Auteur Sujet: Situation au Nigeria  (Lu 3206 fois)

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Situation au Nigeria
« le: 12 janvier 2015 à 12:39:53 »
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Boko Haram a détruit 16 villages et fait 2 000 morts au Nigeria


Il s’agirait du massacre “le plus meurtrier de l’histoire de Boko Haram” selon Amnesty International.

Seize villages détruits, 2 000 morts et 20 000 personnes en fuite. C’est le bilan catastrophique de l’attaque perpétrée par la secte islamiste Boko Haram au Nigeria du 6 au 8 janvier. La ville de Baga et une quinzaine de villages situés au nord-est du pays ont été dévastés par les fanatiques qui ont tué sans discernement.

“Même l’Etat islamique, qui a tué des milliers de personnes et cible à dessein des minorités, ne semble pas agir de manière aussi gratuite dans ses carnages. Il semble que tout le monde – musulmans, chrétiens, camerounais, nigérian – soit une cible pour Boko Haram”, affirme le Washington Post.

Une ville entièrement rasée

En août 2014, le leader de la secte, Abubakar Shekau, avait annoncé la création d’un “Califat islamique”. Depuis les intégristes se sont emparés de l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, où ils sèment la terreur. Baga était la dernière ville qui était encore sous le contrôle du gouvernement national. Ce n’est désormais plus le cas, puisqu’elle a été entièrement rasée. Selon un rescapé interrogé par l’AFP, “de nombreux cadavres jonchaient le sol” et “la ville tout entière brûlait” lorsqu’il s’est échappé.

Certains habitants en fuite ont été poursuivis et abattus par les intégristes alors qu’ils tentaient de gagner la brousse, rapporte Musa Bukar, responsable administratif de cette zone de l’Etat de Borno, interrogé par l’AFP. D’autres ont réussi à trouver refuge sur une île du lac Tchad, où ils sont dans une situation périlleuse, sans vivres. Le président nigérian et son armée ont été incapables d’endiguer l’influence de la secte, qui menace désormais le Cameroun voisin.

“Le massacre plus meurtrier de l’histoire de Boko Haram”

Dans un communiqué publié le 9 janvier, Amnesty International évoque le massacre “le plus meurtrier de l’histoire de Boko Haram”. D’après Daniel Eyre, chercheur sur le Nigeria à Amnesty International :

    “Il semble que l’attaque contre Baga et les localités alentour pourrait être la plus meurtrière à ce jour d’une série d’actions de plus en plus haineuses menées par le groupe”.

L’expansion de ces nihilistes et l’incapacité de l’armée nigériane à leur nuire préoccupe les pays voisins. Le président camerounais Paul Biya a ainsi appelé lors de son discours du nouvel an devant le corps diplomatique à “une réponse globale” et à une aide internationale pour leur faire face. Le président nigérian, Goodluck Jonathan, critiqué pour son impuissance face à cette menace, pourrait être mis en difficulté lors de l’élection présidentielle qui aura lieu le 14 février. En un an, Boko Haram a en effet réussi à prendre le contrôle de plus de 20 000 km2 dans le nord-est du pays.

A la mi-avril, le groupe avait kidnappé plus de 200 lycéennes nigérianes, promises à être “vendues sur un marché”, “mariées” de force ou réduites en “esclavage” selon le chef de la secte. Elles sont toujours portées disparues depuis 270 jours, comme le rappelle le LA Times.


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Re : Situation au Nigeria
« Réponse #1 le: 15 janvier 2015 à 17:30:50 »
Il est vrai que les évènements français de la semaine qui vient de passer, ont fait complètement passer sous silence cette pure horreur du Nord Cameroun  :pleur4: Et non seulement en France, mais dans le monde entier, vu que tous les yeux étaient tournés vers nous.

Boko Haram est vraiment un groupement de tarés dont le vocabulaire existant ne suffit pas à décrire l'abjection !
Et cette chape de silence et d'indifférence qui a couvert ces massacres doit être particulièrement mal vécue dans la région  :triste1:
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Re : Situation au Nigeria
« Réponse #2 le: 15 janvier 2015 à 17:48:37 »
très mal vécu  :/ le pire c'est quand tu vois des chefs d'etats africains dans cette marche du dimanche 11, la larme à l’œil alors qu’ils n'ont pas dit un mot sur les massacres de leur continent.

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Massacres de Boko Haram : où sont les unes chocs ?

Alors que le monde est mobilisé pour sauver Charlie de la barbarie intégriste, le Nigeria est au bord de l'explosion, dans une certaine indifférence. Dans la foulée de la mobilisation de Paris, des journalistes alertent l'opinion internationale sur le péril Boko Haram.
   
Un journaliste en colère. Le Sud-Africain Simon Allison, qui a couvert de nombreux conflits africains, dans l’excellent Daily Maverick. Colère contre l’oubli, contre le silence.

"Il y a massacres et massacres, écrit Allison. Le massacre de Paris était effrayant, mais ce n’était pas la pire chose qui s’est passée la semaine dernière. Et de loin. Au nord-est du Nigeria, dans la ville de Baga – où tout du moins à l'endroit sur la carte où se trouvait autrefois Baga, parce qu'il n'y a plus grand-chose de cette localité maintenant. Pendant cinq jours, les combattants de Boko Haram sont entrés dans la ville et ont anéanti hommes, femmes, enfants. Le nombre de morts varie, mais Amnesty International a cité des rapports suggérant qu'il pourrait y avoir jusqu'à 2 000 victimes – ou l'équivalent approximatif de 133 attaques [117 précisément, si le bilan est confirmé] de Charlie Hebdo." Selon The Times, le gouvernement nigérian estime cependant le bilan du massacre à "seulement" 150 morts.

Le monde est resté silencieux

Et le journaliste de constater avec regret que le massacre de Baga n’a pas inondé la presse mondiale d’éditoriaux passionnés, de couvertures chocs ou d'éditions spéciales. "Même au Nigeria, les 17 morts à Paris ont obtenu plus de presse que les centaines et centaines de morts à la maison, selon l'analyste des médias Ethan Zuckerman, qui a également souligné que le président du Nigeria Goodluck Jonathan a exprimé ses condoléances à l'Etat français mais n'a rien dit rien de Baga."

Et Allison, de conclure : "Plus de 2 000 personnes sont mortes, et le monde est resté silencieux. Pis, l’Afrique est restée silencieuse. Donc, oui, nous sommes Charlie, mais nous sommes encore plus Baga. Notre indignation – et notre solidarité – des horreurs de Paris est aussi un symbole de la façon dont nous, Africains, négligeons nos propres tragédies et donnons la priorité aux vies occidentales au détriment de nos propres vies."

La tragédie du silence

Le quotidien britannique The Guardian s'interroge : "La seule question qui doit être posée est comment cette menace terroriste a-t-elle pu se développer dans des proportions si effroyables, tuant des milliers de personnes et en en déplaçant des millions, dans un Nigeria démocratique depuis dix ans ? Et comment l'arrêter ?"

Comme en écho, l’éditorial du quotidien This Day, de Lagos, appelle au secours sous le titre : "Sauver le Nigeria". "La balkanisation du Nigeria serait un désastre pour les Africains et les peuples noirs", écrit l’auteur de l’article, qui considère en premier lieu que ce sont les Nigérians et les Africains qui sauveront ce pays. "Le Nigeria peut survivre en 2015, c’est la question que chacun se posera en élisant notre prochain chef de l'Etat." Autant dire demain, car le vote fatidique est prévu le 14 février.

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Re : Situation au Nigeria
« Réponse #3 le: 22 janvier 2015 à 17:08:45 »
un rassemblement avait eu lieu en France dimanche 18, hélas il n'avait pas rassemblé foule  :/

Ces femmes sont d'un grand courage :super:

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Au Nigeria, des femmes musulmanes et chrétiennes liguées pour combattre la violence des extrémistes


Les yeux étaient tous tournés vers la France la semaine dernière, et on a peu parlé dans le monde d'un massacre perpétré par des extrémistes religieux à Baga au nord-est du Nigeria.

Cette disparité dans la couverture de l'information est criante, particulièrement pour les Nigérians.

Esther Ibanga, pasteure dans la ville de Jos, a fondé un groupe dénommé Women Without Walls (Femmes Sans Murs). Elle regrette que le monde n'ait pas prêté plus d'attention aux attentats de Boko Haram qui ont coûté la vie à des centaines, voire des milliers de Nigérians.

“J'ai de la colère au fond de moi. Mais cette colère va à mon gouvernement”, dit Ibanga, la pasteure des Missions Chrétiennes de la ville de Jos. “Parce que mon gouvernement et mes dirigeants doivent considérer leur population. S'ils ne sont pas les premiers à respecter leur propre peuple, qui d'autre le fera ?”

Jos est la capitale de l'Etat de Plateau au centre du pays. Elle se situe à des centaines de km au sud de l'Etat de Borno, le fief de Boko Haram, au nord-est du Nigeria. Dans cette région les tensions religieuses ont précédé Boko Haram et ont débuté au milieu des années 1990.

“C'est malheureux, mais avec les années on s'est en quelque sorte habitués à ce que les chrétiens et les musulmans ne s'entendent pas.” dit Ibanga.

Même après que les tensions sont devenues une habitude, la violence des massacres de 2010 à Dogo-Nahawa a fait de Ibanga et d'autres femmes de la région des activistes virulentes et actives.

“La guerre arrivait dans les chambres à coucher,” dit-elle. “Dans le village qui a été attaqué, ils sont allés jusqu'aux chambres à coucher la nuit pour les tuer dans leur sommeil”.

Ibgana a réagi en organisant une marche dans Jos qui a réuni 100.000 femmes, principalement des chrétiennes. L'idée, se rappelle-t-elle, était de “faire prendre conscience au gouvernement que les femmes du Plateau n'allait pas se taire.”

Mais dans les semaines qui ont suivi, Ibanga et d'autres se sont aperçu que la violence des extrémistes à Dogo-Nahawa était en fait une opération de représailles à une précédente attaque dans la région de la part de militants chrétiens.

“Les femmes musulmanes ont alors réagi en disant que les leurs aussi avaient été tués”, rappelle-t-elle. Et les femmes musulmanes ont elles aussi manifesté de leur côté.

Malgré tout, après les manifestations des chrétiens et des musulmans, les affrontements violents se sont poursuivis. C'est alors que Ibanga a pris contact avec une responsable religieuse musulmane locale, Khadija Hawaja.

“C'est là que j'ai compris que le fond du problème n'était pas religieux mais politique. Mais la religion était utilisée comme un outil très puissant,” dit-elle. “J'ai pris contact avec elle et je lui ai dit, ‘Ecoute, tu sais que nous ne sommes pas le problème l'une de l'autre. Le problème n'est pas que tu sois musulmane et moi chrétienne. Ces politiciens provoquent nos confrontations. Et cela les arrange pour rester au pouvoir'”.

La ville de Jos étant si marquée politiquement, les deux femmes se sont rencontrées en “terrain neutre” – dans un restaurant.

“Elle aurait pu se faire tuer,” dit Ibanga. “Et moi aussi j'aurais pu me faire tuer en allant dans une communauté musulmane.”

Après plusieurs mois de collaboration, Ibanga et Hawaja ont créé l'Initiative Women Without Walls (Femmes sans murs).

“On veut faire tomber les murs qui nous divisent et nous séparent, que ce soient les murs des classes sociales, les murs des ethnies, les murs de la religion,” dit-elle. “Nous ne voulons pas combattre aux côtés des politiciens. Nous sommes des mères. Nous donnons la vie et nous sommes porteuses de solutions. Nous pensons que nous sommes en mesure de proposer des solutions, plutôt que de nous appesantir sur le problème.”




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Re : Situation au Nigeria
« Réponse #4 le: 25 janvier 2015 à 16:41:45 »
Que dire sinon "Mesdames, chapeau bas"  :merci: :merci: :merci: :merci: :merci: :merci:

Merci de montrer au monde qu'on se rejoint tous bien plus sur nos points communs que sur nos différences....  :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur:

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Re : Situation au Nigeria
« Réponse #5 le: 25 janvier 2015 à 18:33:01 »
Grâce à raja, je traduis ici un article qui explique comment des femmes ont repoussé une équipe de Boko Haram qui les attaquaient.

La source en anglais

Citation de: ma traduction
Plusieurs organes de presse nigérians ont fait des comptes rendus sur la façon dont des femmes des villages Attagara et Kawuri dans l'état de Borno ont désarmé une douzaine de terroristes de Boko Haram. Ce groupe terroriste pseudo-islamique a tenté d'attaquer durant le week end ces deux villages mais ils ont été repoussés par des groupes de femmes armées.

Les villages Attagara et Kawuri sis dans les régions de Gwoza et Bama ont résisté à l'attaque utilisant un éventail de talismans et bien sûr, leurs armes de guerre.

Presqu'immédiatement, la communauté s'est rassemblée pour capturer les insurgés. Trois terroristes au moins ont réussi à fuir, mais des membres de la communauté disent que 7 ont été arrêtés et exécutés. 

L'attaque initiale a commencé quand les terroristes décrits comme étant de Boko Haram sont entrés dans la ville sur leur motos. Des récits sont contés après la victoire, certains habitants déclarant que les hommes ont été paralysés par des talismans locaux protégeant les femmes qui les ont rencontrés en premier.

Ces femmes sont ensuite allées prévenir leur milice locale qui inclut un certain nombre de femmes armées, qui sont accourues, ont repoussé et exécuté les attaquants.

Mamman Yabuku, un(une) jeune qui a participé à la résistance, explique qu'ils ont tué les terroristes car les membres de Boko Haram ne parlent jamais quand ils sont interrogés et qu'ils ne voulaient pas qu'ils puissent s'échapper.

Ce n'est pas la première fois que Boko Haram est repoussé grâce à une résistance locale. Ce mois ci, 200 militants ont été tué durant le combat dans le distrcit de Kala-Balge dans l'état de Borno.


Si l'Etat a du mal à avoir une armée efficace comme il le clame, serait-ce vraiment une mauvaise idée d'entraîner la population ? Faut bien qu'ils/elles se défendent si personne ne les défend.

Bravo à tous ceux qui les ont repoussé, bravo à ces femmes.


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Re : Situation au Nigeria
« Réponse #6 le: 25 janvier 2015 à 18:37:12 »
merci pour la traduction  :super: et bravo à ces femmes, vues comme des quantités négligeables, des vrais guerriéres :super:

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Re : Situation au Nigeria
« Réponse #7 le: 26 janvier 2015 à 12:06:36 »
Merci infiniment pour ces articles !
Car c'est effectivement un aspect dont je n'avais absolument pas entendu parler  :merci:

Bravo à ces femmes chrétiennes et musulmanes luttant ensemble  :super:
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Re : Situation au Nigeria
« Réponse #8 le: 18 novembre 2015 à 12:59:50 »
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Nigeria. Plus de 30 morts dans un attentat terroriste à Yola


La bombe a explosé au milieu d’une foule à Yola, ville du nord-est du Nigeria mardi soir. “Plus de trente personnes ont été tuées dans cette explosion et on compte au moins 80 blessés”, note le site d’information nigérian This Day. 

L’attentat survient quelques jours seulement après la visite dans ville du président du Nigeria Muhammadu Buhari, qui avait déclaré que l’organisation islamiste Boko Haram était sur le point d’être vaincue.

Si l’attentat n’a pas été revendiqué, “il a toutes les caractéristiques d’une attaque de Boko Haram qui a plusieurs fois attaqué la ville de Yola les mois précédents”, estime encore This Day. 
Peut-on déradicaliser des combattants de Boko Haram ?

Le groupe salafiste qui a prêté allégeance à l’Etat islamique l’an dernier est implanté dans la région depuis de nombreuses années. Frappant également le Cameroun, le Tchad et le Niger voisins, il aurait fait 2,6 millions de déplacés et causé  la mort de 17 000 personnes.