Auteur Sujet: racisme, féminisme et capitalisme  (Lu 9821 fois)

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racisme, féminisme et capitalisme
« le: 20 août 2012 à 16:52:41 »
I'm feel so black inside  :mrgreen:


"
Le racisme est une fonction du capitalisme
" ,tout comme l'oppression des femmes et comme le souligne en substance Angela Davis il est vain de désolidariser la lutte contre le racisme et le féminisme de la lutte contre le capitalisme .Malheureusement si le marxisme était la solution idéologique celle-ci fut pervertie par les bureaucrates machistes du stalinisme .
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #1 le: 20 août 2012 à 18:44:43 »
magnifique, merci :fleur2: Angela Davis est juste l'une des femmes pour qui j'ai le respect le plus profond et l'admiration la plus totale. :coeur: et pour ce qui est des propos qu'elle tient dans cette vidéo, dans ces conférences ou via ces ouvrages je partage la quasi totalité de ces propos.

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #2 le: 24 novembre 2012 à 11:07:55 »
Tout le monde sait ce que je pensais de ces impostrices :pascontent1:

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Ni putes ni soumises en manque de "figurantes" : le casting de la honte


La fin (militante) justifierait apparemment les moyens : l'association féministe Ni putes ni soumises, objet de nombreuses controverses, y compris financières, organise un véritable casting pour une "opération très spéciale le 25 novembre", selon ses propres termes. Un casting très spécial sur lequel notre chroniqueuse s'est penchée.

Lors du 28ème Congrès du Planning Familial, les 19, 20 et 21 octobre 2012 à Marseille, Martine Storti, magistrale oratrice, a fait une intervention remarquée, au cours de laquelle elle a notamment expliqué que dans le cadre des enjeux politiques du féminisme, les divergences entre associations et courants de pensées étaient un facteur de richesse et de dynamisme, et non un frein.

Elle a raison : on reproche souvent au féminisme d'être divisé. Mais que le féminisme ne soit pas "unique" ne signifie pas pour autant qu'il n'est pas "uni". Et au-delà des dissensions ponctuelles, il y a toujours un moment où on met de côté les querelles de clocher pour se serrer les coudes. Comme toujours ou presque en politique (non, ne parlons pas de l'UMP, sinon on part en fou-rire et plus personne n'est attentif).

Mais "Ni putes ni soumises" (NPNS)... Ah, "Ni putes ni soumises", c'est tout un poème. Mouvement de pur opportunisme (pour comprendre en quoi, cliquez ici), médiatiquement bâtard, idéologiquement creux et invariablement dénué de tout scrupule, ce collectif sans honte a instrumentalisé la mort de Sohane en 2002 pour asseoir une légitimité factice, légitimité vite dénoncée par les premières intéressées.

Au fil des années, les "actions" de "Ni putes ni soumises" ont largement contribué à discréditer l'intégrité du féminisme militant : quand on refuse de lever le petit doigt s'il n'y a pas de caméra à l'horizon mais qu'on empoche 80.000 € de subventions offerts par Eric Besson (alors ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, pour rappel) pour servir la soupe au gouvernement alors en place, on perd beaucoup en crédibilité et en intégrité. Et on devient, comme on peut le lire en cliquant ici, "toujours plus soumises".

Chez NPNS, ce qui compte, c'est l'apparence. Le choc visuel. La médiatisation. Qu'importe la légitimité, l'absence de propos, les magouilles et les errances idéologiques, tant que ça en met plein la vue, ça justifie tout et n'importe quoi. Y compris de faire appel à des figurantes.

C'est ainsi qu'en vue d'un happening parisien, prévu le 25 novembre à Beaubourg dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, NPNS a mis la gomme pour être aux premières loges. Comme toujours quand il s'agit d'épater la galerie. Et pour cela, il leur fallait du monde. Des femmes. Plus précisément, 122 femmes, symbolisant les 122 victimes mortes sous les coups de leur compagnon en 2011.

Le concept ? Donner rendez-vous tôt dimanche matin à toutes les "figurantes", et les maquiller en femmes battues pour les filmer toutes ensemble vers midi, tombant simultanément dans la rue. Il faut avouer que ça a de la gueule.

Ni putes ni soumises n'aurait-elle même pas 122 militantes à réunir ?

Et pour mettre en place ce happening spectaculaire, on aurait pu croire que très logiquement, NPNS allait puiser dans le vivier de ses adhérentes, sympathisantes, et militantes pour rassembler ces 122 femmes. Mais il n'y en a apparemment pas assez, car NPNS racole pour trouver des figurantes. Déjà, le choix du terme de "figurantes" interroge sur la démarche : de quoi parle-t-on, là ? De devenir la Nouvelle Star ou de militer contre les violences faites aux femmes ? Pourquoi ne pas avoir parlé de "volontaires" plutôt ?

"Ni putes ni soumises" semble donc en difficulté, quelques jours avant la date de la manifestation, pour trouver 122 femmes prêtes à se faire maquiller. L'annonce officielle sur le site de l'association étant apparemment insuffisante, un mail a également circulé sur plusieurs listes de diffusion :

Et quand j'ai appelé Sophie Clasiot pour proposer avec candeur ma participation (oui, désolée Sophie, c'était moi la petite Virginie pleine d'enthousiasme qui avait hâte de se faire maquiller : pardon d'avoir été vilaine, mais j'ai comme qui dirait senti qu'en me présentant comme fouille-merde journaleuse, j'obtiendrais moins d'infos qu'en faisant mine de rejoindre vos rangs), j'ai très vite eu le feu vert pour appeler des copines : on a donc vraiment besoin de main d'oeuvre, chez NPNS.

Justice immanente pour un mouvement miné par les scandales

"Ni putes ni soumises", toujours en recherche de coups d'éclat, toujours partante pour agiter le croupion devant la caméra, pour prétendre à la mobilisation... Mais surtout, "Ni putes ni soumises" en totale perte de vitesse, de crédibilité, d'engagement militant, d'adhérentes, de volontaires et de soutien désintéressé.

Et pour cause : il n'est finalement pas étonnant que les scandales internes, les polémiques, les controverses et le manque d'intégrité flagrant de cette association, qui n'a pu exister qu'en exploitant médiatiquement la mort d'une femme, tout en tournant le dos à la famille de la victime (voir ici le témoignage de la soeur de Sohane), finissent aujourd'hui par sanctionner de facto Ni putes ni soumises.

Réduite à organiser un casting pour trouver des figurantes, NPNS signe aujourd'hui sa définitive et totale perte de crédibilité. Et c'est certainement la meilleure chose qui pouvait arriver au féminisme, qui se portera bien mieux le jour où cette association aura enfin disparu. Parce qu'une chose est sûre : comme le dit l'expression connue, avec des amis pareils, on n'a pas besoin d'ennemis.

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #3 le: 12 mars 2013 à 14:01:07 »
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Angela Davis: "J'étais devenue un symbole à détruire"

Free Angela and All Political Prisoners qui sort le 3 avril retrace la période où elle fut traquée par le FBI et emprisonnée. En avant-première, l'héroïne du Black Power se souvient. Témoignage d'une éternelle insoumise.

Au téléphone depuis San Francisco, sa voix est grave. On l'imagine nimbée d'une coiffure afro et d'un nuage de fumée, gauloise sans filtre aux lèvres. Les années ont beau passer, Angela Davis reste une icône. Révolutionnaire, elle est, aux côtés de Malcolm X et de Martin Luther King, l'une des figures emblématiques du mouvement noir américain. Aujourd'hui, un film retrace l'extraordinaire parcours de celle qui fut l'un des pires cauchemars de l'establishment blanc. Construit autour d'images d'archives et d'interviews, il est le récit palpitant d'une période cruciale du destin des Etats-Unis. En 1970, alors que les émeutes raciales et les lynchages sont légion, Angela, brillante prof de fac de 26 ans, proche des Black Panthers et membre du Parti communiste, est accusée de meurtre dans un attentat visant à libérer des prisonniers politiques noirs. Quatre personnes, dont un juge, sont tuées. Affichée sur la liste des dix criminels les plus recherchés par le FBI, elle part en cavale. Et devient l'objet d'une vaste machination policière et politique. Après son arrestation, l'opinion publique mondiale se mobilise : les Rolling Stones écrivent pour elle Sweet Black Angel, John Lennon et Yoko Ono enregistrent la chanson Angela. A Paris, Foucault, Sartre et Aragon manifestent pour obtenir sa libération. A 69 ans, professeur de philosophie à l'Université de Californie à Santa Cruz, Angela Davis, toujours engagée pour la cause des femmes, milite aussi contre la peine de mort et pour les droits des homosexuels. Sa détermination est intacte, son franc-parler aussi.

Ce documentaire revient sur votre activisme dans les années 1970. Qu'avez-vous ressenti en revoyant ces images?

Angela Davis: Certaines images d'archives, que je n'avais jamais voulu voir, ont réveillé en moi une tristesse et une colère indescriptibles : j'ai revu les visages de personnes que j'aimais et qui ont été tuées. J'ai revécu ces moments de terreur. Mais j'ai aussi éprouvé un sentiment de plénitude car je me suis sentie à nouveau connectée à tous ceux qui ont défendu notre cause dans le monde entier. Il est important de rappeler les acquis d'une révolution, sans rien oublier. Barack Obama est certes président, mais le chemin est encore long.

En 1969, doctorat de philosophie en poche, vous devenez prof à l'UCLA, l'université de Californie à Los Angeles, tout en vous déclarant publiquement communiste et membre des Black Panthers. A la demande du gouverneur, Ronald Reagan, vous êtes congédiée. Vous ne vous y attendiez pas?

J'étais sans doute naïve. On m'avait appelée pour enseigner la philosophie marxiste, que j'avais étudiée auprès d'Herbert Marcuse. Et je n'avais jamais caché mon appartenance au Parti communiste! Mais en 1969, Reagan préparait sa candidature à la Maison-Blanche. Il s'est servi de moi pour montrer aux conservateurs qu'il était en mesure d'écraser les activistes de gauche et les Noirs. Quand j'ai été renvoyée, des milliers de personnes ont manifesté contre cette injustice. Je recevais aussi tous les jours des lettres d'insultes comme "Zoulou, retourne en Afrique" et des menaces de mort. J'ai dû acheter des armes pour me protéger.

Comment a germé votre engagement?

J'ai grandi à Birmingham, en Alabama, dans le Sud, "la ville la plus parfaitement "ségréguée" des Etats-Unis", selon Martin Luther King. Dès mon plus jeune âge, j'ai été confrontée au racisme dans mon quartier, surnommé Dynamite Hill. Mon premier souvenir d'enfance est un bruit de bombe : le Ku Klux Klan faisait régulièrement exploser les maisons des Noirs. Partout, des bus aux églises, des magasins aux toilettes publiques, des pancartes affichaient "White only" et "Colored only". Mes parents, enseignants, étaient tous deux activistes communistes. Je me souviens du pistolet de mon père posé sur une table. De ma grand-mère me racontant ses souvenirs de l'esclavage. J'ai voulu fuir cet enfer : en 1958, à 14 ans, j'ai obtenu une bourse pour étudier à New York dans le cadre d'un programme qui aidait des élèves noirs du Sud. C'est alors que je suis devenue membre d'un mouvement de jeunesse communiste, et que toutes les humiliations de mon enfance ont trouvé une explication : l'oppression des Noirs par les Blancs, le mépris et la haine, étaient sous-tendus par un système capitaliste sans pitié qui en tirait des bénéfices. De cette prise de conscience est né mon engagement politique.

En 1970, on vous accuse injustement, à 26 ans, de meurtre et d'enlèvement. Vous partez en cavale. Pourquoi?

Parce que j'aurais été tuée! J'étais devenue un symbole à détruire. Le FBI avait mis en place des moyens colossaux pour avoir ma peau. Dans des communautés noires, à travers tout le pays, ils ont arrêté des centaines de femmes qui me ressemblaient. Ils ont surveillé sans relâche ma famille et mes amis. Ma photo était affichée dans tout le pays, flanquée de l'inscription "Armée et dangereuse" ! J'ai traversé cinq Etats en me déguisant. J'étais terrifiée. Quand ils m'ont trouvée à New York au bout de deux mois de traque, j'ai été, paradoxalement, soulagée. Même si Nixon avait déclaré à la télé : "Cette arrestation servira d'exemple à tous les terroristes", le pouvoir ne pouvait plus m'éliminer. Ma notoriété s'était renforcée, comme l'attestaient ces pancartes collées sur des milliers de portes : "Angela, notre soeur, tu es la bienvenue dans cette maison." J'avais donc droit à un procès.
La réalisatrice de Free Angela and All Political Prisoners Shola Lynch, les producteurs du documentaire Will Smith et Jada Pinkett Smith avec Angela Davis.

Arrêtée le 13 octobre 1970, vous avez été placée en détention, et même en isolement, pendant seize mois. Comment avez-vous tenu?

Ils voulaient me casser. Me rendre folle. J'ai beaucoup lu, écrit, réfléchi. J'ai appris le yoga à travers un livre, et je n'ai jamais plus abandonné cette discipline. Bien sûr, j'ai vécu des moments très durs, des crises d'angoisse et de claustrophobie. Et aussi de rares moments de grâce, comme quand Nina Simone m'a apporté en cellule un ballon que j'ai gardé jusqu'à ce qu'il soit complètement dégonflé - je l'ai ensuite glissé sous mon oreiller. J'ai compris que je ne pouvais pas m'écrouler : malgré moi, je représentais la cause de millions de personnes qui me soutenaient en Inde, en Afrique, aux Etats-Unis. Et en France!

En quoi la France s'est-elle distinguée?

100 000 personnes ont manifesté à Paris pour obtenir ma libération, dont de nombreux intellectuels : Jean Genet, Aragon... Jean-Paul Sartre m'a envoyé plusieurs lettres en prison et Jacques Prévert a publié un texte magnifique, Angela. "Angela Davis, dans sa prison, écoute sans pouvoir les entendre, et peut-être en souriant, les chansons de ses frères de joie, de rire et de chagrin, et les refrains marrants des enfants du ghetto : ceux qui enferment les autres sentent le renfermé, ceux qui sont enfermés sentent la liberté. [...] Il faut libérer Angela Davis - en attendant le jour où seront condamnées toutes les portes derrière lesquelles la vie noire est enfermée." J'ai découvert Paris à 18 ans, comme étudiante à la Sorbonne. Je lisais Camus, Balzac, Merleau-Ponty... Aujourd'hui encore, je viens régulièrement chez vous ; je me balade de Saint-Germain à Belleville et à Barbès.

Partagiez-vous toutes les idées du Parti communiste et des Black Panthers?

Absolument pas! La leçon la plus importante de ma vie a été d'accepter que la contradiction est présente en toute chose. Je ne crois pas aux utopies. L'Histoire a montré qu'elles sont à l'origine de toutes les dictatures... Mon engagement dans les Black Panthers a été une partie très excitante de ma vie. Leur radicalité, leur rage étaient essentielles à cette époque. Mais je n'étais pas d'accord avec ceux qui prônaient le Black Nationalism, revendiquant la création d'une nation afro-américaine séparée aux Etats-Unis, ou le retour en Afrique. Et il y avait un réel machisme dans le parti. Les femmes n'étaient pas considérées comme pouvant porter la cause, être leaders. Quant au Parti communiste, il y avait un côté parfois trop intellectualisé et très psychorigide. Et surtout un manque de démocratie dans l'organigramme. Je ne me suis jamais vue comme une adepte. Mon but a toujours été de trouver des ponts entre les idées et d'abattre des murs. Et les murs renversés deviennent des ponts. 

Vous définiriez-vous comme féministe?

Je n'aurais jamais fait partie des mouvements féministes américains des années 1970. Ces femmes étaient bien trop bourgeoises pour moi ! En grande majorité, elles étaient blanches et se battaient pour le droit au travail et à l'avortement. Les Noires avaient déjà un travail, mais comme domestiques... Mais la question de l'émancipation de la femme a toujours été essentielle pour moi. Je me suis opposée à la Million Man March organisée par Louis Farrakhan (leader de Nation of Islam) en 1995 parce que ce mouvement refusait aux femmes le droit de manifester! Ma conception du féminisme est celle d'une volonté d'émancipation qui dépasse les frontières établies. Les questions de sexualité, de race, de classe et de genre sont intimement liées.

Votre beauté a marqué une époque. Le New York Times vous a classée parmi les 50 personnalités les plus stylées du xxe siècle...

La beauté n'a jamais été ma première préoccupation. Le charme, peut-être. Le charisme sans aucun doute. Les hommes me voyaient comme une panthère. Les femmes m'arrêtaient dans la rue pour me demander où j'avais acheté tel ou tel vêtement... Je n'en avais aucune idée! J'aimerais bien revenir à ces années et en profiter un peu plus [Rires.] ! Mais je suis consciente que mon image a attiré l'attention et, si cela a aidé mes luttes, j'en suis ravie. Je suis fière aussi que tant de femmes noires aient vu en moi un modèle d'émancipation.

Depuis votre plus jeune âge, vous vous battez pour vos idées. Vous n'avez jamais eu envie d'arrêter?

Je ne sais rien faire d'autre! J'ai besoin de comprendre et d'agir. L'accumulation des savoirs en tant que telle ne m'intéresse pas. Je suis contre la peine de mort. Je critique l'industrie carcérale aux Etats-Unis qui encourage la criminalité au lieu de la corriger, et qui est très raciste. Je soutiens aussi les droits des homosexuels [Angela Davis a fait son coming out, en 1997, lors d'une interview pour Out Magazine]. Je suis heureuse que Barack Obama soit le premier président de l'histoire des Etats-Unis à défendre le mariage pour tous. Mais, encore une fois, je trouve le clivage hommes/femmes/homosexuels très réducteur. Je suis professeur à l'université de Santa Cruz en Californie et, au lieu d'inculquer des connaissances préfabriquées, j'encourage le développement de l'esprit critique. Je me battrai toujours pour l'éveil des consciences : d'une perception lucide de l'oppression naît la nécessité d'abolir l'oppression...

Free Angela and All Political Prisoners, de Shola Lynch. Sortie le 3 avril.Icone de la lutte noire, à 69 ans, Angela Davis, professeur de philosophie, est toujours une militante : en faveur du droit des femmes et contre la peine de mort. 

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #4 le: 12 mars 2013 à 17:02:12 »
Yessssssssss  Raja  :fleur2: :fleur2: :fleur2: :fleur2:  tu ne peux pas t'imaginer comme cela me fait plaisir de voir citée cette femme qui fut , est et restera ma référence absolue .  Et depuis toute petite on me dit que je lui ressemble physiquement , une destinée  peut-être !





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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #5 le: 13 mars 2013 à 12:13:31 »
c'est une référence pour moi aussi, il était impossible pour moi de ne pas parler de ce docu sur elle, ça permettra à ceux qui ne la connaisse pas d'en savoir plus :super: :super:

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #6 le: 20 août 2013 à 11:43:15 »
ça commence à se voir que les femen sont des imposteurs.

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Amina Sboui quitte les FEMEN: "Je ne veux pas que mon nom soit associé à une organisation islamophobe"

Amina Sboui nous donne rendez-vous dans un petit café à Tunis. Avec deux de ses amies, elle parlait de livres, de féminisme et de politique. Elles se connaissent depuis plusieurs années. “On allait ensemble aux concerts de rock” disent-elles. À cinquante mètres du café, un tag: “Vous ne nous terrorisez pas. Si la révolution est un crime, alors nous sommes des criminelles”, signé Feminism Attack. “C’est nous! vous aimez bien le tag?” demande fièrement l’une des amies d’Amina.

Spontanées et à la recherche de repères, Amina et ses amies rêvent de “faire tomber le système”. Désormais, la jeune fille de 19 ans est “anti-partis politiques” quels qu’ils soient. “Le problème n’est pas le parti Ennahdha ou Rached Ghannouchi. Le problème c’est tout le système”, assure-t-elle.

Révélée suite à la publication de sa photo seins nus sur Facebook, Amina a été arrêtée à Kairouan le 19 mai 2013, après qu’elle ait tagué le mot FEMEN sur le muret d’un cimetière. Plusieurs actions du mouvement féministe ont eu lieu pour la soutenir. Le 29 mai, trois militantes étrangères des FEMEN ont été détenues pour une action seins nus devant le Palais de justice à Tunis. Près d'un mois plus tard, elles ont été condamnées à une peine de 4 mois avec sursis et quitté la Tunisie. Libérée le 1er août, après plus de deux mois en prison, Amina a finalement décidé de quitter le mouvement FEMEN qu’elle juge “islamophobe” et au financement “douteux”. Elle ne laisse pas tomber “sa" cause pour autant. Le 15 août, elle publie une nouvelle photo d’elle seins nus sur les réseaux sociaux. “Seins nus, avec le symbole anarchiste”, précise-t-elle. Amina surprend toujours. Interview.

Pourquoi avez-vous décidé de quitter le mouvement Femen?

Je ne connais pas les sources de financement du mouvement. Je l’ai demandé à plusieurs reprises à Inna (Inna Shevchenko, leader ukrainienne du mouvement, ndlr) mais je n’ai pas eu de réponses claires. Je ne veux pas être dans un mouvement où il y a de l’argent douteux. Et si c’était Israël qui finançait? Je veux savoir. Et puis je ne veux pas que mon nom soit associé à une organisation islamophobe. Je n’ai pas apprécié l’action où les filles criaient “Amina Akbar, Femen Akbar” devant l’ambassade de Tunisie en France, ou quand elles ont brûlé le drapeau du Tawhid devant la mosquée de Paris. Cela a touché beaucoup de musulmans et beaucoup de mes proches. Il faut respecter la religion de chacun.

C’étaient pourtant des actions pour appeler à votre soutien quand vous étiez en prison. Ne les avez-vous pas perçues comme telles?

Je les remercie de m'avoir soutenue. Surtout Joséphine, Marguerite et Pauline qui ont dû faire de la prison ici. Il y a eu de bonnes actions mais pas toutes. Elles auraient dû se renseigner auprès de mes avocats avant de faire certaines actions. Cela a aggravé mon cas. Un autre chef d’inculpation, “association de malfaiteurs”, a été émis à mon encontre alors que j'étais en prison.

Avez-vous annoncé aux Femen votre décision de quitter le mouvement?

Non. Elles ne vont peut-être pas apprécier mais bon, c’est comme ça.

Vous avez donc décidé de quitter les Femen mais vous avez publié une photo seins nus il y a à peine 4 jours...

Oui, une photo seins nus avec le A cerclé, symbole anarchiste. C’est différent.

Feminism Attack, un mouvement qui prône le féminisme et l’anarchie. Est-ce le mouvement dans lequel vous vous inscrivez aujourd’hui?

A vrai dire, je ne fais pas encore partie de Feminism Attack. Je réfléchis encore. Mais vous savez, pour moi le problème en Tunisie n’est pas le parti Ennahdha ou la personne de Rached Ghannouchi (leader d’Ennahdha, ndlr), le problème c’est tout le système. Si l’un de ces partis d’opposition gouvernait demain, ce serait la même chose. On le voit bien au sit-in du Bardo. Mon problème n’est pas de pouvoir porter une mini-jupe ici. Je sais que je pourrai toujours le faire. Mais que demain une femme puisse devenir Présidente de la République, que dans les milieux ruraux les femmes ne soient pas celles qui souffrent le plus.

Comment définissez-vous l’anarchie pour laquelle vous voulez militer maintenant?

L’anarchie ce n’est pas le désordre comme le pensent certains. L’anarchie ne veut pas dire tout casser, mais casser le système. Bien entendu, si un policier tire sur quelqu’un, je ne vais pas réagir en lui offrant un livre. L’usage de la violence est obligatoire parfois.

Avez-vous déjà prévu des actions avec Feminism Attack?
Nous avons des idées, mais nous réfléchissons encore. Nous communiquerons les actions au moment opportun.

Revenons à vos deux mois et demi passés en prison. Comment les avez-vous vécus?
Je pensais que j'allais rester sept ans en prison! J’ai essayé de créer mon propre monde. J'ai vécu en internat, donc je ne voyais pas trop de différence. La seule chose qui m'embêtait c’est que j'étais privée de lecture. Le deuxième jour de ma détention, j’ai fait une liste de 4 livres. Je suis sortie de prison et je ne les avais toujours pas reçus!

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #7 le: 08 novembre 2013 à 21:06:28 »
Once Again, a Black Person Is Shot and Killed While Looking for Help
(en anglais, désolée)
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Less than two months after Charlotte police shot and killed an unarmed man who was trying to find help after having a car accident, a woman is dead in Michigan under similar circumstances, shot in the head while reportedly searching for assistance late Friday night.


"Moins de deux mois après que la police de Charlotte ait porté des coups de feu mortels sur un homme sans arme qui essayait d'obtenir de l'aide suite à un accident de voiture, une femme est morte dans le Michigan dans des circonstances similaires, d'une balle dans la tête alors qu'elle cherchait de l'aide selon le rapport, vendredi tard dans la nuit.
Renisha McBride, une jeune fille de 19 ans originaire de Détroit, sans doute en train de chercher de l'aide, à frappé à la porte d'une habitation du quartier Heights de la ville de Dearborn, vers 2h30 du matin dans la nuit de vendredi à samedi. La famille McBride a déclaré que la jeune fille avait été victime d'un accident de voiture et que son téléphone portable était inutilisable. Au lieu d'accorder assistance et réconfort à la jeune fille, le propriétaire de la maison est sorti armé d'un fusil à pompe et lui à tiré dessus visant la tête. La chevrotine l'a frappée à l'arrière du crane, d'après la déposition de sa tante, alors que la jeune femme tentait de prendre la fuite. La police à déclaré que le corps de l'adolescente se trouvait sur le porche de la maison."


Bon, je m’arrête la pour la trad, je pense que c'est suffisant pour donner une idée de l'ambiance de merde, qui est dramatiquement pas du tout en train de s'arranger depuis que la justice de là bas à prononcé un non lieu pour l'assassin de Trayvon Martin.  8| :(

J'ai lu la nouvelle par l'intermédiaire de la time line tweeter d'une bloggeuse féministe que je conseille vivement: Ms Dreydful
« Modifié: 08 novembre 2013 à 21:09:19 par Lady Marwina »
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #8 le: 18 novembre 2013 à 00:20:18 »
Très bon doc sur une prof qui met en place des journées de sensibilisation très efficaces sur le racisme. C'est en anglais par contre.



Alors je vais tacher d'expliquer un peu pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais. (même si je ne dirais pas que je le parle ni le comprends bien, mais enfin j'ai choppé l'essentiel je pense)
L'exercice est celui des yeux bleus/yeux marrons.

Dès le départ, les personnes avec les yeux bleus sont affublés d'un col en tissu vert et envoyés dans une pièce à part ou il n'y a que 4 chaises (pour genre 15 personnes) Les personnes avec les yeux marrons sont installés sous une tonnelle bien éclairée, sur des chaises relativement confortables disposées de part et d'autres de chaises en bois. Les yeux bleus attendent sans savoir combien de temps il vont attendre ni pourquoi, ils n'ont aucune info. Simplement l'ordre de rester silencieux et un vigile qui les surveille (qui à lui-même les yeux marrons)

La prof explique aux yeux marrons qu'ils vont devoir jouer le jeu et se montrer infects au possible envers les yeux bleus. Ils vont devoir les dénigrer, ils vont devoir leur couper la parole, ils vont devoir faire tout ce qu'un bon gros racisme ordonne envers une catégorie opprimée. Un certain nombre de personnes blanches (et uniquement des blancs) se refusent à jouer l'exercice et protestent. Deux quitteront la salle. Les personnes non-blanches présentes, quand à elle, semblent songeuses et comprennent très vite l’intérêt de cet exercice.

Pour ma part, je pense que, s'il est extrêmement pédagogique de faire vivre à des blancs des situations ou ils sont victimes de ségrégation parfaitement injustes (donc ici basées sur la couleur des yeux) il est tout aussi fort et pédagogique de faire vivre à d'autres blancs des situations ou ils doivent sciemment faire ce qu'ils peuvent êtres amenés à faire inconsciemment dans la vie de tous les jours. On ne déconstruit pas le racisme en disant "mais moi je suis pas raciste" dans une société fondamentalement raciste ou nous naissons tous au milieu des poncifs racistes récurrents.
Mais bref.
Il est absolument primordial de préciser que l'intégralité des personnes présentes se disent non-racistes.
Cette introduction faite (elle dure deux heures, donc les yeux bleus attendent deux heures dans leur coin) les yeux bleus sont introduits et placés sur les chaises inconfortables ainsi que par terre, alors qu'il reste des chaises confortables du côté des yeux marrons. Lorsqu'ils tentent de s'y installer, ils sont sommés de se lever et d'aller rejoindre leur groupe.

Ensuite débute toute une série d'exercices et de mises en situations diverses ou les yeux marrons sont toujours avantagés par rapport aux yeux bleus. Ils sont écoutés lorsqu'ils répondent et félicités, tandis que les yeux bleues sont ignorés, etc. Chaque fois que l'un des yeux bleus parle, la prof se sert de ce qu'il dit pour démontrer qu'un des poncifs absurdes sur les yeux bleus qu'elle a énoncé arbitrairement est vrai.

Je me rappelle surtout d'un dialogue au moment ou ils prennent place, une des femmes aux yeux bleus n'ayant pas de chaise, je vous le refait de mémoire, mais le sens global est préservé:
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- Vous ne voulez pas vous asseoir par terre? Pourquoi? Vous ne pouvez pas, vous avez un problème ou quelque chose?
- Non non, je n'ai pas... Enfin, je pense que ça devrait aller si je m'assois par terre.
- Ça devrait aller peut-être ou cela va aller sûrement?
- Oui, oui cela va aller. C'est juste que...
- C'est juste que quoi? Classe, si je la laisse s'asseoir par terre et que par la suite elle a un problème. Qui croyez-vous qu'elle blâme pour ce problème?
- Nous!
- Voilà! Vous comprenez bien que je ne peux pas vous laisser vous asseoir par terre dans ces conditions, à moins que vous ne m'assuriez fermement que tout va bien aller pour vous.
- Oui, tout va bien aller pour moi.
- Ce n'est pas ce que vous m'avez dit en premier lieu. Cela confirme donc ce que je disais sur les personnes qui ont les yeux bleues. Classe: que sont les personnes qui ont les yeux bleues?
- Des menteurs!
- Voilà. Asseyez-vous ici par terre, ça ira.


Évidemment, les personnes aux yeux bleus sont assez rapidement un peu à cran. Mais, étonnamment, les personnes blanches aux yeux marrons aussi. Assez rapidement un débat s'engage sur le thème "oui mais en fait le racisme c'est pas ça, c'est pas vrai que les noirs vivent ça dans ce pays, en tout cas moi femme blanche je ne l'ai jamais vécu donc ils ne peuvent pas le vivre blah blah blah" (je caricature pour me moquer)
Et là, toutes les personnes non-blanches de l'assistance se relayent pour expliquer que si, le racisme existe et que, si, la ségrégation que sont en train de vivre les yeux bleus à ce moment la est parfaitement comparable en violence à ce que eux vivent tous les jours. Exemples précis à l’appui.
(Avec des passages très forts, mais il va falloir que je regarde de nouveau le doc pour le transcrire vraiment et pas seulement de mémoire. Sachant que je suis certaine d'avoir loupé pleins de trucs vu mon niveau d'anglais plus que perrave. Je ferais ça demain.)

Et il se passe alors ce phénomène d'un racisme éhonté, tous les blancs qui ont dénié la réalité du racisme (qu'ils ne vivent pas, donc, nous sommes bien d'accord) se liguent contre les non-blancs présent pour leur dire que si, ce sont eux (donc les blancs) qui savent mieux que eux (les non-blancs) ce qu'est le racisme dans ce pays, et en tous cas ce n'est pas ça, pas aussi violent et blah et blah. Malgré toutes les anecdotes.
La prof (NB: donc elle est blanche) y met provisoirement un terme en apostrophant la blanche qui se montre le plus active, je retranscris l'idée du dialogue (de mémoire, ce n'est pas le dialogue exacte donc, toujours):
Citer
- Mais non, ce qu'ils disent est faux, ce n'est pas comme ça. Et moi aussi j'ai vécu des dizaines de discriminations. Et moi je, et moi j'ai...
- Une seconde. Ce que vous êtes en train de me dire c'est que toutes ces personnes là, toutes ces personnes non-blanches qui vous disent toutes la même chose, mentiraient?
- Non c'est pas ce que je...
- Vous pensez donc qu'elles sont toutes paranoïaques et qu'elles s'inventent des histoires?
- ...
- Ou simplement peut-être n'avez-vous pas leur vécu, peut-être n'écoutez-vous pas vraiment...


Vient ensuite la pause de midi. Les yeux bleus sont casés dans un coin derrière des barrières avec des sandwich basiques tandis qu'un beau repas est servi aux yeux marrons. Les yeux bleus donc ont tout loisir de voir les beaux plats que les yeux marrons apprécient quand eux ont des pépitos. Ambiance.

Il y a de nouveau une discussion entre une blanche et une non-blanche sur la justesse de la comparaison des ségrégations virtuelles de l'exercice et réelle de la vie de tous les jours dans un pays fondamentalement raciste. Une fois de plus, la personne blanche explique à la non-blanche que non, le racisme ce n'est pas aussi grave qu'elle le dit et qu'elle exagère. La prof vient y mettre un terme en appuyant les propos de la non-blanche. Dans la vidéo, à ce moment, il est absolument criant que la blanche écoute la prof en raison de son statut, et n'écoutait pas la non-blanche en raison d'un réflexe raciste inconscient. Sérieusement, c'est presque effrayant. (Je vous dis pas question remise en cause de ses propres agissements)
C'est à ce moment de la vidéo que la prof à une phrase très forte pour se moquer de la jeune femme blanche (je transcrit encore une fois l'idée):
Citer
- Bien! Le jeu ici est terminé, il n'y a plus de question de couleurs d'yeux. Bon, il va falloir expliquer à ceux de dehors qu'il n'y a plus non plus de question de couleur de peau...


Ensuite le cours reprend et un test est distribué. Le test est truqué: les yeux marrons ont la moitié des réponses justes déjà complétées, et les yeux bleus des questions plus dures ou quelque chose comme ça. En bref: le groupe discriminé est délibérément mis en situation d'échec.
Une des personnes blanches aux yeux marrons (celle dont je parle plus haut dans le paragraphe sur le repas) permet à l'une des personnes aux yeux bleues d'échanger sa feuille de test avec la sienne propre, se lésant du coup au profit de l’opprimée du jour. La prof le voit et accuse les deux tricheuses de compromettre tout l'exercice, prenant à parti la classe (c'est à dire les yeux marrons) qui la suivent et shament les coupables. Malgré les protestations de la jeune fille aux yeux marrons qui explique que tout cela est injuste car ils ont eu droit à la moitié des réponses. Je crois que la prof lui répond quelque chose comme "c'est aussi injuste que ce qui se passe habituellement à l'extérieur" mais je ne me rappelle plus exactement.

À un moment, dans la suite, une des personnes aux yeux bleus fait une courte intervention pour remercier la prof, expliquant combien cette journée lui a été profitable et combien elle a appris sur le racisme et ses dangers grâce à l'exercice. Elle la remercie avec une sincérité qui fait plaisir a entendre.

Avec la fin de la journée se tient une sorte d'interview avec l'un des psy-sociologue (ou je sais pas) qui observait l'exercice.
Je me rappelle de quelques moments forts, je cite toujours de l'à peu près de mémoire NB:
Citer
- Avez-vous honte d'être blanche?
- Non. pourquoi aurais-je honte de ma couleur? Je n'y suis pour rien.
- Pensez-vous que vous devriez, en temps que blanc, avoir honte de quelque chose?
- Nous devons travailler pour nous rendre compte des oppressions liés au racisme, afin de les combattre. Nous vivons dans un pays fondamentalement raciste. Dès notre naissance, et même avant notre naissance, on nous apprends à être racistes. Il faut déconstruire ces schémas.
- Ne pensez-vous pas que vos méthodes sont un peu violentes?
- Ne pensez-vous pas que le racisme est un peu violent?
- Pourrions nous rester dans le protocole habituel ou c'est moi qui pose les question, s'il vous plaît?
- Non, non nous ne pouvons pas. Dites moi si vous ne trouvez pas que la véritable violence se trouve à l'extérieure de cette salle? Ici, la ségrégation prendra fin avec cette journée. Au dehors, elle ne prend jamais fin. Alors? Où est la violence?
- Bien, mais ne pensez vous pas que vos méthodes vous donnent une mauvaise image?
- Je me contrefiche de ce que l'on pense de moi.
- Comment ça, mais vos méthodes, ce que l'on en dit...
- Je m'en contre fiche. On peut penser de moi ce que l'on veut. Mon seul problème est de raviver des conscience, de faire que quelque chose se passe dans l'esprit des gens qui participent à cet exercice, qu'un déclic ait lieu. Qu'ils comprennent en quoi consiste véritablement le racisme, et ce qu'il produit sur l'être humain qui en est victime. Et c'est strictement tout ce qui m'importe.


Voilà... Voilà...
Bon, long commentaire s'il en est. J'espère avoir été suffisamment fidèle pour vous donner une bonne idée de ce qu'il en retourne. Je vous conseille sincèrement de regarder ce documentaire, même si vous ne parlez pas très bien l'anglais. Il est vraiment extraordinaire.

Voici en lien une autre vidéo concernant cette prof, cette fois dans un lycée (je pense) en tous cas l'exercice se passe avec les adolescents.

Je vous grou tous.
« Modifié: 19 novembre 2013 à 16:06:23 par Lady Marwina »
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #9 le: 18 novembre 2013 à 13:40:44 »
 :super: alors lady merci pour tout ce travail, merci de permettre à tous d'avoir accès à une traduction suffisante pour bien abordé ce que tu nous proposes. :fleur2:

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #10 le: 19 novembre 2013 à 14:26:46 »
Grou Raja.  :fleur2:

DONC la transcription des dialogues que je n'avais pas suffisamment clairement en tête pour les transcrire de mémoire. (Je m'en vais écrire une note à ce propos, par ailleurs.)

Citer
Nous allons être des saloperies racistes envers ces gens et nous allons espérer qu'à la lumière de ce vécu, ils n'agiront plus jamais ainsi envers d'autres personnes.
Aka la magnifique phrase d'introduction de la séance du côté du groupe désigné pour jouer le rôle des oppresseurs. Elle explicite son propos:
Citer
Si vous vous comportez de manière aimable envers les yeux bleus lors de cet exercice, ils ne comprendront pas la réalité de ce que vivent les personnes victimes de racisme. Vous ne pouvez pas être polis, car il n'y a strictement rien à voir entre la politesse et le racisme.
Dans les premiers échanges, un gars aux cheveux clairs proteste, se sentent mal à l'aise par rapport au rôle qui lui est arbitrairement dévolu (puisqu'il a des yeux marrons). Elle le fait s'installer au dernier rang, en lui faisant changer de place avec un jeune homme noir.
Citer
- Mais pourquoi?
- Parce que je vous ai dit de changer de place. C'est la seule raison dont vous avez besoin pour obéir.
- Oui sergent... Madame, bref, soit.
(s'adressant de nouveau à la classe)
- Certains de ces blancs pourraient ne pas voir, ne pas comprendre, ne pas sentir qu'ils sont agressées verbalement et psychologiquement dans un premier temps. Parce qu'il sera difficile pour les blancs qui sont ici parmi nous de les décrire, de les juger, de les dénigrer ouvertement et volontairement. Vous saisissez le message? Bon, si vous trouvez cet exercice trop immonde pour que vous vous sentiez capable d'assumer pleinement le rôle qu'est le votre, vous n'avez rien à faire ici.
- Je... J'aurais préféré être du côté des personnes aux yeux bleus, que du côté des oppresseurs.
- Je me contre fiche complètement du côté où vous préféreriez être. Bien. Allez-vous coopérer ou pas?
- Oui oui, tout ce que je dis est que j'aurais vraiment préféré être...
- Je vous demande si vous allez coopérer ou pas.
- (une femme noire prend la parole) C'est un exercice pour leur permettre de comprendre: "voici ce qu'il vous arrive en raison d'un trait relevant purement de l'apparence" (elle fait le geste de se désigner elle-même en disant ces mots) C'est une stratégie pédagogique visant à leur apprendre quelque chose.
- (le gars essaye de lui couper la parole, parlant en même temps qu'elle, je ne saisis pas bien le début de sa tirade) mais il pourrait aussi bien y avoir un libre choix du groupe et alors...
- (elle lui coupe la parole) Avez-vous eu le choix? Moi, je n'ai pas choisi d'être une femme noire. Cela me fut arbitrairement imposé à mon arrivée dans ce monde: "tu es une femme noire".
- (il lui coupe à moitié la parole) Le choix dont je parle est celui que l'on peut faire en décidant en conscience d'être un oppresseur, d'être quelqu'un qui marginalise ces gens...
- (la prof lui coupe à son tour la parole) Stop. Attendez une seconde. Je n'ai vraiment pas du tout le temps de convaincre ce jeune homme que ce que nous faisons ici est juste. Il n'y a pas moyen que je perde mon temps à lui expliquer et il n'y a juste pas moyen que nous nous attardions d'avantage la dessus. Sortez-le moi d'ici. (un vigile s'avance vers lui, elle poursuit) Bien. Est-ce que quelqu'un d'autre parmi vous veut partir? Car voilà vos options: vous allez coopérer ou bien vous allez nous quitter. C'est aussi simple que cela. Je n'ai pas de temps à accorder aux crétineries.
(le gars se met encore à parler en même temps qu'elle alors que le vigile le raccompagne, je n'ai pas très bien saisi mais en gros il l'accuse de faire le choix de forcer des gens à discriminer d'autres gens ou quelque chose du genre, ce qui est effectivement d'une crétinerie sans nom dans le cadre d'un exercice ou le concept est de forcer selon des critères physiques arbitraire des gens à en discriminer d'autres sciemment.)
Une autre des personnes présentes se barre. (une blanche, évidemment).

Reprise:
Citer
- Bien. Si vous pensez que j'ai été très dure avec ces personnes, vous n'avez encore rien vu. Parce que le groupe des yeux bleus va entrer ici et ces gens vont essayer de discuter, d'exprimer leurs points de vue. Allez-vous les soutenir? (à l'ensemble de la classe) Allez-vous les soutenir? (désignant cette fois l'une des personnes présentes)
- Non.
- Vous?
- Non.
- Vous?
- Non.
- Non, effectivement. Voilà ce qu'il va se produire: tout ce que j'attends de vous c'est que vous agissiez comme des blancs. (désignant un des blancs de l'assistance) Vous par exemple! Vous savez comment agir comme un blanc, vous avez fait ça toute votre vie. Et vous, vous savez comment agir comme un blanc? Bien sur que vous savez!(désignant un autre) Vous, vous savez? (toujours à un autre blanc) Et vous, est-ce que vous savez? (désignant cette fois un jeune homme noir).
- Pas vraiment...
- Eh bien... (rires des personnes noires présentes dans l'assistance) Pouvez-vous le faire si vous le deviez?
- (une partie de la réponse est rendue inaudible par les rires qu'elle ravive) Oui... J'imagine. (il se retient de rire, les rires des autres masquent un peu sa réponse)
- Et vous, pensez-vous pouvoir vous comporter comme un blanc? (à l'adresse d'un autre noir)
- Bien sûr!
- Bien sûr que vous savez! Vous savez que vous pouvez le faire et je sais que vous pouvez le faire...

Flash-back d'une séance de cette exercice se déroulant en Australie en 2002. La prof se moque de la réponse donnée à une question simple par l'une des jeunes-femmes du groupe discriminé. Voix off: "Une fois qu'ils ont étés suffisamment impactés par les discriminations exercés à leur encore, ce qu'ils apprennent peut être une véritable révélation":
Citer
- Qui est responsable du fait que vous soyez sur la sellette en cet instant?
- C'est moi.
- Merci beaucoup! Bien. Est-ce que cela vous enseigne quelque chose?
- Oui. Qu'il me faut vous écouter.
- Est-ce tout?
- Que je dois me soumettre à ce que vous exigez de moi et non pas revendiquer ce que je suis.
- Oui... Oui. Est-ce que cela vous enseigne quelque chose?
- Que je suis insignifiante.
- Oui. Est-ce que cela vous enseigne quelque chose?
- Oui?
- Et qu'est-ce que cela vous enseigne?
- Que je suis inutile.
- Qu'est-ce que cela vous enseigne? Si je peux parvenir à vous convaincre que vous êtes inutile en seulement 45 minutes, qu'est-ce que cela serait si j'avais pu vous faire subir tout cela pendant... Hum, mettons 30 ans? 40 ans?
- Cela m'aurait complètement fait perdre de vue ma valeur et ce que je suis réellement. (émotion dans la voix)

Un peu plus loin dans la séance, elle fait se lever deux personnes. Un homme du groupe des yeux bleus et une femme noire de l'autre groupe.
Citer
- Vous! Levez-vous et venez vous placer à mes côtés. Vous, vous.. Venez également. Je veux que vous, gentils petits gens aux yeux bleus et à la peau blanche, parveniez à comprendre ce que cela fait d'être dans la position de ceux qui sont victimes des discriminations que nous autorisons tous et laissons faire envers chacun des membres de tout un groupe de personnes, chaque jour! Aucun d'entre vous ne vit ce qu'elle vit!
- (La jeune femme noire prend la parole) Vus ne pouvez pas argumenter contre le vécu d'une personne.
- Non, non, non... (elle fait des gestes à l'adressant au blanc qui est juste à côté d'elle et qui fait quelque chose hors champ)
- Si vous ne pouvez comprendre la réalité dans laquelle vit l'autre, que vous évitez de faire face à cette réalité, vous être une partie du problème. Parce qu'alors vous ne pouvez pas avoir envie de changer les choses. Changer quoi? ...
On passe alors sur un passage ou cette même personne est interviewée et donne des exemples très concret d'attitudes racistes.

Retour dans la salle de l'exercice, ou donc une blanche whitears à fond en expliquant à la femme noire qu'elle raconte des conneries, est complètement parano et que le racisme n'existe pas vraiment. Un peu plus tard, cette même femme expliquera à la caméra tout ce qui fait qu'elle est discriminée en temps que blanche et elle réussira l'exploit de citer tout et n'importe quoi, excepté la seule vraie source d'oppression qu'elle vit: cad le fait d'être née femme.

Durant le repas l'une des blanches du groupe des yeux marrons discute donc avec la femme noire.
Citer
- (...) Je ne veux pas jouer le jeu parce que je ne veux pas voir des personnes être discriminées. Vous dites juste...
- (tente de lui couper la parole) Mais enfin, j'ai bien conscience que...
- (ignore l'intervention) ... Juste parce que vous êtes noire que seule les personnes noires sont victimes du racisme. J'ai grandit dans un pays (elle mâche ses mots et je pige rien) mais je comprend ce qu'est le racisme aussi bien que vous pouvez le comprendre! Je n'ai pas besoin d'avoir la peau noire pour savoir ce que peut ressentir une personne qui a la peau noire, vous n'avez pas à être blanche de peau pour... On a toujours le choix d'être en empathie avec les autres...
- Au début quand nous avons commencé, la plupart des yeux bleus étaient dans le déni le plus complet. À présent certains se sont remis en cause et ont revu leurs opinions quand d'autres sont restés complètement fermés sur la question. Pour ces derniers, c'est parce qu'ils refusent strictement d'essayer de rentrer dans notre peau... (ensuite elle se fait couper la parole et je ne comprends plus rien, la prof arrive et fait de grands gestes pour couper le siffler de l'autre.)
- Bien. Voilà ce qu'il se passe. L'exercice est à présent terminé. Comprenez-vous bien cela? Parce que les blancs ne le comprennent pas.
Je réalise en transcrivant de manière plus précise ce passage que j'avais fait un léger contresens sur ce dialogue (je transcrivait de mémoire et j'ai du mélanger avec un autre passage ou la prof dit effectivement que l'exercice est fini ici, mais qu'il faudrait prévenir les gens au dehors qu'il est finit aussi ailleurs). Lorsqu'elle dit "Comprenez-vous bien cela? Parce que les blancs ne le comprennent pas." en s'adressant à cette jeune femme blanche, elle lui met en vérité le nez dans l'attitude particulièrement raciste qu'elle dégage (elle "agit comme une blanche" envers la jeune femme noire) dans cette conversation, en niant devant toute les évidences le vécu d'expérience que cette femme noire essaye de lui expliquer entre deux moments ou elle se fait couper la parole.
La jeune femme blanche part en pleurant, sans comprendre ce qu'elle a fait de mal. Elle n'arrive pas à concevoir que, sur le sujet du racisme, elle ne peut pas parler d'expérience et ne peut pas savoir intuitivement et par magie ce que ceux qui ne sont pas aussi blancs qu'elle peuvent vivre au quotidien.
Dans l'interview qui est fait d'elle par la suite, on peut constater qu'elle est toujours complètement à côté de la plaque, persuadée qu'elle est 100% pas-raciste.

Un peu plus tard c'est elle qui permettra à l'une des personnes aux yeux bleus d'avoir ses réponses au test truqué mis en place par la prof. S'en suit une discussion:
Citer
- Attendez juste une fichue seconde! Vous pouvez, en temps que femme blanche, empêcher les personnes blanches de peau d'apprendre, et ce aussi longtemps que vous vous auto-persuaderez que vous avec tout compris à la vie. (puis, la désignant de la main tout en s'adressant à la femme noire avec qui elle discutait tantôt)
- Cette cruche a-t-elle apprit quelque chose aujourd'hui?
- Elle empêche tous les autres d'apprendre ce qu'ils doivent...
- Elle met beaucoup de volonté à saboter l'exercice, n'est-ce pas?
- Clairement.

Je passe sur les conneries que débite la professionnelle des whitears pour sauter directement à un autre bout d'interview de cette jeune femme noire.
Citer
Je me suis déjà retrouvée dans des situations ou des gens racontent une blague pourrie et, vous savez, tout le monde en rigole et... Et personne ne réalise que la blague était raciste. Sauf moi, évidemment. Alors voyez-vous, on peut très bien se retrouver dans des circonstances ou... Phiouu (fait le geste de quelque chose qui passe au dessus de sa tête avec la main) Ou tout ça vous passe complètement au dessus de la tête... Parce que cela ne vous affecte pas directement. Et parce que cela ne vous affecte pas directement alors... Cela n'existe pas. Mais ce n'est pas le cas dans la réalité. Simplement, vous ne vous en rendez juste pas compte.
« Modifié: 19 novembre 2013 à 14:31:02 par Lady Marwina »
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #11 le: 05 décembre 2013 à 22:13:10 »
Le concept foireux de racisme anti-blanc déconstruit dans un sketch (excellent)

Citer
Le racisme anti-blancs, ou « racisme inversé », est au coeur de ce génial sketch par l’humoriste Aamer Rahman. Un must-see.

Aamer Rahman, comédien de stand-up australien originaire du Bangladesh, fait partie du duo Fear of a Brown Planet aux côtés de Nazeem Hussain. Dans un sketch mis en ligne le 28 novembre, intitulé Reverse Racism (le racisme inversé), il aborde ce qu’on appelle en France le « racisme anti-blancs ». Et c’est une petite pépite.

Le voici, avec sa traduction :

    Beaucoup de gens n’aiment pas mon humour. Enfin… beaucoup de gens BLANCS n’aiment pas mon humour. Beaucoup de gens blancs me disent :

    — Hey, Aamer. Tu montes sur scène, tu fais des blagues sur les Blancs. Tu dis « les Blancs ceci, les Blancs cela ». Et si je faisais pareil, hein ? Et si je montais sur scène pour dire « les Noirs sont comme ci, les musulmans sont comme ça » ? Tu dirais que je suis raciste, pas vrai ?

    Et je réponds… oui. Oui, je dirais ça. Vous ne devriez pas faire ça, c’est mauvais pour votre santé. Et ils me disent…

    — Ouais mais toi tu le fais Aamer ! Tu montes sur scène, tu dis tes blagues sur les Blancs. Tu trouves pas que c’est un peu raciste aussi ? Tu penses pas que c’est…

    TINTINTINNNN !

    — Du racisme inversé ?

    Non. Je ne pense pas que ce soit du racisme inversé. Pas parce que je pense que le racisme inversé n’existe pas, hein ; certaines personnes sont 100% convaincues que le racisme inversé n’existe pas, mais je ne suis pas d’accord. Je pense que le racisme inversé existe. Et je pourrais être un « raciste inversé », si je le voulais.

    J’aurais juste besoin d’une machine à remonter le temps. Je monterais dans ma machine à remonter le temps, et je reviendrais dans le passé, avant que les Blancs ne colonisent le monde.

    Je convaincrais les peuples d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient, d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud de les coloniser, d’occuper leurs pays, de voler leurs terres et leurs ressources.

    Je mettrais en place un genre de, je sais pas… de commerce basé sur l’esclavage, où par exemple on exporterait des Blancs pour les faire travailler sur des rizières géantes en Chine.

    En gros, je les détruirais pendant quelques siècles, assez pour que leurs descendants veuillent émigrer dans les pays d’où viennent les gens noirs et basanés. Mais bon, bien sûr, à ce moment-là, j’aurais déjà mis en place des systèmes qui privilégieraient les gens noirs et basanés à tous les niveaux économiques et sociaux, pour que les Blancs n’aient jamais l’opportunité de construire leur avenir.

    Tous les vingt ou trente ans, je mettrais en place une guerre bidon, histoire d’avoir une excuse pour les bombarder jusqu’à les faire revenir à l’âge de pierre, en disant que c’est pour leur bien parce que leurs cultures sont inférieures.

    Oh, et juste pour le fun, je soumettrais les Blancs aux critères de beauté noirs, histoire qu’ils finissent par haïr la couleur de leur peau, de leurs cheveux, de leurs yeux.

    Si j’avais des centaines et des centaines d’années de ça derrière moi, et que je montais sur scène pour dire « Hey ! C’est quoi leur souci aux Blancs ? Pourquoi ils savent pas danser ? », là, ce serait du racisme inversé.
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #12 le: 06 décembre 2013 à 12:39:37 »
excellent :frime1:, j'ai vu ce sketch il y a quelques jours et je suis contente que tu le poste :super: :super:

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #13 le: 06 décembre 2013 à 21:56:50 »
Concernant la perception du racisme, j'ai juste envie de vous raconter une petite anecdote que je ne crois pas avoir déjà narrée sur le fofo :

A cette époque-là je travaillais dans l'archipel du Cap-vert. Un soir, après une longue journée de boulot, je croise un pote qui lui aussi avait la tête de quelqu'un dont la journée a été longue (un gars très noir, en l’occurrence je vous dis ça juste parce que c'est ici, en France, que je raconte l'anecdote .... là-bas franchement ce n'est qu'un façon de décrire quelqu'un pour qu'on le reconnaisse "très noir, ou plutôt clair, petit ou grand, avec ou sans lunettes ....)
Le midi j'avais croisé , à une terrasse où je prenais un cafezinho un coopérant français incroyablement raciste et imbuvable.

Je lui dis (au pote) : - ça doit vraiment être pénible de partager un bureau avec Machin, non ?
Lui - Non, pourquoi ?
-Ben , j'l'ai croisé ce midi, il est raciste à un point incroyable.
- oui, je sais, mais bon du moment qu'il fait le boulot pour lequel il est venu ici, et qu'il ne m'empêche pas de faire le mien, moi j'm'en fous !
Moi - ....  8|.... :taistoi: ????
- Ben, oui ! Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Il faut vraiment être très con pour défendre ce genre de point de vue, non ? Je vais pas mettre d'énergie pour le faire changer d'avis ... il n'a qu'à rester avec sa connerie ! Ce n'est pas mon problème.

J'en suis restée les bras ballants.
Mais depuis j'y repense souvent !

Il faut dire que ça se passait dans un pays où, si le racisme est connu et "compris", cela reste quelque chose pour lequel les gens ne se sentent absolument pas concernés personnellement. (les seuls débats un tant soit peu passionnés que j'ai pu y avoir à ce sujet, c'était toujours parce que dans les présents il y avait des capverdiens qui avaient vécu à l'étranger ..... et je crois d'ailleurs avoir raconté ici, il y a déjà longtemps, que de ce point de vue la France leur semblait, comparativement, un pays très peu raciste ; le pire étant pour eux la Russie, suivie de près par l'Allemagne. Et ce qui m'avait sidérée est que dans leur palmarès Cuba était paradoxalement vécu comme plutôt raciste (plus que la France en tout cas) avec comme indicateur fort que dans les rues on ne croise jamais de groupes d'amis de couleurs différentes marchant ensemble, et très peu de couples mixtes)
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
Warren Buffett

"l'homme a cherché Dieu et pour son malheur il a trouvé les religions".
Theodore Monod

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #14 le: 10 décembre 2013 à 15:37:13 »
Le racisme ordinaire dans la publicité. (il faut cliquer sur le lien pour accéder à la vidéo qui illustre l'article)

Citer
Pénélope Bagieu et le racisme ordinaire dans la pub

C'était le 2 décembre dernier, au Théâtre du Rond-Point à Paris. Aurélie Filippetti y avait organisé une Soirée de mobilisation du monde de la Culture contre la xénophobie, avait convié des artistes et des intellectuels à réagir après les attaques racistes dont fut récemment victime Christiane Taubira.

Pénélope Bagieu, dessineuse de bédés et auteuse d'une récente bédé dénonçant les dangers du chalutage profond (@si en a parlé par là), raconta à cette occasion son expérience de dessineuse de pub dans un monde ou les Noires ne sont pas noires mais métisses, où les Arabes ne sont pas arabes mais méditerranéennes, et où les blondes sont ultra-connes. À écouter et réécouter, à voir et revoir (via Golem13).

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #15 le: 20 décembre 2013 à 10:30:18 »
Patric Jean (de Zéromacho) à fait ressortir sur son blog un vieux test perrave datant de 2009. Il est complètement craqué... Kultur du viol powaa.
Ça met vraiment le doute sur ses intentions réelles. Bon, sur sa compréhension des problèmes touchant les femmes beaucoup n'avaient déjà pas trop de doutes. Mais là, bon, il à craqué grave. Sérieux.

J'ai fait une réponse sur mon propre site. Voilà.
Citer
Lettre ouverte à Patric Jean

Sérieusement, ce test sur votre site, qui date de 2009 "Combien est-ce que tu vaux?" est juste gravement problématique. Il est culpabilisant pour les femmes et tellement à côté de la plaque que cela en est effrayant. Je veux bien croire qu'en temps qu'homme, il ne vous est pas naturel d'envisager le point de vue d'une femme sur la chose. Aussi, je vais vous demander de prendre quelques minutes pour me lire, car je vais vous faire la faveur de tenter de vous éduquer un peu.

1-Lorsque, adolescente, lors de ma première relation amoureuse, mon petit ami menace de me quitter pour sortir avec ma meilleure amie si je ne couche pas avec lui :


À 15 ans, je rêvais comme la plupart des ado de faire tourner la tête des garçons. À 15 ans, je rêvais de tomber amoureuse. Cela n'a pas été le cas, bien sur, mais si j'avais eu un petit ami à cette époque, cela aurait été avec cœur et dans l'idée de vivre le grand amour, un amour qui durerait toute la vie, comme dans les contes de fées. Je n'y aurait renoncé pour rien au monde. S'il m'avait menacé de la sorte, je n'aurais eu d'autre exigence que le préservatif. Par peur de le perdre. Parce que, dans notre monde monsieur Patric Jean, une ado larguée est une ado humiliée. Dans notre monde, une ado qui refuse de coucher est un ado qui va devoir faire avec les calomnies que l'éconduit fera circuler sur elle. Car c'est ce que les ados capables de faire ce genre de chantage font quand ils n'obtiennent pas gain de cause.

Je vous l'affirme haut et fort: il est naturel qu'une jeune fille préfère se forcer à coucher plutôt que d'affronter la honte, le lendemain, de sa réputation salie à travers tout le lycée parce qu'il aura de toutes pièces inventé un mensonge immonde dans lequel se mêlent fantasmes et scènes tirées de films de cul.

On voit que vous n'avez jamais craint qu'un connard sexiste ternisse votre réputation en vous faisant passer pour la plus grosse salope vénale du lycée.

2-Lors de mon premier entretien d’embauche, le DRH me fait comprendre que mon corps lui plaît beaucoup :

Lorsque j'étais en première année de fac d'Arts Plastiques, j'ai posé pour une amie. Le prof de photo à vu son travail et m'a bercée de compliments, me faisant miroiter l'opportunité d'une expérience enrichissante en temps que modèle ayant voie au chapitre, une sorte d'association d'artistes ou je pourrais l'aider en prenant part au processus de création artistique. Il y aurait eu mon nom sur les affiches de l'exposition. Il avait la cinquantaine passé, j'avais 18 ans, j'étais vierge, j'étais naïve, c'était pour l'Art. Il m'a manipulé sans aucun problème. Il à abusé de moi, des attouchements. Si ma mère n'était pas intervenue, car même à 300km elle a vu venir le truc, sans doute serait-il allé jusqu'au bout de son idée.

Sincèrement, comment croyez-vous que se passent les relation de domination dans les entretiens? Avez-vous déjà été sollicité par un DRH excité par votre corps? Vous n'avez pas seulement le début de la moindre idée de comment les prédateurs sexuels s'y prennent pour endormir la méfiance de leurs victimes et les entraîner doucement sur la pente du renoncement à tout.

3-Au restaurant, quand une femme dîne avec un homme et que la femme paie pour les deux, je trouve cela :

Cette question n'est plus pertinente depuis les années 50. Mettez votre logiciel à jour.

4-Le soir, au moment de me coucher, alors que suis très fatiguée, mon mari me demande une (petite) fellation :


Un époux qui se permet ce genre de chose sans se soucier vraiment du consentement de son/sa partenaire est de base dans une relation de couple pas très saine.
À part cela, merci d'invisibiliser toutes les personnes qui ne sont pas cisgenre et hétéro, en temps que bisexuelle j'apprécie divinement. Vous tenez le bon bout.

5-Un homme qui ne m’attire pas du tout m’offre une bague très chère.


Personnellement, je l'accepte, le remercie chaleureusement et la met de côté dans le but de la revendre le jour ou cela s'imposera. Si il tente quoi que ce soit, je l'envoie paître. J'accepte plus facilement les cadeaux que les avances sexuelles et je ne vois pas pourquoi je considérerais qu'une bague hors de prix m'engage d'une quelconque manière, s'il a décidé de dépenser des fortunes pour un sourire et un merci, ça reste encore son problème.

6-Mon mari bosse comme un fou, soirées et week-ends compris. En somme, je vis telle une mère célibataire :

Encore une question qui n'a aucun sens pour toute personne non cisgenre hétérosexuelle. Bon, ce n'est pas un scoop sinon mais vous excluez aussi les quelques foyers ou c'est le père qui s'occupe des enfants. Vous excluez également les foyers ou il n'y a pas d'enfants.

Pour le reste, cette question est particulièrement infamante pour tous les foyers de travailleurs pauvres, ou l'on ne choisit en rien ses horaires de travail et ou l'on prend ce qu'il y a, tant que l'on peut. Elle est également infamante pour toutes les personnes qui travaillent dans la restauration ou autre métier très prenant du genre, surtout si elles sont à leur compte. Mes voisins qui tiennent un restaurant sont dans ce cas, ils travaillent tout le temps, je vois les lumières de la salle principale s'éteindre vers les minuit presque tous les jours. Je sais qu'elles se rallument vers les sept heures du matin. Voilà... Et pourtant, ils s'aiment, ils sont heureux d'être ensemble et épanouïs dans leur amour.

Vous leurs crachez au visage avec cette question.

7-Je viens d’être expulsée de mon appartement. Un copain me propose de m’héberger… dans son lit :


Ce cas de figure s'est présenté à moi, à cette différence près que je n'ai pas été expulsée, je venais juste de plaquer mon concubin de l'époque qui m'avait violée. Un ami m'a proposé de m'héberger, et oui, dans son lit, et oui, j'ai accepté.

Il n'a jamais rien tenté de désobligeant. J'ai un peu flirté avec sa petite amie de l'époque, puis il a rompu, j'ai posé nue pour sa nouvelle petite amie puis j'ai eu une aventure avec une autre fille dans son lit, lors d'une soirée bien arrosée. Je n'avais rien bu mais j'étais la seule dans ce cas, et lui empêchait un des garçons de monter dans la mezzanine ou nous nous envoyons en l'air avec cette amie. Ce jour là reste gravé dans ma mémoire comme le jour ou j'ai pété mon record de l'époque en matière d'orgasme tout en réalisant le pire cauchemar de l'homme qui m'avait violée. C'était trop bon.

Ah... Mais attendez, ce n'est pas ce que sous entendait votre question, c'est ça? Apprenez à utiliser les bons mots, alors, pas de chichis entre nous et dites: il vous propose l'hébergement en échange de relations sexuelles.

Eh bien, après avoir passé un an en concubinage avec un homme qui me violait, pensez-vous vraiment que j'aurais pu avoir la force de résister si je m'étais retrouvée dans un plan de ce genre? Pensez-vous vraiment que j'aurais pu faire le choix de préférer la rue à un autre lit, puis un autre, encore un autre?

Je vais vous expliquer ce que cette société fait aux femmes. Elle leur fait croire que le meilleur moyen de briller, c'est d'être sexuellement attirantes, et, une fois cela acquis, elle les jette dans un monde ou le sexe, c'est trooo swag et les livre à des hommes à qui personne n'a jamais appris l'importance du consentement (voir de l'orientation sexuelle) de l'autre. Certaines ont de la chance et ne se font jamais violer, elles ont des ennuis bien sur: harcèlement de rue, insultes, pressions, parfois elles se retrouvent dans des situations vraiment bizarres et s'en sortent sans trop de dommages parce que la chance. Les autres croisent la route d'un homme qui croit que "non" c'est juste un mot pour pimenter la situation.

C'est ainsi que l'on apprend aux femmes à considérer leur propre consentement et leur propre désir sexuel comme un "plus" dans la relation.

C'est ainsi que l'on apprend aux femmes à céder aux avances, même lorsque nous n'en avons pas l'envie.

Et, cette blague, vous pensez que, dans ces conditions, je choisirais la rue plutôt que de céder à un homme? Mais lol mon pauvre ami!

J'ai une majorité de "A", je suis donc une femme vivant dans un monde de relations exclusivement superficielles et vénales. Eh bien, sachez que je vous retourne le compliment, en toute amitié.
Et je me réjouis que vous n'ayez trouvé que sept questions. Une huitième aurait sans nul doute été vraiment de trop.

« Modifié: 20 décembre 2013 à 10:32:16 par Lady Marwina »
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #16 le: 20 décembre 2013 à 10:47:16 »
j'aime bien certaines prise de position de patric jean et son film mais là c'est ridicule. J’espère qu'il va la lire  :super: :super: merci pour ce partage Lady.

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #17 le: 20 décembre 2013 à 10:57:55 »
Oui, moi pareil. Il lui arrive de dire des choses bien. Le problème, c'est qu'il se retrouve invité de partout et du coup un homme cis blanc prend la parole et prend la parole sur des sujets ne touchant que les femmes, et comme d'habitude, c'est au détriment de la parole des femmes elles-mêmes.  :aille:
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #18 le: 20 décembre 2013 à 11:11:17 »
je partage totalement ton avis, il était dans l’émission de taddei sur la question de la prostitution et de la criminalisation du client et il a monopolisé la parole et de façon agressive en plus...c'est toujours pareil, chut mesdames les hommes parlent.

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #19 le: 07 janvier 2014 à 22:54:16 »
Miaou.

Je viens de lire un très bel article sur le sexisme ordinaire écrit par une jeune photographe.

Je vous mets un extrait pour vous donner envie  :coeur:

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Dernière anecdote sur le sujet : Je visitais une exposition lors du Festival des Rencontres Photographiques d’Arles, appareil photo en bandoulière… Un quinquagénaire lui aussi photographe a voulu me complimenter. Il m’a un peu tourné autour, m’a dévisagée, puis il a pointé du doigt mon appareil et m’a dit "Avec un physique comme le vôtre, vous feriez mieux d’être de l’autre côté de l’appareil".
Ça se voulait très certainement gentil et inventif. N’empêche que ça m’a agacée (j’ai quand même marmonné un merci poli, je suis extrêmement bien élevée. Coucou maman !) Pourquoi ? Parce que quelque part, ce "vous feriez mieux" sous-entendait que ce que je pouvais photographier ne serait de toute façon pas à la hauteur. Et qu’un physique, quand on est une femme, on a le devoir de l’exploiter.
Je ne connais aucune femme qui se permettrait d’aborder un mec qu’elle ne connaît pas pour lui dire la même chose. Et si elle le faisait, il y a fort à parier qu’on la croirait folle ou qu’on la traiterait haut et fort de salope.
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #20 le: 08 janvier 2014 à 13:11:54 »
c'est un très bon article, c'est désespérant de savoir que même dans l'artistique les esprits sont obtus... :pascontent1:

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #21 le: 08 janvier 2014 à 17:19:15 »
Une série d'articles à lire absolument sur les mythes sur le viol Je vous met un extrait:
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Les mythes sur le viol et les agressions sexuelles – ces croyances infondées qui transfèrent de l’agresseur vers la victime la responsabilité du viol – non seulement nuisent au rétablissement des victimes, mais en plus, servent de prétextes à limiter la liberté des femmes. Nous allons voir maintenant quelles sont leurs conséquences sur la propension des hommes à violer.


Trois articles sur l'humour oppressif (qui sont valables pour le sexisme, certes, mais aussi bien sur pour le racisme et pour les moqueries de toutes sortes visant les gros, les homos, les trans, les pauvres, etc.) :

L'humour est une arme.
L'humour est une chose trop sérieuse...
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #22 le: 08 janvier 2014 à 19:32:44 »
Racisme!! je ne vois pas en quoi on peut être raciste envers les femmes, surtout si elles sont de mémé couleur de peau, par contre oui envers les différentes Races humaines. La femme en elle mémé n'est pas une race. elle est un être humain
« Modifié: 08 janvier 2014 à 20:26:34 par timbur »

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #23 le: 08 janvier 2014 à 20:29:17 »
Oui, je pense que personne n'a écrit le contraire, il doit s'agir d'un malentendu.
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #24 le: 08 janvier 2014 à 23:03:06 »
The Tweet, les différentes axes d'oppression (racisme, sexisme, homophobie, etc) se cumulent.
Une femme peut être à la fois victime de racisme, de sexisme et d'homophobie par exemple.
Ce pourquoi est né le féminisme intersectionnel.
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #25 le: 10 janvier 2014 à 14:56:40 »
L'anecdote de l'appareil photo est en effet très parlante . Elle illustre à merveille le fait qu'il persiste dans les inconscients l'idée qu'une femme est encore un objet -potiche que l'on pose et que l' on expose . A t-on déjà vu une nature morte croquer son peintre ? Et il me semble que dans le milieu artistique c'est encore plus vrai qu'ailleurs . Passé quarante ans les femmes ont plus en plus de mal à décrocher un premier rôle au cinéma sauf à avoir recours à la chirurgie esthétique alors que les hommes vieillissants se voient attribuer des rôles de tombeurs de midinettes . C'est un cliché de le dire mais c'est malheureusement encore une réalité .

"L'idéal serait que les cerveaux des hommes ne produisent plus de pensées sexistes"...
ça viendra ...ou pas !(Nabila ,cette pauvre chérie qui m'attendrit plus qu'elle ne m'exaspère , ne me donne pas beaucoup de raisons d'espérer : pendant que j'y suis je veux en profiter pour pousser une gueulante contre les adultes qui entourent cette jeune fille : un père qui brille par son absence , la mère qui vit par procuration son rêve de call-girl  , la productrice Laroche-Joubert , maquerelle du paf qui pousse des adolescentes à rêver de devenir des poufettes riches et célèbres ignorant qu'elles sombreront tôt ou tard au fond du trou ...) . La télé et internet sont fortiches pour produire ces abjections sexistes comme le montre la vidéo suivante. tresfache ...je tiens à préciser que ma colère n'a fait qu'augmenter quand j'ai entendu la mère de Nabila expliquer non sans une certaine fierté qu'elle avait offert l'augmentation mammaire à sa fille pour ses 18 ans . BRAVO LA MERE ! BRAVO LE CHIRURGIEN INCONSCIENT ET CUPIDE ! BRAVO LE GROUPE BOUYGUES!






« Modifié: 10 janvier 2014 à 15:21:05 par syberia3 »
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #26 le: 14 février 2014 à 14:13:50 »
Comme je disais plus haut ça commence à se voir que les femen sont des imposteur(e)s tout comme la Fourrest d'ailleurs mais c'est une autre histoire.

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J'ai quitté les Femen : Inna se comporte comme une reine et son fanatisme est dangereux

 Coup de théâtre chez les Femen. Jeudi 13 février, un ancien membre du groupe féministe a pris la parole pour dénoncer "l'organisation dictatoriale" du collectif. Des déclarations cinglantes, confirmées par Nathalie, qui est restée un an chez les Femen avant de jeter l'éponge, lassée par le manque de concertation dans le clan.

Femen n’est pas un groupe démocratique.

Au lieu d’unir la cause féministe, on se retrouve dans une guerre d’egos, de personnes qui roulent pour elles. Et derrière la façade, il y a un fanatisme dangereux.

Inna était d’un grand dédain. On aurait dit la reine et sa cour.

Il y avait deux-trois jeunes filles à ses pieds. Certaines étaient prêtes à être kamikazes, pour lui plaire, pour avoir son aval, et Inna n’y mettait pas son veto. Elle vous parle mal, vous traite comme une idiote en vous regardant de haut.

Un truc de post-ados en souffrance

J’étais l’une des pionnières du mouvement et je faisais partie des plus âgées, j’avais vécu. Je lui ai donc dit : "Tu te calmes, tu me parles correctement". Quelquefois, elle ne répondait pas au téléphone en prétextant : "Il est cassé". Un comportement de gamine mal élevée.

Dès que quelqu’un n’était pas d’accord avec elle, elle l’excluait du groupe. Il y a eu des filles érudites qui ont voulu s’engager ; elle les a évincées tout de suite. Il n’y a aucun esprit de solidarité, aucun amour dans ce groupe.

Moi, je suis plus pour Gandhi ou Nelson Mandela. Elles, ce sont des têtes brûlées qui foncent sans réfléchir. Un truc de post-ados en souffrance, qui n’écoutent pas leurs aînées. Inna crée un climat de rivalité. Quand une nouvelle fille arrive, elle éjecte la favorite.

Quand Pauline et Marguerite ont été incarcérées [en juin 2013, en Tunisie, NDLR], pas mal de personnes les ont aidées. Il n’y a pas eu de remerciements. Si elles étaient restées un an en prison, Inna aurait juste dit : "C’est le combat". Il faut considérer les gens !

Aucune solidarité, aucun amour

Même si on a fait la Révolution française et coupé des têtes, maintenant on discute. Inna ne l’a pas compris. Elle manque de recul.

Elle est comme un enfant à qui on a donné un pouvoir médiatique. Elle veut aller toujours plus loin. Moi, je ne suis pas sacrificielle. "On est une légion", dit-elle. Mais il faut savoir structurer un groupe ! Elle a loupé ça.

Les plus grands stratèges militaires savent créer une solidarité entre soldats. Là, il n’y a rien du tout. Pas de lien fraternel. Quand on s’est pris des coups sur la gueule, lors de la manifestation contre Civitas [en novembre 2012, ndlr], au contraire, c’était à celle qui s’était fait le plus tabasser, pour être la plus glorifiée !

Il n’y a jamais eu d’égards, donc vous les traitez comme elles vous traitent : je n’ai rien dit, et je suis partie.


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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #27 le: 05 juin 2014 à 17:28:31 »
Poutine assassiné par les Femen !!!


Après s'être livrées à des privautés avec le président Russe,
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elles le zigouillent sous les yeux de Sepp Blatter, Obama, Merkel et Hollande.




« Modifié: 05 juin 2014 à 17:30:49 par oblomov »
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #28 le: 05 juin 2014 à 17:51:50 »
 :triste1: Bof  :triste1:
Je suis assez peu sensible à l'humour de ceux qui trouvent ça drôle, et au militantisme type "Femen" en fait  :désolé1:
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #29 le: 05 juin 2014 à 19:51:01 »
Même en essayant de me mettre de leur point de vue, je ne comprends pas la symbolique de la première photo.
Sur la deuxième, pour le coté "happening", ok (et je suis sûr que Morano rêve de faire de même avec la statue de Hollande). Mais la première...  :pausecaffé:

Nous, en France, on fait plus fort dans la lutte anti-Poutine : on lui envoie Elkabbach...
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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #30 le: 05 juin 2014 à 22:09:54 »
Je pense que la 1ère image veut démontrer la soumission honteuse de la France/Hollande qui a invité Poutine pour le 70ème anniversaire du Jour J ?

Pour une fois que les Femen font preuve d'un peu d'humour (le happening était assez réussi)...les Cicciolinades, on a l'habitude. Il n'y a plus que Copé pour être choqué...et encore !

Nadine Morano est déjà au Musée Grevin ; elle s'est plainte du double menton qu'on lui avait fait :



Sarko aussi, of course !

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Re : racisme, féminisme et capitalisme
« Réponse #31 le: 06 novembre 2015 à 20:27:33 »
j’étais dans cette marche qui était juste parfaite pour mon moral :coeur:

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Où sont les féministes mainstream ?


Plus de trente ans après la Marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983 et dix ans après les révoltes urbaines de novembre 2005, un collectif de femmes a organisé une Marche de la dignité, samedi 31 octobre, à Paris.

    Où sont les féministes mainstream ?

Samedi après-midi a eu lieu un événement historique : pour la première fois en France, une marche a été organisée par des femmes qui luttent au quotidien contre le racisme, des femmes qui sont en premières lignes, des femmes de terrain, des militantes. Militantes parfois malgré elles, parce que leur frère ou leur fils a été tué par la police, et qu’elles ont vu leur vie basculer. Une marche splendide, pas organisée par des syndicats, un parti politique ou une association pilotée par le gouvernement. Non, une marche dont l’appel a été lancé par Amal Bentounsi, sœur d’Amine, tué d’une balle dans le dos par la police en 2012, et rejoint par d’autres familles de victimes de crimes policiers, celles de Lamine Dieng, Ali Ziri, Amadou Koumé, Abdoulaye Camara, Mourad Touat, Hocine Bouras, Wissam El Yamni, Lahoucine Ait Omghar… Des noms qu’on ne connaît que trop peu, des noms qui racontent des morts injustifiées, et des policiers qui s’en sont tous sortis malgré tous les éléments à charge.

Une marche organisée avec ces familles, par des femmes racisées (pour rappel, être «racisé», c’est être victime de racisme et désigné comme «autre», ce n’est pas essentialiser la race, hein, bisou Nadine), des associations antiracistes et des collectifs féministes : le collectif Mwasi, Femmes en lutte 93, Mamans toutes égales, Collectif des féministes pour l’égalité, les Femmes dans la mosquée et j’en passe. Une marche soutenue par des partis et syndicats de gauche (dont EE-LV, le NPA, Ensemble, le Parti de gauche et la CGT Paris) qui ont rejoint la fin de cortège. Pas devant mais derrière, en soutien à l’initiative… et c’est ça qui était enfin cohérent. Parce que les luttes doivent être portées par les personnes concernées en premier lieu.

Derrière ces femmes, en revanche, aucune trace d’Osez Le féminisme, Féministes en mouvement, La Barbe, les Femen (lol), les Chiennes de garde, Ni putes ni soumises (double lol), ou autre association féministe de premier plan. Cela interroge. Faut-il en conclure qu’aucune de ces associations ne s’est reconnue dans le combat pour la justice porté par les 70 femmes de la Mafed (Marche des femmes pour la dignité) ? Le message était clair : nous vivons dans un pays où la justice et la police sont à deux vitesses et où celles et ceux qui ont une gueule d’Arabe, de Rom ou de Noir, pour peu qu’ils vivent en plus dans un quartier populaire, en font les frais. La routine se résume à un contrôle au faciès, à des violences policières (verbales ou physiques) et peut conduire, dans le pire des cas, à des crimes policiers.

J’étais à cette marche en tant qu’alliée certes, mais aussi parce que je suis concernée : je refuse de vivre dans une société injuste, où le racisme d’Etat s’exprime quotidiennement au travers de ces abus policiers, de l’arbitraire judiciaire et carcéral. Beaucoup de gens «de gauche» m’ont reproché d’avoir signé l’appel et d’y avoir participé. Ce serait une initiative «communautariste», «identitaire», ou encore «dangereuse». Ah bon ?

Ce n’est pas ce que j’ai vu samedi. Ce que j’ai vu ce sont des femmes et des hommes affirmant leur dignité et dénonçant les discriminations structurelles qui les touchent. Une mère m’a expliqué s’être engagée auprès de la BAN (Brigade antinégrophobie) quand elle a eu son fils. Parce qu’elle a peur pour lui. Qu’elle se sente, elle, dans une certaine insécurité passait encore, m’a-t-elle dit, mais imaginer que son fils puisse subir ça, qu’il puisse se faire courser par des flics pour rien, que sa vie soit en danger pour rien, ça non elle ne pouvait pas le supporter. Qu’on m’explique ce qu’il y a de «communautariste» dans cette démarche.

A tous les gens de gauche, voici ce que je voudrais dire : je suis blanche, lesbienne, bourgeoise, féministe, militante des droits LGBT, j’ai été à la marche de la Dignité et je déplore l’absence de toutes les féministes dites «intersectionnelles» et de toutes celles et ceux qui partagent mes combats. A ces gens, je voudrais poser une simple question : Quand il s’est agi d’aller marcher le 11 janvier avec une pancarte «Je suis Charlie», vous êtes passés outre la présence de certains dictateurs ou de personnalités de la droite française… par ce que la «liberté d’expression» et le deuil national étaient plus importants que ça et qu’il fallait à tout prix être rassemblés autour de valeurs communes, malgré les divergences sur de multiples sujets. Alors sincèrement, pourquoi, quand il s’agit de soutenir ici aussi des familles de victimes, de combattre un racisme systémique, d’exiger que notre système judiciaire, carcéral et policier soit le même pour tous, pourquoi tout d’un coup la présence de «signataires louches» pour cet l’appel vous gêne-t-elle ? Comment justifiez-vous ces différences de traitement ?

Je crois que j’ai la réponse. Au fond, vos «valeurs républicaines» se foutent pas mal des injustices qui s’abattent sur les plus pauvres, les descendantes de l’Empire colonial français, ceux qui ne vous ressemblent pas et qui vous renvoient à la gueule une image brisée de la société. Ce ne sont pas vos potes qui étaient dans la rue ce samedi 31 octobre, pas vos connaissances, pas votre réseau. On m’a accusée d’avoir osé répondre à un appel du PIR (Parti des indigènes de la République), qui a participé à cette manifestation ; l’initiative a beau avoir été lancée par une sœur de victime et une multitude de femmes, on prend toujours quelques signatures pour essayer de discréditer (en multipliant les amalgames et les raccourcis d’ailleurs) un événement.

Je serais inconséquente, stupide, naïve, «angeliste» et désormais sans doute aussi antisémite et islamiste… Le comble pour une gouine féministe ! Mais vous, qui m’accusez de marcher avec le PIR, vous faites quoi au juste ? Vous, les associations féministes qui vous battez pour l’égalité des salaires et contre la taxe tampon (ce que je trouve super au demeurant), vous la Dilcra (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, ndlr), vous organisez quoi pour les femmes qui se font agresser tous les jours parce qu’elles portent un voile, pour les familles des victimes de violences policières, encore une fois ?

Je crois qu’on peut avoir vos idéaux (que la prostitution disparaisse, que le voile disparaisse, etc.) et être néanmoins pragmatique, mener des combats politiques dans lesquels les principes ne priment pas sur les victimes, et ne pas incriminer ceux et celles qui sont déjà en première ligne des discriminations.

Vous qui vous êtes battues pour qu’on ne parle pas à votre place quand on vous disait manipulées, incapables de tenir un chéquier ou d’avoir le droit à l’avortement, vous qui savez l’importance de faire entendre vos voix quand les dominants voudraient parler à votre place : allez à la rencontre de ces femmes, des familles des victimes, de toutes les signataires de l’appel, et osez me dire en face que ce ne sont pas des femmes autonomes, qu’elles ne pensent pas par elles-mêmes ou qu’elles sont manipulées par je ne sais quel courant extrémiste qui n’existe que dans des fantasmes propres aux délires racistes.

S’il vous plaît, ne reproduisez pas un système d’oppression construit sur la suspicion, la délation, l’incitation à la haine, sans écouter celles et ceux qui exigent d’être enfin entendues, fatiguées qu’on parle à leur place.

Malheureusement, quand on veut changer les choses, on doit s’associer à des groupes ou des individus qui ne pensent pas comme nous sur TOUT. Si je ne marchais qu’avec des gens qui pensent comme moi de A à Z, et donc militent à la fois pour les droits des trans à changer d’état civil, la PMA, l’abrogation de la loi de 2004 sur le voile et contre la loi abolitionniste qui menace les prostituées, je pense qu’on serait 12, et encore, je compte ma mère et mes chatons ! Donc oui, je pense qu’il faut respecter certains agendas, entendre que les questions de vie ou de mort sont prioritaires sur tout le reste, et surtout ne pas oublier que ces questions de droits humains et de justice nous concernent tous.

Et si demain encore il faut aller dans une manif aux côtés de certaines personnes qui ne soutiennent pas le mariage pour tous, avec une association pro-Hamas, ou encore avec des partis politiques dont je ne partage pas la vision, et bien vous savez quoi, j’irai quand même, tant que le mot d’ordre de cette manif ne sera autre que «JUSTICE POUR TOUS ». Et je ne saurai que trop vous encourager à faire de même au lieu de crier aux « replis communautaires », quand le plus gros et le plus violent repli communautaire auquel j’assiste aujourd’hui est celui d’une élite blanche, bourgeoise, dominante, agressive, serrant en tremblant contre son sein son lot de privilèges comme Harpagon s’agrippe à sa bourse.