Auteur Sujet: Justice vs Culture du Viol  (Lu 5228 fois)

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Justice vs Culture du Viol
« le: 29 novembre 2013 à 14:09:45 »
Je crée ce sujet pour discuter et débattre des évolutions du système judiciaire quand à la prise en charge des victimes de viols et d'agression sexuelles. Il y a énormément à dire, ce pourquoi je pense que le thème mérite un fil à lui tout seul.

Actuellement, les viols en réunion de Fontenay-sous-Bois reviennent sur le devant de la scène car 8 des 14 inculpés vont être de nouveau jugés. C'est le parquet de Créteil et le parquet général avaient fait appel, devant le verdict absurde rendu en première instance.

Pour rappel, la situation d'apparence clean des accusés (la plupart relativement bien intégrés niveau travail, certains avec une famille, etc) avait grandement joué en leur faveur, selon l'adage habituel du "parole contre parole", sachant que certains avaient bien évidemment évoqué la fameuse présomption de consentement qui sert toujours aux violeurs pour se disculper puisque "nan mais en fait elle le voulait et de toutes façon elle a provoqué alors voila j'ai rien fait de mal".

Pour l'heure, bien qu'il y ait des annonces ici et la concernant la lutte contre les violences faites aux femmes, je ne vois pas encore trop de mouvement au niveau de la loi. La victime doit toujours faire avec cette fameuse présomption de consentement, qui sert le violeur puisque il n'a jamais à démontrer qu'il s'est assuré du consentement de sa victime en cas de récits contradictoires, le bénéfice du doute veut que l'on considère la victime comme une personne indécise qui n'avait qu'à être plus claire après tout.

Parfois je me dis: et si l'on appliquait cette logique aux automobilistes qui blessent ou tuent des piétons, des vélos, etc? Si, au lieu de les mettre eux en situation de devoir prouver qu'ils ont fait tout leur possible pour éviter le drame, on demandait à la victime de l'accident de prouver qu'elle n'était pas consentante pour se retrouver à l’hôpital, dans une chaise roulante ou a la morgue? Si on lui demandait de prouver qu'elle n'a pas un peu provoqué en traversant un peu vite, pas sur les clous, etc?
Après tout, il y a bien des gens qui se suicident exprès en se jetant sous les roues d'une voiture, imaginez le traumatisme du pauvre conducteur victime de ce genre d'individu, pourquoi en rajouter avec un procès ou il devra prouver qu'il à fait attention? Donc, à fortiori, pourquoi risquer de mettre un innocent dans ce genre de situation délicate quand on peut tout simplement décréter que l'on va être clément avec l'intégralité des chauffards et éviter de leur demander à eux des comptes sur la manière dont ils ont pris leurs précautions? De toutes façons, ce ne sont que des piétons et des vélos, chacun sait que ces usagers la de la route le cherchent.

Bon, c'est une boutade... Évidemment. Je n'ose à peine imaginer le résultat si les chauffards pouvaient se disculper aussi aisément que les violeurs.
en attendant je rêve d'un monde ou les tribunaux ne relativiseraient plus la parole des victimes quand à leur absence de consentement, un mode ou lorsqu'un victime dit "je n'étais pas consentante", cela suffit comme preuve de son absence de consentement: car qu'est-ce que le consentement sinon une convenance personnelle qui ne peut être prouvée sinon par l'expression? Un monde ou les coupables de viol se retrouveraient à devoir justifier le pourquoi ils pensaient que leur victime le voulait, comment ils en sont arrivés à déduire qu'elle était consentante, quels indices ont-ils retenus pour décider à sa place ce qu'elle souhaitait ou ne souhaitait pas.

Et, soudain, ce serait tout un pan de la culture du viol qui s'effondrerait. Soudain, la jupe trop courte ne serait plus un indice de consentement. Soudain, le café pris chez elle ou chez lui ne serait plus synonyme de consentement. Soudain, le timide "non" implorant ne serait plus un indice qu'elle le veut en fait cette chienne. Etc. Etc. Etc.
Soudain, les uns et les autres apprendraient à ne pas violer, et chacun cesserait de croire que l'on peut faire en sorte de "ne pas se faire violer".

Mhm. Je crois que ce n'est pas pour demain...
Les quelques fois ou j'ai évoqué ce problème de présomption de consentement des victimes de viol, on m'a répondu que ce n'était pas vrai. Et puis, devant les preuves et les démonstrations que si, c'était vrai, on m'a répondu que de nombreuses femmes vicieuses se serviraient de cette nouvelle donne pour faire condamner des innocents, et que je remettais en cause les droits de la défence.

Comme si les chauffards qui doivent prouver qu'ils ont fait tout leur possible pour éviter un drame avec un piéton ou un vélo n'avaient pas de droits à la défence. Lol. 
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #1 le: 29 novembre 2013 à 14:23:31 »
Citer
Un Vannetais a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle pour le viol de sa fille, âgée de 25 ans.

A l’issue de trois jours de débats au palais de justice de Vannes, la cour d’assises du Morbihan a condamné mercredi en fin d’après-midi un Vannetais à treize années de réclusion criminelle pour le viol de sa fille, âgée de 25 ans.

Lui aussi à tenté de recourir à la présomption de consentement. Sans succès, pour le coup: « Elle était consentante et participante. J’étais amoureux de ma fille. J’ai perdu la notion de paternité quand elle m’a été enlevée après ma condamnation, alors qu’elle avait 13 ans »

Il y a quelques semaines, la cour de cassation à du se prononcer sur la difficile question des délais de prescription.
Citer
La plus haute instance judiciaire examinera le cas de Cécile T., 41 ans, violée par un cousin par alliance alors qu’elle avait 5 ans. Des faits survenus en juillet 1977 mais refoulés en raison d’une amnésie traumatique causée par le viol.

La plainte déposée en septembre 2011 était hors délai, la prescription actuelle étant de vingt ans après la majorité lorsque les faits de viol sur enfant sont commis par un ascendant. Un débat élargi à toutes les prescriptions par un collectif d’associations de défense. Le débat est ouvert aussi pour les victimes d’agressions sexuelles et d’inceste qui estiment que les délais sont trop courts quand d’autres réclament même l’imprescriptibilité.


Sans grande surprise, c'est la culture du viol qui l'a emporté.
Citer
Viol : pour le parquet, une amnésie ne lève pas la prescription

Le cas d'une femme ayant déposé plainte en 2011 pour des viols survenus en 1977 mais dont elle n'a retrouvé le souvenir qu'en 2009 est examiné par la Cour de cassation.


A partir de quand le délai de prescription en matière de crime sexuel doit-il courir lorsque le souvenir de l'agression reste enfoui pendant des années en raison d'une amnésie traumatique ? La question a été examinée mercredi 6 novembre par la Cour de cassation, qui a mis sa décision en délibéré au 18 décembre. L'avocat général devant la Cour de cassation a estimé que les faits étaient "irrémédiablement" prescrits.

La haute juridiction était saisie par une femme de 41 ans dont la plainte n'a jusqu'ici pas abouti. Elle dénonçait des faits de viol dont le souvenir n'a resurgi qu'après une séance d'hypnose, plus de 30 ans après.

Le souvenir des faits, remontant à 1977, n'est revenu à la plaignante qu'en 2009, après une séance d'hypnose. Elle a déposé plainte en 2011, dénonçant des faits de viols, qui seraient survenus dans le cadre familial alors qu'elle était âgée de cinq ans. En avril 2012, le juge d'instruction a rendu une ordonnance constatant la prescription des faits dénoncés, décision confirmée en janvier 2013 par la cour d'appel de Poitiers.

Découverte des faits et non commission ?

Son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie, s'appuie sur la jurisprudence de la Cour de cassation concernant des infractions comme l'abus de bien social, dont le délai de prescription ne court qu'à partir de la découverte des faits et non de leur commission.

"Pourquoi y aurait-il différence de traitement entre les victimes ?", s'est interrogé l'avocat. Il s'appuie également sur une expertise selon laquelle l'amnésie invoquée par sa cliente est "tout à fait compatible avec les connaissances actuelles de l'évolution à l'âge adulte des abus sexuels subis dans l'enfance".

"Si l'action publique n'a pas été mise en mouvement, c'est uniquement parce que la seule personne qui en avait la capacité en a été privée par le seul effet du crime commis", fait valoir l'avocat.


Avis aux pères incestueux: pas de soucis pas de drames, si vous maltraitez suffisamment votre enfant pour qu'il soit amnésique, vos chances de ne jamais répondre du crime sont encore plus grande que pour les autres violeurs. Yolo.

Je pense évidemment que cette question reviendra sur le devant de la scène, que la courageuse qui a décidé de se battre jusqu'au bout parvienne à obtenir de la justice qu'elle soit aussi peu clémente pour les viols d'enfants que pour les infractions financières ou pas.
Ceci dit, s'il y avait possibilité de faire des class-action de victimes pour mieux faire entendre leur voix, ce serait tout de même plus simple. Ah mais oui, j'oubliais: culture du viol. Le principe essentiel est de permettre aux criminels de faire jouer les délais de prescription, tant il est vrai que les victimes elles, s'en remettent facilement et n'ont pas du tout ce poids à porter toute leur vie, d'une manière ou d'une autre.
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #2 le: 04 décembre 2013 à 17:22:46 »
Je comprends ce que tu dis, Lady Marwina, et je suis contente que tu aies ouvert un sujet là dessus. Il est clair que dans le contexte actuel, le fait que la victime puisse dire "je n'étais pas consentante" et soit crue pourrait clairement aider, mais je pense que ce n'est pas suffisant, et je ne sais pas si c'est la solution ultime.
J'ai toujours eu un problème avec les absolus. Pour l'instant, nous sommes dans un absolu qui est tout à fait merdique, cette histoire de présomption de consentement. Mais je ne crois pas qu'il faille le remplacer par un autre absolu.

Même si ça n'a rien à voir, c'est un peu comme si on disait "la société actuelle est sous domination masculine" (ça je pense on est tous d'accord). Donc "essayons la domination féminine". Or je pense que finalement c'est la domination le problème. remplacer l'un par l'autre ne fonctionnera pas et serait aussi injuste à mon sens.

Pour ce qui est du viol, je pense que l'effondrement de la culture du viol passe aussi d'une part :
 - par des structures d'accueil spécialisées voire des policiers spécialisés qui sont sélectionnés aussi psychologiquement, s'il pouvait y avoir une unité dans TOUS les commissariats qui fait que les femmes ne seraient pas accueillies potentiellement avec des "elle l'a cherché" ou des ricanement de hyène, ça aiderait peut être à augmenter le nombre de plaintes.
 -  aussi que les victimes aient droit (je dis bien DROIT) à un suivi psychologique de longue durée pour les aider non seulement dans leur démarches mais aussi à diminuer les séquelles du viol. Donc suivi de longue durée et gratuit comme ça personne ne se pose la question.
 -  enfin ça passe par l'éducation à l'école, enfin je pense. Pas spécifiquement un truc genre "si la fille dit non c'est qu'elle veut pas", mais quelque chose sur le respect les uns des autres. Pour moi ça vient aussi petit, ce respect du "non". Il devrait chez toute personne humaine y avoir un truc qui se déclenche quand l'autre personne dit "non", à propos de n'importe quoi.
Et ce n'est clairement pas le cas.  :merci: :merci:

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Re : Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #3 le: 04 décembre 2013 à 22:52:14 »
Pour l'instant, nous sommes dans un absolu qui est tout à fait merdique, cette histoire de présomption de consentement. Mais je ne crois pas qu'il faille le remplacer par un autre absolu.
Mais ce n'est pas un "autre" absolu, ce n'est pas un absolu du tout que de partir du principe que le consentement est une pure affaire de préférence personnelle. Ce n'est pas autre chose... Or, une pure convenance personnelle ne se prouve pas. Elle se décrète.
Ne pas reconnaître qu'une simple déclaration en se sens est une preuve suffisante de la réalité de la convenance personnelle, c'est ne pas reconnaître la nature du consentement à l'acte sexuel.

Ce serait un absolu si, à partir de là, la condamnation était automatique. OR il est primordial (y compris pour la victime) que la personne accusée explicite les raisons qui l'on poussé à croire que l'autre était consentant.

Évidemment, cela ne suffirait pas contre l’ensemble des problèmes. C'est tout un pan qui s'effondrerait. Mais un pan n'est pas le tout...
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #4 le: 06 décembre 2013 à 11:05:29 »
Je dois être un peu trop binaire, dans ce cas. Pour moi, évidement que le consentement est une question de préférence personnelle et qu'elle se décrète. Mais si la personne décrète qu'elle n'était pas consentante et que c'est donc une preuve qu'elle n'était pas consentante, le fait que l'agresseur "pense" qu'elle était consentante n'a aucune importance. Je veux dire de mon point de vue, du point de vue de la condamnation.

Je vais prendre un exemple pour voir si j'ai bien compris ce que tu dis. Pour faire simple, on va prendre les viols les plus "courant". Un homme viole une femme.
La femme porte plainte, enquête, etc, procès.
La femme dit "je n'étais pas consentante". Dans ton optique, ça devient donc une preuve de non consentement. Pas de souci. Donc pour la suite, l'homme doit expliquer pourquoi il pensait que la femme était consentante, par exemple "elle a accepté de prendre un dernier verre chez moi après le dîner" ou "bien elle n'est pas partie en courant quand je l'ai embrassé", etc...
Mais en fait, quelle importance ça a, exactement ? Si j'étais juge, pour moi à partir du moment où on considère que la phrase "je n'étais pas consentante" est une preuve de non consentement, j'estime que le viol est avéré et donc que l'homme dans ce cas doit être condamné.
Si on tortille et qu'on condamne moins en fonction de ce que l'homme peut raconter, alors que dit-on ? Que le viol est arrivé sur un malentendu ? Ne parlons pas d'acquitter un homme qui "aurait cru" que la victime était consentante alors qu'elle ne l'était pas. pour moi si elle n'était pas consentante, emballez c'est plié, condamnation, et point.

A moins que ton idée soit d'exposer les violeurs à expliquer le pourquoi ils ont cru que la victime était consentante, et donc aux juges de juger ce qui est "acceptable" pour déduire un consentement. C'est juste que pour moi aucune "histoire" ne sera acceptable à partir du moment où la victime a dit non. Même si elle était en jupe, qu'elle a accepté de prendre "un dernier verre", qu'elle a accepté d'être embrassée, etc. A partir du moment où c'est "non", ben c'est "non". Et je connais tout un tas d'hommes qui sont parfaitement capables de respecter ce "non" quel que soit le moment où il arrive, pour considérer toutes les "explications" comme des piètres excuses.

Voilà pourquoi pour moi, ce serait un absolu, parce que je ne vois pas pourquoi on ne condamnerait pas l'agresseur à partir du moment où la victime déclare qu'elle n'était pas consentante.

Après, tu veux peut être dire que dans notre société, le fait d'établir que la victime n'est pas consentante uniquement par sa déclaration serait une avancée car la justice trouverait toujours le moyen de condamner plus légèrement ceux qui ont des bonnes "explications". Ok. Mais pour moi ça reviendra toujours à mettre en doute cette histoire de non consentement.  :merci: :merci: 

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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #5 le: 06 décembre 2013 à 12:33:58 »
Aujourd'hui, la parole de la victime quand à son absence de consentement est considérée comme un détail. C'est à dire que l'on demande aux victimes de prouver qu'elles n'étaient effectivement pas consentante, en cas de défaut de preuves jugée recevable par le tribunal une victime est considérée comme consentante par défaut.
C'est une totale aberration évidemment, puisque cet état de fait permet aux violeurs de s'en tirer en faisant en sorte que les juges aient la même attitude qu'eux au moment du crime: relativiser la parole de la victime.

Je suis bien d'accord pour dire que le point de vue du criminel sur la chose ne change pas grand chose à la réalité du crime. Simplement, je pense qu'il est important que les accusés puissent expliquer leur point de vue. On n'envisage pas de la même manière la condamnation de quelqu'un qui a délibérément forcé une personne que quelqu'un qui était trop à son affaire pour ne pas se rendre compte que le silence de son ou sa partenaire, loin du signifier un consentement, était dû à un sentiment de terreur complètement invalidant. Notamment, ce ne sont pas les mêmes procédures de réinsertion puisque ce ne sont pas les mêmes principes essentiels qui ne sont pas intégrés et compris.

Après, il ne faut pas non plus oublier qu'il peut également y avoir le cas de déclarations contradictoires: une victime qui déclare qu'elle n'était pas consentante et son violeur qui prétend qu'elle lui a demandé de la défoncer après l'avoir attacher sur le lit et battue lors d'un jeu SM qu'elle n'a pas assumé par la suite. Ce que ne manqueront évidemment pas de faire les violeurs les plus éhontés, ayant bien intégré qu'ils avaient violé et étant tout à fait près à mentir pour sauver leur peau. C'est bien entendu très courant.
C'est dans ce genre de cas ou le poids donnée à la parole de la victime quand à sa déclaration de non consentement prend toute son importance. Parce que, du coup, le mensonge éhonté n'est plus un échappatoire possible pour le criminel: même s'il ment, et à plus forte raison s'il raconte n'importe quoi, la prise en compte de l'absence de consentement de sa victime le fera condamner.

A l'inverse, pour les cas extrêmement rarissimes de fausses accusations de viol, la confrontation des témoignages reste un indispensable à l'établissement de la vérité. On ne peut pas ne pas donner la parole à la défense dans un procès.
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #6 le: 13 décembre 2013 à 23:22:00 »
Aujourd'hui, je viens de voir un exemple absolument MONSTRUEUX de cette espèce de gangrène de la société qui compile les réactions aux affaires de viol.
Dans l'affaire des viols de fontenay sous bois, le verdict en appel est plus satisfaisant que le verdict du premier procès.
Ici un article de libération.
Citer
Six condamnations, deux acquittements. Des huit hommes jugés, par la cour d'assises d'Evry, dans le procès en appel des viols en réunion de Fontenay, six purgeront des peines allant jusqu'à six ans d’emprisonnement ferme. Deux des prévenus ont été acquittés.

Mercredi, l’avocat général avait réclamé des peines allant de 2 à 7 ans ferme contre 7 des 8 hommes jugés devant la cour d’assises d’Evry. Ces huit hommes ont comparu du 26 novembre au 13 décembre pour des «viols en réunion» entre 1999 et 2001. En première instance, quatorze étaient jugés, et la cour avait prononcé dix acquittements et quatre condamnations à des peines allant de trois ans de sursis à un an ferme. Ce verdict, très en dessous des réquisitions d'alors, et déconnecté des récits que les deux jeunes femmes parties civiles avaient fait de leurs calvaires, avait provoqué une somme de réactions choquées. La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, disait son «émotion», celle de la Santé, Marisol Touraine, son «malaise», tandis que des associations dénonçaient un «permis de violer». Et le parquet avait fini par faire appel.

«Effondrée» par le verdict qui acquittait les quatre hommes qu’elle dénonçait, Aurélie avait décidé qu’elle n’assisterait pas à l’appel. Nina, elle, a toujours voulu ce deuxième procès. Mais elle a décidé de demander le huis clos, «pour pouvoir s’exprimer librement, sans pression», dit son avocate, Isabelle Duruflé. Une position compréhensible pour une jeune femme âgée de 16 ans à l’époque des faits, et en état de grande fragilité depuis (elle a pris 70 kilos, souffre de troubles dépressifs et du sommeil, et a été déclarée en invalidité à 80%). Mais une position qui donne lieu à une scène compliquée, au tout début, encore public, du procès. A la barre, les avocats de la défense déclarent que leurs clients, pourtant mineurs pour sept d’entre eux au moment des faits, n’ont «rien à cacher», et «souhaitent la présence de la presse pour s’expliquer». L’un des accusés demande la parole: «Nous, nous voulons que tout le monde sache ce qui nous est reproché, et pourquoi ça ne tient pas. La partie civile ne peut pas s’exprimer dans tous les médias comme elle l’a fait il y a un an et refuser qu’ils soient là aujourd’hui pour nous écouter aussi.»

 

Il y a un an, Nina avait confié à Libération ses souvenirs cauchemardesques des viols et tortures subis. «Il y en avait qui me tenaient, il y en avait qui rigolaient, il y en avait qui étaient là et ne faisaient rien.» Dix, quinze, parfois jusqu’à vingt garçons «faisant la queue» dans des caves, des cages d’escalier, pour faire subir à Nina pénétrations anales, vaginales et fellations à la chaîne. Six mois durant, quasiment tous les jours.
Bons pères de famille

Devant les policiers chargés de l’enquête, les accusés s’étaient dénoncés les uns les autres, donnant des détails incriminants. Au premier procès, ils se sont tous rétractés. Niant avoir violé. Mais admettant, pour certains, des relations «consenties». Nina et Aurélie, a expliqué l’un d’eux, étaient «les plus grosses putes de Fontenay». C’est «volontairement» qu’elles «proposaient» à des garçons inconnus une sodomie ou une fellation, et cela juste après avoir subi les pénétrations de dizaines d’autres.

Auditionnée 41 fois par les enquêteurs, Nina, qui a dénoncé les faits en 2005, a donné toutes les précisions qu’elle a pu. Malgré cela, l’instruction, marquée par les errements, a duré cinq longues années, et le parquet a pris encore deux ans pour audiencer l’affaire. Entre-temps, la plupart des accusés ont bâti des vies de bons pères de famille. Face à la souffrance des victimes si longtemps négligée, face à la vie reconstruite des accusés, le procès d’Evry interroge sur le sens d’une réponse pénale treize ans après les faits.
Ondine MILLOT


Alors déjà, d'un je n'aime pas du tout la phrase que j'ai mise en gras. "face à la vie reconstruite des accusés" ??? Vraiment ? Et en quoi leur vie était détruite, exactement ? Bientôt on va nous expliquer que violer, c'est très traumatisant.... pour le violeur...  :fache: :fache: :fache:
Et aussi, cela voudrait dire que basiquement tu peux faire n'importe quelle saloperie et être une ordure, du moment que tu engrosses quelqu'un et que tu deviens soi disant un "bon père de famille", c'est bon, c'est la fête.  tresfache tresfache tresfache

Mais le pire est à venir.
J'ai regardé deux vidéo TF1 LCI concernant cette histoire de verdict.

Vidéo 1 : http://videos.tf1.fr/infos/2013/tournantes-de-fontenay-on-envoie-des-innocents-en-prison-dit-8330279.html
Quasiment aucun mot sur la victime (étonnant de la part de TF1 qui aime pourtant le pathos), là on pleure sur les condamnés, on prend le témoignage des acquittés, d'ailleurs apparemment un des acquittés a l'air de penser que si quelqu'un fait n'importe quoi de sa vie, ça excuse tout... Bref une vidéo hyper partiale où à aucun moment les deux versions ne sont présentés. Seule celle des condamnés et donc maintenant on peut les appeler agresseurs est présentées. Si éventuellement la victime n'avait pas voulu commenter le verdict pourquoi pas, dans ce cas il faut le dire. Parce que ça donne l'impression que "bon les pauvres petits ouh la la ils vont aller en prison".  tresfache tresfache tresfache

Et Vidéo 2 http://videos.tf1.fr/infos/2013/tournantes-de-fontenay-l-ambiance-est-electrique-8330250.html
c'est là que se situe la monstruosité. J'ai pris une capture écran car la faute est MONSTRUEUSE. Dans la vidéo, à environ 22 secondes, la journaliste dit que les familles des accusés prennent très mal le verdict. bon. après tout, c'est leur famille, pourquoi pas.
Mais regardez l'image...  tresfache tresfache tresfache



Sous la vidéo, les "familles des accusés" est transformé en "FAMILLE DES VICTIMES" .

Vous voyez ça !!! Les violeurs sont des victimes, selon TF1. Classe, hein.....   tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache

PS: Merci à Rébus qui m'a fait remarquer la monstruosité sous la vidéo.  :merci:
« Modifié: 13 décembre 2013 à 23:27:02 par Val »

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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #7 le: 14 décembre 2013 à 12:50:05 »
désespérant la victime devient la coupable :triste1:
Alors certes le verdict est plus sévère que la première fois mais c'est encore rien pour les faits viols collectifs, logiquement selon le code pénal c'est 20 ans dans les dents, ils s'en sortent bien ces monstres. :fache1: :fache1:

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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #8 le: 14 décembre 2013 à 13:18:32 »
J'ai aussi beaucoup aimé le "on envoie des innocents en prison". L'un des condamnés prend donc 6 ans, en plus des 30 ans de réclusion auquel il a été condamné pour le meurtre de son ancienne compagne.
Lui, on ne peut pas vraiment le qualifier d'innocent, hein.  :fache:

Je me demande si les condamnés peuvent faire appel....  :merci:

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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #9 le: 14 décembre 2013 à 23:17:22 »
Purée... C'est vraiment grave.
Je ne vois pas comment on peut d'avantage nager en pleine culture du viol. Plus, ce n'est pas possible, sauf à condamner à mort les victimes pour relations sexuelles hors mariage.

Juste ... MAIS ARGH!  tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache tresfache
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #10 le: 18 décembre 2013 à 16:29:03 »
Encore une chose qui peut pousser les victimes à vivre avec leur malheur, dans le cas d'amnésie traumatique il aurait été intéressant de faire une exception et de lever la prescription.

Citer
Amnésie traumatique. Crime sexuel : la Justice refuse de repousser le délai de prescription

Ce mercredi, la Cour de cassation a refusé de repousser le délai de prescription en matière de crime sexuel même lorsque le souvenir des faits est resté enfoui dans la mémoire de la victime pendant de nombreuses années. La chambre criminelle a rejeté le pourvoi d'une femme de 41 ans, qui a dénoncé des abus sexuels remontant à 1977, dont le souvenir ne lui était revenu qu'en 2009, à la suite d'une séance de psychothérapie sous hypnose. Cette décision vient donc confirmer le refus de la Justice d'instruire sa plainte, car les faits sont prescrits.


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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #11 le: 18 décembre 2013 à 18:06:49 »
De toute façon je ne vois pas pourquoi il y aurait une prescription pour les crimes. En fait. Un crime va toujours détruire la vie de la victime, en partie celle de sa famille, etc... Je ne vois pas pourquoi sous prétexte que le temps a passé une personne ne pourrait plus être poursuivie. Pour les délits, et tout ce qui est matériel, à part le fait de ruiner complètement quelqu'un, je peux comprendre. Pour un crime qui implique toujours une violence aux personnes, j'ai du mal à comprendre la prescription. Après, bien sûr, si la personne a fait "quelque chose de bien" de sa vie, peut être que ça peut être pris en compte au procès. Mais bon pour le reste, la personne a quand même commis le crime. Donc bon... Je ne me suis jamais penchée sur les délais de prescription et en fait j'ai du mal à trouver les articles correspondants sur légifrance. Peut être que je me trompe de code et que c'est celui de procédure pénale qu'il faut regarder et pas le code pénal.

pour ce qui est de récupérer des souvenirs sous hypnose, je sais aussi que ça peut être très dangereux. Je ne connais pas ce domaine du tout mais je sais qu'il y a une vingtaine d'année aux USA des souvenirs d'abus sous hypnose se sont révélés être des faux souvenirs.

Ce qui ne veut pas dire qu'il faut ne pas tenir compte des souvenirs de cette femme, au contraire je pense qu'il faudrait absolument ouvrir une enquête. Je trouve ça affreux pour elle d'avoir ce souvenir qui revient et d'être envoyée bouler par la justice.

le délai de prescription pour le viol est trop court de toute façon, étant donné que c'est un traumatisme ultra violent et que même si la victime s'en souvient, il faut du temps pour pouvoir porter plainte.  :merci: :merci:

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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #12 le: 20 décembre 2013 à 10:47:44 »
Je ne comprends pas non plus la décision.
Ceci dit, il me semble que la plaignante avait l'intention d'aller encore plus loin (devant la cour européenne de justice je crois) si elle n'obtenait pas gain de cause. De toutes façons, ce n'est qu'une question de temps avant que ce délais de prescription saute.
J'espère que le délais en question ne sera pas de 30 ans, voilà.  :triste1:
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #13 le: 20 janvier 2014 à 11:13:33 »
Voilà, on en est toujours là.
J'ai pleuré, je vous avouerais...
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7 ans, mon premier harcèlement
18 janvier 2014 — 8 Commentaires

Vendredi dernier, de retour à Lille, alors que je demande à Lyna si elle a passé une bonne journée, elle me répond « halala c’est relou, y’a José* qui a passé son temps à me courir après pour m’embrasser ! ». Premier réflexe — con — du père — con — que je suis : je souris tout en me disant « ah bah oui, dis donc, t’as dû passer une journée difficile à te faire dragouiller ».

Sauf que. Quelques instants plus tard, son visage change, son petit sourire de façade disparaît… et elle se met à pleurer. Voilà.

Dans un premier temps, tu flippes. Bordel, que s’est-il passé ?

Puis elle se réfugie dans les bras de sa mère et commence à lui raconter des trucs à l’oreille. Bordel de merde, que s’est-il passé pour qu’elle en ait honte à ce point ? Cath me rassure d’une moue de la bouche qui signifie « t’inquiète, je m’en occupe » et propose à sa fille d’aller dans sa chambre pour pouvoir parler tranquillement.

Une demie-heure plus tard, elle m’appelle pour me raconter, en présence de Lyna.

Ça fait donc deux-trois jours que José passe son temps à lui courir après pour tenter de l’embrasser. Que dès qu’elle a le dos tourné, il tente de l’embrasser. Lyna lui a dit que non, qu’elle ne voulait pas, mais il a continué. Elle a insisté, mais il a continué. Alors elle est allée se plaindre à son institutrice. Une fois, puis deux fois, puis trois fois. Lyna raconte que la maîtresse l’a réprimandé, mais qu’il a continué. Et qu’elle ne sait plus quoi faire.

Cath a donc écrit un p’tit mot à l’instit, pour lui demander un rendez-vous le soir après l’école. Le problème est a priori réglé et SURTOUT SURTOUT, Lyna sait maintenant que NON ce n’est pas normal qu’un mec lui court après pour l’embrasser quand elle n’en a pas envie.

lire la suite


À quand une réponse appropriée systématique? En l’occurrence, j'entends un procès devant un juge pour enfant après dépôt de plainte en bonne et due forme. Ce  n'est pas parce que les faits ont lieu à 7 ans que c'est moins grave, bien au contraire. C'est très exactement le genre de crime qui permet d'habituer l'enfant à l'idée qu'elle sera violée un jour.  :nono:
C'est une très bonne chose que les parents aient étés intraitables sur la question et lui aient mis dans la tête qu'elle n'avait rien à se reprocher, que seul le garçon était coupable, et que ce qu'il lui faisait subir était grave. Mais ils n'en restent pas moins désemparés, car le système judiciaire ne suit absolument pas. C'est donc "mal" mais sans plus. Dans un monde ou Marine Le Pen est entendue au tribunal après avoir porté plainte parce que l'avocate de Mélenchon à fait son travail, je vous laisse deviner ce que cela donne dans la tête d'un enfant niveau échelle de gravité!
Bin voilà. Grave, mais pas aussi grave qu'un avocat qui fait son travail. Etc.
 :(
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #14 le: 20 janvier 2014 à 12:33:01 »
pauvre gamine,on commence déjà dés petite à se faire emmerder  :fache1: la responsabilité est directement imputable à l’éducation des parents, si on apprenait aux garçons qu'on ne force pas une fille même pour un bisou, qu'un non est un non...finalement laquelle d'entre nous n'a pas des tas d'histoires de harcèlements "amusants" pour l'autre à raconter, triste.

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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #15 le: 08 juillet 2014 à 10:58:08 »
Et comment voulez-vous que ça s'arrange quand des articles de M.... viennent reprendre régulièrement les arguments les plus pourris  tresfache

20 Minutes vous informe : pour ne pas être violées, évitez les « comportements à risque »
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
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"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #16 le: 08 juillet 2014 à 12:52:10 »
Et si ces marchands de pq prenaient 20 mn pour inciter les jeunes gens à réfléchir, eux, à leurs propres comportements à risque, face aux jeunes filles, hein? Eh bien 20 Minutes, d'indigent deviendrait un journal intelligent...  :mrgreen:
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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #17 le: 04 octobre 2017 à 18:11:23 »
Bili ne trouvant pas le fil adéquat je poste pour elle ici.

C'est un viol pédophile en plus, c'est aberrant que la justice nous parle de consentement :rougefache: :rougefache: :rougefache:

Citer

Pour la justice, Sarah, 11 ans, était consentante car elle "a subi sans protester"

L’affaire de Pontoise est glaçante et la réponse de la justice française l’est presque encore plus. Aujourd’hui, le parquet a répondu que Sarah -11 ans - qui a suivi un inconnu de 28 ans et qui a subi des actes sexuels sans se débattre, était consentante. L’homme n’est pas jugé pour "viol" mais pour "atteinte sexuelle". Cette affaire montre malheureusement un vide juridique de la loi française qui "ne fixe pas d’âge de discernement".

MISE A JOUR 27/09 :

L'indignation face à cette affaire a pris de l'ampleur depuis hier. Une pétition a été mise en ligne pour que le parquet change les charges contre l'homme de 28 ans pour "viol" et non "atteinte sexuelle".
De son côté, la sénatrice dans l'Oise, Laurence Rossignol, a déclaré sur Twitter qu'elle proposerai "très prochainement une proposition de loi".



L’affaire

Le procès de Pontoise se tenait aujourd’hui. C’est l’histoire de Sarah, 11 ans, elle est en 6ème et son cours de gym a été annulé un après-midi d’avril. C’est alors qu’un homme l’aborde. Il a 28 ans, l'emmène chez lui et profite d’elle : il lui demande des fellations. Avant de la quitter, il l’embrasse sur le front et lui dit de ne rien dire à ses parents. De retour chez elle, Sarah dit à sa mère "papa va penser que je suis une pute"…

Le procès et le vide judiciaire

Après cet événement, et après que les parents de la petite fille portent plainte pour viol, la justice s’empare de l’affaire mais décide de faire un procès pour "atteinte sexuelle sur mineur", moins grave qu’un procès pour viol. Comme Sarah n’a pas protesté, ce n’est apparemment pas un viol ! Une aberration quand on pense à la contrainte morale qu’un adulte de 28 ans peut exercer sur une mineure de 11 ans !

Même la loi définit cet acte comme un viol car il y a pénétration et une fellation implique une pénétration.
Le site Sud Ouest rapporte que le parquet de Pontoise a estimé "que dans le cas d’espèce, il n’y avait eu ni violence, ni contrainte, ni menace, ni surprise". Le ministère public s’est fondé sur l’article 227–25 du code pénal qui stipule que "le fait, par un majeur, d’exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur un mineur de 15 ans est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende". L’âge de la majorité sexuelle est fixé à 15 ans en France, en référence à l’âge de la puberté. En-dessous de 15 ans, toute relation sexuelle avec un majeur équivaut à une "atteinte sexuelle".

"Vous savez, maintenant, les filles sont faciles. Avant, à mon époque, il fallait rester au moins un an avec une fille pour la baiser, mais maintenant c’est en dix minutes."

C’est Médiapart qui a tiré la sonnette d’alarme sur cette affaire. L’agresseur raconte, sans aucune gêne : "Vous savez, maintenant, les filles sont faciles. Avant, à mon époque, il fallait rester au moins un an avec une fille pour la baiser, mais maintenant c’est en dix minutes."

Durant le procès, la maman de Sarah explique que sa fille est dans un total déni de sa souffrance et de ce qu’il s’est passé. Le problème, c’est qu’en France, la loi française "ne fixe pas d’âge de discernement, il appartient aux juridictions d’apprécier si le mineur était en état de consentir à la relation sexuelle en cause" comme le rappelle le Conseil constitutionnel.
France Inter évoquait à la rasdio: “le déni de sa souffrance vient d’un impensé de notre loi. La plupart des législations occidentales ont adopté une "présomption irréfragable d’absence de consentement du mineur victime d’actes sexuels" : 14 ans en Allemagne, Belgique, Autriche ; 16 ans pour l’Angleterre et la Suisse, 12 ans en Espagne et aux États-Unis.”
Qu'en au Haut Conseil à l’Égalité, il recommandait en octobre 2016, dans son "Avis pour une juste condamnation sociétale et judiciaire du viol et autres agressions sexuelles" que l’âge de 13 ans soit retenu comme seuil en dessous duquel les mineur.e.s seront présumé.e.s ne pas avoir consenti. Pour les mineur.e.s de 13 à 18 ans, le droit actuel continuerait de s’appliquer.

Pour Danielle BOUSQUET, Présidente du Haut Conseil à l’Égalité : “il est impensable que l’on interroge encore le consentement de jeunes enfants dans le cas de relations sexuelles avec des adultes. Ces faits sont des viols et doivent être jugés comme tels.”

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Re : Justice vs Culture du Viol
« Réponse #18 le: 04 octobre 2017 à 18:39:02 »
Merci Raja d’avoir trouver un article sur le sujet accessible et gratuit.  :merci:

C’est encore plus sordide que je ne pensais.  :rougefache: 8/ :rougefache: 8/
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Foutons le bordel !