Auteur Sujet: Israel politique intérieure  (Lu 6638 fois)

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Israel politique intérieure
« le: 04 août 2011 à 11:36:26 »
Il semblerait que nous ayons enfin l'occasion sur Sarkostique de poster sur ce qui se passe en Israel sans que cela ne concerne aussi la palestine  :grrr: La preuve par l'exemple  ICI   et LA aussi

A suivre avec intérêt ......

Citer
un extrait pouvant faire office de résumé ::


Plus de 150 000 personnes sont descendues dans la rue samedi soir pour protester contre l’escalade du coût de la vie en Israël, contre le gouvernement Netanyahu et pour la justice sociale. Des défilés et des rassemblements ont eu lieu dans onze villes du pays, avec les plus importantes à Tel-Aviv, Jerusalem, Be’er Sheva et Haifa. Les manifestants scandaient « le peuple demande la justice sociale », « Bibi (Benyamin Netanyahu) go home ! » et « nous voulons la justice, pas la charité. »La manifestation la plus massive eut lieu à Tel-Aviv, où 120 000 manifestants ont défilé depuis la place HaBima jusqu’au musée de Tel-Aviv. Des milliers de manifestants brandissannt des drapeaux rouges et et des banderoles du Hadash [Alliance politique menée par le Parti communiste] : « Le peuple avant les profits » et « Le gouvernement contre le peuple – Le peuple contre le gouvernement ».« Nous sommes très contents de voir le peuple Israélien descendre dans la rue », a déclaré Yonatan Levy, un des organisateurs. « Nous avons été étonnés de voir tout au long de la journée que les questions soulevées dans les divers rassemblements et campements qui ont émaillé le pays ne sont pas si éloignés que cela les uns des autres ». A la tête des protestations sociales aux quatre coins du pays, le député communiste du Hadash Dov Khenin a appelé le premier ministre Binyamin Netanyahu à démissionner : « Le gouvernement Netanyahu qui met en place des politiques qui enrichissent les grands patrons et s’en prennent à l’immense majorité des citoyens doit partir maintenant »,a déclaré Khenin à des journalistes pendant le rassemblement.
« Modifié: 04 août 2011 à 11:49:03 par reveillonsnous »
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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #1 le: 04 août 2011 à 11:54:03 »
Donc, je disais  :mrgreen: ...


Israelis Chant: "Mubarak, Assad, Bibi Netanyahu"


Cette vidéo m'a été envoyé par un camarade, et il me semble qu'ils huent des sionistes qui ont des pancartes, et ils se fritent avec les flics aussi...

Comme je suis une brêle en anglais  :mrgreen:, possible que je me goure, mais j'ai l'impression que leurs motivations sont assez louables, de l'argent pour les logements, un accès gratuit à l'éducation pour tous etc... Si quelqu'un peut en dire plus sur la vidéo même ?  :merci: :merci:
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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #2 le: 04 août 2011 à 14:18:01 »
Que les israéliens protestent contre la vie chère, c'est parfaitement légitime.
Qu'ils protestent contre l'absence de logements... cela se comprend aisément.
Mais, dans les commentaires, il apparaît une suggestion qui ne peut que conforter Netanyahu : il reste encore quelques terres "vierges", c'est à dire non encore colonisées, en Judée-Samarie (y compris Jérusalem Est): il suffirait d'y développer davantage les colonies pour résoudre le problème du logement...
Et faisons traîner les discussions visant à un accord de paix tant qu'il restera un donem de terre palestinien...

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #3 le: 04 août 2011 à 23:01:58 »
Et voilà, il fallait s'y attendre... vox populi...
Feu vert pour une nouvelle colonie de 900 logements à Jérusalem Est...
c'est là !

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #4 le: 19 septembre 2011 à 14:13:28 »
Je viens d'écouter l'émission de Là-bas si j'y suis , qui se trouvait en reportage à Tel Aviv.

C'était en faisant du ménage.....
Ben faire du ménage ça peut rendre un peu plus intelligent, figurez-vous  :p !
 D'ailleurs si vous voulez tester pour écouter l'émission ce sera ICI  :hehe:

Je ne vais pas en faire un résumé exhaustif mais juste vous dire qu'il y a 2 choses que j'ai appris et que je retiendrais :

1/ La société israelienne est une des plus inégalitaires qui soit puisque 18 familles possèdent 50% de la richesse du pays tout entier !  :| :|

2/ Les participants au mouvement social actuel semblent être massivement POUR la reconnaissance de l'état de Palestine, même si ce n'est pas une des principales revendications de leur mouvement  :D
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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #5 le: 29 juin 2012 à 11:30:19 »
 :| :| :| :| :| :|

Je n'ai pas trop le temps de rester commenter ............... mais je voulais vous faire partager ceci

J'hésite entre  :fache1: :fache1: :fache1: et  :pleur4: :pleur4: :pleur4: :pleur4:

Citer
On ne voudrait pas avoir l’air de "délégitimer" ce sympathique Etat moderne et démocratique, mais c’est exactement ce qu’a déclaré Eli Yishai, ministre israélien de l’intérieur, pour justifier la déportation des demandeurs d’asile africains.

Expliquant qu’il "utiliserait tous les moyens pour expulser les étrangers", ce cher homme a ajouté qu’"lsraël appartient à l’homme blanc" (sic).

Remarque qui succède à de nombreuses autres, faites par divers politiciens israéliens qui ont qualifié les réfugiés africains de "cancer" d’"infiltrés" et ont répandu des accusations sans fondement de violence et de viol à leur encontre. Netanyahou expliquant de son côté que leur présence remettait en cause "notre identité".

“Nous savons que la situation actuellement est très difficile, puisque plus de la moitié de la population souffre de la faim et que beaucoup de réfugiés risquent leur vie d’un point de vue sécuritaire en retournant actuellement dans ce pays", s’était inquiété Orit Marom, coordinateurs de l’association israélienne d’aide aux réfugiés et demandeurs d’asile (ASSAF).

“Yishai se moque de savoir ce qu’il en adviendra de la vie de ces enfants", a-t-il ajouté alors que des israéliens de droite ne cessent de jeter des coktails molotov sur les appartements où vivent des Africains, les attaquent en pleine rue et vandalisent leurs magasins, même s’ils ne sont pas réfugiés mais installés à tel Aviv ou à Jérusalem. Et les Juifs éthiopiens font également les frais de ces attaques racistes, puisque de nombreux israéliens sont convaincus qu’Israël est le "pays de l’Homme Blanc".

"Même si le racisme existe aussi un peu partout en Europe, souligne Lara Friedman, le sionisme, en tant que principe d’exclusion de tout ceux qui ne sont pas juifs, nourrit naturellement le racisme. Le concept d’Etat juif est de nature à conduire à des pogroms et des lynchages comme ceux auxquels on a assisté à Eilat"

Les manifestations racistes de foules déchainées à Tel Aviv sont clairement encouragées par les propos des dirigeants au gouvernement, souligne Tony Greenstein, ce qui est une situation sans équivalent, y compris dans des pays aussi réactionnaires que les Républiques Baltes, la Croatie ou l’Ukraine.

Voir ainsi les opprimés d’hier utiliser les méthodes de l’oppresseur n’est pas vraiment nouveau non plus puisque les Sud-Africains partisans de l’Apartheid se targuaient du fait que les premiers camps de concentration dans leur pays avaient été mis en place par les Britanniques à l’encontre d’eux-mêmes, les indépendantistes Boers.

Tony Greenstein

http://azvsas.blogspot.co.uk/2012/0...
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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #6 le: 29 juin 2012 à 11:35:26 »
"lsraël appartient à l’homme blanc" comme ce que disait Hitler de l’Allemagne...étrange qu’après avoir été victime du racisme on le pratique éhontément :pascontent1:

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #7 le: 07 août 2012 à 18:52:53 »
Voilà que grâce aux/à cause des agences de notation Israel se retrouve en situation d'être dégradée et donc de plonger dans l'austérité qui plombe déjà l'Europe.......
Ce que j'en retiens : C'est qu'autant Israel a une capacité absolument incroyable à résister à des pressions géopolitiques, autant face à des menaces de "Lémarchés" (comme dirait @si) il baisse dans l'immédiat son pantalon  :mrgreen:
Je ris... mais vert  :triste1:.... car cela confirme la toute-puissance, ou presque de "Lémarchés"  :( :pleur3: :snif:

Le premier ministre de l'Etat hébreu vit dans la hantise d'une dégradation de son pays par les agences de notation. Du coup, il a pris des mesures d'austérité très contestées.

J'ai découvert cette info grâce au post de Marwina déjà présent sur le fofo, mais comme la lecture que j'en fais était très différente, je l'ai remis ici  :désolé1:
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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #8 le: 06 janvier 2014 à 10:18:25 »
Manif monstre à Tel Aviv : pourquoi 30 000 Noirs sont sortis dans la rue

A la lecture de cet article je suis restée sans voix devant la description du racisme décomplexé existant en Israel  8/

Citer
     « Le niveau de racisme actuel en Israël, il peut être comparé à ce qu’on a connu dans d’autres pays occidentaux, il y a cinquante, soixante ans. Les gens se font insulter dans la rue. Souvent, quand les Noirs entrent dans les bus, les gens se bouchent le nez, bloquent les places à côté d’eux, ouvrent les fenêtres, pestent : “Ah ! Mais on n’a pas besoin de tous ces Noirs !”

    Dans les autres pays, les gens sont gênés par leurs pensées racistes. Ils ne les disent pas en public. Là, non. C’est un racisme assuré, et dont les gens sont fiers. »
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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #9 le: 06 janvier 2014 à 11:07:44 »
Je sais pas vraiment si tout cela m’étonne :nono: après la contraception de force des éthiopiennes, les multiples reportages sur les intégristes et les violences contre les femmes dans les bus et voilà qu'on a ceci le racisme contre les noirs tolérés et assumés...

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #10 le: 16 janvier 2014 à 09:53:07 »
Suite des événements, Israël ce pays de tolérance et d’amour fraternel :pascontent1:

Citer
Israël: A Tel Aviv, manifestation de haine à l'encontre des immigrés africains


Les immigrés africains qui réclament le statut de demandeurs d’asile et la liberté de travailler ont repris leur mouvement. Plusieurs centaines de femmes ont manifesté hier mercredi 15 janvier devant l’ONU à Tel Aviv. Dans la soirée, c’est une contre-manifestation qui a eu lieu dans le centre ville. Environ 300 Israéliens ont protesté contre la présence de ces immigrés africains dans leur pays.

Avec notre correspondante à Tel Aviv, Murielle Paradon

Ils ne sont pas nombreux mais leurs propos sont haineux. Agitant des drapeaux israéliens, ils réclament le renvoi des immigrés africains chez eux. La plupart des manifestants sont d’extrême droite, comme ce vieil homme nommé Israël, qui veut préserver l’identité juive de son pays : « Il y a un complot pour supprimer l’identité juive d’Israël, s'indigne-t-il. Nous ne sommes pas un pays d’immigration, nous sommes un état nationaliste, tout le monde ne peut pas prétendre devenir Israélien ! ».

Les immigrés africains qui débarquent sans rien en Israël n’ont d’autre choix que de s’entasser dans les quartiers pauvres au sud de Tel Aviv. La cohabitation avec les habitants, eux aussi déshérités, est souvent difficile.

Accusés de tous les maux

Les immigrés sont alors accusés de tous les maux. « Les habitants du sud de Tel Aviv souffrent, ils vivent dans la terreur à cause de ces immigrés qui violent les femmes, qui volent les gens, affirme Lizzy, habitante de Tel Aviv. Ces immigrés ne sont pas des réfugiés, ce sont des travailleurs immigrés et ils sont violents ».

Le taux de criminalité chez les immigrés a certes augmenté en 2012, selon la police. Mais pour les associations de droits de l’homme, cette criminalité reste très marginale.

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #11 le: 21 janvier 2014 à 09:44:18 »
Après avoir un peu hésité (car beaucoup d’intérêts sont imbriqués) je vais poster cela ici: Angela Davis à propos de la Palestine, de la colonisation et de l'occupation Israélienne et des implications américaines.

Je vous met un passage qui se trouve en plein milieu du discours, mais que je trouve particulièrement poignant.. Pour lire le discours en entier et depuis le début suivez le lien donne plus haut.

Citer
Angela Davis : « Soutenez le BDS, et la Palestine sera libre »
Dimanche, 19 Janvier 2014 22:02
Transmis par Nora Barrows-Friedman – The Electronic Intifada – 17 janvier 2014
(...)

Le rassemblement de ce soir se concentre spécifiquement sur l’importance qu’il y a à étendre le mouvement BDS – mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions – qui a été ouvré en droit fil de la puissante dynamique du mouvement anti-apartheid concernant l’Afrique du Sud.

Même s’il existe de nombreuses sociétés transnationales à avoir été identifiées comme cibles du boycott – Veolia par exemple, et je sais que vous connaissez très bien Veolia ici -, il y a aussi Sodastream, et Ahava, et Caterpillar, et Boeing et Hewlett-Packard, et je pourrais continuer encore et encore, mais je vais m’arrêter là, mais je dirai aussi que G4S est particulièrement importante parce qu’elle pariticipe de façon flagrante, directement, ouvertement, au maintien et à la reproduction des appareils répressifs en Palestine. Nous parlons là des prisons et des checkpoints, et du mur de l’apartheid.

G4S représente l’insistance grandissante sur ce que l’on appelle la « sécurité » dans un État libéral. Et bien sûr, Ginja a exposé une critique de cette notion de sécurité en suggérant que des alternatives féministes pourraient être utiles alors que nous essayons de re-conceptualiser le sens de la sécurité. Les idéologies de la sécurité représentées par G4S ne font pas qu’encourager la privatisation de la sécurité, mais aussi la privatisation de l’emprisonnement, de même que la privatisation du bien-être, la privatisation de la santé et la privatisation de l’éducation.

G4S est responsable du traitement répressif des prisonniers politiques à l’intérieur d’Israël, nous le savons par l’organisation Addameer, dirigée par Sahar Francis, laquelle est absolument étonnante, et certains d’entre vous ont pu avoir l’occasion de l’entendre. Mais elle se déplace à travers tout le pays et elle et son organisation Addameer nous fournissent les informations sur ce qu’il se passe tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons.

Nous avons appris l’univers terrifiant de la torture et de l’emprisonnement auxquels sont confrontés de nombreux Palestiniens, mais nous avons appris aussi leur esprit de résistance, nous avons appris leurs grèves de la faim et les autres formes de résistance qui continuent d’être pratiquées derrière les murs.

Je pense que Rafeef a souligné que G4S est la troisième société privée par ordre d’importance dans le monde. Laquelle est la première ? Quelle est la société privée la plus grande du monde ? C’est Wal-Mart. Et le numéro deux, c’est Foxconn, qui fabrique des appareils comme les iPad, et cetera, et cetera. Alors je suis allée sur le site de G4S. C’est vraiment intéressant de voir comment ils se présentent. Et ils mettent en évidence tout ce qu’ils protègent. Et parmi tout ce qui fait l’objet de leur protection, vous trouvez les stars du rock et les stars du sport, et des personnes et des biens. Je lis directement sur leur site : « s’assurer que les voyageurs vivent une expérience sûre et agréable dans les ports et aéroports à travers le monde… pour assurer la détention et l’accompagnement des personnes qui ne sont pas légalement autorisées à rester dans un pays. »

Ils vous disent exactement ce qu’ils font. Et encore une fois je cite : « De bien plus de façons que vous pouvez le penser… G4S sécurise votre monde ». Et nous pourrions ajouter : de bien plus de façons que nous pourrions le penser, G4S s’est incrusté dans nos vies sous couvert de la sécurité et de l’état de la sécurité, de ces moyens que les Palestiniens expérimentent avec l’incarcération politique et la torture jusqu’aux technologies racistes de la séparation et de l’apartheid, du mur en Israël aux écoles-prisons et au mur qui longe la frontière USA-Mexique.

G4S-Israël a apporté des technologies sophistiquées pour le contrôle de la prison de Hasharon qui compte des enfants parmi ses détenus, et de la prison de Dimona où sont incarcérées des femmes, mais examinons un instant dans quelle mesure G4S est également impliquée dans ce que nous pouvons appeler le plus grand complexe carcéral industriel. Et je ne parle pas de son implication dans les prisons – elle gère, possède et exploite ses propres prisons privées à travers le monde, et si j’ai encore du temps par la suite, je vous vous en parlerai, mais dans l’immédiat, je vais vous parler des écoles.

Aux États-Unis, les écoles, particulièrement dans les communautés pauvres, dans les communautés pauvres de couleur, sont si minutieusement empêtrées dans ce complexe carcéral industriel que quelquefois nous avons du mal à faire la distinction entre écoles et prisons. Les écoles ressemblent à des prisons, et elles utilisent les mêmes technologies de détection, et elles utilisent souvent les mêmes responsables en charge de la répression. Nous avons des écoles élémentaires aux États-Unis dont les salles sont effectivement sous la surveillance d’agents armés.

D’ailleurs, une récente tendance a conduit à armer des enseignants. Spécialement dans les districts scolaires qui ne peuvent se payer G4S. Donc, s’ils ne peuvent se permettre une sécurité privée, alors ils apprennent à tirer à leurs enseignants, et ils leur donnent des armes à feu. Je ne plaisante pas. (...)
Celui qui croit ne pas être responsable de ses erreurs a renoncé à sa liberté

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #12 le: 03 février 2014 à 18:22:07 »
Lire l'article en entier ici

Citer
Ils sont Israéliens et se mobilisent en Palestine. Pourquoi s’engager contre son camp?
L'improbable mobilisation d'Israéliens dans les Territoires occupés, qui questionne plus largement les raisons profondes de l'engagement et de la militance.

Militer contre son camp? Des israéliens engagés aux côtés des Palestiniens ; Karine Lamarche

Gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc, retrait social, souffrance psychologique… Telles sont quelques unes des «rétributions» que les militants israéliens anti-occupation tirent de leur engagement aux côtés des Palestiniens dans les Territoires occupés. Contre toute attente pourtant, ils ont choisi de s’investir dans cette cause que d’aucuns qualifient de «perdue», appelant à un retrait total de l’armée israélienne et à l’évacuation de l’ensemble des colonies juives des Territoires.

Mais pourquoi s’engager contre son camp? C’est à cette question que Karine Lamarche, chercheuse en sciences sociales, a tenté de répondre, en étudiant l’itinéraire de ces militants, dans le cadre de sa thèse de doctorat, dont cet ouvrage constitue une version condensée. Document rare, riche en témoignages issus des nombreux entretiens biographiques réalisés par Karine Lamarche avec ces Israéliens, Militer contre son camp. Des Israéliens engagés aux côtés des Palestiniens (PUF, 2013.) s’attache à décrypter les raisons de cet engagement singulier, ainsi que le maintien dans une mobilisation «contre-nature».

De La Paix maintenant à la deuxième Intifada

Les premiers Israéliens appartenant au «camp de la paix» dans l’État hébreu étaient des pacifistes convaincus qui demeurent, malgré leur engagement, loyaux envers le sionisme et Tsahal. Le mouvement La Paix maintenant, fondé en 1978, est emblématique de l’émergence de ce type de militantisme. En 1982, après le massacre de Sabra et Chatila durant la guerre du Liban, ce mouvement organise une marche pour la Paix qui réunit 300 000 à 400 000 Israéliens. Mais ces premiers pacifistes israéliens n’ont pas de contacts avec les Palestiniens.

Un basculement s’opère dans les années 2000, après la deuxième Intifada. Cette période est marquée par l’émergence d’une coopération entre Israéliens et Palestiniens dans une lutte non violente contre «l’occupation» des Territoires. L’organisation Breaking the silence, composée d’anciens soldats israéliens ayant servi en Cisjordanie, témoigne ainsi de la situation kafkaïenne qui règne dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie, où l’armée israélienne protège quelques centaines de colons juifs dans une ville peuplée de milliers de Palestiniens (Pour plus d’informations à ce sujet, consulter le recueil de témoignages constitué par Breaking the silence, Le livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent, éditions Autrement, 2013).

D’autres organisations illustrent l’essor de ces nouvelles micro-mobilisations, tels les Anarchistes contre le mur, hostiles à l’armée et au sionisme, ou des associations chargées d’apporter une aide juridiques aux personnes arrêtées dans le cadre des manifestations contre la barrière de sécurité.
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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #13 le: 03 février 2014 à 21:59:06 »
Article très intéressant  :super: ... et le plus passionnant est probablement ce qui n'apparait pas ici, à savoir le résumé qui reprend l'étude scientifique avec une neutralité probablement digne de l'étude elle-même !
Comme Slate n'est pas un media ayant des sympathies gauchistes à ce qu'il m'a semblé, je n'ai pas l'impression que ça va rester longtemps accessible en Une sans vaines recherches .... je reprends donc le reste de l'article dans le spoiler ci-dessous  :mrgreen:

Show content
Devenir un outsider

Au-delà des risques encourus sur le terrain, les militants israéliens anti-occupation font l’objet d’une «condamnation sociale» de la part de leurs concitoyens. Tantôt qualifiés de «belles âmes», de naïfs, tantôt de «traîtres» propageant un discours antipatriotique au sein de leur propre «camp», ces militants sont des outsiders de la société israélienne, observe Karine Lamarche, reprenant ici une catégorie chère à Howard Becker (Sur cette notion, consulter l’ouvrage fondateur du sociologue Howard Becker, Outsiders. Études de sociologie de la déviance (1963), Métailier, rééd. 2012).

Ce statut d’outsider est bien dû à leur positionnement idéologique, car leur profil n’en fait pas des outsiders au sens socio-économique, puisqu’ils sont généralement fortement diplômés et issus des catégories socio-professionnelles supérieures (nombre d’entre eux sont des universitaires).

Au-delà de leur profil, Karine Lamarche analyse l’itinéraire biographique de ces Israéliens et leur entrée en militance. Elle distingue les «héritiers» (issus d’une famille de gauche, d’un milieu déjà critique à l’égard de la politique des autorités israéliennes) et les «convertis» (qu’une rupture familiale, une prise de conscience ou un décentrement a amené vers les chemins du militantisme)… tout en soulignant l’absence de linéarité des parcours au sein même de ces catégories.

Ainsi, une expérience intellectuelle (l’université constitue à cet égard un vivier de recrutement privilégié de ces militants), une expérience de confrontation aux injustices dans les Territoires dans le cadre du service militaire, un séjour à l’Étranger, un engagement associatif de type «alter» (LGBT, anarchisme), sont autant de voies d’entrée dans le militantisme.

Une «double transgression»

Cette seconde génération de militants, engagée dans les années 2000, se caractérise par son hostilité franche envers Tsahal, institution centrale en Israël, et son attitude critique à l’égard du sionisme, ainsi que par ses contacts avec les Palestiniens. Aussi opèrent-ils ce que Karine Lamarche nomme une «double transgression», en se confrontant à l’armée, d’une part, et en passant du côté palestinien, d’autre part.

Les premières confrontations avec l’armée israélienne aux côtés des Palestiniens sont d’ailleurs lourdes de sens pour ces militants. Elle constitue souvent la véritable «conversion» de ces derniers. Il ne s’agit pas seulement de passer dans les Territoires occupés. Cette entrée en militantisme représente aussi le franchissement d’une «frontière mentale», une remise en question de ses propres certitudes et du récit national israélien.

Cet engagement singulier, presque «contre-nature», conditionne les autres pans de la vie de ces individus. Ainsi doivent-ils par exemple faire le choix de renoncer à tout engagement militaire, en ayant conscience des répercussions de ce renoncement dans leur vie «civile» (l’impossibilité de prétendre à des carrières dans le secteur public est l’une de ces conséquences).

Cet engagement détermine en outre les relations sociales de ces militants (les amitiés se créent généralement dans le cercle des militants, certaines ruptures familiales surviennent à la suite de divergences idéologiques). Enfin, naît parfois une culpabilité d’être Israélien, une colère à l’égard de leurs concitoyens «insouciants», qui peut accentuer la marginalisation de ces militants.

La question «comment vivre dans la société israélienne?» se pose d’ailleurs avec acuité pour ces militants. Karine Lamarche a pu observer deux types d’attitude. La première est un refus de se couper de la société mainstream : pour les militants qui choisissent cette option, le détachement du reste de la société constitue une erreur tactique, en ce qu’il rend le discours des militants anti-occupation inaudible. En maintenant une attitude d’ouverture à l’égard de leurs concitoyens, ces militants espèrent que leur propos aura un écho chez certains d’entre eux.

La deuxième attitude observée consiste en un retrait social volontaire, de la part de militants qui estiment que leurs concitoyens sont «endoctrinés» par le «système» (l’armée, le système éducatif, les médias israéliens) et «perdus pour la cause». Certains expliquent ce retrait social par l’attitude hostile qu’ils rencontrent de la part de leurs concitoyens s’ils affichent leurs opinions politiques. Ils évoquent aussi parfois une lassitude à tenter de convaincre, et la volonté de concentrer ses efforts sur l’action anti-occupation auprès des Palestiniens.

Une typologie des militants

De même qu’elle distingue les «héritiers» et les «convertis», Karine Lamarche distingue divers degrés d’engagement, en convoquant ici un lexique martial. Selon cette typologie, les Israéliens anti-occupation se composeraient d’abord de «militants de carrière», ceux qui y consacrent presque toute leur vie (salariés d’ONG, militants investis à temps complet, comme les Anarchistes contre le mur, par exemple).

Ensuite viennent les «appelés de l’engagement», dont l’investissement est moins régulier, hebdomadaire par exemple. Ce sont parfois d’anciens «militants de carrière» qui ont décidé de réduire leurs activités, à la suite d’un changement de situation professionnelle ou familiale, par exemple. Enfin viennent les «réservistes», qui participent à des événements ponctuels, comme les cueillettes d’olives avec les Palestiniens chaque automne, dont l’avantage est de voir le résultat immédiatement.

Rester engagé, se désengager

En dépit de tous les «désavantages» de ce militantisme, quelles «rétributions» –selon la terminologie de Daniel Gaxie– ces militants tirent-ils de leur engagement? Quelles raisons pérennisent cette mobilisation? Karine Lamarche s’attache ici aux ressorts psychologiques du militantisme. Pour certains militants, il s’agit d’un engagement libérateur, en ce qu’il permet d’expier une appartenance nationale problématique, la honte d’être de la nation de l’occupant.

Pour certains, le militantisme est addictif, procurant le sentiment de donner un sens à sa vie, en défendant une cause «juste». Plus prosaïquement, le sentiment de faire partie d’un groupe, d’une communauté – incarné par les «à-cotés» de l’action collective que sont les repas, les trajets en bus, les discussions informelles– «fidélisent» l’engagement.
Karine Lamarche pose enfin la question du «désengagement».

Est-il possible? Comment? Il s’avère très difficile, tant cet engagement singulier marque la trajectoire des individus. Le désengagement prend ainsi fréquemment la forme d’une émigration vers l’Étranger… dont on peut se demander s’il s’agit là d’un abandon ou d’une ultime dénonciation. En effet, certains exilés envisagent leur départ comme un prolongement de leur engagement militant, un refus de cautionner la politique de l’État hébreu en restant sur son sol. Pour d’autres exilés, l’exil est envisagé comme la seule manière de rendre leur absence d’engagement moralement supportable.

Tout au long de l’ouvrage pointe d’ailleurs le fort décalage entre le changement engendré par cet engagement au plan individuel, ses répercussions importantes sur la vie des militants, d’une part, et le faible impact de ce militantisme au plan politique, d’autre part. Ces militants contre leur camp, conclut Karine Lamarche, mettent malgré tout «du sable dans les rouages d’une machine bien huilée», en parvenant à «en enrayer ponctuellement ou localement le fonctionnement.

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #14 le: 26 février 2014 à 15:10:11 »
 :hehe: :hehe: subconscient peut être?

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La " moustache " d'Angela Merkel fait polémique en Israël

Un étrange cliché fait le tour du Web depuis mardi. En visite en Israël, la chancelière Angela Merkel a été photographiée aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Sur cette photo prise par le photographe Marc Israël Sellem, correspondant pour le " Jerusalem Post ", on aperçoit Angela Merkel avec une moustache qui n'est en réalité que l'ombre du doigt de Benjamin Netanyahu. Rapidement, les internautes se sont amusés de ce cliché en faisant notamment un parallèle avec la moustache d'Hitler, créant ainsi le malaise en Israël.



Postée sur la page Facebook du " Post ", la photo a été partagée plus de 1 900 fois et " likée " plus de 1 000 fois. Sur Twitter, le cliché a rencontré le même succès, comme le rapporte la version française du " Huffington Post " qui précise qu'entre 15 et 17 heures, mardi, elle a été partagée plus de 4 000 fois." C'est irresponsable et pas drôle du tout "Si de nombreux internautes trouvent cette photo plutôt amusante d'autres ont, au contraire, critiqué le travail du photographe et lui ont notamment reproché d'avoir publié cette photo. " C'est irresponsable et pas drôle du tout ", a ainsi écrit un internaute sur la page Facebook du " Post ". Un photographe de presse à la retraite a également critiqué Marc Israël Sellem. " L'ombre est inopportune dans tous les sens du terme. Moi photographe, je n'aurais pas diffusé, même pour sourire ", a-t-il posté sur Twitter. Embarrassé par ce cliché, le " Jerusalem Post " a fait savoir par le biais de Lahav Harkov, une de ses journalistes, qu'il ne serait pas utilisé par le quotidien. " Je veux préciser qu'aucun de mes supérieurs ne mettra en avant cette photo. Elle ne figurera ni sur notre site ni dans notre journal ", a assuré celle-ci sur son compte Twitter.


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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #15 le: 26 février 2014 à 15:38:22 »
Bof. Un Godwin-joke...une sorte de quenelle en forme de silhouette ?
 :pascontent1:
Sérieux, tu trouves qu'il y a un rapport avec la politique intérieure israëlienne ?
Louis Defunes a fait le même plaisanterie lourdingue il y a 40 ans, Benny Hill aussi.
Même à l'époque, ça ne faisait rigoler que les c... !

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #16 le: 27 février 2014 à 12:50:24 »
Un humour sélectif oblomov? c'est pourtant moi qui n'en ai pas...d'humour... quand une photo perturbe une visite officielle en Israël ça concerne la politique intérieure.

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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #17 le: 21 mai 2014 à 09:23:01 »
Israël a un gouvernement d’extrême droite, les pays qui les soutiennent dont la France doivent donc arrêter leur hypocrisie face à la montée de l'extrême droite dans leur propre pays et assumer.

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«Encore trop d’égalité entre Juifs et Arabes»


Quand Yaïr Lapid, star de télévision, s’est présenté aux élections législatives de janvier 2013, il a été décrit dans les médias comme de «centre-gauche». D’après les rares idées politiques qu’il a exprimées, j’ai tenté de corriger: «Dans le meilleur des cas, Lapid c’est le centre-droit». Et il n’a pas fallu longtemps pour s’en rendre compte: avec ses 19 députés, il a immédiatement formé un bloc avec le parti d’extrême droite «La Maison juive», pour rejoindre le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahou en position de force. Depuis qu’il est ministre, Lapid n’a eu cesse de multiplier les déclarations racistes ainsi que des initiatives populistes nationalistes.

La dernière en date: une politique de «préférence claire et visible [en allocations et avantages fiscaux] à ceux qui ont fait leur service militaire». En Israël, quand on dit «ceux qui ont fait leur service militaire», on veut dire en fait «aux Juifs», car il suffit qu’un membre de la famille l’ait fait pour être inclus dans cette catégorie.

Que dit Lapid? «Nous ne sommes pas prêts à nous excuser du seul fait d’être sionistes, et nous disons de manière claire que ceux qui contribuent davantage recevront davantage. Service militaire, civil ou social –?ce sont des valeurs. Un jeune qui donne trois ans de sa vie, qui souvent même risque sa vie, est un meilleur citoyen. Il mérite un traitement clairement privilégié.»

Mais y a t-il quelque chose de neuf dans la politique défendue par le jeune et ambitieux ministre des Finances? Ou s’agit-il tout simplement de démagogie national-populiste? Dans The Marker, le supplément économique de Haaretz, la journaliste Merav Arlozorov nous montre, chiffres à l’appui, que la discrimination entre Juifs et non-Juifs est vieille comme l’Etat hébreu, et structurelle: par tête d’habitant, le budget de l’éducation est inférieur de 35% pour la population arabe; le salaire moyen est pour les Juifs de 9950?shekels par mois (un peu moins de 2600?francs suisses), alors que pour les Arabes il n’est que de 5900?shekels (1500?francs); quant au niveau de vie, il est, pour les Arabes, inférieur de 60%.

Alors que les Arabes [sans les territoires occupés] représentent 20% de la population israélienne, ils ne reçoivent que 14,4% des aides sociales, 12,6% des subsides alloués aux enfants et aux jeunes, 5,2% de ceux consacrés aux personnes âgées, 4% des budgets de la lutte contre la drogue, etc. Merav Arlozorov fait le total et arrive au chiffre effarant de 10,6% de l’aide gouvernementale octroyée à la population arabe, laquelle représente donc 20% de la population.

Manifestement, le ministre des Finances, champion des classes moyennes de Tel Aviv, n’a rien compris au principe qui constitue une démocratie. «Meilleur citoyen» est un oxymore, car dans une démocratie, le souverain est constitué de citoyens, égaux en droits civiques et sociaux. Les régimes qui distinguent les citoyens de première et deuxième catégories ont toujours été les antichambres de régimes fascistes, dans lesquels on retire les droits citoyens aux moins bons (retardés mentaux, invalides, minorités ethniques...) et où le citoyen est remplacé par des soldats de la nation, aux uniformes de couleurs différentes selon leur
capacité à servir l’Etat.


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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #18 le: 07 juin 2015 à 11:23:05 »
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La révolte des Israéliens noirs

Du racisme anti-Palestiniens au racisme anti-Éthiopiens


On le sait, il n’est pas facile d’être Palestinien dans un « État juif ». Mais la récente révolte des juifs d’origine éthiopienne rappelle qu’il ne suffit pas d’appartenir à cette religion pour ne pas être discriminé. Et que, même juif, il vaut mieux être Blanc que Noir dans une société divisée socialement et ethniquement et où le racisme institutionnel est légitimé par les principaux ministres du nouveau gouvernement de Benyamin Nétanyahou.

Qui s’intéresse un tant soit peu à Israël connaît le conflit israëlo-palestinien. Souvent même, il sait que la minorité palestinienne d’Israël — ceux qu’on a longtemps appelés les «  Arabes israéliens  » — est soumise à une discrimination structurelle. En revanche, on connaît beaucoup moins les divisions et les discriminations au sein même de la population juive israélienne.

Certes, Israël étant constitutionnellement un «  État juif  », le fait d’être juif confère un statut privilégié par rapport à tous les autres citoyens, indépendamment de la place sociale ou de l’origine ethnique. C’est écrit noir sur blanc dans un nombre limité de lois, mais c’est surtout ancré dans la pratique des institutions gouvernementales dont l’objectif prioritaire reste, près de 70 ans après la création de l’État d’Israël, de renforcer ce dernier comme «  État juif et démocratique  ».

Ceci dit, les privilèges octroyés aux juifs par l’«  État juif  » sont inégalement partagés : selon un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)1, Israël est le deuxième pays industrialisé où le fossé entre riches et pauvres est le plus important. Elle est loin derrière nous, l’image d’Israël comme modèle d’État social — voire socialiste — et égalitaire… L’offensive néolibérale menée par Benyamin Nétanyahou dans les années 1980 a été d’une sauvagerie sans précédent parmi les nations industrialisées. Auprès de lui — à l’époque ministre des finances2 —, Margaret Thatcher fait figure de Mère Teresa.

Les divisions qui traversent la société juive israélienne sont à la fois sociales et ethniques, les deux étant souvent imbriqués : les plus riches sont d’origine européenne, les plus pauvres, d’«  Afrique-Asie  », selon le terme utilisé par le bureau central de statistiques israélien. Et tout en bas de l’échelle se trouvent les juifs originaires d’Éthiopie.
Discrimination ordinaire

Si au début des années 1970, Golda Meir pouvait encore dire qu’un «  vrai juif  » parle forcément le yiddish, la révolte des Panthères noires3 et la montée en force des juifs orientaux originaires du monde arabe et du bassin méditerranéen ont mis fin à de tels discours, même si les discriminations ont loin d’avoir disparu. Mais des juifs noirs  ?!

À l’époque de Golda Meir, il suffisait d’être un peu basané pour être traité avec dédain de Schwartze (Noir), alors imaginez ce que c’est que d’avoir la couleur de peau des Éthiopiens ou des Érythréens. C’est d’abord être régulièrement roué de coups par les forces de police dans les quartiers sud de Tel-Aviv, en particulier par les gardes-frontières et l’unité spéciale chargée de mener la chasse aux «  infiltrés  ».

Car comment un policier raciste peut-il faire la différence entre un citoyen éthiopien (juif)4 et un migrant qui a fui l’Érythrée ou le Soudan du Sud  ? «  Tous des nègres  !  » Ce n’est donc pas un hasard si la raison première des rassemblements de protestation des Éthiopiens au cours des derniers mois a été la dénonciation des violences policières. Dans son rapport de mai 2013, le Contrôleur Général de l’État, Yossef Shapira, fait le bilan des discriminations sociales :
- 18 % des Éthiopiens sont au chômage (le taux de chômage en Israël est de 5,6 %),
- 65 % des jeunes Éthiopiens vivent sous le seuil de pauvreté (51,7 % des familles),
- la majorité des lycéens n’obtiennent pas le baccalauréat,
- plus de 20 % ne vont pas au bout de leur service militaire à cause de ce que l’armée qualifie de «  comportement particulièrement mauvais  ».

Si l’État a mis en place toute une série de mécanismes pour améliorer la situation, en particulier dans les lycées, ce bilan du Contrôleur est sans équivoque : ils ont tous échoué.

L’un des paradoxes de la société israélienne — mais c’est le cas également dans un grand nombre d’autres pays — est que l’on retrouve de nombreux Éthiopiens dans la police des frontières et dans les services pénitentiaires, métiers qui ne nécessitent aucun niveau d’éducation. Mais même avec l’uniforme censé asseoir leur autorité, ils se font souvent agresser, que ce soit aux checkpoints ou dans les prisons, d’autant que, pour la majorité d’entre eux, ils sont plutôt frêles de corps. J’ai moi-même le souvenir de ces détenus à la prison de Ma’assiyahou qui appelaient leur surveillant en ces termes : «  viens ici, négro, et que ça saute  !  »

L’égalité est un combat

Pourtant, depuis quelques années nous sommes les témoins d’un tournant : une nouvelle génération est née, elle a grandi en Israël, y a fait son service militaire et surtout acquis un sens de la revendication et de la lutte. Être traités comme moins que rien n’est plus aussi courant qu’à l’époque de leurs parents. S’ils restent fortement liés à leurs traditions, les jeunes Éthiopiens et Éthiopiennes se sentent Israéliens et veulent être perçus et traités comme tels. Ce n’est pas un hasard si l’un des slogans les plus répétés au cours de la grande manifestation de Tel-Aviv du 3 mai 2015 était : «  Nous sommes des Juifs  !  ». Certains n’hésitaient d’ailleurs pas à ajouter «  et pas des Arabes  ».

Souvent, dans les débats, ces jeunes Israéliens d’origine éthiopienne — car c’est ainsi qu’ils veulent être définis — mettent en avant leur service militaire, voire leurs «  faits de guerre  » dans les territoires palestiniens occupés. Le passage à tabac d’un soldat éthiopien en uniforme par des policiers a été l’un des éléments déclencheurs des dernières manifestations. S’ils avaient eu un minimum de connaissance d’Israël, ils auraient pu apprendre des Druzes et des Bédouins que le service militaire en Israël n’est en aucun cas la promesse d’échapper à la discrimination. L’égalité est un combat, en Israël comme ailleurs, même quand on est juif dans l’«  État des juifs  ».

«  On nous traite comme des Arabes  »

Les manifestations des Éthiopiens ont été réprimées par la police avec une violence rare — s’agissant évidemment de manifestations de juifs. «  On nous a traités comme des Arabes  », ont répété les manifestants à qui voulait les entendre. Il faut reconnaître qu’ils ne s’étaient pas comportés comme des enfants de chœur, brisant le stéréotype du «  gentil  » Éthiopien en n’hésitant pas à attaquer des policiers pour libérer l’un de leurs camarades.

Si la police a réagi en annonçant l’inculpation des manifestants arrêtés pour voies de fait et violences contre les forces de l’ordre, le gouvernement, lui, a décidé de mettre en place une commission dont le mandat est de faire des propositions pour l’amélioration des conditions de vie des Éthiopiens. Dans cette commission ont été cooptés des notables de la communauté, en particulier des qais, les rabbins éthiopiens…que le Grand Rabbinat d’Israël ne reconnaît d’ailleurs pas.

Il est cependant peu vraisemblable que la nouvelle génération d’Éthiopiens se reconnaisse dans ces notables, et tout laisse penser que leur révolte va se poursuivre. Extirper le racisme anti-noir de la société israélienne, et d’abord de sa police, est un combat sur le long terme qu’on ne peut séparer du combat que mènent les Palestiniens israéliens pour l’égalité. La convergence des luttes pour l’égalité est une nécessité. En Israël, elle est révolutionnaire.


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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #19 le: 07 juin 2015 à 16:40:12 »
Israël est devenu un sacré pays d'imbéciles! Quand on pense au projet que c'était, au départ...  :(

Je suis prêt à parier que l'arrivée des ex-Russes ashkénazes n'y est pas pour rien, car le racisme fleurit au pays de Putin, preuve que le communisme n'a fait qu'effleurer quelques générations. Son discours a été une chose. La tradition du pogrom est bien plus profondément enracinée. On est tous le juif d'un autre (Césaire aurait dit: le nègre). C'est pitoyable!  :/

On se retrouve obligé d'expliquer à nos jeunes que ce n'est pas parce que l'Israël d'aujourd'hui est un pays de sal. qu'il ne faut pas respecter la Shoah et en tirer des leçons! Un comble, M. le Kapo Netanyahou!  :X:

A la lecture de cet article, je pense à Coluche: qu'est-ce que ce doit être pour les juifs noirs qui sont, en plus, petits, moches et homos, portent des lunettes, etc.  :nono:
Quelle vertu, quel bonheur peut exister dans un pays où une classe d'individus peut dévorer la substance de plusieurs millions d'hommes?
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Re : Israel politique intérieure
« Réponse #20 le: 06 novembre 2016 à 19:09:27 »


C'est rare de prendre connaissance d'infos positives venant d'Israël , alors l'image de ce rassemblement pour la paix, ça fait quand même du bien aux yeux !!

Des dizaines de milliers de personnes ont participé samedi à Tel-Aviv au grand rassemblement annuel pour la paix organisé à l'occasion de l'anniversaire de l'assassinat de l'ex-premier ministre israélien Yitzhak Rabin
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