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Écologie / Re : Dictature des chasseurs
« Dernier message par sarkonique le 30 mai 2018 à 16:15:29 »
Maquereau fait la p. devant les chasseurs

Je ne copie/colle rien, ça me dégoûte trop!
  :caca: :berk2: :caca: :berk2: :caca: :berk2:
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Écologie / Le patrimoine naturel privatisé
« Dernier message par sarkonique le 26 mai 2018 à 16:46:28 »
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À Vittel, Nestlé privatise la nappe phréatique

26 mai 2018  / Lorène Lavocat (Reporterre)

À Vittel, dans les Vosges, Nestlé Waters et les habitants pompent la même eau. La ressource se réduisant de façon préoccupante, les autorités locales veulent la faire venir des environs pour abreuver la population. La multinationale, elle, pourra continuer de puiser dans le sous-sol.

Une longue file de camions coule à travers les rues de Vittel en direction de l’autoroute A31. Dans leurs immenses bennes, des milliers de bouteilles d’eau attendent de se déverser dans les rayons des supermarchés français et européens… D’Allemagne au Japon, on s’abreuve d’eau vosgienne. Qu’elles s’appellent Hépar®, Contrex®, Vittel®, chaque goutte provient de ces sous-sols vosgiens riches en minéraux. Et chaque centime revient dans le portefeuille de Nestlé Waters, propriétaire des marques.

Des centaines de millions de litres du précieux liquide sont ainsi extraits, chaque année, des profondeurs lorraines. Tant et si bien qu’une de ces nappes souterraines, la plus profonde et la plus importante, est menacée d’épuisement. Mais plutôt que d’exiger de la multinationale qu’elle réduise ses prélèvements, élus et industriels envisagent ni plus ni moins de serrer la ceinture hydrique des habitants. Bientôt, à Vittel, l’eau des robinets ne proviendra peut-être plus du sous-sol, mais sera acheminée par pipeline sur des dizaines de kilomètres. « Le géant international s’est approprié la ressource locale pour commercialiser l’eau en bouteille, dénonçait France nature environnement en mars dernier. L’entreprise s’octroie un réel monopole sur une ressource qui n’est censée appartenir à personne, si ce n’est aux populations locales pour subvenir à leurs besoins vitaux. »  Joint par Reporterre, Christophe Klotz, directeur d’Agrivair, une filiale de Nestlé Waters, refuse d’endosser « le rôle du gros vilain : nous ne sommes pas contre ce territoire, nous sommes interconnectés avec lui. Et ce territoire vit autour et grâce à l’eau ».

« La commune de Vittel s’est construite autour de son eau, elle lui a tout sacrifié,  raconte Bernard Schmidt, Vittellois et membre de l’association Oiseaux nature. Mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est la prise en main coloniale d’un territoire et la privatisation du bien commun qu’est l’eau. »

Pour comprendre ce qui se joue dans ce village vosgien d’à peine 5.000 âmes, il faut remonter au XIXe siècle et aux balbutiements du thermalisme. Avocat dans le sud de la France, Louis Bouloumié souffre de calculs rénaux qu’il tente d’apaiser par des cures annuelles à Vittel. En 1851, il achète toutes les sources. « Dès le départ, son objectif principal n’était pas de créer une station thermale mais de vendre de l’eau en bouteille, explique M. Schmidt, qui s’est passionné pour l’histoire de sa commune. Le thermalisme a été développé comme une vitrine afin de promouvoir l’eau minérale : la station ne sert qu’à l’image. »

« Il n’y a qu’une seule courbe croissante à Vittel depuis la fin du XIXe siècle : celle de la vente de bouteilles d’eau »

Mais quelle image ! Peu à peu, au fil des générations de Bouloumié et des époques, la bourgade rurale se pare d’hôtels, de casinos, de parcs. Un des deux fils de Louis, docteur, va obtenir l’agrément de l’Académie de médecine pour les sources : labellisation essentielle, car seule une eau reconnue comme bénéfique pour la santé peut être vendue sous l’appellation « eau minérale ». Bernard Schmidt, lui-même médecin, doute de la vertu thérapeutique de l’eau, « même s’il est évident que prendre un bon bol d’air à la montagne, boire de l’eau plutôt que de l’alcool et se faire pouponner ne peut faire que du bien », mais il reconnait l’efficacité publicitaire de cet atout santé : « C’est grâce à l’image médicale de l’eau que Vittel va vendre ses bouteilles. »

Les clients se succèdent — aristocratie russe d’abord, puis oligarchie coloniale — et les bâtiments muent au gré des modes architecturales. Aujourd’hui, les allées boisées du parc thermal ont gardé un parfum suranné. Les grandes façades art déco et les fontaines rococo forment un décor de cinéma étrange. Car les rues sont désertes, les bâtiments restent vides, le golf et le casino se remplissent à peine à la belle saison. Le Club Med, qui gère la partie hôtelière depuis les années 1970, a menacé de claquer la porte ; il n’est resté que contre la promesse de la municipalité de financer un coûteux hippodrome.

« Il n’y a qu’une seule courbe croissante à Vittel depuis la fin du XIXe siècle : c’est celle de la vente de bouteilles d’eau », conclut Bernard Schmidt. Dès les années 1970, Nestlé Waters s’associe à la Société des eaux, dirigée par la famille Bouloumié. Alors que le thermalisme périclite, les entreprises misent tout sur l’embouteillage. En 1975, les premiers relevés effectués dans la nappe souterraine révèlent un déficit effarant, de 2,5 millions de mètres cubes par an ! Et une menace : si rien n’est fait, la nappe pourrait tout simplement s’assécher.

Cette nappe, que l’on appelle aquifère des grès du Trias inférieur (GTI), s’étend de l’Allemagne jusqu’aux Cornouailles en passant sous le bassin parisien. Au niveau de Vittel, elle se situe à près de 100 mètres de profondeur, et constitue un réservoir « captif », isolé : l’eau y est emprisonnée entre des couches géologiques relativement imperméables. Côté face, cet isolement permet de préserver sa qualité, car elle est ainsi protégée des pollutions. Côté pile, cette nappe se régénère très, très, très lentement. Et c’est précisément cette ressource peu renouvelable qui intéresse les habitants, pour leur consommation d’eau potable, mais surtout les industriels, qui sont à l’origine de près de la moitié des prélèvements.

Pourtant, il faudra attendre 2010 pour que le problème de l’épuisement soit pris au sérieux. Entre-temps, Nestlé Waters est devenu propriétaire des marques en 1992. La multinationale a augmenté le nombre de bouteilles et diminué le nombre d’employés (passés de 4.500 en 1975 à 900 aujourd’hui). Elle pompe désormais près de 800.000 m3 d’eau par an (soit 800 millions de litres) de la nappe GTI et exporte l’eau à l’étranger sous la marque Vittel Bonne source. Or, le déficit de la nappe est environ d’un million de mètres cubes par an. Ainsi « Nestlé serait responsable de 80 % du déficit », estime Jean-François Fleck, de Vosges nature environnement.

Un petit point de géologie locale s’impose ici. Les sous-sols de Vittel sont gorgés d’eau, répartie dans plusieurs « poches ». Les poches les plus superficielles, très riches en minéraux, sont exploitées par Nestlé Waters et commercialisées sous les marques Hépar, Contrex et Vittel Grande source. En revanche, elles ne peuvent pas servir à l’approvisionnement des habitants, car elles dépassent les seuils fixés de minéralisation.

« Nestlé crée le déficit, mais on fait payer les consommateurs, c’est le monde à l’envers »

C’est donc dans la poche la plus profonde, la fameuse nappe GTI, que puisent les Vittellois pour boire. Mais c’est aussi dans cette poche que Nestlé Waters se sert pour remplir ses bouteilles de Vittel Bonne source. Cette marque est stratégique pour la multinationale : moins minéralisée que les autres eaux, Bonne source se vend très bien à l’étranger. Les millions de litres extraits chaque année sont donc exportés en totalité, vers les autres pays européens principalement. Une autre entreprise, la fromagerie l’Ermitage, se fournit également dans cette nappe. En 2010, 3,2 millions de mètres cubes ont ainsi été prélevés.
Répartition des usages de la ressource en eau de la nappe GTI, en milliers de mètre cube, d’après une estimation du BRGM en 2010.
En posant ses valises au creux des collines vosgiennes, Nestlé Waters ne s’est pas contentée de faire des forages. L’entreprise a maillé le territoire, « noyauté », dirait M. Schmidt. Outre les 900 emplois directs qu’elle génère grâce à l’embouteillage, elle régente le développement économique local. Sa filiale Agrivair finance le rachat de terres agricoles, la mise en place de compostage, et des conseils techniques à destination d’agriculteurs en échange du respect d’un cahier des charges visant le « zéro pesticide », afin de protéger les nappes peu profondes de la pollution chimique.

L’association Terre eau, aujourd’hui en pleine reconfiguration, qui vise à « faciliter le développement économique et social du territoire de la plaine des Vosges tout en continuant de garantir la qualité des eaux souterraines » ainsi que la société AEBV (Accompagnement économique du bassin de Vittel) sont gérées par un certain Bernard Pruvost, qui était jusqu’à récemment cadre dirigeant pour Nestlé International.

C’est ce même Bernard Pruvost qui a présidé une association au rôle pivot : la Vigie de l’eau. Officiellement, cet organisme installé au cœur du parc thermal vise l’éducation à l’environnement et la culture scientifique. Surtout, cette Vigie a été chargée de l’animation de la Commission locale de l’eau (CLE) de 2010 à 2016. La CLE réunit 45 membres — élus, associatifs, industriels, services de l’État — avec l’objectif de remédier au déficit chronique et inquiétant de la nappe souterraine.
Le siège de la Vigie de l’eau.
Et c’est là que le bât blesse. Car pendant cette période, la CLE a esquissé des décisions importantes… en faveur de Nestlé Waters et au détriment des populations locales. Et pendant cette période, de 2013 à fin 2016, la présidente de la CLE n’était autre que Claudie Pruvost, conseillère générale… et épouse de Bernard Pruvost.

« Les embrouilles ont commencé en 2013, quand le comité technique de la CLE a décidé d’exclure les industriels de tout effort de réduction des prélèvements », révèle Jean-François Fleck. C’est ce qu’indique le rapport du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) et de la Vigie de l’eau publié en 2014.
Extrait du rapport du BRGM de 2014.
De comité technique en réunion, les associations ont découvert qu’au lieu d’affiner et de débattre des différentes hypothèses possibles pour réduire le déficit de la nappe souterraine, une seule et unique solution semblait se dessiner. « On a vite compris qu’il n’était pas question de demander aux industriels de se serrer la ceinture,  raconte Jean-François Fleck. Mais comme il fallait trouver un moyen pour moins pomper, ils ont décidé d’aller chercher de l’eau ailleurs pour les habitants. »  C’est ce qu’on appelle pudiquement la « substitution ». « Ils veulent déshabiller Pierre pour que Paul puisse continuer à s’habiller comme avant », observe Bernard Schmidt.

Le 26 avril 2016, la Commission locale de l’eau s’est réunie avec pour objectif le « choix de la stratégie du schéma d’aménagement et de gestion des eaux [Sage] ». Autrement dit, les membres de la CLE étaient invités à valider le « scénario substitution ». « Ils sont venus avec le projet ficelé et ils nous ont demandé de voter, se rappelle Christiane Lecoanet, de l’antenne locale d’UFC Que choisir. J’ai trouvé ça choquant : si votre gamin tape dans le pot de confiture, vous n’allez pas donner une punition à son voisin. Nestlé crée le déficit, mais on fait payer les consommateurs, c’est le monde à l’envers ! »
Un forage d’alimentation en eau potable.
Interloquées, les associations ont répliqué. Fin 2016, aiguillé par Vosges nature environnement, le responsable local d’Anticor a signalé une possible prise illégale d’intérêts au tribunal d’Épinal. Une enquête préliminaire visant les époux Pruvost a été ouverte dans la foulée, et Claudie Pruvost a démissionné de son poste de présidente de la CLE. La Vigie de l’eau s’est retirée également de la Commission. Interrogée par Reporterre, sa vice-présidente n’a pas souhaité nous répondre, précisant cependant que l’association « n’a jamais participé ni à la gouvernance ni à aucune des réunions de bureau de la CLE », et qu’elle n’était donc pas en mesure de prendre « position sur le fond de cette question. Nous sommes des médiateurs et apportons des informations, validées par les scientifiques ». Du côté de Nestlé Waters, Christophe Klotz, le directeur d’Agrivair, réfute l’accusation et souligne que « l’entreprise n’a qu’un représentant et qu’une voix sur 45 membres de la CLE ».

« Il faut voir le territoire comme un écosystème ; si vous touchez à la première plus grande entreprise du coin, vous aurez des conséquences »

En parallèle, les militants environnementaux multiplient les courriers pour réclamer l’examen d’autres solutions, qui prennent en compte la participation des industriels à l’effort collectif de réduction.

Mais le 15 mars dernier, une nouvelle réunion de la CLE n’a fait que confirmer leurs craintes : la stratégie proposée s’appuie sur un transfert d’eau (de 500.000 à un million de m³, selon les cas) en provenance des territoires voisins ; via des dizaines de kilomètres de canalisation, pour un coût de 15 millions d’euros à 30 millions sur 20 ans. Dans une lettre adressée le 29 mars à Nicolas Hulot, les associations ont dénoncé une solution incompatible avec la loi sur l’eau de 2006, qui stipule que « la priorité d’usage doit aller à l’alimentation en eau potable des populations ».

Du côté de Nestlé Waters, on met en avant les efforts volontaires consentis par la multinationale : « Nous avons une autorisation préfectorale pour prélever jusqu’à un million de mètres cubes, précise Christophe Klotz. Depuis dix ans, nous n’avons pas augmenté nos prélèvements, au contraire, nous les avons ramenés de 973.000 m3 en 2008 à 744.000 m3 en 2017. »
 
Jean-François Fleck, Renée Lise, Bernard Schmidt et Christiane Lecoanet contestent la privatisation de fait de l’eau par Nestlé Waters.

Pas question pour autant d’aller plus loin : « Il faut voir le territoire comme un écosystème ; si vous touchez à la première plus grande entreprise du coin, vous aurez des conséquences. Et Nestlé Waters reverse chaque année 7 millions d’euros aux collectivités locales, au nom de la surtaxe sur les eaux minérales. L’équilibre actuel est extrêmement fragile, avec la déprise agricole, la baisse démographique et peu d’emplois. Si on touche à cet équilibre de façon dogmatique avec une solution simpliste, quelles pourraient être les conséquences ? » Pour les associations, ce chantage économique est inadmissible : « Nestlé Waters n’a fait que diminuer le nombre de postes, avec l’automatisation de l’embouteillage, répond Bernard Schmidt. Et la robotisation continue d’avancer, donc il y aura de toute façon de moins en moins d’emplois. »

Selon Christophe Klotz, le scénario avancé — celui du transfert d’eau depuis d’autres territoires voisins — « nécessite d’être débattu, mais mérite d’être examiné » : « Il ne s’agit pas d’aller chercher de l’eau à l’autre bout du département, mais à quelques kilomètres de Vittel,  insiste-t-il. Si on pense le développement économique non pas à l’échelle du village mais à l’échelle de la communauté de communes, il paraît logique de mettre en commun les ressources : les infrastructures, les activités, et donc, pourquoi pas, l’approvisionnement en eau. »

Le député insoumis Bastien Lachaud, joint par Reporterre, refuse ce scénario qui aboutit, selon lui, à un « accaparement par le privé du bien commun qu’est l’eau » puisque « seuls les industriels, et en premier lieu Nestlé Waters, pourront continuer à prélever dans la nappe. »  Le 20 mars dernier à l’Assemblée nationale, il a d’ailleurs posé une question à ce sujet au gouvernement :« [Je voudrais] apprendre ce que le gouvernement compte faire pour faire cesser cet accaparement inacceptable du patrimoine commun par une entreprise privée, pour préserver la ressource en eau, et ainsi pour garantir que les populations locales continuent à avoir accès à l’eau potable sans surcoût. »

Le gouvernement n’a, à ce jour, pas répondu à M. Lachaud. Quant à la CLE, elle devrait se réunir en juin pour adopter définitivement (ou pas) le scénario proposé.

https://reporterre.net/A-Vittel-Nestle-privatise-la-nappe-phreatique
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Éducation / Re : Les dessous d'une réforme (de plus): le bac manière Blanquer de veau
« Dernier message par raja le 23 mai 2018 à 12:08:18 »
c'est une catastrophe :rougefache: :rougefache:
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Sans vergogne suis-je, - car MOI  :] toutes mes absences depuis des mois voire + sont de force majeure -, ce n'est que maintenant que je m'en va commenter un pouillou mes impressions de la "Fête à Macron" du 5 mai à Paris, et ça tombe bien puisque les fêtes à macron régionales et locales c'est fin de semaine, j'y serai z'aussi si possible, entre 2 trains ou cars  :rougefache: .

Alors le 5 mai on a cotisé aux cars F.I., départ dès potron minet prévu, mais finalement remis à 8 h et quelques, tranquille., co-voiturés calmes mais résolus comme d'hab. J'ai pas le temps en ce moment de faire des pancartes et ça m'enrage, mais bon.

On avait, ceux qui ont suivi le savent, été détournés d'un départ du Louvre vers l'Opéra - et donc la très large rue du 4 septembre  était notre artère de départ, coup d'envoi prévu je crois à 14 h , mais évidemment retardé de bien plus d'une heure. On n'avait pas eu, nous les venus du chnord, des masses de consignes avant la sortie du car, hormis que, précisément dans cette rue très genre hausmanien du 4 septembre on se mettait dans la marche derrière le char Dracula. On s'est donc accoudés à un mur au moment où la foule compacte sur voirie s'est finalement ébranlée dans un sympatoche remue ménage, en attendant de voir Dracula passer...., et on a pu attendre longtemps, car si le char "Jupiter" ne pouvait être loupé pour ce qu'il était, celui "Dracula" on l'a bien vu (c'était celui où de malheureux "RIENS" tiraient la carriole à la poursuite de l'euro) mais on ne l'a pas identifié comme Dracula, ça fait qu'on est restés collés à not' mur un bon 3/4 d'heure de plus, avant d'aller nous mettre n'importe où pour marcher nous aussi.

Alors collés au mur, le mot est faible, car jusqu'au moment où on s'est mis nous aussi en branle, et sans doute au delà, (ça ne faiblissait pas quand nous on a démarré) les camarades impatientés de la longue attente marchaient tout aussi compacts sur les trottoirs (bien larges aussi) que sur la voirie. Je perso n'avais jamais vu ça de manière aussi massive, et cela m'explique pour partie l'arnaque du "bon comptage" de l'officine Occurrence ( http://occurrence.fr/actus-occurrence/ ) adoptée avec enthousiasme par les médias qui savent de quoi ils causent (Figaro, Monde, BFMTV, etc), au fait, Occurrence se prévaut d'avoir pour clients des institutions nationales, européennes et internationales, ( http://occurrence.fr/expertises/international/ ), ça aide à mieux comprendre.... :diable:  :désolé1:
 
Bref, du cul du chaudron manifestation, nous on a estimé notre nombre à au moins le triple du "comptage" officiel, et on a trouvé en gros la fête à neuneu plus que satisfaisante. Je perso n'ai pas forcément trouvé que le "car à impériale", et à discours successifs de F.I., s'était montré bien indispensable, ni que la dispersion des intermèdes festifs était totalement totalement judicieuse - mais bon, théoriquement c'est en marchant qu'on apprend, ce à quoi seul notre jupiyuppie se montre incapable de parvenir semble-t-il  :grrr: ....
J'essaierai si je peux y aller de vous chroniquer la prochaine fêteeuuuuh au macronounet du 26/05 à Lille, et itou celle de demain en défense des services publics ....., vous me subirez donc de nouveau sous peu, si vous vous êtes réveillés entre temps.....  :snif:  :jesus:
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Alors comme promis, 2ème post sur le JORF du 20 mai 2018, je sens déjà que le Bois Dormant bruisse d'impatience  :diable: , viens donc là mon Hulot que je m'occupe de ton cas......  :grrr:

Je dois cependant vous avertir, Beaux et Belles du susdit B.D., je n'y connais que pouic en nucléaire, sauf que ça me f... les jetons. Je compte donc sur plus instruit que moi en la matière pour dire si je m'alarme pour rien quant à certaines incohérences selon moi du premier sujet des textes Hulot du jour, au regard  de ce que vous savez mieux que môa.

Ce 1er sujet Hulot, c'est le réacteur expérimental INB (installation nucléaire de base) N° 101, dénommé poétiquement Orphée, lequel se trouve dans l'Essonne à SACLAY et date je crois de 1978.

Voici le texte "avis" de l'Autorité de Sécurité Nucléaire du JORF d'aujourd'hui, sur des travaux "autour" d'Orphée :

AUTORITE DE SURETE NUCLEAIRE

49 Avis n° 2018-AV-0301 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 6 février 2018 sur le projet de décret modifiant le périmètre de l'installation nucléaire de base n° 101, dénommée Orphée, exploitée par le CEA sur le site nucléaire de Saclay

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927729&dateTexte=&categorieLien=id


C'est le 49ème texte de ce JORF, on trouve le texte de Hulot à la 9ème place (ordre normal) :

9 Décret n° 2018-365 du 18 mai 2018 modifiant le périmètre de l'installation nucléaire de base n° 101, dénommée Orphée, exploitée par le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), implantée sur le territoire de la commune de Saclay (département de l'Essonne)
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927220&dateTexte=&categorieLien=id


Alors d'abord, et je répète sans rien y connaître, ce texte je l'ai ouvert vers 4 h 30 du mat  :gene1: , et il y avait une bizarrerie, la date n'était pas mentionnée en bas du texte, le "Fait le " n'était pas rempli. Par ailleurs, on reportait pour carrément voir les plans des travaux à la version pdf du bas, et celle-ci donnait les plans en annexe, un luxe de plans, je dirais 5-6 maintenant de mémoire, ça m'a semblé un beau mode d'emploi pour trouver son chemin là bas si vous voyez ce que je veux dire  :gehe:  : mais idiote que je suis, je n'ai pas enregistré ce pdf de suite, et quand plus tard j'ai voulu le faire la date avait été remplie, et les plans avaient disparu du pdf ( dans le pdf associé à l'avis ci-dessus il reste 1 plan, lequel ne dit plus grand chose).
Alors, non seulement j'suis nulle en nucléaire, mais j'suis nulle aussi pour vous mettre ici des pdf que j'ai enregistrés sur ma bécane, dois-je avouer  :gene4: .
Et pourquoi j'aimerais vous mettre des pdf en l'occurence ? Ben, c'est parce que le texte Hulot/ASN décide d'une extension du périmètre d'ORPHEE, que j'en déduis donc que ce bouzin va fonctionner plus plus dans les temps à venir - alors même que mon imparable mémoire avait enregistré qu'au contraire on allait démanteler Orphée. Et ça, je l'ai retrouvé, mais majoritairement sous forme de pdf.

Alors ORPHEE, ça produit du neutron me suis-je laissé dire,  - et il faut noter quand même que déjà en 2003 ça s'étripait à l'Assemblée Nationale pour éviter une fermeture annoncée. Mais c'est surtout après Fukushima que, se hâtant lentement, l'ASN saisie de la sécurité des installations et ayant rédigé un Rapport en 2012, celui là de pdf je l'ai :
 
https://www.asn.fr/sites/rapports-exploitants-ecs-2012/CEA/SACLAY/ECS-CEA-SACLAY-Orphee.pdf

, a en 2014 émis un projet (je n'ai que ça, mais je n'imagine pas que ça n'ait pas été publié) de décision sur la mise à niveau du réacteur. Ce projet de décision fait 3 pages, auxquelles s'adjoignent 5 pages de nouvelles exigences principalement axées sur le "noyau dur" le tout consistant évidemment en mesures supplémentaires de sécurité suite à l'accident nippon. Je vous mets le titre du projet, et ses visas réglementaires :

"Décision no 2014-DC-[numéro] de l’Autorité de sûreté nucléaire du [date] fixant au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) des prescriptions applicables relatives au noyau dur et à la gestion des situations d’urgence, à l’installation nucléaire de base n° 101 (dénommée ORPHEE), située sur le site de Saclay (Essonne)

L’Autorité de sûreté nucléaire,
Vu le code de l’environnement et notamment ses articles L. 592-20, L. 593-10 et L. 593-20 ;
Vu le code de la santé publique, notamment le chapitre III du titre III du livre III de sa première partie ;
Vu le décret du 8 mars 1978 autorisant la création par le commissariat à l’énergie atomique d’un réacteur expérimental dénommé ORPHEE sur le site nucléaire de Saclay (Essonne) ;
Vu le décret no 2005-1158 du 13 septembre 2005 modifié relatif aux plans particuliers d'intervention concernant certains ouvrages ou installations fixes et pris en application de l'article 15 de la loi no 2004-811 du 13 août 2004 relative à la modernisation de la sécurité civile ;
Vu le décret no 2007-1557 du 2 novembre 2007 modifié relatif aux installations nucléaires de base et au contrôle, en matière de sûreté nucléaire, du transport de substances radioactives ;
Vu l’arrêté du 7 février 2012 modifié fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base ;
Vu la directive interministérielle du 7 avril 2005 sur l'action des pouvoirs publics en cas d'événement entraînant une situation d'urgence radiologique ;
Vu la décision no 2011-DC-0224 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 5 mai 2011 prescrivant au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de procéder à une évaluation complémentaire de la sûreté de ses installations nucléaires de base au regard de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ;
Vu la décision no 2012-DC-0297 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 26 juin 2012 fixant au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) des prescriptions complémentaires applicables à l’installation nucléaire de base no 40
(OSIRIS) au vu des conclusions de l’évaluation complémentaire de sûreté (ECS), et notamment la prescription [CEA-INB40-ECS 06] prescrivant la remise d’un rapport ECS relatif à la gestion de crise du centre CEA de Saclay au 30 juin2013 ;
2/8
Vu la décision no 2013-DC-0375 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 15 octobre 2013 relative au deuxième réexamen de sûreté de l’INB no 101, dénommée réacteur ORPHEE, située sur le site du CEA de Saclay (Essonne) ;
Vu le rapport d’évaluation complémentaire de sûreté CEA/DEN/DANS/12-44 transmis par lettre CEA AG/2012/291 du 12 septembre 2012, et notamment la liste des équipements constituant le noyau dur proposée pour ORPHEE ;
Vu la lettre du CEA AG/2013-214 du 10 juin 2013 relative aux objectifs prioritaires de réalisation établis par le CEA dans le cadre de l’examen des rapports ECS du lot 2 ;
Vu l’avis des groupes permanents d’experts de l’ASN pour les réacteurs et pour les laboratoires et usines, transmis par courrier CODEP-MEA-2013-021575 du 15 avril 2013, sur l’ensemble des propositions de noyaux durs et d’exigences associées pour les installations nucléaires de base (INB) prioritaires ;
Vu l’avis des groupes permanents d’experts de l’ASN pour les réacteurs et pour les laboratoires et usines, transmis par courrier CODEP-MEA-2013-038898 du 18 juillet 2013, relatif aux évaluations complémentaires de sûreté (ECS) des installations du lot 2 d’EDF, du CEA, de CIS bio international et d’ITER Organization ;
Vu le rapport d’évaluation complémentaire de sûreté des moyens généraux du Centre de Saclay référencé DSM/SAC/CQSE-2013-0226 du 25 juin 2013 ;
Vu les observations du CEA sur le projet de décision transmises par courrier CEA MR/DPSN/DIR/2014-354 du 30 juillet 2014 ;
Vu les résultats de la consultation du public réalisée du XX au XX 2014"...............

Et je rajoute les titre et sommaire de l'annexe :

......."Annexe à la Décision no 2014- DC-[numéro] de l’Autorité de sûreté nucléaire du [date] fixant au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) des prescriptions complémentaires relatives au noyau dur et à la gestion des situations d’urgence, applicables à l’installation nucléaire de base no 101 (dénommée ORPHEE), située sur le site de Saclay (Essonne)

SOMMAIRE
Définitions
Titre 1er. Définition du noyau dur
Titre 2. Agressions externes retenues pour le noyau dur
Titre 3. Dimensionnement des structures et des équipements du noyau dur
Titre 4. Compléments d’études
Titre 5. Gestion des situations d’urgence en situation noyau dur"......

Bon, ça c'est fait.  Et admettons que la décision ait été publiée, et que les responsables d'ORPHEE s'y soient bien conformés. Sauf que je n'avais pas tort en me souvenant - la date n'est pas lointaine - que l'on prévoyait de démanteler Orphée : et en effet, le CEA commissariat à l'énergie atomique a établi un document de 66 pages en décembre 2017  intitulé "PLAN DE DEMANTELEMENT DE L'IBN N° 101 - REACTEUR ORPHEE, celui là est un plan ferme et non un projet, il est bourré de plans et commence par une magnifique photo de l'installation vue d'oiseau. Il n'est pas reproductible sans autorisation du CEA bien que je l'aie trouvé juste en demandant à m'sieur Google, vous n'aurez donc que ma parole. Il prévoit "que l'IBN 101 soit mise à l'arrêt définitif au 31/12/2019". Bon, mais entre la mise à l'arrêt et l'achèvement d'un démantèlement (on n'en a d'ailleurs encore fini aucun), n'y a-t-il pas quelques décennies qui passent, surtout si l'on propose, comme le fait le CEA, de réutiliser le site à fins industrielles ultérieurement ?  Donc, et c'est peut-être mon ignorance crasse en la matière qui me fait voir là un loup inexistant, mais je me perds en conjectures quant au texte que sort Hulot en cette période pentecôtiste. Et le fait qu'un labo du site de Saclay, bossant par ailleurs dans la nanoparticule si je l'en crois, se revendique d'Orphée, le Laboratoire Léon BRILLOUIN :

http://iramis.cea.fr/llb/Phocea/Vie_des_labos/Ast/ast_technique.php?id_ast=2757

, me met le cerveau en effervescence...A tort ? Ben, rassurez moi, mes fieux ! Bref, dans ma p'tite tête de piaf ignorant, la publication d'aujourd'hui m'enduit de perplexité, et mon interprétation sans doute simpliste me fait penser que l'on va raccourcir jusqu'à l'extrême sous critères de rentabilité le délai de réutilisation du site, en sabotant les étapes récupération et sécurisation des archives, et surtout celles des déchets.
---------------------
Mais cette Huloterie du jour n'est pas la seule, et se croise avec d'autres textes du monsieur dans le même JORF. Alors là aussi, c'est peut-être mon ignorance qui est en cause, mais les documents que j'ai trouvés en accès facile sur le net m'ont un peu tétanisée par leur luxe d'illustrations et notamment de plans très détaillés - et, en ces périodes du "pensez aux terroristes et pas aux ordonnances" ça m'a fait drôle quand même ! Or le p'tit Hulot nous publie 2 textes concernant les drones civils "de loisir", la "formation" nécessaire aux "télépilotes", selon le poids de l'engin, mentionné moins de 800 gr pour un texte, mais moins de 150 kg pour l'autre.....  :| , outre le fait que les certifications de formation (future si j'ai bien compris  :] ) ont l'air light de chez sans sucre.

Les voici :

MINISTERE DE LA TRANSITION ECOLOGIQUE ET SOLIDAIRE

TRANSPORTS

32 Décret n° 2018-374 du 18 mai 2018 relatif aux seuils de masse prévus par la loi n° 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l'usage des drones civils
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927602&dateTexte=&categorieLien=id

33 Décret n° 2018-375 du 18 mai 2018 relatif à la formation exigée des télépilotes d'aéronefs civils circulant sans personne à bord utilisés à des fins de loisir
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927631&dateTexte=&categorieLien=id

Dont extrait :

Article 1 En savoir plus sur cet article...

Le chapitre VI du titre III du livre Ier du code de l'aviation civile (partie réglementaire - Décrets simples) est complété par une section 2 ainsi rédigée :

« Section 2
« Règles relatives à la formation exigée des télépilotes qui utilisent des aéronefs civils circulant sans personne à bord à des fins de loisir

« Art. D. 136-7.
- I. - Pour l'utilisation des aéronefs circulant sans personne à bord à des fins de loisir dont la masse en ordre d'exploitation n'excède pas 150 kg, à l'exception de ceux dont la masse au décollage est inférieure au seuil fixé à l'article D.

111-1, la formation mentionnée à l'article L. 6214-2 du code des transports vise à l'acquisition par le télépilote des connaissances et compétences requises pour préparer et assurer le vol d'un aéronef circulant sans personne à bord aux fins d'assurer la sécurité des tiers au sol et des autres usagers de l'espace aérien dans le respect de la réglementation fixant les conditions d'emploi de ces aéronefs, des règles de protection des données et du respect de la vie privée.

« II. - La formation est composée d'enseignements théoriques dispensés dans le cadre d'un cours en ligne mis à disposition par le ministre chargé de l'aviation civile" ..................


Dormez-bien, les z'amis !   :(  :(  :(

6
Même si cet outil là des JORF (Journal Officiel de la République Française) ....subreptices.... est une des sympathiques clés à molette gouvernementales relevant de la Théorie des Turpitudes, je fais quand même un new thread (hinhinhin). Paceke  :diable: .

Alors que nous raconte-t-il de beau, le Jorf de ce dimanche de Pentecôte, précédant celui peut-être du même tonneau du lundi de Pentecôte itou ? Je m'en vais vous narrer ça, (des fois que ça en réveille un ou deux  :mrgreen: ), un peu dans le désordre car il faut que j'associe plusieurs textes éloignés les uns des autres dans ledit JORF.

Dans la pêche miraculeuse, qu'y a-t-il qui fâcherait plus vite sans jour férié ? Bon ben d'abord, y'a les oeuvres de m'sieur Blanquer et de s'collègue sous ordres de l'enseignement sup, en ce qui concerne l'entrée en fac... Je vous mets le lien et quelques extraits en guise d'amuse gueule :

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L'INNOVATION

24 Décret n° 2018-369 du 18 mai 2018 relatif à la procédure nationale de préinscription pour l'accès aux formations initiales du premier cycle de l'enseignement supérieur et modifiant le code de l'éducation
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927366&dateTexte=&categorieLien=id

Extrait :
" Article 19

Après l'article D. 612-1-22 tel qu'il résulte du 4° de l'article 2, il est inséré une sous-section 2 ainsi rédigée :

« Sous-section 2
« Mise en œuvre de la procédure prévue au VIII de l'article L. 612-3

« Art. D. 612-1-23. - I. - Sont informés, via la plateforme Parcoursup, qu'ils peuvent demander la mise en œuvre de la procédure prévue au VIII de l'article L. 612-3 :

« - les candidats qui, à une date mentionnée dans le calendrier prévu à l'article D. 612-1-2, n'ont reçu que des réponses négatives à leurs demandes d'inscription formulées dans le cadre de la phase principale de la procédure nationale de préinscription ;
« - les candidats qui, à une date mentionnée dans le calendrier prévu à l'article D. 612-1-2, n'ont reçu aucune proposition d'admission à leurs demandes d'inscription formulées dans le cadre de la phase principale ou de la phase complémentaire de la procédure nationale de préinscription ;
« - candidats qui, n'ayant pas participé à la phase principale de la procédure nationale de préinscription, se sont inscrits sur la plateforme Parcoursup au plus tard à la date fixée par le calendrier mentionné à l'article D. 612-1-2, dès qu'ils reçoivent au moins une réponse négative.

« II. - Ne peut prétendre au bénéfice de l'accompagnement prévu au VIII de l'article L. 612-3 le candidat qui a renoncé à ses vœux d'inscription formulés sur la plateforme Parcoursup, y compris lorsque cette renonciation répond aux obligations prévues au troisième alinéa de l'article D. 612-1-9.

« Art. D. 612-1-24. - Lorsque le recteur d'académie fait au candidat qui le saisit, conformément aux dispositions de l'article D. 612-1-23, une proposition d'inscription dans une formation, il tient compte de son projet de formation, des acquis de sa formation, de ses compétences et de ses préférences ainsi que des caractéristiques des formations restant disponibles compte tenu des capacités d'accueil prévues au III de l'article L. 612-3.
« A compter de la date à laquelle cette proposition lui est faite, le candidat dispose d'un délai précisé dans le calendrier prévu à l'article D. 612-1-2 pour faire part de son accord. A défaut de réponse dans ce délai, le candidat est réputé avoir refusé cette proposition d'inscription.
« Si le candidat accepte la proposition qui lui est faite par le recteur d'académie, ce dernier procède à son inscription dans la formation retenue lorsque cette dernière est dispensée par un établissement relevant des ministres chargés de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur.
« Le candidat qui a saisi le recteur d'académie sur le fondement du VIII de l'article L. 612-3 est réputé avoir renoncé au bénéfice de ce dispositif d'accompagnement lorsqu'il reçoit une proposition d'admission qui lui est faite via la plateforme Parcoursup. »

25 Décret n° 2018-370 du 18 mai 2018 relatif aux conditions du réexamen des candidatures prévu par le IX de l'article L. 612-3 du code de l'éducation et modifiant le code de l'éducation
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927462&dateTexte=&categorieLien=id

30 Arrêté du 18 mai 2018 modifiant l'arrêté du 9 mars 2018 relatif au calendrier de la phase principale de la procédure nationale de préinscription pour l'accès dans les formations initiales du premier cycle de l'enseignement supérieur
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927549&dateTexte=&categorieLien=id

Extrait :
"Article 4 En savoir plus sur cet article...

Après l'article 7, sont ajoutés cinq articles ainsi rédigés :

« Art. 7-1. - La phase complémentaire est ouverte sur la plateforme Parcoursup du 26 juin 2018 jusqu'au 21 septembre 2018 inclus. Elle comprend :
« 1° La phase de dépôt des vœux sur les places vacantes au sens de l'article D. 612-1-1 du code de l'éducation, ouverte jusqu'au 20 septembre 2018, à minuit (heure de Paris) ;
« 2° La phase de réponse des établissements proposant des formations inscrites sur la plateforme et de choix des candidats, ouverte du 26 juin au 21 septembre 2018 ;
« Les candidats n'ayant pas participé à la phase principale de la procédure nationale de préinscription qui souhaitent formuler des vœux dans le cadre de la phase complémentaire s'inscrivent sur la plateforme Parcoursup au plus tard le 21 juillet 2018 inclus.

« Art. 7-2. - Le délai maximum laissé aux établissements, en application de l'article D. 612-1-20, pour répondre à une candidature formulée en phase complémentaire expire à la fin du huitième jour qui suit l'enregistrement du vœu.

« Art. 7-3. - I. - Durant la phase complémentaire, les propositions d'admission faites par les établissements sont portées à la connaissance des candidats sur la plateforme Parcoursup. Les candidats indiquent s'ils acceptent ou refusent les propositions faites par les établissements au plus tard :

« - le 1er juillet 2018, à minuit (heure de Paris), pour une proposition reçue entre le 26 juin et le 28 juin 2018 ;
« - à la fin du deuxième jour qui suit celui au cours duquel une proposition leur est faite lorsque cette dernière intervient entre le 29 juin et le 1er septembre 2018 inclus ;
« - le 3 septembre 2018, à minuit (heure de Paris) pour une proposition reçue le 2 septembre 2018 ;
« - à la fin de la journée au cours de laquelle une proposition leur est faite lorsque cette dernière intervient entre le 3 septembre et le 20 septembre 2018 inclus.

« II. - Les délais mentionnés au I sont applicables au candidat auquel le recteur fait une proposition d'inscription sur le fondement du deuxième alinéa de l'article D. 612-1-24.

« Art. 7-4. - La date mentionnée au deuxième alinéa de l'article D. 612-1-23 est le 22 mai 2018.
« La date mentionnée au troisième alinéa de l'article D. 612-1-23 est le 7 juillet 2018 pour les candidats qui ne sont pas dans l'attente des résultats du deuxième groupe du baccalauréat. La date est fixée au lendemain des résultats du deuxième groupe du baccalauréat pour les candidats qui sont dans l'attente de ces résultats.

« Art. 7-5. - Le délai supplémentaire au terme duquel le candidat qui n'a pas répondu dans le délai imparti à une proposition d'admission qui lui a été faite au titre de la phase complémentaire peut, en application de la deuxième phrase du deuxième alinéa du III de l'article D. 612-1-14 du code de l'éducation, confirmer le maintien de ses autres vœux ou des placements sur liste d'attente dont il bénéficie sur la plateforme Parcoursup est de cinq jours.
« Ce délai commence à courir le jour suivant l'expiration de l'un des délais mentionnés à l'article 7-3
. »


Fidèle lecteur du Rapport Attali 2007-2008  partie éducation objectif 3, Blanquer organise la "césure", et c'est magnifique pour désengorger les amphis, on peut la faire direct à l'entrée en fac, ladite césure :


27 Décret n° 2018-372 du 18 mai 2018 relatif à la suspension temporaire des études dans les établissements publics dispensant des formations initiales d'enseignement supérieur
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927499&dateTexte=&categorieLien=id

Extrait :
"Article 1

Le chapitre Ier du titre Ier du livre VI du code de l'éducation est complété par une section IV ainsi rédigée :

« Section IV
« Période de césure

« Art. D. 611-13. - La période pendant laquelle un étudiant, inscrit dans une formation initiale d'enseignement supérieur, suspend temporairement ses études dans le but d'acquérir une expérience personnelle ou professionnelle, soit en autonomie, soit encadré dans un organisme d'accueil en France ou à l'étranger, est dénommée « période de césure ».

« Art. D. 611-14. - La période de césure intervient à l'initiative de l'étudiant et ne peut être rendue obligatoire dans le cursus dans lequel l'étudiant est engagé.
« La période de césure ne peut se substituer aux modalités d'acquisition des compétences prévues dans le cadre de la formation, telles que le projet de fin d'études, les stages en milieu professionnel ou l'enseignement en langue étrangère.

« Art. D. 611-15. - Le début d'une période de césure coïncide nécessairement avec celui d'un semestre universitaire. Sa durée ne peut être inférieure à celle d'un semestre universitaire, ni supérieure à deux semestres consécutifs.
« Chaque cycle d'études ouvre droit à une seule période de césure. Elle peut débuter dès l'inscription dans la formation et s'achève au plus tard avant le dernier semestre de la fin de cette formation quelle que soit la durée du cycle d'études.
Le télé-service défini par l'article D. 612-1 qui gère la procédure nationale de préinscription dans une formation initiale du premier cycle mentionnée à l'article L. 612-3 permet au candidat qui souhaite débuter une césure dès l'entrée dans l'enseignement supérieur de transmettre sa demande une fois qu'il a accepté la proposition d'inscription faite par l'établissement.

« Art. D. 611-16. - La césure peut prendre notamment l'une des formes suivantes :
« Une formation dans un domaine différent de celui de la formation dans laquelle l'étudiant est inscrit ;
« 2° Une expérience en milieu professionnel en France ou à l'étranger ;
« 3° Un engagement de service civique en France ou à l'étranger, qui peut notamment prendre la forme d'un volontariat de solidarité internationale, d'un volontariat international en administration ou en entreprise ou d'un service volontaire européen ;
« 4° Un projet de création d'activité en qualité d'étudiant-entrepreneur[/size].


.............Petits vernis, va ! (enfin, ceux dont l'ordi marche...., et qui parviennent à se connecter à temps..... :mdr3: :mdr3: ).

Bon, c'est tout pour Blanquer....

Je vous mets du moins lourd, mais quand même :

Mâme Buzyn nous rappelle dans ses prévisions budgétaires que nous sommes si nuls dans le domaine de la prise en charge du handicap qu'il faut prévoir un sous budget spécial pour cette prise en charge en Belgique, .... ô, notamment parents d'enfants handicapés vous habitez Toulouse ou Marseille, ben, soyez agiles  :rougefache:, filez dans le Nord.... (en fin de texte, la Belgique) :

MINISTERE DES SOLIDARITES ET DE LA SANTE

17 Arrêté du 18 mai 2018 fixant pour l'année 2018 la contribution des régimes d'assurance maladie, l'objectif de dépenses et le montant total annuel des dépenses pour les établissements et services relevant de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie mentionnée à l'article L. 314-3 du code de l'action sociale et des familles et fixant le montant mentionné à l'article L. 314-3-4 du même code
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927289&dateTexte=&categorieLien=id
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Le "Grand Paris" qui continue de charrier des crédits colossaux et pas très transparents se sépare d' "EXPOFRANCE 2025", qui a continué à vivre sa vie pendant 7 ans  - on verra peut-être un jour la facture.... - alors que déjà sous sarko à décision prise dudit "Grand Paris" on pouvait déjà liquider ça :

MINISTERE DE L'EUROPE ET DES AFFAIRES ETRANGERES

11 Arrêté du 16 mai 2018 portant dissolution du groupement d'intérêt public « EXPOFRANCE 2025 »
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927229&dateTexte=&categorieLien=id
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Et le projet "CAP 2020" du port autonome de Dunkerque  (j'rappelle que Dunkerque est.... binationale...... en vertu d'un arrêté préfectoral, du début des années 2010 me semble  :]  ) étend le site jusqu'à plus faim et plus soif, le déjà énorme camionnage va être très considérablement augmenté, et  le "débat public" que relate la décision ci-dessous n'est en rien  (j'ai suivi !  :D ) aussi serein qu'écrit :

34 Décision du 16 mars 2018 du grand port maritime de Dunkerque sur la poursuite du projet de nouveau bassin pour le conteneur « CAP 2020 »
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036927645&dateTexte=&categorieLien=id

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Voila voila, j'arrête là avec ces dernières broutilles le premier post - le second qui suivra derechef se consacre uniquement au sieur Hulot  :rougefache: , comme vous le savez, j'aime pô trop le Hulot, je veux donc lui donner la vedette à lui tout seul.





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Elections Législatives 2017 / Re : CONTESTATION DES LEGISLATIVES 2017
« Dernier message par old machin le 08 mai 2018 à 06:25:12 »
Alors alors, ma vie perso actuelle ne me permet guère d'éplucher comme il se devrait le J.O. quotidien ou presque de l'ère macron, toutefois j'essaie de l'oeiller au moins les titres, quelquefois d'ailleurs avec plusieurs jours de retard ce qui est particulièrement indigeste vingt ieux  :gehe: ! Rien de tel aujourd'hui, où il s'agit bien du J.O. du 8 mai, et où le Conseil Constitutionnel évidemment ne rend plus de décisions sur la validité du mandat d'un député élu en juin 2017, mais par contre décide de sanctions ou non, suite à des rejets par la Commission ad hoc des comptes de campagne de candidats ayant obtenu au moins 1% des voix, non élus à ces législatives, ces candidats ne sont donc pas remboursés de leurs dépenses et en ont fait appel.

Je n'ai EVIDEMMENT pas le temps de regarder de près qui sont les ex candidats faisant aujourd'hui l'objet de décisions du C.C. très majoritairement sanctionnelles (seulement deux décisions sans sanction). Mais le fofo, qui fourmille d'activité présentement  :diable: a peut-être plus de moyens que moi pôv'chose d'aller y regarder de près En effet, pratiquement tout candidat malheureux ou non aux législatives portait étiquette d'un parti ou d'un mouvement, et faisait partie donc d'un vivier de candidatures pour les prochaines élections (européennes 2019 municipales 2020), pour ce parti ou ce mouvement, même si ces candidats étaient particulièrement piteux (pour moi les sanctionnés sont tous d'illustres z'inconnus) . Or lorsque le C.C. prononce des sanctions, ce sont des sanctions d'inéligibilité, dans les décisions du JO 8 mai ( :] ) c'est inéligibilité de 1 an ou 3 ans à partir de la publication d'aujourd'hui. Les sanctions d'1 an, les plus nombreuses,  vont donc jusqu'au 7 mai 2019, et leur éventuel impact sur les européennes devant se dérouler au mois de mai 2019 ne pourra être apprécié qu'avec la fixation des dates précises de celles-ci. Ne parlons pas d'autre part des sanctions de 3 ans d'inéligibilité, couvrant les 2 élections prochaines, mais il serait intéressant de regarder QUI est l'objet de ces sanctions et pour quelles turpitudes particulièrement costaudes..., ou non  :] ?

Et par ailleurs, ne loupez pas la 1ère décision, en la remettant à l'aulne des p'tits mouvements de foule s'opérant actuellement au sujet des comptes de campagne de jupiyuppie, lequel est soupçonné un peu beaucoup d'avoir bénéficié de dons indirects de la boîte G EVENTS, ayant minoré ses factures de prestations à ce seul candidat = ben, la première décision 2017-5277 ci-dessous concerne un candidat de La Réunion qui notamment a reçu un don de 250 € d'une boîte commerciale, et en est sanctionné d'une année d'inéligibilité....  :]  :diable: .

Régalez-vous donc, y'en a d'autres aussi mignonnes :

CONSEIL CONSTITUTIONNEL

82 Décision n° 2017-5277 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885832&dateTexte=&categorieLien=id

83 Décision n° 2017-5279 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885844&dateTexte=&categorieLien=id

84 Décision n° 2017-5284 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885856&dateTexte=&categorieLien=id

85 Décision n° 2017-5287 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885867&dateTexte=&categorieLien=id

86 Décision n° 2017-5296 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885884&dateTexte=&categorieLien=id

87 Décision n° 2017-5298 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885895&dateTexte=&categorieLien=id

88 Décision n° 2017-5301 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885907&dateTexte=&categorieLien=id

89 Décision n° 2017-5311 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885918&dateTexte=&categorieLien=id

90 Décision n° 2017-5312 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885929&dateTexte=&categorieLien=id

91 Décision n° 2017-5313 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885942&dateTexte=&categorieLien=id

92 Décision n° 2017-5320 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885955&dateTexte=&categorieLien=id

93 Décision n° 2017-5323 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885966&dateTexte=&categorieLien=id

94 Décision n° 2017-5329 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885977&dateTexte=&categorieLien=id

95 Décision n° 2017-5334 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036885989&dateTexte=&categorieLien=id

96 Décision n° 2017-5352 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886000&dateTexte=&categorieLien=id

97 Décision n° 2017-5389 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886012&dateTexte=&categorieLien=id

98 Décision n° 2017-5390 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886024&dateTexte=&categorieLien=id

99 Décision n° 2018-5532 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886036&dateTexte=&categorieLien=id

100 Décision n° 2018-5614 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886048&dateTexte=&categorieLien=id

101 Décision n° 2017-5276 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886062&dateTexte=&categorieLien=id

102 Décision n° 2017-5354 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886073&dateTexte=&categorieLien=id

103 Décision n° 2017-5363 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886085&dateTexte=&categorieLien=id

104 Décision n° 2017-5366 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886097&dateTexte=&categorieLien=id

105 Décision n° 2017-5367 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886110&dateTexte=&categorieLien=id

106 Décision n° 2017-5392 AN du 4 mai 2018
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036886122&dateTexte=&categorieLien=id
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Je disais donc qu'hier - et ça continue de plus belle aujourd'hui - les médias ci-devant merdias ont fait particulièrement fort sur la stratégie de conditionnement des foules..... J'ajoutais "non point que cela m'étonne", ce qui est un mensonge éhonté  :gene1: , exception faite de l'utilisation du présent pour cette affirmation....., en réalité je suis comme d'hab naïve comme une petite grive, et au départ, entendant les z'uns et autres causer dans le poste de "vol de la manif ", ake je me disais bon, là, ils dissocient bien clairement black blocks et autres fondus du marteau, des manifestants notamment ouvertement syndicalistes, et ça va amener, obligé, un retour sur image 2 ans en arrière, et sur les manifs lois Macron/El Khomri  (réputées à l'époque essoufflées dès leur premier souffle, aujourd'hui décrites par les mêmes comme énnnnnnnnnnaaaaauuuuuuuurmes.... par rapport à celles en cours  :diable: ).
Je rappelle en effet, - pour les ceusses qui auraient la mémoire de red fish que les bavards du poste leur prêtent-, pour le dire bref  :gene4:  , qu'en cette période là pour lesdits médias, manifestants, surtout syndicalistes et surtout cégétistes, et casseurs, c'étaient les mêmes, que le lanceur d'oeuf même pas pourri d'ailleurs, le lacérateur de chemise, et le véloce robocop de l'hôpital Necker, sortaient de la même matrice, et qu'il fallait aux tribunaux sanctionner dur les lanceurs d'oeufs et les déchireurs de chemise - pour Necker désolés juste à ce moment là les flics regardaient ailleurs  :rougefache:.

Donc, dans un bref premier temps, j'me disais que l'on allait un peu revenir sur cette période et commencer un pouillou à moins propagander - car les premiers commentaires étaient quelque peu hésitants.

Las ! Résumons : il y a 2 ans, n'est-ce pas, nous étions sous état d'urgence, et allègrement, sous prétexte de préservation de la sécurité, "on" utilisait à l'encontre des syndicalistes (désolés, les casseurs, on les avait pas vus) les moyens "extra-légaux" si je puis dire associés à cet "état d'urgence" d'une part, on remettait, souvenez vous, le droit de manifester en cause en cette période, d'autre part. Pain béni pour mater la protestation sociale, cet état d'urgence, non ? Quel malheur qu'il faille quand même à un moment qu'il cesse  :diable: !

Mais pô peur, le petit manu a la solution..... une belle loi sécuritaire reprenant peu ou prou, pour une éternité quinquennale  :diable: , la plupart des items de l'état d'urgence, ceux débordant sur la séparation des pouvoirs notamment. Or, tout n'est quand même pas passé de ce projet de loi, tout de même....., et même si ledit p'tit manu a déjà fait valdinguer la séparation des pouvoirs législatif et réglementaire  :rougefache: . Il y a eu des retours sur des atteintes manifestement exorbitantes à ce qui reste de libertés individuelles.

Bon. Mais alors, dixit les chaînes d' "info", que dit-on de cette loi en vigueur aujourd'hui, après passage de casseurs dans cette bonne ville de Paris (nulle part ailleurs en France, semble-t-il ?), laquelle a voté à 90% Macron au 2ème tour de la présidentielle ? Eh bien, sans se référer bien sûr à cette loi, on proposait, hier soir et ce matin, tout en faisant mine de donner leçon à l'exécutif, je résume, notamment l'assignation à résidence "préventive" des môvais manifestants (ceux donc que l'on a pu reconnaître...) et le "marquage" (peinture) des casqués sur place  ... Et surtout, on s'interrogeait doctement.... n'y avait-il pas lieu, finalement, d'interdire la "Fête à Macron" du 5 mai ? Ben voyons !  :diable: :diable:
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Bonbonbon, rien de tel qu'un petit retour en arrière  :] pour mieux visualiser l'aujourd'hui ? Un aujourd'hui qui bruisse de blacks blocks en pagaille, et je ne vais sûrement pas "défendre" les susdits, dont la scénographie me fout un peu la trouille voyez-vous, même si je reconnais que leur but médiatique est toujours immanquablement atteint : j'ai trop noté combien ce but médiatique tourne derechef à un tout autre propos que le leur (au moins apparent), et hier ça n'a pas manqué, à chaud à tiède et à froid, comme je l'ai constaté en me branchant (maso, va !) sur les chaînes d'"info" continue, puisque faute de transports en commun je ne pouvais décemment pédaler jusqu'à mon 1er mai local le moins éloigné.

Alors d'abord, le voilà mon retour en arrière, qui vaut chronique de ma dernière excursion sur le pavé, drapiauX  :diable: au vent, le 22 mars, - je ne fais que les intersyndicales ET non corporatistes sauf très très rares exceptions. Eh ben à Lille, le 22 mars, y'avait du monde plein plein plein, (vraiment très grosse manif à l'aulne lilloise), mais justement, et alors qu'on n'en avait pas vu depuis lerche, y'avait aussi dès le départ, et même pas en tête, un bon gros black block bien massif, enroulé dans des murailles de banderoles fumaces, ne délivrant pas vraiment de messages tendres aux flics tranquillement attroupés.

Mon pote, çui qui marche mal, et moi, on était dans le red block  :mrgreen: de la CGT, plus en amont du coup. Bon, au tiers environ du parcours, on passait déjà devant un certain nombre d'enseignes alléchantes pour pavés volants, enseignes défendues par un cordon serré de CRS, et du coup un piétinement accentué, mais le B.B. se contentant d'un arrêt avec sifflets et lazzis massifs à l'attention d'yceux. Un poil plus loin, on abordait la rue Nationale, laquelle foisonne de banques et autres enseignes capitalo tout plein, et, nous y engageant, on ne voyait que le nuage épais des lacrymos, et une bousculade des ceusses tentant d'y échapper. J'ai cru à ce moment là pouvoir me mettre à l'abri sous un porche, mais dois avouer que ça suffoquait sec là aussi , et de fait j'ai été littéralement raptée par plusieurs black blockeurs me braillant faut pas rester là, et me ramenant manu fermi sur la place proche, où, organisés au top z'ont sorti leur provision de dacryo serum (pub !) et m'ont lavé les noeils, avant de me filer une rasade de flotte tiède mais bienvenue....Image surréaliste je suppose, les petites terreurs soignant la mémé....  :mdr3: :mdr3:

Le dos et les pattes de mon pote n'en pouvant plus, on a coupé par l'arrière, et on n'a pas in fine été à l'arrivée de la manif au moment où paraît-il ça a aussi castagné dur. On s'en est passés. Et je garde de celle là la mention que l'on était vraiment très nombreux, peut-être autant qu'à la meilleure d'El Khomri, ........... mais que lorsque les divers médias en ont causé sur papier ou dans l'poste, ben c'est uniquement des B.B. qu'ils ont causé...

..... Comme hier, quoique... : je trouve qu'hier d'autres barrières ont été franchies, non point que cela m'étonne....., mais ceci est une autre histoire,  que je vous narrerai tout à l'heure je pense mes fieux....
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De la convergence des luttes.


Attention! ça fait mal!
ça date aussi du 20mars et c'est un peu long,mais comme d'habitude je poste des articles avec lesquels je suis d'accord.


Ordonnances SNCF : l’occasion
par Frédéric Lordon, 20 mars 2018


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Si ceux qui ont quelque responsabilité dans la « conduite » des mobilisations qui s’annoncent ne comprennent pas que le mouvement ne doit pas être « le mouvement des cheminots » ou le « mouvement contre les ordonnances SNCF », alors le mouvement échouera – une fois de plus. Que le mouvement doive aussi être cela – mouvement des et pour les cheminots –, la chose est tellement évidente qu’elle devrait aller sans dire. Mais si le mouvement n’est que cela, il est perdu d’avance.
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Contre l’offensive générale, le débordement général
C’est que, comme on disait jadis, toutes les conditions objectives sont réunies pour que le mouvement déborde de partout – quand, précisément, tout l’enjeu est de le faire déborder. Rarement si grand nombre de secteurs de la société sont arrivés ensemble à un tel point d’épuisement, d’exaspération même, ni n’ont été maltraités avec une telle brutalité par un gouvernement qui, en effet, a décrété l’« offensive générale » (1). C’est bien simple : ça craque d’absolument partout. Ehpad, hôpitaux, postiers, inspecteurs du travail, retraités, paysans, profs, étudiants, fonctionnaires bientôt, et surtout l’immense iceberg des salariés brutalisés du privé, dont la pointe a été sortie des eaux glacées par le désormais mémorable Cash Investigation spécial Lidl&Free – et le tout, c’est là l’esthétique particulière de l’époque, pendant que les plus riches sont invités à se goinfrer dans des proportions sans précédent sur le dos de tous ceux-là !
Lire aussi Serge Halimi, « L’offensive générale », Le Monde diplomatique, mars 2018. Serge Halimi rappelle cette stratégie vieille comme le néolibéralisme du blitzkrieg généralisé, attaque simultanée sur tous les fronts visant à produire un effet de sidération qui laisse les opposants, totalement désorientés, courir dans tous les sens, avoir toujours un train de retard, pour finir défaits dans tous les compartiments du jeu. À l’évidence Macron en est là. Ce qui est étonnant avec tous ces « modernes », c’est combien ils pensent vieux (2). Macron croit dur comme fer à la théorie du ruissellement – Reagan. Faux. Il veut privatiser les chemins de fer – Thatcher. Désastreux (mais c’est également le propre de ce « réalisme », et de ce « pragmatisme », d’ignorer jusqu’aux enseignements les plus élémentaires et du réel et de l’expérience). Le voilà maintenant tenté d’émuler la brillante stratégie d’un ministre des finances néo-zélandais des années 1980. Il n’est pas exclu qu’il se trompe.
Il faut toute la médiocrité intellectuelle des gens de presse pour avoir fait de Macron un « président intellectuel ». Hormis être capable de penser autrement que par recettes et de reproduire mécaniquement un passé disqualifié, un président « intellectuel », disons machiavélien (ce qui n’a rien à voir avec « machiavélique »), prêterait attention au fait que des procédés politiques ne valent que dans les conjonctures qui leur ont donné leurs conditions de possibilité. 2018 n’est pas le 1984 de Margaret Thatcher, ni le 1989 de Roger Douglas, le ministre des finances néo-zélandais. Pas non plus le 1995 des grandes grèves (3). Tout a changé et, dans un environnement différent, les mêmes causes ne produisent pas nécessairement les mêmes effets. Ce qui a changé pour l’essentiel tient à dix ans de crise « financière » qui ont produit de sérieux ébranlements dans les têtes, et jusque dans les couches de la population qu’on croyait résistantes, fidèlement acquises au système : les cadres.
Il s’en faut pourtant que des esprits ébranlés deviennent des corps en mouvement. Toutes sortes de choses les retiennent, matérielles notamment. Mais d’une autre nature aussi, une en particulier : l’absence d’une parole assez forte qui saurait les rassembler. Que l’éparpillement soit la première ressource du pouvoir, c’est vieux comme la politique. En 2017, Jacques Chastaing qui, pour le Front Social, surveille le front des luttes invisibles, comptabilisait plus d’un million de journées de grève sur deux mois (4) – toutes, ou presque, passées sous les écrans radars. Mais ce million n’est que de la poussière de grève. Il faut le compacter pour en faire une grève générale. Dont en réalité tous les éléments sont là – mais pas le principe unificateur.
À qui reviendrait-il normalement de le fournir ? Aux confédérations syndicales évidemment. Il suffit d’énoncer la réponse pour se voir au bord du désespoir. Faisons un tri rapide : on ne parlera pas de la CFDT (« Yellow is the hottest colour ») ; non plus de FO qui rivalise avec elle au jeu idiot de « l’interlocuteur privilégié ». Des plus grosses confédérations, reste la CGT. Écartons d’emblée tout malentendu : il n’est question ici que des directions, et non des bases. Ce que les bases, spécialement celles de la CGT, recèlent d’admirable combativité, nul ne l’ignore. Si la CGT était un alambic, les vapeurs s’élèveraient. Or ici tout reste à fond de cuve – où d’ailleurs ça glougloute méchamment. Mais dans les tortillons à Montreuil : rien.
L’enlisement institutionnel
Ou plutôt si : un mélange de dégénérescence bureaucratique (prévisible dans n’importe quelle organisation de cette taille) et, plus encore, d’incrustation dans le système institutionnel d’ensemble, mélange qui a fini par produire une sorte de passion de l’échec. Retraites 2010 : échec. Loi El Khomri 2016 : échec. Ordonnances « code du travail » 2017 : échec. Si l’on se contente d’extrapoler à partir de la tendance, l’épisode « SNCF 2018 » ne s’annonce pas au mieux… Mais, précisément, il s’agirait que quelque chose d’autre se passe. Ce qui suppose de déjouer la tendance – donc de commencer par s’en faire une idée.
Il y a d’abord la force de phagocytose propre à tout système institutionnel. C’est d’ailleurs une vérité très générale : tous les malins qui se la racontent en imaginant qu’ils vont courageusement rentrer dans le système pour le « changer de l’intérieur » finissent Gros-Jean comme devant – ou plutôt attablés avec leurs nouveaux amis, serviette autour du cou. Sauf rarissimes exceptions, on ne change pas le système de l’intérieur, c’est lui qui vous change de l’extérieur. On dira que les confédérations n’ont pas le choix et qu’elles doivent bien participer au jeu. On dira ça. Et puis, en longue période, on observera les effets.
Il faut situer convenablement cet argument : que les sections et les délégués d’entreprise aient, eux, à se battre, donc d’abord à négocier, c’est-à-dire à « jouer le jeu », la chose est évidente – pour le coup, pas trop de choix… Mais ça n’est pas de ça qu’il est question ici. Il est question de savoir ce que signifie vraiment « jouer le jeu », au niveau confédéral, quand le jeu, depuis tant d’années, a pris la tournure qu’on lui connait. Soyons coulants et cherchons une position de compromis : il y a des systèmes avec lesquels il peut rester du sens à jouer le jeu institutionnel « de l’intérieur ». Celui auquel nous avons affaire a cessé depuis belle lurette d’appartenir à cette catégorie. À un moment, il s’agit de s’en rendre compte.
La direction de la CGT a d’autant plus de mal à y venir que le système institutionnel ne la tient pas seulement par toutes les pernicieuses onctuosités de la sociabilité des « décideurs », mais aussi par les parties financières. Sur 46 millions de recettes (comptes 2016), 13,5 viennent des cotisations (30 %), le reste de « subventions d’exploitation », de mystérieuses « contributions », et « autres produits » aussi clairement identifiés – en fait, pour l’essentiel, des subsides d’État. Dont on comprend qu’on y regarde à deux fois avant de lui mordre la main.
Sans doute, ce qu’on nomme par facilité « la direction » est-elle en fait un objet bien plus composite, agrégeant dans des rapports en partie conflictuels la confédération proprement dite, les fédérations-baronnies et des structures locales. Paradoxalement, la CGT n’a rien du monolithisme qui lui est prêté par les clichés médiatiques – et il n’y a pas de « bouton rouge » de la mobilisation dans le bureau du secrétaire général à Montreuil. Le pouvoir de mobiliser est assez largement décentralisé, dans les fédérations, parfois plus bas, mais à des niveaux où la chaîne de la dépendance financière n’est pas moins réelle, ni serrée… sachant que la direction proprement confédérale dépend de ces soutiens-là pour se faire élire, et pour se maintenir.
En tout cas, l’habitus institutionnel, que contractent immanquablement ceux qui entrent dans les jeux institutionnels, et qui efface des esprits jusqu’à la possibilité d’attenter au jeu lui-même, se joint à la dépendance financière aggravée pour exclure toute épreuve de force significative qui, au-delà de la gêne pour tel ou tel gouvernement, conduirait non seulement à une modification du rapport de force avec l’État – en général –, mais, plus gravement encore, à la possibilité d’une contestation sérieuse de l’ordre social, dont cet État est le gardien. Rien de cela n’arrivera – « on gère ». Par conséquent on gère l’échec. Et l’on sait parfaitement situer les points critiques, ceux dont il ne faut surtout pas s’approcher, ou desquels il faudrait organiser la déviation dans les sables, ou le reflux, si d’aventure une dynamique « mal maîtrisée » conduisait à les envisager de trop près.
Voilà déjà de quoi revenir à la question des conditions matérielles. Tous les délégués de site ne disent-ils pas la même chose : « on a du mal à mobiliser » ? Et les fédérations s’enveloppent de rationalité : on ne prendra pas le risque de mobiliser si c’est pour faire petit – et échouer. Ici, ne pas céder aux apories de l’œuf et de la poule. Les bases y regardent à deux fois avant de sortir parce qu’elles voient comme tout le monde la série des râteaux. Et qu’elles en sont affectées au premier chef. C’est que dans les stratégies qui servent les passions de l’échec, il entre en particulier de ne jamais appeler pour une journée de week-end, et d’imposer aux salariés de poser un jour de grève qui, pour certains, fait mal dans l’entreprise, pour ne rien dire du salaire perdu. Et à la fin, pour rien. On accordera que ça ne fait pas un système d’incitations formidable. Aussi le million de journées de grève reste-t-il bien comme on veut qu’il reste : à l’état pulvérulent.
Misère du syndicalo-syndicalisme
Il a d’autant moins de chance de se compacter qu’il lui manque plus cruellement encore son liant. Or le liant, c’est une signification d’ensemble – bien sûr sous condition que la conjoncture ne prive pas de sens l’idée même d’une telle liaison. Il y a tout lieu de penser que la condition est remplie aujourd’hui : les ordonnances SNCF ont à voir avec les lois travail qui ont à voir avec la managérialisation de l’université qui a à voir avec la sélection des étudiants qui a à voir avec l’emprisonnement des agriculteurs dans le glyphosate qui a à voir avec les suicidés de l’hôpital de Toulouse, avec ceux de Lidl, de Free, avec tous les fracassés de l’entreprise, et avec l’immense cohorte de ceux qui sont à bout. Qu’il y ait toujours eu, dans tout état du monde social, des mécontents, la chose va de soi. Qu’il y ait aujourd’hui, et dans des couches aussi nombreuses, aussi variées, de la population, autant de poussés à bout, c’est peut-être une nouveauté, qu’il reviendrait à une épidémiologie sociologique et historique de documenter – que des DRH se mettent à écrire des livres pour libérer leur conscience des immondices que leur fonction leur a fait faire (5), que des médecins, peu connus pour leurs propensions séditieuses, en soient à se jeter par la fenêtre, n’est-ce pas quand même l’indice de quelque chose ?
En tout cas, tout ça sort du même « lieu », de la même matrice – qu’on appelle usuellement « néolibéralisme » pour faire sténographique (6). Ce n’est pas parce que ce lieu est abstrait que ces contours ne sont pas nets. Ils sont très bien identifiés même – on ne compte plus les travaux qui se sont attachés à les cerner. Ce sont des idées qui infestent toutes les têtes dirigeantes, dans tous les secteurs où l’on prétend diriger : gouvernement, haute et moyenne administration, universités, entreprises, chefferies médiatiques.
Pour notre malheur, il semble qu’il n’y ait qu’un secteur du système institutionnel où l’on n’accède pas à la généralité de la chose : les directions confédérales (on parle bien sûr de celles qui n’ont pas trouvé enthousiasmant ce nouvel ordre du monde). Qui sait, peut-être qu’on y accède. Mais alors on se retient bien de le dire, et de construire avec le moindre discours – qui précisément, viendrait lier ensemble des fractions du salariat autrement abandonnées à leurs antagonisme catégoriels : « les privilèges des cheminots », éructeront les cadres qui sont devenus eux aussi candidats à la défenestration ! et, en dernière analyse, pour les mêmes raisons qui vont mettre les cheminots à l’arrêt !
Mais, de cette dernière analyse, on ne trouvera trace dans aucune grande confédération. La certitude de la démission intellectuelle et politique a été définitivement acquise avec les très grosses manifestations de janvier et mars 2009. Sans aucune raison « institutionnelle » particulière, aucun projet de loi, aucune attaque gouvernementale vicieuse, des millions de personnes étaient descendues dans la rue, révulsées du désastre bancaire de l’automne 2008 et des conditions dans lesquelles on s’apprêtait à l’éponger. Si l’on peut au moins reconnaître aux confédérations le mérite d’avoir « appelé », elles n’avaient rien trouvé d’autre, pour donner sens à cette colère profondément politique, que de lui adjoindre quelques indigents mots d’ordre à base de « conditions de travail » et « d’augmentation des salaires ». Des mots d’ordre de conventions collectives face à rien de moins que l’ébranlement du capitalisme financiarisé. Des mots d’ordre auxquels, du reste, les gens n’ont prêté aucune attention : eux savaient bien pourquoi ils étaient dans la rue et quel était l’objet réel de leurs écumantes colères. Voilà cependant où conduit immanquablement la pauvreté des appels du syndicalo-syndicalisme : à la volatilisation en deux coups d’une formidable énergie politique qui s’était levée, et qui avait tout pour faire du chemin. À la condition évidemment d’être reconnue et encouragée dans ce qui l’intéressait. Deux mois plus tard, tout était retombé, et le 1er mai 2009 fut atone – comme d’habitude.
Il faut en effet appeler syndicalo-syndicalisme cette incurable maladie confédérale qui fait mettre la tête dans le sable aussitôt qu’apparaît de la politique. Même pas seulement la politique au sens institutionnel du terme – la politique des partis et des élections –, celle dont la charte d’Amiens prohibe le contact. Mais la vraie politique, la politique au plus haut sens du terme, celle des idées qui interrogent dans sa globalité le monde où l’on vit, et qui porte le désir d’en changer – une politique, et cela fait partie de ces nouveautés que Macron, Machiavel de sous-préfecture, ignore complètement, une politique qui depuis 2008 s’est répandue dans les têtes comme jamais. Car, à part les ravis de la « classe nuisible » (7), il n’est plus une personne qui ne voie pas que le monde comme il va, va très mal. Mais trouver que le monde va mal, trouver même qu’il est odieux, c’est demander de la vraie politique, c’est vouloir prendre la rue pour de la vraie politique, et pas pour des histoires de tickets-restaurants. Disons-le au cas où : c’est très important les « histoires de tickets-restaurants » (généralement comprises). Il y a un nombre affolant de salariés pour qui ça revêt une importance dramatique. Mais à force de ne vouloir sauvegarder que les tickets-restaurants, en se refusant à parler de quoi que ce soit d’autre, les confédérations arriveront par nous faire perdre jusqu’aux tickets-restaurants.
Or, « quoi que ce soit d’autre », c’est la politique. Et nous y sommes. L’affaire de la SNCF est une affaire de politique : il y est question des principes d’un ordre entier. La racaille éditorialiste, qui n’a pas désarmé depuis 1995 (8), est déjà sur les dents. Le tir de barrage va être immonde, phénoménal. Auprès de la population, il mettra dans le mille à chaque fois qu’on tentera de tenir la crête « des cheminots », si entièrement légitime soit-elle. Il est assez évident que nous ne réussirons qu’à la condition de faire entrer les non-cheminots dans le conflit des cheminots. C’est-à-dire qu’à la condition de lier les cheminots à tout ce à quoi ils doivent être liés, et de les lier politiquement. En produisant les preuves : ce qui agresse les cheminots et ce qui pousse des agriculteurs au désespoir et ce qui transforme des petits chefs en tortionnaires et ce qui suicide des salariés et ce qui réduit l’université à la misère et ce qui brise le cœur de soignants se voyant mal soigner, est la même chose : le même monde. Or : des agriculteurs sont désespérés, des petits chefs sont dans un devenir tortionnaire, des salariés passent par les fenêtres, de l’eau de pluie coule dans les salles de classe, des soignants ont le cœur brisé, etc. Beaucoup de gens souffrent, terriblement même. Beaucoup trouvent ce monde haïssable et en passe d’être déserté par toute signification humaine. Ils le sentent. Là est la ressource du combat. Une ressource politique. Mais qui ne jouera qu’à la condition de rencontrer un discours politique.
Pour un syndicalisme politique
Que la direction de la CGT soit disposée à tenir ce discours, c’est ce dont il y a tout lieu de douter. Dans la situation actuelle, c’est pourtant la seule ligne capable de succès.
On se tromperait beaucoup si on pensait qu’ici l’organisation est prise comme « ennemie ». Il n’en est rien, d’abord parce qu’à la CGT, il y a la base, et que la base n’a jamais démérité – il suffit de se repasser l’histoire des Contis, des Goodyear, des PSA et de toutes les luttes que la postérité a inégalement reconnues, pour savoir ce que l’organisation compte de personnes décidées à se battre. Mais même en la prenant tout d’un bloc, direction comprise, la CGT reste une puissance de mise en mouvement à nulle autre pareille, et c’est là une donnée qu’un minimum de réalisme ne peut en aucun cas négliger. Sauf dans les fantasmes horizontalistes, ou bien en quelques circonstances proprement historiques, donc rares, les mobilisations ne naissent pas par génération spontanée : il y a fallu un germe, quelque chose qui fasse pôle, et autour duquel les gens se rassemblent, parce qu’ils savent alors où aller pour se rassembler – on ne se rassemble pas si on n’a pas un « lieu ».
Lors des lois El Khomri, il y a d’abord eu une pétition qui, sortie de nulle part, a fait deux millions de signatures, et puis un hashtag « On vaut mieux que ça » à 500 000 vues – c’est bien qu’ils avaient touché un nerf et, par-là, la preuve qu’il y avait un nerf à toucher. Et qui oserait nier que le nerf est toujours là, plus à vif que jamais ? Encore faut-il que se fasse connaître quelqu’un pour le toucher de nouveau.
Tout le monde sait très bien qu’après une pétition et un hashtag, il faut du plus lourd pour que ça continue dans la rue. Il y avait la CGT. Le problème, c’est que la CGT nous met dans la rue, et puis nous fait rentrer aussi sec. Si le réalisme commande de ne pas faire l’impasse sur son pouvoir de mobilisation, il commande aussi de regarder la manière dont il est utilisé. Ou retenu. Quand la rétention, déterminée par toutes sortes de mauvaises raisons, fait enquiller les défaites, on a le droit de poser des questions. Spécialement à la veille d’un grand combat.
Or, on ne fait pas le même syndicalisme en 2018, après dix années de crise structurelle mondiale, que dans les années fordiennes. Voilà un moment que le syndicalo-syndicalisme a rencontré, et même dépassé, sa limite. S’il n’est pas capable de faire de la politique, c’est-à-dire de tenir un discours général, où d’ailleurs toutes les luttes peuvent venir prendre un sens d’ensemble, il ne sortira plus vainqueur d’aucun grand affrontement, précisément parce que les grands affrontements emportent des enjeux essentiellement politiques, s’ils sont masqués par la particularité du front attaqué (ici la SNCF).
Mais alors une politique des idées ne détermine-t-elle pas de nouvelles relations avec la politique des partis ? Si. Inutile ici de brandir la charte d’Amiens comme un fétiche. Du reste, sur cette question, elle est aussi brève que ses intentions étaient datées, on en fait donc exactement ce qu’on veut. Dans une situation d’offensive générale, tout est à revoir. Si l’intervention de Jean-Luc Mélenchon lors du mouvement contre les ordonnances « code du travail » a été, dans sa forme, bien faite pour braquer le monde syndical, il n’est pas sûr qu’elle ait été dans le faux quant au fond de l’affaire. D’abord parce que le constat de l’impuissance volontaire du syndicalisme institutionnel commence à se répandre après tant d’échecs. Et qu’il est dans la logique des choses qu’une autre organisation, ici politique, donc, précisément, capable de tenir le discours global que le syndicalo-syndicalisme ne veut pas tenir, fasse mouvement. À plus forte raison quand elle dispose, comme c’est le cas avec la France Insoumise, d’une réelle capacité propre de mobilisation – appelant par conséquent le même regard de réalisme que sur la CGT.
Prenons le risque de l’exercice un peu oiseux de la prédiction rétrospective : un appel conjoint et paritaire CGT-FI (ou tout autre groupement de forces politiques) à manifester un jour de week end contre la réforme « Code du travail » avait de très grandes chances de taper le million : salariés du privé faits aux pattes en semaine, cadres qui n’en pensent pas moins, familles à poussettes, tout ce monde-là serait venu rejoindre les camionnettes sonos et les ballons gonflables. À un million dans la rue, la donne change. Car un million met en joie, et ne demande qu’à recommencer, pour revenir encore plus nombreux le coup d’après. Au lieu de quoi nous avons eu les manifs saute-mouton de semaine vouées à finir à quelques dizaines de milliers. La presse dit « le mouvement s’essouffle ». Les confédérations disent « le mouvement s’essouffle ». Et se pressent de tirer l’échelle. Moyennant quoi, nous avons le nouveau Code du travail.
L’occasion de ne plus être seuls
Or, une occasion se présente. Pour tous ceux qui voient dans leurs vies mêmes ce monde rendu à ses extrémités, le minimum est de la leur confirmer comme telle, c’est-à-dire comme lutte d’intérêt commun, pour qu’ils cessent de souffrir chacun par devers soi. Que peut être la politique sinon la production d’affects communs et de causes communes ? Les pouvoirs eux le savent bien, si c’est de connaissance pratique, qui travaillent en permanence à produire de l’isolement. Mais de temps en temps une fusée vient trouer la chape. Même la presse du capital finit par s’en apercevoir – ou laisse passer entre les mailles un article de dédouanement. Une journaliste du Monde enregistre ainsi l’onde de choc du Cash Investigation sur Free et Lidl (9). Dans tous les supermarchés de la région, on commence à parler : « Tu as vu France 2 hier soir ? » s’interrogent des employés d’un Leader Price. Et l’un deux commente : « C’était comme un mot de passe pour dire : tu as vu, on n’est pas les seuls ». Voilà exactement résumée toute l’affaire : n’être pas seuls, arrêter de se sentir seuls. C’est peut-être le paradoxe le plus spectaculaire, et la performance la plus remarquable, du néolibéralisme que d’avoir produit à ce point le sentiment de la solitude quand il maltraite identiquement un si grand nombre de gens. Faire de la politique, c’est défaire la solitude. Et comme elle ne se défait pas toute seule, c’est produire la cause commune – depuis un pôle de rassemblement. C’est ce que le syndicalo-syndicalisme a abandonné de faire – s’il l’a jamais pratiqué. Il est vrai que dans l’état présent de l’ordre social, la politique de la cause commune est nécessairement une déclaration de guerre à l’ordre social…
Redisons que rien de ceci n’enlève de leur importance aux luttes concrètes, pour les avantages matériels, sur le terrain – les luttes bread and butter comme disent les anglais. Un syndicalisme qui l’oublierait se vouerait simplement à la disparition par inutilité, et aussi du fait que – tous les délégués le disent – le syndicalisme commence à la base, dans le contact assidu avec les collègues, donc autour de ce qui les intéresse au premier chef. Mais ça n’est pas de ce côté que se tient le plus grand risque, c’est de l’autre : du côté de la production de la cause commune, qui n’est nullement la prérogative « des partis », mais échoit par le fait à toutes les organisations dont le pouvoir de mobilisation est important – dans cette hiérarchie, la CGT tient évidemment le premier rang –, et en fait comme une condition même de réussite de leurs propres combats. Par définition, d’ailleurs, une lutte dans laquelle la confédération elle-même se trouve engagée est une lutte qui emporte des enjeux globaux – c’est-à-dire politiques. Et demande donc de parler de la politique, like it or not.
Moment
On hésite, forcément, à dire tout ça, à la veille d’un mouvement social où la CGT, pour le meilleur ou pour le pire, tiendra un rôle décisif. Mais alors quand faut-il parler ? Avant, ça n’est pas opportun. Après, c’est trop tard. Bref, ça n’est jamais le bon moment. Donc maintenant. Sans doute, nul n’a-t-il à s’arroger le droit (ou le ridicule) de penser la stratégie de la CGT à la place de la CGT. Cependant, il se trouve que notre intérêt bien compris, et ces derniers temps bien douché, passe par elle. Ce qui nous autorise à dire une ou deux choses. D’abord que, si d’aventure la mobilisation du 22 mars est importante, alors il sera de la responsabilité de la CGT de veiller sur elle. Ensuite qu’il est l’heure pour l’organisation de mesurer combien les temps ont changé. Le déchaînement néolibéral ne se connait plus de limite, il va tout emporter, et notamment les centrales qui seront restées les deux pieds dans le même sabot à jouer le jeu idiot sans comprendre qu’une contre-révolution s’apprête à les renvoyer au néant (si elles ne sont pas passées à la franche collaboration) – car, après la SNCF, il y aura la fonction publique, le SMIC, la Sécu, tout ! Après tant de défaites majeures depuis 2010, il se pourrait que la CGT soit rendue à un point de décision : ou bien s’enfoncer dans l’insignifiance, ou bien se porter la hauteur de l’époque, c’est-à-dire à la hauteur d’une crise historique, et du rôle qu’elle peut y tenir. Mais à la condition de devenir capable de dire les choses que l’époque appelle. Si elle y parvient, elle peut devenir le lieu de convergence de toutes les forces qui n’en peuvent plus de ce monde. Et sinon, adieu Berthe — ou le coma institutionnel.
En fait, les syndicats des années fordiennes avaient un assistant politique, un assistant très puissant, qui faisait la politique à leur place et semblait les en dispenser : le Mur. Le Mur, c’était la figure de la différence, c’est-à-dire la figure politique par excellence, le rappel de ce qu’il n’y avait pas qu’une seule forme possible pour l’ordre social (et si calamiteuse fut celle de « l’autre côté du Mur »). Formellement parlant, la possibilité d’une alternative pesait considérablement dans tous les esprits, à commencer par ceux du patronat. Aussi cette pression venue du dehors des syndicats permettait-elle aux syndicats de rester dans le syndicalo-syndicalisme, et d’affecter ne s’occuper que de hausses de salaires et de conventions collectives. Mais cette époque est révolue. Et surtout, le capitalisme, débarrassé des saines régulations de la peur, est devenu fou de violence. Il en est arrivé à un point où sa brutalité globale n’appelle plus que des réponses globales. Les temps ont changé. Il est possible qu’il n’y ait plus de place, et d’espoir, que pour un syndicalisme politique. Et pourquoi pas révolutionnaire.
Frédéric Lordon



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