Auteur Sujet: La pauvreté en France  (Lu 4932 fois)

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La pauvreté en France
« le: 08 novembre 2012 à 19:11:57 »
Nous parlons beaucoup de pauvreté sur le forum, dispersée dans pas mal de sujet : la pauvreté résultant du travail, du manque de travail, du travail subi, la pauvreté par catégorie, etc...
Je voulais faire un sujet sur la pauvreté en général, en France, pour avoir des données générales.

Et "ça tombe bien" (façon de parler), le rapport du secours catholique vient de tomber....
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La situation se détériore... Depuis 10 ans, la pauvreté s’intensifie en France. Le Secours catholique, qui publie ce jeudi 8 novembre son rapport "Regards sur 10 ans de pauvreté", s’inquiète de "l’accroissement de l’intensité de la pauvreté". Non seulement le nombre de personnes pauvres augmente, mais surtout elles s’installent durablement dans la pauvreté.

Une conférence gouvernementale sur la lutte contre la pauvreté et les exclusions aura lieu les 10 et 11 décembre prochains. Elle doit déboucher sur un plan d'action pluriannuel.

> Parmi les bénéficiaires, 94% vivaient sous le seuil de pauvreté

En France, la grande pauvreté touche près de 2 millions de personnes sur 65 millions d'habitants au 1er janvier 2012. Ce chiffre a considérablement augmenté ces dix dernières années (hausse de 500 000 personnes entre 1999 et 2009). Après être resté stable pendant plusieurs années, le taux de personnes en dessous du seuil de pauvreté est passé au cours des deux dernières années de 12,9% à 14,1% de la population.

En 2011, cela représente près de 585 500 situations de pauvreté rencontrées, c’est-à-dire de personnes ou de familles qui sollicitent l’aide de l’association. Soit au total, 1 422 000 personnes aidées dont 668 000 enfants et 754 000 adultes.

Pourtant, il faut rappeler que le seuil de pauvreté monétaire n’est pas très haut. "Par définition le seuil de pauvreté est égal à 60 % du niveau de vie médian (964 euros INSEE 2010). On peut calculer aussi un seuil de pauvreté à 40% qui permet de déterminer la grande pauvreté (644 euros en 2010)", selon le Secours catholique.

> Une précarité qui dure

Mais au-delà de cette hausse de la pauvreté, ce qui inquiète c’est aussi l’installation durable dans cette situation.

En effet, un tiers des personnes accueillies en 2001 comme en 2011 avaient déjà fait appel à l'ONG l'année précédente: "On constate un durcissement et un ancrage de la pauvreté", explique Bernard Schricke, directeur Actions et Plaidoyer France Europe. "Il n'est pas rare que les personnes fréquentent nos structures pendant 3, 4 ou 5 ans."

Une situation qui s’explique, notamment, par la forte hausse de la proportion de personnes au chômage. Le taux de chômage des personnes rencontrées est beaucoup plus élevé que dans le reste de la population : il est passé de 58 % en 2001 à 66 % en 2011 alors que pour l’ensemble de la population, il est de 7,6 % fin 2001 et de 9,3 % fin 2011. En 2011, 25% des adultes rencontrés sont des chômeurs non indemnisés. Dix ans plus tôt, ils représentaient 18 % des adultes.

> Une pauvreté qui change de visage

Depuis 10 ans, le Secours catholique constate que la pauvreté féminine augmente. "Alors qu’en 2001, le Secours Catholique rencontrait autant de femmes que d’hommes, dix ans plus tard, le nombre de femmes accueillies atteint 57 % des adultes en situation de pauvreté. on note cependant une évolution importante sur la période concernée : le nombre de femmes seules dont l’âge est compris entre 55 et 65 ans a fortement augmenté sur dix ans. Dans une conjoncture économique dégradée, ces femmes éloignées du marché du travail pour élever leurs enfants ont d’autant plus de mal à retrouver un emploi lorsque ceux-ci quittent le foyer".

De plus, le nombre d’étrangers en situation de précarité progresse. En 2011, 30% des situations de pauvreté concernent des étrangers, dix ans plutôt, ils étaient 23%.

Et enfin, de plus en plus de familles font appel au Secours catholique. "À partir de 2008, la crise et ses conséquences économiques se sont traduites par une précarisation d’un certain nombre de familles. Nous observons donc une hausse des couples avec enfants dans les situations de pauvreté. En 2011, 53 % des ménages rencontrés sont des familles, contre 47 % en 2001".

Dans ce contexte, le Secours catholique appelle les pouvoirs publics à revaloriser les minima sociaux qui ont, d'après lui, "pris beaucoup de retard par rapport aux besoins essentiels des familles et personnes pauvres".


En bref, il y a de plus en plus de pauvres, ces pauvres sont de plus en plus pauvres et la pauvreté dure plus longtemps.
Donc 9 millions 165 mille personnes sont en dessous du seuil de pauvreté, et 2 millions sont en état de GRANDE pauvreté, soit en dessous de 644 euros par mois.
Quand on sait qu'une personne seule arrive à commencer de vivre "correctement" à 1,5 fois le seuil de pauvreté, et en région parisienne, il faut plutôt compter plus de 2 fois au dessus du seuil de pauvreté.

Ca veut dire qu'on n'a aucune estimation du nombre de gens qui sont simplement "au dessus" du seuil de pauvreté. Salaire médian : 1670 euros par mois en 2010.... Soit vivre "bien" sans excès pour une personne seule, mais pas à paris.
Les français s'appauvrissent de plus en plus.... et s'enrichissent de plus en plus (voir le nombre de millionnaires en hausse). Y a comme un problème....  :fache: :fache: :fache:

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Re : La pauvreté en France
« Réponse #1 le: 08 novembre 2012 à 19:50:15 »
c'est affligeant.
de plus en plus de pauvres et des riches de plus en plus riche.
Un pays comme le notre, riche, quoi qu'en disent les politiques, ou des voisins ne mangent pas ou 1 repas sur 3 c'est terrifiant, le pire c'est que beaucoup d'entre nous on était dans l'obligation de sacrifier un repas faute de budget.
sinon le gouvernement est sourd sur cette question aussi

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Re : La pauvreté en France
« Réponse #2 le: 09 novembre 2012 à 12:02:41 »
tout les maires et tout les citoyens devraient se mobiliser la pauvreté touchera chacun d'entre nous un jour ou l'autre.

Citer
Sevran : le maire appelle à se mobiliser contre la pauvreté

C'est l'une des villes les plus pauvres de France où un habitant sur cinq est au chômage. A Sevran en Seine-Saint-Denis, le maire Stéphane Gatignon appelle ses habitants à manifester vendredi devant l'Assemblée Nationale.Sevran qui a des airs de ville fantôme Le maire réclame une aide de 5 millions d'euros à l'Etat

Avec un budget de 69 millions d'euros en 2011, les recettes de fonctionnement de Sevran sont inférieures de 35% à la moyenne des villes de taille équivalente, selon les calculs de la mairie. Le maire Stéphane Gatignon réclame à l'Etat une aide exceptionnelle de 5 millions d'euros pour boucler son budget 2013, sans quoi il risque de devoir "mettre la clé sous la porte". 
Le "potentiel financier" de la ville, indicateur des ressources potentielles d'une collectivité notifié à chaque commune par l'administration, est de 847 euros par habitant, contre 1.241 en moyenne pour les villes de même taille.

L'indice de développement humain 2 (IDH2), calculé par la Région qui prend en compte des données liées à la santé, à l'éducation, et au niveau de vie d'un territoire, s'élève à 0,38 à Sevran, contre 0,39 pour la Seine-Saint-Denis et 0,57 pour l'Ile-de-France. 

Le chômage touchait 18,4% des Sevranais en 2009, selon l'Insee, et 40% des jeunes, d'après la mairie.

Désert médical à Sevran

Depuis deux ans, deux entreprises seulement sont venues s'installer sur le territoire, selon Stéphane Gatignon : Klekoon, une entreprise de 15 salariés spécialisée dans la veille de marchés publics, et Frisomat, fabricant de hangars métalliques, qui emploie 4 personnes à Sevran. 
Selon l'Insee, 31,5% des habitants de plus de 15 ans non scolarisés en 2009 n'avaient pas de diplômes et 68,5% avaient un diplôme inférieur au bac. 
La population de la ville a doublé en moins de 15 ans, passant selon l'Insee de 20.253 à 41.809 habitants entre 1968 et 1982. La Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale (DATAR) prévoyait de faire monter la population de la ville à 80.000 personnes, rapporte un élu de l'époque. Elle est aujourd'hui estimée à 51.000 habitants.
Le parc privé potentiellement indigne (PPPI) est quasi marginal à Sevran, puisqu'il représente 244 logements, soit 2,4% du parc, une proportion inférieure aux 9% départementaux, selon les chiffres du contrat local de santé de la ville. 
Avec 72,4 médecins généralistes pour 100.000 habitants, l'offre de soins de la commune est bien inférieure à celle de la Région, (92,5), mais légèrement plus élevée que dans le reste du département (70). Mais près de deux généralistes sur trois ont plus de 55 ans. 

A la fin des années 2000, le "pas de porte" d'un immeuble d'une des trois cités de Sevran, commune gangrénée par le trafic de drogue, se négociait entre les dealers aux alentours de 25.000 euros, estime Stéphane Gatignon.

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Re : Re : La pauvreté en France
« Réponse #3 le: 10 novembre 2012 à 14:35:03 »
Citation de: raja
tout les maires et tout les citoyens devraient se mobiliser la pauvreté touchera chacun d'entre nous un jour ou l'autre.


Ce n'est pas tout à fait vrai. Certaines personnes sont à l'abri et depuis leur naissance. Les autres se moquent du sort de leur prochain. L'individualisme érigé en règle comportemental a détruit toute possibilité pour l'individu de se soucier du sort des autres. D'après ce que j'ai souvent entendu et lu, il semble aussi que nombreux sont ceux qui estiment que les "pauvres" sont "pauvres" parce qu'ils le méritent tout simplement. C'est un peu la logique qui consiste à penser que le chômage est de la faute des chômeurs. Cela simplifie le problème et permet de garder sa conscience tranquille. La règle est et restera : chacun pour soi. Si vous rencontrez des difficultés financières : débrouillez-vous et tant pis pour vous. Dans le même temps des milliards sont gaspillés pour renflouer les banques tant qu'elles ne sont pas alimentaires, alors qu'il faudrait développer des programmes réellement efficaces, surtout si l'Etat compte sur le pouvoir d'achat des individus-pigeons pour soutenir la croissance. Bref. Il y a beaucoup à dire et à faire mais aucune réelle volonté politique.
« Modifié: 10 novembre 2012 à 15:12:56 par raja »

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Re : La pauvreté en France
« Réponse #4 le: 11 novembre 2012 à 11:54:41 »
Bon, allez, je réessaie (fofo déconno  :gene2: ) ma question : Raja, c'est quoi une "veille de marchés publics" ???????????????  8/

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Re : La pauvreté en France
« Réponse #5 le: 11 novembre 2012 à 12:24:16 »
Ce ne serait pas une sorte de prestataire payé par des boîtes (BTP par exemple) pour leur trouver des offres sur lesquelles postuler ?
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #6 le: 11 novembre 2012 à 12:39:56 »
@Alibaba

Je comprends ton raisonnement, je pense que ceux que raja visait par "la pauvreté nous touchera tous un jour ou l'autre", ce sont toutes les personnes modestes qui votent justement à droite parce qu'elles ont l'ambition de "devenir riche" ou "aisé". Donc ces personnes votent contre leur propres intérêts et pour les intérêts des autres, juste parce qu'elles ont l'espoir "un jour" d'accéder à une vie meilleure. Ce qui dénote un manque de lucidité effarant, puisque la catégorie du dessus fait tout ce qu'elle peut pour les maintenir dans la pauvreté...

Je suis d'accord avec toi il n'y a aucune volonté politique, c'est pour ça que je pense que le peuple ne doit pas attendre que les politiques fassent quelque chose mais :
 - faire quelque chose à son niveau en étant solidaire
 - changer de politiques.  :diable:

 :merci: :merci:

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Re : Re : La pauvreté en France
« Réponse #7 le: 12 novembre 2012 à 12:13:08 »
[...] toutes les personnes modestes qui votent justement à droite parce qu'elles ont l'ambition de "devenir riche" ou "aisé". Donc ces personnes votent contre leur propres intérêts et pour les intérêts des autres, juste parce qu'elles ont l'espoir "un jour" d'accéder à une vie meilleure.
C'est un mythe, le pauvre qui vote à droite le fait en premier lieu par ignorance des conséquences du projet politique qu'on lui propose et auquel il adhère. En gros, quand on lui parle de suppression des droits de succession, comme il est mal renseigné, il pense que l'impôt en question le concerne. C'est ainsi que l'on peut voir des exemples extrêmes, comme cette collègue d'une amie qui râlait contre les impôts "bien trop haut en France" et votait Sarkozy précisément pour cette raison là, alors qu'elle n'est pas imposable à l'IR et ne paye donc que la TVA, la TIPP et les taxes sur le travail comme toute vendeuse au SMIC.
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #8 le: 12 novembre 2012 à 14:13:55 »
oui enfin je n'ai pas dit que l'ignorance ne rentrait pas en jeu. N'empeche qu'il y a des pauvres qui tiennent le discours "qu'est ce que vous avez contre les riches ?" Et ca, a part un espoir d'appartenir a cette categorie (ce qui d'ailleurs explique le succes de tous les jeux tels loto, euromillions etc), je ne vois pas de quoi ca vient...
et puis dans ton exemple, dire que les impots sont trop eleves quand on est pas imposable sur le revenu...
cela dit, les impots injustes sont trop eleves...  :diable: :diable: :diable:

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Re : La pauvreté en France
« Réponse #9 le: 11 mai 2013 à 10:31:55 »
Dans les discours sur les effets de la crise en France on entend tout et son contraire, mais je n'ai pas vu qu'aucun média aie repris cette étude de l'observatoire des inégalités qui vient de sortir le 30 avril :

Un gain de 590 euros pour le niveau de vie des cadres supérieurs entre 2008 et 2010, une perte de 180 euros pour les ouvriers. La crise ne touche pas de la même manière toutes les catégories sociales.

Et c'est le SMIC qu'il faudrait baisser ????? Ils se foutent vraiment de la gueule du monde, non ?
En tout cas voilà une info du genre solide comme argument, à conserver en tête face aux discours à la con !
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #10 le: 11 mai 2013 à 16:26:31 »
Comment appauvrit-on les gens, en France?
Cela se passe en deux temps:

1) le PS au pouvoir tape dans la poche du contribuable pour remplir les caisses de l'Etat
2) la droite prend le relai et c'est l'oligarchie qui pille l'Etat.

 tresfache
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #11 le: 17 novembre 2013 à 11:28:00 »
Bon.
Y'a le point qui à pondu un article débile à base d'un sondage ou on demande en gros à des français (pour majorité blancs donc) s'il y a du racisme en France. Ha ha ha! Mais bien sur, bonne idée ça de demander à des personnes qui en grande majorité ne sont pas victimes d'un problème si ce problème existe!
Complètement crétin.

Enfin ce sondage nous apprend quand même que 65% des personnes interrogées sont racistes. Bien...  8|

Du coup, comme il me font  :fache13: , j'ai écrit une petite satyre:
Citer
Pour 65% des milliardaires, les pauvres sont des profiteurs du système

Dans son rapport annuel, la commission consultative des droits à garder ses montagnes de pognon sous le coude dresse un portrait du sentiment d'impunité de la pauvreté en France.

"La France est un état providence" ils sont nombreux et de tous bords à l'affirmer, de Marine La Peine à Zeymourrouïdes. Dans un contexte de multiplication des cadeaux aux banques et aux plus grosses entreprises du CAC40, la commission consultative des droits à garder ses montagnes de pognon sous le coude à rendu son rapport annuel sur la haine des privilèges pourtant légitimes de ces êtres supérieurs en compte en banque: les milliardaires. Constat: les riches payent trop d'impôts et les pauvres pas assez.

D'après un sondage TDB (Tournée Des Bistros) réalisé fin 2012 dans le cadre de ce rapport, 7% des français pensent gagner moins en travaillant que s'ils étaient au RSA mais ils préfèrent travailler quand même pour faire plaisir à leur patron, 22% pensent qu'ils gagneraient autant s'ils étaient au RSA qu'en travaillant et qu'il faudrait supprimer le RSA afin qu'ils se sentent plus riches par rapport aux autres pauvres, et enfin 25% sont sans emploi, avec ou sans allocation chômage, et ont peur de s'enfoncer dans la misère. À l'opposé, 44% pensent qu'il faudrait augmenter les salaires pour que travailler permette au moins de vivre, en baisse de 5% par rapport à 2011.

Dans la même veine, 65% des milliardaires estiment que les pauvres sont des profiteurs du système et que le RSA est encore bien trop pour ces gens là, qui ne méritent que la rue pour eux et la DDASS pour leurs enfants. Ce chiffre est relativement constant depuis 1723, malgré une légère baisse en 1789 et en 1848.


19,5% de pauvres parmi les enfants et les adolescents en 2011



Selon les chiffres de l'INSEE , ce ne sont pourtant pas moins de 19,5% des mineurs qui sont concernés par la pauvreté en France, soit près d'un enfant sur cinq. On pourrait croire que ce genre d'information pourrait éventuellement monter au cerveau des personnes les plus riches, que cela leur permette de se questionner sur leur légitimité à toujours râler sur les impôts mais non: ils s'en contre fichent et ce n'est pas leur problème. D'ailleurs, pour une grande majorité d'entre eux, ces enfants sont pauvres parce que leurs parents sont de grosses feignasses et ils l'ont dont bien mérité. Que 45,8% des pauvres recensés soient des adultes qui travaillent contre seulement 31,8% d'adultes inactifs (ces inactifs comprenant les femmes au foyer élevant leurs enfants) tandis que les enfants et adolescents représentant quand à eux 22,4% ne leur fait pas se poser d'avantage de questions: les pauvres sont pauvres parce qu'ils aiment la pauvreté, statut qui à plein d'avantages géniaux comme le RSA, la CMU et les réductions dans le métro parisien et les musées.

La commission consultative du grand coup de pied dans le cul propose quand à elle dans son dernier rapport que les milliardaires abandonnent leur fortune pour pouvoir eux aussi profiter de tous les bienfaits et avantages du RSA, ce dans un soucis d'équité par rapport aux privilèges des pauvres.

 
Coucou au Point et à son sondage débile . Quand on veut se faire une idée de l'impact du racisme, on interroge ceux qui en sont victimes , pas ceux qui n'ont pas conscience des difficultés impliquées faute de vivre la situation. Votre panel représentatif de la majorité blanche, il est donc nul et non avenu sur la question.

« Modifié: 17 novembre 2013 à 11:37:15 par Lady Marwina »
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #12 le: 17 novembre 2013 à 19:09:30 »
 :super:
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #13 le: 17 novembre 2013 à 19:40:11 »
Fort bien vu.
En même temps, c'est le Point.
Prochain sondage en une dudit magazine : 100% des Franz-Olivier Giesbert pensent que Giesbert Franz-Olivier est l'égal de Dieu sur terre.
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #14 le: 17 novembre 2013 à 22:06:43 »
 :mdr1:
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #15 le: 10 décembre 2013 à 11:19:40 »
«Les classes populaires sont décrites en ennemi intérieur»

Deux sociologues enquêtent sur "la violence des riches", extraits de l'interview:
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Après vos précédents travaux sur le «président des riches» et les territoires des riches, pourquoi écrire sur leur «violence» ?

Monique Pinçon-Charlot : Parce que la violence dans les rapports sociaux s’est beaucoup aggravée avec cette nouvelle phase du capitalisme, le néolibéralisme, dans laquelle la finance prend le pas sur la politique. Les sphères publiques et privées s’intègrent de plus en plus. Nous analysons cette violence sous toutes ses formes : violence économique, qui met au chômage des millions de Français ; violence idéologique, avec les experts médiatiques en tous genres qui nous assomment de chiffres et de prévisions auxquelles on ne comprend rien.
L’effet sur les gens est désarmant. Le sentiment dominant est que les marchés commandent, que les agences de notation sont souveraines, que tout cela est naturel et que l’on n’y peut rien. L’idée même de changement n’est plus pensable.

Vous évoquez le concept de «violence symbolique». De quoi s’agit-il ?

Monique Pinçon-Charlot : Il s’agit d’une timidité sociale, d’une forme de honte, qui empêche d’aller voir le haut de la société. Elle n’est pas matérielle, mais elle est très importante.

Michel Pinçon : C’est remarquable avenue Montaigne, près des Champs-Elysées. Vous y trouvez des magasins de haute couture. Un jour, dans le quartier, nous avons vu un couple regarder une vitrine. Il s’agissait d’enseignants de Nantes en voyage de noces. La femme dit adorer les beaux vêtements. On lui propose d’entrer, elle rougit : «Non, non, j’aimerais bien, mais je ne peux pas.» Elle avait une trouille bleue de se retrouver dans cet endroit qui n’est «pas pour elle».

Les «riches» dont vous parlez forment-ils un ensemble social cohérent ?

Michel Pinçon : Il s’agit bien d’une classe sociale dont les membres sont conscients de leur appartenance. Ils se regroupent notamment dans les grandes cercles comme l’Union interalliée ou le Jockey Club. L’une de leurs techniques est la cooptation : ils savent très bien qui appartient au groupe ou non. Le facteur décisif n’est pas d’avoir de l’argent, mais d’y avoir sa place «naturellement», parce que l’on vient d’une famille dont c’est l’univers.

Comment expliquer le consentement social à la situation que vous décrivez ?

Michel Pinçon : L’expérience récente est très négative pour les classes défavorisées. Après deux années d’avancées sensibles, Mitterrand avait déjà fait le choix de la rigueur en 1983. Les socialistes ont alors joué un grand rôle dans le basculement vers le néolibéralisme, avec des ministres tels que Pierre Bérégovoy. Hollande, quant à lui, n’a même pas attendu avant d’entamer sa reculade.

Monique Pinçon-Charlot : La charge des dominants est tellement lourde qu’elle entraîne un mélange paradoxal de consentement et de non-acceptation. Ce sentiment est appuyé par la stigmatisation des catégories populaires, décrites en ennemi intérieur : les pauvres seraient assistés, fraudeurs, trop chers... Bref, ils auraient tout faux. Et leurs porte-parole sont systématiquement taxés de «populisme». Assez des flagorneries vis-à-vis des riches, sans jamais dire l’origine de leur fortune ! Nous renvoyons donc la balle en parlant du «bourgeoisisme» du Figaro, du «richisme» des chroniqueurs de Bourse, de l'«oligarchisme» du Who’s Who.

Quel est le rôle du langage dans cette situation ?

Monique Pinçon-Charlot : Il est essentiel, et consiste à faire passer les riches pour des bienfaiteurs, les ouvriers comme des «charges». Il y a une entreprise de corruption du langage, une escroquerie linguistique, qui passe souvent par des oxymores comme «flexisécurité» ou «croissance négative». Ce procédé néolibéral corrompt profondément le cerveau. La pensée critique est largement absente des plateaux de télévision. Et les gens s’habituent à ne plus comprendre, à ne faire que consommer.

Dans quelle mesure la violence des riches excuse ou légitime-t-elle la violence des pauvres ?

Monique Pinçon-Charlot : Dans notre livre, nous décrivons des comparutions immédiates au tribunal. Il s’agit souvent de jeunes ayant commis des larcins, parfois avec violence. Cela relève d’une certaine forme de délinquance et c’est répréhensible. Mais pour eux, c’est la peine plancher, la prison ferme, alors qu’il vaudrait mieux leur confier des travaux d’intérêt général. De même, la contestation sociale est de plus en plus criminalisée. On casse l’emploi des salariés en les tenant dans une ignorance anxiogène et paralysante. Puis on condamne sévèrement leurs actions. En revanche, la délinquance des riches va rarement au pénal et bénéficie d’une incroyable immunité.
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #16 le: 10 décembre 2013 à 22:49:30 »
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Bref, ils auraient tout faux. Et leurs porte-parole sont systématiquement taxés de «populisme». Assez des flagorneries vis-à-vis des riches, sans jamais dire l’origine de leur fortune !
Vouais .... et Libération , qui fait paraître l'article, est loin d'être le dernier à jouer ce jeu-là ! Vous croyez que , s'ils lisent leurs propres articles, cela peut les amener à réfléchir un minimum ???  :diable:
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Re : La pauvreté en France
« Réponse #17 le: 12 mars 2015 à 19:11:47 »
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Le plan anti-pauvreté de Manuel Valls ne traite pas le mal à sa racine

Par Nicolas Duvoux (Sociologue et maître de conférences à l’université Paris-Descartes, chercheur associé au Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po)


La création d’une prime d’activité pour se substituer au revenu de solidarité active (RSA) et à la prime pour l’emploi (PPE), présentée par le premier ministre le 3 mars, vient symboliquement marquer la fin d’une période ouverte par la réforme du revenu minimum d’insertion (RMI) voulue par Martin Hirsch et adoptée en 2008, au début de l’ère Sarkozy.

Sous cette rupture avec un dispositif qui devait incarner le « travailler plus pour gagner plus » dans les politiques sociales, il existe une forte continuité dans la gestion de la pauvreté. Cette continuité ignore ou dissimule plusieurs dimensions qui font de cette réalité dramatique une question fondamentalement politique.

Trois points peuvent être soulignés.

Le premier est la continuité dans une approche qui fait de l’accès au marché du travail l’alpha et l’omega de la lutte contre la pauvreté. La chanson des « Enfoirés » pour l’année 2015 a fait polémique, notamment parce que les aînés y disent à leurs cadets qu’il leur faudrait « se bouger ». En réalité, depuis une quinzaine d’années, les principes du retour au travail comme solution à la pauvreté se sont imposés, au détriment de tout débat de fond sur les causes de la fragilisation des salariés les plus modestes.

Deux tendances convergentes sont à l’œuvre.

Il y a, d’une part, l’autonomisation des débats techniques relatifs aux moyens – les politiques publiques – par rapport au débat politique d’ensemble et, d’autre part, l’avènement d’un nouveau consensus sur les fins.

Dépolitisation du traitement de la pauvreté

La seule nuance entre la gauche et la droite porte ici sur l’attention portée à l’hyperprécarité : la gauche souhaitant éviter d’encourager de manière indirecte les emplois à temps très partiel en accordant des aides à ceux qui les occupent  ; la droite valorisant l’accès, au premier euro gagné, de tous aux dispositifs de soutien.

De ce point de vue, la création de la prime d’activité incarne un parfait consensus entre ces deux options : soutien au premier euro gagné d’un côté mais limitation du soutien aux travailleurs très modestes de l’autre.

Cette dépolitisation du traitement de la pauvreté nie la relation profonde qui existe entre l’état du marché du travail, les transferts sociaux et la régulation de la pauvreté, réduite à être l’appendice d’un ensemble de débats qui n’y sont que pas ou peu reliés.

Ni le dialogue social qui a pourtant débouché sur des évolutions sensibles depuis le début du quinquennat – avec l’accord national interprofessionnel (ANI) par exemple –, ni les réformes des retraites ou du système de santé, ni même l’adoption de la loi Macron ne sont mis en relation avec la pauvreté et son augmentation continue dans la société française depuis une dizaine d’années. Or, toutes ces réformes et tous ces débats peuvent et doivent être mis en lien avec la situation des plus défavorisés.

Tout se passe comme si le lien entre le centre et la périphérie de la société avait été perdu, comme si les maigres gains financiers que pouvaient escompter les travailleurs pauvres dans les dispositifs qui leur sont dévolus suffisaient à résoudre la question. On mesure là la profondeur du fossé qui sépare la manière dont la pauvreté est appréhendée par les politiques publiques et les rapports sociaux qui la produisent.

La vulnérabilité sociale

Avec près de quinze pour cent de pauvres, un dixième des salariés qui vivent dans un état d’insécurité structurelle, un taux de chômage de longue durée en constante augmentation, une exclusion des jeunes des quartiers populaires, la vulnérabilité sociale a pris racine et structure des conflits larvés. Les jeunes y sont désavantagés par rapport aux aînés, qui pourtant voient leur situation se dégrader à mesure que les cohortes touchées par la précarité sortent du marché du travail.

Les grands ensembles se paupérisent en même temps qu’ils s’ethnicisent. En même temps, les « avantages » dont ils bénéficient (par exemple, la politique de la ville) sont contestés. La dépendance des jeunes envers des familles déjà fragilisées n’est pas remise en question. Le sort des familles monoparentales est réglé à coups de majoration des prestations sans que les dimensions familiales de la précarité soient énoncées, sinon combattues par des mesures de soutien aux jeunes parents. A force de négliger la dimension sociale des problèmes de la société française, ceux-ci sont déplacés sur le terrain de la racialisation ou de la morale.

Des solutions fantasmées et inopérantes se substituent ainsi à la mise en relation de la pauvreté avec l’ensemble des problèmes (famille, discrimination ethno-raciale, absence de qualification, institutionnalisation de la précarité) qui la font grossir.

Cet oubli du social dans une société fracturée n’aide pas, et c’est le moins que l’on puisse dire, à entrevoir les voies et moyens d’une gestion productive des antagonismes qui traversent la France. Exprimer, sans excès ni caricature, le lien entre la pauvreté et de nombreux autres débats permettrait d’intégrer un critère de justice sociale dans leur gestion.

Cela contribuerait, en outre, à sortir de la crise de l’avenir qui traverse la société française. Nul ne doute que derrière les chiffres, la pauvreté de masse est une plaie qui taraude les personnes concernées et la société. Elle est d’autant plus menaçante qu’elle n’est ni mise en mots ni réellement combattue.