Auteur Sujet: L'insécurité  (Lu 1196 fois)

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L'insécurité
« le: 19 novembre 2011 à 11:07:34 »
Copie d'un billet que j'ai posté sur le site d'Orange, à propos du meurtre d'une collégienne en Haute-Loire. L'article d'Orange-Le Figaro a bien entendu déclenché une vague de messages haineux bien dans le style des bas du fronts et autres peu-pensants...

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A qui profite le crime ?

A ceux qui ont intérêt à créer et amplifier le climat d'insécurité dans ce pays.

Des faits divers, tristes, consternants ou horribles, il y en a toujours eus et il y en aura toujours, quand bien même on collerait en prison à vie toute personne évaluée à risque dès l'âge de trois ans.

Par le passé, ces faits divers n'étaient pour la plupart mentionnés que dans les journaux locaux et dans une certaine presse-poubelle à l'intention des détraqués. Il fallait qu'ils présentent un caractère particulièrement exceptionnel ou qu'ils touchent une personne notoirement connue pour que les médias nationaux s'en emparent, sans pour autant accentuer comme aujourd'hui le  voyeurisme qui prévaut désormais.
De nos jours, certains médias peu scrupuleux, le plus souvent soutiens de la droite ou de l'extrême droite, nous en rajoutent jusqu'à la nausée et tablent sur l'émotionnel tant pour vendre sur le dos des victimes que pour renforcer le sentiment d'insécurité, gage de succès électoraux pour l'UMP ou le FN.

A chaque nouveau fait divers sordide dont nous abreuvent Orange-Le Figaro, TF1 et la plupart des autres médias fortement connotés à droite, c'est la même cohorte d'internautes qui nous ressassent leurs mêmes litanies haineuses et vengeresses, les mêmes appels à peine voilés au lynchage des présumés coupables, condamnés par avance sans le moindre procès. Tous ces gens qui s'estiment normaux et ne se rendent pas compte qu'ils ne valent finalement pas beaucoup mieux que les assassins puisqu'ils voudraient les voir illico coupés en deux, alors qu'ils n'ont même pas l'excuse de l'affolement et de toutes ces circonstances exceptionnelles qui conduisent un individu à peu près normal à tuer.

Certes, il faut penser aux victimes, qui de fait ne demandaient qu'à vivre et qui en avaient le droit, il faut penser au chagrin des familles. Mais il ne faut pas confondre la compassion, qui est une communion d'esprit, le partage d'une peine profonde, un soutien consolateur s'il se peut, et l'appel à la vengeance et au meurtre pour punir le meurtre. Le rôle de la justice n'est pas de venger. L'homme et la civilisation n'évoluent qu'en dépassant l'esprit bestial de vengeance.

Les médias portent une très lourde responsabilité en faisant l'étalage des faits divers. Pour certains d'entre eux, je suis bien persuadé que c'est intentionnel. De la basse récupération politique visant à favoriser la montée d'une certaine droite, mais aussi la résurgence en parallèle de tous les fascismes.
N'en déplaise aux bas du front et autres excités de la récidive, les statistiques sont formelles : les individus ayant commis au moins un crime sont plus nombreux que ceux qui en ont commis deux ou plus.

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Re : L'insécurité
« Réponse #1 le: 20 novembre 2011 à 15:03:10 »
Orange m'a censuré la suite... puis l'a accepté quand je l'ai reposté sans y changer un seul mot :

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A qui profite le crime (2e partie)

"QUELQUES STATISTIQUES

La France dispose de statistiques sur le nombre d'homicide depuis le Premier Empire. La tendance longue est à la baisse. Ainsi, en 1936, le taux d'homicide était de 1,1 pour 100 000 habitants. En 1968, ce même taux était descendu à 0,8. En 2000, avec un taux de 0,7 pour 100 000, la France présentait un des plus faibles taux d'homicide au monde. Entre 1950 et 1980, le taux de mort par homicide est relativement stable en France. Chez les hommes, il connaît une brusque -et temporaire- augmentation entre 1956 et 1962 (mort des appelés du contingent durant la guerre d'Algérie). Depuis le début des années 1980, le taux de mortalité masculine par homicide est en légère baisse. Chez les femmes, cette baisse est plus marquée et débute elle aussi au début des années 1980. Ces chiffres sont issus du site du ministère de l'Intérieur français. On remarque qu'ils sont supérieurs à ceux de l'Ined présentés dans le paragraphe précédent (environ 1 000 morts par an soit 1,6 pour 100 000 habitants). Le pourcentage de la mortalité totale est estimé à partir du taux de mortalité de 2001(9,09 %u2030, 909 morts pour 100 000 habitants, soit environ 545 000 morts par an). Pour le nombre de meurtre commis sur son territoire, la France se classe 16ème avec 1051 meurtres déclarés en 2009 et 682 en 2010. Entre 2000 et 2009, le nombre des homicides a chuté de plus de 35%, passant de 1051 à 682 l'année dernière. En 2008, la Corse détient le record des homicides par arme à feu avec 20 meurtres et 13 tentatives de meurtre."


Conclusion : Le nombre de crimes de sang est en baisse régulière, mais on en parle de plus en plus dans certains médias, et nombre de détraqués lancent en forum des appels au meurtre de plus en plus caractérisés. A qui cela profite-t-il ?

Certainement pas aux victimes. Pas non plus à leurs familles. Mais à coup sûr aux nostalgiques des chemises brunes qui ne jurent que par la vengeance et la loi du talion et aux partis politiques qui ont intérêt à amplifier le ressenti de la délinquance. Pour la plupart, ces gens-là ne prennent même pas la peine de s'informer sur les circonstances réelles des crimes. Ils en arrivent à inventer de toutes pièces les éléments de leurs accusations afin de mieux justifier leurs condamnations aveugles, plus dictées par la haine et la soif de sang que par le désir de justice, surtout pas sereine !

Ainsi, l'assassin présumé d'Agnès n'a-t-il pas été condamné à 4 mois de prison pour un précédent viol comme l'affirment certains peu-pensants sur ce forum. Il a fait 4 mois de prison préventive, ce qui n'est pas une condamnation et encore moins un jugement. Il a été estimé adaptable et réinsérable et c'est pourquoi il a été placé dans le pensionnat de Chambon-sur-Lignon. Les psychiatres ont estimé qu'il ne présentait pas de caractère de dangerosité (de la même façon que chacun peut estimer que son conjoint ne le trompera jamais), ce en quoi ils se sont hélas bien plantés. Le jeune homme était astreint dans l'établissement à un contrôle judiciaire et médical. Ses camarades de classe avaient noté des comportements parfois bizarres ou louches, mais pas plus inquiétants apparemment que chez n'importe quel ado pas toujours bien dans sa peau. En clair, tout le monde dans son entourage a été surpris de ce qui est arrivé, et il faut gratter dans les souvenirs pour trouver des signes qui auraient peut-être pu permettre à quelqu'un de particulièrement avisé de se dire que, peut-être...
Le tort de la justice ? Sans doute d'être trop engorgée pour pouvoir juger plus rapidement - mais pas trop ! Juger à chaud, c'est aussi juger dans l'émotion ! - et pour pouvoir juger en meilleure connaissance de cause, après une enquête plus détaillée et de meilleures expertises.

Quelques sots nous ressortent à tour de bras le laxisme de la justice. Qu'est-ce que le laxisme ? A en lire certains, non seulement c'est de ne pas couper illico en deux tout individu suspecté d'avoir tué et/ou violé son prochain, mais pour les plus féroces des intervenants, c'est aussi de ne pas avoir un brin torturé les éventuels coupables pour venger les victimes. Ce qui au passage laisse entendre que les malheureuses victimes, si elles en avaient eu l'occasion, n'auraient rêvé elles aussi que de violence et de meurtre, curieuse façon d'honorer leur mémoire.

Combien de meurtres crapuleux comme celui d'Agnès chaque année ? Un peu plus que de meurtres consécutifs à des bavures policières. Mais pas beaucoup plus si l'on compare au nombre de meurtres avec permis sur la route. Je m'étonne de ce que ces coupeurs de gens en deux, qui réclament le pire contre un assassin sexuel, ne s'élèvent pas encore plus violemment contre ceux qui tuent sur la route pour un verre de trop, un appel téléphonique en conduisant, un excès de vitesse, un stop non respecté, une vague queue de poisson. Le criminel sexuel est sous le coup d'un intense désir incontrôlable. Le criminel routier ne s'est occupé que de son petit confort, de sa petite envie du moment, qu'il aurait très facilement pu réfréner. C'est d'autant moins excusable.
Accessoirement, on pourrait s'attendre à ce que nos braves Zorro d'opérette poussent également les hauts cris en cas de mort par bavure policière. Mais un petit Beur des cités fauché par une voiture de police, c'est un de perdu, dix de retrouvés, peut-être ?

Par avance, à ceux qui me souhaiteront en retour de voir mes enfants ou mon épouse violés et égorgés pour voir si j'aurai toujours le même point de vue humaniste (on me l'a tant dit déjà !), je réponds que moi aussi je leur souhaite tout le bonheur possible.
« Modifié: 20 novembre 2011 à 15:14:08 par kiosk »
N'en déplaise aux bas du front et autres excités de la récidive, les statistiques sont formelles : les individus ayant commis au moins un crime sont plus nombreux que ceux qui en ont commis deux ou plus.