Auteur Sujet: Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.  (Lu 4352 fois)

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Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« le: 14 janvier 2013 à 13:27:42 »
Alors, les enfants: personne n'a encore réagi au sujet?   :pausecaffé:

En guise de préliminaires, voici l'analyse de Libé.

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La France en guerre au Mali
L'armée française intervient pour stopper la progression des islamistes armés.


 Décryptage La France a intensifié ses attaques, hier, contre les groupes islamistes qui tiennent le nord du pays. En jeu, la sûreté des ressortissants français et la stabilité de toute la région.
Par THOMAS HOFNUNG
Libération
Au troisième jour de l’opération «Serval», les avions de l’armée française ont multiplié, hier, leurs raids dans le centre, mais aussi dans le nord du Mali contre les groupes islamistes. Tout en assurant ne pas chercher à reconquérir la zone contrôlée par les radicaux depuis près d’un an, Paris espère les affaiblir de manière durable.

 Pourquoi la France est-elle entrée en guerre au Mali ?

Depuis le coup d’Etat à Bamako contre l’ancien président malien Amadou Toumani Touré, en mars 2012, et la prise de contrôle du Nord-Mali par des groupes jihadistes et terroristes, Paris tentait, sans grand succès, de mobiliser la communauté internationale en faveur d’une intervention militaire conduite par les pays africains de la région, avec le soutien des Occidentaux. Les intérêts et les ressortissants français sont explicitement visés par les terroristes d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) depuis plusieurs années dans le Sahel. Paris redoutait alors la transformation de ce vaste territoire désertique en un sanctuaire à partir duquel Aqmi et ses alliés pourraient préparer des attentats antifrançais en Afrique de l’Ouest, mais aussi dans l’Hexagone.

La présence française dans la région est un héritage du passé colonial : plusieurs milliers de ressortissants y résident. Huit d’entre eux ont été pris en otage depuis 2010. La France dispose également d’intérêts économiques non négligeables en Afrique de l’Ouest. Le plus stratégique d’entre eux est l’uranium du Niger, exploité par Areva, qui alimente un tiers des centrales nucléaires d’EDF. Quand, en milieu de semaine dernière, les groupes islamistes ont lancé une offensive d’envergure dans le centre du Mali, menaçant de descendre jusqu’à la capitale, Bamako, l’Elysée a ordonné à l’armée de passer à l’action pour les en empêcher, avec le feu vert du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, et du Conseil de sécurité des Nations unies.

Quels sont les buts de l’opération ?
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en a mentionné initialement trois : stopper l’offensive des groupes radicaux, empêcher l’effondrement total des institutions du Mali et protéger les ressortissants français et européens présents sur place. Le premier a été, en grande partie, atteint. En recourant aux hélicoptères des forces spéciales prépositionnées dans la zone et aux Mirage basés au Tchad voisin, Paris a enrayé la progression des groupes islamistes, permettant aux troupes maliennes de lancer une contre-offensive sur la localité de Konna (centre). Dans le même temps, plusieurs centaines de soldats français, venus de Côte-d’Ivoire et du Tchad, ont été dépêchées à Bamako. Officiellement pour la protection des ressortissants. Mais, dans les faits, ils assurent aussi celle du président par intérim, toujours sous la menace des ex-putschistes du capitaine Sanogo.

Depuis hier, l’opération est entrée dans une nouvelle phase : Paris cherche à détruire les bases arrières des islamistes. Quatre Rafale ont ainsi frappé des positions tenues par les jihadistes près de Gao. Des raids ont également eu lieu sur un autre de leurs bastions, à Kidal, à 1 500 km au nord de Bamako. En attendant que la force africaine se déploie, et pour faciliter sa future mission, la France a décidé d’affaiblir massivement le potentiel des groupes radicaux. Les chefs des trois composantes de la nébuleuse islamiste - Ansar ed-Dine, Aqmi et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) - sont particulièrement visés par ces attaques aériennes. Abdel Krim, un lieutenant du chef d’Ansar ed-Dine, Iyad ag-Ghaly, a ainsi été tué dans un raid pendant le week-end. «Les bombardements vont continuer et même s’intensifier», dit-on au ministère de la Défense.

Avec quels moyens la France intervient-elle ?
Depuis le début de l’opération, Paris a largement sollicité ses troupes prépositionnées sur le continent africain. Premiers à entrer en action, les hélicoptères des forces spéciales basées au Burkina Faso sont intervenus dans le centre du Mali, à Konna, vendredi soir, pour aider à repousser les islamistes de la localité, avant de lancer une contre-offensive. Dans les combats, un pilote a été tué. Touché à l’artère fémorale par un tir d’arme légère, le lieutenant Damien Boiteux est décédé pendant son évacuation vers l’hôpital de Mopti. Simultanément, l’armée française a recouru à ses Mirage, habituellement au nombre de cinq, stationnés au Tchad dans le cadre de l’opération «Epervier». Hier, quatre Rafale ont rejoint la zone pour renforcer des capacités aériennes susceptibles d’infliger de lourdes pertes.

Même si cela coûte cher, la France a les moyens de mener cette guerre asymétrique, sur une zone d’intervention circonscrite, contre un adversaire équipé surtout d’armes légères. L’opération «Serval» n’est en rien comparable à «Harmattan», celle menée en Libye et pour laquelle l’armée française avait mobilisé une large partie de ses capacités durant huit mois de combats. Paris n’en a pas moins accueilli très favorablement les propositions d’aide formulées par les Britanniques et les Américains. Les premiers mettent à disposition deux avions de transport, tandis que les seconds devraient fournir des renseignements précieux, grâce à leurs drones déployés dans le Sahel, et des avions ravitailleurs, que la France possède en nombre limité. «Tout ce qui nous est proposé est bon à prendre», résume un haut gradé.

L’intervention risque-t-elle de durer ?
Parallèlement aux frappes aériennes, et alors que l’opération au Mali fait l’objet d’un large consensus en France et à l’étranger, Paris veut saisir cette occasion pour accélérer le déploiement programmé d’une force multinationale africaine, censée reconquérir le nord du Mali, ainsi que celui des instructeurs européens chargés de reconstituer une armée malienne digne de ce nom.

L’ex-puissance coloniale n’entend pas demeurer trop longtemps en première ligne au Mali. De fait, depuis le début des frappes françaises, plusieurs pays africains (le Togo, la Côte-d’Ivoire, le Bénin, etc.) ont annoncé l’envoi imminent de bataillons sur place. L’implication militaire de Paris sur le terrain semble avoir décidé un certain nombre de pays de la région. Mais il faudra encore plusieurs semaines avant qu’ils ne soient opérationnels sur le terrain.

De même, la question du financement de l’opération n’a pas encore été réglée. Une conférence des donateurs pourrait se tenir début février. En attendant, il paraît vraisemblable que Paris déploie des unités le long de la ligne de démarcation afin de prévenir toute nouvelle tentative d’infiltration des groupes islamistes vers le sud. «Maintenant que nous sommes à pied d’œuvre sur le terrain, il serait stupide de plier aussitôt bagage, note un fin connaisseur du dossier. Nous sommes là pour rester un bon moment.» Chasser à coups de bombes et de missiles les islamistes des principales villes du Nord (Gao, Tombouctou et Kidal) paraît jouable. Mais le vrai défi sera celui du jour d’après, face à des adversaires très mobiles.

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Re : Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« Réponse #1 le: 14 janvier 2013 à 17:00:07 »
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"Neo-colonialisme"
Ce slogan éculé et à l'emporte-pièce est sorti de manière pavlovienne à chaque occasion.
Son corollaire ne vaut guère mieux : "ils ont voulu l'indépendance (depuis 1960 q même) qu'ils se démerdent !"

On peut reprocher aux ex-colons d'avoir inventé le pays en traçant les frontières avec un règle sur une carte du continent, et d'avoir laisser un flou incroyable concernant les énormes quantités d'armes/fanatiques après l'intervention catastrophique en Libye.
Doivent-ils s'en laver les mains de peur des "qu'en dira-t-on ?"

Les propagandistes n'ont pas traîné ; Twitter pour les uns, BFM pour les autres.
Chez BFM ils sont particulièrement ineptes ; pour illustrer les frappes des bons (ie nous) "au nord" du Mali on affiche une carte du pays où l'on voit dessinées plein de petites explosions dans la partie supposée être non-occupée par les méchants, a priori une tactique contre-productive...
Ensuite, pour démontrer la gratitude des Maliens, on les voit exprimer leur reconnaissance, en général assis dans un café bien au chaud, ou à la limite en train de bricoler les barbelés de manière démotivée et complètement inefficace, un qui manie (au ralenti) une pince coupante entouré d'une dizaine de branleurs qui ne font rien.
Pour le sauvetage raté en Somalie ils feignent l'étonnement en constatant que l'attaque surprise par des hélicoptères (en ville et en plein jour ?) ait été décélée par les chouffeurs d'AQ !

Les "journalistes" de BFM cherchent à renforcer les stéréotypes raciales ? Ils soutiennent secrètement les islamistes ?
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Re : Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« Réponse #3 le: 19 janvier 2013 à 18:25:30 »
En aucun cas, la France n'interviendra au Mali


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Re : Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« Réponse #4 le: 26 janvier 2013 à 15:26:18 »
un autre son de cloche

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Les zones d’ombres de l’intervention française au Mali
 Conformément aux objectifs de l’association Survie, ce document se concentre sur le rôle de la France au Mali et aborde de façon moins approfondie le rôle des autres acteurs clé de la crise. Il ne s’agit pas de les dédouaner ou de faire porter à la France l’entière responsabilité de la crise au Mali. Il s’agit de décrypter le rôle qu’a joué la France dans la genèse de cette crise et le jeu diplomatique qu’elle a mené pour une intervention militaire dont elle est aujourd’hui la principale force, à la lumière des enjeux français dans la zone.
Ce document a été élaboré collectivement par des militant-e-s de Survie qui suivent la situation au Mali depuis plusieurs mois ou plusieurs années. C’est un document qui ne prétend pas à l’exhaustivité, et qui pourra être amené à être complété, actualisé.
Sommaire :
 
  • Le Mali, une « vitrine » démocratique qui a volé en éclats
  • Participation à la guerre en Libye et posture équivoque vis-à-vis du MNLA : les autorités françaises portent une part de responsabilité dans l’éclatement de la crise au Mali 
  • L’implication de la France au Sahel est étroitement liée à la préservation de ses intérêts économiques
  • L’intervention, préparée de longue date, permet de légitimer la présence contestée de l’armée française dans la région
  • Les « amis » de la CEDEAO sont la ‘caution africaine’ de l’intervention
  • L’intervention de l’armée tchadienne aux côtés de la France vise à légitimer ce régime dictatorial
  • La France bafoue la souveraineté du Mali et contribue à la mise sous tutelle du pays
  • La France cherche à utiliser le paravent de l’ONU au Mali
  • La France, gendarme de l’Afrique pour l’Union européenne
  • L’objectif de la lutte contre le terrorisme vise à créer un consensus autour de l’opération militaire française et évite toute analyse des enjeux
  • Une intervention à l’issue incertaine pour le Mali, sa population et pour la région toute entière
    • Conflit durable, présence de troupes étrangères, atteintes aux droits de l’homme
    • Sur les prises d’otages
    • Risque d’aggravation de la situation économique et humanitaire
    • Risque de déstabilisation d’autres États et d’extension du conflit à l’ensemble de la région
  • L’exercice d’un contrôle parlementaire vigilant, une urgence
Téléchargez le dossier :
 PDF - 1.4 Mo height=284Dossier d’information : les zones d’ombres de l’intervention française au MaliPDF 1.4Mo


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Re : Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« Réponse #5 le: 26 janvier 2013 à 18:36:51 »
 :super: Je suis justement en train de le lire ..... Messieurs les journalistes feraient bien d'en faire autant !
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Re : Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« Réponse #6 le: 04 février 2013 à 18:52:38 »
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Un haut responsable d'Ansar ed-Dine arrêté au Mali


Je savais bien qu'on finirait par arrêter une huile:]

Show content
:sivousme:


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Re : Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« Réponse #7 le: 04 février 2013 à 19:35:41 »
Sans doute un gros poisson...
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Re : Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« Réponse #8 le: 04 février 2013 à 19:39:57 »
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Re : Le Mali entre terreur fanatique et néo-colonisation.
« Réponse #9 le: 06 février 2013 à 18:54:15 »
  8| Ah bon? Je la trouvais pourtant savoureuse, celle-là!  :mrgreen:
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