Auteur Sujet: Eric Woerth, en ère post-sarko  (Lu 6225 fois)

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Eric Woerth, en ère post-sarko
« le: 24 mai 2013 à 20:24:42 »
Voui, voui, je sais bien, la question peut se poser : pourquoi ouvrir un fil spécifique sur le sieur Woerth dans notre section "droit de suite" ?

Les raisons qui feraient pencher du côté du plutôt non :
On en parle déjà largement dans le fil voisin qui a trait à l'affaire Bettancourt, forcément  :mrgreen:, comme ici par exemple.
On en parle aussi, souvent d'ailleurs grâce à Old Machin, dans le fil des affaires de l'UMP (bon exemple, mais seulement un exemple) ou dans le fil qu'a a priori rien à voir de l'affaire(s :mrgreen:) Cahuzac...... bon, les liens que je vous mets, c'est seulement pour vous faciliter un peu la vie, hein, y'a pas tout, pas dèc' non plus, si ça vous intéresse vraiment allez fouiller, parce que le sieur Woerth sous ses dehors bien comme il faut, et peut-être pour cette raison d'ailleurs, il est dans presque tous les coups foireux !
J'aurais bien rajouté aussi un lien vers un fil spécifique au Mr Woerth, vu que je suis persuadée qu'on en avait un ... mais j'ai pas réussi à remettre la main dessus dans nos millions d'archives (donc avis aux bonnes volontés, pour le retrouver, ou pour rajouter d'autres liens d'utilité publique.....  :désolé1:)

la raison qui me fait pencher résolument POUR :

Le sieur Woerth , à lui tout seul, va nous donner de quoi alimenter les droits de suite  :super: :super: :super: :super: :super: :super: :super: :super: :super: :super: :super: :super: :super: :super: surtout que maintenant y'a plus Cahuzac pour lui renvoyer l’ascenseur (si, si, ce qu'il lui devait pour avoir rendu possible sa nomination comme N°1 de la commission Finances de l'assemblée)

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Hippodrome de Compiègne : vers une annulation de la vente ?

La vente controversée par l'Etat de l'hippodrome de Compiègne, dans l'Oise, au centre de deux instructions impliquant l'ancien ministre du budget Eric Woerth, pourrait prochainement être annulée si le tribunal administratif de Paris suivait l'avis de son rapporteur public.

Pendant près d'une heure celui-ci a en effet défendu, vendredi 24 mai, à l'audience le principe d'une annulation de l'arrêt du 16 mars 2010, par lequel M. Woerth avait validé la cession amiable de ces parcelles forestières pour 2,5 millions d'euros à la Société des courses de Compiègne (SCC).

Le tribunal administratif de Paris rendra sa décision le 7 juin, ce qui pourrait avoir des conséquences sur les deux enquêtes judiciaires en cours, lesquelles doivent déterminer d'éventuelles responsabilités pénales dans cette affaire. La première, ouverte pour "prise illégale d'intérêt" par la Cour de justice de la République (CJR), s'intéresse spécifiquement au rôle de M. Woerth, qui avait été entendu sous le statut de témoin assisté. La seconde, instruite au pôle financier, couvre le volet non ministériel de l'affaire.
Sans attendre l'issue de ces procédures, qui avaient été lancées à partir de 2010 après une plainte d'élus socialistes, un syndicat de l'Office national des forêts (ONF) a ouvert en août 2012 un nouveau front, en demandant l'annulation de la vente à la justice administrative, compétente pour juger les décisions de l'Etat.

 36 PAGES DE REQUÊTE

Dans sa requête de 36 pages, le Syndicat national unifié des personnels des forêts et de l'espace naturel (Snupfen) avait dressé une longue liste de raisons justifiant à ses yeux l'annulation de la transaction. Des arguments en partie repris vendredi 24 mai devant le tribunal administratif par le rapporteur public.

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Revenant longuement sur les textes adoptés depuis la Révolution française pour encadrer l'aliénation des bois et forêts du domaine de l'Etat, il a notamment considéré que cette cession de gré à gré n'avait pas respecté le Code général de la propriété des personnes publiques (CGPPP). "L'aliénation litigieuse ne pouvait intervenir sans être autorisée par une loi. Nous concluons à l'annulation de la décision", a déclaré le rapporteur public.

Lire : Hippodrome de Compiègne : la vente est-elle illégale ?

Le syndicat s'était aussi élevé contre l'absence de publicité de la vente et de mise en concurrence, le non-respect du droit de priorité sur la vente du conseil de la communauté de communes de Compiègne et, surtout, son prix de vente "dérisoire". "Ce bien est tellement exceptionnel que seul le marché aurait pu lui donner sa vraie valeur", a estimé le rapporteur public.

Les deux avocats du Snupfen, Mes Frédéric Mengès et Edmond-Claude Frety, ont confié attendre "avec impatience le délibéré du tribunal après les conclusions particulièrement construites et de qualité du rapporteur public qui montrent que les motifs d'annulation sont solides".

UNE PROCÉDURE "BRICOLÉE"

Dans un rapport au Sénat en 2011, la socialiste Nicole Bricq avait estimé que la procédure de cession avait été "bricolée" et posait "de nombreuses questions de droit administratif".

Si la justice administrative prononce l'annulation de l'arrêté ayant autorisé la vente, il reviendra à un autre juge d'organiser l'annulation de cette transaction, processus qui pourrait se révéler coûteux pour l'Etat.

Un tel constat judiciaire de l'illégalité de la vente viendrait donner des arguments aux parties civiles dans la procédure en cours au pôle financier.

En attendant la décision du tribunal administratif, Laurence Rossignol, une des élus PS qui avaient porté plainte au pénal, a estimé vendredi dans un communiqué que la position du rapporteur public "confirme déjà, pour le moins, que ceux qui comme [elle], ont mis en cause la légalité de cette vente, étaient fondés à le faire".


PS : ben j'sais pas comment j'dois prendre ça .... mais ouvrir un fil "indépendant" sur Woerth, juste au moment où la justice semble baisser les bras (en ce qui le concerne) sur l'affaire Bettencourt......... j's'rais extra-voyante ?


« Modifié: 24 mai 2013 à 20:34:47 par reveillonsnous »
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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #1 le: 07 octobre 2013 à 18:28:59 »
sarko blanchi dans l'affaire bete en cour !!!! tresfache tresfache tresfache
c'est quand même honteux que cet étron puisse triompher encore une fois ! :fache1:
il a couché lui-même ou il a envoyé son porte manteaux ? :rougefache:

bientôt sa béatification ?? :calimero:
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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #2 le: 08 octobre 2013 à 14:55:23 »
Porte-manteau ?
Peut-être, mais d'après l'inénarrable M Le Borgne, Éric est "serein."
Serenissimo, ma non troppo...

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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #3 le: 25 octobre 2013 à 07:35:12 »
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Le cadeau fiscal de Woerth à Tapie ?: des dizaines de millions d’euros

«Libération» est en mesure de démontrer que l’ex-ministre du Budget a offert entre 54 et 83 millions d’euros d’abattement fiscal à l’homme d’affaires dans l’arbitrage Adidas.

C’est un rebondissement majeur dans l’affaire Tapie. On connaissait l’enquête sur l’arbitrage en ­faveur de l’homme d’affaires dans le litige Adidas, qui a coûté 405 millions d’euros à l’Etat. Selon nos informations, le dossier judiciaire montre que Bernard Tapie a, ensuite, bénéficié d’une ristourne de 54 à 83 millions d’euros sur les impôts à payer sur l’argent de l’arbitrage. Elle lui a été accordée en avril 2009 par le ministre du Budget de l’époque, Eric Woerth, contre l’avis de l’administration fiscale.

Le dossier fiscal de Tapie, auquel Libération a eu accès, apporte des éléments prouvant ce cadeau, évoqué en juin par Mediapart. Le fisc avait élaboré deux scénarios pour Tapie?: l’un à 94 millions d’euros, l’autre à 65 millions. Après intervention d’Eric Woerth, Tapie n’a réglé que 11,2 millions. Soit une économie de 54 à 83 millions d’euros, financée par l’Etat.

Sur cette affaire hors normes, où l’on retrouve plusieurs proches de Nicolas Sarkozy, lire notre enquête, en kiosque ou dans notre édition électronique (abonnés).


http://www.liberation.fr/politiques/2013/10/24/tapie-des-millions-d-euros-sur-un-plateau_942180?xtor=EPR-450206
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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #4 le: 26 octobre 2013 à 07:32:25 »
Et n'oublions pas...... ! = WOERTH /CAHUZAC    !!!!! :diable: :diable: :diable:

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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #5 le: 26 octobre 2013 à 09:43:30 »
Au fond, cela me paraît (hélas) assez normal que ce ministère soit confié à des truands, tant qu'on reste dans la logique néo-libérale.  :nono:
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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #6 le: 18 novembre 2013 à 17:21:03 »
Cela n'empêche pas le père Woerth d'être invité sur les plateaux de télé pour donner la réplique aux membres du gouvernement.
Exemple hier soir, sur BFM/RMC, ou ils se renvoyaient la balle entre crânes d'oeuf avec Cazeneuve sur les responsabilités des uns et des autres sur leudéfissite.
Cela me conforte dans ma perception selon laquelle la seule chose qui différencie les casseroles des hommes de droite de celles des hommes dits "de gauche", c'est que parfois à gauche, ça leur créé des problèmes.
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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #7 le: 19 novembre 2013 à 10:12:51 »
Moi j'aimerais bien voir un débat entre une dizaine de personnes composées de: prostituées, femmes racisées, femmes travaillant à temps partiel par non choix, chômeuse, femmes au RSA, mères célibataires, etc (avec des combos entre ses différents statuts évidemment) en leur donnant à chacun le même temps de parole. CAD que nos 10 femmes ont chacune le même temps de parole que lui.

Là ça nous donnerait un truc.
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #8 le: 19 novembre 2013 à 17:48:50 »
Oui, mais devoir partager est la définition même de l'injustice selon les sarkozistes.
C'est pourquoi en termes de comm', ils gèrent mieux les quinquennats que les campagnes.
C'était pas eux qui promettaient que, si Sarko gagnait en 2012, ce serait la dernière campagne durant laquelle le CSA imposerait l'équité du temps de parole ?
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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #9 le: 19 novembre 2013 à 20:34:21 »
 8| Hein?! C'est une idée de facho, ça!  tresfache
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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #10 le: 12 décembre 2014 à 11:37:58 »
Grosse nausée... Envie de vomir  :berk2:

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Hippodrome de Compiègne: Eric Woerth, "soulagé", attend des excuses

L'ancien ministre du Budget salue le non-lieu dont il a bénéficié dans l'affaire de la vente de l'hippodrome de Compiègne jeudi. Il espère des excuses de la part de ses accusateurs.

Eric Woerth exprime "son énorme soulagement", suite au non-lieu dont il bénéficie dans l'affaire de l'hippodrome de Compiègne. Dans une interview au Figaro ce vendredi, l'ancien ministre et député de l'Oise dénonce une "volonté méthodique de le détruire" et vise directement des élus.

Eric Woerth cite Corinne Lepage et un député PS comme étant à l'origine des plaintes devant la Cour de justice de la République. En parallèle, "Henri Emmanuelli, Jean Glavany et cinq autres députés amis avaient saisi le tribunal de grande instance de Paris" ajoute-t-il.
 "Des excuses, c'est bien le minimum"

L'ancien trésorier de l'UMP revient sur les quatre ans d'instruction. "On reçoit des torrents de boue. On est immédiatement condamné médiatiquement et politiquement (...). La présomption d'innocence n'existe plus et je pense que la gauche est largement responsable. Le mal qui est fait n'est jamais totalement réparé. Alors des excuses, c'est bien le minimum. Je veux croire qu'ils auront cette élégance", poursuit Eric Woerth.

Juste avant de quitter le ministère du Budget pour celui du Travail, Eric Woerth avait validé la vente à la Société des courses de Compiègne, d'une parcelle de la forêt de Compiègne accueillant un golf et un hippodrome, jusqu'alors louée. Les détracteurs de la vente avaient dénoncé l'absence d'appel d'offre et le prix de vente de 2,5 millions d'euros, jugé trop faible.
D'autres décisions de justice à venir

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy doit toujours comparaître dans plusieurs volets de l'affaire Bettencourt, en premier lieu sur des abus de faiblesses au préjudice de Liliane Bettencourt. Il a également été renvoyé en correctionnelle pour trafic d'influence. Eric Woerth est soupçonné d'avoir favorisé l'obtention d'une légion d'honneur à Patrice de Maistre, en échange d'un emploi pour sa femme. Patrice de Maistre était alors chargé de la gestion de la fortune personnelle de Liliane Bettencourt.

Dans ces affaires, Eric Woerth se montre confiant. "Je prouverai là mon innocence. Le parquet de Bordeaux a d'ailleurs requis un non-lieu ma faveur dans les deux procédures concernées. Je n'ai pas plus à me reprocher dans ces dossiers que je n'avais à me reprocher dans celui de l'hippodrome de Compiègne".
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Re : Eric Woerth, en ère post-sarko
« Réponse #11 le: 22 mars 2015 à 13:29:40 »
Allez tiens, ça va reprendre au tribunal pour Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt  :mrgreen:

Alors comme l'article de Mediapart est en lecture libre à c't'heure, je vous le mets là .... On dirait que le dossier des juges d'instruction est "accablant"  ;)

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Woerth, Maistre et la Légion d'honneur : ce qu'ont écrit les juges

21 mars 2015 |  Par Michel Deléan

L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy et l’ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt seront jugés pour trafic d’influence à partir du lundi 23 mars à Bordeaux. Éric Woerth avait fait embaucher son épouse par Patrice de Maistre, avant de le décorer en personne. Le dossier est accablant.

Le supplice chinois se poursuit pour Éric Woerth et Patrice de Maistre. Les cinq semaines d’audience du procès Bettencourt à peine achevées, fin février, l’ex-ministre du budget de Nicolas Sarkozy et l’ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt font déjà leur retour, à partir de lundi, au tribunal correctionnel de Bordeaux. Cette fois, ils seront seuls à être jugés pour trafic d’influence dans l’affaire dite de la Légion d’honneur. Si les débats récents du procès de l’affaire Bettencourt ont paru tourner en la faveur d’un Éric Woerth très souvent absent du tribunal (on ne sera fixé que lorsque le jugement sera rendu, le 28 mai), rien ne dit qu’il en sera de même cette fois-ci, avec l’affaire de l’embauche de son épouse par Patrice de Maistre et de la remise à ce dernier de la Légion d’honneur.

À la lecture de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, signée le 2 juillet 2013 par les juges d’instruction Jean-Michel Gentil, Cécile Ramonatxo et Valérie Noël (un document de 66 pages dont Mediapart a pris connaissance), il semble – au contraire – que les charges pesant contre Éric Woerth et Patrice de Maistre sont plus que solides. Il faudra beaucoup de talent et d'efforts à leurs avocats (Jean-Yves Le Borgne pour Éric Woerth, Jacqueline Laffont et Pierre Haïk pour Patrice de Maistre) pour les tirer d’affaire. D’autant que le tribunal qui va siéger a exactement la même composition que lors de l’examen de l’affaire Bettencourt, où il a montré sa maîtrise du dossier.


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« Il apparaît parfaitement établi que dès le 19 janvier 2007, Éric Woerth a sollicité Patrice de Maistre pour qu’il reçoive sa femme qui souhaitait donner une nouvelle orientation à sa carrière, que des contacts ont été pris à cette fin, à compter du 15 mars 2007, en vue de son embauche au sein de la société Clymène, et que cette embauche est intervenue le 12 novembre 2007 », écrivent les juges d’instruction dans leur ordonnance de renvoi.

« Réciproquement, il est également établi que Patrice de Maistre a proposé directement à Éric Woerth, lequel l’avait informé que son épouse Florence Woerth recherchait une réorientation de carrière, de la recevoir à cette fin. Patrice de Maistre a ensuite permis l’embauche de Florence Woerth en dehors de la procédure qui avait été mise en place par la société Clymène par l’intermédiaire de la société Proway, alors que Florence Woerth ne correspondait pas au profil recherché et qu’elle a été embauchée avec une rémunération beaucoup plus importante que celle initialement prévue. De telles conditions constituent un réel avantage en faveur de Florence Woerth, épouse d’Éric Woerth », ajoutent-ils.
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À l’époque, Patrice de Maistre souhaitait effectivement effectuer un recrutement au sein de Clymène (la société personnelle des Bettencourt qui gère leurs placements) et il avait mandaté Proway pour dénicher un jeune cadre financier, avec un salaire maximum de 130 000 à 140 000 euros par an. Or la dizaine de candidats présentés ont été retoqués, et c’est Florence Woerth, beaucoup plus expérimentée, et sortie du chapeau comme par magie, qui a finalement été embauchée par Maistre, pour un salaire de 180 000 euros annuels.

« Il est aussi établi qu’Éric Woerth a bien été, le 12 mars 2007, à l’origine de l’obtention de la Légion d’honneur en faveur de Patrice de Maistre qui l’a sollicité à cette fin, poursuivent les juges. Il ne le connaissait pourtant que depuis quelques mois et ne l’avait rencontré qu’en de brèves occasions. Éric Woerth a proposé et fait transmettre ce dossier d’obtention de la Légion d’honneur tout en ayant connaissance qu’il avait sollicité de Patrice de Maistre des conseils pour sa femme Florence Woerth en recherche d’un nouvel emploi. »

« Ce dossier pour l’obtention de la Légion d’honneur est le seul qu’Éric Woerth ait initié en mars 2007 selon des modalités aussi atypiques, insistent les juges. Il a été ensuite directement ou indirectement informé du suivi de ce dossier bien qu’il ne soit pas de son domaine de compétence. Enfin, c’est Éric Woerth lui-même qui a remis, le 23 janvier 2008, les insignes de la Légion d’honneur à Patrice de Maistre, promu le 14 juillet 2007. Ce comportement constitue un usage abusif de son influence réelle ou supposée pour l’obtention d‘une distinction. »

Et les trois juges d’instruction de conclure : « Le lien de cause à effet entre l'engagement pris par Patrice de Maistre envers Éric Woerth de recevoir sa femme pour évoquer sa carrière, puis son recrutement et enfin son embauche au sein de la société Clymène, et le bénéfice obtenu ou attendu par lui, à savoir l’obtention de la Légion d’honneur, est parfaitement établi par la chronologie des faits révélés (et) leur matérialité, ce malgré les multiples dénégations des intéressés. En conséquence, Patrice de Maistre et Éric Woerth seront renvoyés devant le tribunal de ces chefs de trafic d’influence. »

   
« C'est lui qui s'occupe de vos impôts »

Les versions respectives de l’un et de l’autre n’ont pas convaincu les juges. Interrogé pendant l’instruction, Patrice de Maistre a prudemment soutenu qu’Éric Woerth n’était pour rien dans sa nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur, en renvoyant vers des amis de l’UMP qui l’auraient pistonné. Quant à Éric Woerth, il a tout aussi prudemment déclaré ne plus se souvenir de son rôle, prétendant que le dossier Maistre était déjà en instance. Les perquisitions effectuées par les juges d’instruction, ainsi que les témoignages recueillis, ont démontré le contraire.

C’est en fait sur intervention personnelle de Woerth que Maistre a été décoré en 2007, alors que les deux hommes ne se connaissent que depuis fin 2006. Une lettre du trésorier de la campagne (Éric Woerth) au ministre de l’intérieur (Nicolas Sarkozy), en date du 12 mars 2007, l’atteste clairement.

La demande émanait de Patrice de Maistre lui-même, membre du Premier Cercle de l’UMP, apparemment en quête perpétuelle de réseaux, de reconnaissance et d’argent, tout comme ses amis politiques. La chose devait, en tout cas, présenter une certaine importance aux yeux du trésorier de l’UMP et du candidat à la présidentielle pour que, en bas de sa lettre (à en-tête « Ensemble tout devient possible ») adressée à son ami Nicolas Sarkozy, Éric Woerth ajoute une mention manuscrite : « Ce serait bien d'accéder à cette demande. Je t’en reparle. »
Patrice de Maistre.Patrice de Maistre.

Mis en examen, Woerth et Maistre ont affirmé de concert que l’embauche de Florence Woerth n’avait strictement rien à voir avec l'obtention de cette distinction. Mais là encore, la chronologie détaillée des faits a convaincu les juges du contraire. Surtout, comme dans le volet principal de l’affaire Bettencourt, les enregistrements clandestins effectués par le majordome Pascal Bonnefoy ont eu un poids déterminant dans l’instruction, et feront figure de preuve difficile à réfuter lors du procès à venir.

Le 29 octobre 2009, évoquant un projet d’“auditorium André-Bettencourt” au sein de l’Institut de France (resté en plan depuis lors), Patrice de Maistre parle d’Éric Woerth à une Liliane Bettencourt dont la mémoire semble très amoindrie, et qui se contente de lui poser quelques questions basiques, selon la retranscription qui figure dans l’ordonnance de renvoi. Un dialogue gênant, qui commence par une question de Liliane Bettencourt :

- Qui c’est ce monsieur ?
- Alors c’est le mari de madame Woerth, que vous employez, qui est une de mes collaboratrices qui est pas très grande, voilà… Et… mais lui, il est très sympathique, et c’est notre ministre du budget, et c’est lui qui a permis à l’Institut de récupérer le bâtiment dans lequel on va faire l’auditorium.
-  … Non ?…
- Et il est très sympathique, et en plus, c'est lui qui s’occupe de vos impôts, donc… je trouve que ce n’était pas idiot. C’est le ministre du budget. Donc voilà.
- …
- Et c’est un homme très sympathique, c’est un ami.
- Elle aussi ? Moins.
- Moins. Elle, elle se pousse un peu. Elle me fatigue un peu.
- Ah oui ?
- Oui.
- Elle…
- Elle se trouve un peu femme de ministre.

Une autre retranscription d’enregistrement de conversation entre Patrice de Maistre et Liliane Bettencourt, en date du 23 avril 2010 (alors que l’affaire commence à provoquer des remous), où il est encore question de Florence Woerth, est encore plus accablante pour l’époux de celle-ci, ainsi que pour le gestionnaire de fortune de la milliardaire. C’est Maistre qui prend la parole :

- Je, j’ai… Je me suis trompé quand je l’ai engagée. C’est-à-dire qu’en fait, avoir la femme d’un ministre comme ça, ça n’est pas un plus, c’est un moins. Je me suis trompé. Pourquoi ? Parce que comme vous êtes une femme, la femme la plus riche de France, le fait que vous ayez une femme de ministre chez vous, tous les journaux, tous les trucs disent : « Euh, oui, tout est mélangé, etc. » Bon, j’avoue que quand je l’ai fait, son mari était ministre des finances, il m’a demandé de le faire…
-  Ah.
- Je l’ai fait pour lui faire plaisir.

Enfin, la suite de ce même extrait des enregistrements permet d’apprendre que, quand Florence Woerth a fini par être licenciée, Patrice de Maistre a tenu à rencontrer son époux d’homme politique pour le lui annoncer. « Petite carriériste, oui », confie Maistre à Liliane Bettencourt ce 23 avril 2010. « Et donc elle est là…, et voilà. Bon. Et donc si vous voulez, aujourd'hui, sans faire de bruit, je pense qu’il faut que j’aille voir son mari et que je lui dise que, avec le procès et avec Nestlé, il faut qu’on soit très manœuvrants, et on peut plus avoir sa femme. Et puis on lui, on lui donnera de l’argent et voilà. Parce que c’est trop dangereux. »

Cette affaire est potentiellement dévastatrice pour les deux prévenus. Éric Woerth, député et maire (UMP) de Chantilly, et Patrice de Maistre, toujours dans les affaires, encourent en effet une peine de dix ans de prison et 150 000 euros d’amende pour « trafic d’influence », ainsi que l’interdiction des droits civiques et celle d’exercer un mandat public (selon les articles 432-11, 433-1, 433-22 et 433-23 du Code pénal en vigueur en 2007).

suite

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