Auteur Sujet: Les caciques du PS tremblent pour leurs "postes"  (Lu 3713 fois)

Hors ligne Val

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Les caciques du PS tremblent pour leurs "postes"
« le: 12 mai 2012 à 17:03:27 »
Voilà voilà, la politique est malheureusement un métier et pas une vocation, j'avoue que même si parfois je "comprends" qu'on puisse s'inquiéter de son avenir, je sais maintenant en lisant cet article que je ne pourrai jamais faire de politique dans un parti.  :merci: :merci:

Je trouve ça pitoyable, mais d'une force....  :merci: :merci:

L'article dont je parle :
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Pas le moindre mot. Pas le plus petit signe. François Hollande a certes précisément distribué les rôles au sein de son équipe "de transition" : la passation des pouvoirs à Pierre Moscovici, le réglage de l'investiture à Manuel Valls, les relations avec le Parti socialiste à Stéphane Le Foll. Mais "cela ne préjuge pas ce qui sera demain", a néanmoins fermement indiqué le président élu à certains proches.

Sa méthode, en deux phases, a été discutée : d'abord, l'architecture globale autour de grands pôles ; puis la répartition des compétences ministérielles au sein desdits pôles, qui sera opérée par le premier ministre. Mais pour le reste, le nouveau chef de l'Etat use d'un silence très présidentiel. "Il peut lui arriver d'évoquer des structures, des schémas, même des noms, dit M. Moscovici. On peut donner son opinion. Ce n'est pas tabou. Mais il est très secret."

Sur son casting gouvernemental, le président n'a glissé mot à quiconque. "Tout ce qui circule dans la presse est sans fondement. Je n'ai eu aucune discussion avec personne, a-t-il assuré en petit comité. Ce n'est que lundi ou mardi que la question du gouvernement sera posée. Pas avant. Personne ne sait quoi que ce soit."

M. Hollande ne dit rien, donc. Et pour certains de ses fidèles camarades, c'est la plus cruelle des tortures. "Qu'il reste discret, c'est normal, dit l'un. Mais il pourrait au moins nous dire quelques mots pour nous rassurer." Un autre : "Avant, on avait accès à lui facilement. Depuis dimanche, on ne s'est pas parlé. Je ne sais pas depuis combien de mois ça ne m'est pas arrivé de rester coupé de lui si longtemps..."

LE MOINDRE MOT A LA VALEUR D'UN AUGURE

Un tel mutisme donne au moindre mot prononcé par le président élu la valeur d'un augure. "Il m'a dit "merci", en ajoutant "pour avoir été là au départ". Ça veut dire qu'il sait très bien qui a cru en lui dès le début et qui s'est raccroché au train plus tard", s'enflamme un jeune énarque qui se dit "confiant" dans ses chances d'intégrer "un beau poste dans un cabinet ministériel et pourquoi pas à l'Elysée".

Ignorer son sort ne rend que plus attentif à celui des autres. Au QG de campagne, désormais déserté, les interprétations les plus folles circulent. "Ayrault, je sais qu'il a préféré le recevoir à l'Assemblée [nationale] plutôt qu'au QG", raconte un député. Une discrétion qui serait "bien sûr un signe" : le maire de Nantes serait nommé mardi à Matignon... C'est encore ce hiérarque du PS aperçu au QG, dont "tout le monde sait qu'il lui a donné un ministère en tête à tête", assure un fidèle.

La tension monte dangereusement. Pour se jauger entre ministrables, tous les critères sont bons : comparer, par exemple, le nombre de CV reçus pour entrer à votre futur cabinet. "C'est un peu comme le cours de la Bourse : ça permet de sentir qui a la cote. Même si, la semaine prochaine, on s'apercevra que certains noms étaient... des bulles spéculatives", explique l'assistant d'un député pressenti pour entrer au gouvernement.

C'est bien sûr pour les "hollandais historiques" que la période est la plus douloureuse. Directeur du Théâtre du Rond-Point et vieil ami du président élu, Jean Michel Ribes l'assure : "Ce n'est pas Henri V de Shakespeare, qui une fois devenu roi, jette ses copains en prison." Mais nombre de ses vieux compagnons redoutent la mise à l'écart : "C'est le grand spleen, constate un dirigeant du PS. Avec l'idée que François va se présidentialiser, ils ont peur de ne pas retrouver leur lien traditionnel et constatent amèrement qu'ils n'ont aucun levier pour exister dans le dispositif."

Entre hollandais, les rapports se sont complexifiés depuis la victoire. Mercredi, comme à leur habitude, ils se sont retrouvés à une cinquantaine à la questure du Sénat pour un déjeuner introduit par M. Le Foll. Mais "tout le monde a soigneusement évité de parler du futur gouvernement", a constaté Bernard Poignant, le maire de Quimper, qui lors d'un déjeuner précédent avait donné ce conseil : "Y penser, c'est humain, en parler, c'est chagrin..."

CHACUN SA MÉTHODE POUR APAISER LES ANGOISSES

Pour apaiser les angoisses et marquer des points, chacun a sa méthode. Certains ont ainsi décidé de prendre le large. C'est notamment le cas d'André Vallini. Le sénateur, qui se verrait bien garde des sceaux, a décidé de s'accorder du temps chez lui, en Isère, auprès de sa femme et de son fils. "Je fuis les intrigues qui, de toute façon, ne servent à rien quand on sait comment fonctionne M. Hollande."

D'autres, à l'inverse, continuent de travailler leurs dossiers d'arrache-pied. Chargé des questions d'éducation par M. Hollande, Vincent Peillon reçoit et publie des communiqués à tour de bras. Comme s'il était encore en campagne, ou déjà en fonction. "N'importe quel ministre de l'éducation devra prendre des décisions dans les dix jours : mieux vaut s'y préparer", dit-il en confiant que l'attente est "moins dure" pour lui que pour ses experts qu'il doit "cocooner".

Chargé de la transition avec l'équipe sortante, Pierre Moscovici - qui, selon plusieurs sources, se serait vu proposer le secrétariat général de l'Elysée mais préférerait un grand ministère - mise sur cette position fonctionnelle pour s'imposer. "Pour éviter les désillusions, mieux vaut ne pas trop rêver : ça tombe bien, c'est mon état d'esprit", explique l'ex-directeur de campagne, qui a retrouvé le devant de la scène en tenant des conférences de presse pour rendre compte de l'agenda du président élu.

Plus que jamais candidat à Beauvau, voire plus haut, Manuel Valls, lui, ne change pas de méthode. En l'occurrence, ne jamais lâcher le président élu d'une semelle. "J'ai joué un rôle. Pour le reste, François Hollande connaît mes qualités et mes défauts. A lui de les utiliser", indique-t-il. Et d'ajouter : "J'attends tranquillement."

Pendant que les uns patientent "tranquillement", un autre sait déjà où l'attend son futur bureau : Nicolas Sarkozy. Jeudi 10 mai, son directeur de cabinet à l'Elysée, Christian Frémont, s'est rendu au Conseil constitutionnel afin d'y constater que tout était prêt pour l'arrivée de l'ancien président, qui y siégera en tant que membre de droit. Meublé Empire, le bureau de M.Sarkozy a déjà été aménagé juste à côté de celui... de Jacques Chirac.


Vous irez voir la photo de l'article, ils ont tous l'air de s'aimer, c'est fou...  :gene: :gene:

Envolé, le "service du peuple". On est passé à "à moi le bon po-poste".

Ca me désespère.

Et bien sûr je ne suis pas naïve au point de penser que ça n'existe qu'au PS....