Auteur Sujet: le travail, l'emploi, la précarité...  (Lu 49953 fois)

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le travail, l'emploi, la précarité...
« le: 28 mars 2010 à 17:15:16 »
Citation de: "Raja"
encore une preuve du dysfonctionnement du pole emploi...
il est dit si justement Et encore une fois, seule la solidarité a permis de commencer à sortir des limbes de la misère
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Pôle Emploi Sucy en Brie : sortir des limbes de la misère et du refus de droits


Ce lundi le Réseau Solidaire d’Allocataires accompagne Mme F. au Pôle Emploi de Sucy-en-Brie (94)

Salariée du nettoyage elle connait actuellement de gros soucis avec son ex-employeur. Elle a attaqué ce dernier aux Prud’hommes. Cet employeur a, de plus, mal rempli la fameuse attestation d’employeur, la feuille jaune que l’on doit fournir au Pôle emploi afin de bénéficier de l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi).

Son recours au Prud’hommes est en cours, la législation prévoit que le Pôle emploi doit faire abstraction de cette feuille jaune et lui verser ses allocations, quitte à lui réclamer un trop perçu rétroactivement si elle venait à perdre aux prud’hommes contre son employeur.

Cette législation est prévue pour parer au temps que prend un recours aux Prud’hommes (de une année à trois ans). Période durant laquelle la personne ne pourrait, sinon, bénéficier d’aucun droit.

Mme F. a tenté à plusieurs reprises de faire valoir ce droit à Pôle Emploi. La réponse a, jusqu’à présent, toujours été la même : « pas de feuille jaune, pas d’allocations. ». Fin décembre elle a déposéun recours et son dossier au complet, mais n’a obtenu aucune réponse.

Notre arrivée à l’accueil est remarquée avant même que nous nous annoncions. Nous demandons à voir la direction. La directrice de l’agence arrive quelques minutes après et reçoit l’allocataire accompagné d’une personne du collectif.

Pendant le laps de temps (très court) ou ils seront reçus, nous assisterons à la colère d’un monsieur à qui l’on signale qu’il n’a pas travaillé assez d’heures pour toucher d’allocations. Pôle emploi lui attribue 190 heures. Le monsieur a beau faire et dire qu’il sait qu’il a travaillé toute l’année et a à son actif beaucoup plus d’heure, Pôle emploi ne veut rien entendre. Le ton monte, Nous décidons de nous entretenir avec lui quelques instants. Comme il est fréquent dans les problèmes de calcul des heures, il s’agit d’interim (chez Manpower) et son agence est censée transmettre directement les heures travaillées au Pôle Emploi.

Donc, la dépendance vis à vis du patron pour l’indemnisation complémentaire au salaire intérimaire est totale pour les salariés.

Un moyen de pression supplémentaire au quotidien, et la nécessité de mener deux combats en même temps pour accéder à ses deux salaires, celui versé par le patron et le complément de Pole Emploi ! On prévoit de revenir ensemble avec le dossier intégral du monsieur , et notre colère.

Retour éclair de Mme F. et de la personne qui l’accompagne La directrice ne veut rien entendre, elle leur a répété cette histoire de feuille jaune en feignant de ne rien comprendre à leur obligation de verser des allocations a Mme F. lorsqu’une décision des Prud’hommes est en attente.

Par ailleurs la directrice décide de faire vider l’agence et d’appeler la police si nous restons dans les lieux.

Pour raison de sécurité dit-elle, elle estime que nous pourrions devenir dangereux et violents.

Cette vieille technique, souvent utilisée, a pour but de créer la division entre les chômeurs présents dans l’agence et nous. Nous expliquons donc publiquement la raison de notre intervention.

Pas de réaction contre nous, et la directrice est elle interpellée assez vivement par des précaires présents, dont certains d’ailleurs ne quitteront pas l’agence malgré les "ordres"

Les portes de l’agence se ferment, laissant les chômeurs qui arrivent, souvent venus de loin pour leur rendez-vous mensuel, à l’extérieur de l’agence. Nous attendons la police pendant que la directrice fait quelques tentatives afin de tenter de nous faire quitter l’agence au plus vite.

Trois policiers arrivent sur les lieux. Mais ils ne nous évacueront pas immédiatement. Ils veulent connaitre les raisons de notre venue. Après une énième explication du problème, la directrice se fait brusquement plus douce. Son attitude fermée jusqu’à présent, commence à se modifier. Entre temps elle a eu ses supérieurs hiérarchiques.

Devant la police , Police Emploi donne brutalement une autre version des faits. Le recours que Mme F. a fait en janvier a été envoyé le 5 mars en commission paritaire* (soit trois mois après le dépôt de son recours !) et c’est cette commission qui décidera d’attribuer ou non le versement des allocations de Mme F., voilà pourquoi la directrice ne pouvait pas intervenir tout à l’heure (elle a oublié l’histoire de la feuille jaune ?), vu que le dossier serait sorti du pouvoir de l’agence.

Nous avons de sérieux doutes sur le fait que notre venue ne vienne pas brusquement de changer la donne.

Mais que le dossier ait été envoyé le 5 mars ou que la décision ait été prise par Pôle emploi au cours de notre intervention, le dossier de Mme F. avance subitement. La directrice s’engage à ce que le dossier soit prioritaire. Il y’a deux commissions paritaires par mois, les prochaines dates sont le 25 mars et le 8 avril. Elle s’engage à ce que le dossier passe le 25 mars. Ce qui est la moindre des choses quand on sait que le dossier fut déposé en décembre.

Une évacuation policière et quelques heures plus tard, Mme F. reçoit un coup de fil de la directrice qui lui demande de passer en toute urgence, avec tous ses justificatifs ! Bizarre pour un dossier officiellement complet et déjà envoyé à la commission paritaire.

Le lendemain, autre surprise : un courrier daté du 15 mars, le jour de notre occupation l’informant que sa demande a été rejetée pour cause de "motif démission", ce qui n’est absolument pas inscrit sur la feuille jaune par l’employeur. Mais que son dossier va être examiné en commission paritaire et qu’elle a jusqu’au 14 mars pour faire parvenir d’autres documents éventuels ! Bref jusqu’à la veille du courrier....

Cela pourrait être comique, ça ne l’est pas. Le dossier de Mme F. faisait bien parti de ceux perdus dans les limbes de Pôle Emploi, ceux ou le refus d’indemniser n’est même pas écrit, et encore moins justifié. Depuis des mois, les limbes de Pôle Emploi, notamment pour les salariés précaires sont un monde parallèle en pleine expansion, et l’on y vit avec zéro euro de ressources pendant des mois...

Et encore une fois, seule la solidarité a permis de commencer à sortir des limbes de la misère

Sans emploi, on lui impose de vivre dans aucune ressource jusqu’à la décision des prud’hommes, nous imposerons à Pôle emploi les droits de Mme F.

* Les commissions paritaires sont constituées de délégations syndicales et patronales ainsi que d’autres représentant administration (Pôle emploi, DDTE etc.). Elles statuent sur les dossiers déposées en recours.

http://www.collectif-rto.org/spip.php?article841
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #1 le: 11 avril 2010 à 18:29:20 »
Vous vous souvenez peut-être de la fameuse "liste rouge", pointant du doigt les entreprises mauvaises élèves en matière de stress au travail...Une conséquence de la polémique France Telecom.
Bon, elle ne signifiait déjà plus grand-chose puisqu'un coup de gueule des boîtes concernées avait suffit à masquer les résultats les plus importants (c'est à dire les pires).
Maintenant, Woerth l'a enterrée.

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Le nouveau ministre du Travail, Eric Woerth, veut renoncer définitivement à la « liste rouge » du stress au travail, établie par son prédécesseur Xavier Darcos.

Celui-ci avait présenté en février un classement des entreprises en trois listes, « verte » (celles qui remplissaient toutes les conditions de lutte contre le stress), « orange » (celles qui commençaient à agir), et « rouge » (celles qui n'avaient rien fait, ou pas répondu au questionnaire du ministère). Au bout de 24 heures, les listes « rouge » et « orange » avaient disparu du site du ministère, les entreprises concernées ayant protesté. Eric Woerth considère, lui, que ces listes sont « inadaptées ».

Ici (et merci à Rébus)


Il a l'air prompt à la manoeuvre, le nouveau fossoyeur du cimetière social. On ne va pas tarder à le voir à l'œuvre.
« Modifié: 11 avril 2010 à 18:31:44 par timbur »
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #2 le: 14 août 2010 à 11:37:29 »
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  Gratuité des appels aux services sociaux : Encore une loi sans décret !

Une fois n'est pas coutume, nous relayons ici l'action d'un sénateur de droite qui se mobilise depuis quatre ans en faveur de la gratuité des appels vers les administrations et autres services publics.

Notamment, la gratuité des appels vers les services sociaux depuis les fixes et les mobiles est prévue par la loi. Mais dans un contexte d'inflation législative où, bien que votée par le Parlement, un texte sur deux reste inapplicable, le décret en question est bloqué… depuis six ans.

Le sénateur de Moselle Jean-Louis Masson, ex UMP, rue à nouveau dans les brancards, jugeant la situation inadmissible et accusant le gouvernement de traîner les pieds en vue de dissuader les usagers de contacter ces services (Pôle Emploi, CAF, impôts, Sécurité sociale…). «Il s'agit d'un détournement de pouvoir flagrant», estime-t-il : Lire ici cet article de L'Expansion qui résume très bien l'affaire...

Depuis 2006, Jean-Louis Masson et son homologue socialiste de l'Aude, Roland Courteau, se mobilisent contre la prolifération des "numéros spéciaux" (dont la plupart sont surtaxés) mis en place par le gouvernement pour joindre les administrations publiques et les services sociaux, numéros à la tarification aussi variée qu'illégale et dont les usagers — surtout les plus démunis — assument injustement le coût.

Après s'être essuyé lettres mortes et autres fins de non recevoir, Jean-Louis Masson a donc décidé de déposer un «recours en annulation pour refus implicite» devant le Conseil d'Etat. Voici le contenu de sa requête :

La loi n°2004-575 pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) a été publiée au Journal Officiel du 22 juin 2004. Or, près de six ans plus tard, certains décrets d’application particulièrement importants n’ont toujours pas été pris. Cette situation est hautement préjudiciable, notamment pour ce qui concerne les décrets d’application afférents aux articles 6, 18, 22, 28 et 55. Ainsi, par exemple pour l’article 55, l’absence de décret relatif aux services sociaux devant être accessibles gratuitement depuis les téléphones fixes ou mobiles pénalise des millions de familles souvent modestes.

M. Jean-Louis MASSON a donc adressé au Premier Ministre une lettre recommandée avec accusé de réception postée le 9 avril 2010. Dans cette lettre (P.J. n°1 : lettre au Premier Ministre restée sans réponse), il demandait au Premier Ministre de prendre les délais d’application des cinq articles susvisés de la loi n°2004-575. Plus de deux mois après, le Premier Ministre n’a pas répondu à cette démarche, ce qui constitue un refus implicite.

En ce qui concerne les numéros de téléphone surtaxés en 08 appartenant soit à des sociétés privées, soit à des administrations (ce dernier cas étant visé par la loi n°2004-575), M. MASSON a multiplié les démarches. Il s’est notamment associé aux gérants du site Internet «Geonumbers», qui diffusent le numéro territorial correspondant à chaque numéro en 08. Avec les responsables de ce site, il a même déposé une pétition à l’Elysée à ce sujet (P.J. n°2 : articles du Républicain Lorrain de Longwy et du Bien Public) qui a recueilli plus de 100.000 signatures.

Cette démarche fait suite à de nombreux efforts antérieurs (P.J. n°3 : article de l’Est Républicain, 23/10/07) et à diverses interventions parlementaires (P.J. n°4 : communiqué et articles de presse concernant la proposition de la députée ZIMMERMANN et du sénateur MASSON).

La loi n°2004-575 a entre autres prévu la gratuité des numéros de téléphone des services sociaux qui étaient jusqu’alors surtaxés (téléphones en 08). Cette avancée importante s’est malheureusement heurtée à la mauvaise volonté du Gouvernement. Celui-ci retarde délibérément les décrets d’application afin d’éviter l’application des dispositions correspondantes de la loi. Or, les décrets d’application des articles susvisés de la loi n°2004-575 ne présentaient aucune difficulté particulière.

C’est pourquoi, par une question écrite du 20 septembre 2007, le sénateur a interrogé le ministre sur l’origine du retard. Celui-ci a alors fourni la vraie raison de la mauvaise volonté des pouvoirs publics. Sa réponse ministérielle indique en effet : «D’abord, la gratuité totale de l’accès aux services est porteuse d’effets pervers. Il est ainsi souligné par les rapporteurs qu’elle favorise l’augmentation du nombre des appels non pertinents, inutilement réitérés ou abusivement prolongés contribuant à une diminution de la qualité des services rendus par les administrations. Le coût de mise en œuvre s’avère, de plus, extrêmement important…» (P.J. n°5 : question écrite n°1900 du 20/09/2007 de M. MASSON et réponse correspondante).

Le retard dans la mise en œuvre de la gratuité du téléphone des administrations gérant des services sociaux trouve donc son origine dans le fait qu’on cherche à dissuader les usagers de téléphoner. Il s’agit d’un détournement de pouvoir flagrant.

Pour un tel motif, l’Etat ne peut pas légitimement retarder l’application pendant plus de six ans d’une loi votée en bonne et due forme par le Parlement.

Par la présente, M. Jean-Louis MASSON agit en tant que citoyen, en tant qu’usager des services publics concernés, en tant que parlementaire ayant œuvré pour l’évolution de la législation, et en tant qu’élu ayant transmis la pétition nationale au Président de la République.
Il demande au Conseil d’Etat :
• d’annuler le refus implicite du Premier Ministre de publier ou de faire publier les décrets d’application de la loi n°2004-575;
• de condamner l’Etat à lui verser une astreinte de 1.000 € par semaine de retard à compter du troisième mois de la notification de l’arrêt du Conseil d’Etat.

Hélas, comme le précise L'Expansion, les sages du Palais-Royal ont un délai d'un an pour rendre leur verdict. L'application complète de la loi n°2004-575 n'est donc pas pour demain ! Mais l'acharnement indispensable de ce sénateur mérite d'être salué.

Maintenant, pour finir sur une touche un peu cinglante, penchons-nous sur la Une du dernier numéro de Marianne, qui fait actuellement scandale en traitant Nicolas Sarkozy de «voyou de la République». Dans le dictionnaire, outre le "galapiat" qu'on lui accole volontiers, l'une des définitions du mot VOYOU évoque un "individu peu scrupuleux, qui ne respecte pas les lois". Dans le cas présent, s'il ne s'agit pas à proprement dit du non respect d'une loi, mais d'entraves répétées à son application de la part d'une équipe gouvernementale. Ce qui équivaut au non respect du vote parlementaire. Donc, au non respect du fonctionnement démocratique de notre pays. De ce fait, nous ne pouvons malheureusement qu'être d'accord avec le choix de Marianne et élargir le constat en rajoutant un pluriel à son titre.

http://www.actuchomage.org/2010081211781/Mobilisations-luttes-et-solidarites/gratuite-des-appels-aux-services-sociaux-encore-une-loi-sans-decret.html

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #3 le: 21 septembre 2010 à 09:02:24 »
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EDF a indûment refusé le tarif social à des clients, selon le médiateur de l’énergie


EDF a indûment refusé d'appliquer le "tarif social" de l'électricité à certains clients en faisant une interprétation erronée du décret d'application de ce tarif, estime le médiateur de l'énergie dans une recommandation du 30 août révélée dans Le Parisien du 20 septembre.

« Le médiateur national de l’énergie constate que le fournisseur X (EDF, ndlr) n’a pas répondu favorablement à la demande de la consommatrice d’application du Tarif de première nécessité (TPN) au motif qu’elle disposait d’un contrat avec une puissance de 12 kVA », selon cette recommandation.

Selon EDF, « la puissance souscrite serait une condition d’attribution du TPN », poursuit-elle. « Or, à la lecture du décret (d’application du TPN, ndlr), le médiateur considère que la puissance souscrite et le tarif souscrit ne sont pas des conditions d’attribution du TPN, mais seulement des données à prendre en compte dans son calcul », ajoute le médiateur. « Un consommateur ayant souscrit une puissance supérieure à 9 kVA peut donc bénéficier de ce tarif, dont le calcul sera établi toutefois sur la base d’une puissance de 9 kVA », conclut-il.

Le TPN permet aux personnes en difficultés financières d’obtenir une réduction de leur facture d’électricité. Il faut pour en bénéficier être éligible à la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C), c’est-à-dire disposer de moins de 626,76 euros par mois pour une personne seule.
Seuls EDF et les entreprises locales de distribution d’électricité sont susceptibles de le proposer. Les opérateurs alternatifs ne le peuvent pas.

« Ils ont immédiatement reconnu leur erreur et dit qu’ils allaient y remédier », a-t-on déclaré dans les services du médiateur.

Le décret de 2004 instituant le TPN stipule que « pour un bénéficiaire, la tarification de l’électricité comme produit de première nécessité est calculée à partir des tarifs de vente de l’électricité (…) applicables aux clients non éligibles ayant souscrit la même puissance dans la limite de 9 kVa ».

http://infos.lagazettedescommunes.com/45196/edf-a-indument-refuse-le-tarif-social-a-des-clients-selon-le-mediateur-de-lenergie/

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #4 le: 21 septembre 2010 à 12:07:05 »
Et que sont devenus les 6.000 foyers auxquels EDF a refusé ce droit ?

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #5 le: 21 septembre 2010 à 12:09:54 »
je pense que ça, EDF s'en fou...je pense que ces foyers ont encore plus serrés la ceinture.

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #6 le: 22 septembre 2010 à 09:41:36 »
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Pas de retraite pour les précaires, y a-t-il une vie avant la mort ?

En mai, une grève des chômeurs a commencé un peu partout en France. Intervention en direct sur un plateau télé, occupations d’agences Pôle Emploi, mais aussi de leurs directions départementales, régionales et nationale, blocage de plate-formes téléphoniques (3949), interventions à la CAF, visite de boîtes de coaching, ballades et piquets de grève dans la rue, assemblées sur la place publique... La grève des chômeurs, c’est une grève contre la culpabilisation, le travail forcé, l’isolement, le management.

Aujourd’hui nous manifestons contre la réforme des retraites. Chômeurs déjà soumis à la réduction de nos allocations, aux injonctions à travailler toujours plus, et à la surveillance de nos comportements, nous ne pouvons que combattre une réforme qui détruit un droit durement gagné par les luttes ouvrières : le droit au repos après une vie donnée aux entreprises.

Mais nous ne pouvons pas en rester au refus de l’allongement de la durée de cotisation. Qui compte encore sur un emploi ininterrompu et à temps plein (donc sur des cotisations à taux plein) jusqu’à 60 ans ? Quelle retraite existe t-il aujourd’hui pour les précaires permanents, RMIstes de longue date, RSAstes fraichement arrivés, femmes "au foyer" divorcées, intermittentes de l’emploi, intérimaires depuis toujours, chômeurs à durée indéterminée, abonnées aux emplois à temps très partiel, auto-entrepreneurs sans clients, étudiants attardés, paysans au RSA... ? La semaine dernière lors d’un atelier collectif à Pôle emploi où nous nous étions invités, nous avons croisé un chômeur de 60 ans et 40 kg qui cherchait un boulot dans la sécurité pour avoir droit à une pension correcte. Une réalité banale, que le gouvernement et les entreprises désirent généraliser, et que les centrales syndicales dénient dans leurs propositions, ne faisant même pas le lien avec l’augmentation actuelle du nombre de personnes dépendant d’un « minimum vieillesse » concédé à une partie des sans retraite lorsqu’ils, et surtout elles, atteignent leur soixante cinquième année...

Il en est de la gestion des retraites comme de la gestion de la précarité : chacun est culpabilisé pour pousser tout le monde à rester disponible sur le marché de l’emploi le plus longtemps possible, à n’importe quel prix et à n’importe quelles conditions. Nous devrions avoir honte de vivre plus longtemps, nos grands-parents devraient culpabiliser d’avoir fait trop d’enfants, nos parents pas assez. Et nous serions tous coupables d’endetter l’entreprise-France.

Nous ne voulons pas de cette réalité-là
Nous ne devons rien
Nous voulons tout

••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••

Je n’aurai pas 40 annuités à 60 ans ... ni à 67 ans !!

Vous non plus ?! Nous appelons à rejoindre l’assemblée qui se tiendra samedi 25 septembre à 14h dans les locaux de la Coordination des intermittents et précaires, 14 quai de charente, Paris 19e, M° Corentin-Cariou

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5228

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #7 le: 17 octobre 2010 à 12:17:24 »
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Dans l’enfer de Pôle emploi: une conseillère raconte

Conseillère dans une banlieue défavorisée pendant six mois, Marion Bergeron témoigne dans un livre de sa plongée au coeur d’une machine qui broie les chômeurs et ses agents.

"Un rouleau compresseur, qui maltraite ses usagers comme ses employés. C’était l’enfer.” Marion Bergeron n’est pas tendre avec son ex-employeur. Dans 183 jours dans la barbarie ordinaire, son livre témoignage, la jeune graphiste de 25 ans raconte son CDD de six mois dans une agence Pôle emploi. Un récit dans lequel elle retrace son quotidien de conseillère d’une banlieue sud de Paris aux allures de “ghetto”. Elle prévient :

    “Je ne veux pas faire de mon expérience une parole d’Evangile, une expertise sur le métier ou le fonctionnement de Pôle emploi. Mon témoignage montre une réalité de terrain, un vécu.”

Marion a fait partie des 1 840 CDD embauchés en 2009 pour augmenter les effectifs face à la crise. Entre aggravation du chômage et fusion controversée de l’ANPE et des Assedic, elle intègre Pôle emploi dans un contexte explosif, en tant que conseillère polyvalente. Jetée en première ligne – dans l’arène du guichet d’accueil – dès le premier jour et sans aucune formation, Marion essuie quotidiennement l’agressivité de demandeurs d’emploi issus d’un milieu défavorisé, en proie à la misère, voire à la folie, et qui maîtrisent souvent mal le français. “Alors le jargon administratif de Pôle emploi…”

Elle apprend la frustration née de l’impuissance.

    “Si on avait la capacité d’aider les gens, il n’y aurait pas ces accès de fureur. Mais les procédures complexes, le sous-effectif et les objectifs intenables conduisent à des aberrations.”

Comme le temps perdu par les conseillers à enregistrer de faux entretiens, pour faire du chiffre.

    “Le sujet est sensible, suivi de près par les politiques. Les indicateurs doivent être bons.”

Marion ne jette pas la pierre à ses anciens collègues. “Ils se résignent. C’est difficile de se battre tous les jours.” Elle décrit les tensions nées de la fusion entre ex-ANPE et ex-Assedic.

    “L’aide à l’emploi et le versement des allocs, ce n’est pas le même métier ! La simplification est illusoire et l’unité factice. Pôle emploi se résume à des logos sur des portes”, affirme-t-elle.

De cette expérience, elle retire un vrai dégoût du travail.

    “Je n’y vois plus d’épanouissement possible. Depuis l’âge de 18 ans, j’ai fait plein de petits boulots. Sans trouver ma place dans la société. Le monde du travail est cruel pour les jeunes.”

Une répulsion puissante après avoir expérimenté la souffrance au travail, qui vous fait perdre pied et enchaîner les arrêts maladie.

    “J’ai pris cinq kilos, fumé comme un pompier, je suis devenue une boule de nerfs. Ce boulot a détruit ma vie privée.”

Alors qu’elle se mure dans le silence, son petit ami la quitte. Au terme de son CDD, elle s’enferme deux mois dans son studio parisien, “incapable d’envoyer un CV ou d’avoir un rendez-vous professionnel”. Une parenthèse qu’elle emploie à rédiger son témoignage. Les éditeurs se bousculent pour la publier. Sous son vrai nom.

    “Par honnêteté, pour assumer, je n’ai pas voulu me cacher derrière un pseudonyme. Quitte à figurer sur la liste noire de toutes les administrations !”

Un an après, Marion développe son auto-entreprise dans le graphisme et reprend une licence pro pour parfaire ses compétences en Web. L’amoureux est revenu. Et la jeune femme préfère “travailler moins pour rester en vie”.

183 jours dans la barbarie ordinaire – En CDD chez Pôle emploi (Plon), 240 pages, 18,50 €
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/52262/date/2010-10-16/article/dans-lenfer-de-pole-emploi/


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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #8 le: 03 novembre 2010 à 21:48:12 »
j'aurai pu mettre ça dans la partie santé, puisque c'est lié, mais comme cela concerne principalement ceux qui ont encore le "privilège" de travailler...

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Décret réduction indemnités journalières Sécu : Les indemnités journalières réduites, en toute discrétion...
2 novembre 2010 15:17, Les mots ont un sens, par Napakatbra

Le dimanche de la Toussaint : c'est le jour qu'a choisi le gouvernement pour publier un décret plutôt... mortel !
Baisse indemnités journalières

L'imposition des indemnités versées en cas d'accident du travail a fait long feu. Cette histoire de faire voter des lois en plein jour, par des gens qui passent ensuite à la télé pour raconter leur vie, c'était trop voyant. Il fallait donc trouver plus discret. C'est réussi. Pas de vote, pas de discussion, pas d'annonce, juste un décret griffonné sur le coin d'un bureau, en loucedé... Extraits :

Décret n° 2010-1305 du 29 octobre 2010 relatif au mode de calcul des indemnités journalières dues au titre de la maladie, de la maternité et des accidents du travail et maladies professionnelles

Objet : modification du mode de calcul des indemnités journalières. Entrée en vigueur : 1er décembre 2010.

Notice : le décret modifie le mode de calcul des indemnités journalières. Auparavant, le gain journalier servant de base au calcul des indemnités journalières maladie, maternité, paternité et adoption était égal à 1/90 du salaire brut des trois mois précédant l'interruption de travail (et celui des indemnités journalières dues en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle à 1/30 du salaire brut du dernier mois). Cela revenait donc à calculer ces indemnités sur 360 jours. L'indemnité journalière étant due pour chaque jour, ouvrable ou non, celle-ci sera désormais calculée sur 365 jours.

Pas de bras, pas de chocolat !

Vous suivez ? Le montant de l'indemnité sera dorénavant calculé sur 365 jours, au lieu de 360. Soit une baisse de 1.4%. Pour quelqu'un qui touchait dans les 1500 euros bruts, la perte mensuelle sera de 20 euros, comme l'a évalué Melclalex. Pas de quoi en faire une maladie... Quoi que. Faut-il rappeler qu'en 2008, près de 9 millions de Français se sont privés de soins par manque d'argent ? Non seulement l'Etat économisera entre 70 et 100 millions d'euros (*) sur le dos des malades, déjà pliés en deux, mais en plus, ceux-ci rechigneront à consulter en cas de nouvelle affection : Et hop, une nouvelle économie pour la Sécu. Ce qu'on appelle faire d'une pierre deux coups... de massue !

Et avec ça, on pourra bientôt supprimer l'Impôt sur la fortune !(?)

(* : Estimation à la louche. En 2006, les indemnités journalières maladie versées par le régime général représentaient plus de 5 milliards d'euros)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
"Ni Dieu, ni maître.
Mieux être."
Jacques Prévert

"Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.
Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui."
Jacques Prévert

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #9 le: 03 novembre 2010 à 23:31:26 »
J'espère qu'ils ont prévu le cas des années bissextiles, où il faudra faire le calcul sur 366 jours.
Parce qu'il serait parfaitement immoral que ces salauds de pauvres s'engraissent sur le dos de la Sécu !
 :fache1:

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #10 le: 17 novembre 2010 à 12:37:28 »
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L'Assemblée vote les crédits Travail/Emploi, la gauche dénonce "une bombe à retardement"

L'Assemblée nationale a adopté mardi les crédits Travail/Emploi du projet de budget 2011 malgré l'opposition de la gauche dénonçant "une bombe à retardement" et des suppressions de postes à Pôle Emploi.
"La mission Travail et emploi constitue l'un des principaux budgets d'intervention de l'Etat, avec 12,23 milliards d'euros en autorisations d'engagement", a souligné la députée UMP Marie-Christine Dalloz.
"Nous maintenons un niveau encore élevé de contrats aidés en 2011 --340.000 contrats non marchands et 50.000 contrats marchands-- pour accompagner la reprise et s'assurer qu'elle permettra l'insertion des plus fragiles", a assuré le ministre du Budget François Baroin.
"En matière de fonctionnement, le non-remplacement d'un peu plus d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite --55 % de non-remplacement sur le périmètre de la mission-- et la baisse de 5 % des moyens de fonctionnement vous ont été confirmés. C'est normal, c'est la règle générale de ces budgets", a-t-il ajouté.
Les députés de gauche ont dénoncé la perte de "1.800 emplois" à Pôle Emploi, alors que le chômage reste élevé: "On est bien loin du suivi personnalisé qui était prévu au moment de la fusion (ANPE/Assedic, ndlr). C'est pourquoi le groupe socialiste demande une mission d'information sur Pôle emploi", a lancé Jean-Patrick Gille (PS).
"Le gouvernement a beau prétendre que les crédits sont maintenus et même augmentés, ils subissent en réalité une diminution en crédits de paiement de 13%", a dénoncé M. Gille dans un communiqué.
Il a déploré "la disparition en 2011 de 200.000 contrats aidés notamment à destination de jeunes et qui fait de ce budget une véritable bombe à retardement, dont les conséquences seront explosives pour le marché de l'emploi".

http://www.lesechos.fr//economie-politique/france/actu/afp_00298754.htm

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #11 le: 17 novembre 2010 à 13:32:19 »
lisez c'est long mais ça présage du pire avant 2012...

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Les bonnes idées du Medef pour remettre jeunes et vieux au travail

La réforme des retraites à peine digérée, une nouvelle offensive se prépare sur l’emploi des jeunes et des seniors. Le Medef vient de publier un rapport de l’Institut Montaigne qui liste 15 propositions pour en finir avec la « rigidité inadaptée » des CDI ou du droit du travail. Un rapport qui passe sous silence la question cruciale de la répartition des richesses. Selon le think tank d’inspiration néo-libérale, si les jeunes souffrent particulièrement du chômage et des inégalités, c’est la faute aux principes de solidarité mis en œuvre après 1945. Décryptage.

Le Conseil constitutionnel vient tout juste de rendre un avis favorable sur la loi allongeant l’âge de départ à la retraite, et le mouvement de révolte sociale s’est à peine attiédi, que le Medef repart tranquillement à l’assaut du « pacte de solidarité » hérité de 1945. L’organisation patronale a discrètement mis en ligne, le 26 octobre, un rapport de l’Institut Montaigne avançant « 15 propositions pour l’emploi des jeunes et des seniors ». L’Institut Montaigne ? C’est un laboratoire d’idées créé en 2000 par Claude Bébéar, ancien PDG d’Axa. Ce « think tank » se déclare « dépourvu de toute attache partisane ». Mais il est financé par quatre-vingt grandes entreprises, parmi lesquelles Areva, Barclays, BNP-Paribas, Bolloré, Bouygues, Dassault, Ernst & Young, LVMH, Sanofi-Aventis, SFR, Total, Vinci, Veolia... Des structures absolument pas « partisanes » et qui se gardent bien d’exercer une quelconque influence sur les politiques et le sens de l’intérêt général.

Que trouve-t-on dans ce rapport ? Le constat peut être globalement partagé. Le taux d’emploi des jeunes de moins de 25 ans et des plus de 55 ans demeure, en France, désespérément bas. Les jeunes connaissent une précarité « alarmante ». Près d’un sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Un sur trois décroche un premier job après plus de deux ans et demi d’interminables recherches. Les possibilités d’accès à la formation professionnelle pour les plus de 40 ans sont méconnues et très largement insuffisantes. Au cours d’une carrière, le « plafond de verre » est quasiment incassable pour qui n’a pas eu la chance, ni les moyens, d’intégrer le système très français des grandes écoles. « Le fossé générationnel s’est désormais creusé entre les « Baby-boomers », qui bénéficient d’une des retraites les plus longues du monde, et la « génération chômage » née dans les années 1980 », assène l’Institut Montaigne. C’est indéniable.

Du passé faisons table rase

Mais qui est donc responsable de ce déprimant tableau ? Les grandes entreprises qui, d’un côté, recourent abusivement aux stages, et de l’autre se débarrassent de leurs salariés de plus de 55 ans à la moindre occasion ? Non. Les exonérations sociales et fiscales – 172 milliards d’euros en 2010 ! – dont les sociétés du CAC 40 usent et abusent sans créer d’emplois (et au détriment des PME qui, elles, ont créé des emplois malgré la crise) [1] ? Non plus. Les discriminations que subissent les jeunes, diplômés ou non, issus de nombreux quartiers populaires ? Pas du tout. La quasi absence de représentativité des nouvelles générations au sein des instances démocratiques nationales (seuls 4% des députés français ont moins de 40 ans…) ? Aucunement.

Le coupable, c’est le « pacte de solidarité » mis en œuvre au sortir de la Seconde Guerre mondiale. À savoir : la Sécurité sociale, l’assurance chômage, la retraite par répartition, la semaine des 40h, la création du salaire minimum, une certaine forme de démocratie sociale… Tout cela ne doit pas être rénové, amélioré, rendu plus juste. Pour l’Institut Montaigne, ce pacte « non seulement ne contribue plus à assurer la cohésion sociale mais il la menace. Dangereusement. » Plusieurs obstacles hérités de cette époque révolue et entravant l’emploi doivent donc être levés. Et ils sont nombreux.

Transformer les CDI en CDD

Le sacro-saint CDI d’abord. Pour de nombreuses personnes, il est synonyme d’un minimum de stabilité et de garantie dans ce monde dérégulé. Un jeune qui décroche le sésame peut enfin se projeter au-delà de quelques mois, envisager de chercher un logement par exemple, ou rêver à quelques projets personnels. Pour l’Institut Montaigne, le CDI est au contraire synonyme de « rigidité inadaptée ». Il est donc proposé de le rendre plus « flexible » (proposition n°9). En gros, d’en faire un CDD – ce dernier serait supprimé – sans la prime de précarité. Ce contrat plus flexible permettra aux employeurs de changer unilatéralement la nature du poste, les fonctions, la rémunération ou encore le temps de travail. L’entreprise pourrait ainsi congédier un salarié à l’issue d’une mission soi-disant indéterminée… Et ce, sans contrepartie financière.

« Actuellement, il n’est pas possible de rompre un CDI pour un motif autre qu’économique », déplore l’Institut. Qu’on le rassure, c’est tout à fait réalisable, encore faut-il payer les indemnités légales prévues par le Code du travail ou la Convention collective. Autant d’horreurs, aux yeux des auteurs du rapport, qui menacent la cohésion sociale : « La France s’illustre par un droit du travail particulièrement contraignant, qui crée des effets de seuil sécurisant pour ceux qui sont du bon côté de la barrière ». Conclusion : faisons passer tout le monde du mauvais côté au nom de l’équité.

Côté salaires, les experts de l’Institut Montaigne n’estiment pas « qu’il serait juste de baisser le salaire fixe ». Ouf ! On est presque rassuré. Mais le répit est de courte durée : « La hausse continue des salaires tout au long de la carrière professionnelle », à cause de l’ancienneté, est un frein à « l’attractivité des seniors ». À défaut de baisser les salaires, comment ne pas les augmenter ? Très simple. Il est proposé de généraliser, pour « les postes de management », les rémunérations variables qui viendraient compléter un salaire fixe (proposition n°6). On appelle ça des primes individuelles, dont le fonctionnement est souvent discrétionnaire. Et on sait les conséquences néfastes que peuvent provoquer ces primes individualisées uniquement fixées en fonction d’objectifs quantitatifs, dans les centres d’appel par exemple : baisse de la qualité au profit de la quantité, ventes forcées ou abusives, mise en compétition permanente des équipes, soumission au supérieur hiérarchique, stress, mal-être... Généraliser ce système, ça promet !

44 ans de cotisations

C’est loin d’être tout. L’institut demande la suppression pure et simple de l’âge légal de départ à la retraite (proposition n°14). Et l’allongement à 44 ans, d’ici 2020, de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein (actuellement fixée à 41 ans à partir de 2012). Le rapport préconise également que le malus – la décote - appliqué aux pensions des salariés qui n’auraient pas assez cotisé, soit alourdi, passant à 7% par an. Actuellement, la perte est de 1,25 % à 2,5 % par année de cotisation manquante (ce qui en fait déjà l’une des décotes les plus fortes d’Europe). Bref, pour le laboratoire d’idées, « choisir le moment de sortie de la vie professionnelle selon ses besoins et selon ses moyens », cela signifie travailler 44 ans en CDD permanent avec des salaires très variables.

Car la retraite, comme les études, sont considérées comme des temps morts. Le think-tank suggère de développer « l’employabilité tout au long de la vie ». Le travail en alternance et l’apprentissage doivent se généraliser dans l’enseignement secondaire et supérieur (propositions n°1 et 2). Histoire que les étudiants apprennent davantage de compétences utiles pour les actionnaires, plutôt que des savoirs pas vraiment rentables à court terme, et susceptibles d’aiguiser l’esprit critique.

Les élèves apprentis seraient payés avec « de vrais salaires à temps partiel » sans que l’on sache ce qui, pour les chercheurs de l’institut, constitue un « vrai salaire » (un Smic ? Un salaire de directeur de l’Institut Montaigne ?). En parallèle, la taxe d’apprentissage payée par les entreprises doit être supprimée, mais l’État est invité à verser une allocation de 300 euros par mois pour compléter les « vrais salaires » des élèves apprentis. Ou comment transformer 2,2 millions d’étudiants en main-d’œuvre à bas coût au nom de la lutte contre le chômage, et aux frais de l’État…

Les pesants silences de l’Institut Montaigne (et du Medef)

Les animateurs du laboratoire d’idées assurent utiliser une « méthode d’analyse et de recherche rigoureuse et critique ». Pourtant, leurs recherches passent plusieurs faits sous silence. Si le « pacte de solidarité » qui a assuré la prospérité de la France pendant un demi-siècle s’est, selon eux, transformé en lourde menace, ce serait principalement à cause de la démographie : « Tout le problème est ce que ce modèle se heurte aujourd’hui à une situation démographique radicalement différente de celle qui l’a vu naître », les « actifs » – 41% de la population – supportant « la double charge des études et des retraites  ». Exit la question du partage des richesses.

Selon la Commission européenne et l’Insee, la part des salaires dans la valeur ajoutée – la richesse produite – des entreprises a considérablement baissé en trente ans [2]. Cela signifie un niveau de salaire moyen qui reste bas (moins de 1.500 euros nets pour les ouvriers et les employés) et des dizaines de milliers d’emplois non créés, au profit d’une meilleure rémunération du capital. Si les augmentations de salaire liées à l’ancienneté constituent un frein, ce n’est aucunement le cas d’une hausse continue des dividendes versés aux actionnaires (196 milliards d’euros de dividendes en 2007, contre 40 milliards en 1993). D’ailleurs, l’Institut Montaigne n’en parle pas. Dans les 110 pages du rapport, le mot « actionnaire » n’existe pas.

Autre silence : les dispositifs d’exonérations fiscales dont bénéficient – inégalement – les entreprises. « Au total, les dispositifs dérogatoires fiscaux et sociaux applicables aux entreprises, entendus au sens large, représentent plus de 172 milliards d’euros en 2010 », pointe le récent rapport du Conseil des prélèvements obligatoires. Soit dix-sept fois le déficit actuel des caisses de retraite ! Le nombre de ces dispositifs est passé de 44 en 2005 à 64 en 2010. Plusieurs d’entre eux sont censés avoir été mis en place pour favoriser, directement ou non, la création d’emploi. Étrangement, l’Institut Montaigne n’en tire aucun bilan.

Quand le travail se résume à l’employabilité

Plus étrange encore, plusieurs constats présents dans le rapport – et essentiels pour expliquer la situation actuelle – ne débouchent sur aucune proposition. L’institut déplore ainsi une certaine défiance des jeunes et des seniors à l’égard du travail. Les premiers n’en font pas leur priorité, les seconds font tout pour en sortir dès qu’ils en acquièrent le droit. « La détérioration sensible des conditions de travail, le manque de reconnaissance et de considération, la perte d’une ambiance sereine et conviviale engendrée notamment par la course à la rentabilité et à la performance, le stress physique et psychologique, enfin de fortes incitations à cesser l’activité professionnelle expliquent pour l’essentiel ce phénomène de sortie prématurée du monde du travail », détaille le rapport. Puis, plus rien. Comme si l’apprentissage, des contrats de travail plus flexibles et une durée de cotisations plus longue allaient résoudre ce problème pourtant central. Aucune remise en cause du fonctionnement des entreprises. On ne mord pas la main qui vous nourrit.

Pour les inspirateurs du Medef, cette aggravation du mal-être au travail est peut-être due, elle aussi, au « pacte de solidarité » de 1945. Ne serait-ce pas cette archaïque Sécurité sociale qui permet trop facilement aux salariés de se déclarer malade ou d’être victime d’un accident du travail, ce qui bloque indument un poste de travail ? Nous suggérons une 16ème proposition : supprimons la Sécurité sociale définitivement !

http://www.bastamag.net/article1282.html


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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #12 le: 17 novembre 2010 à 14:03:05 »
Une sacrée centralisation de lobbies que voilà...Et qui explique en partie l'omnipotence d'un MEDEF dont le rôle, sur le papier, se résume à celui d'un partenaire social.
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #13 le: 17 novembre 2010 à 14:53:41 »
Mais cette bande d'illuminés est complètement à côté de la plaque ! L'Etat qui complète les salaires maintenant...on aura tout vu !

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #14 le: 07 décembre 2010 à 22:17:04 »
"L’institut demande la suppression pure et simple de l’âge légal de départ à la retraite "

retour à l'esclavage et crève là où tu bosses.....

bon ceci dit moi je veux bien être d'accord .... si tous ces blaireaux s'appliquent le même tarif .....
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Re : Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #15 le: 12 décembre 2010 à 18:31:58 »
lisez c'est long mais ça présage du pire avant 2012...

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Les bonnes idées du Medef pour remettre jeunes et vieux au travail

La réforme des retraites à peine digérée, une nouvelle offensive se prépare sur l’emploi des jeunes et des seniors. Le Medef vient de publier un rapport de l’Institut Montaigne qui liste 15 propositions pour en finir avec la « rigidité inadaptée » des CDI ou du droit du travail. Un rapport qui passe sous silence la question cruciale de la répartition des richesses. Selon le think tank d’inspiration néo-libérale, si les jeunes souffrent particulièrement du chômage et des inégalités, c’est la faute aux principes de solidarité mis en œuvre après 1945.


Tant de connerie d'un seul coup, c'est dur à ingurgiter...  :mrgreen:


Il y a vraiment des nuisibles dans notre pays, et plus que jamais il faut que les gens votent pour bouter hors du pouvoir les fous dangereux susceptibles d'appliquer un programme aussi infect.


J'ai tout de même une question : aux USA, où le taux de chômage officiel est à présent de 10 % (donc encore supérieur en réalité), et concerne les également les séniors et les moins de 25 ans ; pourquoi la crise ne s'estompe-t-elle pas ?


Il n'y a pas aux USA de pacte de solidarité de quelque nature que ce soit...


...  :mrgreen: Ils ne seraient pas un peu incompétents et dogmatiques ces gens de l'Institut Montaigne ?




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Correction des balises de citation par timbur
« Modifié: 12 décembre 2010 à 21:12:53 par timbur »
¤ Nicolas : Mes papiers

¤ Forward

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #16 le: 13 décembre 2010 à 05:42:18 »
  En fait la réponse en ce qui concerne les USA  c'est la confédération qui y pourvois. Vous n'estes pas sans savoir que certains états sont très riches et d'autres plutôt pauvre ,par exemple l'Arizona avec ses déserts attiraient beaucoup de tourisme quand la vie était belle, mais maintenant les gens restent coincé chez eux, fini les dépenses pour aller voir des cactus. Les films westerns, en ont pas mal a montrer en restant dans son fauteuil. Alors Le Gouvernement central envois de l'argent (provenant des impôts fédéraux) a cet état devenu pauvre, argent qui provient des impôts des États plus riches, c’est ce qui s'appelles "péréquation". L’État de New-York lui très riche ne recevra rien].C'est le même principe au Canada, La province du New Brunswick étant très pauvre les neuf autres provinces crachent au Bassinet Ce sont les États ou les provinces de ces deux pays qui redistribuent l'argent aux nécessiteux sans égard aux âges. Tout citoyens a les mêmes droits. C’est sévèrement contrôlé par le fédéral.  Il ne peut pas etre fait un choix entre deffirentes personnes (pas de sectarisme).Tendit que l’union Européenne qui donne de l’argent aux pays en difficultés n’exerce pas de contrôle .Les dirigeants de ces pays receveur font se qu’ils veulent de cet argent en ramassant la plus grosse part et distribuant très peu aux nécessiteux ,du coup ces derniers hurlent,  et la banque centrale donne une rallonge ,et ainsi de suite. Vive l’Union Européenne. J’en aurais long a dire, mais ayant des foutues crampes dans les doigts je m’arrête la .  

Correction horographique.(Office 2010®)
« Modifié: 13 décembre 2010 à 05:52:15 par TheTwit »

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #17 le: 15 décembre 2010 à 14:00:45 »
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La diète en guise de bons vœux pour les smicards

Le gouvernement écarte l’éventualité d’un coup de pouce pour les millions de salariés concernés par l’évolution du salaire minimum. Le «?coût du travail?» est invoqué. Les trésors accumulés par les grands groupes sont oubliés.

À la veille de la réunion de la commission nationale de la négociation collective, où le niveau de la revalorisation du smic, prévue au 1er?janvier prochain, doit être annoncé, les jeux étaient faits. Pour la cinquième année consécutive, le salaire minimum ne bénéficiera d’aucun coup de pouce. Seule l’augmentation «?technique?» (basée sur l’inflation et l’évolution du salaire ouvrier de base) prévue par la loi sera appliquée. La hausse devrait donc avoisiner le 1,6?%, portant le smic horaire brut de 8,86 à 9?euros. Pour un mois de travail, la rémunération net serait de 1?073?euros, soit un «?plus?» d’à peine 17?euros. Pour défendre la «?rigueur?» ainsi appliquée aux salariés les plus défavorisés, le gouvernement avance trois arguments, qui relèvent de la manipulation ou du mensonge pur et simple.

 10 % de salariés concernés??

«?Quand vous abordez cette question du coup de pouce, vous parlez à 10?% des salariés, moi, en tant que ministre du Travail et de l’Emploi, je préfère parler à 100?% des salariés?», affirme le ministre du Travail. Il «?oublie?» que le smic, conçu comme un garde-fou contre le dumping social, et un moyen de faire bénéficier les plus défavorisés des progrès économiques de la nation, sert aussi de repère pour faire évoluer l’ensemble des grilles salariales. Toute augmentation doit logiquement être répercutée sur les niveaux de rémunération supérieurs, afin de maintenir des perspectives de déroulement de carrière. Aujourd’hui, 2,3?millions de personnes sont payées au «?minimum?». Mais, en réalité, l’ensemble des salariés sont potentiellement concernés. Les hausses du smic intéressent tout particulièrement ceux qui travaillent à temps partiel, dont la rémunération est en général calculée sur le «?minimum?».

 Le smic responsable du tassement ?des salaires??

Selon le groupe d’experts, choisis par le gouvernement, qui lui a remis un rapport déconseillant les «?coups de pouce?», les hausses du smic horaire intervenues entre?1995 et?2005, liées aux 35?heures, auraient entraîné le tassement constaté aujourd’hui de la distribution des salaires en bas de l’échelle. En vérité, comme on peut le lire dans le bilan de la négociation collective 2009, la faute incombe aux employeurs qui «?ne répercutent le plus souvent pas l’intégralité de ces augmentations sur le reste de la grille?». Il ne suffit pas de vanter, comme le fait Xavier Bertrand, que, désormais, seulement 10?% des branches professionnelles ont une grille salariale ne respectant pas le plancher légal du smic. Le fait majeur demeure la diète imposée plus généralement, depuis des années, par le patronat à l’ensemble des salariés. Résultat?: la moitié d’entre eux perçoivent au plus 1?600?euros. Un tassement de la hiérarchie dont les employeurs ne sont pas les seuls responsables. Les exonérations et les allégements de cotisations sociales sur les bas salaires, accordés sans contrepartie, ont largement contribué à ce phénomène.

 La feuille de paie, ennemie de l’emploi??

À suivre les experts, la priorité pour les smicards, «?en moyenne plus exposés au risque de chômage?», est l’emploi. Et de noter au passage que de nombreux salariés, du fait de durées de travail courtes, de temps partiel subi, perçoivent un revenu salarial annuel inférieur au smic (ils étaient 20?% dans ce cas en 2007). Mais selon ces experts, la seule «?stratégie?» possible serait de poursuivre «?la politique d’allégements de charges visant à abaisser le coût du travail afin de développer l’emploi?». Pour autant, ils n’apportent toujours pas la preuve de l’efficacité, en termes de créations d’emplois, de cette stratégie par ailleurs très coûteuse pour les finances publiques (plus de 20?milliards d’euros par an).

 Une autre politique

La revendication d’un véritable «?coup de pouce?» se justifie avant tout par l’impératif de justice sociale, pour combattre la pauvreté qui ronge le monde du travail. Mais, à l’heure où le pays reste englué dans la crise, ce choix éminemment politique serait aussi économiquement vertueux, la consommation restant le meilleur moteur de l’activité. Enfin, si l’on en juge par la santé financière des grands groupes qui, selon les Échos, ont accumulé au premier semestre un «?matelas?» de 150?milliards d’euros de trésorerie, il ne semble pas hors de portée des entreprises…

http://www.humanite.fr/13_12_2010-la-di%C3%A8te-en-guise-de-bons-v%C5%93ux-pour-les-smicards-459940

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #18 le: 15 janvier 2011 à 19:29:57 »
C'est vrai qu'au final, si les patrons n'étaient plus obligés de payer un salaire à leurs employés, il y aurait beaucoup moins de chômage en France. On devrait supprimer le droit au salaire pour l'employé. Je suis en outre certaine que c'est un frein terrible à la compétitivité.
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #19 le: 24 janvier 2011 à 12:21:17 »
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« Il faut négocier un statut spécial qui protège les travailleurs saisonniers »


Contrats à durée déterminée en cascade, droits assedic limités, difficultés de logement… Le quotidien des 2 millions de travailleurs saisonniers est bien loin du cliché d’un salarié qui profiterait de la montagne l’hiver et de la mer en été. Richard Dethyre, sociologue et coordinateur du premier Forum social des saisonniers, côtoie depuis plus de 10 ans ces nomades du travail. Alors que s’ouvrent les négociations sur l’assurance chômage, il préconise une amélioration de leur statut, pour les faire sortir de la précarité. Entretien.
 
Basta ! : Quelle est la différence entre un contrat de saisonnier et un CDD ?

Richard Dethyre [1] : Concentrés dans des secteurs du tourisme et de l’agriculture, les contrats à durée déterminée des saisonniers peuvent être renouvelés plusieurs années de suite, sans aucune prime de fin de contrat. Et avec des droits assedic minorés. De 71% du salaire net pour les autres salariés, on passe à 50% pour les saisonniers. Alors qu’ils cotisent autant que les autres ! De plus, au bout de trois années, un saisonnier peut voir ces droits supprimés. Parce que l’Unedic prévoit des indemnités dites « de remplacement » et non « de complément ».

Cette façon d’indemniser les saisonniers correspond à une vision tronquée de ce qu’ils sont : beaucoup de personnes pensent qu’ils choisissent ce statut, pour pouvoir changer de régions, et profiter de la mer en été et de la montagne en hiver. Mais cette vision correspond plutôt à une période de plein emploi, qui est bel et bien terminée. Aujourd’hui, la plupart des saisonniers ne choisissent pas cette intermittence forcée. Mais on ne les entend pas. On ne leur donne pas parole. Ils ne sont pas syndiqués. Ils sont invisibles. La preuve : au dernier grand Salon du tourisme, qui se tenait à Paris au printemps 2010, il n’y avait aucun saisonnier !

Quelles sont, au quotidien, les difficultés de ces travailleurs ?

Ce sont les difficultés du travail intermittent. Ils ne peuvent pas louer d’appartement, ne peuvent pas obtenir de prêt bancaire, etc. Ils n’ont pas cette sécurité sociale qu’est censé apporter le travail. Il y a aussi des difficultés très spécifiques comme le fait que garer sa voiture à Val d’Isère pendant la saison d’hiver, ça coûte 4.500 euros ! Ce sont souvent des professionnels de grand talent. Ils ont une grande capacité d’adaptation, ils sont capables de changer de lieux, d’équipe, de chef, en étant opérationnels tout de suite. Mais ils sont, globalement, dans une terrible souffrance de ne pas être reconnus pour leur professionnalisme. D’autant que le secteur du tourisme génère un chiffre d’affaire annuel de 145 milliards d’euros !

Finalement, nous sommes le pays le plus visité du monde avec les travailleurs les plus mal lotis. En Espagne, autre pays touristique, un salarié touche 70% de son salaire pendant les périodes creuses, sans risque de perdre un jour ce complément.

Quelles sont les actions urgentes à mener ?

Nous les avons fait émerger lors du premier Forum social des saisonniers où, pour la première fois, ces travailleurs se sont vraiment exprimés. L’urgence, c’est de se manifester lors des négociations entre les partenaires sociaux sur l’assurance chômage qui ouvrent lundi 24 janvier. C’est dans ce cadre que cinq salariés saisonniers ont porté plainte contre l’Unedic, par l’intermédiaire de la Halde, pour prévarication (manquement à ses obligations). Nous allons rendre cette plainte plus visible. Il faut réussir à négocier un statut spécial qui protège les travailleurs saisonniers. Calqué en partie sur celui de l’Espagne, qui fonctionne plutôt bien.

Est-ce que la situation socio-économique actuelle pèse sur ce statut ?

Évidemment. Le chômage de masse permet de faire supporter des conditions toujours pires aux salariés. Cela crée des situations sans rapport de force possible. Une sorte de fatalité s’est installée. Le Forum social des saisonniers est une première étape de sortie de cette situation, mais il faut poursuivre. Parce que la vague libérale, qui n’a que faire des travailleurs, est très forte. Partout où ils le peuvent, les employeurs usent de la culture de l’actionnariat pour laquelle le travail représente un coût et non une richesse.

Ainsi, des secteurs comme les musées ou les stations-service emploient de plus en plus de saisonniers. On adapte la main-d’œuvre aux périodes de pleine activité. Celui qui doit payer l’addition, c’est le salarié. Il y a une inversion dans la nature du contrat de travail. Il devient une assurance pour l’employeur de maintenir ses marges au lieu d’être une garantie pour le salarié.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler
Notes

[1] Il est l’auteur de Avec les saisonniers, une expérience de transformation du travail dans le tourisme social, paru aux éditions La Dispute en 2007, et coordinateur du premier Forum social des saisonniers, qui s’est tenu à Aubagne, en décembre 2010.

http://www.bastamag.net/article1384.html

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #20 le: 24 janvier 2011 à 12:49:26 »
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Avec l'UMedefP© aux manettes, vers la tiers-mondisation de l'économie française ?
Humeur, Sarkoland
jan 232011

Le Medef ment (non, ce n’est pas nouveau). « La France est moins compétitive que l’Allemagne car le coût du travail y est plus élevé, résume 20 minutes. C’est en substance l’une des conclusions du rapport de l’institut Coe-Rexecode, remis ce jeudi au ministre de l’Industrie, Eric Besson. » L’économiste Philippe Askénazy, directeur de recherche au CNRS, s’inscrit en faux : « Il y a un différentiel de compétitivité entre les deux pays: l’économie allemande a réussi à être très exportatrice contrairement à l’industrie française. Lié à la position du Medef, il n’est pas étonnant que l’institut Ceo-Rexecode explique cet écart par le coût du travail. Mais dans les faits, un salarié allemand coûte aujourd’hui plus cher qu’un salarié français. »
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #21 le: 24 janvier 2011 à 12:54:03 »
c'est tout à fait ça : "la tiers-mondisation de l’économie française"
"un salarié allemand coûte aujourd’hui plus cher qu’un salarié français." chuuuuut il faut pas le dire trop fort ça risque de casser le mythe du salarié français fainéant, râleur et non productif.

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #22 le: 24 janvier 2011 à 15:13:47 »
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L’économiste Philippe Askénazy, directeur de recherche au CNRS, s’inscrit en faux

Encore un nouveau nom. Et si en vérité, le fait que l'on voit toujours les mêmes têtes à la télé était dû à ce qu'elles sont de moins en moins nombreuses ?
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #23 le: 24 janvier 2011 à 18:23:51 »
la droite réac fait dans l'idéologie stalinienne : garder les éternels tromblons pour raconter toujours les même conneries !

plus gros plus ça passe, plus c'est répété mieux c'est digéré...
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #24 le: 25 février 2011 à 19:31:34 »
voilà les belles monstruosités de la compétitivité :fache1:
si vous avez envie de dire un petit mot à cette boite samsic.siege@samsic.fr
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Son fils décède, on veut le licencier

Quatre jours après le décès de son fils Théo, Cyril Fournier est menacé de licenciement. Son employeur lui reproche une baisse de motivation durant les mois d'hospitalisation de son fils, atteint d'une tumeur au cerveau, révèle ce matin le Courrier Picard.

Le 12 janvier dernier, alors qu'il pleure la disparition de son fils de 10 ans, Cyril Fournier reçoit un recommandé : «Une convocation à un entretien en vue d'une rupture conventionnelle ». Ce responsable technique travaille dans une entreprise de prestation de services, Services 3D, chargée de proposer des solutions anti-parasitaires aux sociétés. «Je n'ai jamais fait parler de moi, aucun avertissement. Je n'ai pas compris ce qui se passait. La direction était au courant de ma situation, dès mon embauche, il y a un an».

À partir du 16 décembre, ce père de famille était en arrêt maladie pour rester aux côtés de son fils. «Son état de santé s'est aggravé brutalement et devenait critique. Il a fait deux graves malaises à l'Institut Curie, on a bien cru qu'on allait le perdre », rappelle sa compagne. Le salarié laisse des messages à son supérieur pour le prévenir de ses arrêts maladies, "sans qu'il daigne répondre alors que j'ai toujours joué cartes sur table depuis le début".

Le 27 décembre, Cyril Fournier reprend toutefois son activité professionnelle, histoire de "penser un peu à autre chose", explique-t-il. Mais son fils Théo le rappelle vite à son chevet : il n'a plus la force de se battre. Quelques jours plus tard, il décède. Le 28 janvier, Cyril Fournier est convoqué "Mon directeur a supposé une baisse de motivation en novembre et décembre alors qu'il connaît ma situation. C'est lamentable", lâche ce père de famille.

"Dans ce moment douloureux, aucun soutien ne m'a été apporté. Mon directeur n'a toujours pas daigné m'adresser une parole. On n'a pas le droit de se comporter de cette façon, c'est inhumain". Contacté par le Courrier Picard, le groupe Samsic, la maison mère de Services 3D basée près de Rennes, n'a pas souhaité s'exprimer.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/25/97001-20110225FILWWW00317-son-fils-decede-on-veut-le-licencier.php

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #25 le: 25 février 2011 à 19:45:55 »
Ce dernier post fait appel à tant d'émotions que je ne peux qu'exprimer mon soutien et ma compassion pour ce père .Vivre une telle situation est déjà une terrible douleur mais dans ce monde de productivisme acharné c'est l'horreur et il est difficile d'y survivre .
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #26 le: 08 mars 2011 à 11:58:23 »
pitié :pasdrole:

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Avec Pôle emploi, sois belle et vends-toi !

Des ateliers "relooking" pour les femmes au chômage ? C'est l'idée lancée par l'organisme public et une fondation privée pour les aider à retrouver du travail. Une opération de communication à bas coût, fondée sur des principes idéologiques douteux, entre séducation et culpabilisation.

« Eh bien voilà, avec cette journée, vous n’avez plus d’excuses ! », lance Christine Salaün, présidente de la fondation Ereel. Face à elle, dix femmes au chômage inscrites à Pôle Emploi l’écoutent avec attention. Jusqu’à cette journée du mardi 22 février, ces femmes auraient-elles cherché des excuses pour ne pas retrouver du travail ? Auraient-elles même volontairement négligé leur apparence au point de se voir exclues du monde du travail ?

Depuis janvier 2011, le Pôle Emploi Ile-de-France, en partenariat avec le Fonds de dotation Ereel, propose aux femmes « demandeuses d'emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, qui ont de faibles revenus ou qui sont en situation de handicap » de participer à un atelier « relooking ». Une journée pour « apprendre à se présenter, à s'exprimer devant un futur employeur mais aussi savoir convaincre sans stress et avoir confiance en soi ». Tout un programme déroulé à l’école internationale d’esthétique parfumerie Régine Ferrer, rue du Faubourg Saint-Honoré, où s’est tenue la deuxième édition. Dans l’ambiance feutrée d’un salon de coiffure, elles sont dix femmes au chômage et presque autant de journalistes. Il y a aussi l’équipe bénévole : deux jeunes apprenties maquilleuses, une styliste, un coiffeur, une spécialiste manucure, Christine Salaün de la fondation Ereel et Régine Ferrer, directrice de l’école. Sélectionnées et choisies à condition d’accepter de se prêter au jeu des médias, les dix femmes sont donc là pour  augmenter leur chance de trouver du travail.

La plupart sont assistantes, opératrices, secrétaires. Toutes au chômage depuis au moins deux ans et âgées de quarante ans et plus. Pendant la journée, elles vont écouter sagement les conseils de professionnels, les « coachs beauté » : soin de la peau, (« bien préparer sa peau avant le maquillage »), maquillage (« mise en beauté pour un entretien »), mains et ongles (« l’importance des mains pendant un entretien »), coiffure et enfin atelier « image de soi » pour « savoir quelle couleur choisir pour mettre en valeur son teint et ses cheveux ». L’image, c’est donc là que tout se joue ? « Pôle Emploi mène une campagne pour mieux communiquer avec son image et son C.V. A compétence égale, on sait que le stress joue énormément dans un entretien d’embauche», justifie Anne-Laure Germond pour le Pôle Emploi. « La première image, c’est celle que l’employeur garde en tête. Il vaut mieux privilégier une apparence qui cadre. Une erreur de jean, de maquillage trop chargé peut être fatale », ajoute Christine Salaün. Voilà, on y est. Les femmes qui sont au chômage doivent jouer la carte du charme. C’est à elle de faire un effort, c’est à elle de plaire. Une manière de réduire le rapport des femmes au travail à un jeu de séduction et de gommer deux enjeux essentiels (jamais évoqués pendant la journée) : les compétences de ces femmes et un marché du travail en crise.

Membre d’honneur de la fondation Ereel, Régine Ferrer détaille, à travers son implication dans cette action, sa perception des chômeurs : « Quand on est licencié, on a un choc. Le téléphone ne sonne plus. On n’est plus dans la vie. Nous, on est là pour leur faire prendre conscience qu’un employeur accorde beaucoup d’importance au physique et à l’aisance. Si vous êtes bien dans votre peau et que vous avez confiance, vous pouvez donner envie à l’employeur de vous embaucher. Il faut le séduire. C’est comme dans un couple. Quand on n’est pas bien le matin, il faut avoir la fierté de donner la bonne image de soi. Et ce n’est pas toujours la faute des autres. C’est difficile pour tout le monde ». Voilà, sans détour, l’idée de la culpabilisation qui monte. L’idée, qu’au fond, si on se laisse aller, on n’a qu’à s’en prendre à soi-même. La responsabilité individuelle se dessine et, en creux, un rapport de domination admis et inéluctable entre le demandeur d’emploi et le recruteur.

Pendant qu’elle se fait maquiller par une jeune apprentie de l’école Régine Ferrer, Martine répond volontiers aux sollicitations d’un journaliste. « Alors qu’est-ce qui cloche dans votre look ? », demande-t-il brutalement. Martine, la cinquantaine, au chômage depuis 2007 répond : « J’ai découvert d’autres façons de me maquiller. C’est bien parce que c’est vrai qu’on a des baisses de moral mais moi j’ai toujours pris soin de moi. Ce n’est pas nouveau. Je sais bien qu’un entretien, c’est un rapport de séduction ». Carole, 46 ans, mère au foyer cherche du travail depuis un an. « Un atelier relooking ? Je me suis dit pourquoi pas. Même si je le fais déjà naturellement, ça peut apporter un plus. Ca nous met en confiance.» Dans une autre pièce, dédiée au manucure et à la coiffure, Alexandra fait un soin des ongles. L’intervenante lui explique : « Le recruteur regarde les mains. Elles sont le reflet de l’âme. On nous juge par nos mains, par notre personnalité ». Contentes de se faire « chouchouter », Alexandra, Mafalda, Martine ou Malika ne sont pourtant pas dupes. Elles n’imaginent pas trouver du travail, « comme ça, du jour au lendemain », grâce à cet atelier. « C’est un plus, ce n’est pas désagréable, ça va me remotiver, souffle Mafalda, mais je ne suis pas naïve et je sais que ça ne me fera pas avoir du travail plus facilement ».

Tout au long de cette journée, Christine Salaün louera l’esprit de « solidarité » et remerciera « les gens de cœur à l’esprit de générosité et de simplicité » qui s’associe bénévolement à sa démarche. Se présentant, sur son site, comme une bienfaitrice : « Chaque être humain a le devoir moral et la responsabilité de veiller sur les plus faibles. Rejeter la faute sur les autres ou se lamenter ne sert à rien, agir dans un esprit de solidarité pour trouver ensemble des solutions est bien plus efficace ! ». Sa fondation privée parrainée entre autres par Pénélope Fillon (femme du premier ministre), Marie-Anne Chazel (comédienne) ou encore Bernard Debré (Député UMP de Paris) s’appuie aussi sur les marques de beauté. C’est Gatineau et Revlon qui régalent. La journée touche à sa fin. Les femmes repartent avec des crèmes, une trousse de maquillage et un vêtement. Christine Salaün leur promet de faire un suivi personnalisé : « Vous avez besoin d’un coup de pouce. Sachez que vous n’êtes plus seules. On ne vous abandonnera pas comme ça. C’est pour ça ce genre de choses, c’est du cœur, c’est vrai. C’est ça le mécénat ! »


http://quartierspop.over-blog.fr/article-avec-pole-emploi-sois-belle-et-vends-toi-68857011.html

 

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #27 le: 08 mars 2011 à 12:19:54 »
super la journée de Lafâme !

c'est vraiment affligeant un tel niveau de connerie...
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #28 le: 08 mars 2011 à 14:57:25 »
A gerber ...  :fache13:
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #29 le: 08 mars 2011 à 15:18:35 »
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #30 le: 08 mars 2011 à 15:29:16 »
dans le même registre j'avais déjà lu il y a quelques temps, que Pôpôle en poids fournissait des offres pour de la messagerie rose...

c'est dire le niveau du caniveau...

mais je suis mauvaise langue, c'est pour promouvoir le télétravail...  :mrgreen:
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #31 le: 23 mars 2011 à 12:42:34 »
en voilà une idée qu'elle est bonne, mais qui, je doute, ne fera pas plaisir à tout le monde :

Revenu garanti, travail choisi
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #32 le: 24 mars 2011 à 10:25:17 »
Dominique de Villepin...  :gehe: 8|
Je suis traumatisée... Mais c'est une très bonne nouvelle que des gens comme Villepin commencent à tenir ce genre de discours. Enfin, pour autant que ce soit sincère... ...  :gene4: :taistoi: 8/
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #33 le: 24 mars 2011 à 12:21:04 »
Christine Boutin l'avait déjà proposé, le dividende universel.
"Payer les gens à rien foutre," ce n'est pas vraiment le genre de la maison...

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #34 le: 31 mars 2011 à 12:51:33 »
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Vers la préférence nationale ?

L'expert ès opinion de Nicolas Sarkozy propose dans Paris-Match de "réserver le RSA et le RMI aux Français qui ont un travail". Un tournant radical.

Dans le très instructif portrait de Patrick Buisson que publie cette semaine Paris-Match, cette phrase, au détour d'un paragraphe : "Il plaide ["il", c'est donc Buisson, le très écouté expert ès opinion de Nicolas Sarkozy] pour une grande loi de réhabilitation du travail ; elle lutterait contre l'assistanat en réservant par exemple le RSA et le RMI aux Français qui ont un travail."

Nous y voilà.

Tout commence par les mots. Depuis un certain temps, on redoutait que la dérive droitière de la rhétorique sarkozyste ne débouche sur un tournant radical. Dans les faits et plus seulement dans les mots.

Jusqu'ici, en effet, cette stratégie a produit l'inverse du but recherché. Le président-candidat espérait enrayer la fuite de ses électeurs vers l'extrême-droite. Il n'a réussi qu'à élargir la voie d'eau. Débat sur l'identité nationale, discours de Grenoble liant immigration et insécurité... A chaque fois, Marine Le Pen monte dans les sondages, et aussi dans les urnes (voir les cantonales). Avec ce beau résultat : Nicolas Sarkozy est désormais devancé par elle dans les intentions de vote et menacé – humiliation suprême - de se voir éliminé au premier tour de 2012.

S'il décide de persévérer dans cette voie – et il y paraît bien décidé, malgré les mises en garde d'un Fillon, d'un Baroin et d'autres, qui l'adjurent de délaisser la thématique national-sécuritaire et de se recentrer sur les questions économiques et sociales (chômage et pouvoir d'achat) -, il est condamné à passer à l'acte.

Exclure les étrangers du RSA et du RMI, c'est très exactement ce que réclame le Front national. C'est même une des rares constantes et peut-être la mesure la plus emblématique de son programme. La traduction directe du slogan de la "préférence nationale". Cela marquerait une rupture radicale avec la tradition républicaine, avec la philosophie même qui fonde notre protection sociale. Ce serait jeter des dizaines de milliers de familles dans la misère absolue.

On se dit que c'est trop énorme, que Sarkozy n'oserait pas. Mais celui qui réclame cette mesure n'est pas n'importe qui. C'est, comme le note Paris-Match, "l'éminence grise de Sarkozy". L'homme qui a "inventé" le ministère de l'Identité nationale, trouvaille à laquelle Nicolas Sarkozy pense devoir sa victoire de 2007. Le théoricien de la ligne nationale-populiste que l'on voit aujourd'hui prospérer.

Alors, un dérapage de plus, la petite phrase du conseiller Buisson ? Une opinion personnelle qui n'engage que lui ? Un ballon d'essai ? Ou une annonce soigneusement pesée, laissant présager la brutalité des mesures qui se préparent ? En tout cas un signal à prendre très au sérieux, car il en dit long sur les scénarios qui ont cours dans l'entourage immédiat du candidat-président.

Claude Weill - Nouvelobs.com

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #35 le: 31 mars 2011 à 17:00:03 »
et donc exclure aussi les français sans emploi ???? :pasdrole:
"Il n'y a point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer", Beaumarchais

 La neutralité favorise toujours l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté » (E. Wiesel).

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #36 le: 31 mars 2011 à 20:19:10 »
Et aussi, en sus mais l'air de rien, faire peser sur l’État le poids de l'insuffisance des salaires.

Ce qui ne manque pas de sel compte-tenu de leur approche idéologique des choses quasi-systématique.
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #37 le: 16 avril 2011 à 20:37:11 »
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fête des précaires et du pissenlit !

Le samedi 30 avril 2011, comme chaque fin de mois, ça fera déjà dix jours que nous serons à découvert.
Nous sommes salarié-e-s au SMIC, en CDD, en Interim, à temps partiel, en Contrat Unique d’Insertion, stagiaires de longue durée à 30% du SMIC, bac + 5 en Service Civique à 540€ par mois, auto-entrepreneurs, pigistes, intermittents, chômeurs en interim, travailleuses au black au RSA, travailleurs au black, jeunes n’ayant pas droit au RSA, saisonniers, étudiants-salariés… Nous galèrons pour trouver un emploi et un logement, pour payer le loyer.

Nous galérons pour remplir le caddie chez ED. Nous voulons vivre, pas survivre. Nous voulons payer des impôts. Nous voulons payer nos restos, aller au ciné, partir en vacances, arrêter de taxer nos parents, avoir le temps et la place pour élever des enfants, nous doucher avec du gel douche bio, manger du filet de bœuf plutôt que des surgelés, aller chez le dentiste pour retrouver le sourire.

Notre précarité est une insulte au passé, alors que nos parents et nos grands-parents ont travaillé pour notre accès à l’éducation, à la sécurité sociale, pour le droit du travail, et pour notre liberté. Privés de stabilité et soumis à la flexibilité, notre avenir est hypothéqué. “C’était mieux Avant”, on finit par le croire. Parce que nous refusons cette fatalité, nous ne nous laissons pas abattre par ce manque de perspective.

Nous sommes des millions ! On se croise tous les jours dans la rue, dans le métro, au boulot, dans les facs, à Pôle Emploi ou à la CAF, ou à l’heure de l’apéro. Nous sommes éparpillé-e-s et isolé-e-s.

Le samedi 30 avril, rassemblons-nous. A défaut de se payer notre brin de muguet du 1er mai, célébrons le pissenlit pour ne pas le manger par la racine. Avant la fête des travailleurs, retrouvons-nous pour la journée du Pissenlit, fête des précaires. Ce jour là, rendons nos galères visibles. Quelles que soient vos convictions, vos revendications, votre situation, rejoignez nous. En écho à l’énorme mobilisation des précaires portugais le 12 mars, nous vous donnons rendez-vous à Paris tout au long de la rue de Lisbonne, pour un défilé festif, pacifique et non-partidaire contre la précarité. Fabriquez pour l’occasion vos propres panneaux, pancartes, banderoles, et inscrivez-y vos coups de gueules et vos messages. Rendez-vous le samedi 30 avril pour un défilé festif, pacifique et non-partidaire !

Carole, 28 ans, salariée depuis 10 ans, au SMIC, encore dépendante de ses parents.
Xavier, 36 ans, chômeur, auto-entrepreneur.
Lily, 25 ans, bac+5, en Service Civique prolongé à 540 euros par mois.
Dimitri, 24 ans, serveur, travaille 50 heures par semaine dont 30 heures non déclarées.
David, 26 ans, chômeur en reconversion professionnelle dans le secteur social.
Nikos, 27 ans, vacataire dans la fonction publique
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #38 le: 16 avril 2011 à 20:44:47 »
Un des commentaires, sur cette même page, me semble particulièrement intéressant.
Petit Minus n'est-il pas le garant de la Constitution ?

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Mouvement du 30 avril2011:
14 avril 2011 at 23 h 36 min

Création d"un comité pour le respect du droit constitutionnel d'obtenir un emploi

Dans un pays qui comprend plusieurs millions de chômeurs, on peut s’étonner sur le fait qu’aucun de ces chômeurs, qu’aucune association, qu’aucun syndicat, qu’aucun parti politique ne se soit appuyé sur le droit Constitutionnel d’obtenir un emploi pour améliorer la situation de ceux qui sont confrontés à cet état de chômage…

On pourrait encore comprendre cette absence de réaction si cela concernait seulement quelques individus, si le chômage correspondait à la durée nécessaire pour retrouver un emploi, si cela correspondait à des circonstances particulières qui étaient en train de s’améliorer…Mais lorsque cette situation touche une grande proportion des jeunes, lorsque des personnes sont condamnées durant de longues périodes de leur vie à cet état, lorsque le problème aurait tendance à s’accroitre plutôt qu’à diminuer, l’absence de réaction semble incompréhensible.

Cette absence de réaction pourrait s’expliquer par le fait que ce droit n’aurait aucune valeur juridique ou contraignante en France, que ce droit relèverait de bonnes intentions émises par des organismes n’ayant aucune autorité sur les administrations nationales…Mais ce droit fait partie intégrante de la Constitution. Ce droit fait partie du Contrat qui lie d’une part les citoyens entre eux et d’autre part chacun des citoyens à l’Etat, garant de la pérennité de la Constitution par l’application des droits et devoirs de chacun.
Cet engagement est total et peut parfois être contraignant au point d’accepter que des individus doivent donner leur vie pour la défense de cette Constitution et des engagements qu’elle entraine. C’est ainsi que mon grand père en 1915 est mort face à l’ennemi. C’est ainsi que mon propre père a passé cinq années de sa vie comme prisonnier de guerre où sa situation ressemblait beaucoup à l’esclavage.
De nos jours, la conscription elle-même a été supprimée et les devoirs de chacun paraissent moins contraignants en ce qu’ils se limitent souvent à payer les impôts et à respecter les lois.
Pour autant les droits accordés à chacun de nous ont-ils régressé ???

Tout indique plutôt le contraire. Les droits reconnus à chaque individu susceptibles d’engager la responsabilité de l’Etat ne cessent de se développer…sauf en ce qui concerne le droit d’obtenir un emploi.

Devrait-on considérer que ce droit serait devenu caduc, obsolète, inadapté à notre époque et aux besoins des citoyens ???
Pour beaucoup de personnes, pour tous ceux qui ne disposent pas d’une fortune personnelle ou familiale, le travail est la seule et unique façon de se procurer des revenus qui permettent l’accès à tous les autres droits. Que reste-t-il à ces individus lorsque cette possibilité de se procurer des revenus leur est interdite ??? Vivre de la mendicité ou des trafics ??? Est-ce la meilleure façon d’assurer l’épanouissement des individus et la cohésion de la société ???

Il faut reconnaître que ce droit constitutionnel d’obtenir un emploi n’est susceptible de bénéficier qu’aux plus pauvres, qu’à ceux qui ne disposent pas des relations ou des revenus pour s’intégrer dans la société…Aux plus faibles !
Est-ce une raison suffisante pour considérer que ce droit ne pourrait bénéficier des mêmes garanties et des mêmes attentions que tous les autres droits constitutionnels ???

Je pense que si nous sommes des centaines de milliers de chômeur a revendiqué ce droit constitutionnel a obtenir un emploi, et qu'on s'organise ensemble, par des manifestions, rassemblement, comité, action médiatique, si on est uni, si on est solidaire, si on se bat tous ensemble l'état devra respecter notre droit et nous donner un travail correct, ou une rémunération équivalente en attendant d'en obtenir un

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #39 le: 16 avril 2011 à 20:46:16 »
C'est super comme initiative ! merci Sarkome :fleur2:

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Vivre avec 800 € par mois quand les banques enfument le monde
Par Jean Matouk | Economiste | 15/04/2011 | 16H00
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Lundi 11 avril, France Inter reçoit, dans sa matinale, Christine Lagarde. Il s'agit d'un entretien suivi, comme à l'accoutumée, de questions d'auditeurs. Une retraitée expose : elle essaie de vivre avec 800 euros par mois et en réalité, sans les fortes privations qu'elle s'inflige, cette somme ne lui permettrait de vivre que quinze jours. Réponse de la ministre :

    « Le gouvernement a tout a fait conscience de votre problème et c'est pour cela qu'il a décidé d'augmenter de 2% les pensions de minimum vieillesse. »

En fait, le gouvernement a augmenté le minimum vieillesse de 4,7% et les pensions, effectivement, de 2%. Notre retraitée va donc percevoir 16 euros de plus par mois. De quoi se plaindrait-elle ?

Le meilleur de l'entretien est à venir. Un autre auditeur s'inquiète de la capacité de l'Europe à continuer de venir en aide aux pays débiteurs en difficulté : Grèce, Irlande, demain Portugal, et ensuite ? Réponse (résumée) de la ministre : pas d'inquiétude ! L'Union européenne dispose d'un fonds de soutien de 500 milliards d'euros. Elle a de quoi aider. On en a encore sous le pied !

La petit dame à 800 euros n'écoutait peut-être plus la radio. Si elle l'écoutait, elle a dû être sidérée.

Christine Lagarde n'est pas en cause elle-même. Elle participe simplement d'un monde séparé par un vide effectivement « sidéral » de celui, réel, de millions de Français.
Les 800 euros contre les milliards des Etats

Quels discours a, en effet, entendu cette brave dame à 800 euros depuis trois ans ?

En 2008 puis 2009, notre chef de l'Etat lui a exposé que, pour éviter la récession, il injectait des dizaines de milliards dans notre économie ; vers la même époque, il lui a aussi expliqué qu'il était contraint d'avancer aux banques des dizaines d'autres milliards, pour éviter leurs faillites, tout en critiquant vivement, par ailleurs, leur gestion déplorable qui avait conduit à cette situation.

Il n'y a eu, en France du moins, aucune subvention aux banques : celles-ci ont remboursé les avances et versé des intérêts ; mais entre-temps, les démagogues d'extrême droite et gauche se sont époumonés à répéter qu'il y avait « de l'argent pour les cadeaux aux banques et rien pour les pauvres ».
Les profits des banques plus élevés que jamais

Quand arrivent les résultats 2010, la même dame, puisqu'elle écoute France Inter, entend énumérer les résultats faramineux des banques, dont certaines étaient proches de l'agonie deux ans plus tôt :

    7,8 milliards pour BNP-Paribas ;

    3,6 milliards pour le Crédit Agricole ;

    3,2 milliards d'euros pour la Société Générale presque « ruinée » deux ans plus tôt par l'horrible Kerviel..

Elle entend aussi annoncer que les revenus des dirigeants des banques ont retrouvé à peu près leur niveau antérieur : 1,5 million pour l'un, 2,5 millions pour l'autre… Et aux Etats-Unis, de 10 ou 15 millions par an !

Mais ces malheureux dirigeants de banques ont un petit problème en Europe compte tenu des dispositions sataniques prises par les Etats qui les ont sauvés, deux ans plus tôt : elles leur interdisent de verser les mêmes boni qu'autrefois à leurs traders, ce qui fait fuir ceux-ci en Asie…

Il n'y a d'ailleurs pas que les banquiers. Les chefs des grandes entreprises aussi participent à la fiesta 2010 des millions :

    Franck Riboud (Danone) : 4,4 millions ;
    Bernard Arnault (LVMH) : 3,8 millions ;
    Jean-Paul Agon (L'Oréal) 3,3 millions ;
    Henri de Castries (Axa) : 3,2 millions ;
    Larf Olofsson (Carrefour) : 3,1 millions, comme Gérard Mestrallet (GDF-Suez) ;
    Martin Bouygues : 2,5 millions, à peu près comme Christophe de Margerie (Total) ;
    Denis Kessler (Scor) : 2,3 millions, comme Henri Proglio, à l'époque à Veolia…

Comment ces gens, ou leurs délégués rémunérés à due proportion, peuvent-ils regarder en face et discuter le bout de gras, voire négocier, dans les comités d'entreprise avec les représentants de leurs salariés ? De telles différences de salaires créent des différences de nature. Ces interlocuteurs ne sont plus du même monde. Entre eux s'est créée une sorte de barrière des espèces
Mais que font-ils de cet argent ?

Par parenthèse, même lorsqu'on a, comme c'est mon cas, dirigé des banques, accueilli et fréquenté des clients très aisés, ayant de hauts patrimoines en gestion, on a quand même du mal à imaginer ce que ces hommes font de telles sommes une fois achetés l'appartement de 300 m2 au centre de Paris ou Bruxelles, la villa à Capri et le chalet à Davos, et consommées les vacances les plus luxueuses.

Ils font gérer les énormes surplus dans des fonds, ce qui accroît un peu plus la sphère financière en même temps que leurs revenus futurs. Rêvons ! S'ils avaient, depuis dix ans, investi chacun, chaque année, la somme – ridicule pour eux – de 300 000/400 000 euros par an, dans une ou deux petites entreprises technologiques en création, la France disposerait largement de sa Silicon Valley…

Les inventions attendent dans les labos, comme les docteurs ès sciences.
Les banques étranglent les Etats les plus faibles

Et voici que notre même petite dame à 800 euros apprend, en mai 2010, que la Grèce est étranglée par sa dette, et que l'Europe et le FMI doivent voler à son secours, pour 45 milliards d'euros. Elle apprend, il y a un mois, qu'il faut d'urgence 24 milliards d'euros à l'Irlande pour racheter – devinez quoi – ses banques, et qu'aujourd'hui c'est le Portugal qui tend la sébile pour 75 milliards.

Comme le dit si prosaïquement madame Lagarde, heureusement que l'Europe « en a encore sous le pied ». Ce que la dame à 800 euros euros ne saura probablement jamais, c'est que ces Etats sont étranglés… par l'action des banques américaines et européennes. Celles-ci vendent à terme les dettes de ces Etats, provoquant la baisse effective du titre au comptant, engrangeant donc les bénéfices de leurs ventes à terme tout en faisant augmenter le taux que demandent les prêteurs pour renouveler le prêt.

Pire ! Dans le cas de la banque américaine Goldman Sachs, on découvre que c'est une de ses employées, particulièrement talentueuse, qui a aidé le gouvernement grec a maquiller les comptes de la Grèce avant l'entrée dans l'euro ! Compliqué ? Un peu ! Mais là est le secret de l'« enfumage » du monde entier par ces banques avec la complicité des Etats.

Conclusion : les Français sont vraiment très raisonnables. S'il ne l'étaient pas, aux élections régionales de 2010, comme aux dernières cantonales, le Front national et l'extrême gauche auraient dû à eux deux faire 80% des suffrages exprimés ! Avec la même abstention de 50% !

Mais notre petite dame à 800 euros, qui fait partie de ces Français bien sages, doit attendre bien tranquillement les 16 euros que lui a annoncés Christine Lagarde.

C'est clair , c'est net ! ....Rassemblemeeeeeeeeeeeent!!!
« Modifié: 16 avril 2011 à 20:55:28 par syberia3 »
"Souvenez-vous pour toujours des noms de ceux qui ont refusé ce combat ou, pire, qui ont préféré relayer les arguments calomnieux et anti-communistes de l'extrême-droite contre nous." Jean-luc Mélenchon

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #40 le: 07 mai 2011 à 14:08:12 »
Je sais, ici ce n'est pas "3615 jracontmalife"  :mrgreen:, mais des fois ça fait du bien de pousser une gueulante.  :diable:

Hier, appel d'une conseillère Pole Emploi :

- "Bonjour, Machine Bidule de pole emploi Truc, je vous appelle pour une offre d'emploi."
-"Oui, je vous écoute."
-"C'est à l'hôpital de jour de Truc, pour un remplacement de trois jours, du 10 au 13 mai. Et peut-être deux jours en juin, et quinze jours en juillet."

Je me demande encore pourquoi je ne lui ai pas ris au nez avant de raccrocher, au lieu de quoi j'ai pris note des informations et l'ai remercié... Arfff.

Sans blague. Trois jours. Et PEUT-ETRE deux jours et quinze jours.
C'est une offre d'EMPLOI ça ??!!

C'est sur qu'avec ça, je vais payer la moitié du loyer... Pffff... :pasdrole:
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #41 le: 07 mai 2011 à 16:02:36 »
Tu aurais peut-être du lui répondre :
-"D'accord, alors je ".

Une moitié d'offre de demi-emploi, ça mérite un quart de réponse. Non ?
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #42 le: 08 mai 2011 à 23:27:02 »
C'est reparti pour la chasse au "salaud de pauvre".

Citer
Le ministre français des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, a souhaité dimanche que les bénéficiaires de minima sociaux voient leurs revenus plafonnés en cas de cumul d'allocations et qu'ils soient astreints à des travaux d'intérêt général, pour marquer l'écart avec "celui qui travaille".(...)

"Quelle est, pour moi, la principale injustice dans notre pays ? C'est que celui qui travaille n'ait pas un véritable écart avec celui qui bénéficie des minima sociaux", a-t-il dit sur RMC et BFM TV. "Cette situation-là est pour moi le cancer de la société française."(...)

Article complet.


Le problème n'est pas du tout l'incapacité du SMIC à faire face au coût de la vie, ou plus généralement l'insuffisance des salaires et la précarité des contrats. Non, l'urgence est de flatter les instincts primaires. :naah:
Et attention, Wauquiez représente la droite "sociale" au sein de l'UMP.

Même s'il est probable qu'il ne s'agisse là que d'un de ces habituels "scuds" lancés ça et là pour prendre la température, la démagogie a de beaux jours devant elle.

Bientôt le retour des "90 minutes : ces allocataires qui fraudent les ASSEDICS" et autres "Complément d'enquête : chasse aux voyous avec la BAC de Nice" ! :gehe:
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #43 le: 09 mai 2011 à 00:43:54 »
Citer
"Aujourd'hui, un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux, peut gagner plus qu'un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au Smic, a-t-il avancé. Ca c'est la société française qui tourne à l'envers."

Source AFP
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #44 le: 09 mai 2011 à 10:58:59 »
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Wauquiez: la Fnars parle de démagogie
lefigaro.fr
09/05/2011 | Mise à jour : 09:31 Réactions (36)

Interrogée sur le souhait de Laurent Wauquiez de plafonner les revenus des bénéficiaires de minima sociaux et d'imposer une contrepartie au RSA, la présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), Nicole Maestracci, a dénoncé aujourd'hui une "grande méconnaissance de la réalité" et des propos "démagogiques".

Hier sur BFM TV, le ministre des Affaires européennes a souhaité que les bénéficiaires de minima sociaux voient leurs revenus plafonnés en cas de cumul d'allocations. Dénonçant une "dérive de l'assistanat en France", Laurent Wauquiez a également proposé que les personnes touchant le RSA soient en contrepartie astreints à des travaux d'intérêt général. Il a annoncé que son groupe au Parlement, la Droite sociale, allait déposer une proposition de loi en ce sens dans les dix jours.

Interrogée ce matin sur France Info, la présidente de la Fnars a qualifié ces propos de "démagogiques". Selon Nicole Maestracci, les bénéficiaires du RSA sont "des familles monoparentales, avec des jeunes enfants". Pour elle, le problème n'est pas le RSA mais l'emploi : "La réalité aussi c’est que Pôle emploi, qui devait accompagner les personnes bénéficiaires du RSA, a beaucoup de mal à le faire", a estimé la présidente de la Fnars. "La contrepartie, personne ne s’y oppose, mais il faut que chacun remplisse ses devoirs", a-t-elle conclu.

De son côté, Marie-George Buffet, interrogée ce matin sur la même antenne, a qualifié les propos de Laurent Wauquiez de "scandaleux". "Le RSA, ce n’est pas de l’assistanat, c’est la société qui assure un moyen de survivre à des gens qui sont au bout de tout", a estimé l'ancienne secrétaire générale du PCF. Pour Marie-George Buffet, ces propos ont pour but "d'essayer de rameuter l'électorat d'extrême droite et de diviser notre peuple"
.
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #45 le: 09 mai 2011 à 11:07:24 »
Plafonner les revenus, oui, mais d'abord ceux des patrons du CAC 40...  :super:

De manière annexe, je pense que plafonner le chômage et la retraite des professions à très hauts revenus est une réforme nécessaire et urgente. Il n'y a pas de raisons légitimes à ce que un tel, au chômage, touche ne serait-ce que 3 fois le salaire d'un ouvrier, or je pense que ce genre de situation existe. Idem pour la retraite, on ne devrait pas avoir autant de personnes qui touchent x fois plus que le salaire médian.
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #46 le: 09 mai 2011 à 11:13:21 »
Lady M :fleur2: :
Ok pour le chômage VS salaire d'un ouvrier, mais il faudrait attaquer le mal à la source. Normal que le chômage touché soit proportionnel au salaire précédent, mais anormal que certain touche le SMIC et d'autre 10 000 euros/mois.

Et il me semble que là W ne parle pas des assedics mais bien des minima sociaux. Et le RSA reste bien bas, comparé à un SMIC, même en comptant les aides.
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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #47 le: 09 mai 2011 à 11:34:32 »
5 heures par semaine, c'est 260 heures par an.
Avec 2 millions de bénéficiaires du RSA, cela représente 520.000.000 heures de travail non payées au service de l'Etat.
Et quel travail ! En fait, nous voilà de retour au Moyen-Age, avec la servitude des corvées (entretien des routes et des fossés) .

Il y a 9 catégories de minima sociaux :
    le revenu minimum d'insertion (RMI), (remplacé depuis par le RSA socle)
    l'allocation adulte handicapé (AAH),
    l'allocation supplémentaire vieillesse, pour les personnes de plus de soixante-cinq ans n'ayant pas ou peu de droits à l'assurance vieillesse, intégrée à l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA),
    l'allocation de solidarité spécifique (ASS),
    l'allocation de parent isolé (API),(remplacé par le RSA majoré)
    l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI),
    l'allocation temporaire d'attente (ATA), pour les détenus libérés, et demandeurs d'asile,
    l'allocation équivalent retraite (AER), destinée aux chômeurs de moins de 60 ans, ayant cotisé 160 trimestres. Supprimée à compter du 1er janvier 2009, elle n'est plus versée qu'aux bénéficiaires indemnisés avant cette date,
    l'allocation veuvage
Vraiment, ceux qui ont réussi à obtenir le cumul de deux ou plus de ces allocations de telle façon que cela atteigne le montant du SMIC, non seulement sont doués, mais doivent représenter une infime minorité.
Encore une loi pour quelques cas particuliers !  :fache1:

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Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #48 le: 09 mai 2011 à 11:59:22 »
vous avez dejà tout dit, encore du mépris flagrant pour les bénéficiaires du RSA, ça tombe bien les salriés precaires doivent trouver un coupable à mleur situation et là le coupable est clairement désigné par wauquiez.

ce qui m’inquiète aussi c'est l'emploi de ce terme "travaux d'intérêt général", sur le site du  ministère de la justice on lit ceci : "Institué par la loi du 10 juin 1983, et mis en oeuvre à compter de 1984, le TIG est une peine alternative à l'incarcération qui consiste en un travail non rémunéré au sein d'une association, d'une collectivité publique (Etat, région, département, commune), d'un établissement public (hôpital, établissement scolaire…) ou d'une personne morale de droit privé, chargée d'une mission de service public." alors à quel moment dans ce pays être bénéficiaire d'un minima, avoir eut un accident de la vie vous rend coupable d'un crime... enfin question purement rhétorique, la réponse est lié à la création de ce forum.

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Re : Re : le travail, l'emploi, la précarité...
« Réponse #49 le: 09 mai 2011 à 14:33:08 »
Lady M :fleur2: :
Ok pour le chômage VS salaire d'un ouvrier, mais il faudrait attaquer le mal à la source. Normal que le chômage touché soit proportionnel au salaire précédent, mais anormal que certain touche le SMIC et d'autre 10 000 euros/mois.


D'où le plafonnement  des revenus... :diable: :diable: :diable:

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Et il me semble que là W ne parle pas des assedics mais bien des minima sociaux. Et le RSA reste bien bas, comparé à un SMIC, même en comptant les aides.

D'un autre côté, je le verrais mal expliquer que c'est un scandale que certaines personnes à la retraite touchent plus de 4500€ mensuels quand des actifs doivent se démerder avec 800€ par mois (mi-temps...) - Bizarrement! Puisque ça le concernera un jour... Du bon côté du f*** de g*** s'entend.
Et, oui, bien sur qu'il ne parlait pas des allocations chômage mais uniquement des minimas sociaux. Les allocations chômage dantesques pourraient le concerner, et je le vois mal se contenter de ne serait-ce que 2000€ par mois...

Question annexe: en plafonnant les retraites et le chômage à 3000€/mois, combien d’économie fait-on au niveau des caisses concernées???
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