ROSSEL : Famille HURBAIN.

Les autres localisations provinciales disposent donc en gros, uniquement en matière d'audiovisuel local, de France Télévisions la 3. A l'exception d'occurrences ponctuelles, les quotidiens locaux servent rarement de référence nationale, sauf les temps derniers Ouest France, Groupe SIPA-Ouest France, Famille HUTIN via ASPDH (association soutien principes démocratie humaniste : les journalistes SNJ, pour le dire brièvement, s'opposent aux versants "manif pour tous" et "bonnets rouges", qu'ils décèlent de l'expression éditoriale par la famille Hutin de cette "démocratie humaniste" ).


Les médias dominants français se montrent donc, dans cette revue de leurs appartenances et/ou mécanismes de contrôle, possédés par une oligarchie financière puissante, fréquemment par ailleurs investie dans des entreprises multinationales de commerce ou d'industrie, et violemment partisante de la continuation de politiques néolibérales de type thatchériennes.

Un certains nombre de ces décisionnaires des médias se sont directement (Pierre Bergé, Claude Perdriel) ou plus discrètement (Patrick Drahi, avec Bernard Mourad) prononcés "activement" en faveur de la candidature à la Présidence de la République d'Emmanuel Macron ( :pendu:), lequel bénéficie dans le milieu des médias par ailleurs, de par notamment ses activités professionnelles passées (Banquier d'affaires, Rapporteur de la Commission Attali, Conseil de la Présidence de la République, Ministre de l'Economie) d'autres soutiens puissants, dont on ne peut exclure que certains soient ses obligés de sa dernière activité.

Bien avant que les velléités de candidature d'E. Macron se pressentent
, et bien avant que ce banquier d'affaires devenu Conseiller au Cabinet de François Hollande, puis Ministre de l'Economie soit connu du public même "relativement informé", les médias de presse notamment hebdomadaire ont engagé une campagne avant l'heure de popularisation de son image.

C'est ainsi que, dans un article publié sur le site "d'opinion alternatif" LVSL, Vincent ORTIZ rappelait début février 2017 qu'entre le 1er janvier 2015 et  le 1er janvier 2017 ensemble L'Obs, Le Monde [ P. Bergé, X. Niel, M. Pigasse ], Libération et L'Express [ P. Drahi ] ont publié plus de 8 000 articles sur E. Macron, alors qu'ils n'en avaient publié que 7 400 sur J-L. Mélenchon, B. Hamon et A. Montebourg réunis.

D'innombrables "UNE" de couverture de ces titres, mais aussi d'autres, tels Le Point [ F. Pinault ], Marianne [ Y. de Chaisemartin ], Le Parisien Magazine [ Bernard Arnault ], 20 Minutes [ Familles Hurbain et Hutin ], Paris Match [ A. Lagardère ], VSD [ Familles Mohn/Bertelsmann ], etc, ont contribué à faire "connaître" du simple passant des rues cet inconnu, par des parti-pris résolument flatteurs et exclusivement laudatifs. Les chaînes de télévision des mêmes propriétaires, notamment celles d'information continue, ont contribué tout aussi puissamment à la création et à la promotion de cette image rendant crédible une candidature.

On objectera que les propriétaires des médias sont une chose, les rédactions des médias, et la liberté présumée de la presse, en étant une autre. Il est vrai, mais, comme le notait  justement, usant de cette liberté, Daniel SCHNEIDERMANN dans sa Chronique Hebdomadaire des Médias sur Libération le 12/02/2017, 'les oligarques français"..."simplement, par capillarité intellectuelle"..."ont nommé à la tête des rédactions de "leurs" médias des journalistes macrono-compatibles, éventuellement macrono-indifférents, en tous cas jamais macrono-opposés, encore moins macrono-hostiles".

On voit bien en effet comment et pourquoi, d'une part les puissants milliardaires et multimillionnaires, propriétaires quasi monopolistiques par ailleurs de médias dominants, et d'autre part le pouvoir exécutif actuel, profondément discrédité pour avoir 5 ans durant pratiqué, après une élection supposée "à gauche", une politique résolument "de droite", pouvaient avoir d'intérêt à susciter puis à soutenir la candidature d'E. Macron.

Cette candidature, d'un homme jeune ayant dans ses 10 à 15 années d'activité professionnelle - et notamment dans le cadre de la Commission ATTALI - tissé des réseaux fournis dans le clan très sélectif des puissants, d'un homme "cornaqué" auprès du nouvel exécutif par le même B. Attali dont l'indifférenciation politique est bien connue, d'un homme ayant dès lors eu la redoutable habileté d'élaborer l'écrasante majorité des législation et règlementation d'inspiration néo-libérale européenne du quinquennat Hollande, en en laissant les paternité ou maternité visibles à d'autres (au hasard, la loi EL KHOMRI), ne pouvait qu'agréer en tous points à l'oligarchie dépendante du maintien des politiques néolibérales européennes.

Le candidat Macron, se prétendant dès le début comme n'appartenant ni à la droite ni à la gauche, était prévisionnellement parfaitement apte à contourner le dégoût provoqué de longue date dans l'opinion publique par des politiques "de droite" comme "de gauche" en réalité dictées au mot près par l'UE ultra libérale, pour autant qu'il privilégie la forme sur le fond, et l'image sur le discours réel.

Et l'image d'un candidat Macron  dûment encadré par ses soutiens, pouvait très bien être construite à la manière de celle d'une vedette éphémère du show business, et dès lors être soutenue tant par une part de la droite de gouvernement, que par la lourde part "socio-libérale", de l'exécutif encore au pouvoir et ses soutiens parlementaires, formant ainsi artificiellement une "majorité d'efficience électorale" diffuse et sans nom.

Cette manoeuvre ne pouvait aboutir qu'en renforçant encore, comme depuis 2002 mais en réalité depuis bien avant, le critère d'un "vote utile", cette fois dès le premier tour de l'élection présidentielle, contre le Front National érigé, "démontré", comme péril direct, immédiat et surtout absolu.

 Il fallait donc également démontrer que cette "fraîche, moderne et printanière" candidature Macron était seule apte à déjouer l'hypothèse d'un raz de marée frontiste, ce à quoi se sont massivement employés les médias dominants, avec tous les outils dont ils disposaient.
Le "vote utile du 1er tour" en faveur d'E. Macron a ainsi été consciencieusement promu, constituant en réalité une anticipation auto-réalisatrice et biaisée d'un "front républicain"  n'étant sinon connu que comme de second tour.

Cette tactique, usée jusqu'à la corde en près de 15 ans, de mettre en avant l'épouvantail Front National, en présumant que l'électeur épouvanté du second tour votera pour n'importe quel adversaire de celui-ci (- auquel il suffirait dès lors, pour l'emporter, d'être le second du 1er tour -), a cependant franchi un pas supplémentaire en 2017, puisqu'a été rajoutée implicitement, par les médias associés aux sondages, l'exigence, au demeurant sociétalement acceptable, d'être "bien élu" contre le candidat d'extrême-droite.

Dans ce schéma nouveau, E. Macron est encore une fois présenté comme le meilleur "challenger" d'un Front National dont l'accession au second tour serait inéluctable, les sondages pour ce 2ème tour n'ayant porté, en arrêt sur images au 23 mars au mieux que sur les versions d'un affrontement Fillon/Le Pen ou Macron/Le Pen jusqu'à un passé récent, et aujourd'hui seulement sur l'hypothèse d'un duel Macron/Le Pen.

Pourtant, si l'on admet l'hypothèse que les chiffrages sondagiers mettent artificiellement à très haut niveau le vote de 1er tour pour M. Le Pen, et tout aussi artificiellement celui pour E. Macron, il serait précieux, même avec les techniques biaisées des sondages actuels, de réaliser les mêmes projections de second tour avec chacun des autres candidats de l'élection, face potentiellement à M. Le Pen - ce qui d'ailleurs mettrait en lumière le poids prévisionnel de l'abstentionnisme, balayé pour l'instant d'un revers de main.

Le prochain post concernera l'information et les sondages.  :diable:
Val


« Modifié: 29 mars 2017 à 18:52:54 par Val »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #4 le: 02 avril 2017 à 18:24:20 »
On continue, comme promis.  :merci: Val

L'EGALE INFORMATION, EN FRANCE

Evidemment, on objectera que ce listage des grands possédants des médias en France ne rend pas compte de la totalité desdits médias - puisqu'il raisonne à partir de l'oligarchie possédante, excluant en particulier ainsi la presse de parti(s) nationale et régionale, la presse dite "alternative" et/ou militante nationale et régionalisée, les médias diffusés uniquement sur internet, et lesdits "réseaux sociaux" du même internet.


C'est tout à fait exact, à une énorme et triple nuance près : celle d'abord, pour ce qui concerne le média presse papier traditionnel, de la puissance publicitaire d'impact des titres des grands possédants, tant dans le paysage urbain par leurs affiches toujours efficaces, que, tout simplement, parmi les offres des points de vente de presse : pour trouver une presse papier "alternative", il faut souvent, outre d'abord la connaître, demander où elle se trouve parmi les autres, - et si elle n'est pas disponible à la vente, ce qui est fréquent, la commander (on ajoutera que, ne bénéficiant généralement d'aucune manne publicitaire ni de subventions, elle est plus chère).

Par ailleurs, toujours en termes financiers, l'accès à d'autres médias que ceux pilonnant dans les esprits la doxa de l'oligarchie peut supposer un double investissement , à savoir le paiement de l'accès au support (télévisuel, internet)  avant que d'obtenir une offre - souvent elle aussi payante, ou faisant appel au don militant - tenant moins de la propagande d'opinion.

Enfin, on oublie également le facteur technique : les plus anciens se souviennent des temps "héroïques" de l'accès aux rares chaînes de télévision d'alors sur la totalité du territoire ne serait-ce que métropolitain, - accès qui des décennies plus tard n'était toujours pas réalisé notamment en montagne, malgré le satellitaire -, mais l'on note rarement aujourd'hui que de même, en dehors des territoires urbains denses drainant près de 90% de la population, l'accès bon marché et sans équipement individuel particulier à un internet de grande capacité n'est pas garanti pour les 10 % de français métropolitains restants, auxquels il faut rajouter les français outremer, éternels parents pauvres en ce domaine comme en d'autres. En outre, le coût d'acquisition de matériels de connexion et réception performants dans des conditions moins favorables doit être pris en compte.

Malgré donc une réelle abondance de petits médias d'information politique alternative, (incluant d'ailleurs des organisations spécialisées sur le thème des médias eux-mêmes, par exemple Acrimed : Action Critique Médias, Observatoire des médias, Critique des médias et des journalismes, le Magazine trimestriel "Mediacritique(s)", Délits d'Opinions, ou l'OJIM : Observatoire des journalistes et de l'information médiatique, etc),

on ne peut qu'acter, dans le cadre de cette élection présidentielle 2017, de la domination de médias relayant la doxa de l'oligarchie, et celle parallèle de partis "de gouvernement", de longue date éloignés de l'intérêt général et du bien commun.


Ces médias, - généralement surnommés "nouveaux chiens de garde" en référence à un ouvrage acerbe à leur encontre -, qu'il soient de presse écrite exclusivement papier, ou audiovisuelle, ne peuvent guère être contrés au nom précisément de l'intérêt général et du bien commun.
En effet, pour ce qui est de la presse papier, la liberté de sa ligne éditoriale sera mise en avant avec succès (sauf diffamation), et pour ce qui concerne les médias audiovisuels, le CSA, Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, qui a été créé par la Loi du 17 janvier 1989 en modification de celle du 30 septembre 1986, et a pour mission de "garantir l'exercice de la liberté de communication audiovisuelle en France", a déjà montré par le passé, en 2012 notamment, de curieuses somnolences quant à l'indépendance que la dite Loi lui garantit vis à vis des gouvernements, et une bien timide interprétation de son surnom de "gendarme de l'audiovisuel".


Les médias dominants privés, et ceux de direction publique, ont par conséquent la plus grande liberté, dans le cadre de l'élection présidentielle cruciale de 2017, de mettre en oeuvre tous moyens, et notamment l'utilisation constante des sondages, pour orienter dans leurs intérêts communs le vote des électeurs en faveur de la candidature d'Emmanuel MACRON.


prochain post, les entreprises de sondage d'opinions. Val

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #5 le: 05 avril 2017 à 14:06:38 »
 :super: sacré boulot

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #6 le: 05 avril 2017 à 22:17:51 »
II - LES ENTREPRISES PRODUCTRICES DE SONDAGES D'OPINION :

Nés aux Etats Unis dans les années 1920, les sondages n'ont dans un premier temps été consacrés qu'au marketing, au service des grandes entreprises notamment de distribution. Leur utilisation dans le domaine électoral et d'opinion publique ne s'est concrétisée qu'une décennie plus tard, leur réalisation étant probablement, mais on ne peut l'affirmer avec certitude, assurée par les mêmes entreprises de sondages et enquêtes en vue de marketing.

En France, le sondage d'opinion naît en 1938 avec la création de l'IFOP - Institut Français d'Opinion Publique - cette dénomination de référence a induit durablement et jusqu'à ce jour le sentiment que les entreprises de production de sondages d'opinion étaient de respectables "Instituts" consacrant pour le moins l'écrasante majorité de leur activité à l' "Opinion Publique" française.

Il n'en est rien pourtant. Si la "vitrine" des départements Opinion des entreprises productrices, particulièrement mise en avant en période électorale, reste dans l'esprit populaire l'activité principale voire exclusive des enseignes de sondages, leur activité majoritaire est pourtant bien celle de conseil et marketing ou conseil en marketing, au service de sociétés et groupes privés.

Elles consacrent à leurs départements "OPINION" de très faibles, voire dérisoires effectifs, et par ailleurs le chiffre d'affaires produit directement par ces équipes peut être défini comme dérisoire lui aussi. Les départements Opinion, en dehors des intenses périodes électorales (y compris l'amont parfois très long), produisent pour certaines d'entre elles des enquêtes "baromètres" d'approbation par la population des actions gouvernementales, et de popularité de l'exécutif en général.

Ils auraient vocation à participer à produire des études ou enquêtes ayant pour objets/sujets des domaines de nature publique nationale  (ex : Santé) ou sectorielle (ex : politique d'une nouvelle Région) - mais il est difficile de déterminer si tel est le cas, selon le client acheteur de ces travaux. Surtout, ces études ou enquêtes  commandées par des clients privés investis dans une activité commerciale dans le domaine étudié, semblent devoir servir en fait à ces clients d'argumentaire de lobbying auprès des décideurs publics.

Exemple : étude sur "Le médicament (dont l'auto-médication) et les enjeux de santé" des Français, commandée à Kantar TNS Sofres en septembre 2013 par une Association Loi 1901... de 8 laboratoires pharmaceutiques, intitulée le G5 lien vers le G5 ici), ce d'autant plus que dorénavant les entreprises Conseil/Marketing proposent au client des "démonstratifs" clefs en main de son sujet de commande.
L'enquête ici.



Enfin, un ou deux se consacrent plus majoritairement à l'enquête d'opinion et l'étude tenant du domaine public. Ce ne sont ni les plus connus, ni les plus cités, ni les plus prospères.


Ce poids lourdement prédominant du marketing et conseil en marketing dans l'activité des entreprises par ailleurs productrices de sondages d'opinion se traduit dans leurs propres publicité et auto-définition,  lesquelles s'adressent prioritairement, voire même exclusivement, à leurs clients acheteurs de services marketing/produits/marché.
Il se traduit également par la labellisation nominative double ou triple de la plupart de ces entreprises, passant du nom à l'origine connu du public, à une dénomination tenant compte de l'orientation marketing/conseil en marketing dominante, des coopérations avec des savoirs techniques, et/ou des propriétaires nouveaux des entreprises : la SOFRES connue de longue date en tant que telle est par exemple aujourd'hui la KANTAR TNS SOFRES, alors même que le S de l'acronyme TNS est déjà celui de Sofres.

La suite sera un ou plusieurs posts sur la campagne présidentielle, mis en ligne ce week end.  :merci: :merci:
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« Modifié: 08 avril 2017 à 17:46:59 par Val »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #7 le: 09 avril 2017 à 20:13:44 »
Voici des instituts de sondage impliqués dans la campagne 2017, accrochez vous !!  :mrgreen: :mrgreen: Val


CAMPAGNE PRESIDENTIELLE 2017

Les sondages électoraux, et la plupart des sondages dits "d'opinion politique", s'ils sont destinés à être publiés par quelque média que ce soit, sont réglementés, leur notice technique devant par ailleurs être transmise, avant ladite publication, à la Commission des Sondages (CdS, cf infra).

Outre l'usage et la publicité qui en est faite par leurs clients, le repérage des départements d'opinion les plus sollicités en cette période peut donc se faire par consultation des éléments qu'en donne la CdS. Vue l'abondance de publications, on limitera cette revue à la période 15/02 - 15/03/2017, sans s'interdire toutefois d'examiner d'autres dates d'amont ou d'aval.

Par ailleurs, la représentation des entreprises de sondages auprès des publics étant assurée par leurs "stars" invitées dans les médias audiovisuels, et ces "stars" ayant été fréquemment nomades dans le monde très étroit du sondage d'opinion, il convient paradoxalement, avant de lister les principaux sondeurs d'opinion politique actifs en 2017, d'en mentionner un qui ne l'est plus, mais fut l'employeur de  bon nombre de "stars" actuelles, le C.S.A. (pour "Conseil, Sondages, Analyse" - acronyme entretenant une confusion certaine avec l'identique, représentant le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, autorité administrative indépendante citée plus haut).

L'historique récente du C.S.A. sondages d'opinion est particulièrement révélatrice des liens questionnants entre médias, multinationales et sondages : V. BOLLORE, grand industriel propriétaire de médias, était devenu en 2008 seul détenteur de l'entreprise de Conseil/Marketing/Opinion. En juin 2015, V. BOLLORE a fermé (avec la douceur et le doigté social qu'on lui connait) le département Opinion de l'entreprise C.S.A., faisant rejoindre à cette dernière, en octobre 2015, le groupe de publicité et communication Havas, l'acronyme C.S.A. maintenu signifiant dorénavant "Consumer, Science et Analytics" (exemple du titre d'une enquête marketing C.S.A. de décembre 2016 : "La "marque France", vue d'ici et d'ailleurs").

LES ENTREPRISES DE SONDAGES LES PLUS SOLLICITEES


BASE TECHNIQUE : RELEVE DES NOTICES PUBLIEES PAR LA COMMISSION DES SONDAGES (CdS)



          IFOP (Fiducial) : L. Parisot, ex-dirigeante du MEDEF, était propriétaire de l'entreprise de conseil et sondages (elle-même adhérente audit Medef) jusqu'en octobre 2016. A cette date, elle a vendu toutes ses parts de l'entreprise à Edouard COUDURIER, entrepreneur international de transports, mais également actionnaire de contrôle du groupe de médias télévisuel et de presse TELEGRAMME couvrant la Bretagne.

Clients récurrents de l'IFOP Fiducial sur la période électorale 2017
: itélé devenue depuis peu CNews (V. Bolloré), Paris-Match (A. Lagardère), et Sud Radio (Fiducial médias. Dirigeant du Groupe Fiducial C. Latouche)

En tant qu'IFOP seul, sondage sur "Les intentions de vote des catholiques à l'élection présidentielle 2017" réalisé début janvier 2017 pour l'hebdomadaire "FAMILLE CHRETIENNE", propriété de la Holding de contrôle belge Média-Participations (Famille belge MONTAGNE), autres actionnaires Michelin, AXA, la Caisse des Dépôts, CIC Finances.

Quelques médias clients d'IFOP en période neutre : itélé/CNews, Paris-Match, Le Journal du Dimanche (A. Lagardère), Le Figaro (Famille Dassault)

Star d'IFOP invitée dans les médias : Frédéric DABI, Directeur du Pôle Opinion et Stratégies d'entreprises (anciennement déjà l'IFOP jusqu'en 2000, puis C.S.A. Opinion)



          ELABE : est la création la plus nouvelle (2015) du petit monde des sondages.
Fondée par Bernard SANANES à la fermeture du département Opinion de l'entreprise de Conseil CSA dont il était directeur général (cf supra, propriétaire de CSA V. BOLLORE), l'entreprise ELABE se définit sur la toile comme d'"Etudes, Conseil, Planning stratégique".
B. Sananès a un passé professionnel de journaliste, et de conseil politique (cabinet de B. Bosson, ministre, conseiller de divers politiques et ministres UMP/LR). Son avis politique est fréquemment sollicité par notamment le journal l'Opinion (C. Perdriel/Famille Bettencourt/N. Beytout/Bernard Arnault), et il participe à une émission politique hebdomadaire sur BFM TV.
Il énonce en profession de foi sur le site ELABE que s'il a créé l'entreprise de conseil en 2015 c'est "aussi parce qu'il attache une importance essentielle à l'éthique et à l'indépendance".

Clients récurrents et ponctuels d'ELABE sur la période électorale présidentielle 2017 : BFMTV (Alain WEILL), Les Echos (Bernard Arnault), Radio Classique (B. Arnault), L'Express (P. Drahi)

Quelques médias clients de période neutre : BFM TV, Les Echos, Radio Classique

Stars d'ELABE invitées dans les médias : Bernard SANANES (anciennement chez HAVAS WORLWIDE Communication, Marketing, Conseil , puis PDG du C.S.A.), Yves-Maris CANN (anciennement IFOP, puis C.S.A. ).



          OPINION WAY (OW) : La société d'actions simplifiée OW existe depuis une quinzaine d'années, créée par d'anciens salariés de l'entreprise IPSOS, Y. Aledo, B. Gratton et Hugues CAZENAVE, PdG actuel. d'OW (H. Cazenave a été chargé de mission au cabinet ministériel de Gérard Longuet de 1986 à 1988).
L'entreprise a connu une forte extension de son périmètre à partir de 2006, rachetant des sociétés de domaines intégrables aux siens - lesquels sont au nombre de 10 dont un département Etudes politiques et opinion.

OW a été accusé (Canard Enchaîné, Marianne, S. ROYAL) de manipulations de ses sondages politiques notamment sous le mandat de N. Sarkozy, pour lequel d'ailleurs l'affaire "des sondages de l'Elysée" démontrait une sollicitation forte des services d'OW (Rapport de la Cour des Comptes). La société a toutefois gagné son procès en diffamation contre l'hebdomadaire Marianne.

Clients récurrents d'OW sur la période électorale présidentielle 2017 : Les Echos et Radio Classique (B. Arnault), sondages achetés par la Société d'agences immobilières ORPI.

Quelques médias clients de période neutre : LCI (Famille Bouygues), RTL (Familles Mohn/Bertelsmann), Le Figaro (Famille Dassault)

Stars d'Opinion Way invitées dans les médias : Hughes CAZENAVE
(anciennement IPSOS), Bruno JEANBART, Directeur Adjoint (anciennement IFOP, puis C.S.A.).



          ODOXA : Créée en 2014 par Gaël SLIMAN et Céline BRACQ, la société s'auto-intitule "Institut d'Etudes Indépendant". L'entièreté de son capital est détenue par les associés fondateurs, auxquels est venu s'adjoindre un troisième Emile LECLERCQ.
La société se joint, pour produire ses travaux et selon la nature de ceux-ci, à d'autres  producteurs de services, tels FTI Consulting  (Cabinet International de Conseil, en France, notamment de communication stratégique), ou Syntec numérique, Syndicat professionnel des entreprises de services du numérique.

Clients d'ODOXA sur la période électorale présidentielle 2017
(très peu de publications sur le site CdS) : FranceInfo (Etat français), Dentsu Consulting (Département de Société internationale de Conseil/Marketing, créé en janvier 2016 pour "sécuriser et accélérer les transformations rendues nécessaires par les nouveaux usages numériques")

Quelques médias clients de période neutre : Le Parisien (B. Arnault), Paris Match (A. Lagardère), L'Express (P. Drahi), BTM TV, BFM Business (A. Weill), itélé devenu CNews (V. Bolloré), France Inter, France Info (Etat français), RTL (Familles Mohn/Bertelsmann)

Stars d'ODOXA invitées par les médias : Gaël SLIMAN
(anciennement BVA) et Céline BRACQ (anciennement BFM TV et BVA).



         HARRIS INTERACTIVE (HI, France) : Dirigée par Nathalie PERRIO-COMBEAUX, l'entreprise de Conseil/Marketing et sondages d'opinion HI d'aujourd'hui résulte d'absorptions et rachats successifs de Novatris à partir de 2004, année où cette entreprise rejoint Harris Interactive (Etats Unis).
HI maison - mère intermédiaire est elle-même rachetée en 2014 par ITWP TOLUNA, entreprise multinationale de fourniture de panels et aide aux études en ligne. Le directeur du Pôle "Politique et Opinion" de HI France est Jean-Daniel LEVY. L'entreprise publie très peu de sondages sur la période élection présidentielle 2017 considérée, mais ceux que ses clients diffusent ont une large publicité (notamment ceux afférents à l' "Emission Politique" de France 2).

Clients d'Harris Interactive sur la période électorale présidentielle 2017
(très peu de publications) : LCP, FR2, France Télévisions (Etat Français)

Quelques médias clients de période neutre : France2, LCP, M6 (Familles Mohn/Bertelsmann), Marianne (Yves de Chaisemartin)

Star d'Harris Interactive invitée dans les médias : Jean-Daniel LEVY (anciennement et successivement IFOP, Harris Interactive, et C.S.A.),



          VIAVOICE : Créé en 2008 par François Miquet-Marty (aujourd'hui président de l'entreprise), VIAVOICE qui s'auto-intitule "Cabinet de consultants en opinion et en activation marketing" ne publie actuellement pas de sondages en vue de l'élection présidentielle, ce qui ne veut pas dire qu'il n'en réalise pas.

L'entreprise publie comme en temps ordinaires son "baromètre économique" mensuel, dont sont clients BFM TV (Alain Weill) et L'Express (Patrick Drahi), et dont les éléments peuvent servir d'arguments de campagne.

Quelques médias clients de période neutre : BFM BUSINESS (A. Weill), France Inter (Etat français), Libération, L'Express  (P. Drahi), Le Figaro (Famille Dassault)

Stars de VIAVOICE invitées dans les médias : François Miquet-Marty
(très fréquemment, ancien maître de conférences à l'IEP "Sciences Po Paris") et, moindrement, Aurélien Preud'homme


          POLLINGVOX : est une entreprise d'"Etudes, de Conseil et de Formation", qui comme Viavoice n'a pas publié de sondages à la CdS parmi la cohorte 15 février -15 mars 2017 examinée,- mais en réalise cependant peut-être -, en vue de l'élection présidentielle.
Comme pour Viavoice son président-fondateur est cependant intensément invité dans les émissions politiques télévisuelles  traitant de la campagne.

Quelques médias clients de période neutre : Agence France Presse AFP (statut spécial déterminé par la Loi ), Valeurs Actuelles (Groupe VALMONDE, DG Yves de Kerdrel, ligne éditoriale réputée de droite extrême), 20 Minutes (Crédit Agricole, Famille Baylet, Famille Hutin), Libération (P. Drahi)

Star de Pollingvox invitée (à grande fréquence) dans les médias : Jérôme SAINTE-MARIE (anciennement Service d'information gouvernementale (M. Rocard), entreprise Louis HARRIS devenue Harris Interactive, puis BVA)



          BVA : est l'une des plus anciennes entreprises productrices de sondages françaises. Née en 1970, elle est comme ses consoeurs principalement orientée vers le conseil marketing de clientèle privée, mais garde une vitrine "politique" puissante via son Département Opinion, lequel cependant s'intitule "Intentions de vote, climat interne des entreprises, enquêtes corporate".
L'entreprise, Société par actions gérée par un Directoire,  a dans les années 2000 acquis nombre de sociétés pouvant concourir à son objet social, et dispose de 6 filiales à l'étranger dont 3 en UE.
BVA produit pour la campagne présidentielle une "vague" d'intentions de vote de fréquence basse jusqu'en fin février, un observatoire mensuel de la vie politique nationale, et occasionnellement un sondage thématique (éventuellement très orienté), le tout n'étant pas forcément publié en vue d'être médiatisé, mais qui doit cependant servir dans des interventions qui le sont.

Par contre, il crée sur un site libre au public "POP 2017" / intentions de vote, ( http://www.pop2017.fr/ ), où le lecteur peut retrouver notamment des sondages publiés/médiatisés ou non, et, sortant de la méthode des sondages "traditionnels",  des références chiffrées et hiérarchisées, de présence sur le net de mentions de personnalités politiques candidates ou non.

Clients de la "vague" d'intentions de vote, et du sondage mensuel sur la politique nationale : Presse Quotidienne Régionale PQR (propriétaires divers) et Orange Entreprise, itélé devenu CNews (V. Bolloré) (également pour toutes les enquêtes d'opinion dites de "vie sociétale").

Star de BVA Opinion invitée dans les médias : Adélaide ZULFIKARPASIC ( anciennement IPSOS puis Louis Harris devenu H.I.)



          KANTAR TNS SOFRES : La SOFRES Société Française d'Etudes et de Sondages créée elle aussi très tôt (1963) par Pierre WEILL, est aujourd'hui propriété du groupe britannique WPP, géant mondial de la publicité et de la communication coté en bourse londonienne, et dont le siège social est domicilié sur l'île de Jersey
Ce rachat en 2008, puis la "rationalisation" des effectifs dans l'ensemble du groupe WPP en 2009, a entraîné un plan social violent à la TNS SOFRES, et des départs de poids.
Son département Politique et Opinion sous l'intitulé Kantar Public produit hors périodes électorales de nombreuses enquêtes/études sur les problématiques sociétales et l'action politique françaises, un baromètre de popularité de l'exécutif, et même des études à l'échelle européenne.

Pour l'élection présidentielle 2017, Kantar Sofres produit sous "Kantar-Sofres-one point" un sondage mensuel sur les intentions de vote, et un baromètre politique mensuel augmenté de thématiques de l'élection (ex : adhésion des Français aux idées du Front National et perception de M. Le Pen début mars 2017).

Clients de Kantar TNS Sofres
pour les intentions de vote : LCI (Etat français), Le FIGARO (Famille DASSAULT) et RTL (Familles MOHN / BERTELSMANN). Clients du baromètre politique de mars 2017 : FranceInfo (Etat français) et Le MONDE (P. Bergé, X. Niel, M. Pigasse).

Clients de période neutre : les mêmes.

Stars de Kantar TNS SOFRES invitées dans les médias : Emmanuel RIVIERE (anciennement C.S.A., Louis Harris aujourd'hui H.I., puis Service d'Information du Gouvernement), Edouard LECERF (anciennement IFOP, Service d'Information Gouvernemental, Louis Harris aujourd'hui H.I., et IPSOS)



          YOUGOV (France) : est une entreprise internationale d'études et enquêtes de marché, siège social Londres, qui se présente elle-même à ses clients potentiels comme "une communauté de 5 millions de personnes à travers le globe qui partagent leur vision du monde", et donc en priorité comme une considérable force panéliste autonome. A part son activité ultra dominante de conseil en marketing, elle réalise des sondages d'opinion au service des médias  audiovisuel et presse notamment britanniques, dont le journal Huffington Post, lequel dans sa version française publie un baromètre mensuel d'opinion politique, incluant l'opinion sur les candidats et les partis politiques représentés à l'élection présidentielle 2017, et un focus sur tel candidat ou tel parti en particulier.

Clients pour ce baromètre d'opinion : i télé devenu CNews, et le Huffington Post



          IPSOS (slogan "Game Changers" .....) : est une Société Anonyme créée en 1975, son PDG et co-fondateur est Didier TRUCHOT. IPSOS [-FRANCE] est aujourd'hui en réalité "une société du Groupe IPSOS, Leader mondial des études de marché". Cotée en bourse (New York Stock Exchange / Euronext), La société "subdivision" IPSOS-France est de celles qui réalisent une part importante de leur activité non seulement ponctuellement dans les sondages politiques, mais également sur des thèmes "PUBLIC AFFAIRS" constituant études (ex en janvier dernier question de la pauvreté pour le C.E.S.E.).
IPSOS-France a été entre 1981 et 2007 l'organe "officiel" et quasi monopolistique des enquêtes d'opinion politique au service des exécutifs français successifs.
Par ailleurs, IPSOS est également la seule qui publie pour les élections présidentielles 2017 des enquêtes d'intentions de vote mensuelles au format régional actuel, en partenariat avec le CEVIPOF (cf infra), la seule encore qui utilise de grands formats d'enquêtes (plus de 10 000 sondés).
Dans ses propositions de services, IPSOS, sous le titre "Décrypter la société", énonce à l'attention de ses clients "Comprendre les attitudes et comportement des consommateurs/citoyens", - sur les 18 secteurs d'activité proposés auxdits clients, 4 (Fonction et Services Publics, Collectivités territoriales, Santé, Logement/Habitat) sont directement de nature partenariale public-privé. Le nom "sopra steria" (entreprise de services s'auto-définissant comme "leader européen de la transformation numérique") est associé à celui d'IPSOS dans la publication des notices de sondages.

Clients d'IPSOS pour les élections présidentielles 2017 :
CEVIPOF, chaînes du groupe France Télévisions (Etat français)

Quelques clients d'IPSOS en période neutre : CEVIPOF, Le Point (F. Pinault), Le Monde (M. Pigasse, X. Niel, P. Bergé), France Télévisions (Etat français)

Star d'IPSOS invitée dans les médias : Brice TEINTURIER (anciennement "Diagnostic Communication", Louis Harris aujourd'hui H.I., IFOP, puis TNS Sofres).


 
Le cas particulier du CEVIPOF :

Le CEVIPOF (Centre de Recherches Politiques de l'Institut d'Etudes Politiques Paris "Sciences Po", (pépinière de l'E.N.A)., ayant conservé son ancien acronyme ) n'est évidemment pas une entreprise de conseil réalisant majoritairement des enquêtes marketing, et accessoirement des enquêtes d'opinion politique, sociale et sociétale. Créé en 1960 au sein de Sciences Po Paris, et revêtu du même prestige, il est associé depuis presque 50 ans au CNRS, jouit en conséquence du statut d'Unité Mixte de Recherche (entité administrative), et produit exclusivement des analyses et études sur la vie politique, institutionnelle et sociale française.

Le CEVIPOF figure, ce nonobstant, dans cette revue des entreprises productrices de sondages d'opinion dans le cadre de l'élection présidentielle 2017, non seulement de par son association étroite avec l'entreprise IPSOS son réalisateur technique (le Cevipof produit par ailleurs avec l'entreprise OpinionWay une "vague" sous le format baromètre de confiance de l' "Opinionlab", et travaille, plus occasionnellement semble-t-il, avec Kantar TNS Sofres), mais également parce que les médias, se saisissant des études de ce que l'on nomme, là encore, Institut CEVIPOF, les oignent automatiquement du terme "sérieuses" , et les présument  fréquemment, dans leur présentation, à la fois "indiscutables" et "neutres".

Se décrivant lui-même comme " le laboratoire de référence pour l'étude des attitudes politiques et l'analyse du comportement électoral ", le CEVIPOF produit pourtant quelquefois des analyses ne semblant ni être basées sur des éléments indiscutables, ni avoir été interprétées de manière neutre (cf ci-dessous l'enquête fin 2015 sur la pénétration du vote FN chez les agents des Fonctions Publiques et leurs subdivisions, et la réutilisation aujourd'hui en 2017 de cette étude sous forme de suite de "vagues d'études").

Par ailleurs, et même s'il convient de laisser à l'auteur le caractère personnel de sa déclaration, Alain GARRIGOU, agrégé d'Histoire et de Sciences Politiques, auteur de longue date d'ouvrages sur les sondages, définit en janvier 2013 le CEVIPOF comme d'orientation politique "très à droite".

Les prochains posts, mis en ligne mercredi et en suivant, abordent les techniques de sondage  :merci:
Val


« Modifié: 09 avril 2017 à 20:15:30 par Val »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #8 le: 14 avril 2017 à 19:34:12 »
LES SONDAGES D'OPINION POLITIQUE EN 2017 :

Plus encore que pour la partie antérieure de ce travail, doit être réaffirmé en amont de cette partie Sondages d'Opinion Politique que le propos n'est PAS de "démontrer" que lesdits sondages sont faux d'une part, manipulés pour précisément être faux d'autre part. Même si le propos était tel, cette logique n'en serait, techniquement, pas démontrable.

Le propos est bien, par contre, de relever dans cette partie un ensemble de très nombreux points qui, face à des résultats finaux relativement ou même totalement surprenants, présentent des possibilités techniques plus ou moins lourdes de biais et de distorsions : le "Français lambda", auquel le sondage s'adresse in fine par le truchement des médias, est dans l'incapacité  de déceler, et a fortiori de décrypter, ces biais et distorsions lorsque les résultats du sondage lui sont communiqués par l'intermédiaire de tel ou tel média.
(non pas parce qu'il serait idiot ou ignorant, mais parce que ces biais ne sont pas visibles lors de la présentation des résultats)

Ce travail examine donc ces biais et distorsions, leurs potentialités, mais ne conclura pas en l'occurrence à une collusion sectorielle ou globale qui les génèrerait et/ou instrumentaliserait. Il pourrait certes être tentant de le faire, mais ce travail s'en tient aux faits, et n'élabore pas de liens qu'il ne pourrait prouver entre ces faits.

TECHNOLOGIES D'ENQUÊTES ET SONDAGES :

De même que dans l'imaginaire collectif les organismes producteurs de sondages touchant à la chose publique sont souvent restés de vénérables instituts, préoccupés donc en priorité des intérêts de ladite chose publique, de même cet imaginaire persiste fréquemment à concevoir le sondage d'opinion politique comme réalisé majoritairement selon des méthodologies et techniques utilisées il y a peu encore, à savoir l'interrogation du sondé par le sondeur en face à face ou par téléphone.

Ce concept est dorénavant aussi erroné que le premier : compte tenu de la configuration des entreprises productrices de sondages d'opinion politique, pour lesquelles cette part de leur activité est ultra-minoritaire, le choix des techniques d'interrogation est soumis aux critères principaux de rentabilité qu'elles mettent par ailleurs en avant pour séduire leurs clients essentiels, à savoir ceux de marketing. Or, l'interrogation en face à face (au domicile) ou par téléphone (sur ligne fixe) rend nécessaire l'implication physiquement réelle d'un sondeur, implication générant des coûts élevés de rémunération, réduisant d'autant les marges de profit sur le prix de vente du sondage.

Dès lors, les sondages d'opinion pour la campagne présidentielle 2017 sont à de rares exceptions près réalisés sur base de questionnaires électroniques qualifiés d'"auto-administrés" : sur la cohorte de notices de sondages publiés par la Commission des Sondages (CdS) sur la période (de réalisation)  choisie, allant du 15/02 au 15/03/2017, à savoir 97 (plus un doublon) notices, on ne trouve qu'une seule déclaration de sondage en face à face  (Kantar Sofres one point pour Le Monde et France Info, sujet électoral le Front National, notice CdS N° 8274), et que 2 interrogations par téléphone ( N° 8296 IPSOS pour Le Point, baromètre d'actualité politique et de popularité, et N°  8281 BVA pour L'Obs, thème électoral le Front National), plus une interrogation mixte : questions par téléphone suivies de questionnaire auto-administré en ligne (N° 8240, BVA pour La Tribune, opinion sur les programmes économiques des candidats selon l'orientation politique déclarée des sondés).
Compte tenu de l'absence de précisions sur les notices, on ne peut toutefois pas certifier que les 3  sondages par téléphone soient bien réalisés par un sondeur personne physique,  les téléphones portables permettant l'interrogation programmée et traitée sur plateforme informatique. Dans tous les cas, au moins 95 % des sondages publiés sur la période sont donc réalisés sur base de questionnaires "auto-administrés" sur internet.


DIFFERENTS TYPES DE SONDAGES DONT NOTICES PUBLIEES PAR LA CDS (commission des sondages) SUR LA PERIODE EXAMINEE, PAR GRANDES CATEGORIES :

      •   Les "roll" ou "rolling" d'intentions de vote : cette méthode d'interrogation consiste en la production quotidienne d'intentions de vote 2017, sur base d'un échantillon global de sondés dont le tiers seulement est interrogé chaque jour, le résultat du jour de production étant fusionné avec celui des deux jours précédents. On aurait donc, selon la théorie des sondeurs qui emploient cette méthodologie, une sorte d'"amortissement" de l'influence des éléments médiatisés type faits divers de la campagne, sur les réponses des sondés.

Pour la campagne 2017, deux entreprises sondagières produisent ce type d'enquêtes :

l'IFOP- Fiducial, qui avait seule en 2012 inauguré cette méthodologie venue des Etats Unis, et les produit de nouveau sous le vocable  "Rolling 2017, l'élection présidentielle en temps réel",  et Opinion Way, qui le publie sous le vocable de "PresiTrack".

Les deux entreprises ont commencé en même temps à publier ces productions début février 2017. Compte tenu de cette publication de notices non pas quotidienne mais en tous cas très dense, ces entreprises sont ensemble les productrices ultra-majoritaires de déclarations d'enquêtes électorales depuis le 1er février (rolling N°1 de l'IFOP-Fiducial), et sur la période considérée leur production conjointe constitue 42.27% de toutes les publications des 9 enquêteurs-sondeurs.

L'IFOP-Fiducial a pour clients de son Rolling Paris Match, itélé devenu CNews, et Sud Radio.

Opinion Way a pour clients de son PresiTrack Les Echos et Radio Classique, les sondages sont achetés par ORPI (1er groupe d'agences immobilières de France).

L'une et l''autre des entreprises emploie la même formule quantitative d'enquête, à savoir 1 500 sondés par tiers d'interrogation quotidienne de 500. Biais potentiel : base de calcul de la marge d'erreur (cf infra).
Les questions posées aux sondés sont peu nombreuses, et tiennent essentiellement, après que le sondé ait répondu sur le point de son inscription sur liste électorale,

     - de l'interrogation aux inscrits : "allez-vous voter aux présidentielles 2017", l'IFOP ajoutant "est-ce bien certain, probablement, peut-être pas, pas du tout certain ?", Opinion Way demandant au sondé de traduire cette conviction d'aller voter par une note de 0 à 10 ;

     - de l'interrogation "pour qui, si le 1er tour se déroulait ce dimanche ?", (avant le 18 mars, liste des candidats potentiels, dorénavant liste définitive) ;

     - et enfin, en mettant en concurrence les deux premiers (pour Opinion Way, les trois premiers) du 1er tour : "pour lequel voteriez vous au second tour ?".

Les intentions de vote laissent une ou des option(s) de réponse d'indécision. "Ne se prononcent pas" pour l'IFOP, a) "Vous voteriez blanc ou nul" b) "Vous vous abstiendriez" pour Opinion Way, ce dernier traduisant toutefois ces réponses dans leur publication par une globalisation "N'expriment pas d'intentions de vote".
Par ailleurs,- mais les réponses n'étant pas destinées à être publiées ne figurant pas sur les notices obligatoirement transmises à la CdS, on ne sait pas à quel moment du questionnaire les questions peuvent être posées, ou si elles le sont par exemple lors d'une démarche d'inscription   -, le sondé est interrogé notamment sur son vote lors d'élections antérieures.

Compte-tenu de la périodicité très rapide de ces publications, quelle que soit la ligne éditoriale des chaînes télévisuelles notamment d'information continue, ce sont à elles qu'il sera souvent fait appel en cas de besoin de chiffrage en urgence, face au commentaire nécessaire d'un évènement inattendu, ou simplement parce que c'est celui resté le plus frais en mémoire. Dans ledit cas, on évoquera éventuellement de manière neutre "les derniers sondages", sans plus de précisions. Mais même si le sondage concerné est bien nommé par les médias télévisuels, le téléspectateur ne pourra savoir, dans ce cas d'un rolling, à quoi et à quelle période se réfère l'évolution du sondage mentionnée par les commentateurs.

Sans parler des autres éléments questionnants de la méthodologie de rolling, il semble clair que celle-ci ne vaut que si les éléments de l'interrogation restent absolument constants.

Or, pour justifier de l'interrogation de 1 500 (ou environ) sondés, au rythme de 500 panélistes sollicités/jour, les 2 entreprises devraient produire à la CdS des notices techniques portant invariablement sur des périodes de 3 jours. Si c'est bien là le cas d'Opinion Way, puisque l'entreprise déclare en effet depuis la publication du 1er PrésiTrack en trois jours par tiers, , ce n'est par contre pas celui de l'IFOP, qui donne des datations couvrant 4 ou 5 jours.

L'IFOP-Fiducial déclarant dans toutes ses notices au 30/03/2017, (contrairement à Opinion Way qui est en l'occurrence plus variable : moyenne sur la période de 1 592 sondés en base, dont extrêmes 1 700 et 1 460), un panel constant d'interrogation de 1 500 personnes, d'où elle tire les inscrits sur liste électorale, que devient la dimension de l'échantillon quotidien interrogé ?
Ce n'est pas le seul "à peu près" de l'IFOP dans la confrontation entre ce que l'entreprise annonce sur site, et ce qui figure dans les notices à la CdS, et notamment, elle a également rompu dans sa restitution notice N° 8 331 son affichage constant de 1 500 sondés, en le commuant en 1 000, - et en déclarant pour la 1ère fois une période de 3 jours 18 au 20 mars (publication le 20 mars). Cette étrange rupture dans une série déclarée en tant que telle pose une seconde fois la question de la marge d'erreur.

Sur son site internet, Paris-Match client du Rolling IFOP met les résultats quotidiens à disposition de ses lecteurs :La présidentielle en temps réel
en les traduisant en courbes sur plusieurs périodes, et l'on y voit bien que la date de production du 20 mars est traitée de manière indifférenciée, de même que les dates antérieures et postérieures influencées par la fusion par 2/3.


Un autre point doit être relevé, quant aux "échantillons" de sondés de deux entreprises sondagières utilisant rigoureusement la même méthodologie - hormis l'incident IFOP-Fiducial mentionné ci-dessus -, et c'est celui de la très conséquente différence de taux de non-inscrits sur les listes électorales selon leurs propres réponses : la moyenne des non-inscrits auto-déclarés sur les 20 notices transmises à la CdS, sur la période étudiée, par l'IFOP-Fiducial, est à 6.17% des sondés, alors que celle des 17 notices d'Opinion Way est de 2.96 %.

Or, les chiffres de l'INSEE repris dans un récent rapport parlementaire (à voir ici ) amènent à calculer un taux actuel de non-inscrits (sans inclusion des mal inscrits) de 5.92% de la population France entière en âge de voter, taux qui serait donc proche de celui moyen de l'IFOP- Fiducial, mais par contre très éloigné de celui d'Opinion Way.
L'observateur extérieur ne dispose pas de moyens de connaître l'origine de cet écart notable, et ne peut que constater un "profil" différent d'échantillon de panel pour la même méthodologie d'enquêtes produites à un rythme rapide et censées toutes deux représenter le Français moyen.




       •   Les "baro" ou baromètres d'opinion : Ces formes de sondages semblent toutes être, sous diverses versions, un "produit" récurrent des départements Opinion des entreprises de sondages, éventuellement adapté ou "enrichi" pour la période d'élection présidentielle.

Ces "baromètres" sont ainsi pour leur plupart les "sondages" de période hors élection testant la satisfaction des citoyens quant à l'action politique du couple exécutif Président de la République - Premier Ministre, ajoutant généralement à ce qui est dès lors répandu dans les médias comme indice de popularité de l'un comme de l'autre, des sortes de classements "cote d'avenir politique" d'autres personnalités de tous bords y compris gouvernemental.
Ces baromètres sont quasi tous mensuels, et sont loin d'être tous publiés via l'envoi de leur notice à la CdS.

Sur la période d'observation choisie on en repère cependant un certain nombre, par exemple celui émanant de

     - BVA sous le titre "Observatoire de la Politique Nationale" pour La Tribune et Orange, cote de popularité du couple exécutif, personnalités politiques et partis (notice CdS N° 8275),
     - d'Elabe confiance en l'exécutif, opinion sur personnalités politiques pour Les Echos et Radio Classique (notice CdS N° 8285),
     - d'IPSOS pour Le Point, confiance ou satisfaction pour le couple exécutif et cote de personnalités politiques (triplon de Notices identiques N° 8296, 8301 et 8315), lesquels baromètres semblent vraiment en continuité d'une production antérieure plus ou moins enrichie.

On ne peut y associer totalement celui de Viavoice pour Libération notice CdS N° 8291, qui certes reprend une cote de popularité de l'exécutif, mais enchaîne sur de très longues questions sur les candidats, puis plus longuement encore sur la candidate Le Pen et les concepts qu'elle diffuse, ni celui de YouGov pour le Huffington Post et CNews Norice N° 8256, reprenant tous les items d'un "baromètre", mais faisant un lourd focus sur E. Macron (en février, focus sur M. Le Pen).

On ne peut y associer totalement non plus celui de l'IFOP pour Paris-Match CNews et Sud Radio Notice CdS N° 8233, lequel ne semble différer de son "rolling" IFOP, en gros, que par le nombre de sondés.
Les entreprises sus mentionnées interrogent pour leur baromètre environ un millier de personnes, l'IFOP en sondant environ 2 000.

La méthodologie du baromètre procède par degrés (4) de satisfaction, adhésion, confiance, enthousiasme etc, vis à vis de l'objet de la question, ex : "êtes-vous satisfait, assez satisfait, plutôt pas satisfait, pas du tout satisfait de l'action de F. Hollande ces 15 derniers jours ?".


Une option "ne sait pas" ou "ne se prononce pas" est généralement laissée au sondé, sauf chez BVA dans la notice 8275.

Cette méthodologie est sans doute à l'origine du vocable baromètre, cet outil de prédiction disposant de plages que l'on peut nommer "d'incertitude météorologique", mais c'est également dans le domaine des sondages la création de très larges zones d'incertitude de "cote élective" en matière de "potentiel électoral", la possibilité que l'on vote "tout de même" pour un candidat vis à vis duquel on se dit "plutôt enthousiaste" n'étant pas très différenciable de celle en cas de "plutôt pas enthousiaste".

Or, d'une part les entreprises de sondages ne créent dans leurs restitutions que deux grandes sections "Positif / Négatif", et d'autre part il advient fréquemment que tel ou tel média audiovisuel se saisisse sans grandes précautions oratoires de ces publications comme si elles étaient l'expression d'une intention de vote simple.


       •   Les enquêtes réalisées avant ou après un évènement très médiatisé : c'est notamment une des productions d'Harris Interactive pour France Télévisions (exemples : Notice 8243 au 23/02, demande à 1 200 "panélistes" dont 650 sympathisants "de gauche" de réagir à l'issue de L'Emission Politique de Fr2 avec J-L. Mélenchon ; Notice 8238, demande à 5 730 panélistes, dont 5 249 inscrits sur listes électorales, de leurs intentions de vote 1er et 2ème tour des présidentielles, et des motivations de celles-ci, sur les deux jours précédant la conférence de presse médiatisée de F. Bayrou le 22 février, lequel finalement annoncera lors de celle-ci son ralliement à la candidature d'E. Macron)

       •   Les enquêtes "flash" : elles se réfèrent également à un évènement télévisuel médiatisé, mais se réalisent "à chaud" pendant cet évènement. Un panel variable de téléspectateurs visionnant la retransmission et réagissant au fil de l'émission et/ou directement à son issue, à des questions posées.

L'exemple récent marquant de cette technique a été le 20 mars "Le Grand Débat" entre les "5 candidats de tête" retransmis sur TF1 et une chaîne d'information continue, débat sondé par Opinion Way pour Le Point 1 037 sondés , et par Elabe pour BFM TV 1 157 sondés (pour l'un comme l'autre issus d'un échantillon initial de 4 000 personnes).
Là encore, les commentateurs du débat, immédiatement à l'issue de celui-ci, se saisissent, pour "analyser" la situation élective des candidats, des résultats de ce qu'ils nomment sondage, mais qui est réalisé dans des conditions fondamentalement éloignées de celles des sondages auxquels ils le comparent. Par ailleurs, l'observateur extérieur se trouve en incapacité de connaître vraiment les modalités d'organisation de ces enquêtes.

L'enquête N°8269 d'Harris Interactive, directement après le meeting au Trocadero de F. Fillon, est aussi à considérer comme une enquête-"flash".

       •   Les sondages régionalisés : C'est IPSOS pour le Cevipof et Le Monde qui réalise mensuellement des sondages d'intentions de vote sur périmètre des nouvelles régions métropolitaines. Les sondés inscrits sur les listes électorales, leur nombre initial étant en proportion de la population régionale, sont interrogés, pour ceux se disant certains d'aller voter, sur leurs intentions de votes du 1er tour, étendues au second tour entre les 2 candidats en tête de celui-ci. Les résultats présentés sont confrontés à la même moyenne nationale métropolitaine. Le nombre global de sondés dépasse largement les 10, voire les 15 000.
Entre autres problématiques, la question de la vraie marge d'erreur est posée dans ces sondages pour les régions très peu peuplées.
Sur la cohorte février-mars de notices examinées, ces sondages portent les N° CdS allant de 8 207 à 8 217.

       •   Les enquêtes thématiques : elles ne se limitent pas toutes absolument au thème, mais celui-ci y tient une place majeure.
De janvier à mars 2017 on peut relever :
     - notice N° 8225 Harris Interactive "Les Français et la Sécurité" (questions reprises, pour certaines, de "lignes" Front National) ;
     - notice N° 8276, Viavoice -Wellcom "Les Français et leur opinion sur les valeurs politiques des candidats et des partis..." ;
     - notice N°8295 Harris Interactive pour Indeed  "Les candidats et l'EMPLOI" ; notice N°8299 IPSOS pour France2 " La Protection Sociale" (idem dans le cadre de l'élection) ;
     - notice N°8332 IPSOS pour France Télévisions et Radio France "La place de la laïcité et de la religion en France et dans la campagne présidentielle" ;
     - notice N°8350 Viavoice pour France2 et RTL "Faut-il fermer les frontières pour sauver nos emplois ?" ;
     - notice N°8360 IPSOS pour France Télévisions et Radio France "Les français et le pouvoir d'achat" ;
     - notice N°8361 ODOXA pour LinXéa et les Echos "Votre épargne et la campagne présidentielle";
     - notice N°8277 Harris Interactive pour RTLgirls "Les jeunes, l'élection présidentielle et l'égalité femmes-hommes". Etc

       •   Les enquêtes par catégories de population : elles sont sur la période rares, et soit spécialisées  (ex interrogation, en matière d'actualité  et "ressenti" économique, de 400 cadres notice 8231 Viavoice pour BFM ) , soit anecdotique/marketing/tendancieuse (ex intentions de vote FN des femmes pratiquant assidument un sport, versus celui des hommes pratiquant de même, notice N°8306 Future Thinking France pour Womensports). Etc

A certaines des restitutions de sondages et enquêtes, hormis celles d'enquêtes "évènementielles" et "flash", est désormais parfois ajouté un résultat de "cloud computing" Big Data, pour juger de l'intérêt porté à tel ou tel candidat sur internet, que cet intérêt soit positif ou négatif. Ce supplément est assez souvent publié dans la presse écrite cliente, il est peu mentionné par contre dans les médias audiovisuels, car portant trop de risques d'être - à tort - identifié comme sondage stricto sensu.

Dans tous les types de sondages mentionnés ci-dessus a été employée la méthode des quotas (reconstitution de l'opinion globale d'une entité, ici la France ou une Région de la France, par l'interrogation d'individus représentatifs  d'une partie avérée de cette opinion globale). La méthode aléatoire, qui consiste à interroger des sondés pris au hasard, n'est quasi plus employée, notamment car trop onéreuse, et en tous cas n'est quasi pas employée actuellement dans le cadre de la campagne présidentielle 2017.


Post sur la fameuse marge d'erreur évoquée ici, dès demain.  :diable: :diable:
Val

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #9 le: 15 avril 2017 à 20:01:09 »
LA MARGE D'ERREUR

Quel que soit le résultat d'un sondage, il est soumis à une "Marge d'Erreur", laquelle est fonction à la fois du nombre de sondés, et du pourcentage obtenu par ce que l'on veut mesurer. 

Plus grand est le nombre de sondés, plus petite est la marge d'erreur.
Plus grand est le pourcentage obtenu jusqu'à 50% (la marge d'erreur vaut pour le pourcentage duel associé, elle est équivalente pour 5% et 95%, pour 20% et 80%, etc), plus grande est la marge d'erreur pour le même nombre de sondés.

En l'occurrence, dans les projections d'intentions de vote du 1er tour de la présidentielle, tous les "scores" pronostiqués pour les 5 "grands" candidats sont inclus dans une fourchette allant de 10% à 25%. En tout état de cause, lorsque les sondages sont répercutés dans les médias, la marge d'erreur est prudentiellement évoquée par les commentateurs, mais uniquement pour les 3 derniers candidats, les 2 premiers, "favoris", n'étant quasi jamais mentionnés sous cet angle.

Il est pourtant NECESSAIRE de mettre à plat la totalité d'un résultat.


Prenons le sondage ELABE pour BFM TV et L'Express publié le 5 avril 2017 sur le site ELABE, sondage qui a été très médiatisé, dès lors qu'il affichait au 1er tour J-L. Mélenchon à 17%, et B. Hamon à 9% ( notice N° 8336 à la CdS avec un retard de 4 jours).

Le document fait état de l'interrogation de 995 personnes inscrites sur les listes électorales et issues d'un échantillon originel de 1 041 personnes. ELABE déclare par ailleurs qu'elle a constitué un sous-groupe de 776 personnes certaines d'aller voter.
L'entreprise de sondages nous fournit donc, comme elle en a l'obligation, les éléments de la marge d'erreur, uniquement sur la base de 1 000 et de 776 (?) sondés (les consoeurs d'ELABE publient plus souvent des tableaux couvrant de larges palettes d'effectifs sondés, mais ne donnant par contre les écarts que par tranches de 10%, ELABE les donnant à 5%).

Les commentaires dans les médias, sur les résultats de ce sondage, ont majoritairement pointé du doigt le fait que F Fillon et J-L. Mélenchon "étaient dans la marge d'erreur", ne commentant le "score" des 2 premiers M. Le Pen et E. Macron que sur sa baisse, à égalité à 23.5 %.

Pourtant, si l'on applique à tous les candidats la dite marge d'erreur pour un effectif de 1 000 sondés, on a les résultats suivants pour lesquels nous pouvons "accorder à 95 % [notre] confiance" :

     - M. Le Pen et E. Macron font au 1er tour en intentions de vote un score compris entre 20,80 % et 26,10 %,

     - F. Fillon fait un score compris entre 17.5 % et 22.5 %,
     
     - J-L. Mélenchon fait un score compris entre 14.6 % et 19.4 %, et

     - B. Hamon fait un score compris entre 7.2 % et 10.8 %.

Si le même calcul est fait avec la marge d'erreur afférente à l'effectif de 776 sondés, l'extrémité basse de la fourchette des "favoris" Le Pen / Macron est à 20.4 %, les extrémités hautes de F. Fillon à 22% et J-L. Mélenchon à 19.8 % , ce qui donne un tout autre aspect à l'état actuel des forces potentielles des uns et des autres du "quadrige de tête".
(Seul B. Hamon serait "hors compétition" avec une performance haute à 12%, toutefois on ne manquera pas de s'interroger cf infra, quant à cette chute brutale de l'affichage en base  de son score prévisionnel).

Quant aux projections d'ELABE sur un 2ème tour où figurerait obligatoirement M. Le Pen, en mémorisant que vaincre largement l'extrême droite est - à juste titre - présenté partout comme une exigence républicaine, on observera que les hypothèses basses à 59 % (1 000 sondés) et 58.6 % (776  sondés) pour une victoire d'E. Macron, et surtout celles à respectivement 54% et 53.2 % de F. Fillon sont loin de modéliser un "Front Républicain" large apte à tranquilliser les esprits.


On a vu que la marge d'erreur affectant TOUT sondage d'intentions de vote pour cette campagne présidentielle 2017 était tout d'abord fonction de l'effectif de sondés, supposés "représentatifs de l'électorat français".
Il convient donc d'examiner chacun des paramètres de constitution de cette représentativité dans la fabrication actuelle d'un sondage.
C'est, par force, avec l'oeil de Candide que se fera cette observation :



       •   Les panels :
Les questions posées aux sondés lors d'un sondage destiné à être publié doivent obligatoirement figurer à la notice déposée auprès de la CdS. Or, dans les notices des sondages de la campagne présidentielle, ne figurent jamais les questions tenant de la représentativité du sondé par rapport à l'électorat global français, à savoir les éléments dits socio-démographiques (âge, état civil, données familiales, région/type de commune, habitat, profession, diplômes ou niveau d'études, etc). Ces éléments de profil du sondé sont donc déterminés en amont  du sondage lui-même, sur base préexistante de dizaines de milliers de sondés potentiels et en triant dans celle-ci via une grille pré établie et par rapport à l'effectif choisi une première approche de représentativité.

Ces bases géantes de sondés potentiels, les panels, existent dans certaines des entreprises de sondages elles-mêmes, par exemple l'IFOP - Fiducial, YouGov ou Kantar TNS Sofres, mais cette disponibilité interne, (qui a d'ailleurs des limites de dimensionnement, imposant à ces entreprises de faire elles aussi appel à l'extérieur pour certaines études), est plus rare chez les entreprises de sondages de création plus récente, lesquelles se tournent alors vers des entreprises dont l'activité essentielle est la mise à disposition de sous-panels adaptés à la commande du client.

On peut citer, mais ses concurrentes sont nombreuses, l'entreprise Made in Surveys/Creatests comme particulièrement représentative, et son discours de conviction vis à vis du client potentiel comme "généralisable" :

" L’Access-Panel de Made in Surveys et de Creatests est l’un des panel français les plus importants, comptabilisant plus de 450 000 panélistes sur la France. Ce vivier, développé et entretenu à travers une dizaine de sites Internet de Panels, nous permet de réaliser des enquêtes aussi bien pour des projets de créations d’entreprises, que pour des projets à destination de grands comptes (annonceurs et cabinets d’études renommés tels que Ipsos, Ifop, BVA, TNS Sofres...). "

" .......Avantages d'une étude en ligne [Extrait]
 Rapidité : les études en ligne vous permettent de mettre en ligne des  questionnaires en quelques heures et surtout d'interroger des milliers de personnes en quelques jours,
Coût : le budget d'une étude en ligne est divisé par 3 ou 4 par rapport à une méthodologie traditionnelle (face à face ou téléphone)..... ".


Les grandes entreprises panélistes, généralement internationales, proposent parfois des départements thématiques très spécialisés. Il en est ainsi de BILENDI, qui propose sous les termes suivants à ses clients les services de son département "Healthcare" :

   "..... Un panel de patients européens

   France, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Allemagne, Autriche, Suisse, Danemark, Finlande, Norvège, Suède

   Bilendi offre des panels en ligne réactifs et de qualité pour vos études de marché, vous donnant accès à des patients de pathologies diverses en Europe.
   Nos panels hautement profilés nous permettent d’interroger des patients difficiles à atteindre. Nous fournissons 2 millions de panélistes dans 11 pays européens.

   Bilendi utilise des solutions innovantes et des technologies de pointe pour recueillir et vous apporter les données nécessaires à vos études médicales..... "


Ces entreprises "panélistes", à savoir recruteurs et gestionnaires de panels,  proposent sur internet à tout un chacun adulte de devenir "panéliste", c'est à dire, dans cette acception, de participer à des sondages. Lors de l'inscription, dans leur panel, du futur sondé ayant accepté leur proposition, l'entreprise panéliste enregistre toutes les données socio démographiques le concernant, permettant ultérieurement de répondre à la demande d'un client, soit "marketing", soit "opinion", de lui constituer un échantillon de sondés correspondant à l'objet de l'enquête projetée. Compte tenu de la configuration même des entreprises productrices de sondages, on peut estimer la demande d'échantillons marketing à 95 % des demandes en période neutre, à 90% en période électorale.



       •   Les gratifications :
On s'interrogera sur la raison qui pousserait d'aussi nombreux individus à s'enregistrer auprès d'entreprises panélistes comme sondés potentiels - mais la raison en est simple : la proposition, (toujours orientée versant marketing), à laquelle ils adhèrent est d'être "rémunérés", disons plutôt "gratifiés", pour leur participation à une enquête ou un sondage.

KANTAR TNS SOFRES
le leur propose ainsi pour son propre compte sur un site dédié "devenir paneliste" .
MySurvey, par ailleurs étroitement lié à la technique de production de sondages, se présente sur son site comme "le N°1 des sites internet de sondages rémunérés".
"Gaddin.com" recrute pour le compte de plusieurs entreprises de conseil et sondages ou en partenariat avec elles (citant notamment IPSOS et TOLUNA comme étant ses partenaires),  à l'adresse suivante (page de recrutement) . Etc.

Par ailleurs, de nombreux sites internet proposent aux panélistes potentiels des sortes de revues des avantages respectifs, notamment de "rémunération", de telle ou telle entreprise de recrutement de sondés, et les panélistes déjà en activité discutent intensivement sur des forums des qualités de leur "employeur à domicile".

La "rémunération" ou gratification proposée aux sondés est très réduite, et même si certains sites font état d'une possibilité de 300 € mensuels atteints de la sorte, les sommes décrites par les panélistes échangeant leurs expériences sur forum font absolument douter de cette "performance". Par ailleurs, les gratifications consistent également (quelquefois majoritairement) en bons d'achats (à noter que dans ce cas c'est le département marketing qui alimente les gratifications de TOUTES les enquêtes, qu'elles soient de marketing ou non).

Mais toujours est-il que gratification il y a pour les sondés du domaine marketing des entreprises de conseil, et gratification il y a pour les "sondés d'opinion politique" de la campagne présidentielle 2017.

Cette gratification sous forme de points cumulables est toujours mentionnée par les sondeurs comme de valeur inférieure à un euro pour un questionnaire d'opinion politique entièrement rempli, lorsque toutefois la valeur réelle est inscrite sur la notice, on voit qu'elle varie en 2017 de 0.25 à 0.95 €. (Seul Harris Interactive fait exception à cette gratification "par sondage", en garantissant au panéliste sa participation à un tirage au sort trimestriel, avec gagnant unique d'une somme conséquente.)

A titre comparatif, les sites de revue des différentes entreprises panélistes citent parfois comme horizon semblant indépassable un panéliste  marketing pouvant rémunérer jusqu'à 5€ un questionnaire complet - mais il semble plus courant d'avoir des gratifications beaucoup plus basses , d'une valeur allant de 1.00 à 3 € maximum, et encore faudrait-il connaître les critères amenant les gratifications "au sondage" les plus "hautes".

Le fait que les départements d'Opinion Politique des entreprises de Conseil/Marketing/Sondages gratifient leurs sondés a de longue date offusqué. Notamment, début 2011, face à la publication d'un sondage d'Harris Interactive donnant Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour la présidentielle de 2012, Médiapart a déclenché - ou ravivé, car le sujet était toujours en instance - une violente polémique, accusant en quelque sorte de payer des opinions politiques dès lors manipulées, ainsi que le relate l'article afférent du quotidien Le Monde à l'époque.

Ce que ne dit pas cet article, c'est que les entreprises de sondages (et tout particulièrement l'IFOP) ont massivement argué que si les sondés "politiques" n'étaient pas rémunérés ou gratifiés, ce seraient des militants de partis, et très notamment ceux du Front National très activistes sur le net, qui répondraient à leur place, ce qui fausserait irrémédiablement les réponses.

Dès lors comme on le voit les gratifications des sondés d'opinion politique perdurent, et il ne fait guère de doute que les dits sondés soient aussi ceux des sondages marketing, car sinon, qui serait intéressé à se voir attribuer quelques points-valeur cumulables ? Ce fait, d'un côté, ne pose pas de problème fondamental en soi, car pourquoi un consommateur représentant le consommateur français lambda dans une enquête de marketing ne pourrait-il pas tout aussi valablement en tant que citoyen représenter le citoyen français lambda ?

On observera toutefois que les panélistes marketing, contrairement à ce qu'infère Mme Batho dans l'article ci-dessus, ne peuvent espérer retirer de leur "activité sondages" qu'un très maigre revenu par ailleurs irrégulier, même avec de très nombreuses heures passées quotidiennement à ladite activité, un questionnaire des plus simples, et donc de très basse gratification, réclamant semble-t-il dans les 10 à 15 minutes au minimum de "travail".
Dès lors les panélistes sont bien, pour les sondages d'opinion politique, une frange de profil socio-économique particulier de la population française d'électeurs, et le critère de leur représentativité nécessitera un redressement (cf infra) particulier lui aussi. Par ailleurs, et sans se montrer irrespectueux vis à vis des panélistes d'opinion politique, on ne peut qu'observer que, ces sondages étant les moins gratifiés de tous, - en tant que seuls affectés d'une limite à 99 centimes d'euro -, leurs questionnaires sont peut-être aussi ceux qui bénéficient de la moindre attention à y répondre.


Un dernier point, qui ne risque pas de rassurer ceux qui s'inquiètent des proximité et porosité entre enquête marketing et enquête d'opinion politique, doit enfin être évoqué, à savoir l'enquête "omnibus", que l'on pouvait légitimement croire réservée au marketing.

Ce point est mentionné ici, car subsidiairement la question de la gratification réelle du sondé s'y pose. Le sondage "omnibus" est "multicartes", les questions posées au sondé le sont au service de plusieurs clients.

L'IFOP, comme d'autres consoeurs, la propose à ses clients et en fait  la promotion notamment de par l'argument économique sur son site.

On peut imaginer que le sondé lors de l'une de ces enquêtes répond successivement sur une proposition de nouvel emballage pour produit alimentaire, sur le nom d'un nouveau produit ou le nouveau nom d'un produit, sur sa fréquence d'achat de pâtes ou de riz, sur son ressenti quant au paquet "neutre" de cigarette, et sur ses achats de para-médical dans la grande distribution ou en pharmacie, mais on imagine plus difficilement qu'au milieu de ce type de questions le sondé puisse se voir questionné sur ses intentions de vote ou son enthousiasme sur tel ou tel candidat.

Pourtant, c'est ce qu'a fait l'entreprise ELABE, en l'inscrivant sur ses notices à la CdS, dès avril 2016 (intentions de vote aux présidentielles 2017) et en produisant des résultats d'enquêtes "omnibus" pour les primaires et la présidentielle sous les N° de notices CdS 8005, 8019, 8021, 8028, 8031, 8044, 8047, 8051, 8056, 8073, 8077, 8099,  8101, et enfin la dernière 8141 du 12/01/2017.

ELABE a sans doute été interpellé sur sa pratique, puisque l'entreprise a tenu à préciser dans deux de ses notices, la 8021 du 22/06/2016, et la 8051 du 22/09/2016, que les questions politiques étaient posées "en tête d'omnibus".



       •   La taille des échantillons de sondés "Opinion Politique" :

La méthode des quotas, ultra majoritairement ou même exclusivement utilisée on l'a vu pour la production des sondages de la campagne présidentielle 2017, se base sur le postulat selon lequel chaque individu sondé est sélectionné pour être représentatif d'une partie significative d'un tout.

Dans un sondage à visée marketing, par lequel c'est le consommateur dans l'individu qui est interpellé, le sondage est à visée dynamique : selon les résultats de l'enquête, l'entreprise cliente du sondage orientera sa stratégie commerciale, afin que les achats du produit concerné soient les plus nombreux possible.
Il est donc possible de filtrer en amont l'échantillon de sondés, afin que celui-ci soit déjà dans le périmètre du consommateur-cible d'une commercialisation ou modification de commercialisation future (exemple : si l'entreprise cliente du sondage entend élaborer une stratégie de succès de mise sur le marché d'une nouvelle marque de couches-culotte, le filtrage premier du panel visera à constituer un échantillon d'individus majoritairement constitué de femmes - acheteuses principales - ayant des enfants en bas âge).

L'enquête d'Opinion Politique, elle, n'est pas à visée dynamique (on peut en tous cas l'espérer) , mais statique, elle cherche à obtenir la photographie instant T de "l'état d'esprit" d'une population adulte entière, par la méthode des quotas.

Cette méthode en France est basée sur les productions de l'INSEE, l'Institut National de Statistiques définissant dans des tableaux cette population d'environ 44 640 000 individus (ce chiffre est explicité infra) par des critères représentant toujours successivement 100 % de l'effectif : sexe, tranches d'âge, catégorie de profession exercée ou de non-activité(s), type d'habitat rural ou catégories d'urbain, région de cet habitat.
C'est à ce schéma socio-démographique, auquel se rajoute la profession ou non-activité professionnelle, que se réfère la méthode des quotas, visant à ce que chaque individu d'un échantillon sondé représente au mieux par ses caractéristiques personnelles celles de l'ensemble de l'électorat total.
Par exemple, une personne sondée par l'IFOP dans son Rolling N° 46 du 5 avril 2017 (notice CdS N°8387) pourra être à la fois représentative des 47.5% d'hommes, des 26% de la tranche d'âge 35 - 49 ans, des 16.8% de la profession d'employé, des 60.6 % habitants de communes provinciales, et des 8.8% pour lesquels cet habitat est situé dans la région Grand Est, tel que "redressé" (cf infra) par l'IFOP dans sa notice justificative.

Toutes les entreprises productrices de sondages d'opinion politique procèdent de même, à quelques simplifications et/ou nuances près de l'affichage en référence  de l'INSEE.
 
Contrairement au sondeur marketing, qui a tout loisir de filtrer en amont finement son échantillon de sondés, afin que la réponse donnée par l'enquête soit la plus efficace possible au service de la stratégie commerciale recherchée - le seul filtre initial possible, pour déterminer des intentions de vote représentatives, est celui de l'inscription sur liste électorale du sondé, ce qui ne limite le panel à filtrer que d'au plus 10 %.

Pour ce qui concerne les références socio-démographiques et professionnelles, on voit bien par l'exemple ci-dessus que certes un tri secondaire sur le panel est réalisé, mais que dès lors un échantillon très nombreux est nécessaire, pour que chaque individu soit, non plus successivement, mais en même temps, représentatif , dans cet échantillon, d'au moins la majorité de ces 5 caractéristiques constatées chaque fois par l'INSEE en indépendance l'une de l'autre.

Or, qu'en est-il de la taille des échantillons utilisés pour les sondages d'intentions de vote ? Leur calibrage actuel (avril 2017) initial maximal est de 2 500 sondés, mais les plus fréquemment publiés se basent sur des échantillons initiaux de 1 500 et 1 000 sondés, et encore faut-il faire remarquer que certaines publications se fondent sur des sous-catégories ("certains d'aller voter", "certains du choix du candidat", etc) ne réunissant plus qu'un effectif de 700 ou même moins .


Dans ces conditions, la représentativité quantitative, par un sondé d'enquête d'intentions de vote, dans le cadre d'une population globale à hauteur de 44 640 000 électeurs (taux de non-inscrits non retiré), s'élève à :

Pour un échantillon de 2 500 sondés : 17 850 électeurs
Pour un échantillon de 2 000 sondés : 22 300 électeurs
Pour un échantillon de 1 500 sondés : 29 750 électeurs
Pour un échantillon de 1 000 sondés : 44 640 électeurs
Pour un échantillon de    700 sondés : 63 770 électeurs

Ce qui fait quand même réfléchir.... L'opinion d'une personne représentant celle de 17850 personnes, dans le meilleur des cas....


        •   Les questionnaires "auto-administrés" sur internet :

cette méthode d'interrogation est devenue, on l'a vu, majoritaire en général pour les enquêtes marketing comme d'opinion politique, et dans le cadre de la campagne présidentielle 2017 en particulier. Cette prévalence est justifiée par la plupart des entreprises de conseil marketing et opinion par la rapidité d'obtention des résultats, et corrélativement, la réduction des coûts (tant pour le client que pour l'entreprise elle-même).

Puisque l'économie de moyens revendiquée est le motif premier de l'adoption de cette méthode, on peut légitimement en déduire qu'une telle enquête se fait UNE fois pour toutes. Mais dès lors se pose une interrogation, naïve peut-être :  notamment dans les enquêtes "rolling", qui se résument en gros à l'intention de voter, à l'intention de vote du 1er tour avec tous les candidats, puis, à l'intention de voter au second tour avec seulement les deux "meilleurs candidats" déterminés par le questionnement sur le 1er tour, comment peut-on via le même questionnaire fixer, précisément, ce qu'auront été les réponses des sondés sur le 1er tour, amenant la sélection des "deux meilleurs" pour le second ? (car il faut comprendre que les sondés donnent en même temps leur intention de vote pour le premier tour, et leur intention de vote pour UNE SEULE POSSIBILITÉ de second tour....

Prochain post sur les fameux "redressements" !!

 :merci: :merci:
Val

« Modifié: 18 avril 2017 à 17:36:52 par Val »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #10 le: 16 avril 2017 à 17:39:08 »
Citation de: Val
Nos lecteurs/trices auront remarqué que nous avons mis l'expression "ourdi ce complot" entre guillemets. Nous ne pensons pas du tout qu'il y ait une société secrète dévouée à l'accession au pouvoir de monsieur Macron, avec capes, cagoules et rituels secrets  :mrgreen: . Par contre nous observons et notons la présence d'intérêts convergents d'une oligarchie de puissants dont les intérêts personnels seraient probablement préservés de la meilleure façon avec l'élection du susnommé Macron. 



quand même ......http://lacaste3points.eklablog.com/le-franc-mac-macron-et-les-rothschild-a128049032

juste mis mon quote en tant que quote.  :merci:
Val
« Modifié: 17 avril 2017 à 22:31:25 par Val »
"Il n'y a point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer", Beaumarchais

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #11 le: 17 avril 2017 à 22:34:21 »
 :mdr1: :mdr1: :mdr1:
Fort heureusement, cervesia, le forum et le/les auteur(s,es) du boulot ne partagent pas l'opinion de l'auteur du lien.

Des messieurs/dames pleins de sous qui protègent leurs intérêts, ça suffit amplement.  :merci:

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #12 le: 18 avril 2017 à 17:56:40 »
LES REDRESSEMENTS

Toute enquête d'opinion politique doit faire l'objet d'un "redressement" des résultats d'interrogation bruts (lesquels restent connus UNIQUEMENT des réalisateurs du sondage, du client de ce dernier, et des animateurs politiques des médias), redressement consistant d'une part dans la rectification de la représentativité réelle de l'échantillon sondé par rapport à l'électorat global français, et d'autre part dans un réajustement des données dites "politiques" du passé et du présent, émises par les sondés sur base de questions dont la teneur n'est pas portée précisément à connaissance.

Chaque entreprise de sondages redresse ses résultats bruts, théoriquement en fonction seulement de l'écart présenté entre l'échantillon et la population électrice globale en ce qui concerne la correction socio-démographique-professionnelle, et en fonction de votes réels passés comparés au "souvenir" déclaratif du sondé, en ce qui concerne le redressement dit "politique".

Les bases de ces redressements successifs, c'est à dire la grille de données globales et la grille de données redressées ne figurent pas toujours sur les notices déclarées à la CdS. Par ailleurs, la même entreprise de sondages peut parfois faire varier la base globale choisie pour ses redressements selon la catégorie de sondage publié.


1) Le redressement socio-démographique-professionnel  :


Il est incontournable pour les entreprises de sondages, compte tenu de la pratique quasi unique de la méthode des quotas. Il se base très majoritairement sur les données produites par l'INSEE quant à la population française d'au moins 18 ans, son sexe, sa tranche d'âge, son type d'habitat, sa catégorie socio-professionnelle ou d'inactivité.

Il se base également sur la répartition territoriale "régionale" des électeurs. C'est sur ce point que les entreprises, pour celles qui produisent ces grilles dans leurs notices, diffèrent les unes des autres, voire diffèrent d'une de leurs propres productions l'autre (IFOP) : si certaines prennent pour base de population régionale les régions administratives affichées par l'INSEE, d'autres se réfèrent à une classification "UDA" Union des Annonceurs, qui s'auto définit comme portant les intérêts "de près de 6 000 membres et de 200 grandes entreprises françaises" , et a créé en fonction de sa spécialité d'annonceur une autre répartition territoriale cotée selon le nombre de régions reconstituées.

Exemple "UDA5" : 4 régions provinciales par quart approximatif, et la région Île de France.

Pour son "roll Presitrack", Opinion Way affiche sa grille de base de redressement en UDA5, l'IFOP pour son rolling affiche  la grille administrative de l'INSEE, mais pour certains "baros" la grille UDA5.


Cette différentiation peut déjà induire des biais possibles dans l'application de certains redressements "politiques" de seconde phase.

Mais la caractéristique la plus marquante de ces bases de redressement, quelle que soit la division territoriale adoptée, est que TOUTES les entreprises produisant des sondages d'opinion NE SE BASENT QUE SUR LA FRANCE METROPOLITAINE.
Ni les électeurs d'Outremer, ni les Français majeurs de l'étranger ne sont inclus en base identifiable dans les sondages, ou enquêtes reprises en tant que sondages dans les médias.
Or, et bien que les chiffres réels et surtout actualisés soient extrêmement difficiles à trouver, il semble bien qu'ensemble ces deux catégories d'électeurs constituent près de 4,90% de l'électorat global, d'où le chiffre utilisé supra de 44 638 500 électeurs représentés par les sondages quels qu'ils soient, et non pas le chiffre officiel (Ministère de l'Intérieur) de 46 938 525 électeurs, incluant ceux d'Outremer et ceux de l'étranger.

Les commentateurs dans les médias des sondages ou enquêtes interprétées comme sondages, lorsqu'ils parlent d'intentions de vote, ne se réfèrent donc qu'à la population métropolitaine, or, s'il est patent que l'abstention comme la non inscription sur listes électorales soient plus élevées en Outremer et à l'étranger, il n'en est pas moins clair que parfois un nombre de points réduit se révèle "faiseur de roi ou reine", ainsi en 2012 seulement 3.24 % des votes exprimés séparaient F. Hollande de N. Sarkozy.
Et tout en restant très prudent sur les affichages de répartitions démographiques françaises estimatives d'une part, sur ceux, estimatifs également, de répartition des populations électives, d'autre part, on retiendra que l'un des critères de redressement des résultats bruts des sondages ne se réfère pas à la totalité de la population dont on entend identifier les intentions de vote.

L'autre facteur questionnant de redressement de première phase des sondages bruts est celui de la représentativité des catégories socio-professionnelles.
On a vu que dans la constitution des échantillons d'électeurs potentiels supposés représenter, par redressement, la totalité des électeurs de la présidentielle 2017, les effectifs très réduits de sondés étaient constitués d'individus qui, pour la majorité d'entre eux, étaient séduits par des "récompenses" somme toute très modestes de leur implication.

On devrait par conséquent trouver dans les échantillons "bruts" une surreprésentation des catégories socio-professionnelles très modestes aussi, voire très précarisées en 2017, qu'il s'agirait de diminuer par redressement, et corrélativement une sous représentation des catégories réputées plus aisées financièrement, qu'il s'agirait d'augmenter. Par ailleurs, la part de représentativité des sondés retraités devrait quasi toujours être augmentée, les retraités 2017 étant des votants très fidèles, mais leur ensemble étant, pour grande part encore, constitué de personnes ne se consacrant que peu au monde numérique et à l'outil internet.

Or, chez le sondeur où le principe de ce redressement est le plus clairement affiché, l'IFOP dans son "rolling", ce n'est pas ce que l'on trouve :

     - Dans le rolling N° 28 du 10 mars 2017, notice CdS N° 8293, les catégories "Cadres et professions intermédiaires supérieures", celle des "autres inactifs" incluant donc les chômeurs, et celle des ouvriers sont diminuées par redressement, et la catégorie des retraités (constituant 28.5% des affichages socio-professionnels) reste inchangée par le redressement. La base de l'échantillon était de 1 500 personnes.

     - Dans le rolling N°45 du 4 avril 2017, notice CdS N° 8381, les catégories Travailleurs indépendants, Professions intermédiaires, Ouvriers et Autres inactifs sont augmentées par le redressement, les catégories Cadres et Professions Intermédiaires Supérieures, Employés, et surtout retraités étant elles diminuées. La base de l'échantillon était de 2 400 personnes (cf infra, IFOP/Commission des Sondages).

Par ailleurs et pour l'anecdote, dans une enquête pour l'ANACEJ en mai 2016 sur les jeunes 18 - 25 ans "et l'élection présidentielle 2017 à un an du scrutin", (notice CdS N° 8007), l'IFOP - Fiducial produit un tableau de redressements socio-démographique-professionnel, dans lequel, logiquement, seules des tranches d'âges 18 à 25 ans figurent, mais dans lequel d'autre part en matière professionnelle l'item "retraités" est non seulement maintenu, mais fortement redressé (de 4.6 à 5.6 %)....

2) Les redressements "politiques" :

Cette seconde phase du "redressement" des résultats bruts des enquêtes d'opinion est pratiquée par quasi toutes les entreprises produisant des sondages pour la campagne présidentielle 2017, depuis au moins ce mois de janvier. Cependant, elle a été beaucoup moins pratiquée, ou tout au moins beaucoup plus partiellement, sur la période de la "campagne" préalable à 2017, période exceptionnellement longue, certaines enquêtes ayant déjà été publiées en 2015.

Le redressement "politique" consiste dans l'interrogation des sondés sur son vote antérieur (ou "le souvenir" de son vote") lors d'élections précédentes. Pour une élection présidentielle, aux caractéristiques très particulières en France, on s'attendrait à ce que seul le vote de 2012 soit réquisitionné.

Les entreprises produisant des sondages d'opinion politique pratiquent en effet principalement leurs redressements politiques via les déclarations de vote antérieur du sondé aux scrutins du premier, mais aussi du second tour des présidentielles 2012 - toutefois certaines (IFOP-Fiducial, Kantar TNS Sofres - One Point, Odoxa et IPSOS) rajoutent comme critère le vote du premier tour aux élections régionales de 2015, ou même des deux tours  de ces dernières (Odoxa). Pour ces entreprises, le choix de redressement politique via le rappel de l'une ou l'autre, ou toutes, les élections passées, n'est pas constant d'une production à l'autre : Odoxa par exemple le 3 mars produit deux notices pour la CdS, la N° 8261 sur la candidature de F. Fillon se référant pour le redressement politique aux deux tours de l'élection présidentielle de 2012, la N° 8262 traitant des intentions globales de vote 2012 déclarant en redressement politique les deux tours de la présidentielle 2012 ET les deux tours des élections régionales de 2015.

Les entreprises produisant des sondages d'opinion politique sont contraints par la modification en 2016 de la Loi de 1977 (cf infra) de mentionner dans leurs notices à la CdS les critères de base de leurs redressements tant de première que de deuxième phase,  mais rien dans la Loi modifiée ne les contraint à faire plus que simplement les nommer. Voici par exemple la souscription à l'obligation déclarative d'ELABE pour son "Observatoire Politique" de mars 2017, publié le 9 mars pour Les Echos et Radio Classique, Notice N° 8285 de la CdS :

   "L’échantillon brut a été redressé sur les variables sociodémographiques et professionnelles    utilisées comme quotas (données Insee issues du recensement de la population labellisé 2012) ainsi que sur le vote au premier tour de l’élection présidentielle 2012 (données du    Ministère de l’Intérieur pour la France métropolitaine)."


Et encore faut-il remarquer que la plupart de ses confrères ne mentionnent même pas les sources techniquement utilisées.

En outre, le lecteur extérieur n'a strictement aucun moyen de savoir si les critères de redressement nommés ont bien été utilisés, ni s'ils l'ont TOUS été, dans leur catégorie. Par ailleurs, certains items de ces bases de redressement sont tout simplement inutilisables, sans les "tordre" beaucoup, dans la perspective de redressement des intentions de vote actuellement publiées.


En effet, les instruments de redressements "politiques" des intentions de vote en vue le l'élection présidentielle 2017 devraient être, logiquement,  réadaptés à la situation inédite de cette élection particulière, laquelle pour la première fois présente deux "grands" candidats de "profil" irréductible à l'utilisation directe, pour redressement, des élections passées, qu'elles soient d'ailleurs présidentielles ou régionales, (même si pour ces dernières l'observation qualitative donne en outre des arguments à ne pas utiliser leurs résultats tels que).

E. Macron, primo candidat à l'élection présidentielle, n'a pas été investi candidat par un parti ayant présenté un candidat à l'élection présidentielle 2012. Par ailleurs, le Mouvement "En Marche" qu'il a créé comme support de sa candidature est inclassable politiquement  (comme sa candidature elle-même) dans le récapitulatif élaboré en 2015 par le Ministère de l'Intérieur pour les élections régionales.

J-L. Mélenchon quant à lui a bien été candidat à l'élection présidentielle 2012, par contre, l'identification du mouvement politique, le Front de Gauche, ayant soutenu sa démarche 2012 a d'une part été identifiée de manière ambigüe et portant à l'erreur pour les régionales 2015, où dès lors son existence n'était pas lisible, ou était même éludée, dans certaines régions. Par ailleurs, ce candidat a créé un autre mouvement, la France Insoumise, début 2016, mouvement qui pour le coup n'est repris nulle part en référence dans les sondages 2016 / 2017 évoquant les partis et mouvements politiques, et leur poids dans l'élection (une entreprise de sondages se référant même systématiquement au Front de Gauche en association avec ce candidat).

Les bases de calcul des redressements n'ont donc pas été retravaillées en fonction de cette situation 2017 tout à fait inédite, ces deux candidats n'étant ni l'un ni l'autre de "petits" compétiteurs, - et cette faille crée des biais susceptibles de fausser les résultats de certains sondages.


C'est toutefois génériquement que la base des redressements politique pose question :


La référence de l'élection présidentielle antérieure comme base de redressement d'une autre élection présidentielle, quoique déjà critiquable selon sa méthodologie, se justifie au moins sur quelques points, et très notamment celui du critère d'abstention spécifique à cette élection là :

- Présidentielles 2007 1er tour abstention 16.22%, abstention 2ème tour 16.03 %
- Présidentielles 2012 1er tour abstention 20.52 %, abstention 2ème tour 19.66 %


Ce raisonnement ne tient pas pour le redressement sur base des élections régionales, que ce soit sur l'un ou les deux tours de celles-ci, qui n'ont aucun rapport de structure avec des élections présidentielles.

Les élections régionales en effet sont tout d'abord des scrutins de liste, différence fondamentale d'avec l'élection présidentielle, dans laquelle la personnalité du candidat porteur d'un programme (éventuellement "de parti") joue un rôle majeur. Par ailleurs, ces listes sont, d'une région l'autre, souvent, et tout particulièrement en 2015, des agglomérats de tendances politiques qu'il semblerait impossible de regrouper sur un unique candidat  à l'élection présidentielle.

Contrairement au 1er tour de l'élection présidentielle, qui élimine tous les candidats sauf les deux premiers, les listes régionales (200 noms environ) ayant obtenu au moins 10% des votes de 1er tour peuvent fusionner (en recalibrant la liste nouvelle) avec toute autre liste ayant obtenu au moins 5% des voix - ce qui modifie encore au second tour l'orientation politique première de ladite liste. Enfin, une différence majeure tient au taux d'abstention des consultations électives régionales :

- Régionales 2010, abstention 1er tour 49.5 %, abstention 2ème tour 53.64 %
- Régionales 2015, abstention 1er tour 50.09 %, abstention 2ème tour 41.59 %, (sachant qu'en 2015 plusieurs listes se sont retirées pour faire barrage au Front National).


On sait bien, pour ce qui concerne les 2èmes tours, que le retrait de listes des élections régionales n'ont rien à voir, et aucune comparaison à soutenir, avec les éventuels appels de candidats éliminés, à voter pour l'un ou l'autre candidat du duel de second tour des présidentielles, et globalement, l'outil "élections régionales 2015" de redressement des sondages en vue du scrutin présidentiel 2017 ne peut que prêter le flanc aux accusations récurrentes de manipulation des enquêtes d'opinion politique.

Si neutre que l'on désire être, on ne peut qu'être troublé, d'abord par cet élément de redressement spécifique, mais plus avant, par l'ensemble des éléments nommés des redressements de sondages, ensemble dont on ne sait lesquels ont été utilisés pour telle ou telle enquête, ou si tous ont été déclenchés, et dans un cas comme l'autre, dans quelle proportion d'intervention sur l'ensemble du redressement.

L'opacité maintenue par les entreprises produisant des sondages d'opinion politique quant aux critères réels de leurs redressements entretient une méfiance que l'on peut difficilement juguler, et qui est d'autant moins maîtrisable, lorsque par ailleurs certains résultats, présentés avec aplomb dans les médias, surprennent vivement, tels l'accession quasi miraculeuse et extrêmement rapide d'E. Macron au statut de candidat favori, ou la justification très précoce d'un "vote utile" tirée du même statut attribué à la candidature de M. Le Pen, laquelle ne semblait pourtant pas en logique comparative devoir bénéficier d'intentions de vote aussi hautes la laissant en tête des prévisions pendant des mois.


Lorsque parallèlement on a noté que les médias depuis maintenant deux années faisaient d'un inconnu, E. Macron, avec constance un "candidat désirable", lorsque l'on se souvient que depuis le même temps toute projection d'un second tour de la présidentielle 2017 avec M. Le Pen voyait son adversaire triompher (même avec F. Hollande, alors à 13 % de cote de confiance !), on ne se garde que très difficilement d'y apercevoir une programmation élaborée avec système.


En effet, en ce qui concerne les éléments des redressements politiques, chacun des résultats 2012 sont repris et redressés pour les candidats encore en lice en 2017, et l'ont été avant les résultats des primaires tant de la droite de gouvernement (27/11/2016) que du Parti Socialiste (29/01/2017) sous les vocables respectifs "candidat élu de L.R." et  "candidat élu du P.S.", la candidature ou renoncement de F. Bayrou étant , avant son ralliement à E. Macron  (28/02/2017) traitée sous le mode de 2 propositions de scrutin avec ou sans.

Mais, quel redressement est appliqué aux intentions de vote en faveur d'E. Macron, et à la corrélation "souvenir de son vote 2012 par le sondé dont l'intention est de voter E. Macron / redressement de ce souvenir par la réalité du vote 2012" , alors même que ce candidat s'auto identifie comme et de droite et de gauche ou parfois ni de droite ni de gauche ?

Les entreprises de sondages d'opinion redressent-elles les intentions de vote en faveur de ce candidat avec des éléments des votes mêlés 2012 des candidats Hollande et Sarkozy, alors que ces éléments sont actuellement utilisés pour le redressement des candidatures Hamon et Fillon, ou bien l'intention de vote Macron reste-t-elle un résultat brut, au milieu d'un ensemble redressé ?

Et par ailleurs, quel autre équilibre pourrait être trouvé pour un redressement de l'intention de vote en faveur d'E. Macron, candidat d'un scrutin national, par le redressement fondé sur les élections régionales de 2015, où les dénominations par le Ministère de l'Intérieur des listes souvent mixtes étaient très peu descriptives de leurs composition et contenu politique réel, et où plusieurs de ces listes n'étaient pas présentes au scrutin de toutes les régions ?



L'IFOP - Fiducial et Opinion Way (OW), les deux productrices de "rollings", sont  les seules entreprises de sondages donnant un peu plus d'éléments  que les autres sur le poids des redressements politiques (et socio-démographique-professionnel pour OW, qui est par ailleurs la seule entreprise à donner des résultats bruts) -  mais OW n'utilise pas les élections régionales 2015 comme critères de redressement.

Considérons le descriptif de sa méthode par l'IFOP - Fiducial sur les notices CdS en ce qui concerne ces élections régionales 2015, elles sont énoncées ainsi :

   "NB : le vote au 1er tour des élections régionales de 2015 est reconstitué en soumettant les interviewés à l’offre électorale qui était effectivement proposée dans leur région. Le vote    déclaré est ensuite redressé d’après le score réel (données issues du ministère de l’Intérieur)    comme le montre le tableau ci-dessus. Pour éviter des effets de distorsion, ont été regroupées au niveau national des forces politiques alliées dans au moins certaines régions. Les lignes    ayant fait l’objet d’un cumul des scores sont constituées comme suit (libellés du ministère de    l’Intérieur) :
   Front de gauche, Parti Communiste, Europe Ecologie Les Verts : LFG, LCOM, LVEG et LVEC.
   Parti Socialiste, Parti Radical de Gauche : LSOC, LUG, LRDG.
   Les Républicains / UDI / MODEM : LMDM, LLR, LUD.
   Divers / Autres : LECO, LDIV, LREG, LEXD. "


On voit difficilement comment la candidature d'E. Macron pourrait être identifiée dans l'une et/ou l'autre des listes composées, dont l'IFOP a fédéré les tendances politiques selon son propre arbitrage.


Pour ce qui concerne l'autre "irrésistible ascension" des prévisions de scrutin, celle de Marine Le Pen (MLP), on dispose également d'éléments, certes parcellaires et ne donnant pas au lecteur extérieur la possibilité d'identifier les coefficients de pondération des composants de redressement utilisés, chez OW, où l'on voit dans les Présitracks le score brut de la candidate pour le 1er tour varier à la hausse vers le résultat final donné, tant pour l'ensemble des environ  1 500 - 1 600 personnes interrogées par tranches de 500 / jour, que pour celles certaines d'aller voter  (1 000 - 1 100 p. ) :

    Premier Présitrack début février 2017, notice CdS N° 8179 : résultat brut MLP 21% pour l'ensemble des sondés (ES), après tous redressements 23 %, résultat brut personnes certaines d'aller voter (CAV)  24 %, après tous redressements 26 %

     Présitrack 6 , 12 février, notice CdS N° 8197 : résultat brut MLP 24 % pour ES, après tous redressements toujours 24 %, résultat brut CAV 25 %, après tous redressements 26 %

     Présitrack 13, 21 février, notice CdS N° 8235 : résultat brut MLP 24 % pour ES, après tous redressements 25 %, résultat brut CAV 25 %, après tous redressements 26 %

     Présitrack 19,  1er mars, notice CdS N° 8259 : résultat brut MLP 23 % pour ES, redressé toujours 23 %,  résultat brut pour CAV 23 %, redressé 25 %.

     Présitrack 22, 6 mars, notice CdS N° 8271 : résultat brut MLP : résultat brut MLP pour ES 24 %, redressé 25 %, résultat brut pour CAV 24 %, redressé 26 %

     Présitrack 25, 10 mars, notice CdS N° 8292 : résultat brut MLP pour ES 22 %, redressé 24 %, résultat brut pour CAV 23 %, redressé 26 %

     Présitrack 39, 29 mars, notice CdS N° 8367 : résultat brut MLP pour ES 20 %, redressé 23 %, résultat brut 22 % pour CAV, redressé 25 %

     Présitrack 44, 5 avril, notice CdS N° 8391 : résultat brut MLP 22 % pour ES, redressé 24 %, résultat brut pour CAV 22 %, redressé 25 %

     Présitrack 48, 11 avril, notice CdS N° 8413 : résultat brut MLP 20 % pour ES, redressé 24 %, résultat brut pour CAV 21 %, redressé 24 % (à noter pour celui-ci résultat brut E. Macron 27 % pour ES, redressé 24 %, résultat brut pour CAV 26 %, redressé 23 %)


Il n'est pas possible avec le rolling de l'IFOP- Fiducial d'afficher le même type de comparatif, l'entreprise ne produisant pas ses résultats bruts. Par contre, l'IFOP produit, elle aussi, des tableaux de tous les éléments de redressement sous forme élément de base / élément redressé.

M. Le Pen (MLP) candidate 2017 figure au tableau de redressement "présidentielle 2012 1er tour", dans lequel l'élément de base est constitué par le souvenir du sondé de son vote MLP à cette élection, et l'élément redressé est un invariant à 18.3 %, soit + 0.4 % par rapport au score réel de MLP au premier tour des présidentielles 2012, avec un taux d'abstention de 20.52 % . L'écart entre l'élément de base et l'invariant redressé est au fil des rollings de maximum 2 points, à la hausse comme à la baisse.

Le parti Front National (FN) de MLP, figure lui au tableau de redressement "élections régionales 2015", de la même manière les éléments de base sont constitués par le souvenir des sondés d'avoir voté pour le FN en 2015, et le résultat redressé est un invariant à  28.3 %, soit 0.34 % de hausse par rapport au score réel du FN au scrutin de 1er tour de 2015, lequel présentait un taux d'abstention de 50.09 %.


L'écart entre l'élément de base et l'élément invariant redressé retrace au fil des rollings une situation par laquelle l'élément de base est constamment beaucoup moins élevé que l'élément invariant, le record étant celui à 7.8 % du rolling N°1 du 1er février 2017 (voir tableau ci dessous), ce qui n'est certes pas anodin puisque ce rolling était le départ d'une série comparative. Or, les intentions de vote au 1er tour 2017 en faveur de M. Le Pen portent dans ce tout premier rolling celle-ci en tête de la compétition avec 24 % des suffrages, - (par ailleurs suivie par F. Fillon avec 21 % en sa faveur), MLP est donc portée dès le 1er rolling IFOP- Fiducial comme candidate incontournable  de 2ème tour de la présidentielle 2017.


Ci dessous un tableau réalisé par old machin, représentant l'écart entre l'élément de base et celui redressé des rollings de l'IFOP. Cliquez sur l'image pour la voir en grand.   :merci:



Il est là aussi difficile de se retenir de considérer sans arrière-pensée ce critère de redressement, qui a tout de même bien été déclaré à la CdS, comme la Loi l'impose, pour être utilisé, même si l'on ne peut savoir comment = est-ce l'invariant redressé qui est utilisé, défavorisant dès lors tous les autres courants politiques et partis "de gouvernement", dont les partisans sont plus abstentionnistes que ceux du FN, qui ne le sont quasi pas ?

Est-ce l'écart qui est employé, avec ou sans remaniements, et taux d'inflation ou déflation ? Un mélange est-il fait entre le redressement 2012 et le redressement 2015 ? Y a-t-il utilisation d'un correcteur des effets d'une abstention aussi différentielle, mais alors, pourquoi ne pas le pratiquer d'emblée sur l'invariant de redressement ? On l'ignore, et continuera de l'ignorer.


L'une comme l'autre entreprise nous procurent donc quelques éléments d'une meilleure connaissance de ce en quoi consistent leurs redressements des résultats bruts de leurs sondages d'opinion, - ce dont on ne peut que les remercier puisque leurs consoeurs ne le font pas -, mais paradoxalement, sans résoudre aucunement les questions majeures déjà posées, dont notamment le poids de chaque item dans l'ensemble du redressement, et la méthodologie de l'inclusion, soit successive soit globale, d'application du dit redressement, cette fourniture de nouveaux éléments de connaissance soulève des questions nouvelles.

Notamment, techniquement, on ne peut que s'interroger sur les écarts brutaux de hausses "FN" déterminés par l'IFOP (tableau ci-dessus, lignes colorisées en jaune), puisque la technique adoptée du rolling lisse normalement sur au moins 3 jours les données, et qu'en l'occurrence ce doivent bien être toutes les données, y compris celles de redressement, qui devraient être lissées.

Au cas contraire émergerait une autre interrogation, sans doute elle aussi naïve, quant à la technique de rolling, à savoir, quelle est en réalité la bonne marge d'erreur pour ces sondages, est-ce bien celle affichée par les entreprises d'environ 1 500 à 1 600 sondés, avec une sous-cohorte de 1 000 à 1 500 certains d'aller voter, ou bien est-ce finalement celle de l'interrogation par tiers, à laquelle s'affecte une marge d'erreur beaucoup plus élevée ?


Prochain post, la finale !
 :merci: Val



« Modifié: 18 avril 2017 à 22:28:34 par Val »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #13 le: 18 avril 2017 à 18:39:58 »
L'ensemble des critères de redressements des résultats bruts des sondages d'opinion, potentiellement utilisables par les entreprises en faisant la déclaration, sans que l'on puisse réellement connaître la "recette" utilisée, ni si elle est constante ou opportuniste, laisse un doute planer sur l'intégrité des résultats diffusés dans les médias, résultats dont on est dès lors légitime à se demander s'ils n'aboutissent pas, ou même ne sont pas destinés, à influencer le vote, dans une logique qui n'appartiendrait qu'aux médias dominants eux-mêmes (dont, vu le profil sociologique de leurs propriétaires, les intérêts stratégiques sont clairs), plutôt qu'à délivrer une information objective au public d'électeurs.

SONDAGES : " AUTO-REGULATION", ET CONTRÔLE DE PAR LA LOI

Profondément modifiées dans leur fonctionnement, tant celui de leur activité marketing principale que celui du sondage d'opinion, par la généralisation de l'outil informatique ces dernières décennies, les entreprises de Conseil/Marketing/Opinion françaises, pour beaucoup d'entre elles adhérentes directes ou par fédération au Medef, sont identifiées dans le cadre des "normes de qualité" ISO ) par la norme ISO 20 252. Cette norme s'acquiert.

Le SYNTEC Etudes et Conseil est le syndicat de regroupement de ces entreprises, lui-même adhérent à la Fédération patronale Syntec ), on retrouve parmi ses adhérents tous les noms majeurs de l'industrie française du sondage. La Fédération Syntec propose à ses membres, entre autres services, son soutien à l'acquisition des normes ISO.

Par ailleurs, dans l'univers "qualité" des entreprises de conseil, on trouve l'"Association" ESOMAR, se donnant pour objet d'activité "le développement et l'utilisation de la recherche [dans les domaines] du marketing, du social et de l'opinion".....[pour qu'elle soit reconnue] comme base majeure "d'un management efficient de la décision tant dans le domaine privé que dans le domaine public - à part égale ".

ESOMAR (acronyme d' "European Society for Opinion and Market Research") a été créé en 1948 sous forme d'association de droit hollandais, son siège se trouve à Amsterdam. Elle se prévaut de promouvoir tout le secteur de l' "Etudes et Conseil", et affirme vouloir "établir un code ou des codes de pratiques éthiques et de normes professionnelles", mais énonce également vouloir étudier et informer "quant aux législations, et décisions d'ordre juridique, nationales et internationales, qui semblent devoir/pouvoir affecter les Membres dans [en limitant] leur activité professionnelle", ce qui présume quelque peu une orientation lobbying /Tribunaux d'Arbitrage. De fait, ESOMAR est inscrit comme Lobbyiste auprès de l'UE depuis 2009 sous le N° 29952722795-07.

ESOMAR revendique 4 900 membres individuels ), et plus de 400 entreprises membres, dans 130 pays, donnant aux dits membres accès à "un réseau de 35 000 professionnels de l'industrie".
Tenant chaque année un congrès remarqué, l"association",  établit des "règles", - qu'elle nomme parfois, ainsi qu'on le voit supra,  "Code(s)" -, supposées notamment instaurer ou maintenir l'éthique dans les pratiques de la profession. Le listage et le détail de ces "normes" serait intéressant à consulter, mais il n'est accessible dans sa globalité qu'aux membres. Cependant, ceux-ci s'en prévalent parfois dans leurs offres à leurs clients potentiels, c'est ainsi que Kantar TNS Sofres revendique de suivre les "règles ESOMAR" préconisant d'utiliser des panels (ou plutôt échantillons) différents selon la nature elle aussi différente du sondage.

Bien que l'information donnée au simple visiteur francophone de son site par ESOMAR soit parcimonieuse et relativement difficile à trouver, on peut y noter que Kantar TNS Sofres en est effectivement membre, et ce sous deux activités, celle de "Conseil à la recherche de nouveaux marchés" et celle de "Crowdsourcing" - les trois autres entreprises mentionnées, BVA, OPINION WAY et IPSOS se limitant à la première activité de conseil dans leur description.

Mais au delà d'organismes d'obédience privée, dont il faudrait sans doute étudier de près la capacité de contrôle de l'application, par leurs membres payants, des principes vertueux qu'ils affirment vouloir instaurer et défendre, le sondage d'opinion politique est en France contrôlé et théoriquement régulé par la Loi, en l'occurrence celle N° 77-708 du 17 juillet 1977 modifiée, créant entre autres dispositions la Commission des Sondages, Autorité Administrative Indépendante chargée de l'appliquer.

LE CONTRÔLE DE LA COMMISSION DES SONDAGES


La Loi 77-708, principalement modifiée par les Lois N° 2002-214 du 19/02/2002, N° 2016-508 du 25/04/2016 et N° 2017-55 du 20/01/2017, et leurs réglementations afférentes, vise entre autres à ce que les sondages d'opinion politique portant sur des intentions de vote en période électorale  ne soient pas en mesure "d'influencer ou perturber la libre détermination du corps électoral".

La Commission des Sondages (CdS) est aujourd'hui composée de trois Conseillers d'Etat, dont sa présidente Mme M.E. AUBIN, de trois magistrats de la Cour des Comptes, de trois magistrats de la Cour de Cassation, et de deux personnalités qualifiées dans le domaine des statistiques et des sondages.

Dans le cadre des élections précédant celle aujourd'hui examinée, la CdS a fréquemment été saisie par des candidats estimant que tel ou tel sondage influençait en leur défaveur le vote à venir de leur électorat.

La plus connue de ces saisines émanait du candidat à l'élection présidentielle 2012 J.-L. Mélenchon, qui demandait à la CdS de lui transmettre la fiche technique d'un sondage de l'entreprise Harris Interactive pour le journal Le Parisien du 7 septembre 2011 (les notices des sondages électoraux n'ont été mises sur le site de la CdS qu'à compter du 25/04/2016, cf la Loi de même date), afin de connaître les modalités de redressement des résultats bruts du sondage.

La CdS ayant refusé, sur base de l'opposition de l'entreprise, de souscrire à la demande, J.-L. Mélenchon avait déposé un recours devant le Conseil d'Etat.
Le jugement de ce dernier, publié en date du 8 février 2012, avait fait grand bruit, le Conseil d'Etat rejetant la demande du candidat, au nom du "secret industriel" (!!!) de la, pourrait-on dire, recette de redressement d'Harris Interactive.

Cet arrêt ) a été copieusement brocardé, notamment par l'Observatoire des Sondages, qui  le commentait ainsi :

"..... On n’attendait pas du Conseil d’Etat qu’il déjuge les siens. Rappelons que la commission des sondages est composée de trois conseillers d’Etat (sur 11 membres), qu’elle est présidée de droit par un conseiller d’Etat et qu’elle est installée… au Conseil d’Etat. Le rapport établit donc qu’il y avait bien eu des fautes au regard de la loi de 1977 comme des lacunes de la fiche technique, des problèmes sur les sondages en ligne mais que, in fine, cela ne suffisait pas à donner droit au requérant.

Le sujet imposait évidemment de dépasser le seul terrain juridique en obligeant le rapporteur à s’informer sur la technique des sondages. On ne sait s’il faut y voir une chance pour s’instruire ou une limite des jugements confiés à des juristes. Toujours est-il que le rapporteur public n’a pas comblé ses lacunes techniques en s’informant probablement auprès de ses confrères de la commission des sondages qui s’informent eux-mêmes depuis longtemps auprès des seuls sondeurs. On entendit donc les arguments des sondeurs.

Il faut toutefois à une juridiction administrative se fonder sur du droit. Et le pas a été franchi. Déjà largement suggéré dans la revendication des secrets de fabrication pour refuser la publication des redressements, il fallait au Conseil d’Etat une référence juridique ferme. Le rapporteur justifia donc le refus de communiquer les redressements par le « secret industriel ». Les choses sont ainsi dites : les sondages sont des produits industriels. On s’en doutait mais il convenait que cela fut dit par une institution officielle. .... "
.


De fait, l'observation de l'activité de la Commission des Sondages pour la période de campagne présidentielle 2017 (laquelle ne peut être appréciée qu'à partir de la date de publication des notices sur le site CdS, alors même que des sondages de nature électorale 2017 ont été déjà publiés en 2015) rend tout d'abord compte d'un irrespect certain, de la part des sondeurs,  vis à vis de l'autorité administrative indépendante et des obligations qu'elle est censée contrôler et sanctionner.

Il en va ainsi notamment de l'obligation, déterminée par la Loi N° 2016-508, intimant aux sondeurs de transmettre dorénavant leur notice technique AVANT publication dans un média quel qu'il soit : sauf à supposer que cette obligation soit bien tenue, mais que la CdS ne dépose les notices sur son site qu'après différé, cette obligation est très irrégulièrement respectée.

Par ailleurs, la teneur même, de forme ou de fond, de ces notices, peut être sanctionnée par la CdS, ordonnant notamment, en application de la Loi article 9,

au sondeur ou son commanditaire qui aurait " réalisé, publié ou diffusé en violation de la présente loi et des textes réglementaires applicables ou en altérant la portée des résultats obtenus ", 

de  "  publier ou de diffuser une mise au point ou, le cas échéant, de mentionner les indications prévues à l’article 2 qui n’auraient pas été publiées ou diffusées. La mise au point est présentée comme émanant de la commission. Elle est, suivant le cas, diffusée sans délai et de manière que lui soit assurée une audience équivalente à celle de ce sondage, ou insérée dans le plus prochain numéro du journal ou de l’écrit périodique à la même place et en mêmes caractères que l’article qui l’a provoquée et sans aucune intercalation. ",

 mais la formulation même de cette sanction exclut les médias audiovisuels, - qui pourtant parfois diffusent immédiatement les sondages, ou les enquêtes prises pour tels -, de cette obligation de rectification.


D'autre part, la CdS semble extrêmement tolérante avec les sondeurs, puisqu'elle n'a - alors même que la campagne 2017 avait déjà intensivement donné lieu à de très nombreux sondages du même type dès octobre 2016 du fait des "primaires" - interpellé certains de ceux-ci en correction de leurs affichages traitant de la marge d'erreur qu'en mars 2017.

Il s'agissait des cas suivants (2 observations supplémentaires, non notées, sur la période postérieure au 15 mars) :

     Présitrack 24 d'Opinion Way pour notamment Les Echos, Notice N° 8286 , "rolling" basé en théorie sur les réponses de 1 509 sondés, qui a fait l'objet de précisions de la CdS  : " La commission des sondages relève que l'effectif des échantillons utilisés pour l'établissement des résultats de ce sondage est de 875 personnes pour le premier tour et de 754 ou 624 personnes pour le second. "

     Rolling 27 de l'IFOP pour Paris-Match entre autres, notice N° 8288, où la CdS précise que l'effectif affiché de 1 395 sondés se réduit à 922 pour les intentions de vote du 1er tour, et à 808 pour le second.

     ODOXA pour France Info, enquête sur les candidats HAMON, MACRON et MELENCHON, Notice N° 8289, où la CdS précise que l'effectif de 1 006 sondés est en réalité composée de sous- échantillons de 280, 145 et 135 sondés.

     Présitrack 25 Opinion Way, Notice N° 8292, où l'effectif annoncé de 1 571 sondés est rectifié par la CdS à hauteur de 904 pour le 1er tour, "787 ou 632" pour le second.

     Rolling 28 de l'IFOP, Notice N°8293, où l'effectif de 1 379 sondés est rectifié à 947 pour le 1er tour et 815 pour le second.

     Rolling 29 de l'IFOP, Notice N° 8298, effectif de sondés déclaré 1 397, rectification par la CdS à 997 pour le 1er tour, et 845 pour le second.

     Présitrack 27 Opinion Way, Notice N° 8300, où l'effectif de 1 528 sondés est précisé par la CdS à 751 pour lee 1er tour, et 601 pour le second.

     Présitrack 28 Opinion Way Notice N°8602, où l'effectif annoncé de 1 529 sondés est rectifié par la CdS à 871 pour le 1er tour, et à "751 ou 593" pour le second.

     Présitrack 29 Opinion Way, Notice N°8307, effectif annoncé de 1 554 sondés,  rectifié par la CdS à 854 pour le 1er tour, et "770 ou 594' pour le second.


La Commission des Sondages a ainsi exercé tardivement semble-t-il ses contrôles, alors qu'elle possède les pièces justificatives des sondages publiés.
En outre, la quasi totalité des observations touche la pratique des rollings par l'IFOP et par Opinion Way (l'IFOP suite aux observations de la CdS ayant porté son effectif de sondés initial à 2500 personnes), et les rectifications partant de la date du 9 mars n'ont pas amené d'observations rétroactives sur les périodes à compter du 1er février, constituant une ligne continue de comparaison selon cette technique.


C'est la fin de ce travail. Nous pourrions continuer pendant des jours encore, mais nous pensons vous avoir donné les éléments de réflexion à propos de l'information, comment elle peut être sélectionnée, redressée, répondre à la commande de certains clients, et diffusée dans les médias.
Mais le temps se fait court ! Et aussi celui nécessaire à s'approprier ces données, attirant l'attention sur les biais possibles et nombreux des sondages relayés sans discussion ni précautions par les médias. C'est donc à vous, dorénavant, que nous passons le relais !

Lisez, réfléchissez, diffusez, et surtout, votez en votre âme et conscience selon vos convictions et en ayant trouvé une information digne de foi !!!

« Modifié: 19 avril 2017 à 19:41:43 par Val »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #14 le: 19 avril 2017 à 18:08:25 »
 :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2: :merci: :fleur2:
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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #15 le: 19 avril 2017 à 19:52:38 »
Merci bien sarkonique  :fleur2: :fleur2: :fleur2:
Je viens de rajouter le PDF pour ceux qui voudraient avoir le document en une fois. je vais envoyer une newsletter.  :fleur2: :fleur2: :fleur2: :fleur2:

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #16 le: 20 avril 2017 à 11:18:38 »
Bravo pour ce patient et très fouillé travail.
Je n'ai pas tout lu (c'est long quand même  :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:)
Mais j'ai téléchargé le PDF
Un digest qui écarte certains développement et les replace en annexe serait bien.  :poète:
Je vois là toute la sagacité intellectuelle de membres infatigables ...
Chapeaux !!! :bigtong: :bigtong: :bigtong:

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #17 le: 03 mai 2017 à 13:24:18 »

Et après avoir lu tout ce magistral travail de démonstration fait par Old Machin, tomber sur cet article du "guardian" et réaliser qu'en plus certains sont très fiers d'avoir fait monter le FN et s'en amusent

 :fache: :X: :fache: :X: :fache: :X:
 :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3: :pan3:

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #18 le: 03 mai 2017 à 18:55:35 »
Ben marci  :diable: RN pour ton appréciation du boulot.... magistralement mis en page par Val !  :merci: , et au sujet de l'article du Guardian, contenant le lien vers le sondage de l'IFOP- Fiducial, eh bien, je vous avais mis de côté (je pense que personne ne l'a mis ici pour l'instant  :] ) une video d'arrêt sur images, avec Olivier Todd et Olivier Tonneau, (dont le nom figure en haut de page de l'article du Guardian), et justement, Tonneau parlait de ce sondage soigneusement mis aux oubliettes en France. La video m'a plutôt bien plu (inclus Todd admettant avec simplicité diverses de ses conneries  :diable:) :

https://www.youtube.com/watch?v=TZkejys9Iz8

Et l'article  - qui ne sera pas non plus trop traduit je suppose, car c'est quand même un brûlot ! - m'a bien plu aussi, merci ....

Et banzaï !



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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #19 le: 04 mai 2017 à 08:22:03 »
Alors, ce n'est pas que je veuille prolonger votre plaisir  :mdr1:....., mais il parait  :diable: qu'il y a eu un débat hier soir ( - pendant lequel , désirant préserver ma tension, j'ai oeuvré à d'autres choses -), encore une fois avec "sondage" "en life", ELABE/SANANES bien sûr pour BFMTV qui était le lieu du délit je crois ?.

N'ayant ni suivi la chose, ni écouté les commentaires du directement après, je me suis dit quand même que c'était intéressant d'aller voir comment avait été fabriqué le "sondage" en question, dont je suppose, pour ceux qui ont regardé, que les "résultats"  vous ont été livrés, petits veinards, quasi dans la foulée. Et, re-petits privilégiés, si vous avez aussi lu le boulot Médias/Sondages, eh bien de vous dire où sont les points qui me chipotent.
Alors alors, pour faire un sondage sur émission télé "en life", il faut d'abord le préparer, et déterminer l'échantillon de p'tits gars et filles qui vont pour moins d'un euro avoir le bonheur de donner leur avis.
ELABE a déclaré ce premier tri à la CdA sous la notice N° 8485, comme ayant entre le 28 avril et le 2 mai sur 3 956 personnes "représentatives de la population française" pris les 3 817 inscrits sur les listes électorales. Les marges d'erreur déclarées sur la notice sont celles pour 4 000 consultés, et 3 100 "sûrs d'aller voter".
Les questions posées sont d'une part "qui de EM et MLP ....a le meilleur projet, correspond le mieux à vos idées, comprend le mieux des gens comme vous, est le + honnête" etc, et d'autre part, "quelle est votre intention de vote ?" = cette dernière question amène un 59% pour EM, et 41 % pour MLP, avec 18 % d'indécis (NSP : ne sait pas) ET NON D'ABSTENTION OU VOTE BLANC/NUL. Voilà la notice, seule publiée à la CdS :

http://www.commission-des-sondages.fr/notices/files/notices/2017/mai/8485-pres-elabe-bfm-tv.pdf

Alors, comme c'est la seule notice publiée, allons voir sur le site ELABE leur publication du "sondage" d'hier soir.

http://elabe.fr/a-ete-plus-convaincant-2/

Nous sommes passés de l'échantillon sub-initial de 3 817 inscrits sur listes électorales, à 1 314 téléspectateurs "volontaires à regarder le débat", qui seraient interrogées en life pendant et directement après ("méthodologie", par Elabe qui n'en dit pas plus).
Or, Elabe nous communique en "1ère transmission" d'abord l'avis global de l'auditoire sondé sur "qui a été le plus convaincant ? " = EM pour 63 % des 97% de répondants, MAIS enchaîne sur un tri de ces réponses selon ce qu'ont voté les sondés au 1er tour de la présidentielle, Mélenchon, Macron, Fillon ou Le Pen. On évitera bien sûr de supposer qu'un tri POLITIQUE/INTENTION VOTE 2ème TOUR soit à la base du choix des 1 314 personnes  :gene3:    :] , mais en tous cas la question sur le vote au 1er tour  (qu'avez-vous voté ?) ne figure pas sur la notice à la CdS, et certes, ELLE N'EST STRICTO SENSU PAS PUBLIEE DONC ELABE N'EST PAS "EN INFRACTION", mais on ignore dès lors a) si les cohortes de votants au 1er tour pour tel ou tel sont de dimension proportionnelle au vote réel b) si AVANT le débat ces sondés avaient l'intention déjà de voter pour Macron ou Le Pen, ou s'abstenir, ou voter blanc/nul.
On a une très vague idée de cela, en voyant quelles "marges d'erreur" produit ELABE pour cette 1ère transmission, à savoir 1000 et 800 sondés - mais il y a dès lors "triche" sur le 800, puisque l'on serait en réalité sur l'énorme marge d'erreur de 200 sondés pour chacun des 4 candidats du 1er tour.

Et quant à la 2ème transmission par Elabe, elle reprend les questions de la notice à la CdS (meilleur projet, le plus honnête, etc). ON NE SAIT PAS QUAND CES QUESTIONS AURAIENT ETE REPOSEES AUX 1 314 sondes, mais TOUTES LES REPONSES SONT CETTE FOIS EN FAVEUR D'EM, et la dernière question : "QUI SELON VOUS A LA MEILLEURE CAPACITE A AVOIR UNE MAJORITE A L'ASSEMBLEE NATIONALE ? " N'EST CETTE FOIS PAS RETRANSCRITE.

Bon, je ne vous dirai pas ce que j'en pense  :gene3:  :gene1: , après ma longue fréquentation des sondagiers/sondages/notices, ... c'est vous qui voyez !  :diable: .... Et, santé !  :drapeaublanc:



« Modifié: 04 mai 2017 à 08:29:27 par old machin »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #20 le: 16 mai 2017 à 17:30:31 »
Je viens de prendre connaissance d'une "liaison dangereuse" très particulière , que je ne me souviens pas avoir lu dans le super travail de Old et Val :

Sébastien AUZIERE, vice -président de KANTAR qui a racheté la SOFRES, vous savez qui c'est ? Et bien c'est le fils de Brigitte TROGNEUX-MACRON

C'est-y pas mignon ?  :pasdrole: :rougefache: :diable:


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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #21 le: 17 mai 2017 à 08:27:26 »
Héhé, RN, j'avais cru comprendre que "Medias, Sondages, Compagnie et plus si affinités"  était déjà longuet pour d'aucuns et certains, et tu n'imagines pas combien redétailler, outre les présidents directeurs généraux, parfois nommés, toute la sous hiérarchie de ceux-ci eût encore rallongé le bouzin...  :diable: .

Par contre je suis d'accord avec toi, ce petit aîné du petit prodige mérite qu'on s'y arrête un peu, et d'ailleurs, d'abord pour rectification : S. Auzière n'est pas "vice-président de Kantar", filiale du groupe WPP siégé  :mrgreen: dans l'île fiscalement paradisiaque de Jersey si m'mémoire ne me trahit pas. Kantar couvre dans les 80 pays, et peu ou prou dans chacun de ces pays, même lorsqu'ils ne sont pas assez "lourds" pour avoir sur place des représentations des 13 (énormes) filiales de Kantar, , est au moins organisé dans chacun de ces territoires selon les 4 divisions majeures d'activité : Kantar World Panel, Kantar Retail, Kantar Media, et Kantar Health . S. Auzière est depuis janvier 2016 Senior Vice Président de Kantar Health FRANCE. Ce qui n'est pas rien, j'y reviens plus bas.

D'abord, bon, même si la date de cette nomination chez Kantar France correspond bien au passage à la vitesse supérieure du battage médiatico-sondageo-frénétique commencé début 2014 en faveur de Macron, je vais tenter d'éviter l'écueil complotiste, en trouvant d'abord que selon les critères généraux d'embauche de ces boîtes cette promo n'est pas totalement scandaleuse 9 ans après son entrée dans cette même division Kantar Health de la boutique - même si la date juillet 2012 de son unique promo précédente mérite aussi d'être notée.

Bon, ça, c'est fait  :] . Et par contre, voilà voilà, qu'est-ce que le département Health SANTE des boîtes de Conseil Expertise Opinion - elles en ont toutes, et même l'IFOP met un clic spécifique sur celui-ci, son site étant pourtant particulièrement mal foutu  :gene1: selon mon humble avis. Eh bien, si je résume de manière très crue, ces départements santé "accompagnent" à moyen terme (qui devient dans certains endroits, voyez mon regard, court terme), les projets/plans de privatisation des assurances sociales santé, en réalisant des études pour deux des acteurs privés majeurs du secteur, à savoir les labos pharmaceutiques et les auto-dénommées "mutuelles", et pour les "décideurs publics" qui vont nourrir ceux-ci.  :rougefache: .

Dans le topo médias sondages etc, d'ailleurs, dans l'intro générale sur les entreprises de sondages, on vous notait les activités "affaires publiques" de ces entreprises, en remarquant que celles ci pouvaient bien ressembler de près à la fourniture d'outils de lobbying à leurs clients, et nous vous donnions justement des éléments d'appréciation quant à une étude 2013 de Kantar TNS sur l'automédication des Français.
Par ailleurs, nous vous citions sans commentaires, puisque vous êtes bien assez grands pour vous faire vous-mêmes réflexions comme conclusions, les alléchantes propositions à ses clients d'un panéliste (Bilendi si m'mémoire est bonne), de leur fournir des panels de sondés malades toutes catégories pour peaufiner leurs stratégies commerciales = mon p'tit coeur d'artichaut à moi était parti au quart de tour, et imaginait le pauv'gars déjà accablé par sa maladie - et généralement la perte de moyens d'existence qui va avec - obligé pour se faire 3 sous de causer tout le temps de ses maux, et en outre va savoir cédant par suite à des sollicitations plus discrètes d'essais de médocs expérimentaux ?  :( - mais là c'est ma folle imagination de meuchante, bien sûr  :diable: ! Mais même en se limitant aux activités prop'sur elles des départements santé des entreprises Conseil etc, je crois pouvoir dire sans excès d'arbitraire que celles-ci sont les plus "douteuses" à l'aune de l'INTERÊT COMMUN" du vulgum pecus.

Compte tenu des projets du jeune beau-père en matière de santé, (genre parfaire le ravage bien commencé par Bachelot et continué par Touraine), compte tenu des liaisons dangereuses  :diable: avec les gros privés du domaine santé présents à la Commission Attali 2007-2008, compte tenu du recrutement dans l'équipe de campagne du frère Mourad trempant jusqu'au cou dans le lobby pharma et notamment Servier, (avant clash médiatique, mais cette partie du "programme" était déjà bien en route), ben, oui, DANS LE DOMAINE DU MASSACRE DE LA SECU EN FRANCE je ne trouve pas forcément réjouissant que le beau-fils Auzière ait la position qu'il a, depuis début 2016, à Kantar Health. Mais sans plus, et je m'interdis par contre de lui imaginer - tout simplement parce que ces logistiques ne sont pas du même niveau - une quelconque influence sur les sondages d'opinion politique avant et pendant la campagne présidentielle, Kantar Opinion Politique n'ayant guère fait plus que les autres pour faire enfler les prévisions en faveur du FN, et en faveur de Macron comme second obligé du 1er tour.

Par contre aussi, la position d'Auzière, amené à avoir pour clients de gros labos pharmaceutiques et des entreprises privées de couverture de frais de santé  8/ me rappelle, quand même bien comme il faut, sarko balançant aux entreprises l'obligation d'avoir des mutuelles ....alors que son frangin ou demi en dirigeait une et pas des moindres..... meuh c'est sans doute parce que j'ai très mauvais esprit, c'est bien connu  :diable: .
---------------------------------
J'en finis là avec Auzière ..., mais je me permets de filer vers une autre du monde sondagier commercial et politique, à savoir Laurence Parisot, je voulais dès la rédaction des chapitres sondagiers-sondages mettre un petit additif sur la p'tite dame, et mieux vaut tard que jamais, s'pas ? Adonques la bien connue ex-dirigeante du MEDEF devenue patronne de l'IFOP a en réalité très très longtemps dans le cadre de l'IFOP roulé pour Fillon, dont le programme la remplissait d'aise, comme il seyait bien comme il faut au début à son donneur d'ordre principal. Et cette p'tite dame se défait de ses actions IFOP (tout en gardant le pied dedans, mais c'est une autre histoire) en novembre 2016, tiens donc. Puis encore, va savoir comment et pourquoi on la retrouve plutôt intensivement dès début 2017 dans les médias publics (France Culture notamment) comme privés (chaînes d'info continue) d'où elle était rigoureusement absente depuis une tralée, à pérorer d'économie et programmes présidentiels comparés, et à se déclarer disponible et Fillon/Macron, puis Macron compatible  :( ... (sachant que l'on sait qu'en tant que prez du Medef elle avait reçu un postulant à emploi nommé Macron, et que le deal ne s'était pas fait...., je n'en sais pas + mais le jeune homme me parait un peu facilement irritable, et rancunier à bonne dose). Bon. On verra. C'était un marque-pages, au cas z'où... :grrr:  :mdr3: :mdr3:

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #22 le: 17 mai 2017 à 13:24:46 »
Merci Old ! Et comme souvent envie de partager tes analyses, cher vieux truc  :p ;-)
Donc on met un lien sr Twitter !
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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #23 le: 17 mai 2017 à 18:43:52 »
Chers amis téléscrutateurs, voilà qui est tout de même ben curieux! Le Pujadas, voyez-vous, l'ont viré...  8| Bon, ben tant mieux, ap'tout, vu que, hein. Il se la jouait "trop perso", a dit Delphine Ernotte, et pis faut des femmes, quoi.

http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/05/17/david-pujadas-est-ecarte-du-journal-de-20-heures-de-france-2_5128997_1655027.html

Mais tiens dis donc alors ça, par qui qu'il est remplacé? Ben par Anne-Sophie Lapix, oui et ben quoi, mais c'est son mari: l'est préz de Plublicis qui conseille Macron.

http://www.europe1.fr/politique/maurice-levy-publicis-cela-va-passer-entre-les-programmes-de-macron-et-fillon-2965496

Sur le ton du café du commerce, parce que c'est un peu vite fait, le post.  ;)
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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #24 le: 10 juin 2017 à 09:02:42 »
Bien bien bien....., voyons donc ce qui se passe du côté des sondages, qui ont tant plu avant et pendant les  présidentielles, à l'orée du 1er tour des législatives.
Premier constat, s'ils se répandent via leurs stars dans les médias, les sondagiers sont encore moins respectueux que lors de la présidentielle quant aux règles de publication de leurs notices à la CdS. Mais passons, je voudrais faire un peu vite, ça presse, lesdits sondagiers instillant urbi et orbi la théorique certitude "LREM écrase tout", et l'abstention sera énorme". Ah bon ? Expliquez nous comment est programmée la cristalline boule....  :rougefache:

Bon alors déjà pour l'abstention record, ben je vous avais X fois rappelé qu'elle était très forte aux 1ers tours 2007 (39.6%) et 2012 (42.78%). Donc une hausse (que je ne lis guère d'ailleurs dans leurs restitutions  :pasdrole: ) de 5% par rapport à 2012 ne me parait pas écrasante, vues les circonstances de la présidentielle. Mais ce qui choque, c'est que l'on nous met "le taux de participation le pire depuis le début de la 5ème république" :

http://www.lepoint.fr/legislatives/legislatives-une-abstention-historique-pour-nuancer-la-victoire-de-rem-07-06-2017-2133466_3408.php

, alors qu'avant que Jospin n'en fasse la connerie  :rougefache: :gene4:, les législatives intervenant à échéance légale très loin de la présidentielle servaient de soupape aux mécontentements et donc mobilisaient la participation. Cette stat est donc biaisée de manière éhontée, comme d'hab.  :diable:  :rougefache:

Et alors, les sondages (généralistes, ensemble des législatives métropolitaines), qui nous assènent sentencieusement que nous devons aller à la pêche car c'est plié en faveur de LREM, qui sont-ils et comment ont-ils redressé/calculé ?

Là aussi je vous la fais courte... :diable:, quitte à y revenir. Me semble déjà vous avoir dit que les sondages seraient encore plus périlleusement constitués pour les législatives, évidemment, chaque circonscription ayant ses candidats particuliers dans un contexte particulier.

Sur le site de la CdS, pour les 9 jours de juin, il n'y a que 6 notices "généralistes" publiées  - mais ce sont ces sondages là qui sont médiatisés sans cesse et sur un résultat global "majorité de sièges pour LREM". Et puisque ce petit jeu là nous est servi, ben je l'ai joué aussi avec leurs notices, en regardant combien de sondés leur avaient donné ces certitudes, par rapport à combien de circonscriptions métropolitaines (puisqu'ils continuent à n'interroger que les métropolitains), donc, 539 circonscriptions métro.

Cela donne pour les intentions de vote :

Notice 8628 IPSOS Le Monde redressements socio-démo-prof. + 1er tour présidentielles 2017 : 16.6 sondés par circonscription
Notice 8629 Opinion Way Les Echos, redressements idem : 3.60 sondés par circonscription (p.c.)
Notice 8635 Ipsos France télés et Cevipof, redressements idem :2.09 sondés p.c.
Notice 8640 Odoxa Le Point, redressements idem : 1.26 sondé p.c.
Notice 8642 BVA PQR, redressements socio-démo-prof. + les 2 tours de la prez 2017 : 5.40 sondés p.c.
Notice 8643 IFOP et CECOP, Fondapol, redressements socio-démo-prof + 1er tour prez 2017 + 1er tour législatives 2012 ( :diable: trop fort l'IFOP) : 5.19 sondés par circonscription.......

Bon, ouvrez votre cahier de textes, pour demain relire le chapitre "Redressements" du topo Média-Sondages, interro écrite sur les probabilités de programmation de l'ordinateur des sondagiers, et très notamment Odoxa  :mdr3: :mdr3: :mdr3:


« Modifié: 10 juin 2017 à 09:06:14 par old machin »

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #25 le: 13 juin 2017 à 19:27:55 »
ADDENDUM

Pour les législatives les entreprises de sondages département Opinion Politique ont repris - certes mezzo voce, les "prévisions" sur 577 circonscriptions étant globalement moins directement lucratives que celles des présidentielles - leurs boules de cristal.
Il est donc temps de poster cet addendum différé, dont la publication entre les deux tours de la présidentielle était susceptible de faire plus encore saigner les consciences prises dans l'étau, préparé de longue date, du "moindre mal".

Cette petite étude se basait sur les "PRESITRACKS" de l'entreprise Opinion Way, seule entreprise publiant les résultats bruts aux questionnaires "auto-administrés", seule donc permettant de constater l'écart entre ce résultat brut et leur résultat publié.
Elle se base sur les Présitracks N° 45 à 65, dont les 10 premiers : intentions de vote 1er et 2ème tour, et les suivants 2ème tour seulement.

Les redressements sont ceux socio-démographique / professionnel, et les deux tours de l'élection présidentielle 2012 pour les intentions avant 1er tour 2017, le 1er tour de l'élection présidentielle 2017 pour l'entre deux tours.

Il est rigoureusement impossible, ainsi que déjà exposé, de décrypter la "recette" en soi du redressement. Par contre, évidemment, et c'est le propos de ces relevés, on peut en constater les résultats, qui vont tous dans le même sens, celui d'une minoration des intentions de vote pour E. Macron, associée à une majoration des intentions de vote Marine Le Pen, induisant clairement que le "vote utile" contre le Front National serait de voter dès le 1er tour E. Macron.
L'écart global (le plus, associé au moins) sur ces deux candidats est parfois vertigineux, et n'est absolument pas de même dimension pour les 3 autres "grands candidats", lesquels traités en triangulaire sont "redressés" en triangulaire aussi, ce qui n'amène (une seule fois, Présitrack 54, Fillon/Mélenchon) qu'un écart plus-moins maximal de 5 points, mais plus généralement de 2 à 3 points.


Aujourd'hui pour les élections législatives, Opinion Way n'a à ce jour publié qu'une enquête nationale (Notice CdS N° 8 600, 5 000 sondés) - son redressement se justifie sur, comme usuel, le socio/démographique/professionnel, et par ailleurs sur les éléments (seuls publiés) du 1er tour. de la présidentielle 2017..., tout en mentionnant qu'interviendront également les présidentielle et législatives 2012, et les régionales 2015...

L'entreprise prend la précaution (quoique  :diable:) de nous décrire sa "recette", incluant des redressements sectoriels liés aux résultats des législatives 1993 pour certaines circonscriptions, et tenant compte, mais on ne sait dans quelle mesure, du taux de participation aux législatives...2012. Elle revient également "selon le type de configuration" au second tour, sur les législatives de 2012 et les régionales de 2015...  En bref le Grand Chef donne en apparence sa recette du boeuf en daube maison- sauf l'essentiel des aromates inclus dans celle-ci, ou des temps de cuisson respectifs des ingrédients.

Par ailleurs, comme la plupart de ses consoeurs, Opinion Way se refuse à nommer la "France Insoumise" en tant que mouvement/parti, et se réfère à PC +PG en tant que "bloc apparenté à J-L. Mélenchon". Certaines consoeurs sont encore moins regardantes, en ne citant liminairement que "Front de Gauche" dans leurs prévisions (Ipsos si ma mémoire est bonne).

Voici la description de sa méthodologie par Opinion Way :

Citer
Les résultats de cette étude sont issus d’un travail de modélisation réalisé de la manière suivante :

• Tout d’abord, nous avons réalisé des enquêtes nationales d’intention de vote au premier tour des législatives. Nous sommes partis de l’hypothèse que chaque grande force politique représentée à la présidentielle présenterait des candidats dans chacune des circonscriptions, à savoir l’extrême gauche, le bloc apparenté à Jean-Luc Mélenchon (Parti Communiste et Parti de Gauche en alliance), le Parti Socialiste (allié à EELV), En Marche d’Emmanuel Macron, Les Républicains et l’UDI en alliance, Debout la France et le Front national. Nous avons aussi laissé aux personnes interrogées la possibilité d’exprimer une intention de vote pour un candidat représentant une autre force politique.

• Ensuite, nous avons modélisé le résultat national de ces intentions de vote dans chaque circonscription à partir d’un modèle statistique prenant en compte les caractéristiques démographiques des électorats, les résultats des élections de 2012 (présidentielle et législatives), des régionales de 2015 et du premier tour de la présidentielle 2017.

• Nous avons également appliqué aux sortants qui se représentent (pour ceux dont nous avions l’information à ce jour) [nota : enquête réalisée du 24 avril au 1er mai (???)] un bonus, calculé à partir des résultats constatés lors des élections législatives précédentes. La situation du Parti Socialiste étant très atypique aujourd’hui (de nombreux sortants mais un score très faible à la présidentielle), nous avons intégré dans le calcul de cet « effet sortant » les législatives de 1993, point bas de l’histoire électorale du PS. Bien que le découpage électoral ait changé depuis, cette élection est une bonne référence puisqu’il permet de travailler à partir d’une hypothèse très défavorable au PS et de mieux tenter d’évaluer sa résistance grâce à son implantation locale.

• Nous avons retenu une hypothèse de participation au scrutin de juin comparable à celle de ces législatives de 2012.
Cela nous permet d’estimer pour chaque circonscription la configuration de l’offre électorale de second tour. Pour évaluer le potentiel d’élus par force, nous avons appliqué enfin des matrices de transfert correspondant à chaque configuration de second tour. Ces matrices combinent à la fois les reports de voix de nos enquêtes réalisées les jours de scrutin sur de grands échantillons (6000 à 10000 personnes selon les scrutins) et une analyse statistique des reports de voix à partir des résultats des scrutins de 2012 (législatives) et 2015 (départementales), selon le type de configuration au second tour.

Comme tout travail de ce type, les résultats sont soumis aux hypothèses retenues.

, ...... que nous remercions donc une fois encore de nous donner d'emblée les éléments de salutaire et forte relativisation des résultats publiés de ses travaux, comme de ceux de ses consoeurs:mdr3: :mdr3: :mdr3:

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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #26 le: 08 juillet 2017 à 11:26:51 »
Des sondages, BOURDIEU disait :




Et ce court extrait vient d'un article du Monde Diplomatique qui est en accès libre : "BOURDIEU et La FARIQUE des DEBATS PUBLICS "
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Re : MEDIAS, SONDAGES, PRESIDENTIELLES, LES LIAISONS DANGEREUSES
« Réponse #27 le: 19 juillet 2017 à 21:20:23 »
Et ACRIMED vient de faire paraître un article qui complète (un petit peu) et conforte (beaucoup) tout le travail de notre vieux truc estimé !!!

Les sondologues, piliers de l’éditocratie
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