Auteur Sujet: Notre-Dame-des-landes  (Lu 20248 fois)

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Notre-Dame-des-landes
« le: 31 octobre 2012 à 11:56:16 »
ce conflit dure depuis plusieurs mois, mais là on est a un stade de répression et de violence des forces de l'ordre intolérable, silence total aussi des médias et du gouvernement.

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Ayraultport de Notre Dame des Landes, scorie d'un imaginaire du siècle passé

Expropriations. Délogements et destructions de maisons. Occupation policière et militaire. Gazages et arrestations. Le tout pour que la multinationale Vinci construise un aéroport inutile et absurde tout droit sorti d'un imaginaire issu du siècle passé. No pasaran.

C'est avec un acharnement policier et militaire digne d'un régime de droite autoritaire que le gouvernement de François Hollande tente d'imposer un projet d'aéroport dont l'absurdité et l'inutilité ne sont plus à démontrer. Plus de 1 000 gendarmes et CRS ont été déployés pour expulser violemment quelques dizaines de personnes, détruire quelques maisons occupées, saccageant bocage et zones humides. Faire place nette pour que les bulldozers et pelleteuses en charge des premiers travaux puissent entrer en action. Un gouvernement de gauche où, faut-il le rappeler, siègent des ministres écologistes, vient de prouver qu'il n'hésitait pas à exproprier, déloger, détruire, gazer et arrêter tout ce qui bloque les intérêts économiques et financiers d'une multinationale privée. Financer, au nom de l'intérêt général, une opération quasi militaire – les images parlent d'elle-même – aurait été condamné publiquement avec force et fermeté si Nicolas Sarkozy et ses ministres en avaient été les initiateurs. Une fois au gouvernement, la gauche socialiste et écologiste organise la répression aveugle, la soutient et la cautionne ou, au mieux, se mure dans le silence.

François Mitterrand avait mis fin à l'extension du camp militaire du Larzac. François Hollande occupe militairement Notre Dame des Landes. Du temps du Larzac, la droite en appelait à l'intérêt majeur de la France et de son armée. Du temps de François Hollande, ce sont des forces armées qui sont mobilisées pour le compte d'une multinationale privée. François Hollande avait promis la concertation et le dialogue. Ce sont les lacrymos et les tirs de flash-ball qui pleuvent sur les opposants à l'aéroport. Vinci n'a pas besoin de milices privées, les forces de police de l'Etat assurent la défense de ses intérêts. En toute impunité. C'est au nom des intérêts de ces multinationales et de leurs projets dévastateurs que les luttes de résistance, (dis)qualifiées de violentes et illégales par une subtile inversion rhétorique, sont réprimées. C'est le stade ultime de la capture des pouvoirs publics par le secteur privé. Les multinationales n'ont même plus besoin de violer les droits des populations, corrompre et acheter les récalcitrants, commettre des exactions et crimes en tout genre, détruire les écosystèmes et la nature, etc. Les pouvoirs publics s'en chargent. En respectant les lois (du plus fort). Au nom de l'intérêt général.

En juillet 2011, nous avions écrit que ce projet d'aéroport allait devenir « un conflit politique national que nul ne pourrait plus ignorer, un de ces conflits emblématiques qui polarise l'espace politique ». Nous y sommes. Ce projet d'aéroport conçu du temps du Concorde cristallise l'opposition radicale (et irréconciliable ?) entre un imaginaire du siècle passé et une imagination tournée vers l'avenir. D'un côté, il y a ceux qui « aménagent les territoires » à coup de « grands travaux » décidés dans les couloirs des ministères et au profit du secteur privé ; ceux qui tracent des autoroutes, des lignes à grande vitesse et des aéroports sur des cartes IGN ; ceux qui veulent « redresser » l'industrie du pays en « réduisant le coût du travail et de l'énergie » ; ceux pour qui le nucléaire, les gaz et pétrole de schiste, les mines constituent l'avenir de la France. La nature ? A quelques ajustements institutionnels près, ce n'est qu'un capital naturel qu'il s'agit de gérer et faire fructifier le plus efficacement possible. François Hollande n'avait-il pas dit que « sans croissance, pas de perspective écologique, parce que c'est la condition, l'écologie, pour avoir davantage de croissance ». N'ayez crainte, la relance de l'activité par les grands projets apportera bonheur et épanouissement individuels. D'ici là, battez-vous sur le marché de l'emploi, soyez compétitifs et vous serez heureux. Un jour.

Face à cette indécrottable idéologie productiviste et croissantiste, face à cet imaginaire tout droit venu du siècle passé et incapable de penser le caractère fini de la planète, préférant toujours la compétition à la coopération, des gens inventent, expérimentent, proposent, innovent. C'est le cas des participant de la ZAD à Notre-Dame des Landes, installés pour construire autre chose qu'un monde de compétition et de prédation. De là où ils sont. C'est le cas de toutes celles et ceux qui se mobilisent contre ce projet d'aéroport imbécile. A travers leur mobilisation, leur travail, leurs engagements associatifs, leur temps libre, leurs choix de vie, ils expérimentent des voies alternatives, pour vivre bien, vivre dignement, vivre autrement. Agroécologie, AMAP, circuits courts, relocalisation d'activités économiques et sociales, monnaies locales, expérimentations et transitions énergétiques, habitats groupés et écologiques, préservation des semences paysannes, les innovations collectives fleurissent un peu partout. Partout les mêmes justifications. Expérimenter pour inventer le monde de demain. Contribuer à résoudre les crises écologiques et sociales actuelles. Reprendre des marges d'autonomie sur le système actuel. S'émanciper et construire ensemble. Etc.

Encourager ces processus d'innovation sociale, décupler la force transformatrice de cette imagination collective, délivrer les moyens matériels et humains nécessaires à cette expérimentation citoyenne, ce devrait être le fil à plomb d'un gouvernement désireux d'opérer une véritable transition écologique et sociale. François Hollande, cautionné et encouragé par tous ceux qui se taisent, a préféré la matraque et le bétonnage à l'ancienne. C'est une déclaration de guerre. Personne ne l'oubliera. A nous de faire en sorte que Notre-Dame des Landes devienne le tombeau d'un projet et d'un imaginaire tout droit venus du siècle passé, et le terreau de l'alternative.
« Modifié: 11 décembre 2012 à 11:31:21 par timbur »

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Re : Les casseroles du gouvernement
« Réponse #1 le: 31 octobre 2012 à 12:45:51 »
Il est vrai que ce conflit dure depuis des semaines voire des mois et que nous n'en avions pas parlé sur le forum, ou si peu.  :gene1: Mea Maxima culpa.
Au jour le jour, sur twitter, les infos se succèdent et montre que la répression est violente et sans pitié. Je pense que nous devons soutenir au maximum ces gens qui se battent pour préserver la nature et aussi un mode vie qui justement est respectueux de cette nature.

J'ai article de libération qui parle de résistance radicale et violente. http://www.liberation.fr/depeches/2012/10/30/notre-dame-des-landes-nouvelle-operation-d-evacuation_856949
Le problème, c'est que quand on veut te virer de ta maison, forcément tu deviens radical. Quand à la violence, on ne parle pas bien de la violence de voir détruire un lieu de vie devant ses yeux.  :fache: :fache: :fache:
Qu'on ne me dis plus jamais que le PS est du côté du peuple.  :rougefache:

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Re : Les casseroles du gouvernement
« Réponse #2 le: 06 novembre 2012 à 18:41:48 »
allez on nous ressort le vilain d’ultra gauche :pascontent1: :pascontent1:, besson, guéant, sarko vous manquaient valls fait aussi bien :fache13:


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A Notre-Dame-des-Landes, Valls en plein fantasme de l’ultra gauche

Par un de ces curieux télescopages dont l’actualité a le secret, voilà que la fameuse ultra gauche resurgit sous le feu des projecteurs. L’ultra gauche vous savez, c’est ce fantasme que tout bon ministre de l’intérieur qui se respecte se doit d ‘agiter sous le nez de la population pour justifier qui, des nouvelles mesures sécuritaires, qui, des arrestations arbitraires, qui, des répressions sans fondement.

Un fantasme qui a atteint son pic en 2008 avec l’affaire dite de Tarnac, affaire qui ne cesse de se dégonfler jour après jour et qui se révèle être une immense manipulation d’état fabriquée de toutes pièces par Sarkozy et sa bande de pieds nickelés.

Or, au moment où l’on apprend ce mardi 6 novembre que « La justice a ordonné fin octobre l’audition des policiers ayant participé à la surveillance des membres du groupe de Tarnac soupçonnés d’avoir saboté des lignes TGV en 2008 en Seine-et-Marne« , voilà que Manuel Valls, jamais avare de surenchère sécuritaire, nous refait le coup de la menace anarcho-autonome-ultra gauchiste. Attention, tremblez braves gens, la France est en danger, des hordes libertaires s’apprêtent à mettre vos villes et vos villages à feu et à sang.
Justification du déchainement de violence militaro-policière

Donc que dit Manuel Valls ? Lors d’une conférence de presse tenue lundi 5 novembre après une réunion ministérielle sur l’organisation internationale de la police, celui-ci annonce tranquillement à des journalistes qu’il existe des « processus de radicalisation dans de nombreux pays » mais en France, il a pris « des proportions inquiétantes » . Et parmi ces processus de radicalisation, l’ultra gauche occupe donc une place de choix, nécessitant une coopération policière internationale pour faire face « aux formes de violence provenant de l’ultra-gauche, de mouvements d’anarchistes ou d’autonomes« . Et Valls de préciser sa pensée en citant « des groupes violents gravitant autour de projets comme la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin ou l’aéroport de Notre Dame des Landes en France« .

Nous y voilà…. Notre-Dame-des-Landes donc. Pendant que l’ineffable duo Hollande-Ayrault – qui a oublié en cours de route ce que le mot gauche signifiait – a décidé d’envoyer l’armée et la police déloger les opposants au projet d’aéroport, Valls lui, s’empresse de désigner à la vindicte populaire ces vilains fauteurs de trouble dont le seul tort est de vouloir préserver leur lieu de vie. Et au passage, justifie donc le déchainement de violence qui s’est abattu sur ces femmes, hommes, jeunes ou âgées, avec un acharnement qu’Hortefeux ou Guéant ont dû apprécier à leur juste valeur. Une justification qui tient donc un mot : l’ultra gauche. Pas de quartiers, sus à l’anarchie, à mort les libertaires !
Valls, triste clone d’Eric Besson

Désormais, vous, manifestants et opposants  souhaitant soutenir la résistance à Notre-Dame-des-Landes ou à tous ces grands projets inutiles que sont les lignes LGV Lyon-Turin par exemple, le délirant grand stade de Lyon plus connu sous le nom d’ OL Land ou encore le pharaonesque projet de hyper centre commercial du triangle de Gonesse, sachez le, en tant qu’anarchistes, l’Etat ne vous lâchera pas ! Tel est le message délivré par Manuel Valls, triste clone d’Eric Besson, dont les propos, adoubés par Hollande et Ayrault, font craindre le pire en matière de répression.

Une chose est certaine, face à la mobilisation que ne cesse de grandir pour dénoncer les exactions militaro-policières à Notre-Dame des-Landes, ce pseudo gouvernement de gauche a trouvé la parade ultime : faire passer un mouvement de contestation pour un rassemblement de dangereux terroristes. Il faudra s’en souvenir au bon moment…

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Re : Les casseroles du gouvernement
« Réponse #3 le: 07 novembre 2012 à 10:58:48 »
Ah oui l'ultra gauche, ça nous manquait déjà...  :diable:

Donc, la petite mamie qui a vécu là depuis 50 ans et qui ne veut pas partir, c'est l'ultra-gauche...  :diable: Sûr qu'elle se transforme en chauve-souris la nuit pour souffler sur les CRS et militaire "I'm batmamie"  :mdr1: :mdr1: :mdr1: :diable:

Et comme dit la personne à côté de moi "les groupes violents qui gravitent autour du projet, c'est les CRS et les militaires ??"  :diable: :diable:

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Re : Les casseroles du gouvernement
« Réponse #4 le: 09 novembre 2012 à 11:16:31 »
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Le rapport Gallois fait douter Placé sur la place des Verts au gouvernement

Après le psychodrame sur le nucléaire, c'est au tour du rapport Gallois de semer le trouble entre les Verts et le gouvernement. Jean-Vincent Placé, d'EELV, a d'ailleurs assuré que le parti écologiste se posait la question de la place des Verts dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
Sur le même sujet

"Depuis le virage post-rapport Gallois et les annonces très en faveur des entreprises sans contreparties et sans conversion écologique, je suis moi-même de plus en plus perplexe quant à cette participation gouvernementale", signe Jean-Vincent Placé, le président du groupe écologiste au Sénat, sur Radio Classique. Après la crise au long cours sur le nucléaire, c'est donc au tour du rapport Gallois de semer la zizanie dans la majorité. Le même jour, François Hollande a d'ailleurs jugé "possible" un départ d'EELV du gouvernement dans un entretien à Marianne. Avant d'affirmer qu'il "ne le souhaite pas".

Se désolidariser sans quitter le gouvernement

Pour Jean-Vincent-Placé, "la question se pose". Mais, comme pour éviter toute rumeur à ce sujet, il temporise: "Heureusement que nos ministres (écologistes, Ndlr) sont bons et qu'ils font le boulot. Parce qu'il est vrai que la tournure et le virage, quelque part sinon idéologique, du moins d'une politique économique, fait depuis trois jours, nous laissent très perplexes." Ce qui évite de mettre ses collègues dans l'embarras.

D'ailleurs, l'écologiste n'a pas manqué de ménager la place de Cécile Duflot au sein de l'équipe de Jean-Marc Ayrault. Interrogé sur ce que pensait la ministre du Logement de ce virage, Jean-Vincent Placé a expliqué qu'elle était "tenue à un devoir de réserve" mais qu'elle était "très solidaire" du gouvernement.

Crispations au sein de la majorité

Ce coup de semonce de la part du sénateur intervient au moment où le gouvernement est confronté également aux crispations croissantes en provenance du Front de Gauche, qui se sont traduites notamment par le rejet récent au Sénat de deux textes importants sur l'énergie et la programmation budgétaire par les sénateurs communistes.


http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20121109trib000729985/le-rapport-gallois-fait-douter-place-sur-la-place-des-verts-au-gouvernement.html

Comme dirait le $arkoïde Valls, le gouvernement, tu l'aimes ou tu le quittes...  :mrgreen:
Eh bien chiche!  :fache1:
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Re : Les casseroles du gouvernement
« Réponse #5 le: 09 novembre 2012 à 11:51:48 »
il n'y a surement que madame duflot qui n'a pas de scrupule, elle ne compte pas s'en aller, je trouve aussi que les verts devraient s'en aller, ils sont la caution écolo du gouvernement au même titre que les pseudo de gauche que sarkozy s'était payé.

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Re : Les casseroles du gouvernement
« Réponse #6 le: 09 novembre 2012 à 18:53:55 »
Pas au même titre, Raja, puisqu'il y avait un accord entre PS et EELV. Et puis, les occasions sont si rares pour les écolos de faire leurs preuves qu'ils essayent d'avoir le temps au moins de montrer leurs capacités. Viendra bien le moment, pourtant, si ça continue ainsi, de claquer la porte...  'X
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Re : Les casseroles du gouvernement
« Réponse #7 le: 20 novembre 2012 à 13:42:12 »
Ce projet d'aéroport sera-t'il la première casserole de la batterie à venir ?
Quoiqu'il en soit, il offre à Manuel "je regrette de pas m'excuser" Valls l'occasion de jouer les gros bras à peu de frais.

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N.-D.-des Landes. Le rappel à l'ordre de Manuel Valls


Après la manifestation de ce week-end et le début de réoccupation du site de Notre-Dame-des- Landes (44), le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, adresse un message ferme aux opposants au futur aéroport.

La «détermination du gouvernement» à porter le projet du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes et à «faire respecter la loi» est «totale», a affirmé le ministre de l'Intérieur,Manuel Valls, hier, lors d’un déplacement à Saint-Nazaire. «Nous respectons, évidemment, toutes les oppositions,le droit de manifester, d'aller jusqu'au bout des procédures juridiques», a-t-il poursuivi. «Mais il y a un projet d'intérêt régional et d'intérêt national. Donc,il faut que chacun sache que la détermination du gouvernement (...) est totale. La France a besoin de préparer son avenir sur le plan économique et sur le plan industriel:nous avons besoin de progrès,de croissance, notamment en nous appuyant sur la dynamique de nos régions». (...)

Article complet
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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #8 le: 20 novembre 2012 à 18:53:30 »
En ce qui concerne les problèmes de l'écologie, la plupart des socialos n'ont rien compris et sont incapables de voir autre chose dans leur alliance avec les écolos qu'un jeu de stratégie.

Enferre-toi, p'tit père! On y verra plus clair... T'iras chercher des votes chez Le Pen!  :X:
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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #9 le: 21 novembre 2012 à 13:21:55 »
Valls se moque du monde, ce n'est qu'un moyen de faire gagner de l'argent à Vinci, il y a déjà un aéroport pourquoi ne pas le moderniser et l'améliorer, pourquoi vouloir absolument en construire un autre si ce n'est pour gagner du fric. tresfache

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #10 le: 21 novembre 2012 à 14:14:39 »
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il y a déjà un aéroport pourquoi ne pas le moderniser et l'améliorer, pourquoi vouloir absolument en construire un autre si ce n'est pour gagner du fric.

Argument des pro-aéroport :pour diminuer les nuisances et désengorger le trafic de l'ancien aéroport.
Contre- argument des anti aéroport: mais le trafic d'avion ne cesse de baisser.

voilà pourquoi il ne veulent pas améliorer l'autre aéroport : :pausecaffé:

bon ,effectivement c'est pour le fric!

Nous les fainéants, nous les cyniques, nous les extrêmes,
Foutons le bordel !

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #11 le: 21 novembre 2012 à 14:42:25 »
Je pense que les médias prennent bien garde à n'évoquer cette affaire que sous l'angle écologique pour ses détracteurs, économique pour ses défenseurs.
Hors, je crois effectivement que le premier problème dans cette affaire est qu'elle démontre que le principe scandaleux du PPP continue d'être défendu par la classe politique, malgré le fait d'avoir largement démontré à quel point il était contraire à l'intérêt général. Il s'agit une fois encore de dépenser de l'argent publique pour faire gagner du fric à un ou plusieurs grands groupes privés. Et rien que pour cela, les gens doivent s'intéresser à ce qui se passe là-bas, qu'ils soient de la région nantaise ou non.
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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #12 le: 21 novembre 2012 à 15:32:03 »
Un excellent article de despasperdus qui résume bien les choses à ce sujet.

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Dans son discours de clôture du congrès du PS, Harlem Désir ne croyait pas si bien dire :

    "« Les socialistes ne croient pas à la décroissance, ils croient au progrès social et écologique !»"

Si l'orateur s'était un peu documenté, s'il avait produit un tout petit - ne soyons pas trop exigeants - effort intellectuel, il saurait justement que la décroissance est la seule voie, le seul moyen pour préserver des ressources naturelles limitées tout en assurant de façon pérenne le progrès social.

Cette phrase stéréotypée, pleine de bêtise et d'ignorance, du 1er secrétaire du PS permet de comprendre les "événements" de Notre Dame des Landes où le gouvernement Ayrault défend manu militari, avec l'emploi d'hélicoptères et de centaines gendarmes et CRS, les intérêts de la multinationale Vinci. Étrangement, les médias d'État et les chaines privées font preuve d'une très grande discrétion, probablement pour éviter tout malentendu avec l'un de leurs grands pourvoyeurs d'argent frais via la publicité...

Les expulsions musclées à Notre Dame des Landes contre des militants pacifiques, non violents et respectueux des lois de la République, permettent de mesurer l'évolution du parti socialiste qui, finalement au pouvoir, use des mêmes méthodes que les défunts partis gaulliste et UDF !

Aussi, la comparaison Larzac - Notre Dame des landes n'est pas infondée parce que sont présents les mêmes éléments :

    le mépris de la technocratie envers le monde rural,

    l'aveuglement de l'État,

    le déni de démocratie,

    les coups bas du pouvoir en place,

    l'emploi de la force.

Et, face à la raison et à la violence d'État, la population se mobilise et résiste, une solidarité locale et nationale se fait jour contre une décision unilatérale, aberrante et arbitraire.

L'aéroport de Notre Dame des Landes est un projet de l'ère du capitalisme productiviste et gaspilleur des années 60. Aujourd'hui, ses promoteurs l'ont juste repeint en vert. Ils affirment qu'il sera ECOLOGIQUE :

    "«Le béton armé des pistes et des bâtiments et le kérozène des avions seront écologiques ! Soyez tranquilles, les toits végétalisés de Vinci seront encore plus écolo que les zones humides, essentielles à la biodiversité et à la régulation des écosystèmes. Puisque les technocrates compétents le certifient, bandes de gueux ! »"

L'aéroport de Notre Dame des landes est un projet pharaonique et archaïque, soutenu par des barons locaux atteints de mégalomanie, dont l'actuel Premier ministre, qui ne correspond plus au mode de développement des temps présents et futurs comme le rappelle Patrick Warin, l'ancien Directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations :

    "« qui peut croire que les opérateurs aériens vont implanter dans le Grand Ouest des infrastructures aéroportuaires renforcées et surdimensionnées, au moment où nous atteignons le pic de l’énergie fossile et alors que leur modèle économique est de ramener les passagers vers quelques hubs majeurs soit par des avions qui rallient Nantes à Orly, ou Charles De Gaulle, ou Francfort ou Londres, ou Amsterdam ou Madrid…. ? »"

Un projet d'autant plus aberrant au plan économique que Nantes possède déjà un aéroport international qui d'ailleurs est sous-utilisé. Et qu'à une demie heure de TGV, il y a celui d'Angers, lui aussi international et sous-utilisé !


La suite est sur le site. Mais vous notez qu'il y a, tout près, non pas un, mais DEUX aéroports internationaux qui ne fonctionnement pas à plein régime. Donc saccager des milliers d'hectares de nature pour faire un aéroport qui n'est pas utile, n'a aucun intérêt.  :merci: :merci:

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #13 le: 23 novembre 2012 à 11:19:39 »
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Notre-Dame-des-Landes : une opération d'évacuation de squatteurs opposants est en cours

Quelque 500 gendarmes menaient vendredi matin depuis l'aube une "importante opération" d'évacuation de squatteurs opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, a annoncé le ministère de l'intérieur. Selon un opposant joint au téléphone, "ça attaque de partout".

"Une importante opération est actuellement menée en plusieurs points sur la zone d'implantation de l'aéroport du grand-ouest à Notre-dame des Landes en Loire-Atlantique", a déclaré le porte-parole du ministère de l'intérieur, Pierre-Henry Brandet, présent sur place. "Cette opération vise à évacuer trois sites occupés illégalement : le Rosier, la Lande de Rohanne et la Châtaigneraie", a-t-il détaillé.

"Cette opération consiste à empêcher la reconstitution d'un camp retranché. Il s'agissait de ne pas laisser fortifier ce genre de camp", a déclaré le préfet, Christian de Lavernée.

"QUARANTE MINUTES POUR PARTIR"

Les forces de l'ordre "sont partout au niveau du Rosier, où ils ont dit aux gens qu'ils avaient quarante minutes pour partir", a expliqué Christelle, une opposante habitant la "zone d'aménagement différé" (ZAD) de l'aéroport. "Mais ils sont aussi au niveau des nouvelles constructions, où pourtant ils auraient dû faire une procédure juridique avant d'intervenir car elles n'étaient pas sur une parcelle expulsable", a-t-elle assuré.

"On a tous été pris par surprise", a témoigné Jérôme, un autre occupant de la ZAD, affirmant que les gendarmes étaient intervenus dès le début avec des lacrymogènes au pied des cabanes construites dans les arbres de la forêt. "Mais il y a encore beaucoup de gens dans les arbres, ils (les gendarmes) vont devoir intervenir en hauteur", a ajouté Jérôme.

Depuis des mois, des opposants au projet se sont installés sur le site du futur aéroport, déterminés à y rester. La ferme du Rosier est entourée d'importantes barricades et de tracteurs massés autour. La Châtaignerie et la Lande de Rohanne sont les lieux où les opposants avaient collectivement construit de nouvelles habitations le 17 novembre lors d'une réunion ayant réuni entre 13 500 (selon la police) et 40 000 manifestants selon les organisateurs.

Portfolio : Notre-Dame-des-Landes transformée en forêt de Sherwood le temps d'une journée

"FAIRE RESPECTER LA LOI"

"Plus de 500 gendarmes sont ainsi mobilisés afin de permettre à Aéroport du Grand-Ouest de prendre ou reprendre possession des lieux et d'engager immédiatement des travaux de 'déconstruction'" des squats, "partout où cela sera légalement possible", a indiqué Pierre-Henry Brandet. Il a également expliqué que serait menée "la saisie et l'évacuation des matériaux, outils et matériels de chantier".

Le porte-parole a insisté sur "la détermination du ministère de l'intérieur de faire respecter la loi et les décisions de justice, de prévenir les troubles à l'ordre public, et d'empêcher l'installation d'un camp pouvant servir de base de soutien aux opposants les plus radicaux, pour mener des actes de sabotage et des actions violentes sur le chantier de l'aéroport". L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit remplacer celui de Nantes en 2017 et les premiers défrichements doivent débuter en janvier 2013.

Lire : Notre-Dame-des-Landes : la "détermination du gouvernement" est "totale", déclare Valls

JOSÉ BOVÉ APPELLE À LA MOBILISATION

"On ne peut être qu'à la fois accablé et révolté par l'attitude du gouvernement, parce qu'il répond par la force" après une manifestation "qui a rassemblé 40 000 personnes pacifiques non violentes", a réagi le député écologiste Noël Mamère sur l'antenne de BFM-TV.

Quelques heures après le début de l'opération, José Bové a, lui, réclamé à l'Etat la mise en place d'une médiation : "J'appelle à la mobilisation et je relance un appel solennel au président de la République, M. François Hollande, pour qu'on mette en place une médiation pour remettre l'ensemble du dossier à plat". "On appelle les gens à se mobiliser à la fois à Notre-Dame-des-Landes et aussi partout en France où c'est possible", a ajouté le militant écologiste depuis le plateau du Larzac.

Le porte-parole national d'Europe Ecologie-Les Verts, Jean-Philippe Magnen, a jugé vendredi "désolant" le recours aux forces de l'ordre pour évacuer les squatteurs. "C'est la réponse à la mobilisation citoyenne de samedi dernier. M. Hollande a invoqué la force du droit mais c'est la force qui répond", a-t-il estimé.

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #14 le: 25 novembre 2012 à 13:37:50 »
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Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement met en place une "commission de dialogue"

Volonté d'apaisement ? Le gouvernement annonce la mise en place d'une "commission de dialogue", après une nouvelle journée de heurts entre forces de l'ordre et opposants au projet d'aéroport. "Pas de dialogue sans le retrait des forces de police", rétorquent les manifestants.

Nouvelle tentative d'apaisement du gouvernement ? Matignon annonce ce samedi soir la mise en place d'"une commission de dialogue" autour du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes, pour "exposer" le projet et "entendre toutes les parties prenantes", dit-il. Réponse des manifestants : "La proposition de Jean-Marc Ayrault vient un peu tard, a déclaré Julien Durand, porte-parole de la principale association d'opposants, l'Acipa. Nous voulons le retrait total des forces de police du secteur. C'est la première condition pour qu'on puisse réfléchir à un dialogue avec le gouvernement".

C'est pourtant le deuxième pas de la journée. Dans un communiqué commun déjà, les trois ministres de l'Agriculture, de l'Écologie et des Transports ont confirmé la nécessité de poursuivre le projet d'aéroport, tout en annonçant le renforcement des procédures en faveur de l'environnement.

    "Pas de défrichement à Notre-Dame-des-Landes avant six mois"

Cela signifie la création d'un "comité scientifique composé avec toutes les garanties d'indépendance et de transparence, et présidé par un expert scientifique". Comité chargé de protéger la biodiversité et les zones humides dans le cadre de la loi sur l'eau et de donner sa validation au projet. Concrètement, cela signifie surtout que les tout premiers travaux qui devaient débuter en janvier sont repoussés. "Il n'y aura pas de défrichement à Notre-Dame-des-Landes avant six mois", précise l'entourage de Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture.

Les ministres se sont engagés aussi dans leur communiqué à préserver les terres agricoles dans ce projet. En créant là encore une mission censée "identifier localement les moyens de minimiser l'impact du chantier sur les surfaces agricoles". Ils affirment en outre que les 250 hectares de terres qui doivent être "artificialisés" pour construire les pistes, seront compensées par la mise à disposition de friches agricoles disponibles.

Le premier communiqué en tout cas n'avait pas convaincu sur le terrain. Quelques heures après sa publication, la tension semble être au contraire encore monté d'un cran. Des incidents ont éclaté devant la préfecture à Nantes, à 35 km du site de Notre-Dame-des-Landes, où les milliers d'opposants à l'aéroport ont convergé en fin d'après-midi. Les CRS ont déployé des lances à eau pour disperser la foule. Foule de 8.000 personnes, selon les organisateurs.

Toute la journée déjà, les gendarmes ont tenté de déloger les derniers squatteurs de la zone, avec force grenades lacrymogènes ou assourdissantes, contre les cailloux, bouteilles fusées de détresse et coktails Molotov des manifestants.

Selon le bilan de la préfecture de Loire-Atlantique, au moins quatre opposants ont été blessées, mais aussi deux gendarmes et un CRS dans la soirée qui a reçu un pavé dans la mâchoire. Huit personnes ont été interpellées. 


 

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #15 le: 25 novembre 2012 à 17:21:24 »
Par souci d'ouverture, le gouvernement songe à confier les rênes de cette commission de dialogue à Alain Juppé. 

Source
« Modifié: 25 novembre 2012 à 17:27:02 par timbur »
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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #16 le: 26 novembre 2012 à 11:46:28 »
t'es bête :hehe: :hehe: :hehe:

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #17 le: 26 novembre 2012 à 22:40:15 »
Arrête! J'ai cru que c'était vrai...  :mrgreen:
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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #18 le: 27 novembre 2012 à 12:04:39 »
Cette histoire d'aeroport est une honte. Marre de l'obstination du maire de nantes qui apparemment est plus maire que ministre.

Un excellent article de pierre deruelle que je vous engage a aller lire sur le site et qui devoile les sympathiques dessous de l'affaire...  :rougefache: :rougefache: :rougefache:

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Bon, c’en est assez. Moi ça me fait peine. Beaucoup trop de contre-vérités sont énoncées quotidiennement sur l’affaire de l’Aéroport Grand-Ouest, outrageusement raccourci en NDDL par les supporters de la bande de squatteurs basanés polygames crypto-anarchistes néo-staliniens qui ne se lavent même pas tous les jours. Il est peut-être temps de prendre UN PEU de hauteur, de dépassionner le débat, et de ramener UN PEU de sérieux sur ce sujet de haute voltige.

Un peu d’histoire(s)

Le site de Notre-Dame-Des-Landes fut choisi en 1967 (selon les normes européennes environnementales et de préservation de la biodiversité qui devaient à l’époque déjà probablement être les mêmes qu’aujourd’hui) par le Service technique des bases aériennes, puis validé en 1970 par le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) pour remplacer “Nantes Atlantique” existant déjà à l’époque, notamment pour y développer le fret, et aussi un peu pour pouvoir accueillir fièrement le tout nouveau Concorde. Mais si, vous savez, cet avion qui a eu un petit souci le 25 juillet 2000, tuant 113 personnes, et qui ressemblait à un burn-out de cigogne sous extasy avec une paire de Ray-Ban.

S’il semble aujourd’hui – mais je m’avance peut-être un peu  – que le projet n’accueillera finalement pas le Concorde, dès mai 1967, les autochtones les plus civilisés pouvaient déchiffrer dans la presse locale avec leurs quelques rudiments de langue française que “La métropole Nantes – Saint Nazaire pourrait devenir le Rotterdam aérien de l’Europe par la création d’un aéroport international de fret au nord de la Loire”. Les hommes politiques et leurs experts avaient parlé. Et tout le monde sait ça, ils tiennent toujours leurs promesses.

En 1971, une vague histoire de choc pétrolier mit semble-t-il un peu de sable d’embargo de pays arabes de l’OPEP dans le moteur du projet de nouvel Aéroport à Notre-Dame-Des-Landes. Mais aujourd’hui, comme ces problèmes de pétrole sont définitivement derrière nous, ne vous inquiétez pas, l’histoire peut reprendre son cours.

Après quelques années de trafic stagnant, dans les années 80 la CCI qui gérait Nantes Atlantique posa la question totalement saugrenue de construire une nouvelle piste perpendiculaire à l’existante, qui eût permis aux avions de ne plus survoler Nantes. C’était sans compter sur l’avis du Conseil général de l’époque qui considéra qu’importaient peu trajectoires rectilignes, sens des vents dominants, et beaucoup moins de nuisances sonores sur la population : “Faisons au plus simple, de toutes façons, après, il y aura Notre-Dame-des-Landes”.

La solution retenue par les experts fut donc de prolonger la piste existante, très mal orientée selon les pilotes et par voie de conséquence selon les riverains qui ne comprennent décidément rien aux expertises des experts agréées par des hommes politiques experts dans l’art d’agréer les experts des expertises.

Les mêmes experts de prévisions de trafic de l’époque annonçaient donc entre 5 et 9 millions de passagers pour l’an 2000, et puisqu’ils ne se trompent jamais comme vous l’avez compris, l’aéroport de Nantes Atlantique en accueille aujourd’hui 3,2 millions par an.

Heureusement, en 2000, sous le gouvernement Jospin, parce qu’on peut être de gauche et moderne, le projet ressortit enfin des cartons.

Mieux qu’un aéroport de fret, un aéroport international ! Il remplacerait  l’existant, dont le fonctionnement serait cependant maintenu partiellement pour l’usine d’Airbus voisine, qui expédie ses pièces détachées par avion mais, heureusement pour les riverains, ne fait jamais décoller les siens. Quel rêve merveilleux pour les hommes politiques locaux de s’imaginer accueillir à bras fiscaux ouverts les hommes d’affaires du monde entier apportant la croissance et la mondialisation dans leurs valises en descendant de gros aéronefs sur deux pistes neuves ! Et quel argumentaire économique merveilleux pour un programme de réélection à un mandat local ! Faire décoller et atterrir des avions c’est un peu magique non, vous ne trouvez-pas ?
L’actuel aéroport de Nantes Atlantique

La France compte plus de 156 aéroports (475 en comptant les aérodromes), contre 45 en Allemagne(102 avec les aérodromes) et 160 en Grande-Bretagne (357 avec les aérodromes) [NDLR chiffre corrigé, merci aux lecteurs]. S’il faut bien qu’on les batte sur quelque chose, c’est fait.

L’aéroport actuel de Nantes Atlantique s’étend sur 320 hectares. Sa piste mesure 2 900 mètres par 45 mètres, et a été bétonnée en 1939, parce que l’herbe, c’est quand même plus pratique pour jouer au golf que pour faire atterrir mamie qui rentre des Seychelles. Cette piste permettrait d’absorber 35 avions par heure, même s’il n’y en a que 10 à 12 actuellement, mais c’est un argument de gauchiste en tongs pas rasé.

Le décret n° 2001-705 du 31/07/2001 a inscrit l’aéroport de Nantes Atlantique parmi ceux sur lesquels l’Autorité de Contrôle des Nuisances Sonores Aéroportuaires (ACNUSA) a des compétences élargies (10 aéroports en France). Traduction : il casse les oreilles de 42 000 personnes, mais comme le nouvel aéroport est en projet, on ne va surtout pas construire une nouvelle piste orientée correctement, ni même régler les questions de gestion du trafic aérien.

Forcément, il a toujours un collectif de crypto-anarchistes pilotes de lignes doutant de la pertinence du projet de Notre-Dame-des-Landes pour affirmer que “30 % des avions qui survolent le centre-ville pourraient l’éviter en passant par le sud de l’agglomération”. Comment croire Thierry Masson, cet officier-pilote de ligne de 50 ans basé à Nantes qui a tout du conspirationniste notoire quand il déclare : “Deux tiers du trafic transitent par le sud-est de l’agglomération. J’aimerais bien savoir pourquoi, en arrivant de Limoges, de Poitiers ou de Bordeaux, il faut faire un détour par le nord-est de l’agglomération et survoler le centre de Nantes.”

Par sa superficie, Nantes Atlantique a déjà la dimension d’un aéroport international.

En 2011, pour 60 800 mouvements (les décollages/atterrissages sont un peu les pompes/abdos du contrôleur aérien) l’aéroport à reçu 3,2 millions de passagers.

Sa surface est moitié de celle de l’aéroport Gatwick à Londres, qui, par comparaison, assure 280 000 mouvements par an et reçoit 31 millions de passagers, et quasi-égale à celle de l’aéroport de San Diego, en Californie (USA) qui voit passer annuellement 223 000 mouvements et achemine 17 millions de passagers. L’aéroport de Genève, qui ne possède qu’une seule piste, accueille 10 millions de passagers par an, 170 000 mouvements d’avions, et occupe 340 hectares.

En fait, ce qui sature un aéroport ce n’est pas le nombre de passagers mais bien évidemment le nombre de décollages/atterrissages, et sur ce point Nantes Atlantique est passé de 54 858 mouvements en 2007 à 60 800 mouvements en 2011. En suivant cette courbe, Nantes Atlantique devrait atteindre les 200 000 mouvements en 2750 après la troisième apocalypse, quand Nantes sera devenue la capitale du monde.

Du coup, Nantes Atlantique a reçu le trophée ERA Award 2011-2012 du meilleur aéroport européen, ce qui est donc une excellente raison pour en construire un nouveau.

LA SUITE ICI


Je vous engage vivement a lire la suite, ou comment tout ca n'est qu'un vaste plan de donner plein de fric a vinci par le truchement de l'Etat et des colllectivites locales. Ou on commence a se demander quels sont les interets caches de certaines personnes a favoriser outrageusement vinci...

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #19 le: 27 novembre 2012 à 19:22:36 »
Merci, Val. Article édifiant.  :merci:
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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #20 le: 28 novembre 2012 à 11:47:14 »
c'est tellement flagrant qu'ils arrêtent d efaire croire que c'est pour la region, faut pas se leurrer la plupart des aéroports fonctionnent modérément sauf ceux des grandes villes comme paris ou Marseille Provence. :fache1:

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #21 le: 30 novembre 2012 à 20:26:53 »
avec une carte ça étaye un peu mon propos ci dessus


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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #22 le: 02 décembre 2012 à 12:18:51 »
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Notre-Dame-des-Landes : le "kyste" de Valls se révèle contagieux

La dernière opération d'expulsion sur le site du projet d'aéroport en Loire-Atlantique a soudé un peu plus les opposants.

Pour Manuel Valls, l’assaut musclé lancé en fin de semaine dernière par les gardes mobiles pour évacuer la zone du projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes devait permettre de retirer "un kyste". L’opération n’aura finalement abouti qu’à étendre la plaque et provoquer des contagions. Dès 9 heures samedi 1er décembre, voitures, camionnettes, cyclistes, marcheurs convergent vers le petit bourg de Loire-Atlantique.

Au local de l’accueil organisé par l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport), tous demandent la direction de la Zad, joli nom offert par les spécialistes de l’aménagement du territoire à ces 2.000 hectares de bocages en zone humide menacés par le projet. La "zone d’aménagement différé" est devenue la "zone à défendre" et ses occupants, les "Zadistes". Encore que sur place, certains occupants de l’emblématique Vache Rit, comme le surnommé Pétof, préfèrent parler de "Zadoux" et de "Zadouces" : "Même si cela énerve les filles, c'est tellement plus poétique".
Vivres, matériel et courrier affluent

Pour accéder à la Zad, il suffit de prendre la direction de Vigneux-de-Bretagne. Ensuite, c’est le camion de gendarmerie qui indique l’entrée. Les automobilistes proposent aux piétons de les embarquer. Les véhicules sont souvent chargés de victuailles, de vêtements chauds et de matériel de construction. Au local du village, on en profite aussi pour charger ce qui vient d'être déposé. Un habitant de Notre-Dame chargé de l’accueil arrive avec le courrier du jour, des dizaines de lettres contenant des dons, des cartes postales de soutien arrivées des quatre coins de la France : "Et c’est comme ça tous les jours".

Depuis la dernière "attaque", en semaine, ce sont désormais entre 300 et 400 personnes qui occupent la Zad. Et ce samedi, ils sont sans doute le double. Libres le week-end, les soutiens affluent. Beaucoup viennent pour la première fois, interpellés, choqués, par ce qu’ils considèrent comme de "la répression à la sauce socialiste".
La tache d'huile dans les esprits

Le "kyste" s’étend à tous les niveaux. Lors de sa réunion vendredi soir, l’Acipa a commencé à comptabiliser les comités de soutien qui se créent à travers toute la France : ils sont maintenant plus de 100. Et sur la Zad, de nouveaux arrivants viennent aussi pour dénoncer un "grand projet inutile" qui les menace, tel ce couple de Haute-Savoie remonté contre l’idée de ligne à haute vitesse reliant Lyon et Turin. L'idée de tâche d'huile mûrit dans les esprits. Un jeune d’homme de la région d’Avignon a pris un congé sans solde pour "apprendre" : il espère bien voir naître une Zad sur une zone de maraîchage menacée par un projet de bétonnage. Oui, le "kyste" est contagieux !

A la Vache Rit comme à la Rolandière, le réveil est difficile : il a encore gelé cette nuit. Le thermomètre est descendu jusqu’à -3°. Dans les voitures et les "combis" garés entre les deux lieux, des têtes émergent des sacs de couchage. Sous les tentes, on se déplie péniblement. Les chiens qui ont faim et les nouveaux arrivants font démarrer la journée. Toutes les cafetières sont lancées et déjà scies et marteaux se font entendre. Ce qui a été détruit se reconstruit.
Des motivations multiples

A la Châtaigneraie, les maisons sur pilotis sont déjà occupées. Leur construction a pourtant seulement débuté lors de la grande manifestation de réoccupation qui a rassemblé plus de 30.000 personnes samedi 17 novembre. Protégé d’un cercle formé par une quarantaine de tracteurs installés par les agriculteurs de la Confédération paysanne, le site a des allures de Village des irréductibles gaulois. Signe que les évacuations successives ont contribué à souder les opposants. Paysans, Zadistes, riverains, élus, visiteurs, tous sont désormais main dans la main. A Notre-Dame-des-Landes, "la convergence des luttes" reprend tout son sens. Impossible de réduire les opposants à un qualificatif. Ecologiste, décroissant, anarchiste, punk, éco-guerrier ? Personne ici n'est prêt à se laisser enfermer dans une case.

Ce groupe mouvant réunit des individus aux motivations multiples qui découvrent qu’ils partagent une expérience unique. Alors chacun consulte la liste des tâches du jour décidées collectivement la veille et chacun donne un coup de main. Un plancher pour la nouvelle cuisine, un transport de palettes pour une maison, une corvée de pluche ou de vaisselle pour ceux qui "oublient" de nettoyer leur bol. Sous un bienfaisant soleil, la vie redémarre sur la Zad ; la vie de ceux qui veulent vivre autrement, sans surproduction ni surconsommation. De ceux qui, comme Estelle, refusent de laisser "la terre vivrière et la nature disparaître pour un projet inutile et spéculatif".


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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #23 le: 02 décembre 2012 à 21:12:56 »
Va falloir qu'il s'occupe sérieusement de celui qu'il a au cerveau, le petit $arkozy de "gauche"...  :mrgreen:
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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #24 le: 04 décembre 2012 à 07:18:03 »
Oui. Voilà encore un de ces GPI, Grands Projets Inutiles (je dirais plutôt N, nuisibles, au lieu d'inutiles....), GPI qui mériteraient un fil à eux seuls - car vous remarquerez que la France est loin de faire exception, et que notamment l'Allemagne (Stuttgart 21, finalement imposé) et la Grande Bretagne (JO, bilan déficitaire) ont donné aussi, pour ne parler que de ces deux là. Vous aurez remarqué que, tant qu'on y est, le flan vient de présigner l'autre énorme GPI/GPN, tous à Turin, s'pas ? (comme si l'argument du ferroutage des camions ne pouvait pas être réutilisé sur quelque chose de moins violent). (PS : attention, le rail doit se "libérer" européennement  :( sous peu, ça fait qu'après avoir séparé en 2 entités la SNCF, en ruinant l'une par l'autre, on va les réunir de nouveau (c'est rien, ma grand-mère disait faire et défaire c'est toujours travailler...  :diable: ), et puis, devinez quel est l'écartement de rails qui va prévaloir ??? hein, hein ?).

Pour revenir au super-aéroport déglingueur, Mélenchon sur BFM télé dimanche soir avec Mazerolles (même cravate rouge, ça faisait fun... ::d ), s'est exprimé sur Notre Dame des Landes, en mêlant habilement un hommage aux journalistes, (alors qu'il venait d'en descendre une, que d'évidence il ne peut encaisser, en flammes), et des révélations (en tous cas pour moi) : l'a déclaré que personne ne parlait de NDdL (projet de 1964, ai-je appris) avant les 1ères récentes manifs, et que du coup les journalistes s'y sont intéressés et ont creusé le dossier, DECOUVRANT QUE LE PREFET QUI AVAIT SIGNE LES AUTORISATIONS ETAIT PASSE DERECHEF CHEZ VINCI, PRINCIPAL BENEFICIAIRE DES MARCHES.
J'ai trouvé ça bien plaisant.

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #25 le: 04 décembre 2012 à 14:23:40 »
Vivi tout à fait c'est dans l'article de pierre deruelle que j'ai posté plus haut, toutes les sympathiques connivences et marchés consentis à Vinci.  :fache: :fache:

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Re : Notre-Dame-des-landes et autres casseroles du gouvernement
« Réponse #26 le: 05 décembre 2012 à 13:15:18 »
il parait qu'il y a pas d'argent mais pour faire de la répression les millions on les trouve tresfache

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Notre-Dame-des-Landes. Un dispositif policier à plus d'1M€

Les forces de l'ordre peuvent-elles venir à bout des squatteurs de Notre-Dame- des-Landes(44) ? Gendarmes et policiers nous affirment que c'est quasiment... impossible. La mission coûte, en tout cas, très cher: selon nos informations, déjà plus d'1M€ pour les frais des seuls policiers.

Construction-démolition, évacuation-réoccupation... Les forces de l'ordre peuvent-elles reprendre le contrôle de Notre-Dame-des-Landes? Premier obstacle: la taille du site. Le terrain de construction du projet d'aéroport du Grand Ouest est aussi vaste que... l'île d'Ouessant. Son coeur, la «Zone d'aménagement différé», rebaptisée «Zone à défendre» par les opposants, représente l'équivalent de 1.147 terrains de football ou quatre îles de Bréhat, ou encore six principautés de Monaco! Cette zone boisée et boueuse est squattée en permanence par une centaine d'opposants très organisés. «Évacuer, c'est techniquement toujours possible, même sur une zone aussi importante et difficile. Il suffit juste d'y mettre les moyens», explique un officier supérieur de la gendarmerie, spécialiste du maintien de l'ordre.

Plus de 1.000 gendarmes et CRS

Question moyens, l'État fait les choses en grand. Actuellement, selon nos informations, quatre compagnies républicaines de sécurité (CRS), soit 320 hommes, sont déployées dans la seule région nantaise (Nantes ville et aéroport Nantes-Atlantique). «Plus de dix escadrons» de gendarmerie mobile, soit plus de 730 militaires, ont été engagés à et dans les environs de Notre-Dame-des-Landes. Mais pour les opérations coup de poing, comme lors des premières expulsions, en octobre dernier, le double de ces effectifs, soit au moins 2.200 hommes, sont déployés, affirme le principal syndicat de police, Unité SGP, majoritaire aussi chez les CRS. Selon ce syndicat, quatorze escadrons de gendarmes mobiles et quinze compagnies républicaines de sécurité ont été mobilisés à cette période-là sur la région nantaise. Le ministère de l'Intérieur, de son côté, reconnaît que «plus de 500 gendarmes mobiles et CRS ont pu participer simultanément aux opérations».

Hébergés à Vannes à Rennes et à Angers

Le gouvernement peut-il consentir un tel effort dans la durée? «La logistique a du mal à suivre, rapporte ThierryBoutier, délégué zonal Ouest du syndicat Unité SGP pour les CRS. Parfois mobilisées pour une ou deux journées, des compagnies ont dû être hébergées à Angers, à Vannes et à Rennes, faute de logement disponible dans la région nantaise. Cela fait des temps de déplacement supplémentaires et de la fatigue en plus. «Les relèves posent problème, surtout quand les renforts viennent de toute la France (Nice, Orléans, Pau et LaRochelle actuellement)».

«On n'en voit pas la fin»

Le syndicat déplore aussi «l'absence de visibilité et d'anticipation». «Nous sommes habitués à intervenir en urgence, mais ici, on n'est plus dans l'urgence. Cela fait déjà un mois et demi que ça dure et on n'en voit pas la fin. Et nous avons d'autres missions», explique le policier syndicaliste, évoquant, notamment, la mise en place des zones de sécurité prioritaire. «Il ne faudrait pas qu'il y ait d'autres gros événements de ce type en France ou des manifestations dans tout le pays, prévient un autre policier. Il n'est pas possible de tenir dans la durée et de fixer autant d'effectifs sur un seul site». C'est bien là le gros problème des forces de l'ordre. «Déloger, on peut faire. Mais tenir, c'est impossible. On ne peut pas empêcher les gens de revenir le lendemain ou la nuit», reconnaît un spécialiste du maintien de l'ordre. Le dispositif risque en tout cas de coûter une petite fortune à l'État et donc au contribuable. À titre indicatif, il y a trois ans, le député UMP Éric Ciotti estimait le coût de mobilisation d'un CRS (salaires, primes et heures supplémentaires) à 13.200€ par jour. Selon nos informations, depuis le 9octobre dernier, «plus d'un million d'euros» a été versé pour régler les seuls frais (hébergement, restauration, transport, indemnités de déplacement et heures supplémentaires) des CRS affectés à la mission «Notre-Dame-des-Landes». Cette somme n'intègre pas les salaires de ces fonctionnaires et ne prend pas en compte les frais des gendarmes mobiles, qui représentent au moins la moitié des effectifs mobilisés.

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #27 le: 13 décembre 2012 à 12:35:01 »
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Notre-Dame-des-Landes : la justice a ordonné l'expulsion des opposants

Confrontation entre CRS et opposants au projet d'aéroport, fin novembre.

Le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a ordonné mardi l'expulsion des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes occupant "sans droit ni titre" les cabanes construites sur la parcelle de la Châtaigne le 17 novembre, selon le texte de la décision obtenu mercredi par l'AFP.

Le préfet est autorisé par cette ordonnance à faire usage du "concours de la force publique" pour ces expulsions.

Après l'annonce, mardi matin, de la décision du tribunal de Saint-Nazaire d'autoriser la destruction des cabanes, construites sans permis, les opposants à l'aéroport avaient affirmé qu'une vingtaine d'entre eux ayant déclaré ce lieu comme domicile principal, la préfecture serait obligée d'entamer une nouvelle procédure judiciaire avant de pouvoir les expulser.

Dans un communiqué publié mercredi matin pour dénoncer des "actions violentes" des opposants à l'encontre des gendarmes, la préfecture de Loire-Atlantique estime que, cumulées à la décision du tribunal d'autoriser la destruction des cabanes, rendue publique mardi matin, "ces décisions disent l'Etat de droit." Les autorités précisent que les occupants n'ont plus de protection judiciaire.

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, prévoit que cette infrastructure soit achevée en 2017 pour remplacer l'actuel aéroport situé au sud de Nantes.


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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #28 le: 13 décembre 2012 à 19:53:07 »
Un gouvernement qui n'a pas d'autre moyen de convaincre que celui utilisé par la droite ne mérite pas d'être dit de gauche.

Rien de neuf, remarquez...  :grrr:
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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #29 le: 14 décembre 2012 à 08:01:13 »
Tu m'étonnes ! mais c'est une illusion ...la gauche "institutionnelle" et la matraque ont toujours existé ... derrière les rad soc : les entreprises privées et les financiers ...ce sont eux qui manient en réalité le bâton !
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #30 le: 14 décembre 2012 à 19:13:19 »
Parfaitement d'accord. Voilà qui en dit long sur cette gauche d'opérette à la solde des exploiteurs...
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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #31 le: 16 décembre 2012 à 14:36:26 »
Une initiative en Ardèche (de miens amis...)
Intéressante je trouve: la route depuis l'ardèche jusqu'à NDDL en vélo. Beaucoup de personnes se sont inscrites depuis le lancement de l'idée, ça fait un peu boule de neige... Les 100 premiers km seront faits avec les paysans du coin qui accompagnent les cyclistes. C'est bien...
Il en faudrait plus...

Je ne comprend pas pourquoi le gouvernement s'obstine sur ce dossier. Ça ne fait que cristalliser la colère. Et même s'ils gagnaient... même si: quoi? Eh bien les groupes de soutient s'en iraient sur une autre cause, renfoncés par cette expérience. L'escalade n'est pas très loin...

Mais je ne vois pas le gouvernement gagner.
La lutte va se durcir jusqu'à ce qu'il y ait des dizaines de morts, voilà tout. Et continuer jusqu'à ce que le gouvernement laisse tomber faute de ne plus pouvoir tenir la position en raison de la gravité de la chose.
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #32 le: 20 décembre 2012 à 14:51:27 »
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ND-des-Landes: une banderole de Greenpeace sur la pyramide du Louvre



Des militants de l'association environnementale Greenpeace ont déployé jeudi matin sur la grande pyramide du Louvre une banderole géante proclamant que la place du projet controversé d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes était "au musée".

"Aéroport Notre-Dame-des-Landes, sa place est au musée", pouvait-on lire sur cette banderole jaune triangulaire de 250 m2, déployée sur une des faces de la pyramide par deux militants alpinistes descendus du sommet du monument en rappel, a constaté l'AFP.

"Pour nous le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (au nord de Nantes, ndlr) est un projet qui vient du passé. C'est un projet inutile, l'héritage d'une vision de développement du XXe siècle", a déclaré à l'AFP Sébastien Blavier, chargé de campagne climat-énergie chez Greenpeace France.

Il est "important de montrer que l'opposition au projet est nationale", a-t-il ajouté, alors que la préfecture de Loire-Atlantique présente officiellement jeudi après-midi la commission de dialogue et ses membres lors d'une réunion du "comité de suivi de l'Etat" sur le projet.

Les premiers rendez-vous entre les différents acteurs de ce projet contesté et cette commission sont prévus à partir de vendredi mais l'Acipa, principale association d'opposants, a annoncé qu'elle n'irait pas.

"Au-delà de ce projet, c'est l'ensemble de la vision du gouvernement qui doit être remise en cause sur le développement à l'heure où il prétend engager la transition énergétique", estime Sébastien Blavier. Greenpeace rappelle que le soutien du président François Hollande et du gouvernement à ce projet est "un des éléments qui a fait" que l'ONG a décidé de boycotter le débat national sur la transition énergétique lancé fin novembre.

Vers 11H00, l'ensemble des militants ayant participé à l'action, une douzaine selon Greenpeace, ont été évacués dans un car de police, a indiqué l'ONG alors que la banderole était toujours en place.

L'accès au musée par la pyramide a été temporairement fermé pour raison de sécurité, a indiqué le musée, qui restait accessible via le pavillon Richelieu.


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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #33 le: 23 décembre 2012 à 14:52:41 »
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Notre-Dame-des-Landes : des opposants condamnés à de la prison ferme

Un an de prison, dont six mois fermes, pour violences à l’encontre des forces de l’ordre : c’est la peine dont a écopé un des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 20 décembre. Avec interdiction de séjourner en Loire-Atlantique pendant cinq ans. Depuis le déclenchement mi-octobre de l’opération policière César – qui prévoyait d’expulser en quelques jours les occupants installés sur la ZAD – c’est la troisième condamnation d’un opposant à de la prison ferme, assortie d’une interdiction de séjour.

D’autres opposants ont été condamnés à des peines de prison avec sursis ou des amendes. Comme l’agriculteur Sylvain Fresneau, président de l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Adeca), condamné à 800 euros d’amende pour « fait de violences contre les gendarmes avec usage ou menace d’une arme, en l’espèce un tracteur » ! Lors d’une manifestation contre les modalités des enquêtes publiques, il a fait reculer son tracteur avec remorque en direction d’un barrage de gendarmes.

« Quand la police n’est pas là, tout est calme »

Sur la ZAD, les tensions sont vives entre gendarmes et occupants. L’un d’entre eux a été grièvement blessé au pied le 16 décembre, par un tir de grenade assourdissante. Ces armes, censées être seulement défensives, ont déjà fait de nombreux blessés fin novembre. Les opposants — occupants, élus, membres de l’Acipa — demandent à nouveau le retrait des forces de police. « Il faut qu’ils partent tant que la commission du dialogue n’a pas statué », estime un opposant. « La grande manifestation du 17 novembre l’a prouvé : quand la police n’est pas là, tout est calme. »

Les forces de l’ordre « contrôlent certaines personnes seulement, de manière totalement arbitraire », décrit un militant de l’Acipa. « Ils se mettent sur les chemins encore praticables pour obliger les gens à passer dans l’eau et dans la boue. Et ils sont trop près de la Châtaigne (lieu d’occupation symbolique de la lutte depuis le 17 novembre). C’est insupportable pour les gens sur place. » Drôle de climat pour accueillir la commission du dialogue, présidée par Claude Chéreau, qui doit commencer ses auditions le 21 décembre.

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #34 le: 06 janvier 2013 à 12:17:53 »
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8 000 personnes à Notre-Dame-des-Landes pour des concerts de soutien

Quelque 8 000 personnes, selon les gendarmes, étaient rassemblées dans le calme samedi sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), où les opposants au projet organisaient des concerts de soutien à leur mouvement.

Le «Festizad», qui a commencé vendredi soir, prévoit une série de concerts de musique rap, reggae ou punk, échelonnés jusqu'à dimanche. Sur place, quatre chapiteaux, deux grands et deux moyens, ont été dressés vendredi, en dépit de leur interdiction par la préfecture de Loire-Atlantique.

Des barrages avaient également été installés vendredi sur les principales voies d’accès à la zone d’aménagement différé (ZAD) prévue pour la construction du futur aéroport nantais. Il s’agit de «garantir l’accès des secours», selon le directeur de cabinet du préfet de Loire-Atlantique, Patrick Lapouze.

Les opposants au projet avaient, eux, accusé la préfecture de mettre «en danger des milliers de personnes».

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #35 le: 07 janvier 2013 à 14:04:18 »
et c'est un pilote qui le dit...

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Notre-Dame-des-Landes : un pilote annonce un fiasco pour le futur aéroport

Thierry Masson, officier pilote de ligne, explique dans une lettre ouverte à François Hollande, les sérieux doutes de sa profession vis-à-vis des choix techniques et stratégiques du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce projet tel qu’il est pensé démontre une méconnaissance significative du fonctionnement d’un aéroport, estime-t-il, alors que toutes les compagnies aériennes européennes anticipent une baisse du trafic.

Lettre ouverte à François Hollande

Monsieur le Président,

Si je n’ai pas ordinairement vocation à m’inscrire dans une logique contestataire, et encore moins rétrograde, je souhaiterais vous faire part de mon étonnement lorsque nous parlons du transfert de l’aéroport nantais – qui fonctionne parfaitement – vers une future structure à Notre-Dame-des-Landes. Et ce dans le périmètre de mes compétences, fort de mon expertise technique d’officier pilote de ligne exerçant à ce jour depuis près de 25 ans à transporter des passagers, dont 10 années de Commandant de bord avec 18000 heures de vol, pour le compte de notre Compagnie nationale.

Ce projet est loin de garantir un niveau opérationnel, compte tenu de son architecture future déjà dépassée. Sa viabilité relève d’hypothèses hautes – qu’aucun organisme aussi sérieux que l’Organisation de l’aviation civile internationale ou l’Agence internationale du transport aérien n’aurait osé imaginer – sans prise en compte de la technicité et de la fragilité du modèle économique et industriel lié à la spécificité du transport aérien. Cependant, l’enquête conduisant à la déclaration d’utilité publique de février 2008 l’a validé.

Stabilité du nombre de vols

L’actuel aéroport de Nantes-Atlantique répond à la totalité des critères les plus stricts imposés à notre secteur d’activité. Sa croissance est certes constante, forte de ses 3,2 millions de passagers. Mais c’est en termes de mouvements d’avions que se calcule et s’anticipe avant tout le dynamisme d’une telle plateforme. A Nantes, il y a une quasi stabilité, avec environ 50 000 mouvements de vols commerciaux par an. L’augmentation du nombre de passagers revient à une meilleure performance grâce à l’optimisation du remplissage de chaque vol, où les compagnies aériennes assurent au jour le jour l’activité aéroportuaire avec un emport moyen ici de 75 passagers (quand la moyenne nationale est de 90).

Pour cette activité, il faut faire un distinguo entre les lignes régulières qui ont une croissance conforme aux performances des autres aéroports régionaux similaires de France ou des pays voisins, et les vols charters ou lowcost, uniquement liés à la saisonnalité de cette activité, qui « tirent » vers le haut l’activité de l’aéroport Nantes-Atlantique, une saisonnalité significative seulement 6 mois par an !

Par ailleurs, la sécurité de Nantes Atlantique correspond aux performances détaillées par des normes les plus strictes rédigées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (191 Etats membres, 1200 compagnies aériennes). Celles-ci, reprises en France par le ministère des Transports et la Direction générale de l’aviation civile, ont classé l’aéroport Nantes Atlantique en catégorie A. C’est-à-dire sans aucune particularité référencée de type environnemental, contrainte de survol en tous genres, obstacles, espaces à particularités type industriel, militaire ou zone à sensibilités remarquables.

Voici de quoi faire taire définitivement les détracteurs de l’aéroport actuel, qui arguent maladroitement, vraisemblablement par méconnaissance, d’une nécessité absolue de transfert.

Des améliorations à moindre coût de l’aéroport actuel

Son hypothétique saturation peut être anticipée à tout instant – compte tenu de la surface aéroportuaire actuellement disponible – avec de multiples extensions imaginables, comme cela se fait partout en Europe mais aussi en France lorsque l’on constate une croissance significative en cours ou à venir. C’est ce qui se produit sur bon nombre d’aéroports nationaux et internationaux avec des extensions des aérogares et/ou des parkings avions. Localement, citons Bordeaux, Marseille, Nice, Lyon,... La liste n’est pas exhaustive.

La dangerosité de l’actuel aéroport, un moment soulignée, relève surtout de l’agitation médiatique. Aucun constat sérieux ne l’a un instant indiquée, au regard de l’ensemble des références aéronautiques sur cette question sensible. Localement, les organismes de surveillance et de suivi sont adroits et efficaces, et l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires parfaitement opérationnelle à ce jour. De nouvelles techniques de survol ont été ébauchées par des ingénieurs de l’Aviation civile. Elles démontrent que nous pouvons envisager à moindre coût des améliorations significatives, dès lors que nous aurons dépassé le « syndrome Notre-Dame-des-Landes ». Celui qui semble actuellement nous dicter de ne rien faire à Nantes Atlantique puisque Notre-Dame-des-Landes pourrait être réalisé dans les années à venir...

Si dangerosité potentielle il y avait, que faire du principe de précaution, que l’on sait applicable à tout instant, qui imposerait de suspendre sine die l’activité de notre aéroport actuel ?

Nantes Atlantique, au 10ème rang des aéroports français

D’un point de vue logistique, faut-il le rappeler, Nantes Atlantique possède ce dont bon nombre d’aéroports n’ont pas la chance d’être dotés : des servitudes type ligne de tramway à proximité immédiate, voies ferrées jouxtant les aérogares actuelles, réseaux routiers performants ouverts vers l’océan proche, ainsi que vers les axes routiers en direction de Paris, Bordeaux, la Bretagne immédiate, la Normandie toute proche. Ici satisfecit total concernant le Schéma de cohérence territorial local ! Nous ne sommes pas enclavés !

L’aéroport de Nantes Atlantique, classé depuis de très nombreuses années au 10ème rang des aéroports français, c’est-à-dire dans le ventre mou de ces aéroports de province, a et aura une vocation avant tout régionale tant aux niveaux français qu’européen. Les compagnies aériennes régionales ont remis le trophée ERA Award 2011-2012 du meilleur aéroport européen à l’équipement pour Nantes-Atlantique.

Le réseau de lignes aériennes est dicté par la demande. Ce sont les compagnies aériennes qui nous l’indiquent et décident de venir se poser à Nantes, à la seule condition que cette clientèle passagers soit au rendez-vous. Les capitales économiques à desservir sont limitées par cette demande et seule l’offre des vols vacances fluctue en fonction des choix économiques rentables et rémunérateurs pour les opérateurs de l’aérien. Un aéroport ne dicte pas l’offre, c’est le marché qui l’oriente, offre construite à partir de situations structurelles ou conjoncturelles.

Les compagnies aériennes anticipent la réduction du trafic

Ce sont l’Observatoire des politiques et stratégies des transports en Europe ainsi que le Comité national des transports qui nous chiffrent cet état. Ainsi que les éventuelles perspectives de croissance reprises par les services de notre Aviation civile, ici en France ! Un aéroport répond toujours à un besoin mais ne génère pas ce besoin.

Quid alors de cette fameuse croissance pour Notre-Dame-des-Landes à 9 millions de passagers en 2065 et quelles perspectives à moyen ou long terme ?

L’ensemble des experts indiquent qu’il y aura croissance du transport aérien, mais résolument limitée à la Chine, à l’Inde et au Moyen Orient, régions formidablement émergentes. Peu ou pas sur le continent nord-américain et encore moins en Europe. En cause : la relation directe entre économie du transport aérien et PIB de nos Etats/régions (diagnostic repris par la DGAC). L’Association internationale du transport aérien (IATA) annonce que sans croissance durable et supérieure à 2%, la ressource financière pourrait être exsangue. Les coûts carburant, impactés par le prix du pétrole, et les quotas de CO2 pour l’aérien intégrés aux accords de Kyoto, feront du dynamisme économique et industriel un eldorado ou un... fiasco. A l’heure actuelle, toutes les compagnies aériennes mettent en place des plans d’adaptation avec réduction de leurs effectifs et leurs moyens matériels, en les minorant par exemple pour Air France (-12%), pour Lufthansa (-17%), Air Portugal (-20%), British Airways et Ibéride (-25%), Alitatlia (-28%), Scandinavian (-44%), Ryanair immobilisant plus d’un quart de ses avions au sol...

Enfin, ces mêmes compagnies, traditionnelles ou émergentes, se rassemblent, créent des synergies en fusionnant et se centralisent sur des plateformes uniques, dans toutes les capitales européennes et au delà.

Aucune garantie sur l’emploi

Dès lors, la mise en perspective de projet d’Aéroport du Grand-ouest, avec une nouvelle plateforme dotée de deux pistes, qui plus est non parallèles, étonne. Pourquoi deux pistes ? Pourquoi la plus grande des deux, avec ses 2900m de long par 45m de large – limitatifs au regard des dimensions et des performances pures des avions gros porteurs – n’est-elle pas plus grande que celle existant déjà à Nantes Atlantique ? Et pourquoi ces pistes ne sont-elles pas dotées de taxiways parallèles, alors qu’aucun autre aéroport de cette catégorie n’a été créé en Europe avec une telle configuration depuis... Orly en 1973 ?

Ces premières questions révèlent une méconnaissance significative du fonctionnement d’un aéroport ! Force est de constater qu’une seule piste astucieusement dotée de sorties rapides et d’une bande de roulement parallèle suffirait à absorber les flux espérés. La preuve n’est plus à faire qu’une aérogare correctement dimensionnée et optimisée peut traiter des dizaines de millions de passagers. Le nombre de postes de stationnement avions à Notre-Dame-des-Landes est revu à la baisse par rapport à l’existant à Nantes-Atlantique. Les servitudes liées aux débarquements/embarquements des passagers se paupérisent, les contraintes des roulages des aéronefs vont s’imposer malgré la spécialisation des pistes annoncées...

De plus, il n’y a aucune garantie sur l’emploi puisque, selon la règle observée (en tout cas si l’on se conforme aux usages), cet aéroport drainera en moyenne tout au plus 700 emplois directs par million de passagers, classique en France comme en Europe pour un aéroport de province.

Des aéroports sous-utilisés

Enfin, nombre d’aéroports aux santés financières exécrables sont sous-utilisés, compte tenu de leur dimensionnement. Je pense notamment au troisième aéroport parisien de Vatry, avec 52 000 passagers/an et une piste de 3850 mètres. Que dire de Clermont-Ferrand, Epinal, Metz-Nancy Lorraine, Tours, Poitiers, Bergerac,... ? La liste est malheureusement encore longue !

Si l’art de la politique est de prévoir pour gouverner, anticiper pour s’adapter, les approches intellectuelle, industrielle et pragmatique de ce projet d’aéroport devraient être de ces rendez-vous à ne pas manquer. Quelle que soit l’attractivité en cours ou à venir pour nos belles régions de l’Ouest, qui va parier sur des vols transcontinentaux entre Los-Angeles, Singapour, Sydney ou Dubaï vers Notre-Dame-des-Landes ? Que va devenir le bassin industriel existant au Sud-Loire, avec l’unité de production d’Airbus, si l’aéroport de Nantes-Atlantique, comme le prévoit la Déclaration d’utilité publique, est transféré vers le Nord-Loire ? Et si Nantes-Atlantique n’était plus déplacé ? Quelle place manque-t-il aujourd’hui à Nantes pour rester en connexion parfaite avec l’Europe immédiate ou le monde tout proche ?

Un gaspillage de ressources financières et foncières colossales

Rien n’indique que nos concitoyens et notre Nation aient besoin d’une telle infrastructure. Il est urgent de mettre en place les conditions raisonnables d’un moratoire, pour revisiter les demandes et perspectives du marché potentiel, les besoins et demandes des compagnies aériennes, ainsi qu’une cohérence industrielle, a fortiori économique et sociale.

Au regard des règles liées à l’aménagement du territoire, il n’a jamais été constaté qu’un aéroport allait générer une économie nouvelle. Particulièrement lorsque l’outil correspondant existe déjà et reste sous-utilisé. Une efficacité améliorée et optimisée permettrait de ne pas grapiller, gaspiller de nouvelles ressources financières et foncières colossales, dont on sait pertinemment que nous devons jour après jour en faire l’économie.

Dans les meilleurs délais, je vais m’impliquer en me rapprochant de la Commission de dialogue mise en place à l’initiative de monsieur le Premier ministre, adossé au Collectif de pilotes de ligne doutant de la pertinence du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, pour expliquer en détail les sérieux doutes de notre profession vis-à-vis de ces choix techniques et stratégiques particulièrement discutables.

Espérant ne pas avoir été trop long tout en restant suffisamment détaillé dans ces explications, je reste, monsieur le Président, soyez-en certain, à votre entière disposition. Et je renouvelle la demande d’entretien que la coordination des opposants souhaite avoir avec vous depuis quatre mois.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l’expression de mon profond respect.

Thierry Masson, Officier Pilote de Ligne

Avec le soutien de la coordination des opposants

Hors ligne Val

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #36 le: 07 janvier 2013 à 15:32:33 »
Je trouve tout ça très intéressant. Commençons par de la prison ferme pour des opposants qui à la base, sont des opposants politiques. A un projet politique. Six mois de prison ferme pour résistance à une évacuation, alors qu'à Grand-Charmont, dans le doubs (25), des gendarmes venus aider des pompiers (qui eux étaient venus éteindre un feu) se sont faits prendre à parti et tabasser par des hommes entre 19 et 22 ans. Tous sauf un dont on ne connaît pas encore le sort, s'en sont tirés avec deux à quatre mois avec sursis...
Donc si je comprends bien, quand tu es un petit con qui tabasse un flic venu aider un pompier à éteindre un feu (et les prévenus n'avaient aucun précédent avec les gendarmes, je précise), tu prends du sursis, c'est "pas bien grave".

Quand tu es un opposant pacifique qui résiste à un assaut des forces de l'ordre, tu prends un an dont six mois avec sursis et interdiction de séjour pendant 5 ans dans un département qui est peut être ton département d'origine.  :rougefache: :rougefache: Aveugle, la justice ? Je sais pas, là...

Quand au pilote, ça fait un poids de plus mais je doute que le président écoute... Il y a beaucoup de gens qui ont déjà démoli le projet en long, large et travers.
Il faut tenir....  :gene: :gene: :gene:
« Modifié: 08 janvier 2013 à 12:39:00 par Val »

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #37 le: 07 janvier 2013 à 17:02:08 »
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Charmont, dans le doux

? Grand Charmont, dans le Doubs ?
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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #38 le: 08 janvier 2013 à 12:38:13 »
Oui pardon excuse moi je voulais corriger et je suis passée a autre chose.  je corrige tout de suite.  :fleur2:

J'en profite pour ajouter les liens indispensables si vous desirez une information plus reguliere sur NDDL ou bien les soutenir.

http://zad.nadir.org/

http://lutteaeroportnddl.com/

 :merci: :merci:
« Modifié: 08 janvier 2013 à 12:41:00 par Val »

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #39 le: 08 janvier 2013 à 14:51:18 »
merci, merci :fleur2: je connaissais le lien 2 mais pas le 1, il y a pas mal d'infos :super:

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #40 le: 23 janvier 2013 à 16:46:52 »
désespérant :pascontent1: :pascontent1: ils sont prêt à sacrifier 2000 postes par orgueil.

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Il n'y aura pas deux aéroports à Nantes

Pour justifier l'ouverture de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement a décidé que l'aéroport actuel sera fermé. Les élus s'inquiètent pour l'avenir de l'usine d'Airbus qui utilise sa piste.

Depuis le début du conflit autour de Notre-Dame-des-Landes, un point brouille le message des autorités : il est compliqué d’expliquer que l’on ne fait que transférer un aéroport d’un point à un autre, si l’on garde l’ancien ouvert ! Or l'idée d'une fermeture fait trembler les élus locaux car ils ont peur qu’Airbus ferme son usine de Bouguenais, où 2.000 salariés fabriquent les caissons centraux des avions, et notamment celui de l’A380. L'aéroport de Nantes-Atlantique est situé juste à côté. Et, selon eux, il faut impérativement que la piste reste ouverte afin que le constructeur européen puisse continuer à y faire atterrir ses avions cargos, les Beluga. Leurs craintes ne sont pas injustifiées : toutes les usines d’Airbus - sauf une - sont situées à proximité immédiate d’un aéroport.

Laisser l'aéroport ouvert, c'est prendre un autre risque

Cependant, le constructeur européen, lui, n’a jamais été formellement invité à donner son avis ! Il ne devrait être consulté que… fin janvier par le gouvernement, et de façon officieuse. Deux propositions pourraient lui être faites : soit le constructeur privatise totalement la piste et les infrastructures – et prend les frais à sa charge en ce cas, soit Nantes-Atlantique est fermé, la piste détruite, et des solutions alternatives pour le transport des pièces sont trouvées.

Le but est de lever un doute sur un point : si les pouvoirs publics laissaient la piste de Nantes-Atlantique ouverte, on pouvait toujours s’attendre à ce qu’une compagnie low cost ou une compagnie de jets privés, leur arrache l’autorisation de s’y poser. Commercialement, toutes y trouveraient un intérêt évident : Nantes-Atlantique étant beaucoup plus proche de Nantes que Notre-Dame-des-Landes.

Il y a des solutions alternatives

Le constructeur ne s’est jamais exprimé sur le sujet. Mais en interne, on fait remarquer que l’on peut s’adapter à toutes les situations. Certes, en 2007, Airbus a préféré mettre la main à la poche pour construire une piste adaptée à ses Beluga à côté de son usine de Méaulte (Picardie), plutôt que de déménager ailleurs. Mais – exemple inverse et plus récent -, à Filton, au Royaume-Uni, l’aérodrome qu’utilisait Airbus a fermé le 21 décembre dernier. Or, Airbus a décidé de garder son usine, située juste à côté. Ses Beluga atterrissent désormais un peu plus loin, à Bristol et les pièces sont ensuite transportées par camions, lors de convois long gabarit.

Dans le cas de Nantes-Atlantique, une chose est, selon des sources internes, d’ores et déjà certaine : il n’est pas question que l’usine de Bougenais soit fermée. Et des solutions alternatives ont déjà été trouvées, y compris pour les gigantesques caissons centraux de l’A380. En effet, il est possible de les transporter par barges entre Nantes et St-Nazaire, qui possède non seulement un port, mais aussi un aéroport.

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #41 le: 01 février 2013 à 13:59:50 »
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Et si François Hollande renonçait au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?


Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes va-t-il être finalement abandonné ? En tout cas, l'envoyé spécial de l'Elysée sur les questions écologiques le laisse entendre. Dans une interview au magazine "L'Express", Nicolas Hulot estime que François Hollande est "embarrassé" par ce projet défendu bec et ongles par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui fut maire de Nantes. Une petite phrase qui provoque la colère de Jacques Auxiette, le président de la région Pays-de-la-Loire.

Jacques Auxiette, président de la région des Pays-de-la-Loire : "Quelle légitimité monsieur Hulot a-t-il pour s'exprimer à la place du Président de la République ?" "Pas besoin de M.Hulot pour interpréter !", clame Auxiette

"Concernant la pertinence du projet, je ne suis pas certain que le président en soit convaincu, mais il ne peut pas désavouer son Premier ministre", dit Nicolas Hulot dans son interview à "L'Express". "Les terres agricoles deviennent rares. Avant de les sacrifier, il faut analyser le bénéfice social et économique. Dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, ce bénéfice est plus que discutable", ajoute-t-il.

Ces propos ont provoqué la colère de Jacques Auxiette, président de la région des Pays-de-la-Loire, qui "n'accepte pas qu'un 'envoyé spécial du président' s'érige en commentateur de supposés états d'âme présidentiels sur l'aéroport". Et d'ajouter au micro RTL : "C'est vraiment une démarche un peu curieuse (...) Il n'y a pas besoin de monsieur Hulot pour faire des interprétations qui, me semble-t-il, ne correspondent pas du tout aux positions qui ont été prises par le chef de l'Etat".

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #42 le: 05 février 2013 à 10:49:29 »
Renoncer à ce projet serait une chose sage. Seulement, en apparence il y a l'obstination d'Ayrault et la personnalité d'Hollande. Mais, en coulisse, il y a Vinci. Est-ce que Vinci est vraiment prêt à renoncer à l'énorme manne financière que représente NDDL pour lui ? Ca, c'est beaucoup moins sûr. Et ça fait longtemps que je me demande quels sont les accords officieux avec Vinci. L'Etat dépense un argent fou pour ouvrir la porte à cette entreprise, sur un projet obsolète. Quelles sont les conséquences si Vinci n'est pas satisfait ?  :merci:
Comprenez moi bien, si ce sont des conséquences pour Ayrault et d'autres à titre personnel, tant pis pour eux. Mais peut-il y avoir autre chose ?  ;)

En tout cas ceux qui luttent à NDDL ont notre soutien, si faible soit il, jusqu'au bout.  :super: :super:

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #43 le: 26 février 2013 à 14:42:40 »
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Notre-Dame-des-Landes : la communication des collectivités en faveur de l’aéroport de plus en plus décriée


La nouvelle campagne de communication lancée par les collectivités locales en faveur du projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes n'est pas du goût de la rédaction de France Bleu Loire Océan (FBLO). Les journalistes demandent le retrait de la campagne dans un communiqué du 21 février 2013. Ce nouvel épisode intervient après la controversée « contribution financière » de 900 000 euros sur trois ans approuvée récemment par le conseil régional des Pays de la Loire en faveur de France 3

D’un coût officiel de 300 000 euros, le « plan médias » du syndicat mixte aéroportuaire se déroule du 18 au 28 février en Pays de La Loire et en Bretagne. Il cible notamment les villes de Nantes, Rennes, Angers, Saint-Nazaire, La Baule ainsi que les départements de la Mayenne, de la Vendée et du Morbihan et se décline sur les espaces publicitaires des gares et des centres commerciaux ainsi que par des encarts publicitaires dans la presse quotidienne régionale et des spots radio, notamment sur les ondes de FBLO. Il s’agit notamment de « répondre aux opposants dont l’argumentation ignore des enjeux majeur, tentant de faire croire devant la commission (ndlr : du dialogue) que le projet est inutile,… ».

Respecter une stricte neutralité- Dans une lettre ouverte adressée au PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, les 10 journalistes de la radio publique demandent « solennellement » à la direction « d’empêcher la diffusion sur notre antenne » dudit spot. « Nous estimons qu’il porte atteinte à notre travail et à notre crédibilité. Nous craignons d’en subir les conséquences sur le terrain. Sur ce sujet polémique, nous ne cessons de faire vivre le débat entre les pro et les anti-aéroport sur notre antenne, nous ne cessons de respecter une stricte neutralité, en lien avec les valeurs du service public de l’audiovisuel, nous ne cessons de résister aux pressions exercées sur nous de part et d’autre en toute indépendance. »

Mettre à l’abri de toute ambiguité - Dans sa réponse envoyée par mail jeudi soir 21 février, Jean-Luc Hees dit comprendre « les difficultés, et c’est un euphémisme, que ce message pourrait entraîner dans votre travail quotidien ». Mais il leur oppose les « règles très strictes concernant notamment la notion de refus de vente » et estime que « les assurances que vous a adressées votre délégué régional quand à l’encadrement de ce message sont de nature à vous mettre à l’abri de toute ambiguité vis-à-vis de ce dossier ». Le texte du spot a ainsi été légèrement modifié pour mieux respecter la neutralité de la rédaction.

900 000 euros sur trois ans - Ce nouvel épisode intervient après la controversée « contribution financière » de 900 000 euros sur trois ans approuvée récemment par le conseil régional des Pays de la Loire en faveur de France 3 : ce « partenariat » est lui aussi contesté par une majorité de journalistes estimant insuffisants les garde-fous protégeant leur indépendance éditoriale

En novembre 2012, il y a aussi l’épisode de la publication, toujours par le syndicat mixte aéroportuaire, d’un appel d’offres pour des « prestations d’action de lobbying » réparti en deux lots : « présence dans les médias sociaux » et «relations presse ». Cet appel d’offres sera finalement annulé par le président du syndicat, le socialiste Jacques Auxiette, après l’envoi par les militants anti-aéroport de centaines de demandes d’envoi du dossier.

Enorme - A combien s’élèvent les dépenses de publicité des collectivités en faveur de Notre-Dame-des-Landes depuis le débat public de 2003 ? De l’aveu même de Françoise Verchère, conseillère générale (Parti de gauche) de Loire-Atlantique et l’une des figures du mouvement d’opposition, il est difficile de le savoir. « On peut juste dire que c’est énorme. Bien sûr, il y a la ligne budgétaire communication du syndicat mixte mais il faut lui ajouter la mobilisation des cabinets des différents collectivités, leur propres communications à travers les magazines, etc.


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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #44 le: 29 mars 2013 à 18:25:49 »
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Notre Dame des Landes : humain ou journaliste ?

Le printemps arrive, après un hiver long, rude, et roboratif. La bataille n’est pas finie. Mais peut-on raconter la Zad et rester humain ? Le reporter s’interroge.

Elle porte un bonnet de laine vert, sur lequel est cousu un crâne et deux tibias croisés : le signe des pirates. A. est postée dans une cabane sommaire près d’une chicane de la départementale D 281, sur l’est de la ZAD, près de l’embranchement des Fosses noires. A. peste contre les gendarmes, qui viennent régulièrement tester le dispositif des chicanes. Elle a même bloqué aujourd’hui la route, ce qui oblige les voitures à rebrousser chemin.

On est le matin du samedi 23 mars, et la D 281 est hérissée de cabanes, de panneaux et d’obstacles attentivement surveillés par les zadistes. En décembre, une vive discussion avait animé l’assemblée générale de la Zad : fallait-il maintenir ces obstacles, au risque de se couper de la population locale, ou les défaire, au risque de séparer nettement, par la circulation routière, la zone en ses parties est – où se trouvent les plus radicaux des zadistes, autour de Far Ouest - et ouest – où se trouvent les bases de La Vache Rit, la Chataigneraie et la ferme de Bellevue ?

L’action a tranché : on barre ! Et les chicanes ont été refaites, enrichies de cabanes pour abriter les veilleurs, qui se relaient presque en permanence, et communiquent entre eux par talky-walkies.

Quelques centaines de mètres avant le poste de A., voici une splendide tour.

C’est dans une cahute en face de la tour qu’on trouve W. et un autre guetteur. « On ne bloque pas, dit W., on ralentit ». Il y a des trous dans la chaussée, ici et là. « Bon, les météorites font les trous ». On discute de l’ambiance, de Radio Klaxon qui n’émet plus depuis trois semaines [elle est revenue en ondes le 26 mars], des difficultés à se rendre à Bellevue à travers les champs boueux, les gendarmes verrouillant toujours le carrefour des Ardillières, des rumeurs d’intervention policière – « c’est permanent, ça file des coups de stress ». W. a l’œil rouge, il s’est heurté contre un bois dans l’obscurité, à l’aube. Isabelle lui passe du tabac, et on discute, pendant qu’il se roule une cigarette, de l’Etat au service des intérêts privés, en face de la banderole tendue au bord de la route, sur laquelle se lit : «  Ici, l’Etat emprisonne blesse pour Vinci, au Mali il tue pour Areva ! ».

On repart avec Isabelle Rimbert, photographe qui a le « projet militant » de photographier les acteurs de la Zad, permanents ou non, et qui est venue gentiment me chercher à Nantes ce matin. Il faut redescendre vers Vigneux, et revenir par la D 81 en passant les Ardillières, où les gendarmes ne nous arrêtent pas, vers La Rolandière et Hors Contrôle. Pas grand monde, en ce samedi matin, ça dort encore, profitant de cette belle matinée où il ne pleut pas, pour la première fois depuis plusieurs jours. Je vais chercher des bottes dans la « free shop », une tente sur le champ d’Hors Contrôle où se trouvent des vêtements bien rangés et quelques paires de bottes dépareillées et surtout en tailles Enfant. J’ai de la chance, j’en trouve deux qui vont bien..

On discute avec une amie qui vit par là. Elle raconte la fatigue, les épreuves de l’hiver, la pluie. « Tout le monde est fatigué, c’est la tension tout le temps ». Il y a la police, qui ne relâche jamais son étreinte, la violence, les problèmes pratiques comme la gestion des poubelles, les tensions entre les uns et les autres : « Les ‘rebelles’, à l’est, accusent ceux de l’ouest d’être des ‘bobos, des bourgeois’. Il faut qu’on renoue. Mais on ne peut pas lâcher. Tous les anciens zadistes, qui avaient été expulsés en octobre, ont reconstruit, c’est du bonheur, ça fuse, du côté de Bellevue, de Limabout. »

Tout le monde a tenu, malgré la rigueur d’un hiver très pluvieux : « Chapeau pour ceux qui sont restés : tu te lèves, il y a la boue, la pluie. Et à l’est, ils ont bien tenu les chicanes ». D’ailleurs, « à la dernière assemblée générale, il n’y a pas eu de masques, pas de ‘plus radicaux’ que d’autres, juste des humains qui discutaient ensemble. Ca fait du bien. Il faut arriver à tout lier, les préoccupations des uns et des autres, ensemble : la nature, l’anticapitalisme, le sexisme, les paysans… »

« On est en phase de transition, c’est glauque… mais le printemps revient ». Et les prochains rendez-vous, plus encore que la remise du rapport de la Commission de dialogue, c’est la journée Sème ta Zad, le 13 avril, et la Chaine humaine, le 11 mai.

On repart chercher un lieu pour la photo. Isabelle veut me photographier, comme des dizaines de personnes qu’elle a déjà saisies dans sa boite. « Quel lieu préfères-tu dans la Zad ? » Je ne sais pas, c’est partout qui m’intéresse, la Zad elle-même. Et si l’on me mettait simplement devant des genêts en fleur, devant un champ, parce qu’après tout, la clé de départ de toute l’aventure, c’est le refus de voir détruire la nature, non ? Je garde le carnet à la main, comme le signe de la position compliquée du journaliste – dedans-dehors, requis-détesté, allié-ennemi…

On est près de la Chataigneraie. Après la photo, Isabelle repart tandis que je poursuis la marche vers la ferme de Bellevue.

J’écoute les chants et pépiements d’oiseaux, observe les grandes prairies qui respirent sous le soleil, les bourgeons qui apparaissent aux arbustes des haies, un scarabée qui traverse la voie, des vaches qui ruminent.

On n’entend pas de bruit, pas de voiture, mais le chant d’un coq résonne soudain : la ferme de Bellevue est toute proche. J’y accède par une route barrée par deux tracteurs attelés à une charrette. Voici la ferme, sa cour, je passe à côté de la porcherie où une truie grogne fortement.

Plus loin, dans la longère, une porte ouvre sur la salle commune. Des gens déjeunent. « Bonjour, c’est bien Bellevue ? Je peux entrer ? – Oui, entre. Tu as mangé ? » Ils m’invitent à partager le repas, autour de Romain, le paysan installé ici. Ils m’expliquent les travaux en cours, le troupeau de vaches qui a été constitué, les tours de garde programmés pour qu’il y ait toujours des personnes ici, les projets de culture sur un champ voisin.

N. parle de l’importance des discussions ici, des contacts humains qui s’y lient.

Arrive... appelons-la Camille. Elle est à La Souardine, un collectif qui s’est créé non loin. Elle vient chercher un outil, relativement à la greffe d’arbres fruitiers. On se salue. Mais elle me morigène : "Ce que tu as écrit, l’autre fois, en parlant de moi, ça ne va pas. Tu ne m’avais pas prévenue. - Mais je n’ai rien écrit de très précis ni compromettant, il n’y a pas ton nom. - Oui, mais des amis ont pu me reconnaitre, et puis, c’est ma vie." Une sorte de silence. "On te parle en tant qu’humain, pas en tant que journaliste".

Elle part, sans m’en vouloir ; sur le pas de la porte, elle sourit, disant quelque chose comme "Continue ton boulot, c’est bien ce que tu fais". Mais l’épisode me laisse songeur. L’heure tourne, et d’ailleurs, tout le monde part dans tous les sens pour diverses occupations. Je pars en traversant les champs, réfléchissant à l’étrange séparation entre "humain" et "journaliste".

Un mythe réel qui fabrique en permanence sa légende

D’une certaine manière, la Zad ne veut pas de journaliste. Il n’y a pour l’instant quasiment pas de récits développés du vécu de cette communauté de hasard et de choix, alors que films et photos abondent. Mon carnet, l’outil indispensable du journaliste pour noter les détails que la mémoire ne peut tous retenir dans la profusion des faits et des émotions qui vibrent dans les moments denses, ce carnet est d’un usage difficile sur la Zad, générant une suspicion aussi grande que l’appareil photo, et peut-être même plus grande. Car le regard de la photographie est perçu comme un reflet de la réalité, accepté dès lors que le visage n’est pas saisi sans le consentement, tandis que l’écrit est incontrôlable, il signifie l’altérité de l’interprétation imprévisible.

La Zad est un mythe réel qui fabrique en permanence sa légende, dans une oralité qui transmettra par la poésie du souvenir les hauts faits et les grandes misères de ces jours aventureux. Ici, on veut vivre pleinement le présent, la relation humaine dans sa densité instantanée. Les mots sont importants - il existe peu de lieux où l’on discute autant et aussi intensément de questions essentielles -, mais ils s’inscrivent dans la chair des locuteurs bien plus que dans la logique référentielle de l’écrit. L’écrit, d’ailleurs, renvoie à l’institution, à l’autorité, c’est un outil dont il faut certes user, par internet bien plus, au demeurant, que par l’imprimé, mais pour influer sur le monde extérieur dans la relation indispensable qu’il faut établir avec celui-ci, pas pour exprimer l’intensité et la singularité du vécu quotidien de la légende.

Et c’est donc en me demandant comment je pourrais exercer mon métier de journaliste, c’est-à-dire ma mission de témoin, si je veux rester un humain, que je chemine à travers champs. Ils sont totalement détrempés, et tout en goûtant le calme de cette marche dans le bocage qu’éclaire une lumière cristalline, j’imagine avec horreur le revêtement de béton dont certains s’obstinent à vouloir étouffer cette terre qui respire.

Voici la Chataigneraie. Le village est devenu le rendez-vous des collectifs de toute la France, dont des délégations viennent ici quelques jours, et où se déroulent presque tous les soirs des événements, projections de films ou discussions. Un homme lave son linge dans une bassine. Un groupe déjeune sur une table dehors. On entend des coups de marteau. Plus loin, un gars montre à une fille comment faire un truc de charpente. Je note un carton, posé sur une fenêtre "Sexistes, homophobes, transphobes, specistes, agistes, validistes, interdits ici et ailleurs". Agistes, c’est la discrimination à l’égard des personnes âgées, et le validisme, à l’égard des invalides.

Plus loin, je me rends compte qu’il fait chaud. J’enlève mon pull. Car l’essentiel de toute cette histoire, au moment présent, c’est que le printemps arrive.

"On vit dans la nature"

Mais l’heure tourne. Je retrouve Isabelle Rimbert, qui va me déposer à Nantes. E., un zadiste, vient avec nous, il a quelque chose à y faire. Il est sur la Zad depuis janvier, il est venu à cause de la répression d’octobre et novembre, et depuis, il est resté.

Je lui demande si ce n’était pas trop dur, de vivre dans le froid, l’humidité, le manque total de confort. "Non, non. On vit dans la nature, dans la forêt, on ré-apprend à faire du feu, des cabanes. Et puis on essaye de construire une nouvelle société..."

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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #45 le: 10 avril 2013 à 13:27:17 »
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Notre-Dame-des-Landes : projet confirmé mais retardé
Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à une quinzaine de kilomètres de Nantes, n'est pas remis en cause. Mais le gouvernement de Jean-Marc Ayrault va devoir prendre le temps. Trois rapports remis, mardi 9 avril, au gouvernement et au préfet de la région Pays-de-la-Loire, demandent en effet des aménagements substantiels au projet initial de nouvelle plate-forme aéroportuaire appelée à remplacer l'actuel Nantes Atlantique. Un projet vieux de plus de quarante ans qui devait se concrétiser, initialement, par les premiers décollages d'avions de Notre-Dame-des-Landes, fin 2017.


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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #46 le: 15 avril 2013 à 15:52:02 »
Il semblerait que c'est en train de chauffer à Notre dame des landes !
Pour ceux que ça intéresse, on peut suivre ici : Notre-Dame-des-Landes : affrontements en cours entre activistes et forces de l'ordre
Sachant qu'en fait il y a un appel à regroupement à 16h devant la Préfecture de Nantes
...... La préfecture aurait tenté de prendre les devants ?
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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #47 le: 19 avril 2013 à 19:56:20 »
Et bien........ Ce n'est pas gagné si j'en crois ce résumé d'article (je n'ai pas accés à l'édition abonnés).......... "la France" a décidé d'être autiste on dirait ....

Notre-Dame-des-Landes : la réponse de la France à Bruxelles
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Mediapart publie la réponse de la France à l’Union européenne concernant l’aéroport du Grand Ouest : Paris y défend son projet, en ignorant les critiques des rapports d’experts remis la semaine dernière.


En tout cela rend le message de Val plus haut encore plus pertinent (je le reprends ci-dessous)

Renoncer à ce projet serait une chose sage. Seulement, en apparence il y a l'obstination d'Ayrault et la personnalité d'Hollande. Mais, en coulisse, il y a Vinci. Est-ce que Vinci est vraiment prêt à renoncer à l'énorme manne financière que représente NDDL pour lui ? Ca, c'est beaucoup moins sûr. Et ça fait longtemps que je me demande quels sont les accords officieux avec Vinci. L'Etat dépense un argent fou pour ouvrir la porte à cette entreprise, sur un projet obsolète. Quelles sont les conséquences si Vinci n'est pas satisfait ?  :merci:
Comprenez moi bien, si ce sont des conséquences pour Ayrault et d'autres à titre personnel, tant pis pour eux. Mais peut-il y avoir autre chose ?  ;)

En tout cas ceux qui luttent à NDDL ont notre soutien, si faible soit il, jusqu'au bout.  :super: :super:
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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #48 le: 27 avril 2013 à 17:22:22 »
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Notre-Dame-des-Landes : le Conseil national de protection de la nature enfonce un peu plus l’aéroport

Des études complémentaires « sur au moins deux années » sont demandées et la méthode de compensation environnementale est entièrement invalidée par le conseil consultatif.

Le Conseil national de protection de la nature (CNPN), rattaché au ministère de l’Écologie, a indiqué faire « siennes les 12 réserves présentées dans le rapport des experts » chargés d’examiner l’application de la loi sur l’eau et les compensations environnementales du projet d’aéroport.

Réuni le 10 avril, le lendemain de la publication du rapport d’expertise, le comité permanent du CNPN a adoubé ses conclusions, en demandant « qu’elles soient effectivement prises en compte par les maîtres d’ouvrage ».

Deux ou trois ans de retard

Ce rapport très critique demeure consultatif, mais le gouvernement a annoncé vouloir appliquer chacune de ses recommandations. Le 10 avril, le CNPC a aussi demandé un inventaire complémentaire des espèces « sur au moins deux années ». Après quoi « une nouvelle étude publique » devra être menée, ajoute Jean-Marc Février, professeur de droit public interrogé par Le Télégramme. Une étape qui pourrait prendre selon lui une année supplémentaire.

Ces complications pourraient enfin venir impacter le volet juridique de la bataille de Notre-Dame-des-Landes. Les arguments scientifiques pourront être présentés devant le juge administratif par les opposants à l’aéroport, pour demander l’annulation de l’autorisation d’engager les travaux, prévoit Norbert Foulquier, un autre professeur de droit public interrogé par Le Télégramme. « Si tel était le cas, cela équivaudrait à une quasi-condamnation du projet », estime l’universitaire.

C’est le « coup de grâce » ce réjouissent 9 associations opposées au projet (dont Attac, Greenpeace, la Confédération paysanne notamment) dans un communiqué commun.

Les pouvoirs publics et le porteur du projet, eux, maintiennent le cap malgré ce déferlement de mauvaises nouvelles.


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Re : Notre-Dame-des-landes
« Réponse #49 le: 12 mai 2013 à 11:58:06 »
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Une chaîne humaine d'opposants a encerclé Notre-Dame-des-Landes


Les organisateurs de la chaîne humaine géante qui a encerclé samedi sur 25 km le site du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes, auquel ils s’opposent, ont affirmé avoir réussi leur pari en réunissant suffisamment de personnes, venues de toute la France, pour boucler la chaîne.

Néanmoins les estimations restaient très divergentes, entre la préfecture de Loire-Atlantique qui affirme que les manifestants n’étaient que 12.000 et que la chaîne n’était pas tout à fait complète, et les organisateurs estimant qu’il y avait de quoi faire «une chaîne et demie», soit 40.000 personnes.

Un écart d’estimation similaire à celui observé le 17 novembre lors d’une importante manifestation d’opposants évalués à 13.500 personnes selon la préfecture tandis que les organisateurs se comptaient 40.000.

Un photographe et une vidéaste de l’AFP, qui ont survolé la zone en hélicoptère, ont constaté de visu que la chaîne, bien qu’incomplète sur certains brefs tronçons, comptait deux à trois rangs d’épaisseur à d’autres endroits.

«C’est une victoire de la mobilisation citoyenne», a souligné sur place Jean-Philippe Magnen, porte-parole d’Europe-Écologie-Les Verts (EELV), venu participer à la chaîne avec les principaux dirigeants d’EELV.

Des opposants se réclamant pour la plupart des plus de 200 comités anti Notre-Dame-des-Landes de toute la France avaient fait le déplacement en famille, en voiture ou en autocar, mais aussi en vélo pour certains Nantais, Bretons ou Vendéens.

Des habitants de Béziers, de Lille ou du Languedoc ont passé la nuit sur les routes pour arriver à temps. Des retraités en tenue de randonnée mais aussi des familles entières avec de jeunes enfants étaient présents, munis de drapeaux à l’effigie du mouvement d’opposition, un avion barré de rouge.

«Ce que nous voulons c’est l’arrêt de ce projet»

Venus de Savoie, Yves, Serge et Marc, ont traversé la France en autocar dans la nuit. «Chez nous il y a le projet de tunnel Lyon-Turin, dix fois pire financièrement encore que cet aéroport», soulignent-ils. «Moi je me bats pour mes petits-enfants», ajoute Yves, bras tendus, donnant la main à ses deux collègues alors que la chaîne se forme.

Une famille avec deux enfants dont un petit bébé de trois semaines pique-niquait peu avant sur la route. «Nous sommes agriculteurs près de Rennes, ce projet va encore détruire des terres agricoles», soulignent Stéphanie et Cyril, la trentaine.

Non loin, c’est un élégant sexagénaire britannique qui a traversé la Manche pour passer son samedi sur la «Zad», zone d’aménagement différé dédiée au projet d’aéroport, mais «zone à défendre» selon les opposants.

John Stewart, originaire de Londres, explique: «En 2008, les gens de Notre-Dame-des-Landes sont venus nous aider lorsque nous nous battions contre le projet de troisième piste à l’aéroport d’Heathrow». «Ce projet a été abandonné en 2010, c’est normal que je sois ici aujourd’hui», ajoute M. Steward.

«Le projet n’est pas abandonné: ce que nous voulons c’est l’arrêt de ce projet», a souligné sur place l’ancienne candidate à la présidentielle d’EELV Eva Joly.

«Nous avons bien conscience que les porteurs du projet n’ont pas l’intention d’abandonner et que leur stratégie est l’enlisement», a pour sa part déclaré une des opposantes historiques, Françoise Verchère, conseillère générale (Parti de gauche) et présidente du Cedpa (élus doutant de la pertinence de l’aéroport).

Sur le côté de la route, une large banderole dénonçait: «Notre Dame d’Hollande, Ayrault port du délire», visant autant le président de la République que son Premier ministre, ancien député-maire de Nantes où il était l’un des porteurs du projet .

Au terme des conclusions de trois rapports gouvernementaux sur le projet rendus à la mi-avril, le principe du transfert de l’aéroport a été réaffirmé mais il a de grandes chances d’être repoussé au-delà de la date d’inauguration prévue de 2017 du fait des modifications demandées.

Le projet prévoit le transfert de l’actuel aéroport de Nantes, situé au sud de l’agglomération, à Notre-Dame-des-Landes, commune située à quelque 30 km au nord.