Auteur Sujet: La souffrance au travail  (Lu 16359 fois)

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #50 le: 07 mai 2013 à 20:03:06 »
Citation de:  nounourse
L'un des cas concerne la centrale nucléaire de Chinon ..... Tu aurais des infos complémentaires, Bili ?
Non,pas sur ce cas là ,mon mari est sur une autre centrale.
par contre ce que je sais:
EDF est déjà archi blindée du coté des radiations,accord signé avec l'état, toute plainte après dix ans passés en centrale est irrecevable.
EDF estime qu'un cancer se développe en une décennie,statistiques à l'appui ,trop marre d'avoir des plaintes pour cancers.
Quant à la souffrance au travail,dépressions,stress etc..,c'est partout pareil,la cause c'est le management fait par des fous, comme dans le nucléaire,il y a pas mal de boulot,le  turn-over y est important. Démissionner est un des rare échappatoire, les gars sont souvent  en déplacement ça ne bouscule pas trop leur vie.

l'année dernière 18 coordinateurs bâtiment réacteurs ont démissionné en 2 mois de la boite de sous traitance ou bosse mon cher et tendre.
Deviens ce que tu es: vote Mélenchon !

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #51 le: 09 mai 2013 à 13:25:59 »
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Quand le patron de France Télécom voulait des départs "par la fenêtre ou par la porte"

Selon une note interne révélée par le Parisien, Didier Lombard, lors d'une réunion de cadres en 2006, a eu cette expression... forcément malheureuse. C'est lui qui, déjà, avait évoqué la "mode des suicides" dans l'entreprise : 57 entre 2008 et 2010, qui font d'ailleurs l'objet d'une instruction judiciaire.


L'extrait de la note, révélée par Le Parisien

C'est lors de leurs investigations que les enquêteurs sont tombés sur cette note - édifiante, forcément. Le compte rendu d'une réunion de l'Acsed, l'Association des cadres supérieurs et dirigeants de France Télécom, du 20 octobre 2006. Le PDG Didier Lombard évoque clairement  son objectif : réduire les effectifs pour dégager de la valeur. Le journal Le Parisien a eu accès à cette note, qui a depuis été expurgée. Pourquoi ?

Entre 2008 et 2010, 57 salariés de l'entreprise se sont suicidés. Les syndicats en prennent en compte 37 de plus, en 2007. Ils ont porté plainte ; selon eux, des pressions ont été exercées pour faire partir 22.000 personnes sans recourir à un plan social. Une instruction judiciaire a été ouverte - elle est quasiment bouclée. Et le Parisien croit savoir que, depuis la mise en examen l'été dernier de l'ex-PDG Didier Lombard, de l'ex-numéro deux Louis-Pierre Wenes et de l'ex-DRH Olivier Barberot, le juge a collecté des éléments qui pourraient alourdir les charges retenues contre eux. Poursuivis pour harcèlement moral, ils pourraient l'être finalement pour mise en danger de la vie d'autrui.

Il y a donc cette note de 2006. Qui a été expurgée. "La direction de l'Acsed m'a demandé de détruire" les enregistrements, raconte aux policiers la secrétaire de l'Acsed. Marie-Claude M. a même pris la liberté d'édulcorer certains propos. "Si on n'arrive pas à faire ça on n'échappera pas au plan social" est devenu "on n'échappera pas à des mesures plus radicales". Et donc ce "je ferai les départs d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte", devenu "je ferai les départs d'une façon ou d'une autre"...

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #52 le: 09 mai 2013 à 15:03:14 »
Oh P.... de B..... de M....  :pleur1: :pleur3: Et le pire est probablement que pas un instant le sieur Lombard ne s'est interrogé sur ses méthodes et leur conséquences ..... tout au plus a-t-il songé à faire disparaitre cette "phrase malheureuse" ! Ils n'ont vraiment aucune conscience  :fache1: :fache1: :fache1: :fache1:
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #53 le: 05 juin 2013 à 13:00:14 »
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Nouveau suicide d'un salarié d'Orange

Un employé d'Orange (anciennement France Télécom) a été découvert mercredi matin pendu dans les locaux de l’agence où il travaillait à Roubaix (Nord).

Nouveau drame du mal-être au travail chez la multinationale Orange (ex-France Télécom). Après le suicide d'un responsable logistique du bureau France Télécom de Pau au mois de mars, suite à sa mise à pied pour présomption d'acte frauduleux par sa direction, le corps d'un employé, âgé d’une quarantaine d’années, a été retrouvé peu après 7 heures à l’ouverture des locaux de l'agence Orange où il travaillait à Roubaix. Son décès remonterait à mardi, selon les premiers éléments. Les pompiers ont constaté le suicide. Selon La voix du Nord, une lettre aurait été retrouvée dans son véhicule sur le parking du site.

L'image de France Télécom a souffert d'une vague de suicides en 2008 et 2009, pour laquelle l'opérateur a été mis en examen pour "harcèlement moral" en juillet 2012. Un document interne de France Télécom datant de 2006, révélé par le Parisien témoignait de la violence sociale à l'époque au sein de l'entreprise, la direction révélait son intention de se séparer de 22 000 de ses employés, si possible sans plan social. Didier Lombard y affirmait : "En 2007, les départs, je les ferai d’une façon ou d’une autre, par la porte ou par la fenêtre."

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #54 le: 16 octobre 2013 à 13:09:45 »
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La lettre de suicide d’un employé d’Arcelor : « Monsieur Mittal m’a tout pris »

"Chère famille, je vous dis mes derniers mots. Je veux que vous respectiez ma femme et ma fille. Elles n’y sont pour rien. Je les ai fait souffrir énormément à cause de mon boulot pour monsieur Mittal. Il m’a tout pris, mon emploi, ma famille. Combien de familles va-t-il encore détruire ? Moi je n’en peux plus de ce milliardaire. Vous savez, je me bats depuis 31 ans pour avoir un petit quelque chose et voilà, je vais perdre mon emploi et combien de familles vont le perdre, monsieur Mittal ?"

Ces "derniers mots", ce sont ceux d'Alain Vigneron, brigadier chez ArcelorMittal, responsable de production au laminoir de Chertal, en Belgique. L'homme de 45 ans s'est suicidé, samedi 12 octobre, deux ans jour pour jour après l'annonce de la fermeture de certains fourneaux de Liège.

Dans sa lettre d'adieu, adressée à ses proches, à son délégué syndical mais aussi à tous les médias belges, l'homme dénonce le comportement de Lakshmi Mittal, président du groupe sidérurgique, et l'inaction des autorités publiques. "Je me bats depuis trente et un ans... Cher gouvernement, allez-vous enfin sauver les milliers d’emplois des familles qui en valent la peine ? Ma petite femme et ma fille, je veux que vous sachiez que je vous aime mais monsieur Mittal m’a tout repris : la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille."

Selon la RTBF, les collègues d'Alain Vigneron le décrivent "comme un travailleur exemplaire, consciencieux, issu d'une famille très nombreuse, entré à l'usine à l'âge de 14 ans, nanti d'un diplôme d'école primaire, et arrivé au plus haut poste auquel il aurait pu prétendre". "Un homme attaché à transmettre son expérience et ses savoir-faire aux jeunes générations", poursuit la radio nationale.

Alain Vigneron a demandé à ce que sa lettre soit lue durant ses funérailles, afin de sensibiliser la population au sort des travailleurs d'ArcelorMittal. L’année dernière, deux travailleurs du groupe à Liège avaient déjà mis fin à leurs jours, sans donner une portée "politique" à leur acte, rappelle Le Soir.

De leur côté, la direction et les syndicats ont souhaité rappeler le caractère privé de ce drame. "La direction d’ArcelorMittal Liège est très affectée par le décès de ce travailleur et ses pensées vont d’abord à la famille. Notre service social est bien entendu présent auprès de la famille et apportera toute l’aide nécessaire, a précisé l'entreprise. Au-delà, la direction ne souhaite pas faire d’autres commentaires sur un événement de vie privée." La Confédération du syndicat chrétien a noté le caractère "infernal" du "mal-être des travailleurs", "mais un suicide est avant tout une affaire privée". La Fédération générale du travail de Belgique a elle ajouté que "si Mittal est responsable du massacre social c’est de manière collective".


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Re : La souffrance au travail
« Réponse #55 le: 21 janvier 2014 à 21:13:35 »
c'est grâce à un billet sur babordages que j'ai découvert ce documentaire interactif ..... je ne sais qu'en dire ..... je ne suis même pas sûre de ne pas en avoir loupé des moments essentiels (le côté interactif m'a un peu déstabilisée  8/ même si c'est super bien fait) ..... C'est à voir absolument , et c'est en replay durant 7 jours !!!!!

Cela s'appelle "LE GRAND INCENDIE" .... et cela nous raconte qu'il y a une immolation volontaire tous les 15 jours en France  8| :/ :/ :/ :/

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #56 le: 19 mars 2014 à 16:49:10 »
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Nouvelle et grave alerte suicidaire à Orange

Du 15 janvier 2014 au 25 février 2014, l’Observatoire a recensé 9 suicides parmi le personnel de France Télécom-Orange, soit en deux mois, presque autant qu’au cours de toute l’année 2013 !

Sur les neuf cas portés à notre connaissance, (voir ci dessous), sept au moins ont une relation explicite au travail. Il s’agit par ailleurs de femmes et d’hommes de tous âges et de toutes qualifications.

Cette dramatique aggravation de la crise suicidaire doit trouver son ou ses explications.

Les toutes prochaines bilatérales des deux instances nationales du groupe Orange, le CNSHSCT (Comité national santé hygiène, sécurité et conditions de travail) et le CNPS (Comité national de prévention du stress), devraient permettre de dresser un état des lieux plus précis. Ces réunions doivent également être l’occasion pour la direction du groupe de s’expliquer sur cette dégradation, ses causes et surtout les mesures d’urgence que l’entreprise entend mettre en œuvre.

Pour l’Observatoire du Stress, la montée de l’inquiétude et du mal-être dans le personnel était sensible depuis plusieurs mois, et ses principales causes connues et mises en exergue dans les multiples enquêtes menées en national et dans les CHSCT de l’entreprise.

« Faire mieux avec moins »

    Les nombreuses décisions de prises de retraite et le dispositif « Temps partiel séniors » (TPS) vont entrainer le départ de 15 000 salariés d’ici 2015 et de 30 000 salariés d’ici 2020 ! Cette décrue de l’effectif n’a pas d’équivalent dans les grandes entreprises françaises depuis deux décennies.

Ces départs massifs ne seront que faiblement compensés par de nouvelles embauches (4000 prévues d’ici 2015). Dans de nombreux services, on compte la moitié de l’effectif  parmi les partants : le travail doit donc être fait par ceux qui restent, deux fois moins nombreux.

Le retour des anciennes méthodes

    Pour tenter de faire face aux dysfonctionnements qui apparaissent un peu partout, tout en voulant en même temps, accroître la productivité, les directions se livrent à d’incessantes (et parfois contradictoires) réorganisations. Au résultat : une augmentation des mobilités professionnelles et géographiques, une incertitude sur la pérennité de son travail, une montée de l’inquiétude chez beaucoup d’agents du groupe. D’autant que l’on constate, dans les directions intermédiaires, des modes de management anciens et brutaux :

    Ceux-ci s’appuient, pour l’essentiel, sur des dispositifs de gestion du personnel qui n’ont pas changé, malgré les enquêtes et les mises en garde, et qui conduisent aux pathologies de l’isolement dont les suicides font partie : mobilités forcées, évaluation individuelle des performances, mise en concurrence des salariés, challenges, coaching, etc.

L’observatoire appelle à la vigilance.

Après la désastreuse crise de 2007/2009, un «contrat social » nourri par de nombreuses négociations sociales avait apaisé le climat social jusqu’en 2013.

Mais les mêmes causes produisent les mêmes effets : on retrouve dans l’entreprise d’aujourd’hui les facteurs structurels de la crise 2007/2009, dont l’une des manifestations, la plus grave, est la remontée rapide des suicides.

Fidèle à sa mission d’origine, l’Observatoire du Stress veillera à connaître le plus précisément possible l’état de santé physique et psychique des salariés dans leur environnement de travail. Il soutiendra la mobilisation des personnels et des syndicats, qui demandent à la direction de l’entreprise de s’attaquer à cette dégradation du travail et des conditions du travail par des mesures fortes et rapides.

Droit d’alerte des syndicats 

Notant qu « En l’espace d’un an la situation s’est dégradée au travers des suppressions d’emplois programmées sur plusieurs années et l’insuffisance de recrutements, de l’accélération des fusions, des restructurations, des fermetures de sites, des changements de métiers, des changements de l’environnement du travail », l’ensemble des organisations syndicales d’ORANGE  ont émis un droit d’alerte concernant la mise en danger de la santé et de la sécurité des salariés au sein d’ORANGE et demandent des mesures immédiates et correctives pour y répondre. (lire ici).

Liste des suicides à ORANGE identifiés en janvier – février 2014
        Date                   Nom           Service
        14/01/14            R.C.           DTF (Orange Village)
        17/01/14            N.F.           AG Pro  (Poncelet)
        24/01/14            A.G.          UAT  (Boitelle)
        09/02/14            D.M.         SCE (facturation) – (Eysines)
        09/02/14            E.R.          AG Pro (Est)
        12/02/14             S.M.         SCE (ASM)  - (Bellini)
        12/02/14             L.T.          UI   (Voltaire)
        25/02/14             G.S.         UI   (Laval)
        (avant 20 fevr)   S.E.          Centre service entreprise Sud – DEF
sources : syndicats et collègues proches

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #57 le: 26 mars 2014 à 11:51:46 »
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Harcèlement: trois histoires qui se répètent

Marielle Dumortier est médecin du travail. Elle a également écrit Mon médecin du travail. Pour Et voilà le travail, elle tient une chronique régulière. Nouveau témoignage.

Isabell travaille dans un hyper marché depuis cinq ans. Après un arrêt de trois mois pour dépression, je la vois en visite de reprise du travail. Elle m’explique qu’au début tout se passait bien, son travail était reconnu.

Engagement syndical

Mais très vite elle a constaté que les chefs se « comportaient mal » avec des collègues. «  Ils ont voulu faire du nettoyage, je ne trouvais pas ça normal, me confie-t-elle en sanglotant. J’ai vu des pères et des mères de famille se faire virer sans raison. »

Isabelle  décide de s’engager syndicalement pour défendre ses collègues. Elle a été sidérée par le changement de comportement des chefs. Elle a été mise au placard: ils ont tout fait pour l’isoler de ses collègues, la contredisaient systématiquement en réunion.

Fini les promotions

Fini les évolutions de salaire et les promotions. Elle voit ses horaires de travail changés du jour au lendemain, des jours de vacances refusés…

Elle répète «  ne plus avoir la force de continuer ». « J’ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Ils sont prêts à me faire sauter la tête », affirme-t-elle en pleurant.

Devant la persistance d’un syndrome anxio dépressif, je ne laisse pas Isabelle reprendre le travail.

Une promesse de devenir chef

Deux jours plus tard, je vois à sa demande Eric. Il travaille dans le même hyper marché qu’Isabelle depuis trois ans. C’est elle qui l’a conseillé de venir me voir.

Eric raconte qu’au début tout se passait bien, son travail était apprécié. On lui avait promis qu’il deviendrait chef très vite.

Mais Eric a des difficultés à se faire payer des heures supplémentaires, constate que les chefs se comportent mal avec des collègues, les licenciant sans raison apparente.

Face à ce sentiment d’injustice, il  décide  lui aussi de s’engager syndicalement. collègues.
« Avec cette étiquette tu ne peux prétendre à rien »

Il m’explique  avoir mené plusieurs actions qui ont déplu à la direction. La promotion promise lui est passé sous le nez. «  Avant on était content de mon travail, une fois que j’ai pris ce mandat, tout a changé, raconte-il. Les chefs me disent qu’avec cette étiquette tu ne peux prétendre à rien. »

Eric est mis à l’écart, les chefs « montent » les collègues contre lui, il dit subir des brimades, être surveillé constamment, être perpétuellement en conflit,  avoir eu plusieurs avertissements et mise à pied.

La boule au ventre

Il  raconte que son employeur lui a retiré des heures de salaire, pour dépassement des heures de délégation, ce qu’il nie.

Il part travailler  la boule au vente. Il craint d’être, à tout moment, licencié pour faute.

Je lui propose une inaptitude temporaire, car je pense qu’il ne peut pas continuer à dégrader son état de santé. Il refuse toute idée d’arrêter son travail pour le moment.

Un syndicat pour contrer l’autre

Ce matin, j’ai vu à sa demande Samir qui lui aussi travaille dans le même établissement depuis huit ans.

Samir m’explique avoir été sollicité par des chefs  pour remonter une section syndicale qui était en sommeil, afin de pouvoir contrer le syndicat auquel Isabelle et Eric appartiennent.

« Les chefs m’ont fait miroiter dialogue et compromis social », témoigne-t-il. Au début Samir dit y croire mais rapidement, il a compris que la direction se « fichait de lui », et que le rapport de force était tel qu’il n’obtiendrait rien.

Lui aussi refuse de s’arrêter

Alors il a décidé de devenir « offensif ». Il s’est mis à dénoncer le management qu’il juge sévère et injuste, à contester les élections professionnelles et à mettre en lumière tous les problèmes de sécurité.

Et il change de syndicat pour se joindre à Isabelle et Eric. L’histoire se répète.

Samir présente un syndrome anxio dépressif. Il estime que «  les salariés ont besoin de [lui] » . Je lui conseille de s’arrêter il me répond que ce n’est pas possible, que  son amour propre est en jeu.
Bien sûr… Mais ce n’est pas si simple

Bien sûr ces trois salariés ont contacté depuis longtemps l’inspection du travail et plusieurs affaires sont en justice.

Bien sûr qu’il s’agit de risques psychosociaux dans cette entreprise et que l’employeur ne respecte pas ses obligations en matière de  santé et de sécurité.

Bien sûr que je continuerai à accompagner comme je le pourrai ces salariés et  tous les autres en souffrance dans cette entreprise.

Bien sûr que l’inaptitude au poste et le licenciement sont possibles. Mais ce n’est pas si simple. Eric a 56 ans et craint de ne pouvoir retrouver du travail.

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #58 le: 27 mars 2014 à 11:14:42 »
Et je tire mon chapeau à la dénonciatrice qui est médecin du travail, ce corps de métier est en première ligne de tir du patronat, comme je l'avais souligné dans ce message.

Ils sont souvent, comme les inspecteurs du travail, extrêmement impliqués dans leur boulot, avec un grand sens de l'éthique qui leur coûte cher  :merci: :merci: :merci: :merci: :merci: :merci: :merci: :merci:
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #59 le: 25 avril 2014 à 10:38:48 »
Comme tu dis, réveillonsnous... Rarement un corps de métier comme les médecins et les inspecteurs du travail a été confronté à autant de vindicte des employeurs... Et je trouve assez impressionnant le fait que l'ordre des médecins qui pourtant soutient souvent ses praticiens soudainement  se met à condamner des médecins qui font leur métier. A quoi ça sert d'être médecin du travail et d'avoir une expertise si ce n'est pas pour pointer les problèmes liés au travail ?

Ah non pardon... Les employeurs me disent dans l'oreillette qu'un médecin du travail est là pour dire "mais non mais non" à un employé qui veut s'arrêter, et le pousser à continuer en lui prescrivant des anti-dépresseurs. le travail, c'est la santé, que diable...  :fache: :fache: :fache: :fache:

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #60 le: 23 septembre 2016 à 10:40:43 »
Vivi, je persiste, ô interlocuteur invisible, bien que ce fil se soit tu depuis plus de 120 jours (882 jours par le fait, meuh quand on aime, etc etc )  :diable:.

Bon, mes petits agneaux, je vous signale l'une des "Auditions Programmatiques France Insoumise", la N°5 sur 10, laquelle s'intitule justement comme ce fil roupilleur Souffrance au Travail. Intervenants : Christophe Dejours et Vincent de Gaulejac. Perso, bien que trouvant immodestement que j'en savais une tralée (y compris pratique) sur le thème, je suis sortie de cette écoute avec un bagage supplémentaire considérable.
Adoncques mes fieux, si vous m'en croyez, branchez vous :

https://www.youtube.com/watch?v=tu4kx0hUtOQ

, en prévoyant d'avoir le temps (les auditions programmatiques durent entre 1h30 et 2h), c'est mieux d'un coup que par morceaux je trouve, et, toujours perso, on ne voit pas le temps passer. De temps en temps Dejours est un peu moins audible qu'il le devrait, mais en gros tout passe. 


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Re : La souffrance au travail
« Réponse #61 le: 25 septembre 2016 à 12:48:24 »
Aujourd'hui les graines de suicide ont contaminé les hôpitaux : remplacer le mot "agents" par infirmières et "France Telecom" par hôpital et vous aurez une idée de ce que signifie le  nouveau plan de santé tant vanté par Marisol Touraine , ministre  des suicides au travail et des baies vitrées pétées . tresfache :diable:  tresfache

 :pan3: :pan1: :contrac: :hurt4: :pendu: :pendu: :pendu: :pendu:




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Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.

Maxime VIVAS

Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité.

Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies.

Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. A l’époque, tous les délocalisés (souvent des couples) étaient volontaires en raison d’avantages palpables : primes de mobilité, autre qualité de vie, de transport, de logement.

Cette direction nationale comptait environ 800 personnes à Blagnac et 6000 dans ses directions « régionales » dont les sièges étaient à Lyon, Metz, Nantes, Paris, Toulouse.

A Paris, la DG (direction générale), sous l’impulsion d’un DRH éclairé et de quelques collaborateurs convaincus, avait mis en place un service national comptant une centaine d’ergonomes ou assimilés pour 150 000 agents.
* * *

A quoi sert un ergonome ? En résumé, c’est un analyste du travail dont la tâche est de créer des situations où les opérateurs sont placés dans de meilleures conditions de confort, de sécurité et d’efficacité. Confort, on voit là le profit pour les agents. Efficacité, on voit celui de l’entreprise. L’intérêt commun est dans la sécurité, la diminution des accidents de travail.

En ces lieux de coopération et d’antagonisme que sont les entreprises, les ergonomes développent des opérations gagnant-gagnant, en collaboration avec les directeurs d’établissements, les cadres, les agents, les syndicats et les CHSCT.

Pour arriver à leurs résultats, ils pratiquent de minutieuses observations du travail, dialoguent avec les opérateurs, avec les cadres, étudient les locaux, les documents de travail, les matériels, les notes de service, les modes opératoires, etc. Ils interviennent sur les ambiances thermique, lumineuse, sonore, l’agencement des postes de travail, le contenu du travail, son rythme et son organisation même.

Leur formation emprunte entre autres à la psychologie, à la sociologie, à la physiologie. Dans le jargon des directeurs de France Télécom (essentiellement issus de l’école Polytechnique) adeptes des « sciences dures », il s’agissait là de « sciences molles », donc de théories fumeuses.

A l’époque (je doute que cela ait beaucoup changé depuis), un diplômé d’une grande école, pouvait entrer dans le monde du travail à moins de 30 ans et gérer illico des dizaines, voire des centaines de salariés, sans avoir reçu une seule heure de formation sur ces sciences méprisées. Le fait qu’elles ne soient pas enseignées à Polytechnique suffisait d’ailleurs à prouver qu’elles servaient tout juste à sodomiser les diptères.

Le DRH, fondateur de l’équipe d’ergonomie, parti (ou débarqué), France Télécom n’eut de cesse que de résorber cette niche de plaisantins dont l’activité faisait obstacle au management intuitif, ou dépoussiéré en surface par des bonimenteurs en costars croisés et cravates rayées, pseudos experts de cabinets de consultants dont les attachés-cases étaient bourrés de recettes magiques pour améliorer en un temps record la gestion des « ressources humaines », réduire les coûts du travail, améliorer la productivité.

Le ramage de ces individus faisait ouvrir un large bec à nos décideurs qui, ignorants du fonctionnement des hommes et surtout des groupes, gobaient les théories les plus débiles et les plus coûteuses (donc excellentes, sinon elles seraient bon marché).

J’ai vécu l’époque où les ergonomes de France Télécom, en rangs de plus en plus clairsemés, essayaient, non sans risque pour leur carrière, d’alerter les dirigeants de leur entreprise sur la dangerosité des solutions qui leur étaient vendues. L’une d’elle, je ne saurais l’oublier tant elle nous faisait hurler, était que pour améliorer la productivité, il fallait « introduire une dose de stress dans l’entreprise ». Quiconque doute de la véracité de cette information devrait consulter la presse de l’époque qui promouvait avec ravissement cette méthode de management.

La liste des futurs suicides s’est ouverte ainsi.

Les ergonomes savaient, parce qu’ils l’avaient étudié et que des expériences l’avaient scientifiquement démontré, que le stress inhibe une partie des capacités du cerveau, favorise les erreurs et les accidents. Ils savaient aussi qu’il provoque des maladies physiques et atteint la santé psychique.

En face d’eux, des docteurs Diafoirus prétendaient avoir inventé la pipette pour instiller le poison à doses millimétrées. Leur geste médical n’étant pas sûr à 100%, des agents overdosés commencèrent à se jeter par les fenêtres.

L’actuel patron de France Télécom a sans doute sa part de responsabilité dans la vague de suicides, mais il n’est pas le seul. Il est celui qu’on peut attraper quand les autres, ayant dirigé une entreprise nationale naguère prospère, sont partis en laissant derrière eux une machine commerciale cotée en bourse, endettée jusqu’au cou, avec un personnel désemparé. Il a suivi la voie mortifère où les salariés sont vus comme des citrons ou des fourmis à affoler à coups de pieds pour qu’elles s’agitent. Les personnels, sans qui l’entreprise n’est rien (pardonnez cette banalité, écrite au cas où un directeur général me lirait), figuraient et figurent dans des dossiers noirs étiquetés : « sureffectifs », « coûts à résorber », « postes à supprimer », « mutations d’office », « commercial ».

Quand, il y a une quinzaine d’années, un Ingénieur en Chef, chef d’un service où je travaillais s’est jeté du haut de l’escalier de la direction de Blagnac au sortir d’une réunion où il avait appris que son service était délocalisé à Nantes, ordre fut donné de nettoyer le sol de marbre rose où il s’était écrasé et de ne pas alerter la presse, de ne pas écrire un mot dans le journal d’entreprise.

Casser le thermomètre…. Feu vert pour les suicides à venir.

Puis, débarquèrent les marchands de « Cercles de qualités » attrape-nigauds qui nous vinrent du Japon après avoir été validés aux States. Une autre fumisterie abêtissante devant laquelle les ergonomes tordirent le nez mais qui s’imposa à raison de dizaines de milliers d’exemplaires dans l’entreprise. Coûteuses bulles de savon qui éclatèrent toutes à la vitesse de la lumière. Il n’en subsiste plus aucune.

Plus durable fut l’infantilisation manoeuvrière par les pin’s dont l’accrochage au revers de la veste des sans-grades et des décideurs donnant l’exemple, était preuve d’intégration dans la grande famille de France Télécom, donc de sa cohésion sociale. Et de la supposée capacité des bons sauvages du bas, à qui on allait voler leur Statut, à se laisser éblouir par de la bimbeloterie.

Vinrent aussi les promoteurs de séminaires sans cravate, voire en short. Et en avant pour les jeux de rôles, les brainstormings, les papers-boards savamment constellés de gommettes de couleurs variées, les tableaux blancs égayés de cercles, de carrés, de flèches, de post-its, d’arbres d’Ishikawa, de diagrammes de Pareto, autant de méthodes dont la possible valeur intrinsèque était instrumentalisée pour avaliser l’idée erronée qu’il n’est pas besoin d’un savoir sur l’homme pour résoudre les problèmes de l’homme au travail. Le « bon sens » dont mon maître en ergonomie disait crûment qu’il est « la connerie unanimement partagée par un groupe homogène » suffisait. Les médias ne juraient-ils pas qu’en d’autres lieux, des « chirurgiens aux mains nues » opéraient de l’appendicite sans ouvrir les ventres et sans avoir fréquenté l’Académie de médecine ?

Des escrocs enjoués promettaient la lune, les décideurs naïfs regardaient le ciel, les ergonomes essayaient de mordre le doigt. Nous avons échappé de peu aux sauts à l’élastique et aux marches pieds nus sur les braises. J’ai quitté cette maison quand le triomphe des charlatans planétaires était si patent qu’il me fallait partir ou me compromettre. D’autres ont dû rester qui ont étouffé leur spleen dans un noeud coulant.

J’extrais de mes archives un numéro spécial du journal « L’Autan » que le syndicat CGT des télécommunications de la Haute-Garonne avait édité pour dénoncer ces dérives en octobre 1990 (19 ans, déjà  !). On y lit que la direction sise à Blagnac venait de signer un contrat qui lui coûta de 2 millions de francs (304 898 euros) avec deux joyeux drilles, beaux parleurs qui se faisaient fort de modifier l’état d’esprit de 6000 agents en deux jours de stage. En fait, les malins allaient former 20 animateurs de France Télécom qui auraient ensuite à appliquer la méthode aux autres avec les documents fournis (vendus !) : cassettes vidéo, transparents, stylo spécial (sic), un livre écrit par les deux génies et un test permettant en quelques réponses de se classer soi-même dans un des 4 types de personnalités existants (4, pas un de plus). Un syndicaliste curieux découvrit que cette merveille d’introspection moderne était déjà utilisée dans l’armée états-unienne en 1928. Pour France Télécom, elle avait été rajeunie par l’adjonction d’un procédé de grattage, style « Tac au tac ».

Le contrat comportait une règle idiote à laquelle il était pourtant impossible de déroger, le directeur national, ayant grade d’Ingénieur Général, y veillant personnellement : les formations devaient avoir lieu hors de la région d’affectation des personnels. Des milliers d’agents, souvent « volontaires-désignés-d’office », parcoururent la France en tout sens, les Marseillais visitant Brest, les Bordelais fonçant à Strasbourg, les Lillois découvrant Bayonne. Le chassé-croisé entraîna la perte de dizaines de milliers d’heures de travail et des millions de francs de dépenses supplémentaires, nullement inutiles pourtant, auraient dit ceux qui pensaient que la mobilité forcée doit s’apprendre assez tôt afin que chacun accepte demain une mutation tous les trois ans avec un minimum de pendaison sur les lieux de travail.

Pendant ce temps, les ergonomes reculaient, toujours moins nombreux, toujours moins écoutés, toujours moins promis à une belle carrière.

Le management camouflait sa brutalité croissante sous des gadgets clinquants, ruineux et superflus. Puis, le plus gros de l’opération de décervelage étant fait, on managea sans masque. A la hussarde.

Il me souvient de ce jeune chef d’un service d’une cinquantaine d’agents et de cadres, bardé de diplômes, qui ne comprit pas qu’à son pot de début d’année, seules trois personnes étaient présentes : sa secrétaire et deux fayots (ou pétochards). Il alla pleurer dans le bureau de la psychologue affectée au management qui découvrit en l’interrogeant qu’il ne lui venait jamais à l’idée de saluer son personnel le matin. Il apprit par elle que cette perte de temps était malheureusement d’usage, ailleurs.

Je tiens de source sûre cette histoire d’un jeune cadre sup, arrivant en retard, essoufflé mais radieux dans la grande salle où se tenait un conseil de direction. Il s’excusa en annonçant qu’il rentrait de la maternité où sa femme venait d’accoucher. Un ingénieur, éleveur de chevaux à ses heures perdues, lui rétorqua : « Et alors ? Quand une de mes juments met bas, je n’arrive pas en retard. ». La réplique était assez vile pour que le directeur national lui lance un «  Je vous en prie ! » outré.

Mais personne ne lui a sauté au collet pour le sortir de la pièce. Les futurs suicides s’alimentent de ces arrogances impunies et donc répétées.

Un temps, regrettant mes anciens collègues, j’allais déjeuner avec eux au restaurant d’entreprise. Je n’entendais que lamentations, annonce de mutations non voulues, obligations de performances, tableaux d’activités à remplir, fiches d’évaluation individuelles, objectifs chiffrés, affectations de techniciens supérieurs à la vente de téléphones portables, craintes pour leurs primes, bon vouloir du N+1 pour l’avancement, détestation des décideurs. Accablement et rêve de retraite.

Il me souvient aussi de ces cadres sup se croyant intouchables, jamais une grève, pas syndiqués, très impliqués, à qui la direction annonçait un beau jour que leur poste était supprimé, qu’ils devaient se trouver un « point de chute » et qui vivaient alors des mois entiers d’inactivité sur le lieu de travail, niés, humiliés. Chacun d’eux s’employait fébrilement à « se vendre », tremblant qu’on lui impose un poste à Hazebrouck ou à Triffouilly-Lez-Engelure, charmante localité qui n’offrirait pas d’emploi à son épouse et de lycée à ses enfants. Partir ? Mourir ?

J’ai connu un cadre supérieur de 55 ans, chargé de famille, bien décidé à travailler encore 5 ans, acharné à donner satisfaction jusqu’à sacrifier des soirées et des week-ends, qui accompagna tous les changements sans lever un sourcil, qui ne broncha pas quand les premières victimes se plaignirent et que son chef convoqua un vendredi pour lui dire qu’il avait le droit de partir en préretraite et que ça serait bien qu’il le fasse. Sur l’air de : « Me suis-je bien fait comprendre ? ». Viré ! Fissa ! Car son allégeance ne suffisait pas à effacer l’essentiel : sur un listing, il était un pion sans visage, sans famille, sans âme et sans chair, une « unité » gonflant un total.

France Télécom aujourd’hui, c’est vingt ans d’incompétence hautaine, sûre d’elle et dominatrice, de cruauté, de morgue, d’ignorance crasse et revendiquée dans la gestion de femmes et d’hommes qui étaient fiers d’oeuvrer pour le public. Pour le pays.

Au bonheur de préserver le tissu rural en s’enfonçant dans la montagne pour aller installer un téléphone à « la petite mémé de l’Ariège » qui enlève la housse protégeant l’appareil quand les enfants pensent à l’appeler de la ville, s’est substituée la tâche roublarde de fourguer des contrats incompréhensibles, des forfaits téléphoniques non souhaités à de pauvres gens dont le pouvoir d’achat est en chute libre.

Parfois, des agents de France Télécom se lavent de ces souillures en se jetant dans un torrent.

Didier Lombard, le PDG, peut bloquer quelques-uns des engrenages meurtriers, embaucher des psychologues, dire à tous qu’il les aime. De son vivant, il ne réparera pas les dégâts.

Par effet d’hystérésis, le paquebot dont les machines sont stoppées continue sur sa lancée. Pour l’empêcher d’échouer, pour éviter le choc qui jettera des poignées de passagers par-dessus le bastingage, il faudrait faire machines arrière, toutes.

Et cela ne se fera pas, foi de Nicolas Sarkozy ! Foi de Martine Aubry ! Foi de privatiseurs ! Foi d’Union européenne ! Foi de Traité de Lisbonne ! Foi de Concurrence libre et non faussée ! Foi de CAC 40 ! Foi de FMI !

Ah ! qu’accède aux commandes une vraie gauche décidée à tenir tête aux susnommés, une gauche ayant dans son programme le respect de chacun, la reconnaissance des services rendus à la population et un chouïa d’amour, si le mot n’est pas devenu choquant dans les conseils d’administration et dans les ministères.

Maxime VIVAS

Ex cadre de France Télécom, ex ergonome européen®, Maxime Vivas a été concepteur de formations en ergonomie et sécurité.

rajout d'une citation. Val.  :merci:



« Modifié: 18 novembre 2016 à 06:00:55 par Val »
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #62 le: 26 septembre 2016 à 17:11:43 »
Cet article est absolument excellent , et tellement vrai !!

J'ai failli faire partie de ces "consultants" vendeurs de méthodes bimbeloteriesques foireuses, j'ai été formée pour cela et je sais ce que font aujourd'hui beaucoup de mes anciens collègues de formation .... Mais je n'ai jamais pu, comment me serais-je regardée dans la glace  ?  8/

M . Vivas n'exagère en rien, la réalité est celle-là !!!
"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #64 le: 23 octobre 2016 à 14:32:45 »
Ca fait des années que ma mère dit que ça finira comme ça à La Poste. Je vois bien comment les réorganisations successives pèsent sur son moral. Et elle s'angoisse déjà pour la suivante. Ils n'en peuvent plus, y'a moins de courrier globalement ok, mais si ça fait toujours autant de maisons où s'arrêter, ça change rien à leur tournée qu'il y ai 10 courriers ou 1 par arrêt.
On leur demande des trucs qui n'ont rien à voir avec leurs compétences (sérieux, régler les TV des p'tits vieux au passage au numérique! Sont pas formés à ça. Faire de la prévention cancer? ...). faut vendre, être commercial mais faut pas trop voir les gens non plus (tournées chronométrées).

Le pire étant qu'à coté de ça les clients se plaignent de la baisse de qualité du service. Ben oui, mais les gars quand ta tournée est ultra chronométrée par ordi sans soucis de la réalité de terrain, que t'as genre 1min30 pour distribuer un recommandé, ben au bout d'un moment, tu fais bien assez d'heure supp non payé comme ça (6j/7) pour en plus passer 5 minutes à attendre que le destinataire arrive à la porte, papote, signe et repapote. Tu laisse un avis de passage. Je défis tous les donneurs de leçons de ne pas faire de même après plusieurs mois de services.
Et vu que les contrats précaires se généralisent aussi (apprentis, intérimaires, ...), les facteurs qui changent de tournée régulièrement, tout ça, ben y'a plus le même coeur à l'ouvrage qu'à l'époque où tout allait bien.

Mais bon, est ce que le haut de la pyramide en a quelque chose à faire?
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #65 le: 23 octobre 2016 à 17:43:27 »
Entièrement d'accord avec toi.  :merci:

Ce que tu dis et illustres par le biais de La Poste est généralisable à l'ensemble de ce qui s'appelle encore la fonction publique.

Le "haut de la pyramide" a décidé d'étendre le pire modèle de management dans tout le public. Je trouve que les employés sont bien gentils: ils font ce qu'ils peuvent pour que l'édifice tienne debout alors qu'il n'y a pas besoin d'être très futé pour voir que tout est décidé pour que ça se casse la gu.  :rougefache:
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #66 le: 23 octobre 2016 à 18:39:05 »
Je suis même pas sure que ça s'arrête au public. Dans le privé aussi il y a des dérives.

C'est le monde du travail dans sa globalité qu'il faudrait repenser, en société civilisée et évoluée que nous disons être. Faudrait que la courses aux profits s'arrêtent, qu'on acceptent en haut lieu que certains secteurs ne sont pas compatibles avec rentabilité mais restent essentiels pour l'économie et les populations.
Qu'on ne peut pas toujours espérer plus, qu'il y a un plafond que l'on a surement atteint depuis longtemps, même défoncé (comme les capacités de la terre à produire) mais que c'est pas grave parce qu'on produit assez de richesses malgré les voix alarmistes qui disent le contraire et qu'on peut tous vivre bien avec ce qui est produit actuellement (je suis peut être utopiste mais je le pense vraiment. Ca implique juste que certains n'aient pas 30 villas, 20 yachts et des milliards dans les paradis fiscaux). Faut qu'on arrête les gaspillages d'un coté pour que ceux qui n'ont pas ou peu puisse avoir un peu plus.

Bref, qu'on pense à l'humain plutôt qu'au fric et aux profits de certains.
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #67 le: 18 novembre 2016 à 06:13:59 »
Je suis tout à fait d'accord avec toi, avec vous. Bien sûr qu'on peut vivre tous avec les richesses que produit la France, il suffit de se débrouiller pour arrêter de concentrer les richesses en un seul endroit "les mains des très riches".
La souffrance au travail découle de la perte de la solidarité, perte de la réflexion sur l'humanité, perte de vue de ce qui compte le plus, c'est à dire l'humain.
Plus on persiste à traiter les hommes comme des machines, moins ça marche.

Et dans tous les services publics, c'est ce qui se passe. Bien sûr dans le privé aussi, mais je pensais aux services publics car ils sont en fait des grandes entreprises qui appliquent ces super théories du "management" de haut en bas, favorisant la souffrance de dizaine de milliers de salariés.

Ce que je trouve fou, c'est le fait finalement qu'une minorité de personnes, avec le pouvoir et l'argent, arrive avec des moyens à faire souffrir tant de monde. Car finalement c'est effectivement sociétal, on va promouvoir ceux qui ont le moins d'empathie, et ceux qui en ont le plus vont se suicider.

Promouvoir ceux qui veulent implémenter le modèle du moment.

Il faut que ça s'arrête, et je pense que la résistance doit venir de chacun d'entre nous. En étant solidaire, en reprenant les choses à zéro.
Pas facile.

Mais je voulais quand même dire qu'il y a aussi des forces qui tente d'agir dans le bon sens. Une minorité, certes, mais tout commence par une minorité. Il nous faut juste, chacun à notre tout, agir pour que cette minorité et cette force devienne globale.
Action par action, petit bout par petit bout.

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #68 le: 18 novembre 2016 à 16:47:23 »
Oui ! :merci:

Nous n'avons plus le choix : nous devons en effet agir pour reconstruire du collectif et de la solidarité . La question de l'humanité est essentielle : là où je bosse les délégués syndicaux (majoritairement CFDT :fache1:) mènent la bataille dans tous les services pour vérifier que nous trions bien nos déchets : de ma vie je n'avais jamais vu autant de sorte de poubelles , un truc de ouf !... avec l'argument spécieux du moment "faut sauver la planète" . :drapeaublanc: ........  A côté de cela ces mêmes délégués dénoncent aux chefs leurs collègues par mails ou pire encore par une procédure informatisée qui informe en temps réels la hiérarchie des "dysfonctionnements" .

C'est de pire en pire , au fur et à mesure que nos missions augmentent .Tout va bien : on a de jolies poubelles mais plus le temps de nous rendre aux convocations de la médecine du travail  tresfache . Le service rendu au public est de plus en plus mauvais et là aussi c'est quelque chose qui ruine notre santé.

Pourquoi ? Pour entendre inlassablement le vacarme de la compétitivité , les pleurnicheries du M.E.D.E.F , les conneries de Macron ............



Oui va falloir que l'on résiste tous ensemble "Action par action, petit bout par petit bout." :fleur2:


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Re : La souffrance au travail
« Réponse #69 le: 19 novembre 2016 à 20:13:18 »
Moi aussi je suis d'accord avec l'article.

Citation de: val
La souffrance au travail découle de la perte de la solidarité, perte de la réflexion sur l'humanité, perte de vue de ce qui compte le plus, c'est à dire l'humain.
Plus on persiste à traiter les hommes comme des machines, moins ça marche.

Oui mais pourquoi ?

J’aurais bien un élément de réponse, au regard de ce qui se passe dans la société de mon mari.
En premier lieu il faut que je décrive l’ambiance, la mentalité et les ressorts qui poussent les cadres supérieurs à se conduire en salauds.
Ensuite je donnerai l’ exemple d’un gars que j’appellerai Jules dont mon mari s’est occupé pendant deux ans en tant que délégué du personnel.


La course au fric.

BOITEPOURRIE est une société de prestations de services qui détachent des employés ,cadres ou techniciens chez un client dans l’automobile, ça c’était avant les délocalisations ,dans la téléphonie ,la pharmaceutique ,l’énergie thermique ou nucléaire.
Dès qu’une branche ne marche plus, ils(les dirigeants) la coupe donc licenciements pour certains ou reformations pour d’ autres. Ce qui sous entend que la boite à de l’argent (évidence) puisque une formation peut monter jusqu’à 10.000 euros.

La société BOITEPOURRIE est très hiérarchisée ,technicien, cadre(mon mari), cadre sup. N+1 ,cadre sup. N+2,cadre sup. N+3 et les RH (ressources humaines ) un par secteur d’activité ou géographique.

D’abord on envoie plusieurs N+1 faire fructifier une agence ,chacun la sienne, dans un endroit en France, ils doivent déménager c’est dans leur contrat et chacun doit faire un chiffre d’affaire et celui qui aura le chiffre d’affaire le plus important gagnera la prime la plus importante de 50.000 euros, avant la fin de l’année.
Tout se joue en novembre. Si A à le meilleur chiffre, il devrait en toute logique remporter la mise mais c’est sans compter les intrigues de cour, le copinage, les réseaux d’amis.  :grrr:
Si B est moins bien placé et va pleurnicher chez son N+2 son pote, il aura l’agence de A avant la fin de l’année et empochera la prime qu’il n’a pas méritée.  8/
Quant à A il est quitte pour déménager une nouvelle fois , tous les deux ans minimum.  :pascontent1:
Elle est pas belle, la vie.  :mrgreen:

Plus pourri tu meurs !

Parlons maintenant du  cas de Jules.

Jules est un technicien qui est resté un certain temps au chômage et lorsqu’il a enfin trouvé un job,il a signé le contrat sans lire les petites lignes.  :nono:

Détaché dans une centrale nucléaire sous un contrat d’appellation LOCALE ,il ne touchera pas de prime de déplacement, alors que son boulot se trouve à plus de 600 KM de son domicile.( pas lu les p’tites lignes).
Il a acheté un camping car d’occasion pour se rendre à son travail ,normalement en local on peut rentrer chez soi tous les soirs, pas Jules.  :triste1:
Le camping car lui reviens avec le crédit, l’assurance, l’essence : 900 euros mensuels. Il gagne  1600 euros, il a 2 enfants et sa femme ne travaille pas, il lui reste donc 700 euros pour vivre avec sa famille qu’il retrouve tous les 36 du mois.  8/
Dettes qui s’accumulent ,banque qui râle donc stress et tentative de suicide de sa femme. Grosse dépression.  :|  :(

Pendant 2 ans mon mari c’est battu pour ce gars à coup de lettres aux responsables au plus prés du patron car ça filtre à ce niveau là et copies  à l’inspecteur du travail, la médecine du travail était aussi au courant.
Une première victoire avec 6 mois d’arrêt maladie,  :D et puis ça recommençait moins loin mais toujours sans prime de déplacement   8| et au bout de deux ans je crois qu’il est enfin tranquille et qu’il a un boulot à coté de chez lui.  :)
Des Jules dans la BOITEPOURRIE il y en a certainement beaucoup, des salariés inexpérimentés en droit du travail ( enfin ce qu’il en reste).
C ‘est déjà dur de s’occuper d’une seule personne qui appelle à mon domicile parce qu’il n’a pas pu  joindre mon mari ou pendant les vacances, oui ! j’ai de la chance de partir en vacances donc c’est la moindre des choses de lui répondre. Il faut le rassurer, lui dire que mon mari s’occupe de son cas qu’il le rappellera le plus vite possible pour qu’il puisse dormir la nuit,   :/ que sa femme se calme, rassurer pour un peu d’espoir.
Parfois mon mari m’en parlait au téléphone le soir (il est en déplacement) et moi de lui demander des nouvelles de Jules, c'est perturbant et on s'attache forcément.  :triste1:

Conclusion pour se faire un maximum de fric ,les cadres sup. pourrissent la vie des gens.  :rougefache:

BOITEPOURRIE à 3000 employés répartis sur tout le territoire français et à l’internationale.

Citation de:  Sybéria
avec l'argument spécieux du moment "faut sauver la planète "

Des arguments spécieux ! Attends Syb, je vais t’en donner un.

Une fois n’est pas coutume, mais une loi positive est passée pour les salariés. Si, si.
Des indemnités kilométriques doivent être payées pour tout salariés se déplaçant en vélo et oui, il faut sauver la planète !  :frime1:

Alors mon DP de mari en parle à une réunion DP où siègent une RH, des DP vendus au patronat ,des cadres sup. voués au patronat, qui lui rétorquent tout de go : Nooon !on va pas mettre en place des IK pour les vélos parce que c’est dangeeeereuuuux de se déplacer en vélooooo.  MDR!
Et mon mari de répondre : Dans ce cas pourquoi avez-vous mis à dispositions des salariés des garages à vélos ?  :diable:

Classe l’argument ! MDR !


Deviens ce que tu es: vote Mélenchon !

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #70 le: 20 novembre 2016 à 12:21:27 »
Citation de: syberia
avec l'argument spécieux du moment "faut sauver la planète"
comme dirait  :blingbling:
Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain; c'est là qu'ils doivent être. A présent, donnez-leur des fondations.
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #71 le: 21 novembre 2016 à 00:01:36 »
Peut-être en avez vous parlé sur le forum mais il existe un site de témoignages de la souffrance au travail . http://www.onvautmieux.fr/ . Bon! quand on leur envoie du fric ils encaissent mais ne remercient pas ...pas grave !

Si j'évoque ce site c'est parce que j'aimerais que l'on puisse dépasser le stade du témoignage et que l'on fasse davantage écho à ce que propose Val : à savoir réfléchir(vite?!) pour définir des actions collectives et résister à ce merdier qui transforment nos vies en cauchemar.

Je parle "d'argument spécieux" car quand il est soutenu par les capitalistes et par les syndicats qui protègent ce système; l'argument sert et j'insiste là dessus , à nous détourner de nos moyens de défense . Tu sais l'histoire de l'indemnisation des kilomètres en vélo va se retourner contre nous . Je fais beaucoup de kilomètres pour aller au boulot ... si j'avais une paie qui corresponde à la quantité de travail (et aussi la qualité parce que malgré tout je suis une bosseuse endurcie et consciencieuse :mrgreen: ) j'aurais les moyens de me racheter une bagnole d'occase ... ce n'est pas le cas ! J'ai une collègue , ASH qui a flingué sa voiture (vieille pas côté à l'argus) : on lui à rétorqué qu'elle pouvait venir travailler en vélo . Alors elle n'est qu'à 7 kilomètres du boulot , soit ! mais elle a 48 balais , elle a trois enfants , elle est divorcée ...faut qu'elle conduise la petite à l'école ....voilà et je crois qu'un jour on nous imposera de venir au boulot en vélo pour 3 fois six sous de plus . ça fera plaisir aux arbres , certes mais ça tuera les travailleurs .

Par ailleurs nous travaillons avec des patients qui ont de lourdes pathologies psychiatriques . On leur rajoute du stress en les sommant de ne pas se tromper de poubelles  ... Le stress à l’hôpital génère toujours plus de stress . J'adore la nature , les oiseaux , les mousserons , l'aubépine et l'air pur ...mais j'ai beaucoup plus de tendresse pour les bêtes de somme que sont redevenus les travailleurs , les sans-dents , les souffreteux .

Tu passes tes journées à souffrir au travail , tu rentres chez toi , tu tries tes poubelles , tu prends ta bagnole pour les déposer dans les containers qui sont à 3 bornes de la maison , tu reviens ,tu tries tes papiers , tu vas faire contrôler le niveau de pollution de ta caisse pourrie . Et une fois que tu as bien obéis aux injonctions de la cop21-22 , tu réalises qu'à peine deux heures d'avion de chez toi , les puissants envoient des milliers de tonnes de bombes sur des paysages qui étaient juste magnifiques . Outre le fait qu'elles tuent dans d'atroces souffrances de pauvres hères , elle niquent tout ce qui peut faire nature ... que vaut le tri d'une poubelle face à l’explosion de raffineries à deux heures de chez toi ?Sauver la planète ...VIVIVI ...Mais tant que l'on ne sera pas dans un projet d'éco-socialisme , ça me fer toujours marrer . Sauvons nos fesses de travailleurs (actifs ou non ) ...maintenant je n'ai rien contre les croyants dès lors qu'ils puissent mettre leur dogme en sourdine pour percevoir l'enfumage ...Sarkonique : l'écologie-la vraie! passe par le respect et la capacité à saisir la pensée globale de son interlocuteur .
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #72 le: 23 novembre 2016 à 14:26:37 »
MERCI SYBERIA :super: :fleur2:

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #73 le: 23 novembre 2016 à 18:13:27 »
Mais de rien !  :fleur2: Marre de crever au boulot , de sacrifier sa famille , ses proches , son jardin pour des clopinettes .
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #74 le: 23 novembre 2016 à 18:56:10 »
Citer
le respect et la capacité à saisir la pensée globale de son interlocuteur

Sauf et absolument ton respect, Sybéria, je te l'assure.  :fleur2:

S'il peut arriver de nous écharper les uns les autres, après tout, c'est normal et je ne suis pas le dernier à prendre quelques coups de griffe...  :aille: :désolé1:

Parfaitement d'accord avec ce que tu viens de dire. C'est exactement ce que je vis: vie personnelle=)poubelle.

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Re : Re : La souffrance au travail
« Réponse #75 le: 24 novembre 2016 à 07:16:07 »
Ca fait des années que ma mère dit que ça finira comme ça à La Poste. Je vois bien comment les réorganisations successives pèsent sur son moral. Et elle s'angoisse déjà pour la suivante.

Merci des derniers post depuis celui-ci cité, - j'interviendrai d'ailleurs ultérieurement à leur sujet. Mais je voulais revenir spécifiquement sur l'ex-EPIC La Poste, juste pour resituer - on l'oublie - la durée du chemin de croix subi  (chemin de croix initié par la directive de l'UE sur la libéralisation des services postaux et de télécommunications). Je vous mets un article du Monde Diplomatique de 2002, revenant sur ce parcours déjà long à l'époque :

https://www.monde-diplomatique.fr/2002/10/A/9497

Ayant eu à me pencher à titre syndical sur les textes législatifs et surtout réglementaires touchant soit La Poste, soit les T/Télécommunications, soit les 2, je confirme ce que j'ai écrit sur le forum en d'autres temps, à savoir que les 1 ers décrets destinés à réduire drastiquement les effectifs d'agents publics, au bénéfice de précarisation et surexploitation d'agents contractuels, ont été publiés en 1990 et 1992. Je tiens à le rappeler, que les destructions ont commencé de très longue date, et que c'est une démarche continue qui ne produit ses effets "globalisés" eux aussi, que très en aval.

Je tiens aussi à rappeler, va savoir pourquoi aujourd'hui, que ce sont les mêmes acteurs-clef, PS, ou RPR/UMP, qui ont drivé tout cela...., et notamment, va savoir pourquoi cela me revient en mémoire, un certain François Fillon, Ministre des Postes et Télécomm du 1er gouvernement d'un certain Alain Juppé, puis Ministre délégué (l'avait pas dû correctement cirer les bottes  :diable: ) aux Postes et Télécomm du gouvernement Juppé 2.

Je le rappelle aussi pour que l'on se fasse des marque-pages, et que l'on ressorte tout ce qui n'a que modérément attiré notre attention les 10 années passées, (ou qui nous a juste fait râler un moment puis qu'on a mis de côté),  lorsque les vrais effets en atteindront leur aval : vous voyez que j'suis quand même optimiste, puisque je prévois une si longue vie à Sarkostique.... :mrgreen:

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #76 le: 24 novembre 2016 à 07:25:54 »
PS : N'oubliez surtout pas de lire aussi l'article mis en lien dans le premier !  :pleur4:

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #77 le: 24 novembre 2016 à 14:34:56 »
Cette semaine au bureau de ma mère, ils ont été en sécable quasi tous les jours (donc en plus de faire leur tournée ils font une partie de la tournée d'un collègue absent). Ils arrivent déjà pas à faire leur tournée dans les horaires prévus, alors avec du taf en plus, vous imaginez bien.

Leur seul avantage avant était d'avoir leur après midi de libre, à défaut d'avoir un week end complet. Désormais, l'après midi ne commence pas avant 14h30 et bien plus souvent 15h. Sans avoir eu de repas le midi, sans pause.
" L’assistanat n’est pas un mot de gauche. Autrefois, à gauche, nous appelions cela la solidarité. "
Jean-Luc Mélenchon

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #78 le: 27 novembre 2016 à 13:19:57 »
Citation de: Sybéria
Si j'évoque ce site c'est parce que j'aimerais que l'on puisse dépasser le stade du témoignage et que l'on fasse davantage écho à ce que propose Val : à savoir réfléchir(vite?!) pour définir des actions collectives et résister à ce merdier qui transforment nos vies en cauchemar.


Ah !Ben flutte !  :gene:

Pour une fois ,je me suis dis j’ai bien quelque chose à dire sur le sujet et plantage ! Les témoignages apportent moins que les solutions pour sortir de ce merdier.
Bon ! Soit.  :]
Mais ne crois-tu pas Sybéria si jamais j’avais eu la moindre idée sur le sujet, je l’aurai exposée depuis longtemps sur le forum, ainsi que d’autres plus férus ,plus doués que moi en analyse ,compréhension ou appréhension de la politique auraient débattu sur comment foutre ce putain de système d’exploitation, d ‘essorage des salariés en l’air. ?
Hein?!  :mrgreen:
Y a bien l’action syndicale, mais apparemment tu ne crois plus en l’action des syndicats en l’occurrence la CFDT, je suis d’accord avec toi, ce sont des charlots, des valets du patronat comme aurait dit  Jean Yanne.
Cependant ,il y a bien les initiatives individuelles ,telles que celles de mon époux comme défendre les intérêts d’un seul sous la bannière de la CGC( je sais ,c’est dur, mais c’était le seul syndicat qui avait défendu mon mari à une époque où il en avait besoin) donc il a adhéré à ce syndicat.
Depuis les autres syndicats se sont battu pour l’avoir dans leur rang. Un gars qui se bat comme ça c’est rare.  :coeur:
Après réflexion il a adhéré à la GGT. Ceci est ma contribution perso. Aussi petite soit-elle à faire évoluer les choses dans le bon sens parce qu’avant ma rencontre mon mari se contrefoutait de tout ce qui était politique et défense des travailleurs etc….
Ah ! Zut ,un autre témoignage.
Bien !
Je fais ce que je peux, à ma petite, toute petite échelle.  :gene:

Gros bisous.  ;-)  :fleur2:

PS : Je voterai Mélenchon aux prochaines élections, est-ce que ça compte ça ?
Deviens ce que tu es: vote Mélenchon !

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #79 le: 17 février 2017 à 17:09:39 »
Alors alors, en période de fort chômage, d'offre de travail très limitée, et de demande de travail exponentielle, qu'est-ce qu'ils ont inventé de sympa pour pourrir encore un peu plus la vie au travail, les chefs emplumés des entreprises privées du tertiaire, (ou même ceux des fonctions publiques, moins aboutis mais en bonne voie d'y parvenir ) ? Eh bien d'abord, ce que je nommerai "l'OPEN SPACE ultime". Les 2 radios publiques France Inter et France Culture s'en sont récemment fait l'écho, et ake je m'suis dit que j'étais bénie des cieux, d'être à l'retraite, tiens donc, voyez plutôt :

https://www.franceculture.fr/societe/sans-bureau-fixe-lorganisation-du-travail-de-demain

https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete-de-secrets-d-info/l-enquete-de-secrets-d-info-10-fevrier-2017

Le chiffre pour ACCENTURE, 1 000 postes de travail pour 4 000 salariés   :| m'a donné le viro, ensemble avec le bourdon. Et pourquoi je vous disais que dans les fonctions publiques on s'y mettait aussi, c'est parce que je l'ai vécu dans la FPE : pour calculer le nombre de m² nécessaires aux locaux des administrations "soutien", depuis la LOLF (Loi organique sur les Lois de finances, 2001, entrée en vigueur 01/01/2006) (LOLF sans laquelle une énorme part de ces saloperies n'eût été possible, honte à vous Lambert et Migaud !), et depuis sa mise en musique autiste par la RGPP de sarko (2007) puis la MAP de hollande (2012), on multiplie un nombre moyen de m²/agent, non pas justement par le nombre d'agents, mais par le nombre d'ETPT, équivalents temps plein travaillé, qui fait que 5 agents à temps partiel 80%, cela ne fait que 4 agents à loger sur le papier...

Pourtant déjà, comme ça pointait dur le nez, cette chose, certains criaient au loup en 2014 :

http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-mon-boulot/pourquoi-nous-avons-tous-besoin-d-intimite-au-travail_1767523.html

, mais hein, soyez déjà contents d'avoir du taf, et fermez vos gueules, ptits gars zet filles  :diable:

Et puis alors, ma seconde mention des délicieuses avancées de papa Orwell côté monde du travail, j'ai hésité à la mettre ici, ou bien dans un fil où j'ai, ce me semble, déjà beaucoup causé dans le poste des RFID sous cutanées. Mais bon, c'est mieux ici je crois, en lien avec le "pouvoir de conviction" (z'avez vu, je reste polie, hein ?  :ange: ) actuel de ces braves patrons que l'on aime tant.

En juin 2015, on nous rapporte des "fiestas à la RFID" en France, youpi :

http://sciencepost.fr/2015/06/implant-party-arrivee-de-puce-rfid-cutanee-france/

En février 2017, article et info télé nous relatent de petites expérimentations dans le monde du travail européen :

http://www.latribune.fr/technos-medias/electronique/belgique-des-salaries-se-font-implanter-une-puce-electronique-sous-la-peau-636525.html

Je rajoute à l'info de l'article, puisque j'avais vu l'info télé, que l'on a précisé dans cette dernière que les RFID  s.c. en question sont exactement du même type que celles employées pour pucer les animaux de compagnie et le bétail, d'une part. Par ailleurs, me semble que ce n'est pas dit non plus dans l'article, dans l'entreprise belge en question, une start up informatique comme par hasard, les informaticiens sont au nombre de 10, et  2 ont refusé "l'expérience", - donc 20% d'a priori moins daubés que les z'autres, ça ne fait pas une majorité ça... :(  Par contre à la télé ils en ont montré un, de ces réfractaires, et c'était une femme, ben, j'étais un rien fière, là !  :mrgreen:  ).

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #80 le: 19 février 2017 à 00:00:59 »
oui j'avais entendu, un matin au réveil (imaginez  :aille:) cette histoire des salariés pucés RFID ! Décidément ce monde est fou ....
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Re : La souffrance au travail
« Réponse #81 le: 20 février 2017 à 06:12:45 »
Ben, le modèle est là, il semble que ce soit très répandu dans la Silicon Valley.... (qu'elle était verte ma.....).

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Re : La souffrance au travail
« Réponse #82 le: 21 février 2017 à 19:26:54 »
Bonsoir, je me remets à jour sur ce fil, et que ça fait du mal de voir toutes les évolutions pourries du travail des gens !! Je suis allée de nouveau sur le site "on vaut mieux que ça", pour lire des témoignages de souffrance au travail, et c'est presque trop. Quand on voit tout ce que les gens subissent, et à quel point ils s'investissent pour bien faire leur travail, on est impressionné, ébahi par l'humanité dans son ensemble.

Ce que les gens supportent d'une part, et ce qu'ils font subir à leur semblables d'autre part. Nous sommes, les êtres humains, capables du pire comme du meilleur, et ici nous avons vraiment une bonne version du pire au quotidien.

Quel violence cachée sous le masque quotidien du travail !! Quel sadisme !! Quelle douleur, quelle honte ! Ça me rend complètement dingue.  tresfache tresfache tresfache

Nous devons nous révolter, pacifiquement, civilement, par les urnes. Nous devons nous battre jusqu'à ce que la dignité de chacun soit préservée et que chacun puisse vivre comme il l'entend !!!  :fleur2: :fleur2: :fleur2:

Et alors, cette "excitation" à propos des puces RFID.... Incroyable. Il faudrait peut être faire le parallèle avec l'identification des animaux pour la traçabilité et l'abattoir, non ? Une petite vidéo quand on boucle des veaux, hem ? Non ?

La "vie facilitée" va vite se transformer en "la vie au service de mon patron"....  :fache: :fache: :fache: